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 Premier emploi

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MessageSujet: Premier emploi   Ven 2 Déc 2011 - 12:04

Les terres de l'Oryenna étaient vastes et étendues. Perdurant pendant un bon moment au-delà des possibilités qu'offrait l'horizon. Même depuis son plus haut perchoir de la maison familiale, Béatrice n'aurait jamais pu imaginer que sa simple contrée natale puisse être aussi grand et riche en territoires de toutes sortes. Cela faisait désormais trois jours que ses résolutions l'avaient menée loin de la maison. Apparemment, le village où elle avait vécue toute son enfance était encore plus reclus que ce que les voyages en carrioles ne lui en avait laissée l'impression autrefois. Deux jours, deux jours entiers, elle avait chevauchée, ne s'arrêtant que pour permettre à sa bête ou à sa jeune personne de prendre du repos avant de poursuivre son éprouvante épopée. Aussi bien rongée par les dures nuits passées à l'extérieur que par l'idée que ses parents puissent déjà être en route pour la rattraper, son moral était au plus bas. Tenant les sangles de sa monture avec des mains crispées et un regard à moitié perdu dans le vide. Avec son teint pâlissons, on presque pu croire qu'il s'agissait d'un cadavre sur la scelle. Une idée qui se rapprochait de plus en plus de la vérité à mesure que les heures passaient et que le courage et l'optimisme de la dame chutaient. Toutefois, comme en réponse à ses prières silencieuses, les premières lueurs commencèrent à poindre à l'horizon. En ce début de soirée, les lumières des carreaux de nombreuses petites chaumières commencèrent à se prononcer au loin devant elle. Agissant comme un stimulant sur son organisme, la demoiselle se releva brusquement sur sa scelle. Se frottant d'abord les yeux pour être certaine qu'ils ne lui jouaient pas un mauvais tour, quel ne fut pas sa joie que de voir désormais réellement se profiler les bâtiments accueillants ses doux éclairages. La cité de l'aurore! Elle était enfin en vue! Puissant dans les derniers forces de sa monture, elle poussa la bête sans plus de façon pour atteindre la ville le plus rapidement possible.

Une fois en ville, se fut comme si une énorme pression se retirait de la poitrine de la demoiselle. Notre jeune noble n'ayant jamais été aussi heureuse de rejoindre un lieu aussi riche en population. La simple vue de la civilisation dans son terme le plus propre étant une véritable source de soulagement. Avec un peu de chance, elle passerait une nuit au chaud et, surtout au sec. Désirant d'avantage reposer ses jambes que de penser économiquement ou rationnellement, la femme à la chevelure de jais se rendit à la première écurie à proximité, y fit installer son cheval pour la nuit, puis se chercha une auberge. Dans une cité comme celle-ci, le tout ne fut pas bien difficile. Un repas chaud, et un lit douillet, malgré son côté rudimentaire, lui furent offert en échange d'une poignée d'écus qui ne lui parurent pas si cher payés. Ce ne fut que le lendemain matin, après un second repas et avoir récupérée sa monture qu'elle se rendit compte de son erreur première. Tous ses petits caprices combinés lui avaient déjà coûtés la totalité de sa bourse. Le sac de toile lui servant à portée sa main étant désormais désespérément vide. Trouver un emploi devenait urgent, mais d'un autre côté, la stabilité gênait quelque peu la jeune femme à cause de son état civil... Sans compter qu'elle ne savait trop ce qu'il pourrait lui être donnée de faire de ses dix doigts. Son enfance choyée ne l'ayant pas vraiment préparée à trimer de ses petits bras aussi frêles qu'en apparence. Tentant tout de même sa chance dans plusieurs commerces, elle eut beau cherchée, trouvée sa place semblait plus difficile que prévu. Quand ce n'était pas les employeurs qui ne souhaitaient aucuns employés supplémentaires, c'était elle qui était rebutée par la tâche à accomplir. Vraiment, quelle situation compliquée... Puis, c'est alors qu'elle entendit deux commères...


-Vous avez vu ce type au centre avec la charrette? Véritablement dégoûtant, n'est-il pas?

-Ciel, vous ne pouviez pas visés plus juste ma chère! Qu'est-ce qu'un individu aussi rebutant peut-il bien espérer de notre ville?

-Tu sais bien comment sont les villages autour! Ses paysans sont prêts à se ridiculiser pour obtenir un peu de main d’œuvre supplémentaire!


Puis, les propos des deux femmes aux longues robes à dentelles devinrent inaudibles au fur et à mesure qu'elles s'éloignèrent... Tout ça ne laissait pas présager rien de bien bien attrayant, mais après tout, qu'avait-elle à perdre à aller jeter un oeil? Prenant les raines de sa monture, elle fit avancée l'étalon noir à ses côtés tout du long de la traversée des rues de la cité jusqu'à temps d'atteindre la grande place. Là fleurissaient les étalages et petits commerces par dizaines. Des vendeurs tous plus vantards les uns que les autres fixant les passants avec des yeux en forme d'écus tout en narrant les exploits de leurs produits. Pourtant, malgré tout l'attroupement de personnes présentes, une seule correspondait véritablement à la description. Un homme, dans la quarantaine avancée si ce n'était pas la cinquantaine, vêtu bien plus sombrement que ses congénères et n'adressant que très peu la parole au gens. Semblant presque guetter quelque chose. Renfrogner sur lui-même, il n'était pourtant pas si hideux que l'aurait visionnée Béatrice suite aux dires des dames... Ahhhhh les Mlles de la cour... Peu assurée, surtout pour sa mise, elle approcha donc de cet individu. Ce dernier daignant lui accorder un regardant uniquement lorsqu'elle se posta à quelques pas devant lui. Dès lors, d'une voix quelque peu bourrue, il déclara:

-J'peux vous aider mam'zelle?

-Hé bien, je cherche un travail et...

-Vous avez des attaches dans la région?

-Ha euh... non pas vraiment...

-Le travail dans une taverne ne vous incommode pas?

-Hé bien, je n'y es jamais travaillée, mais je devrais pouvoir m'y faire... mais pourq...

-C'est bon alors, si vous êtes prête à quitter la région, vous êtes engagée.


Ce type la prenait réellement de cour. Si dans les arts de l'aristocratie, Béa avait toujours sue s'imposer comme une femme forte capable de braver bien des commentaires de ses messieux, ici, dans le monde du petit peuple de tous les jours, elle était rapidement dépassée par ses interlocuteurs. Leur manière de régler les choses de façons si brusque et saccadée dénudée d'élégance. C'était désagréable. Réellement. Toutefois, déclencher une émeute pour ça n'était pas une solution gagnante... surtout pas dans sa situation. Hé puis, ce n'était pas comme si cette proposition était totalement dénudée d'intérêt non? Un emploi pour commencer une nouvelle vie, dans une région éloignée de celle de ses parents, probablement un coin bien reculé d'Oryenna, et surtout, un salaire! C'était plutôt prometteur et arrangeait bien les choses pour elle. Peut-être était-ce un signe du ciel qui lui venait en aide? Si tel était le cas alors, que soit bénis les puissants!

************************************************************************

Le périple avait long, voir même très long. À partir d'un certain moment, Béatrice avait même fini par cessée de compter les jours. Autant par lassitude que par agacement. À l'arrière de la charrette, sa monture avait marché à une vitesse constante, mais terriblement lente à son goût. Jamais elle n'aurait soupçonnée que Oryenna puisse être grande à ce point? Le territoire des hommes étant approximativement aussi grand que celui des nations des elfes et des nains, elle préféra ne pas imaginer comment elle pouvait être insignifiante par rapport au monde entier. Le trajet avait durer une semaine selon celui qu'elle reconnaissait désormais être le teneur de la taverne. Hé bien, ça en faisait du chemin... Ce gars aurait eut plus rapidement fait que de recruter son personnel dans la région. À son arrivée, la jeune femme n'avait pu que constatée le côté très... rustique? ... du village. Les maisons ayant certes l'air solides, mais n'étant en rien comparables à la demeure familiale dont la cuisine à elle seule aurait sue englobée certains de ses bâtiments. Néanmoins, la demoiselle préféra se plaindre de ses muscles engourdis. Voilà presque six heures que ce type ne lui avait plus accordée la moindre halte pour se délier les jambes ce qui eut pour effet de la rendre quelque peu ronchonne. Néanmoins, ce voyage avait su lui donner une occasion de reprendre le sommeil perdu lors des premiers jours de sa "fugue". Si l'idée qu'elle allait devoir mettre les mains à la pâte lui était entré en tête depuis un moment déjà, la tignasse noire ne s'attendait pas à ce que son nouvel employeur ne la mette à la tâche le soir même! Malgré quelques protestations, le gérant ne céda pas, la menaçant d'ailleurs de la renvoyé chez elle à pied si elle continuait... des paroles bien efficaces qui ne manquèrent pas d'irriter la demoiselle de par leur ton cru.

Et nous y voilà, la journée touchait à sa fin, le propriétaire lui ayant au moins laissé jusqu'au soir, dix-heures précises, pour déposer ses affaires dans un chambre d'amis qui serait la sienne, si elle décidait de conserver l'emploi, et reprendre ses forces. Ayant déposée tout bonnement sa valise dans un coin avant de faire une petite sieste, l'heure fatidique s'était rapprochée. À l'heure prévue, elle était descendue et avait enfilée le vêtement de travail que lui avait imposer le maître des lieux. Il s'agissait d'une robe d'un bleu terne et morne surmonté d'un tablier immaculé. L'ensemble, bien qu'il ne lui allait pas si mal, la fit grimacer. Une couture grotesque... Lui prodiguant quelques conseils avant l'arriver des premiers clients, la jeune femme n'écouta qu'à moitié... Son esprit déjà captivé d'avantage par la salle, vide dans le moment, de la taverne. Un bon espace pouvant accueillir de nombreuses personnes... avec un mobilier quelque peu banal et rural. Puis, quelques clients entrèrent... voilà comment les choses allaient donc commencées.


HJ:[Voilà qui est fait, faites moi signe s'il y a un problème avec ce message x)]
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MessageSujet: Retour en Thaodia.   Sam 3 Déc 2011 - 16:56

Plus d'un mois s'était écoulé depuis son escapade en Oryenna, la rentrée au bercail se ferait d'autant plus difficile que la louve n'avait nul part où aller. Ces terres ne signifiaient rien pour elle, leur lien se résumait à un souvenir symbolique: celui de son ancienne vie. La jeune femme n'avait ni port d'attache, ni famille, sa seule compagne s'appelait solitude. Et pourtant ce lieu l'avait irrésistiblement attiré, s'y sentant à l'aise, parmi ceux de son espèce. Comment les autres races pouvaient-ils les comprendre, eux, lycans? Le sol des auberges qu'elle avait foulé en Oryenna, les regards des voyageurs itinérants posés sur sa capuche, partout, la frayeur ou la méfiance se lisaient dans ces yeux inconnus. Ho non, certes, personne n'en venait à la défier mais personne ne lui tendrait la main non plus. Sa force semblait être son seul atout pour survivre hors de cette contrée, seule véritable terre hospitalière pour les gens...comme elle. Paradoxalement, la lycane n'était pas encore prête à renoncer à cette vie nomade, au contraire, à ses yeux, les terres d'Ephaëlya appartenaient à tous ceux qui saisiraient leur chance. Les différentes races creusaient un sillon de haine en considérant un territoire comme acquis et notre jeune femme était bien déterminée à passer outre ces barrières traditionnelles et revendiquer ses libertés.

C'est pourquoi ses pas, au lieu de la restreindre à un petit lopin de terre en zone neutre, l'avaient conduit jusqu'à cet endroit, occupé par une des cinq grandes meutes officielles de Thaodia. Ses parents lui en avaient sommairement parlé étant gamine, le clan était réputé pour être ni trop cruel, ni trop humain. En d'autre termes, Nyx ne savait pas vraiment où elle mettait les pieds. Ses souvenirs ne l'aidaient guère mais sa curiosité consumait sa méfiance.

La louve ne croisa âme qui vive quand elle traversa le village, le territoire semblait déserté, où était les loups? La meute existait-elle encore? Tout en se maudissant de ne mieux connaître ses semblables, la jeune femme accéléra le pas. Un légère et fine pluie commençait à tomber, transformant le sol en amas boueux. Tout lycan, malgré qu'il soit doté d'extraordinaires capacités, n'était pas à l'abri d'un rhume. Le vent, accompagnant une pluie glacée se voulant de plus en plus impressionnante, la guida jusqu'à un porche. Au dessus d'une porte, on pouvait reconnaître l'insigne d'une taverne: celle de la meute.
Sans marquer d'hésitation, elle entra.

La première chose qui la surprit fut la chaleur l'enveloppant tumultueusement. Des braises rougeoyaient dans un âtre, au fond de la salle, prodiguant ses bienfaits à tous les consommateurs d'une heure, d'un jour ou d'une nuit. La deuxième fut le fait qu'elle se sentit radicalement à l'aise, comme si elle avait toujours fait partie de ce monde, mais étrangère. La jeune louve n'osait pas avancer dans la grande pièce éclairée où se tenait quelques lycans sous forme humaine. Elle repéra un homme accoudé à une balustrade qui lui rendit son regard. Nyx se décida à l'ignorer et prenant son courage à deux mains, traversa la salle en diagonale. Le comptoir se rapprochait peu à peu, elle y était presque quand un lycanthrope se postant devant elle, lui barra la route. Sa fierté lui refusa toute forme de fuite. Etant sur la défensive, ses poings se crispèrent. Lèvres pincées, la femme leva la tête et plongea son regard empli de défi dans celui de l'inconnu.
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MessageSujet: Re: Premier emploi   Lun 5 Déc 2011 - 5:46

Le jour finissait de s'éteindre sur la terre des Lycan, Thaodia. Des taches rosâtres, orangées et rougeâtres, s'étalaient sur la voûte céleste, comme quelques couleurs badigeonnées sur une toile. Quelques nuages parsemaient le firmament, rares. Le dôme céleste, enfin finit par s'assombrir, et recouvrit de son noir manteau le monde. L'obscurité se faisait, à présent, totale. Des étoiles, petits astres étincelants, venaient parsemer la grande nébuleuse. C'est dans ce décor que cheminait une haute silhouette, lentement. Appuyée sur un bâton de marche, une hache de guerre remuant au rythme de ses pas, accrochée dans son dos ; elle semblait curieusement s'orienter comme dans les pleines lueurs du jour. Dans l'entière et totale noirceur de la nuit, elle déambulait, sans interruption. Frerenn Deadwood, tel était le nom de ce Lycanthrope d'une trentaine d'années, se rapprochant inexorablement, à mesure que le temps filait d'entre ses doigts, de la quarantaine. Ce guerrier, d'une envergure des plus impressionnante, venait de serpenter à travers les Monts Hurleurs, étendue rocailleuse et désertique, pendant prêt de sept lunes, pour de tristes et douloureuses raisons, en quête d'un passé qui pendant longtemps lui était demeuré inconnu. N'ayant trouvé ce pourquoi il était venu, il repartit à destination de son campement, se trouvant aux abord de l'antre ancienne du feu tyran Grinak le Sanguinaire. Étant un être pour le moins taciturne, Frerenn avait décidé de s'éloigner du reste de sa meute, et de s'établir hors de l'immense grotte comportant entre autre chose un palais, une caserne, et une place marchande. Dans moins d'une heure, il pourrait enfin se rincer le gosier à l'aide d'une bière chaude et brassée, tout en ressassant sombrement les souvenirs de son périple. Que de bonheur en perspective. Se frayant un chemin dans de hautes herbes, il marchait à présent d'un pas rapide. Au bout d'une bonne heure de marche, il finit par arriver à Neuri, la place marchande de la meute Sang-Chaud. Malgré l'heure tardive, onze heures s'étant écoulé depuis le zénith, la place fourmillait encore d'activité. Des badauds circulaient et s'arrêtaient auprès de quelques négociants ambulant, ou vaquaient tout simplement à quelques occupations, inconnues de notre personnage. Il passa devant quelques marchands de potions, et autres substances plus ou moins licites, et autres négociants. Il chemina d'un pas rapide vers la seule taverne de la place, au nom singulier : « Le Lycan borgne », établissement au mobilier rustique, au tenancier bourru, ronchon par moment. S'arrêtant un instant devant l'entrée du lieu de beuverie, observant l'enseigne, il finit par passer le pas de la porte de la taverne.

La salle principale de l'auberge semblait tendre à se remplir, peu à peu. Quelques clients, certains à l'allure peu recommandable, étaient attablés, sirotant à force de rires rauques leur bière brune. Quelques regards se braquèrent un instant sur le personnage à l'allure singulière, venant de faire irruption dans ce lieu, insolite pour une minorité de personne en ce monde. Il est vrai qu'apercevoir une telle apparition : une silhouette d'une envergure impressionnante, munie d'un manteau de fourrure dont la capuche se trouvait être le crâne d'une créature au nom inconnu, d'une armure et de gants en cuir bouillit remaniée à la teinture noire, et dont les seules chairs visibles étaient marquées de nombreux tatouages à l'aspect mystique ; se tenir dans l'encadrement de la porte, qui à ce moment précis semblait incroyablement minuscule, en refroidissait plus d'un. La hache de guerre fixé dans le dos de cet homme, ne venait d'ailleurs, pas grandement améliorer un tel effet. Frerenn, ignora un instants ces quelques prunelles pointées sur lui, afin d'abaisser sa capuche, révélant ainsi une longue crinière sombre, encadrant des traits nobles, marqués de manière légère par l'âge, ainsi qu'une mince cicatrice s'étendant du haut de son arcade sourcilière droite, passant par une de ses pommette, et s'arrêtant au-dessous du coin droit de sa lèvre inférieure. Balayant l'insistance d'un regard de défi, il se dirigea d'un pas prompt vers le comptoir de la taverne, sans jeter un seul coup d’œil aux serveuses en robe bleu, et au tablier immaculé, déambulant entre les tables, un plateau à la main. Il se posta sur un tabouret, et posa contre le bois du bar son bâton de marche, avant de sortir d'une besace une pipe naine finement ouvragée. Il la bourra d'une odorante herbe à fumer naine, et l'alluma doucement, en en tirant quelques bouffées rapides. Un léger filet d'émanation à l'odeur âcre et boisée, s'échappa du foyer, avec que Frerenn ne lâche, par sa bouche entrouverte, une épaisse brume aux reflets verdâtres. Un violent toussotement se fit entendre, provenant de sous le comptoir. Le tavernier, invisible quelques instants auparavant, se redressa brusquement, finit par lancer au Lycanthrope un regard noir, et posa violemment deux bouteilles de liqueur en face de lui. Il posa ses poings sur ses hanches, faisant tressauter, l’espace d'un instant son petit ventre à bière. Ulrich détestait que Frerenn crache sa fumée lorsqu'il était dans les parages. Lui même ayant été un grand amateur des fameux tabac nain, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver un léger pincement au cœur lorsqu'il humait ce genre de fumerolle. En effet, sa femme lui menait la vie dur pour qu'il cesse de consommer ce genre herbe qui, disait-elle, finirait bien par le tuer un jour ou l'autre.

« Tu finiras bien par me faire craquer, je le sens fiston ! »

« Fiston ? J'ai à peine dix ans de moins que toi, espèce de vieux croulant. Comment vas ta femme ? Toujours aussi amoureuse de moi ? »

« Heureusement que je t'aime bien, sinon, je t'aurais depuis belle lurette fais manger ton manteau ! »

« Disons plutôt que tu aurais essayé de le faire, ajouta Frerenn en riant légèrement. Tirant une nouvelle bouffée de sa brûle-gueule, il se retourna, et observa un instant la salle. Pas grand monde ce soir. »

« Tu sais bien que les habitués ne viennent pas aussi tôt dans la nuit. Il faut bien leur laisser le temps de … finir leurs affaires. »

« Je te l'ai déjà dis, mais au risque de me répéter, tu devrais faire attention. Je ne sais vraiment pas comment tu fais pour tolérer tout ce ramassis de coupe-jarret, de brigands, et de canaille. »

« Il font plus de la moitié de mon chiffre d'affaire, sans compté toutes leurs magouilles qui me rapportent un petit pécule, vu que je ne les dénonce pas à la garde. En plus de ça, l'idée de faire du désordre dans cette taverne ne semble plus trop les intéresser, depuis que tu as cassé ton lot de bras, et tordu quelques nez. D'ailleurs, à cause de toi, j'ai dû racheter du mobilier, dit-il en désignant quelques meubles du coin de l’œil. Et puis, si je puis me permettre, dans ton genre, tu es aussi une sacré crapule, lâcha-t-il dans un sourire auquel il manquait quelques dents. »

« Une crapule comme tu dis, qui t'as sauvé la peau ! Si tu y tiens, je te rembourserais une partie du mobilier, quand j'aurais décroché quelques contrats. »

« Comme tu veux. Mais tu peux aussi apprendre à cet imbécile comment jouer du luth, dit-il en désignant d'un coup de tête une silhouette se tenant au coin du feu, un petit instrument à corde entre les mains. Il va finir par me rendre malade. Je l'avais engagé pour mettre un peu d'ambiance, mais je crois finalement que c'était une mauvais idée. »

« Si ça peut te faire plaisir. Mais à la seule condition que tu m'offres une bière ! »

« J'enverrai la nouvelle te l'apporter, si seulement elle se montrait. Mais où est donc cette bougresse ? BEATRICE ! Des clients attendent ! Finit-il par beugler, un grand sourire sur les lèvres. Va t'installer mon ami, et si l'autre gars refuse de te prêter son luth, botte lui le train de ma part, mais dehors s'il te plaît, je n'ai vraiment pas envie de changer, encore une fois, de meubles. »

Frère, décochant un dernier sourire à Ulrich, attrapa son bâton de marche, et se dirigea vers la cheminé d'un pas lent. Le joueur de luth, lorsqu'il entendit sa requête, ne sembla pas vouloir faire le difficile. Cela était sûrement dû au sourire carnassier qu'arboré Frerenn. Le joueur de luth, lui confiant son instrument, s'évapora, et finit par se retrouver assit à une table. Le guerrier s'assit sur un fauteuil au coin du feu, et commença à pincer le petit instrument à corde, légèrement, tout en attendant sa bière. Il devait offrir aux convives un curieux spectacle, que toutefois les habitués avaient eux l'occasion de voir en de rares occasions. Il fallait bien le concéder, observer une véritable montagne muscle jouer d'un petit instrument aussi délicat, devait sembler totalement singulier, voir même saugrenue.
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MessageSujet: Re: Premier emploi   Lun 5 Déc 2011 - 12:05

C'était le moment, le grand temps. L'une des autres serveuses en habit bleu lui ayant dictée rapidement quels seraient ses tâches en cette humble soirée. Le travail d'une serveuse n'avait rien de bien compliqué, mais possédait néanmoins certaines petites subtilités. Tel que l'art de donner envie au client que de réitérer ses visites à la taverne. Plus nombreux ils sont, plus les affaires marchent comme dirait le patron. Qu'il soit hideux, bossu, crasseux, puant, il était du devoir de chacune des femmes ici présentes que de donner goût à la clientèle que de leur rester fidèle. De son côté, Béatrice ignorait si cela était réellement nécessaire. À son rapide souvenir, il ne semblait pas avoir d'autres tavernes dans le coin, ce qui laissait déjà peu de choix aux saoulons du coin et, connaissant ce type d'homme de réputation, cela serait bien surprenant qu'ils ne décident de s'aventurer jusqu'à la prochaine bourgade pour prendre un verre et rentrer par la suite. Même si elle était désormais parée à effectuée sa tâche, la lady se demandait toujours un peu si elle avait fait le bon choix. Ce genre de lieu étant si peu recommandable pour une femme et encore moins pour une demoiselle de son rang! Ses parents l'auraient probablement reniés ou fait semblant de ne pas la reconnaitre s'ils avaient su où elle se trouvait en ce moment. Servir étant un travail pour les servants, non pas les nobles. Toutefois, sa situation actuel ne lui offrait pas beaucoup d'opportunités, elle avait besoin d'argent tout bonnement et après avoir parcourut un tel chemin, il serait bien bête que de ne pas faire au moins l'effort de rendre le voyage rentable. Désormais seule dans la pièce depuis au moins deux bonnes minutes, la jeune femme jeta une dernière fois un oeil dans la glace. Se voyant vêtue de cette tenue si peu élégante comparativement à toutes les robes séjournant dans sa valise dans ses petits appartements, elle ne put s'empêcher de laisser filtrer un soupir. Elle était descendue bien bas. Il ne lui restait plus qu'à espérer que son choix avait été le bon et qu'elle en tirerait un jour les bénéfices. De toute manière, il était trop tard pour faire machine arrière désormais. Délaissant son reflet au terme de cette courte rencontre, elle se dirigea vers la porte menant sur la pièce principale. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, elle avait franchit le dernier obstacle la séparant de sa nouvelle vie.

Depuis la dernière fois où elle y avait jetée un coup d'oeil dans la journée. La taverne semblait déjà bien remplit... bien que plus de la moitié des tables étaient encore inoccupées. Peut-être les gens du coins étaient-ils plus des oiseaux de nuit? De toute manière, la perspective de commencer plus doucement pour ses premiers temps ne la dérangeait pas le moins du monde. S'avançant timidement dans la salle, elle n'était réellement certaine de ce qu'elle craignait le plus. Ses hommes aux allures un peu sombre attablés à gauche et à droite ou plutôt l'impression qu'on se moquerait d'elle avec un costume d'aussi piètre qualité. D'un autre côté, personne ici ne semblait réellement être un critique de mode comme pouvait l'être les nobles au cours de leur petites fêtes. Serrant son plateau contre sa poitrine, lui donnant l'impression que son coeur frappait directement sur ce dernier, elle observa les gens. Il lui était impossible de dire qui avait vraiment besoin de son intervention dans le moment ou non. Elle ne savait point où donner de la tête pour se rendre utile. Dans un geste qui avait été si anodin lors de l'année précédente, elle se frotta le ventre du plat de la main, effectuant des mouvements circulaires, pour tenter de se calmer. Ce vide... pourquoi devait-il être aussi palpable? Avalant de travers, elle se reprit néanmoins en main en voyant deux personnes debout dans la pièce, ne semblant pas avoir encore prit place à aucune table. Prenant donc un dernier respire lent et profond, elle se lança. D'une démarche bien plus assurée qu'elle ne l'était réellement. La robe formant son uniforme retombant le long de ses jambes après chacune des ses enjambées. En très peu de temps, elle arriva à la hauteur des deux individus. Un homme et une femme se dévisageant... Mince, s'était bien sa veine. Néanmoins, désormais en poste à leur côté, il serait difficile de passer inaperçue de toute façon, si bien qu'elle s'annonça :


-Bien le bonjour chers clients, bienvenu dans notre humble taverne. Nous vous convions à prendre la table qui vous plaira. Madame et monsieur souhaiteraient-ils quelque chose à boire afin d'égayer leur fins palais?

Elle aurait pu sourire nerveusement, ou encore sourire tout bonnement, cependant, cela n'étant plus dans ses options depuis un petit moment, elle se contenta d'afficher un visage un tant soit peu invitant voir insistant pour ses premiers clients. Ce n'était pas non plus de la provocation ou du dédain, elle était tout bonnement dans le neutre. Quasi-inexpressive. Bien que son ton de voix fut un tant soi peu invitant et ô combien poli et doux. D'ailleurs, si elle n'avait pas été si étrangère à la vie du "petit peuple", elle se serait probablement vite rendue compte qu'elle utilisait des bien grands mots et faisait un usage de la langue au combien soigné. Chose quelque peu étonnante à constater chez une simple serveuse. Désagréable ou pas? Se serait aux clients d'en décider. Attendant la réponse de ses deux clients qui avaient semblé vouloir en venir au point, bien étonnant de la part d'une femme digne de ce nom d'ailleurs, aussi drôlement vêtue soit-elle, elle allait ajouter quelques mots lorsqu'on cria son nom suffisamment fort pour que toute la salle en soit témoin. Ne manquant pas de lui causer tout un émoi soit dit en passant. Un peu secouée de se faire appeler aussi grossièrement, elle répliqua néanmoins d'une voix infiniment moins puissante :

-Je suis là! Je suis à vous dans un instant patron!

Réprimant un regard noir dans la direction de cet individu qui venait de la mettre dans l'embarras pour une première fois en ce tout début de soirée. La serveuse adressa donc ses plus plates excuses aux deux clients à qui elle s'adressait peu de temps au par avant, les invitants de nouveau à prendre place et jurant que quelqu'un allait s'occuper d'eux dans les plus brefs délais si elle ne pouvait pas être à même de le faire avant de les délaisser.

Trottinant d'un pas rapide en direction de l'endroit depuis où le teneur de la taverne avait lancé son appel. Aussi bien dire que le tavernier est un homme à l'apparence plutôt bourru et pas forcément invitante à la rigolade... toutefois il n'était pas aussi antipathique qu'il n'y paraissait, le voyage en charrette ayant au moins apprit ça à la nouvelle serveuse dont la chevelure noire s'appliquait à couler avec une étonnante fluidité sur ses épaules, le long de son visage et entre ses omoplates. Le propriétaire lui expliqua donc la situation plus que sommaire. En clair "prend ça et amène le à lui!"... Ça était en fait une bonne grosse chopine de bière pleine à ras-bord. Tant qu'à LUI... c'était le client à qui revenait la boisson. Un homme impressionnant autant pour sa stature que pour sa masse musculaire. Si un étrange, voir même inquiétant, manteau de fourrure cachait une bonne partie de son corps, le peu qu'on pouvait en voir ne manquait pas de fortification. Tant qu'à sa tête, Béatrice n'était pas certaine si elle pouvait la dire comme étant de bonne ou de mauvaise augure. Le plus marquant, bien qu'elle ne l'entre-aperçu que de loin avec la distance, étant cette cicatrice... Devait-elle s'attendre à un goujat qui risquait de la casser en deux au moindre faux pas? Peu rassurée, elle prit néanmoins le cabaret pour transporté le précieux alcool et se mit donc en marche. Son pas était souple, léger et gracieux. Une démarche sortant d'un autre monde qui n'avait rien à envier à personne côté élégance. S'il y a bien une chose qu'on vous apprend à faire avec classe chez les nobles, c'est une démarche digne de votre rang! Un habile déplacement lui étant inné désormais. Regagnant un peu de confiance en voyant le drôle de spectacle qu'offrait ce colosse en pinçant son minuscule instrument, elle s'arrête à environ deux mètres de lui. Attendant qu'il lui fasse signe avant de s'approcher d'avantage. Ne voulant pas le perturber pour rien au monde. Lorsque ce fut chose faite, Béa fit disparaitre le peu de distance la séparant de cet homme titanesque et lui remit donc son "rafraichissement" tout en déclarant :


-Tenez monsieur. Cadeau de la maison. Puisse se breuvage sustenter votre soif.

Peut-être en faisait-elle trop?

HJ:[Voilà ma réponse! Denaro pense attendre encore un tour de table avant de rejoindre le topic. C'est donc à vous \O]
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MessageSujet: Re: Premier emploi   Dim 11 Déc 2011 - 9:55

Les effluves de la taverne, doucement commençaient à se faire sentir, au même titre que la mélodie, qui au creux des esgourdes commençait à retentir. Lorsque l'on tendait l'oreille, et que l'on prêtait attention à la rumeur, on pouvait entendre çà et là, quelques rires fuser, quelques gorges roter, un Lycanthrope jouer. Ses doigts, curieusement, s'aventuraient sur les cordes d'un petit instrument que l'on nommait luth, avec une délicatesse que l'on ne lui connaissait pas. En les pinçant, les grattant, les effleurant même, il concoctait un air entêtant, ponctué par moment, son pied battant à intervalles réguliers la mesure. Perdu dans les méandres de son esprit, dont la seule préoccupation en cet instant, était la mélodie, les notes, et le rythme ; il ne s'aperçut, pas tout de suite du moins, qu'une légère et gracieuse silhouette, un plateau à la main, esquivant habilement le mobilier, se dirigeait dans sa direction. Gracile apparition au milieu de cette salle, elle semblait attirer l’œil, comme une fleur attire autour d'elle bon nombre d'abeilles. Il fallait bien le concéder, les serveuses, officiant dans la plupart des tavernes ou autres lieux de beuveries, n'étaient pas uniquement, et dans la plupart des cas pas du tout, engagées pour leur don du service en salle, mais plutôt pour leurs atouts et leurs charmes, forçant ainsi le consommateur imbibé d'alcool à délier plus aimablement, et surtout plus gaiement, le cordon de sa bourse. L'obligeant ainsi par la même, de façon inconsciente, à réitérer ses visites dans ce lieu initiateur des plus profondes ivresses et des plus importants excès. C'est donc sur les courbes fines et plaisantes, moulées par une simple robe bleutée pourvue d'un tablier, de longues boucles ébène cascadant dans son dos, que se retournaient à présent quelques clients. La silhouette, ne semblant s'apercevoir qu'elle se trouvait être l'objet de quelques attentions, continuait son chemin d'un pas assuré vers la table du Lycanthrope, avant de se stopper net, à quelques mètres de lui, pendant un court instant. Frerenn, sentant une présence se situant non loin de lui, releva imperceptiblement la tête, tout en continuant de titiller le délicat instrument à corde. Son regard gris acier rencontra l'espace d'une seconde deux prunelles d'un bleu incomparable. Durant cette mince et unique seconde, qui sembla durer une existence entière, l'intégralité de son être sembla se noyer, inexorablement, dans ces deux puits couleurs azurs. Sans laisser paraître un instant le sérieux trouble qu'il venait d'essuyer, il fit signe à la serveuse de s'approcher. Il la regarda poser avec délicatesse la chopine qui lui était destiné, sur la table, avant de plonger de nouveau son regard gris acier, dans les deux yeux azurs, sans ajouter un mot. Puis elle prononça une phrase, qui fit hausser au Lycanthrope un sourcil, avant de lui arracher un léger sourire. Ce genre de propos, même des plus anodins, sonnaient curieusement dans ce genre d'endroits, aussi le lui fit-il remarquer, aimablement, interrompant un court instant la mélodie.

« La mansuétude dont vous faites preuve à l'égard de mon gosier est fort touchante, charmante demoiselle. Toutefois, si je puis me permettre un conseil, vous devriez familiariser votre idiome au type de clientèle auquel vous êtes manifestement confronté, en ce genre d'endroits - Frerenn désigna quelques personnages à l'allure et aux manières tantôt grossières, tantôt meurtrières, d'un geste du menton - Un ramassis de coupe-jarrets, de brigands, ou bien de simples et grossières canailles. Certains de ces consommateurs, sans nul doute, seraient prêt à vous trancher proprement la langue, dans l'ivresse, pour avoir proféré en leur présence des propos que leur entendement ne saurait distinguer - Plongeant de nouveau son regard acier dans celui de la jeune femme, il ajouta sur le ton d'un murmure - Veuillez excuser ce franc discours qui doit vous sembler, avec justesse, un brin choquant, mais vous semblez utiliser cet organe à merveille. Comprenez que je me serais reproché de ne vous avoir prodigué un tel conseil, aussi curieux semble-t-il, venant d'un personnage tel que moi - Arborant un sourire empreint d'une tristesse légère, le Lycanthrope poursuivit son babille, dans une tonalité sérieuse, désignant le tenancier d'un bref signe de la tête – Il semblerait qu'Ulrich me destine à taquiner le luth pour ses convives durant encore un long moment – Un sourire pourtant vint de nouveau s'ancrer sur son visage, révélant une dentition blanche et impeccable, suivit d'un rire léger, qu'il eut du mal à contenir, avant d'ajouter un clin d’œil aux quelques paroles qui suivirent – Si cela ne vous ennui pas, j'aimerais que vous soumettiez à ce bougre de tavernier l'idée qu'il me faudrait plus d'une bière pour sustenter ma soif, et que de ce fait, étant donné l'altruiste service que je lui rend en ce moment même, il me doit bien un tel service. Veuillez me pardonner, une nouvelle fois, d'avoir abusé de votre temps. Je pense qu'il serait temps pour vous et moi de retourner à nos occupations, sans quoi, ce fichu tavernier serait bien capable de voir rouge. Même étant un ami et client de longue date, il serait bien capable de me taper sur les doigts. »

Attrapant promptement la chopine que la serveuse lui avait gentiment amenée plus tôt, il la vida d'une traite, avant de la reposer sans brutalité sur la table. Affichant un dernier sourire, sans trace de mousse aucune, il inclina de nouveau la tête sur son outil de travail d'un soir, et se remit à jouer, prestement. La mélodie, tout d'abord un brin simpliste, bien qu'entraînante, se mua peu à peu en un air d'une apparente complexité. Frerenn pinçait, grattait, effleurait, frottait les quelques filins de l'instrument, à toute allure. Certains soûlards s'étaient levés, entraînant la plupart des femmes présentent dans la taverne, ainsi que quelques-unes des serveuses, dans une danse endiablée. Des rires fusèrent en différents endroits de l'auberge. La bière coulait à flot, et la gaieté du Lycanthrope semblait se propager, à travers son instrument, dans la salle commune telle une traînée de poudre. L'ambiance, à ce moment précis, semblait bonne enfant. Du coin de l’œil, il aperçut Ulrich tapant dans ses mains, un sourire légèrement édenté ancré sur le visage, le rouge lui montant aux joues. Se levant à son tour, il déambulait parmi les tables et les convives, luth dans les mains, ses doigts continuant de faire leur office. Il n'était pas ivre, loin de là, mais l'atmosphère de décontraction semblait le changer du tout au tout. Il n'était plus le morne personnage solitaire, ou le sanglant combattant de la bataille de Kazad Duraz. Ce soir, il était un autre homme. Mais comme le dit un certain adage, tout ceci n’était que le calme avant la tempête, et la tempête, en un instant, arriva. L’ouragan dont il était question, se matérialisa sous la forme d’une dizaine de personnages à l’allure de véritables canailles. C’est à cause de ce genre d’individus, que la plupart des tavernes ont des réputations de lieux dangereux et mal famés. A chacun de leurs pas, tintaient quelques bourses semblant bien remplies. Chacun de ces personnages, avait récemment côtoyé de très près la mort, et dégageait l’odeur immonde de la charogne, du sang, de la rouille, et surtout celle plus insistante de la grande faucheuse, que chaque Lycanthrope présent dans cette taverne, n’avait manqué d’humer. A leur arrivée, les rires avaient cessé, un pesant silence s’installant dans la totalité de la taverne. Ces brigands de grand chemin, dont le chef semblait un brin mieux fagoté que les autres, se posèrent bruyamment à une grande tablée, avant de commander le précieux liquide ambré pour l’intégralité de la bande. Frerenn observa un instant la scène, se demandant quelle pauvre âme devrait servir ces énergumènes. La réponse arriva sous peu, un frisson glacial parcourant son échine, l’espace d’une seconde. S’était la jeune serveuse qui l’avait apporté une chope plus tôt dans la soirée. Assurément, ces canailles allaient lui donner du fil à retordre. Frerenn, posa délicatement le luth, dont il avait arrêté de taquiner les cordes depuis un bon moment déjà, sortit sa brûle-gueule, et la bourra d’herbe à fumer naine.

Tirant quelques longues bouffées sur sa pipe ouvragée, le Lycanthrope finit par rejeter sa tête en arrière, et cracha un épais nuage de fumée aux senteurs âcres et boisée. Pourquoi cette jeune femme lui inspirait-elle un si grand intérêt, cela demeurait, même pour lui, un mystère. Toujours est-il, qu’il semblait tenir comme devoir de veiller sur elle. Les quelques sifflements grossiers qui marquèrent son retour vers le bar, le confortèrent d’ailleurs dans cette idée. Quelques souvenirs, amers et douloureux, remontèrent un instant à la surface, écartant le Lycanthrope du monde matériel, l’emportant un instant dans le domaine du rêve. Une femme, brune aux yeux verts, cheminant en toute hâte dans les étendues arides. A sa suite, des brigands, beaucoup de brigands. Enfoncé dans le sable, un homme traquait une proie, de nouvelles se présentant soudainement à lui. Du sang, immense tâche rougeâtre sur grain de poussière, par millions. Plus tard, longtemps plus tard. Des rires échangés au coin d’un feu. Moment inoubliables. Quelques mois plus tard. Sur le sol d’une cité humaine gisait un corps sans vie. Chevelure brune, regard émeraude. Dans les bras d’un homme en pleure, sa vie suintait de son corps agonisant. Un déchirement effroyable. La réalité, se rappela à lui, brutalement, un cri perçant déchirant le silence. Lentement, Frerenn se leva, déposant son manteau de fourrure sur sa chaise. La serveuse, se trouvait à ce moment précis dans une position inconfortable, sur les genoux du chef des écorcheurs, se débattant avec force, une main s’aventurant sur sa cuisse, l’autre au creux de ses reins. Le Lycanthrope se posta en face de ce spectacle, la colère menaçant de s’abattre, du fond de ses yeux gris-acier. Fixant le meneur des malandrins d’un œil mauvais, il se craqua bruyamment la nuque, à droite comme à gauche. Dominant la scène de toute sa hauteur, un rictus meurtrier sur le visage. Vu la tête qu’il tirait à ce moment précis, il était des plus curieux de ne voir ces brigands prendre leurs jambes à leurs cou. Quelques veines à présent, se gonflaient au niveau de quelques muscles, démontrant que sa colère, pouvait éclater à n’importe quel moment, pour le plus grand malheur de ces canailles.

« Lâches-la tout de suite, ou je jure devant Grinak le Sanguinaire que je t’arracherais ces doigts avec lesquels tu la touche, avec toute la délicatesse du monde, et te les ferais manger, un à un. »

« De quoi ?! »

Repoussant violement la jeune femme, qui tomba sur le sol, la crapule fit face au Lycanthrope, bien que celui-ci ne le dépasse d’une bonne tête. Dans son dos se fit entendre le bruit de dagues que l’on tire des fourreaux. Un rictus pervers s’étira sur les lèvres du malandrin, semblant signifier simplement : « Et maintenant bonhomme, tu vas faire quoi ? » Sans le quitter un instant des yeux, Frerenn releva la serveuse, avec toute la délicatesse dont il était capable, et tourna un instant le dos au groupe, afin de pouvoir murmurer à la jeune femme de se mettre à l’abri. Ces imbéciles semblaient vouloir faire couler le sang ce soir. Ce dont il ne se doutait pas, c’est que c’est le leur, qui risquait fortement de couler, et non celui de leur adversaire. Plongé de nouveau dans les deux yeux azurs, il entendit vaguement quelqu’un prononcer : « Derrières toi ». Repoussant doucement la demoiselle, il s’abaissa légèrement, avant de remonter promptement et d’abattre son poing dans les dents du premier bandit qu’il rencontra, lui faisant sauter au passage quelques dents. La rixe s’engagea donc sur ces entrefaites, quelques sifflets saluant au passage le bon crochet du combattant Lycan. Dans son dos, il entendit une voix familière beugler : « Sortez de ma taverne, bande de sales fils de putins, ou c’est moi qui vous ferez sortir à coup de pied au cul ! », suivit d’un retentissant, « dong » ! Frerenn se retourna un instant, et le spectacle qu’il entre-aperçu lui arracha un sourire. Un des brigands était étendu sur le sol, une bosse de la taille d’un œuf sur le front, Ulrich le dominant de toute sa taille, un grand sourire sur les lèvres, lorsque leurs regards se croisèrent. Certes, ils étaient à présent à deux contre huit, mais ils en avaient vu d’autres, ces deux gaillards. Ça n’allait pas être de vulgaires crapules qui allaient leur fiche la frousse tout de même !

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MessageSujet: Re: Premier emploi   Ven 16 Déc 2011 - 5:09



Un vent se leva et la feuille s'éleva dans le ciel nocturne de cette nuit sans étoiles. Ses veinures pleinement étalées semblaient se gorger des rayons lunaires comme s'il se serait agit du Soleil. Elle frissonna dans le violent mistral qui annonçait la saison morte et s'écrasa aussi soudainement qu'elle s'était envoée. Un froid pavé dégrossi l'acceuillit en profitant pour érafler sa surface rougeâtre. La feuille fut ballotée par les rémanents de la rafale jusqu'à ce qu'une grande botte noire s'abatte sur elle. Elle crisa. Denaro baissa les yeux sur les pavés tout frais de leur nettoyage récent pour observer l'épave du navire étoilé. Ne s'arrêtant pas pour si peux, il continua sa marche dans les rues du bourg de Sang-Chaud. Son corps droit et sa prestance suffisait à écarter les lycans des castes inférieures de sur sa route. À ses côtés marchait aussi deux membres de sa garde préthorienne. Ces lycans, choisi parmis les meilleurs combattant ne souriaient jamais. Il s'agissait d'hommes forts et loyaux. Denaro pouvait avoir confiance en eux. N'étant chef de meute que depuis quelques mois, le lycan n'avait encor jamais vécu la longue période de la saison morte avec sa meute et cela l'inquiétait. Les loups étaient des bêtes actives, mais lorsque les neiges tomberaient pour de bon, plusieurs lieux de chasse deviendraient impraticables et la seule pensée de ne pas déclarer dechasse pendant la saison morte suffisait à lui glacer les sangs. Préférant ne pas y penser, il s'interrogeait sur l'humeur de la population. Selon son expérience, il n'y avait qu'un endroit où un chef pouvait entendre tout ce qu'il était nécessaire d'entendre; une taverne, ou encore, une maison close. Il se tourna vers Merkon.

"Merkon, dîtes-moi. Lorsque vos quarts sont terminés, où allez-vous?"

Le lycan à l'allure apathique sembla surpris de la question, mais pris le soin d'y répondre.

"Mon seigneur, c'est-à-dire que... Hé bien vous savez, peu de loup ont autant de chance que vous en matière de femmes. Non pas que..."

Son visage s'empourpa légèrement lorsque le deuxième garde rit sous cape.

"Seigneur O'lray, ce que Merkon cherche à dire c'est qu'il fréquente À la jambe légèrete un établissement peu recommendable pour un homme de votre rang."

Le visage empourpé, Merkon dégaina à demi la lame de son falchion.

"Tais-toi Joranne sinon tes tripes se répandront dans l'arène de Kishak!"

"Du calme messieurs. Merkon, montrer moi le chemin. Joranne si je vous entends dire le moindre mot à ma femme, je laisserai Merkom étendre vos tripes dans la grande cours du palais."

Le garde déglutit péniblement sachant très bien que la menace qui pesait sur lui était bien réelle. Un temps passa et rapidement les deux garde reprirent toute la contenance liée à leur rang. C'est à la demande de Denaro que Merkon ouvrit la marche, montrant le chemin de la meilleure maison close du bourg. En ayant déjà entendu parler, mais ne l'ayant jamais visité, Denaro se tardait de savoir quel genre d'informations il pourrait glâner. Ils marchèrent encore un temps puis le vent s'éleva de nouveau, se prennant dnas leurs capes. À ce moment, Denaro se sentit heureux de porter l'épaisse fourrure d'hermine qui couvrait son col. Soudain, un vacarme éclata dans une batisse non loin d'eux. Au bout du pignon se balançait une enseigne peinte d'un blanc criard légèrement émaillé où s'épanouissait un gigantesque tonneau. Le volume sonore augmenta dans le batiment et Denaro observa Merkon et Joranne en relevant un sourcil. Haussant les épaules, les deux gardes suivirent leur chefs lorsque celui-ci ouvrit les batants de la porte principale. un étrange spectacle se présenta à eux. Deux lycans se tenaient bravement devant une dizaine de bandits, l'arme au poing. L'un deux, celui armé d'une poêle, se fit interpeler par Joranne.

"Maître Ulrich! Mais que se passe-t..."

Avant qu'il n'eût terminé sa phrase, l'un des bandits attaqua directement Denaro. Aussi rapidement que le lui permettait le maniement de sa zweihander, Denaro l'abattit sur la mince lame du bandit qui fendit en deux. Un fois lancé, les mouvements de taille du chef ne pouvaient être parré que par un mouvement similaire et l'immobilité du bandit lui avait coûté la vie. La lame poursuivis sa course, fendant le crâne de la victime pour terminer son mouvement en pénétrant le sol lambrissé poli mainte fois à la cire d'abeille pour le maintenir dans le meilleur des états. Dans un gargouillis horrible, le corps du bandit se sépara et se vida sur le sol de la taverne. Un silence macabre tomba dans la salle, seulement troublé par le bruit d'un homme qui vomissait à la vue des tripes s'épandants sur le sol. Un sourire carnassier s'étira sur la face du lycan.

"Qui est le prochain?"

"Mon parquet! Mon magnifique parquet! Vous allez me le payer bandit!"

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MessageSujet: Re: Premier emploi   Sam 17 Déc 2011 - 12:56

Des yeux attirés par la nouvelle serveuse? Évidemment qu'il y en avait, Béatrice ne les avaient simplement par remarqués. Tout du moins, pas de la manière dont ils auraient du être interprétés. Chez les nobles, être observés par ses hôtes était une marque d'intérêt que tous souhaitaient obtenir. Être admirée, observée, jalousée étant chose que la noblesse recherchait avant tout autres choses. Les apparences étant de toute première importance! Ici, elles avaient une toute autre fonction, une utilité à laquelle, la jeune femme ne comprenait que bien peu de choses. De toute manière, même un peu plus lucide tant qu'à situation, qu'aurait-elle pu y faire? Absolument rien. Aussi bien se concentrer sur quelque chose de concret donc et le seul acte répondant à cet philosophie était d'amener son breuvage à cet homme. Elle allait faire lui tout en restant droite, pas de quoi en faire toute une histoire!

Plantée, là, à côté de ce musicien improvisé, elle pouvait au moins se permettre un court répit. Étant à peu près certaine que le patron considérait le service de cet homme comme étant prioritaire. Contrairement aux autres clients qu'il lui avait été donnée de servir dans ce début de soirée, très peu donc, la jeune femme pu donc se permettre de le détailler d'avantage. Celui lui faisant face se distinguait en tout point des hommes qu'elle avait connue... Là où les élégants habits avaient été le premier soucis, trônait une simple cape de fourrure. Où auraient du se trouver les manches recouvrant un bras à la musculature finement taillée s'élevait des véritables montagnes des muscles tatouées de symboles étranges. Voir de tels masses gratter la corde d'un instrument aussi fin que le luth avait véritablement un petit quelque chose d'irréaliste. Irréel mais intriguant tout à la fois. L'attrait des grands mystères. Puis, au beau milieu de tout ça, ils se croisèrent une première fois... leurs regards. Si on avait souvent comparé la profondeur des yeux de la jeune fille à ceux de l'autorité maternelle, jamais elle n'avait pu observée une telle teinte dans un globe oculaire. Jamais Béatrice ne s'était imaginée qu'il puisse exister des hommes dans ce monde dont les yeux étaient de cette couleur. Gris... comme le précieux métaux servant à forger les armes utilisées au combat. Mais ce qui retint réellement son regard ne fut pas leur teinte, mais plutôt cette sensation qu'ils possédaient la force de pénétrer son âme. Déchiffrer ses plus grands secrets ou découvrir ses états d'âmes. Mais en fin de compte, n'était-ce pas que des yeux? Un frisson dissimulé lui passant le long de l'échine, leur contact visuel prit fin. Quel étrange sensation... Imperturbable de l'extérieur, la demoiselle avait bien été touchée par l'intensité que cet individu lui avait fait parvenir. Était-ce ses impressions à lui que ce regard lui avait transmit ou étaient-elles déjà sienne? Aller savoir, sa tâche se résumait à servir une bière.

À leur second croisement, la dame se fit bien plus distante. Il n'y avait pas affaire à se troublée pour un simple contact visuel. Pourtant, le simple fait que l'attention de monsieur soit placardée sur ce point fixe qu'était l'océan de ses iris, combiné à se silence de mort régnant uniquement entre eux deux... Car oui, ce n'était pas parce qu'elle venait de servir la boisson que sa vision se fermait à ce genre de détails. Ce fut lorsqu'elle sentait que son masque d'indifférence allait craqué qu'elle lui avait balancée sa réplique ô combien polie, au sujet de ses papilles gustatives, pour briser la glace. Une tactique qui marcha, somme toute plutôt bien puisqu'elle parvint à délier la langue de son vis-à-vis, rompant le silence épais qui avait précédé du même coup. Contrairement à ce qu'elle aurait pu se figurée à partir de l'image extérieur de cet homme, ce fut un sourire fin et des mots d'un vocabulaire des plus impressionnants qui s'en échappèrent. Une fois de plus, la réalité dépassait toute attente. Mais d'où un tel homme pouvait-il bien provenir? Si ça n'avait été que des mots, il aurait pu lui être donnée de croire que ce n'était rien de moins qu'un noble de famille renommée. Pourtant, son apparence avait été trompeuse à deux reprises déjà... pouvait-elle se fier aux simples mots? Dans le doute, le plus facile était simple de le prendre comme une personne, unique et fidèle à lui-même. Cela dépassant un peu les notions de préjugés qui avaient été inculqués à son enfance. Mais cette partie du monde en elle-même la dépassait, se n'était donc qu'une petite barrière de plus. Les propos tenus durant ce laps de temps furent des plus riches en émotions. Les premières faisant prendre en compte à la serveuse que bien des choses la distançait encore de cet univers... d'autres la faisant faiblement blêmir... parfois frémir... pour que les prochaines puisse mieux l'amener à sourire. Ahhh. Sourire... depuis combien de temps ne lui était-ce pas arriver sans que se soit forcé? Bien trop longtemps pour que cela se rapproche d'un véritable sourire d'antan. Ce qui apparaissait sur la toile de son visage n'étant que l'esquisse de l'ombrage du sourire d'autre fois. Un léger rehaussement des lèvres ne dévoilant même pas les dents. Le mieux, en tant que simple serveuse, aurait été de sourire bêtement et partir sans un mot, mais cela n'était pas Béa. Des mots lui avaient été offerts, des mots elle rendrait: De sa voix, bien plus douce et fragile que celle de ce gaillard, elle prit donc la parole.


-Hé bien, c'est un plaisir qu'une personne dotés d'un dialecte aussi riche en vocabulaire m'apporte ses précieux conseils. Croyez-le ou non, j'en prendrai bonne note. Je sais reconnaître l'expérience et vous en possédez manifestement d'avantage que moi dans ce qui attrait aux tavernes. Je suppose que je n'ai point besoin de vous mentionner mon arrivée plus que récente au niveau de mon entrée en fonction? Et ne vous inquiétez pas pour le teneur, j’amenderai en votre faveur pour que vous obteniez un peu plus que cette simple chopine. Je le vous doit bien sir. Sur ce, veuillez m'excuser. Passez une excellente soirée, Mr luthier.

Sur ses dernières paroles, ils s'étaient délaissés. Durant le trajet pour retourner au comptoir où elle intercèderait en faveur du musicien, la jeune femme ne put s'empêcher de repenser à la troisième fois où ils s'étaient regardés. S'en était presque gênant. Il semblait pratiquement chercher les occasions de telles plongées. Ses connexions de rétines à rétines entre eux deux étant pratiquement étranges de par leur fréquences. Serrant son plateau contre son corps, elle secoua simplement la tête, faisant virevolter, avec légèreté, sa tignasse d'ébène autour d'elle pour chasser toutes choses lui entravant l'esprit. C'était son premier soir, elle avait intérêt à assurer. Son seul emploi trouvé, en plus d'avoir du parcourir une sacrée distance pour y travailler, pas question de morfler! Rendue au comptoir en à peine quelques enjambées supplémentaires, elle ne tarda pas, avec un tact inexistant, à faire part de la réclamation au tavernier. Ulrich était un homme entêté, pour ne pas dire borné, toutefois, la musique semblant avoir raison de ses habituels ronchonnements, il fut plus aisé pour la jeune fille des Domnall de placer quelques mots. Trois chopines, mais pas une de plus. Voilà où s'arrêtait ses talents de négociatrice face à cette canaille. Un marché qui tomba assez rapidement, le propriétaire ne semblant pas vouloir passer le temps de la mélodie à se prendre la tête, bien au contraire. D'ailleurs, lorsque Béatrice voulut se remettre à la tâche, force fut de constater que plus de la moitié des clients n'étaient plus à leurs tables et laissaient aller leur fou au beau milieu de la salle. Les plus ivres dansant avec une partenaire tandis que les autres tapaient joyeusement des mains. Au milieu de tout cet engouement pour une trame sonore le méritant bien, la lady n'eut que très peu de clients à servir. Ce faible achalandage de ses services lui offrant tout au moins le temps de s'enivrer de la musique. Cette suite de notes enjouées semblait avoir saisit tout le monde à l'intérieur de ses crochets... Si elle ne se laissa pas tenter à entrer dans la danse, la nouvelle venue de la taverne n'en était pas pour autant épargnée. L'un de ses pieds tapant en suivant le rythme tandis qu'un faible sourire, dévoilant un peu plus la blancheur de ses dents, s'étirait sur la porcelaine de sa figure. Bien plus passive que tous les gens de la salle, dame Domnall ne put toutefois s'empêcher un léger balancement de gauche à droite alors que le musicien y allait de ses plus beaux accords en défilant entre les tables. Mais soudain, l'atmosphère changea.

Une silence de mort s'insinua dans la pièce, accompagné par un vent glacé du nom d'appréhension. Sa manifestation? Des hommes aux allures sombres portant des messages lourds en horreurs et en mauvais présages. Même une femme pleine d'ignorance, derrière ses connaissances, comme Béatrice pouvait sentir l'aura sombre entourant ce groupe de voyageurs. Pas nécessaire d'avoir l'oeil d'un expert pour voir la vermine. Une profonde aversion envahissait la jeune recrue, ses hommes ne lui inspirait pas la moindre confiance. Cependant, aucunes serveuses ne semblait disposées à se rendre à cette table non plus... Et si ses hommes s'impatientaient? Au delà de cela, comme elle était la plus récente, la demoiselle craignait que les représailles du teneur ne lui tombe dessus en cas de pépins... D'une seule inspiration, elle se gonfla de courage et sauta dans la mer des dangers. Ses pas, menant sa droite et fière personne devant ses brigands sans foi ni lois. Leurs visages... si elle avait pu ne jamais les apercevoir. Ils la regardaient, tous, sans exception, avec cet air moqueur voir même mesquin à son égard. Leur imagination étant une limite qu'il lui était impossible de se figurer. Les quitter après avoir prit en note leur commande étant le plus beau moment de cette soirée, se savoir forcée de revenir étant son stricte opposé. Ce fut d'ailleurs au retour que les choses s'envenimèrent.


-Hé bien ma p'tite dame, vous avez les bras bien chargés. Peut-être devrait-on vous filer un coup de main?

-C'est très aimable de votre part, mais ce ne sera pas nécessaire.

-Oh vraiment? Pourtant, les femmes n'aiment-elles pas les hommes forts leur portant une main secourable?

-Je ne suis pas toutes les femmes.

-Mais je vous crois sur paroles mam'zelle. Vous êtes une femme intéressante, je vous aime bien vous savez?


Un rire répéter par les nombreux sbires. Elle n'y porta pas attention, se déchargeant simplement de son cabaret emplit de boissons à l'endroit prévu dans l'idée de dégager le plus rapidement possible. Évidemment, les événements ne se déroulèrent pas exactement aussi bien. À la première seconde où elle fut libérée de toutes charges, et faisait dos aux individus, elle sentit une main se saisir d'elle au bas-ventre. Avec une brusquerie exemplaire, le chef de la racaille l'avait ramené à lui. La seule chose qu'eut le temps de faire la demoiselle avant de se retrouvée assise sur son agresseur fut de pousser un cri, clair et strident, pour exprimer sa détresse. Passant de noble assurée à simple femme paniquée, de ses petits poings, elle parsema le détestable personnage d'une série de coups, mais ce dernier lui fit rapidement comprendre sa supériorité physique en lui attrapant et serrant fortement les poignants. Lui arrachant une faible plainte, il attendit que la pauvre prisonnière ne se calme avant de la ramener encore plus durement sur lui. Une main sur sa cuisse, l'autre la tenaillant aux reins... Ses quelques défenses brusques étaient encaissées sans aucuns problèmes par cette brute souriant à pleine dent à la vue de son butin. Sentir ses mains sales se promener sur son corps lui donnait déjà l'impression d'être souillée. Presque autant que la honte la tortura à la simple pensée de la vue qu'elle donnait à l'ensemble. Humiliée, elle était en voix de devenir un être brisé. Pourquoi les gens restaient-ils là sans rien faire! Est-ce qu'ils allaient la laisser se faire... NON. Ça n'arriverait pas car, la situation allait changer. Quelqu'un s'était finalement opposé. Avant qu'elle ne puisse retournée la tête pour reconnaitre son sauveur, ses oreilles l'avaient déjà identifier. Cette voix, bien que déformée par la colère, ça ne pouvait être que lui... Sans crier gare, le scélérat se leva à lors, balançant Béatrice aussi facilement que si elle n'avait été faite que de chiffons. Dans un geste purement instinctif, la victime se protégea la tête de ses deux bras, s'évitant ainsi un bon coup à la tête bien qu'elle fut néanmoins sonnée par la force de l'impacte. Désorientée, elle aurait pu passée encore quelques instants au sol si ça n'avait pas été d'une offre secourable. Sans aucuns chichi, elle offrit sa main à celle venant lui offrir l'aide nécessaire à la remettre sur pieds. Debout, face à lui, il n'y avait plus de doutes possibles... le luthier... Quelques peu tremblante, la larme à l'oeil, toujours un peu sous le choc, elle s'apprêtait à lui baragouiner ses remerciements mais, il la devança d'un "Mettez-vous à l'abri...". La laissant sans voix tandis que la mer heurtait de nouveau l'acier d'un seul regard. Par la suite repoussée, elle n'avait plus sa place là. Reculant de quelques pas, il n'en fallut pas plus pour que commencent les escarmouches.

Deux autres serveuses de la taverne avait fait reculée la jeune femme d'une distance supplémentaire à la vue du début de cette confrontation à laquelle, Ulrich ne tarda pas à se mêler. Celle dont la chevelure noire était en pagaille ne pouvait que regarder la scène des violences qui se produisait sous ses yeux. Elle se serait bien évitée les effusions de sang, mais se détourner de l'action lui semblait impossible. En partie, elle était responsable de ce qui se produisait, une serveuse plus expérimentée, ou plus forte qu'elle, s'en serait probablement mieux tirée. Ne pouvant se détacher du fruit de sa faiblesse, elle ne s'attendait toutefois pas à une quelconque cavalerie. D'autres hommes, se présentant dans le hall de la place de combat. Difficile de dire s'ils prendraient ou non parti à ce conflit, qui ne les concernaient pas au final, et pourtant, la réponse vient assez vite. D'un geste plutôt décisif, l'un des hargneux personnages de la troupe de fauteurs de trouble se retrouva tranchez... Oui, tranchez littéralement. Les part de l'homme se divisant après coup pour s'écouler mollement de chaque côtés alors qu'un liquide cramoisie se répandit en masse sur le sol. Les mains refermée sur sa bouche, les yeux gros comme des balles, les pupilles dilatées, l'héritière des Domnall observait la scène. Réussissant de justesse à contenir un puissant haut-le-coeur, elle dévisagea les nouveaux arrivants d'un air aussi bien outré, torturé, qu'effrayé. Difficilement, elle articula à l'égard de quelconque personne à proximité d'elle, rompant le silence qui s'était installé :


-Qu... qu... q... Qui... so... sont-ils...?

La première soirée de travail allait-elle devenir un immonde bain de sang?
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