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 Sur un air de violon...[Abandonné]

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MessageSujet: Sur un air de violon...[Abandonné]   Mer 25 Jan 2012 - 0:34

Ruby ouvrit soudainement les yeux dans l'obscurité de sa chambre. Elle se redressa brutalement, le cœur battant, le souffle court. Elle parcourut un instant la pièce des yeux, cherchant ses repères, agacée par sa propre peur. Encore ce cauchemar dérangeant... Car oui, pour elle, il n'était que "dérangeant", et ne méritait pas de troubler son sommeil. Posant délicatement ses pieds sur le sol froid, elle entrouvrit doucement les lourds rideaux, prudemment, au cas où le soleil ne serait pas encore couché. Heureusement pour elle, il avait bel et bien disparu, laissant place à sa rivale céleste, la Lune. La vampire attrapa ses vêtements habituels. Une chemise à jabot légère, ainsi qu'un simple pantalon de toile noire. Au moment où elle s'apprêtait à sortir, une forme sombre dans un coin de la vétuste chambre - qu'elle avait patiemment demandée à l'aubergiste, avant de passer à la méthode... vampirique - attira son attention. Elle jeta un regard suspicieux à son violon... Avant de l'empoigner, et de sortir, claquant fortement la porte derrière elle.

Une fois à l'extérieur, elle se marcha au hasard des rues sombres et remplies d'une foule de vampires, ou d'humains en quête de frissons. Elle eût un sourire méprisant pour ces êtres qui tentaient tant bien que mal de trouver un but avant la fin de leur courte vie, cherchant à accomplir des exploits, afin que leur nom demeure dans ce monde... Toujours plongée dans ses pensées, elle se dirigea doucement vers le Parc Régional de Mavréah, lieu qu'elle ne craignait pas particulièrement, au contraire, elle l'appréciait presque, tant son ambiance feutrée et silencieuse la reposait du bruit ambiant. Cet endroit lui permettait de reposer son esprit et de jouer au calme, car peu de visiteurs s'aventuraient là-bas. Elle entra lentement, sans vraiment se presser, et une fois arrivée à un endroit où les arbres touffus et les buissons fournis la dissimulait, elle ferma les yeux et écouta les bruits tout autour d'elle. Pendant de longs instants, elle resta ainsi, debout, aussi immobile qu'une statue de marbre, avant de caler, délicatement, son instrument sous son menton, et posa doucement l'archer sur les cordes, tandis qu'un enchaînement de notes apparaissait dans son esprit, la vampire jouait, froidement et avec une concentration sans faille, une mélodie harmonieuse résonnait dans l'air de la nuit. Absorbée par son travail, elle oublia presque le monde dans lequel elle se trouvait, son esprit voguant vers d'autres rivages... Elle avait l'étrange sentiment de retrouver quelque chose de connu, après des avoir passé des mois à contempler une inconnue à l'air familier, dans son miroir...
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MessageSujet: Re: Sur un air de violon...[Abandonné]   Lun 30 Jan 2012 - 1:16

Lorsque la lune engloutit le soleil, il ne reste plus que des cendres. Des cendres de vie, d'étincelles, des lueurs chimériques brisant les émois d'un astre radieux. Cet astre, Sophie-Anne ne l'avait vu qu'une fois. Son coeur l'avait réclamé, son corps quant à lui avait brûlé au contact de ses caresses. Ce jour-là, son émotion était palpable. Un désir brûlant et inconnu l'avait transcendée, de la tête aux pieds. Un plaisir simple qui pour les vampires représentait le nirvana. L'abolition des codes, des contraintes, la libération des tourments.

Sophia sortait la nuit, comme tous ses autres congénères. Braver la quiétude humaine, la bestialité des lycans, la tolérance des elfes, elle adorait cela. Au fond, elle était restée une petite fille, marmonnant pour elle des jeux d'adultes. Ce soir-là, l'Impératrice était munie d'une robe rouge très serrée qui lui arrivait à mi-cuisses. En plusieurs siècles, elle avait aisément essayé tous les styles, et c'était dans les robes qu'elle trouvait son bonheur. Confortable, sensuelle, provocante, celle-ci était particulièrement appréciée par la belle. Sa chevelure de miel plongeait sur ses épaules, digne symbole d'une femme très arrangée. Ses souliers blancs s’enfonçaient dans l'herbe du parc au fur et à mesure qu'elle flânait dans les allées.

Une humaine d'une vingtaine d'années à peine retint son attention. Elle était rousse, plutôt petite, et semblait se demander quelle était la nature de sa visite en ce lieu incongru pour elle. Elle hésitait, tâtonnait, comme perdue dans un gigantesque labyrinthe. Sophia aguicha la femme avait beaucoup d'aplomb et de sympathie. Evidemment, le ton qu'elle employait frôlait l'arrogance, mais elle se plaisait à remplacer ce terme par de l'assurance. Un échange de regards, un visage déjà mort, et c'est rapidement que l'Impératrice trouva un accord avec elle. Il n'y avait nul besoin de charmer des âmes qui venaient ici pour se faire croquer. Peut-être cherchait-elle un sens à sa vie, mais c'est indéniablement un sens à sa mort qu'elle venait de trouver. Du bout de sa langue, Sophie-Anne caressa la nuque de la jeune femme qui surélevait son chignon, dépendante. Les crocs de la vampires vinrent s'écraser contre sa peau fraîche et c'est ainsi qu'elle fut vidée de son sang, à la lueur d'une lune voyeuriste et coupable.

La belle s'essuya rapidement la bouche et laissa le cadavre de la femme inerte, morte pour une cause qui la dépassait sûrement. Il arrivait que des humains - souvent sous l'emprise de charmes, se laisse convaincre de se faire mordre. Des humains ayant totalement choisi cette option, il en existait très peu.

Sophie-Anne sentait l'appel d'une mélodie tout près de là. Elle se faufila entre les arbres, toujours calmement. La musique réveillait en douceur le silence monotone de son intérieur. Elle retira ses souliers, ne voulant les salir, puis continua pieds nus. Près d'elle était en train de jouer une jeune femme qui, à la blancheur de sa peau, avait tout d'une vampire.

« Cette mélodie doit raisonner dans ton… cœur, vampire. »

Le coeur, ou les ruines quasi-immaculées de l'Impératrice. Une ironie.
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