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 Les cendres de l'Apocalypse

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MessageSujet: Les cendres de l'Apocalypse   Sam 28 Avr 2012 - 18:49

Une violente tempête de neige s'était levé très tôt, ajoutant ainsi une atmosphère mélancolique qui décorait le nom de ce lieu : la forêt des sanglots. Les flocons assaillaient l'endroit comme de la cendre post-apocalyptique, de minuscules particules capable de fouetter aussi bien le visage que l'air transcendant. L'oxygène était devenu moins palpable, mais elle parvenait encore à exister malgré la menace du phénomène naturel. Le vent se montra sans pitié, elle chargea à vive allure en faisant trembler dangereusement les arbres. Des tapis de neige recouvraient les branches jusqu'à leur extrémités avant de glisser et de plonger en direction du sol. Le vent giflait, la neige congelait, le froid pénétrait chaque membres et les paralysait les uns après et les autres ... Tout cela était typique d'une tempête de neige aussi difficile que féroce.

Mais au-delà de cette blancheur infinie qui se rapprochait plus du néant ultime, bien au-delà de cette férocité naturelle se trouvait une toute autre sauvagerie. Deux lycanthropes étaient en train d'écarteler une femme, l'un tirant ses jambes et l'autre ses bras dans le sens opposé. Un troisième qui portait d'énormes cicatrices sur tout le crâne s'empara d'une dague et entailla le buste de la femme. Il plongea ses mains à l'intérieur de la plaie béante et tortueuse au même moment où un cri strident et féminin explosa de sa gorge. Les hurlements de la victime se perdait dans cette masse blanche et gelée ... Le bruit du vent camouflait une bonne partie de sa souffrance. Le lycanthrope hideux agrippa le plus naturellement du monde ses entrailles avant de les apporter droit à l'intérieur de sa gueule. La pauvre était encore en vie et devenait spectatrice de son sort, impuissante et folle de douleur. Elle s'égosillait comme une vulgaire trainée, sa voix déchirée réclamait qu'on la tue, qu'on l'achève ... Ce cri déformé par la torture ... C'était une mélodie que tous devait apprécier dans la meute. C'était ... l'amour de Drack.
A côté du spectacle, Thorolf restait immobile. Il regardait le ciel qui portait la même robe que la brume ... Blanche, pâle et morte en arborant par la même occasion le même visage d'une tristesse épuisée. A ses pieds, la couleur était tout autre. Le sang s'était imprégné dans la neige comme une mare épaisse d'immondices de toutes sortes. Entre les cadavres atrocement mutilés et décapités, des armes et boucliers se trouvaient non-loin de leurs porteurs. Leurs chevaux ont d'ailleurs connu le même sort, mais leur fin sera toute autre : la viande crue servira pour remplir leur estomac, quitte à en prendre aussi chez les lycanthropes morts. Car oui, c'était bel et bien des lycanthropes ... De nord-Bois précisément. Ou dû moins, c'était ce que Thorolf pensait ... Il était difficile de remarquer quelque chose avec un blizzard pareil.

Grâce à un informateur, il eut vent qu'un représentant de Nord-Bois allait débuter un voyage en direction d'une destination lointaine. Cette destination, Thorolf s'en contrefichait ... Il n'allait pas survivre plus longtemps une fois son œil planté contre le sien. Mais sa cible officielle ne se trouvait pas parmi les décombres de chaires humaines ... Lui et son escouade ont réussi à stopper les éclaireurs qui partaient en reconnaissance. Cela voulait dire que sa cible prioritaire allait emprunter le même chemin.

Inutile de cacher les corps, de les masquer sous la neige ... Le nouveau chef de meute ne voulait en aucun cas que ses œuvres soient masqués du monde. Il voulait continuer à tuer jusqu'à ce qu'il soit vu, continuer de frapper jusqu'à ce que sa hache soit entendue ... Un peu comme une boucherie. Thorolf était une entreprise de viande à lui tout seul, un abattoir sur pattes, une véritable machine.
Sans doute que le représentant de Nors-bois avait eu vent de la nouvelle tournure de la meute de Drack ... Le vieux colosse espéra qu'il brûlait d'impatience de le rencontrer car pour le titan, c'était le cas. Il le voyait déjà en face de lui, essayant d'éteindre ses ardeurs avec de l'essence en acclamant sa juste pitié ... Comme tous les autres, Thorolf ne se rabaissait pas à un tel jeu pauvre et dénué de courage. Non, cela renforçait plutôt son désir d'étriper un corps avant de planter ses crocs sur sa gorge à la manière d'un vampire. La seule différence, c'est que Thorolf ne suçait pas le sang ... Il arrachait la carotide en laissant l'artère ensanglanté pendre en bas de ses lèvres.

Son regard quitta le ciel et se posa sur ses acolytes qui finissaient de dévorer la guerrière ... Enfin ce qu'il en restait. Ce n'était plus que des morceaux de peau et d'os qui déambulaient paresseusement dans la neige à présent. Il suffit d'un grognement bref pour que tous ses compagnons le regardent en attendant un ordre direct ... Il dût hausser la voix pour se faire entendre.

"N'en profitez pas tout de suite ... Ce n'est qu'une mise en bouche."

Des rires déments s'échappaient de leurs gorges ... Ils étaient aussi impatients que lui et le démontraient avec sincérité et une grande extase. Thorolf était plus sage ... Un seul sourire définissait cette grande envie d'achever cette mission en éliminant l'objectif : le fameux représentant de Nord-Bois. Il nettoya ses lèvres sanguinolents d'un revers de main avant de reprendre son "couvert" habituel pour découper n'importe quelle viande : sa hache. Le colosse était baigné de flocons de neige qui restaient collés sur sa barbe et ses sourcils de la même couleur ... Mais le sang contrastait indéniablement. La couleur chaude et liquide envahissait la moitié de son visage, les gouttes se frigorifiaient au rebord de son menton.

"Le plat principal se dresse devant nous."

A ce moment, lui et sa troupe reprirent la marche. Il ne savait pas à quel moment il allait croiser la légère troupe adverse ... Peut-être dans une heure ou tout de suite, tout dépendait de la distance qui les séparait. Dans tous les cas, Thorolf sourit en dévoilant toutes ses dents carnassières ... Il avait horriblement faim.


Dernière édition par Thorolf Gunnar le Lun 17 Sep 2012 - 11:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Dim 29 Avr 2012 - 0:31

L'ami, ou l'ennemi ?



Un groupe d’homme que j’avais envoyé en expédition peinait à revenir. Leurs femmes s’inquiétaient tout doucement. Les enfants réclamaient leurs pères… Je ne pouvais laisser mon peuple dans la détresse la plus totale. Il n’avait rien fait de mal après tout, et ne méritait pas d’être puni aussi injustement.
~ J’étais tranquillement assise en tailleur dans mon carrosse. Ma nuque reposait contre la banquette du carrosse… J’étais entrain de m’endormir lorsqu’un des gardes qui m’escortait frappa fortement à la fenêtre. J’émis un grognement : C’était donc impossible de se reposer tranquillement ? ! Le carrosse s’arrêta et j’ouvris la porte, me penchant légèrement pour voir le concerné. Il s’exclama, en panique :
« Les éclaireurs chef ! Ils ont vu un groupe de personnes décapitant et démembrant des gens chef ! »

Je fronçais les sourcils et m’apprêtais à refermer la porte. Il faisait beaucoup trop froid et je ne pouvais me permettre de laisser quelques flocons de neige pénétrer dans mon petit cocon. Il bloquait la porte avec sa main :

« Dame c’est vrai et c’est important ! Il faudrait mieux faire demi-tour, c’est du suiciiiiiiii… Aaaaaaaah !!! »

Une main agrippa l’homme et l’envoya plus loin. Bien trop surprise je mis quelques minutes avant de saisir que nous étions attaqué. Surement par les ‘ décaptieurs de l’extrême ‘ Dès l’instant où je réagissais, j’eus saisis mon épée qui était soigneusement rangé dans son fourreau. Je sautais du carrosse en faisant une roulade. J’atterris sous un arbre, alors qu’une grosse brute se jette de tout son poids sur le carrosse. Merde ! J’allais rentrer comment moi hein ! Je glissais le fourreau en bandoulière et saisissait l’épée en effectuant un tour sur moi-même. Puis je fonçais tête basse vers le premier homme. A la dernière minute je me déplaçais sur la gauche, déstabilisant assez le bonhomme pour l’éventrer. Je remontais d’un coup sec l’épée et atteignit sa gorge. Un bruit répugnant parvient jusqu’à mes oreilles. J’en déduisais que ce n’était autre que celui des boyaux déchiquetés… Mais pas le temps de réagir, je devais passer a l’attaque sous peine d’y perdre la vie, et celle de mes compagnons !
Soudainement quelqu’un me plaquait au sol j’émettais un grognement. Me retournant sur le dos, j’aperçus un de mes gardes. Je m’étais mise à hurler :

« Qu’est que tu fou sale con ?! Bouge de la ! Ou ils vont faire de nous une brochette !»


C’est alors que j’avais vu le filet de sang qui coulait de ses lèvres closes… Ses yeux, vides d'expressions... Son visage déformé par la douleur... Je portais un mort… Sur mon corps… J’émettais un grognement et le repoussais en me relevant. J’étais rapidement encerclée. Visiblement, il ne restait que moi… Mes hommes n’étaient pas morts pour rien… Plusieurs cadavres de l’équipe adversaire jonchaient sur le sol.
Quelques mots parvenaient à mes oreilles alors que je me préparais à attaquer les abominables gens qui m’entouraient :

« Laissez-moi-la. Je veux … Gouter en premier à sa chaire. Je crève de faim et le spectacle d’avant… »

Un rire résonna. Un rire qui frôlait la folie. Préoccupée par mes adversaires, je ne pris la peine d’identifier cette voix.
Les hommes se poussèrent tour à tour. Ils n’étaient pas nombreux. Je remarquais qu’ils se poussaient tous sous les ordres d’un potentiel chef. Tous, sauf un, qui approchait vers moi, n’aillant pas écouter l’inconnu. Je brandis mon épée vers lui :

« Dégage… Sale chien… De suit… »

Il mit un coup de pied dans mon épée et la saissait a deux mains. Je dus la relâcher, bien trop sonner par son attaque. Il fonçait droit sur moi. Je plongeais sous ses jambes.
Je me relevais aussitôt alors qu’il me plaqua au sol. Ses mains s’abattirent sur ma gorge. D’une main, il caressait mon visage, alors que de l’autre il tentait de me tuer. Ses dents essayaient d’atteindre mon épaule. Il dérapa et atteignit ma joue. La mordant a plein crocs, il m’en arracha un morceau.

La respiration me manquait, je ne pus crier. La douleur était vive. Mais il fallait que je sauve mais vie. Je relevais mon genou, visant un endroit très sensible chez l’homme. Le colosse eut un mouvement de recul alors que je glissais mes doigts dans une de mes bottes. La créature était si lourde qu’elle me coupait la respiration. J’atteignis du bout des doigts le manche de la dague. Je la saisissais et la plantais directement dans le cœur de l’homme en poussant un hurlement de rage, alors que je repoussais avec peine son lourd corps … Mort.
Ils n’étaient plus que deux… Je repris doucement mon souffle, accroupit au sol. Je me relevais doucement et saisit mon épée. L’avant dernier bonhomme n’était vraiment pas futé. Il chargeait alors que je tendis mon épée droit devant moi... Il alla s’y empaler. Suicide ? Peut-être. J’affichais un petit sourire alors que je retirais rapidement mon épée pour lui trancher la gorge.

Si mes comptes étaient bons il ne restait qu’un seul homme… Et il était dos à moi… Je fis quelques pas en avant, et je me tournais vers lui. J’écarquillais grand les yeux, bien trop surprise :

« Thorolf ?! »
Je déposais le bout de ma lame au sol et prit appuis dessus, en fronçant les sourcils :
« Moi qui pensais que tu serais heureux d’apprendre que j’aurais le pouvoir… Tu veux ma mort c’est ça ? » Je passais une main sur ma joue blessée et crachait à ses pieds :

« Salopard. J’ai faillis crever par ta faute. T’est comme les autres au final. Tu ne vaux rien. »

De la suceur perlait sur mon front. Le sang coagulait sur mes cheveux, les fixant sur ma joue. Je passais une main sur mon front et le guettait…
Guettait ses mouvements… Guettait ses réactions, anticipant une potentille attaque. N’avait-t-il pas dit qu’il crevait de faim ? Mes soupçons se confirmaient rapidement : L’homme était cannibale. Et ses amis l’étaient tout autant. Je ne vois pas pourquoi l’autre m’aurait mangé un bout de ma joue sinon… Sên soit louée, j’étais une lycane… Et la plaie ne serait que superficielle, l’espace de quelques jours. Je glissais ma dague dans ma botte et l’épée dans son fourreau en ne lâchant toujours pas Thorolf du regard.
Puis je m’écartais de sa vue, me glissant près des cadavres de mes hommes. Je murmurais une prière devant chacun d’entre eux. J’embrassais une seule fois le bout de mes doigts et le déposais sur le front de chacun d’entre eux.
La colère bouillonnait doucement en moi… J’avais soif de vengeance… Soif de venger ces frères, morts pour moi. Je détachais mon regard des morts et le relevais vers Thorolf en émettant un long grognement… Ma respiration s’accélérait. J'avais chaud, alors qu'en vrai, le temps était simplement affreux...


HRP [ J'ai eut mes deux pages Rps, je pense.. Que j'me suis rattrapée ! Very Happy ♥️ ]
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mar 1 Mai 2012 - 1:01




La troupe subissait toute la colère de la tempête sans toutefois diminuer le rythme de marche que Thorolf avait placé dès les premiers mètres. La faim les tenaillait tous, elle devenait l'emblème de leur récompense, de leur fruit interdit qui les poussait à avancer sous une neige glaciale et sans fin. La plupart des brutes ne portaient que des pans de fourrures reliés à des ceintures de cuirs. Le chef de meute, malgré la température intense, n'avait rien sur ses épaules. Juste ses longs cheveux, sa barbe épaisse, des gantelets en fourrure robustes et un pan de fourrure d'un noir-marron qui était enroulé autour de ses jambes larges. Tous bravait une saison pareille au nom de la faim. Car cette dernière était tout. Si ses guerriers battaient à ses côtés, c'était au nom de la faim. Si les femmes continuaient à copuler jusqu'à inscrire une longue lignée de descendance, c'était au nom de la faim. Pour qu'adultes comme petits puissent savourer le repas éternel et symbolique de la viande de son voisin, de la chaire de son ennemi. Elle est le phénomène de nécessité vis à vis de la meute. Elle était même l'origine de beaucoup de sujets, autant de matières culinaires que de meurtres.

Les Drack étaient devenus des cellules qui formaient une seule et même maladie. Des rongeurs vivants, des parasites affamés, des bactéries néfastes ... Tout comme un cancer, lorsqu'un Drack meurt, deux autres le remplacent. C'est le phénomène de l'Hydre. En découpant une de ses têtes visqueuses, la tête tranchée est multipliée par deux. Drack était cette multiplication. Drack était ce cancer et Thorolf y voyait là comme un système redoutable que personne ne pourrait achever au premier coup d'épée. Si ses ennemis voulaient causer sa perte, en finir avec le tyran ... Ils devraient s'en prendre à tous les lycanthropes de la meute. Même les femmes, même les petits louveteaux ... Et s'ils y arrivent, si ses frères et sœurs des différentes meutes parviennent à commettre ce génocide pour l'éliminer complètement, pour achever son ordre ... Ils ne vaudraient pas mieux que lui. Au contraire, ils deviendraient comme lui. Des animaux bestiaux et sans cœur. Ils auraient été l'origine d'un massacre brutal et sanguinaire. Juste comme Thorolf. Juste comme leur défunt adversaire. Oui ... La meute de Drack est quasiment invincible, à priori si elle est conduit par le code de dignité et d'honneur que ses confrères accordent tant d'importance. Thorolf avait bien calculé la protection et la tenue de son propre règne avec succès.

Thorolf regarda sombrement au loin ... Plusieurs ombres commençaient à se dessiner devant lui. Il s'arrêta pendant que le véhicule était en train de continuer sa route en sa direction. Tout en pointant le groupe ennemi du doigt, il sourit en dévoilant des crocs tâchés de sang. Cela suffisait pour transmettre le message d'attaque. Ses fidèles partisans se mirent à rugir et à charger comme des aliénés sanguinaires, tandis que Thorolf restait en retrait avec deux de ses meilleurs guerriers. Il guettait le moment opportun pour suivre le représentant des yeux une fois que ce dernier était en-dehors du carrosse. Bien vite, l'attaque se transforma en bataille où le désordre et le chaos étaient tout deux maîtres de la situation. Des cris de douleur s'exclamaient dans le vent, des gémissements atroces se mourraient dans l'air ... Tout était délicieux.

Le représentant des Nord-Bois quittait précipitamment mais agilement son véhicule, le mettant ainsi dans une position vulnérable. Thorolf marcha lentement en sa direction, les combats fusaient autour de lui mais personne ne remarquait réellement sa présence. Comme s'il devenait un véritable fantôme parmi le combat qui faisait rage ... Il aperçu un de ses bouchers fouiller l'intérieur du carrosse mais sans succès. Le chef de meute ne cessait de fixer sa cible, dû moins son ombre ... De loin, il était emmitouflé, il aurait voulu voir son visage déchiré par l'horreur.

Les choses devenaient mouvementées et la vitesse des événements augmenta d'un coup. Sa proie principal tuait un des siens, puis Malok, un horrible lycanthrope aux lèvres grossièrement cousus broya les cervicales d'un des gardes avant de le pousser brusquement sur le représentant. Il n'avait pas remarqué qu'il venait de bloquer leur cible car il se mettait à rugir en ouvrant ses plaies labiales. Thorolf avait dû le coudre de force pour l'empêcher de crier car son esprit était brutalisé par des mémoires brisées de son passé déchu ... Il possédait des troubles psychiques si importants qui le poussait à hurler au nom de la folie. Le vieux titan ne possédait pas d'autres alternatives que de l'avoir fait taire de cette manière.

La cible venait d'hurler ... Ce n'était pas un représentant, mais une représentante. Une femme, le ton de sa voix était bien plus haute plutôt que rauque ou gras. Malgré la féroce tempête, il ne pouvait distinguer s'il l'avait déjà aperçu auparavant ou non. Un des guerriers de Thorolf acheva un autre garde, mais avant que celui-ci chute à terre, Thorolf le rattrapa avec ses bras. Ce n'était pas pour l'empêcher de tomber brusquement à terre ... Il plongea ses crocs bien au fond de sa gorge et retira brutalement la pomme d'Adam. Il laissa le cadavre retomber en mâchouillant le peu de viande qu'il possédait dans la gueule, sa langue tentant d'extraire le peu de matière que possédait dans les failles de l'os. Il cracha ensuite ce dernier sur le tapis de neige avant de reporter son intention sur la représentante. Elle, par contre, menait la lutte en virevoltant son épée avec maîtrise et une connaissance en la matière.

Ses acolytes rejoignaient Thorolf. Tous encerclaient la cible en laissant bien trois mètres de distance entre elle et eux. Le chef de meute était le plus calme, le plus impassible de tous ses guerriers. Ces derniers s'exclamaient avec férocité, vociféraient des rugissements alarmants et bestiales. Thorolf resta toujours muet. Le silence était son hurlement le plus intimidant. Le fait de rester de marbre était sa posture la plus menaçante. Tous savaient que si leur chef de meute demeurait silencieux et immobile ... Mieux ne valait pas se mettre en travers de son chemin. Le silence ne faisait pas tout, ils n'étaient pas naïfs à ce point. Leur chef restait le plus fort ... et surtout le plus gourmand en matière de viande. Un de ses fidèles brisa le silence, puis pesta son envie de se remplir la panse ... Il voulait la goûter avant tout le monde. Soit, leur chef était peut-être un barbare cannibale et meurtrier, mais il avait une implication pour les bonnes valeurs qui se rapprochaient une infime politesse. Il approuva d'un signe de tête et ce dernier commença à s'esclaffer de plus belle. Il se réjouissait, ses yeux devenaient noirs, sa bouche autant que sa langue réclamait de la chaire, du sang et un os à ronger. comme dessert. Un de ses alliés le narguait en s'étranglant à moitié de rire :

"N'oublie pas de sucer la moelle cette fois !"

Thorolf sourit à son tour, la blague était bonne ... Mais la viande serait encore plus savoureuse. Le combat éclata, la représentante ne se décidait pas à se tenir tranquille. Mais quelle était sa surprise lorsque le boucher reçu un coup fatal de sa part. Sa vie fut envolée, tout comme son appétit. Mais un autre chargea et ... mourut lamentablement. Sa faim l'avait dicté d'agir comme un être primitif, non comme un soldat. Ils étaient en réalité trois, mais Thorolf décida de rebrousser chemin lorsqu'il entendit une voix très familière ... La sonorité de cette voix féminine, son odeur qui arrivait enfin à percer la tempête de neige jusqu'à arriver dans les profondeurs de ses narines ...

Il ne connaissait que trop bien cette personne. Et cela le paralysa de haut en bas. Son œil s'écarquilla, il resta hébété pendant une dizaine de secondes. Il se retourna lentement, bravant le regard coléreux de Nina-Lou, une des femelles qui ne pouvait se résoudre à trépasser de ses mains. La Nina-Lou qui l'avait conduit à regagner un semblant d'humanité durant toute une nuit. Cette même Nina-Lou qu'il l'avait protégé du froid le plus vicieux en la gardant à l'intérieur de ses bras chaleureux. Nina-Lou Knywett. Il a failli abattre Nina-Lou Knywett. Il se retourna et observa son crachat qui gicla le bout de son pied. Thorolf ne réagit même pas, la haine illumina toujours son œil glacial, mais un fond de tristesse parcourrait au fond de sa prunelle. Il n'avait pas souhaité cela. Pas à elle en tout cas.

"Nina ... Tu te trompes. Je vaux encore moins que les autres. C'est ce qui me rend si différent."

Il soupira profondément, jamais il ne s'excusera devant elle ni devant personne pour une erreur qu'il a commise. Ce n'était pas dans ses habitudes de s'incliner. Mais il pouvait lui promettre de se rattraper à l'avenir. C'était sa manière de prononcer un pardon, sans le citer avec les lèvres ... Mais plutôt avec les poings. Avec de l'action et des meurtres à la pelle. Il se retourna en dévisageant ses deux acolytes qui restaient en retrait et aboya :

"Malok, Revno ... Approchez-vous."

Les deux soldats s'approchaient comme des automates, mais restaient hostiles. Tout deux dévisageaient la nouvelle chef de meute avec une répugnance particulière ... Soudain, Thorolf brisa les jambes de Revno en envoyant deux coups de pied bien placé. Les articulations ne purent tenir le choc, les os se brisèrent dans un craquement sinistre. Revno commença à hurler de douleur, ses gestes désordonnées essayaient de se raccrocher à quelque chose ... N'importe quoi qui pouvait l'achever. Mais Thorolf prenait le soin de déplacer toutes lames qui se trouvaient à sa portée. Malok déglutit avec peine ... Il savait ce que son seigneur était en train de faire. Il regarda au garde à vous, devant Thorolf qui le toisa du regard à son tour. Le chef de meute lui murmura :

"Malok ... Tu sais ce qu'il te reste à faire."
Le guerrier à la bouche grossièrement cousu acquiesça d'un signe, la peur se lisait dans ses yeux angoissés. Il commença lentement à sangloter, à balbutier des paroles incohérentes pour se donner du courage ... Il tint son épée autour de son cou. Il hurla à présent à plein poumons, arrachant le fil qui retenait ses lèvres collées.

"Pour ... Pour Drack Maître ?!"

Thorolf s'approcha et se mit en face de lui. Ses lèvres étaient complètement déchirées, le noeud du fil sanguinolent restait encore coincé dans une plaie ... Il lui murmura sagement :

"Pour Moi, Malok."

Ce dernier fit signe qu'il avait compris ... Avant de se trancher sauvagement la gorge. Malok décéda ainsi devant les pieds de son seigneur, de son créateur et de son bourreau ... C'était un rituel de survie. Malok s'était enlevé la vie pour son seigneur, pour que Thorolf puisse ne pas manquer de nourriture et continuer à vivre. Malok était une cellule du cancer de la meute ... D'autres le remplaceront. Il ne sera pas mort en vain. Lorsque ces fidèles décèdent ainsi pour le bien de leur Maître, le vieux colosse est dans l'obligation d'engloutir leur corps et leur âme avant que les défunts puissent dormir dans son ventre, en sécurité de la bête la plus noire de Thaodia. Plus Thorolf dévorait de ses disciples, plus il possédait une image de force en tant que chef de meute. Il ne mangeait pas ses membres par plaisir, mais pour leur offrir le repos éternel. Un paradis et une sécurité qui ne pouvaient que se trouver qu'en lui.

Thorolf s'agenouilla et finit de découper sa tête. Il se lécha les doigts tâchés de sang avant de prendre la tête au-dessus de son épaule. Il se retourna vers Nina ...

"Il faut partir d'ici. On réglera nos comptes ailleurs."

Il fit deux pas avant de croiser à nouveau Revno ... Des mots crus sortis de sa bouche :

"C'était un de mes meilleurs guerriers. Achève-le ou laisse-le dans le blizzard. Il est à toi."


Dernière édition par Thorolf Gunnar le Mer 2 Mai 2012 - 23:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mer 2 Mai 2012 - 22:36

La famille d'accueil. Tu la tue, je te bouffe.

Je le regardais. Mes jambes se faisaient molles… Thorolf me fit face… Et osa… Oh oui, osa lancer une phrase, suivit d’un soupire :
"Nina ... Tu te trompes. Je vaux encore moins que les autres. C'est ce qui me rend si différent."

Je lâchais d’une voix montant dans les aigus :
« Moi je t’apprécie Thorolf ! Et toi, tu veux me tuer ! »

Je n’eus le temps de protester que la voix de l’homme se fit plus forte. Il grogna presque, appelant deux de ses soldats. J’eus un mouvement de recul et dégainait ma lame. Mon épée paraissait si lourde… Les deux hommes me dévisageaient de bas en haut. Je ne lâchais point leurs regards haineux. Soudainement Thorolf brisa les jambes de l’un d’entre eux. Je reculais et m’heurtais à un arbre. Pourquoi sacrifiait-il ses hommes ?! J’observais la scène, mes muscles étaient soudainement pétrifiés. Mon regard n’arrivait point à se détacher de l’abominable scène qui se déroulait…Devant moi. L’homme aux lèvres cousues venait de retirer le fin fil de ses lèvres en hurlant. Je passais machinalement le bout de mes doigts sur mes lèvres.

Soudainement, Thorolf murmura … Thorolf se montrant doux avec l’un de ses hommes ? Cela n’annonçait rien de bon… L’instant d’après, l’homme se trancha la gorge. J’eus un haut le cœur. Comment était-ce possible ? Pourquoi tant de cruauté ?! Mon ami, que je considérais plus comme un incconu à présent s’agenouilla près de l’homme et lui découpa la tête.
Je réussis enfin à détacher mon regard de la scène. Mon pauvre petit esprit en prit un coup… J’étais choquée, marquée au fer rouge, par cette affreuse scène. Thorolf se tourna vers moi et sa voix capta mon attention :

"Il faut partir d'ici. On réglera nos comptes ailleurs."

Régler nos comptes…Face à lui je ne valais rien… En un claquement de doigt, il pourra me briser les os, en faire des colliers et des cure-dents pour les afficher sur un marché ! Il pourrait aussi vendre mon corps a un marché au esclave…. Bref, je le craignais. Et je le craignais de plus belle depuis qu’il m’eut attaqué sans aucune raison apparente.
Puis, il me laissa le choix…Achever l’homme agonisant, ou le laisser…Agoniser… Je saisis mon épée en me relevant. Mes jambes étaient molles. J’avais mal à la joue. Je soulevais avec peine mon arme et l’abattit dans son cœur. Je murmurais deux ou trois mots, machinalement car je venais d’ôter une fois encore la vie à un lycan.
Nous marchions côte à côte. Je rangeais avec prudence mon épée. Mes pas étaient lents… J’étais tout simplement épuisée. Au loin, je distinguais enfin une habitation ! Je regardais les mains de Thorolf, il suçotait qu’un os à présent, aillant déjà manger le reste de la tête… Mon corps fut pris de violents frissons : Dégout, froid, haine.
Je trébuchais de nombreuses fois, mes pieds se prenant dans la neige. J’émettais de brefs grognements, frustrée. Arrivant enfin devant la maison, je murmurais a Thorolf :

« Tu me dois bien ça. » Je frappais a la porte et saisissait la main de Thorolf. Une jeune mère ouvrit la porte et écarquilla grand ses yeux en voyant le grand gaillard qui m’accompagnait. Aussitôt je lançais :
« Bonsoir jeune dame. Notre caravane fut écrasée par le poids de la neige ! Mon mari et moi-même mourrons de froid. Pouvons-nous loger jusqu’à demain chez vous ? Evidemment nous payerons pour l’hébergement… Je me nomme Katerine et lui s’appelle Jules. » Le mieux était de gardé l’anonymat… La dame regarda Thorolf, puis moi. Nous étions taché de sang.. J’ajoutais pour appuyer mes propos « Il semblerait que quelques lycans rodent. Nous avons affronté un homme. Ce fut rude, car nous sommes à bout ! »

Moi ? J’affichais un sourire des plus adorables. Accordant sa confiance, elle nous accueillait chez elle. Au coin du feu, le père fumait sa pipe. Les deux enfants jouaient avec divers instruments de musique. Cette maison puait la joie de vivre : Une belle torture pour Thorolf, qui m’avait fait subir un affrontement avec de grands gaillards. L’un des enfants approcha et s’exclama auprès de Thorolf :
« Viens jouer avec moi ! J’ai pleins de musique la bas ! » Je resserrais ma prise sur la main de Thorolf et demandais gentiment a la bonne femme :
« Pouvons-nous voir notre chambre s’il vous plait ? Nous sommes si…Fatigués.»
Je regardais l’enfant et sourit :
« Demain, avant de partir, tu nous montrera tes instruments ? Tu sais mon grand, nous avons sommeil. Le trajet fut long et éprouvant. » L’enfant me sourit… Je parlais a notre nom alors que la femme, en gentille hôte, nous conduisit jusqu’à une chambre. Je refermais aussitôt la pièce derrière moi. Je verrouillais la chambre, glissant la clef dans ma poche et relâchais la main de Thorolf. Je le fixais intensément et murmurait dans un grognement :
« Je suis armée compris ? En gros… N’essaye pas de me tuer lorsque je dors. Touche encore moins à cette famille. »

M’en voulant de lui parler comme un moins que rien, je soupirais et murmurais :
« Aller… Viens dormir Thor’…» Je retirais mon épée, mes bottes et mon blouson. De ma botte je sortis une de mes daguesJe me glissais devant la coiffeuse et démêlais soigneusement mes cheveux enneigés. La femme frappa a la porte. J’ouvris la porte et prit avec joie la bassine d’eau chaude qu’elle nous donnait. Je me débarbouillais le visage… Enfin propre et non souillée par le sang, je me glissais sous les couvertures… Je pris grand soin de serrer la dague. Me mettant dos à la place libre, je fermais les yeux. Je ne trouvais de suite le sommeil, attendant les réactions de Thorolf. J’attendais…Qu’il se glisse dans mon dos pour me prendre contre lui, me protégeant de l’extérieur.

Mais… Allait-t-il le faire ? S’en voulait-t-il vraiment de m’avoir fait frôler la mort ? Mes jambes étaient molles… Les forces me quittèrent… Je m’endormis en relâchant ma dague…
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Jeu 3 Mai 2012 - 2:32

Revno allongea son bras en direction de son seigneur, refusant l'idée de mourir pour lui ... La douleur l'ensorcelait comme un pauvre démon à l'existence déplorable et nauséabonde. Ses jambes ne réagissaient plus, seul son tronc et ses bras gesticulaient dans tous les sens comme un misérable insecte. Décidemment, il le décevait ... Il ne faisait ni face à la fatalité, ni face à son propre destin. Il l'aurait bien achevé lui-même pour ce manque de bravoure, ce n'était qu'un raté pour déplorer ainsi un ramassis de conneries nommés pitiés et remords. Malok est partit définitivement dans l'honneur et le désir d'être dévoré par l'ancien colosse, laissant ainsi son âme de soldat à l'intérieur de l'estomac du mâle dominant qui a instauré la terreur. Il espérait que les fils de Drack, donc les enfants, grandissent au point de retenir son exemple. Rien ne doit effrayer un Drack car ce dernier a goûté à toutes les souffrances de son être comme connaissances de cause à effet. Et c'était lui, l'ancien Maître de guerre qui mena non seulement une force nouvelle et puissante au sein d'une meute à la réalité bafouée, mais également une idéologie propre symbolisant une peur éternelle à offrir à n'importe quel opposant. Ils n'étaient pas les plus disciplinés ... Mais ils demeuraient les plus sauvages. Le vieux titan imposa ce système ... Lui, le boucher des marais, le cannibale de Thaodia ... Thorolf Gunnar.

Il fixa la jeune femme d'un regard aussi neutre que la couleur d'une pierre, renfermant sa haine et son dégoût au plus profond de son être. Il n'avait jamais voulu s'acharner sur elle de la sorte ... Il avait ouïe dire qu'elle était chef de meute, c'était un détail qu'il ne percuta pas encore tellement la surprise fut gigantesque lorsqu'il reconnut son visage dans ce simple massacre habituel et laborieux. Puis il observa le moindre de ses mouvements qu'elle dût endurée avec difficulté ... Jusqu'à plonger sa lame à l'intérieur du soldat. Le tranchant de l'arme avait complètement disparu à l'intérieur du nouveau défunt. Elle avait prit sa décision ... Encore mieux, aucune hésitation ne s'était révélée dans son geste. Un détail que Thorolf prit avec une certaine considération. Une fois l'acte accompli, il était prêt à se mettre en marche ... Mais il entendit un mot, non ... Trois mots. Une courte prière pour un soldat qui lui aurait volontiers exploser le crâne à coup de massue ? Quelle drôle d'idée de partager un semblant de paix à un être qui ne mérite ni condoléance pour son manque de sagesse face à la mort. Il ne l'avait pas acclamé, ni même attendu ... Il la fuit comme un lâche. Rien qu'à cette idée répugnante, Thorolf ne voulait pas de sa viande. Malok, au contraire, allait avoir cette honneur.
Tout deux se mirent en marche, silencieux et encore abasourdi par cet événement si soudain. L'atmosphère était tendue, le seigneur des Drack n'aurait ressenti aucun sentiment néfaste si la louve qui se trouvait à ses côtés était un individu quelconque autre qu'elle-même ou Kimaya ... Mais justement, c'était bien Nina qui se déplaçait au même rythme de marche que lui. Cela faisait toute la différence ... Il dirigea discrètement son regard vers elle. Elle n'avait pas changé d'un seul pouce, elle arborait toujours ses longs cheveux d'un noir ébène et des courbes finement dessinées qui aurait fait envié bien des femelles de leur espèce. Et pourtant cette louve frêle et féminine réussit à gravir les plus hauts échelons d'une meute ... Mais en particulier celui de Croc-Noir. Ce n'était pas rien, c'était même un trône que beaucoup de lycanthropes se battaient pour le posséder.

Il se souvint que Gïlh'Or lui parla de Sheiz Vulcain, un ancien chef de la meute, comme un être impitoyable et confiant dans ses convictions. Thorolf était fier de sa nouvelle position ... Mais avait-elle les ressources et la force nécessaire d'endurer un tel fardeau ? Dans quelle direction se dirigeait-elle ? Quelle était l'image qu'elle offrait à sa propre meute, ainsi qu'au monde d'Ephaëlya ? Dans tous les cas, si elle a pu arriver à une telle position dans la hiérarchie des lycanthropes, c'était la preuve ultime que malgré son apparence, elle débordait de charisme et d'assurance. Peut-être que le cannibale l'avait sous-estimé en fin de compte ... Et rien que cette idée d'avoir eu tord à son sujet le plaisait déjà.

Il apporta la tête devant sa bouche et commença à retirer les lambeaux de chairs qui restaient incrustés à l'intérieur du crâne. Il n'hésita pas à plonger ses doigts à l'intérieur des orbites pour retirer les yeux morts et vitreux de Malok. Ses crocs se plantaient avec avidité en s'emparant des morceaux qui restaient sur toute la surface de la tête. Le son de ses mastications était la seule sonorité qui accompagnait le dangereux blizzard. Une fois le squelette dévoilé, il déboîta la mâchoire de deux coups de poing et jeta le reste en suçotant avec gourmandise la partie inférieure de la bouche. Il dût quelque fois recracher les dents du cadavre qui s'étaient infiltrées à l'intérieur de sa gueule.

Il continua à marcher distraitement jusqu'à poser son regard glacial sur une maison habitée ... Thorolf sourit faiblement. Peut-être allait-il continuer à réveiller sa faim en dévorant bien plus qu'une simple tête ? Mais Nina lui intima avec une seule phrase du contraire. Il lui devait une dette ... Il grogna silencieusement sans même connaître les intentions de sa belle partenaire. Elle frappa à la porte ... Attends, que devaient-ils faire ? Sa main s'empara de la sienne en la tenant fermement. Ce contact lui arracha une surprise. Qu'est-ce qu'elle foutait ? Que devaient-ils faire ? A quoi devait-il s'attendre ? Se jeter sur les propriétaires dès que l'embrasure était ouverte ? Les tuer un par un, puis fondre leur peau au feu d'une cheminée pour bénéficier d'une bonne heure de chaleur vivifiante ? Eh bien non, Thorolf resta immobile et perturbé en écoutant les paroles de la chef des Croc-Noir. NOTRE caravane écrasée ? Marié ? Katherine et Jules ? Le vieux colosse regarda successivement la propriétaire puis Nina, incrédule et perturbé. Il devait paraître ridicule avec la bouche semi-ouverte en perdant ses mots ... Mais une telle action manipulatrice de sa compagne l'avait sidéré ... Encore plus car cela semblait fonctionner. Juste avant de suivre leur hôte et d'entrer à l'intérieur du domicile, Il lui murmura doucement :

"J'ai une tête à m'appeler Jules ... ?"

Il ne dit pas à un mot durant la présentation, laissant plutôt la jeune louve mener le bal comme elle l'entendait. Elle possédait d'ailleurs bien plus d'expériences en matière de persuasion que lui et se montrait convaincante dans tous les points... Thorolf, lui, était pour l'intimidation. Une manière communicative qui apportait des conséquences meurtrières à ses interlocuteurs. Et apparemment, Nina ne voulait qu'aucun dommage ne soit causé ... En effet, elle coupa nette à la curiosité du jeune enfant qui s'approcha sans crainte du vieux colosse barbu. Ce dernier eu à peine le temps d'afficher un sourire carnassier et affamer que la louve le poussa légèrement en avant. Thorolf suivit donc les deux femmes jusqu'à leur chambre ... hein ? Ils allaient dormir ici ? Dans ce ... cette ... bâtisse ? Tout était si propre, si chaleureux ... Thorolf suffoquait déjà. Il se sentait renfermé. Il voyait à présent à quel point les marais lui manquaient déjà ... Sombres, vivants comme jamais avec des pendus qui n'hésitaient pas à hurler comme des animaux, l'odeur de la viande âcre et pestiférée des vieux cadavres comme des nouveaux prisonniers ... Il souffla légèrement avec ironie :

"En avant ... Katherine."

Le colosse se fraya un chemin dans la chambre en baissant la tête pour éviter de se cogner. La main de Nina lui quitta, puis elle chargea directement et verbalement. Thorolf rétorqua simplement :

"Te tuer pendant ton sommeil ? Mais pour qui tu me prends ? Un barbare ?"

Malgré l'ironie de la phrase, le lycanthrope mâle était sincère. Tuer quelqu'un dans son sommeil ... Quel gâchis. Autant le réveiller et exhiber une hache devant ses yeux ouverts. Par contre, il évita d'avancer une réponse pour ce qui en était de la famille ... Nina le connaissait bien mieux désormais, elle savait ce qu'il était capable de faire et anticipa toutes ses actions en les interdisant simplement de les réaliser. Thorolf n'en était pas convaincu ... Il y avait bien des petites fesses alléchantes à se mettre sous la dent.

Il reposa sa hache ensanglantée dans un coin du mur et s'ébouriffa les cheveux en ôtant la neige qui refusait de fondre immédiatement. Puis Nina lui parla à nouveau en l'invitant à dormir. Le ton de sa voix était suave, plus amicale ... Elle ne lui en voulait pas autant ? Et si c'était un piège pour lui arracher la gorge ? Après tout, Thorolf avait l'avantage de la situation si le combat devait être un face à face et au corps à corps ... Mais Nina lui avait prouvé combien elle pouvait être maligne et manipulatrice. La meilleure manière d'éliminer un prédateur trop féroce est simple : la ruse. Nina s'était montrée manipulatrice avec ses hôtes ... Etait-ce encore de la comédie ? Il allait garder un œil attentif sur elle ... En même temps, dormir avec elle n'était pas bien compliquée et plutôt attrayant. Nina était bien une des miraculées où Thorolf la regardait comme une femme, un être vivant ... Et non comme une côtelette. Il ôta ses gantelets et les jetaient à terre.
Quelqu'un frappa à la porte, par pur réflexe Thorolf agrippa s une courte épée de sa ceinture avant de réfléchir à ce qu'il faisait réellement. Heureusement que son geste hostile était camouflé, Nina n'ouvrit pas la porte en grand ... Peut-être que le fait de montrer Thorolf pouvait perturber cette confiance. Effectivement, sa simple apparence n'inspirait pas quelque chose de positif en premier lieu ... D'ailleurs, il n'avait jamais été un sain. Sauf à sa manière. C'est-à-dire qu'il eut la gentillesse et l'extrême bonté d'avoir défoncé le visage d'un blessé de guerre à coup de pierre pour éviter qu'il souffre davantage.

Thorolf allait s'installer le premier quand quelque chose de totalement stupide le gêna ... Il portait aussi du sang sur lui. Si ce détail minable retenait toute son attention à présent, c'était uniquement dû à la présence de la chef des Croc-Noir. Peu lui importait de se montrer sale ou odieux, c'était une chose ... Qu'il devait faire attention. Une chose à ne pas discuter. Il se dirigea vers la bassine en croisant rapidement le regard de la louve. Pendant qu'elle s'installa confortablement dans le lit double, il plongea ses grandes mains à l'intérieur de la bassine puis s'aspergea le visage. Inutile de spécifier qu'il s'en mit partout ... N'ayant pas l'habitude de faire très attention à son hygiène. Thorolf se salissait si rapidement ... Surtout lorsque quelqu'un comme lui habite dans le plus grand abattoir des marais avec un garde-manger complet et divers.

Une fois sa toilette terminée, il se dirigea vers le lit puis ... s'arrêta devant. Nina était encore révoltée ... Il n'était pas naïf. Qu'attendait-elle de lui ? Thorolf s'avança, enleva ses chaussures sans peine et ... se coucha par terre à côté du lit. Il s'allongea de tout son long, croisant ses bras derrière sa tête. Le sol était froid et dur, mais cela ne semblait pas gêner le colosse. Il s'était bien assoupi sur des cadavres en laissant ses pieds à l'intérieur des entrailles d'un nain mort pour éviter de prendre froid. Il resta ainsi durant deux bonnes heures ... Guettant les réactions de Nina. Rien, elle n'avait pas réagi. Sans doute avait-elle volé dans ses rêves les plus profonds ... Elle devait être épuisée et abattue à la fois.

Thorolf dormit à peine. Encore ces incessants cauchemars qui le harcelaient sans cesse comme un démon bien plus dangereux que lui ... Car c'est seulement la nuit où le guerrier dort ... Que la douleur se réveille. Il se mit debout sans savoir s'il avait été couché ou simplement assis. Il se sentit en tout cas transporté et mis à la verticale grâce à ses mains, mais il ne pouvait pas savoir avec certitude si ses muscles s'étaient activés ou si une puissante force inconnue l'avait surélevé. Quoiqu'il en soit, il était nu, sans arme. Cela le surpris, comme à chaque fois. Cherchant des yeux un passage pour le mener hors de ce cauchemar, il commença à marcher droit devant lui ...

Doucement, le sol se métamorphosa et devint liquide. Plus aucune solidité, une masse blanche comme du lait de chèvre lui recouvrait les pieds. Il leva sa tête et resta abasourdi devant l'image qu'il avait de lui : le jeune Thorolf était assis sur une surface solide en train de pêcher. Le vieux lycan continua sa marche puis il s'arrêta et se mit à son autour sans dire un mot, toujours cette pointe d'anxiété qui déforma sa bouche ouverte, l'oeil écarquillé. Avant même que le colosse put prononcé un seul mot, le jeune s'exclama avec sa voix d'enfant mais toujours énergique fidèle à la famille Gunnar :

"Je sais ... Tu veux savoir ce que je fais. Là, je pêche ... Mais ça ne mord pas beaucoup."

Le lycan s'assit à ses côtés, complètement désemparé. Comment lutter face à un phénomène comme celui-ci ? Etait-il un symbole de bienveillance ? Etait-il une longue et cuisante déchirure de son passé qui ne cessera de ronger son avenir ? Il resta silencieux ... Ne sachant que dire de plus, car l'enfant avait deviné exactement ses pensées. En un simple clignement de l'oeil, il vit la canne à pêche se métamorphoser en un long et sanguinolent intestin. Le sang goutta de l'organe sur ses petits pieds d'enfant. Thorolf eut la nausée ... La démence était-elle en train de gagner ? Tentant de combattre ses démons, il essaya d'entrer dans le jeu. Peut-être ainsi serait-il capable de se reprendre ?

"Tu ... T'utilises quoi comme appât Thorolf ?"

Le garçon ne fit pas la moue. Bien au contraire, une image de fierté se dessina à chaque recoin de son visage. Il tourna sa tête en sa direction et un trou énorme rempli de pus et de sang lui déforma une partie du visage :

"Mon oeil ! "

La prunelle était en effet nouée tout autour de l'ignoble intestin ... Mais ce ne fut que maintenant qu'il dévisagea que le bout de son intestin était encore dans le corps de l'enfant. Ce dernier avait dû s'entailler le ventre et utiliser l'organe comme ...
Thorolf tourna de l'oeil ... Cela était une vision trop fort, un cauchemar horrible ... Le jeune homme sauta complètement sur Thorolf et le griffa de ses petites mains.

Il se réveilla en sursaut et releva à moitié. La sueur était en train de perler son front ... Quelle vision cauchemardesque. A chaque fois, le "jeune Thorolf" parvenait à le rendre fou. Il n'avait pas trouvé le repos depuis des années à cause de lui et de ses incessantes plaisanteries. Il se mit doucement sur pieds et porta son regard sur le lit. Malgré le manque de lumière, il parvint à distinguer clairement les formes dans l'obscurité. Même s'il avait décimé tout un groupe, même si elle était la nouvelle chef des puissants Croc-Noir ... Cette nuit, il la voyait comme toujours. Frêle, recroquevillée sur elle-même en cherchant de la chaleur, une présence ... Elle avait besoin de lui, de protection. Elle voulait l'avoir à ses côtés. Elle ressemblait tellement à sa sœur ... Que cette idée devenait répugnante au point de subir un haut-le-cœur. Il porta rapidement une main sur sa bouche par simple réflexe ... Avec une douceur particulière, il se glissa à l'intérieur du lit en étalant la couverture sur la moitié de son corps brûlant. Il se colla contre son dos afin qu'elle puisse se blottir contre lui et ressentir une chaleur humaine et agréablement chaleureuse. Il la sentit bouger un peu afin de se lover contre le lycanthrope.

Une lueur scintillait dans la pénombre ... La dague de Nina. Il parvint à l'empoigner en avançant lentement la main. Cette dernière se renferma sur le manche de l'arme ... Nina ne bougeait pas, elle devait sans doute être profondément endormie. Il leva la lame au-dessus de sa tête pour mieux l'observer ... Il pourrait la tuer, l'achever et faire régner la terreur au sein de la meute des Croc-Noir. Elle était désarmée, il pouvait agir comme bon lui voulait ! Il pouvait l'égorger et ensuite assassiner toute la famille avant de les dévorer un par un ! Mais surtout posséder une prise de pouvoir aussi solide que cette meute militaire en achevant son leader serait un succès titanesque et grandiose ! Il serait riche ! Il aurait un pouvoir sans limite ! A lui la réputation de sauvage, à lui Thaodia sous ses pieds et de la viande à volonté ... Il suffisait juste de plonger la pointe de la lame dans son cou et attendre. C'était pourtant simple, Il l'avait fait de nombreuses fois ... Mais Thorolf n'essaya même pas. Tous ses rêves de guerre et ses fantasmes de pouvoir ne faisaient pas le poids vis à vis de ce que la femelle pouvait représenter pour lui. C'était Nina. Pas une chef des Croc-Noir, ni une militante, ni même une lycanthrope ... C'était Nina-Lou Knywett. Un être auquel Thorolf était dans l'incapacité la plus totale à décharger sa fureur envers sa personne.

Il reposa doucement la lame meurtrière sur la table de chevet à côté de lui, inutile qu'elle se coupe involontairement durant son sommeil. Sans même réfléchir, il passa sa main sur la surface de ses cheveux, puis il remonta la couverture sur elle et entoura son corps fin de ses bras musclés et colossales. Il sentit sa tête se poser contre le haut de son torse. Malgré toutes les atrocités où Thorolf restait de marbre, cette position le touchait. Non ... Elle n'avait pas changé d'un seul pouce. Il avait bien l'impression de protéger une femelle, et non un bout de viande qu'il aurait planté les crocs sans une once d'hésitation. C'était Nina qui pouvait briser cette illusion comme cela en faisant ressortir sa très maigre partie humaine. Elle voulait de la sécurité ... Elle allait en avoir. Les yeux de la brute sanguinaire se refermaient docilement ... En attendant que les cauchemars reviennent lui torturer l'esprit.




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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Lun 7 Mai 2012 - 14:08

Le réveil.
«
Le lit émit un petit craquement qui parvenait à mes oreilles. Un bruit proche et pourtant lointain... C’était assez étrange comme sensation de percevoir un bruit qui paraissait loin mais dont on savait que l’existence était toute proche.
Une douce chaleur me prit d’assaut. En réclamant plus, je me blottis contre la source de chaleur, en émettant un petit grognement, satisfaite. Mes doigts se desserraient avec lenteur de ma lame. Je voulus la rattraper mais ce fut en vain on me l’arrachait avec lenteur. Cédant je la relâchais alors que le sommeil empiétait un peu plus sur moi. Une main se déposa sur mes cheveux. Je ne réagissais plus vraiment, appréciant le doux geste apaisant. Des bras protecteurs se resserraient autour de moi. Sans même réfléchir, bien trop fatiguée, je déposais mon visage près de son cœur. Etant encore plus près de lui, plus près de la chaleur qu’il émanait… Les rêves me prirent d’assaut…

Rêve : Je voyais au loin Frederik… J’entendais les murmures des personnages importants de ma meute : Sheiz , Shun, et Sadko. Tous murmuraient à l’unisson que Frederik venait de les rejoindre. Que je pouvais les rejoindre en empoignant la dague que je tenais en main… Je portais mon poing vers mon cœur, suivant leurs conseils. Aucune douleur. Ils m’échappaient. Tous ces hommes, morts pour Croc-Noir partaient vers un ailleurs que je ne connaitrais pas avant de nombreuses années je le pense.S’effaçant avec lenteur ils laissèrent place a une vision d’horreur : Thorolf m’arrachant un bras, puis une jambe. Tirant dessus pour qu’ils cèdent. Mais aussi étrange que cela puisse paraitre je souris dans ce rêve. J’ai l’air vaguement apaisée comme si j’acceptais le sort qui m’était réservé ; comme si je voulais nourrir ce grand gaillard. D’ailleurs celui-ci mâchouille avec lenteur et amusement ma jambe. Il me fait un signe de contentement et affiche un large sourire, qui laisse apparaitre des dents souillées par le sang.

Je m’éveille en sursaut. Des bras m’emprisonnent. J’essaye de m’extirper de ces bras, totalement paniquée. J’étouffe ! Puis je vois les mains et constate que ce n’est autre que Thorolf… L’homme qui m’a attaqué lors de mon petit périple, l’homme dont j’ai rêvé a l’instant, l’homme que je considère comme un ami. Quelle relation étrange… Je n’en avais point peur. Malgré la souffrance que j’avais endurée lors du combat. Et je l’appréciais ! Comme un frère a qui l’on pardonnait tout. Me tournant avec peine face à lui, je passais ma petite main sur ses larges pommettes. Alors que son sommeil s’agitait légèrement, je fis un petit cercle sur sa joue à l’aide de ma paume. Puis, je m’extirpais avec peine de ses bras. A la place, j’y glissais un coussin, espérant qu’il ne remarquerait point la différence. J’enfilais mes bottes, et saisis mes armes. Je remarquais que ma lame brillait légèrement sous un rayon lunaire, sur la table de chevet de Thorolf… Involontairement surement, il venait de me sauver la vie… Etait-il réveillé ? M’avait-il sentit bouger du bras pour essayer de me planter une lame qui ne m’appartenais point ? Je continuais mon périple a travers la chambre, faisant le moins de bruit possible. Je recouvrais Thorolf et ouvris avec lenteur la porte de la chambre.

J’avais faim.

Qu’elle idiote faisais-je parfois : J’interdisais formellement a Thorolf de se nourrir alors que moi-même, je crevais de faim. Je ne fermais point la porte, la surveillant du coin de l’œil alors que je me dirigeais vers la cuisine. Je fus surprise de trouver deux assiettes et un petit mot, venant de la famille qui nous hébergeait. Touchée par cette attention je dévorais goulument l’assiette froide. Le sommeil et la fatigue gagnaient à nouveau du terrain… Mon assiette presque vide je déposais inconsciemment mon visage dans l’assiette… Le jour ne tarderait point à se lever…

D’ailleurs les premiers rayons de soleil effleuraient déjà mes bras. Une nuit de sommeil presque réparatrice ! Le sommeil m'avait clairement assommé ! Je n'avais prêter attention a ce qui m’entourait.
Mon grand lycan s’était-t-il levé au courant de la nuit ?
J’allais le découvrir à présent, alors que j’ouvrais avec lenteur mes yeux et constatait qu’une tranche de jambon c’était accolée à mon front. Elle me barrait la vue, et j’émis un petit rire, l’air surement ridicule. »

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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mar 8 Mai 2012 - 12:52

L'œil du colosse ne se ferma pas tout de suite. Tel à son habitude, le sommeil était difficile à retrouver après avoir endurer des images atroces qui le condamnait lui et lui seul. C'était comme si toutes ses actions de la journée finissaient par payer le soir, fouettant son dos et lacérant son visage pour que lui aussi endure une cuisante souffrance afin de rééquilibrer la justice. Mais cette nuit-là, il évitera de se plaindre. Car en effet, l'erreur qu'il a commis est impardonnable. Ce n'est pas comme s'il ressentait de la tristesse, encore moins de la déception, il était complètement de marbre sur le fait d'avoir tuer autant de lycanthropes. C'était plutôt l'amertume de Nina qui le contaminait. Comme si un virus parvenait à engloutir un autre plus faible, lui, un cancer. Son esprit restait en alerte malgré la nouvelle fatigue qui l'accablait ... Il percevait ainsi tous les sons de la maison ainsi que les flocons de neige épais qui s'abattaient inlassablement sur le toit. La tempête ne se calmait jamais, elle dévastait tout sur son passage comme si elle menait une guerre pour prendre le contrôle des cieux. Ces maigres flocons qui s'enchainaient les uns avec les autres, tout comme les cendres des morts incinérés dans son village en plein milieu de la place publique ... Il ne pouvait comprendre la tristesse de Nina sur ses pertes à elle ... Thorolf perdit des hommes lui aussi, mais c'était une autre conception des choses. Une conception que Thorolf ne pourrait jamais comprendre la vision de Nina et réciproquement. Les deux lycanthropes ne sont pas fais pour être compris ... Et pourtant, ils sont là, se recouvrant autant bras et jambes sans même posséder une seule et bonne raison de le faire. Il n'en était pas amoureux ... Le seul amour qu'il possédait était réserver pour sa belle Héra Calliope, une femelle sauvage et perverse qui ne recule devant rien. Mais la relation entre les chefs était spécial sans même pouvoir l'expliquer comment.
Il baissait les yeux et distinguait la jeune louve emprisonnée à l'intérieur de ses bras. Elle ne bougeait pas, restant complètement effacée et exténuée. Sa respiration s'entonna paisiblement, comme une fine berceuse discrète et interdite. Il le sentit bouger faiblement, il sentit les rêves l'accaparer sans savoir ce qu'elle pouvait admirer à l'intérieur de ses songes. Thorolf se détendit et laissa son crâne se reposer sur l'oreiller. C'était ... La première fois qu'il dormait dans quelque chose d'aussi propre et de confortable. Cela le mettait mal à l'aise, il avait peur de casser quelque chose d'aussi bon rien qu'avec son poids. Il n'avait rien à faire là-dessus, comme si le lit était une propriété privée chez ces bouffeurs de salade elfiques avec leur goût prononcé pour tout ce qui était raffiné et parfumé ... Une immondice que Thorolf ne pouvait se permettre. S'il restait là-dessus, c'était bien pour une seule et unique raison : assurer le sommeil de la chef des Croc-Noir.

Mais peu à peu, son oeil se referma ... Il essaya de lutter tant bien que mal à cette envie séduisante de se laisser partir, de voguer dans un monde imaginaire en laissant ses muscles se reposer avant d'entamer d'autres meurtres le lendemain. De générer des plans chaotiques pour devenir un symbole de fléau et absorber la vie de chaque être-vivant. Son but premier était de s'attaquer aux bourgeois, mais aussi aux Nord-Bois et à la meute de Sang-Chaud. Trois cibles très distincts, comme si l'assiette se composait de trois produits alimentaires pour obtenir un repas sain et copieux. Hurle-Vent et bien sûr, Croc-Noir n'était pas sa cible pour tout de suite. Il ne savait même pas si un jour cela allait arriver. Il entretenait des relations solides et durables avec Kimaya et bien entendu, avec la jeune louve qui venait de s'assoupir rapidement.

Dans la nuit, il sentit qu'une porte était ouverte avait été ouverte, un écho du passé, une vieille créature ouvrant les yeux tapis dans son cerveau. Le passé était un trou béant, il voulait s'en éloigner. Mais plus il se décidait à courir, plus le passé se rapprochait de lui, cherchant à le happer dans le vide. La seule issue était de l'affronter sans espérer de l'emporter. Son passé à lui réagissait de manière particulière ... Il se montrait comme une énigme, un miroir brisé. C'est en voulant le reconstituer que Thorolf se coupait avec les débris de verre. Et en voulant le compléter, le reconstituer à nouveau, le reflet ne cessait de changer ... Et le colosse changeait continuellement lui aussi. Il sentait que Nina s'échappait de ses bras ... Plus la distance de son corps le séparait de son contact, plus son grognement rugit fortement. Mais quelque chose de doux et mou revenaient à lui, cela devait être Nina ... Thorolf n'avait pas remarqué qu'il était en train d'enlacer le coussin.
Des images floues apparaissaient devant lui … Son œil semi-ouvert pu distinguer des formes différentes et inadéquates. L'odeur de cendres et de sang s'était introduite dans les profondeurs de sa partie nasale. Il aperçu un enfant venir vers lui … Il sautilla tout autour de son corps allongé. Il essaya tant bien que mal de retrouver ses esprits et d'ordonner à ses bras et jambes de le remettre debout. Il arriva difficilement à s'asseoir, puis se frotta l'œil avec son pouce tâché de sang séché. L'enfant était encore flou. Il avait quelque chose de noir dans la main. Thorolf secoua sa tête massive et chevelue, puis fronça le sourcil pour distinguer ce qu'il foutait là ?! Sagement, le garçon arrêta de tournoyer autour du colosse et se tint immobile devant lui. Il gloussa innocemment en tendant l'objet noir dans sa direction. Le vieux guerrier décida de le prendre … Agréable au toucher, ça n'avait pas l'air hostile. Il sentait même des poiles à certains endroits de la forme ronde … Peu à peu, il pouvait apercevoir ce que c'était … La tête décapitée de sa mère.

Thorolf s'était réveillé en sursaut, balançant ses bras dans tous les sens. La respiration saccadée, la sueur inondant son front, l'expression d'une peur intense sur son visage … Il était toujours dans la maison. Nina n'était pas à ses côtés, heureusement. Ce n'est lorsqu'on se réveille que le monde devient flou. Ce qui était clair en rêve n'a soudain plus aucun sens. Pas de sauvetages incroyables, ni d'issues magiques ... Thorolf était condamné à endurer ses propres monstres. Il enfouit son visage à l'intérieur de ses mains encore tremblants. Ses cauchemars ignobles et extrêmes relatant une réalité qu'il a longtemps renier ... C'était sa plus grande faiblesse. Une faiblesse qui serait inutile de dévoiler. Il pesta un juron avant de balancer son coude contre le mur derrière lui. La frénésie s'apaisa rapidement, il se souvint que Nina ne devait pas être loin ... Il rajusta ses cheveux en l'air et les noua vigoureusement avec un lacet en cuir, mais il ne se leva pas tout de suite. Si seulement il pouvait apaiser ses rêves ... L'alcool, les cadavres et les femmes dénudées ne lui étaient pas d'un grand secours. Il devait consulter quelqu'un et prendre une mixture assez puissante pour anesthésier ses songes. Il fallait qu'il se drogue la nuit afin de ne plus y penser. Son estomac se mit à gronder, comme le fait d'ingérer quelque chose lui rappelait à quel point son corps avait besoin de se nourrir.

Le Colosse se mit debout avec pour seul habit un pan de fourrure qui lui recouvrait la taille et descendait jusqu'au dessus de ses genoux. Comme à son habitude, il ne prit pas le temps de se chausser, ni même de se recouvrir le haut de son corps massif. Les cicatrices et les contusions profondément marqués avec de l'argent ornaient son corps comme une seconde peau. Même avec cela, Thorolf, puissance de la nature Thaodienne, n'avait succombé. Pourquoi fallait-il que cela soient des rêves misérables qui pouvaient l'anéantir à ce point ? Cela n'avait pas de sens ...

Il remarqua que la porte était à moitié ouverte. Il jeta un oeil dans l'embrasure, puis tira la porte et remarqua que Nina était affalée sur une assiette vide. Son nez plongeait carrément dedans. Cela suffisait pour que le colosse puisse sourire à nouveau. Il s'approcha lentement d'elle, ses grands pieds martelant le sol avec fracas. Elle se réveilla au même moment, une tranche de jambon complètement collée sur le haut de sa tête. La main de Thorolf s'empara de la viande et l'apporta entièrement dans sa bouche vorace. Tout en mâchant cette tranche, il rit avec bon coeur :

"T'as une sale tête !"

Ce n'était pas de la provocation, ni même pour l'offenser ... C'était sa manière à lui de dire bonjour et d'instaurer un sujet de discussion pour débuter la matinée. La preuve, il appuya sa phrase en tapotant l'épaule de la louve en ne contrôlant pas encore très bien sa douceur ... Son rire continuait à embellir son visage et à étirer ses lèvres. Il essaya de mieux se contrôler ... Voilà depuis longtemps qu'il n'avait pas autant ris.

"Ne te sens pas seule. Jadis, moi aussi je me suis endormi sur une tranche de viande."

Il pouffa légèrement de rire... Elle devait bien s'attendre à quel type de viande le chef des Drack voulait parler. Ce n'était plus un secret pour elle désormais. Et
pourtant ... Elle ne semblait pas en avoir peur. C'était d'ailleurs là-dessus que Thorolf voulait se rapprocher avant que ses hôtes ne fassent irruption dans la cuisine. Son visage devint rapidement sérieux et froid :

"Nina, écoute-moi bien. Tu n'étais pas ma cible. Tu ne l'as jamais été."

Inutile d'en dire plus à ce sujet qu'il voulait réellement s'acharner sur les Nord-Bois ... Il fallait cependant dire pourquoi elle était hors de son champ de vision et de son hostilité. Le but de la discussion allait se résumer à cela pendant que Thorolf commença à entamer son déjeuner en mordant d'abord sur le jambon.

" Le monde me voit comme un ennemi parce que c'est facile de le faire. Ca les sécurise car je suis dans leur champ de vision. Je tue les personnes qui sont incapable de faire la différence. Qui sont incapable de respecter ma réalité car cette dernière est l'essence même de mon existence."

Il était inutile de préciser que Nina faisait partie de ses rares exceptions. Même si elle ne pouvait comprendre Thorolf, même si elle ne respectait pas son goût pour le cannibalisme, le meurtre ou la terreur ... Elle possédait l'audace de ne pas rejoindre les autres et de se faire un avis propre et unique. Thorolf n'était pas mauvais. C'était les gens qui le rendaient mauvais. Qui le rendaient aussi chaotiques. Et tant que le peuple pensera comme cela, le vieux titan comptait bien offrir une terreur digne de ce nom pour éradiquer ces ignorants coincés qui lui pointaient du doigt. Il mâcha avec avidité la viande froide ... Peu lui importait la température et même l'animal. Le goût, cette saveur et cette matière qui se déchiquetaient contre ses crocs et son palet. Un vrai délice, un véritable nectar divin.

"Ce que j'ai fais cette nuit est impardonnable. Jamais je ne dirai à quel point je suis navré car mon coeur n'en ressent pas le besoin. Mais je peux me rattraper. J'ai une dette envers toi."

Offrir son bras et sa frénésie dans un but de guerre, de conflit était la seule chose qu'il pouvait offrir. Il savait que Nina n'allait pas baisser les bras face aux elfes ... Il savait aussi à quel point sa nouvelle responsabilité ne devait pas laisser entrevoir sa rage autant que sa tristesse. Il repoussa l'assiette en direction de Nina ... Elle contenait des aliments qui le faisaient grimacer : des légumes frais, du poisson grillé ...

"Je ..."

Thorolf ne put terminer sa phrase. Quelqu'un frappa sourdement à la porte. Qui cela devait être ? Des soldats de Croc-Noir qui étaient à leur recherche ? Le père de famille ? Des marchands ambulants ? Dans tous les cas, le seigneur des Drack grogna furieusement pour avoir été coupé dans ses mots et jeta un regard empoisonné sur la porte fermée. Si c'était lui qui allait ouvrir, il allait littéralement défoncer la porte et dévorer l'être qui se trouvait derrière.
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Sam 2 Juin 2012 - 1:18

Le passé resurgit !

« Ma vue était complètement brouillée. Soudainement une main s’abattit sur la tranche de jambon, la dégageant de ma vue. Aussitôt j’aperçus le visage souriant de Thorolf, qui mastiquait l’épaisse tranche de viande. Riant l’homme dit d’un air narquois :
"T'as une sale tête !"

Je fronçais légèrement les sourcils et affichait un sourire. Frottant légèrement mes yeux à l’aide de mes paumes, j’émis un très faible bâillement alors qu’il tapotait mon épaule. Me poussant involontairement vers la table, par petits coups, j’attendais tranquillement qu’il arrête son geste affectif. C’est alors qu’il lança dans un nouvel éclat de rire :

"Ne te sens pas seule. Jadis, moi aussi je me suis endormi sur une tranche de viande."

Alors que je l’observais en esquissant un petit sourire, l’homme interrompit soudainement son rire et me fixa avec le plus grand des sérieux :

"Nina, écoute-moi bien. Tu n'étais pas ma cible. Tu ne l'as jamais été."

Je le suivais du regard alors qu’il contournait la table pour s’assoir face a moi. Dévorant le plus gros morceau de viande en quelques bouchées il reprit son explication et moi je l’écoutais silencieuse. Il me racontait diverses choses notamment une qui me marqua tout particulièrement : Thorolf n’avait pour but de me tuer. Car moi, je ne le prenais comme un ennemi mais comme un ami ; Que moi contrairement aux autres j’essayais de le comprendre. Il m’exposa aussi diverses choses que j’écoutais d’une oreille distante. Je ne pourrais, Ô grand jamais détester cet homme. Pour une raison inconnue, inconnue que je ne serais expliquer. Le grand gaillard face à moi, me tendit l’assiette : Celle-ci comprenait divers aliments, tel que des légumes… J’émis un petit rire alors que quelqu’un frappa à la porte, au moment même où je m’emparais d’une pomme. Je me relevais et m’étirais en faisant craquer tous mes muscles. J’ouvris calmement la porte et croquais dans la pomme : C’est alors que sept hommes débarquèrent en trombe. La famille qui s’était assoupie dans une chambre non loin sortit de son petit cocon familial et baillant observa la scène. Deux des soldats me plaquèrent a même le sol, alors que les autres foncèrent sur Thorolf, hurlant que c’était LE virus de Thaodia. Merde mes armes ! Les deux colosses me barraient la vue. Je me débattais et hurlais :
« Je suis Nina-Lou ! J’appartiens à Croc-Noir, ok ?! Je suis la chef ! Et je vous ordonne de me relâcher de suite ! Sinon c’est la mort qui… »

Ma vue se brouilla légèrement. Un gaz blanchâtre se diffusa dans la pièce. Une dose si forte qu’elle m’emporta de suite dans les songes. C’est au bout de longues minutes que j’eus ouïe d’un bruit sourd, surement celui du corps de Thorolf qui s’effondre a même le sol…


Je me retournais et m’heurtais à un mur en émettant un long grognement. J’ouvris doucement les yeux et remarquais que le corps de Thorolf reposait a même le sol. Il semblait bel et bien vivant mais sévèrement endormit. Je ne bénéficiais point de son étreinte protectrice et devinais donc qu’on l’avait endormit de force. Plusieurs dards étaient plantés dans sa nuque. Je m’en approchais et les retirais avec douceur. Mes jambes étaient molles... Elles semblaient me soutenir avec peine. Je déposais mes mains sur les barreaux de la cellule et constatais avec joie qu’ils n’étaient point en argent. Attendant avec impatience le réveil de Thorolf, je secouais légèrement les barreaux et hurlais de nombreux jurons. Une décharge se diffusa dans mes bras et j’émis un grognement en m’écartant. Un homme apparut rapidement… J’esquissais un vaguement mouvement de recul et l’observait dans les yeux. Il afficha un sourire hautin et murmura d’une voix mauvaise :

« Ma belle… Si… Longtemps… »

Il tendit une main au travers des barreaux, droit vers mon visage : Je claquais des dents et j’émis un grognement : C’était lui. Lui qui m’avait imposé ma nature. Lui qui m’avait obligée à faire face au loup. Lui qui m’avait mordu alors que je l’avais sauvé. Lui qui m’avait tant fait souffrir. Lui qui avait pris la fuite. Lui qui m’avait fait tuer un vieillard. Lui qui… Lui que je détestais de tout mon être. Lui que je ne voulais pas voir… Je jetais un regard furtif à Thorolf, Je lui coupais la parole :

« Ohla ! Non. Dame ou bien chef. Mais pas ma belle, sinon je te crève les yeux connard compris ?! »

De nombreux jurons franchissaient mes lèvres. L’homme émit un rire bref et murmura dans un souffle :

« Laisse-moi parler… »

Il déglutit et colla son visage contre les barreaux murmurant :
« Je veux du pouvoir. Je veux… Des territoires. Je veux de la puissance. Je ne veux aucuns ennemis et je veux qu’aucune personne ne se mette au travers de mon chemin. Je veux des enfants par la suite mais ce que je désire actuellement, c’est du pouvoir. Soit tu deviens ma compagne jeune femme, et j’épargnerais Thorolf il pourra prendre la fuite… Soit… Je le tue et je te détiens de force. Si vous êtes ici croit moi… J’en suis capable. Rappel toi de tout…Il dort encore… Je te laisse deux jours de réflexion ma chérie.»

L’homme s’éclipsa. Dos contre le mur de la cellule j’inspirais calmement… La louve allait prendre le dessus… Le carnage allait commencer.
A moins que… »
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Dim 1 Juil 2012 - 17:41



Il aimait Nina. Pas dans le réel sens du terme, mais sa compagnie était grandement appréciée. Elle pouvait faire remonter le semblant d'humanité qui lui restait entre les crocs, capable de déjouer la frénésie de son esprit afin d'errer dans le calme et la paisibilité de l'être qu'il était devenu. Elle parvenait même à devenir autre chose qu'une cible, une proie ou même un morceau de viande salé ... Et c'est en communiquant avec elle, en échangeant entre vannes et explications que son esprit parvenait à percuter que lui aussi était capable de parler sans tuer. La jeune louve qui lui faisait face se rapprochait plus d'une femelle qu'il n'a jamais eu auparavant, et qu'il n'aurait probablement jamais ... Son instinct paternel dû à son âge avancé demeurait intact. Ses parties génitales n'étaient pas prêt à engendrer un fils ou une fille, il laissait l'intérieur de ses jambes à portée d'une femelle en rut pour l'histoire d'une longue nuit avant de la dévorer au petit déjeuner dès les premières lueurs du soleil. Après tout, garder la lignée des Gunnar en pensant qu'un monstre chaotique avait gouverné une meute n'était pas un signe valorisant. Il espérait bien être le dernier des Gunnar afin de marquer les esprits de tous. Afin que tout le monde sache à quel point le dernier de sa horde est parvenu à être si impétueux, redoutable et vicieux. Entre autre, le meilleur des Gunnar. Non, il la percevait avec maladresse comme une jeune progéniture qui pouvait l'appartenir. Ce n'était pas une raison pour se plonger dans une figure paternelle, mais l'image y était. Et le fait d'être à ses côtés devenaient suffisamment agréable pour que Thorolf, guerrier sadique et psychopathe, se focalise sur autre chose que sa faim.

La porte frappa à plusieurs reprises. La louve se leva sous le regard cerné du vieux titan. Elle fit le tour de la table en s'emparant d'un fruit qui allait être mordu en très peu de temps ... Comble de malheur, la pomme n'était pas décidée à devenir la dernière victime qui allait subir les foudres de la matinée. La porte s'ouvrit brutalement et une ruée de soldats firent immédiatement leur apparition. Thorolf resta figé, décidément trop embourbé dans sa fatigue matinale et distrait par la compagnie de Nina. Ce n'est uniquement lorsqu'un soldat hurla à plein poumons un des surnoms que le peuple lui avait attribué que le loup blanc se mit debout et se mit à jouer des poings pour écarter les opposants. Malheureusement, le nombre de garde ne cessait d'augmenter. Il fût immédiatement plaqué contre la table, la tête plaquée contre le bois, les poings derrière son dos. Il parvint à se secouer suffisamment de tout son corps pour s'emparer d'un couvert suffisamment pointu pour ouvrir la peau. Il planta aveuglément l'ustensile par-dessus son épaule, un beuglement de douleur explosa dans la cuisine. Impossible de constater la blessure qu'il avait causé, ni même avec quoi. Les grognements de lutte et de rage se mêlaient au combat rapproché. Puis subitement, Thorolf se remit debout et se catapulta contre le mur pour se libérer. Il heurta la surface de plein fouet mais sans causer un seul dommage ... Il pensait pourtant y avoir mit toute sa force. Rapidement, sa vue se brouilla. Il observa d'autres mains dans sa direction qui tentaient de le tenir fermement. Il regarda Nina se faire maîtriser par un groupe trop nombreux. Le fait de la voir dans cette situation le rendait furieux, son oeil s'exorbita et ses muscles se contractaient les uns après les autres ...

"Nin... Nina !"

Il allait exploser ... Il allait leur montrer toute sa fureur. Mais aucune force ne parvenait à libérer son corps de l'emprise de ces nouveaux venus. C'était comme si quelqu'un soufflait lentement sur une flamme allumée, flamme qui désignait sa conscience à être toujours debout. Des picotements atroces lui envahissaient la nuque, des lumières bleus dansaient devant lui ... Très vite, il cessa de se débattre et sa tête se ramassa le sol sans distinction. C'était la dernière chose dont il se souvint avant de s'effondrer dans un blackout sans rêve. Le néant. Un purgatoire où la lumière des lieux inondait les murs. Le silence régnait en maître, l'absence de paysage sans aucune formes aurait pu le gêner mais ce n'était pas le cas. Tout n'était que désolation sans même trouver une seule raison qui incitait Thorolf à voir ce monde ainsi. Pas d'arbres, pas de végétations, pas de meubles ... Un monde complètement vide. Un halo de transparence et d'amertume. Une anarchie sans violence, une guerre sans massacre ... Mais gentiment, les couleurs revenaient à lui et la lumière pâle et vive laissait place à l'obscurité d'une nuit sans lune. Thorolf cligna une fois de l'oeil, puis une deuxième fois ... Il se ressaisit et se mit sur ses genoux en secouant brusquement la tête pour mieux se réveiller. Ses mains tremblaient encore, la cause était le poison qui se dissipait à vue d'oeil. Et c'est avec un ton léger et optimiste que le seigneur des Drack se mit à rire avec la plus grande des sincérités :

"Haha ... Les amateurs."

Tout allait bien. Thorolf se remettait de son sommeil, il était emprisonné derrière des solides barreaux dans une bâtisse surplombé de gardes violents qu'il ne connaissait pas du tout, avec Nina qui cette dernière était sur le point d'exploser. Il avait l'impression qu'une monstrueuse gueule de bois monumentale lui avait éclaté en pleine tronche. Pas d'armes, ni d'issus et leur destiné était sans doute de crever de faim et de soif avant d'implorer leur mort certaine. En effet, tout allait bien. Il la regarda du coin de l'oeil pour voir si elle n'était pas blessée, mais ça n'avait pas l'air d'être le cas. En tout cas, il ne parvenait pas à distinguer des ecchymoses ou des contusions nouvelles. Néanmoins, elle semblait prit dans une colère difficile à contrôler. Thorolf mit son index devant ses lèvres pour l'inciter à planifier discrètement certaines choses. Il murmura à Nina des paroles très optimistes :

"Eh, fais pas cette tête ... On s'en sort bien. Ca aurait été la merde si on portait des chaînes."

Thorolf n'attendit pas un seul instant pour se ressaisir. Il s'approcha des barreaux en les empoignant. Il les secoua d'avant en arrière avec force, mais le barrage tenait bon. Un rire sans joie s'extirpa de ses lèvres ... C'était déjà une hypothèse de fuite à balayer de son esprit. Mais il lui restait encore bien des solutions à exploiter. Thorolf possédait une haute notoriété, il ne voulait pas se mentir en disant que jamais quelqu'un n'avait réussi à l'enfermer. Il était une cible difficile à atteindre, mais il restait avant tout un cible. Il scruta longuement l'environnement dans lequel tout deux étaient tenus prisonniers lorsqu'il se tint juste en face d'elle. Il baissa sa tête pour la regarder sagement, ses yeux débordaient d'une monstrueuse colère noire mais également de regrets. Il approcha sa main vers elle, puis il remonta son menton avec douceur pour que son oeil puisse croiser son regard. Il murmura froidement :

"Toi, t'as croisé un fantôme du passé ..."

Ce n'était pas le fait de connaître Nina que Thorolf déduit avec une exactitude hasardeuse ce qui tourmentait la jeune chef des Croc-Noir. C'était plus une impression de déjà-vu. Mais le masque que portait Nina dégageait une ardeur très particulière. Un démon était revenu la hanter et une justice attendait d'être acclamée par le sang.
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Lun 2 Juil 2012 - 1:05

Sang!
«
L’esprit confus, la vue brouillée par un sentiment nouveau qui n’était autre que la rage, je me concentrais dans le but de faire taire la douleur qui frappait mon crâne avec violence. Sans relâche, celle-ci bouffait clairement ma concentration. Dos au mur, je serais fort mes poings évitant ainsi de les balancer dans le mur le plus proche. Rapidement des larmes de frustration roulèrent sur mes joues. Je les séchais aussitôt et inspirais calmement, déglutissant bruyamment. Cauchemar… Thorolf choisissait ce moment pour se redresser, se mettant à genoux au sol. Il secouait sa tête dans tous les sens et émettait un rire amusé. Je ne comprenais point ce qu’il me disait. J’étais en pleine lutte avec moi-même. Mes mains tremblaient de rage et pourtant Thorolf approchait vers moi. Il déposait dès lors son index sur mes lèvres et murmurait quelques paroles dont je ne comprenais une fois encore pas le sens. Elles paraissaient cependant douces et rassurantes. Qu’importe je voulais qu’ils meurent tous. La louve le voulait autant que moi. Je détournais aussitôt le visage, de peur qu’il puisse lire la rage dans mon regard et j’émis un petit grognement : Vague avertissement. Un bruit sourd se fit entendre alors que je fixais le sol. Lorsque que je relevais le regard je constatais qu’il essayait de repousser ces maudits barreaux de fer. Cause perdue d’avance… Le bourreau n’était pas idiot de toute façon. Lorsque Thorolf glissait une main près de mon visage, j’eus un mouvement de recul et claquais presque des dents. Il remontait cependant mon menton avec douceur et murmura quelques paroles qui exprimaient une constation. J’avais mal… Partout et surtout à la tête.

J’étais incapable de réfléchir, la haine me gagnait : Tuer, frapper, détruire, le détruire.
Je m’écartais brutalement de l’homme qui me faisait face et fit quelques pas dans la cellule.
Sans prévenir je lâchais un grognement bestial et frappais le mur de toutes mes forces. Ma respiration se faisait bruyante, les cris s’intensifièrent lorsque mes poings se mirent à saigner. S’en était trop. La situation devenait trop compliquée. Je ne comprenais plus rien, seule la rage me consumait. Que faire sauf hurler ? J’hurlais à pleins poumons. Sans cesses la même phrase :

« Pourquoi revient-il ! Pourquoi moi ! »

La peau présente sur mes phalanges disparaissait doucement pour laisser place à de la chair… A du sang… Mon poing frappait une dernière fois le mur alors que je me laissais glisser au sol. Quelqu’un avait-il tenté de m’arrêter dans ma folie ? Je ne sus le dire, bien trop préoccupée par cette histoire. Tout se déroulait avec une rapidité fulgurante. Capable de réfléchir à nouveau, je murmurais à toute vitesse :

« Un plan. Il me faut un plan. Vite un plan… Réfléchis Nina… Réfléchis… Il n’y a pas de fenêtre. Les barreaux de la prison sont inflexibles. Les murs sont constitués de béton. Rien dans la pièce ne pourrait les détruire. ARGH ! J’en ai marre je vais le détruire le salopard ! Je veux sa mort Thorolf je le hais ! Je le hais de tout mon être, chaque parcelle de mon corps le hait, chaque petit bout de mon esprit le déteste ! Je veux qu’il crève comme un chien à mes pieds ! Il hante ma vie, il a fait de ma vie ce cauchemar ! »

Soudainement un bruit se fit entendre. Cela me déconcentra et je perdis à nouveau toute réflexion. Quelqu’un descendait les marches qui menaient à notre cellule. Je me taisais aussitôt, seule ma respiration irrégulière me trahissait. La porte s’entrouvrit, un homme entra et murmura quelques paroles tout en déposant le plateau : Ami a l’ennemi, tuer déchiqueter violenter faire souffrir. Je me jetais sur lui et le plaquais au sol mordant son cou. La porte de la cellule se referma derrière lui et quelqu’un hurla qu’on tuait un des gardes. Assise sur le corps de l’inconnu je caressais son visage déformé par la peur.

Je me penchais vers lui et embrassais son front en murmurant d'une voix joyeuse, presque enfantine ces quelques mots :

« La mort arriveuh. »

La bête revenait : Elle frappait une fois encore mon crâne. La folie me regagnait je replantais mes dents dans son cou et déchirais sa nuque. Sans scrupules jusqu’au bout je savourais les cris de terreur de l’homme. Sans prévenir je plantais mes poings dans le torse de l’homme. J’en sortis un organe dont j’ignorais le nom. Je le fis passer entre mes doigts, jouant avec celui-ci. Mes mains étaient souillées par le sang mais qu’importe, tuer apaisait la bête. Plongée toujours dans cette folie incontrôlable je jetais l’organe au loin et replongeais mes mains dans le torse de ma victime. J’émis un grognement de satisfaction en sentant une fois encore le sang sur mes mains. Je me relevais doucement et léchais mes doigts, me barbouillant presque le visage avec le liquide rougeâtre. Je marchais calmement autour du corps et murmurais d’une voix douce :
« Tous. Ils sont tous mes ennemis. Tous ceux qui sont présent ici sont mes ennemis … »
Une lueur de bestialité dans le regard je me tournais vers Thorolf :

« Vous êtes tous mes ennemis n’est-ce pas ? »

Un pas… Un autre pas… J’approchais calmement de lui…
Un sourire narquois sur le visage, j’avançais vers lui. »
-----

Ses pires cauchemars resurgissent.
Son visage est souillé par le sang.
Vue brouillée par la haine.
La combattante avance.
Elle semble perdre la raison.
La folie la gagne.
Alors qu’elle fonce droit sur son ami d’infortune…
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Lun 2 Juil 2012 - 23:51

Thorolf avait vécu pire que cela. On lui avait arraché sa famille, son amour, son identité ... Un vide constant vivait au fond de ses entrailles qui ne demandait qu'à être rempli. Mais par quoi ? Il n'y avait aucun élément qui pouvait satisfaire cette "faim". Et vu que le vieux colosse ne pouvait satisfaire ce besoin vital, il en souffrait. Il pensait que le fait de tuer ou de dévorer un être suffirait. De monter au pouvoir afin de libérer un flux de cruauté dans les veines d'Ephaëlya. Mais non, cet appétit restait épuisé. Creux. Sa folie sans remède. La mort souriait par-dessus son épaule à chaque instant, son râle froid frôlant sa conscience qu'un autre mauvais pressentiment allait s'abattre sur lui. Il avait frôlé la fatalité de multiples fois, embrassant une souffrance éternelle et mentale qui n'était jamais capable de le tuer. De mettre fin à sa vie. De le libérer de son corps. Son esprit s'était rompu suffisamment de fois pour que rien de sensé n'existe à présent à l'intérieur de son crâne. Et voilà qu'à présent, il se retrouvait entre quatre murs dans une cellule froide et presque vide, sans nourriture ni eau. Si sa voisine de cellule était une autre personne que Nina, Thorolf l'aurait déjà abattu brutalement et englouti avec une extrême voracité.

Il abandonna un instant sa compagne, ignorant du malheur qui l'accablait en la faisant suffoquer étroitement. Il voulait se concentrer sur leur environnement. Tôt ou tard, un garde allait sûrement apporter de quoi remplir leur panse. L'action devait débuté à partir de ce moment précis, de cet instant si spécifique. Il se rapprocha de Nina mais il fut écarté par celle-ci. Thorolf supposa que c'était un réflexe plus normal dans une situation pareille. Le fait d'être si impuissant dans un lieu si restreint devenait pénible, surtout lorsque l'adrénaline et la fore physique semblaient prêts à exploser. Mais ce n'est lorsque Nina commença à parler que le vieux seigneur se retourna en la regardant avec un sourcil arqué, signe d'un étonnement sincère. Ce "Il", Thorolf le connaissait que trop bien. Nina lui avait déjà parlé de lui une seule et unique fois dès leur première rencontre. Mais le ton et les sentiments qui avaient accompagné ces explications jadis rappelaient aisément de qui elle désigna. L'auteur de ce crime, l'accusé de cet affront. Son maître, son créateur, son père ou quelque chose comme cela ... Thorolf ne trouvait pas les mots pour décrire le loup qui avait converti la chef des Croc-Noir, lui qui était né parmi une horde, c'était un concept qu'il ne connaissait pas et ne pouvait pas se rendre compte de l'état actuel de sa précieuse partenaire.

L'aliéné la laissa se brutaliser gratuitement. Ses mains avaient subi des dégâts considérables, il n'espérait pas autant de force venant de sa part. Mais peu à peu, la régénération était en train de faire son effet. Ses doigts baignés dans le sang, cela semblait lui procurer un sentiment unique. Un sentiment que Thorolf ne cessait de se nourrir : la frénésie. Nina s'évadait ... Sa conscience était à l'extérieur de leur condamnation. Elle était bercé par un silence nauséabond et putride ... Une sonorité dont il fallait la remplacer immédiatement, que cela soit par les craquements de ses jointures, l'écoulement inaudible du sang qui s'échappe de ses plaies ou encore sa propre voix emportée dans un élan d'euphorie violente. Nina ne ressemblait plus à cette jeune louve qu'il avait connu. Et plus le temps passait, plus ses actions suivantes qu'elle commettait sans même avertir ne devenaient une surprise aux yeux de Thorolf. Il n'allait pas l'aider. Pas encore. La raisonner serait de la pure folie, de plus le vieux lycanthrope voulait qu'elle s'abreuve de cette nouvelle vitalité, de cette force monstrueuse qui était en train de conduire ses gestes et son esprit. Il voulait qu'elle découvre la sauvagerie par elle-même. Néanmoins, il ne la laissera pas seule. Il pensa l'arrêter et la secouer pour la forcer à accepter sa réalité avant qu'elle ne sombre définitivement dans ce passage noir et obscure où le colosse pataugeait depuis de nombreuses années.

Nina se secoua brusquement, arborant des plans à toute vitesse. Son état ressemblait à une névrosée hypomaniaque. Le cannibale resta silencieux et s'était éloigné d'elle en plaquant son dos contre le mur glacial. Son oeil ne la quitta pas un seul instant. Nina ne prenait aucune décision, elle gérait ses planifications en suivant son instinct primitif. Mais c'était grâce à elle et à sa nouvelle férocité qu'une brèche s'était ouverte à eux. Un premier obstacle avait cédé, laissant place à une liberté qui se rapprochait dangereusement. En effet, sa partenaire s'était carrément jeté sur le geôlier qui venait d'ouvrir la porte de la cellule pour y déposer des vivres. Nina semblait faire une fixation sur lui et lui seul, car elle ne tint pas compte des deux soldats alarmés qui descendaient précipitamment les marches pour venir au secours de leur camarade. Thorolf s'écarta vivement du mur et sortit de la cellule en propulsant son pied contre le buste d'un gardien. Le second qui suivait derrière ramassa son acolyte en pleine face et tout deux tombèrent à terre. Le lycanthrope se rapprocha dangereusement de leur position. Le second qui était moins sonné parvint à se remettre debout avec rapidité. Il élança son épée dans sa direction lorsque le vieux titan retint son poignet de justesse. Un énorme coup de poing suffit à rompre sa partie nasale et à le mettre K.O. Thorolf ne perdit pas de temps, il se jeta de tout son long contre le dernier gardien, l'épée en main. La lame s'engouffra à l'intérieur de sa bouche entièrement ouverte, cisaillant les coins de sa cavité buccale et étouffant ses hurlements plaintifs et effrayés par la même occasion. Une éjaculation sanguine l'aspergea la moitié du visage. Thorolf, énervé, retira la lame avant de la planter à nouveau durant de nombreuses fois. Les tissus labiales de son ex-opposant demeurait invisible tant le sang et le pus jaunâtre masquait la blessure profonde et atroce qui déformait le visage du gardien. Mais l'heure n'était pas de s'amuser pour autant, le mâle dominant aurait grandement apprécié fait durer le plaisir ... Mais ce n'est qu'en jetant un regard par-dessus son épaule qu'une louve était justement en train de se distraire pleinement.

Nina-Lou Knywett jouant avec des organes à moitié déchirés entre ses mains, une expression d'amusement et de détende s'affichait cruellement sur son visage. Son corps et son visage était baigné dans le sang, il ne l'avait jamais vu comme cela. L'ancien borgne se leva lentement et l'observa minutieusement. Elle acclamait la mort elle aussi ... Mais avec plus d'amour. Même au point de coucher avec elle. C'était sordide, sinistre ... C'était ... terriblement excitant. Lorsque la louve aux cheveux noirs ébènes se retourna pour toiser l'oeil unique de Thorolf d'un regard hostile, ce dernier relâcha la lame par terre en lui jetant un regard tout aussi empoisonné. Calmement mais sûrement, Nina s'approcha peu à peu de sa position ... Elle savait. Elle savait qu'elle se jetait dans la gueule du loup. Thorolf allait frappé le premier et pourtant, elle marchait comme une divinité qui ne craignait aucunement son royaume. Ses pas étaient légers, son regard paraissait carnassier ... Une légèreté si lourde de violence. Une essence basée dans une puissance incassable et une confiance nouvelle. Ce n'est lorsque Nina se trouvait à un mètre que Thorolf n'attendit pas plus longtemps. Elle s'empara brusquement de ses épaules et la ramena droit contre le mur. Il l'immobilisa ainsi en la sentant se débattre comme un animal furibond. La voir ainsi ... Avec tout ce sang sur elle ... Cette malice qui se dessinait jusqu'au coin de ses lèvres. Le coeur du vieux titan s'accéléra vivement, sa respiration se faisait plus forte comme s'il avait couru plus de trois kilomètres sans s'arrêter pour autant. Elle lui faisait envie. Terriblement envie. Il approcha lentement son visage à côté du sien et lui susurra doucement :

"Si je ne te respectais pas, je t'aurai retourné contre le mur avant de te prendre sauvagement par les cuisses."

Une longue inhalation s'exécuta, humant le parfum de ses cheveux qui se mêlait à l'odeur salé du sang qui la recouvrait. Il laissa son nez effleurer le lobe de son oreille avant de retirer légèrement son visage du sien. Son visage impassible ne souriait même pas. Il pouvait devenir en transe d'une minute à l'autre, la seule idée d'agripper sa poitrine et de faire monter sa libido devenait terriblement alléchant. Mais ils avaient plus important à faire pour le moment. Il y a une chose que le sexe ne pouvait remplacer : le meurtre. Il répéta plus froidement en séparant bien les mots afin que la jeune louve puisse se souvenir aisément de son objectif :

"On va partir à la recherche d'un ennemi bien spécial. Il aimerait que tu lui dises bonjour. Que tu lui dessines un sourire sur son visage."

Thorolf renonça à déchirer ses vêtements afin d'entrevoir sa nudité et d'y goûter pleinement. Comme il le pensait, le meurtre devenait plus primordial. Plus intéressant. Il n'allait pas encore réveiller la belle Nina. Pas encore. Sa torpeur devait être intacte. Thorolf se rappela de la promesse qui lui avait proposé mais qu'elle avait refusé ... Le géant espéra la voir se déchaîner gratuitement sur sa cible, son créateur. Libérer sa férocité ultime en le déchiquetant impitoyablement. Autrefois, Nina avait refusé d'atteindre de telles extrémités. Mais dès à présent, elle était plongée dans un état second. Thorolf voulait la voir ainsi. Mais ce n'était pas un assassinat gratuit qu'il allait regarder. C'était d'apprendre à gérer la montée en puissance d'un être capable d'adopter et surtout de dompter une violence meurtrière. Nina devait l'apprendre. Elle était chef à présent, chef d'une meute redoutable. Il savait qu'elle allait réussir inconsciemment, elle le faisait aussi naturellement que lui. Sa main agrippa la sienne, puis il la tira pour sortir en-dehors des cellules. Tout deux montaient les marches quatre par quatre en tentant de paraître le plus furtif possible. Il était difficile de savoir si Nina allait l'attaquer ou non ... Elle pouvait devenir si imprévisible à présent.

La prochaine salle était bien plus vaste. Quelques gardes surveillaient l'entrebâillement d'une porte. Apparemment, il pleuvait fortement à l'extérieur. Le tonnerre se montrait impitoyable en grondant par moment. Le bruit des gouttes allait les aider à dissimuler le bruit de leurs pas. Thorolf s'accroupit et ordonna à sa partenaire d'un regard significatif de faire pareille. Un murmure s'extirpa de ses lèvres :

"On va y allez furtivement dans un premier temps. Je suis sûr que tu vas foutre le bordel et déclencher l'alarme au moment où nous allons rencontrer ton créat... Notre précieux invité. Inutile de se montrer avant, la prison semble posséder plusieurs sorties. On risque de le louper."
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mar 3 Juil 2012 - 17:00


Mort...
«
Avance calmement vers lui, me dictais-je. Observe-le droit dans les yeux. Au fil de mes pas mon sourire s’agrandissait. Alors que je lui faisais face, il choisit ce moment pour me saisir par les épaules. Dos au mur, maintenue face à lui j’étais incapable de me battre. Je grognais, me débattais, et essayais d’atteindre son visage avec mes mains. Sa respiration se fit plus forte, alors qu’il approcha son visage pour me susurrer quelques mots. J’essayais de les comprendre et arrêtait un maigre instant de me débattre. En vain. Son visage se rapprocha de mes cheveux, il en respira l’odeur avant d’effleurer mon oreille. J’émis un grognement, point contente d’être ainsi en position de faiblesse. Aussitôt je recommençais à me débattre : Il ne fallait surtout pas qu’il ait le dessus ! Il articula alors quelques mots. J’en compris deux : Recherche et ennemi. Je me calmais et arrêtais de frapper le néant. L’homme qui me faisait face me dévorait du regard et s’attarda un instant sur mes vêtements, comme s’il allait me les déchirer d’une seconde à l’autre. Nous étions des garous, je ne comprenais pas son regard insistant. Nous étions tous pareils et entre garous la nudité était tout, sauf un tabou…

Lorsqu’il saisit ma main, pour m’entrainer hors des cellules je me lançais faire… Mais restait tout de même méfiante. Monter les marches quatre par quatre fut chose facile pour lui, moi je peinais ! C’est tout juste s’il ne me soulevait pas par le bras, toutes les quatre marches… J’émis un grognement et mordis sa main pour qu’il me relâche et me laisse marcher à mon propre rythme. Les escaliers nous menèrent à une grande pièce. Quelques larbins de service semblaient surveiller une porte : Seth. Il doit être là-dedans.
Pourtant Thorolf s’accroupissait calmement et m’ordonnait dans un regard de faire pareil. Il murmurait quelques paroles mais mon attention était focalisée sur la porte surveillée. Je fis un pas, puis un second, me mettant ainsi dans la lumière du jour. Du haut de mes 1mètre60, je fixais les bonhommes et affichais un petit sourire. Ils approchèrent, étrangement silencieux. Leurs pas étaient lents, ils murmuraient des phrases dont je ne comprenais pas le sens. L’un d’eux dégaina une dague et me visa. Il la lança droit vers mon coeur mais au dernier moment je pris ma forme lupine et me jetais droit sur eux. L’un me saisit par le flanc, alors que mes griffes labouraient le corps de son compagnon. Je me retournais soudainement et la louve émit un long grognement d’avertissement. L’homme lui tordit la patte puis, il la relâchait alors qu'elle se jetait sur lui, lui déchiquetant joyeusement la nuque. La louve était heureuse. Elle désirait montrer le bout de son nez depuis le début de cette aventure… La voilà presque satisfaite.

Ma patte me faisait mal à présent…

Un garrot se glissait autour de mon cou. Je suffoquais doucement et reprenais aussitôt forme humaine. Mes bras s’agitaient tout naturellement. Mon corps fut pris de spasmes. Je suffoquais réellement. L’air me manquait terriblement… Je saisissais le garrot entre mes doigts et le retirais avec peine. Je tombais agenouillée au sol et reprenais mon air par grandes goulées.

Je voulais sa mort.
Je voulais leurs morts.
Le concerné semblait surprit alors que j’avançais calmement vers lui. Je repris une goulée d’air et le saisissait par le cou, lui glissant le garrot. Je tirais d’un coup sec la corde et la glissais sous mon pied. L’homme refusait de se mettre au sol, il suffoquait donc par simple fiertée. Cela m’amusait légèrement.

Une petite voix au fond de moi se fit entendre. Elle me soufflait d’arrêter, que c’était mal. Je refoulais aussitôt cette voix et regardais l’homme émettre quelques phrases implorantes. Je décidais de ramasser la corde et de tirer un coup sec dessus, lui brisant la nuque. Il y’avait du sang… Du sang partout… Tant de sang, que la tête me tourna...

Les vertiges me prenaient d’assaut… Je n’avais le droit à aucune minute de répit car l’instant d’après une masse lourde s’abattit sur mon dos. Je tombais sol, le visage se fracassant contre la pierre. J’émettais dès lors un long cri et roulais sur le dos pour voir qui osais me faire tomber ainsi en traitre : Seth.

Il passa dès lors une main sur ma joue et me montrait ses doigts en murmurant :

« Ma belle… C’est mauvais ca… Tu le sais non ? Je te pensais bien plus innocente. Et bien plus… Douce avec tes victimes. »

Je comprenais ses paroles. Toute mon attention était focalisée sur lui. J’émettais un petit rire frôlant la folie et haussais doucement les épaules murmurant :
« C’est toi le mauvais dans l’histoire… Moi je suis douce avec mes victimes.»

Je l’embrasse avec douceur. Aussitôt la fureur se fit ressentir : Cerrarë. Il me manquait atrocement… Il m’avait promis de revenir mais ce ne fut pas le cas. Du moins pour le moment… Ma colère redoubla. Je voulais vraiment sa mort et peut être arriverais-je alors à trouver la paix intérieure ?

Tout en l’embrassant je glissais mes mains dans son dos faisant mine de l’attirer vers moi. Aussi surprenant que cela puisse paraitre il me rendit un baiser avec tout autant de fougue. Mes mains parcourraient son dos… Mes ongles griffaient son dos, lorsque sans prévenir j’enfonçais une main dans son dos.

Le passage était compliqué, ma main s’heurtait à des os, a du cartilage et à diverses choses atroces dont je ne me préoccupais pas maintenant. Je lui arrachais une vertèbre et le repoussais en émettant un grognement. J’étais souillée par le sang. Par son sang. Par mon sang. Par leur sang mais qu’importe. Il allait mourir et c’était l’essentiel à mes yeux. C’était la première fois que je voulais qu’un être humain souffre. J’avais tant souffert par sa faute. Je détestais ma nature lupine avant de rejoindre Croc-Noir. J’en avais souffert. J’étais plongée dans la solitude durant de nombreux cycles par sa faute… Je voulais qu’il subisse de la souffrance, autant que moi j’en avais souffert… Seth se tortillait au sol et murmurait d’une voix suave :

« Garce. Ils t’auront. Les autres sont au courant et tôt ou tard tu souffriras toi aussi. »

C’est alors que, sans prévenir il saisissait brutalement ma cheville, me faisant tomber à la renverse. J’émettais dès lors un couinement lorsque mon coccyx entra en contact avec la pierre. J’eus mal, terriblement mal pourtant la douleur s’estompa. Je ne m’en préoccupais pas : Y’avait mieux à faire pour le moment… Le tuer était mon occupation première. Je rampais vers lui ne me préoccupant point de ma nudité et murmurais :

« Que me veux-tu mon beau ? Tu es mort, dans tous les cas. Tu as perdu, j’ai gagné. Après tant d’années je l’ai eu ma vengeance. Tu as eu l’intelligence de me ramener au repère de ta meute de chiens sauvages… Je vais vous tuer. L’un après l’autre. Mais j’hésite. Te garder auprès de moi et te voir souffrir semble être une solution envisageable. »

La peur, la terreur, et la souffrance se lut clairement dans son regard. Un sourire sur le visage je me relevais avec prudence. Je m’assis dès lors à califourchon sur lui, comme je l’avais fait auparavant pour mon autre victime…Celle dans le cachot…
Un coup de poing dans la mâchoire. Un coup de coude dans le ventre. Une gifle. Je titrais sa chevelure en arrière, découvrant ainsi sa gorge.
Je l’observais un instant, le pouls s’agitait. Sa pomme d’Adam bougea légèrement, il déglutissait discrètement. Mes dents s’enfoncèrent dans son cou, y laissant une jolie trace. Rapidement la louve s’imposa à moi et prit le dessus. Ce n’était plus des dents qui transperçaient sa nuque mais bel et bien les crocs de la louve…
Elle déchirait la chaire, sans pouvoir s’arrêter. Puis, elle me laissa reprendre le dessus. Assise sur le corps sans vie de Seth, j’observais l’étendue des dégâts. Son corps n’était plus que chaire. Je me relevais, chancelante. Mon corps nu était souillé par le sang asséché. De mon cou s’écoulait un fin filet de sang, mes bras étaient griffés, ma cheville me faisait mal, mon front aussi. J’observais les alentours et croisait le regard familier de Thorolf…
Il ne m’avait pas retenu. J’étais incapable de pleurer, incapable d’aller vers lui. J’observais simplement la rivière de sang qui s’était formé autour de nous… »

-----

A présent elle est repoussée,
A présent elle a tué,
Confuse mais satisfaite,
La colère est enfin refoulée.
A présent elle fait face aux dégâts...
Incapable de pleurer...
Mais enfin capable de penser...
Elle se remet en question,
Jetant un regard plein de détresse a Thorolf...

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mer 4 Juil 2012 - 18:36

La libido de Thorolf s'était apaisé avant d'être dissipé entièrement. Cependant, sa soif de combat était une autre histoire. Mais il s'étonna lui-même que pour une fois, quelqu'un d'autre que lui partagea le même niveau de violence. Thorolf jeta un regard par-dessus son épaule. Nina semblait être réellement dans un état second. Elle devait être dans une transe impalpable qui dictait ses prochaines actions à commettre d'une manière très primitive. D'une manière lycanne, en fait. Son visage était si pâle ... Elle arborait l'innocence née dans une mare putride et sanguine. Là où la boue et la mort régnaient, la jeune louve était en train de se relever. Aucune philosophie ne semblait pouvoir la comprendre. Elle agissait ainsi en libérant la bête qui avait longtemps sommeillé à l'intérieur de son corps. Elle avait toutes les raisons du monde de se rebeller, de hurler en s'égosillant pleinement tout en recrachant la salive de son gosier ... Mais non, elle restait parfaitement tranquille. Une façade avant que la tempête gronde de nouveau en libérant sa bestialité, probablement. Le vieux titan aurait pu l'assommer et sortir d'ici avec elle ... Mais tout deux avaient une mission non-officiel à accomplir. Un objectif à décimer. Une cible à éliminer. Thorolf n'allait rien faire, simplement détourner les gardes entre la lutte des deux lycanthropes, et bien entendu ... Assister en tant que spectateur à la nouvelle "libération" de Nina. Inconsciemment peut-être, elle allait accomplir la promesse qu'elle avait refusé il y a maintenant quelques semaines. Le cannibale n'allait pas l'empêcher de réaliser un acte qui va devenir bien plus que barbare et cruel.
Il reporta son regard sur la salle suivante. Elle n'était pas encore bondée ... Les murs étaient décorés par trois grandes verrières de couleurs sombres. Le style ressemblait aux vitraux que l'on pouvait apecervoir dans les plus belles cathédrales. Un immense chandelier se trouvait suspendu au plafond, mais il demeurait éteint. Le vent, la pluie et la neige étaient des facteurs qui avaient réussi à engloutir les flammes. Une table se trouvait contre le mur de la pièce, débordant de garnitures diverses. Leur unique échappatoire semblait être la porte qui était leur surveillé par deux gardes en armure. Inutile de faire marche arrière, la prison n'avait pas non plus d'issu. Le cerveau du colosse se mit en marche pour tenter de calculer les prochains assassinats et passer en toute discrétion. La mort ne l'effrayait pas. Mais par moment, il fallait savoir être logique et s'exfiltrer en-dehors des murs avec succès. Pendant que Thorolf réfléchissait, une morsure lui déchira une grimace. Il ôta sa main sans même se retourner vers la louve. Il avait comprit le message, inutile d'afficher un œil colérique. Il ferma un instant les yeux, tentant de récapituler son plan à Nina :

"Bon ... On les attire par ici, ensuite tu élimines celui de gauche. Il est plus petit que le second, t'auras pas de mal à l'atteindre et ..."

Thorolf ne sentait plus Nina derrière son dos. Il rouvrit les yeux et ce qu'il vit le paralysa durant un instant. Nina était en train de marcher calmement et surtout à découvert devant les deux gardes qui le remarquaient très vite. Que faisait-elle ? Mais putain, que faisait-ELLE ?! Le vieux guerrier se remit debout en rugissant furieusement et se mit en pas de course en direction du groupe qui levait déjà une dague dans la direction de la jeune louve. Cette dernière ne se mettait même pas en position de combat, comme si elle ne possédait plus une seule notion de vie, ni même de mort. Elle parvint à esquiver la dague de justesse en se transformant en forme lupine. Ne s'attendant pas à une telle esquive, la dague continua de s'avancer dangereusement vers lui. Il parvint à se mettre de côté avant l'impact. Mais le geste était si rapide qu'il fût déséquilibré, puis son corps se renversa en arrière avant d'heurter brusquement le sol. Allongé sur des dalles en rocs, il secoua la tête pour reprendre ses esprits avant d'observer sa partenaire qui se battait avec beaucoup de fougue et de vigueur. Elle encaissa elle aussi, mais la douleur ne l'atteignait pas tout de suite. La rage et la fureur la faisaient gesticuler comme un pantin sadique, une machine à tuer.

Au même moment où Thorolf se remit sur pieds, un gardien parvint à prendre Nina de revers en utilisant un garrot afin de l'étouffer. Ce qui alarma le vieux titan, ce n'était pas ce gardien précisément. Mais l'autre qui piqua une course, la dague au-dessus de sa tête afin d'abattre la lame dans le crâne de la nouvelle aliénée. Le lycanthrope géant exécuta également une course brève et percuta de plein fouet le guerrier avant qu'il n'ait eu le temps d'assassiner la chef des Croc-Noir. Il se mit à califourchon sur lui et lui martela le visage en usant de ses gros poings. Les dents giclaient, les os faciales se broyaient, le sang s'échappait par de nouvelles orifices ... Un spectacle superbe. Une fois le gardien maitrisé, et probablement mort, il voulut secourir son amie. Mais d'autres gardiens commençaient à s'engouffrer pour prendre part au combat. Dont un précisément qui ne portait aucune armure. Ses habits de noble portaient une seule et unique signification : leur chef venait d'apparaître. Ce dernier chargea en direction de Nina. Thorolf tenta de le retenir mais il dût annuler son geste pour esquiver une hallebarde qui faillit l'embrocher. D'une main, il agrippa la lance en question, puis il propulsa son coude dans le visage du soldat casqué. En utilisant l'hallebarde, il essaya de repousser trois autres soldats qui venaient d'apparaître également. Il fallait gagner du temps pour que Nina puisse accomplir son meurtre.

Les crocs du seigneur des Drack à découvert, un léger rictus mauvais se dessina sur son visage. Les soldats étaient supérieurs sur le nombre, mais une légère appréhension se dessinait chez eux. Ils n'étaient pas des vétérans de guerre. Mais des bleus. Des novices. Encore des jeunes louveteaux où leur chef leur a confié des besognes basiques. En un mot : la surveillance des lieux. Mais cela ne voulait pas dire que les plus vétérans n'allaient pas débarquer. Nina et Thorolf se trouvaient tout deux dans une position très délicate. Tout deux se bagarraient avec agilité et une puissance extrême, mais ils n'étaient de loin pas invincible. Il regarda par-dessus l'épaule de ses ennemis que le dernier guerrier sortit à l'extérieur, trompe à la main. Il allait rameuter tous les renforts vers leur position ... Il n'y avait pas de temps à perdre.

Dès que le premier résonnement de la trompe de guerre se fit entendre, Thorolf virevolta l'hallebarde et l'abattit avec violence sur le crâne d'un soldat. Il retira rapidement l'arme pour éviter qu'elle se coince à l'intérieur du corps du nouveau défunt, puis il leva son bras pour égorger un autre. Il ne put néanmoins esquiver une lame qui lui cisailla toute la largeur de son bras. Un énorme coup de pied contre l'armure du troisième gardien avait parvenu à mettre une certaine séparation entre lui et le groupe. Sans même crier gare, Thorolf chargea et empala la lance dans le sternum de son ennemi, mais il ne s'arrêta pas pour autant. Au contraire, il continua de courir en portant le corps qui était empalé, lui garantissant ainsi une couverture avec un bouclier humain improvisé. Dès qu'il fut assez près des deux derniers gardes, il relâcha la lance à terre et se jeta sur l'un deux. Il agrippa sa gorge d'une main, puis il arracha son glaive de l'autre avant de l'enfoncer sous son menton. La lame ensanglantée traversa ainsi toute la longueur de la tête avant de ressortir la pointe par le cuir chevelu. Malheureusement, le dernier gardien profita de ce moment pour abattre lourdement une dague sur son omoplate. Un grondement ahurissant résonna dans la pièce. Il se retourna, puis s'empara à nouveau de la gorge du dernier des gardiens. A l'aide des deux mains, il le souleva dans les airs. Il décida d'arquer ses pouces afin de les enfoncer profondément dans les prunelles du mâle. Ce dernier vomit des gémissements de douleur avant de sentir ses cervicales se rompre par un bref geste exécuté par son bourreau. Thorolf relâcha le corps sans vie, la dague était toujours plantée dans son omoplate. Mais l'adrénaline qui parcourait le long de ses veines aveuglait ce détail. Il jeta un regard en direction de la porte. Une véritable armée de soldats se dirigeait droit vers eux. Thorolf ne pouvait pas les vaincre cette fois-ci ... S'il avait été seul, il se serait jeté contre eux, acceptant sa mort prochaine en emportant le plus d'opposants avec lui. Mais il y avait Nina à proximité d'elle ... Le temps se figea complètement. Tout se figea. Les soldats se déplaçaient au ralenti pendant que l'oeil valide du lycanthrope scruta le regard neutre de la jeune louve. Il ne pouvait se permettre de l'abandonner. Il ne pouvait se permettre de la laisser seule. Il avait envie de tuer un maximum de ces guerriers avant de succomber à ses multiples blessures et de périr dans la boue. Mais ce n'était pas quelque chose qu'il voulait pour la chef des Croc-Noir. Elle lui avait montré qu'elle était bien plus qu'une chef d'ailleurs. Une entité capable de pousser à bout ses limites et de rompre les liens de son humanité afin d'accomplir une justice, une vengeance correcte. Elle la regarda ahuri, elle ne comprenait plus rien ... Thorolf lui sourit faiblement. Il savait qu'elle pouvait le reconnaître. Ce n'était donc pas le moment de flancher.

Soudainement, le temps revint normalement. Les hurlements des guerriers qui se rapprochaient devenaient dangereux. Il ramassa à nouveau l'hallebarde afin de bloquer la seule issue disponible entre les prisonniers et les gardiens : la porte. Leur seule issue. Une fois qu'il parvint à bloquer l'entrée, des premiers coups firent trembler la lourde porte en bois. Thorolf recula de quelques pas ... Il ne fallait pas être berné. Elle allait céder. La porte allait céder, les soldats allaient envahir la pièce et les condamner pour meurtre. Le vieux colosse, ensanglanté lui aussi, se rapprocha de Nina en constant d'un oeil très réjoui le résultat qu'elle était parvenu à réaliser avec ce "Seth". Sans même dire un mot, il l'embrassa sur le front. Il aurait voulu dire qu'il était fier d'elle. Mais les mots lui manquaient.

"Nina ... Tu m'entends ?"

Elle resta figée par son acte. Par la femme qu'elle était devenue peut-être. En tout cas, son esprit était encore plus lointain qu'auparavant. Thorolf posa ses mains sur les côtés de ses pommettes en essayant de capter son regard. Cela était difficile de savoir ce qu'elle pouvait penser. Etait-elle même en train de penser ? Dû moins, elle ne semblait pas être au courant qu'une horde allait bientôt défoncer la porte afin de les étriper. Le vieux colosse jeta un regard derrière lui. La porte subissait maintenant des coups de hache. Des morceaux de bois s'éjectaient dans tous les sens. Il regarda à nouveau Nina et lui murmura en souriant sauvagement :

"Tu vas encore me haïr ... Mais on a pas le choix."

Tout se passa très rapidement. Il transporta la louve dans ses bras et la serra fort contre lui. Il prit suffisamment d'élan, puis il fonça en direction de la longue table qui faisait office de banquet. Avant même d'atteindre le mur, le vieux colosse ferma les yeux en serrant davantage son amie, puis il se propulsa dans les airs et heurta violemment la verrière qui se brisa en mille morceaux. Les deux lycanthropes plongeaient dans le vide pendant deux bonnes secondes avant de percuter une pente recouverte de neige. A l'instant même où Thorolf avait percuté le sol enneigé, il relâcha involontairement son alliée avant de glisser sur toute la longueur de la pente. Le choc était si brutal qu'il n'avait pas la force pour tenter de la rattraper. Mais la descente fut rude. La pluie avait inondé la neige en la transformant en une pente très glissante. Le vieux colosse blessé descendit la pente neigeuse en faisant des roulades incontrôlables, deux fois son corps se propulsa à nouveau dans les airs avant de retomber durement contre le sol.

Une fois arrivée en bas, Thorolf était réellement sonné. La terre cessa de bouger. Tout se calma enfin. Plus de secousses, ni même du vent qui lui fouettait le visage. Il savait qu'il était allongé sur le ventre, son visage était de profil et pouvait admirer le ciel étoilé. La pluie continua toujours de s'étendre indéfiniment sur eux. Il releva sa tête, mais ne put distinguer tout de suite Nina. La première chose qu'il vit était une pierre sanguinolente. Sa tête avait entré en collision contre ce caillou épais. Sa vue se brouilla à nouveau, puis il retomba lourdement inconscient ...
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mar 17 Juil 2012 - 23:47

Les cendres s'envolent...Et le calvaire, la lutte, ne font que de commencer...

«
Je le fixais… Et lui me souriait : Il souriait oui. Il appréciait le fait de tuer. Il appréciait le fait que je sois devenue monstre. Il appréciait peut être de me voir en lutte avec moi-même ? Etait-ce seulement mon ami ? Au vu de ses réactions j’en doutais fortement… J’étais surement un pion dans son jeu…Pion qu’on pouvait débarrasser à tout moment, au vu de sa petite carrure.

De toute façon, il m’était impossible de réagir : Les questions se bousculaient dans mon crâne. Elles s’entrechoquaient avec une violence inouïe.
J’avais tué… J’avais ôté des vies : elles avaient juste œuvré pour leur supérieur ? Thorolf approchait de moi. Je relevais mon regard vide vers lui et il ne dit mot, se contenant de déposer un baiser sur mon front.
Mon regard avait viré sur le mur souillé par le sang derrière lui… Les mots qu’il murmurait semblaient provenir de loin…
L’ami déposa ses mains sur le bas de mon visage, et tourna ce dernier face à lui. Je fus contrainte de relever mon regard vers lui… La scène défilait encore dans mon esprit… Elle était hélas très claire : des meurtres ; des cadavres ; de la souffrance ; la mort. Alors qu’il murmura quelques paroles en souriant d’un air sauvage mon esprit vagabondait toujours ailleurs. Son air me laissa de marbre…Que me voulait-il ? Pourquoi ce sourire ? Voulait-il que l’on s’affronte ? Je plissais légèrement les yeux et émit un très faiblement grognement. L’homme me saisit dans ses bras, et me serra fort contre lui : L’air me manqua aussitôt. Je gesticulais et émettais de très faibles grognements. Soudainement il se mit à courir. Je fermais les yeux alors que nous transpercions la verrière. J’émettais un long cri, lorsque le verre se plantait dans l’avant de mes bras. Nous plongions… Plongions vers l’inconnu… Et tout aussi soudainement nous percutions le sol... Et il me relâcha aussitôt :

Souhaitait-il me faire du mal ?

J’heurtais de plein fouet un arbre. Mes côtes émirent un craquement sourd. Je me relevais avec peine, la douleur tenaillant tous mes muscles. Mon pied se prit dans une racine : trébuchant je roulais le long de la cote. Je tendis mon bras sur la droite et j’agrippais avec peine le tronc d’un arbre. J’étais sonnée… J’avais froid… Et tellement faim ! Je me sentais partir peu à peu. Les plaies causées saignaient abondamment, pourtant je cherchais Thorolf du regard. Il était juste face à moi… Sa tête avait heurté un petit rocher. Il saignait abondamment du crâne lui aussi : Je voulus me relever mais une petite voix au fond de moi me souffla :
« NE TE LEVE PAS. C’EST DE SA FAUTE SI TU AS TUE. SI TU ES DEVENUE UN MONSTRE, LAISSE-LE SE VIDER DE SON SANG. »

Je fixais Thorolf… J’étais prise entre deux camps… La voix se faisait insistante. Je m’assis dans la neige et essayais de faire abstraction de cette petite voix, en vain. Un cri parvenait à mes oreilles… Une main se plaqua durement sur mon épaule. Je ne réagissais plus, mes yeux fixés sur Thorolf. La main tira mon bras et me releva. Aussitôt la douleur me reprit d’assaut et je repliais mon buste, glissant mes mains sur mes cotes. Je relevais mon regard vers celui qui osait me déranger ; un homme de ma meute. Je pris enfin conscience qu’un combat se déroulait autour de nous. Mes hommes, contre ceux qui nous avaient pris au piège. La tête me tournait… Je glissais un regard vers le sol et constatait que la neige était souillé par mon sang, mais aussi par celui de Thorolf…

Thorolf ce monstre ?

Ou Thorolf mon ami ?

Je distinguais enfin les deux personnalités chez cette créature et cela me perturbait au plus haut point. L’homme à mes côtés retirait ses vêtements, je grognais et il arrêtait aussitôt de se dévêtir pour moi, disant d’un air calme :

« Il faut te couvrir. Tu vas être… »

En voyant mon air il arrêtait aussitôt ses constatations… Mes yeux se fermèrent et je sombrais l’espace d’un instant. Lorsque j’ouvris les yeux, un homme me portait. Je penchais légèrement la tête en arrière et constatais que non seulement mes hommes avaient gagné mais qu’en plus, ils trainaient Thorolf avec deux grosses cordes, se contre-fichant que son corps s’heurtait à divers rochers…
Je grimaçais et relevais mon regard vers l’homme qui me tenait, je murmurais :

« Laisse-moi marcher. »

Il secouait négativement la tête, affichant un petit air amusé :

« J’ai eu des indications de la soigneuse. Tu sais, celle qui mène le groupe : Elle savait pertinemment que tu voudrais marcher, même dans un état lamentable … C’est donc un non ferme. Ne négocie même pas. Tu as, a vu d’œil les côtes brisées, mais également de gros hématomes, suivit de lourdes contusions. »

Mon frère de meute resserrait sa prise sur mon corps nu et ignorait fermement mes plaintes. Je gesticulais de plus en plus mais, mes côtes mes lancèrent ses éclairs, me calmant sur le champ. Je fermais les yeux et dans un grognement calais ma tête contre son torse :

« Connard va… Tu vas me le payer. Cher.»

L’homme émettait un long rire et continuait à marcher au pas de course. Je devinais que mon état était plus grave qu’il en avait l’air…Nous franchissions la forêt en quelques enjambées. Nous étions enfin au camp. J’ignorais combien de temps j’avais dormi, j’ignorais ce qu’ils feraient de Thorolf, j’ignorais ce qu’ils pensaient de Thorolf. Le jeune loup me déposait avec douceur sur un lit qui n’était pas le mien : J’ouvris aussitôt les yeux…Infirmerie… Je pris appuie sur mes bras pour me redresser légèrement et aussitôt les soigneurs me plaquèrent sur le lit. J’émettais un faible grognement… Un vague avertissement : C’était moi la chef de meute et je savais pertinemment qu’ils agissaient de la sorte que si le cas était grave. Ils s’affairaient autour de moi, me donnant mal au crâne… Ils me firent avaler deux verres qui puaient clairement la mort… Aussitôt mes muscles se détendirent, j’avais moins mal. Ils appliquèrent diverses substances sur mon corps, qu’ils recouvraient de bandages. Je fermais les yeux et une main se glissa jusqu’à mon cou, histoire de prendre ma tension. Je grognais une fois encore, pas à l’aise avec autant de gens autour de moi entrain de poser des regards bien viellant sur moi. Je détestais la pitié et encre plus la compassion quand celle-ci provenait de mes frères de meute.

Un dard se planta dans mon bras. Je grimaçais et tendis une main vers, pour le retirer. Hélas on m’en empêcha… Je sombrais une fois encore : La chance me souriait drôlement… !

Rêve :

Ils le transportaient… Vers un cachot. Je ne voyais pas son visage… Les bourreaux avaient choisi le box le plus à l’écart des autres. Celui qu’on réservait pour les grands criminels. L’homme, grand, et fort était visiblement maitrisé. Enchainé de la tête aux pieds, un bâillon en acier dans la gueule, il ne pouvait pas vraiment réagir.
Une lueur de défi semblait éclairer son regard, alors que sa respiration était calme. Il avait visiblement connu plusieurs tortures et celle-ci (surement la énième) le laissait totalement de marbre. Un homme tout aussi imposant s’approchait de lui. Aussitôt un nom frappa mon esprit : Raven.
Raven était le bourreau. Celui qui s’occupait des exécutions au sein de la meute lorsque le chef n’était pas disponible ou n’en avait tout simplement pas le cœur. C’est un grand gaillard, frôlant les deux mètres. Son visage est bouffit par les cicatrices, il est tout simplement affreux. Mourir entre ses mains reste surement la pire des tortures car il n’a ni limites, ni cœur.
Son regard se pose sur l’homme qui est ligoté et dans un sourire mauvais, il lui retire sur bâillon. Aussitôt le détenu crache à ses pieds. Sa respiration reste toujours aussi calme, alors que le bourreau s’empare de son visage :

« Tu lui as fait quoi a la chef ? Pourquoi tu l’as blessé ?! »

Le détenu dit d’une voix étrangement calme :

« Je n’ai rien fait. »

Raven le gifla avec une force inouïe. La tête du détenu s’écrasa contre le mur de la cellule alors que le bourreau gueulait :

« Sale porc ! Je n’y crois pas ! Elle était souillée par le sang, son visage était marqué par la souffrance et par le choc ! Une cicatrice barre son œil gauche à présent ! T’aurais pu lui crever les yeux connard ! Ses côtes étaient brisées ! Elle était nue ! Elle t’a fui sous forme animale tu l’as choppé n’est-ce pas ? Tu voulais lui faire du mal, mais tu as glissé sur une plaque de glace, et la, tu t’es effondré au sol ! Tu as essayé surement de l’atteindre. Et sous la peur elle a repris forme humaine n’est-ce pas ? »

Le détenu garda le regard rivé vers le sol et sa respiration changea : Elle se fit plus bruyante alors qu’il cracha une fois encore la même phrase :

« Je n’ai rien fait. »

Le bourreau saisit la chevelure souillée par le sang de l’inconnu, lui relevant le visage :

« Tu veux crever c’est ça ? Tu as honte de tes actes ? Tu acceptes la mort ? Soit. »

Il me semblait voir un sourire amusé sur les lèvres du détenu… Cette fois ci il restait silencieux… Raven tirait un peu plus sur les cheveux rougeâtres de l’homme… Son regard me semblait familier… Impossible de me rappeler son prénom. J’approchais avec lenteur de la scène. Raven perdait doucement de sa patience… Il luttait, pour faire cracher les mots qu’il voulait entendre a l’inconnu. Persuadé d’avoir raison Raven relâcha la chevelure du détenu et regarda les gardes :

« Prévenez le peuple. Ramenez-le ensuite à la place. Qu’on le guillotine, avec les trois autres elfes qui sont tout aussi coupables. Cela se lit dans son regard. »
Le bourreau regarda Thorolf… Thorolf ?!

Fin du rêve.

Je m’éveillais en sursaut : mes mains tremblaient. Je jetais un regard autour de moi, il n’y’avait personne… L’exécution allait avoir lieu et tout le monde y était convié…Sauf moi. Je repoussais le drap qui couvrait mon corps et je jetais un regard à ma tenue : Une robe. Je soupirais et me glissais hors du lit, saisissant au passage une des seringues qui trônait sur un petit plateau. Mes mouvements étaient gênés par les bandages : J’en sentais un autour de mon buste, un autour de mon cou -qui m’étouffait terriblement - un sur chaque poignet. Le temps s’écoulait, je me précipitais dans les couloirs. L’infirmerie se situait à l’opposé de la grande place… Mes pieds glissèrent de nombreuses fois sur le carrelage. Je me rattrapais in-extrémiste aux clenches des portes. Je poussais la grande porte et fus aveuglée par la lumière du jour. Dans un grognement je continuais à courir jusqu’à atteindre la grande place. Les gens applaudissaient et rigolaient. Arrivais-je trop tard ? Mes yeux se firent doucement à la lumière… Un corps se trouvait sous la lame du bourreau…. Je fonçais au milieu de la foule… Le corps était souillé par le sang…Les cheveux étaient long… Des cicatrices zébraient son corps… Alors que je m’apprêtais à hurler, la tête fut tranchée… Elle roula jusqu’à mes pieds, et je pus y voir un visage enfantin. Je la repoussais avec le bout de mon pied gauche et relevais mon regard jusqu’au prochain détenu : Thorolf.

Je hurlais à plein poumon :

« Suffit ! »

Les regards se posèrent enfin sur moi. Ils paraissaient surpris, et admiratifs envers ma personne. Certains chuchotaient alors que d’autres souriaient.
La tête me tournait et je me rattrapais à la personne la plus proche de moi. Je reprenais mon souffle, consciente que je n’étais pas du tout en état de courir... Quelqu’un essaya de me saisir et je le menaçais aussitôt avec ma seringue, lâchant un grognement :

« Laissez-le. Enfin, ramenez-le à mon chalet. Laissez-le attacher. Il faut que nous… »

Je toussotais, et un fin filet de sang s’échappa de mes lèvres. Je l’essuyais avec le revers de ma main et crachais le dernier mot de ma phrase :

« Parlons. »

On me souleva légèrement pour me redresser. Je me laissais faire, gardant la seringue dans ma main… J’avais l’envie soudaine de tuer tous ceux qui m’approchaient : Mes frères de meute ? J’avais envie de les tuer ? Quelque chose clochait… On m’accompagnait jusqu’à ma chambre. Cette fois-ci, ils ne trainaient plus Thorolf. Ils le soutenaient, l’aidaient à marcher. Arrivés dans mon repère, ils m’aidèrent à m’assoir sur mon lit, alors qu’ils firent assoir Thorolf a même le sol. Ils demandèrent de nombreuses fois s’ils pouvaient partir. Je leurs certifiaient que tout irait bien, qu’ici c’était ma demeure et que je savais pertinemment où je cachais les armes… Qu’en cas de problèmes je pouvais aisément le tuer…
Lorsqu’ils fermèrent la porte, je me relevais avec prudence…
Je fixais Thorolf, les larmes au bord des yeux… Je lui retirais ses chaines et reculais aussitôt, un frisson de peur parcourant mon échine. Je murmurais d’une voix calme :


« Pourquoi ? Pourquoi avoir plongé vers la fenêtre ? Pourquoi ne pas m’avoir arrêté ? J’ai mal Thorolf. J’ai envie de tuer, et j’ai peur de ne pas pouvoir me contrôler. Je ne sais même pas dans quoi je me suis engagée. »


Je retirais avec lenteur les bandages qui couvraient mes avant-bras, découvrant une peau lisse et point souillée par les cicatrices. Je fis de même pour les autres bandages, sauf pour celui qui entourait mes côtes. J’avais beaucoup trop mal et je préférais le laisser. Je m’approchais du miroir qui ornait le mur de ma chambre. Une cicatrice barrait effectivement mon œil... Fine, elle était cependant bel et bien présente me donnant l’air d’une guerrière. Mes cheveux étaient parfaitement propres, tout comme le reste de mon corps, je devinais donc qu’ils m’avaient lavé avant de m’appliquer les bandages. De nombreux bleus couvraient tout mon corps… Aucune lueur ne brillait dans mon regard…
Je me tournais face à Thorolf et le dévisageait de bas en haut… Je me rappelais alors qu’il ne m’avait pas arrêté et murmurais :
« J’ai... Envie de te tuer. De me défouler… De te voir souffrir ?»
Je détournais le regard, honteuse. Je voulais tuer mon ami, car il ne m’avait pas empêché de tuer ses hommes. Pourtant…Au fond de moi-même, je ressentais une certaine paix intérieure à l’idée qu’ils soient morts. Et surtout a l'idée qu'IL soit mort.»

Folie quand tu me tiens…
Folie quand tu m’atteint…
Me faire sombrer ça te va si bien…

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mer 22 Aoû 2012 - 0:21



Le néant. Une profondeur opaque et nuisible sans fond. Un froid intense jouant le rôle d'une mutilation bancale. Une griffure aussi longue qu'un regret impardonnable. Un purgatoire où les regards s'éveillent et les esprits dorment. Entièrement nu, Thorolf dormait les yeux ouverts les bras posés au-dessus de sa tête. Il se trouvait allongé sur une surface blanche et laiteuse qui recouvrait la totalité de cet nouvel univers. Un monde dans lequel la cohérence est une justification pour mourir. Pour s'éteindre sans disparaître. Un refuge. Il fallait trouver refuge. Mais où ? Dans quelle direction ? Sous les fontaines de larmes qui n'auraient plus assez de yeux pour entrevoir la faible lueur du matin ? Non, le craquement de l'aube n'apportait rien d'autre que de la douleur ... Thorolf était devenu une averse de verres brisées, acceptant que la folie puisse apaiser les nombreuses contusions de son existence. Une fois très différente de la sienne s'éleva dans l'air, une intonation presque surnaturelle semblable à un murmure brisé et distordu :

"Dis-moi qui tu fuis ..."

Thorolf ne savait si les paroles heurtaient les parois vides de ce purgatoire, mais les échos étaient là. Subitement, une deuxième voix répéta cette phrase, puis une troisième, encore une quatrième ... Subitement, des dizaines, voire des centaines de voix s'élevaient en même temps en beuglant, s'égosillant, hurlant cette phrase spécifique. La voix unique d'une centaine d'âmes que Thorolf avait meurtris sans aucun remord, la voix d'un peuple décimé, la voix d'une population inexistante ...

"... Je te dirai qui je chasse.

Immobile, le chef de meute rétorqua avec fureur :

"Je ne fuis JAMAIS !"

Un coup percuta son dos. Thorolf ouvrit faiblement son seul oeil valide et admira le monde réel avec difficulté. On le trainait sur des bosses rocailleux, la pierre irritait toute la surface de sa peau. Il secoua un peu la tête, tentant de retrouver ses esprits mais ce fût un échec. Il releva un instant la tête pour apercevoir deux cordes solides qui retenaient ses chevilles. Il voulut secouer son corps, s'efforcer de bouger un temps soit peu ... Mais il rencontra le regard d'un soldat qui était juste au-dessus de lui. Ce dernier lui sourit ... Avant d'écraser son pied sur la mâchoire du cannibale. Il aurait juré avoir entendu son nez craquelé qu'avant de retomber dans l'oubli ... encore une fois.

Le néant. A nouveau. Toujours près de lui dans le but de le happer dans le vide. Le silence se présenta à nouveau comme le roi suprême de ce lieu totalement instable et dénué de couleurs. Un rire jaune monta au plus profond de lui ... Un rire capable de camoufler les cris des condamnés, de ses victimes prisonniers au plus profond de son inconscience. Et maintenant que lui aussi était dans le même monde, il pouvait les sentir comme s'il les avait consumer un par un. Hommes, femmes, enfants, pauvres, riches, éclopés, en bonne santé ... Il n'y avait aucune distinction. Thorolf n'était pas xénophobe. Il dévorait n'importe qui en acceptant son statut et sa condition sociale. La confusion semblait fantaisiste, mais il savait qu'une part de vérité se cachait dans les entrailles de ce purgatoire à la blancheur infinie. Un sentiment inexplicable émanait, une force étrangère qui persistait à lui ouvrir l'appétit comme il aurait volontiers ouvert une gorge. Combien de temps allait-il demeurer inconscient ... ? Combien de temps restait-il ? Et surtout, où se trouvera son corps au moment du réveil ? Le temps était son plus grand fléau ... Attendre et subir. Et bientôt, il allait attendre, subir et ... Attendre.


Rien ne peut jamais emporter,

Ce que Thorolf a vu avec ses yeux fatigués.

La face de l'obscurité qui pleure,

L'effacement de la lumière nuancée.



Une énorme vague d'eau fraîche lui aspergea le visage manquant de peu de le noyer. Un deuxième seau d'eau arriva au-dessus de sa tête pour le maintenir éveiller, loin de ses tourments ... Ses cheveux blancs et sales redescendaient en camouflant la majeure partie de son visage. Quelques mèches lui collaient à la peau comme un pauvre insecte qui se retenait à la vie. Lentement, il essaya de bouger ... Mais impossible. Il n'en fut pas surpris. Des lourdes chaînes liaient ses poings et ses chevilles. La pression des liens était intense, il savait qu'ils avaient fais exprès de serrer comme si leur prisonnier était un animal de la pire espèce ... Et c'était exactement ce qu'il était. La peau s'était déjà ouvert sous les sangles en acier, ces dernières allaient continuer à ronger la chair au fur et à mesure que le lycanthrope allait se mettre en mouvement. Il releva la tête et distingua trois soldats, un regard empoisonné débordant de haine. Ils toisaient le cannibale avec colère, mais également avec fierté. Le chef de meute resta totalement silencieux. Il devait trouver une sortie et ficher le camp ... Et Nina ? Où était-elle ? Elle allait sans doute l'aider à sortir d'ici. Oui, sans doute ... Il allait éviter la torture et rejoindre sa forteresse des Drack. Il l'avait sauvé en arborant un terrible sacrifice, elle lui devait bien cela.

Un petit groupe de soldats firent leur entrée. Tous s'approchait du prisonnier et le prirent de force. Thorolf ne se manifesta pas. Pas encore. Il fallait leur laisser le temps de croire qu'ils possédaient l'avantage de la situation. Son torse-nu fut plaqué contre un mur en pierre, les bras enchainés au-dessus de sa tête. Puis soudain, un premier coup de fouet claqua et déchira son dos. La brûlure était intense, la douleur vive faillit lui arracher un cri. Mais Thorolf se retint ... Encore ... Encore ... Il se retint après chaque coup de fouet. L'instrument lui lacéra le moindre recoin de son dos, ouvrant des plaies où le sang s'en extirpa avec joie. Seul le maniement sec et vicieux du fouet était audible. Personne ne parlait. Thorolf inspira quelques fois à fond pour se crisper et ainsi lui donner l'illusion que la souffrance allait devenir éphémère. Peine perdu, ça n'avait jamais été le cas. Jamais. La sueur dégoulinait de son front et de ses aisselles ... Son dos était prit comme entre deux étaux chauffés à blanc. Encore un coup de fouet ... Encore un ... Toujours un ... Il ne savait plus combien de morsures il avait dû enduré. Il espérait que son persécuteur allait se fatiguer plus vite que lui. Mais ils se relayaient pour garder toute leur force. Thorolf espéra que Nina débarque en enfonçant la porte, hurlant un ordre, que cela cesse ... Mais elle ne fut pas là. Putain, où était cette garce ?! Le vieux colosse rugit sourdement en collant son front contre le mur, espérant s'imprégner un peu de fraicheur sur la pierre.
Puis soudain ... L'opération cessa. Plus de répétitions. Aucun coup. Des soupirs d'exaspérations se faisaient entendre. L'un d'eux s'exclama :

"Tu en veux encore ?!"

Un rire nerveux s'extirpa de ses lèvres, il ne pouvait se retenir tant la situation était inattendue.

"Frappe plus fort, j'ai rien senti ... Si tu étais un Drack, tu serais avec les louveteaux."

Nina n'allait pas venir. Il ne fallait plus espérer. Si la torture continuait, c'était à cause d'elle. C'était de sa faute. Bordel, où était-elle ? Pourquoi ne faisait-elle rien ? C'était ses hommes, elle était leur chef ... Thorolf lui avait sauvé la peau, lui a même intimé de sceller son passé atroce pour enfin mener une nouvelle vie et c'était ainsi qu'il en était remercié ? Il espérait que les réponses allaient être entendues avant que ses mains ne broient ses cervicales ... Le cannibale était furieux contre elle. Sa confiance avait été trompé à ce point ?

Plusieurs mains commençaient à agripper ses jambes. Ses mains solidement attachés contre la paroi ne pouvaient bouger. Qu'étaient-ils en train de faire bon sang ? Puis il comprit soudainement lorsque son dos émit un terrible craquement sinistre que ces pauvres idiots tentaient de l'écarteler. Il ne pouvait bouger ses jambes, elles avaient dû être engourdi à force d'être assis dessus pendant son évanouissement. Mais Thorolf n'accepta pas de subir sans même lutter. Il empoigna les chaînes murales et tenta de tirer pour se rapprocher du mur en détendant sensiblement son dos. Un garde comprit rapidement son geste, prit un marteau et frappa brutalement ses mains. Un craquement sonore emplissait le cachot, suivit d'un rugissement bestial. Celui de Thorolf. Deux phalanges avaient été gravement rompus. Et Nina était toujours absente. Plus question de compter sur elle, il fallait que Thorolf foute le camp d'ici en exterminant un maximum. Il ne pouvait pas décimer tout un royaume malgré sa force physique, mais il comptait bien partager sa douleur avec ses chers "frères" de race. Un autre craquement résonna dans la pièce, aussi audible qu'une brindille qui se brise en deux. La sueur dégoulinait sur le visage du prisonnier, le sang de son dos débordait sur tous les côtés.

"Assez !"

Une voix presque animale s'imposa dans cet orchestre insensé. Un soldat murmura quelque chose comme "Il est à vous, Raven". Raven ... Un nom qu'il n'allait pas oublier s'il pensait lui faire du mal. Encore plus si l'action allait être mis à exécution. Avant de détacher le cannibale, les soldats prirent la décision de "l'anesthésier" à coups de matraques, le temps de retirer ses menottes en acier. L'opération s'exécuta où Thorolf dût se courber en deux, formant une boule épaisse pour couvrir sa tête. Les coups fusaient sans relâche pendant qu'un seul soldat prit tout son temps pour le détacher. Une fois cela fait, on l'attacha à de nouvelles sangles plus propres, mais aussi plus rouillés, avant d'installer une espèce de casque en acier où une longue tige s'infiltra entre ses crocs pour éviter toute morsure. Le fameux "Raven" le traina hors de la cellule avec le groupe de soldats qui ne manquaient pas une seule fois d'envoyer leur pied sur les jambes du cannibale. Une fois arrivée dans un cachot bien plus vaste, les Croc-Noirs commençaient à le maîtriser à nouveau pour le fixer et l'immobiliser contre la paroi.

"Tu lui as fait quoi a la chef ? Pourquoi tu l’as blessé ?!"

Thorolf allait périr ou mourir en essayant de s'enfuir. Il devait accepter sa situation pour se calmer, se détendre ... Et faire face à une mort certaine. Ce à quoi il exprima clairement :

"Je n'ai rien fait."

Un premier coup retentit de plein fouet, son nez cassé rencontrant le mur. Un manque d'oxygène manqua, ce à quoi il tenta de retrouver en respirant plus fort. Son bourreau ne tarda pas à s'expliquer :

"Sale porc ! Je n’y crois pas ! Elle était souillée par le sang, son visage était marqué par la souffrance et par le choc ! Une cicatrice barre son œil gauche à présent ! T’aurais pu lui crever les yeux connard ! Ses côtes étaient brisées ! Elle était nue ! Elle t’a fui sous forme animale tu l’as choppé n’est-ce pas ? Tu voulais lui faire du mal, mais tu as glissé sur une plaque de glace, et la, tu t’es effondré au sol ! Tu as essayé surement de l’atteindre. Et sous la peur elle a repris forme humaine n’est-ce pas ?"

Thorolf dût se reprendre pour ne pas avouer son ressenti : "J'ai failli la violer, c'était tentant. Tu aurais fais pareil à ma place ...". Mais l'heure n'était pas aux fines plaisanteries, encore moins à la parole. S'il pensait qu'il représentait la force de son armée, Thorolf définissait la force de toute une meute. Voire même de Thaodia, s'il considérait l'appui de ses fidèles. A nouveau, il pesta en crachotant une flaque de sang :

"Je n'ai rien fait."

Raven attrapa ses cheveux et tira son visage en arrière avec une brutalité sans nom :

"Tu veux crever c’est ça ? Tu as honte de tes actes ? Tu acceptes la mort ? Soit."

Thorolf sourit. Quel idiot ... Il n'était qu'un sujet jouant un rôle. Lui, un bourreau ? Non. Un mâle exerçant le rôle d'un bourreau serait un terme plus juste. Il n'avait pas ce qu'il fallait pour tuer Thorolf. Il n'en avait pas les couilles. Pas même les moyens. Une simple lame ne suffisait pas à le terrasser.

« Prévenez le peuple. Ramenez-le ensuite à la place. Qu’on le guillotine, avec les trois autres elfes qui sont tout aussi coupables. Cela se lit dans son regard. »

Même chose, même merde. On le libérait à nouveau pour mieux l'attacher dans quelques instants. Décidement, les Croc-Noirs ont passé bien du temps avec lui, c'en fût presque un honneur. Thorolf se déplaça en boitant, le visage légèrement déformé par les coups, dos affichant des plaies béantes et saignantes et deux phalanges brisées qui allaient être rétabli après un long moment ... Très vite, son faciès fut exposé à la lumière solaire de l'extérieur. Une lumière claire et intense qui ne manqua pas de l'aveugler. Thorolf passa entre deux troupeaux de lycanthropes qui étaient en train de le huer, de l'insulter comme si c'était la peste. Le cannibale était froid et impassible. C'était d'ailleurs ainsi qu'il allait mourir, en affichant cette dernière image de lui-même. Une flamme brûla toujours au fond de son oeil. Et jamais, Ôh grand jamais cette flamme ne s'éteindra ...

On le mit au milieu de 4 autres prisonniers qui devaient attendre sa venue pour que l'exécution se mette en marche. Les condamnés le reconnaissaient et restaient silencieux. Ils préféraient mourir à la guillotine plutôt que d'alimenter la furie du vieux titan. Un elfe vagabond qui avait commit un grand larcin passa le premier. La lame tomba, la tête gicla, le public applaudit sous un vrombissement de cris et de chants. Un rituel que Thorolf appréciait malgré sa situation. Tout en fermant les yeux, il murmura en chantonnant les mêmes mélodies que la foule. On l'obligea à se mettre à genoux. Une surface en bois immobilisa sa nuque. Le peuple commençait à le huer vivement :

"Tuez-le ! Qu'on le tue !"

"Je veux sa tête ! Pour notre chef !"

"Tu es un erreur de la nature !"

Puis ... La lame ne s'abattit pas. Le silence s'installa subitement, comme si la foudre avait nettoyé tout le secteur.

["Suffit !"
Thorolf ne cessa de marmonner en chantonnant pour accueillir la fatalité ... Mais rien ne se passa. Il s'était mit dans cet état de deuil pour ... ne pas mourir. Il ne comprit plus rien. La situation devenait désespérée à ce point ? Il sentit qu'on le libéra, puis qu'on le traina de force. Il releva la tête et reconnu Nina, elle aussi recouverte de blessures. Enfin ... De bandages. Un luxe que le cannibale ne pouvait se permettre. Arrivé à une habitation plus accueillante, les soldats firent attention à ce que le colosse pose un pied après l'autre, tout à son rythme. Ils le posaient ensuite à terre, une grimace de dégoût s'affichant au coin de leurs lèvres.

Thorolf ... n'était pas encore réveillé. Il s'était sermonné suffisamment de fois pour se dire que tout allait finir. Il n'espérait pas que la mort n'allait pas l'étreindre, ni même l'embrasser du bout des lèvres. Non, il était encore en vie ... Et cela, il ne l'espérait pas. Il essaya de faire revivre son esprit, de faire revivre son âme. Nina s'approcha de lui, il pouvait la voir. Il pouvait l'observer. Ses lourdes blessures étaient la seule chaleur meurtrière et vorace qu'il pouvait ressentir. Elle ôta ses chaînes avant de reculer. Elle commença à lui parler, Thorolf l'écouta. Il l'écouta jusqu'au bout en la regardant. Blessée, mais elle était propre, sentait bon et arborait une fine cicatrice qui ornait son oeil sans toucher la prunelle. Elle osait s'inquiéter de son sort ... Elle osait dire qu'elle avait mal ... Elle osait dire qu'elle avait mal ?! Le rythme cardiaque du lycanthrope manqua un battement, sa respiration fut plus saccadée.
Elle précisa sa demande, son envie ... Elle voulait tuer. Elle voulait aussi le tuer. Thorolf s'approcha doucement de sa position. Arrivé à une distance convenable, il lui prit ses mains fines avec la douceur d'un père et susurra gentiment en écartant chaque mot :

"Tu sais, on appelle cela la frénésie. Un sentiment incontrôlable qui nous définit en tant que lycanthrope. Tout le monde le possède. L'important est de le dompter, de le contrôler. Par exemple, c'est vrai ? Tu veux réellement me tuer ?"

Son regard plongea dans le sien. Il amena les mains de la louve autour de son propre cou déjà meurtris.

"Vas-y. Tue-moi. Arrête de penser ... Sinon c'est moi qui te tue."

Soudainement Thorolf empoigna brusquement le cou de la louve et se remit debout. Il la retint étouffé, ses pieds se balançant au-dessus du sol.

"Mal ? Tu as mal ? Tu ne sais pas ce que c'est la douleur Nina ! Tu n'as jamais su ce que c'était que d'être dans un putain de cachot en étant fouetté, écartelé, battu et au bord de la décapitation ! Je t'ai sauvé, voilà ce que j'ai fais ! J'ai plongé dans cette foutu fenêtre en m'arrachant la peau, te couvrant du mieux que j'ai pu et m'écrasant dans la neige pour éviter que tu
termines comme ma famille a terminé ! Constellées de flèches, le museau retourné et la gueule pendante ! ET TU OSES ENCORE DOUTER DE MOI ?!"


Des coups retentirent derrière la porte. Les soldats essayaient d'entrer. Thorolf se rendit à peine compte que Nina était au bord de la suffocation . Il fallait la tuer ... Il fallait ... La tuer. Son bras trembla face à ce dilemme. Il était si facile d'exploser ses cervicales ... Mais son bras se détendit peu à peu ... Puis entièrement. Il relâcha complètement la louve en la laissant retomber à terre. Thorolf était incapable de l'exterminer. C'est en la regardant à ses pieds que le lycanthrope parla à nouveau malgré les cahotements derrière la porte :

"J'ai fais une erreur en attaquant ta caravane, je l'admets. Et je mérite pleinement ce que j'ai subis. Je ne t'en veux pas. Mais pour que la dette soit juste, je veux sa tête."

Thorolf se mit à genoux auprès d'elle et remonta avec insistance son menton. Il savait que ce geste était très désagréable pour elle, mais le colosse voulait qu'il la regarde :

"Je veux Raven. Et cette histoire sera oubliée."

Thorolf insista bien sur ce détail, pour ne pas dire ordonner. Il voulait lui faire comprendre qu'en cas de réponse négative, non seulement leur relation n'allait plus perduré, mais l'alliance entre meutes y comprit. La soif guerrière du titan passait avant tout. Pour démontrer que leur lien ne s'était pas rompu pour autant, Thorolf ajouta faiblement :

"Tu es même bien plus mignonne avec cette marque ... Ne la renie pas. Car c'est le fruit de ta nouvelle à vie à compter d'aujourd'hui."

La porte explosa, les soldats firent leur apparition en pointant leurs lances contre Thorolf. La décision revenait à la chef de la meute ... Allait-elle accepter la proposition du seigneur des Drack en faisant disparaître ses troupes ou rester silencieuse ?
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Mer 22 Aoû 2012 - 1:47

• Folie.

« Thorolf approchait calmement vers moi. Il prit avec douceur mes mains dans les siennes et susurra d’une voix parfaitement calme, articulant chaque mot:

"Tu sais, on appelle cela la frénésie. Un sentiment incontrôlable qui nous définit en tant que lycanthrope. Tout le monde le possède. L'important est de le dompter, de le contrôler. Par exemple, c'est vrai ? Tu veux réellement me tuer ?"

Son regard se perdit dans le mien et il glissa mes mains autour de son cou, souillé par le sang. Je le caressais à l’aide de mes pouces. Tout se mélangeait, tout se confrontait, dans mon esprit, tout était confus...

"Vas-y. Tue-moi. Arrête de penser ... Sinon c'est moi qui te tue."

Que devais-je faire ? Le tuer ? C’était mon ami non ? Avant que je puisse réagir il m’empoigna brusquement, ses deux mains s’abattant sur ma nuque. Il me souleva à sa hauteur en hurlant comme un barbare :

"Mal ? Tu as mal ? Tu ne sais pas ce que c'est la douleur Nina ! Tu n'as jamais su ce que c'était que d'être dans un putain de cachot en étant fouetté, écartelé, battu et au bord de la décapitation ! Je t'ai sauvé, voilà ce que j'ai fais ! J'ai plongé dans cette foutu fenêtre en m'arrachant la peau, te couvrant du mieux que j'ai pu et m'écrasant dans la neige pour éviter que tu termines comme ma famille a terminé ! Constellées de flèches, le museau retourné et la gueule pendante ! ET TU OSES ENCORE DOUTER DE MOI ?!"


L’air me manquait tout doucement… Je battais des pieds. Je voulais qu’il me lâche. J’avais MAL. Je savais ce que c’était la douleur encore une fois à cause de lui ! Mes yeux se fermaient alors que les coups retentissaient de plus belle derrière la porte. Mes mains tremblaient, mes jambes faisaient de même alors que j’ouvris mes yeux avec peine pour le fixer dans les yeux. Il décida de me relâcher peu à peu pour finalement me laisser tomber au sol. Les tremblements cessèrent avec peine alors qu’il enchaina :

"J'ai fais une erreur en attaquant ta caravane, je l'admets. Et je mérite pleinement ce que j'ai subis. Je ne t'en veux pas. Mais pour que la dette soit juste, je veux sa tête."

Je glissais mes doigts autour de mon cou, le palpant doucement. Je reprenais ma respiration, inspirant de grandes goulées d’air. Je posais mon regard autour de nous, paniqué a l’idée d’avoir frôlé la mort, d’avoir trouvé un adversaire plus fort que moi. Il se mit à genoux, face à moi. Je reculais légèrement et grognais bruyamment incapable de faire autre chose.

Ses doigts se glissèrent sous mon menton, le relevant avec insistance. Je ne voulais plus lui faire face. J’essayais de résister, en vain. Mes doigts toujours plaqués sur ma gorge je plantais mon regard dans le sien. Ma nuque me lançait des éclairs. J’avais mal mais il m’avait remis les idées en place. Je savais à présent que me confronter à lui serait une mauvaise idée. Mon regard dans le sien, le lycan exprima sa demande tout naturellement :
"Je veux Raven. Et cette histoire sera oubliée."

Je fermais doucement les yeux et grognais faiblement. Je ne voulais pas sacrifier l’un de mes hommes car il avait exercé son rôle. L’homme n’aurait pas été Thorolf il aurait pu croupir à mes pieds j’en aurais eu rien à foutre… Mais j’y tenais à ce connard. Je repoussais sa main dans une petite claque alors qu’il me complimenta sur ma cicatrice. J’y passais mon index dessus et affichais un petit sourire en coin flattée d’obtenir un compliment d’un colosse pareil. La porte céda et les soldats rentrèrent, braquant leurs lances sur Thorolf. Je me relevais doucement et jetais un regard furtif à mon reflet… Les traces des mains de Thorolf ornaient mon cou et cela fit grogner ma petite troupe de soldats. Je levais mon bras droit et indiquais la porte aux soldats :

« Sortez. Il y’a des armes partout dans la pièce, je le tuerais au besoin. »


Dans des grognements réticents ils tournaient les talons. Mon regard se braqua sur le chef de meute et le dévisageais de bas en haut : Il était une fois encore blessé. L’odeur du sang se diffusait dans la pièce, réveillant doucement la bête au fond de moi. Elle venait d’être raisonnée par Thorolf. J’avais peur de la laisser resurgir.

Je passais à nouveau mes petites mains sur mon cou et reculais machinalement d’un pas. Je ne parlais pas. Je n’osais pas. A quoi bon de toute façon ? Je me dirigeais calmement vers mon armoire murale et en sortit de nombreux bandages ainsi que des soins. Je les jetais auprès de Thorolf et passais dans la pièce adjacente à ma chambre, saisissant la bassine d’eau chaude qu’ils m’avaient déposés, ainsi qu’un gant de toilette, un savon et une serviette. Je déposais avec prudence l’eau chaude a côté de Thorolf et jetais le reste au sol avant de me laisser tomber au sol. Je me mettais assise en tailleur derrière l’imposant homme et murmurais :

« Profites-en. C’est bien la première fois que je lave quelqu’un tient. »

Un très maigre sourire se dessina sur mes lèvres : Sourire machinal qui traduisait mon amusement face à la situation.

J’humidifiais le gant de toilette, le trempant dans la bassine et y frottais le savon avant de le passer dans le dos de Thorolf, me relevant légèrement pour venir nettoyer les épaules du titan. Au fond de moi-même, une petite voix me souffla qu’il voulait vraiment me sauvé et qu’en échange… Il avait écopé de terrifiantes blessures… C’était une injustice pure et simple.

Je rinçais le gant de toilette qui donna une couleur rougeâtre à l’eau et essuyais son dos à l’aide de la grande serviette. L’odeur du savon emplit la pièce remplaçant l’odeur du sang.
Je me glissais devant Thorolf nettoyant le devant de son buste puis j’appliquais une bonne douche de l’onguent. J’enroulais le buste du titan avec de grands bandages puis l’observais droit dans son unique œil… Dans un élan plutôt enfantin je me blottissais contre lui :

« J’ai peur. Peur de te perdre. Lorsque la folie n’est pas là je sais que … Que je t’aime comme un frère. J’ai tellement peur de perdre ma meute. J’ai peur de cette folie qui me donne envie de te tuer. Elle est si nouvelle. Je ne l’ai jamais connue. Cerrarë me manque terriblement… Je pense qu’il en a une autre. Pourtant… Pourtant je l’aime. Je ne sais pas où il est. Il… Il est revenu dans ma vie, oui Frederik est revenu.

Je l’ai tué… Oui j’ai tué mon géniteur et sa bande de salopards. J’ai peur de devenir un monstre. J’ai envie de tuer par moment mais lorsque l’envie se fait entendre comme avant… La mauvaise réflexion prend le dessus sur la bonne et je suis incapable de réfléchir correctement. Seul... Seulement le fait de tuer m’apaise. Enfin, le fait de frôler la mort entre tes mains la fait taire aussi visiblement. Mais dans ces moments la je reprend brusquement conscience et tu m’apeures au plus haut point. »


Des larmes silencieuses roulaient le long de mes joues et je rajoutais dans un murmure :

« Tu pourras le tuer si tu veux, qu’on repart sur de bonnes bases. »

Mes yeux se fermaient tout doucement et dans un bâillement je rajoutais :

« Je sais que la bête ne fait que sa première apparition. Elle ne va pas me lâcher de ci-tôt. Elle guette et attend le bon moment pour resurgir. J’ai besoin d’aide. Cerrarë n’est plus là.»

Je saisissais l’une des mains enflées de Thorolf entre les miennes et avant de m’endormir sous la fatigue :

« Aide-moi Thorolf. Guide-moi, je ne comprends rien. Tout est si … Confus. »

Dans un petit bâillement je déposais mon visage contre le torse de l’homme qui avait laissé les traces de ses mains sur mon cou… J'essayais de retrouver ce sentiment de plénitude au sein même des bras de Thorolf, la chose était veine. Mes muscles se tendaient, incapable de se détendre m'offrant aucun confort contre l'homme. J'avais perdu le seul 'endroit' où je me sentais réellement bien en un claquement de doigt. Les larmes redoublèrent le long de mes joues, j'étais incapable de dormir hanté par mes démons intérieurs. »

La folie mène la danse.
Pourtant la confusion fait son apparition.
Formant à eux deux, le couple parfait pour semer la tension…
Elles dansent… Encore et encore…
Provoquant ainsi d’atroces sensations.
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MessageSujet: Re: Les cendres de l'Apocalypse   Lun 27 Aoû 2012 - 0:24





L'action amène la réaction. Pour beaucoup, c'est un sentiment inné de suivre ses instincts primitifs. Thorolf ne portait pas cette habitude dès la naissance, il l'avait acquis avec le temps. Nina lui avait donné de graves complications, mais ce n'était pas maintenant qu'il allait considérer ce qu'il s'était réellement passé. Il l'avait laissé Nina vivre alors qu'elle était si facile à tuer. Une jeune louve affaibli par une bataille et des efforts qu'elle a dû fournir pour stopper l'exécution en captant l'attention de son peuple avec acharnement. Il fallait que Croc-Noir soit en vie et surtout avec quelqu'un comme Nina. Cela était vitale, la relation qui les rapprochait autant qui les séparait par moment semblait être particulière. A dire vrai, Nina pouvait être considérer comme son Némésis ... Mais cela n'était pas réellement vrai. Pas encore dû moins. Elle cherchait encore ses repères jusqu'à trouver comment agir comme une véritable Croc-Noir. Elle lui avait montré qu'elle pouvait faire bien plus que tuer. Le seul défaut, et sans doute le plus pesant, était qu'elle n'arrivait à dompter cette soif. Dire que la nuit passée, cette même chef était devenu une entité coriace et totalement imprévisible ... La voilà redevenue posée, délicate, incomprise ... Pour Thorolf, La mémoire ainsi que toute sa fureur reviendront contrôler le moindre de ses sens à partir du moment où il possédera Raven. Un cadeau qui ne se discute pas. Thorolf veut, Thorolf prend. Il était même presque soulagé d'avoir été torturé aussi impunément. Voilà longtemps qu'il n'avait eu une telle souffrance. Voilà longtemps où Thorolf ne s'est jamais senti aussi vivant.

Il pouvait sentir la tension qui occupait l'esprit des gardes. Une vigilance constante lorsque les lances étaient toutes pointées en direction de sa barbe blanche et sale. Ils formaient un blocus juste devant l'entrée, garantissant la sécurité des lieux. Nina se releva, imposant son statut de chef de meute par la même occasion. Il repéra un regard furtif en direction d'un miroir. Elle devait remarqué les traces de la pression qu'avait exercé le vieux loup. Une trace qui se rapprochait plus d'une punition que d'une colère gratuite pour lui faire mal injustement. Un étranglement pour la ramener sur terre, bien en-dehors de cette façade sinistre qui portait l'image de son plus beau démon. Malgré sa fatigue, elle ordonna aux gardes de sortir d'une voix inébranlable et confiante. L'un d'eux analysa les rougeurs de leur leader durant une bonne seconde avant de repartir avec les autres. La porte se referma au même moment où il pouvait sentir le regard de la louve pénétrée en lui. Il évita son regard, percevant l'horizon et l'ambiance des Croc-noir depuis la fenêtre ... Une ambiance qui paraissait parfaitement normale pour n'importe qui, mais qui était totalement étranger pour Thorolf. Pas d'abattoirs, ni de commerces d'esclaves ou de luttes dans la rue ... La mise en scène de l'exécution était cependant bénéfique et bien vu. Même si son cou était à deux doigts d'être brutalement tranché, le cannibale ne pouvait se mentir en ayant reconnu un instrument de mort aussi familier qui le rassurait.

Le silence demeurait roi pendant un long instant. Thorolf n'ouvrit pas la gueule une seule fois, il attendait que l'adrénaline soit apaisée en tentant vainement de se détendre. Mais qui pouvait se détendre dans un milieu pareil ? Tout était si propre, si moderne ... Bien plus luxueux que ses propres habitations. Pas d'orgies, ni de cris sauvages, ni encore ... Il y avait même un lit. Thorolf se rappela et se rendit compte qu'il ne s'était couché sur un de ces objet qu'une seul et unique fois. L'ironie se présentait devant lui car il avait dormi avec celle qui a failli le tuer. Lui aussi avait été à deux doigts de mettre fin à sa vie. L'amour fraternel s'éloignait au même moment où la mort conseilla de les rapprocher. Il pouvait la décapiter sur le champ. Elle pouvait ordonner à ses hommes de l'abattre. Leur confiance envers l'un pour l'autre demeurait insensible mais toujours aussi solide. Les douleurs recommençaient à se réveiller lorsque le cannibale osait bouger, ce qui fit étirer ses muscles. Il attendit patiemment que la régénération puisse guérir un minimum avant de reprendre son chemin. Il savait qu'il garderait des séquelles ... Comme toujours. Il ne comptait plus le nombre de fois que sa peau s'était ouverte, que son nez fut cassé et surtout qu'il avait toujours su tenir à n'importe quelle attaque sans broncher ni se plier. Il pouvait hurler jusqu'à sortir ses tripes, sa capacité physique lui avait apporté une lourde résistance. Qu'on lui laisse le choix entre périr euthanasier ou en broyant son corps, la réponse était claire : la plus brutale était la plus mémorable. Donc la plus offensante.

Nina se mit en mouvement, jetant par la même occasion de longs morceaux tissus blancs à ses côtés. Des bandages ? Elle revint avec une bassine d'eau chaude, une légère vapeur se dégagea au-dessus du plateau. Elle s'assit derrière lui, collant ses jambes sur son bassin. Il savait ce qu'elle allait faire, ce n'était pas sorcier ... Mais elle se justifia tout de même. Peut-être pour amener la conversation qui n'était pas une mauvaise idée en soi. Il répliqua d'une voix faible mais toujours autant dur :

"Je devrais dire de même."

Il tenta de se détendre au mieux pendant que le gant glissa le long de son dos, humidifiant chaque recoin de sa peau. L'eau chaude lui procura une réaction entre le plaisir et la douleur, mais l'important était que ses muscles s'éteignaient de tout efforts. Le bruit de l'eau se répétait inlassablement à chaque fois que la louve retirait le gant. Il enfonça sa tête entre les épaules en respirant longuement ... Il était capable de se détendre malgré les blessures car ces dernières n'étaient pas une chose nouvelle, mais quotidienne. A force d'encaisser, il ne pouvait plus dormir sans avoir une simple contusion pour le rassurer. Ce qui lui gêna par contre, c'était cette main féminine qui le nettoyait. Il n'avait jamais connu cela. C'était agréable ... Peut-être qu'il pensera à exiger aux esclaves de faire de même. De nettoyer son corps après chaque bataille.

Avec douceur, elle quitta sa position pour se remettre de face sous le regard de Thorolf. Elle recouvrit son corps avec une espèce de substance à forte odeur que le lycanthrope ne reconnut pas ... A vrai dire, il ne s'était jamais réellement soigné en usant de la médecine moderne. Possédant un esprit bestial, le seul médicament était de rester immobile en souffrant suffisamment en espérant ne plus rien sentir et mourir définitivement. Mais Thorolf la laissa faire ... Le geste n'était pas nécessaire, il se serait volontiers rétracté. Mais l'attention qu'elle portait envers lui était quelque chose de si agréable que la douleur du geste fut capable de le bercer dans un état proche du repos. Il tendit les bras en hauteur pour lui faciliter le travail ... Elle continua ainsi, ses yeux scrutant la moindre surface de sa peau, cet oeil blessé qui allait devenir le symbolique d'un Croc-Noir encore plus fort et plus solide. Plus t'encaisses, plus t'apprends, mieux tu comprends. Nina devait le savoir ...

Mais tout en ayant les bras écartés, il se surprit de voir que Nina plongea contre lui en le serrant contre elle. Elle recherchait la sécurité, une source chaleureuse capable d'étouffer un mal nécessaire. Elle lui parlait de folie, d'amour, de crainte ... Un chamboulement d'émotions, un fracas assourdissant d'incertitude et de mal-être. Thorolf l'écouta, ses bras toujours levés en l'air. Elle était redevenu cette Nina délicate qui marchait à tâtons dans l'obscurité d'une nuit sans fin. Cerrarë fut chanté de sa bouche. Cerrarë ... L'ancien déserteur. Le sale fuyard qui a prit ses jambes à son cou, refusant de le servir. Cerrarë ... Mais aussi Anfauglir. Ce dernier était l'entité qui méritait le respect du borgne, mais également ses services. Il l'avait côtoyé une seule et unique fois ... Mais cela avait suffi amplement pour le mettre un peu plus en confiance. Frederik fut aussi nommé ... Lui, c'était un nom inconnu. Une ombre qui planait dans les terres d'Ephaëlya. Cependant, ses plus grandes craintes se dirigeaient toutes vers une seule et même personne : elle-même. Elle était devenue enfin une lycanthrope sans même savoir ce que c'était. Sans même avoir goûté auparavant à cette soif, ce besoin de meurtrier de tuer. D'avaler une vie sans la recracher.
Thorolf ne dit rien. Mais il baissa ses bras et la ramena auprès d'elle en guise de réponse. Il n'y avait rien de tendre dans ce geste ... Juste qu'il fallait détendre ses muscles avant de les avoir engourdi. Mais une maigre lueur de compassion était transmise. C'était toute l'affection qu'il pouvait offrir en ce moment. Le vieux colosse rétorqua purement simplement un :

"Je sais."

Lorsque Nina précisa qu'il pourra éliminer Raven. Ce n'était pas une demande. Ni même un service. C'était le destin. Thorolf devait tuer Raven. Si cela n'était pas considéré dans ses plans, dans son avenir, alors une terrible catastrophe s'abattrait sur les Croc-Noirs. Elle le savait ... Elle savait également qu'elle pourrait terrasser Thorolf probablement. Mais à quoi bon ? Vaudrait-il tous ces sacrifices ? Un millier de soldats et de citoyens morts contre un seul bourreau ? Cela était insensé ... A tel point insensé que Nina lui demanda de l'aide. Demander de l'aide à un cannibale, un être sanguinaire pour maîtriser sa propre bestialité ... Peut-être qu'elle le voyait bien plus qu'un simple dévoreur de chair ou qu'un stratège sadique et méthodique.

Il reconsidéra sa demande en la prenant mieux contre lui, son corps brûlait de chaleur et le contact de la louve rafraichit immédiatement cette touffeur suffocante. Le sien était froid ... Thorolf se rappela qu'elle était probablement malade. Tandis que lui, la torture avait bien entendu augmenter sa propre température corporelle dans tous les sens du terme. Et c'est d'ailleurs pour cela, la différence de température de leur deux corps, que Thorolf ne pouvait la guider. Cela était impossible. Au fond de lui, il voulait remercier Nina. La remercier sincèrement de l'avoir torturé ainsi, brutaliser comme un vulgaire animal. Cela lui avait rappelé toute son existence ... Sa jeunesse où son père le battait inlassablement, et lui trop petit, ne pouvait se défendre. Uniquement subir. De plus, à force de rencontrer la mort et de forcer les autres à l'embrasser, il s'était éteint lui aussi ... Le fait de l'abîmer autant lui avait rappelé qu'il était toujours en vie. Qu'il pouvait respirer, manger, vivre. Qu'il pouvait faire du mal. Il n'était pas un fantôme où la faucheuse l'évitait à tout prix, mais bien réel. Il pouvait mourir. Et cette simple impression l'excitait au plus haut point. Il était vulnérable. Pas invincible. Quoi de mieux que de pimenter les futurs conflits en pensant qu'un instant à l'autre, la mort pourrait l'emporter. C'était quelque chose de si enivrant ... Que Nina ne pourrait jamais comprendre. Elle ne pourra jamais vivre comme lui. Et si elle le devait, Thorolf la découperait en seize morceaux épais car il refuserait qu'une autre entité marche derrière ses talons. Le chaos ne pouvait engendrer qu'un seul fils ... Et Thorolf fut né.

Il entoura ses bras autour de Nina et la souleva avec la tendresse d'un père. Il marcha quelques pas tout en s'engouffrant à l'intérieur de l'autre chambre pour la déposer sur le lit. Sans même qu'elle puisse dire un seul mot, le seigneur des Drack lui intima d'une voix rauque :

"Repose-toi."

Il s'assit sur le rebord du lit avant de reprendre la parole :

"Je ne vais pas t'aider. Je ne suis pas l'exemple à suivre. Mais je vais être là pendant ton changement et te soutenir s'il le faut. Une guerre approche et tu le sais. Prends cet événement comme le début d'une nouvelle ère. D'une transformation où tu pourrais enfin dompter la bête. Tous les regards seront posés sur toi, tu es la chef des Croc-Noirs tout de même ! Je m'attends à ce que tu donnes honneur à l'assassinat de ton géniteur, que tu me prouves que tu as compris ... Car la leçon t'a été donné par moi-même. J'ai marqué le début de ton ascension. A toi de l'achever."

Il soupira d'un souffle lourd ... Il regarda Nina du coin de l'oeil avant de caresser son front, débarrassant une mèche au passage. Cette cicatrice la rendait plus sauvage. Il aurait volontiers ajouté un autre commentaire là-dessus, mais il ne savait pas si la chef appréciait cette légère déformation. Il lui prit la main en tentant de ne pas y mettre trop de force :

"Je vais partir. Tu es en sécurité et je me suis battu pour que tu en arrives là. La moindre chose que tu puisses m'offrir en retour serait de m'écouter, puis de te reposer."

D'un ton naturel et détendu, il lui expliqua ce qui allait se passer :

"Tu vas appeler tes gardes. Juste avant de me raccompagner, je veux simplement qu'ils ouvrent l'accès aux cachots. Le reste, je m'en occupe. Il sera facile à trouver. Dès que j'aurai fini, ils m'amèneront aux portes de ton camp. "

D'un sourire léger, il conclua :

"Nous sommes d'accord ?"
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