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 Une première rencontre. -Clos ♥-

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MessageSujet: Une première rencontre. -Clos ♥-   Ven 6 Avr 2012 - 1:42

~ La première rencontre... Deux lycans...

« Je marchais calmement dans Thaodia. Mes pieds nus foulaient l’herbe sèche et tranchante. Je dus au courant de mon chemin, m’égratigner une bonne dizaine de fois les pieds. Qu’importe, ces blessures étaient moindres, elles n’étaient point faites avec de l’argent. Vêtue d’une robe moulante cette tenue pourtant ordinaire cachait de multiples armes. Deux dagues en argents, se trouvaient au niveau de mes chevilles, dans leur fourreau. Ces armes étaient visibles par l’ennemi. Mes crocs et ma forme animale était également une arme. Mes yeux azures scrutaient l’horizon.
Comme d’habitude, je marchais pour prendre mes repères et découvrir toujours plus d’endroits. Un sac en toile, que je portais en bandoulière était remplit de diverses choses, notamment de vêtements, que je dissimulais ici et là, à l’abri de la pluie. Qui sait ! Cela pouvait toujours servir ! Mes formes étaient relativement instables. La colère me transformait en louve. La souffrance en humaine. Ainsi de suite.
La nuit tombait avec lenteur. Cependant je ne m’arrêtais pas pour autant de marcher. Je ramassais au courant de mon chemin diverses plantes médicinales, qui me serviraient à me soigner et à apaiser par la suite les souffrances causées avec de l’argent.

Je m’arrêtais au courant de mon périple un maigre instant histoire de remplir ma gourde d’eau. Un bruissement de feuille se fait entendre sur ma gauche. J’observe les deux biches cachées derrière les arbres. Quelles sottes ! Pensaient-t-elles un seul instant que mon flair lupin et mon ouïe lupine pouvait faire abstraction de leur présence ? J’émis un petit rire et la louve en moi s’agitait. Elle avait envie de courir après ces biches. Elle avait envie de leur déchirer la tête… Elle avait envie de se nourrir de leur chair… Je me fis violence. Car je savais que si je reprenais forme animale ma récolte serait perdue car je serais incapable par la suite de retrouver mon sac. J’aurais pour ainsi dire perdu mon temps. J’inspire un bon coup et reprend ma route, délaissant le petit ruisseau.

Je me sentais attirée vers ce rocher. Au loin j’en distinguais vaguement la forme. Il était comme toute roche élevé et m’offrirait donc une magnifique vue sur la forêt qui le surplombe. Le comble du rêve pour moi qui adorait tant observer la nature. J’accélère légèrement le pas. Je passe une main dans ma frange qui me barre la vue et au bout de longues minutes de marche j’arrive au sommet du rocher. Je m’assois au sol, et ouvre mon sac. J’en dépose le contenu au sol et murmure pour moi-même :

« Gourde avec l’eau de source c’est bon. Les herbes pour la vieillarde du village, aussi. Les herbes pour mes crèmes aussi… Il me reste une robe à placer c’est parfait. »

J’étais en train de ranger mon sac lorsqu’une masse noir s’abattit sur moi, en émettant un terrifiant grognement. Me propulsant a plusieurs mètres d’elle la créature émet un nouveau grognement. Je me relève aussitôt et dégaine une dague d mes chevilles. Je n’ai pas le temps de réagir que l’animal force vers moi et atteint ma gorge. Ses crocs s’enfoncent dans ma gorge. Je l’ai repoussé une fois, il n’a pas voulu fuir. C’est ma vie ou la sienne. Dans un geste vif, je lui tranche la gorge. Voyant son corps retomber au sol, secouer de spasmes je décide d’abréger ses souffrances et de le tuer dans le respect en lui plantant ma dague dans le cœur. Je retire avec lenteur ma dague et l’essuie sur le pelage de l’animal. La rangeant dans son fourreau je retourne auprès de mon sac et scrute d’un œil critique l’environnement qui m’entoure. J'étais bel et bien seul.

Par contre mon cou lui était dans un état plus que lamentable. Avec lenteur je saisis les feuilles récoltées, met un peu d’eau dessus et me les colles sur le cou pour abréger la douleur de la morsure. L'hémorragie arrête avec lenteur de faire son effet.Je constate que cela prend effet rapidement, accélérant le procédé de guérison. En quelques secondes je suis guérie, et je ne suis réellement pas fatiguée.

Je m’allonge sur le dos, bras croisés derrière la nuque, laissant le feuillage collé contre mon cou et observe le ciel. J’admire les petits points brillants, ainsi que la grosse tâche qui me fascine tant. Je comptais simplement me reposer, et repartir au plus vite… »
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Ven 6 Avr 2012 - 13:56

Des perles de sueur inondaient le front de l'elfe meurtris. Les vibrations qui activaient son rythme cardiaque perturbaient entièrement sa respiration dans des vagues sonores et incohérentes. Il haletait comme un animal ... C'était même pathétique et décevant d'observer un être aussi raffiné de son espèce se convertir en une bête traquée devant son prédateur. Un noble elfe au visage ensanglanté, les yeux exorbités et rivés sur une seule et même personne. Un lycan. Le colosse. Son bourreau. Il y avait la mort ... Et il y avait Thorolf. Une réponse dont la victime se délecte sans gourmandise. Son regard angoissé exprimait une terreur indomptable et infinie, des écumes de bave inondaient sa bouche à moitié déformée où se noyait la salive et le sang. Quelques dents ont réussi à être arraché par la main du vieux titan. Devant les yeux du malheureux, des mains sales et bandés se dressaient devant lui en demeurant totalement immobiles. Des épaisses et longues rivières sanguines serpentaient le long de ses coudes jusqu'aux bouts de ses propres doigts. Les gouttes se formaient aussitôt sur le bout de ses ongles crasseux avant de chuter et de s'écraser au sol, abreuvant ainsi la terre sèche de quelques douceurs.

]"Attendez, je ... Je me rends ! Je cesserai de vous traquer à compter de ce jour !"[

Thorolf resta impassible. Ses lèvres se refusaient d'omettre un quelconque commentaire insignifiant. Le silence régnait en maître, seuls l'essoufflement et les faibles gémissements de l'elfe résonnaient comme une douce et sinistre sérénade. La mâchoire tordue, des dents courbés avec violence au fond de sa cavité buccale, des plaies ouvertes sur la totalité de son être où sa sueur nauséabonde dégoulinait sur lui-même en émettant une forte odeur. Il avait réussi à ramper pendant plusieurs mètres ... Sa jambe gauche trainait à une certaine distance de leur position actuelle. Le membre avait cédé avec finesse et facilité. La hache était parvenu à sectionné sa jambe en martelant également ses os au passage. La hache ensanglantée trainait non loin d'eux ... Il n'avait pas besoin de cette arme symbolique pour l'achever. Il gisait ainsi, telle une proie apeurée, sans aucune once de dignité dans l'âme ... Il n'était plus que l'ombre de lui-même. Une ombre qu'un être comme Thorolf avait la capacité d'avaler et d'engloutir avec les souvenirs qui l'occupent.

"S'il vous plaît, je vous promets de tenir parole !"

Il supplia encore et encore ... Jusqu'à ce que Thorolf le retourne à nouveau vers lui, ouvrit brusquement sa bouche à l'aide de la force de ses grosses mains et tira la langue de toutes ses forces. Le maigre tissu corporel se détacha dans un flot de sang et le corps du guerrier elfique émit des sons particuliers tout en se secouant dans la boue, fou de douleur. Le vieux lycan se tint là, posé, apaisé même ... Il attendit patiemment. Pas de respect, ni de pitié. Il patienta encore que le mal et la douleur renversent son esprit et la conscience morale de cet être à l'agonie. Le temps devint interminable, lorsque le Colosse se résolut à s'emparer de son col en le fixant de son unique œil noir. Il le remit debout en face de lui et sortit un de ses javelots. Il plongea brusquement la moitié de la lance au fond de sa bouche, transperçant ainsi son gosier et sciant les recoins de la cavité. Une fontaine de "vin salé" s'extirpa de ses lèvres et se divisèrent en une multitude infinie d'éjaculations sanguines. Thorolf se mit à sourire et à caresser même tendrement le visage endolori qui empirait la pire des souffrances. La main se glissa sur ses pommettes et câlina du bout des doigts cette figure étouffée qui devint rapidement pâle. Brusquement, Thorolf tint sa nuque de ses deux mains et tourna avec fureur dans un seul et même sens ... Les cervicales lâchèrent suite à un craquement sinistre et la tête resta pendue sur ses épaules, complètement désarticulée. La nuque était brisée et le son des os résonnait comme un violent écho à ses oreilles ...

Le corps tomba à ses pieds, le javelot toujours enfoui dans les profondeurs de ses entrailles à partir de sa bouche. Thorolf ferma un instant les yeux et respira doucement. Il ressentait une pointe d'allégresse au fond de lui ... Une satisfaction personnelle, un féroce appétit assouvit. Puis un léger rire s'extirpa sans peine de ses lèvres ... Une situation pareille était toujours drôle. L'horreur du meurtre devait être accueilli par un rire sincère et honorable.
L'humour n'était pas son fort. La parole non plus. D'une nature silencieuse, Thorolf ne parlait pratiquement jamais pendant qu'il se préparait à massacrer un individu. Le silence était dans la nature de tout psychopathe. Il y avait un temps pour les coups, et d'autres pour les belles paroles. Dommage pour le guerrier qui le traquait, ses derniers mots sonnaient comme un adieu totalement inintéressant. Il reprit la hache et l'abattit contre son cou. La décapitation n'était pas d'une précision chirurgicale, mais la tête partit en un seul coup, dévoilant une autre mare sanguine. Des lambeaux de chair pendaient à partir de son cou ... Thorolf se baissa pour ramasser la tête à partir des cheveux fins de l'elfe. Il fixa le regard mort, dépourvu de toute sensibilité. Son oeil se dirigea sur les morceaux de viande qui restaient suspendus. Il les amena en direction de sa gueule et ses crocs n'en fit qu'une bouchée. Il reposa la tête morte à terre tout en mastiquant avec envie. La viande elfique n'était pas la meilleure ... Un homme robuste ou une femme svelte humaine restaient ses plats favoris.

Mais soudainement, ses genoux flanchaient en se cognant contre le sol. L'adrénaline descendu, sa frénésie animale devenue inexistante, il put constater que lui aussi avait subis quelques attaques venant de son ancienne proie ... Quatre flèches lui avaient pénétrées la peau. Deux derrières son omoplate gauche, une autre sur la droite de son dos et une dernière sur la jambe. Tout en respirant péniblement, il agrippa la flèche qui transperça la totalité de sa cuisse ... D'un geste vif et puissant, il l'arracha férocement. La lame lui cisailla l'intérieur de la plaie, un rugissement de douleur se fit entendre. Thorolf observa la pointe de la flèche sanguinolente ... Un crochet. Un putain de crochet. Impossible de retirer le reste sur son dos, il avait les bras demi-paralysés et avec une pointe pareille ... Il pesta un juron en jetant la flèche au loin. Il était dans l'incapacité de lever ses bras au-dessus de sa propre tête. Il fallait trouver un point d'eau ...

Il se releva tant bien que mal, toute sa grande force se reposait sur ses deux jambes. Il débuta la marche et rencontra un étang. Dans des lieux pareilles, c'était même une grande chance ! Il scruta les horizons et aperçu une forme curieuse ... Il flaira l'air ... Il y avait une odeur de fauve particulière au lycan mais cette forme ... Ne cessait de se métamorphoser. Curieux face à cette situation imprévue, il se rapprocha plus près. Il devint le spectateur de toutes ses actions, de sa manière de récupérer de l'eau dans une simple gourde en cuir, de sa vivacité et sa fougue en éliminant un animal bestial ... Pour enfin l'admirer en train de se reposer. La langue de Thorolf se passa sur ses lèvres tachées d'un sang sec. Tout ce qu'il voyait, c'était une cible. Lycan, elfe, nain, humain, vampire ... Tous étaient des cibles à ses yeux. Une proie à éradiquer, annihiler, exterminer, occire ! Tuer était trop juste, trop honorable et bon. Il fallait déchirer l'esprit, rompre l'âme en deux et assouvir ses fantasmes meurtrières les plus sombres et malsaines. La femelle était trop loin pour distinguer réellement son apparence ... La nuit fraiche n'était pas encore très clair. Il voulait tellement s'approcher de cette femelle ... De la prendre par les cheveux, de lui arracher violemment la carotide avant de l'empaler et de la regarder suffoquer jusqu'à la lumière discrète du matin ... Mais l'heure n'était pas encore au venu. Il fallait s'approcher de l'étang et se mettre à découvert ... Peu lui importait de rester discret ou non, il savait indéniablement que son corps était imposant et bâtissait une certaine intimidation à la vue de tous.

Ses pas le conduisaient donc en direction du point d'eau. Il jeta ses armes à terre et ôta ses vêtements avec difficulté. Les flèches meurtrières ne lui laissaient pas une seconde de répit. Tout en exposant sa nudité ainsi que son corps constitué de muscles, son regard se planta sur la lycanthrope. Il ne voulait pas tomber dans un sale traquenard et être piéger de la sorte. Dans tous les cas, si elle approchait de lui ... Il pourrait toujours la noyer en plantant sauvagement ses pouces au plus profond de ses orbites.
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Ven 6 Avr 2012 - 14:58

~ Il est grand temps de sauver ta petite personne...Jeune louve.

« Je m’endormais avec lenteur sous la pâleur de la lune. Baignée par cette douce lumière, je me plongeais un maigre instant dans quelques songes insignifiants.

Un rire frôlant la folie parvint à mes oreilles. Je m’éveillais en sursaut. Croyant que le personnage riant se tenait auprès de moi, je me mets à scruter l’horizon, les alentours, avec méfiance…

J’étais seule. Du moins presque. Une odeur affreuse parvint à mes narines. J’eus un haut le cœur. Mes sens étaient en alertes. Sa puait la mort. Sa puait la soif de combat. Sa puait et c’était répugnant. La louve en moi s’agitait. Quelqu’un me fixait… Et elle m’indiquait de me rendre auprès de la scène. Curiosité malsaine de l’animal ? Je n’en savais trop rien.

Avec prudence je saisis mon sac et le glisse en bandoulière. Mes pas frôlent l’herbe avec discrétion. Me cachant derrière les arbres, j’avance avec lenteur et prudence. Tous mes sens sont en alertes. Je lève le regard, scrute les arbres, scrute les recoins de cette forêt. Sur la défensive je remarque qu’a même le sol il y’a quelques traces. Me mettant agenouillée j’observe ces traces avec attention. J’y vois des petits pas. Puis quelques plus loin, il y'en a des beaucoup plus gros. Visiblement, le petit suivait le grand…

Restant accroupie, partiellement dissimulée derrière un arbre, je fixais la scène. Un corps…Démembrer s’offrait à ma vue. Ce qui devait être un elfe au vu des oreilles… Devait surement pister le gros colosse. Il y’avait une jambe et … Une langue ? Ô Sên ! Répugnant ! C’était un lycan ce colosse… Je le ressentais. Je crois un maigre instant que son regard se pose dans ma direction. Aussitôt je me glisse dos contre l’arbre et mon cœur s’accélère sous la peur. Ma respiration se fait plus bruyante. Lorsque je glisse un regard discret vers lui je remarque qu’il est totalement nu, face au point d’eau. J’avais vu de nombreux lycan au sein de la meute se transformer face à moi. Quelques-uns avaient des formes instables. Ainsi la vue de ce corps nu, aussitôt gras et large soit-t-il me laissait de marbre. Mon regard se posa sur les nombreuses flèches plantées dans son dos. Je plisse légèrement les yeux. Avec peine j’arrive à distinguer les marques dans son dos, et le sang qui dégouline de ces plaies béantes.
Il y’avait eu un affrontement… L’elfe s’était donc défendu… Il ne s’en était pas pris à un innocent… De plus ce pseudo elfe l’avait pisté… Il recherchait peut-être la mort, qui sait !

Je sors de mon sac quelques feuilles qui abrégeraient ses souffrances. Une sorte d’antidouleur. Je sors ma gourde et humidifie les feuilles. Restant dissimulée entre les arbres, j’approche vers le colosse. Inspirant un bon coup, je franchis la parcelle de terre qui sépare la forêt du lac. A découvert je cours en sa direction, lui plaque les feuilles dans le dos, au niveau des plaies. Je retire les flèches que je jette au sol et repars aussitôt.

Hélas je trébuche au-dessus d’un arbuste mort et m’étale de tout mon long au sol. J’émets un grognement de frustration et fixe la tête de l’elfe qui me fait face. Je déglutis bruyamment et imagine un maigre instant sa tête à la place de la mienne. Une flaque de sang entoure mon visage. Je passe une main derrière mon crâne et observe ma main ensanglantée. J’étais mal…Très mal tombée… Mes pensées se font confuses et je perds connaissance…

Je m’éveille quelques secondes plus tard et roule sur le dos en grimaçant sous la douleur. Je fixe la créature, mon regard croise le sien. Je prend aussitôt forme animale. Mes habits se déchirent et tel des confettis s’écrasent au sol, en minuscules lambeaux.

Sur mes quatre pattounes je le fixe. Mes pattes sont légèrement tremblantes. Je n’ai presque aucun équilibre, car la douleur aussi fugace soit-t-elle me perturbe.

Cependant, il était grand temps de sauver ma petite personne. Ainsi sans réfléchir je délaisse mon sac et pars en courant sautant au-dessus du corps sans vie de l’elfe. Je n’avais pas prévu de trébucher ainsi et de me faire remarquer. Mais j’avais perdu de précieuses secondes en perdant connaissance. Je m’arrête quelques mètres plus loin et m’allonge sur le flanc en respirant bruyamment. Ma respiration résonne dans mes oreilles. Je ne peux me concentrer sur les bruits environnants…

Etait-t-il-la ? Je n’en savais trop rien… Il fallait que je relève… Et vite… Que je retrouve mon sac, me soigne et sème le colosse. »
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Ven 6 Avr 2012 - 17:15

Avec lenteur, le corps de Thorolf s'immergea à l'intérieur des eaux. Ses jambes s'engouffraient aisément dans cette mare d'eau. Juste quelques herbes maritimes semblaient lui frôler légèrement les pieds. Sa respiration se coupa à moitié, la fraicheur de l'eau lui fit réagir. Trempé jusqu'à la moitié de la taille, il profita de laver la plaie ouverte et étroite de sa cuisse. Le sel rongea la blessure brûlante en évitant de l'infecter davantage. Le sang s'évapora à l'intérieur de l'étang comme une deuxième robe de couleur rouge. Le contact de ses flots était bienfaiteur ... Thorolf se retrouvait soulagé. Combien d'individus avaient-ils tuer cette nuit ? Son infiltration dans une ferme voisine a été remarqué par l'elfe qui l'avait traqué ... Thorolf tenta de se remémorer de toute l'histoire vécue il y a peine une heure.
Il avait défoncé la porte d'un moulin et exterminé une famille, dont trois enfants louveteaux. Les petits jappaient sans cesse, une peur incontrôlable les envahissait au-delà de leur tristesse. le vieux titan borgne avait commencé par dépecer les parents devant le regard ahuri et terrifié des enfants. Les intestins du père se mêlaient étroitement autour du cou de la femelle. Entre les vomissements et les sanglots, les petits ne savaient plus où donner de la tête. Museau qui d'ailleurs, Thorolf s'était empressé de broyer à coup de poings. Plus un son ne sortit de leur gueule. Plus aucune respiration omis celui du colosse ne pouvait se faire entendre. Une brutalité sans nom avait suffit à les faire taire. Mais un elfe défonça la porte et tira pas une, ni deux, mais bien trois flèches sur son dos. Sa rapidité était légendaire ... Mais au moment de se retourner, il envoya un des cadavres contre lui. Déboussolé, le traqueur tenta de reprendre ses esprits afin d'éliminer le lycan. Peine perdu ... Il reçu un coup de poing qui explosa sa dentition. Ensuite ... Attendez. La louve. Où était-elle ?

Thorolf se lava machinalement la totalité de son corps, mais à force de se rappeler la lutte contre l'elfe, il avait perdu de vue la louve. Bon sang ! Thorolf regarda autour de lui ... Personne. Il cracha un autre juron en frappant la surface de l'étang avec sa main. L'eau éclaboussa et profita de l'asperger sur tout le visage. Soudain, sans crier gare, il entendit quelqu'un courir mais ne put se retourner à temps. Il sentit une douleur fulgurante au niveau du dos qui le poussa à rugir avec colère ! Puis une autre souffrance apparut, et encore une autre ! Thorolf pensait que c'était cette vermine qui la poignardait avec une dague ... Il essaya de l'attraper en allongeant les bras derrière son dos, mais le mal était si mortel et percutant qu'il ne put que rugir et grogner avec puissance et amertume. Le Maître de guerre se retourna au même moment où la femelle se détacha de son dos. Il put remarquer sa longue chevelure noire foncée dans une direction. Il incita ses jambes à se remettre actif pour s'échapper de l'emprise de l'eau et la rattraper ...

Par chance, la louve tomba en percutant violemment la terre. Il se rapprocha d'elle tout en marchant, son ombre imposant la recouvrant totalement comme une éclipse. Elle restait allongé, totalement inerte. Que faisait-elle ? Etait-ce une autre feinte ? Thorolf s'agenouilla et s'empara de ses cheveux en la tirant légèrement vers lui. Non, l'inconscience s'était emparé de son esprit. Elle demeurait totalement immobile, mais elle vivait encore. Il la retourna pour mieux la dévisager. Lui qui s'imaginait déjà d'ouvrir sa poitrine pour plonger ses deux grosses mains et arracher toute organe, voilà que la stupeur brilla au fond de sa prunelle. Ce n'était pas sa beauté, ni même sa jeunesse qui étaient à l'origine de cette surprise. Elle ressemblait ... A une de ses sœurs. Un vestige de son ancienne meute. De la meute Gunnar.

Thorolf se souvint de cet instant précis. Toute la meute Gunnar n'avait cessé de fuir à n'importe quel danger. Tous étaient devenus craintifs, paranoïaques. Personne ne savaient bien se battre. Il n'y avait pas de sécurité, ni de dureté pour créer une défense suffisante à n'importe quel danger. La meute a été détruite dans le passé. Elle a été saccagé dans leur sommeil par des vampires vagabonds. Il se souvint du cadavre de son défunt père. Il n'était plus que des touffes de poiles sur sa chair blanche et animale. Thorolf ne le reconnaissait plus tant les plaies étaient ouvertes de part en part. Un morceau d'un long intestin était noué autour de son museau, Thorolf ne voulait pas savoir de qui il venait. Sa mère gisait éventrée en plein milieu du massacre, empalée par une lance, la mâchoire complètement désarticulée. Il y avait encore des larmes sèches sur ses yeux. Thorolf avait imaginé que les vampires l'ont empalé en premier avant de massacrer le reste de ses fils et filles sous son regard puissant et à l'agonie. Ses frères et soeurs portaient tous un amas de flèches sur leur corps. Ce n'était pas juste une ou deux ... Mais bien une dizaine de flèches sur chaque corps. Père, mère, frères, soeurs ... La terreur se lisait sur chacun de leur regard ... LA TERREUR !

Thorolf cessa brusquement de la regarder. Il en avait peur. Peur de cette chose à si petite taille, peur qu'elle se réveille au-delà des morts ou de sa propre inconscience ... Il empoigna fortement ses cheveux en marchant de long en large ... Que devait-il faire ? Qui était-elle ? Pourquoi ne pouvait-il pas la tuer ? Pourquoi ressemblait-elle autant à ... Thorolf rugit violemment en piétinant l'herbe comme un sauvage. La pression était trop forte, il fallait la laisser exploser. L'adrénaline, la frénésie, la fureur guerrière du colosse ... Mais très vite, tout cela s'estompaient pour laisser de la place à une fine tristesse qui lui affecta l'esprit. Il se retourna lentement, se baissa et la ramassa avec douceur. Ses bras la retenaient sans difficulté, elle était petite, légère ... Ses longs cheveux d'un noir jais laissaient percevoir une légère teinte bleutée. Ses yeux restaient encore clos. Son visage portait les traits d'une rare beauté auquel le plus brave des hommes aimerait y goûter. Même avec une certaine gourmandise.

Il se mit en marche, un pas devant l'autre en se rapprochant de l'étang. Il remarqua au passage les flèches délaissées par terre ... Elle avait réussi à toutes les extraire. Et curieusement, son dos restait endormi. Avait-elle placé une espèce de médecine pendant leur lutte ? Il supposa que c'était le cas, la douleur était devenue à peine perceptible. Thorolf soupira légèrement et ne quitta pas son regard sur le faciès de la louve. Il la reposa à terre avec une douceur particulière. Il resta un instant en train de l'admirer, sa main relevant ses cheveux. C'était la première fois qu'une telle douceur apparaissait ainsi. La raison était toute justifiée : Elle l'intriguait. Lorsque le réveil sera annoncé, il aurait bien des questions à lui poser.

Il prit le pan de fourrure qui le mettait normalement autour de la taille derrière la tête de la louve. Puis, sans un seul mot, il se redirigea dans l'eau. Il posa un pied dans l'eau, puis l'autre ... Et se retourna. Il croisa son regard. Il sentait à quel point elle devenait craintive. Thorolf avait goûté à toutes les angoisses appartenant à ses victimes, mais il ne s'y attendait pas à la voir se transformer aussi rapidement en louve pour décamper ! Il ne pouvait pas la laisser partir ainsi. Pas elle. Pas comme cela. Ses propres os se rétractaient durement afin de le convertir en un loup blanc neige et imposant. Il ne décida pas de lui courir après, mais plutôt de la contourner ... Tout en la suivant des yeux, il remarqua qu'elle s'était arrêtée. A cet instant précis, il fonça en sa direction. Elle était à nouveau allongée ... Encore ? Quel mal pouvait la frapper ainsi pour qu'elle soit si vite fatiguée ? Thorolf se transforma à nouveau et se tint sur ses deux jambes. Il la fixa sans rien dire pendant un moment ... Puis ses lèvres s'ouvraient en laissant échapper quelques mots d'une voix caverneuse :

"Tu décampes encore une fois, je te brise les pattes."

Il s'agenouilla à ses côtés, toujours sa nudité exposée. Mais entre tous les lycans de Thaodia, cela était considéré comme quelque chose de naturelle. Il la regarda de haut en bas, tentant de déceler la raison de sa profonde fatigue. Puis son oeil glacial se planta droit dans son regard :

"Ton nom."

Ce n'était pas une question, mais un ordre. C'était la première fois que Thorolf pouvait se montrer autant curieux à connaître un nom. Il devait déceler son identité pour savoir si elle faisait partie de la meute Gunnar ou non. Il ne voulait pas la tuer ... Elle avait ce quelque chose qui désamorçait toute la colère du vieux titan envers sa personne.
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Ven 6 Avr 2012 - 21:47

~ Essaye...De le comprendre, jeune femme...

«
Avec lenteur j’ouvre les yeux et reprend forme humaine. La louve ne supportait pas la douleur. Je m’assois et glisse mes bras sur ma poitrine. Je ramène mes jambes repliées contre mon buste et je le fixe de mes grands yeux bleus. Le lycan me fixe aussi d’ailleurs. Une voix grave parvint à mes oreilles :
"Tu décampes encore une fois, je te brise les pattes."

Je m’imaginais… Jambes brisées, a ramper au sol… Lorsqu’il s’agenouilla à mes côtés, j’eus un mouvement de recul. Après tout je m’imaginais la scène… Et le savoir si près de moi, le savoir dans la capacité de m’attaquer à tout moment me perturbait légèrement. Je détournais le regard lorsqu’il vint planter son regard dans le mien. Il était borgne le pauvre homme ! C’est alors qu’il m’ordonne de lui donner mon nom… Au lieu de quoi, je murmure d’une voix douce :

« Mon sac s’il vous plait… J’ai… J’ai surement une blessure derrière la tête et… Si je ne me soigne pas je vais me vider de mon sang ! Ou m'endormir le temps que notre... Don ? Se met en place ! Et je vous assure que manger une lycane à la broche ça doit pas être vraiment bon ! »
Je relève mon regard vers lui, esquissant un petit sourire amusé. Inspirant un bon coup je murmure :
« Knywett est mon nom. Mais on m’appelle Lou… » J’esquisse un sourire et passe une main derrière mon crâne. Lui montrant ma main ensanglantée je lui fais ainsi savoir que c’est urgent. Nous étions presque au même endroit qu’avant. Le petit lac n’était qu’à quelques pas, et mon sac aussi. Je rajoute dans un sourire toujours :
« Après tout, si je décampe vous me brisez les jambes. »

Oui je le vouvoyais. Après tout je ne savais point ce qu’il me voulait.
Avec lenteur le colosse se relève, je me relève en même temps et me dirige vers l’arbre le plus proche en affichant un sourire victorieux. J’y saisis une des robes dissimulées et l’enfile rapidement, bien heureuse de ne pas être ainsi exposée à sa vue. Je me rassois aussitôt au sol, bien trop sonnée par la plaie pour pouvoir rester plusieurs minutes debout. Il met mon sac à l’envers, devant mes propres yeux et le vide en le secouant. Ma gourde se fracasse au sol et j’émets un grognement, pas contente. Les herbes glissent au sol et j’en saisis de suite une. Je prends le fond de la gourde encore humide et en récolte les dernières gouttes d’eau. Puis je dépose les herbes sur ma nuque et m’allonge sur le ventre en laissant ma main appuyée derrière mon crâne. Histoire de faire la conversation je demande d’une voix douce :

« Quel est votre prénom lycan ? »

Allongée sur le ventre, mon visage tourné en sa direction je le scrutais avec attention. Ma frange barrait légèrement mon regard, ainsi je ne pus distinguer que son torse lorsque je m’adressais à lui. Et puis, remonter mon visage vers ce grand bonhomme m’aurait surement provoqué un torticolis ! J’émets un bâillement et laisse glisser ma main le long de mes hanches. La main du lycan s’abat sur ma nuque, tenant le feuillage. Je sursaute, de peur qu’il me rompe la nuque, mais il ne fait rien de cela. Alors, fermant les yeux avec lenteur, je lui déclare simplement le fond de ma pensée :

« Je vous ai soigné… J’en suis désolée si cela vous à vexer. Je sais que les grands lycans aiment souvent se soigner eux même par fierté mais j’ai vu que vous étiez salement blessé… Après tout… Vous étiez pisté… Normal que vous vous défendez non ? » Ma voix se termine dans un murmure.

L’herbe fraiche et le sol dur ne me permettraient pas de trouver un sommeil convenable. Au bout de plusieurs minutes je me glisse jusqu’au lycan et dépose mon visage contre la large épaule qui me faisait officiellement, office de coussin à présent.

Ma plaie était déjà guérie. Je me reposais simplement. Je ne désirais pas lui fausser compagnie en partant dans de longs songes. J’avais aussi besoin d’un bain, mais m’aventurer dans l’eau aussi tardivement pourrait me couter très cher. Ainsi, je devais rester là, souillée par mon propre sang à attendre qu’il m’autorise à partir. »
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Sam 7 Avr 2012 - 3:05

Le visage de marbre, le corps immobile. Thorolf toisa la jeune lycanthrope d'un regard sévère et transperçant, comme si son œil risquait de lire ses pensées au-delà de la chaire. Malgré la dureté qu'il pouvait afficher à l'encontre de la louve, c'était à priori pour camoufler son inquiétude face à cette apparence si semblable à une de ses sœurs ... Comment s'appelait-elle déjà ? Il y en avait tellement ... Sonïa ? Non ... A moins que ce soit Zora ? Il laissa tomber ce genre de détail pour le moment et se concentra sur la réponse donnée. Mais la réponse devait attendre car la jeune louve s'exclama vivement en précisant sa piteuse situation ... Normalement, Thorolf aurait déjà lancé son poing dans son visage pour une première fausse réponse. Mais il la laissa parler, la laisser s'exprimer en toute liberté devant son unique œil critique et froid. Il voulait se mettre en colère et réprimander qu'un loup possédait un don de régénération enfin ! La blessure ne devait pas être si intense ! Mais il parvint à afficher un maigre sourire lorsque celle-ci ajouta une touche d'humour pour égayer un peu le moment. De l'humour ... Pour le vieux colosse, cela était une vérité. Un rythme hebdomadaire.

A presque chaque victime qu'il tuait, il était capable d'ingurgiter la moitié de leur corps sans avoir l'estomac retourné. Il possédait également un abri discret au fin fond des marais ... Son garde-manger. Des voyageurs perdus ou de nombreux blessés ayant participé à des conflits qu'il avait récupéré par la suite. Tous étaient accrochés par un crochet le long d'une chaîne. Tous demeurait ainsi, beaucoup même perdait très rapidement de leur fraîcheur d'autan. Il suffisait de prendre un outil comme un hachoir, de sectionner un membre, d'en retirer un morceau et de mâchouiller la viande jusqu'à séparer les filaments avant de l'avaler. Cela n'était pas un problème. Mais pour les communs, les "autres" comme il les appelait, c'était était sans doute inhumain. Un blasphème apocalyptique. Pour lui, c'était une réalité. Un simple mode de vie qu'il appréciait avec délice. Thorolf baissa son regard en secouant négativement de la tête, son sourire toujours déployé sur son visage. Il répondit avec le plus sérieux du monde :

"Cela dépend des parties ..."

Il n'en ajouta pas davantage. Libre à la louve de croire ce qu'elle voulait, de comprendre sa phrase ou non, de déceler la vérité absolue de l'humour mensonger. Elle lui dévoila enfin un nom. Son identité. Peste, ce n'était pas ce qu'il attendait ... Il soupira bruyamment en quittant son regard. Elle ne faisait pas partie de son ancienne meute. Personne n'avait survécu sauf lui. Des ruines jonchées de cadavres animales. Knywett ? Ce nom ne lui signifiait rien. Elle attira son attention avec sa main imprégnée de sang. D'accord, il dut l'admettre ... Ce n'était pas qu'une simple blessure. Sans même jeter un oeil à cette dernière, il devina que la cavité devait être de taille moyenne et surtout profonde. Il fallait effectivement agir rapidement. La jeune louve tenta une nouvelle approche comique, mais Thorolf ne comprit pas que c'était encore de l'humour. Il riait rarement. La dernière fois, c'était lorsqu'il est parvenu à trancher la jambe de son adversaire, puis à l'utiliser comme masse jusqu'à rompre ses cervicales. Le corps s'était tut après un craquement sinistre et bref.

Encore, cela n'était rien lorsque ses pensées lui dessinèrent l'événement du mois passé. Il avait osé ouvrir verticalement le thorax d'un vampire avant d'y plonger ses mains jusqu'aux coudes en étirant violemment la plaie sur les côtés. Dire qu'il avait plongé sa tête à l'intérieur serait quelque chose de dément. Mais un rire d'aliéné était monté au plus profond de lui, ses pommettes effleurant des organes ensanglantés, il se noya presque à l'intérieur des entrailles de son ancien ennemi. Il n'y avait rien à redire ... Le rire, il connaissait. L'humour, non. C'est pourquoi il le fit remarquer d'un bref signe de tête sans ajouter une quelconque parole "Tu as tout compris". Non, malgré le fait qu'elle ait réussi à afficher autant d'impact et à calmer le guerrier barbu n'était de loin pas une raison pour entreprendre des démarches seules.

Lentement, les deux lycans se redressaient. Thorolf veilla discrètement à ce qu'elle ne retombe pas en arrière. Il la laissa mener la marche et suivit juste derrière elle. Il inspecta la blessure ... Le trou était assez conséquent tout de même. Il ne savait pas si elle se rendait compte de la taille puisqu'elle était incapable de l'apercevoir. Néanmoins, il la suivit en calculant le moindre de ses mouvements. Il ne savait pas dans quel but, mais il ... Il voulait la soigner. Pas la détruire comme il avait coutume de le faire. Son instinct de mâle remarqua la situation et ... Non, pas de colère. Son corps autant que son esprit semblaient ne pas allez à l'encontre de cette décision. Soigner cette Lou, guérir une louve ... C'était tout simplement contraire à ses principes. Il tuait tout le monde. TOUT LE PUTAIN DE MONDE ! Mais elle ... Elle n'était sans doute pas tout le monde. Elle symbolisait même la seule et infime partie humaine que Thorolf pouvait accepter. Elle représentait une chose frêle, sensible, fragile ... Quelque chose qui était constamment en éveil pour échapper à ses agresseurs. Cette idée resta encrée dans sa tête ... Les questions viendront plus tard.

Une fois arrivée une troisième fois dans la destination souhaitée, Thorolf ne put cacher un sourire ironique ... Il espérait qu'il ne devrait plus faire la course à nouveau et se baigner pour de bon. Son anatomie de mâle toujours autant exposé et ses plaies légèrement refermés demandaient sans doute un tissu ou quelque chose pour camoufler tout cela. Il repéra immédiatement le sac et s'en empara le premier. Il renversa tout le contenu à ses pieds pour savoir ce qu'elle avait réellement besoin. Il ne prit pas en compte son grognement impulsif et surveilla les mouvements de la jeune Lou. Elle s'installa par la suite d'une manière confortable, sa main retenant la feuille dans une position pas tout à fait confortable. Thorolf s'installa à proximité d'elle en position assise. Il déchira les bandages ensanglantés et enveloppés autour de ses grosses paluches, puis jeta au loin les restes de tissu. il s'empara d'une bande en cuir qui noua ses cheveux et l'enleva pour laisser reposer sa longue chevelure d'un blanc neige. Quelques tresses ornaient sa coiffure ainsi que sa barbe. Il noua la bande de cuir autour de son poignet pour éviter de la perdre.

En brisant le silence récent qui s'était installé, elle lui demanda son nom. Chose normale après tout, mais Thorolf en était gêné. Etait-ce réellement nécessaire ? Il avait connu tellement de noms ... Pour le moment, toute cette politesse absurde le gênait ... Elle et lui étaient des lycanthropes non ? Il n'avait jamais pu accepter la courtoisie. Quelque chose de typiquement inutile, leur vie était courte, il fallait étaler les principes et les convictions sans mordre sa langue. Il regarda ses jointures à la lumière de la lune et réclama en affichant un sourire en coin :

"Tu me parles comme si j'étais un ancien avec une canne. Déglutis une dernière fois et tutoie-moi."

Il craqua ses jointures. Un bruit sec se fit entendre durant une bonne seconde. Ses doigts se mirent en mouvement pour apaiser la douleur et retravailler la maniabilité de sa main.

"Boucher, psychopathe, meurtrier, cancer de Thaodia, chose abjecte sur pattes, démon, bourreau ... Appelle-moi comme tu veux. Mais Thorolf est peut être plus juste parmi tout ceux que j'ai cité."

Il était inutile de préciser un nom de famille qui appartenait au passé. Cela était encore un grand miracle qu'il ait cité son véritable nom ... Elle était la seule à l'avoir entendu aussi facilement et simplement. Il la regarda à nouveau et vit sa main parcourir se reposer sur l'herbe. La feuille allait tombé ... Il allait ... D'un geste rapide et précipité, il parvint à la tenir en place. La pression de sa main sur sa tête se fit plus doucereux car il sentit qu'elle n'était pas à l'aise. Son pouce profita de caresser ses longs cheveux noir pour la mettre en confiance. Dans un tel moment, mieux ne valait se montrer craintive et stresser sans quoi le sang affluerait plus rapidement. Il écouta ses paroles avec attention ... Elle était désolée. Thorolf ne put s'empêcher de pouffer de rire et de lui couper la parole :

"Je ne t'ai rien demandé. Mais t'as été brave pour te jeter comme ça sur moi, je te l'accorde. Tu es peut-être même la première."

Il continua de l'écouter ... Elle pensa que lui n'était qu'un innocent dans cette affaire. Elle n'était pas là et n'avait pas eu vent de ce que Thorolf avait réalisé à cette famille de campagnards juste à vingt minutes de marche depuis leur position actuelle. Il ne sût quoi lui dire ... Il décida de ne pas trop lui en dévoiler d'un coup. Sa compagnie ne lui était pas déplaisante pour autant.

"Je me défends rarement. J'attaque souvent."

Gentiment, il sentit sa main bouger. Le corps de la jeune louve se mit en mouvement pour s'affaler contre lui. Un instant plus tôt, elle était en train de courir dans la direction opposée que le vieux guerrier. Ensuite, elle resta recroquevillée sur elle-même en face du regard furieux du colosse. Et maintenant ... Elle était sur lui ? Comme ça, sans explication ? Un sentiment inconnu et curieux l'envahi ... Une épaisse chaleur commença à tambouriner ses muscles. Un désir de protéger cet être contre toutes personnes malveillantes prenait gentiment place. Que craignait-elle pour avoir aussi vite confiance à un être comme lui ? Elle recherchait un guerrier capable de la protéger, de lui offrir une solide sécurité ... Oui, mais contre quoi ?

Sa tête contre son épaule, il s'affala un peu plus à terre pour mieux la prendre auprès de lui. Son bras resta un instant au-dessus d'elle, ne sachant s'il devait la toucher ou non. Finalement, il devint engourdi et se posa avec douceur sur son dos. Son oeil rencontra le haut de sa tête chevelue, sa barbe frôlant légèrement le front de la femelle.

"Tu te reposes ainsi avec tous les inconnus sanguinaires que tu croises ?"

Il échappa un rire bref et reporta son attention sur le ciel étoilé. Le corps de l'elfe gisait à quelques mètres d'eux. Et eux, insouciant face à cette image sinistre, se reposait l'un sur l'autre.

"T'es imprévisible ... Mais tu me plais."

L'avoir dans ses bras était un contact agréable, il pouvait ressentir ses pulsations plus rapides que les siennes, sa respiration entonner continuellement son refrain . La douceur de sa peau était délicieuse au toucher, mais sa main ne se déplaça pas pour autant. Il empoigna la main de la louve afin de la poser sur son torse recouvert de muscles. Tant qu'à faire, autant qu'elle puisse être le plus confortable possible et ne pas se gêner pour autant. Son bras entourant la jeune louve, il pouvait sentir à quel point la petite était légère. Il resta ainsi stoïque en attendant que la louve reprenne des forces ... Il suffisait qu'un inconnu passe par là pour que la bestialité de Thorolf se mette en marche et l'étripe afin de la protéger. Il repensa à nouveau à la comparaison entre elle-même et sa propre soeur ... C'était réellement une image qui le hantait. Il murmura pour lui-même d'une voix calme éteinte :

"Tu lui ressembles tellement ..."
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Dim 8 Avr 2012 - 14:07

~ Comme un frère et une soeur ?

«
J’étais gentille… Douce et docile… Car au moindre faux pas… Il pouvait me tuer en un seul claquement de doigt. Je devais le tutoyer, il me l’avait demandé en affichant un sourire. Mais qui tutoierais un boucher, un psychopathe, un meurtrier, un démon ou un bourreau comme lui-même le disais si bien ? J’appris qu’il attaquait souvent… Mmh, rassurant ! L’homme s’affala légèrement, pour mieux me prendre contre lui. Je ne protestais pas. J’étais fatiguée, et le confort d’une étreinte un peu grassouillette ne se refusait pas. Sa barbe chatouilla légèrement ma frange. Je fermais les yeux et l’écoutais avec attention :
"Tu te reposes ainsi avec tous les inconnus sanguinaires que tu croises ? T'es imprévisible ... Mais tu me plais."

Un rire résonne à mes oreilles. Involontairement j’esquisse un sourire et hausse doucement les épaules. Pour moi, cet homme n'était point un monstre et c'était rare que j'eus de fausses impressions :

« Rares sont ceux que je soigne et rares sont les lycans en qui j’ai confiance. J’ai vu l’elfe la bas, et… Si vo… Tu me voulais morte, je le serais depuis avant, je griserais a tes pieds, pattes brisées, cottes fêlées ! De plus je te plais déjà, alors je ne pense pas qu’on tue une jeune femme qui nous plait n’est-ce pas Thorolf ?»

Il saisit ma main et la déposa sur son torse. J’eus un mouvement de recul. J’avais peur qu’il m’appréciait un peu trop. Cependant, je remarquais que ses mains restaient situées au même endroit. Le lycan ne profitait donc pas de ma vulnérabilité dans l’instant présent. Intérieurement j’étais reconnaissante. Je laissais ma main sur son torse et gardant les yeux fermés je m’endors contre lui. Les dernières paroles qui parviennent a mes oreilles ne sont autres que :

"Tu lui ressembles tellement ..."


Gesticulant dans mon sommeil, les cauchemars me prennent d’assauts. Je me cramponne involontairement au torse de Thorolf et émet une petite plainte dans mon sommeil. Une main se glisse dans ma chevelure et je me réveille en sursaut, heurtant le menton du lycan. Je me masse le crâne et murmure de vagues excuses. A moitié affalée sur lui je reprends mon souffle et laisse couler quelques larmes complètement terrorisée.

Je m’écarte de lui, me rendant compte de la proximité que j’avais mis entre son corps et le mien. Je glisse assise sur l’herbe et dépose mon visage entre mes mains. Quelle honte de pleurer devant un lycan aussi costaud !

Je passais pour faible mais… C’était si horrible… Je me voyais à la place de l’elfe… Ainsi démembrée… La vision du corps m’avait visiblement choqué plus que je ne le pensais et cela se répercutait dans mes rêves…

Il ne faisait toujours pas jour, j’en déduisais que mon sommeil fut de courte durée. Cependant, je n’avais point envie de replonger dans de sombres cauchemars. Ainsi je jetais un petit regard à Thorolf et pensais au sang séché le long de ma nuque. La lac n’était pas loin.

Avec lenteur et prudence je me relève et sèche mes larmes d’une main. J’adressais un petit sourire a Thorolf et lui tendit ma main pour qu’il se relève. Un geste machinal qui me fit rigoler timidement. S’il s’aidait de moi pour se relever, je risquerais bien de m’écraser au sol en un seul coup de main. Lorsqu’il fut debout je glissais tout naturellement ma petite main dans la sienne et l’entrainait vers le cours d’eau.

Aussi étrange que cela puisse paraitre je le voyais plus comme un grand frère, que comme un inconnu. Parfois, les choses ne s’expliquaient pas. Les sentiments et les ressentis se déclenchaient tout seuls.

Quelques oiseaux s’étaient posés sur le corps démembré de l’elfe. Je plissais simplement les yeux, répugnée par cette vision. L’ombre de Thorolf cachait partiellement ma vue a présent. Ainsi, me plongeant dans la noirceur, je trébuchais de nombreuses fois au courant du petit chemin. Cependant, les gros bras du lycan me ramenèrent toujours sur mes pieds, avant même que je touche le sol.

Arrivant près du lac, je lance d’un air enfantin :
« Le dernier a la flotte, c’une tapette d’elfe ! » Je retire ma robe, point complexée par mon corps nu. Je plonge dans l’eau en riant aux éclats.

Oui je me sentais bien… Comme si… Un lien nous unissait depuis toujours. Sentiment étrange et si plaisant à la fois... »
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Mar 10 Avr 2012 - 0:03

La bestialité de Thorolf ne se manifesta pas un seul instant. Il la garda ainsi à l'intérieur de son bras, la sentant affalée contre son propre corps aussi massif qu'un rocher. Il pouvait sentir sa respiration devenir paisible, sentir son buste lui frôler sa peau à chaque inhalation. Le vent ne se leva pas pour autant, il devint timide et ne voulait en aucun cas brusquer ce moment complice. Sa longue coiffure ébène se dressa sur son champ de vision, libérant son parfum fidèle à elle-même. Le calme plat. Pas un seul bruit. Seulement le croassement des corbeaux au-dessus du cadavre de l'elfe se faisaient entendre. Ils attendaient impatiemment de plonger leur bec dans la chair morte afin d'extirper suffisamment de viande pour combler leur maigre estomac. La louve l'écouta avec attention au moment où ses paroles sortaient de ses lèvres. Elle resta ainsi sur lui, bercer par la chaleur corporelle du vieux guerrier ... Et lui, la surprise était totale : il ne la tua même pas. Il n'afficha aucune hostilité, ses mains ne voulant pas briser ce cou, ses crocs tranchants ne voulant pas atteindre son cou afin de dévorer sauvagement la carotide et de l'extirper en-dehors de sa gorge. Il aurait pu l'étrangler mille fois, la dépecer sauvagement en comblant son appétit meurtrier. Son corps ne répondait pas à ses idées bien plus qu'alléchantes ... Il n'y pensa pas moi. Mais au fond de lui, il ne voulait pas nécessairement lui faire du mal. Bien que son apparence ainsi que sa personnalité de louve frêle avaient réussi à percer un semblant d'humanité au fond de lui, le danger restait constant. Et c'est d'ailleurs par cela que Thorolf lui répondit après l'avoir écouté jusqu'au bout :

"Je ne porte personne dans mon cœur. Pas même ma sale gueule."

Si elle savait ... Si elle savait combien d'hommes, de femmes et d'enfants le colosse avait trucidé, massacré, anéanti leur vie jusqu'à engloutir leur âme et leur mémoire. Si elle savait que Thorolf achevait même ses propres soldats qui suivaient ses ordres, ses alliés ainsi que n'importe qui pouvant l'aimer. L'amour n'y était pas ... Tout était une question de confiance durant un temps plus ou moins limité. Le fait que Thorolf puisse accepter la sympathie de quelqu'un, même rencontrer l'amour ... Il éradiquait tout sur son passage, sans suivre un seul raisonnement. La démence était omniprésente, la folie ne le quittait pas un seul instant. Mais cela, elle ne pouvait pas encore le savoir. Cela demeurait encore comme un mystère ... Mais le Maître de guerre pensait très bien qu'il n'était pas le seul à garder des secrets.

"Pas même ma sale gueule". Non, pas même sa sale gueule. Thorolf ne vivait pas. Il ne se sent ni mort, ni même vivant. Il est devenu une entité insensible. Un parasite. Un cancer. Il n'était qu'un instrument des divinités, une machine de guerre, un tortionnaire brutal, une moissonneuse qui récoltait les âmes et déchirait des familles entières. Vivre ou mourir, quelle différence ? "L'autre monde" ne l'a jamais accepté. Il a souvent croisé le regard de la fatalité, d'une faucheuse sans visage auquel il pensait que sa dernière heure était arrivée ... Mais ce ne fut jamais le cas.

Elle s'assoupit contre lui, comme une masse. Le titan resta en éveil en observant les alentours. Il surveilla ainsi les divers horizons durant de bonnes minutes quand très vite, les mouvements de la jeune louve commençaient à gesticuler dans tous les sens. Thorolf abaissa son regard et renforça l'étreinte de son bras pour la rassurer que la sécurité dont il offrait était toujours là. Ses petites mains s'agitaient devant son œil impassible, tentant vainement de s'accrocher à quelque chose de salutaire. Il la secoua vigoureusement pour tenter de l'extirper de son sommeil, mais son cauchemar tenait bon. C'est en posant sa main sur une mèche de ses cheveux qu'elle se redressa vivement en fracassant sa tête contre le menton du lycan. La douleur était risible, mais de légers picotements se faisaient ressentir.
Il se massa la barbe pour aérer ce nouveau coup quand une chose bien précise retint toute son attention ... Il avait déjà vu ce phénomène. Des gouttes d'eau qui serpentaient le long des yeux pour chuter inexorablement dans un espace infini avant de rejoindre le sol terreux. Thorolf n'avait jamais pleuré, il ne pouvait partager son propre ressenti. Mais il savait bien que les sanglots apparaissaient dans des moments d'extrêmes angoisses ou ... Quelque chose comme ça. Bien qu'insensible à ce geste, il la laissa s'écarter de lui et vider sa peur par les larmes. Il resta silencieux durant tout le processus. Combien de visages différents avaient-il observé en train de larmoyer ? Cela se passait juste avant de leur mutiler le visage. Ou même pendant d'ailleurs. Mais elle était encore en vie et débordait de santé. Elle pouvait s'estimer heureuse et chanceuse de n'être pas passé par-là elle aussi ... Il observa son regard évité avec précision le cadavre de l'elfe démembré. Il l'aurait volontiers pris le défunt dans ses bras et le poser juste en face de ses yeux en lui beuglant de regarder avant que lui aussi ne la décapite.

"Même mort, il a bien plus de raisons que toi à pleurer sur son sort. S'il le pouvait encore ..."

Thorolf pouffa de rire sans afficher aucune joie. Il aligna cette dernière phrase en regardant le cadavre.

"Toi tu débordes de vie."

Il ne savait pas du tout et n'anticipa aucune constatation de la louve. Elle pouvait penser de nouveau ce qu'elle voulait. Il exprimait cela comme une menace, mais aussi comme un conseil avisé. Une marque de sympathie autant qu'un terrible avertissement. Autant de noir que de blanc. Il l'observa se redresser sur ses deux jambes, puis lui tendre la main. Thorolf afficha un faible sourire. Sans méchanceté, il gifla la main tendue en sa direction, puis se mit debout tout seul. Il voyait qu'elle essayait de rattraper son manque d'assurance, mais ce n'était pas comme cela qu'elle allait y arriver. Il aurait pu être étonnement impressionné si elle s'amusait avec le cadavre de l'elfe, mais cela n'était qu'une illusion. Dans sa nature de lycanthrope résidant encore de l'humanité et, bien entendu, un esprit sain. Chose que Thorolf avait perdu depuis son enfance. La bestialité était sa nature. La folie était sa réalité. Les choses étaient ainsi faites.

Rapidement, elle se jeta dans l'eau fraiche de l'étang en ayant préalablement enlevé tout tissu qui ornait son corps. Elle possédait des courbes voluptueuses qui aurait charmé bien plus d'un lycan. Mais la beauté n'atteint pas le titan. Il connaissait la persuasion, vivait avec l'intimidation ... Mais la séduction ? Cela était trop demandé pour son pauvre esprit et ses connaissances limités dans le domaine. Au moins, l'avantage était que rien ne pouvait l'attirer à une femelle ... Sauf une. Héra Calliope. Mais elle, c'était une autre histoire. Il ne percuta de nouveau pas que la phrase de la louve était censée être drôle ou justifier un sourire de sa part ... Que c'était un jeu innocent et complice. Thorolf haussa les épaules, ôta l'unique fourrure qui entoura ses jambes puis marcha en direction de l'eau. Il plongea la tête à l'intérieur et la rejeta en arrière, libérant un flot d'eau au-dessus de lui. Il marcha en direction de Nina en lui intimant :

"Tourne-toi.

Il ne se gêna pas pour s'approcher d'elle. Lorsqu'elle lui montra son dos, son bras se tendit et sa main la toucha. Il sentit un frissonnement de sa part. Il ne savait pas si c'était le froid de l'eau ou le contact soudain du guerrier, mais dans tous les cas ce dernier lui précisa :

"Si j'avais voulu te rompre le cou, je l'aurai déjà fais avant."

Les doigts remontèrent jusqu'à ses cheveux puis les tenaient en hauteur pour apercevoir l'ancienne blessure : il n'y avait plus rien. Que du sang à nettoyer. La cavité s'était entièrement refermée, pas de trace d'une quelconque rougeur ...

"Aussi guéri qu'un nouveau-né sortant du ventre de sa mère. J'ignore si ça se dit, mais c'est la seule chose qui m'est venu à l'esprit."

Il laissa retomber sa main et se baissa entièrement pour mouiller davantage la surface de son corps épais. Bien trop grand, l'étang ne l'atteignait que jusqu'à la taille. Il supposa que ses plaies étaient aussi guéries ... Après tout, il en avait vécu des pires. Il n'oublierait jamais donc le combat contre Mordrakan. Non plus contre celui de plusieurs sangsues géantes. Bien qu'il avait remporté bien plus de victoires que de défaites, il remarqua que la jeune femelle était en proie à une lourde difficulté.

"Je ne suis pas aveugle Lou. J'ai vu comment tu t'es débattue. J'ai vu à quel point tu as recherché à t'enfuir. Tu n'as pas l'âme d'un prédateur. C'est si facile de te cueillir comme une proie mais je me demande ... Pourquoi ? Pourquoi devrais-je renoncer à t'ôter la vie ? Pourquoi toi, et pas quelqu'un d'autre ? Est-ce que tu mérites réellement la vie ? Si tu as quelque chose à me dire du mal qui t'entoure, tu as intérêt à l'avouer maintenant."
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Mar 10 Avr 2012 - 14:44

~ Pseudo-menace !

« L’eau percuta de plein fouet mon visage lorsque le lycan plongea a la flotte. Il m’ordonna de me tourner ce que je fis sans rechigner. Je le savais la, dans mon dos. Ne disait-t-on pas qu’il ne fallait jamais tourner le dos à l’adversaire ? Ou bien ne jamais tourner le dos à l’ennemi ? Qu’importe. Car à mes yeux Thorolf n’en était point un. Ainsi quand il passa sa main sur mon dos je ne pus retenir un frissonnement. Rares étaient ceux qui m’approchaient. Rares étaient ceux qui pouvaient toucher mon dos. En 28 années d’existence il me semble qu’une seule personne en eut l’occasion… Et actuellement je voulais la mort de cette personne. Cette personne qui hantait mes nuits et me rendait psychopathe a plein temps. Mais cela, c’était une autre histoire. Comme pour me rassurer le lycan lança :
"Si j'avais voulu te rompre le cou, je l'aurai déjà fais avant."

J’esquissais un petit sourire. Comme si je ne l’avais pas compris…
Ses doigts se glissèrent sur ma chevelure. Il les teints en hauteur, pour apercevoir une potentielle blessure qui visiblement n’était plus de la partie :

"Aussi guéri qu'un nouveau-né sortant du ventre de sa mère. J'ignore si ça se dit, mais c'est la seule chose qui m'est venu à l'esprit."

Sa main disparut et je me surpris à me tourner contre lui en haussant doucement les épaules :
« Cela peut se dire, effectivement. »

Toujours dans l’eau je fais un pas en arrière et remarque que l’eau atteint rapidement ma poitrine. L’homme reprend :

"Je ne suis pas aveugle. J'ai vu comment tu t'es débattue. J'ai vu à quel point tu as recherché à t'enfuir. Tu n'as pas l'âme d'un prédateur. C'est si facile de te cueillir comme une proie mais je me demande ... Pourquoi ? Pourquoi devrais-je renoncer à t'ôter la vie ? Pourquoi toi, et pas quelqu'un d'autre ? Est-ce que tu mérites réellement la vie ? Si tu as quelque chose à me dire du mal qui t'entoure, tu as intérêt à l'avouer maintenant."

Je le regarde avec attention et soupire légèrement :

« Tu ne m’ôtera pas la vie ! Car si t’avais voulu me rompre le cou, tu l’aurais déjà fait avant ! » J’esquisse un maigre sourire et hausse doucement les épaules :
« Car je lui ressemble tellement ? Toi-même tu me la dit ! Et puis… »
Je n’arrive point à déchiffrer son regard. Haine ? Compassion ? Amour ? Amusement ? Je soupire et me lance dans mon récit :

« Dans mon jardin, il y’avait une meute de loup. Si tu veux vraiment tout savoir… Ils n’étaient qu’une 10ènes. Moi, j’observais celui qui avait les yeux de deux couleurs différentes. Ce n’était qu’une meute de chiens errants. Je les observais lorsque j’étais humaine, depuis mon jardin. J’étais là, assise au sol, et je voyais leur corps se mouvoir avec grâce dans la forêt. Il y’avait des chasseurs dans la région où j’habitais. Enormément de chasseurs. Un jour, un coup de feu retentit. Je ne voulais pas qu’un des loups soit touché, car après tout moi j’aimais bien ces animaux… »

Les souvenirs me prennent d’assaut, ça fait un mal de chien de repenser a tout cela :

« J’étais sortie dehors… Il n’y avait rien de spécial dans la forêt. Mais en retournant vers mon ancienne demeure, je pus constater qu’il y’avait un long filet de sang. Il s’étendait des bois, jusqu’à ma maison. J’étais jeune et sotte, ainsi j’avais laissé la porte de la demeure ouverte et le loup s’y était abriter. Mais ce n’était pas un loup qu’il y’avait…C’était un lycan…Au regard si familier…C’était le loup que j’observais depuis des années. »

Je me dirigais calmement vers la terre ferme, je savais que mes genoux céderaient a l’approche du souvenir tant repousser… C’était la première fois que je parlais de cette histoire… Tant d’années s’étaient écoulées déjà…

« L’homme était blessé… Je voulus le secourir en appelant les voisins mais il me retint… Trop bonne trop conne ? Son regard familier m’implora de rester… »

Je touchais la terre ferme et m’assis au bord du lac, en relevant mon regard vers le lycan :

« Je suis donc resté. Je me suis approchée de lui et…Et il m’a prétexté m’attendre depuis 10 années… Il…Il… Se prénommait Seth… Et il… S’est jeter sur moi, de force m’a plaqué contre un mur. Il ne m’a pas … Toucher. Il m’a simplement…Transformer… Il m’a déchiré le cou… » Je regarde Thorolf face à moi et détourne le regard murmurant « A mon réveil, il n’était plus là. Un vieillard était présent. Il me disait de fuir car sa meute comportait que des sangs purs… Je ne voulais pas fuir… On m’avait volé mon humanité ! Mon âme ! Ma façon d’être ! Ma famille ! Ma vie ! Je l’ai tué… Mais ce…Ce…Seth…Il est toujours vivant… »
Mes mains tremblaient légèrement de rage, je serais les poings et rajoutais dans un murmure :

« Chaque soir je rêve qu’il revient vers moi… Qu’il m’arrache mon semblant de vie stable et qu’il me dise une fois encore : Lou… Décidément ta destinée était toute tracée. Je t’attends depuis si longtemps…Plus exactement depuis dix années… »

Je gardais mon regard braqué sur l’eau et conclus mon histoire en murmurant :

« Jamais je n’ai retrouvé sa trace… Tu sais lycan, j’essaye de sourire. De voir autre chose. Mais au moindre faux pas, j’ai toujours peur qu’il me retombe dessus. Il est vraiment beau, mais c’est un beau connard comme diraient certains. J’essaye de m’endurcir. De devenir une jeune femme au caractère de feu. Je n’accorde ma confiance qu’aux personnes avec qui j’ai l’impression de ressentir un lien très fort. J’ai tué, de nombreuses fois. Lorsque les gens me trahissaient, ils finissaient toujours dans une fosse. Aucuns scrupules. J’ai toujours tué de mes propres mains. Je n’ai jamais pris un pigeon pour faire le sale boulot à ma place. Dans le passé, j’ai souvent tué en utilisant mes charmes car les hommes ne semblent pas être insensibles à mon physique. Alors je jouais de cela, et arrivais toujours à les tuer. Aujourd’hui, je ne joue de rien. J’approche, je brise une nuque. J’approche je plante ma dague dans le cœur. C’est devenu une façon d’être. Si la personne me fait du mal, j’en ferais en retour. La vengeance mettra du temps peut être à se mettre en place.. Le temps que j’observe ma proie… Mais œil pour œil, dent pour dent. Car j’ai peur de devenir une de ces femmes, victime de la cruauté des autres. »

Mon regard se relève avec lenteur vers Thorolf. Je glisse mes pieds sur la terre ferme, ne les laissant plus baigner dans l’eau. La froideur de la nuit frappe de plein fouet ma peau nue et humide. Je me précipite vers ma robe que j’enfile rapidement. Puis je passe une main dans mes cheveux, puis je passe une main dans ma frange, libérant ainsi mon regard. Je le pose sur Thorolf qui sort à son tour de l’eau.
J'approche calmement de lui, et le serre contre moi. Murmurant :

« Maintenant, Thorolf, libre à toi de me tuer. Je n’ai aucune arme après tout. Je t’ai raconté ma petite histoire. Tu connais l’essentiel sur ma vie. Alors tu pourrais m’achever. Ici. Sans aucune loyauté. Et sans raison. Je ne suis qu’une femme. Qui ta soigner. Avec douceur et sans brutalité. Sans peur, armé de son courage et de sa façon d’être. Une femme qui essaye de te comprendre contrairement aux autres du village qui te donnent une réputation de grosse brute qui assouvit ses fantasmes sur de pauvres femmes. Une femme, qui s’appelle Nina-Lou et qui dans le fond, ressent un lien assez fort avec le gaillard qui lui fait face. Un lien assez fort pour qu’elle raconte ce qui la hante depuis de nombreuses années. » »

Hrp : Première fois que je fais 1320 mots, soit : deux pages et demi, merci Thorolf .
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Mer 11 Avr 2012 - 3:42

Spoiler:
 



Nina-Lou Knywett. Ou la maigre part d'humanité que gardaitt Thorolf. Les deux étaient liés. Elle possédait cette magie, cette valeur inestimable a abaissé sa plus brillante folie, mais aussi sa plus puissante sauvagerie. Il ne l'avait tout simplement pas encore compris ... Jusqu'à ce qu'elle lui donne volontairement sa vie. La précieuse vitalité d'une âme en constante évolution. Si on lui avait dit un jour qu'une jeune fille frêle et ayant un caractère affirmé allait réussi à le vaincre, lui, un Maître de guerre ayant participé à une multitude de conflits et d'horreurs ... Il aurait littéralement pilonner le crâne de son interlocuteur contre un mur jusqu'à l'ouverture de ce celui-ci. Et pourtant, la vérité était présentée sous son oeil. Il ne la remarqua pas, ne voulait pas l'apercevoir pour autant. Il savait en lui qu'il ne pourrait pas lui ôter la vie aussi impunément qu'il a l'habitude de faire. Même l'idée de lui tordre le bras ou de l'assommer en usant de son crâne massif ne parvenaient pas à frôler son esprit.

L'eau engloutissait la moitié de son thorax ... Le colosse aurait pu devenir une bête maritime assez impressionnante si ses deux jambes se métamorphosaient en palmes. Pourtant, il sentait que les maigres poissons qui se trouvaient à l'intérieur restaient vigilants. Ils préféraient se tenir loin de ses genoux, mieux ne valait prendre de risque. Lou lui répéta la même phrase qu'il avait précédemment cité. Elle lui tenait tête cette petite ... Peut-être que dorénavant, l'intimidation qu'il a exercé contre elle n'avait plus beaucoup d'effet. La suite de ses paroles le renferma aussitôt. Passant d'un faible sourire à un visage morose, il se retint d'émettre un seul mot. Elle lui ressemble tant, c'est exact. Mais Lou ne savait pas qui était cette "Elle". Et le fait de le dire d'un ton aussi léger en ignorant que sa sœur était en décomposition lui mettait dans une humeur négative. Il profita d'ailleurs pour se laver le visage afin de marquer un changement de sujet ... Et le changement se fit sans un seul effort.

La confession de Lou fut automatique, elle ne cessa de dialoguer parfois avec vigueur, d'autres fois avec une voix tremblante signifiant une tristesse et une amertume au-delà de ce qu'elle pouvait endurer. Lorsqu'elle commença son récit, Thorolf s'attendait à une anecdote aléatoire de sa part pour faire passer le temps et éviter un silence gênant ... Il l'écouta distraitement en faisant sa toilette. Des chiens errants, beaucoup de chasseurs, elle était anciennement humaine ... Où voulait-elle en venir ? Devait-il répondre ? Non, elle marqua simplement une courte pause avant de continuer son monologue. Son intérêt s'agrandit lorsque le mot "sang" percuta sa conscience. Il reposa ses mains dans l'eau en la suivant du regard quitter la mare, analysant chaque phrase prononcée par ses lèvres fines. Au moment où ses phrases décrivaient avec quelle ironie Lou avait décidé de tendre la main à son prochain ... Il anticipa la suite des événements. Il avait eu raison, la suite se montrait déchirante. Il remarqua avec quelle peine les mots sortaient de sa bouche. Cela devait passer les barrières de la raison ... Car dans un instant comme celui, on perd tout.

Elle a tout perdu. Son identité, sa chair humaine, son entourage ... Thorolf ne pouvait comprendre un événement pareil, lui qui est né lycanthrope. Il a d'ailleurs appris à se transformer avant de savoir marcher. Elle lui avait donné un nom, Seth. Comme si elle voulait que lui puisse s'en charger, exaucer un miracle et le retrouver. Ce n'était pas un miracle pour Thorolf. Un sport meurtrier certes, mais rien de bien difficile lorsqu'un Maître de guerre d'une meute réputée est également un traqueur confirmé. Il n'avait pas l'habitude de perdre la trace de sa cible. N'importe qui pouvait le contacter et lui intimer de tuer un individu pour un oui ou pour un non. L'argent ne l'intéressait pas, ce qui fit de lui une icone très bénéfique dans les affaires de ce type. Au moins toutes personnes de chaque race l'ont contacté. Humain, elfe, nain, lycanthrope, vampire ... Sauf pour les vampires, Thorolf mutilait atrocement les correspondant aux canines allongées. Il ne supportait pas cette race et les haïssait bien plus que toute chose, comme les elfes. Son racisme était accru et inébranlable.

Il remarqua avec quel dégoût elle précisa que ce "Seth" demeurait toujours en vie. Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres ... Il suffisait de demander. Mais son sourire se perdit lorsque cette dernière décrivit le mal qu'elle a du subir. Un mal si fort que l'esprit est frappé définitivement par l'impact. Une amertume que Thorolf savait partager : ils étaient tout deux orphelins. La petite en a prit un sacré coup ... Mais au moins sa famille ne s'est pas fais décimée face à ses propres yeux. Elle lui conta par la suite sa cruauté qui devint une chose naturelle, un élément où l'oeil de Thorolf brilla clairement. C'était un point qui lui fit chaud au coeur, de savoir qu'elle était capable d'enlever une vie sans remords ni regrets.

De l'entendre parler de ses stratégies, de sa manière habituelle d'engloutir l'âme de plusieurs défunts. A la seule différence, c'est qu'elle redoutait la bête qui sommeille en elle. Cette bête remplie d'immondices et de furie capable de la déchirer en deux, de prendre possession de ses mouvements ... Thorolf pouvait être la représentation de sa bête, comme elle pouvait définir la trace d'humanité du vieux titan. Il se permit de l'interrompre un maigre instant. Il laissa sa voix entonnée suffisamment forte pour l'encourager à en dire plus :

"Tu as tué. Tu es vivante. Et tu as décidé d'être dominante. Une élue, pas une damnée. Voilà ce que tu es ! De quoi peux-tu encore avoir crainte ?"

Avec fermeté, il pressa ses cheveux pour libérer toute l'eau qui s'y était introduite. Il détacha sa bande en cuir qui lui faisait office de bracelet pour nouer ses cheveux blancs neige. Pendant que ses pas le conduisaient hors de l'eau, il regarda un dernier instant la nudité de la jeune fille s'envelopper chaudement avec une robe ... Il se baissa pour ramasser sa fourrure épaisse et la jeta à proximité de la louve en lui intimant d'un bref signe de tête de l'utiliser pour mieux se couvrir. Voilà qu'une grosse brute de son genre s'inquiétait d'apercevoir une jeune femelle être frigorifiée ... Elle était réellement spéciale. Si spéciale qu'elle se leva en s'avançant dans sa direction.

Sans même crier gare, sans même demander l'autorisation, elle l'enlaça purement et simplement. Il pouvait sentir sa poitrine se coller sur ses larges abdominaux, ses cheveux contre les dessins de son torse. Elle lui murmura des propos simples qui n'aurait rien changé si c'était quelqu'un d'autre qui se mettait à sa place. Mais il avait cette Lou Knywett collé contre lui, serré suffisamment pour appeler sécurité et réconfort. Elle lui laissait le mérite d'entreprendre une ultime décision. Un choix qui était déjà tout bonnement réfléchi depuis que Thorolf avait accepté sa tête de se poser contre lui. Sans même rompre ce contact, il répondit seulement :

"Tu viens de me prouver que tu es plus digne que n'importe qui. Cela me suffit à ne plus vouloir te dépecer pour le moment."

Ce n'était peut-être pas des mots réconfortants, mais pourtant c'était une vérité. Thorolf tuait les êtres qu'il a apprit à aimé tôt ou tard. Il espérait juste que leur relation parvienne à retarder la fatalité. Avec douceur, il posa ses grandes mains sur ses épaules et la fit reculer pour rompre le contact. Il la toisa du regard et affichant un sourire en coin :

"Ma réputation de "grosse brute", comme tu le dis si bien, n'a jamais été un problème. Mais le fait que ce soit toi qui t'approche de ma personne fait toute la différence."

Oui, elle était spéciale. Elle devait savoir que sa franchise et sa personnalité avaient tout deux frappé le sombre cœur de Thorolf. Il avança de quelques pas avec elle en direction de leur petit campement, sa main collée sur son dos droit qui émanait une douce odeur corporelle féminine. Il reprit l'épaisse fourrure qu'il avait lancé quelques minutes auparavant et la recouvrit autour des épaules de la jeune louve. Il lui murmura de s'asseoir en pressant sa main sur son épaule, car la fourrure était tout de même assez lourde ... Une fois assise, il vint s'asseoir juste derrière elle. Il l'amena contre lui, la protégeant ainsi du vent qui lui fouetta le dos sans relâche. Il pouvait sentir le dos encore trempé de Lou contre lui. Son corps de lycanthrope mâle formait ainsi une carapace entre lui et tous phénomènes extérieurs. Son étreinte se resserra sur elle pour lui préserver un maximum une douceur chaleur. Entre la robe, la fourrure et le contact charnel du vieux lycan ... Cela devait être une source suffisante de chaleur.

"Si tu t'es autant approchée de moi ... C'est que tu as vu que j'étais capable de te protéger mieux que quiconque."

Il marqua une pause, son menton barbu se posant paresseusement sur les cheveux de la femelle.

"C'est pourquoi tu m'as ensuite parlé de Seth. N'est-ce pas ?"

Elle resta un moment silencieuse. Thorolf profita pour déclarer librement :

"Admettons que tu as du mal. Si un jour tu désires le retrouver, je peux m'en charger. Si c'est ce que tu veux, j'ai une seule condition : tu l'achèveras de tes mains devant moi ..."

Son visage se baissa au niveau de son épaule. Ses lèvres frôlaient une de ses oreilles et terminaient la phrase :

"... Mais uniquement en faisant surgir la bête qui sommeille en toi."
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Mer 11 Avr 2012 - 15:42


~ Un avant-goût du combat

« "Tu viens de me prouver que tu es plus digne que n'importe qui. Cela me suffit à ne plus vouloir te dépecer pour le moment."Avec douceur le lycan déposa ses grandes mains sur mes petites épaules. Il me détacha de notre étreinte, pour me faire reculer de quelques pas. Me dévisageant, l’homme affiche un sourire en coin :
"Ma réputation de "grosse brute", comme tu le dis si bien, n'a jamais été un problème. Mais le fait que ce soit toi qui t'approche de ma personne fait toute la différence."

La main du colosse se glissa dans mon dos. Puis Thorolf ramassa la fourrure, il la glissa sur mes épaules. Lorsqu’il me demanda de m’assoir face au feu, je ne protestais point. Ainsi, je m’assis au sol. Sa main restait dans mon dos pour maintenir l’épaisse fourrure.
Puis il se glissa dans mon dos, m’amenant contre lui. Ses bras se resserraient avec lenteur contre moi. Je m’y sentais étrangement bien… Il y faisait chaud… C’était rassurant… Comme un petit cocon, où personne ne pourrait m’approcher. Le lycan dut ressentir mon bien-être car il lança d’une voix naturelle :

"Si tu t'es autant approchée de moi ... C'est que tu as vu que j'étais capable de te protéger mieux que quiconque."

Son menton se posa avec délicatesse sur le haut de mon crâne alors qu’il continua sa tirade :

"C'est pourquoi tu m'as ensuite parlé de Seth. N'est-ce pas ? Admettons que tu as du mal. Si un jour tu désires le retrouver, je peux m'en charger. Si c'est ce que tu veux, j'ai une seule condition : tu l'achèveras de tes mains devant moi ..."

Le visage de Thorolf se glissa sur mon épaule, je pus sentir ses lèvres sur mon oreille alors qu’il murmura :

"... Mais uniquement en faisant surgir la bête qui sommeille en toi."
Il y’avait une certaine contradiction. L’homme était doux… Attentionné et tendre avec moi… Alors que ses paroles n’exprimaient que de la haine. Je l’écoutais avec attention… Faire resurgir la bête… Devant quelqu’un… Mais pas devant n’importe qui… Devant lui… De quoi aurais-je l’air, les mains souillées par le sang ? Les cheveux en bataille ? Le regard brillant d’une étincelle de haine ? Je soupirais en fermant les yeux, renversant légèrement la tête en arrière, déposant ainsi ma nuque sur son épaule. Je dépose un petit bisou sur sa joue :
« Premièrement mon grand, si je t’en ai parlé c’est uniquement par confiance. Non parce que je ressens le besoin d’être protéger. Je suis … Adulte ! Je peux très bien me débrouiller seule ! »
Intérieurement, je me dis que je pouvais me débrouiller plus ou moins… Débrouiller avait divers sens à mes yeux… Et face aux hommes je fuyais toujours avec des blessures …

« Alors je sais que de ta carrure impressionnante tu pourrais faire fuir n’importe quel homme, mais ce n’est pas ce que je recherche chez toi. Je recherche quelque chose de plus fort qu’une simple connaissance. Pas aussi fort que de l’amour mais quelque chose de... De présent ? » Je frottais légèrement ma joue contre celle du lycan. Ou plutôt la louve en moi m'incita a le faire. Esquissant un sourire amusé :

« Je ne me donnerais pas en spectacle Thorolf. Quand je tue… Je ne réfléchis plus… Je n’ai plus de raison… Seul tuer… Faire mal… Compte… Et si c’est lui, je compte bien le faire souffrir de longues heures! Je pense que ta proposition tient à condition que je tue devant ton regard ? En parlant de tuer… »
Ma phrase se termine dans un murmure, j’hume l’odeur environnante. Je n’avais point envie de me détacher de cette étreinte rassurante. Je m’y sentais si bien… Mais… Quelqu’un était présent. Une odeur de cadavre ambulant se détacha de l’odeur plaisante de la forêt. J’écartais doucement ses bras et murmurais d’une voix amusée :
« Vampires ! »

Je me relève, rapidement suivie par le lycan. Je me place a ses côtés. Je guette la pénombre des arbres. Soudainement deux yeux rouges apparaissent. Je mets un coup de toutes mes fosses dans le bras de Thorolf et hurle :

« Au sol ! »

Le vampire se jette au même moment sur le lycan.Mais visiblement je m’en prends également un. Ma vision est brouillée un maigre instant. Je n’ai le temps de réagir que des crocs se plantent dans ma gorge, m’arrachant un râle. L’instant d’après je repousse de toutes mes forces le vampire et émet un long grognement.Je secoue négativement la tête et approche de lui en murmurant :
« Sale bougre ! »

Je passe une main sur mon cou souillé. Je sens un regard sur moi. Je m’occuperais de l’autre après. Mais avant que je puisse prendre forme animale, l’homme tombe au sol en toussant. Le sang des lycans est toxique pour les vampires ? Oh génial ! J’approche de lui et m’assoit à califourchon sur son ventre. J’essuie mes mains souillées par le sang, sur sa belle chemise en dentelle et le fixe dans les yeux en murmurant :
« T’attaque des innocents ? Ne vaut rien. »
Je glisse mes mains sur ses jambes, gardant mon regard braqué sur lui. Je saisis la partie inférieure de sa jambe droite et la tourne d’un coup sec, lui brisant ainsi une jambe. Je fais de même avec la gauche. L’homme émet un long râle, suivit d’un couinement. Moi j’affiche un sourire plutôt victorieux. Œil pour œil, dent pour dent. La peur émane de lui alors que je viens déposer un baiser sur son front. Mes mains, toujours sur son torse, se glissent sur son cou avec lenteur. Je retiens mon souffle un maigre instant...

Un bruit résonne…

Ce bruit n’est autre que celui de l’os brisé…

La nuque ainsi rompue, il a l’air beaucoup moins charmant…

Beaucoup moins agressif et beaucoup moins sûr de lui…

Je me rappelais soudainement avoir senti un regard sur moi. Je me tourne face à ce regard et émet un grognement en constatant que Thorolf m’avait observé. Je pensais qu’un ami du vampire sot nous observait, attendant le bon moment pour agir…
Involontairement je m’étais donnée en spectacle devant le gaillard… Une jeune vampire jonche au sol. Elle me ressemble étrangement. J’approche d’elle et met un petit coup de pied dans sa tête. Celle-ci roule au loin et j’émets un petit rire enfantin. Je me jette au cou de Thorolf, enroulant mes jambes autour de ses hanches, glissant mes bras autour de son cou je dépose mon visage contre son torse et murmure amusée :
« On a vaincu les sales suceurs ! Youhouh ! On est les meilleurs ! »

Je le relâche et lisse ma robe, mon regard brillant de joie. Je me sentais bien, en compagnie de Thorolf !
Puis doucement je retourne à notre campement. Je m’assois près du feu et attend qu’il se glisse à nouveau dans mon dos, pour pouvoir me reposer en toute sérénité. Histoire de pouvoir faire la conversation je demande intriguée :
« De quelle meute fais-tu partit Thorolf ? Et… Tu a quel âge ? Et… Ta une famille ? Moi je viens de croc-noir, mais je compte partir sous peu ! Et j'ai la 30aine ! Et je suis orpheline mais bon, moi c'est pas bien important hein. » Des questions basiques, inoffensives. Du moins... A mes yeux! »
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Jeu 12 Avr 2012 - 1:55

Les mots employés ne la laissaient pas indifférente. Ils étaient tout simplement tranchants, froids et pourvu d'une cruauté sans limite. Mais l'expression de son corps, de son geste physique, était tout autre. Il s'exécuta ainsi en se rappelant du louveteau qu'il fut jadis. Avant de se transformer en un animal schizophrène, lui aussi savait apprécier les maigres et petites choses de la vie. Une caresse, un enlacement, une embrassade ... Tout cela était si loin dorénavant. Si loin que même le fait de garder la belle Lou contre lui ne lui donnait aucun sentiment. Malgré sa chaleur corporelle, sa peau était mourante, dénuée de vie. Elle n'était réceptive à aucune caresse. Tout ce que le colosse savait faire, c'était tuer. Non, pas que tuer ... Il savait également ôter la colonne vertébrale d'un être à l'agonie sans pour autant trop l'endommager. Il savait également comment ouvrir un thorax à la verticale d'une manière chirurgicale en avalant au passage les éclaboussures de sang. Il connaissait aussi la mélodie de chaque os fendu en deux dans un seul corps humain. Le savoir de Thorolf se résumait à la destruction totale et complète d'un être vivant.

Le vieux titan n'a jamais connu l'amour. Oh, il a bien tenté ... Pour dire la vérité, Thorolf avait été affaibli par ce sentiment quelques fois au cours de sa piteuse vie … Sa première grande conquête était une femme majestueuse qui apprécia la forme et la force du lycan. Elle en était tombée raide amoureuse. Très vite, elle s'était approchée de lui en mettant au grand jour ses avances. Tout ce que Thorolf se rappelait était de l'avoir décapité, d'avoir pris son crâne au creux de sa main et de l'utiliser pour battre à mort ses deux petites filles. Le reste de la famille était venu quelques minutes après que Thorolf se soit évanoui dans la nature. Ensuite, il y avait cette deuxième femme à l'aspect d'une indigène, la peau teintée et bronzée qui n'était certainement pas désagréable à regarder. Leurs yeux se sont rencontrés et un sourire a été échangé. Leurs corps collés accueillaient très vite un premier baiser. Thorolf dut se baisser pour approcher son visage du sien. Elle tendit à nouveau ses lèvres et … Thorolf planta ses crocs en les mordant sauvagement. Inutile de préciser que la chaire de ses lèvres furent totalement déchirer de sa partie buccale, découvrant sa dentition sanguinolente au grand jour. Puis ses mains se sont portées sur son cou avant de sentir ses cervicales éclatées sous la féroce pression qu'il exerçait. L'amour ... Ah, l'amour.

Il sentit sa partenaire s'affaissée un peu plus contre lui. Elle ne semblait plus démontrer un seul signe de crainte envers lui. Au contraire, sa présence était même bien accueillie. Pour le prouvé, elle lui adressa un baiser sur une de ses pommettes. Thorolf comprit ce signe sans même abuser de la saveur, de ce geste délicieux. Autant embrasser une pierre, le résultat aurait été le même. Il ne manqua pas de rire gentiment lorsque celle-ci commença à s'adresser à lui d'une manière plutôt énergique. Il répondit avec une douce ironie :

"Haha, Ôh pardonnez-moi majesté, je ne savais pas que la fuite entrait dans ta catégorie "savoir se débrouiller toute seule". T'es adorable ...."

Thorolf ne la sous-estimait pas pour autant. Il l'avait cru jusqu'au bout lorsqu'elle lui récita ses nombreuses tueries et la manière dont elle offrit la fatalité à chaque individu. Mais pour lui, c'était ... Disons, juste suffisant. Juste à la limite de pouvoir survivre et d'empêcher tous dangers de l'atteindre.

"Une simple connaissance ? L'amour ? Tu me parles dans un vocabulaire que je ne comprends pas. Tout ce que je sais faire, c'est tuer. J'ai même tué en échange d'un morceau de chèvre grillé ... Mais il n'était pas frais, alors je suis retourné sur mes pas pour décapiter mon employeur. "

Le souvenir de cet épisode lui fit frémir de rire ... Ses larges épaules prenaient vie et commençaient à se secouer. Son rire caverneux devint sincère et presque incontrôlable. Il rit de tous ses poumons en récitant comme un dément quelques phrases macabres pour détailler cette scène :

"Haha ..Ha .. Tu ... T'aurais dû le voir ... En un coup, sa ... sa tête a littéralement volé en inondant de sang son propre fils ... Pfahaha !"

Il porta son index sous ses yeux pour enlever les larmes de bonheur. Voilà depuis longtemps qu'il n'avait pas autant ris ! Pour un peu alléger l'ambiance, il caressa les cheveux de la louve aux cheveux ébènes. Il ne savait même plus le sujet de leur conversation ... Ah si ! Attacher un lien plus fort que la normale ... Eh bien, c'était déjà le cas. Elle était en vie. Elle n'était pas son ennemie non plus. Mais il remarqua qu'elle était très réceptive à ce que Thorolf pouvait lui offrir. Un corps massif, des bras entourant son corps svelte et frêle, une main bienveillante posée sur ses blessures ... Il ne savait pas ce qu'elle voulait de plus. A cela, elle devait lui montrer. Détailler ce qu'elle attendait de lui. Thorolf n'était pas naïf, il vivait seulement pour l'art de la guerre et des meurtres d'innocents. A l'intérieur de son crâne demeurait un cerveau en ébullition qui parvint à l'extirper de plusieurs missions périlleuses alors que l'objectif était tout simplement ... suicidaire. C'était uniquement ses principes qui étaient fondamentales. Ses profondes convictions ne juraient que par la guerre ... Car la guerre ne meurt jamais.

Voilà la réponse qu'il attendait ... Et même si sa première phrase se montrait négative, la suite de ses explications devenaient dignes de son intérêt. Mais elle ne termina pas sa phrase car quelque chose la perturba. Thorolf sentit aussi une nette présence ... Mais en tant qu'un prédateur dominant, il ne s'en soucia que trop peu. Comme le loup ne se soucie pas de l'attaque d'un mouton. Mais le timbre de sa voix amusée et excitée était ... contagieux. Il l'aurait volontiers pris part à des ébats à ce moment-là en suivant ses pulsions primitifs. Car oui, il ne fallait pas oublier ... Thorolf restait un animal sans une once d'humanité. Il écarta ses bras et la suivit du regard en train de se redresser. Il l'accompagna quand soudainement, elle hurla de s'allonger immédiatement !

Deux vampires firent leur apparition et chargèrent comme deux guerriers affamés de sang. L'un deux sauta littéralement en direction du vieux titan. La dague qu'il tenait dans la main transperça le haut de son bras. Le Maître de guerre rugit de douleur, puis il agrippa le noctambule par le cou.

"Tu l'as entendu ? Au sol."

Il prit son ennemi par la force de ses deux bras et l'envoya à terre. Rapidement, il se munit de sa grosse hache et l'abattit sur une jambe du vampire. Celui-ci vomis grossièrement des cris de douleur. Sans même attendre, la hache sectionna la deuxième jambe. Devenu homme-tronc, le vampire allait bientôt trépasser. Sa main rattrapa le cou du noctambule démembré avant de le gicler en direction de l'eau. Sans jambes, il allait probablement se noyer ... Il sourit de voir son ennemi en train d'essayer de rejoindre la terre ferme ... Son corps sans jambes était devenu un fardeau redoutable. Mais le vieux lycan n'attendit pas que le vampire perde toutes ses forces et se laisse porter par les profondeurs maritimes. Il se mit lui aussi à l'eau tout en se dirigeant droit vers le vampire. Celui-ci paniqua atrocement. Il agrippa ses cheveux propres, puis il plongea la totalité de la tête de sa victime au fond de l'eau. Son reflet devenu flou était en proie à une crise de panique insurmontable.
Gentiment, les pouces de l'ancien fauve se courbaient et finit par transpercer sauvagement les globes oculaires du martyr. La bouche de se dernier se déforma, relâchant une multitude d'écumes sur la surface de l'eau. Le sang s'échappa de ses orbites comme une seconde rivière, sa tête allant brusquement de droite à gauche. Il criait sous les abysses de l'étang, avalant des quantités énormes d'eau qui finit par le noyer. Thorolf ne comptait pas le laisser là. Il prit le corps découpé en deux et l'amena sur le rivage. Au passage, il se munit d'un de ses javelots. Il s'éloigna tout seul hors du campement avec la lance en main, puis il planta la pique à l'intérieur de la terre. Brusquement, il enfonça le tronc du vampire à l'intérieur de la lance. C'était sa manière propre d'avertir aux nombreux visiteurs qu'ici résident un puissant prédateur ... Mais apparemment, lorsqu'il revint sur ses pas, il n'était pas le seul à avoir terrasser avec une facilité déconcertante son ennemi.
Lou, un être qui lui avait montré une fragilité particulière, s'était transformée en une espèce de boucherie vampirique. Elle y prenait goût ... Elle savourait cet instant. Mieux encore, elle pallia sa victoire en séduisant involontairement le vieux loup en se jetant sur lui, son corps tentant de recouvrir le maximum de surface sur celui du Maître de guerre. Ce dernier lui répondit avec un sourire complice. A ses yeux, c'était la routine habituelle ... Mais pour Lou, il voyait bel et bien qu'elle avait prit goût. Sûrement aussi de le faire "ensemble". D'entamer deux meurtres en duo.

Il voyait clairement l'invitation dans ses yeux. Elle voulait qu'il s'asseye à nouveau comme tout à l'heure. Cela n'était pas gênant pour lui, il s'exécuta sans broncher. Il recouvrit à nouveau ce corps féminin autour de ses larges bras musclés. Bien que son âge le précédait, il ne l'avait pas vaincu. Son énergie et les nombreux conflits qu'il exerce nuits et jours le mettent dans une condition physique extraordinaire. Pourtant à son grand âge, tout lycan se retire peu à peu pour laisser la place à des jeunes insouciants mais débordant d'adrénaline. Thorolf, lui, n'était pas encore vaincu. Il comptait bien continuer à mener sa vie de boucher psychopathe, de construire les stratégies de guerre pour sa meute ... C'était tout ce qu'il avait. Tout ce qu'il possédait. Mais surtout tout ce qu'il lui restait. Sans cela, il n'aurait ... plus rien.

Lou commença à lui assaillir de questions et d'interrogations diverses. Pourtant lui qui était un solitaire dans l'âme se sentit gêné qu'elle s'empresse de tout savoir de lui ... Comme ça, en lui demandant impunément. Il soupira légèrement et l'écouta ... Elle lui donna son âge, orpheline ... Des choses basiques que Thorolf s'y passerait bien. Si elle ne ressemblait pas autant à sa chère sœur, il aurait sans doute rater les présentations. Donner son nom à quelqu'un, quelle bêtise inutile ! Mais pour cette fois-ci, il y avait eu une réelle raison ... Croc-noir. Elle était de Croc-Noir. Ne savait-elle pas que les Drack et les Croc-Noir étaient des ennemis potentiels ? Elle était en face du lycan le plus dangereux de la meute ... Et pourtant de celui qui s'en foutait éperdument de ces détails. Il était censé la tuer car elle était de Croc-Noir. Oui, bien sûr, mais lui était insensé. Donc ce qui était censé pour d'autre, était totalement insensé pour lui-même. Quelle connerie !

"D'une meute qui n'existe pas encore. Elle va bientôt changer de Maître ... Mais surtout de visage."

Son plan. Le coup d'état. La manipulation la plus totale de modifier une croyance par une idéologie, un ordre sain et solide. Un Maître, un nouveau visage ... Lui, Thorolf Gunnar, affichera ce visage. Lui avouer qu'il venait de la meute des Drack serait une stupidité. Il ne prônait pas la croyance des Drack actuels. Devenir bon, loyal et pacifique ... Afficher la plus belle facette de son humanité pour augmenter les connaissances générales et faire fructifier les échanges commerciales ... Pitoyables conneries. Thorolf allait bâtir un empire propre à son effigie : un cancer nommé "souffrance". Pour la suite des questions, il s'en tint uniquement à répondre en étant sarcastique. Mais c'était plus pour la charrier et l'embêter gentiment que par pure méchanceté :

"J'ai 26 ans et je suis dans une famille pacifique qui fume des champignons à longueur de journées. D'ailleurs, je suis marié. Mon épouse est couchée sur l'herbe, juste là !"

Le doigt de Thorolf pointa sa hache ensanglantée qui gisait contre le sol. Son "épouse" ne lui répondit pas pour autant. Le titan sourit et serra son emprise sur la jeune louve pour empêcher au vent de rafraichir son corps de femelle.

"Ce n'est pas avec des détails aussi futiles qu'on arrivera à s'entendre. Tu veux me connaître ? Bien, alors écoute. On ne peut briser un homme comme on pourrait briser un chien ou un cheval. Plus tu frappes un homme, plus il se tient droit. Pour briser la volonté d'un homme, pour le soumettre, il faut fissurer son esprit."
Thorolf marqua une brève pause avant de reprendre son monologue :

"Tu sais, les hommes pensent qu'ils peuvent se battre dignement. Qu'il y a une façon humaine de tuer quelqu'un."

Il répliqua la suite d'un rire sans joie :

"Pfah ! C'est absurde, ça leur anesthésie. Ils ont besoin de cette idée pour endurer l'horreur sanglante du meurtre. Tu dois détruire cette idée. Montre leur à quel point le meurtre est quelque chose de terrible et sale, et ensuite, montre-leur combien tu aimes ça. Frôle-les pour ensuite exécuter les blessés, brûle-les ! Prends-les en combat rapprochés, détruis leurs idées toutes faites et tu deviendras leur monstre."

Il s'arrêta là un instant, des idées toutes faites en bataille à l'intérieur de son esprit. Il était un monstre. Il était ce monstre. La dague du vampire était restée plantée sur son bras. Ce n'est que maintenant qu'il remarqua l'arme en question ... Il l'empoigna l'arme par le manche et l'extirpa lentement ... Très lentement de son bras. Le sang se mit à couler, la douleur était cuisante, intense ! Mais lui ... Il pouvait sentir cette souffrance. Mais cela le rendait insensible. Thorolf était un monstre dénué de vie qui trainait une carapace de chaire. La plaie était ouverte, mais il comptait bien sur sa régénération pour guérir le tout. Il bloqua sa compagne avec ses genoux pour éviter qu'elle demeure inquiète.

"Ca va aller. Reste dans mes bras, ça m'aide à guérir."
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Sam 14 Avr 2012 - 21:33

~ Moi je veux tout savoir sur ta meute!

« Le lycan était d’une meute qui n’existait pas encore. Cette meute prendrait un tout autre visage selon lui, car le chef de meute ne tarderait pas à changer ! Il me dit également qu’il avait 26 années, qu’il vient d’une famille pacifique qui fume des champignons à longueur de journée ! Le lycan me narra qu’il était également marié. Je n’arrivais point à me retenir de rire.

D’un doigt il me désigna sa hanche souillée par le sang. Je tournais mon regard vers lui et le vis esquisser un sourire… Le même sourire se dessina sur mes lèvres alors qu’il resserra son étreinte.
L’homme me dicta plusieurs choses. Je l’écoutais avec une certaine attention, mémorisant chacun de ses dires. Selon lui j’étais censée, moi Nina-Lou, détruire l’idée d’un combat digne. Je devrais selon lui montrer à quel point le meurtre est quelque chose de répugnant. Selon lui une fois encore, il faudrait que je devienne leur monstre. Mmmh…

Je dépose ma face gauche contre son torse, alors que sous mes yeux, il retira la dague plantée dans son bras. Le sang coula le long de son bras. Je relevais le visage, et voulus me relever mais ses genoux me bloquèrent. J’émis un grognement frustrée. Il fallait que je soigne sa plaie. C’était atroce à voir ! Il devait souffrir, je l’appréciais ! Il ne m’avait rien fait Thorolf ! Il méritait d’être soigné ! Mais d’une voix calme, déconcertante il lança :

"Ca va aller. Reste dans mes bras, ça m'aide à guérir."

J’émis un faible grognement et me laissais aller contre lui. Pouvais-je lutter contre sa force pour me relever ? Surement pas. Avec lenteur je ferme les yeux, bien au chaud dans son étreinte rassurance. Allongée sur le flanc, je pose ma petite main sur la blessure, point apeurée par le flot de sang. Je passe mon pouce sur le bord de la blessure et la sent cicatriser avec lenteur sous ma main. Les minutes passent. Nous sommes dans le plus grand des silences. Je me concentre sur sa respiration… C’est si reposant, apaisant… Si… Plaisant.

Un corbeau brise le silence venant se nourrir en croassant. J’ouvre les yeux et fait une grimace en voyant qu’il n’était pas seul… Qu’ils étaient plus ou moins une dizaine. Je retire mes doigts de sur la plaie, et grimace de plus belle, en voyant qu’ils sont collés grâce au sang. Je laisse échapper un petit rire d’entre mes lèvres, rompant ainsi le silence qui s’était imposé entre nous :

« Greuh ! Aide-moi ! »

Je rigole de plus belle, alors qu’avec peine j’arrive à détacher mes doigts. Le jour se lève avec lenteur. Je n’avais point envie de partir. J’avais envie de rester en sa compagnie. J’hausse doucement les épaules et me remet contre lui, en fermant les yeux. L’instant d’après je m’endors…
Lorsque je m’éveille, toujours dans ses bras la journée est bien avancée. Je relève mon regard vers lui, et observe ses yeux mi-clos. Je mets ma main non souillée par le sang sur sa joue et sourit murmurant :

« Va falloir y’aller je crois. La journée est bien avancée. J’aimerais avoir une chambre pour la nuit, même si tu es plus que confortable ! »
Je me relève calmement et m’étire longuement. Mes os émettent de brefs craquements alors que je prends les devant de la marche, en marchant joyeusement :

« Alors tes projets pour ta meute ? Tu veux en parler et avoir un avis ? Si tu ne veux pas je comprendrais hein. »

Je ramasse une dague au sol et continue à marcher calmement. Puis n’attendant point Thorolf, je m’élance vers une clairière. Je reste à l’abri, derrière un arbre, alors qu’un lapin montre le bout de son museau. Je vise l’animal, et lance ma dague, qui se fiche directement dans son flanc. J’abrège les souffrances de la bestiole. A quoi bon la voir souffrir ? Ainsi, la dague s’enfonce dans son cœur. Je soulève l’animal par les oreilles et regarde Thorolf en marmonnant :

« On est censé…Manger…Ca…A deux ? » J’émets un nouveau rire, de bonne humeur et prend forme animale.
Je m’étire et secoue ma gueule en saisissant le lapin entre mes crocs. Je prends mon temps pour manger, puis j'abois en direction de Thorolf, l’invitant à changer de forme. Il fallait bien qu’il se nourrit aussi non ? »

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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Jeu 19 Avr 2012 - 0:08

Le corps de Lou devenait sa seule source de chaleur. Une brûlure indolore parcourait la totalité de ses muscles. C'était comme s'il enfermait son propre cœur, élément vital de son corps organique, entre ses bras robustes. Car malgré son assurance et sa confiance aveugle sur la jeune louve, la désolation accablait comme toujours son âme comme un premier trophée. Thorolf n'avait jamais été bon. Ou plutôt, il s'était toujours considéré comme un lycanthrope suivant à chaque fois ses propres convictions avec fermeté. Le peuple ne voyait pas cela comme quelque chose de bienveillant. Il avait simplement une autre réalité. Il était dans un autre monde. Un monde où les règles étaient totalement différentes. Mais jamais il n'eut ressentit le manque de compagnie. Sa solitude lui suffisait, des fois elle se tenait solidement dans son esprit comme le plus dur des boucliers. Les traces de son passé étaient sa raison d'être. La folie immuable, la démence meurtrière, sa propre furie animale ... Il n'y avait que cela au plus profond de lui. Ils demeuraient comme les instruments capable de former ses principes les plus aboutis. La populace extérieure qui regardait Thorolf sans le voir, même pour la plupart du temps sans avoir son visage dans leur esprit, restait effrayé non par la personne ... Mais par ses actions.

Son propre nom devenait une rumeur qui circulait en alimentant les histoires les plus atroces et horrifiques. Mais jamais personne n'avait pu admirer son visage meurtris, son corps contusionné et goûté à son courroux bestial. Personne ... Sauf peut-être cette Lou finalement. Elle réussirait à repartir sans avoir le mérite de porter une lance au-travers de sa gorge.

Quand à elle, le simple fait de l'avoir retenu dans son élan l'avait légèrement agacé. A la place, ses doigts fins parcouraient avec douceur sa plaie ouverte, s'imprégnant peu à peu la peau du sang qui s'échappait de la blessure. La douleur ne faisait que brûler sévèrement, arrachant des légers grimaces sur son visage barbu. Il n'était pas insensible, encore moins invincible ... Mais sa résistance accrue à la souffrance était déjà domptée depuis longtemps. A cela, il devrait remercier toutes ses expériences de conflits, de duels et d'assassinats. Rares ont été les fois où le Maître de guerre parvenait à éliminer ses opposants sans avoir reçu le moindre coup.

Soudain, des picotements douloureux se faisaient ressentir. Thorolf tourna son visage en direction de sa plaie renfermée ... Légèrement sur les bouts des doigts de la jeune femelle. Il voyait clairement qu'elle ne voulait pas lui faire du mal, tentant d'une part de les arracher avec précaution, de l'autre d'abandonner en attendant à ce que le vieux loup agisse et fasse quelque chose. Il entendit un gloussement féminin s'extirper sans peine de ses lèvres fines. Toujours immobile et indifférent face à ce problème, il inclina la tête en direction de la louve pour l'observer rire aux éclats. Il sourit faiblement en hochant la tête.

"Tire ... Mais tire !"

Son propre bras recula au même moment où la louve retira d'un coup sec ses doigts de la chaire. Le sang recommença à goutter gentiment, mais tout deux savaient pertinemment que cette blessure était devenue superficielle. Après avoir résolu cette piteuse situation, il ne l'entendit plus. Il l'admira en train de somnoler entièrement contre lui, son visage posée sur son flanc. Elle s'était assoupie si vite ... Elle devait probablement se sentir pleinement en sécurité. Cela signifiait aussi que sa confiance était devenue rapidement très forte, à la limite d'une fraternité impériale. Une chose que Thorolf ne pouvait comprendre.
Délicatement, il la prit sous ses bras pour la redresser contre lui. Sa grande main posa soigneusement sa tête sur son torse. Il l'enveloppa finalement pour la couvrir du froid, le faible vent glacial frappait désormais son dos et ses cheveux blancs. Jamais il n'avait passé une nuit comme celle-ci ... D'habitude, il combattait avec acharnement puis se couchait sur les cadavres de ses victimes. Une ou deux fois, il s'était permis d'introduire ses deux pieds nus à l'intérieur des entrailles d'une femme pour les mettre au chaud entre le sang et les organes encore chaleureux.

Ce contact qu'il avait avec Lou lui rappelait ces nuits passées entre ses frères et sœurs, bien avant qu'il soit battu sauvagement par sa propre père avant d'être jeté misérablement hors de sa propre famille. Il était le plus jeune d'entre tous, il se souvenait avec quelle délectation il resta au milieu de multiples fourrures qu'il reconnaissait à l'odeur. Tous s'occupaient de lui, tous le maintenaient protégé contre n'importe quel élément hostile. Et maintenant ... C'était à son tour de jouer ce rôle. Doucement, ses yeux se refermaient ... Il n'avait jamais eu peur de dormir et d'être surpris en plein sommeil. C'était comme si un guerrier désirait réveiller un prédateur monstrueux, un ours affamé ou même une entité démoniaque qui aurait exterminer son interlocuteur sans le moindre problème. Le prédateur qui sommeillait en lui s'acharnait sur les innocents, de jours comme de nuits. Mais lors de ses sommeils, c'était là où le prédateur devenait réellement la victime. Ses cauchemars, ses rêves ancestraux et diaboliques ... Jamais il ne pourra avoir la paix. Jamais.
Gentiment, son esprit s'effaça et s'endormit lui aussi. Il ouvrit à nouveau les yeux pour regarder comme se portait Lou ... Mais elle avait disparu. Anxieux, il releva son visage. Tout avait disparu. L'étang, le cadavre de l'elfe, les corbeaux, le ciel ... Tout. Alarmé, son oeil vif regarda brusquement à gauche et dévisagea ... Un enfant. Lui. Le jeune Thorolf, symbole de sa démence, créateur de sa propre et cuisante folie.

Plus aucun son ne pu atteindre l'ouïe de Thorolf. Plus aucune odeur ne chatouilla son flair. Il se retrouvait dans un néant blanc au beau milieu d'un halo éclairé par une lumière venant de nulle part, sans murs, sans un seul obstacle. Un vrai purgatoire. Une prison crée entre la simple pureté et la torture mentale. Il s'avança de quelques pas et se sentit drôlement léger : il était nu. Plus d'armure, plus d'armes ... Juste un corps recouvert de chair, de muscles et de sang. Il effleura ses pommettes pour savoir s'il n'avait rien perdu d'autre que son œil ... C'était extravagant de penser de la sorte, mais dans un univers comme celui-ci, tout pouvait arriver. Qu'était-ce donc cette mascarade ? Quelle était donc cette farce minable ? Une ruse ? Thorolf aurait pu tuer pour ça ... Il aurait pu

"Qu'est-ce que tu fais ?"

Le jeune garçon, nu lui aussi, avait parlé sous son nez. Comment s'était-il déplacé aussi rapidement sans que le Colosse ait pu le voir ?Mais son incompréhension la plus total s'installa au moment où Thorolf regardait ce qu'il se passait derrière l'épaule de l'enfant : de multiples charognes de toutes races étaient dépecées sous leurs yeux. Des rivières de sang commencèrent à glisser jusqu'à leurs pieds, elles grimpèrent aussi sur les murs comme des branches noueuses et se transformèrent en gouttes une fois arrivées au plafond. Il baissa son regard et toisa le garçonnet ... Il lui manquait un oeil. Torolf se mit à genoux à quelques centimètres de lui pour lui parler face à face :

"Je ... Je tue".

Le garçon fit la moue et croisa les bras en secouant la tête.

"Boah ... Parce que je te le demande ? Sinon, pourquoi ?"

Le "pourquoi ?" résonna faiblement aux alentours ... Il agit bientôt comme un écho infini et qui ne s'arrêta pas. Soudainement, le "pourquoi ?" devint si puissant que les murs finirent par s'effondrer. Thorolf ramena l'enfant vers lui et le protégea des décombres en le bloquant contre son torse ... Mais toutes les pierres évitèrent Thorolf et écrasèrent l'enfant. Le Lycan rugit et tenta de soulever les rochers ... Mais elles ne bougèrent pas d'un seul pouce. Il frappa de toutes ses forces sur le roc, se tordant les doigts en s'ouvrant brutalement la peau.

"Thorolf !"

Il essaya de bousculer les grandes pierres, de réunir toute sa puissance afin de les soulever un peu ... Il devait sauver l'enfant, IL DEVAIT SE SAUVER ! Si le gamin mourrait, qu'adviendrait-il de lui ? Les cheveux du garçonnets baignés dans une épaisse poussière rocailleuse étaient la seule chose qui dépassa des lourdes ruines. Le colosse hurla en frappant inlassablement sur la pierre :

"THOROLF !!!"

Une caresse envahit la moitié de son visage. Tout le corps de Thorolf sursauta, son oeil s'ouvrit brusquement et regarda les alentours, ses bras devenaient désordonnées et s'agitaient dans l'air. Il était réveillé. Gentiment, il sut qu'il était effectivement réveillé. Il abaissa à nouveau ses bras à l'hauteur de la jeune louve, puis resta silencieux. Encore un maudit cauchemar ... Bien plus violent. Tout cela empirait, bientôt Thorolf allait réellement devenir fou et se planter durement sa hache contre son crâne. Sa main caressa les cheveux de la louve pour l'assurer que ce qu'il avait ressentit était sans importance ... Elle lui annonça à voix haute que le départ approchait en ajoutant une touche d'humour. Bien qu'il ne comprit pas ce qu'elle voulait réellement dire, il décela une touche de sincérité dans sa voix qui fut apprécié par le mâle dominant. Il approuva simplement d'un signe de tête en ajoutant :

"L'heure approche. Moi aussi je dois partir. Il me reste des ... choses à terminer."

Eliminer une famille humaine, ensuite abattre de sang froid une courtisane vampirique. Tel était donc son objectif en tant que traqueur. Ses tueries parviendraient probablement à occuper suffisamment son esprit pour éviter de repenser à son rêve atroce. Tuer devenait une nécessité, pas seulement pour le plaisir, mais aussi pour compenser ces soudaines faiblesses en instaurant la terreur à son prochain. Sa voix se fit à nouveau entendre ... Elle voulait en savoir plus sur la meute. Que dire ... Mais surtout que lui dire à elle ? Il plongea son visage dans ses mains et réfléchit sagement. Il ne dit rien pour le moment et refusa la proposition de sa belle compagne.

"Mange à ta faim. Je ... sais déjà ce que vais bientôt dévorer"

Le cannibalisme soutenait son estomac. Il dévisagea Lou d'une manière gourmande ... A la vue de ses belles et tendres cuisses, Thorolf arracha la viande et s'imagina engloutir toute cette matière. Mais elle n'était pas son prochain repas. Elle éveillait juste son féroce appétit. Il comptait bien dévorer un ou deux voyageurs en chemin ... Concernant son interrogation à propos de sa meute, il releva son visage et laissa les mots se libérer, censurant évidemment ce qu'il comptait exploiter ... C'est-à-dire, la terreur annonçant des boucheries sans pareilles :

"Depuis longtemps, le peuple d'Ephaëlya, humains, centaures, elfes, nains, vampires et lycans ont suivi une seule et même réalité ... Tu te doutes bien que j'ai une autre vision de ce monde. Je suis certains que d'autres la partagent également, mais ils errent tous quelque part dans la nature, indécis et désorientés. Ma mission est donc de les retrouver, de les ramener à la vie en leur offrant un but et d'attendre ensuite qu'ils viennent à moi."

Il soupira légèrement avant de reprendre :

"C'est d'ailleurs ce que toutes les meutes font ... Mais personne n'a encore été capable de briser leur propre masque. Ils sont tous là, Croc-Noir, Nord-Bois, Hurle-vent et j'en passe en train de s'entretuer pour finalement décliner ni défaite, ni victoire et instaurer un nouvel air de paix. Le pire, c'est qu'ils y croient ! C'est une illusion Lou ... Les prochains louveteaux qui naissent au sein de ces meutes viendront tôt ou tard affronter les conneries de leur anciens chefs. Tu appelles cela de la fraternité ? J'appelle cela un massacre."

Le colosse entonna un rire sans joie ... Il avait longtemps voulu tout détruire. Il en aurait l'occasion avec les Drack cette fois-ci.

"Le monde auquel nous vivons aujourd'hui nous a dicté une vérité absolue : parmi toutes ces vies, il y a les élus et les damnés. Les élus fleurissent et parviennent au sommet. Les damnés, eux, se recroquevillent et sont délaissés par le regard de tous dans la pourriture et la misère des erreurs de leur ainé ! Je veux retrouver ces damnés ... Ces rejetés de la société car ils ont su développer une réalité différente aux autres pour préserver un équilibre dans ce monde. Ce sont des incompris, des entités qui ont du potentiel et qui possèdent parfois le mérite d'être mille fois dans le rang des élus que leur proche. Nous sommes nés de la même façon, nous avons tous la même dignité. Cette dignité, même rejetée, vomie par son goût amer et abjecte ... Il faut l'exploiter et embraser le monde."

Thorolf s'emporta par la suite sur les deux dernières lignes en rugissant de plus belle :

"Ainsi, ils comprendront tous, même les divinités, que les damnés n'ont jamais existé. Que dans ce monde, dans tout ce putain d'univers, il n'y a que des élus !"
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Mer 25 Avr 2012 - 23:06

~ Le départ.

« Sous forme animal je grignotais ainsi un des nombreux os de la carcasse animale. Je l’écoutais avec attention. Tant de haine, tant d’envie de meurtre, rongeait ce bonhomme… Dans sa voix, la rage était palpable. Les deux dernières phrases qu’il prononça d’une manière presque bestiale me firent émettre un grognement d’avertissement. Oui j’étais plus que méfiante lorsqu’il évoquait aussi ouvertement son désir de vengeance.

J’arrêtais de racler l’os avec mes crocs et me relevais en m’étirant. J’avais envie de me dégourdir les pattes… Mais je n’avais pas envie de réveiller sa bestialité en prenant la fuite. Je me doutais bien qu’il mangeait ‘ autre chose ‘. Il aurait volontairement partagé un repas avec moi sinon ! Je frottais ma gueule sur sa jambe. Je lui parvenais à peine à la cheville tant il était grand par rapport à la louve que j’étais. Je quémandais une caresse, signe d’un en revoir. Lorsque Thorolf me la fit, (un peu brusque certes mais je suis sûr que ce n’était pas volontaire) je léchouillais sa main et émit un petit aboiement, le saluant.

Je reprenais tranquillement le chemin que j’avais emprunté au début. La neige s’écrasait avec lenteur sur mon pelage. Il faisait froid… Très froid. J’avais hâte d’être au chaud ! Thorolf serait-t-il au chaud ? Je l’espérais de tout cœur ! Tout au fond de moi, je rêvais de retrouver son étreinte chaude et protectrice. Tout au fond de moi, je rêvais de le revoir. Je m’étais prise d’affection pour lui, aussi surprenant que cela puisse paraitre.
Sur le chemin je me posais de multiples questions, notamment : Désirais-je rester auprès de croc-noir ? La réponse s’imposa de suite à moi… Oui j’aimais cette famille. J’en avais douté, mais mes soupçons étaient à présent effacés. J’avais envie de pouvoir, de règne ! J’avais la motivation et l’envie de protéger des êtres qui me sont cher ! Comme lui avait soif de vengeance, de sang, et de choses dont je ne préférais pas me soucier actuellement.

J’étais restée seulement quelques heures avec lui, mais… Il venait de me transmettre quelque chose de fort… Je ne sus déterminer ce sentiment.

Je resterais dans Croc-Noir dans tous les cas. Et j’éduquerais au mieux les loups. Et un jour… Oui un jour j’aurais le pouvoir sur Thaodia avec Thorolf. J’en rêvais tout au fond de moi ! Cette pensée me fit émettre un petit rire, qui ressembla plus à un grognement lupin : Je m’imaginais assise sur ses épaules, parcourant Thaodia, semant la terreur a tout va ! Une pensée furtive, surement tordue mais tellement plaisante.

J’appris en rentrant que notre chef de meute fut assassiné par un elfe… Par un elfe… Par une créature stupide et faible… Comment était-ce possible ?!
Le pouvoir nous tendrait-t-il les bras ? »

[ HRP : Mes deux dernières réponses sont courtes... Bien trop courte. Et 'aime pas cha'! J'attend le prochain Rp avec impatience ! Pour me ...Rattraper! Merci pour le Rp ♥]
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MessageSujet: Re: Une première rencontre. -Clos ♥-   Ven 27 Avr 2012 - 19:07

Spoiler:
 

Les paroles citées l'avait complètement ensorcelé ... Il ne croyait pas en dire autant en l'espace de quelques courtes minutes. Ce n'était pas de la rage qui embrasait son coeur en alimentant sa soif de violence. Ce n'était pas non plus l'amertume qui le guidait comme un automate à franchir les limites de son humanité. Dans tout cela, dans tout ce qu'il disait ... Il voyait une raison. Une justification pour s'emparer d'une vie, puis d'une autre, et celle-ci, et encore une dernière ... Thorolf pouvait tuer autant qu'il voulait. Jamais sa faim n'en serait soulagée. Sa nuisance persistera encore jusqu'à former une horrible malédiction qui frapperait le cœur des hommes. Ce n'était même pas réellement par plaisir du meurtre que le vieux colosse éteignait ses victimes, mais purement et simplement ... Parce que quelqu'un devait le faire. Autant que cela soit lui. Tuer à sa manière car la fatalité est une obligation dans toutes les vies qui accompagnent une âme.
Et pourtant parmi l'existence brutal et barbare du vieux titan, il y avait également des légères douceurs comme cette louve qui se tenait à proximité de lui. Frêle et carnassière, elle semblait prendre la vie comme elle venait. Jadis, il admettait suivre ce chemin lui aussi ... Mais ce temps était révolu depuis la mystérieuse disparition de Gïlh'Or. Drack était vide de couleurs, il fallait y remédier en laissant une marque distincte et visible ... Un rouge carmin.

Bientôt, son armée se lèvera au même rythme que sa position en tant que chef de meute. Les soldats et les parias ne manqueront pas. Actuellement, ils errent tous quelque part dans des endroits connus, invisibles et opprimés. Tous savent qu'ils se trouvent non loin d'eux sans même être capable de les désigner. Personne ne pouvait les comprendre ou même ne prenait le temps de les comprendre. Rejetés et affaiblis, personne ne peut remarquer leur solide potentiel, la quantité de colère inhumaine et des ressources qui peuvent se montrer inépuisables ... Personne sauf Thorolf. Le monde les voyait comme des zombies stoïques, des personnes sans identité et inerte. Bien au-delà de cette inertie, de ce sommeil mental, se trouvait bien une entité remplie d'une rage cruelle et indomptable. Le vieux lycanthrope l'avait compris avant beaucoup d'autres. Et il allait aisément en profiter.

Sa tête se releva et admira avec quel appétit Nina était en train de se goinfrer en ne laissant aucune miette hors de sa vue. Thorolf avait appris aussi l'habitude d'enlever ses "miettes" ... En effet, il n'avait jamais laissé de témoins en vie et capable d'accuser ses meurtres. Il resta silencieux, seul les mastications et les légers grognements de la louve embellissait l'air. Une fois son repas terminé, elle s'approcha de lui en lui déposant une caresse au niveau de sa jambe. Inconscient de sa force, il posa sa grande main sur la tête du fauve, puis la caressa au sens du poil. C'était apparemment ce qu'elle attendait car un autre signe de douceur était donné de sa part.

"Allez, file. Le froid est la seule chose que je ne peux achever de mes mains."

Ou comment dire inconsciemment que la grosse brute sanguinaire ne voulait pas que la louve se retrouve frigorifier en chemin. Il la regardait partir droit vers l'horizon, lui restait aussi immobile qu'un rocher. Frappé par les flocons de neige et la bise glaciale, il s'habilla de nouveau et se frotta les mains. La neige tombait durement à présent. Dans une heure, un blizzard pourrait faire surface et recouvrir sa position. Lui aussi devait partir, et c'est ce qu'il fit en reprenant sa hache. Ses projets en tête vis à vis de sa meute étaient la seule chose qui était capable de le réchauffer.
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