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 Au pire de la tourmente, l'on trouvera toujours quelque chose sur laquelle compter. Ou quelqu'un. Peut-être.

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Jeremiah l'Hirondelle
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MessageSujet: Au pire de la tourmente, l'on trouvera toujours quelque chose sur laquelle compter. Ou quelqu'un. Peut-être.   Ven 15 Fév 2013 - 15:52

    Il y a maintenant une semaine de cela, c'est-à-dire de l'instant présent, Jeremiah dit l'Hirondelle, mage de guerre de son état, prenait un repos bien mérité dans ses quartiers du palais du Conseil d'Evanya. Il n'était pas très bien logé, il fallait le dire, pour quelqu'un de sa fonction. Ses appartements ne comportaient pour ainsi dire qu'une seule pièce, occupées principalement par son lit et son gigantesque bureau, sur le siège duquel il passait le plus clair de son temps. Mais depuis deux jours, bouts de parchemins, livres, vieux ingrédients alchimiques et autres objets hétéroclites avaient disparu, il n'y avait que lui, Jeremiah, allongé sur son lit, à faire le vide dans son esprit, à se promener dans les magnifiques jardins, ou à regarder l'immensité de l'Océan. C'était dans ces moments que sa nature elfique s'exprimait le plus, le plus intensément, car ces moments étaient rares, et bien souvent son impulsivité mettait fin à ces instants dont chaque elfe se doit de profiter, sans quoi son éternité dans le monde des vivants pourrait le conduire au désespoir. Pourtant, et pour une fois, la fin de cette période de repos ne fut pas de son fait, mais bien d'une convocation par le Second Conseiller, qui était depuis son arrivée son plus grand soutien, malgré l'hostilité évidente de beaucoup de Haut-Elfes. Pour eux l'heure de la magie était révolue, d'autant plus révolue que l'unique nouveau mage de guerre depuis la guerre donnait parfois une mauvaise image de sa fonction. Quelques accusations de mauvaises pratiques fusaient parfois, mais Jeremiah ne daignait même pas se baisser pour les éviter, d'autant qu'il était protégé par ce Conseiller qu'il n'hésitait pas à considérer comme son protecteur. Ainsi, c'est à la demande de ce dernier que Jeremiah quitta sa retraite et se présenta devant lui dans son cabinet particulier, vêtu du manteau traditionnel brodé de runes et le front respectueusement baissé.
    Bien que le salut du grand Elfe eut été amical, l'objet de la convocation était on-ne-peut-plus officiel. D'un air grave, le Conseiller l'invita à s'asseoir et déployer une carte détaillant le Sud de l'embarcadère d'Iôl et l'Est du Village de Lïm. Entre les deux courait une route qui allait en serpentant d'un trait mince. Tous deux penchés sur le document, le Conseiller expliqua :


    "Depuis un mois, de nombreux marchands isolés ont disparus en empruntant cette route, la seule assez praticable pour un chariot lourdement chargé. Les voyageurs, eux, empruntent le sentier de la côte, bien plus direct. En revanche, aucune caravane n'a fait l'objet d'une attaque. Il y a eut quelques plaintes déposées au Conseil, mais pas assez pour justifier mon intervention. Puis-je te charger d'aller enquêter pour moi sur place ?"


    Après une courte inclinaison de la tête, qui n'était en rien de la flagornerie, l'Hirondelle répondit plein de gratitude :


    "Je suis honoré par la confiance dont vous faites preuve à mon égard, vous n'aurez pas à le regretter. Je pars sur-le-champ."


    Et en milieu de journée, sa pèlerine bleue sur les épaules, sa besace à l'épaule, son sac sur le dos, et son bâton d'argent à la main. Franchissant les imposantes portes du Conseil, il se sentait extrêmement fier. Les gardes le regardèrent passer, et certains parmi les plus anciens étaient nostalgiques de cette époque où les mages de guerre allaient et venaient, parcourant d'immenses distances, bravant tous les dangers à grands renforts de puissante magie, pour la gloire et la sécurité du peuple des Elfes. Aujourd'hui une poignée encore en activité, ces départs étaient rares, et Jeremiah était en vérité l'unique nouveau mage depuis la disparition de la Source de magie. Lui souhaitant bonne chance, les gardes le saluèrent, et le regardèrent s'éloigner, l'argent de son bâton accrochant parfois un rayon de soleil. Il y aurait une petite semaine de marche avant d'atteindre la parcelle de route à explorer.

    Après cinq jours d'une marche à bon rythme, Jeremiah émergeait enfin du Canyon de Rhaw, passage difficile et dangereux, où il avait usé de toute sa science pour passer sans difficulté, préférant la marche de nuit ou dans l'ombre des rochers. Et c'est finalement sans rencontrer personne qu'il commença à arpenter d'un bon pas la fameuse route. N'ayant pour l'heure aucune piste à explorer, il se contenta de s'enfoncer le plus profondément possible dans la forêt, avant de dresser son camp pour la nuit au bord de la route, et d'étudier sa carte de la région aux dernières lueurs de l'aube. La région ne comportait rien de fascinant, hormis quelques ruines dévorées par la végétation, et que toutes les chroniques décrivaient comme sans intérêt. Jeremiah n'avait encore aucune idée pour expliquer ces disparitions, aussi résolut-il de s'endormir calmement et de commencer ses investigations le lendemain aux premières lueurs de l'aube. Il se cala contre une souche et ferma les yeux sitôt le soleil disparu derrière la cime des arbres. Pourtant, malgré ses résolutions, ses investigations allaient commencer encore plus tôt que prévu.
    En plein milieu de la nuit, les yeux de Jeremiah s'ouvrirent brutalement. Il avait entendu du bruit. Se redressant à demi, il remarqua que nul bruit ne perturbait le silence de la forêt, hormis une multitude de petits craquements de bois mort, comme si une multitude de pieds foulaient le sol, tout autour de lui. Instinctivement, Jeremiah redouta l'encerclement, car cela n'y ressemblait que trop. Saisissant à tâtons la lanière de sa besace et son bâton d'argent, il recula progressivement dans les taillis, laissant sur place son sac de voyage et sa couverture, qu'il ne regretterait pas, elle était bien trop rêche. Se laissant avaler par la végétation, Jeremiah sentait l'angoisse lui monter. Les bruits se rapprochaient, il se sentait la cible d'une invisible menace. La respiration précipitée, il s'efforça de se remémorer sa carte, et se souvint qu'il se trouvait dans les parages de vieilles ruines, probablement un antique château, qui devait avoir son lot de tunnels et de cachettes. En rampant dans les buissons, l'elfe quitta le champ d'honneur, sans le moindre scrupule pour sa dignité. Il tenait bien trop à la vie pour s'en soucier.
    Après une bonne heure de reptation aussi discrète que possible, ponctuée de nombreux arrêts où ne régna que le silence, Jeremiah arriva en vue de la masse sombre des ruines, éclairées parcimonieusement par la lune, encore haute dans le ciel nocturne. Tout en se faufilant entre les pierres, à plat ventre, sa besace dans le dos et son bâton dans une main, Jeremiah nota que la flore n'avait pas tout recouvert, et que d'autres bruits de pas retentissaient à présent, mais différents, moins atténués, bien que manifestement plus distants. De nouveau dans la crainte d'être encerclés par cette menace, l'elfe se dirigea vers le cœur des ruines, et, avisant un ancien tunnel à moitié effondré qui plongeait sous les fortifications, il s'y laissa couler, dans l'idée de se trouver un coin discret où finir la nuit et attendre le jour, qu'il espérait plus clément. Sans un bruit, sa forme enveloppée d'une pèlerine bleue s'enfonça par l'ouverture, et y disparut.
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MessageSujet: Re: Au pire de la tourmente, l'on trouvera toujours quelque chose sur laquelle compter. Ou quelqu'un. Peut-être.   Dim 3 Mar 2013 - 2:56


I grew up blind, just like everyone's child, in the warmth and the milk and deceit, smothered by love and the chemical dust, there was never enough to believe. They chewed me up, they spat me out, of their system and onto their street, and the rest of my life was spent to forget all the greatness that could never be. Absence twisted with fondness is the heart I couldn't forget
Running like a fire



Il avait fallu plusieurs mois de travaux à la jeune elfe, pour se rendre compte qu'elle était si prête du but. Depuis quelques temps ses recherche c'étaient portées sur les ruines d'une ancienne battisse, un grand château sûrement sur lequel était gravé des signes incompréhensibles au premier apport mais qui après un certain travail intensif fourni par la jeune femme, pouvait révéler bien des choses, comme par exemple, l'arrivée des Elfes en Ephaëlia. Elithrarith était et restera une acharnée du travail, bien que confronté a l'échec a de nombreuse reprise, ce n'est pas pour cela qu'elle se laissera abandonner quelques choses d'aussi important à ses yeux. Pourtant d'autres avant elle, on aussi travaillé dessus, elle le sait bien, mais peut être n'ont-ils pas cherché au bon endroit, ou alors on gardé pour eux ce qu'ils auraient découvert, bien étonnant de la part d'un elfe, cependant elle n'exclue pas cette possibilité. Des heures de travail, chez elle, a la capitale lui a permis de réaliser une sorte de codex, qui pourrait lui en révéler un peu plus sur ses signes étranges, bien qu'ils n'y soit pas encore tous référés, elle en possède déjà une bonne partie qui pourra l'aider à comprendre.

C'est donc de bonne humeur et avec l'ambition de revenir avec de nouvelles informations sur sa race que la jeune rousse, se lance à l'aventure dans la foret de l'éternel. A vrai dire il lui faudra plusieurs jours pour parvenir a destination car les ruines ne sont pas forcement facile d'accès et seul les plus téméraires ou malchanceux se verront l'honneur de les trouver. C'est donc après avoir passé 3 nuits a la belle étoile et deux dans une auberge trouvée en chemin, que la belle Elithrarith se rendit aux ruines. Durant tout le chemin, elle s'était battue avec elle même pour contenir son impatience et ne pas faire le trajet sans s'arrêter ni dormir, son corps n'aurait sûrement pas tenu le coup. Ni Maïkan, son loup bien qu'il soit courageux et fort, avait le défaut d'être assez feignant sur certaine chose et la marche n'était pas son passe temps favori. C'est donc au bout du 6eme jour, qu'elle retrouva ses ruines qui pouvaient lui sembler si familière. Des blocs de pierres dispersées un peu partout sur une grande distance, impossible de trouver les signes pour un simple touriste beaucoup d'entre eux étaient cachés dans des recoins ou sous des branchages qui ne cessaient de pousser de jours en jours et le fait de les couper n'y changerait rien.

Il était en mi-journée, toujours avec Maikan aux trousses, qui n'attendait que de se poser dans un coin en regardant sa maîtresse, Elithrarith fit le tour des environ coté Est, il aurait fallu plusieurs elfes pour surveiller la passerelle toute entière vu l'étendue de celle-ci, mais Elithrarith travaillait seule, la compagnie ne la dérangeait pas mais s'il y avait quelques choses à découvrir, elle voulait être la première au courant, ainsi que cela lui permettait de prendre le rythme qu'elle voulait dans ses recherches. Elle se rendit à l'une des premières ruines, tout était gravé dans son esprit sur l'emplacement des ruines marquées, bien que sa mémoire n'était pas infaillible, l'elfe savait qu'elle ne se tromperait pas. Cela lui prenait trop a coeur. Ainsi éclairé par un soleil voilé par quelques feuillages d'arbre non loin, la belle rousse se mit au travail. La journée passa ainsi, le loup étendu dans l'herbe douce de la foret, et l'elfe a décrypter signe par signes les inscriptions sur les blocs de rochers d'un ancien château. Elle pouvait travailler tranquillement, elle n'avait pas à craindre de tomber sur des animaux sauvages, quoique si peut-être, mais elle avait toujours sur elle son arc d'où elle détestait s'en servir hors des entraînements qu'elle subissait chez elle, mais cela avait dans l'idée de réconforter son père de savoir qu'elle avait au moins une arme sur elle.

Le soleil commençait doucement à se cacher, les lieux furent moins illuminés et l'elfe du tôt ou tard se décider a arrêter pour se trouver un abri pour la nuit. Ce n'était pas le choix qui manquait, les ruines semblaient calmes, et puis en cas de problèmes, elle savait que Maïkan réagirait. Ainsi a quelques minutes de la, elle trouva une pièce, ou du moins trois murs qui tenaient péniblement debout et le quatrième tombé au sol barrant presque totalement le passage tel un triangle. Se faufilant à l'intérieur, Elithrarith serait protégée pour la nuit. Sortant de son sac une couverture elle la posa sur elle, et cala sa tête sur son sac qu'elle portait depuis le début du voyage sur les épaules. Doucement, ses yeux se fermèrent d'eux mêmes, fatigués par cette longue journée et ce long voyage, bien que le sol n'était qu'un piètre matelas, cela lui suffisait et elle sombra dans ses rêves.

Quelques heures plus tard, Elithrarith se réveilla. Maïkan qui se tenait à ses cotes jusque la venait de disparaître sous l'entrée que crée le 4eme mur au sol. Un frison l'a parcouru tendis qu'elle ne sentait plus cette chaleur si rassurante auprès d'elle, ses yeux d'un émeraude profond. Dans la sombre foret, elle patienta que son compagnon revienne, cependant, rien ... durant un long moment, ce qui l'a poussa à paniquer, sortant de son cocon protecteur, elle rassembla ses affaires et se mit à la recherche de Maïkan qui n'avait pas pour habitude de la laisser seule. Silencieuse comme un rocher, elle se déplaça, ses sens en alerte. Il y avait des bruits, des sortent de ricanement et des bruits de pas. Tout le long du chemin, elle avait fait attention à ne pas mentionner sa destination pour ne pas se retrouver avec des elfes en plus sur les bras, mais au bruit, elle en jugea que ce n'était pas l'un des siens. Elle continua de marcher dans l'obscurité avant de finalement entendre un hurlement perçant, Maïkan. Elle pressa le pas, ne se cachant plus comme l'elfe le faisait, non elle courait vers lui.

Elithrarith ne savait pas ou elle mettait les pieds, ce qui ... l'empêcha de voir sa chute. Une chute non préméditée en marchant sur ce qui devrait être un ancien piège de chasseur. L'elfe tomba de 3 mètres à peu près, dans ce qui lui sembla être un passage souterrain, l'un des nombreux du château sûrement. Tombant sur son sac, elle n'avait rien eu, sauf peut être quelques égratignures sans importance sur les bras. Plus de peur que de mal. En se relevant Elithrarith retira la poussière sur ses habits qui se révélaient être son armure habituelle, rien de plus que des tissus rouges avec quelques pièces d'argents pour assembler le tout. Elle regarda en face d'elle puis derrière, quel chemin emprunter ? Soudain, elle vit un éclair blanc se précipiter vers elle. Maïkan, plutôt content de la retrouver et dans un bon état. L'elfe aux cheveux roux se pencha et lui adressa une caresse sur sa tête. Illuminé seulement par la lumière de la lune, elle ne le remarqua pas de suite, mais sur le sol des petites traces de pas étaient rependues partout ... Son coeur se mit à accélérer, ce n'était pas des traces humaines ... Mais plutôt de nature animal ... Comme ces farfadets enragés connu pour leurs nombres incalculés d'attaques portées sur des elfes ou sur quiconque viendrait les embêter sur leur territoire ... Il fallait fuir ce tunnel et vite. Prenant son arc en main, la jeune elfe se mit à marcher dans l'une des deux directions qui s'offrait à elle, en espérant que celle-ci soit la bonne ...


I've lost all feeling
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MessageSujet: Re: Au pire de la tourmente, l'on trouvera toujours quelque chose sur laquelle compter. Ou quelqu'un. Peut-être.   Lun 11 Mar 2013 - 0:42

    Le bruit des pas claquait dans les couloirs humides. A la lueur pure et blafarde de son bâton d'argent, Jeremiah arpentait les couloirs à demi effondrés, suintant l'humidité et l'humus. A chaque fois qu'il s'arrêtait, le mage pouvait entendre une multitude de bruits semblables, plus ou moins distants, mais plus saccadés, comme causés par des créatures bipèdes mais très courtes sur pattes. Se mêlant de son mieux aux ombres et aux recoins, Jeremiah regrettait déjà son choix de se plonger dans les tunnels de ces ruines délabrées. Il lui semblait avoir évité un péril pour se plonger dans un autre plus grand encore. La même impression de menace environnante le parcourait, plus intense encore, comme s'il avait plongé au cœur du danger. Cette impression était renforcée par la proximité des parois, l'obscurité et cette multitude de bruits tout autour, ces présences invisibles mais qu'il savait proches. Jeremiah ressentait cette oppression jusque dans sa poitrine, sur laquelle il serrait nerveusement sa main libre. Sa respiration se faisait difficile, son souffle s’accélérait insidieusement, tandis que la peur s'insinuait dans ses veines comme du poison.
    La peur. Celle qui vous prend au cœur, infiltre votre esprit pour y glisser les doutes, puis les cauchemars et les visions d'horreur, ce qui pourrait arriver si vous commettez la moindre erreur. Cette angoisse brouillait ses sens, le rendant maladroit, précipité, irrationnel. Sentant le contrôle lui échapper, Jeremiah s'arrêta un instant entre deux dalles écroulées, fit s'éteindre l'éclat du globe de cristal ornant son bâton et respira profondément. D'un geste nerveux, il essuya la sueur qui commençait déjà à lui perler sur le front. Le calme revenait peu à peu dans son esprit, il parvenait à faire le vide dans son esprit, se concentrer. La concentration est la chose la plus difficile à retrouver lorsque la peur s'est immiscée dans nos esprits. Un raisonnement calme et posé est une chose extrêmement ardue à accomplir quand de noires pensées, de sourdes angoisses viennent vous tourmenter et murmurer de sombres paroles au fond de votre tête. Après un long moment à s'imposer le calme, Jeremiah se redressa dans les ténèbres les plus complètes, et aperçut soudain une lueur orangée qui tremblait le long des murs, au bout de la galerie. Quelque chose approchait, de ce même pas saccadé et irréguliers qui emplissait sporadiquement les tunnels. D'un bond, Jeremiah se jeta dans un renfoncement le long du mur en ruine et rabaissa son capuchon bien bas sur ses yeux, s'enveloppant dans sa grande pèlerine et se fondant dans l'ombre. Ouvrant sa main sous les plis de son capuchon il y fit circuler un fluide magique qu'il attirait tant bien que mal depuis son bâton, catalyseur de magie, en dissimulant sous l'étoffe l'éclat qui irisa un instant le globe de cristal. Tant bien que mal, il s'efforça de disperser son aura, sa présence, ce pressentiment qui pouvait révéler à ceux qui approchaient sa présence. Mais comment être certain de l'effet d'un sort, quand le tissu magique lui-même est inexistant ou presque ? Mais Jeremiah pouvait le sentir, il y avait dans l'air assez de magie pour pouvoir jouer quelques tours. Ses pensées furent brutalement interrompues par l'apparition à deux mètres devant son pied d'une minuscule botte mal cousue et d'une main tout aussi minuscule mais griffue, tenant une lanterne pâlotte et agitant de sombres ombres le long des aspérités aux murs. C'est alors que Jeremiah les vit. Ils étaient trois, marchant en file, se balançant sur leurs jambes trop courtes, hauts d'un mètre environ, vêtus de hardes grossières, des lames émoussées à la ceinture, et la mine grimaçante. Des farfadets enragés. Jeremiah les regarda passer devant lui, replié dans l'ombre, et la foule de questions qui vinrent l'assaillir l’empêchèrent d'avoir un mouvement de surprise fatal. Comment se pouvait-il qu'une bande de ces misérables créatures se soit installé si près d'une route importante d'Evanya ? A n'en point douter, Jeremiah venait de résoudre sa première affaire officielle, le mystère de la disparition des marchands était percé à jour. Et hélas ce n'était pas une nouvelle réjouissante pour ces derniers, les farfadets enragés sont connus pour leurs manières peu cordiales et leurs mœurs barbares, leur cruauté et leur sauvagerie. Le temps qu'il se livre à ces considérations, les trois silhouettes tordues et grimaçantes étaient passées et s'éloignaient, échangeant des propos grinçants dans leur langue si désagréable pour l'oreille. Se penchant hors de sa cachette, Jeremiah les observa disparaître à un angle puis se sauva dans la direction opposée. Le sentiment de danger revenait au galop, son souffle s'emballait à nouveau. Jeremiah se savait perdu, et à présent que la menace s'était concrétisée, la réalité était bien plus noire que tous les improbables scénarios qui rebondissaient dans son crâne dans l'inconnu. La suite n'était qu'un problème simple ayant à la fois ses causes, ses conséquences et ses solutions, encore fallait-il les trouver. Pour le mage qu'il était, seulement équipé d'une besace de cuir et d'un bâton d'argent, la priorité était de sortir de cet endroit, de ces infâmes tunnels remplis de farfadets aux manières peu courtoises. Tandis qu'il progressait difficilement dans les tunnels obscurs et humides, le dos courbé et l’œil aux aguets, Jeremiah énumérait tout ce qu'il savait sur ces créatures. Étaient-elles des elfes maudits comme lui le pensait, ou bien s'apparentaient-elles à d'autres races dégénérées ? Deux choses seulement comptaient en tout cas dans l'instant présent, leur férocité reconnue, et l'immense danger que leur présence en ces lieux représentait pour lui, elfe perdu au cœur de ruines délabrées.

    Soudainement, le fil de ses pensées fut interrompu par un bruit de pas claquants sur les dalles disjointes. Ce pas venait dans sa direction. Le couloir qu'il empruntait était rectiligne, dans son dos il n'y avait que des farfadets, qu'il savait proches, et face à lui ce bruit de pas qui approchait. Nulle échappatoire, hormis un tronçon de tunnel effondré sur la droite qui ne courrait que sur deux mètres avant de se terminer en éboulis. La rencontre, l'affrontement était inévitable. Quand cette certitude s'imposa, son esprit fut aussitôt calme et clair, il lui fallait une stratégie. Il s'arrêta soudainement sur la conduite à tenir, et s'y prépara mentalement. Fichant son bâton en terre au milieu du passage, un peu avant l'intersection, il se plaça lui-même contre le mur, de manière à ce que la créature, quelle qu'elle soit, finirait par le dépasser arrivée au niveau de son bâton. Alors qu'il entendait approcher les pas, il leva sa main ouverte vers son bâton d'argent, et le globe qui l'ornait s'illumina d'un léger éclat blanc, faible mais assez brillant pour attirer l’œil. La créature approchait. Il fallait la réduire au silence, profiter de la distraction de ce point brillant dans les ténèbres pour frapper le premier. Tendant et détendant ses doigts, il préparait ses sorts, si mineurs qu'ils soient, il fallait exploiter la surprise au mieux. L'imminence de l'action faisait tambouriner son cœur dans sa poitrine, il n'entendrait presque plus que lui, sa respiration se faisait saccadée. Jeremiah n'était décidément pas un guerrier, et il manquait cruellement d'aisance au combat rapproché. Mais y étant contraint, il ne se déroberait pas.
    Dans sa main gauche, une légère brume noire se matérialisa dans sa paume, tandis que dans sa droite une légère étincelle crépita au bout de ses cinq doigts. Il comptait utiliser un sort de silence, aussi bref soit-il, puis secouer d'une décharge sa victime, décharge qu'il espérait suffisamment forte pour lui donner le temps de filer.
    Encore quelques mètres, la créature approchait. Quoi que ce soit, cela allait recevoir une quantité de magie que peu avaient reçue depuis de nombreuses années. Quel honneur cela allait être, pensa-t-il avec un sourire mauvais. Dans l'éclat blafard dégagé par le globe de cristal, il vit arriver à sa hauteur une silhouette qui se découpait sur le noir des ténèbres, qui regardait droit devant elle. Bondissant de son recoin, il plaqua sa main gauche sur la bouche de sa victime et amorça le geste de lui plaquer sa main droite dans le ventre. Le sort de silence avait-il marché ? Peut-être, mais dans tous les cas il n'y eut nulle exclamation de surprise ni bruit étouffé, rien du tout. Mais au moment de frapper de sa main droite, il vit brutalement qu'il agressait une elfe. Il vit les reflets dans de longs cheveux roux, le scintillement d'un blanc accrochant l'autre éclat blanc de son bâton d'argent, et le flamboiement de deux pupilles. Relâchant aussitôt sa prise et bondissant de deux pas en arrière, il resta planté là droit comme un « i », confondu et pétrifié par ce soudain retournement de situation. Bien que sa vue soit habituée aux ténèbres, il ne distinguait que très mal les traits de l'elfe qui lui faisait face, et il entendit au milieu du silence un grognement sourd, comme un fauve en colère. Reculant d'un nouveau pas et rabattant son capuchon en arrière, il présenta ses deux paumes ouvertes pour signifier ses intentions pacifiques et dit dans un murmure, d'une voix rendue saccadée par le stress et l'urgence :


    « Toutes mes excuses, j'ignorais qui vous étiez. Mais je vous en supplie faites silence, l'ennemi est tout proche. »


    Il avait dit l'ennemi, car les farfadets enragés n'ont que des ennemis, mais au fond de lui subsistait la peur d'être tombé sur une personne qui pour une raison particulière ne serait pas comme lui exposée à cette menace insidieuse, et donc peu susceptible de s'allier à lui pour réchapper à ce piège mortel que constituait le réseau de tunnels en ruine. L'instant était grave, et le lieu peu banal.
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