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 Une compagne de route envahissante ... Et encore le mot est faible...

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MessageSujet: Une compagne de route envahissante ... Et encore le mot est faible...   Sam 5 Mai 2012 - 19:05


— LA BELLE EPOQUE —
Plusieurs jours maintenant qu'elle voyageait à une allure modeste. Son récent voyage sur les terres des Vampires lui avait permis de ramener beaucoup de gibiers. C'était là, tout ce dont elle voulait se souvenir pour le moment. Après un repos bien mérité auprès des siens, Sylviana avait repris la route. Un mal bénéfique ? Toujours est-il qu'elle avait de nouveau envie de voyager et puis la promesse qu'elle s'était faite était d'actualité. Pas la peine de compter sur d'autres lycans, de toute façon avec la réputation de sa meute fantôme, ils étaient discrets et méfiants. Alors de là à partager quelques informations. Cela ne lui importait guère au final, les autres lycans ne représentaient rien pour elle, si ce n'est l'ignoble preuve de leur trahison envers Grinak. Mais ce n'était pas la raison qui l'avait poussée loin de chez elle. La louve était en quête de renseignements bien particuliers sur les Vampires. Elle ne savait pas que l'endroit choisi n'était pas le plus propice. La louve avait traversé sa terre natale discrètement tant les rumeurs du changement de voie de la meute de Drack enflaient à vue d'oeil. Seule pour ce périple, il ne servait à rien de prendre des risques inutiles. D'autres rumeurs plus folles les unes que les autres couraient en Thaodia et mine de rien, la meute dont faisait partie Sylviana les écoutait avec attention. Leurs desseins allaient peut-être s'en trouver avancés et facilités. Ses pas l'avaient menée devant l'égorgeur du Dragon puis la Déchirure. La louve prit grand soin d'éviter les mauvaises rencontres. Par chance, sa destination lui offrait une toute autre route, un peu plus paisible. Toutefois, elle assista à une scène des plus surprenantes et augure d'une époque future favorable aux siens. Dans le secret de la forêt des Sanglots, des lycans en avaient massacré d'autres. Sa silhouette noire n'était pas restée longtemps sur place mais elle n'était pas prête d'oublier les odeurs et les gueules des protagonistes. Laissant le charnier derrière elle, la louve avait obliqué sur la gauche, direction plein ouest pour fouler la terre des Elfes, un jour plus tard.

Là aussi, la neige s'était imposée en Impératrice Glaciale et fatale. La végétation endormie, tout comme en Thaodia, murmurait pourtant aux oreilles de la Louve une mélodie différente. Oubliant quelques instants, la raison de sa venue, elle se surprit à batifoler avec la nature malgré le froid qui étreignait tout d'un manteau mortellement incisif. Les odeurs même étouffées avaient une saveur différente, les empreintes lui étaient pour la plupart inconnues. Une lueur d'excitation brillait au fond de ses prunelles sombres. Elle était redevenue un louveteau à la découverte du monde. Sylviana léchait même la glace qui étouffait les plantes, recouvrait une partie des cours d'eau. La chasse se révéla une vraie partie de plaisir d'où elle sortit vainqueur et rassasiée. Sylviana s'octroya un repos pour alléger sa panse rebondie. Lovée au fond d'une petite caverne, elle n'en émergea que quelques heures plus tard, sans avoir été inquiétée. Elle se remit en route, humant l'air de sa truffe humide. Elle cherchait la présence de deux-jambes. Toute accaparée par sa recherche, la louve ne vit pas le trou recouvert de feuillages et branchages divers, dont une énorme racine n'attendait, semble-t-il qu'elle. Un couinement de surprise, la voilà qui faisait maintenant des roulés-boulés, légèrement amortis par la neige, il lui était impossible de se redresser. Tantôt la tête en bas, tantôt la gueule en l'air, elle tentait tant bien que mal de se raccrocher à quelque chose mais l'énorme masse noire ne s'arrêtait point. Elle ne pouvait qu'attendre la fin de cette chute interminable. Un choc sourd témoigna de l'impact entre sa tête et un rocher mal placé. Le corps immobile, son flanc se soulevant imperceptiblement, la louve ne tarda pas à être recouverte d'un manteau neigeux qu'une tempête aussi soudaine que brève lui offrit. Avachie dans le creux d'un ancien lit probablement asséché ou dont la source avait gelé, la louve reposait sur un parterre de plantes étranges dont les feuilles encore fièrement dressées caressaient les plaies qui déjà se refermaient.

Plus tard, bien plus tard. La petite silhouette se pencha sur la forme humaine dessinée dans la neige. Parfois la nature faisait drôlement bien les choses. Du bout de son bâton, il tâtonna allègrement l'oeuvre pour la façonner différemment. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que son bâton semblait s'enfoncer dans quelque chose de mou. Surpris, il recula de quelques pas puis s'en fut chercher de l'aide sans prendre la peine de vérifier s'il y avait bien quelqu'un et si cette même personne était encore en vie. Un soleil timide avait pris possession du ciel et les ombres des oreilles anormalement longues d'un elfe disparurent brusquement de l'autre côté d'une butte. A quelques encablures de la racine qui avait eut raison de Sylviana. La neige qui la recouvrait se souleva de plus en plus vite, signe du réveil imminent de la femme ?

— CAPRICE D'UNE MEMOIRE MALMENEE —
Mi grognement animal, mi ronchonnement humain, je me redressai tant bien que mal et massai l'énorme bosse qui avait élu domicile sur le côté gauche de mon front. Les yeux clos, j'inspirai longuement en proie à un vertige malsain. J'étais frigorifiée et le mal qui me vrillait les tempes révulsait mon estomac. La nausée me guettait, aussi réconfortais-je mon ventre comme je le pouvais. Une bordée de noms d'oiseaux s'échappa d'entre mes lèvres. J'étais complètement nue, seuls mes cheveux formaient un rempart bien inutile contre ce froid mordant. Une panique fulgurante me saisit alors que je ne reconnaissais pas les lieux qui m'entouraient. Que faisais-je ici, dans cette tenue si indécente ? Que m'avait-on fait ? Je devins pâle à faire jalouser un mort et redoutai le pire. Je réprimai un cri de terreur et repliai mes jambes contre ma poitrine, m'enroulant tant bien que mal de ma longue chevelure ébène. Je fouillai ma mémoire pour me souvenir mais rien n'y fit. Le trou noir et je sanglotai, perdue et seule, reniflant à qui mieux mieux. Bien piètre tableau, qu'attendais-je donc ainsi ? Un potentiel sauveur arrivé de nul part ? Un signe ? Je ne savais plus et j'aurai donné beaucoup pour gagner le confort de ma demeure. Le doute m'assaillit de nouveau, en avais-je seulement une ? Adossée contre un tronc d'arbre, je luttai pour ne pas m'endormir. Fait surprenant, je sentais une forte énergie couler en moi, j'aurai pu me lever et trouver un abri. Seulement la peur m'enlaçait de ses membres glacés, me clouant littéralement sur place.
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MessageSujet: Re: Une compagne de route envahissante ... Et encore le mot est faible...   Mer 16 Mai 2012 - 14:55

Depuis quelques jours Talarmir était en chemin pour le village dans lequel avait grandi son frère, Astriol. Il faisait route avec Erthad, sa nièce, Faulk, le galopin et Mad Fern la manticore. Il avait hérité de cette petite troupe au moment où son père avant mis fin aux jours de son frère.

De ce qu'il avait pu comprendre, Erthad avait hérité des deux mauvais cotés de ses parents. D'Astriol elle avait reçu les longues oreilles et un goût trop prononcé pour l'art et autres futilités de la vie, de sa mère, ancienne baronne de Mavreah, elle avait reçu les canines, le besoin de sang, la peau pâle et les cheveux blonds. Le tout donnait une sorte de poupée fragile et encombrante. C'était pour quoi ils se dirigeaient vers le village. Il espérait y trouver les parents adoptifs de son frère et leur remettre leur petite fille adoptive. Il pourrait se débarrasser par la même occasion de Faulk. Le Galopin était stupide, maladroit, et un peu trop voyant avec ses cheveux roses. Il avait beau faire une trentaine de centimètres, il était le plus repérable de la troupe et c'était lui qui avait pris les devants, jouant le rôle d'éclaireur.

La neige recouvrait chaque centimètre carré de la forêt, rendant l'endroit hostile et silencieux. A chaque pas, Talarmir entendait craquer les flocons sous ses bottes, il en distinguait chaque bruit : d'abord le frottement de sa semelle sur la poudreuse légère en surface, puis le minuscule choc lorsque son pied se posait sur la surface plus solide du dessous. Lorsqu'il mettait son poids sur sa jambe, il entendait craquer cette couche, et, comme si chaque flocon mourrait écraser, une plainte s'échapper de ses pas. Lorsqu'il enlevait son pied de la trace, sa botte raclait les bords de l'empreinte, produisant un frottement presque désagréable aux oreilles de l'elfe. Puis c'était son autre botte qui prenait le relai, mettant fin aux jours de dizaines de milliers de flocons, leur arrachant des râles de souffrance, leurs larmes trempant les bottes de l'elfe.

Faulk et Erthad voyait cette neige pour la première fois. Au début, ils en eurent peur, puis très vite ils comprirent l'intérêt ludique de la chose. Chaque fois qu'ils montaient le camps, une bataille de boules de neige éclatait. Mais cela faisait quelque jours que ce n'était pas arrivé. Faulk avait eu la bonne idée de mettre dans ses boules de neige des bogues de châtaignes, afin que les piques rendent la sphère plus « aérodynamique ». Erthad, la cible, avait moyennement apprécié cette nouvelle technologie et avait décidé qu'à partir de maintenant, et pour quelques jours, les batailles dans la neige étaient suspendues.

Ils marchaient principalement de nuit, à cause d'Erthad, mais les jours où le soleil était derrière les nuages, ils pouvaient avancer un peu plus, enroulant la jeune fille dans une grande toge noire, lui mettant des gants et un masque. Bien sur, ils ne pouvaient aller aussi vite que lorsqu'ils étaient baignés dans les rayons de la lune, mais chaque pas les rapprochant du village était bon a faire.

Comme à son habitude, Faulk galopait devant ce jours là. Il y avait, par endroit, plus de vingt centimètres de neige. Le galopin n'en faisant que trente, il offrait à la forêt un spectacle peu commun. Une petite tête surmontée d'une touffe de cheveux roses se baladait à toute vitesse sur la neige. Parfois on entendait un choc, lorsqu'une pierre était dissimulée sous la neige, parfois les cheveux disparaissaient, lorsqu'une racine était mise à jours. Puis, pendant quelques minutes, il disparu totalement.


*Peut être qu'il s'est enfin perdu. Ce serait un bon début. Ou mieux, peut être est-il tombé sur une créature qui nous en aura débarassé*

A peine avait-il pensé à cela qu'un cri de galopin retentit entre les arbres. Erthad s’arrêta quelque secondes, puis se retourna vers son oncle.

« -On va pas rester plantés là, il faut aller l'aider! »

Talarmir soupira, puis, sortant sa dague, avanca silencieusement vers l'endroit d'où provenait le cri. Faulk était au bord d'une petite fosse dans laquelle on devinait la forme d'un corps. Rengainant son arme, il sauta près du supposé cadavre et le retourna. C'était une jeune femme. Sa poitrine tressautait, au rythme de sa respiration difficile. Une vilaine bosse ornait le front de l'évanouie. Elle était totalement nue, des cicatrices recouvraient ses bras et ses jambes. Pestant, il se releva et tandis qu'il s'extrayait de la cavité, il appela Erthad.

« -Fillette, tu as la corne pour appeler Mad Fern? Des baumes se trouvent des les sacoches de sa selle.je vais en avoir besoin. »

Le petite lui tendit une corne finement ouvragée dans laquelle il souffla à deux reprises. Dans le ciel, un rugissement lui répondit. La manticore avait entendu l'appel de l'elfe, mais elle ne pouvait se poser, la végétation étant trop dense. Il allait falloir trouver une clairière dans laquelle elle pourrait atterrir.

« -Faulk, reste ici, et surveille là de loin. Avec Erthad on va chercher de quoi la soigner. »

Puis il se mit en route, sa nièce sur les talons.

Après quelques minutes, ils trouvèrent un endroit approprié. Il souffla à nouveau dans la corne, et quelques secondes après, l'immense créature aux ailes de chauve souris se trouvait à ses cotés. Il fouilla dans les sacoches et ressortit ce dont il avait besoin. Un baume soulageant la douleur, quelques extraits de racine ayant des propriétés antiseptiques, des morceaux d'écorces de bouleau, permettant de faire des bandages de première nécessitée et une grande toge. Puis ils revinrent sur leurs pas. En route, ils tombèrent sur le galopin.

« -Monsieur, monsieur! La dame elle s'est réveillée et elle s'est assise! Il faut qu'on se dépêche vite! »

Accélérant, ils retrouvèrent la jeune femme très rapidement. Elle s'était adossée à un arbre, nue dans la neige.

« -Nous vous avons trouvée, laissez moi vous soigner. »

Il la recouvrit de la toge, puis appliqua doucement le beaume sur sa bosse. Puis, inspectant ses bras, il ne vit aucune cicatrice ouverte. Chose étrange. Cette fille n'était pas humaine... Pour sa sécurité, et optionnellement celle de ses petits compagnons, ils devaient partir.


« - Gardez la toge et le baume. Appliquez le une à deux fois par jours. Nous sommes pressés, et nous devons y allez.

-Mais ça se trouve, elle est toute seule et elle a pas d'ami! En plus on l'a vue toute nue alors on est proches maintenant! -devant les regards désespérés d'Erthad et Talarmir, il se justifia- Non mais c'est vrai! C'était Astriol aux longues oreilles qui me l'avait dit! Et puis peut être qu'elle sait pas où aller, alors elle peut se balader avec nous!

Maintenant que l'erreur était faite, il aurait été mal venu de lui dire de rester seule dans cette neige. Et peut être que la conversation de cette fille serait plus intéressante que celle des deux bambins.

« - Vous savez où aller? Vous êtes perdue? Nous nous dirigeons vers une village d'elfe, peut être devriez vous venir avec nous, ils vous soigneront mieux que moi et vous pourrez vous trouver de quoi vous habiller décemment... »
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MessageSujet: Re: Une compagne de route envahissante ... Et encore le mot est faible...   Mer 16 Mai 2012 - 17:58

- DROLE DE RENCONTRE -
Du coin de l'oeil, je vis une tâche rose bouger puis disparaître. Fait hallucinant si l'on tenait compte du décor. Je mis cela sur le compte de la bosse qui m'élançait le front. J'avais du mal à voir correctement. Un voile flou dilatait les formes autour de moi. La majorité de ma vision était blanche, trop blanche même. Mes yeux s'embuaient, j'avais besoin d'un peu de temps pour que tout se remette finalement en place. J'essuyai les larmes qui débordaient comme je pouvais mais même mes mains étaient maintenant humides. J'avais froid sans avoir vraiment froid finalement. Pourtant, je resserrai ma chevelure autour de moi. Mes dents claquèrent soudainement et je commençai sérieusement à désespérer. D'une main je tâtai mon corps et soupirai soulagée. Rien de bien grave et à en juger par un examen plus approfondi, je n'avais pas été violenté. Que faisais-je donc ici et … Je dus devenir encore plus pâle que possible. Je ne me souvenais même pas de mon nom. Cette fois-ci c'en était de trop. Je cachai mon visage entre mes mains et pleurai à chaudes larmes. Je reniflai misérablement mais le moral était meilleur, pas folichon mais un poids s'était envolé. Maintenant j'avais faim, j'étais même affamée et je salivai à l'idée d'une bonne dose de viande saignante. Je hoquetai aussitôt de dégoût. Allez savoir pourquoi, j'étais persuadée de ne manger que des légumes avec peut-être des oeufs de temps en temps. Ma mémoire revenait-elle enfin ? Je déglutis avant de sursauter, poussant un cri haut perché.

"Yaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !"

Un tissu chaud la recouvrit alors que son cri s'étouffait dans sa gorge. Elle recula vainement, l'arbre dans son dos étant évidemment solidement enraciné. Elle secoua la tête frénétiquement et se figea alors que la main de l'inconnu touchait son front. Ses yeux la terrorisèrent tout en la réconfortant. L'éclat qu'ils dégageaient, donnait froid dans le dos, pourtant ses iris étaient d'un bleu des plus beaux. Comme un automate, elle se laissa faire, éberluée, ne comprenant pas ce qu'il se passait. L'homme aux cheveux blanc et au visage fermé regardait ses bras. Apparemment quelque chose ne devait pas aller car il faisait une drôle de tête. D'une bulle d'isolement, elle se retrouvait entourée d'un homme avec de longues oreilles, d'une enfant et d'un tout petit humain aux cheveux roses ? Sa main se referma sur le récipient contenant ce que l'homme aux longues oreilles appelait baume. Ses yeux clignèrent comme pour dire merci ? Pas vraiment non.

Ils allaient me laisser là toute seule ? Je sentis une vague de larmes menacer dangereusement de s'épancher sur ses joues. A nouveau, je reniflai et serrai les mâchoires. Dans quel monde avais-je donc atterri ?

Si Sylviana avait été une cocotte, on aurait certainement entendu le sifflement de la vapeur. D'un blanc mortel, son visage devint cramoisi et elle resserra la toge autour d'elle, lorsque la touffe de poils rose s'exprima. Toute nue, ils l'avaient vu toute nu. Un mélange de colère et de honte faisait vibrer son être. Aussi dignement que possible, elle se releva. Ses yeux s'agrandirent alors et la toge chuta au sol. Ses mains devant elle, balayant l'air en des gestes désordonnées, ces yeux roulaient dans leurs orbites.

Un monstre, oui, un monstre se tenait derrière eux, ils allaient tous mourir et moi aussi. Mais aucun son ne parvint à franchir la terreur qui scellait mes lèvres. Je pouvais entendre les sons lamentables que j'émettais. Ne comprenaient-ils donc pas ? La chose me regardait maintenant, je n'avais pas envie de finir dans sa panse. Enfin, enfin je réussis à m'extérioriser mais pour émettre une sorte de grognement ? Je sentis mes jambes flageoler alors que je me retrouvai à nouveau victime d'un effroi indéfinissable. Tout se mit à tourner autour de moi et je perdis conscience, encore.

- UNE DECISION A PRENDRE -

La femme était de nouveau allongée sur le tapis neigeux. Comment expliquer que sa mémoire s'était ainsi effacée par un simple choc ? N'y avait-il pas autre chose ? Ses plantes étranges sur lesquels, son corps s'était reposé, avaient-elles joué un rôle imprévu. Pourtant les lycans ne craignaient pas les poisons, alors pourquoi ? Sylviana était une louve aguerrie, elle s'était souvent battue, avait fait des chutes bien plus graves mais elle s'en était toujours sortie. La chance l'avait-elle subitement abandonnée ? Toujours est-il qu'elle venait de perdre conscience une seconde fois. Une seconde fois, elle se retrouvait démunie, à croire que la terre des elfes ne lui seyait guère. Comment expliquer que la vue d'une manticore la remplissait d'effroi.

Drôle de monde, drôle d'êtres. Je flottais dans un épais nuage moelleux et agité par un courant chaud. Des images me survolaient alors que d'autres glissaient sous moi. Des loups, par dizaine. Un grotte, une lune rousse. Je sentais que quelque chose en moi ne demandait qu'à sortir. Levant un bras, je cherchais désespérément à toucher l'une de ces visions. Peine perdue. A nouveau, un brouillard m'enveloppa. J'avais froid, mon corps me faisait mal. Cette sensation de ne pas être véritablement moi ? Je chutais, ou plutôt je m'évanouis pendant ma perte de conscience ? Je me sentais bien, ma mémoire propre de tout acte bon ou mauvais comme un nouveau né. Je n'avais plus peur, je voulais seulement me construire des souvenirs. Mais comment faisait-on ? Qui pourrait me guider ? Il y avait quelqu'un ? Avais-je seulement rêvé leurs présences ? Non, ils étaient bien réels, je pouvais encore sentir la main de l'elfe sur mon front. Si je voulais survivre, il fallait que je les suive et ce coûte que coûte mais… Mais le monstre ?

La femme bougeait légèrement. Elle restait inconsciente mais sous ses paupières closes, des va et vient témoignaient de l'activité onirique qui envahissait son esprit. Ses extrémités rougies commençaient à bleuir à vue d'oeil. Sous sa forme humaine, Sylviana était plus exposée qu'à l'ordinaire. Un vent froid se leva, cinglant. La neige s'envolait en tourbillons, l'air glacial s'engouffrait par le moindre interstice. Sylviana gémit et claqua des dents, une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Une compagne de route envahissante ... Et encore le mot est faible...   Ven 25 Mai 2012 - 11:42

Talarmir soupira. Une incapable de plus dans sa troupe. A chaque moment, elle semblait prête à fondre en larmes. En récapitulant, il y avait donc un galopin abruti, une jeune fille incapable de se montrer au soleil, et maintenant, une femme pleurnicharde. Qu'avait-il donc fait pour mériter ça? Était-ce ainsi que les maîtres de la guilde des assassins vivaient perpétuellement? Entourés d'incapables?

Il fallait se dépêcher, dans quelques instants, elle ne serait plus qu'un gros glaçon. Faisant un signe de tête à Faulk et Erthad, ils l'aidèrent, la soulevèrent pour la remettre sur pieds. Lorsque ce fut fait, l'elfe lui frictionna le corps au travers du grand morceau de tissu, afin de la réchauffer.


« -Allez, en route, nous devons avancer le plus possible. Si nous nous faisons attaquer, je ne pourrais pas tous vous défendre...Erthad, tu restes derrière et tu effaces nos traces, Faulk, tu pars devant pour nous éclairer.

-mais...j'ai pas de torche m'sieur...et mes yeux ils brillent pas, et puis en plus, Astriol, il disait que j'étais pas une lumière, du coup j'peux pas éclairer hein...

-Non...ça y est, j'en ai marre. Donc, on reprend tout depuis le début. Faulk, tu cours devant nous et tu viens nous prévenir si tu vois quelqu'un. Si tu penses que c'est dangereux, tu cris. Et SEULEMENT si tu c'est important. Sinon on va instaurer une nouvelle règle, tu ne parles plus jusqu'à ce que j'en ai décidé autrement. Si tu parles, je te pends par les pieds à Mad Fern, tu verras du pays. C'est bien compris? »

Le galopin bougeait les lèvres, mais aucun son n'en sortait. L'elfe souffla et se prit la tête entre les mains.

« -Dépêche toi d'aller faire ce que je t'ai dit, tu commences à m'exaspérer. »

La tignasse rose disparue entre les arbres. C'était déjà une première victoire. Il se retourna vers la jeune femme et l'aida à tenir debout. Il allait devoir faire preuve de patience, ses nerfs étaient mis à rude épreuve, mais il ne pouvait se délier de sa promesse. Agir avec honneur, montrer l'exemple, maintenant, il devait être la personne sur laquelle se calquerait la nouvelle génération d'assassins. Pas de chance, il n'était le réel cliché du héros. Il était misanthrope, imbue de sa personne, égoïste. Mais il savait saisir les opportunités qui se présentaient à lui, assassinait quand il le fallait. Il n'avait pas attendu qu'on lui donne le pouvoir. Il l'avait prit au moment ou Ezio, l'ancien maître de la guilde, avait rendu son dernier souffle sous l'oreiller que maintenait l'elfe sur son visage. Mais pourquoi pensait-il à ça maintenant? Ils devaient se dépêcher et lui était perdu dans ses pensées...


« -Mademoiselle, permettez que je vous aide à marcher. Après une telle chute,vos muscles ne vont pas vous soutenir longtemps. Ne vous faites pas d'idée, je ne fait pas ça de gaieté de cœur, seulement, si vous nous ralentissez et nous faites perdre notre temps, je risque de m'énerver un peu. »

Il lui prit le bras et le passa autour de son cou, et ainsi, ils marchèrent pendant quelques heures. La jeune femme grelottait, il fallait s'arrêter et faire un feu. Ils n'avaient plus de quoi se nourrir ce soir là, aussi Talarmir dû prendre l'arc de son défunt frère tandis que Faulk et Erthad veillaient sur la pleurnicharde. Il avait repéré en venant les traces de quelques lièvres ainsi que celles d'un chevreuil. Peut être pourraient ils manger correctement et servir à leur invité un repas digne de ce nom. En partant, il avait pris quelques collets qu'ils avaient disposés ça et là. Il cherchait avant tout le cervidé. Il serait pour sa nièce une réserve de sang considérable, ils pourraient manger à leur faim dessus et la carcasse pourrait servir à la manticore.

Après de longues minutes d'attentes, il perçut un bruit, à quelques pas. L'arc bandé, il s'approcha doucement. L'animal était là, tranquille, il ne se doutait de rien. Talarmir décocha une flèche qui vint se ficher dans sa patte arrière, la bête s'effondra. L'elfe sorti un peu de corde et lia les pattes de sa proie, puis la mis sur ses épaules pour retourner au camps. Il relèverait les collets que le lendemain matin,ce qui laisserait plus de chance de récupérer quelques petits gibiers pour la route.

Lorsqu'il retrouva ses compagnons de route, il déposa l'animal vivant devant sa nièce.


« -Je te laisse le soin de le tuer. Une fois que tu auras mangé, nous nous occuperons de la carcasse. »

Erthad planta ses crocs d'un coup sec dans le cou de l'animal qui fut prit de tremblements quelques secondes avant de tomber, les yeux encore ouverts, pleins d'effroi. L'elfe sortit une de ses dagues et commença a dépecer l'animal. Il garderait la peau, toujours utile lors dans grands voyages dans la neige. Au bout d'une petit heure, il avait enlevé la majeure partie de la viande et en fit cuire un tiers. Il en mit à sécher un autre et laissa le dernier, cru
.

« -Voilà, il y en a pour tous les gouts. La viande séchée nous servira de réserve pour le voyage. - se tournant vers la nouvelle venue – Servez vous, je ne connais pas encore vos gouts en terne de nourriture. Faulk, tu vas prendre un morceau de viande cuite, tu vas t'étouffer sinon. - prenant les restes de la carcasse - Je reviens, je vais nourrir le monstre.

Il souffla dans la corne, puis, quelques secondes plus tard, la bête était là. Elle appartenait à Erthad, Astriol lui en avait fait cadeau, et elle se révèlerait très utile pour l'Ordre.Il déposa la carcasse devant elle, et quelques minutes plus tard, il ne restait sur le sol qu'une trace rougeâtre à l'endroit où s'était trouvé le cadavre. Puis il retourna autour du feu avec les autres. Tous étaient en train de manger, à l'exception de la fillette qui avait déjà fait son repas. Il saisit un morceau de viande crue qu'il mangea lentement, perdu dans ses pensées. Il en prit un second, qu'il mit moins de temps à engloutir puis s'adossa contre un arbre, dévisageant celle qu'ils avaient secourue.

« -Dites en moi plus sur vous. Comment vous appelez vous? D'où venez vous et où allez vous? Comment vous êtes vous retrouvée ici? »
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MessageSujet: Re: Une compagne de route envahissante ... Et encore le mot est faible...   Mar 29 Mai 2012 - 21:25

- UNE SURPRENANTE COMMUNAUTE -
Une main étrangement chaude sur mon bras. Maintenant dans une semi-conscience, je sens qu'on me lève. On me soutient, cela m'arrache des frissons. Comme des souvenirs d'une situation déjà vécue mais c'est peine perdue. Une voix, je ne la connais pas et pourtant. Les conversations me sont incompréhensibles. Mon corps me brûle comme si l'on me frottait énergiquement. Cela fait du bien, vraiment. Une douce chaleur m'enlace, m'étreint. Comme le ventre protecteur de la mère. L'instant encore magique ou rien ne peut nous atteindre. Je soupire de bien-être. Il m'est douloureux de me sentir au bord du réveil. Non, pas maintenant, encore un peu de repos. Je lutte, de toutes mes forces. Elles sont faibles, trop faibles car déjà le blanc immaculé de la neige me tire les larmes. Toutes ces sensations s'estompent si brusquement. C'est comme si j'étais vide, une enveloppe dont le contenu s'est évaporé. Pourtant j'avance, je m'appuie sur l'épaule tendue. Quelle idée ? Drôle de langage. S'énerver ? Je le trouve dur mais il n'empêche qu'il me tire de là. Je ne relève pas. Où va-t-on ? Un léger mal de tête passe finalement son chemin avec hâte. Curieusement je ne souffre plus autant. Le froid ne peut que me narguer maintenant. Je lui tire la langue et étouffe un rire, la langue glacée. Je n'ose tourner la tête pour observer mon sauveur. L'homme aux longues oreilles à qui je dois probablement la vie. Je ne l'ai même pas remercié. Quelle impolitesse. Le temps s'étire et malgré le sang bouillant qui coure dans mes veines, à nouveau je suis frigorifiée.

Sylviana était gelée et des engelures saignaient ses pieds. Pourtant aucune plainte ne s'échappait de ses lèvres pincées. Ses yeux injectés de sang sautaient de l'un à l'autre des protagonistes. Beaucoup de questions et de remarques se bousculaient dans son esprit embrumé, toujours prisonnier d'un trou noir malin. Une telle couleur de cheveux était-elle possible ? Pourquoi la petite fille, du moins le supposait-elle était ainsi emmitouflée. Comment un tel groupe se trouvait en ces lieux. Personnages hétéroclites dans une nature accidentelle, un rêve ou un cauchemar ? L'extravagante communauté fit enfin halte. Il était temps pour la louve qui mourrait de faim. Son ventre ne se privait pas de l'annoncer à tous, au grand dam de Sylviana. La coloration de ses joues n'était plus seulement due au froid maintenant et la femme ronchonna.

Je prends place un instant sur une souche presque entièrement masquée par son manteau blanc puis me ravise. Un feu, oui un feu. Non seulement je pourrais me réchauffer mais aussi les remercier en leur évitant cette tâche. Suivi de près par le drôle de bambin aux cheveux roses, je fouille les environs sans trop m'éloigner cependant. Quelques fagots plus tard, je dégage un cercle d'un bon mètre de diamètre. Les pierres donnent les limites mais surtout protègeraient un minimum le feu de la neige fondue.

Ca n'allait pas être simple de le faire démarrer avec ce bois mouillé mais elle déchira un bout de toile. Durant le voyage, il s'était logé contre sa peau à l'abri d'une pliure. Crânement sec, il trônait dans sa main gauche alors qu'elle cherchait ces pierres si particulières. Lorsqu'on les frottait, elles étaient les seules à produire des étincelles, mère des flammes si chaleureuses. Le tissu fut lacéré entre ses dents le plus finement possible. S'il restait trop serré, jamais le feu ne pourrait le consumer. Plusieurs essais lui seront nécessaires, ses mains gelées par trop malhabiles. Enfin les étincelles embrasèrent les toiles de fils et bientôt quelques branches craquaient sous la langue gourmande des flammes. Sylviana resta près du feu et peu à peu ses tremblements cessèrent. L'homme aux longues oreilles revint avec une belle proie qui fit résonner un son guttural du côté de Sylviana. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle assista au repas de la fillette. Une goutte de sueur perla dans son dos pour lécher sa colonne vertébrale. Ce n'était pas vraiment la chaleur, non plutôt la terreur qui lui inspirait l'enfant. Elle déglutit, adoptant à nouveau ce teint blafard qu'elle semblait avoir volé à Erthad. Figée comme une statue de glace, elle ne bougea pas de suite lorsque l'homme dont elle ne connaissait pas le nom lui proposa de se sustenter. Environ une heure pendant laquelle pas un muscle de son corps n'avait bougé, son regard accroché sur la fillette, une expression de terreur pure suintant de ses iris jaunes. Ses prunelles fixèrent ensuite le monstre, son visage se décomposant. Etait-elle vraiment éveillée ?

Toutefois l'odeur du sang réveilla quelque chose en elle et sa faim se rappela douloureusement à ses souvenirs. Elle regarda ce qu'on lui proposait et hésitant un moment, elle finit par se saisir du morceau cru, relativement gros et en arracha de bonnes bouchées, hâtivement avalées. Son estomac s'emplissant, son esprit et ses sens revenaient à la vie. Elle tourna la tête vers le longues oreilles, un peu de sang à la commissure de ses lèvres. Inconsciemment, elle passa sa langue sur les contours charnus pour récupérer la moindre goutte. Ses paroles furent comprises car la louve se renfrogna. Un trait de son caractère qui refaisait surface. Ce fut bref. Ses yeux s'éteignirent et ses épaules s'affaissèrent. Elle s'efforça à sourire comme pour rendre l'état de fait moins dramatique, enfin pour elle.

- TRAVAIL DE MEMOIRE -
" Et quel est le nom de mon sauveur ?"

Sa voix rocailleuse la surprit mais elle ne fit aucun commentaire, plus peinée par sa mémoire. Comment lui dire qu'elle ne se souvenait de rien ?

Je dois forcèment avoir une famille, des amis. Un Amour peut-être, un toit, une histoire. Que m'est-il arrivé ? Comment expliquer que je n'ai pas de passé, un présent qui me dépasse alors que me réservera mon futur ? Ais-je des enfants ? La seule chose dont je suis sûre, enfin puis-je le dire ? C'est que j'ai toujours été entourée. Oui cela vibre en moi, me réchauffe. Une famille nombreuse, beaucoup d'amis ? Rendez-moi me souvenirs, mon identité. Je hurle, à l'intérieur et silencieusement pour les autres mais je hurle quand même. Des relents de violence m'assaillent, me déroutent car elles me plaisent. Suis-je entrain de perdre la raison ? En ais-je au moins eu déjà une ?

Ses points étaient si serrés que leurs jointures blanchirent.
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Une compagne de route envahissante ... Et encore le mot est faible...

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