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 Jeremiah l'Hirondelle [Validé]

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Jeremiah l'Hirondelle
Ephaëlyen indépendant
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Métier : Mage du Conseil
Alignement : Neutre Bon
En couple avec : Célibataire

MessageSujet: Jeremiah l'Hirondelle [Validé]   Sam 19 Jan 2013 - 1:08

Prénom & nom : Jeremiah, dit l’Hirondelle

Sexe : Masculin

Âge du personnage : 173 Grands Eveils, cela va de soit

Race : Elfe




Description physique :


A bien des égards, physiquement parlant, Jeremiah tient beaucoup de son grand-père. Comme lui de son vivant, il est large d'épaules, plus solidement bâti que les elfes de sang, et surtout bien plus barbu. Une pilosité d'humain est le détail qui marque le plus son appartenance à un sang mêlé. Ses traits sont moins fins et délicats que ses congénères, sa peau plus hâlée, et sa voix plus grave. Il peut la rendre grondante et la faire porter loin dans la tempête, mais également délicate et suave lorsqu'il s'agit de taquiner le rondeau ou siffloter au bord d'un chemin, son large dos bien droit malgré la charge de son sac. Son enveloppe corporelle n'est certes pas très conventionnelle pour un elfe, mais hormis son ossature plus lourde et ces quelques particularités, il reste un digne fils de la Nature. Ses oreilles en pointes sont certes plus courtes, mais néanmoins bien présentes, et son regard reste perçant comme ceux de son peuple. Du sang d'homme coule dans ses veines, cela se distingue sans peine, mais il fait néanmoins honneur à la noblesse, à la haute stature de sa race.
Ses pommettes sont hautes, son nez droit, ses yeux d'un vert foncé rieurs, et la présence occasionnelle d'une barbe de quelques jours ne gâche en rien ce faciès somme toute agréable, bien qu'aux traits rugueux. La gentillesse adoucit considérablement ce visage au sourire apaisant et sincère, car semblant dénué de toute malice et de toute méchanceté. C'est bien dans ce visage que se cache toute la subtilité de son être, son sourire peut être d'une douceur désarmante, mais ses yeux peuvent lancer des éclairs tant le feu intérieur que les anime est fort. Dans ces circonstances, bien qu'il soit très difficile de le prouver, il est probable qu'il vous cache quelque chose.
Lorsqu'il se rend à la capitale, il prend soin de se raser de près, prendre soin de sa mise, afin de se fondre dans la masse, et il se vêtira de vêtements légers et élégants, rehaussés d'argent et d'or. Il sait se montrer très à cheval sur l'étiquette, et il ne paraitra en haut lieu que dans une mise qui conviendrait au maitre des lieux. Jamais il ne ferait honte aux siens en paraissant tel que de longues marches pourraient le laisser. Si vous le voyez arpenter les rues de votre ville vous verrez une grande silhouette un peu plus large que les elfes ordinaires, marcher avec un grand calme, ses solides bottes de cuir battant le pavé à un rythme tranquille et régulier. Ses cheveux noirs noués sur sa nuque ou laissés libre à sa fantaisie, il est probable de l'entendre chantonner, tandis que derrière lui les pans de son manteau virevoltent dans son sillage. Pour se présenter devant le Conseil quand l'occasion lui est parfois donnée, il revêt la traditionnelle robe brodée de runes qui symbolise sa fonction, dont il fait varier les couleurs selon ses envies et ses moyens. Étant fier de son métier, il tient à lui faire honneur.
En revanche sur la route c'est autre chose. Lors de ses voyages, Jeremiah n'emporte presque rien, si ce n’est sa grande besace de cuir, et le seul vêtement ayant une place ad vitae eternam dans sa garde-robe est sa grande pèlerine marron de tissu grossier, ayant connu mille voyages, mille ornières et mille buissons de ronce, mainte fois rapiécées, mais toujours entière. Jeremiah ne la jetterait pour rien au monde. Ce serait comme couper ses ailes à une hirondelle.




Description mentale :


Jeremiah n'est pas quelqu'un de compliqué. Ses pensées sont guidés par une série de préceptes simples, qu'il considère justes ou découlant d'une logique pure, et il s'y tiendra simplement quand un choix se posera à lui. La difficulté réside dans le fait de connaitre ces principes. De ce point de vue, alors oui, Jeremiah est quelqu'un de compliqué.
De nature plutôt discrète, il se comportera toutefois en société de la manière la plus courtoise, et n'exprimera jamais son agacement lors d'une conversation, aussi ennuyeuse soit-elle. Toujours poli avec ces dames, courtois avec les hommes, il sait être un parfait homme du monde. La contrariété lui semble étrangère. Mais il est assez aisé de deviner quand le sang bout dans ses veines, quand la plus destructrice des colères se déchaine dans sa tête. Dans ces instants malgré son sourire quelque peu crispé vous verriez ses yeux verts s'animer d'un éclat électrique, se faire assassins, comme deux lames qui vous perforeraient l'esprit, on pourrait avoir l'impression qu'il s'imagine vous éventrant de la plus atroce des manières. Mais ces circonstances sont bien rares, et il en faut beaucoup pour pousser l'Hirondelle à sortir de ses gonds. Mais si vous le poussez à bout, vous pouvez d'ores et déjà être certains qu'il prépare mentalement une basse vengeance à l'instant même.
Lorsque par malheur il se départit de son calme olympien, c'est qu'une barrière mentale s'est effondrée dans sa tête, et que toute sa force mentale n'a pas suffi à arrêter le flot de colère qu'il l'envahit. Dès lors, vous ne risquez pas grand-chose, car il ne se risquerait pas à vous provoquer en duel, mais il vous poursuivra de sa rancœur des années durant, et jamais plus vous ne connaitrez de nuit paisible. Il y aura toujours une ombre sous votre lit.
Ces rares occasions ne sauraient ternir le tableau de sa bonne humeur et de la sympathie naturelle qu’il sait inspirer. Les gens honnêtes et perspicaces pourraient toutefois trouver étranges les sourires en coin qui déforment bien souvent sa bouche. L’on dirait qu’il cache quelque chose en permanence, qu’il y a derrière chacun de ses mots une intention secrète. En se disant cela l’on ne serait guère loin de la vérité. Malgré toute la gentillesse qu’il répand et qui l’anime, Jeremiah est un esprit des plus calculateurs, presque compulsif. Il ne pourra s’empêcher de sur-interpréter vos propos, d’imaginer de tortueux moyens d’exploiter chaque information qui viendrait à tomber entre ses mains. Ce n’est pas qu’il n’est pas digne de confiance, bien au contraire. Il n’y a pas plus loyal serviteur de son royaume que l’Hirondelle, ni de plus fidèle ami. Mais il ne peut s’en empêcher, c’est plus fort que lui. Pour cela certains par trop soupçonneux peuvent se dédire de lui et avoir une mauvaise impression sur son compte, mais cette absence de confiance n’est que très rarement justifiée. L’Hirondelle accorde peu son amitié cela est vrai, car il est avant tout un solitaire et la lande l’appellera toujours. Mais s’il s’attache à vous, s’il vous considère noble de cœur et d’esprit, alors vous pourrez toujours compter sur son soutien. Il est peu probable qu’il se confie beaucoup, ou même qu’il partage des confidences, mais les vôtres seront bien gardées, et ses larges épaules toujours prêtes à soutenir un ami.
Comme toute Hirondelle, Jeremiah a les ailes quelque peu sombres, mais dans le fond c’est un elfe des plus agréables, quoi qu’en disent certains. N’essayez toutefois pas de lui extirper ses secrets avec trop d’insistance, il pourrait y prendre ombrage, et s’envoler.




Histoire du personnage :




Laissez-moi vous raconter l’histoire de Jeremiah dit l’Hirondelle, fils de la Dame de Bois Bruissant et petit-fils du grand roi Endovar Sibelius.


Chapitre Premier : Le Nid et l’Œuf


Jeremiah est né 72 ans après la fin de la guerre des Titans. Longtemps après sa naissance, ses parents lui racontaient encore avec une voix vibrante d’émotion le jour où les Divinités étaient descendues les sauver, alors que leur fuite les avait conduits à l’extrémité des terres encore émergées. Là, ses deux parents serrés l’un contre l’autre avaient vu le Freya déchainer sa colère, horrifiés par ce qui pouvait être la fin du monde. Et bien des années plus tard, Jeremiah se disait qu’avoir des parents ayant été témoins d’un tel évènement avait contribué à faire de lui un être peu ordinaire.
Fils d’une Elfe et d’un Demi-Elfe, il hérita beaucoup des traits de caractère de son grand-père, un fier roi humain qu’une dame de la race elfique avait épousé. Puis leur fils avait épousé à son tour la belle dame du Bois Bruissant, douce elfe sylvaine d’une forêt aujourd’hui disparue sous les flots. Comme beaucoup d’humains, son grand-père ne vit jamais sa lignée se poursuivre à travers les descendants de son fils, mais Jeremiah s’entendit bien souvent conter au coin du feu la vaillance et la force de caractère de son glorieux ancêtre humain. Son père était particulièrement fier de cet héritage et entendait bien le transmettre à son fils. Toutefois, et comme des millions d’êtres avec lui, Jeremiah vit son destin bouleversé par l’arrivée des Titans. Tandis que le petit royaume de son grand-père disparaissait dans les flammes, ses parents avaient fui vers le Levant, prenant part à l’exode de tous les non-combattants, toutes les races fuyant pour leur survie loin du carnage. Et c’est quand finalement la folie destructrice des Titans étaient sur le point de les rattraper que les Divinités étaient descendues parmi eux, pour foudroyer sur place ces Titans vengeurs.
Quelques années plus tard, tandis que le monde se reconstruisait, ses parents s’établirent en Evanya, au Sud-Est de l’Arbre aux Lucioles, non-loin de la réserve de Lëanya. Vivant quelque peu à l’écart dans une ferme tranquille, son père travaillait vaillamment la terre et sa mère prenait soin du foyer. Septante Grands Eveils plus tard naissait le fruit de leur amour, un magnifique garçon aux yeux d’un vert profond. Au fil des ans, le jeune Jeremiah grandissait, passant le plus clair de son temps à explorer la forêt alentour, curieux de tout ce que contenait la Nature, animé comme inanimé. Pourtant, contrairement à son père, il ne fut jamais un bon chasseur, demeurant d’ailleurs assez piètre archer jusqu’à son entrée dans l’âge adulte. En revanche, il surpassa toutes les attentes en herboristerie, dès son plus jeune âge. Approchant de l’adolescence, il égalait déjà les compétences de sa mère, pourtant détentrice d’un bel héritage en alchimie. Si son père se lamentait du peu de potentiel combattif de son fils, sa mère ne pouvait qu’être fière de cet enfant curieux de tout, honnête et bon, qui promettait de devenir un sage parmi les sages. Ce père Demi-Elfe si semblable à son propre père se désolait d’autant plus que sa ligne promettait de ne pas voir se profiler de potentiels combattants pour honorer son nom, car de son union avec la dame du Bois Bruissant étaient nées deux jolies elfes, l’une 34, l’autre 43 années après la naissance de leur ainé, qui semblaient chaque jour croître en beauté et en douceur.
Cette déception ne devait pas durer bien longtemps, car la 133eme année du nouveau calendrier, il fut emporté par la maladie, une année où le Grand Froid fit des ravages. Son sang mêlé ne suffit pas à le protéger et il mourut en quelques jours, non sans avoir exprimé sa pleine satisfaction d’avoir eu si belle vie, avec si belle femme et si beaux enfants. Mais pour douce que fut sa mort, la vie promettait d’être plus dure pour la dame du Bois Bruissant et ses trois enfants, dont l’aîné était à peine adolescent. Ne pouvant plus travailler la terre, elle la revendit pour aller s’installer à la limite Nord de la réserve naturelle, où elle travailla jusqu’au crépuscule de sa vie comme guérisseuse pour les innombrables formes de vie qui peuplent cet endroit particulier. Très appréciée pour ses vastes connaissances, elle emmena souvent son fils pour parfaire sa connaissance des sciences médicinales. Mais le reste du temps, elle laissa ses trois enfants à la maison tandis qu’elle partait travailler, et ceux-ci, quelque peu livrés à eux-mêmes, grandirent dans une large indépendance. Et il est assez surprenant de constater que c’est grâce à cette liberté que chacun des trois devint ce qu’ils devaient devenir plus tard.


Chapitre Second : L’Oisillon et le Vénérable


Un jour de Grand Cheminement, la 141eme année du nouveau calendrier, tandis qu’il s’aventurait plus profond que d’ordinaire dans les profondeurs de la Forêt de l’Eternel, Jeremiah rencontra un elfe vénérable, qui vivait reclus depuis des décennies, dans une petite maison accrochée à un bout de colline boisée. Dès leur première conversation, il s’installa un lien particulier entre eux, comme s’ils partageaient un antique secret. Au fil de leurs discussions, Jeremiah trouva chez l’ancien un moyen de satisfaire, de maitre à élève, sa curiosité sans limite. Il vint le voir de plus en plus souvent, jusqu’à ce que ses pas forment un véritable petit sentier à travers la forêt. Les années passaient, et jamais il ne s’écoulait plus d’un cycle sans que Jeremiah ne se soustraie à ses obligations de grand-frère pour aller écouter son aîné lui conter de merveilleuses histoires du temps jadis. Sa soif d’apprendre était si exubérante que l’ancien avait parfois du mal à expliquer tout ce que le jeune elfe voulait savoir, tant il réclamait détails et approfondissements. Il lui raconta le monde tel qu’il fut avant l’arrivée des Titans, avant ces quelques mois qui retournèrent le monde et l’entrainèrent dans les abysses. Il lui raconta les cités luxuriantes, la grandeur des civilisations, mais également leurs travers et l’incapacité chronique à se comprendre, à accepter les différences. Il ne jugeait pas la décision des Divinités, il l’acceptait, et refusait catégoriquement d’en débattre avec son jeune disciple. Pendant les neigées et les gelées, Jeremiah restait chez lui à s’occuper de ses deux sœurs, elfes très précoces et débrouillardes pour leur âge, et dès que la chaleur revenait, il courait retrouver l’ancien, afin de partager de nouveaux secrets. C’est à cette occasion qu’il reçut son surnom d’Hirondelle, car chaque Grand Eveil le voyait revenir sur le sentier, son manteau de voyage noir claquant derrière lui. Cet affectueux surnom ne devait jamais le quitter, puisqu’il trouva à chaque période de sa vie une nouvelle justification. C’est d’ailleurs auprès de ce vieux sage, dont il ne sut jamais le nom, que Jeremiah trouva sa vocation.

Un jour de Grand Eveil, alors qu’il venait de fêter sa 74eme année et ses retrouvailles avec l’ancien, ce dernier lui conta une histoire qu’ils n’avaient jusque-là jamais abordée : sa propre histoire. Et à l’instant où le passé rencontra le présent, il propulsa le futur sur un axe insoupçonné qu’il ne devait jamais quitter.
Pendant des siècles, les mages de guerre ont été envoyés par le Conseil Elfique comme délégués afin d’enquêter sur les affaires courantes ou d’origine magique. Puissants magiciens ils utilisaient leurs pouvoirs de destruction pour se protéger, intervenir eux-mêmes, voire participer aux guerres dans les rangs de l’armée régulière. Adeptes de l’école de Destruction, ils pouvaient aussi s’avérer être de grands guérisseurs et de grands érudits. La plupart d’entre eux ont péri lors des nombreuses batailles contre les Titans, et beaucoup d’autres, comme le vieux vénérable, se sont retirés du monde après la guerre pour méditer, pour comprendre les intentions des Divinités, et savoir quel rôle avait été le leur dans l’anéantissement du monde par les Titans. Aujourd’hui racontait-il, les mages de guerre existent toujours et continuent d’être envoyés par le Conseil des Hauts-Elfes d’Evanya, mais du fait de la quasi-disparition de leurs pouvoirs magiques après le Conseil du Freya, leur autorité et leur renommée n’ont cessé de décroître. Selon lui la source de magie, quelle qu’elle fut, leur avait été retiré par les Divinités car ils en faisaient mauvais usage. Mais toujours selon lui, il subsistait ici et là des sources de magie mineures, qui permettaient à quelques pouvoirs de s’exprimer. Immédiatement après ce récit, Jeremiah sut quelle serait sa voie pour le prochain siècle. Il serait lui aussi mage de guerre, et il percerait le secret de la source de magie. Vaste objectif, mais un but possible à atteindre pour un jeune elfe de 74 Grands Eveils seulement.
Lorsqu’il fit part de son projet au Vénérable et qu’il le supplia de lui apprendre la magie, ce dernier eut un sourire gêné et lui déclara qu’il devait d’abord devenir plus fort, car il ne fallait jamais précipiter l’apprentissage des choses magiques. Il lui demanda de revenir quand il serait entré dans l’âge adulte, et qu’il aurait appris de sa mère tout ce qu’un parent doit apprendre à un Elfe. Il fit également la promesse de ne pas mourir avant de lui avoir appris tout ce qu’il savait. Mais il ajouta également qu'il lui avait raconté cette histoire car il avait sentit en lui le don de magie, cette capacité extrêmement rare à ressentir et à apprivoiser le fluide magique qui souffle dans l'air et parcoure toute chose, ce don inexplicable permettant de saisir les fils de la magie et les tisser à sa guise. Jeremiah le remercia chaudement et s’en retourna, la tête agitée par tout cet univers qui s’offrait à lui.
De retour chez lui, il annonça fièrement à sa mère qu’il deviendrait mage de guerre, et que pour cela il lui faudrait un jour quitter son foyer. Cela fit bien rire tout le monde, car ses deux jeunes sœurs venaient de tenir le même discours à leur mère, malgré leur trentaine d’années d’écart. Elles étaient déterminées à devenir Gardes-Chasse, et faire honneur à leur contrée. Jeremiah était bien différent de ses sœurs, qui excellaient à l’arc, à la dissimulation et à la chasse, à peine entrée dans l’adolescence, bien meilleures guerrières que lui, mais malgré cela il les couvait comme un grand frère, et les aimait tendrement.

Durant les quinze années suivantes, Jeremiah ne revit plus le Vénérable, et passa ses journées avec sa mère et ses sœurs, quelque peu coupés du monde, mais vivant dans un bonheur simple. Jeremiah apprit à maitriser cette impatience typiquement humaine qui lui venait parfois, et à vivre le temps comme un Elfe, sur lesquels passent les siècles comme l’eau sur les rochers du fleuve. Tandis qu’il croissait en force et en taille, ses sœurs elles grandissaient en beauté et en habileté, surpassant largement leur ainé dans tous les domaines physiques. Jeremiah refusait d’apprendre à se battre à l’épée, se déclarant décidément inadapté pour cela, même si quelques fois il fit parler ses poings à la taverne de la réserve contre des clients mécontents, ce en quoi il se révéla plutôt doué. Assistant sa mère, il eut le privilège d’approcher de nombreuses créatures fort rares, dont il se jura de percer les secrets plus tard. Il voyagea peu, hormis dans la forêt alentour, mais il sentait la lande l’appeler, l’inconnu lui susurrer à l’oreille qu’il ne serait heureux qu’en découvrant l’ailleurs, par-delà l’horizon.


Chapitre Troisième : Apprendre à Voler



Peu après son 89eme anniversaire, au début du Grand Eveil, il se présenta à nouveau devant l’Ancien. Son regard avait mûri, son corps également, et il se sentait prêt intérieurement pour prendre le chemin de l’apprentissage. Commencèrent six décennies d’écoute attentive et le recueil de nombreux secrets. Jeremiah mit longtemps à comprendre qu’il devenait le dépositaire d’un savoir ancien, se transmettant de bouche de mage à oreille de mage. Hormis les quelques journées passées au domicile familial quand le devoir l’y retenait, il passa le plus clair de son temps assis en tailleur face au Vénérable qui tentait de lui faire comprendre les principes profonds de la magie telle qu’elle était pratiquée avant l’assèchement de la Source, ou encore penché sur un vieil ouvrage poussiéreux tiré de la bibliothèque de la cabane à flanc de colline. Jeremiah ne mit en revanche guère de temps à comprendre que son précepteur avait été en son temps un véritable génie, et sans aucun doute un mage très puissant. Il le regardait avec admiration faire danser de petites flammes entre ses deux mains, et observait toujours avec étonnement cette petite lueur de tristesse qui ne manquait jamais de briller dans les yeux creusés du Vénérable. Ce dernier lui expliqua un jour la véritable raison de la disparition de la magie. Les Divinités s’en étaient très probablement emparées, et à présent les mages ne pouvaient plus exploiter ce formidable potentiel. La magie présente dans l’air ne suffisait plus qu’à accomplir de petits sorts insignifiants, comme vidés de leur substance par la disparition de la Source.
Je n’ai pas le droit de raconter ici tout ce qui fut dit durant ces six longues décennies, où Jeremiah usa ses yeux sur d’antiques parchemins, médita des jours durant afin de maitriser le mouvement de la flamme d’une bougie. La théorie à elle seule ne tiendrait pas sur toute une bibliothèque d’imposants volumes. Je peux toutefois vous raconter la première fois où Jeremiah réussit à maitriser le mince fil de magie ambiante, par une belle journée au début du Grand Froid. Dehors le vent commençait à piquer les joues, et dans l’unique pièce à la lumière tamisée de la cabane du Vénérable, tandis que celui-ci faisait la sieste, Jeremiah fixait la flamme d’une bougie. Le feu est un élément facile à maitriser pour les débutants, car il n’a besoin de rien pour continuer à bruler, le néophyte peut donc se focaliser sur sa seule manipulation. Appliquant de toute la force de son esprit, il tendit la main vers la flamme, quand celle-ci se recroquevilla brutalement sur elle-même pour former un globe enflammé et lui bondir dans la main, où elle resta sagement lovée telle une simple balle. A l’instant où Jeremiah fut revenu sa surprise et voulut la montrer à son maitre, la flamme retourna en un éclair à sa place. Mais à partir de ce jour, Jeremiah ne cessa de croire en l’immense potentiel de la magie, et il n’eut de cesse que de trouver un moyen de l’exploiter à sa pleine puissance.

Les années passèrent, et tandis que s’affirmait l’assurance de l’élève, les forces du maitre diminuaient peu à peu. Jeremiah ne le sut jamais précisément, mais il supposait que le Vénérable avait déjà dépassé les 900 ans, peut-être le millénaire d’existence, et l’on sentait la lassitude peser un peu plus chaque jour sur ses épaules.
Le jour de son 151eme anniversaire, par un beau matin de Grand Eveil, Jeremiah se présenta à nouveau devant son maitre après un hiver passé loin l’un de l’autre. L’Hirondelle se revenait tels les beaux jours, et dans les yeux de son maitre se voyait une joie de le revoir ponctuée d’un éclat qu’il ne lui connaissait pas. Il fit s’asseoir son élève à côté de lui sur le banc devant la cabane, et lui annonça d’une voix grave que sa vie touchait à sa fin, mais qu’il n’avait pas failli à sa promesse, il lui avait transmis tout ce qu’il savait, du plus vital des principes au plus infime des détails. Il lui restait une dernière leçon à apprendre, à laquelle ils allaient se consacrer à l’instant. Assis face à la forêt, environnés par le chant des oiseaux, comme baignés par les beautés de la Nature, ils revécurent une dernière fois les terribles jours de la guerre des Titans. Le Vénérable lui raconta les combats contre ces monstres, ivres de magie brute, le recul permanent, tandis que lui défendait chaque pied de terrain de toute la puissance de ses sorts de Destruction. Et un beau jour, il avait senti la magie quitter l’air, ce fluide qui ne faisait qu’un avec l’air se dissiper dans l’éther, et avec elle toute sa force, cette source où il puisait pour défendre les siens, et vint très vite un horrible sentiment d’impuissance, puis de culpabilité. Beaucoup des siens après ce jour avaient choisi de se retirer du monde, avec un certain sentiment de honte vis-à-vis de toutes les races coalisées, pour lesquelles il ne pouvait soudainement plus rien. A la disparition de la Source de magie, presque tous les anciens mages avaient quitté leurs fonctions et s’étaient coupés du monde, mettant en péril la survie de leurs savoirs. Mais le Vénérable avait l’esprit en paix. A travers ce jeune Elfe rencontré par le plus pur des hasards, une part de lui vivrait toujours, il assurait la survie des mages de guerre, et avec eux cette science de la magie, qui jamais ne devait disparaitre.
Quand vint le moment de se séparer, le Vénérable fit promettre à son élève de ne jamais essayer de le revoir, ni de revenir à la cabane accrochée à la colline. Il lui légua tous ses précieux livres, et en guise d’adieu il lui adressa une dernière recommandation. Jamais il ne devait s’écarter de la voie du bien commun. Le don de magie et sa science ne doivent jamais tomber entre des mains égoïstes. Sên l’aiderait à rester sur cette voie, même si lui confia-t-il avec un sourire, l’aide de Malanée ne serait pas de trop pour percer les mystères qui subsistent. Après une dernière étreinte aussi chargée en émotion que l’on peut le deviner pour de telles circonstances, Jeremiah s’éloigna en tirant la charrette où reposaient tous les livres du Vénérable, son héritage, en suivant le sentier qui à force d’être empruntée par une unique personne était devenu un large chemin bien visible. La dernière tâche à laquelle s’employa Jeremiah pour son maitre fut de masquer l’existence de ce chemin à travers la forêt, afin que nul ne vienne troubler la tranquillité des derniers jours du vieil Elfe, qui avait vécu la guerre des Titans, et qui méritait son repos.

De retour chez lui, porteur d’une bibliothèque et d’un lourd héritage, il prit la décision de prendre la route, pour aller à la rencontre de son destin. Après de rapides adieux à ses sœurs, qu’il savait capables de mener leur propre vie, il eut un long entretien avec sa mère. La Dame du Bois Bruissant avait vieilli, le poids des années se lisait dans ses yeux, mais elle restait cette silhouette altière et forte, cette somme de savoir elfique et l’héritière d’une longue lignée. Toute une nuit, ils parlèrent d’avenir et de passé, Jeremiah lui parla de son projet de rallier les hauteurs du Conseil des Hauts-Elfes, et postuler pour devenir mage de guerre d’Evanya. Au-delà de sa volonté de contribuer à la grandeur des siens, il voulait plus que tout retrouver la source de magie, confisquée par les Divinités, mais cela il n’en était pas encore certain. Il voulait le prouver.
Le jour de son départ, sa mère lui confia son plus précieux bien, un imposant volume d’alchimie, qu’elle tenait de ses plus lointains ancêtres. Il datait encore du temps ou magie et alchimie se confondaient pour créer les substances aux propriétés les plus impressionnantes. Aujourd’hui elle avait réécrit la plupart des formules afin que même dépourvues d’enchantement les réalisations restent les outils fidèles du guérisseur, de l’aventurier ou du sombre assassin. Un héritage des plus précieux, mais qui importait également une part de responsabilité. Toutes les potions ne sont pas créées dans de nobles buts. Mais Jeremiah n’en avait cure, il ne pensait qu’au formidable potentiel que cela représentait. Après de tendres effusions, Jeremiah prit le chemin, leur confiant sa collection de livres anciens, n’emportant que le livre de sa mère, le temps qu’il se trouve lui-même un foyer où il s’établirait. Cette question du foyer commençait d’ailleurs à le préoccuper, il sentait que son choix ne devrait pas être prit à la légère, sans encore percevoir à quel point ce facteur était déterminant.


Chapitre Quatrième : L’Envol


Au tout début du Grand Cheminement il prit la route, et se dirigea vers le Nord et le village de Lïm. Mais arrivé face aux flots, ses plans changèrent du tout au tout. Devant la multitude des gens, de bruits, d’odeur, face à cet inconnu commun à tous les ports, Jeremiah réalisa l’étendue de son ignorance du monde. Bien sûr, il connaissait les cartes, l’histoire des régions et des lieux, mais il n’avait presque rien vu de ses propres yeux. Ainsi il se détourna de l’Est et du Conseil, et partit dans la direction opposée. Il voulait se faire une expérience du monde, découvrir, vivre, ressentir par ses propres moyens. Pendant huit ans, il parcourut les terres de l’Ouest, découvrit les Cités de l’Aurore et l’Ambroisie, les mystères de Màvreah, avant d’éprouver le besoin urgent de rentrer. En visitant un antique cimetière à l’âge oublié, il eut une révélation. Il comprit ce qu’il fallait faire pour s’établir et poursuivre ses recherches, tout en contribuant au service de sa contrée. Il prit tout de même le temps de s’attarder sur les terres des Nains, et fut émerveillé par leur savoir et leur technique. Mais il ne pouvait contenir son impatience et il délaissa à regret Kazad Duraz sans pouvoir en admirer les merveilles. Mais il avait une idée en tête, et il se devait de la réaliser rapidement.

Ainsi le Grand Eveil de l’an 231, il se présenta aux portes du Conseil des Hauts-Elfes, et réussit à obtenir une entrevue avec le Second Conseiller. Au milieu des ors de la nation elfique et tranchant sur tout ce luxe avec sa tenue de voyage minable et usée, il défendit sa candidature en démontrant au Conseiller ses profondes connaissances du rôle du mage de guerre, de la magie et du pays, bien qu’il admette volontiers ne pas avoir beaucoup d’expérience du terrain. Mais devant sa détermination et la flamme animant son regard, le Conseiller ne put qu’être convaincu de sa bonne volonté, et accéda à sa demande, sous réserve qu’il fasse ses preuves lors de sa première mission. Ce dont il s’acquitta à merveille, en découvrant pour le Conseil pourquoi les récoltes au Sud-Est de Lïm étaient mauvaises depuis deux ans. Lorsqu’il revint faire son rapport, le Conseiller l’accueillit avec un sourire, et lui remit en le félicitant un bâton d’argent, symbole de sa fonction. Lui arrivant à hauteur d’épaule, l’objet était magnifique, couvert de runes et ayant une crosse recourbée sur un globe de cristal.
En ce jour commença pour lui une vie faite d’enquêtes sur le terrain pour le Conseil et ses recherches personnelles sur la Source de magie et les Divinités. Ce rôle de substitut l’enchantait, car il mettait ses années d’apprentissage au service d’autrui, mais rien ne lui plaisait d’avantage que de partir en quête de nouvelles sources de magie. Elles existaient, quelque part, il en était certain.
Quatorze ans plus tard, il touchait au but. Ses longs travaux et ses missions successives pour la gloire ou la sécurité d’Evanya le conduisaient toujours plus près d’une solution pour permettre aux mages de retrouver leur puissance perdue. Dans ce laps de temps, si une minorité des membres du Conseil critiquaient la nature de certains de ses travaux et l’accusaient même de vouer un culte à Calydon, la majorité des membres voyaient d’un bon œil ce renouveau des mages de guerre, l’assurance que le savoir magique ne se perdrait pas, d’autant plus que Jeremiah s’acquittait de ses taches avec beaucoup de succès. Malgré quelques controverses sur le personnage et ses méthodes, il était apprécié au Conseil et jouissait d’une certaine renommée. A chaque Grand Eveil il revenait au palais du Conseil, et chacun l’appelait l’Hirondelle, car chaque Grand Eveil voyait revenir cette grande silhouette noire marchant d’un pas chaloupé vers les hauteurs, son sac sur l’épaule et le sourire aux lèvres. Entre deux missions officielles ou personnelles, il vivait dans la maison de sa mère, où il voyait parfois ses sœurs, et près de ses chers livres, ses travaux et son laboratoire d’alchimie. Sa chère mère s’éteignait doucement, elle semblait s’estomper, comme se dissiper dans le flot du temps. La Dame du Bois Bruissant finissait de faire son temps, l’âge vénérable avait légèrement vouté son dos et ses cheveux étaient d’un blanc scintillant. Mais ses yeux n’avaient en rien perdu de leur éclat, la farouche détermination de la noble dame elfe se lisait toujours dans ses prunelles brillantes comme deux blocs d’ambre. Chacun savait qu’elle ne connaitrait plus de Grand Eveil, mais son fils et ses filles savaient qu’elle n’avait aucun regret, et cette pensée les apaisait. Ses deux sœurs étaient devenues de belles et fières chasseresses, bien plus douées que leur frère à l’arc ou à l’épée, mais elles lui vouaient toujours un immense respect.

Aujourd’hui Jeremiah continue ses recherches sur la Source, et continue de parcourir les routes pour trouver d’anciens parchemins, de précieux objets enchantés, ou de splendides gemmes antiques. Si vous fréquentez les sentiers d’Ephaëlya, vous le verrez peut-être, grande silhouette sombre se déplaçant sur les sentiers, son grand bâton de mage de guerre scintillant à la main et sa besace de cuir sur le dos.
La suite de l’histoire ? Elle n’est pas encore écrite.



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Comment es-tu arrivé ici ? Une hirondelle m’a montré le chemin, bien évidemment
Que penses-tu du forum pour le moment? Grandiose. Un seul bémol : une fiche-type quelque peu décevante
Voulez-vous un parrain? Ai-je besoin d’un parrain ? A vous de me le dire.
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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: Jeremiah l'Hirondelle [Validé]   Sam 19 Jan 2013 - 4:00

Bonsoir bonsoir et bienvenue parmi nous !

Alors, que dire, hormis "whoaw!"
Ta fiche est d'une qualité rare et je dois me permettre de dire que tu as un style d'écriture particulièrement agréable !
Un contenu fluide, bien qu'un peu trop long parfois !
Cependant, j'ai pris un grand plaisir à lire ta fiche !

C'est donc sans la moindre hésitation que je t'accorde mon OUI et te valide ainsi parmi nous !
Tu fais désormais partit de nos rang, cher Jeremiah !

N'oublie pas de générer ta fiche de personnage dans ton profil.
Tu peux de ce pas aller jeter un coup d'oeil aux demandes de RP !

Vole petite Hirondelle !
Encore félicitation !

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Jeremiah l'Hirondelle [Validé]

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