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 La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]

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MessageSujet: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mar 23 Aoû 2011 - 23:51

Cela devait faire environ une semaine. Une semaine que Tibère errait dans les rues d’Ambroisie sans réel but si ce n’était se vider la tête, retrouver un esprit libre. Après avoir passé la nuit avec la source de ses craintes et envies, la belle Ariani, il s’était éclipsé comme un voleur alors que le soleil brillait encore à l’extérieur. Cela avait été un merveilleux moment qu’il avait passé avec elle. L’humain était simplement lâche, il avait bien senti qu’avec cette femme là il était différent, sincère. Il s’attachait, tout simplement, il avait des sentiments et cherchait désespérément à les contrer car pour lui l’amour était synonyme de souffrance. On s’aime un temps, on se dispute, on se sépare et on souffre, affreusement. C'est cependant ce qu'il avait constaté, n'ayant jamais franchi le pas. Il avait fuit ce ressentiment toute sa vie, passé une existence égoïste et s’était formé une barrière autour de son cœur pour ne être blessé. Malheureusement le cœur est la plupart du temps indomptable, et Tibère avait beau fuir ses sentiments, il n’avait fait que penser à la vampire durant tous les jours de sa triste semaine. Son esprit voulait s’éloigner d’elle, mais la chose qui battait la chamade dans son corps désirait plus que tout revoir son joli minois.

Et alors que Tibère se préparait tant bien que mal à quitter la ville, ses pas l’emmenèrent naturellement aux portes du jardin d’Ariani. Il faisait nuit, l’air était agréable, parfumé et sans un bruit, comme lors de leur rencontre. Il s'assit donc instinctivement sur le même banc que ce jour-là. Peut-être espérait-il revivre la même scène, il ne savait pas vraiment lui-même ce qu'il faisait. L'humain se contentait de fixer la fontaine d'un regard mélancolique et poussait parfois de longs soupirs explicatifs de son état. Il n’avait passé qu’un jour en compagnie de la vampire et en était déjà fou, il voulait la revoir, la sentir, la toucher…

Un bruit soudain venant des buissons le fit sortir de sa torpeur. Et alors qu'il perçait la nuit pour apercevoir l'auteur de ce fouillis, un sourire éclaira le visage de Tibère. C'était le chat de l'autre fois, quelle étrange coïncidence se disait-il, tout était comme les dernière fois mais il manquait toujours l'élément principal... Les deux créatures aussi félines l'une que l'autre échangèrent un long face à face jusqu'à ce que l'humain se lève d'un bond. Il semblait avoir trouvé le courage dans les yeux de son compagnon. C’était décidé, il braverait sa peur, ses doutes et tous les bâtons qu’il se mettait lui-même dans les roues, Tibère voulait être avec elle, à cet instant précis, advienne que pourra !

Tandis qu’il courait à travers cette verdure aux mille et une fleurs, son esprit s’interrogea sur la réaction de la vampire. Il n’avait pensé qu’à lui, qu’à ses angoisses et pas une seule fois à ce que pouvait bien ressentir Ariani. Que dirait-elle en le voyant ? Le giflerait-elle, en colère ? Le mépriserait-elle du regard, comme si la nuit qu’ils avaient passée ensemble avait été totalement suffisante ? Et si c'était encore pire que cela, et si elle l'avait déjà remplacé ? Il doutait fortement qu’elle se jette dans ses bras avec un grand sourire. Peut être même qu’elle ne lui ouvrirait même pas… Mais même si elle le congédiait immédiatement, il ferait tout pour revoir au moins une dernière fois son visage.

L’humain tergiversait et s’inquiétait par ses simples pensées. Il arriva alors en trombe devant la porte du manoir de sa bien aimée et frappa comme un fou, hurlant le nom de sa dulcinée, la suppliant de lui ouvrir avant même d’avoir attendu quelques secondes. Peut être qu’elle était sortie, peut être qu’elle dormait. Peu importe, de toute façon Tibère attendrait le temps qu’il faudrait, il avait décidé qu’il ne bougerait pas de cet endroit jusqu’à ce qu’il la voit, cette vampire aux parfums délicats, cette sublime Ariani.


Dernière édition par Tibère Ténédor le Mer 14 Sep 2011 - 3:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mer 24 Aoû 2011 - 3:02

Mais Ariani ne dormait pas, non. Elle passait une énième nuit solitaire cloîtrée dans sa bibliothèque. Elle avait bien vu un humain, cette semaine, mais sa visite l'avait plus troublée qu'autre chose. Et la fuite de Tibère au petit matin lui pesait encore lourd sur le coeur. Tant de choses se passaient ces derniers temps, qu'elle était tout simplement incapable de faire face. Les yeux rivés sur la même ligne de son roman depuis déjà une bonne dizaine de minutes, elle réfléchissait à ce qui s'était passé cette nuit-là.

Bien sûr, elle n'avait rien eu d'irréprochable, mais tout de même, elle avait cru qu'un lien s'était forgé entre elle et son compagnon. Une intimité douce-amère, un sentiment longtemps craint et méprisé qui avait lentement mais vigoureusement fait surface. Bien sûr, cela engendrait des questions, et des remords. Peut-être avait-il eu ce qu'il voulait avant de la laisser en plan ? Elle avait espéré qu'il reviendrait vite et que tout repartirait de plus belle, mais après plusieurs jours de silence, son espoir s'était flétri, avant de disparaître tout à fait. Après tout, elle ne le connaissait pas vraiment, et il pouvait être très différent en temps normal de ce qu'il avait été avec elle. Son coeur se serra à cette pensée, mais elle ne put se résoudre à l'accepter. Elle referma son livre d'un geste agacé avant de se lever, décidée à aller faire un tour pour se rafraîchir les idées.

Elle n'eut pas le temps d'atteindre la porte qu'elle entendit frapper avec violence. Cette voix qui l'appelait sonnait pour elle à la fois comme la plus belle des symphonies et comme le glas d'un quelconque clocher... Elle hésitait sur la marche à suivre, se demandant ce qu'il voulait ce soir. Etait-ce pour s'excuser ou l'humilier ? Il lui semblait que leur relation était basée sur ce type de dualités dès le départ. Elle soupira et se résigna à ouvrir, la mine défaite et l'air bien moins enjouée qu'à l'ordinaire.

De fait, elle ne se sentait pas bien, et tout un tas de choses se bousculait dans son esprit. Cela tourmentait ses jours de sommeil et perturbait ses heures de veille. Elle était simplement vêtue d'une robe blanche toute simple, qui mettait en valeur sa silhouette mais n'avait rien d'aussi extravagant que ses tenues habituelles. Ses cheveux quant à eux étaient noués sur sa nuque par un ruban bleu, et quelques mèches s'échappaient, venant cascader sur son front et ses joues. Elle inspira doucement avant de laisser son regard s'égarer vers Tibère, essayant de rester impassible malgré la tristesse que sa vue lui procurait.

"Bonsoir. Je ne pensais pas que tu reviendrais par ici..."

Ce furent les seuls mots qu'elle se sentit à même de lui dire, l'esprit encombré d'images de sa vie humaine. Une fois déjà son coeur avait choisi le mauvais objet, et elle craignait qu'il n'ait manqué à nouveau de bon sens. Mais le mal était fait, et elle se sentait réagir rien qu'à l'avoir là, en face d'elle. Sa douce odeur lui rappelait un tendre souvenir, son visage lui semblait plus délicat encore que celui qu'elle voyait lorsqu'elle rêvait à lui. Elle s'appuya contre l'encadrement de la porte, car elle avait peur de céder à un moment de faiblesse. Elle préférait s'attendre au pire plutôt que de céder à de vains espoirs...
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mer 24 Aoû 2011 - 8:25

Comment de si petites secondes pouvaient-elles paraître si longues ? Tibère crut vivre une éternité alors qu'il ne s'était même pas écoulée une minute depuis son arrivée. La porte s'ouvrit et celle qu'il attendait par dessus tout apparue devant lui. Elle avait beau vouloir cacher sa peine, Tibère la ressentait, et même s'il était en tort, il avait vécu exactement la même chose. Et alors que tout prêtait à tristesse, alors qu'il aurait du culpabiliser un peu plus et se confondre en excuse devant sa dame, l'humain afficha un sourire qu'il n'avait jamais arboré auparavant. Il était si heureux de la revoir malgré l'état de leur relation, de la phrase dénuée d'enthousiasme de la jeune femme qui voulait tout dire, de son visage qui se voulait sans détail émotionnel.

Si Tibère avait pu être comparé à un soleil, Ariani était la lune. Cet astre scintillant, qui surplombait le ciel étoilé et éclairait les rêveurs errant de se magnificence. Elle trônait au seuil de la porte, aussi pâle que sa robe blanche et rivalisait de beauté avec cette lune pourtant déjà si somptueuse en cette soirée. L'humain ne pouvait s'empêcher de sourire même si la situation ne s'y prêtait pas. Il avait plongé ses yeux pleins d'étoiles dans ceux de sa compagne. Il l'observait comme un poète regarderait sa muse, comme un terrien contemplerait sa déesse ou tout simplement comme un homme mystérieusement envoûté par une femme.
Tibère se mit soudain à genoux, dans la même posture qu'un homme qui compterait demander sa femme en mariage puis il prit la parole d'une voix doucereuse, sans la quitter un seul instant du regard. Elle l'avait tutoyé et il suivit la cadence sans y réfléchir.

« Gifle-moi, fais-moi valser de ton incroyable force, sers-toi même de moi comme dîner, si tu le désires. Mais je t'en supplie, laisse-moi passer une dernière nuit avec toi. Laisse-moi expliquer les raisons de cette fuite idiote. Laisse-moi en apprendre plus sur toi. Et si tu trouves à juste titre que je n'en vaux absolument pas la peine, laisse-moi alors te contempler une dernière fois. Accorde ta pitié à un pauvre homme dont tu as pris le cœur, inaccessible durant vingt-cinq années, en une seule soirée. »

Il n'avait pas quitté sa posture mais avait cependant perdu son sourire, si rarement vrai, au fil de ses paroles. Il avait fuit la souffrance d'une relation qui tourne mal et avait le cœur déchiré avant même d'avoir pu créer un quelconque lien. Ainsi, pratiquement certain de se faire rejeter, la peine se lisait à présent sur son doux visage toujours levé en direction de la souveraine des lieux et des émois du jeune homme.

« Je ne suis qu'un imbécile, un imbécile que tu rends heureux rien qu'en te montrant à lui. Un lâche qui gâche tout avant même d'avoir commencé. Un idiot qui a souvent du mal à s'exprimer et que essaye de changer ses convictions absurdes pour toi... qui essayerait tout pour toi si tu le lui demandais...  Un homme banal qui n'a rien à offrir si ce n'est rendre maladroitement le bonheur que tu lui procures.»

Tibère souffla cette ultime phrase tandis qu'il passait une main dans sa crinière soyeuse. Il semblait peu à peu perdre la face devant ce silence et ses yeux trahissaient sa faiblesse car ils fixaient maintenant le sol, semblant avoir perdu toute lueur d'espoir.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mer 24 Aoû 2011 - 18:02

Lorsque Tibère se mit à genoux devant elle, la vampire en resta bouche bée, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir lui dire. Il avait l'air aussi triste qu'elle, et elle ne s'y attendait pas. Elle eut soudain l'impression que lorsqu'il s'était enfui, cette nuit là, qu'il n'avait pas agi de façon vraiment réfléchie...

« Gifle-moi, fais-moi valser de ton incroyable force, sers-toi même de moi comme dîner, si tu le désires. Mais je t'en supplie, laisse-moi passer une dernière nuit avec toi. Laisse-moi expliquer les raisons de cette fuite idiote. Laisse-moi en apprendre plus sur toi. Et si tu trouves à juste titre que je n'en vaux absolument pas la peine, laisse-moi alors te contempler une dernière fois. Accorde ta pitié à un pauvre homme dont tu as pris le cœur, inaccessible durant vingt-cinq années, en une seule soirée. »

Elle resta silencieuse un moment, perdue dans sa perplexité. Il avait l'air sincère lorsqu'il disait qu'elle avait pris son coeur. Même si elle n'osait encore trop y croire, la douce flamme de l'espoir se rallumait lentement dans sa poitrine. Elle porta la main à ses lèvres, comme si elle voulait empêcher des mots d'en sortir pour l'instant. Elle avait besoin de savoir la suite, d'entendre tout ce qu'il avait à lui dire. Elle se sentait toute prête à lui pardonner, mais uniquement s'il se montrait vraiment convaincant. Son expression peinée l'attendrit, et il la regardait avec une telle intensité qu'elle aurait pu lire dans ses yeux avant même que les mots ne franchissent sa bouche.

« Je ne suis qu'un imbécile, un imbécile que tu rends heureux rien qu'en te montrant à lui. Un lâche qui gâche tout avant même d'avoir commencé. Un idiot qui a souvent du mal à s'exprimer et que essaye de changer ses convictions absurdes pour toi... qui essayerait tout pour toi si tu le lui demandais... Un homme banal qui n'a rien à offrir si ce n'est rendre maladroitement le bonheur que tu lui procures.»

Il passait une main dans ses cheveux, comme toujours lorsqu'il était stressé ou que quelque chose le dérangeait. Ils n'avaient pas passé beaucoup de temps ensemble, mais elle l'avait bien remarqué. L'humain avait l'air alarmé par son silence, son visage se décomposait à vue d'oeil et Ariani ne put résister à l'impulsion de poser délicatement sa main sur sa joue, le regardant tendrement. Elle l'incita d'un petit geste à lever les yeux vers elle, et lui sourit. Un peu le genre de sourires qui veut dire "tout va bien, c'est fini". Elle lâcha alors d'une petite voix timide :

"Peut-être que je ne te demanderais pas tout, mais au moins de ne pas t'enfuir comme ça, sans rien dire... J'ai cru que tu ne reviendrais jamais."

Elle n'ajouta rien d'autre, mais cela sous-entendait tellement de choses ! Qu'il avait profité d'elle, peut-être. Mais s'il revenait dans un but plus noble, alors peut-être... Peut-être pourraient-ils reprendre là où il s'étaient arrêtés, comme si rien ne s'était passé. Elle avança d'un pas, se rapprochant de lui de fçon significative, sa main toujours posée sur la joue du jeune homme. Elle posa doucement ses lèvres sur les siennes, avant de murmurer :

"Tu m'as manqué..."
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Jeu 25 Aoû 2011 - 6:45

Tibère avait l'air d'une statue. Figé sur place, il était toujours à genoux et regardait de ses yeux ronds celle qui venait de l'embrasser. Mentalement préparé à recevoir toute sorte d'horreur en réponse à ses actes, il était loin de s'imaginer une telle réaction. Il lui avait manqué, vraiment ? Probablement moins que lui mais le peu de fierté masculine qui lui restait lui ordonna d'en garder le secret. Il restait un homme après tout, un homme à genoux devant une porte qui venait de crier son amour à une femme qu'il ne connaissait à peine. L'humain se sentait légèrement ridicule après coup et il se frotta à nouveau le crâne. Il passa une main sur son visage pour chasser ses pensées ridicules et pencha la tête sur le côté, offrant un charmant sourire à la demoiselle.

« Et si... nous changions d'endroit ? Je crois qu'il n'est pas trop tard.. ou tôt, enfin que le soleil n'est pas encore prêt de se levé. Désires-tu faire une ballade en ville ? Quoi que je suis le seul à ne rien connaître ici... Ou bien au même endroit que la dernière fois, dans ton jardin. Ou alors chez toi ou... Je peux te laisser tranquille aussi ! Je ne pense pas repartir tout de suite d'Ambroisie de toute façon....»

Tibère poussa un soupir, il se releva et évita soigneusement le regard de celle devant qui il se couvrait de honte, selon lui. C'était atroce comme il perdait son sang froid à chaque fois qu'il lui parlait, même pour une simple proposition aussi banale que celle-ci. L'humain troublé se retourna brusquement et s'éloigna de quelques pas de la jeune femme. Il était sur le point de lui dire au revoir et de s'enfuir une nouvelle fois mais après réflexion il savait qu'il allait regretter son action et froisser une nouvelle fois sa compagne. Malheureusement il n'osait même pas la regarder tant il se sentait ridicule à perdre tous ses moyens, il lui fallait absolument un moment pour se remettre les idées en place.

« Le temps que tu décides ce que tu souhaites je vais... t'attendre ailleurs pour ne pas te déranger ! »


Dit-il sans réfléchir à son excuse qui ne tenait pas du tout la route avant de s'éloigner rapidement. Ses pas pressés le menèrent aux portes du jardin. Ses yeux lorgnaient sur la sortie mais il s’efforçait de ne penser à cette solution de facilité qui lui serait fatale. "Aller de l'avant, aller de l'avant"se répétait-il intérieurement. Malheureusement ses pensées se faisaient de plus en plus défaitistes. Après tout elle était visiblement fortunée, qu'avait-il à lui offrir de plus dans cette ville qu'elle connaissait par cœur ? Quelle idée de l'inviter à sortir, cela l'ennuierait plus qu'autre chose. Mais elle n'avait peut être pas non plus envie de discuter, d'ailleurs s'il n'arrivait pas à prononcer la moindre phrase sans accroc ce n'était pas la peine d'y penser.

Tibère s'adossa à un mur, poussa un énième soupir et opta d'attendre simplement ce qu'elle choisirait. Après tout il n'avait qu'à rester naturel non ? C'est bien la seule chose qui aurait pu plaire à la vampire. Mais quand on a été hypocrite toute sa vie il est bien dur de laisser son cœur à nu, surtout qu'il s'embrouillait à chaque fois qu'il ouvrait la bouche. Mais il venait de lui promettre qu'il essayerait tout, pour elle, alors à quoi bon se creuser la tête pour des futilités pareil. Il décida qu'il laisserait se faire les choses d'elles-même et qu'importe qu'il s'emmêle, il serait présent et sincère.
L'esprit plus au moins serein, il plongea alors son regard dans les étoiles et attendit sagement Ariani, qui devait avoir bien eu le temps de réfléchir...
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Jeu 25 Aoû 2011 - 13:56

Toujours à genoux devant elle, Tibère semblait figé, la regardant avec deux grands yeux ronds comme des soucoupes. Il avait presque l'air choqué qu'elle l'ait embrassé... Pourtant, comment résister à un être si charmeur ? Peut-être ne se connaissaient-ils pas encore assez pour pouvoir pousser trop loin l'expérience, car s'il partait à nouveau elle ne serait certainement pas aussi laxiste. Une deuxième chance, voilà ce que c'était, d'autant plus qu'elle ressentait comme un manque lorsqu'il était si loin. Mais après quelques secondes, son air ébahi se transforma en gêne, il avait l'air de se sentir ridicule. Pourtant, à l'humble avis d'Ariani, il n'y avait là rien qui soit ridicule. Au contraire, de son temps il était plutôt normal d'être aussi exubérant, et cela la flattait. Son orgueil y trouvait largement son compte, et elle lui pardonnait donc aisément tous ses petits éclats. Et voilà qu''il souriait maintenant ! Cet homme était une vraie girouette, mais elle s'en trouvait amusée et attendrie, car cela le rendait plus naturel à ses yeux.

« Et si... nous changions d'endroit ? Je crois qu'il n'est pas trop tard.. ou tôt, enfin que le soleil n'est pas encore prêt de se levé. Désires-tu faire une ballade en ville ? Quoi que je suis le seul à ne rien connaître ici... Ou bien au même endroit que la dernière fois, dans ton jardin. Ou alors chez toi ou... Je peux te laisser tranquille aussi ! Je ne pense pas repartir tout de suite d'Ambroisie de toute façon....»

Si elle n'avait pas eu l'esprit vif, elle n'aurait peut-être pas saisi la moitié de ses propos tant il s'embrouillait lui-même. L'étrange effet qu'elle avait sur lui la ravissait secrètement, mais lui semblait avoir honte de ce qu'il racontait, et soupira en se relevant. Il fit volte face et s'éloigna rapidement, et elle crut qu'il allait s'enfuir à nouveau. Son coeur se serra dans sa poitrine, et elle ne se détendit que lorsqu'il ajouta, sans la regarder :

« Le temps que tu décides ce que tu souhaites je vais... t'attendre ailleurs pour ne pas te déranger ! »

L'attendre ailleurs pour ne pas la déranger ? Allons bon, qu'est-ce que c'était que cette idée idiote ? Depuis quand y avait-il besoin de réfléchir trois heures pour se décider à aller ou non se promener ? Quelle nouveauté allait-il encore inventer ? Elle soupira, mais un petit sourire amusé flottait sur ses lèvres. Il était déjà aux portes du jardin, à présent, et elle rentra dans le manoir afin d'enfiler quelqu chose de plus seyant. Hors de question de sortir avec lui dans cette tenue ! De toute façon, ça ne lui prendrait pas longtemps. Elle grimpa les marches quatre à quatre et enfila une de ses plus belles robes de ville, en velours blanc et bleu garni de rubans de soie des mêmes couleurs. Habituée à enfiler des robes plus compliquées les unes que les autres depuis plus d'une siècle, elle ne mit qu'un instant à s'habiller. elle descendit alors en toute hâte, et le rejoignit aux portes du jardin.

Elle le trouva adossé au mur, si absorbé dans ses rélfexion, le regard levé vers le ciel, qu'il ne l'entendit pas arriver. Elle s'annonça donc en toussottant histoire de ne pas l'effrayer et s'avança vers lui, le visage plus serein et le regard nettement plus enjoué que quelques instants auparavant, lui dédiant un doux sourire. La nuit était certes splendide, et c'était le moment idéal pour se promener. Bien que le jardin ne soit peut-être pas l'endroit idéal pour un second "rendez-vous", mais ça serait un bon début en tous les cas. Elle glissa une main sur son bras et le regarda droit dans les yeux en disant :

"Tu sais, je suis au moins aussi effrayée que toi. Je n'ai pas... L'habitude de ce genre de choses. "

Elle fit une moue un peu gênée, sans le quitter des yeux. La nuit noire leur donnait une teinte d'outremer, alors que la fois précédente, la nuit était plus claire et ils avaient paru d'un bleu ciel lumineux. Mais le plus flagrant était son doux sourire, qui changeait radicalement de sa première expression en voyant l'humain sur le pas de sa porte. Elle se sentait d'humeur à bavarder avec lui cette nuit. Elle aurait voulu en savoir plus sur lui, et lui confier des choses sur elle-même. Elle commença alors d'un ton timide, le regard perdu dans les nuages :

"J'ai été amoureuse une seule fois dans ma vie. Jusqu'ici. Mais ça s'est très mal terminé et j'avoue avoir peur de ce qui pourrait se passer. J'espère que le passé ne se renouvellera pas, mais c'est dur de ne pas avoir peur."
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Jeu 25 Aoû 2011 - 21:31

Un toussotement sorti Tibère de ses rêveries étoilées. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu'il découvrit celle qu'il attendait vêtue tout autrement. Il plissait les yeux, les sourcils froncés, se demandant s'il déclarait une démence précoce ou bien si la jeune femme s'était habillée plus vite qu'il n'aurait réussit à enfiler ses chaussures. L'avait-elle rendu complètement fou au point qu'il se l'imagine si concrètement ? Il arqua un sourcil alors qu'elle s'approchait pour lui prendre le bras. Le contact glacé de la jeune femme le ramena à la réalité. Après tout il était vrai qu'elle était toujours élégante, elle avait du trouver son autre tenue trop simple et l'avait probablement changé rapidement, habituée à cela, ou bien il n'avait simplement pas vu le temps passer... Mais peu importait, on se fichait bien de tout cela au final, il s'embrouillait déjà assez comme cela ! Et alors qu'il ouvrait la bouche pour parler, Ariani pris la parole la première, ce qui étonna l'humain puisqu'en général c'était lui qui brisait le silence.

« Tu sais, je suis au moins aussi effrayée que toi. Je n'ai pas... L'habitude de ce genre de choses. »


C'est bien la première fois qu'il percevait de la gêne chez sa compagne ! Tibère était ravi de cette confession. Non pas que le fait qu'elle soit effrayée lui plaisait mais il se sentait moins seul tout à coup. Et le fait qu'elle parle enfin de ses propres doutes l'enchantait, elle semblait enfin s'ouvrir à lui, d'une façon différente de la dernière fois...
Il n'eut même pas besoin de répondre quelque chose qu'elle avait repris, pour le plus grand bonheur de l'humain, déviant pour la première fois son regard.

« J'ai été amoureuse une seule fois dans ma vie. Jusqu'ici. Mais ça s'est très mal terminé et j'avoue avoir peur de ce qui pourrait se passer. J'espère que le passé ne se renouvellera pas, mais c'est dur de ne pas avoir peur. »

« Une seule fois ? »

Ne pu s'empêcher rétorquer immédiatement l'humain. Il la regardait, les yeux écarquillés, il n'en revenait pas. C'était une vampire non ? Il en concluait donc logiquement qu'elle n'était plus toute jeune malgré son apparence toujours aussi parfaite. Et qu'elle n'ait eu qu'un amour le surprenait. Il avait vingt-cinq ans, il avait fuit toute sa vie l'amour et en était au même stade qu'une créature immortelle. A moins que... Intrigué et curieux, il ne pu s'empêcher de lui poser des questions, bizarrement sa langue ne fourchait plus à présent.

« Tu as cherché à ne pas tomber amoureuse à cause de ton histoire ? C'était si affreux ? »


Tibère ne réfléchissait pas à ses paroles et sur le coup, il n'avait absolument pas envisagé que ses interrogations puissent blesser la jeune femme. II leva les yeux au ciel, tentant d'imaginer ce qu'elle avait bien pu faire de toutes ses années. Il se gratta le menton et marmonna dans sa barbe, se parlant plus à lui-même qu'à son interlocutrice.

« Je n'ose imaginer combien d'hommes tu as fait sombrer dans le désespoir, meurtris de ne jamais avoir pu attirer ton attention... »

L'humain laissa planer un moment de silence. Il fixa la lune, la tête à nouveau plongée dans les étoiles, l'air songeur. Puis il se lança finalement à son tour d'une voix calme et grave. Il avait l'air étrangement plus sérieux que d'habitude et ne dévia pas son regard de l'astre lumineux.

« Je crois que tu es la seule. La seule pour qui j'ai vraiment ressenti quelque chose. Après tout qu'est-ce que l'amour ? Je n'en sais strictement rien. J'avoue avoir connu beaucoup de femmes mais en matière de sentiments je suis aussi novice qu'un nouveau né. »

Il haussa les épaules et croisa les bras, comme si ce qu'il venait de dire n'avait aucune importance.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Jeu 25 Aoû 2011 - 22:44

« Une seule fois ? »

Si elle n'avait pas été une vampire, son teint aurait tourné au rouge cramoisi. Il avait l'air étonné à ce sujet, et de la curiosité brillait dans son regard. Cela dit, elle apprécia le fait qu'il s'intéressât à elle et qu'il semblait moins mal à l'aise en sa présence. Elle hocha la tête pour confirmer, et leva un regard troublé vers les étoiles. Elle n'avait que rarement confié son passé, et il lui semblait que le moment et la compagnie étaient bien choisis. On aurait difficilement pu mieux faire pour la mettre à l'aise.

« Tu as cherché à ne pas tomber amoureuse à cause de ton histoire ? C'était si affreux ? »

Elle lui lança un regard triste, d'une profondeur telle qu'il laissait entrevoir la souffrance qu'elle avait endurée. Elle avait envie de lui dire oui, mais après tout, ça n'avait été qu'une banale histoire aux yeux de tout un chacun. Personne d'autre qu'elle n'avait souffert sur le coup... Jusqu'à ce qu'elle devienne vampire et exerce sa vengeance, ce dont elle n'était pas fière et qu'elle préférait oublier. Le jeune homme marmonnait, plongé dans ses réflexions à voix hautes en se grattant le menton d'un air rien de moins que perplexe.

« Je n'ose imaginer combien d'hommes tu as fait sombrer dans le désespoir, meurtris de ne jamais avoir pu attirer ton attention... »

Elle détourna les yeux, honteuse. Se pouvait-il qu'il ait eu vent de sa mésaventure avec Dainself Esher ? Non, c'était trè improbable. Et puis d'ailleurs cela devait être une simple question réthorique, sans chercher plus loin. Il se confia alors à son tour, d'une voix plus ferme :

« Je crois que tu es la seule. La seule pour qui j'ai vraiment ressenti quelque chose. Après tout qu'est-ce que l'amour ? Je n'en sais strictement rien. J'avoue avoir connu beaucoup de femmes mais en matière de sentiments je suis aussi novice qu'un nouveau né. »

Elle sourit à cette révélation, qu'il essayait de faire passer pour une chose insignifiante en prenant une pose très à l'aise, nonchalante. Elle prit doucement la main de Tibère dans la sienne, et lui fit signe de la suivre, un petit sourire aux lèvres. Elle l'emmena plus loin dans le jardin, sous un saule pleureur. Elle respira profondément en fermant les yeux, appréciant l'odeur de l'arbre. C'était le plus grand qu'elle avait, mais il était planté là, seul, sans rien autour de lui. Elle dit alors d'une voix très douce :

"Je me suis toujours identifiée à cet arbre. Tu sais, c'est un arbre qui est presque aussi vieux que moi. Ma mère l'avait fait planter dans notre jardin quand j'avais deux ans, il était à peine aussi haut que moi à l'époque. Nous avons en quelque sorte grandi de conserve lui et moi. Quand j'ai rencontré Erius, ses branches ne tombaient pas comme ça, il n'était pas encore aussi grand non plus. L'année suivante, lorsque... Il m'a trahie, le saule a commencé à bien porter le nom de pleureur, et à retomber comme aujourd'hui. J'ai pensé qu'il était aussi malheureux que moi. Alors quand j'ai emménagé d'ici, je l'ai fait venir pour qu'il orne mon jardin et qu'il reste à mes côtés. Mais tout ce que j'ai planté à proximité de lui, les fleurs comme les arbres... Tout est mort en quelques jours. Alors je me suis dit qu'on était deux vieux solitaires, et qu'on le resterait toute notre vie."

Elle n'avait probablement jamais débité un aussi long discours face à lui, jusque là. Cependant, elle avait envie de lui ouvrir son coeur et de tout lui dire. La vampire changeait d'expression au fur et à mesure de son récit, passant par la nostalgie à la mention de sa mère à la tristesse et à la solitude sur la fin... Sans oublier un éclair de colère pure lorsqu'elle avait dit le nom de son ancien amoureux, comme s'il lui brûlait la gorge et la langue rien qu'à le prononcer.

"Après lui... elle hésitait à poursuivre, car la seule mention de cet homme était insupportable. Jamais je n'ai pu ressentir d'amour. Je ne sais pas, peut-être que comme je suis figée à tout jamais dans un âge aussi tendre... Peut-être que la force du premier amour et sa déception ne disparaîtront jamais. Tu sais, j'ai plus de cent ans et j'ai toujours le coeur d'une gamine qui n'a pas encore fêté ses vingt ans. Et je n'ai connu que deux hommes, que se soit dans mon coeur comme dans mon lit. Tu vois, puisque tu es l'un d'eux, on peut dire que nous sommes à peu près aussi novices l'un que l'autre."

Elle lui lança un petit regard inquiet, car elle craingnait qu'il ne la trouve insipide et inintéressante. Le vent parfumé amenait jusqu'à eux l'odeur de la verdure et de la nature, tandis que des petits bruits signalaient la présence d'animaux dans les fourrés non loin. Mais la présence immense de l'arbre se voulait rassurante, comme un cocon protecteur dans lequel rien de mal ne pourrait arriver. Comme les bras d'une mère aimante ou ceux d'un père qui vous protège de l'orage...
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Ven 26 Aoû 2011 - 18:22

Tibère se laissa guider à travers le jardin. Elle l'emmena jusqu'à un saule pleureur, arbre plutôt inhabituel à voir dans un jardin et c'est l'endroit qu'Ariani avait choisit pour continuer son histoire. Les longs branchages semblaient venir mourir sur les deux êtres et la vampire pris la parole.

« Je me suis toujours identifiée à cet arbre. Tu sais, c'est un arbre qui est presque aussi vieux que moi. Ma mère l'avait fait planter dans notre jardin quand j'avais deux ans, il était à peine aussi haut que moi à l'époque. Nous avons en quelque sorte grandi de conserve lui et moi. Quand j'ai rencontré Erius, ses branches ne tombaient pas comme ça, il n'était pas encore aussi grand non plus. L'année suivante, lorsque... Il m'a trahie, le saule a commencé à bien porter le nom de pleureur, et à retomber comme aujourd'hui. J'ai pensé qu'il était aussi malheureux que moi. Alors quand j'ai emménagé d'ici, je l'ai fait venir pour qu'il orne mon jardin et qu'il reste à mes côtés. Mais tout ce que j'ai planté à proximité de lui, les fleurs comme les arbres... Tout est mort en quelques jours. Alors je me suis dit qu'on était deux vieux solitaires, et qu'on le resterait toute notre vie. »

Tibère ne l'interrompit pas un seul instant. Elle n'avait jamais aligné autant de mots à la suite devant lui et cela lui faisait plaisir, bien que l'histoire racontée ne prêtait pas à sourire. Son visage n'avait cessé de changer d'expression, on pouvait lire dans ses yeux ce qu'elle ressentait et jamais il ne l'avait vu si troublée. Il restait quant à lui enraciné sur place, l'écoutant sans un bruit de son air grave.

« Après lui... Jamais je n'ai pu ressentir d'amour. Je ne sais pas, peut-être que comme je suis figée à tout jamais dans un âge aussi tendre... Peut-être que la force du premier amour et sa déception ne disparaîtront jamais. Tu sais, j'ai plus de cent ans et j'ai toujours le cœur d'une gamine qui n'a pas encore fêté ses vingt ans. Et je n'ai connu que deux hommes, que se soit dans mon cœur comme dans mon lit. Tu vois, puisque tu es l'un d'eux, on peut dire que nous sommes à peu près aussi novices l'un que l'autre. »

Le saule paraissait aussi attristé que la jeune femme et semblait déverser ses larmes sur elle. C'est comme s'il avait été sensible à son histoire et cela rendait la scène d'autant plus touchante. Tibère dévisageait Ariani de son regard où plus aucune émotion ne passait, elle semblait inquiète et il n'aurait su dire pourquoi. L'humain restait silencieux, inhabituellement impassible, il aurait voulu lui répondre quelque chose, la consoler de son noir récit, la rassurer qu'il n'était pas pareil. Malheureusement il avait du faire vivre ce genre de souffrance à bon nombre de femmes et culpabilisait énormément d'avoir pu gagner l'affection de la vampire. Après tout il avait été toute sa vie comme ce fameux Erius, il avait trompé, sans cesse. Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui répondre ? Qu'il avait été ce genre d'homme abject et sans scrupule jusqu'à ce qu'il l'a rencontre ?Devait-il lui mentir, s'inventer un passé et baser leur relation sur l'hypocrisie ? Devait-il lui raconter sa vie honteuse au risque d'une nouvelle fois tout gâcher et de la faire fuir à jamais ? Devait-il se taire, tout simplement... ?

Le cœur de Tibère se serrait dans sa poitrine. Plus le temps passait, plus il se rendait compte que les deux amants avaient eu une existence totalement opposée. Jeune fanfaron, il avait vécu sans se poser de question, il avait trahit à tout bout de champ pour de simples richesses. Il n'avait pas eu que deux femmes lui, et il avait séduit toutes celles qu'il avait rencontrées. Jamais il n'aurait pu rester seul et vivre reclus dans sa tristesse, il était de nature joviale, souriant pour un oui ou pour un nom . Quant à Ariani, elle s'était comme préservée de souffrances sentimentales, mais elle n'avait pas joué avec les hommes. Elle se comparait à cet arbre pleureur, avait elle vécu dans la douleur toute sa longue vie ? Est-ce qu'elle avait défaillit petit à petit au point de faire mourir ses désirs ? L'humain se sentait coupable, affreusement coupable d'avoir été si insouciant, si égoïste et si monstrueux dans ses actes... La vampire ne le savait pas, mais elle avait choisit pour second amant une crapule. Etait-il le plus chanceux de tous les hommes ou bien était-elle naturellement attirée par les vilains garçon… ? Tibère tourna des talons et alla s'adosser sur le tronc du saule, à l'opposé d'Ariani avant de prendre la parole d'une voix grave qui avait perdu toute jovialité.

« Pourquoi moi Ariani ? Je ne suis pas plus beau qu'un autre, je n'ai aucun don, aucune spécialité digne d'attirer l'attention. Je suis un homme banal, qui n'a rien accomplit d’extraordinaire. Tu dégages quelque chose qui donne envie de t'approcher, tu es une des plus belles femmes que j'ai pu rencontrer et tu dois par conséquent attirer le regard de plus d'un. Tu donnes envie d'insister, d'avoir la chance de te voler un baiser et de recevoir tes tendresses. Dis-moi comment j'ai pu intéresser une femme telle que toi, qui a toujours fermé son cœur à d'autres. »

Tibère passa une main dans ses cheveux dans un soupir, le regard perçant cruellement la nuit, droit devant lui. Il était en colère contre lui-même, attristé pour sa compagne et en proie aux doutes, encore. S'il lui restait une once de dévouement et s'il tenait vraiment à elle, est-ce qu'il devait s'en aller et espérer qu'une dame aussi pure qu'Ariani trouve une personne meilleure, digne d'elle ?

« Dois-je me sentir le plus heureux de tous les hommes d'avoir gagné ton sourire ou bien le plus méprisable de tous les salauds... ? »

Murmura t-il pour lui-même d'une façon quasiment inaudible. Avant de reprendre à voix haute tandis qu'il croisait les bras.

« Puisque tu es franche avec moi, je vais l'être aussi. Je ne pense pas être l'homme qui te convient. Ce qui est certain est que je ne suis absolument pas digne de toi. Autrefois j'aurais rit de ce que tu m'as raconté et t'aurais emmené dans une chambre pour que tu te taises et qu'on en finisse. »

Il avait délibérément énoncé cette phrase immonde pour bien qu'elle se rende compte de ce qu'il avait été avec d'autres.

« J'ai passé peu de temps avec toi certes, mais suffisamment pour vouloir ton bonheur tu sais. Et même si tu es l'amour de ma vie, dois-je faire l'égoïste et jouir de mon bonheur avec toi ou te laisser dans les bras d'un homme bien plus convenable que moi ? Peut être que je gâche ma seule chance d'être heureux dans ma vie mais je t'assure qu'en ce moment seule ta joie m'importe. »

Tibère se laissa glisser sur le tronc d'arbre. Il avait peur qu'elle le déteste à présent et le chasse comme un malpropre. Il avait peu de regretter ce qu'il venait de faire, mais après tout c'est ce qu'il avait cherché à faire, se rendre méprisable aux yeux de sa belle.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Ven 26 Aoû 2011 - 23:26

« Pourquoi moi Ariani ? Je ne suis pas plus beau qu'un autre, je n'ai aucun don, aucune spécialité digne d'attirer l'attention. Je suis un homme banal, qui n'a rien accomplit d’extraordinaire. Tu dégages quelque chose qui donne envie de t'approcher, tu es une des plus belles femmes que j'ai pu rencontrer et tu dois par conséquent attirer le regard de plus d'un. Tu donnes envie d'insister, d'avoir la chance de te voler un baiser et de recevoir tes tendresses. Dis-moi comment j'ai pu intéresser une femme telle que toi, qui a toujours fermé son cœur à d'autres. »

Tibère avait l'air en colère, et Ariani ne savait pas vraiment comment réagir
face à ce qu'il disait. A son expression, elle voyait qu'il n'avait pas des pensées spécialement agréables. Cela l'attristait inexplicablement, mais elle ne savait que faire pour lui remonter le moral. Il la trouvait attirante, et elle savait qu'il avait raison à ce sujet, car elle prenait grand plaisir à se faire la plus belle possible. Mais au sujet de ce qu'elle ressentait à son sujet, elle n'avait aucune réponse. Elle ne savait pas tout simplement, c'était quelque chose qui relevait du sentiment et non d'un réel choix.

« Dois-je me sentir le plus heureux de tous les hommes d'avoir gagné ton sourire ou bien le plus méprisable de tous les salauds... ? »

Là encore, c'était une question de pure réthorique, il n'attendait pas vraiment de réponse. Elle pensa qu'il pensait tout simplement à voix basse. Aussi le laissa-t-elle cogiter en paix jusqu'à ce qu'il ajoute :

« Puisque tu es franche avec moi, je vais l'être aussi. Je ne pense pas être l'homme qui te convient. Ce qui est certain est que je ne suis absolument pas digne de toi. Autrefois j'aurais rit de ce que tu m'as raconté et t'aurais emmené dans une chambre pour que tu te taises et qu'on en finisse. »

La vampire blêmit sous le coup de l'insinuation. Avait-elle choisi un homme si mauvais qu'il lui ferait revivre la même épreuve ? Non, elle ne pouvait y croire... Son coeur ne lui ferait pas deux fois le même coup. La vie n'était pas assez cruelle pour renouveler une expérience aussi douloureuse. Elle avait connu bien des gens méprisables, mais certains changeaient au fil du temps. Ils gagnaient en sagesse et en bonté, ce qui les amenait à regretter leurs fautes passées. Elle croyait en toute sincérité que toute personne a droit à une seconde chance, pour se racheter de ses fautes. Peut-être celle de Tibère était-elle venue, ici, avec elle ? Elle inspira profondément pour se donner du courage, et écouta la suite avec un intérêt grandissant.

« J'ai passé peu de temps avec toi certes, mais suffisamment pour vouloir ton bonheur tu sais. Et même si tu es l'amour de ma vie, dois-je faire l'égoïste et jouir de mon bonheur avec toi ou te laisser dans les bras d'un homme bien plus convenable que moi ? Peut être que je gâche ma seule chance d'être heureux dans ma vie mais je t'assure qu'en ce moment seule ta joie m'importe. »

Cela, au moins, était sincère. Et il parlait en mots si simples et si francs qu'ils lui allaient droit au coeur. Si ses paroles lui criaient qu'il était dangereux pour elle et qu'elle ferait mieux de passer son chemin, elle sentait que son esprit était convaincu du contraire. Il voulait peut-être se montrer tout simplement raisonnable ? Il s'était adossé contre le tronc, et elle l'observa intensément pendant quelques secondes avant de répondre :

"Si seul mon bonheur importe, je suis désolée de devoir t'apprendre qu'il ne sera pas complet si tu n'es pas là. J'ignore pourquoi, je ne saurais l'expliquer, mais mon coeur ne peut se résoudre à en rester là. Au matin, lorsque je me couche, je songe à toi, et je rêve que mes draps sont tes bras qui m'enlacent. Le soir au réveil, ma première pensée est celle de me demander ce que tu peux bien être en train de faire."

Elle s'avança vers lui, s'agenouillant devant ce jeune homme qui avait changé son univers. Elle posa sa main sur la sienne, sans le quitter des yeux. Son expression était tout à la fois grave et tendre. Elle inspira profondément avant d'ajouter :

"Peut-être que tu as raison et que par le fait de ton passé tu ne me conviens pas. Cela dit, je n'en suis pas parfaitement convaincue. Tu voudrais me voir dans les bras d'un homme plus convenable ? Mais moi, je pense que personne n'est plus convenable que celui que j'aime. Si tu es sincère et que tu veux vraiment mon bonheur, alors je ne crains rien. Et puis, je pense que tu sais qu'il est risqué de mécontenter une vampire !"

Elle avait dit la dernière phrase sur le ton de l'humour, les yeux pétillants de malice. Cela dit, elle songea que tant qu'à parler de leurs vices, il devait bien voir sa face cachée à elle. La noirceur sour le vernis doré...

"Tu sais, je ne suis pas un ange non plus. Tu dois te douter que j'ai déjà tué, ne serait-ce que pour me nourir. Mais, avant même de devenir vampire, je m'étais vengée d'Erius de la pire façon qui soit. Je n'en suis pas fière, mais je l'ai fait tuer, lui et sa... Elle retint le mot vulgaire qu'elle allait prononcer et qui n'avait rien à faire dans la bouche d'une grande dame. Sa conquête. Chacun de nous a en son coeur une part d'ombre, qui guérit avec le temps, ou avec l'amour qu'on nous porte."

Elle sourit doucement à ces mots, songeant à son créateur et mentor, qui lui avait apporté toute l'affection qu'un père dédie à sa fille unique. Elle avait été la prunelle de ses yeux, et l'amour qu'il lui portait avait peu à peu guéri les blessures de son âme. A sa mort, elle avait eu plus de mal à rester aussi enjouée qu'avant, mais était toujours gaie la plupart du temps. Ce n'était que le jour, seule dans son lit, qu'elle se laissait parfois aller au désespoir. De nuit, la lune et les étoiles étaient toujours là pour la rassurer.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Sam 27 Aoû 2011 - 1:06

« Si seul mon bonheur importe, je suis désolée de devoir t'apprendre qu'il ne sera pas complet si tu n'es pas là. J'ignore pourquoi, je ne saurais l'expliquer, mais mon cœur ne peut se résoudre à en rester là. Au matin, lorsque je me couche, je songe à toi, et je rêve que mes draps sont tes bras qui m'enlacent. Le soir au réveil, ma première pensée est celle de me demander ce que tu peux bien être en train de faire. »

Tibère profita du fait qu'elle ne le voit pas entièrement pour fermer les yeux et pousser un long soupir. Il était bien plus rassuré que flatté , qu'elle dise cela malgré ce qu'il lui avait raconté. La jeune femme vint alors s'agenouiller devant lui et lui pris la main. Éclairée par lune, elle brillait de mille feux et le regardait ses yeux d'un bleu profond, le visage si doux, jamais il ne l'avait trouvé aussi belle et s'il n'avait pas un minimum de bon sens il lui aurait certainement sauté dessus.

« Peut-être que tu as raison et que par le fait de ton passé tu ne me conviens pas. Cela dit, je n'en suis pas parfaitement convaincue. Tu voudrais me voir dans les bras d'un homme plus convenable ? Mais moi, je pense que personne n'est plus convenable que celui que j'aime. Si tu es sincère et que tu veux vraiment mon bonheur, alors je ne crains rien. Et puis, je pense que tu sais qu'il est risqué de mécontenter une vampire ! »


Évidemment qu'il ne lui convenait pas à proprement parler. Il se sentait un peu comme un simple brin d'herbe qui aurait rencontré la plus royale des fleurs. Il n'aurait jamais voulu la voir dans les bras d'un autre, il aurait été bien trop jaloux, bien trop triste de l'avoir laissé partir. Et il compris à présent qu'il n'aurait jamais pu ne pas tenter de la revoir si elle l'avait quitté.

« Tu sais, je ne suis pas un ange non plus. Tu dois te douter que j'ai déjà tué, ne serait-ce que pour me nourrir. Mais, avant même de devenir vampire, je m'étais vengée d'Erius de la pire façon qui soit. Je n'en suis pas fière, mais je l'ai fait tuer, lui et sa... Sa conquête. Chacun de nous a en son cœur une part d'ombre, qui guérit avec le temps, ou avec l'amour qu'on nous porte. »

Tibère l'observait de son regard imperturbable. Sa confession ne le fit en aucun grimacer cas et il se contenta de répondre naturellement et sans hésitation :

« Si c'était avant que tu ne sois vampire, tu étais jeune. Tu étais donc inconsciente, tu avais le cœur brisé et dans ces moments là on agit de façon impulsive, on ne réfléchit pas à ses actes. La preuve, tu regrettes aujourd'hui. D'ailleurs...»

Il sembla hésiter et ne termina finalement pas sa phrase. L'humain venait de se rendre compte de quelque chose, quelque chose qui l'attristait d'avance même si leur amour n'était que naissant. Son regard était à présent sombre, dénué d'étincelle de joie malgré toutes les paroles rassurantes qu'elle venait de lui dire. Tibère plongea ses yeux dans ceux de sa compagne et l'observa durant de longues secondes. Il entoura finalement Ariani de ses bras et la serra contre lui, soupirant une énième fois dans son cou. Il la voulait juste à ses côtés, il voulait seulement sentir qu'elle était là, près de lui. C'était si étrange, il venait de la rencontrer et il avait déjà peur de la perdre. Il avait trouvé un trésor et savait qu'il serait convoité par tous. Et de plus...

Le jeune homme n'arrivait même pas à terminer ses propres pensées. Il était à deux doigts de parler de ce qui le rendait soucieux à Ariani mais il se retenait, se trouvant ridicule de penser à l'avenir dès le premier soir. De toute façon peut être qu'entre eux ça ne marcherait pas, peut être qu'ils se jetteraient mutuellement, ils étaient si différents... Comme pour chasser ses pensées, Tibère enfouit un peu plus sa tête au creux de l'épaule de sa bien-aimée. Il n'avait rien dit de plus, il était devenu comme muet, par peur de dire une bêtise, par peur d'être encore une fois ridicule, par peur de briser ce moment magique à ses yeux. Il s'enivrait de son odeur, et vint tout à coup effleurer la joue de la vampire de la sienne, comme un chat se caresserait à un humain. Tibère se laissait guider par ses émotions changeantes et dénoua sans s'en rendre compte le ruban qui nouait la chevelure dorée d'Ariani avant de laisser sa main s'égarer à travers ses soyeuses mèches. Puis, lunatique comme à son habitude, il coupa net leur étreinte sans crier gare, sans rien faire de plus et s'adossa à nouveau contre l'arbre, le regard rivé sur les broussailles environnantes.

« Je vais vieillir et mourir. »


C'est la seule phrase qu'il daigna prononcer, sans aucune explication. Quand il se retenait de dire quelque chose, il disait toujours la moitié de ce qu'il pensait. Il haussa les épaules comme s'il était mécontent. A vrai dire il n'osait lui dire mais il pensait à la suite. Si cela marchait, viendrait bien le moment où elle ne voudrait plus de lui. La vieillesse ne la touchait pas elle, elle serait toujours splendide et radieuse comme aux premiers jours. Lui deviendrait plein de rides, perdrait de jour en jour son énergie d'antan et finirait par défaillir, comme tout humain. Il 'était bien loin de devenir comme ça, il n'avait que vingt-cinq ans mais il ne pouvait s'empêcher d'y penser. Tibère avait toujours craint cet état de vieillard, il aimait sa jeunesse pleine d'entrain et redoutait l’invalidité autant qu'il ne supporterait pas se voir devenir laid d'année en année. L'humain trifouillait ses cheveux et laissa échapper un ultime soupir, fatigué de lui-même et ses pensées toujours aussi morbides.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Sam 27 Aoû 2011 - 21:45

A la grande surprise d'Ariani, sa révélation n'avait pas l'air de choquer Tibère, au contraire. Et c'est tout naturellement et sans la moindre hésitation, comme si elle lui avait parlé du temps qu'il faisait, qu'il lui répondit :

« Si c'était avant que tu ne sois vampire, tu étais jeune. Tu étais donc inconsciente, tu avais le cœur brisé et dans ces moments là on agit de façon impulsive, on ne réfléchit pas à ses actes. La preuve, tu regrettes aujourd'hui. D'ailleurs...»

Oh ça, c'était bien sûr qu'elle regrettait ! Et amèrement, d'ailleurs. Quant au fait d'être jeune... Oui, bien sûr, elle était à peine majeure, dix huit ans et quelques mois... Dire qu'elle avait passé une année complète dans sa douleur avant de se faire transformer ! Une année riche en évènements, sans aucun doute. Elle attendait en vain la suite, car Tibère ne semblait pas vouloir finir sa phrase. Il avait l'air si froid, pensif... Assurément, quelque chose n'allait pas. Il la regardait si intensément, ainsi plongé dans les méandres de ses pensées... Elle était anxieuse, et craignait que ses réflexions ne prennent un mauvais chemin tant il faisait grise mine. Soudain, il l'enlaça en la serrant contre lui, et ce brusque mouvement emplit la vampire d'une joie indicible. Il la retenait comme s'il ne voulait plus jamais la lâcher.

Ils restèrent ainsi quelques instants, aussi silencieux que pensifs tous deux. Les pensées d'Ariani empruntaient un chemin plus doux et plus tendre que celles de Tibère, mais elle ne le savait pas. Elle savourait simplement le bonheur d'être ensemble, la chaleur de son corps, la douceur de sa peau... Il était si proche d'elle, dans une position de total abandon, et elle frissonnait à son contact, fermant les yeux au plaisir de sentir son souffle sur elle. Il frôla sa joue de la sienne, et la vampire sentit ses sens s'affoler alors qu'il retirait le ruban qui maintenant sa chevelure, avant de la caresser en douceur. Elle laissa échapper un soupir de bonheur alors qu'il se raidissait subitement, puis se reculait précipitamment sans prévenir. Désorientée par de si brusques changements, Ariani lutta contre l'instinct de prédateur qui voulait lui faire répondre à la surprise par l'attaque. Elle déplorait ce côté de sa personnalité, qui faisait qu'elle se laissait facilement submerger par sa face sombre, pour peu d'être surprise ou mise en colère. Elle respira profondément pour calmer son impulsion qui pourrait se montrer très dangereuse, alors qu'il disait d'un ton désagréable :

« Je vais vieillir et mourir. »

Il n'ajouta rien, et se contenta de hausser les épaules. Il avait l'air assez mécontent pour qu'elle s'inquiète. Sans compter ce qu'il avait dit... Pour la première fois depuis qu'elle était morte, Ariani regrettait sa transformation. Jusque là, elle l'avait toujours vue comme un cadeau qui lui était fait par la vie elle-même, une possibilité de trouver le bonheur qu'elle n'avait pas eu en tant qu'être vivant. Mais ça... C'était à la fois choquant et terriblement, implacablement vrai. Un jour, il finirait sa vie. Il cesserait d'exister. Cette révélation, ce fait auquel elle n'avait guère songé depuis leur rencontre, l'atteingnit en plein coeur comme un boulet de canon. La réalité et l'horreur de ce qu'il disait la submergea toute entière pendant quelques secondes. N'eut-elle été vampire qu'elle en aurait fait un infarctus. La perspective des changements physiques ne la perturbaient pas plus que ça, mais la fin de la vie de Tibère lui était une idée trop insupportable pour être mentionnée. Elle la peinait tellement que ses yeux se brouillèrent, bien qu'elle ne fût pas capable de pleurer. Elle jeta un regard implorant vers le ciel, à travers les branches du saule, et reçut la réponse bienveillante de la lune. Sa douce lumière apaisa doucement ses craintes, et lui permit de réfléchir plus clairement. Elle répondit alors d'une voix incertaine :

"Nous n'en sommes pas encore là... Tu as des années devant toi, et nous ne nous sommes rencontrés qu'il y a une semaine. Peut-être que tu ne voudras plus de moi d'ici quelques années, et alors la question ne se posera plus. Sinon, eh bien nous aurons tout le temps de penser à la solution à ce moment-là. Et puis tu sais, je peux aussi mourir bien plus tôt que toi. Avec tous ces loups qui cherchent à m'éliminer..."

En effet, il était fréquent qu'elle reçoive des "visites" d'un genre tout particulier, visant à la tuer. Dans sa jeunesse vampirique, elle avait parcouru la contrée des garous avec son maître, et lorsque celui-ci était mort par le venin d'un des habitants des lieux, et l'avait vengé sans remords. Depuis, des jeunes venaient souvent tenter de l'éliminer pour ramener sa tête à ceux qui avaient survécu à sa colère. Elle avait tué bien d'autres créatures depuis, poussée par la soif la plupart du temps. Mais ces meurtres-là, elle ne les comptait pas parmi ceux qu'elle regrettait. Ces créatures n'étaient pas innocentes, et pas plus humaines qu'elle. Entre monstre, la loi du plus fort domine. Oeil pour oeil, dent pour dent... Famille pour famille. Elle finit par dire d'un ton doux et tendre :

"Pensons à demain avant de penser à la fin. Apprenons à nous connaitre avant de penser à se perdre."

Elle lui dédia un doux sourire qui la rendit resplendissante. Elle caressa sa joue du bout des doigts en souriant toujours, le regardant avec plus d'amour qu'elle ne l'avait encore jamais fait.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Dim 28 Aoû 2011 - 3:12

« Nous n'en sommes pas encore là... Tu as des années devant toi, et nous ne nous sommes rencontrés qu'il y a une semaine. Peut-être que tu ne voudras plus de moi d'ici quelques années, et alors la question ne se posera plus. Sinon, eh bien nous aurons tout le temps de penser à la solution à ce moment-là. Et puis tu sais, je peux aussi mourir bien plus tôt que toi. Avec tous ces loups qui cherchent à m'éliminer... »

Elle avait raison, certes, mais Tibère avait l'impression qu'elle disait cela plus pour se rassurer qu'autre chose. Il avait bien vu la frayeur dans ses yeux, le choc de cette révélation à laquelle elle ne s'attentait pas le moins du monde. Mais il était vrai qu'il était encore jeune et qu'un quelconque événement pourrait les séparer bien avant que la question ne se pose à nouveau. Et pourtant... il était bien dur pour l'humain de se voiler la face, de mettre ce fait de côté.

« Pensons à demain avant de penser à la fin. Apprenons à nous connaître avant de penser à se perdre. »


Vivre au jour le jour, était-ce ce qu'il fallait faire ? C'était en tout cas ce que semblait penser la vampire qui désirait le rassurer de son sourire enchanteur. Il se frotta instantanément à cette main qui l'effleurait comme pour acquiescer ses dires. Quant à apprendre à se connaître, ne lui avait-il pas déjà tout dit ? Il lui semblait que si, après tout il n'avait rien à raconter, il n'avait jamais eu une vie trépidante et narrer ses amourettes avec d'autres femmes ne ferait certainement pas plaisir à Ariani. Cependant il voulait lui faire plaisir, lui montrer qu'il tenait à s'investir et c'est sans grand enthousiasme qu'il prit la parole à son tour.

« J'ai vécu une enfance heureuse, aussi banale que moi. La seule particularité pourrait être que j'ai passé mon temps à côtoyer les félins plutôt que les humains. C'est difficile à croire mais j'étais plutôt solitaire à l'époque. Je ne faisais que gambader joyeusement à travers les prairies. Le simple fait de m'allonger sous un arbre en cajolant mes chats me comblait de bonheur. L'époque de l'insouciance ou un rien nous rend heureux, c'est ça quand on est gosse. »

Un léger sourire parcouru les lèvres de Tibère mais il disparu peu après. La tête ailleurs, il n'eut plus un regard pour sa belle. Il pouvait être affreusement frustrant par moment... mais ce n'était jamais intentionnel. Ses émotions changeaient du tout au tout sans que personne ne sache pourquoi. Lunatique aussi, il l'était depuis son enfance mais il ne s'en rendait pas compte lui-même aussi il ne lui en parla pas. Un infime soupir et il reprit de son ton monotone.

« Passée l'enfance, vient l'adolescence. J'avais envie de tout découvrir, de voyager et parcourir le monde. Je rêvais de richesses pour ainsi pouvoir faire ce que bon me semblait sans avoir à me soucier des moyens financiers. Et puis fatalement, j'ai commencé à désirer les jeunes demoiselles qui croisaient ma route... »


Il laissa planer un silence, dévia une nouvelle fois le regard d'Ariani et continua, le visage assombrit, honteux de la suite.

« Je l'ai fait, j'ai quitté la maison familiale et j'ai parcouru Oryenna. J'ai fait des rencontres et j'ai fini par comprendre que je pouvais user de mon charme afin de m'aider à vivre. Je suis devenu un sombre égoïste au cœur de pierre, manipulateur et calculateur. J'ai côtoyé les personnes aisées, flatté des vieux bourgeois pour me faire apprécier, charmé des dames nobles pour recevoir leur "gentillesse" dorée. Et puis parfois je passais de longues semaines avec moi seul comme compagnie, j'ai toujours eu cette envie de m'isoler de temps à autre. »

Tibère agissait toujours de façon impulsive, elle avait du s'en rendre compte maintenant. Et, sans crier gare, il fit volte face, dévisagea un moment son interlocutrice avant de l'allonger doucement sur le sol. Un beau sourire illumina son visage, il entrelaça leurs mains, déposa en tendre baiser dans le cou d'Ariani puis effleura du bout de ses doigts la joue de celle-ci avant de reprendre son récit d'une voix aussi douce que ses caresses.

« Vint le jour où j'ai eu envie de voir à quoi ressemblaient les fameux vampires dont je ne connaissais l'existence que par de simples bouche à oreille. Le destin m'a guidé auprès de la plus belle d'entre toutes. Elle chantait de sa voix envoûtante assise près d'une fontaine, scintillant sous la lune. J'ai voulu jouer avec elle, je l'ai désiré dès que je l'ai vu le sais-tu ? Malheureusement elle était plus coriace que les autres, j'ai même faillit y laisser ma peau ! Mais devine quoi... »

L'humain pencha son visage sur l'actrice de son histoire. Leurs lèvres seulement séparées de quelques millimètres, il murmura de sa voix suave :

« Plutôt que de me prendre la vie, elle a préféré cueillir mon cœur.  Cette fois c'est moi qui me suis fais charmer. La vampire a conquit le chat-garou.»

Un léger rire s'échappa de sa bouche suite à sa dernière remarque. Il lui avait raconté les grandes lignes mais pour lui sa vie se résumait à cela et il n'avait pas envie de s'attarder dessus. Il se trouvait inintéressant et préférait laisser sa compagne parler d'elle. Quasiment allongé sur Ariani, Tibère regardait intensément la source de son désir montant, la joie se lisait dans ses yeux brillants.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Dim 28 Aoû 2011 - 19:12

« J'ai vécu une enfance heureuse, aussi banale que moi. La seule particularité pourrait être que j'ai passé mon temps à côtoyer les félins plutôt que les humains. C'est difficile à croire mais j'étais plutôt solitaire à l'époque. Je ne faisais que gambader joyeusement à travers les prairies. Le simple fait de m'allonger sous un arbre en cajolant mes chats me comblait de bonheur. L'époque de l'insouciance ou un rien nous rend heureux, c'est ça quand on est gosse. »

Ariani acquiesça a ses mots, elle aussi avait adoré la période de douce insouciance de son enfance. Curieusement, elle ne fut guère surprise qu'il ait souvent côtoyé des félins, ça lui paraissait même logique. Le jeune homme souriait, puis eut soudain l'air plus grave. Elle ne suivait pas toujours tous les changements d'humeur qu'il avait, mais parvenait à en être moins irritée avec le temps. Il soupira avant d'ajouter d'un ton morne :

« Passée l'enfance, vient l'adolescence. J'avais envie de tout découvrir, de voyager et parcourir le monde. Je rêvais de richesses pour ainsi pouvoir faire ce que bon me semblait sans avoir à me soucier des moyens financiers. Et puis fatalement, j'ai commencé à désirer les jeunes demoiselles qui croisaient ma route... »

Ca, elle avait bien compris qu'il entretenait une fascination pour les dames. Il avait été assez clair à ce sujet. Elle n'avait jamais été aussi intéressée que lui par la question, et s'y était mise à peine quelques mois avant de rencontrer Erius, après quoi ce genre de pensées ne lui avaient plus traversé l'esprit... Avant Tibère. Il poursuivit avec une pointe de honte dans la voix et le visage fermé :

« Je l'ai fait, j'ai quitté la maison familiale et j'ai parcouru Oryenna. J'ai fait des rencontres et j'ai fini par comprendre que je pouvais user de mon charme afin de m'aider à vivre. Je suis devenu un sombre égoïste au cœur de pierre, manipulateur et calculateur. J'ai côtoyé les personnes aisées, flatté des vieux bourgeois pour me faire apprécier, charmé des dames nobles pour recevoir leur "gentillesse" dorée. Et puis parfois je passais de longues semaines avec moi seul comme compagnie, j'ai toujours eu cette envie de m'isoler de temps à autre. »

Connaissant un peu son caractère, elle ne trouvait là rien d'étonnant. Elle fit ici le parallèle avec un chat qu'elle avait quand elle était toute petite, et qui prenait plaisir à aller réclamer dans d'autres maisons que la sienne quand lui prenait la fantaisie de changer de décor. Elle fut gênée en imaginant que s'il avait vécu au siècle précédent, il aurait pu fort bien profiter d'elle de la sorte. C'est alors qu'il se tourna vers elle, la regarda intensément pendant quelques secondes avant de l'allonger au sol. Elle retint un petit rire, amusée par ce revirement de situation. Il souriait maintenant, et son expression faisait chavirer le coeur d'Ariani. Il l'embrassa dans le cou, et caressa doucement sa joue, tandis qu'elle lui dédiait un sourire plein de bonheur et de joie de vivre.

« Vint le jour où j'ai eu envie de voir à quoi ressemblaient les fameux vampires dont je ne connaissais l'existence que par de simples bouche à oreille. Le destin m'a guidé auprès de la plus belle d'entre toutes. Elle chantait de sa voix envoûtante assise près d'une fontaine, scintillant sous la lune. J'ai voulu jouer avec elle, je l'ai désiré dès que je l'ai vu le sais-tu ? Malheureusement elle était plus coriace que les autres, j'ai même faillit y laisser ma peau ! Mais devine quoi... »

Elle pencha le visage vers elle, si proche qu'elle pouvait sentir la chaleur de ses lèvres effleurer les siennes. Elle admirait son regard et ses traits qui lui semblaient si doux, tandis qu'il lui murmurait :

« Plutôt que de me prendre la vie, elle a préféré cueillir mon cœur. Cette fois c'est moi qui me suis fais charmer. La vampire a conquit le chat-garou.»

Il riait et elle ne put s'empêcher de se joindre à lui. Il avait l'air si heureux qu'elle se sentait privilégiée, ravie de faire partie d'une telle joie. Il la regardait d'une façon telle qu'elle aurait pu en rougir, et elle lui répondit d'une voix haletante, perdue quelque part entre le rire et le désir qu'il faisait naître en elle :

" Pauvre créature ! Être chassé après avoir chassé, voilà un bien juste retour des choses ! "

Elle aimait savoir ainsi ce qu'il avait vécu, ce qu'il avait fait. Bien que tout ne fût pas rose, c'était une confession honnête, qui leur permettait de se lancer sur de bonnes bases. Elle ajouta d'un air taquin :

"Eh bien je crois que tu as bien fait ton choix. Il paraît que la demoiselle qui vit dans ce manoir est particulièrement riche. Mais attention à ne pas y perdre la raison, elle pourrait te mordre !"

Et elle rit en dévoilant ses belles dents blanches, qui avaient l'air tout sauf dangereuse. Pourtant, elles l'étaient, et il devait bien s'en souvenir. Elle posa la main dans son dos, caressante, un petit air mutin sur le visage. Elle se redressa un peu pour l'embrasser.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Dim 28 Aoû 2011 - 22:11

« Eh bien je crois que tu as bien fait ton choix. Il paraît que la demoiselle qui vit dans ce manoir est particulièrement riche. Mais attention à ne pas y perdre la raison, elle pourrait te mordre ! »

La vampire riait, laissant tout le temps à l'humain de contempler ses canines aiguisées. Il n'en avait pas peur, non, même si un jour elles pourraient lui être fatales. Ce côté sombre et puissant de sa compagne ne la rendait que plus séduisante et si elle n'avait pas fait le premier pas pour joindre leurs lèvres il l'aurait assurément fait. Tibère passa ses mains dans son dos pour la retenir, pour continuer cet élan et la serrer une nouvelle fois contre lui. Les yeux fermés et les sens en émois, il s'enivrait pleinement de cette nouvelle étreinte. Il la désirait de ton son être et lui faisait comprendre de part son baiser effervescent, de part ses mains chaudes et rassurantes qui la tenait tout contre lui.. L'humain se redressa alors et plaça son cou à la merci des dents de sa dulcinée et lui susurra doucement :

« La demoiselle est riche d'elle-même, qu'elle vive dans un manoir ou dans une auberge... Et qu'importe qu'elle me morde. Si c'est elle qui m'ôte le dernier souffle, j'en serais heureux...  Un baiser mortel, quelle merveilleuse fin.»


Comme pour joindre les gestes à la parole, Tibère joua le rôle du vampire et glissa ses lèvres dans le cou d'Ariani. Évidemment il n'allait pas tenter de la blesser, il mordilla sa peau avec la plus grande délicatesse, passa sa main sur la blessure fictive dans une douce caresse et lui sourit tendrement. Des bruits se faisaient entendre dans les buissons, sûrement des animaux errants, rien d'effrayant, mais ceci lui fait penser aux dires de la vampire. Elle avait parlé de sa vie menacée par les lycans. Félinement humain, il avait toujours détesté tous les canidés, allant du chien au loup. Son corps réagissait de façon significative lorsqu'il en croisait, ses poils se hérissaient comme ceux d'un chat et il ne pouvait s'empêcher de les maudire du regard. Malheureusement les lycans n'étaient pas que de simples bêtes dénuées d’intelligence et Tibère avait beau connaître les rudiments du combat à l'épée, il savait que si sa bien-aimée se faisait attaqué, il ne serait capable de rien. Et quoi de plus désagréable pour un homme que de ne pas pouvoir protéger celle qu'il aime. Tibère pris subitement le visage d'Ariani dans ses grandes mains et la regardait d'un air déterminé.

« J'apprendrai à être fort pour toi. »

Il se leva d'un bond et bomba le torse, comme s'il allait partir dans la seconde. Il réfléchissait à comment il pourrait s'y prendre. Il était le plus sérieux du monde et paraissait sûr de sa décision légèrement prématurée. Le futur guerrier qu'il voulait être désirait devenir fort et pouvoir intervenir si quelque chose se produisait. Il avait toujours eu horreur des combats mais son inquiétude autant que sa fierté le poussaient à être capable de se battre. Car il était un homme fier, oui, et celle pour qui ses sentiments fleurissaient le dépassait en tout point. En y réfléchissant bien, il constatait qu'elle était plus âgée que lui, plus riche que lui, infiniment plus élégante et de plus elle ne ferait qu'une bouchée de lui s'il venaient à s’entre-tuer. C'était absolument intolérable pour son orgueil masculin !

« Je trouverai un guerrier redoutable et je m'entraînerai nuit et jour jusqu'à ce que je devienne le plus robuste des hommes ! »

Dit-il en plaquant brusquement sa main sur son torse comme pour faire un pacte avec lui-même. Tibère venait de passer du plus tendre des amoureux au plus conquérant des hommes en une seule poignée de minutes. Ariani ne désirait sûrement pas qu'il se lance soudainement dans cette voix de guerrier mais lui le voulait. Il voulait prouver qu'il en était capable, pour lui comme pour sa belle compagne dont il cherchait pas tous les moyens à se rendre digne. L'humain fronça les sourcils et embrassa le ciel de son regard nouvellement bagarreur. Il pris la parole d'une voix qui se voulait imposante :

« Dès demain je pars en Oryenna et lorsque je reviendrai, plus personne n'osera t'approcher ! »


Tibère parlait sans réfléchir, dès qu'il avait une idée en tête, plus rien ne pouvait l'arrêter et il ne pensait pas un seul instant aux sentiments de celle qu'il voulait protéger, bien trop accaparé par sa quête. Il n'avait pas réfléchit à comment il se débrouillerait, à combien de temps cela pourrait durer ni même à comment réagirait Ariani face à son absence. Posté fièrement face à la lune, il n'avait que son but à l'esprit.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mar 30 Aoû 2011 - 15:21

Tibère s'était mis à sa merci, mais il n'était pas vraiment sérieux. Elle le mordrait un jour, juste pour lui montrer ce que ça pourrait être. Elle était persuadée que l'expérience le laisserait perplexe.

« La demoiselle est riche d'elle-même, qu'elle vive dans un manoir ou dans une auberge... Et qu'importe qu'elle me morde. Si c'est elle qui m'ôte le dernier souffle, j'en serais heureux... Un baiser mortel, quelle merveilleuse fin.»

Elle sourit, amusée par le côté romanesque de la situation. Il avait un petit quelque chose de héros de roman qui lui plaisait beaucoup. Il fit mine de la mordre, maisle doux effleurement de ses dents la fit frémir de plaisir. Il la caressa doucement en souriant. Il s'arrêta en entendant un bruit dans les buissons, il avait d'abord l'air pensif, puis déterminé. Il prit souainement son visage en la regardant avec un sérieux assez inquiètant. Instinctivement, elle se dit qu'il allait y avoir là quelque folie...

« J'apprendrai à être fort pour toi. »

Aïe, c'était bien ce qu'elle craignait. Il avait dû se souvenir qu'elle était souvent la proie de loups garous, et semblait vouloir l'en protéger. D'ailleurs, il s'était levé et bombait le torse comme un guerrier sur le champ de bataille. Elle n'osa pas lui dire que devenir fort ne changerait peut-être pas grand chose avant longtemps, mais elle préféra se taire à ce sujet. Plongé dans ses pensées comme d'ordinaire, ses réflexions se lisaient presque sur son visage. Et elle le sentait très, très mal. Son instinct lui disait clairement qu'une telle expression d'orgueil blessé n'était vraiment pas une bonne chose.

« Je trouverai un guerrier redoutable et je m'entraînerai nuit et jour jusqu'à ce que je devienne le plus robuste des hommes ! »

Elle ferma les yeux en se mordant la lèvre inférieure, se disant que ça, elle aurait préféré l'éviter. Elle l'aimait tel quel, et n'avait pas besoin d'un guerrier à l'heure actuelle. La défaite cuisante des derniers garous qui étaient venus leur avait donné une leçon qu'ils n'étaient pas prêts d'oublier avant quelques mois. Pourtant, Tibère avait l'air si déterminé qu'elle se demandait s'il valait mieux le laisser faire ou le convaincre d'oublier cette folie. Tout dans ses attitudes prouvait qu'il était particulèrement déterminé à tout faire pour atteindre son objectif.

« Dès demain je pars en Oryenna et lorsque je reviendrai, plus personne n'osera t'approcher ! »

Il avait l'air si convaincu de ce qu'il disait, si déterminé, qu'Ariani eut une idée qui lui semblait lumineuse. Après tout, elle s'y connaissait suffisamment elle-même pour pouvoir lui fournir un entraînement adéquat à un débutant. Elle espérait qu'ainsi son inconscience lui passerait et qu'il laisserait tomber de lui-même. Il était droit comme un I devant elle, et cette position lui rapella celle de Dainelf lorsqu'il était mort à quelques mètres à peine de là. Se disant que de toute façon un peu d'entraînement ne peut pas faire de mal, elle lui dit :

"Tu sais, il n'y a pas qu'en Oryenna qu'on sait se battre. Crois-tu que j'ai survécu jusqu'ici en me contentant de sourire à mes ennemis ? Je pourrais t'apprendre bien des choses, si tu le veux vraiment."

Elle se redressa, l'air plus sérieuse et plus dure qu'auparavant. Elle lui lanaça alors d'une voix qui ressemblait plus à celle qu'on s'imagine venir d'un vampire, plus effrayante :

"Veux-tu voir ce que je suis capable de faire ?"
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mer 31 Aoû 2011 - 5:17


« Je le sais bien, je n'ai jamais dit que tu étais une pauvre chose sans défenses, c'est juste que jamais je ne pourrais lever la main sur toi. Même si je ne peux te faire aucun mal, c'est simplement impossible pour moi de tenter une quelconque attaque. »


Tibère eut à peine le temps de terminer sa phrase que la vampire était déjà sur pieds.

« Veux-tu voir ce que je suis capable de faire ? »


Ariani lui paraissait froide à présent, elle était sérieuse et avait perdu toute tendresse. L'avait-il vexé ? C'est en tout cas l'impression qu'elle lui donnait. Ça n'allait tout de même pas recommencer ? Certes cette fois-ci elle ne chercherait pas à le tuer mais l'idée de sa battre avec sa dulcinée ne l'enchantait guère … Sur le coup elle l'aurait presque effrayé, son regard ne lui voulait plus aucune douceur et elle était comme prête à lui prouver qu'elle n'était aucunement faible. L'âme conquérante de l'humain disparue aussi vite qu'elle était venue. Sa réaction le rendait même triste et il prononça dans un soupir :

« Je t'ai froissé ? J'ai bien vu la dernière fois de quoi tu étais capable Ariani. Mais si tu désires à ce point me montrer l'étendue de ta force... »

Tibère s'approcha de sa compagne d'un pas lent et s'arrêta à quelques centimètres de celle-ci. Il lui fit face en silence un long moment. Même s'il ne voulait pas se battre avec elle, peut-être que prendre la raclée de sa vie lui ôterait l'envie de vouloir s'inventer une voie de guerrier. Les seules personnes avec qui il avait du croiser le fer n'étaient que de stupides brigands des cités. Il ne connaissait pas la frayeur et la violence des combats sanglants, certes, il aurait juste voulu se rendre utile. Mais cela ne semblait pas plaire à son amante, pas le moins du monde.

L'humain regardait à présent la vampire, comme hypnotisé par ses yeux soudainement sauvages. Était-ce étrange qu'il soit ainsi attiré par sa part d'ombre ? S'il continuait ainsi il se recevrait sa facette malveillante de plein fouet, cela pouvait tourner mal, il le savait parfaitement. Et pourtant l’irrésistible envie de se frotter à sa puissance montait en lui. Avait-il de connaître en profondeur tous les aspects de sa belle ou devenait-il tout simplement fou ? Ce désir de se confronter au danger, c'était la première fois qu'il le ressentait.

« Vas-y Ariani. Fais-le. Montre-moi que j'ai tort. »


Tibère avait parlé de sa voix grave, sans bouger d'un poil, il était absolument impassible. Inconscient ? Peut-être mais en tout cas il était prêt à recevoir la leçon que sa charmante compagne s'apprêtait à lui donner. Si cela tournait mal il pourrait en perdre la vie, il s'en rendait compte sans vraiment en être conscient. Jouer ainsi avec la mort, il n'aurait jamais fait une telle chose avant de rencontrer la vampire. Son cerveau ne tournait pas correctement depuis qu'il la connaissait, il manquait de sommeil aussi, c'était certain, mais il ne s'était jamais senti aussi heureux. Peut être était-ce un moyen de rendre son quotidien moins banal, moins ennuyeux. Une façon étrange de se sentir vivant. L'humain prenait cela comme un jeu, un jeu aussi dangereux que son envoûtante bien-aimée qui avait enfin donné un sens à son existence et qui pouvait le lui reprendre aussitôt qu'elle le désirerait.

« Qu'est-ce que tu attends ? Finalement tu as peut être plus peur que moi. »

Tibère la provoquait, c'était intentionnel. Il la fixait de son regard perçant et ne laissait percevoir aucune faille, aucun geste qui aurait pu trahir une quelconque hésitation ou frayeur. Il semblait avoir perdu la raison de départ qui les avait mené jusque là. A cet instant il n'était qu'un humain dont sang le bouillonnait face à une vampire qui comptait lui montrer de quoi elle était capable. Le peu de raison qu'il lui restait tentait en vain de lui faire renoncer à ce face à face mais ses sentiments impulsif lui criaient de s'imposer ce défi. Alors que son cœur battait la chamade, un sourire hautain parcouru le visage de Tibère et il leva le menton dans une ultime provocation, advienne que pourra.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Ven 2 Sep 2011 - 1:21

Tibère avait l'air attiristé de ce qu'elle avait dit, et cela la calma instantanément. Elle se sentait idiote tout à coup...

« Je t'ai froissé ? J'ai bien vu la dernière fois de quoi tu étais capable Ariani. Mais si tu désires à ce point me montrer l'étendue de ta force... »

Il s'approcha d'elle lentement, et avait l'air déterminé. Elle se sentait tellement bête d'avoir parlé ainsi qu'elle resta bouche bée un instant. Il semblait attiré par elle dans ce moment là, non pas comme un homme par une femme, mais comme un oiseau par un serpent. Il avait envie de le battre, elle le voyait bien. Mais le calme qu'il avait engendré ne prêtait pas à une vraie bagarre, juste à un petit "jeu".

« Vas-y Ariani. Fais-le. Montre-moi que j'ai tort. »

Il était si sérieux qu'elle eut envie d'éclater de rire. Il l'attendrissait même dans ces moments là. Elle avait envie de lui faire comprendre qu'elle était vraiment forte mais sans le blesser. Cela dit, il avait l'air bien, et dans ses yeux brillait un certain bonheur. Ariani était aterrée de constater que de nombreux hommes réagissaient de la même façon à l'idée du danger. Ils avaient l'air excités et enthousiastes, bien qu'ils y risque leur vie. Elle trouvait cela pour le moins étrange. D'autant plus que ça semblait être une généralités typiques des hommes. Elle haussa les épaules, et dédia un sourire à Tibère, à la fois tendre et provocateur.

« Qu'est-ce que tu attends ? Finalement tu as peut être plus peur que moi. »

Elle rit aux éclats avant de hocher la tête pour confirmer ce qu'il disait. Elle s'approcha de lui encore d'avantage et murmura à son oreille :

"Oh oui, tu n'imagines pas combien j'ai peur ! Il y a deux choses précieuses qui pourraient ne pas se sortir indemnes d'un duel. D'un côté il y a toi, naturellement. Et de l'autre... Pardi, j'ai peur de froisser ma belle robe !"

Elle rit encore et lui tira la langue. Une attitude gamine qui donnait un aspect moins sauvage à leur petite confrontation. Elle lui fit églament un clin d'oeil avant de reculer de quelques mètres. Soudain, elle bondit dans les airs, et disparut dans le feuillage du saule. La seule chose qui signalait se présence active dans les branches était le bruissement soyeux de ses vêtements. Elle riait encore pendant quelques secondes, avant de se faire totalement silencieuse. Elle ne prononça plus qu'une phrase sur un ton taquin :

"Veux-tu jouer à cache-cache mon amour ?"
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Ven 2 Sep 2011 - 18:53

Tibère étouffa un rire, amusé par les provocations de sa compagne de jeu. Alors que celle-ci s'envola dans l'arbre il croisa les bras, se voulant imposant. Il ne la voyait peut être pas mais il savait qu'elle le regardait et ne se gênait pas pour lui faire comprendre qu'elle ne l'intimidait pas.

« Veux-tu jouer à cache-cache mon amour ? »

L'humain arbora un grand sourire. Il avait beau être absolument inutile dans un combat, pour ce qui était des fuites il était le meilleur ! Combien de fois avait-il dû s'éclipser avec discrétion de la maison de ses amantes avant que leur mari ne rentre ; combien de fois s'était-il fait poursuivre par les autorités locales d'Oryenna ou les amants en colère qui lui voulaient sa peau ! Il partait donc confiant dans ce défis proposé par sa compagne pas si douce que cela ! Pour se conforter dans son assurance, l'humain sauta dans l'arbre où se trouvait la vampire avec autant d''agilité qu'un félin. Il offrit un sourire mesquin à son amante.

« Si tu ne veux pas abîmer tes beaux vêtements ô combien élégants tu peux toujours les retirer ma tendre Ariani, je n'y verrai aucun inconvénient ! »

Dit l'humain en empruntant le ton précédemment taquin de son interlocutrice. Il déposa un baiser sur les lèvres de cette dernière avant de quitter son perchoir dans un bond rapide. Elle avait l'avantage de connaître les lieux alors que lui était complètement désorienté. Il ne savait même pas s'il ferait mieux de parcourir les rues d'Ambroisie ou bien de rester près de la propriété de celle qui allait partir à ses trousses d'ici peu. Tibère courait donc à grandes enjambée sans avoir la moindre idée d'où il pourrait se loger pour tenter d'avoir la chance d'attraper la vampire par surprise. S'il s'aventurait dans les rues de cette ville appartenant aux buveurs de sang, ne risquait-il pas de devenir la proie d'autres personnes que sa dulcinée ? Mais quitte à braver le danger avec inconscience, autant aller jusqu'au bout !

Il quitta donc le jardin, un sourire aux lèvres et s'enfonça dans la ville avant d'escalader avec facilité une maison, sautant à présent de toits en toits tel un parfait chat de gouttière. Tibère s'était arrêté sur ce qui semblait être une auberge et il s'attarda par curiosité sur les allées et venues des êtres nocturnes de la même race que sa bien-aimée. Ils avaient tous l'air si riches ! Ils se pavanaient comme des nobles désireux de prouver leur supériorité. L'intrus de cette ville habitée par les vampires aurait voulu trouver un bordel. Uniquement pour le plaisir de voir sa moitié, aussi royale que ces gens qu'il dévisageait, venir le chercher dans un tel endroit. Il aurait bien rit ! Malheureusement il se doutait qu'il ne trouverait jamais pareil bâtiment. Ses oreilles fouineuses avaient bien entendu parler d'un refuge des courtisanes mais sa position lui était inconnue et il ne fallait pas oublier qu'il avait une chasseuse qui le traquait. Il ne savait comment, ni pourquoi, mais il sentait qu'elle le trouverait rapidement et qu'il ne devait donc pas trop s'attarder ici.

C'est alors sans attendre plus longtemps que Tibère repris sa route hasardeuse. Il plongeait au cœur de la cité et s'éloignait de plus en plus de son lieu initial sans s'en rendre compte. Il aperçu alors trois charmantes femmes s'éclipser dans une ruelle sombre. Il voulait satisfaire sa curiosité montante et son regard aimait les jolies choses, il ne pu donc s'empêcher de se poster juste au dessus. Allongé sur le toit surplombant la rue, il était prétendument caché entre deux statues étranges qui ressemblaient entre autre à des gargouilles. Mais il ne chercha pas à comprendre ce qu'elles signifiaient, il était accaparé par ses trois trouvailles qu'il observait de son regard niais, absolument fier et enchanté d'avoir déniché cette place. Il était dissimulé entre deux animaux de pierre et de toute façon il faudrait bien du temps à Ariani avant de le trouver, du moins le pensait-il.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Sam 3 Sep 2011 - 0:05

Tibère n'eut aucun mal à la rejoindre dans l'arbre, et elle fut ravie de constater qu'ils partageaient une agilité remarquable. Cela permettrait peut-être au jeu de durer plus longtemps ! Et c'était aussi plus amusant comme cela.

« Si tu ne veux pas abîmer tes beaux vêtements ô combien élégants tu peux toujours les retirer ma tendre Ariani, je n'y verrai aucun inconvénient ! »

Elle rit à nouveau, amusée qu'il se prenne ainsi au jeu, ainsi que du sous entendu. Oui, peut-être plus tard, mais maintenant il y avait des choses plus drôles à faire ! Elle lui laissa prendre de l'avance en comptant jusqu'à 50, toujours perchée dans son arbre. Elle se lança alors sur ses traces. Allait-elle tricher un peu ? Elle inspira à plein nez et se dit qu'après tout, s'il allait se cacher en ville, rien ne l'empêchait d'user de ses talents particuliers pour le retrouver. D'autant qu'il était plus sage de ne pas le laisser seul trop longtemps, au cas où un de ses congénères aurait une petite faim.

Elle suivit sa piste d'abord à terre, puis sur les toits. Elle se déplaçait avec vitesse et grâce à la fois, bien qu'elle marchait sur des tuiles glissantes. Elle s'arrêta à un endroit où l'odeur était plus forte, il avait dû s'arrêter ici. En jetant un oeil en bas, elle se demanda qu'est-ce qui avait ainsi retenu son attention. Ne trouvant pas de quoi il s'agissait -après tout, c'était un paysage tout à fait banal pour elle, tant au niveau architectural qu'en terme de population- elle haussa les épaules et repartit.

En le suivant ainsi, la vampire se doutait bien qu'il ne savait pas du tout où il allait, et qu'il essayait juste de lui échapper aussi longtemps que possible. Elle eut un petit rire en se disant que s'il ne s'agissait pas d'eux deux, tout autre jeu de ce genre entre vampire et humain aurait fini en dîner spectacle. Elle finit par le repérer quelques toits plus loin. Il observait quelque chose... Elle vit qu'il s'agissait de trois femmes. Ses sens en alerte suite à la poursuite l'iinformèrent qu'il s'agissait de vampires, mais elle ne semblaient pas être en chasse. Ariani descendit de son toit et s'approcha de celui de son amant en restant cachée dans les ombres. Elle escalada la façade en silence, pour ne pas qu'il la repère, et se dissimula sous l'avant toit pendant quelques secondes. Elle attendit que le trio arrive à un croisement pour surgir devant l'humain :

"Surprise !"
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Sam 3 Sep 2011 - 1:37

« Surprise ! »

Les trois femmes s'approchaient, il allait enfin pouvoir contempler ces charmantes créatures jusqu'à ce que celle à qui il appartenait bondisse devant lui. Tibère sursauta, plus parce qu'il était pris sur le fait que par surprise, et tomba en arrière, se retenant de justesse à une des statues. Il se remis sur pieds tant bien que mal et commença à faire le tour du toit sur lequel ils se trouvaient en maugréant ses paroles, n'aimant pas perdre :

« Je pense que tu triches ! D'ailleurs il est évident que c'est de la triche, tu habites ici depuis plus de cent ans ! Viens donc à la cité de l'Aurore un de ces jours, tu passeras cent années de plus à me chercher ! »


L'humain était aussi discret qu'un nain, il faisait du bruit en marchant et parlait si fort que toutes les personnes pas trop lointaines pouvaient l'entendre. Il était toujours assez extrême lorsqu'il perdait, et en tant qu'affreux mauvais perdant, il se cherchait tout le temps des excuses en criant haut et fort que le résultat était truqué. Il sentit alors qu'Ariani n'était pas la seul à le regarder, d'autres personnes dont les trois femmes qu'il voulait épier avaient posés leur regard sur les deux amants. Ils devaient avoir l'air fins, avec leur sorte de querelle de couple, postés tous deux sur un toit ! Mais Tibère sembla encore plus amusé, il n'avait pas peur du ridicule, c'était bien connu et il arbora alors un gigantesque sourire avant de crier de plus belle :

« Je plaisantais évidemment ! Je suis fier de tes prouesses ma chère ! Ah ! Tu as bien appris de mon enseignement jeune apprentie, grâce à moi tu es désormais la reine des tuiles ! »

Absolument fier de lui, il éclata de rire en donnant ce surnom tout sauf flatteur à sa compagne vêtue noblement. Il voulait la gêner, la provoquer et montrer qu'il avait d'autres atouts dans sa manche ! Il porta sa main à sa bouche, embrassa celle-ci et mima d'envoyer ce baiser à Ariani d'un air toujours plus provocateur. Et sans crier gare, il bondit ensuite à terre aux pieds des trois vampires. Il avait faillit se rater et s'étaler sur le sol mais fort heureusement cela n'arriva pas, il avait repris l'équilibre à temps. Il se redressa et dans toute sa splendeur, sourit niaisement aux dames.

« Voilà de bien jolies demoiselles ! Le temps me manque mais je compte bien vous revoir ! »

Tibère jeta un coup d’œil à Ariani, c'était évidemment la seule qui comptait pour lui et il n'avait dit cela que dans le seul but de la taquiner un peu plus. Il exécuta une courbette de politesse et s'éclipsa aussitôt, reprenant la course poursuite. Cette fois celle qu'il fuyait était juste derrière lui et sa seule chance de la semer était de prendre un chemin qu'il connaissait. Dans une énième course folle, il se dirigea donc en direction de la demeure de sa dulcinée. Sans doute qu'il ne lui échapperait pas cette fois-ci, mais qui ne tente rien n'a rien après tout !
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Lun 5 Sep 2011 - 17:23

Tibère avait été si surpris (du moins le pensait-elle), qu'il tomba en arrière. Il se remettait sur pieds un peu maladroitement, et il se mit à faire les cent pas en maugréant. Ah ça, il n'avait pas l'air content de perdre. Quant à Ariani, cela l'amusait beaucoup, car elle découvrait ainsi un nouvel aspect de sa personnalité.

« Je pense que tu triches ! D'ailleurs il est évident que c'est de la triche, tu habites ici depuis plus de cent ans ! Viens donc à la cité de l'Aurore un de ces jours, tu passeras cent années de plus à me chercher ! »

Elle éclata de rire, amusée par tant de mécontentement. Il criait et tapait des pieds si bien qu'elle se demanda d'il ne risquait pas de percer le toit de la maison. Ariani porta la main à la bouche pour dissimuler son rire et ne pas l'énerver encore plus. Elle s'arrêta tout à fait en voyant les trois vampires qu'il observait les regarder. Elles avaient l'air perplexes. Elle les avait déjà croisées à quelques "dîners", mais sans plus. Tibère semblait l'avoir remarqué lui aussi, et il se mit à crier encore plus fort avec un grand sourire :

« Je plaisantais évidemment ! Je suis fier de tes prouesses ma chère ! Ah ! Tu as bien appris de mon enseignement jeune apprentie, grâce à moi tu es désormais la reine des tuiles ! »

Elle ne put s'empêcher de se joindre à lui lorsqu'il éclata de rire. La reine des tuiles vraiment ? Il voulait jouer à ce jeu, très bien, aucun problème elle saurait jouter verbalement avec autant de délicatesse que lui ! Alors qu'il faisait mine de lui envoyer un baiser provocateur, avant de sauter devant les demoiselles, elle eut une idée. Se retenant de rire à nouveau lorsqu'il failli tomber tête la première sur le trottoir, elle l'écouta parler aux vampires :

« Voilà de bien jolies demoiselles ! Le temps me manque mais je compte bien vous revoir ! »

Elle savait qu'il ne faisait que la provoquer, et n'en fut pas froissée. Elle attendit quelques secondes qu'il se mette à courrir, avant de lui crier :

"Bonne chance, votre majesté du caniveau, et attention à ne pas tomber en courant !"

Se doutant qu'il allait vers son manoir, elle prit tout se temps pour descendre, et engagea poliment la conversation avec les trois demoiselles qu'il avait observées. Elles parlèrent pendant quelques minutes, et Ariani leur confia qu'il s'agissait de Son Humain, autrement dit qu'elles n'auraient pas pu jouer avec commes elles envisageaient de le faire. Elle s'excusa en promettant de leur en envoyer un autre s'il en venait s'aussi appétissants, et les quitta avec soulagement. Elles étaient connues en ville, et feraient passer le message. Ainsi, Tibère avait peu de chances d'avoir des ennuis avec d'autres vampires en Ambroisie. Elle se lança ensuite à sa recherche. Mais, en arrivant auprès du manoir, ses sens furent troublés par l'abandonnaces de traces olfactives qu'il avait laissées là. Il lui faudrait donc chercher à la loyale... Ou presque. Elle tendit l'oreille, attentive au moindre bruit. Elle essayait de percevoir sa respiration ou quelque chose qui révèlerait sa présence. Il y avait de nombreuses créatures vivantes, tant autour du manoir que dans le parc, et elle essaya de séparer les différents bruits pour isoler ceux que Lui pourrait faire. Elle s'avança, contournant le bâtiment pour se rendre dans le jardin. Mais, arrivée au niveau de la fontaine, elle s'arrêta subitement. Une odeur fétide et piquante lui montait aux narines. Et elle avait bien peur de savoir ce que cela signifiait.... Elle remonta la piste, se dirigeant au plus profond de cette puanteur infâme, l'esprit plus du tout au jeu. Cela sentait le loup.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mar 6 Sep 2011 - 20:58

Ariani avait vu juste, malheureusement ce fût Tibère qui tomba le premier sur le lycan. Il avait parcouru à toute allure le jardin aux senteurs parfumées et s'était brusquement arrêté à la vue d'un homme étrange. Tout son corps semblait rejeter cet étranger, pourtant celui-ci avait l'air d'un simple humain aux premiers abords. Tibère avait mis cela sur le compte de la jalousie, peut être méprisait-il cet homme car il semblait attendre sa bien-aimée. Il l'avait alors interrogé sur sa présence, lui demandant ce qu'il cherchait en ces lieux. Ceci ne sembla plaire à l'intrus qui le dévisagea d'un regard à en glacer le sang et dévoila sa véritable nature. Le pauvre humain n'avait jamais vu de lycan de sa vie et ne se serait jamais douté d'en croiser un dans la cité des vampires, encore moins dans les jardins d'Ariani. Il vu alors ce qu'il n'avait jamais vu, l'immonde transformation d'un simple homme en bête vivante. Ses membres se déformèrent, ses vêtements se déchirèrent, l'homme prenait peu à peu la forme d'une bête féroce sous les yeux ébahis du véritable humain.

C'était donc cela, un loup-garou, et qui plus est un loup qui ne semblait pas lui vouloir du bien. Il ne tarda d'ailleurs pas à confirmer ses doutes, il surgit avec violence sur sa nouvelle proie qui n'était autre que Tibère. Une nouvelle course poursuite commença alors, mais celle-ci ne ressemblait en rien à la précédente. Le jeu était fini et la terreur que comptait lui faire comprendre sa dulcinée avait pris place dans ce loup. Par chance Tibère était agile et rapide et connaissait un minimum les lieux, sans quoi il serait déjà mort une vingtaine de fois. Il courait à grandes enjambées à travers les fleurs qu'il n'eut pas le temps d'épargner de la destruction. L'instinct de survie guidait ses pas, il sa sentait cette fois, la peur, elle brillait dans ses yeux vifs qui cherchaient dans des mouvements éclair leur direction et tremblait dans son ventre.

C'est près du gigantesque saule pleureur qu'il arriva finalement et il s'y réfugia précipitamment avant l'arrivée imminente de son assaillant. Le chat était perché, le loup figé sous l'arbre, un silence effrayant régnait. Puis un bruit de frottement, une odeur délicate et les deux hommes posèrent en même temps leurs yeux sur la vampire qui avait suivit la trace du lycan. S'il la prenait par surprise elle aurait le désavantage, aussi forte soit-elle et dans un élan d’inconscience et de désir de laisser tout ses chances à sa nouvelle adorée, Tibère se jeta d'un bond sur l'intrus. Grave erreur pour lui puisqu'il se pris de plein fouet les griffes du loup mais judicieux aussi puisque la vampire serait la première à attaquer. Projeté avec violence, l'humain s'écrasa dans un bruit sourd contre le tronc du saule qui laissa virevolter quelques feuilles sous le choc. Il se mordit les lèvres jusqu'au sang pour ne pas hurler et porta une main à sa blessure, une large plaie à l'omoplate gauche. Il se laissa finalement glisser contre l'écorce, dédia un infime sourire à sa dulcinée et ferma les yeux.

C'était la première fois qu'il souffrait autant, jamais il n'avait eu pareil blessure et la découverte était des plus déplaisantes. La douleur était telle qu'il n'arrivait pas à garder les yeux ouverts pour voir l'issue du combat des deux ennemis jurés. De toute façon Tibère n'avait plus grand espoir pour sa propre survie, si sa blessure ne le tuait pas, ce serait sûrement son amante qui le viderait du peu de sang qu'il lui resterait. Après tout elle avait déjà faillit le tuer alors qu'une simple goutte de sang était apparue aux yeux de la vampire à cause d'une stupide rose épineuse.

Tibère souriait bêtement alors qu'un filet rougeâtre se formait à la commissure de ses lèvres et glissait le long de son menton. Il l'avait finalement eu son expérience de terreur, pas de la manière dont il pensait mais le fait était bien là. Il riait nerveusement de l'intérieur de sa stupidité, il avait foncé aveuglément face au danger et en payait les conséquences. Au moins il ne s'était pas blessé sans raison pensait-il mais la voie de guerrier n'était décidément pas faite pour lui. Il l'avouerait à celle qui lui avait fait découvrir l'amour, s'il parvenait un jour à se relever, ce faible humain.
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mer 7 Sep 2011 - 0:58

Ariani eut à peine le temps d'appercevoir la scène, que Tibère se jeta violemment sur le loup... Qui le repoussa d'un violent coup de griffes qui perça la chair en profondeur dans une gerbe de sang, l'envoyant percuter de plein fouet l'arbre derrière lui. L'odeur du sang fut la première chose qu'Ariani perçut, allumant un feu sauvage dans ses veines... Qui se retrouva amplifié par la rage indicible qui éclata en elle à la vue de celui qu'elle aimait dans un si piètre état. Elle hurla de colère et de soif mélangées, ne portant plus intérêt à rien d'autre qu'à l'intrus qui avait commis l'erreur de s'en prendre à Tibère. Elle vit à peine le sourire qu'il lui dédiait tant elle était aveuglée par la tempête intérieure qui explosait en elle.

Elle bondit sans attendre sur le loup, lui assénant un coup de poing féroce dans la mâchoire. Ils grognaient presque aussi agressivement l'un que l'autre, deux bêtes sauvages lancées dans un combat à mort... La vampire avait cependant un désavantage important sur son adversaire : le sang de loups étant mortel pour les vampires, elle ne pouvait se servir de son arme principale : ses caninces acérées. Elle devrait se contenter de se battre avec ses poings et sa force brute, mais cela ne l'arrêterait pas. Etourdi par son premier coup, le loup recula un peu, se mettant à marcher de côté. Elle l'imita, le toisant du regard alors qu'ils se tournaient autour, cherchant la moindre faille dans la défense ennemie.

Alors qu'elle passait à proximité de son amant, la vampire fut distraite un court instant par l'odeur de son sang... Ce qui n'échappa pas au loup, qui en profita pour lui sauter dessus. Elle se retrouva au sol, l'animal tentant de l'écraser de toutes ses forces tout en cherchant un moyen de lui arracher quelque chose avec les dents. Erreur de débutant. Plutôt que de se dégager, elle entoura la bête de ses bras et se mit à serrer. A serrer si fort qu'il commença à étouffer, ses os craquant dans un bruit écoeurant. En tentant de se dégager, il parvint à saisir l'un des bras d'Ariani entre ses crocs, resserrant sa prise avec tant de force que la peau si résistante de la vampire se perça. Mais il était trop tard pour le loup, Ariani sentait la vie le quitter alors qu'il étouffait. Enfin, une de ses côtes se brisa tout à fait et transperça son coeur.

La créature redevint un humain, flasque et mort, un stupide cadavre que la vampire abandonna sur l'herbe. des gouttes de sang avaient coulé de la gueule béante du loup durant le combat, et elle s'empressa de les essuyer sur sa robe de peur d'être empoisonnée... Elle se précipita ensuite vers Tibère en luttant contre l'envie de boire son sang. Elle examina la blessure, une ouverture béante composées de traces de griffes, qui avait percé deux bons centimètres sous la peau. Heureusement, il l'avait seulement griffé, et non mordu. Il ne se transformerait donc pas. La vampire se baissa sur son amant pour le prendre dans ses bras et l'emmener à l'intérieur.

Une fois dans la cuisine, elle fit réveiller une de ses servantes, et lui expliqua brièvement la situation. Elle lui fit promettre de bien s'occuper de Tibère, car elle-même était trop perturbée par une telle quantité de sang pour bien le soigner. Mais elle avait faim également, une faim terrible qui ne la quitterait pas avant d'être satisfaite. Elle se résolut alors à recueillir un maximum du sang de son amant dans une coupe, et à l'emmener avec elle à l'étage, le temps que sa femme de charge le nettoie un peu. Elle souffrait de devoir le laisser ainsi, mais tant qu'elle ne se serait pas habituée au parfum de son sang, ce genre de choses était trop risquées. Elle s'installa à un bureau, posant la coupe devant elle. Elle se força à rester au-dessus d'elle pendant longtemps, jusqu'à ce que son parfum commence à imprégner ses narines, jusqu'à ce qu'il ne lui donne plus aussi faim qu'avant. Elle se résolut alors à rejoindre Tibère au rez-de-chaussée, car la femme devait bien en avoir fini...
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MessageSujet: Re: La raison parle et le sentiment mord. [Terminé.]   Mer 7 Sep 2011 - 5:45

Son employée avait en tout cas du mal à finir. Le blessé s'était soudainement réveillé, torse nu, dans une pièce qu'il n'avait jamais visité et sans aucune indication quant à l'issue de la bataille. Et alors qu'elle recousait sa plaie il l'avait envoyé valser d'un geste brusque en hurlant de douleur.. Le front en sueur, la respiration haletante, ce n'était pourtant pas son état qui l'inquiétait mais l'absence d'Ariani. Il avait posé des centaines de questions à la femme qui ne semblait pas décidée à lui répondre. L'humain essaya alors de se redresser, grimaçant de son état souffrant.

« Comment ça elle est indisponible ? Lâchez-moi bon sang ! Je veux la voir ! »

Tibère se débattait avec le peu de force qu'il lui restait tandis que la femme qui s'était occupé de lui essayait tant bien que mal de le garder allongé et coudre une bonne fois pour toute cette plaie infligée par le loup pour que le sang cesse enfin de couler. L'humain était désemparé, il avait perdu conscience depuis son expulsion sur l'arbre et celle qui le soignait ne voulait rien lui dire à part qu'Ariani ne pouvait pas être présente. Évidemment tous les scénarios lui passèrent par la tête : sa dulcinée était-elle dans un pire état, l'avait-elle abandonnée par déception, avait-elle même survécu ?

« J'arrête de bouger, mais jurez de me répondre juste après ! »


Désespérée, l'infirmière improvisée fit oui de la tête et pu enfin s’exécuter. La mâchoire serrée, les poings fermés, Tibère prenait sur lui pour pas hurler une énième fois. Il ferma les yeux avec violence pour ne pas devoir assister à cette scène qui le dégoûtait autant qu'elle lui faisait mal. En plus d'être déjà nerveux depuis son éveil, la douleur le rendait absolument désagréable et il jurait de tous les noms tandis que l'aiguille fermait son entaille. Quant elle eut enfin terminé son opération, elle voulu le laver du sang encore frais qui couvrait son torse mais l'humain ne semblait encore une fois pas d'accord.

« Vous vous foutez de moi ? Je suis assez grand pour faire ma toilette seul ! »


C'était comme s'il 'était handicapé et qu'on devait l'assister dans toute circonstance et Tibère avait horreur de cette sensation. Il avait jeté un regard noir à la pauvre femme qui n'avait rien fait de mal et lui avait arraché le tissu mouillé des mains. Ce fût à ce moment là, avant qu'il n'ait pu faire disparaître ce rouge qu'Ariani entra. L'humain était tellement soulagé de la voir saine et sauve qu'il faillit en perdre connaissance. A première vue sa dulcinée ne sembla pas aussi heureuse que lui. A vrai dire pour Tibère ce n'était qu'une blessure qui n'était pas encore nettoyée. Mais pour la vampire, déjà que la pièce était envahie par l'odeur de son sang, il lui offrait tout le temps de contempler sa plaie qui s'arrêtait à peine de saigner. Malheureusement cette idée ne lui traversa pas l'esprit et il se redressa malgré les interdictions formelles de sa soignante pour finalement se mettre sur pieds avec difficulté.

« Ariani, tu es là ! Tu vas bien ? Il ne t'a rien fait ? Tu n'es pas blessée ? »


Tibère était le seul à être dans un piteux était harcelait pourtant la vampire de question sur une potentielle égratignure. Si rassuré, si joyeux de la voir après cet incident, il s'élança en chancelant vers elle. Le liquide qu'il avait perdu en quantité n'avait pas encore séché qu'il s'approchait de sa bien-aimée dans le désir aveugle de la toucher pour s'assurer de sa présence. Elle semblait prendre sur elle pour ne pas faire un geste et c'est son regard troublé qui lui fit enfin comprendre pourquoi elle ne disait pas un mot. Par réflexe il voulut refermer sa chemise mais il était malheureusement torse-nu et alors qu'il voulait reculer pour ne pas la tenter un peu, plus la douleur qu'il éprouvait s'intensifia avec violence. S'était une véritable torture pour Tibère qui n'avait jamais éprouvé cela auparavant et son corps était trop affaibli pour rester debout. Il aurait du écouter les incrustions de la femme qui l'avait soigné mais il était trop tard pour regretter. Il se maudissait d'être si entêté et sembla s'excuser de tout son être alors qu'il chutait dans les bras d'Ariani.
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