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 Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue

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MessageSujet: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Dim 29 Jan 2012 - 19:30


(villa des Dîn-Lothlossë)


"L'humanité est fondamentalement faite de rencontres."
Abderrahmane Sissako



Sûna avait eu envie de venir se recueillir sur la tombe de ses parents. Il voulait leur montrer ce qu'il était devenu afin qu'ils soient fiers de lui, mais aussi retrouver son ami Anarthalion, le Pourfendeur des Dieux qu'il avait rencontré quelques temps plus tôt. Ce dragon était blessé et il l'avait soigné. Ils étaient devenus amis et servait de monture occasionnellement à Sûna. Le gigantesque Dragon avait élu domicile dans une grotte proche des terres des Dîn-Lothlossë. A chaque fois qu’il avait besoin de son aide, l'elfe utilisait un sifflet qui ne produisait apparemment aucun son, mais le dragon l'entendait et arrivait toujours à tire-d'ailes.

Juché sur sa licorne de glace femelle, Luinil, à la robe d'un bleu givré, il cavalait à vive allure afin d'en finir avec la courte distance qui le séparait encore de sa destination. Sa licorne de glace était une autre de ses amies, fidèle et valeureuse avec un caractère qui lui était propre et vivait à la caserne avec lui. Il ne voulait pas en faire un destrier, mais elle ne supportait pas qu'il monte d'autres montures qu'elle, à l'exception d'Anarthalion. Aussi, n'eût-il d'autre choix que de la choisir comme destrier en dépit du fait qu'il ne voulait pas mêler une licorne à un art guerrier. Pour lui, ces êtres purs se devaient d'être préservés de toute violence quelle qu'elle soit, mais il respectait les désirs de sa belle amie à corne. Melwylia, sa fée, était aussi de la partie, assise sur la tête de la licorne, fermement cramponnée à sa crinière. L'elfe se retourna afin d'admirer une fois de plus la petite trainée blanche que laissait l'aura blanche de Luinil. Il ne se lassait jamais de ce spectacle, encore moins lorsqu'il n'était pas sur son dos et qu'il la regardait gambader au loin.

Le soleil était à son Zénith et ils étaient enfin arrivés. Sûna sauta au sol et caressa le front de sa licorne juste en dessous de sa corne, la gratifiant d'un grand sourire. Elle hennit et alla paisiblement brouter à quelques mètre de lui, s'allongeant sous un arbre. Il était à présent chez lui, sur ses terres, là où il avait grandi. Il était dans la petite clairière près de sa demeure, là où se reposaient ses parents pour l'éternité. Il s'approcha des tombes et les salua cérémonieusement. La nature avait reprit ses droits et il entreprit de déblayer un peu la zone afin de rendre aux sépultures leur beauté originelle. Ce faisant, il se mit à raconter ses aventures à ses parents. Melwy l'aidait de ses petites mains, du mieux qu'elle le pouvait. Ils mirent un certain temps à finir leur tâche mais en furent satisfaits. Sûna remercia son amie et la présenta à ses parents, ainsi que la licorne qui s'était approchée. Il sortit le sifflet qu'il portait à son cou, sous son armure et il souffla dedans. Comme d'habitude, rien n'en sorti mais quelques secondes après, on entendit un hurlement déchirer le ciel et une masse gigantesque vint se poser non loin de lui. Un énorme dragon. Anathalion avait répondu à son appel et vint le saluer. Après l'avoir présenté à la sépulture de ses défunts parents, il s'approcha de son ami et le salua à son tour. Cela faisait un bon bout de temps qu'ils ne s'étaient pas vus. Il était parfaitement remis de ses blessures et semblait en pleine forme. Le dragon lui fit signe de la tête de monter sur son dos et Sûna ne se fit pas prier.

Dans un élan magistral, le Pourfendeur des Dieux prit son envol et porta le Chef de Cavalerie des Faucons d'Evanya qu'était Sûnaiwë vers des hauteurs prodigieuses. Dans sa belle armure militaire, il jubilait. Le paysage était tout bonnement magnifique. Le dragon survola ses terres et l'elfe eut le plaisir de les contempler, pour la première fois, depuis les airs. Il les trouvait belles à l'usuel, mais bien plus encore vu de là-haut. Après un temps qu'il trouva trop court, le dragon vint se reposer sur le sol. Il faisait chaud et Sûna ôta son armure qu'il plia et alla la mettre dans sa sacoche qui était accrochée à la selle de Luinil. Il y prit le bas de ses vêtements habituels et les pièces de son armure d'argent. Il était à présent torse nu, ses cheveux blonds flottant au gré du vent. Se dirigeant vers sa demeure, il fit signe à ses amis de le suivre.

"Vous devez certainement avoir envie de manger ou de vous désaltérer... Il y a une rivière juste à côté de la maison et je dois avoir quelques choses qui pourraient vous ravir... Qui plus est Luinil, je pourrai te débarrasser de tout cet attirail, tu dois être fatiguée, la route depuis Ardamirë a été longue."

Entouré de Luinil, Melwylia et Anarthalion qui s'était élevé au dessus d'eux il se dirigeait vers la villa qu'avait fait bâtir son père en l'honneur de sa mère et de la naissance prochaine de son fils Sûnaiwë Dîn-Lothlossë.

"Quelle quiétude ! Ça change de la cité et cette atmosphère m'avait grandement manqué."


Dernière édition par Sûnaiwë Dîn-Lothlossë le Ven 10 Fév 2012 - 7:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Dim 5 Fév 2012 - 11:34

La mort. Cette journée sous le signe de la joie et de la paix était placée sous la couleur de la mort pour moi. Mon cœur était glacé, ma joie légèrement retrouvée s’était à nouveau envolée. Je n’avais plus envie d rien. Et pourtant mon travail m’obligeait à sortir de ma léthargie. Narya était morte. Tué par les crocs de celui prétendant être mon ami. Tué par indifférence et par plaisir d’un être ne voulant que semer destruction sur son passage pour son plus grand plaisir. Mon peuple était en deuil mais pour ma part je ne parvenais pas à accepter cette trahison, tout ceci était trop dur pour moi. J’avais fait l’erreur d’ouvrir à nouveau mon cœur et à présent tout était terminé. Je ne referais plus jamais une telle erreur. Dire jamais était bien ambitieux ceci dit. Il me faudrait donc du temps avant d povouri avancer à nouveau aux côtés d’elfes de manière plus intimes.

Je marchais dans mes appartements, fin prête pour partir en mission. L’armée aurait pu s’en charger mais j’avais insisté pour que ce soit moi qui y aille, sans escorte malgré cette menace toujours grandissante d’une attaque des loups de Croc-Noir. Nous ne savions pas ce qui se préparait, nous ne savions rien de tout ce qui était manigancé ni même si ce quintuple meurtre n’était pas une déclaration de guerre masquée. J’ai soupiré, regardant par la fenêtre, le ciel était magnifique mais ma joie n’était pas au rendez-vous. L’air s’engouffra dans ma fenêtre grande ouverte suivit d’un battement d’ailes et d’un petit cri. Elendil venait de rentrer de sa chasse matinale, nous pouvions à présent partir pour le labyrinth d’Amarth.

Mes bottes claquaient sur le sol, les pans de ma cape couleur noire aux reflets nuit volaient sur les côtés, tombant sur mon pantalon crème surmonté d’un simple corset. Me dirigeant vers les écuries, mon faucon était sagement posé sur mon épaule. Je saluais les personnes que je rencontrais d’un simple signe de tête devant leur révérence respectueuses. Entrant, j’ai juste pris comme à mon habitude un fin filet que j’ai enfilé à Aeglos. Déposant un baiser sur son chanfrein pour le saluer, je n’ai pu m’empêcher de passer mes bras autour de son cou

« Mon beau, tu sais que je t’aime plus que tout au monde ? Tout comme toi Elendil, ne m’abandonnez pas de grâce… Ne me tournez pas le dos… »

Un léger coup de tête d’encouragement avant que je ne puisse monter sur son dos en un bond, sortant des écuries au grand galop. La fauconnière pourpre était de sortie ce matin.

Nous galopions à travers les paysages tout simplement magnifiques, après avoir quitté les murs de la cité d’Ardamir. Nous étions bien loin de la frontière avec Thaodia et je navais absolument rien à craindre. Je ne savais pas s’il faisait froid aujourd’hui mais le fait est que grâce à mon étalon, je ne sentais que le vent sur ma peau, je ne sentais que la joie de cette chevauché tout comme mes deux compagnons.

Après plusieurs heures intenses, nous sommes arrivés au lieu où l’on m’avait envoyé pour un état des lieux. Je ne savais pas vraiment ce qui se passait mais des rumeurs courraient comme quoi une horde de farfadet causaient du grabuge dans les parages. J’avais pour seule mission de voir l’étendu des dégâts et estimer leur nombre à peu près. Descendant de cheval, je me suis avancée vers l’entrée du labyrinthe. Ce lieu était magnifique et imposant. Je le trouvais tout simplement magnifique et empli d’histoire. Je ne pouvais pas y rester indifférente mais il y avait une énergie maléfique en ces lieux. Sortant mes deux épées j’avançais avec précaution entre ces lieux. Je n’ai cependant rien vu d’étrange. Malheureusement tout se passa en un instant. Un cri d’avertissement d’Elendil qui survolait les lieux, un hennissement ainsi qu’un martèlement de sabot galopant dans ma direction, des cris de guerres et de douleur. Dix, douze, quinze, plus les secondes passaient et plus ses derniers me tombaient dessus, toujours plus nombreux, toujours en masse. Des coups de griffes, de crocs tranchant ma peau . Une présence fraiche, un saut et une fuite. J’avais pu en trancher quelques-uns mais pas suffisamment. J’étais presque allongée sur le dos de ma monture, me tenant les cotes. Un coup plus puissant et pus violent que les autres avait ouvert ma chair sans aucune pitié. Le sang maculait mes vêtements déchirés en partis et tachaient la robe blanche bleuté d’Aeglos qui galopait.

Combien de temps dura le voyage je ne pourrais le dire. Combien de lieu nous avons faites à cette allure je ne pouvais le dire non plus. Guidé par Elendil, Aeglos traversait les plaines, avalait les distances comme si elles n’avaient pas lieu d’être. Un cata clop plus bruyant, comme si nous traversions de la pierre. J’étais à moitié inconsciente et je ne tenais que par ma volonté. Nous continuions de galoper, puis nous sommes passés au trot. Aeglos respirait plus fortement, il était épuisé et pour cause. Nous étions sur la pierre, je ne savais pas vraiment ou car je conservais mes yeux fermés.

Un mugissement se fit entendre mais ma licorne ne se cabra pas, j’en ai déduis que cette créature n’était pas trop dangereuse à moins qu’il n’ai plus assez d’énergie pour se défendre. Elendil se dirigea vers e chef des lieux en battant des ailes rapidement pour attirer son attention, tandis que l’étalon renâcla. M’accrochant avec les dernières forces qui me restaient je me suis maintenue sur son dos lorsqu’il se mit au sol avant que je ne glisse sur l’herbe tendre, sous ce soleil étincelant. Je savais que cette journée serait pourrie.

« Aide… Aidez moi…. Je vous en prie. »

Mes yeux s’ouvrirent, couleur émeraude, malgré les quelques reflets rouges qui les teintaient. Cette couleur ne parvenait que lorsque j’étais blessé assez gravement. Mon regard suppliant se porta à lui. Avant que je ne ferme à nouveau mes yeux.

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MessageSujet: Re: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Ven 10 Fév 2012 - 9:01


(chambre de Sûnaiwë)


"La patience est la meilleure des Prières"
Bouddha




Ils étaient à présent arrivés devant la sublime demeure des Dîn-Lothlossë. Autrefois établis à Ardamirë avec tous les autres nobles elfes, ses parents, tous deux issus de grandes lignées elfiques de la Noblesses, s'étaient retranchés ici. Ils n'aimaient pas la ville et préféraient le doux contact de la Nature. Gil-Galaad, le père de Sûna, avait fait construire cette demeure en l'honneur de l'amour qu'il portait à sa femme et leur futur enfant à naitre. Une demeure somptueuse et unique, dans la plus pure tradition elfique. Elle était entourée d'eau et il y avait même deux cascades. Plusieurs ponts pour y accéder ornaient un petite route de pierre qui était le seul moyen terrestre d'y accéder simplement.

A peine arrivés, l'elfe s’était empressé de décharger Luinil et d'aller poser son attirail à l'intérieur et dans l'écurie qui se situait sur la gauche de l'entrée principale. Après un certain temps, il sortit de nouveau, les bras chargés de victuailles. Il y avait de la viande séchée en quantité, qu'il offrit au dragon. Dans un autre sac qu'il trainait derrière lui, tout un mélange de céréales qu'il offrit généreusement à Luinil. Pour ce qui était de se désaltérer. Il alla remplir l'abreuvoir, mais ils pourraient bien se servir dans l'eau pure de la rivière sans aucun danger. Il cueillit de petites baies et les offrit à Melwylia en les posant en pyramide sur l’escalier de la demeure. Ainsi, elle pouvait se servir aisément avec ses petites mains. Il s'assit alors sur les marches à côté de la fée et contempla le panorama de son vaste terrain. Il se remémorait son enfance et les moments heureux passés en ces lieux.

Sa méditation fut coupée. Un pataclop effréné heurta ses oreilles elfiques puis bientôt l'image se joignit au son. Une licorne montée fonçait vers eux et Melwylia s'éleva dans les airs en poussant son cri bien distinctif. Anarthalion se dressa de toute sa hauteur et regarda l'elfe comme s'il attendait son aval pour agir. De son côté, Luinil, quant à elle, leva la tête et après un bref coup d’œil, elle alla se désaltérer paisiblement dans la rivière avant de revenir se goinfrer des céréales qu'elle avait pris soin au préalable de renverser sur le herbeux longeant le chemin. Le Pourfendeur des Dieux mugit alors que la licorne de glace s'arrêtait devant eux. La personne à son dos semblait en piteux états. Le rapace qui les accompagnait vint attirer l'attention de l'elfe torse nu et il lui tendit son avant bras pour qu'il s'y pose. Il lui dit quelques mots en elfique et l'oiseau alla se repaitre de morceaux de viandes qu'Anarthalion partagea gracieusement avec lui. Le guerrier s'avança alors de la nouvelle venue.

« Aide… Aidez moi…. Je vous en prie. »

Elle avait roulé sur le sol et avait prononcé ces quelques mots dans un dernier effort. Ses deux émeraudes vertes apparurent un instant sur son visage, suppliant Sûna et se refermèrent presque aussitôt. Il s'empressa alors de se jeter à son secours. A son plus grand soulagement, elle avait juste perdu conscience. Il rassura sa monture en lui disant en elfique que sa maitresse était toujours en vie et qu'elle était entre de bonnes mains puis il l'invita à se mettre à son aise tandis qu'il soulevait délicatement le corps inerte de la jeune elfe couverte de blessures. Prenant soin de ne pas la malmener, il disparut dans sa grande demeure avec Melwylia.

Sûna la déshabilla et ne put s'empêcher de rougir. Elle était toute nue et c'était la première fois qu'il voyait une femme ainsi. Cependant, il ne laissa pas son esprit vagabonder et ne se permit aucun geste déplacé. En dépit de la situation, l'elfe était d'une grande beauté et Sûna le voyait bien. Malgré tout, il devait la soigner et il l'examina attentivement. Les plaies avaient été causées par des griffures et des morsures et une blessure semblait bien plus profonde que d'autre. Ce devait être celle-ci la cause de son évanouissement. Elle perdait et avait perdu beaucoup trop de sang. Il décida alors de la toiletter puis il pensa ses plaies les unes après les autres. Elle était à présent hors de danger et il l'installa dans le grand lit à baldaquin de sa propre chambre. Il était toujours nue, mais couverte de pansements et bandages, aussi la couvrit-il bien. Il ouvrit aussi la fenêtre proche du lit afin de laisser un peu d'air entrer et d'apaiser son esprit avec la mélodie naturelle qui venait du dehors. Après s'être assuré qu'elle allait bien, il la laissa aux bons soins de la fée et descendit s'occuper des animaux de la jeune elfe. Après tout, les fées étaient connues pour leurs capacités curatives et il avait foi en Melwylia. Elle l'avait aidé et guéri de nombreuses fois.

******

La nuit était à présent tombée. Sûnaiwë avait rentré les deux licornes dans l'écurie pour qu'elles y passent la nuit au chaud, une fois de plus. Il avait une nouvelle fois fermé la fenêtre et s'était une fois de plus assis sur un fauteuil blanc qu'il avait approché la veille, du chevet du lit. Sur un autre fauteuil, un peu plus loin, il avait disposé les effets de l'inconnue et les plus petits sur la table de chevet. Sur une table non loin, il avait posé le plateau repas qu'il lui avait une fois de plus préparé au cas où elle se réveillerait cette fois-ci. Il avait pris soin de laver sa tenue et après l'avoir faites séchée, il l'avait disposée avec ses effets personnels. Même si elle était déchirée, il ne l'avait pas jetée car peut être désirerait-elle la garder. Le maître des lieux avait changé les bandages et pansements de la blessée après lui avoir appliqué une nouvelle toilette.

Le plat été encore chaud et fumant. Lové dans son confortable fauteuil, Sûnaiwë Dîn-Lothlossë observait la convalescente. Elle était magnifique et se disait qu'il aurait aimé rencontrer cette belle brune au corps svelte en d'autres circonstances. Il était une fois de plus torse nu car il avait fait très chaud et ses cheveux blonds lui tombaient de part et d'autre du visage.

-Vous auriez dû ouvrir les yeux depuis bien longtemps déjà belle inconnue. Peut être avez-vous quelques peines de cœur vous chagrinent, mais ne vous abandonnez pas à la facilité. Survivre à ceux qui nous ont été retirés, c'est là le devoir des vivants. Vous n'avez plus aucune raison de dormir à présent. Vous savez, les maladies que l'on cache sont les plus difficiles à soigner. Si vous acceptiez d'ouvrir votre cœur, soyez sûre que je ferai tout mon possible pour apaiser vos tourments.

Sûna avait parlé sans vraiment s'en rendre compte. Il s'agissait plus de pensées à voix haute qu'autre chose. Son regard gris posé sur le visage paisible de l'inconnue aux yeux d'émeraude qu'il avait trouvé si beaux, Melwylia assise sur sa tête, ils patientaient tous deux, espérant et priant pour la voir se réveiller d'un moment à l'autre, ou attendant simplement que les bras de Morphée viennent les cueillir.
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MessageSujet: Re: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Sam 11 Fév 2012 - 13:05

Je ne saurais dire si je m’étais endormie bien que cela soit presque impossible ou si j’étais simplement entrée en méditation mais tout ce que je savais c’est que je n’étais plus maitresse de mon corps. Mon esprit s’était replié au plus profond de moi, ne laissant qu’un pantin à la merci de cet elfe que je n’avais fait qu’entrevoir. Son visage et sa chevelure furent les seules choses auxquelles je pouvais me raccrocher, les seules qui pouvaient occuper mon âme.

Je savais Elendil ainsi qu’Aeglos en sécurité, mon lien mental avec mon faucon ne s’était pas brisé entre temps, nous étions toujours liés, toujours ensemble malgré mon état. Etant mon seul moyen d’évasion avec l’extérieur, je le suivais dans son exploration des lieux, tout m’apparaissait comme dans un rêve, bien que je n’ai connu la chance de rêver qu’en de rares occasion remontant à fort longtemps. Grâce aux bons soins de mon sauveur et de sa petite fée, mes blessures n’étaient évidemment pas guéries mais elles étaient en bonne voie et tout risque d’infection était éloigné à présent. Malgré les bons soins apportés par ces deux personnes je ne voulais pas revenir à la réalité. Cette dernière était trop dure à affronter. C’était malheureux à dire mais il n’y avait que dans cet état pitoyable que je retrouvais ma quiétude, c’était le seul moment où tout mes soucis me quittaient, tous sans exceptions. J’étais presque aussi insouciante que lorsque j’étais une enfant, j’étais presque heureuse mais ce sentiment, je ne pouvais pas le sentir dans la réalité, je ne pouvais l’avoir que dans mes rêves

A présent, je devais sortir de ma bulle même si mon corps entier s’y opposait. Je devais faire cet effort et quitter la protection de mon esprit pour retourner en Ephaëlya affronter la vie, je devais reprendre mon combat acharné et inévitable. Sortant peu à peu de mon inconscient une chose me frappa immédiatement, la douleur. Vive, présente partout, sinueuse j’avais l’impression que tout mon corps avait été maltraité, que j’avais été torturée et que mon bourreau pris de pitié avait finalement pansé mes blessures.

En bougeant légèrement j’ai senti les draps glisser sur quelques parties de mon corps dénudé. A certains endroit ils s’agrippaient à cause des bandages et cela me permis d’identifier la position de la majorité d’entre eux. Vint ensuite l’odeur, une odeur agréable et douce, celle de la nourriture avant tout, encore chaude qui emplissait la pièce, une odeur de linge propre également bien plus faible arriva jusqu’à moi. Un bruit feutré se fit entendre, comme si quelqu’un venait de changer de position avant qu’une voix douce, grave et envoutante ne s’exprime. Me parlait-elle ou s’exprimait t’elle a une tiers personnes ? Se première phrase me fit l’effet d’une baignade glacée, depuis bien longtemps ? Mais combien de temps étais-je restée dans ce cocon de douceur ? Combien de temps avais-je faiblis et cédé à la facilité ? Sans plus réfléchir, j’ai facilement deviné que j’étais entre les mains d’un elfe. Il savait que j’avais des souffrances que je cachais au plus profond de mon cœur. Comment le savait-il, cela demeurait un mystère. Mes deux compagnons avaient peut-être parlé qui sait, en tout cas il en savait trop. J’en avais suffisamment entendu. Je ne voulais pas être prise en pitié, je ne voulais pas qu’il me regarde avec compassion, voulant aider la pauvre elfe que j’étais. Les apparences étaient trompeuse mais il ne s’était pas leurré, peut-être parce qu’il m’avait vu au naturel sans jamais avoir eu l’occasion de faire face à mon masque.

Prenant mon courage à deux mains j’ai entrouvert mes yeux, avant de les refermer, la lumière m’agressait les pupilles mais je devais reprendre mon assurance. Me forçant à les ouvrir, je n’y suis parvenue qu’à la troisième tentative. Ma gorge était sèche, j’avais soif, j’avais faim mais je ne ressentais plus l’effet de la fatigue, le sommeil était plus réparateur que la méditation mais je ne pouvais plus connaitre les joies du sommeil depuis la mort de mon aimé. Tournant l’entement la tête dans sa direction, ma voix sortit avec faiblesse de ma gorge ce qui m’irrita fortement.

« Pourrais-je avoir de l’eau je vous prie. »

A peine ma phrase fut terminé que je fus agitée d’une toux, me déchirant les côtes et le ventre, faisant ressentir dans tout mon corps ces griffures et morsures plus ou moins profondes. Me servant de mes bras et serrant les dents, je me suis redressée pour me retrouver assise sur le lit, ramenant les draps avec moi pour ne plus dévoiler mon corps nu. Je ne pourrais dire de quelle couleur étaient mes yeux, s’ils étaient émeraudes comme lorsque tout allait bien et que la curiosité me prenait, s’ils étaient rouges à cause de la douleur, noirs à cause de mon énervement envers moi-même ou plus glace de reconnaissance envers lui. Instinctivement, je me suis dit qu’ils ne pouvaient être que gris finalement, représentant mon état mitigé et mes différentes émotions. Regardant à présent mon sauveur, je ne pus retenir un léger sourire, il avait de la chance que je sois blessée car se tenir ainsi face à moi était risqué pour lui. Si je n’avais pas été faible, les avances et compliments en tout genre auraient fusés jusqu’à ce que je l’amène dans mon lit. Une magnifique chevelure blonde comme celle du gardien de la nature, un corps sveltes mais un torse extrêmement bien bâti me donnant envie de le toucher de mes mains, de le caresser et peut être même de le griffer avec passion, de déposer des baisers fiévreux sans retenue… Mais rien de tout cela ne pourrait se produire dans mon état.

Détournant la tête de ce corps de rêve j’ai regardé par la fenêtre en soupirant. J’étais abattue et démoralisée, je ne voulais pas qu’il voit l’expression de mon visage à cet instant, je ne voulais pas qu’il voit la faiblesse dans mon corps.

« Pourrais-je connaitre le nom de ceux à qui je dois la vie ? »

Ai-je demandé, ajoutant la fée dans le lot. Je me suis à nouveau tournée vers lui, une expression nouvelle au visage, de la gratitude. Je ne l’avais pas ressentie depuis bien longtemps et il était le premier depuis de long mois à avoir le droit à un véritable sourire. La dernière en date n’était autre que… Narya. Mon sœur se serra et j’ai mordu mes lèvres pour ne pas pleurer. Je repensais aux paroles du jeune vampire que j’avais rencontré, à la dureté de ces mots et avec amertume je pensais qu’il avait raison.

« Pourrais-je savoir où nous sommes ? Depuis combien de temps je suis ici et ce que vous avez fait de mes deux compagnons également ? »

La deuxième question n’était pas des plus utile mais masquerait le réel lien que mon faucon et moi nous avions. Je savais exactement où il était, et même que mon étalon était à l’abri pour le moment du moins en compagnie d’une jument. Je savais tout ce qui s’était passé pour eux grâce à Elendil mais également qu’il ne s’était rien passé, que ma nudité avait été purement nécessaire mais qu’en aucun cas il n’y avait eu de geste déplacé envers moi à mon plus grand soulagement. Ramenant avec pudeur les draps contre moi, j’ai désigné de la tête le repas posé plus loin avant de demander avec douceur.

« Pourrais-je avoir à manger ? Sinon je crains de ne pouvoir être de bonne compagnie et de retourner dans l’inconscient malheureusement, ce qui me chagrinerait beaucoup face à un hôte aussi serviable et agréable à regarder que vous. »

Finalement mon aplomb commençait enfin à revenir, je n’étais peut-être pas en si mauvais état que cela après tout



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MessageSujet: Re: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Dim 12 Fév 2012 - 16:41

Toujours bien ancré au fond de son fauteuil, le soldat semblait entrer en phase de méditation. Melwylia, sa petite fée, semblait s'être endormie elle aussi, sur ses cuisses. Il avait dû fermer les yeux seulement quelques minute et ce fût ce moment précis que la convalescente choisis de faire son grand retour à la réalité, loin de la paisible quiétude des songes

« Pourrais-je avoir de l’eau je vous prie. »

Le propriétaire des lieux ouvrit lentement ses yeux, les plongeant directement sur les gracieuses et si délicates courbes de son visage elfique. En dépit de son état, elle était d'une beauté à couper le souffle d'après l'elfe. Elle était d'une de ces beautés elfiques inclassable. Elle semblait appartenir à une autre tradition elfique, une belle brune aux traits si sauvages mais si nobles. A peine eut elle fini sa phrase qu'elle fut prise d'une violente toux et Sûnaiwë se souvint de sa requête précédemment formulée. Il se leva tout en prenant soin de ne pas réveiller la petite fée qu'il posa délicatement sur son le fauteuil. Elle s'agita quelque peu, mais se mettant plus à l'aise, elle continua simplement de dormir. Elle devait être très fatiguée et il la comprenait bien. Après avoir lancé un coup d’œil sur son invitée improvisée et s'être assurée qu'elle allait plus ou moins bien, il s'empressa de lui porter le verre d'eau qu'elle avait péniblement demandé, après l'avoir pris sur le plateau. Il le déposa sur la petite table de chevet à sa portée, juste à côté du lit. Il se recula alors, restant debout. L'elfe ne voulait pas déranger la fée une fois de plus.

La blessée s'était de nouveau retournée vers l'elfe qui se tenait debout et il fut agréablement surpris par le changement de couleur de ses yeux qu'il aurait juré être verts. Ils étaient d'un gris neutre mais qui accentuaient le mystère de cet être. Sûna se perdit dans ce brouillard opaque, s'y oubliant quelques instants, ne prêtant plus d'autre attention à quoi que ce soit que ce regard gris. Tous les membres de sa lignée avaient toujours eu les yeux gris, y compris les nouveaux venus. Il se demanda alors s'il n'avait pas quelque lien avec elle, mais il chassa vite cette idée de sa tête. Il ne connaissait pas la famille de sa mère, mais de par sa lignée paternelle, il savait qu'il était le seul Dîn-Lothlossë. Sa famille était divisée en deux branches cousines descendant toutes deux des Dîn-Lossë. Suite à un désaccord entre deux frères quant à la succession, ils se scindèrent en deux factions. Les Amarthlossë, belliqueux et au teint plus halé, arborant des couleurs plus chaudes et faisant penser à des enfants du soleil. C'était celle du grand frère. Les Dîn-Lothlossë, quant à eux, issus du petit frère, étaient plus pacifistes et proches de la Nature et étaient assez distinctifs de par leur teint neigeux et leur regard argenté si particuliers. Il fut vite tiré de sa réflexion intérieure.

« Pourrais-je connaitre le nom de ceux à qui je dois la vie ? »

Elle venait de reprendre la parole mais ne le regardait plus et il se demanda combien de temps avait bien pu flâner son esprit. Il se sentit un peu honteux. Et si elle avait trouvé son regard déplacé ? Il baissa les yeux et fit un pas en arrière. Elle lui fit un sourire qui lui fit relever la tête et il le le lui rendit assez perplexe. Il allait répondre, mais elle enchaina.

« Pourrais-je savoir où nous sommes ? Depuis combien de temps je suis ici et ce que vous avez fait de mes deux compagnons également ? »

Sûnaiwë l'observait toujours. Il trouvait cela légitime de s'inquiéter de savoir où elle était. Se réveiller dans un lit inconnu, il y avait de quoi paniquer. Se soucier de ses compagnons. C'était des plus admirable pour Sûnaiwë qui était très proche de la Nature. Elle marqua alors quelques points et accrut l'intérêt qu'il lui portait.

« Pourrais-je avoir à manger ? Sinon je crains de ne pouvoir être de bonne compagnie et de retourner dans l’inconscient malheureusement, ce qui me chagrinerait beaucoup face à un hôte aussi serviable et agréable à regarder que vous. »

"Oh mais naturellement, oui !"


Il s'empressa de prendre le plateau qui contenait le repas encore chaud qu'il lui avait préparé quelques temps auparavant. Avec délicatesse et révérence, il le lui déposa, après avoir pris soin de prendre un petit ouvrage en osier prévu à cet effet, et qu'il avait posé au dessus de ses cuisses. Après avoir tout installé comme il se devait, il fit un pas en arrière et s'inclina poliment.

"J'espère que ce modeste repas saura satisfaire votre palet ainsi que votre estomac. Je n'ai pas de valets et ai donc dû le cuisiner moi même en dépit de mes biens piètres talents en la matière. Je me présente à vous, Sûnaiwë Dîn-Lothlossë, Chef de la 4ème Unité de Cavalerie de l'armée de notre chère patrie et mon amie qui dort là, se prénomme Melwylia. Disons qu'elle est devenue ma meilleure amie, ma famille..."

Sa voix s'était un peu éteinte. Être seul n'était pas évident tout compte fait. A part Melwylia, la petite fée, seul Ayliän pouvait être considéré comme attache familiale. Après tout, c'était bien lui son tuteur, lui qui avait pris soin de lui et à présent, il était de retour pour s'acquitter de cette dette qu'il estimait avoir à son égard. Il reprit cependant avec une certaine vigueur.

"Vous êtes ici sur mes terres, chez moi, et vous êtes mon invitée. Vous êtes libre de faire à votre aise. Vous pourrez rester tant que vous le désirerez et le jugerez nécessaire. Malgré tout, j'espère sincèrement que vous resterez au moins le temps de vous remettre complètement de vos blessures. Il serait dommage que vous éprouviez votre si joli corps qui a déjà tant enduré."


Ces derniers mots avaient rosé la neige de son visage, aussi détourna-t'il de façon preste la tête. Même si ses mots étaient sincères, il n'avait pas tout dit non plus. Il désirait en apprendre plus sur cette jeune femme. Elle était la première à entrer ici depuis bien des années. Il n'avait jamais invité quelqu'un à venir chez lui depuis la mort de sa mère. Dans quelques jours, il devrait aller sur l'île d'Omerie pour une quête dont il avait eu vent. Il était seul ici et la compagnie de la jeune elfe lui serait providentielle. Qui plus est, il la trouvait des plus jolies. Elle avait quelque chose en elle qui l'attirait plus que raison, mais il ne saurait le définir précisément. Espérant qu'elle n'ait pas noté son désaroi et afin de couper court à toute remarque, il enchaina.

"En ce qui concerne vos amis, ils ont été traité avec le soin et l'égard qui leur est dû. Votre licorne est dans l'écurie en compagnie de la mienne et votre faucon, à ce moment même, je ne saurai dire précisément où il se trouve. La dernière fois que je l'ai vu, il virevoltait avec Anarthalion dans les cieux. Il est libre de ses mouvements et vient assez fréquemment à la fenêtre pour veiller sur vous. Vous devez avoir un lien spécial avec lui, je trouve ceci admirable. J'aime moi même nos amis provenant de la Nature et essaie de nouer avec eux des liens fraternels solides et indéfectibles."

Il se tut un instant, regardant les gestes raffinés et lents de la la belle brune à la silhouette si frêle. Elle appelait à de la tendresse, son corps svelte donnerait à coups sûr, à quelque homme que ce soit, l'envie de l'enlacer et de la protéger de ses bras. Le visage du Silmaredhel s'embrasa un peu plus.

"Pardonnez moi, je dois vous ennuyer avec tout mon babillage. Aussi devrai-je peut être vous laisser seule vous reposer et profiter paisiblement votre repas. Vous devez certainement avoir besoin de vous retrouver un peu. Mais avant toute chose, me feriez-vous l'honneur de me faire connaitre la douce appellation de cet être à la beauté si singulière que vous êtes ?"

Les mots avaient quittés seuls ses lèvres et il ouvrit de grands yeux rond tout en prenant conscience de ce qu'il venait de dire. Sa timidité prenant le pas sur lui, il baissa la tête une fois de plus. Il ne savait que faire ou que dire. Il se contentait juste de d'attendre une quelconque réponse afin de se fixer réellement.
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MessageSujet: Re: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Dim 12 Fév 2012 - 18:49

Me saisissant du verre qu’il m’avait apporté, je me suis désaltérée avec avidité mais cela ne calma pas ma gorge en feu. A peine ma demande fut prononcée qu’il s’empressa d’exécuter mon souhait. Il était serviable, même un peu trop. A première vue il voulait bien faire mais autant d’attention était presque dérangeant. S’il avait su quel était mon rang, je n’aurais pas pensé de la même manière mais il ne me connaissait pas, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure alors pourquoi tant de tendresse envers une inconnue ?

Après avoir déposé le plateau repas qui semblait être empli de mets simples mais non pas moins appétissant il s’inclina à nouveau avec respect face à moi. Ainsi donc c’était un soldat qui venait de cuisiner, et pas n’importe lequel mais un chef de cavalerie. Il n’y avait donc aucun espoir pour qu’il ne me connaisse pas, il devait très certainement connaitre mon supérieur qui n’était autre qu’Ayliän Faën. Il me présenta par la suite la petite créature qui dormait sur le fauteuil, une fée si mes yeux ne me trompaient pas. Je n’en avais vu que très rarement mais la beauté de cette petite créature m’arracha un sourire. Cependant sa voix baissa d’un ton et mon regard retourna vers lui. Au moment où il avait parlé d’une famille il avait craqué, avait-il des souvenirs douloureux en rapport avec cela ? Soudain, j’ai réalisé à quel point les lieux étaient silencieux, il ne semblait y avoir que lui et moi dans cette grande demeure, pas de serviteur pour lui tenir compagnie, pas de compagne non plus je suppose ou alors elle avait une confiance absolue en son aimé.

Bougeant mon bras droit avec un peu de difficulté j’ai saisi une baie avant de la porter à mes lèvres, je préférais commencer en douceur ce repas, avant de m’attaquer au plat chaud. J’étais donc sur ses terres, belle information. C’est comme si je lui répondais que j’étais moi, que j’étais une elfe brune. Si je n’étais pas à sa merci et aussi faible je ne me serais pas dérangée pour le lui faire remarquer. J’étais en plus chez lui, super, je savais au moins que le propriétaire des lieux ne risquait pas de débarquer d’un moment à l’autre demandant ce que je faisais totalement dénudée dans les draps.

J’étais la bienvenue et cela ne me rassura nullement, je n’appréciais pas trop le fait d'être en territoire inconnu, sans aucune information, surtout que j’étais vraiment seule probablement au milieu de nulle part. Sa remarque me fit avaler de travers, à quoi m’attendais-je ? Je savais qu’il m’avais vue toute entière mais cela me dérangeait. Le fait que j’étais inconsciente y était pour quelque chose je le savais mais pourtant je savais pertinemment qu’il ne m’avait pas touché, Elendil me l’avait confirmé. Son visage prit légèrement de la couleur une fois que sa phrase fut terminée et cela m’arracha un nouveau sourire, il ne semblait pas avoir l’habitude de dire ce qu’il pensait, ou alors était-ce le fait que je sois une femme qui le mettait mal à l’aise ?

« Qui est Anarthalion ? Est-ce cette créature que j’ai entendu mugir à mon arrivée ? »

Ai-je demandée avant de me demander su je n’étais pas folle. Ce cri devait provenir de mon esprit, à moins qu’une créature suffisamment imposante ai élue domicile en ces lieux. Le lien que j’avais avec mon faucon était bien plus qu’indéfectible, il était indestructible, nous étions liés pour la vie comme pour la mort. De la vie de l’un dépendait celle de l’autre mais personne ne le savait. Tous pensaient que j’avais comme lubie de posséder mon propre rapace comme d’autres qui possédaient un chien ou un chat. Mais la vérité était toute autre et resterait secrète. Je continuais ensuite mon repas, la faim me cisaillait le ventre, ne me précipitant cependant pas sur la nourriture je l’ai mangé avec calme et lenteur, sachant qui plus est que j’étais observée. Ce n’était pas mauvais, même si bien évidemment j’avais mangé des choses plus savoureuses.

Je le surveillais du coin de l’œil, il n’avait pas bougé depuis tout à l’heure et semblait mal à l’aise plus il m’observait. La luminosité me faisait peut être défaut mais j’airais juré qu’il rougissait à vue d’œil. N’ayant mangé que les deux tiers du repas, j’ai reposé mes couverts sur le plateau, essuyant mes lèvres avec une serviette. Je me suis tournée vers lui lorsqu’il parla de babillage, voulant le contredire mais je ne pus m’empêcher de rire devant son expression. Il n’était décidément pas habitué à faire la cour cela était confirmé. Mon rire était léger et sincère, pas moqueur mais amusé, mes blessures me faisaient souffrir cependant et je dus me calmer, me mordillant la lèvre pour cesser toute effusion d’amusement. Un sourire resta cependant sur ces dernières avant que je ne lui réponde enfin une fois calmée.

« Vous ne me dérangez pas, bien au contraire. Qui plus est il serait mal venu de ma part de vous congédier alors que vous venez de me sauver, de me nourrir et de me soigner. Je vous dois la vie messire Dîn-Lothlossë et je vous en serais reconnaissante bien longtemps croyez moi. »

Je n’utilisais pas l’expression dont tout le monde se servait c’est-à-dire éternellement. Pour moi cela signifiait vraiment l’éternité et je ne le voulais pas. J’avais tout de même des limites, je me connaissais et la seule personne à qui je jurerais quelque chose pour l’éternité sera celui qui me permettra de m’endormir à ses côtés, autant dire que ce jour n’était pas prêt d’arriver. Tapotant le lit largement trop grand pour moi je l’ai invité à s’asseoir, il n’allait pas rester debout toute la nuit tout de même. Il était certes soldat mais il y avait des limites.

« Venez, je ne vais pas vous manger. Vous ne me dérangez pas bien au contraire, vous ne pensez pas que je me suis suffisamment reposée déjà ? Et pour vous répondre, je suis Linaëwen Elwing Sva’nhildë… »

J’ai hésité un instant avant de me taire. Je voulais ajouter mon titre par habitude mais j’ai jugé préférable de ne pas le faire. Je ne devais pas non plus tendre la perche, s’il pensait que j’étais une simple elfe cela me conviendrait parfaitement aussi. Regardant par la fenêtre le paysage, les lieux semblaient magnifique, je n’avais qu’une seule envie sortir pour les explorer à ma guise, mais je ne pouvais pas, j’étais clouée au lit. Ou du moins pour le moment car dès le lendemain je comptais bien quitter au moins ce lit pour me déplacer, même si je n’étais absolument pas guérie.

« Dites-moi sire, me ferez-vous l’honneur de me faire visiter vos terres lorsque je serais sur pieds ? Et savez-vous dans combien de temps je pourrais me déplacer à nouveau librement ? »

Je n’aimais absolument pas l’idée d’être clouée dans un lit, surtout que mes proches allaient s’inquiéter de mon absence, je devais leur écrire pour les prévenir que j’allais bien sinon des recherches seraient bien vites lancées je le craignais. Au loin, je sentais qu’Elendil s’amusait effectivement et pas en compagnie d’un oiseau mais d’une créature bien plus imposante. Bientôt il devrait porter un message à moins que je ne fasse appel à l’un de ses pairs.


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MessageSujet: Re: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Lun 13 Fév 2012 - 12:15


(Oiseaux sur un lac, pensée de Sûnaiwë)


"Chaque première déclaration est un trésor de sentiments car après tout,
les premiers sentiments sont toujours les plus naturels. "

Gelydhwenn Athassa-Celaniel, à son fils Sûna.





Sûnaiwë n'avait pu s'empêcher de l'observer lorsqu'elle avait bu son verre d'eau. Ses gestes lents étaient d'une sensualité indéniable. N'importe quel homme aurait pu le constater et pour preuve, Sûna lui même l'avait fait. Lui qui à la normale ne voyait jamais rien et ne comprenait pas grand chose en matière de femmes. Lorsque ses lèvres se portèrent au récipient, l'elfe sentit un petit désarroi qui ne lui déplut pas. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder. Elle était si agréable à voir...

« Qui est Anarthalion ? Est-ce cette créature que j’ai entendu mugir à mon arrivée ? »

L'elfe avait détourné le regard gêné. Sa timidité était bien réelle et il ne pouvait la contrôler. La jeune femme semblait assurer une certaine fascination sur lui, mais bien plus que ça, elle l'écrasait de son aura mystérieuse. Le teint toujours rosé, il l'écouta parler sans mot dire. Lorsqu'il entendit le bruit des couverts qui se posaient sur le plateau, il leva la tête et vit avec surprise qu'elle le regardait et elle éclata d'un rire qui accrut bien plus encore le trouble visible sur le visage de l'elfe qui se mit à regarder ses pieds et se frotter l'arrière de la tête comme un enfant le ferait devant une fille qui lui plaisait, ou bien simplement face à une situation embarrassante. Il n'y décelait rien de mauvais dans ce rire, mais il ne pouvait s'empêcher d’agir ainsi, maudissant intérieurement sa timidité et son manque d'expérience notable. Peut être aurait-il dû écouter plus sérieusement lorsque autrefois, plus jeune, Ayliän, lorsqu'il s'occupait de lui et se chargeait de son instruction, lui parlait des femmes.

« Vous ne me dérangez pas, bien au contraire. Qui plus est il serait mal venu de ma part de vous congédier alors que vous venez de me sauver, de me nourrir et de me soigner. Je vous dois la vie messire Dîn-Lothlossë et je vous en serais reconnaissante bien longtemps croyez moi. »

Ces paroles réchauffèrent quelque peu le cœur de l'elfe que l'on qualifiait d'elfe d'argent en raison de ses yeux et de son attirail de la couleur précédemment citée.Elle tapota le lit, lui indiquant de ce fait qu'il pouvait venir s'asseoir prêt d'elle. D'abord hésitant, il vint finalement se poser prêt d'elle. Il aurait été impoli de refuser une si généreuse offre. L'idée de se faire inviter à rejoindre son propre lit le sourire intérieurement.

« Venez, je ne vais pas vous manger. Vous ne me dérangez pas bien au contraire, vous ne pensez pas que je me suis suffisamment reposée déjà ? Et pour vous répondre, je suis Linaëwen Elwing Sva’nhildë… »

Svan'hildë ? Ce nom lui disait quelque chose. Il avait l'impression de l'avoir entendu ça et là à la caserne, mais il ne parvenait à se souvenir réellement en quelles circonstances. Était-elle la sœur d'un soldat ou autre? Avait-elle un bien aimé qui s'inquièterait sans doute pour elle en ce moment même, ne l'ayant pas vu rentrer depuis deux jours ? Cette pensée lui fit un pincement au cœur. Pourquoi donc ? Était-il vraiment attiré par cette demoiselle ? Était-ce là ce qu'on appelait de la jalousie ?

« Dites-moi sire, me ferez-vous l’honneur de me faire visiter vos terres lorsque je serais sur pieds ? Et savez-vous dans combien de temps je pourrais me déplacer à nouveau librement ? »

Alors qu'il sortait de son mutisme une fois de plus, Sûnaiwë plongea directement ses yeux précieux dans ceux changeants de la belle qui se tenait dans ses draps.

"Pour répondre à vos interrogations, Anarthalion est un ami cher. C'est un dragon, un Pourfendeur des Dieux pour être plus précis. Je lui suis venu en aide lors d'une mission alors que je n'étais encore simple soldat. Nous avions ordre de tuer ce dragon qui tourmentait un village, mais j'ai désobéis aux ordres et je l'ai sauvé d'une mort certaine. Il souffrait de plaies causées par des pièges de chasseurs, je l'ai soigné et nous somme devenus amis. Nous sommes liés mentalement à présent comme c'est le cas pour chacun de mes amis. Il vit dans une grotte qui se situe un peu plus loin sur mes terres. Votre faucon doit être avec lui en ce moment. Ils semblent bien s'entendre et j'en suis heureux pour eux. Votre licorne et la mienne aussi d'ailleurs alors j'espère que vous et moi pourrons lier des liens aussi forts et complices que nos amis respectifs. Après tout, je crois qu'ils seraient heureux de pouvoir se fréquenter à loisir."

Son teint neigeux se colora de nouveau d'une pointe de rouge. Il ne mentait pas, mais n'exprimait pas réellement ses sentiments. Il était fort probable que les sentiments de ses amis soient tels qui le disait. Non ! Ils l'étaient vraiment. Ils se comprenaient parfaitement. Cependant, S'il y avait quelqu'un qui désirait plus que quiconque revoir quelqu'un, c'était bien lui. Chaque parcelle de son être et de son âme la désiraient. Elle était belle oui, mais ce n'était pas son corps qu'il voulait, c'était elle. Il mourrait d'envie de la connaitre, de la côtoyer, de la chérir, la protéger, la faire sourire, l'amuser, la consoler et bien d'autres choses encore. Sa mère lui avait toujours dit que lorsqu'il rencontrerait l'élue de son cœur, il ne pourrait pas y résister. Son être entier le lui ferait savoir et dès lors, il ne pourrait plus rien faire d'autre que de penser à cette personne jusqu'à l'avoir et bien plus tard encore. C'était ce que l'on appelait l'amour. Il essaya de renier cette pensée en poursuivant.

"Linaëwen..." Il avait découpé chaque syllabes du prénom de la belle elfe qui l’envoutait tant. Un air rêveur et un sourire niais sur son visage aux traits durs de guerrier lui donnaient un air comique. Pourtant, il ne se démonta pas alors qu'il se reprenait tout en la fixant toujours sans ciller. "C'est un nom qui vous sied à merveille. Lac aux oiseaux... Bien heureux est l'oiseau qui vient profiter des bienfaits de ce lac, à n'en pas douter !

En parlant d'oiseau, il faisait bien sûr référence à lui même et à son désir ardent de pouvoir se loger dans son cœur. Son prénom ne signifiait-il pas "Oiseau de vent" après tout? Prenant conscience que son cœur parlait pour lui, il rapporta le sujet à une chose qu'il pourrait mieux gérer. Confus, mais essayant de le masquer, il ajouta maladroitement.

"Euh... Eh bien... Vous êtes là depuis 2 journées bien pleines. Demain, cela fera trois jours. Je pense que vous pourrez marcher très vite, dès demain. Melwylia devrait apaiser vos douleurs une fois de plus dans la nuit. Elle s'est donné beaucoup de mal pour essayer de vous apaiser, mais il semblait que votre cœur n'avait pas très envie de son aide. Elle m'a dit qu'elle sentait un profond trouble en vous et c’est ce qui empêchait sa magie d'opérer. Je ne vous demanderai pas de me livrer vos peines, mais sachez que je serai là pour vous si tel en devenait votre désir. Vous n'aurez simplement qu'à ordonner et en bon sujet, je vous obéirai." Son cœur venait encore de faire dire à sa bouche ce qu'il voulait et il rougit de plus belle. "Maintenant que vous êtes réveillée Dame Linaëwen, je pense qu'elle sera à même de refermer vos plaies et de faire passer cette douleur à son réveil. Je pense donc que demain, vous pourrez à loisir vous promener et je vous servirai de guide avec grand joie." Il avait prit ses mains dans les siennes sans s'en rendre compte. "Vous avez peut être des gens à prévenir. Quelqu'un doit probablement s'inquiéter pour vous. Une femme si belle que vous doit certainement faire battre le coeur de quelqu'un quelque part en ce monde."

Il fit un sourire qui devait masqué sa crainte qu'elle soit déjà prise. En dépit de ses efforts de négation de ses sentiments, il ne parvenait pas à détourner le sujet d'elle et son audace, inhabituelle pour la circonstance, le laissèrent quelque peu perplexe. Il nota enfin qu'il lui tenait les mains et ôta vivement les siennes.

"Euh... Vous devez certainement avoir froid... Je devrais peut être vous chercher des vêtements.... Je vis seul ici dans cette demeure que mon défunt père avait fait construire pour célébrer l'amour qu'il portait à feu ma mère et ma future naissance à venir. Si cela ne vous gène pas, je pourrai essayer de trouver de quoi vous vêtir dans sa garde robe, vous êtes de constitution assez semblables et je pense qu'elle vous les aurait proposés en pareilles circonstances. Vos affaires sont déchirées et même si je les ai lavées, elle ne devraient plus masquer grand chose..."

Son cœur battait la chamade. Il avait essayé de s'en sortit mais il sentait qu'il s'enfonçait et il se tut pour de bon, n'osant plus la regarder directement.
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MessageSujet: Re: Retour à la maison avant l'aventure - Une rencontre inattendue   Dim 19 Fév 2012 - 14:16

A chaque mots que je prononçais, je sentais une gène légère chez mon interlocuteur. Mes propos devaient être maladroits mais le pire était que je ne me rendais même pas compte de la portée de mes paroles. Je ne me trouvais ni grossière ni trop aventureuse ou tentatrice dans mes paroles. La seule conclusion que j’en ai donc tirée était que cet elfe était timide, très timide. Mon rire passager lui fit prendre très légèrement des couleurs et je me suis mordue la lèvre pour ne plus continuer, je ne devais pas accentuer sa gène, je devais me montrer un minimum reconnaissante. Même si ce n’était qu’un tout petit peu.

Je vis bien que lorsque je me suis présentée, mon nom ne lui était pas inconnu mais comme lorsque l’on a quelque chose sur le bout de la langue, il ne parvenait pas à trouver ni même à comprendre ce qui le dérangeait. Peut-être que le fait que mon nom soit associé à celui d’une elfe faible et blessée ne lui permettait pas de faire le lien avec la hiérarchie. Ce n’était peut-être pas si mal d’un côté, je ne serais pas victime de plus de pitié que nécessaire. Lorsqu’il s’assit près de moi je ne pus me retenir d’admirer son torse dénudé avant de remonter lentement vers son visage. Il était tout simplement magnifique, d’une beauté faisant honneur à notre race. Sa proximité me permit également de sentir mieux son odeur qui était douce et agréable, presque envoutante.

A vrai dire je n’étais pas un modèle de pureté, j’étais même une sacrée experte dans le domaine des hommes et ma réputation n’était plus à faire bien que je me sois calmée ces derniers temps. Il y avait pourtant quelque chose qui me dérangeait chez cet elfe. Il était trop pur, mis à part des compliments sincères, il n’avait fait aucune remarque déplacée, aucun sous entendu machiste ou rien d’outrageant, pas même le moindre regard. Il était d’une sincérité désarmante et même trop honnête. Je n’aimais pas cela, je ne savais pas à quoi m’en tenir avec lui, je ne savais pas réellement ce qu’il voulait et ce qui m’inquiétait le plus était que si par le plus grand des hasards il venait à avoir des sentiments pour moi je saurais qu’ils seraient sincères et désintéressés. Je ne pourrais pas lui briser le cœur sans avoir des remords, je ne pourrais pas jouer avec lui comme si de rien n’était car ce jeu ne serait pas réciproque. J’étais volage, j’étais froide et agressive pour me protéger. Je ne voulais plus me lier et la répétition de cette erreur était la cause de ma présence ici mais lui méritait mieux que de s’enticher d’une personne comme moi. J’étais dure avec les hommes qui le méritaient, ceux qui étaient aussi volage que moi mais je ne ferais jamais de mal sciemment à une personne telle que lui. Je ne me le pardonnerais pas et je ne supportais même pas l’évocation de cette hypothèse.


Sortant de ma réflexion j’en ai appris plus sur son amis, un dragon sur ces terres et pas n’importe lequel, un digne pourfendeur des cieux. Je n’avais jamais eu l’occasion d’approcher ces créatures, je ne les avais qu’entre aperçues à plusieurs reprises sans jamais pouvoir les toucher. Une bien digne monture pour une personne droite comme lui. Il me raconta sa rencontre avec son ami et je n’ai rien dit lorsqu’il parla d’avoir désobéit aux ordres, je ne pouvais rien dire car moi-même je n’aimais pas m’y plier et encore moins lorsque je savais que ce qui était demandé n’était pas juste. Il évoqua mon faucon ainsi que ma licorne ainsi que les liens qui commençaient déjà à les lier. Il espérait que plus pourrait nous lier mais je ne le voulais pas. Enfin pour être honnête je le voulais plus que tout mais mon cœur ne supporterait pas une énième trahison, il ne supporterait pas qu’un nouveau coup de couteau lui soit assené.

Ma peine était immense et ma douleur lancinante, la mort d’Elros, la mort de Thorondor, celle de Narya, la trahison de Shun, la déception de ce vampire, Narciss que je n’avais pu aider pour me protéger. En y repensant, je n’avais connu que la mort, la déception et le rejet. Je comprenais à présent que le fait de vivre dans la communauté depuis enfant ne m’avait pas aidé du tout, bien au contraire. Je comprenais que je sois totalement perdue dans ce monde et une seule envie m’habitait à présent. Cette dernière s’était confirmée avec le départ de Narya vers les étoiles. Je voulais rentrer chez moi, après seulement huit ans de vie à l’extérieur, après ce véritable échec qu’avait été ma vie. Je voulais rentrer dans le seul endroit ou je me sentais à l’aise, ou personne ne me trahirait et où je serais loin de tous ces personnages répugnant qui empoisonnaient les terres d’Ephaelya. Je voulais rentrer à la communauté.

Mon visage déjà pâle le devient encore plus alors que le sien rougissait. Je ne voulais pas qu’il s’attache à moi, je voulais protéger un être si pur des noirceurs de mon âme. Je n’avais cessé de le regarder, comme lui le faisait avec moi. Il complimenta mon prénom, lac aux oiseaux, oui mais s’il savait pourquoi on m’appelait ainsi… Son nom aussi évoquait les oiseaux, comme tout ceux de mon microcosme, comme tout ceux de ma famille.

Un hoquet de surprise m’échappa, deux jours que j’étais ici ? Deux jours entiers que j’étais en méditation ? Mon corps avait refusé à ce point-là de sortir de sa torpeur, sans que je ne m’en rende compte je l’avais poussé plus à bout que ce que je ne craignais. De plus sa fée avait senti toutes les peines de mon âme, toutes les douleurs et souffrances que je renfermais et je ne savais pas jusqu’où elle était allée. Jamais je ne parlerais de tout ce qui m’avait affecté, pas à lui en tout cas, pas pour le moment je l’espérais. Je ne voulais pas qu’il pense que je refusais son aide par stupidité mais bel et bien par compassion. Ce n’était que par reconnaissance à son égard que je ne disais rien, que je ne parlerais pas plus car je ne le voulais pas, je ne voulais pas qu’il se joigne à mon désespoir pour s’y noyer car même moi je peinais à garder la tête hors de l’eau.

Ma volonté se confirma lorsqu’il m’apprit que ses parents étaient morts et qu’il vivait depuis lors seul en ce lieu. Je devais le protéger du mal que j’étais, je ne devais pas le laisser s’attacher à moi, même si je ne désirais rien de plus au plus profond de moi.

« Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je n’ai aucune souffrance particulière, juste beaucoup de travail qui me prend énormément de temps et d’énergie, cela doit être le mal dont parlait votre amie. Cependant si elle e veut toujours j’accepte sans hésiter son aide, une fois qu’elle sera réveillée. J’espère que ce n’est pas de ma faute si elle est dans cet état… »

Un pieu mensonge sans réellement de conviction et de volonté mais je ne voulais pas faire mieux. Fermant les yeux et me concentrant pour faire parvenir mes sentiments et ma volonté à mon jumeau des airs, je sus qu’il ne tarderait pas à venir en compagnie d’un messager. Mon regard se porta vers la fée que je regardais avec tendresse, j’espérais réellement ne pas être la cause de sa fatigue.

« Auriez-vous une feuille et de l’encre pour que je puisse écrire une missive ? Sinon vous ne tarderez pas à voir une multitude d’elfes totalement alarmés fouler vos terres… Quant aux habits, je veux bien également, sans vouloir abuser de votre clémence. Sachez également que je ne veux pas vous déranger et abuser de votre hospitalité plus longtemps, je vais donc partir dès le lever du soleil. »

Ai-je déclaré à mi-voix. Je n’étais pas satisfaite de cela mais je ne devais pas le monter. La situation était déjà suffisamment difficile et je ne voyais pas l’intérêt d’en ajouter plus. Je me sentais sale et non reconnaissante mais je ne pouvais pas faire mieux. Je me devais de être sa protectrice en quelques sortes, que cela lui plaise ou non je ne pouvais pas faire mieux.

« Je vous remercierais comme il se doit lorsque je serais de retour à Ardamir, je vous en fait la promesse. »

J’avais envie de capturer ses mains comme il l’avait fait plus tôt. Doucement j’ai tendu ma main droite vers les sienne avant de finalement me ressaisir et de la ramener contre moi. Mon visage d’une pâleur alarmante reprenait lentement des couleurs. Sans que j’y prenne plus attention que cela, je sentais que je ne pourrais pas parler plus. Un léger bruit se fit entendre à la fenêtre, un petit toc toc hésitant, mais pas de provenance humaine. Mon regard s’éclaira et se dirigea vers la créature, ou plutôt le duo. Mon jumeau en compagnie d’une buse. J’avais mon messager pour prévenir les miens. Il ne me manquerait plus que du papier pour les informer. Je voulu me lever avant de me souvenir de deux points, j’étais nue et il était assis sur le lit. Je ne pouvais donc pas bouger pour les laisser entrer.

« Excusez-moi, mais pourriez-vous leur ouvrir je vous prie ? Je suis très… exigeante et je vous demande beaucoup je sais et je m’en excuse. Je ne voudrais pas vous paraitre désagréable ou même hautaine. »


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