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 Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.

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MessageSujet: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Mar 27 Sep 2011 - 18:53

La louve dévala le bas de la colline, à toute vitesse, assise sur un tronçon de sapin, se servant du poids du corps et de sa queue comme gouvernail pour éviter les embûches. C'était sans compter les rochers qu'elle n'avait pas calculé, ce qui lui valu de terminer sa course en roulade avant. Un tronc d'arbre stoppa sa chute effrénée, l'assommant à moitié et lui égratignant une patte. Ce n'était guère qu'un moindre mal compte tenu de son comportement aussi dangereux qu'inconscient. Elle était entière. Elle secoua sa patte blessée et se mit à la lécher frénétiquement. Puis, étirant son dos endolori, Nyx esquissa quelques « enjambées ».

*Ce n'est rien, je vais guérir rapidement. Arrêtons-nous en là.*

Émettant un léger bâillement, elle entreprit de gravir la colline sur trois membres. Les hautes herbes et les ronces la gênaient dans son ascension. Elle comprit qu'avoir un handicap au quotidien n'était point chose facile et qu'il fallait peut-être revoir son sens des « loisirs ».

Le vent soufflait avec tant de virulence que ses poils se hérissèrent.

Elle qui avait toujours vécu en bande... Sa solitude lui pesait...

Cela faisait un moment maintenant qu'elle avait quitté ceux qu'elle appelait autrefois les « siens », sa meute, sa famille. Elle se sentait désormais trahie et isolée. A moins qu'elle ne soit elle-même le traître à son lignage? Après tout, n'avait-elle pas abandonné la meute de ses propres parents?
Elle secoua la tête, résidu du comportement humanoïde qui l'habitait, espérant ainsi effacer ces douloureux moments de sa mémoire, ou du moins pour un moment, les écarter.

Redoublant d'efforts pour remonter la pente ardue, la lycane se retrouva bientôt près de la branche d'arbre où elle avait soigneusement suspendu ses affaires: une chemise en lin noire, ses haut-de-chausses, des bas de laine et un petit sac de toile contenant sa cape roulée en boule et diverses affaires utiles au demeurant. Sa transformation fit ressurgir au centuple toute la douleur que son corps avait enduré sous forme animale. Elle se tint nue à l'arbre un instant, léger moment de faiblesse. Puis se hissa de sorte à récupérer ses biens, entre autre de manière à se vêtir et à pouvoir reprendre sa route.

Une dizaine de minutes plus tard, Nyx était prête à affronter son quotidien.


Dernière édition par Nyx O'Wendran le Dim 16 Oct 2011 - 0:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Jeu 29 Sep 2011 - 20:15

Quel idiot faisait-il ! Des simples végétaux enracinées où il fourrait malencontreusement son pied aux grands troncs d'arbres sur lesquels il se cognait stupidement parce qu'il regardait ailleurs, Tibère trébuchait sur les obstacles qu'il rencontrait. L'humain pestait à voix haute contre lui-même, son esprit autant que son corps étaient engourdis par l'alcool qu'il ingurgitait un peu trop ces temps-ci. Alors qu'il était encore en Oryenna, l'idée subite de rencontrer un lycanthrope lui était venue et bornée comme pas possible, il avait immédiatement quitté sa demeure pour se rendre en Thaodia. Lieu qui lui était d'ailleurs parfaitement inconnu, il ne savait même pas s'il avait réussit à s'y rendre mais cette espèce de forêt chaotique commençait à lui taper sur les nerfs. C'était un peu tard pour faire marche arrière, surtout qu'il n'avait pas la moindre idée d'où il se trouvait.

En bon petit voyageur il avait emmené un grand sac qu'il avait rempli... de bouteilles et de pain. Tibère se frotta la tête, peut-être aurait-il mieux valu qu'il prépare son escapade lorsqu'il avait les idées claires. De plus il n'avait toujours pas fait la rencontre de la race qu'il cherchait, il s'était même mis à parler à un chien jusqu'à ce qu'il comprenne que tous les canidés n'étaient pas des lycans, et inversement... Car oui, la bête sauvage qui lui avait amoché l'omoplate il y a quelque temps avait tout d'abord eu l'allure d'un parfait humain ! Tibère soupira, regrettant d'être venu si inconsciemment dans ces lieux, de plus les loups n'étaient pas réputés pour leur bonté et il courait peut être vers une mort certaine, lui qui ne savait pas se battre aussi bien qu'un guerrier. L'humain poussa un soupir et empoigna une de ses précieuses bouteilles dont le liquide le calmait autant qu'il le rendait abruti. Il n'aimait pas la solitude, ainsi l'alcool l'aidait à supporter l'absence, d'ailleurs l'endroit était bien désert, il n'avait fait aucune rencontre depuis son arrivée. Désespéré d'être si seul au monde en cet instant précis et après s'être fait fouetté une énième fois par un branchage il se mit à crier :

« Loup y es-tu ? »

Cherchait-il à se faire dévorer ? Après tout sa vie ne résumait pas à grand chose ces derniers temps alors quitte à pénétrer en territoire hostile, autant le faire jusqu'au bout. Les feuillages alentours se mirent finalement à bouger, la bête aurait-elle répondu à l'appel ? Tout de même méfiant, Tibère s'arma de... de sa bouteille qu'il brandit fièrement. A défaut d'effrayer son adversaire, peut-être pourrait-il le faire rire ?
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Dim 2 Oct 2011 - 0:32

Sa jambe l'élançait, la femme avait soif. Cela faisait bien une demi-heure qu'elle avait abandonné ses jeux d'enfants et qu'elle se traînait dans ces collines... ne rencontrant âme qui vive à son grand soulagement ou à son grand désespoir? Ses noeuds de réflexions confus ne s'étaient pas encore penchés sur la question. Toute rencontre n'est pas forcément bonne, surtout avec un tel malus qu'une cheville foulée et plusieurs hématomes lie-de-vin.
Ce léger inconvénient lui avait fait perdre la trace de ce faon bien dodu et isolé. Si elle avait pu l'acculer, quel succulent repas aurait-il fait! Elle en avait l'eau à la bouche rien que d'y penser.

Nyx continua à marcher, rasant cette fois la lisière d'un bois, avec un peu de chance elle débusquerait une autre proie. Se transformer lui coûtait, ne pas se sustenter aussi. Elle avait besoin de forces. La lycane cru cette opportunité arrivée quand elle entendit quelque chose en direction du Nord-Ouest. La femme devint louve. La femelle au pelage brun & fauve tendit l'oreille; un déplacement, quelque chose se rapprochait dans sa direction. Au juger de son bruit, un mammifère?

La lycanthrope se déplaça subrepticement, allant à la rencontre du mystérieux animal qu'elle n'arrivait pas à identifier mais qui la faisait tant saliver. Elle stoppa net sa démarche quand un "Loup y es-tu ?" se fit entendre. Avait-elle été repérée et comment? Tout en contournant l'intrus, elle remonta légèrement en aplomb de la colline pour obtenir une vue sur ce dernier. A sa grande stupeur, sa proie n'était qu'un...humain, elle en profita pour se rapprocher de lui de manière à approfondir son examen. Ce qui lui permis de conclure qu'elle ne risquait rien. L'individu tenait une bouteille à la main. Son odorat suffit à confirmer ses hypothèses. L'homme puait l'alcool à plein nez et sentait le chat. Rien d'un loup-garou, il s'agissait de l'être à deux jambes le plus banal qui soit en ces contrées.

Nyx trouvant les informations récoltées suffisantes pour pouvoir s’exposer sans danger, elle réapparut sous des traits similaires à ceux de l'inconnu et se hâta de se rhabiller. Une fois apprêtée, la femelle sortit des buissons, écartant les feuillages d'un revers de main, la démarche plus ou moins assurée.

L'homme se tenait face à elle, son péché de verre à la main, fièrement brandi. Parfaitement ridicule, ses dents auraient vite fait de trancher son cou de poulet. Quoique...l'odeur qui émanait de son corps était assez intense pour la dégoûter profondément.

Elle se surprit à lui adresser la parole, d'une voix qui ne laissait transparaître aucune émotion tout en insistant particulièrement sur le mot "étranger". Il semblait si fragile. Elle avait faim.


"Que fais-tu des coutumes d'hospitalité, étranger?"

Son regard, d'une neutralité absolue alla de la bouteille à l'allure du personnage, pour se reporter ensuite sur son arête nasale. Il empuantissait l'air, la peur suintait de ses pores, malgré tout il semblait inoffensif.

"...Est-ce ainsi une manière de recevoir quelqu'un? Te couler dans l'alcool ne t'empêchera point de te noyer dans ta solitude."

Sans attendre de réponse, Nyx fit quelques pas en direction de l'homme vraisemblablement ivre et s'assit, sans gêne, en tailleur sur le sol tout en continuant de le dévisager.


"Quelles nouvelles apportes-tu du pays?"
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Dim 2 Oct 2011 - 2:03

Quelques chose se montra finalement, et tant mieux ! Même si c'était un ennemi, le pauvre Tibère en avait ras le bol d'être si seul. Un sourire parcourut ses lèvres lorsqu'il aperçut une humaine mais sa méfiance reprit bien vite le dessus. Il n'allait tout de même pas se laisser avoir comme sa dernière rencontre avec le lycan qui lui avait broyé le torse. L'humain arqua un sourcil face aux étranges questions de la nouvelle arrivante, pourquoi parlait-elle donc d'hospitalité ? Avait-il l'air d'avoir les moyens de l'accueillir convenablement ? Il rabaissa finalement son arme, enfin le contenant qui lui servait à cela. Il n'était pas ivre, non, il n'avait pas eut le temps de retirer le bouchon de son amie et d'en boire ne serait-ce qu'une goutte. S'il sentait terriblement l'alcool c'était sûrement parce qu'il en avait avalé pour dix ces derniers jours. Tibère secoua soudain la tête en réaction à la remarque de la jeune femme. Eh ! Lisait-elle en lui ? Comment pouvait-elle savoir qu'il buvait pour combler le manque de présence ? Il y a beaucoup d'ivrognes qui aiment simplement cela !

Mais alors qu'elle s'approcha de lui, il fit instinctivement un pas en arrière. Le doute n'était plus possible, il ressentait le même malaise qu'avec le lycan qu'il avait rencontré, c'était certain qu'elle soit une des leurs. Félin malgré lui, ses poils se hérissaient face aux canidés, il n'aimait pas les chiens, et pas non plus les loups. Mais il était venu là aussi dans le but d'en savoir plus sur cette race, aussi ferait-il un effort pour paraître convenable. En revanche celle-là semblait bien spéciale, elle lui posait des questions étranges et s'était assise face à lui, le dévisageant de son air neutre. En général il aimait être contemplé mais il se sentait plus comme un dîner que comme une idole. Et puis les regards qui ne laissent rien transparaître avait le don d'agacer le jeune homme pour qui le visage exprimait malgré lui à peu près tout ce qu'il pensait. D'ailleurs il fronçait les sourcils et semblait tenter de rester calme, il voulait avoir l'air sympathique mais cette femme dégageait quelque chose qu'il n'aimait pas, un truc de chien finalement... C'est donc malgré lui qu'il daigna enfin ouvrir la bouche pour en sortir uniquement des sarcasmes :

« Navrée ma chère, j'ai oublié la table ronde et les chandelles que vous m'aviez demandé pour un tête-à-tête romantique ! Je serais en revanche ravi de vous faire partager mon délicieux pain fraîchement rangé dans mon sac depuis mon départ d'Oryenna, c'est-à-dire depuis plus d'une semaine ! »

L'humain s'assit donc à ses côtés et s'affaira donc à déballer tout ce qui se trouvait dans son sac de voyage. Pas grand chose donc, si ce n'était le pain en question aussi dur que la roche et de l'alcool à en festoyer pour dix. Alors qu'il lui tendait de sa main sa nourriture immangeable, il offrit un énorme sourire à sa compagne qui elle n'avait pas fait preuve d'une seule réaction. Même s'il était conscient du danger elle ne lui faisait pas peur, après tout ce qu'il avait enduré en Màvreah, une blessure de plus ou de moins, qu'importe. En revanche s'il était si ironique c'est qu'il ne savait pas trop comment s'y prendre avec cette louve qui semblait avoir figé les expressions de son visage. Et quand il était face à une situation de ce genre-là, c'est son humour douteux qui prenait toujours le dessus.

« Les nouvelles du pays, eh bien il se lasse de votre absence, vous manquez à tout le monde ! Tibère, enchanté. Dites-moi, pourquoi les vampires et les lycanthropes se détestent tant ? »

Un enchaînement de phrases qui n'avaient aucun sens entre elles il avait dit tout cela d'une voix telle que cela aurait été la même chose s'il lui avait parlé de la pluie et du beau temps. Mais cette question le démangeait depuis un bon moment et s'était échappée malencontreusement de sa bouche. Après tout, ce qu'il faisait depuis le début n'avait pas bien plus de logique que sa conversation. L'humain haussa les épaules comme pour confirmer ses propres pensées puis dévisagea à son tour sans se cacher la jeune femme à l'apparence humaine.
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Dim 2 Oct 2011 - 3:34

Nyx pouvait ressentir l'atmosphère de malaise qui planait au dessus de leurs têtes. Il avait parfaitement compris la position dans laquelle il se complaisait. Elle pouvait le croquer, ou non, ce qui ne l'empêchait pourtant pas de se moquer insidieusement d'elle. Sourcils froncés, il l'observait, tel un félin surveillant l'intrus osant s'introduire sur son territoire. Droit dans les yeux, bien, ils seraient égaux. Elle soutint son regard qu'il détourna pour mieux s'affairer à déballer son paquetage; de la nourriture humaine, mieux que rien. Puis se tournant droit comme un i, il tendit vers elle quelque chose qui ressemblait vaguement à du pain rassis.

"Navrée ma chère, j'ai oublié la table ronde et les chandelles que vous m'aviez demandé pour un tête-à-tête romantique ! Je serais en revanche ravi de vous faire partager mon délicieux pain fraîchement rangé dans mon sac depuis mon départ d'Oryenna, c'est-à-dire depuis plus d'une semaine !"


La jeune femme bouillonnait intérieurement de se laisser humilier ainsi mais choisit la voie de la diplomatie. Une image de viande broyée la laissa pousser un soupir de satisfaction décrispant un à un les muscles raidis de son corps.
*Singulier personnage*, pensa t-elle, *sait-il seulement à quoi il joue?* Ramassant sa fierté, elle entreprit de répondre poliment mais non sans "humour" à son "hôte" qui lui proposait si gentiment son pain un:
*Ne vous inquiétez pas très cher, le repas ne sentira rien, j'ai de bons crocs, voulez-vous vérifier par vous-même?*

Mais voilà qu'il s'était remis à déblatérer d'un ton de défi ou de futur cadavre, tout dépend de quel côté on se trouve.
"Les nouvelles du pays, eh bien il se lasse de votre absence, vous manquez à tout le monde ! Tibère, enchanté."

Il l'amusait. Elle le contemplait, absente. Peut-être jouerait-elle un peu avec lui? Il paraît que les chats aiment jouer avec les souris avant de les digérer. Sa gestuelle l'énervait.
"Dites-moi, pourquoi les vampires et les lycanthropes se détestent tant ? »

Le mot "vampire" la sortit de sa "chimère". Esquivant une brève moue de dégoût, elle tenta de reprendre le flot de paroles de son interlocuteur. Sa question l'avait interpellé.
*Hum, oui, voyons, Tibère ? Chat? Penser à recracher les poils? Vampires? Meute?*

Pourquoi ce bestiau tenait-il à apprendre les causes de l'antagonisme vampire/lycan? Des mythes, légendes, mémoires que l'on se racontait de meute en meute, une histoire ancrée au coeur de celle d'Ephaëlya, une haine encrée au coeur des habitants de Thaodia.

Elle regarda l'homme, essayant de discerner les motifs de sa feinte curiosité. Sa méfiance avait repris le dessus.
*Danger, il n'est pas ici par hasard.*

Nyx tenta de se composer bonne figure, rajusta sa tunique et c'est entre deux sourires fugitifs qu'elle accepta de prendre la parole calmement comme lui avait appris son ancien meneur.

"- Excusez-moi de ma bêtise et de la frayeur que je vous ai causée. Je m'aperçois de mon impolitesse, je ne me suis même pas présentée. Je m’appelle Nyx O'Wendran."
Elle marqua une pause, réfléchissant à la suite de son aparté. Mentir ne servirait à rien. La louve posa ses mains sur ses hanches.

"Vous avez vu juste, je suis aussi humaine que vous, à la différence que je possède ce don que vous n'avez pas." Une envie de répondre "la courtoisie" la saisit mais elle se tut et enchaîna. "Il est vrai que je suis lycane et que mon peuple est en conflit avec la race des suceurs de sang." Elle observa la réaction du jeune homme. Joignant le geste à la parole, elle l'invita à répondre de son engouement sur son lignage sans y aller par quatre chemins.

"- Je serai enchantée de rompre le pain avec vous. Cela me changera des mammifères. D'ailleurs, pourquoi un mammifère tel que vous s'intéresse t-il de près à nos histoires?"
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Dim 2 Oct 2011 - 4:40

Tibère ne pu cacher sa surprise, ses yeux s'ouvrirent avec étonnement. Voilà qu'elle le vouvoyait et faisait preuve d'une politesse sans faille alors que plus tôt elle lui avait parlé de façon dénuée de courtoisie ! Après sa stupeur, l'humain se retint de rire, cette bienséance, ne lui allait pas du tout mais il évita de lui faire part de sa pensée. La louve parla enfin de ce qu'il attendait, le conflit de leur deux races. Elle attendait peut être sa réaction mais lui en revanche attendait la suite de sa phrase... qui ne vint jamais. Il arqua un sourcil, elle venait de redire exactement la même chose qu'il avait prononcé dans une tournure de phrase différente. S'en était-elle rendu compte elle-même ? Quelle étrange fille ! Alors qu'elle accepta son repas sans grimacer cette fois-ci Tibère éclata franchement de rire. Il avait tenté de rester sérieux mais l'enchaînement de phrases de sa compagne l'amusait affreusement. D'un geste de la main il s'excusa, tenta de reprendre son calme et pris la parole à son tour, un sourire aux lèvres qu'il n'arrivait pas à ôter.

« Excusez-moi, excusez-moi mademoiselle O... Nyx, puis-je vous appeler Nyx ? Disons que oui, ce sera plus simple ! C'est juste que vos paroles n'ont... C'est juste que mon histoire de vous offrir mon pain était une sorte de blague. Ce truc est absolument immangeable, même si je ne doute pas de la force de vos crocs, je ne pense pas que vous en apprécieriez le goût ! En revanche si vous êtes amatrice d'eau de vie ne vous gênez pas ! Quant à la nourriture j'avoue que je préférerais pour le moment garder l'usage de mes bras et puis je ne dois pas être des plus comestibles.»

Elle désirait savoir pourquoi il lui avait posé cette question et la mine de l'humain se grisa légèrement. Il n'allait tout de même pas lui raconter toute ses aventures sur la terre des vampires, de une parce qu'elle n'en avait sûrement rien à faire et de deux parce qu'il tentait tant bien que mal à penser à autre chose. Ses pensées dérivèrent malgré lui vers sa dulcinée qu'il n'avait pas revu depuis bien longtemps. Et sans vraiment le vouloir, ses yeux regardèrent de haut en bas son interlocutrice. Elle avait beau être de la race des lycans, elle avait en ce moment même l'apparence d'une humaine et surtout d'une femme. Avant d'avoir juré fidélité à sa bien-aimée il en avait une différente chaque soir dans son lit, de femme, et cela faisait une éternité qu'il n'avait pas... Tibère toussa soudainement alors qu'il se rendit compte qu'il fixait les formes féminines appréciables de sa compagne et non ses yeux. Un peu gêné, il secoua légèrement la tête, posa son regard sur un arbre non loin et reprit comme si de rien n'était.

« Pourquoi, pourquoi ? Eh bien... simple curiosité ? Bon alors disons que je suis un pacifiste qui prône la paix et que ce combat éternel me turlupine ! D'accord, je ne suis pas crédible. Par sur le fait que je privilégie la paix à la guerre hein ! Pour être franc je ne me suis jamais intéressé à cela jusqu'à ce que je sois en quelque sorte impliqué dans ce combat malgré moi. Et donc je me suis demandé : pourquoi deux êtres qui ne se sont jamais rencontrés avant se veulent la mort simplement parce qu'il a été dit que les vampires et les lycans seraient ennemis ?


Tibère passa une main dans sa crinière dorée. Dès qu'il parlait un peu trop, et c'était le cas à chaque fois qu'il tentait d'expliquer quelque chose, il s'embrouillait comme pas possible et ne se comprenait plus lui-même. Il semblait chercher comment s'exprimer plus clairement, et daigna finalement la regarder à nouveau. Il pencha soudain la tête sur le côté, comme s'il avait trouvé la réponse dans les yeux de sa compagne.

« Vous voyez un vampire, vous voulez le tuer, on est d'accord ? Alors ma question est simplement, pourquoi ? Et ne me répondez pas parce qu'il est votre ennemi ! »
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MessageSujet: Un appétit de loup.   Lun 3 Oct 2011 - 22:25

Nyx, gardant un œil vigilant sur l’étranger, l’écouta sans broncher. Elle n’aimait décidément pas sa manière de la toiser et encore moins le sourire que ses lèvres arboraient constamment. En d’autres circonstances, elle se serait battue. Or là, elle était obligée de prendre son mal en patience, l’estomac noué. Patiemment, elle attendit que son interlocuteur marque une pause pour saisir à la fois l’occasion de lui répondre mais également celle de fouiller son sac de toile à la recherche d’aliments comestibles. Ce ne serait certainement pas de la viande mais ça pourrait agrémenter leur maigre repas. Un grognement s’échappa de son ventre ce qui lui fit pousser un gémissement de désapprobation. Se rappelant la présence de Tibère et voulant faire preuve de civilité, elle s’excusa et se contraignit à faire bonne figure. Quel homme barbant celui qui prive de dîner un loup.

*Nous ne sommes pas de la même meute. Pourquoi attendre ? J’ai faim.*

La lycane oublia bien vite son estomac le temps d’aborder à son tour la question fâcheuse sur laquelle le jeune humain la questionnait. Son intérêt pour la chose piquait au vif sa curiosité mais cela pourrait attendre, d’abord se restaurer.


« - Vous pouvez. J’en conviens …Tibère ? Est-ce cela ? Oui, il me semble. Blague ou pas, vos biens ne seront pas de trop pour notre festin. Si vous me permettez, la conversation le ventre plein ne pourra guère nous faire de mal. Je propose donc que nous discutions de notre affaire, une fois la panse remplie. »

La jeune femme sortit de son attirail, du linge carré et propre qu’elle étendit aussitôt à même le sol pour pouvoir disposer ensuite les aliments qu’elle avait ramassé le matin même et la veille au soir. On pouvait y trouver des fruits, baies et quelques pommes, mais également des champignons (comestibles, naturellement). Il suffirait de faire un bon feu et peut-être que le dîner pourrait se transformer en quelque chose d’appréciable. Des silex disparurent entre ses mains pour émerger sur le tissu grossier étalé. Croisant le regard du jeune homme, elle osa un sourire narquois.

« Ne me regardez donc pas de la sorte. Cela vous choquerait-il de savoir aussi bien le loup que l’homme omnivore ? Promis, je ne chercherai pas à vous empoisonner à moins que vous ne soyez allergique à l’un de ces fruits. S'il en est ainsi, ne vous en prenez pas à moi mais aux Dieux d'Ephaëlya qui vous privent de ces délices de la nature... Et si vous tenez à m’aider, allez donc chercher de quoi nous chauffer pendant que je pars chasser. Nous ne serons pas trop de deux... A moins que la difficulté de cette tâche ne vous effraie de trop. A ce moment-là, je vous prierai de veiller sur nos affaires respectives.»

Sur ces mots et sans attendre, ses vêtements tombèrent laissant place à une petite bête poilue. Cette dernière se dirigea en trottinant vers l’endroit où la végétation se faisait plus dense, laissant derrière elle Tibère et ses biens matériels.

Un quart d'heure plus tard, la louve réapparut, éreintée et claudiquant, le museau dégoulinant du sang de son gibier qu'elle jeta nonchalamment sur le sol. Sans prêter gare aux alentours, elle se retira derrière un talus, ses vêtements entre ses crocs. C'était une femme, après tout.


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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Mer 5 Oct 2011 - 1:27

Tibère n'était pas choqué que la louve mange autre chose que de la viande sanglante non, il trouvait juste cette situation étrange... Franchement, il n'aurait jamais pensé un jour faire un pique-nique avec un lycan, en plein milieu de la forêt ! Cela ne semblait en tout cas pas turlupiner sa compagne qui faisait tout pour que le repas soit agréable. Elle était sûrement plus poussée par la faim que par le plaisir de faire les choses bien mais c'était tout de même agréable. L'humain arqua un sourcil quand elle parla d'aller chasser et ne pu retenir une grimace lorsqu'elle se transforma. Il en avait presque oublié qu'elle pouvait prendre cette forme de bête. De plus elle le prenait vraiment pour un incapable, il peut être humain mais pas si faible que ça !

Alors que mademoiselle était allé tuer du gibier il était quant à lui allé ramasser des brindilles... C'était le monde à l'envers pensa t-il en soupirant, mais après tout il commençait à être habitué à côtoyer des femmes aux capacités meurtrières bien plus importantes que les siennes. Après quelques minutes il revint donc avec des bouts de bois plein les bras, presque en synchronisation avec la louve que alla se changer. Il aurait voulu jeter un coup d’œil mais elle était vraiment bien cachée ! Il se gratte le menton, pensant soudain que si elle se prenait sa forme de louve et qu'elle se transformait sans le vouloir....

« Vous n'étiez pas obligée de vous cacher, j'en ai vu d'autres ! D'ailleurs vos vêtements brûleraient bien mieux que ces morceaux de bois je pense ! »


L'humain accompagna ses paroles d'un grand et niais sourire qui visiblement agaçait particulièrement sa congénère, ce qui était d'autant plus amusant ! Il posa ensuite sur la proie ensanglantée qu'elle avait ramené avec dégoût. Puis se posa en tailleur dans un coin éloigné de cette chose, emportant une de ses bouteilles avec lui. Reportant son regard ô combien provocateur sur sa compagne, il secoua son alcool devant elle en souriant.

« Vous en voulez ? Ne me regardez pas comme ça, je ne suis qu'une faible humain, j'ai le droit de voire. D'ailleurs vous... vous êtes une femme, vous êtes donc toute qualifiée pour faire la cuisine ! »


Sous-entendant qu'il ne bougerait pas ses fesses pour l'aider à préparer quoi que ce soit, Tibère ouvrit avec joie sa précieuse bouteille dont il bu goulûment une partie du liquide. De l'air frais, de l'alcool, une jolie femme qui lui faisait à manger, finalement il n'était pas si mal tombé ! D'ailleurs son insolent sourire traduisait bien ses pensées.

« Au fait, Nyx la chasseuse, j'ai remarqué que vous boitiez. Déformation de naissance ou simple blessure ? Car même si je ne suis pas un médecin hors pair, je peux toute de même jeter un coup d’œil. Puisque vous avez eu l'amabilité de ne pas m'empoisonner je peux bien faire ça pour vous. »

Comme promis, il ne bougeait pas d'un poil et buvait tranquillement, ne quittant pas de son regard malicieux sa compagne de fortune.
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Jeu 6 Oct 2011 - 21:58

Sa tranquillité n'avait duré que peu de temps en comparaison des instants passés et à venir qu'elle devrait partager avec l'homme à l'odeur de chat. A peine avait-elle commencé sa transformation, moment éprouvant et habituellement solitaire, qu'il était revenu à la charge.
Elle l'écoutait d'une oreille, concentrée sur la façon dont elle devait enfiler ses hauts-de-chausse. Son visage se crispa. La douleur était belle et bien présente, et malgré tous ses efforts pour limiter son intensité, une grimace lui échappa. Ses lèvres se retroussèrent par réflexe découvrant des canines encore teintées et souillées d'un délicieux rouge vermeil. Nyx se retint de glapir. Tibère était là et attendait une réponse à sa malicieuse provocation.
Décidément, il prenait plaisir à la narguer, devait-elle entrer dans son jeu et réagir? C'était plus fort qu'elle. Son impulsivité prenait, à chaque fois, le dessus sur sa raison.

Terminant de lacer sa chemise en lin, elle lui décocha une cinglante réplique.

"- Vous brûleriez certainement mieux que mes vêtements... Vous empestez à un tel point l'alcool qu'allumer un feu avec vous serait un jeu d'enfant."

Les bottes, voilà qui allait lui donner du fil à retordre. De plus, elle n'avait pas de bandage sous la main. La meute en avait, toujours. Laissant tout derrière elle, le strict minimum l'accompagnait désormais. Une fois vêtue, elle passa la main dans sa crinière effarouchée, manière de se rendre plus présentable après une petite partie sanglante...laissant son peigne dans son sac, à terre.
Même en se baissant pour ramasser le reste de ses affaires, elle ne perdit point de sa répartie.

"- Allumer un feu deviendrait-il un travail de femme tout comme cuisiner? Allons donc faible homme, sans vouloir vous humilier..."

Sortant des fourrés, Nyx lui jeta un regard hautain et le toisant de toute sa superbe, se dirigea calmement vers le feu, éloignant ainsi les charognards qui s'étaient rapprochés de son butin de guerre.
Au préalable, la lycanthrope s'était emparée des deux cailloux déposés plus tôt. Elle s'affaira activement à les frotter l'un contre l'autre...le contact allait bientôt donner naissance à une flammèche. Le sol était sec, il n'avait pas plus depuis quelques jours. Le lieu choisi était assez éloigné de la végétation alentour. La fumée se répandit rapidement autour d'eux jusqu'à l'instant fatidique du crépitement.
Une fois assurée de la vigueur des flammes, Nyx se donna la peine de répondre à son interlocuteur. Le feu émettait une intense chaleur vous enveloppant dans un confort éphémère, ce qui l'amena vite à s'asseoir au plus près du brasier.


*Plus de fourrure, froid. Pensa t-elle.*

« - Ce n'est qu'une petite blessure, rien de grave, nous les lycans nous nous régénérons assez vite. Cela fait partie de nos facultés un peu hors du commun? » Elle reprit son souffle et s'adonna sur un ton légèrement espiègle.
« - Regarder avec les yeux ou avec les mains? »
Un sourire moqueur naquit sur son visage avant que ce dernier ne s'abandonne à la contemplation de la gamme colorée qui s'agitait sous son regard.
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Ven 7 Oct 2011 - 0:21

Nyx était aussi sarcastique que lui mais cela ne déplaisait pas à Tibère. Il se jura de déverser par vengeance une bonne partie des bouteilles dans le feu pour invoquer un brasier incontrôlable. Visiblement sa remarque légèrement machiste ne lui avait pas fait plaisir et elle répliquait en reprenant son terme de faible homme. L'humain s'enfonça donc un peu plus dans cette image d'homme irrespectueux des femmes.

« Les hommes travaillent les femmes s'occupent du foyer, c'est comme ça chez moi ! Vous devez satisfaire à nos besoins, cela me semble logique après tout ! »

Dangereux, dangereux ! La louve ne savait pas à qui elle avait affaire, et sa dernière remarque sembla ravir le jeune homme. Il délaissa sa bouteille et ses phrases intolérables pour se mettre soudainement à quatre pattes avant de s'approcher lentement de Nyx, rampant tel un prédateur vers sa proie. Ses yeux malicieux se posèrent sur sa compagne qu'il observa un moment, un léger sourire en coin.

« Je peux faire les deux. Mais je dois avouer qu'avec les mains ce serait plus agréable ! Vous parlez de légère blessure mais vous n'avez pas cessé de grimacer de douleur, laissez-moi donc vous soulager !»

Tibère s'approcha un peu plus et vint se frotter dans son dos, comme un chat le ferait, d'ailleurs s'il avait pu, il ronronnerait jovialement. Il s'assit finalement derrière elle et l'entoura de ses bras sans lui demander son avis puis vint lui murmurer à l'oreille :

« Vous savez, je pourrais moi aussi vous dévorez, mais d'une façon bien plus agréable que la vôtre. »

A ses mots l'humain attrapa une mèche de cheveux de la louve qu'il fit glisser dans ses doigts avant de quitter se place pour venir s'allonger sur la femme qu'il taquinait un peu plus chaque seconde. Tibère avait posé sa tête sur les genoux de sa congénère et il la dévisageait en affichant un énorme sourire.

« Vous êtes plutôt mignonne quand vous ne prenez pas la forme d'une bête féroce ! Allez, faites donc un gros câlin à votre nouvel ami en mal d'amour ! »


Dans une ultime provocation, il toucha le nez de sa compagne du bout des doigts, absolument impatient qu'elle réagisse même s'il devait y perdre deux ou trois dents dans l'histoire ! Il jouait à un jeu dangereux mais commençait à avoir l'habitude, sa dulcinée était tout de même une vampire même s'il évita bien évidemment de le dire à la lycane. L'humain trouvait seulement ces situations drôlement amusantes et jouer avec le feu ne lui faisait pas peur.
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Sam 8 Oct 2011 - 19:38

Le cadavre du mammifère sentait merveilleusement bon. Son parfum enivrait l'air jusqu'à chatouiller les narines de Nyx. Une partie d'elle grondait tandis que l'autre demeurait stoïque, se plaisant à se prélasser au coin du feu...ou du moins, se plaisait.
Elle avait ressenti un déplacement d'air. Se concentrant sur ce point, son ouïe avait capté le bruit du déplacement quasi-silencieux du mâle. Il parlait, il se mouvait. Sa voix était tout miel mais non ses intentions. Sinon, pourquoi cette démarche et cette mièvrerie soudaine?

Elle n'eut pas le temps de se retourner que quelque chose lui frôla le dos et l'enserra...Tibère. Trop stupéfaite de l'audace de son compagnon, elle mit du temps à réagir, ce qui laissa l'occasion à l'odeur féline du mâle de s'imprégner dans ses vêtements. Elle n'en croyait pas ses yeux et allait répliquer quand le comportement outrageux de l'homme la laissa muette d'indignation. En plus de cet extravagant marquage de territoire, Tibère venait d'apparaître au devant d'elle. Qui aurait été assez sot pour déposer ainsi sa tête sur ses genoux? Il souriait, ivre de sa victoire. A cet instant précis, elle eut envie de le mordre. Elle se sentait humiliée d'être ainsi considérée et manipulée par le chat qui lui débitait maintes cajoleries sur un ton qui se voulait à la fois moqueur et séducteur.
Elle n'était pas au bout de ses surprises. Au moment où elle lui rétorqua d'une langue acerbe:
« - Caresses de chat donne des puces, je ne suis pas votre souris ! » , l'humain ne trouva rien de mieux à faire que de lui toucher le minois.

S'en fut trop. Quoi que cela devait lui en coûter par la suite, la louve laissa les coutumes de l'hospitalité en suspens, coutumes qui n'avaient déjà été que trop bafouées.
Le chat se retrouva ainsi accolé au flanc d'une énorme masse brune. Masse brune qui saisit son haut par les crocs, le secouant avant qu'il ne puisse réagir. Le vêtement craqua. Nyx possédait maintenant une jolie barbe de tissu tandis que Tibère se retrouvait au sol sur le flanc. D'un coup de patte, la femelle le retourna sur le dos dans les mauvaises herbes et s'appuya de tout son poids sur le thorax de l'homme, grognant.
De la bave dégouttait de ses canines, ses babines retroussées, sa queue relevée et ses oreilles en arrières montraient symboliquement son mécontentement au félin. C'était un avertissement, elle ne plaisantait pas. Il devait comprendre le message sinon quoi, il n'y aurait pour lui, pas de prochaine fois. Le poil hérissé, elle le fixait férocement, droit dans les yeux.
Il devait se soumettre. Il n'était pas de la meute mais elle n'hésiterait pas à se battre. Il lui faisait affront. Elle aimait jouer. Mais pas avec les chats. Elle aurait du le manger, plus tôt. Elle avait faim. Elle avait fait une promesse. Elle devait la tenir ou le croquer.

Nyx avait chassé mais cela n'était pas suffisant. Une lutte se jouait en elle. Laisser s'évaporer son peu d'humanité encore présente ou brider la soif et la rage.
Elle tentait de se contrôler mais savait qu'il suffirait de peu pour que l'homme meure sous la pression de ses crocs.
La lycane sembla néanmoins y arriver car, sans lâcher le regard de son « agresseur », elle desserra légèrement son emprise pour lui permettre de respirer correctement.



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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Sam 8 Oct 2011 - 23:39

En rien de temps Tibère se retrouva à terre, le thorax compressé par la jeune femme qui s'était transformée sans qu'il n'ait le temps de comprendre. Elle lui avait arraché son haut avec une violence inouïe et le regardait férocement. Elle ne jouait plus, mais l'humain lui s'enfonça un peu plus dans sa folie et alors qu'un rire nerveux s’échappa de ses lèvres, il manqua de s’étouffer.

« Même si je préfère généralement être au dessus, j'adore quand c'est sauvage! »

Il grimaça lorsqu'elle s'appuya un peu plus sur lui mais plongea ses yeux où régnait une pointe de défis dans ceux menaçants de sa compagne. L'humain glissa ses mains dans la fourrure de l'animal, plutôt que de tenter de la repousser, il ne fit que la caresser, glissant ses longs poils entre ses doigts. Puisqu'il souffrait, autant qu'il profite de la seule douceur qu'il lui était apportée.

« Vous avez le pelage doux mais ce serait tout de même préférable si gardiez l'apparence d'une jolie femme. »

Son sourire ressemblait maintenant plus à une grimace qu'autre chose. Il luttait pour garder ses airs indifférents mais il commençait réellement à manquer d'oxygène. La louve daigna finalement ôter un peu de son poids pour qu'il ne meurt pas tout de suite. Tibère se mit à tousser durant un long moment, elle était enfin parvenue à lui faire quitter son sourire désagréable du visage.

« On apprend à hurler avec les loups hein... Les puissants tuent si facilement, c'est désolant. Au fond je crois que vous êtes plus à plaindre que moi, même si vous n'avez sûrement pas une once de culpabilité, je n'aimerais pas avoir les mains aussi salies par le sang d’autrui. Si j'ai fait du mal, je l'aurais au moins fait en faisant l'amour. »

Le félin résigné dévia son regard de la louve et posa ses yeux ambrés sur le feu qui brûlait encore. Il songeait à sa vie passée, pas vraiment certain de se sortir du guêpier où il s'était encore fourré lui-même. Après tout mis à part une amante qui ne semblait pas réellement pleurer son absence, il n'avait pas grand chose qui lui tenait à cœur dans ce bas monde. Peut-être se confrontait-il incessamment au danger pour en arriver là inconsciemment ? Les humains avaient décidément une vie bien moins trépidantes que les autres races et surtout bien plus courte. Tibère haussa les épaules en réponse à ses propres pensées. Il en avait presque oublié la bête féroce qui le maintenait à terre, qu'attendait-elle pour en finir ? En plus d'être hargneuse serait-elle sadique ?

« Tuez-moi mais faites le vite, si vous avez ne serait-ce qu'une infime pitié à mon égard, évitez de me faire souffrir longuement j'apprécierais. »


L'homme à terre ne se débattait pas, il restait allongé en fixant le brasier comme s'il était déjà mort. Une paralysie voulue, il est épuisant de résister, surtout quand cela s'avère inutile alors à quoi bon ?
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Dim 9 Oct 2011 - 1:44

Le fauve haletait. Il avait compris et s'était finalement laissé dominer... par la contrainte. La louve ne pensait pas avoir abusée de son pouvoir ou de son bon droit. La lycanthrope l'examina tandis que ses yeux se détournaient d'elle. Il ne les avaient pas baissés...mais c'était suffisant. Elle l'avait bien arrangé, il était dans un pitoyable état...du moins était-il entier.

La louve n'avait pas tout saisi de ses propos humains mais savait comment les interpréter. La pression qu'elle exerçait sur le corps de l'homme s'amenuisa et progressivement elle se recula, délaçant sa domination sur le mâle à terre. Il ressemblait actuellement à un de ces renards qu'elle débusquait habituellement dans les fourrés.
Reprenant son souffle, il avait prononcé sa mise à mort. Bien, elle ne le reprendrait plus de sitôt.

Satisfaite, Nyx redressa ses oreilles et repris sa posture normale. S'asseyant un instant face à l'homme qu'elle avait écrasé précédemment; puis dans un souci évident de reprendre sa forme initiale et de ne plus effrayer sa proie, elle partit, lanières de son sac de fortune en bouche, un peu plus loin là où la végétation se faisait plus dense.

Revenant à elle, la jeune femme soutint son corps grâce au tronc d'un chêne avant de dégobiller à ses pieds. Un goût de sang lui irrita la gorge, vraisemblablement le sien. Elle ne se souvenait pas d'avoir dévoré Tibère, ni d'avoir sombré dans une folie sanguinaire. Nyx avait mal évalué ses ressources d'énergie et sa démonstration de force l'avait diminuée. La lycane fit quelques pas pour se réhabituer à la seconde enveloppe de chair qui était sienne. Puis reprenant peu à peu la charge du corps qui lui appartenait, elle décida de s'asseoir sur un rocher couvert de mousse et de lichen par besoin de le reposer.
Son avant-bras soutenait sa tête. Gardant les yeux-clos, elle tenta de se remémorer la scène. Non, elle ne l'avait pas tué, juste abruti. Du moins, essayait-elle de s'en convaincre. Quelques minutes passèrent avant qu'elle n'aille à la recherche, au fond de son sac, d'habits propres à enfiler. Les autres devaient être en lambeaux à l'heure qu'il était. Elle opta pour une longue robe en coton, par-dessus laquelle elle superposa sa cape. Ce n'était guère pratique mais elle ne possédait pas de tenues à foison depuis qu'elle se déplaçait en ces lieux...

Nyx fut rattrapée par son doute tandis qu'elle se débattait avec les ficelles ceignant sa poitrine permettant ainsi d'enserrer sa taille dans sa nouvelle 'combinaison' de voyage. Tibère, qu'en avait-elle fait?
Elle saisit d'une main son sac, tint fermement sa cape de l'autre et commença gauchement sa ruée vers le campement où elle avait agressé son compagnon.

Lorsqu'elle écarta les feuillages près du campement, elle le chercha du regard tout en émettant un timide
« -Tibère? »
Jusqu'à preuve du contraire, elle n'avait jamais du rendre de comptes ou s'expliquer avec son déjeuner. Les morts ne se plaignent jamais.

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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Dim 9 Oct 2011 - 4:18

Son corps était plus léger, était-il en train de monter au ciel ? Non, c'était seulement la louve qui avait décidé pour une raison inconnue à l'humain de ne pas le dévorer. Il resta tout de même étendu par terre, comme si un poids invisible l'écrasait. Il fixa le ciel, le soleil commençait à quitter son trône pour que la lune lui succède dans peu de temps. Pourquoi était-il triste ? Il venait pourtant d'avoir la vie sauve, encore une fois mais sans trop savoir pourquoi il se sentait abandonné. En était-il au point où il arrivait même à répugner ses adversaires qui préféraient le laisser choir plutôt que de goûter à sa chair ?

Tibère bomba son torse d'air frais et ferma les yeux. Il y avait plus grave encore, il venait d'accepter sa propre mort sans même résister. L'instinct de survie ne faisait donc plus effet sur lui ? Depuis quand avait-il les idées à ce point morose pour en accepter de périr par les crocs d'un loup ? La solitude... ce sentiment fuit toute sa vie l'avait rattrapé alors qu'il venait pourtant de trouver l'amour pour la première fois de sa vie, quelle ironie. Il avait toujours fermé son cœur et voilà qu'un vide l'avait envahit alors qu'il avait ouvert sa porte à une femme. Peut être avait-il voulu inconsciemment mourir pour ne plus ressentir ce désert inhabité qui l'entourait.

Le félin n'était cette fois-ci pas retombé sur ses pattes et le désarroi prenait place à sa folie dangereuse pour lui-même. Après un long moment allongé à même le sol il finit par se redresser. Le feu avait même eu le temps de s'éteindre et la nuit avait définitivement recouvert la forêt de sa pénombre. Il allait donc devoir dormir à l'endroit où il crut mourir un peu plus tôt. Déjà que son sens de l'orientation laissait à désirer, ses yeux ne pouvaient percer l'obscurité. De toute façon il se sentait las et triste, mieux valait prendre une nuit de repos qui lui changerait peut être les idées. Au pire des cas on viendrait le tuer lors de son sommeil et il ne s'en rendrait même pas compte. L'humain aux pensées amères se mit en boule de la même façon que ses amis félins. Il entoura ses genoux de ses bras et enfouit sa tête au creux de ceux-ci. Le lieu était aussi inconfortable que sa position pour dormir mais il n'avait pas le courage de chercher autre chose.

De toute façon il était fatigué, aussi bien physiquement que nerveusement. Cela se faisait d'ailleurs ressentir, il venait d'entendre son nom murmuré par les ténèbres. Voilà qu'il devenait fou, vraiment, son état était désespéré. Une branche craqua, puis des bruits de pas se firent entendre, peut être qu'il ne délirait pas tant que cela. Tibère se redressa et tomba nez à nez avec lycane. Il sursauta malgré lui et fronça les sourcils, elle le regardait étrangement, et puis qu'est-ce qu'elle lui voulait encore ? Il aurait voulu lui adresser un énième et désagréable sarcasme mais sa bouche entrouverte resta muette.

Alors qu'il s'était passée une main sur son visage, il avait sentit une perle liquide sur sa joue. Est-ce qu'il avait versé des larmes lors de ses songes ? Par les dieux d'Ephaëlya voilà qui était absolument embarrassant, pourquoi fallait-il que cela tombe devant celle à qui il avait tenu tête pendant des heures ? L'humain s'allongea à nouveau sur le sol et tourna le dos à la lycane tel un enfant vexé qui fait la moue. Il marmonna finalement d'une voix bien moins orgueilleuse que lors de leur rencontre.

« Qu'est-ce que vous voulez ? »
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Dim 9 Oct 2011 - 20:48

Elle le découvrit là, à terre, recroquevillé sur lui-même à l'endroit précis où elle l'avait châtié. Ou plutôt, elle n'apercevait que son ombre que lui renvoyait le faible rougeoiement braisé. Pas de cadavres à l'horizon, même leur repas n'était plus que carcasse osseuse, festin des insectes et charognards environnants.
Nyx relâcha doucement le branchage maintenu par son avant-bras pour se rapprocher de l'homme au sol. Il l'avait entendu, elle l'avait traumatisé. Il suffisait d'observer son maintien et le léger tressaillement de son corps pour se rendre au fait que la louve avait parfaitement accompli son travail: être impressionnante et imposante. Voilà qu'ils étaient face à face. Dans la semi-pénombre, elle arrivait à distinguer à peu près les traits de son visage. Tibère avait la bouche grande ouverte et ô surprise, il pleurait. La lycane se sentit tout à coup confuse face aux tracés brillants ondulant sur les joues de l'homme. De plus, sa chemise était en pièces. Rouge de honte, elle voulut récupérer un mouchoir brodée au fond de son paquetage et le tendre au jeune chat mais ce dernier s'était déjà détourné d' elle, lui dissimulant ses faiblesses.
Tibère semblait si frêle en instant que Nyx hésita à rester jusqu'à ce que la voix de l'homme se fasse entendre; une voix calme aux notes brisées.


« -Qu'est-ce que vous voulez? »

Cette question resta sans réponse.

La jeune femme n'attendait rien du félin sinon sa déférence. Mais lui en avait-elle témoigné et jusqu'à quel degré? En cet instant, rien n'était moins sûr que leurs considérations respectives vis-à-vis de l'autre. Ne sachant quoi lui rétorquer, la louve s'abstint d'y répondre.

Tibère ne bougeait toujours pas, lui tournant le dos. Elle ressentait sa détresse et ne savait comment l'apaiser ni la canaliser alors elle y alla aux sentiments. La louve transporta le bois restant et le plaça sur les braises puis commença à brasser de l'air à l'aide de sa nappe de misère. Bon point, le feu redémarra. Ensuite, elle entreprit de se découvrir partiellement.

Retirant ses trois fibules en bronze, chacune ornementée d'un loup, la femme décrocha sa cape. Ces fibules avaient appartenu à son grand-père, puis à son père et maintenant à elle. Elles se transmettaient de génération en génération. Qu'importe actuellement, elle était la dernière des siens.
Elle les regarda une dernière fois avant de les épingler à la sorte de corset qui la vêtait et se hâta de trifouiller l'intérieur de son sac de voyage à la recherche d'une petite couverture en laine. Cette dernière sentait fort le mouton et le pin.

Une fois sa recherche achevée, elle vint délicatement se poser aux côtés de l'homme à l'allure enfantine tout en gardant malgré tout une certaine distance. Son sourire qu'elle haïssait si méchamment l'avait quitté et elle aurait tout donné en cet instant pour le voir l'arborer encore une fois. Après tout, n'était-elle pas en grande partie sinon toute, la cause de son mal?
Ayant peur de l'effrayer, elle évita les gestes brusques pour le ménager. Son visage était mal éclairé, elle ne pouvait voir dans l'obscurité ses larmes, mais son nez reniflait. Elle lui proposa alors son mouchoir.

« - Tenez, il est propre... » La lycane allongea son bras en direction de Tibère pour qu'il puisse saisir le tissu sans l'approcher toutefois. Un long silence marqua cette étape difficile d'acceptation.
Ayant la perception que l'homme semblait l'accepter dans son périmètre immédiat, elle profita de l'occasion pour se joindre à lui, en lui offrant sa cape pour se réchauffer. La barrière était franchie.

D'une voix un peu plus décidée, elle continua:

« - ...Je suis désolée, pour votre chemise...Vous l'aviez cherché et... Attendez je vais vous aider à vous y emmitoufler. Vous verrez, elle est un peu lourde mais chaude et confortable. »
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Lun 10 Oct 2011 - 21:00

La lycane n'avait pas répondu à sa question. Elle lui avait juste tendu un mouchoir, dans un geste se voulant certainement sympathique mais qui ne plaisait guère à l'humain. Cela n'avait qu'une minuscule larme, mais sa fierté en avant pris un coup et l'enfonçait un peu plus en faisant sa compatissante. Il ne pu donc s'empêcher marmonner :

« Ne vous méprenez pas, c'est vous qui m'avez bavé dessus tout à l'heure... »

Voilà qu'elle le recouvrait de sa cape en s'excusant d'avoir déchiré ce qui lui recouvrait le torse. Pourquoi se comportait-elle tout à coup de manière si attentionnée ? C'était comme si la nature féroce de la louve avait laissé place à son instinct maternel. Il aurait compris qu'elle revienne pour le tuer mais pour le dorloter en revanche, cela paraissait assez étrange. Pourquoi toutes les femmes étaient si lunatiques ? L'humain poussa un soupir, approuvant ses propres pensées. Il daigna finalement se retourner alors qu'elle s'enroulait sous la cape à ses côtés. Ils devaient avoir l'air fin, tous deux allongés sous un morceau de tissu en plein milieu de nulle part. Son visage à quelques centimètres de celui de la louve aux traits humains, Tibère arqua un sourcil et la fixa d'un air suspicieux.

« Vous avez sérieusement un problème vous... Y'a pas deux minutes vous étiez sur le point de me manger et et voilà que mademoiselle se colle à moi, la solitude vous incombe à ce point ? C'est pas bien de jouer avec la nourriture. »

Alors que le reflet du feu crépitait dans ses yeux, le félin ayant repris un peu de contenance dévisagea un long moment sa voisine de «"lit", songeur. Il plissa les yeux et repris soudain la parole.

« Au fait, je plaisantais. Si nous nous étions rencontrés un peu plus tôt cela aurait été parfait mais à l'heure qu'il est mon cœur appartient déjà à quelqu'un et je ne peux donc rien vous offrir. Navré si je brise le votre en disant cela. »

Le sourire sarcastique que la louve avait tant méprisé refit son apparition sur le visage de Tibère. Les lèvres de l'humain s'étirèrent malicieusement alors qu'il lui tendait le mouchoir qu'elle lui avait donné quelques instants plus tôt.

« Tenez je vous le rends. Pour votre cœur que je viens de briser, séchez donc vos larmes n'ayant pas honte. »

Il posa une main compatissante sur la tête de la jeune femme, faignant de la consoler avant d'ajouter la parole au geste.

« Allons, allons, ne soyez pas si triste, je suis sûr que vous trouverez quelqu'un de libre qui vous conviendra. »
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Lun 10 Oct 2011 - 21:51

Il la dévisageait bizarrement, avait-elle encore du sang sur le visage? Voyait-il en elle une meurtrière? Eh bien, il avait raison. On peut couver l'oeuf pour broyer le poussin. Actuellement, ce n'était pas le cas. Elle avait fait preuve d'humanité et avait respecté les coutumes qui la liaient. On peut être agressif et materner. Tout dépend de quel côté vous vous trouvez: allié ou ennemi.
Nyx n'oubliait pas que Tibère n'appartenait pas à la meute ni même à son espèce. D'ailleurs comment aurait-elle pu oublier...ça sentait le chat. Oui, le chat, ces bêtes à l'opposé de notre nature; une race indépendante et fière qui ne se préoccupe que de ses propres intérêts, propre sur soi mais satisfaisant ses désirs grâces à maintes cajoleries, caresses et ronronnements. Le chat est en soi manipulateur et égocentrique. On a rien pour rien.

"-Mon comportement vous semble t-il déplacé car il ne se conforme pas au vôtre?"Elle avait rabattu par-dessus la cape, la couverture sortie précédemment de ses affaires. Un seul bout de tissu ne suffirait pas à les réchauffer et la chaleur corporelle du chat n'était pas forcément un cadeau, tout comme la sienne pour son compagnon. Ainsi, ils pourraient se partager, s'étaler sur plus d'espace. Qui aurait crû qu'un jour, elle jouerait les garde-malades?

Son sourire ironique s'était reformé. La louve ne s'en offusqua pas; ni de ses paroles, ni de son sarcasme. Elle est plutôt contente, elle préférait un homme insupportable à un faible.Une main se colla à ses cheveux la tirant de sa pensée tandis que la deuxième était suspendue devant sa figure. Tibère lui rendait son mouchoir non sans une pointe de mauvais goût. Ainsi, il était redevenu complètement lui-même. Elle n'aurait pas à se sentir coupable de quoi que ce soit. Les choses rentraient dans l'ordre. Le chat retombait sur ses pattes et la louve avait faim.

"- Sâchez que les chats ne sont pas seuls à avoir leur fierté. Les louves ne sont pas des chattes, elles n'ont qu'un coeur et ne le donnent pas à celui qui fait le tour des terriers."

Nyx esquissa un large sourire avant d'ajouter:
"- Auriez-vous songé un seul instant mon cher et tendre que ce coeur dont vous parlez aurait pu se traîner à vos pattes et s'unir au vôtre? Lequel de nous deux semble-t-il le plus souffrir d'un manque d'affection? "

Le simple fait que cette idée ait pu germé dans l'esprit de son compagnon de fortune la fit pouffer de rire.

"- La honte aurait plutôt été de tomber amoureuse de vous, sans vouloir vous offusquer. Allez, soyons-sérieux. D'ailleurs, je vous dois une histoire. Y tenez-vous toujours?"

Nyx sourit à Tibère, malgré l'odeur féline qui la dérangeait légèrement. Une répulsion s'opérait en réaction à leurs espèces. Il n'était pas complètement humain, elle en était sûre.
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Lun 10 Oct 2011 - 22:45

Cette fille avait vraiment une répartie infatigable, elle avait réponse à tout et cela ne plaisait guère à l'humain qui aimait par dessus tout avoir le dernier mot. Le pire était qu'elle voyait juste alors que lui ne faisait que déblatérer des provocation qu'il savait parfaitement fausses. Il n'avait d'ailleurs pas su garder son visage impassible lors de ses remarques. C'était même absolument le contraire, alors qu'il aurait voulu exprimer un « tu as tout faut ma pauvre » son expression faciale disait clairement « comment le sais-tu ? ». Le tour des terriers... hélas, elle avait visé dans le mille, combien de fois avait-il changé de foyer féminin ? Mais il n'allait tout de même pas se laisser battre par canidé de sa trempe ! Aussi répliqua t-il armé d'un sourire narquois et d'une voix mielleuse :

« Vous savez, on m'a un jour surnommé "Chat-garou", nous sommes donc plus proches que vous ne le voudriez. Et puis je n'ai songé à rien, je suis absolument certain que vous avez succombé à mon charme dès le premier regard ! »


Si leur couche de fortune n'était pas si étroite, pour sûr qu'il se serait dandiné fièrement mais il se contenta seulement de pencher la tête sur le côté et lui offrant un énième sourire qui se voulait charmeur. La louve lui ôta bien vite cet air hautain qu'il avait arboré. Elle avait encore touché dans le vrai, satanée femme ! Un rictus s'installa un moment sur son visage avant qu'une mine boudeuse ne prenne le dessus.

« Eh ! C'est méchant ça, d'ailleurs vous vous trompez, j'ai toute l'affection dont j'ai besoin, n'insinuez pas des choses aussi stupides ! Ça sent la jalousie à plein nez !»

L'homme aux traits félins touché dans son orgueil lui tourna brusquement le dos pour exposer son mécontentement. Mais elle lui proposa finalement de donner réponse à ses questionnements précédents. Il se retourna alors encore une fois vivement, ses incessants gigotements défaisaient constamment la couette installée sur eux et il devait s'occuper de la remettre en place toutes les deux minutes. Une fois cela fait, il la regarda comme l'aurait fait un gamin sur le point de découvrir un grand secret. Les yeux ronds, il la regardait presque d'un air suppliant. Avec toutes ces idioties il en avait oublié le pourquoi il était venu sur la terre des loups ! Sa voix se fit donc intéressée, plus une once de sarcasme, seulement une intense curiosité.

« S'il vous plaît ! Dites-moi tout sur ce conflit entre vos deux races ! Je promets d'être sage ! »


Désinstallant une énième fois la couverture, Tibère posa ses coudes sur le sol avant d'enfouir son menton entre ses mains. Fin prêt à l'écouter, ses yeux intrigués dévisagèrent sa compagne, impatient d'en savoir enfin plus sur cet éternel conflit auquel était mêlé sa dulcinée vampirique.
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Mar 11 Oct 2011 - 15:34

« - Bien, ouvrez grand vos oreilles, j'ai faim ! Voilà c'est fini.»

Observant la mine déconfite de Tibère, un sourire ravi s'afficha aux bords de ses lèvres.

« - Ah? Bon. Vous la connaissiez déjà? Alors laissez-moi vous en raconter une autre. »

Nyx se redressa légèrement de manière à se mettre à l'aise.

« - A l'époque, comme vous le savez, nous avions tous un ennemi commun: les Titans. Ces êtres surpuissants s'étaient pris de passion pour nous anéantir. Aucun dieu ne veillait sur nos peuples et nous mourrions tous, un à un. Peu de résistance leur était opposée car celle-ci était vouée à l'échec. La guerre des Titans vous évoque-t-elle quelque chose? Connaissez-vous notre histoire commune chat-garou, puisque nous sommes en vérité si proches? »

La lycane reprit son sérieux et poursuivit.

« - Un jour, un homme du Sud, un nain, se leva pour mettre un frein au chaos qui rongeait nos cœurs. Il se nommait Rik Garaz, il fut le premier à se soulever. Un début de résistance se développa et tenta tant bien que mal de nous protéger, tous, sans exception. De fil en aiguille, leur ardeur souleva la population qui se mit à les rejoindre dans cette lutte par petites factions armées ou en grossissant les rangs.
Hélas, leurs efforts déployés s'approchaient du risible face à la puissance démoniaque. Les gens tremblaient, la fin du monde semblait si proche et le fil de la vie si ténue... »


La louve s'interrompit un instant vérifiant ainsi l'attention de son auditoire et en profita pour inspirer une grande goulée d'air avant d'enchaîner.

« - Il se passa ce qu'il devait se passer; toute la partie Ouest de notre pays sombra dans les abîmes, l'eau recouvrit la terre et les ruines fumantes jonchées des cadavres de nos frères. Cinq régions survécurent, les actuelles, avec à leurs têtes, un représentant: Critias, Ancestry, Niodé, Néhémiah...Sauf une, Thaodia. »

Elle fit une digression dans son discours.

« - Quelques petits problèmes de hiérarchie...paraîtrait-il. »

Elle ferma les yeux, laissant les mots s'échapper dans l'obscurité pour mieux les savourer.

« - Enfin, bref, pour reprendre, représentants ou non, nous étions morts. La situation se dégradait à un tel point que tout espoir nous avait abandonné.
C'est alors que les Dieux apparurent: Calydon, Sên, Malanée, Morwën, Anushka.
La guerre se termina et la victoire laissa place à de nouvelles alliances. Depuis lors, notre calendrier débute sur ce renouveau.

Un seul problème subsistait, que faire de Thaodia? Notre contrée se trouvait sans représentant. Bien des hommes prétendirent au trône et à la domination et nombreux sont ceux qui y perdirent la vie.
Notre peuple avait beaucoup souffert et la haine habitait nos cœurs. Nous ne savions comment l'exprimer, l'objet de notre rancœur avait disparu, laissant place à la destruction et au chaos.

Un lycanthrope les dépassa tous, Drack Longshadow, créateur de la meute éponyme. Il réorganisa la contrée pendant de longues années jusqu'à son assassinat.

Les luttes de pouvoir reprirent jusqu'en l'an 104. Une jeune femme venue de nul part prétendait gouverner la région d'une main de fer. Trois années plus tard, une humaine, lieutenant de Critias se disputa avec l'inconnue. Elle périt sous les griffes et les crocs. Notre déesse était revenue.

Des années plus tard eut lieu le conseil du Freyja où notre Divinité se fit juge de nos actions. Une guerre entamée par les Ancestry consumait Evanya, les esprits en eurent assez.
Nous étions des parasites ambitieux, avortons égoïstes rossés pour nos mauvaises entreprises, notre haine et notre discorde. Les titans n'avaient été que l'œuvre des Dieux pour nous apprendre ce qui nous manquait fondamentalement: solidarité, amour et respect d'autrui. »


Nyx stoppa son récit, ouvrit les yeux et observa Tibère, toujours à l'écoute.

« - C'est là qu'intervient la quête; cinq objets représentant les cinq tribus ont été dispersés aux cinq coins de notre terre. Le but? Empêcher de nous entretuer. La haine reste présente sans être assouvie. Vous avez du en entendre parler? Ces reliques sont recherchées activement.

Mais qui les recherche avec tant de férocité, avec une soif insatiable de vengeance? Qui d'autre que l'impératrice Sophie-Anne Ancestry, vampire déséquilibrée qui souhaite nous infliger toute la souffrance l'ayant traversée à la mort de sa partenaire?
Nous, lycanthropes, n'avons-nous pas subi de nombreuses pertes? N'avons-nous pas assez souffert? Devrions-nous laisser cette suceuse de sang et ses sbires nous anéantir? Leur race est la faute de tout. Nous ne sommes qu'une horde de chiens pour ces bourgeois aux mœurs extravagants ! Mais qui sont les barbares ici! Nous tuons pour nous nourrir, ils tuent par plaisir. Leur âme est viciée! Que dis-je? Ils n'ont pas d'âme. »


La lycane s'emportait et dans un geste violent, fit valdinguer la couverture qui les protégeait du froid.

« - Êtes-vous satisfait ou vous en faut-il plus pour vous convaincre du véritable visage de ces ignobles créatures? Elles n'ont rien de naturelles. Ce sont des démons. »

L'expression qui passa sur le visage de Tibère l'horrifia.

« - Oh non! Ne me dites pas que ?! »

Nyx, debout, auréolée d'une lueur ténébreuse, avait resserré ses mains sur sa poitrine et fixait maintenant le félin, toujours assis, avec méfiance.
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Mar 11 Oct 2011 - 20:23

Tibère écoutait le récit de son interlocutrice avec intérêt même s'il ne comprenait au début pas le rapport entre la guerre des titans et le conflit des deux races, elle avait une manière de conter les événements qui retenait l'attention de l'humain. Mais la haine de la louve envers les vampires se fit sentir, ses mots devenaient durs, elle qualifiait ces êtres de la nuit de la pire façon qu'il soit. Évidemment le jeune homme ne pu s'empêcher de comparer ses dires avec son amante qui ne ressemblait en aucun point à cela. Les traits de l'humain devinrent sévères sans qu'il ne le veuille et la lycane remarqua visiblement son soudain changement de comportement. Encore une fois elle avait deviné, et ne semblait guère enchantée de sa trouvaille. Tibère se redressa, passa une main dans sa crinière et regarda froidement sa compagne avant de dire d'une voix qui avait du mal à garder son calme :

« Vous avez vu juste, mon cœur bat pour une vampire. Et je vous interdis de dire de telles choses à son égard. Nyx, soyons sincères, vous mettez absolument tout le monde dans le même sac ! Ariani n'est pas du tout comme ça ! Elle ne tue pas pour le plaisir, seulement pour se défendre, et seulement pour se nourrir, tout comme vous. Elle a une âme, bien sûr qu'elle a une âme ! C'est une femme douce et attentionnée qui ne ferait en aucun cas du mal gratuitement. Ce n'est pas un démon, c'est tout le contraire, cette femme est un ange ! Un ange qui m'a fait don de sa lumière pour rendre ma vie heureuse, ne la comparez à une ignoble créature ! »

L'humain passa une main sur son visage comme pour retirer toute la tension qui s'y accumulait. Il poussa un long soupir, ferma un instant les yeux et tenta de reprendre un peu de contenance. Il fixa gravement la lycane et reprit d'un ton bien moins agressif.

« Vous obéissez tous à des pulsions meurtrières. Vous êtes guidés par une vieille histoire et la rancœur vous oblige à tous vous entre-tuer, c'est si absurde ! Il a été décidé que les vampires et les lycans se détesteraient alors vous exécuter ces ordres sans réfléchir ? Chacun est différent, tous les vampires ne ressemblent pas à cette Sophie-Anne et tous ne lui... »

Tibère écarquilla les yeux. Tous ne lui obéissent pas... Qu'est-ce qu'il en savait en juste ? Il n'en avait jamais parlé à sa dulcinée, il ne l'avait même jamais interrogé sur cette perpétuelle guerre. Elle avait éliminé les lycans qui avaient voulu l'attaquer, mais après tout peut être l'aurait-elle fait même s'il n'avait pas été là. Et cette impératrice, peut être bien qu'elle lui était vouée corps et âme sans qu'il ne le sache. Un torrent de doutes déferla dans son esprit, cette lycane venait de semer la panique dans son cerveau mais il n'allait tout de même pas la lui laisser le retourner. L'humain secoua la tête, il se refusait à croire que sa bien-aimée accepterait de tuer simplement parce qu'on lui en aurait donné l'ordre. Elle était si douce avec lui...
Pourtant il savait bien de quoi elle était capable quand elle était sous le coup de la colère, il l'avait vu de ses propres yeux, la démone sanglante en plein combat. D'ailleurs voilà bien une éternité qu'il ne l'avait pas revu, elle n'était jamais venu le voir comme il lui avait proposé. Lui avait-elle donc menti et s'était jouée de lui ? Tibère enfouit son visage entre ses deux mains, il ne fallait pas qu'il se laisse avoir par les paroles de cette fille. Un long silence plana puis la mine grisée, il regarda à nouveau celle qui avait semé le doute dans son esprit., la voix bien moins assurée que précédemment.

« Je... Je pense tout simplement que vous vous méfiez trop des autres et que vous passez à l'attaque avant que l'autre ne le fasse. Peut être que si l'une des deux espèces faisait un pas en avant vous... Ce conflit est si absurde, il suffirait que l'un d'entre vous tende la main à l'autre, c'est tout ! Tous ne sont pas à la botte de cette impératrice que diable ! Je suis persuadé que si vous le désiriez profondément, une bonne entente serait possible. Enfin je pense, j'espère... »

Tibère se laissa tomber sur le sol et s'allongea à nouveau, songeur. Il avait l’impression d'être le seul homme pacifiste de ce monde. Mais ce n'était pas lui qui allait changer le monde de toute façon. Que pouvait-il bien faire, faible humain qu'il était. Malgré lui la louve l'avait fait douter, il était urgent qu'il revoit Ariani. Il lui poserait la même question. Peut être qu'il arriverait ainsi à se forger sa propre opinion d'un regard neutre. Il verrait bien sa version de l'histoire, verrait si elle obéit à l'impératrice.... Et il verrait par dessus tout si elle l'aimait réellement. Sur le dos, l'humain aux pensées moroses fixait le ciel obscurcit, il brisa à nouveau le silence à l'aide d'un murmure.

« Je ne suis plus sûr de grand chose, peut être avez-vous raison. C'est si... si désolant de se faire la guerre. »
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Mar 11 Oct 2011 - 21:56

Nyx ne savait pas si elle devait se sentir inquiète ou rassurée par les aveux de l'homme. Elle s'attendait à un chasseur de reliques, un courtisan sous la coupe des vampires. Bon point, il ne recherchait pas les objets sacrés. Mauvais point, il était sous l'influence de ces derniers.

Elle l'écouta jusqu'au bout et réfléchit à ses propos. L'homme semblait sincère quoiqu'un peu voilé par l'amour qu'il portait à l'une de ses créatures...envoûtement ou passion? Nyx n'en détenait pas la réponse mais cela ne changeait guère la donne.
Il la qualifia de « méfiante ». En son for intérieur, elle ne pu qu'admettre que le félin avait vu juste. D'ailleurs, elle avait ses propres raisons de l'être. La confiance se gagne. Et la gagner n'est pas à la portée de tout le monde. La voix confiante de Tibère se brisait au fur et à mesure qu'il babillait; la perte de ses convictions se solda par un murmure. De ses mots à peine audibles, elle ne comprit que l'expression « désolant de faire la guerre ».
Qu'à cela ne tienne, que voulait-il qu'elle y fasse? Avait-elle été la première à déclencher les hostilités? Non. Accepterait-elle de se faire tuer par un vampire sous prétexte qu'elle tenait à lui faire un baiser de paix? Non plus. Ce qui était évident, c'est qu'ils avaient chacun une opinion bien arrêtée et surtout subjective: l'un prenant la défense de sa bien-aimée, l'autre celle de son peuple.

Certes, la situation était désolante mais faire la paix et en rêver étaient deux choses fort différentes. D'ailleurs, la paix ne régnait jamais bien longtemps en Ephaëlya.

« - Vous savez Tibère, on ne peut demander à une souris de faire la paix avec le chat ou le chat de faire la paix avec le chien. Les rapports de force sont déséquilibrés, l'intérêt d'une telle alliance aussi. Pour peu qu'elle ne dure tant qu'elle attise les convoitises d'un certain parti. Descendez de votre petit nuage, vous êtes utopiste. Il n'y a guère de place pour les rêveurs en ce monde. Au contraire, ce sont les premiers disparus. La méfiance est une vertu au même titre que la confiance mais l'un comme l'autre peuvent se retourner contre vous. »

Nyx se résigna finalement à s'asseoir face à lui tout en abaissant le ton d'un cran. La lycane voyait bien qu'une lutte interne se jouait entre le cœur et l'esprit du félin et ne souhaitait l'accabler de plus belle.

« - Il est fort possible que tout vampire ne soit pas un monstre assoiffé de sang mais peu nombreux sont ceux qui ne le sont pas. Vous ne pouvez changer la nature profonde d'une personne. Rares sont ceux qui font passer les intérêts d'autrui avant leur propre bien. Pouvez-vous demander à un être se nourrissant exclusivement de sang de ne pas tuer? Où obtiendrait-il de quoi se nourrir sans en mourir? Les charmes des vampires servent à attirer leurs proies dans leurs filets. Ne vous détrompez-pas; notre force sert à tuer aussi bien que leurs charmes. Je vous ai réduit par la force à me respecter tout comme vos vampires vous charmeront pour mieux vous asservir. »

La femme-louve poussa un long gémissement en s'étirant et décida de changer de sujet. Un long malaise alourdissait l'atmosphère. Décidément, elle n'était pas douée avec les relations « humaines ». Mettant fin à un long silence, Nyx se déplaça de façon à profiter de la chaleur de la couverture. Puis une fois allongée et son bras calé sous sa tignasse, elle leva les yeux au ciel.

« - Dites, pourquoi avez-vous quitté vos terres pour venir en Thaodia? »
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Mer 12 Oct 2011 - 3:31

C'est pourtant bien ce qu'ils faisaient non, la paix ? Certes ils avaient du passer par une sauvage altercation mais à ce moment précis, ils discutaient sans animosités. S'il arrivait à s'entendre avec un vampire et un lycan, pourquoi les deux ne pourraient-ils pas le faire à leur tour ? Il n'était pas utopiste non, seulement pacifiste et il n'était pas d'accord avec les arguments de son interlocutrice, même si au fond elle avait sûrement raison, depuis qu'il s'était frotté aux vampires il avait faillit perdre la vie par quatre fois. Ces deux races avaient beau posséder une force phénoménale, il les plaignait intérieurement. Il préférait de loin être cet humain naïf qui vivait joyeusement sans avoir à se battre tous les jours pour imposer sa personne. Tibère poussa un soupir, s'apprêtait à rétorquer ses propres arguments lorsqu'elle parla des charmes vampiriques. Son visage se décomposa sur place, qu'insinuait-elle au juste, que sa romance avec Ariani était une sombre plaisanterie ? Cette fois c'est lui qui se redressa, il fixait gravement la louve alors qu'un silence de mort planait dans l'atmosphère. Sa dernière question ne trouva pas de réponse, elle l'avait bien trop perturbé avec ses remarques précédentes et il ne comptait pas en rester là.

« Pourquoi vous me dites ça ? Vous pensez qu'elle me prend pour un abruti ? Si elle avait voulu me tuer elle l'aurait fait voilà bien longtemps, elle m'a même sauvé la vie ! Ne me dites pas qu'elle m'a charmé dans l'unique but de me faire devenir sa sorte d'esclave ! Je... »

Irrité par ses dires, Tibère secoua la tête. Il avait beau se voiler la face il se rendait bien compte qu'il essaye plus de se convaincre lui-même que la louve. Mais il ne voulait pas croire à de telles choses, c'était hors de question, si cela s'avérait être réel il aurait absolument tout perdu et ne s'en remettrait jamais.

« Je suis venu en Thaodia car... A vrai dire je pensais allé directement en Màvreah mais j'ai fait un détour parce que... en fait j'attendais désespérément Ariani qui n'a jamais daigné venir... »


L'humain passa une nouvelle fois une main dans ses cheveux, comme à chaque fois qu'il était gêné. Il s'embrouillait dans ses paroles et se contredisait lui-même sur ses propos d'avant. Il venait de prouver sans le vouloir que finalement, sa dulcinée n'en avait peut être pas grand chose à faire de lui. Ses yeux attristés scrutèrent l'obscurité un long moment mais la raison revint à lui, bien décidé à ne pas se laisser abattre. Le regard déterminé et se voulant confiant, il dévisagea à nouveau la lycane.

« J'ai voulu voir de mes propres yeux. J'étais persuadé que les lycans n'étaient pas que d'affreuses bêtes qui sautent sur tout ce qui bouge. Et j'avais raison, même si vous avez faillit me tuer, c'est simplement parce que je vous ai provoqué, au final vous n'êtes pas si monstrueuse, bien au contraire ! Nous voilà à discuter tranquillement sans nous taper dessus, comme deux êtres normaux qui ont un minimum de savoir vivre, non ? Si c'est possible entre vous et moi, entre moi et une vampire, pourquoi pas entre vous et ma bien-aimée ? Et ne me dites pas qu'elle se fiche de moi ! Je compte bien partir pour Ambroisie dès demain, vous n'avez qu'à faire comme moi et regarder de vos propres yeux, venez avec moi, vous verrez bien qu'elle est tout à fait agréable et qu'elle ne vous sautera pas dessus avant même de savoir qui vous êtes ! »

Tibère la fixait avec insistance, il était absolument sérieux quant à sa proposition. Et même s'il n'avait pas du tout pensé au danger que cela représentait et pour elle et pour lui, il était convaincu que ce n'était pas une si mauvaise idée. Il releva légèrement le menton comme pour imposer sa volonté et rajouta d'une voix assurée :

« Et malgré ce que vous dites, c'est avec de petites choses qu'on en fait de grandes ! »
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MessageSujet: Re: Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.   Ven 14 Oct 2011 - 1:16

*Par tous les titans!* s'exclama intérieurement Nyx.* Ne cesserait-il donc jamais de tout ramener aux vampires?*
Le sujet qu'elle avait tant bien que mal tenté d'éviter était revenu sur la table. A la différence qu'en ce moment précis, il était exclusivement tourné vers les relations intimes d'un vampire et d'un chat. En d'autres lieux et d'autres temps, la lycane aurait pu trouvé ceci comique or ce n'était pas le cas. Elle n'avait guère envie de rire...surtout depuis qu'il avait cogité sur la question des relations inter-espèces.
Il la voyait déjà associé à sa compagne. La jeune femme admettait que chaque relation soit différente entre membres d'une même espèce...mais de là à lui proposer de risquer sa vie pour rencontrer sa dulcinée sur un terrain qui n'était pas le sien, ennemi qui plus est...Elle se demanda finalement si elle ne l'avait pas fait tombé sur la tête lors de leur précédent affrontement . Aveuglé par la confiance qu'il portait à l'élue de son coeur, il ne semblait discerner les zones d'ombre dans son discours.


"- Ahem...Je compatis à votre chagrin sincèrement mais je ne me porterai en aucun cas garante des sentiments de votre dulcinée à votre égard du fait que comme vous me l'avez fait remarqué, je ne la connais point. En outre, j'ajouterai que vous me soumettez l'idée de vous accompagner lors de votre voyage en des contrées qui sont aussi dangereuses pour mon "état" que le vôtre. De surcroît, nous sommes blessés, fatigués, votre conquête est une chasseresse et vous comptez nous envoyer, fragiles que nous sommes dans la gueule du loup?"

*Faut-il être fou, inconscient ou suicidaire?*

La louve n'en revenait pas. Elle hésitait entre le saisir par les épaules et le secouer comme un pruneau ou laisser éclater le rire nerveux qui lui démangeait la commissure des lèvres. Le second choix se fit tout naturellement et l'entraîna dans un humour plus ou moins douteux; c'était sa manière d'évacuer son anxiété.

"- Dites, votre bien-aimée et ses amis... nous préfèrent-ils saignants ou à point?"
Seule la détermination du jeune homme répondit à ses paroles, ce qui lui musela le museau et la fit sérieusement réfléchir aux présentes allégations. Les cartes étaient en sa possession, à elle de voir ce qu'elle pouvait en tirer. D'un côté, elle ne voyait qu'une aventure et la mort au bout du chemin. De l'autre, Nyx concluait à une vie paisible quoique calme en compagnie d'une nouvelle meute, rythmée par la chasse.

*S'ennuyer ou mourir, quelle dilemme !* s'entendit-elle penser, le sourire au coin des lèvres. Depuis qu'elle avait quitté son cocon, elle n'avait jamais pensé à s'aventurer au-delà des terres connues. La lycanthrope s'était enfermée dans sa bulle, s'adaptant au cycle de l'animal qui l'habitait, se résumant par l'expression "Subvenir à ses besoins". Et voilà qu'une opportunité de découvrir le monde s'offrait à elle, une nouvelle façon d'échapper à la hiérarchie et de débuter une vie sur un pied d'égalité. Elle savait que quel que soit son choix, elle le regretterait âprement. Un manque se creuserait au fur et à mesure au fond d'elle, résultat d'une concession entre le désir d'une louve et d'une femme.

Nyx laissa s'échapper de longues minutes, retardant sa réponse au maximum. L'Inconnu, ce changement, piquait sa curiosité autant qu'il l'effrayait. Le choix qu'elle allait prendre déterminerait en partie le cours de sa vie.
Ses pensées affleurèrent sa langue, laissant ses cordes vocales déambuler au fin fond de sa gorge.

"- Êtes-vous conscient de la gravité de vos propos? Allons, reposons-nous maintenant. Une longue route nous attend demain."

Sans autre forme de procès, la louve détourna son champ de vision de Tibère et tatonna le sol à la recherche d'un des bords du plaid. La bordure trouvée, elle se glissa sous la large couverture et s'y roula en boule. La nuit serait de courte durée.
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Errance solitaire dans l'aberrance des conifères.

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