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 L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]

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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Lun 26 Nov 2012 - 2:58

Après leur départ d’Ardamirë, les deux compères avaient galopés longuement dans les bois qui entouraient la cité. Il leur fallait faire le plus de route possible d’une traite, s’ils voulaient arriver le plus rapidement possible à la demeure d’Izilbêth, cependant, l’enfant était moins résistant qu’elle, il avait déjà été relativement amoché par sa précédente course et désormais, il lui fallait se reposer au maximum, afin de se remettre des blessures de ses pieds. La nuit ne tarda pas à passer et, continuant de galoper à toute allure, c’est au milieu de la journée qu’ils s’arrêtèrent dans une petite clairière. L’herbe y était verte et la flore autour d’eux resplendissait. L’elfe allait permettre aux montures mais aussi à l’enfant de se reposer quelques instants. Ils en avaient grandement besoin tout les deux. Un sourire tendre aux lèvres, l’elfe sortit le linge dans lequel étaient enroulées les provisions qu’elle avait faites. Il allait sûrement être étrange pour le garçon de manger régulièrement désormais, alors qu’il avait été si longtemps privé de nourriture. Buvant quelques gorgées d’eau dans sa gourde. Izilbêth laissa l’enfant se repaître avant qu’ils ne reprennent la route tout les deux. La cadence avait quelque peu ralentis, Izilbêth savait qu’ils étaient bientôt tout près de leur but et après avoir vérifié à de maintes reprises, elle savait que désormais, ils ne risquaient rien. Ils allaient pouvoir rapidement s’installer chez elle et l’idée de savoir qu’elle ne serait pas seule dans sa demeure, semblait lui faire plaisir et un bref sourire ne quitta plus ses lèvres. Les deux montures semblaient infatigables, portant leurs maîtres avec plaisir, les deux animaux, qui continuaient de se toiser, comme méfiant galopaient côte à côte, respectant l’envie de la part de la jeune femme de garder le garçonnet à ses côtés.

La maison se trouvait dans un petit regroupement de demeures au bord du lac Miriel, entre le lac et la forêt de l’eternel que les deux compères avaient traversé pendant presque deux jours et demi. Lentement, la jeune femme fit ralentir sa monture à l’arrivée de la plaine infinie et ne tarda pas à repasser au pas alors qu’elle abaissait sa capuche, montrant du doigt une bâtisse, relativement massive mais chaleureuse malgré tout. Des écuries étaient attenante à la demeure et permettrait à la jeune femme et à son protéger de mettre leurs montures à l’abri.  Elle tourna alors la tête vers l’enfant.

« Regarde Faolan, voilà ma demeure. Ici, nous y serons en sécurité et tu pourras reprendre des forces. Puis, tu m’expliqueras toute ton histoire, d’accord ? Je sais ce que tu es mon petit, je sais que tu n’es pas un elfe. N’ai crainte, je t’accepte tel que tu es et ne crains en rien ta véritable nature. Acceptes-tu de me faire confiance et de m’expliquer la raison pour laquelle tu t’es retrouvé traqué par un homme en Ardamirë ? Sache, que je donnerais ma vie pour la tienne Faolan. »

Izilbêth semblait fatiguée, ces mots, tous plus sincères les uns que les autres avaient franchi ses lèvres sans même qu’elle n’ai le temps de se rendre compte de ce qu’elle venait de dire. Elle allait peut-être lui faire peur, ou même bien le faire rire. Mais au final, il était vrai qu’elle ressentait pour cet enfant un attachement presque surhumain. Jamais elle n’avait autant voulu protéger quelqu’un. Peut-être sa solitude l’avait-elle rendue folle, à tel point qu’elle ressentait le besoin indescriptible de venir en aide à un enfant perdu. Mais pour l’instant, les raisons pour lesquels elle agissait ainsi, elle s’en fichait royalement. Elle savait juste que de faire ça, la faisait se sentir bien. Une fois arrivés devant la demeure, la jeune femme mit pied à terre et adressa un sourire à l’enfant avant de l’aider à descendre, bien qu’il en soit capable tout seul. Puis, elle lui fit signe de desseller son Ombrun, faisant de même avec son cheval avant de n’aller ouvrir la porte de l’écurie dans laquelle son cheval se dirigea naturellement.

« Tu peux mettre ton ami dans le box à côté de celui de mon cheval si tu le souhaites.. Je pense qu’il serait préférable qu’il soit caché du regard des passants, histoire que nous n’attirions pas les soupçons.. »

La sécurité avant tout était de mise, maintenant qu’elle était elle aussi définie comme fuyarde d’une ombre dont elle ne savait rien..

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Faolan Tingilindë
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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Mar 27 Nov 2012 - 18:04


Faolan grignotait lentement un morceau de fromage, assis sur une énorme racine qui lui tenait office de siège. Izilbêth avait décidé qu’ils feraient une pause dans cette clairière calme et verdoyante, et Faolan avait reçu cette nouvelle avec soulagement. Il avait été soulagé de ne plus sentir son derrière irrité par les secousses de sa chevauchée, grâce au recouvrement cotonneux que lui avait disposée sa sauveuse. Mais ces heures de voyage le fatiguaient. Il devenait las et un peu abruti par cette fuite constante et ce rythme infernal. Il lui semblait que jamais plus il ne pourrait être vaillant, en forme, comme il l’était autrefois. Il lui semblait même qu’il ne devait certainement pas connaître le véritable sens du mot « fatigue » quelques semaines auparavant. Chaque fois qu’il reprenait des forces, elles se consumaient finalement quelques heures plus tard, lorsqu’il était contraint de s’enfuir vite, dans l’angoisse et la peur, vite, encore plus vite…

Faolan était encore étourdi par l’évènement qui s’était déroulé juste avant leur départ de la cité. Il n’avait pas prononcé un mot depuis cet incident, trop bouleversé pour parler. Il était encore en état de choc. Faolan n’avait jamais réellement assisté à une démonstration si soudaine de violence. Ce n’était pas l’acte en lui-même qui l’avait tant secoué, mais plutôt la manière calme, silencieuse, presque tranquille dont il s’était déroulé. Il avait aussi compris que malgré ses airs doux et son attitude effacée, Izilbêth s’avérait être une combattante redoutable. Une sauveuse, un ange-gardien, un garde du corps… Beaucoup d’attributs auraient pu convenir au rôle que la jeune elfe tenait auprès de lui, à présent.

Faolan avait eu terriblement peur. Il avait eu peur pour lui et pour elle. Il se souvenait encore du visage dément de leur agresseur lorsqu’il s’était rué sur Izilbêth, une épée brandie vers elle. L’évocation seule de ce souvenir lui soulevait le cœur. Les faits et gestes de l’homme et de la jeune femme s’étaient mêlés dans une suite de mouvements confus, mangés par l’ombre de la nuit, et Faolan n’avait pas compris ce qui se passait. Encore une fois, c’était comme si tout se déroulait trop vite pour lui.
Izilbêth maitrisait ses mouvements à la perfection. Ce n’était pas la première fois qu’elle se faisait agresser, c’était certain. Aucune trace de surprise et de peur n’avait envahi son visage. Son expression demeurait impassible. Elle n’avait pas tué leur agresseur. Faolan la croyait. Il croyait tout ce qu’elle lui disait, et lorsqu’elle lui avait assurée qu’elle ne lui ferait jamais de mal, Faolan l’avait cru. « Tout va bien se passer, je te le jure ». Oui, tout allait bien se passer.

Lorsqu’ils avaient passés les portes d’Ardamir, personne ne les avait ne serait-ce qu’interpeler. Les deux compagnons avaient quitté la cité elfique, Faolan sentant sur lui le regard insistant et bienveillant de celle qui venait, une fois encore, de le sauver.

Izilbêth lui fit un signe. Il était temps de se remettre en route.






* * *





* * *






Faolan ne put retenir une expression d’ébahissement en découvrant la jolie maisonnée d’Izilbêth. Elle était située au sein d’un minuscule village, au cœur de la plaine. Au loin, Faolan apercevait l’éclat scintillant du Lac Miriel, dont l’eau bleue lui rappelait les iris de sa sauveuse. Cela faisait plus de deux jours qu’ils galopaient à travers les bois. Izilbêth n’avait accordé que peu de pauses à leur périple, et Faolan avait remarqué la manière dont elle avait regardé sans cesse derrière elle, dans la crainte de remarquer un quelconque indice de filature. Mais ils semblaient, enfin, sortis d’affaire.

Faolan ne ressentait pas cette habituelle sensation désagréable qui l’assaillait lorsqu’il quittait la forêt. L’Eternel n’était pas très loin, après tout. Et puis, Elle était là. Son ange-gardien.

La jeune femme invita son cheval à se mettre au pas, et instinctivement Mirage l’imita, tandis qu’ils s’approchaient des chaleureuses chaumières elfiques. Jamais encore Faolan n’avait foulé cette partie d’Evanya. Izilbêth, après lui avoir désigné sa propre demeure, imposante bâtisse se découpant dans le ciel bleu, lui déclara brusquement :

- Je sais ce que tu es mon petit, je sais que tu n’es pas un elfe. N’ai crainte, je t’accepte tel que tu es et ne crains en rien ta véritable nature. Acceptes-tu de me faire confiance et de m’expliquer la raison pour laquelle tu t’es retrouvé traqué par un homme en Ardamirë ? Sache, que je donnerais ma vie pour la tienne Faolan.

Son estomac se souleva, il sentit une bouffée de chaleur monter en lui et incendier son crâne, sa vision-même se troubla l’espace d’une seconde. Elle avait compris ? Mais pire encore ! Elle avait compris, et elle n’en avait cure ! Cette femme n’était pas normale. Elle ne semblait avoir de préjugé, d’hostilité, envers rien d’autre que ceux qui s’en prenaient à elle. S’il avait été vampire, elle aurait certainement réagi tout aussi paisiblement. Elle semblait voir en Faolan un enfant avant de voir un loup, et cette vision était si éloignée de celle qu’il avait pour lui-même, qu’il en était d’autant plus chamboulé.

Alors oui, il accepterait de lui faire confiance. Il lui dirait tout. Le petit lycan ne se sentit pas capable de prononcer le moindre mot lorsqu’elle lui déclara, comme une promesse solennelle, comme une certitude irrévocable, qu’elle donnerait sa vie pour lui. Même la plus infime marque de reconnaissance ne put franchir ses lèvres tant il était bouleversé par cette sollicitude. De toute façon, « merci » n’était pas le mot qu’il brûlait tant de dire. Celui qui ne cessait de revenir à son esprit, comme une vague sur la rive, était : Pourquoi ?

Il n’avait rien fait, rien dit, rien montré qui puisse inciter l’elfe à prendre soin de lui, aussi certainement et sincèrement qu’une mère. Alors, pourquoi ? C’était tellement incroyable. Et Faolan redoutait que ce fameux dicton devienne réalité : « trop beau pour être vrai ».
Ils s’arrêtèrent devant la demeure et Izilbêth aida Faolan à descendre de Mirage.

- Tu peux mettre ton ami dans le box à côté de celui de mon cheval si tu le souhaites... Je pense qu’il serait préférable qu’il soit caché du regard des passants, histoire que nous n’attirions pas les soupçons…

Faolan acquiesça. Le fait qu’Izilbêth nomme Mirage son « ami » lui plut particulièrement. Il commençait à comprendre, par ces menus détails, qu’Izilbêth n’avait pas la pensée et la vision commune des gens qu’il avait croisés dans sa courte vie. Les choses avaient une autre dimension avec elle. Une elfe pouvait secourir un enfant lycan, et un Ombrun pouvait être un ami. Peut-être étaient-ce ces yeux si étranges qui lui accordaient ce regard privilégié sur le monde…





* * *





* * *




La demeure d’Izilbêth était sobre mais confortable. Un petit duvet de poussière recouvrait les meubles et les objets, ce qui fit penser à Faolan que la jeune femme était souvent en voyage. Les meubles étaient en bois sombre. Il y avait une cheminée. Faolan se sentait bien.

Izilbêth referma la porte tandis que le petit lycan observait chaque recoin de la pièce, pivotant sur ses pieds. Il se sentait un peu sale et courbaturé. L’elfe avait l’air fatigué également, ses traits étaient tirés et ses gestes plus lents. Elle se débarrassa de certains de ses effets et invita Faolan à faire de même. Il ôta alors sa ceinture, sa cape, ses armes, et les déposa dans un coin de la pièce. Faolan avait du mal à réaliser qu’il se trouvait à présent dans un endroit sûr et sans danger, un endroit où il n’avait pas besoin de se montrer discret, prudent, constamment sur ses gardes. La tranquillité d’esprit ne l’habitait plus depuis longtemps. C’était comme s’il en avait perdu l’habitude.

Son hôte lui proposa de se laver et Faolan accepta sans gêne tant l’idée de se tremper lui donnait envie. Son petit corps était tout abîmé du traitement régulier – et obligé – que son propriétaire lui faisait subir, il serait bien aise de se plonger dans une eau chaude et propre. Il y avait un étage unique dans la maisonnée d’Izilbêth, accessible via une échelle, et elle l’invita à y monter. Elle remplit d’eau bouillante une grande bassine de fer et laissa Faolan à son intimité. Le garçon hésita, embarrassé tout de même à l’idée de se baigner dans une demeure qui n’était pas la sienne. Mais la tentation était trop grande !

Il se dévêtit lentement, découvrant ainsi des contusions, des bleus, des griffures et des traces tenaces de saleté sur tout son corps, en particulier ses mains, ses bras, ses genoux, et bien sûr ses pieds. Lorsqu’il pénétra dans l’eau chaude, cela lui fit mal et sa bouche se crispa en un rictus de douleur. Il s’immergea tout de même complètement, jusqu’à enfoncer sa tête entière dans l’eau claire. Faolan adorait faire cela. Lorsque les formes et les sons se déformaient et que tout semblait irréel… La réalité elle-même paraissait flotter au-dessus de sa tête, incapable de l’atteindre tant il était loin, si loin de tout…

Il se frotta longtemps, bien qu’il évitât soigneusement les zones sensibles afin de ne pas se faire mal, et il s’amusa même un petit moment dans son bain. Quand il était petit, son père le lavait dans le même genre de bassine, il s’amusait alors à s’éclabousser et à taper des mains pour faire jaillir l’eau au-dessus de lui. Il pensa à son père et son visage s’assombrit. Etait-il sauf ?

Izilbêth lui indiqua que c’était l’heure du repas et Faolan s’extirpa de son bain sans attendre. Il eut une petite expression dégoûté lorsque ses yeux se posèrent sur ses vêtements qui n’avaient pas eu la chance, eux, d’être débarrassés de leur crasse, mais sans autre choix que celui-là il les enfila prestement. Cependant, il ne mit que sa chemise elfique et demeura pieds nus. La demeure de la jeune femme était non seulement chaleureuse mais aussi chauffée, probablement par un feu de cheminée. Faolan descendit l’échelle en biais et se plaça à la table sans hésitation.

Il était bien plus à l’aise avec Izilbêth à présent. Il avait moins peur de la repousser, de lui imposer sa présence. L’insistance de la jeune femme à lui démontrer son attachement envers lui avait fini par le convaincre. Et si, après tout, il restait ici pour toujours ?
Mais l’elfe, malgré l’attention qu’elle lui témoignait, ne semblait pas vouloir que chacun conserve ses mystères et se contente d’une collocation distante. Elle voulait connaître Faolan, et le comprendre. Elle voulait savoir. Après qu’il ait pu se sustenter un peu, tout heureux d’être propre et repus, elle le fixa de ses yeux clairs et Faolan comprit qu’il était temps de lui raconter l’ensemble de son histoire.

Son sourire s’amincit jusqu’à disparaitre, il reposa le morceau de pain qu’il tenait à la main et avala celui qu’il avait dans la bouche. Après un petit temps, il se mit à dévoiler tout ce que son père, quelques jours auparavant, lui avait annoncé sans prologue, aussi brutalement et violemment qu’une chute de pierre sur son crâne. Il trembla un peu, et sa voix aussi, à l’évocation de ses deux poursuivants dont il révéla le nom, une seule fois. Icarius, le vampire, et Breandan, le lycan. Il n’osait pas regarder Izilbêth de peur de ce qu’il aurait pu voir sur son visage, dans ses yeux si pâles. Il parlait sans s’arrêter, le souffle court, le regard fuyant.

- Et maintenant, ils me cherchent. Ils me chercheront toujours. Ils ne s’arrêteront… jamais.

Sa voix chevrotante s’éteignit dans un souffle. Il baissa la tête, les yeux embués de larmes qu’il se refusait à laisser couler. Il avait trop pleuré ! Trop pleuré pour eux. Il n’en pouvait plus de pleurer pour eux.
Après un court instant, il releva lentement la tête et dit doucement :

- Tu sais, ma mère. Elle s’appelait Isil. Presque comme toi.







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Draug Hina ~ L'enfant loup

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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Dim 2 Déc 2012 - 22:20

Leur route avait été longue et Izilbêth voyait bien que l'enfant avait besoin de repos. Il avait aussi besoin de manger, mais surtout de se sentir en sécurité au sein de ses murs. Silencieusement, elle l'avait laissé se baigner et prendre un repas, mais elle voulait toujours savoir. Savoir pourquoi, il avait fui de la sorte à la vue de cet homme. L'elfe voulait savoir pourquoi elle avait du commettre un acte aussi horrible envers un homme qu'elle ne connaissait même pas. Il fallait que l'enfant lui donne une explication, sans quoi, la jeune femme finirait par avoir des remords. Au fond d'elle, elle savait que ce qu'elle faisait était nécessaire, elle savait pertinemment qu'elle faisait ça pour une bonne raison, mais désormais, il lui fallait savoir. L'enfant pris alors la parole. D'un silence poli, la jeune femme l'écouta parler. Les mots de l'enfant firent blêmir le visage de la jeune femme qui ne pouvait que rester bouche bée. Il avait vécu une telle solitude, qu'il était difficilement possible qu'il puisse s'en sortir si Izilbêth n'avait pas été là.

- Et maintenant, ils me cherchent. Ils me chercheront toujours. Ils ne s’arrêteront… jamais.

Le visage de la jeune femme se crispa alors qu'elle posait doucement sa main sur celle de l'enfant, venant alors plonger son regard dans le sien.

- Sache, Faolan, que je te protégerais au péril de ma vie. Si je devais tomber, pour faire cesser tout cela, je le ferais. Je refuse qu'il t'arrive quoi que ce soit. Je le refuserais jusqu'à ma mort. De telles horreurs ne peuvent être possible. Lorsque tu seras grand, tu pourras te défendre, mais actuellement, c'est moi qui me doit de te protéger, sans quoi, qui sait ce qui pourrait t'arriver.

Les mots de la jeune femme étaient sincères. Elle semblait désormais, vouée coeur et âme à la protection de cet enfant. Son regard exprimait toute la détermination que la jeune femme éprouvait à la défense de ce petit être. Doucement, elle caressait la main de l'enfant, comme pour lui montrer toute la douceur dont elle était capable, malgré sa détermination et surtout sa cruauté lorsqu'il s'agissait de la défense de l'enfant. Puis, les mots de Faolan lui arrachèrent un sourire. Elle se leva et vint passer sa main dans ses cheveux bruns, affichant un visage bien plus détendu que quelques secondes auparavant.

- Tu sais, ma mère. Elle s’appelait Isil. Presque comme toi.

Les caresses dans les cheveux de l'enfant semblaient le détendre et lui rappeler qu'il n'était pas seul. Puis, elle détacha le pendentif qu'elle portait et vint l'attacher autour du cou de l'enfant doucement. Ainsi, il aurait toujours une part d'elle avec lui. Puis, elle murmura, son regard se perdant dans le vide un bref instant. Elle n'avait pas de mère, ou du moins, ne pensait pas en avoir.

- Tu sais, je suis sûre que ta mère ne voulait pas que les choses se passent ainsi. Malgré tout, elle reste ta mère et je suis persuadée qu'elle t'aime..

Les mots de la jeune femme avaient été prononcés avec une pointe de mélancolie. Soupirant faiblement, la jeune femme adressa un sourire tendre à l'enfant avant de débarrasser la table.


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Les jours, les semaines, même les mois étaient passés depuis le temps où l'enfant était venu vivre chez Izilbêth. Ils avaient fini par s'apprivoiser l'un l'autre et désormais, elle voyait cet enfant comme son propre fils. Elle lui avait acheté des vêtements propres afin qu'il soit plus confortablement vêtu. Ils avaient appris à vivre ensemble dans le respect mutuel et jamais ils ne rencontrèrent d'accrochage. Petit à petit, ils avaient fini par devenir moins méfiants. Ils sortaient tout deux dans les bois, Izilbêth lui enseignant son savoir des plantes. Les connaissances de l'enfant devinrent de plus en plus grandes et la jeune femme s'était fait à l'idée que l'enfant ne soit obligé de manger de la viande. Ils chassaient tous les deux dans les bois, abattant les bêtes en leur épargnant le plus possible de souffrance. Ils étaient heureux, tous les deux. Izilbêth avait fini par oublier ses craintes aux côtés de Faolan qui lui apportait l'amour dont elle avait besoin. Mais les choses ne pouvaient être idyllique éternellement. Ils avaient pris bien trop de risques, à rester ainsi, à se montrer aux yeux de tous. Et ce qui devait arriver, ne tarda pas à arriver.

Ils étaient tout deux au bord du lac Miriel. Leurs montures étaient attachées non loin lorsque la jeune femme eu un pré-sentiment des plus mauvais. Quelque chose n'allait pas, une présence obscure les menaçaient. Sans rien expliquer à l'enfant, la jeune femme se leva et lui fit signe de la suivre. Les deux montures galopèrent rapidement. Le rythme que leur imposait la jeune femme était soutenu, il leur fallait revenir au plus vite. Laissant les bêtes devant la demeure, la jeune femme se dirigea rapidement à l'intérieur de celle-ci. Le choc fut soudain et elle resta bouche bée devant la scène. La maison, entièrement retournée avait été saccagée, fouillée de fond en comble par quelqu'un. Se tournant vers l'enfant, la jeune femme semblait soucieuse. Ça ne pouvait être que l'un des poursuivant de l'enfant. Dans ce village, les cambriolages étaient totalement inexistant. Le visage de l'elfe était tiraillé par la crainte. Qu'allaient-ils faire ? Ils devraient de nouveau fuir ? Elle allait devoir prendre une décision rapidement, sans quoi, ils prendraient des risques qui finirait peut-être par leur coûter la vie.

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Faolan Tingilindë
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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Sam 8 Déc 2012 - 22:59

Faolan s’était demandé avec insistance, et surtout avec angoisse, quand Izilbêth et lui seraient finalement contraints de se quitter. Ils semblaient tous deux repousser l’échéance, comme s’ils refusaient de s’imaginer qu’une séparation fut même envisageable. Ainsi, la séparation n’eut pas lieu.
Izilbêth, après avoir entendu l’histoire complète de Faolan, ne le pria pas de prendre congé. Elle ne le somma pas de s’enfuir au plus vite, loin, aussi loin que possible de ceux qui le pourchassaient avec un acharnement malsain. Sa promesse, celle qu’elle lui avait faite dès leurs premiers échanges, demeurait tenace et inébranlable. Elle était toujours dans ses yeux clairs, gravée dans ses pupilles.

Ainsi Faolan n’avait pas quitté la demeure chaleureuse de l’elfe. Il était resté y vivre, le plus naturellement du monde. Il y demeurait depuis des mois entiers maintenant, et chaque jour la menace qui grondait au-dessus de lui s’estompait peu à peu, comme l’orage qui s’éloigne… Il n’y pensait guère, persuadé d’être à présent protégé de toute atteinte. Il avait à nouveau une maison – une maison telle qu’il n’en avait jamais connu d’ailleurs – et un semblant de famille. Izilbêth était pour lui comme une mère. D'ailleurs, un jour qu’ils se promenaient dans le village, un homme avait dit à Faolan qu’il avait une mère fort jolie, et le petit lycan s’était gonflé de fierté.

Non seulement la jeune femme le logeait et prenait soin de lui sans retour, mais elle se dévouait corps et âmes à son jeune protégé. Elle lui avait offert de nouveaux vêtements, qu’il trouvait plus beaux et plus saillants que les anciens, bien que tout autant résistants. Izilbêth l’emmenait très souvent dans les bois et Faolan eut l’occasion de découvrir qu’en plus de ses talents évidents de combattante, sa sauveuse possédait un grand savoir de la nature et de ses attributs. Elle était capable de reconnaître chaque plante qui composait la forêt ainsi que ses vertus – ou ses méfaits. Le garçon avait eu l’occasion d’en entendre parler lors de ses leçons avec les mages, pourtant il apprenait plus aux côtés de la jeune elfe qu’au cours de ces heures d’enseignement. Izilbêth avait une communion parfaite avec la nature. Lorsqu’elle en parlait, on aurait dit qu’elle parlait d’une amie. Ce lien était presque surnaturel.

Son attachement à la nature ne s’arrêtait pas aux plantes. Izilbêth avait un profond respect pour les animaux quels qu’ils soient, tout comme Faolan. Elle leur parlait, parfois en elfique, même après les avoir abattus. Au début, Faolan se sentait honteux et coupable de devoir infliger ce régime carnassier à sa sauveuse, qui de toute évidence se refusait à dérober la vie d’une créature vivante. Pourtant, c’était sans hésitation qu’elle avait consenti à tuer des lapins, des sangliers et des biches afin de contenter le désir de viande fraîche du petit lycan. Au fur et à mesure, ils étaient venus à plaisanter sur ce sujet, et bien que ce fait paraisse anodin au premier abord, il fut très bénéfique à Faolan pour accepter et s’accoutumer peu à peu à sa nouvelle nature. Après tout, si on en riait c’est que ce n’était pas bien grave.
Cette vie simple et sans souci eut tôt fait de baisser leur garde. Après des mois dans la sérénité, ni l’un ni l’autre ne s’attendaient à recevoir ne serait-ce qu’un mauvais présage. Même Mirage avait à présent l’autorisation de flâner dans les bois tranquilles de l’Eternel, plus loin dans la plaine. Ils se croyaient hors de danger.



* * *



Pourtant, c’est le danger que Faolan vit dans les yeux de sa mère adoptive lorsqu’elle se tourna soudainement vers lui, alors qu’ils se prélassaient aux abords du Lac Miriel, comme cela leur arrivait souvent. Un éclat de crainte vint troubler le regard étincelant d’Izilbêth, et sans un mot le jeune garçon la suivit jusqu’à leur demeure, à dos de leurs montures. Mais que se passait-il ?
Toute l’angoisse et la crainte dont Faolan s’était débarrassées jusqu’alors retombèrent brutalement sur ses épaules. Elles lui serrèrent les dents et lui tordirent les entrailles. Non, par pitié, non !

Ce qu’ils trouvèrent, en arrivant à toute allure en face de leur maisonnée, dépassait ses pires peurs. Leur demeure avait été cambriolée de manière presque sauvage. Aucun doute possible face à la nature d’un tel délit. Chacun d’eux le savait. Faolan regarda la table renversée, le verre brisé sur le sol, les fleurs qu’il avait cueillies pour elle, piétinées… Non… Non… Il refusait d’y croire. Des larmes, qu’il ne pensait plus devoir verser, coulèrent abondamment, sans bruit, le long de ses joues pâles.
Ce n’était pas seulement cette maison qui avait été saccagée. C’était sa nouvelle existence sans peur et sans fuite, son espoir de paix, son cœur d’enfant. Tout était détruit. Izilbêth ne le regardait pas, elle réfléchissait. Le choc était sûrement violent pour elle aussi. Et tout ça par sa faute ! Faolan s’écroula à genoux sur le sol, le visage dans les mains.

Sans dire un mot, Izilbêth posa sa main sur sa chevelure. Puis elle le souleva avec précaution et l’amena directement jusqu’à son lit, une couche simple mais confortable qu’elle lui avait établi peu de temps après son arrivée. Elle calma ses sanglots, ses hoquets de chagrin qui secouaient son corps fébrile. Jusqu’à ce qu’il s’endorme. Cette scène rappelait étrangement la nuit où ils s’étaient rencontrés.

Lorsqu’il se réveilla, Faolan sentit que quelque chose n’allait pas. Il ne se sentait pas tout à fait conscient, son esprit était confus et embrumé, sa bouche pâteuse, et même sa vision se troublait légèrement. En se levant, il dut se tenir à son lit car il avait le tournis. Il avait l’impression d’avoir trop dormi, ou trop profondément. Le sommeil s’agrippait à lui comme un lion à sa proie. Et quel mal de crâne ! Ce ne fut qu’au bout de plusieurs minutes qu’il se souvint d’un rêve particulièrement bizarre qu’il avait fait la nuit même. Dans le rêve, il entendait un son mat et se redressait soudainement. Mais aussitôt une main dont la paume était recouverte d’une longue feuille brune venait se plaquer contre sa bouche et son nez. Il se débattait férocement, mais peu à peu une sensation de lourdeur s’abattait sur lui, ralentissant ses mouvements et plongeant peu à peu ses sens dans la torpeur. Puis plus rien. Il ne se rappelait que de cela, et encore toute la scène lui apparaissait floue, abstraite, comme un parfum qui se dissipe.

Tout en se massant le crâne, il se dirigea lentement vers la salle principale.

- Izil ? appela-t-il d’un ton grognon.

Aucune réponse.

- Izilbêth ? répéta-t-il, plus fort.

Il releva la tête et observa la pièce. La jeune elfe avait dû s’activer une bonne partie de la nuit pour le remettre en ordre. Faolan vérifia qu’elle n’était pas en train de dormir. Mais non. Il n’y avait pas de doute : Izilbêth n’était pas dans la maison. De plus en plus anxieux, Faolan se dirigea vers le box de leurs montures, et la vision de son cheval ne fit qu’attiser sa crainte. Lorsque la jeune femme s’absentait, elle avait l’habitude de déposer une note à l’attention de son protégé. Se souvenant des conseils avisés de sa mère d’adoption, le petit lycan tâcha de garder son calme et de faire preuve de raisonnement. Il retourna dans la demeure et se mit à la recherche du moindre indice pouvant l’éclairer sur cette disparition.

A force de scruter les recoins de la pièce, Faolan tomba sur des traces de couteaux plantés dans un mur, ainsi que des traces de pas toutes mélangées, comme sous l’action d’une lutte. Il parcourait les murs de ses doigts fins, comme s’ils pourraient lui révéler ce qui s’était passé. A la place, il découvrit l’élément final qui, à défaut d’une révélation, ne laissa plus de doute quant aux évènements. Une fléchette. Une fléchette aussi fine qu’une aiguille était plantée dans le sol, légèrement en biais. L’homme était venu. Ce n’était pas lui qu’Izilbêth avait vaincu. Celui-là ne devait être qu’un espion. L’homme aux fléchettes, qu’il soit Breandan ou son serviteur dévoué, avait retrouvé leur trace et avait pénétré dans leur demeure.

Ce n’était pas un rêve ! Faolan n’avait pas rêvé ! Quelqu’un avait bien fait du bruit, quelqu’un avait bien plaqué sa paume contre son visage, offrant à son souffle le poison soporifique d’une plante de sa connaissance. Quelqu’un était venu et avait pris Izilbêth. Mais alors, pourquoi pas lui ? Peut-être qu’Izilbêth s’était sacrifiée ? Peut-être qu’elle avait fui pour attirer le ravisseur hors de la maison et ainsi sauver son protégé ? Peut-être que l’homme voulait d’abord sa revanche et qu’il se doutait que Faolan ne quitterait pas la maison sans son ange gardien. Faolan ne comprenait pas. Mais peu lui importait. Izilbêth était en danger, et ce fait seul parvenait à atteindre son esprit affolé. Il espérait simplement qu’il ne soit pas trop tard. L’agresseur semblait être un fin connaisseur de fourberies et poisons en tous genres. Il était dangereux.

Une dernière éventualité, fort probable, effleura vaguement la logique du garçon. Et si l’homme aux fléchettes avait enlevé Izilbêth justement pour que Faolan se lance à sa recherche et tombe dans un piège ? Ils n’auraient qu’à le cueillir… Faolan savait qu’Izilbêth aurait voulu qu’il fuie dans la direction opposée, ne se laissant pas attendrir par ces mesquineries. Elle n’aurait pas voulu qu’il se lance à sa poursuite dans le but de la sauver. Et puis, que pouvait-il bien faire ? Mais Faolan n’était pas capable de prendre une telle décision, tout comme il avait été incapable de quitter Izilbêth la première nuit. Il ne POUVAIT pas l’abandonner. Ils avaient besoin l’un de l’autre.

Sans hésiter une seconde de plus, le petit lycan revêtit les habits que sa sauveuse lui avait offerts. Il ajouta les bliauds et autres accessoires de cuir qu’Izilbêth lui avait fournis, grande amatrice de cuir qu’elle était. Se munissant de son épée, il alla droit aux écuries. Ce ne fut pas vers Mirage qu’il se dirigea mais vers le compagnon d’Izilbêth, qu’il avait appris à connaître. Il ne voulait pas se faire repérer au dos de son Ombrun, et surtout, il avait besoin d’un être qui puisse sentir encore mieux que lui la présence de l’elfe. Un peu surpris d’abord, le cheval consentit finalement à se laisser monter par le jeune garçon. Il lui avait suffi d’un regard pour comprendre la gravité de la situation. Mirage n’osa même pas s’outrer de cet affront, ressentant lui aussi la tension qui émanait de son compagnon.

- Je reviendrai, lui dit simplement Faolan avant de partir au galop.

L’animal fendait l’air avec grâce et souplesse, mais il était nerveux. Comme fouettés par la crainte, l’enfant et le cheval parcouraient les bois à la recherche de celle qui avait pris soin d’eux avec autant de dévotion et de sincérité. Faolan serra le médaillon que sa mère adoptive lui avait donné. Pourvu qu’ils n’arrivent pas trop tard.



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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Ven 14 Déc 2012 - 1:39

La nuit était belle et calme. L'elfe regardait le garçonnet dormir, tandis qu'elle caressait ses cheveux lentement. Il avait fini par calmer ses sanglots et s'endormir, malgré la crainte qui l'avait tiraillé durant de longues minutes après qu'ils soient rentrés. Izilbêth aussi était tiraillée par la crainte et l'angoisse, mais il valait mieux ne rien montrer si elle ne voulait pas affoler son protégé. Silencieusement, elle était descendue afin de ranger la demeure qui était littéralement retournée par la fouille de l'intrus qui s'était immiscé dans leur intimité. L'elfe n'était pas matérialiste, elle ne ressentait absolument aucune tristesse de s'être ainsi fait dérober. Mais de se savoir à la merci d'hommes peu recommandable ne faisait que la plonger dans une rage sans pareille. Elle était dotée d'une détermination sans faille, surtout lorsqu'il s'agissait de son petit protégé. Dans le plus grand silence, elle avait remis la demeure en état, lentement. Redressant la table, elle avait reposé de quoi manger pour l’enfant lorsqu’il se lèverait. La demeure était désormais en parfait état. L’elfe eut même le temps d’aller nourrir les bêtes qu’elle avait rentré dans l’écurie pour la nuit. L’étalon et l’Ombrun étaient désormais devenus de véritables amis et le compagnon du lycan s’était totalement habitué à la jeune femme. Leur distribuant abondamment du foin et de l’eau, la jeune femme disposa quelques carottes dans les box avant d’apporter deux seaux d’eau bien fraiche. Puis, la jeune femme ressortit de l’écurie, sans se soucier du danger qui plainait sur elle.

Lorsqu’elle revint dans la demeure, une aura malfaisante planait au dessus d’elle et cette atmosphère pesante tendit la jeune femme qui tourna brièvement la tête. Un homme sortit tout droit de l’ombre et la jeune femme se tourna sans attendre. Détachant sa cape d’un revers de la main, l’elfe faisait face à son agresseur qui souffla une fléchette dans sa direction. Evitant habilement, Izilbêth le fixa et vit un homme sortir de l’ombre, une dague, tout droit tendu vers elle. Faolan dormait à l’étage, il ne fallait donc pas le réveiller, sans quoi, il verrait la scène et paniquerait, se mettant probablement en danger pour la protéger. C’est dans le plus grand silence que la danse macabre s’entama. Izilbêth ignorait les intentions de ces hommes, mais son but, à elle était véritablement de le tuer. Malheureusement, les hommes étaient bien plus habiles que celui-ci qu’elle avait fait taire dans la cité et ceux-ci ne tardèrent pas à l’allonger sur la table d’un coup de pied. Immobile, la jeune femme attrapa l’homme aux fléchettes à la gorge, tentant de l’étrangler. Mais ses efforts étaient vain et rapidement, l’homme vint plaquer un linge sur le visage de la jeune femme qui, poussant un geignement tenta de se débattre avant de sombrer dans une torpeur incontrôlable. Il l’avait vaincue. La lionne qui protégeait son petit, toutes griffes dehors avait été vaincu par ces mercenaires qui avait usés tout deux de fourberies toutes plus infâmes les unes que les autres afin de venir à bout de la furie. Rapidement, l’un des deux hommes monta et mit l’enfant hors d’état de nuire. Tout deux drogué, aucun ne pouvait aider l’autre et s’est rapidement que la jeune femme fut chargée sur une monture. Ligotée, bâillonnée elle avait été assise sur un cheval, devant l’homme aux fléchettes qui n’hésitait pas à profiter de la proximité de l’elfe pulpeuse. Se débattant comme elle le pouvait, l’elfe tenta de riposter aux mains baladeuses de l’homme à l’aide de divers coups de coudes, faisant alors tomber une broche qui était attachée à sa cape dans l’herbe. Répugnée, indignée, elle subissait les attouchements sans véritablement pouvoir y faire grand-chose avant de finalement être jetée au sol une fois arrivée dans le camp des mercenaires. Assise au sol, l’elfe tenta rapidement de s’échapper malgré ses mains attachées dans son dos et l’un des mercenaires l’attrapa par les cheveux, la tirant en arrière avant de lui asséner un coup de poing en plein visage qui assomma la jeune femme d’un coup sec. Tombant lourdement au sol, la jeune femme était vaseuse, assommée par le coup du mercenaire, elle tentait de reprendre ses esprits en vain. Elle fut alors rapidement attachée à un arbre. Bras en l’air, la jeune femme ne pouvait bouger et l’un des hommes vint lui faire manger de force une baie. Izilbêth connaissait bien cette baie et ces hommes aussi, visiblement. Ils savaient qu’elle ne se laisserait pas faire et ils devaient la calmer comme ils le pouvaient, sans quoi, elle finirait par plonger dans une colère monstre, ravageant tout sur son passage. Elle trembla alors quelques instants, la baie ayant pour vertu principale d’empoisonner l’organisme avant de la placer dans un état de veille. Sa tête tombait en avant et l’homme aux fléchettes la détacha, la laissant ainsi au sol, immobile, presque comme morte.

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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Mar 22 Jan 2013 - 18:51

- J’ai l’impression que nous nous sommes perdus… dit tristement Faolan.

L’étalon d’ébène freina sa course et s’ébroua quelque peu. Il marchait au pas, parcourant le silence de la forêt que l’obscurité gagnait à mesure que les rayons du Soleil disparaissaient à l’horizon. Les yeux sombres de Faolan fixèrent le ciel un moment, plissés de fatigue et d’irritation.

- Nous n’avons encore aucune trace d’elle. Et il va faire nuit.

Il sortit son médaillon, dernier vestige de sa sauveuse, et le scruta en serrant sa main autour de lui.

- Par pitié, Izil, donne-moi un signe !

Il ferma les yeux et baissa la tête, joignant le médaillon à son front, dans un mélange de prière ultime et de désespoir. Une larme timide s’échappa de ses paupières closes. Le cheval s’arrêta. Faolan releva la tête, essuyant son nez humide d’un revers de manche. Soudain, un éclat scintillant attira son attention. Il descendit de monture et s’approcha de cette lueur qui germait de l’obscurité terreuse. Époussetant la terre qui recouvrait l’objet scintillant, il se pencha et l’observa attentivement.

- Mais… dit-il en attrapant ce qui ressemblait à une broche.

Et pas n’importe quelle broche ! Il la leva vers le Soleil couchant afin que ses derniers rayons illuminent l’objet qu’il reconnaissait à présent avec certitude.

- Regarde cela ! s’écria-t-il en accourant vers le cheval. Tu la reconnais n’est-ce pas ? Par Sên, nous sommes sur la bonne voie ! Merci, Izilbêth, merci. Ne perdons pas de temps.

Il se remit en scelle et au son d’un « YAH ! » rempli de confiance retrouvée, le cheval reprit sa course dans la forêt. Faolan, guidé par un instinct presque surnaturel – peut-être venait-il du lien fusionnel qui s’était établi entre les deux êtres – ne doutait aucunement du chemin à emprunter. Il savait.

A la lisière de la forêt, Faolan aperçut enfin une sorte de campement. Il indiqua à l’étalon de demeurer dans l’ombre des arbres, avec sa robe sombre il n’aurait aucun mal à se dissimuler. Lui ne pouvait prendre le risque de s’accompagner d’un cheval. Il devait faire preuve d’une furtivité absolue.
Le camp se composait de tentes soutenues par des pièces de bois. Certaines étaient plus grandes et plus luxueuses que d’autres, mais l’ensemble demeurait assez sobre. Éparpillés dans la base, des feux de camps et des torches étaient entourés d’hommes, en majorité armés. Breandan était plus puissant que Faolan l’avait imaginé. Il ne parvint pas à distinguer sa silhouette parmi les hommes qui discutaient un peu partout. Ses yeux d’elfes étaient embués par la fumée grise qui s’échappait des feux.

Il ne voyait aucune trace d’Izilbêth. Il devait pouvoir circuler dans le camp sans être repéré. Il fallait profiter de la nuit tombée. Il se glissa parmi les tentes sans jamais être à découvert. C’était un peu comme être à la chasse, sauf qu’il était de l’autre côté. Ne pas se lever, rester discret, maitriser ses pas. Éviter les mouvements brusques, regarder devant, derrière, à gauche et à droite. La fumée l’empêcher de renifler l’air à la recherche de l’odeur particulière d’Izilbêth. Ce fut donc des exclamations bourrues et non un parfum floral qui le menèrent, contre tout attente, jusqu’à sa sauveuse.

Des hommes étaient regroupés autour d’il ne savait – encore – quoi, montrant du doigt une masse sombre au sol. Ils s’esclaffaient et bavardaient bruyamment. Faolan ne parvenait pas à discerner la forme qui se trouvait à leurs pieds. Il s’approcha à quatre pattes, dissimulé derrière un tonneau. Il retint une exclamation d’horreur en découvrant le visage meurtri d’Izilbêth. Une rage dévorante s’empara de lui, grimpant dans son ventre comme si un serpent venimeux s’apprêtait à s’extraire de sa bouche. Que lui avaient-ils fait ?? Elle ne bougeait pas, complètement inerte. Izil…

Soudain, un des hommes lui donna un petit coup du pied, faisant bouger sa tête bringuebalante. Un second type s’approcha d’elle et lui baisa le visage, frottant contre elle sa peau rugueuse et barbue. Faolan regardait, impuissant, ce spectacle insupportable. La lâcheté de ces hommes n’avait d’égal que leur immondice. Ils profitaient de l’état affaibli de leur prisonnière pour abuser d’elle. Lorsque l’un d’eux se mit à la toucher et même la déshabiller, Faolan sentit sa mutation prendre forme. Bien souvent, c’était la colère et la douleur qui le transformaient. Ces deux sentiments se chevauchaient en lui à cet instant, et la métamorphose se faisait malgré lui. Ainsi couvert de sa fourrure blanche, les griffes et les crocs sortis, il se rua sur les hommes. Surpris, ceux-ci mirent du temps à réagir, compte tenu, en plus, du taux d’alcool qu’ils avaient ingurgité. Faolan plongeait sur eux sans réfléchir, au hasard, griffant les visages et mordant les membres, complètement déchainé. Sa petite taille l’empêchait de faire des dégâts irréversibles mais elle lui permettait d’échapper plus facilement à ses assaillants.

Il finit par filer à toute allure jusqu’à la lisière de la forêt, de l’autre côté du camp, poursuivi par la horde de gardes qui beuglaient après lui. Un plan se mettait déjà en place dans son esprit. Arrivé à l’orée des bois, il poursuivi un moment son chemin parmi les arbres, laissant des empreintes distinctes dans la boue. Après un certain temps, il s’arrêta et poussa un hurlement de loup afin d’attirer le groupe d’hommes qui le pourchassaient. Il sauta ensuite dans un buisson et se mua en humain à nouveau. Ses vêtements avaient été déchirés et laissés près d’Izilbêth, il se retrouvait donc nu et transit de froid, mais il n’en avait cure. L’urgence de la situation l’échauffait bien assez.

Il grimpa dans un arbre et revint vers le campement en progressant de branche en branche. Il ne fallait pas qu’il touche le sol. Ses escapades dans la Forêt de l’Eternel, lorsqu’il n’était encore qu’un elfe, l’avaient bien formé à ce genre d’expédition. Du haut de ses arbres, il voyait les hommes suivre ses traces en éclairant son itinéraire à l’aide d’une torche. Il était fier d’avoir réussi à les berner, mais le plus dur restait à faire. Il ne pourrait soutenir le poids de sa protectrice tout seul, et elle n’était même pas en état d’ouvrir les yeux. Il devrait faire appel à toute sa concentration pour se souvenir des leçons d’Izilbêth à propos de ses connaissances végétales.
La panique l’embrouillait, il ne parvenait pas à réfléchir.

« Concentre-toi, concentre-toi » se disait-il tout bas en fermant les yeux et en serrant les dents.
Il chercha des yeux les différentes herbes qu’il apercevait du haut de son perchoir. Tout en continuant sa progression, il demeurait les yeux fixés au sol à la recherche d’une plante qu’il connaissait ou dont il aurait appris les bienfaits.


« Rappelle-toi, Faolan… Celle en forme de cône, réduite en poudre… sert à prévenir la rouille. Ce n’est pas ça. Celle qui possède des tas de petites bulles… Non, elle soigne les brûlures… Je ne m’en souviens pas ! »

Il commençait à désespérer. Il fallait qu’il fouille dans sa mémoire. Il se souvint alors de la voix maternelle et profonde d’Izilbêth, unique témoignage de douceur dans ce monde qui s’acharnait à le malmener. Elle résonna en lui comme une mélodie apaisante, calmant soudain son cœur et son esprit. Cela eut le don de le remettre en ordre.

« Une plante rouge aux feuilles d’argile, qu’on ne trouve qu’au pied des terriers de renard »

Ses pensées s’étaient ordonnées avant même qu’il ne s’en rende compte. La vérité devint une évidence. Il ne tarda pas à trouver un terrier de renard, mais malheureusement, aucune plante de la sorte n’avait poussé à son entrée. Il en trouva un deuxième qui se révéla profitable, sauta à pieds joints, saisit la plante par la racine et courut parmi les arbres jusqu’au campement. Il se roula dans la boue afin de dissimuler son corps blanc et son odeur, puis circula à nouveau au milieu des tentes. Izilbêth, au centre de la base, était toujours dans la même position, totalement amorphe. Plus personne ne la surveillait.

Faolan s’approcha d’elle et réfréna son envie de pleurer en voyant son visage tuméfiée, ses habits salies et déchirés. Il plaça les feuilles dans sa paume tremblante et la plaqua contre le nez d’Izilbêth. Il ne fallait surtout pas qu’elle goûte la plante, mais l’inhaler l’extrairait de sa torpeur maladive.

- Réveille-toi, Izil… Réveille-toi… Je t’en supplie.



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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Mer 23 Jan 2013 - 18:02

Le noir. Un trou noir dans lequel Izilbêth ne voyait rien, ne ressentais rien. Tout autour d'elle n'était qu'une épaisse masse cotonneuse dans laquelle elle se sentait bien. Cette baie avait pour vertu de placer dans une inconscience profonde n'importe quel être vivant. Cependant, l'inconscience ne durait que rarement plus de quelques heures et il n'était pas rare que les effets plonge uniquement le corps de la victime dans une immobilité des plus totale. Izilbêth sentais tout, entendait tout mais ne pouvait bouger ou se rebiffer. Et c'était bien le pire dans cette situation. La joue de l'elfe lui était douloureuse. Peu de temps avant de n'être forcée à ingurgiter une baie, elle avait été violemment frappée par un homme qu'elle avait tenté de mordre, ou bien de frapper. Elle ne s'en souvenait plus vraiment. Tout ce qu'elle savait, c'est que Faolan tenterais de la retrouver. Bien qu'elle lui ai de nombreuses fois rappelé que dans ce genre de situation, il ne fallait surtout pas qu'il la cherche, puisqu'il ne pouvait s'agir que d'autre chose que d'un guet append. Cependant, elle savait très bien qu'il viendrait la chercher. Il finirait par la trouver et se mettrait très probablement dans une situation difficile. Voir se ferait attraper et risquerait sa vie pour Izilbêth qui ne pourrait accepter qu'une telle chose arrive. La nuit était tombée, le ululement des chouettes permettait à la jeune femme de savoir quelle heure il était. Les hommes qui se relayaient pour surveiller l'elfe étaient de plus en plus éméchés et peu à peu, ils se rapprochaient d'elle, l'observant, commentant son corps.

- J'savais pas que la légende disait vrai ! Les oreilles pointues sont vachement classe quand même. Elle a été un peu amochée et c'est pas pour autant qu'elle en est laide ! Beugla l'un des hommes alors qu'ils ne se rendaient même pas comptes qu'il renversaient la moitié de leurs choppes sur l'elfe encore allongée au sol. L'un des hommes s'approcha alors de l'elfe et lui releva la tête alors qu'il l'avait attrapée par les cheveux.

-Regarde-moi ça ! Le chef nous laissera peut-être nous amuser avec elle quand il aura récupéré le petit.. Moi, je ne dis pas non, elle est quand même bougrement bien faite la p'tite dame ! D'une main bourrue et sale, il vint mettre une petite tape sur la joue de l'elfe alors que celle-ci ne pouvait bouger, bien que son esprit ne soit alors emplis de nombreuses insultes en elfique.

Les hommes n'avaient de cesse de jouer du corps sans vie de l'elfe. La poussant, l'agitant à leur guise, les gardes semblaient prendre un malin plaisir à voir une femme possédant un caractère si volcanique se voir totalement à leur merci. Izilbêth ignorait totalement que Faolan se trouvait tout près lorsque l'un des hommes, plus audacieux que les autres se mit à la toucher sans la moindre pudeur. Si Izilbêth avait été maître de son corps, elle se serait ruée sur lui pour le couvrir de coup, lui écraser le visage sur le sol et le tuer dans les souffrances les plus atroces qu'il puisse exister. Mais elle ne pouvait bouger. Elle était là, totalement immobile alors qu'elle priait Sên pour se réveiller le plus rapidement possible avant que les mains de l'homme n'aille s'aventurer dans des endroits plus intimes encore que la poitrine de l'elfe. Soudain, un grognement se fit entendre et une masse sembla se jeter sur les hommes. L'odeur était clairement celle de Faolan. Elle ne l'avait jamais connu sous sa forme lupine, mais elle connaissait l'enfant comme s'il s'agissait du sien. Cependant, son corps était toujours coincé dans sa torpeur. L'elfe aurait voulu se lever pour venir en aide à l'enfant, mais elle ne pouvait rien y faire. Les hommes partirent alors à la poursuite du petit lycan, le silence revenant autour de l'elfe.

Un hurlement de loup vint fendre le silence la nuit et Izilbêth ne fut que davantage rassurée. D'entendre Faolan lui permettait de savoir qu'il allait bien. Il avait aussi visiblement élaboré une stratégie lui permettant de semer les hommes dans les bois. Durant de longues minutes, le silence régna dans la forêt. Izilbêth ne put s'empêcher d'imaginer le pire. Peut-être Faolan avait-il été attrapé par l'un des hommes de Breadan. Peut-être avait-il fait une chute dans les bois. Tout était possible. Et l'elfe ne put s'empêcher de paniquer à l'idée que son petit protegé ai put être attrapé. Une main vint alors se plaquer contre la bouche d'Izilbêth et une voix familière se fit entendre, la rassurant quant au sort de son protégé

- Réveille-toi, Izil… Réveille-toi… Je t’en supplie.

Il s'était souvenu des conseils de la jeune femme concernant les plantes. Il avait trouvé la Terrebantine. Il y était arrivé seul et désormais, il n'était plus qu'une question de seconde pour que la jeune femme revienne à elle. Izilbêth revint à elle aussi brutalement qu'elle avait été assommée par la plante. D'une main emplie de panique, la jeune femme vint attraper le bras de Faolan alors qu'elle le regardait un bref instant, comme pour s'assurer qu'il s'agissait bien de lui.

- Faolan.. C'est bien toi.. Nous devons partir.. Vite !

Izilbêth se redressa alors rapidement. Tentant de se rhabiller afin de paraître un peu plus présentable face à l'enfant alors qu'elle regardait autour d'elle. Ses effets personnels avaient été entassés à côté d'elle. Tendant sa cape à l'enfant, l'elfe attacha sa dague à sa cuisse avant de se tourner vers son protégé.

- Il ne faut surtout pas faire de bruit sans quoi il nous retrouveront sans le moindre problème.. Nous devons partir vite.. Tu es venu avec Wilwarin ? Demanda-t-elle à l'enfant alors qu'elle était à présent cachée derrière un large tronc d'arbre, regardant autour d'elle d'un air méfiant.


Izilbêth attrapa alors la main de l'enfant et courut aussi vite qu'elle le pouvait en direction des bois. Il leur fallait s'enfoncer dans la forêt sans quoi ils se ferraient trop rapidement repérer. Izilbêth, elle, gardait un regard inquiet sur l'enfant. Il leur fallait faire vite, sans quoi ils pourraient être suivit. Malheureusement, maintenant que les hommes de Breadan connaissait le lieu de résidence d'Izilbêth, ils ne seraient plus jamais tranquilles. Elle courrait alors aux côtés de l'enfant sans cesser de chercher une solution au problème qu'ils avaient. Désormais, tout était compliqué. Désormais, ils étaient assez loin du campement, ils ralentirent alors la cadence tandis que derrière eux, quatre sabots se rapprochaient. Wilwarin les avaient suivit à distance afin de ne pas les perdre de vue quand quelques ululements se firent entendre dans des fourrés. Un animal blessé semblait appeler au secours. Izilbêth était tellement obnubilée par la crainte de se voir être rattrapée par les hommes qui étaient à leur poursuite lui empêchait de voir ce qui se trouvait autour d'eux. Wilwarin se dirigea alors vers le fourré et plongea son nez dans le buisson. Une petite chouette blanche en sortit alors rapidement, affolée par l'intrusion d'un si gros animal dans sa cachette.



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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Ven 29 Mar 2013 - 19:43

Faolan était à bout de souffle. Leur course lui coupait la respiration et incendiait ses poumons. Il n’était pas assez résistant pour supporter une telle allure. Plus il ralentissait la cadence, plus la main d’Izilbêth se refermait sur lui, comme pour lui rappeler qu’il n’était plus seul et qu’il fallait qu’il tienne bon. Il n’avait eu le temps de revêtir qu’une chemise après sa mutation en loup, et le vent glacé qui leur fouettait le visage lui mordait les os.

Enfin, après ce qui sembla une éternité au corps épuisé de Faolan, ils s’arrêtèrent derrière un fourrée. Plié en deux, le garçon tentait de reprendre son souffle, la gorge en feu. Si seulement ils avaient eu une gourde sur eux, mais en tant que fugitifs, on ne peut se permettre d’être très chargés. Izil avait souffert dans son cœur et dans son corps des traitements barbares de ses bourreaux. Sa peau tuméfiée en témoignait. Mais elle semblait ressentir plus d’angoisse que de douleur, comme si elle cherchait une solution pour se sortir de ce cauchemar.

Faolan était soulagé et rassuré d’avoir retrouvé la jeune femme. Mais sa joie ne s’éternisa pas. Il se rappela bien vite ce qui était arrivé et quelles conséquences ces évènements auraient sur l’avenir. Leur avenir. Silencieux, le seul son qui sortait de sa bouche était son souffle raide qu’il tentait de calmer, alors qu’il scrutait patiemment le visage de celle qui l’avait secouru en premier. Allait-elle lui demander de partir ? Allait-elle le chasser de chez elle afin de ne pas prendre de risque ? Ou peut-être fuirait-elle avec lui ? Ils finiraient bien par trouver un lieu paisible, à l’abri de toute menace…
Faolan n’osait pas gonfler son cœur de trop d’espoir tant il craignait d’être déçu. La solitude l’effrayait plus encore qu’un millier de campements. Un cri puissant résonnait en lui-même : « Ne m’abandonne pas, Izil. Ne m’abandonne pas ! ». Mais ce cri ne franchissait pas ses lèvres. Quelle que soit la décision, elle ne lui appartenait pas.

L’elfe avait les traits tendus et l’expression préoccupée. Etait-elle aussi perdue que lui ? Cherchait-elle une solution pour se débarrasser de lui ? Au fond de son cœur, Faolan savait qu’elle ne pourrait avoir de telles pensées. Elle avait pris soin de lui des mois durant. Ils étaient une famille. Mais pourquoi alors semblait-elle si torturée ?

Une sorte de bruissement rompit le silence glacial qui les surplombait. Tous deux virent Wilwarin fouiner de son museau dans un buisson, jusqu’à ce qu’une petite chouette blanche en jaillisse. Les yeux de Faolan s’agrandirent de surprise. Voilà une chose bien improbable ! L’animal ne semblait pas réellement effrayé mais plutôt offusqué d’un tel dérangement. Trois individus, et de massive composition, se permettaient ainsi de s’inviter dans sa demeure. Elle les toisa l’un après l’autre – le cheval, la jeune femme, et le petit garçon – d’un air méprisant.

Izilbêth s’approcha d’elle très doucement, un sourire respectueux sur les lèvres. Elle se mit à lui parler en elfique, une langue qu’elle utilisait afin de communiquer avec les éléments naturels qui l’entouraient. Faolan était toujours aussi fasciné qu’au premier jour lorsqu’il l’entendait murmurer ce dialecte qui ressemblait davantage à une mélodie qu’à un langage.
La chouette sembla alors fascinée par la voix et le visage de la jeune femme. Lorsqu’Izilbêth avança son bras, le volatile se posa sur ses doigts le plus naturellement du monde, comme si elle eut été dressée. Faolan était ébahi par ce spectacle.

Et, alors qu’il leur avait semblé que tout était fini, cette apparition leur promettait au contraire le début d’une toute nouvelle aventure…






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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Ven 19 Avr 2013 - 23:02

Les jours étaient passés depuis la séparation des deux personnes. Quand une chouette, blanche, se posa près de l'enfant. Une petite bague était nouée à sa patte et contenait une lettre qu'avait envoyé la jeune femme à l'enfant.


Lettre à Faolan :

Mon cher enfant,


Voilà déjà de nombreux jours que nous avons dus nous quitter et tu me manque terriblement. Je me fais un soucis terrible pour toi. Je crains perpétuellement pour ta sécurité et espère des plus sincèrement que tu te portes bien. La chouette porte dans sa patte un petit paquet pour toi, il y a un peu de nourriture, de la viande. J'espère que tu n'as pas eu de mal à te trouver un endroit où dormir et que tu es au chaud. Dès que tu le peux, n'hésite pas à venir me voir, je me ferais une joie de t'accueillir. Cependant, il nous faut rester prudent. N'oublie pas, tu te dois de trouver une grotte et de ne surtout pas faire de feu dans un endroit trop dégagé. Je ne peux t'écrire une longue lettre mon petit, mais n'oublie pas, je t'aime.

Je t'ai promis de te protéger et le ferait, coûte que coûte.
PS: La chouette saura revenir et je n'ai pas pu t'écrire une trop longue lettre, la prochaine sera bien plus détaillée. Pardonne-moi de ne pas avoir su te protéger convenablement. Si tu savais comme je m'en veux de ne pas avoir su te donner tout ce dont tu avais besoin. Tu est tout ce qui me reste sur cette terre mon enfant. Je t'en supplie, fait attention à toi, fait attention, je t'en supplie. Fait attention.
Je t'aime.

Izilbêth.

[HRP: Pardon pour cette réponse médiocre]

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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Mar 14 Mai 2013 - 23:07




Izil,


Il me semble que cela fait une éternité que nos regards se sont croisés. Sans toi, tout est différent. On dirait qu’il fait plus froid. Même Mirage a l’air moins tranquille. J’ai reçu ton paquet, la nourriture se fait de plus en plus rare à mesure que je m’éloigne des villages. J’ai l’impression que les gens me méprisent et me rejettent, sans même m’adresser la parole. J’ai troqué un peu de fourrure contre des parchemins et de l’encre. Pour la plume, je l’ai pris sur un faisan mort. La vie est plus dure que tout sans toi. Mes journées sont longues et mes nuits effrayantes.

Je suis très prudent, je suis tous tes conseils. Il y a deux jours, j’avais si faim que j’ai voulu me nourrir de plantes et de champignons. La viande que tu m’as envoyée ne s’est pas conservée longtemps. Comme il faisait nuit, je n’ai pas su trier les herbes comme tu me l’as appris, et je me suis empoisonné. Les trois prochains jours, j’ai cru mourir. Ma fièvre me clouait au sol et m’infligeait les pires hallucinations. De peur d’être capturé, je n’ai pas osé demander de l’aide. Heureusement, mon état s’est amélioré tout seul.

Notre maison me manque. Je sens que je m’éloigne de plus en plus et j’ai l’impression de perdre une partie de moi à chaque pas que je fais. A mesure que le temps passe, je deviens nerveux et craintif. Je ne dors pas beaucoup, bien que je suive toujours tes indications de coucher dans une grotte. Entre le froid, l’inconfort et l’angoisse, le sommeil ne me gagne pas facilement. J’ai peur qu’un jour, les forces m’abandonnent. Je maudis chaque jour mes poursuivants de m’avoir condamné à cette vie d’errance et de solitude. En même temps, je remercie le destin que ce jour fût arrivé, car sans cette malédiction qui me poursuit, peut-être ne t’aurais-je jamais rencontré.

Ma mère ne m’a jamais manqué car je ne savais pas ce que c’était qu’être le fils d’une femme. A présent je le sais, et je souffre de ton absence. Je pense chaque jour à toi et ton regard de ciel ne me quitte pas. Je n’ai plus d’encre. A bientôt.


Faol




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MessageSujet: Re: L'oisillon a trouvé un nid [Terminé]   Ven 28 Juin 2013 - 19:50


L'attente du retour de la chouette avait été un véritable supplice pour l'elfe qui scrutait le ciel depuis son cheval.  La chouette avait fini par percer les nuages aux lueurs d'un soleil légèrement timide. La neige recouvrait les sommets qui entouraient l'elfe qui avait fini par se diriger vers des pentes légèrement plus escarpées. A la lecture de la lettre de Faolan, l'émotion d'Izilbêth fut incontrôlable et elle mit immédiatement pied à terre afin de répondre à cet enfant qui était désormais devenu son fils. Depuis quelques temps, l'elfe avait obtenu une récompense inestimable qui permettrait peut-être à l'enfant et à sa mère adoptive d'être enfin sauvés. La bête, planant au dessus de la tête de sa maîtresse était discrète. Tel un oiseau, il volait entre les nuages, allant se poser au sommet d'une montagne.  

Faolan,


Mon enfant, mon fils. Tu me manques. Ta présence à mes côtés me manque et je ne saurais expliquer ni dire à quel point les moments que nous avons passés ensembles me manquent eux aussi. Je t'envoie avec ce parchemin le peu d'encre qu'il me reste, afin que tu puisses me répondre au plus vite. Avoir de tes nouvelles me rassure et me fait sourire. Je crains qu'il ne t'arrive quelque chose. Nous pourrons bientôt nous retrouver, je l'espère. Et nous retournerons vivre paisiblement dans ma demeure, au bord du lac.

Fais attention, les plantes peuvent être très dangereuses. Avant d'en consommer une, n'hésite pas à la frotter à ta peau, si ta peau te brûle ou que tu sens de légères cloques apparaître, ne mange pas la plante, cela voudra dire qu'elle ne sera pas consommable. J'ai trouvé quelques baies lors de ma route, la chouette a un petit sac entre ses serres, n'hésite pas à les manger, elle te donneront des forces et te permettront de tenir quelques jours sans sentir la faim ni manquer de forces.

Cependant, au sein de toute cette noirceur, j'ai enfin trouvé une solution pour nous. Nous allons enfin être débarrassés de la crainte de se perdre l'un et l'autre. J'ai obtenu une récompense qui nous permettra de vivre sans la moindre peur. Mais je ne peux te dire ce qu'est cette récompense. Il nous faudra nous retrouver lorsque je serais prête à te défendre. Je te retrouverais, ne t'en fais pas mon enfant.


Tu me manques mon fils, je t'aime.
Izilbêth.

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