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 Un entretien au clair de lune, ou comment troubler le plus sacré des silences

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Jeremiah l'Hirondelle
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MessageSujet: Un entretien au clair de lune, ou comment troubler le plus sacré des silences   Mar 19 Fév 2013 - 3:54

    Jeremiah n'arrivait pas à croire ce qu'il était en train de faire. Vraiment, comment en était-il arrivé là ? Lui, respectable mage de guerre d'Evanya, était en cet instant allongé dans les fourrés, juste en face du vénérable Arbre aux Lucioles, lieu sacré entre tous pour les Elfes, à espionner comme le dernier des coupes-jarrets, à attendre la venue d'une dame comme le plus maladroit des soupirants. Le souffle court, la gorge sèche, il attendait la venue de la personne qu'il était sensé respecter le plus au monde. Comment avait-il fait pour en arriver là ?

    En y repensant, tout avait commencé des semaines auparavant, au palais du Conseil des Hauts-Elfes. La journée était belle, quoiqu'un vent un peu frais soufflait, et Jeremiah vaquait à ses tâches de mage, entre la grande bibliothèque et ses quartiers, d'où il s'efforçait de sortir le plus souvent possible. Ses recherches étaient au point mort, il n'avançait plus. Pour tout dire, il avait simplement épuisé toutes les pistes à sa disposition, et ne sachant plus où chercher, il attendait en quelque sorte que le hasard, ou une intuition le mette sur une nouvelle piste. Ce beau jour donc, Jeremiah s'en revenait de la bibliothèque, où pour une fois il avait lu un antique recueil de poèmes sans aucun rapport avec son métier, pour son plaisir, et c'est son bâton d'argent à la main, sa robe rituelle sur les épaules, et les cheveux au vent. Arrivé à la cour d'honneur, grand espace entouré d'arbre et lieu de passage fréquenté, il remarqua soudain un attroupement qui se dirigeait dans sa direction. Quelque peu surpris, il s'était demandé qui tous ces gardes pouvaient escorter en si grande pompe. Et là, il l'avait vue. Il ne l'avait jamais approchée d'aussi près. Entourée par deux rangées de gardes aux armures scintillantes, la grande prêtresse d'Evanya Fàliadëa Niodë passait, un sourire doux et généreux sur son visage. Jeremiah en eut le souffle coupé.
    Tandis que comme tous, il s'écartait pour céder le passage et s'inclinait respectueusement, une main sur le cœur, Jeremiah ressentit une étrange vibration dans sa main gauche, et levant les yeux vers son bâton d'argent qu'il tenait dans cette main, il vit avec stupéfaction le globe de cristal qui l'ornait se nimber d'un éclat blanc, comme empli d'une énergie pure. Puis, alors que la Grande Prêtresse s'éloignait, cet éclat s'amoindrit, jusqu'à se dissiper totalement. Complètement stupéfait, Jeremiah demeura immobile un long moment, encore ébahit par ce qu'il venait de voir. Son cerveau fonctionnait à plein régime, les idées se bousculant dans sa tête, alors qu'il essayait d'expliquer ce phénomène... Inexplicable justement. C'est alors qu'un éclair se fit dans sa tête. C'était impossible mais... Il avait pourtant bien ressenti un fluide magique, une énergie pure, ce que son bâton avait confirmé, et la seule explication était... Que la source en fut la Prêtresse elle-même. Cela pouvait paraitre absurde, mais cela était sa seule hypothèse plausible. Bien entendu, il se pouvait qu'elle possédât un objet magique de grande rareté et de grande puissance, mais à sa connaissance nulle Relique n'était aux mains des Elfes, et il doutait qu'un artefact mineur puisse déployer une telle quantité de magie pure. En quelques secondes, Jeremiah était transformé, proche de l’hystérie, en proie à une nervosité croissante. Il ne savait que faire dans l'immédiat, mais il ressentait l’irrésistible besoin de se précipiter, de s'agiter, faire quelque chose de cette formidable impatience qui lui rongeait les entrailles. Après de longues minutes d'un immobilisme contenu, il prit le parti de demander sur-le-champ une audience à la Grande Prêtresse, jugeant inconvenant d'aller l'aborder en pleine rue. Aussitôt son parti prit, il s'élança presque en courant vers le bureau du chambellan.
    Enfonçant plus qu'ouvrant la grande porte aux larges battants, il en fallut de peu pour qu'il ne se jetât au cou du chambellan, ce qu'il aurait fait si un geste menaçant du garde près du bureau ne l'avait arrêté. Retrouvant son calme, il sollicita d'une voix paisible et chaleureuse un entretien particulier avec la Grande Prêtresse. La réponse ne fut absolument pas de son goût : on lui rit au nez. D'un ton hautement méprisant, le digne chambellan lui répliqua que la Prêtresse ne recevait pas n'importe qui. Ce dernier faisait partie de ces opposants aux mages, qui selon eux n'avait plus vocation à exister dans la mesure où la magie avait pour ainsi dire disparu. Les considérant comme des charlatans, il ne se gêna pas pour le faire savoir. Bouillant de rage, Jeremiah se sentait blessé à la fois dans son orgueil et dans sa dignité de magicien. Cet affront lui parut intolérable. Tendant brutalement la main, Jeremiah leva de la chandelle posée sur le bureau une sphère de feu de la taille d'une pomme et la fit s'abattre rageusement en plein milieu du bureau, où elle dévora une feuille de parchemin avant de disparaitre, laissant un cercle brulé dans le bois du bureau. Sans ajouter un mot, Jeremiah sortit sans saluer. Peu lui importaient les représailles du chambellan de la Prêtresse, il ne pouvait laisser un ignorant comme lui salir le nom des magiciens.

    Pendant une semaine, Jeremiah fouilla, questionna, interrogea, cuisina avec patience tous ceux qui étaient plus ou moins proches de la Prêtresse, tous ceux qui pouvaient avoir la moindre information sur elle. Au bout de longs et faussement innocents interrogatoires, il obtint enfin d'une ancienne servante reconvertie dans l’hôtellerie une confidence intéressante. A plusieurs reprises, lors, de déplacements, elle aurait trouvé la chambre de sa maitresse vide, et à en juger par les herbes qu'elle trouvait parfois accrochées aux revers de sa robe, la Prêtresse se rendait souvent au pied de l'Arbre aux Lucioles en pleine nuit, après avoir manifestement faussé compagnie à ses gardiens. Sans paraitre y accorder de l'importance, Jeremiah remercia la vieille elfe et s'en retourna à ses quartiers, en proie à une excitation sans pareille. Son idée était folle, grotesque, mais il avait beau réfléchir, il ne voyait guère comment approcher la Grande Prêtresse autrement, et surtout pouvoir s'entretenir avec elle assez longtemps pour comprendre ce fait incroyable, cet inexplicable phénomène.

    Et c'est ainsi que Jeremiah se retrouva en ce lieu et place, en des heures indécentes de la nuit, dans l'herbe humide, à guetter tel un misérable coupe-jarret la plus respectable et la plus noble personnalité d'Evanya. Il avait profondément honte de lui, mais sa soif de découverte était si grande qu'il n'envisagea pas un instant de renoncer. Après deux nuits d'attente infructueusement, il en avait le pressentiment, il allait enfin pouvoir aborder la Grande Prêtresse Niodë. Le secret de la Source de magie était peut-être à sa portée. Il en trépignait sur place.
    Lorsque la nuit fut bien avancée, Jeremiah senti enfin une présence, et son cœur se gonfla d'espoir. Levant légèrement la tête, il vit une grande silhouette à la chevelure blonde pâle s'approcher du grand arbre et s'asseoir à son pied, dans une posture méditative. Déglutissant avec peine, Jeremiah se redressa et s'approcha résolument, bien que n'étant guère dans son assiette. Sans chercher à cacher sa présence, Jeremiah continua d'avancer et, parvenu à une distance raisonnable, il mit un genou à terre et dit d'une voix respectueuse, le front baissé et le bâton d'argent fiché dans le sol :


    "Ma Dame, pardon de venir vous importuner en un tel lieu et en un tel instant, mais il me fallait m'entretenir avec vous d'une affaire de la plus grande importance."


    Relevant la tête, il leva les yeux vers elle, des yeux dans lesquels brulait un éclat intense, il la dévorait des yeux avec une sorte d'avidité, de curiosité extrême, comme si son secret était là, à portée de la main, et visible par de simple yeux. Se redressant mais gardant la tête baissée, il poursuivit :


    "Mon nom est Jeremiah, ma Dame, et je suis mage au service du Conseil. C'est là-bas que je vous ai aperçue, et j'ai en cet instant ressenti un flot de magie émanant... De votre personne. Ma requête paraitra sûrement irrespectueuse et déplacée mais... Pourriez-vous m'enseigner d'où vous vient cet incroyable don ?"


    A la lueur de la lune l'on pouvait voir ses prunelles toujours brulantes de cette flamme inquiétante. Jeremiah ignorait ce qu'il devait attendre de cette visite impromptue, ni même ce qu'il espérait en retirer. Mais l'occasion était trop belle, il savait qu'il tenait là une fantastique occasion de faire faire à ses recherches un bond déterminant. Cela pourrait changer la face d'Evanya, et peut-être un monde, il en était convaincu.
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Fáliadëa Niodë
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MessageSujet: Re: Un entretien au clair de lune, ou comment troubler le plus sacré des silences   Sam 23 Mar 2013 - 17:39

Depuis quelques temps, l’effervescence autour de la grande prêtresse était sans pareille. Elle n’avait de cesse d’être sollicitée par diverses personnes afin d’organiser les diverses batailles qui opposaient elfes et lycans. Cependant, depuis sa « transformation » la jeune femme, qui était bien plus vieille qu’elle n’y paraissait, était habitée d’une vigueur qu’elle ne pouvait expliquer.

Lors de ses divers déplacement, elle était très souvent alpaguée par de nombreux elfes, avide de connaître les raisons pour lesquelles elle avait longuement disparu. Cependant, la grande prêtresse resta très secrète concernant cet épisode de sa vie qu’elle préférait garder secret. Cependant, il était désormais clair qu’elle portait en elle, une forme certaine de magie qu’elle ne pouvait nier. Sa chevelure brillait d’une lueur presque surnaturelle alors que son regard azuré était plus profond que jamais. Désormais, elle était liée d’une façon inconditionnelle à la nature qui semblait lui rendre ce que l’elfe avait toujours donné à son peuple. Son visage affichait toujours cette gratitude et cette tendresse qu’elle ressentait pour les membres de sa race et autre sympathisants.

Les journées avaient un rythme particulièrement éreintant pour la grande prêtresse qui malgré tout, ne semblait pas souffrir de telles journées. Le soir, elle finissait par devenir plus silencieuse, moins souriante. La fatigue accumulée dans la journée la poussait à chercher un tant soit peu de solitude. De se diriger au plus près de la nature afin de se ressourcer. Ces instant étaient nécessaires pour elle, elle en avait besoin si elle voulait se sentir de nouveau animée de cette force qui lui permettait de porter son peuple vers le salut et la victoire concernant cette guerre.
Elle avait pris contact avec les vampires afin d’espérer obtenir leur soutiens, malheureusement, chacune des deux meneuses des races était occupée et n’avaient pour l’instant pas encore trouvé d’instant à accorder à l’autre afin de leur permettre de mettre en place un accord entre les deux peuples.

Cependant, en cette belle soirée, Fàliadëa refusait de s’ennuyer de temps de pensées parasites. Ce soir, qu’elle se dirigeait en direction de l’arbre mère préférait ne pas y penser. Silencieusement, elle avait quitté le donjon suprême alors qu’elle avait pris soin de laisser ses chausses dans ses appartements. Soupirant longuement, l’elfe se dirigea rapidement jusqu’aux écuries, montant sur son cheval qui ne tarda pas à se diriger vers l’arbre aux lucioles. Elle savait que cet endroit serait le seul auprès duquel elle pourrait se reposer, méditer et cesser de se tracasser pour l’avenir de son peuple. Ces instants étaient les siens, ceux pendant lesquels elle pouvait se reposer un tant soit peu. Cependant, son repos allait être de courte durée. Elle l’ignorait encore, mais quelqu’un l’observait silencieusement. Une personne qui semblait la voir comme un morceau de viande duquel il pourrait soutirer quelques filaments pouvant nourrir sa curiosité.
Méditant tranquillement, des pas s’entendirent alors qu’elle était assise en tailleur, le dos appuyé contre le tronc de l’arbre. Un tintement constant se faisait entendre autour de cet arbre à la luminescence si particulière. C’est alors qu’un homme s’afficha devant elle, venant mettre un genoux à terre alors que l’elfe était elle, toujours assise au sol.

"Ma Dame, pardon de venir vous importuner en un tel lieu et en un tel instant, mais il me fallait m'entretenir avec vous d'une affaire de la plus grande importance."

L’homme leva les yeux vers elle, des yeux dans lesquels brillait une lueur toute particulière qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Elle ne pipa mot, l’homme reprenant rapidement la parole.

"Mon nom est Jeremiah, ma Dame, et je suis mage au service du Conseil. C'est là-bas que je vous ai aperçue, et j'ai en cet instant ressenti un flot de magie émanant... De votre personne. Ma requête paraitra sûrement irrespectueuse et déplacée mais... Pourriez-vous m'enseigner d'où vous vient cet incroyable don ?"

L’elfe ne put s’empêcher d’esquisser une légère grimace de surprise. Elle ne connaissait pas cet homme, ne l’avait jamais vu. Mais visiblement lui, si. Elle resta de marbre face à lui un court instant avant de ne se redresser légèrement. Posant ses mains jointes sur ses cuisses alors qu’elle s’était installée à genoux sur le sol. Puis, elle leva les yeux vers l’homme, se raclant légèrement la gorge.

« Vous me voyez ravie de faire votre connaissance Jeremiah. Cependant, il me semble que vous fassiez fausse route, je ne suis aucunement pourvue de quelconque don de magie. Qu’est-ce qui peut bien vous faire dire ça voyons ? »

Elle tenta de feindre l’ignorance, avec un peu de chance, peut-être que cet homme finirait par se lasser et comprendrait que ses fantasmes n’existaient pas et qu’il s’était en réalité trompé sur les idées qu’il pouvait se faire de la jeune femme. Enfin, de la femme d’âge mur qui paraissait pourtant.. Très très jeune.

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Jeremiah l'Hirondelle
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MessageSujet: Re: Un entretien au clair de lune, ou comment troubler le plus sacré des silences   Jeu 13 Juin 2013 - 1:46


    Suspendu aux lèvres de la grande prêtresse, Jeremiah sentait les idées les plus confuses s'agiter dans sa tête. Que d'opportunités, que de choix, que de possibilités pour l'avenir proche et lointain, si enfin il trouvait une réponse à la question qui constituait l'essentiel de sa détermination : comment remédier à la disparition de la magie ? En cet instant critique où tous ses efforts allaient peut-être enfin être récompensés, il pensait à tous les mages tombés en désuétude, des mages bien plus puissants que lui, simplement démoralisés par la disparition de ce qui constituait leur force, leur essence. Mais lui, bénéficiant de la fougue de la jeunesse, même du point de vue d'un elfe, il voulait y croire, redonner à son peuple ce qui faisait une grande part de sa force, ce lien avec la magie qui offrait tant de possibilités. Jeremiah se sentait en passe de révolutionner le monde, et son esprit en était tout confus. Il fixait cette dame avec des yeux brûlants de convoitise, mais pas pour la femme qu'elle était, plutôt comme on regarde un objet précieux, avec un furieux désir de s'emparer, au point de commettre des actes que sa nature réprouverait d'ordinaire. Pour cela il n'avait qu'un secret à percer, une explication à trouver, et il changera la face d'Ephaëlya. Mais en quelques mots, il sentit son espoir se briser en morceaux.

    « Vous me voyez ravie de faire votre connaissance Jeremiah. Cependant, il me semble que vous fassiez fausse route, je ne suis aucunement pourvue de quelconque don de magie. Qu’est-ce qui peut bien vous faire dire ça voyons ? »


    Jeremiah la regarda fixement, pétrifié. Puis passé cet instant de stupéfaction, il sentit la colère lui échauffer les sangs. Une frustration sans borne le faisait bouillir de rage. D'abord envers la prêtresse, cette rancoeur se dirigea contre le monde entier. Avaient-ils donc tous oublié la puissance de la magie ? Etait-il le seul à désirer son retour au point d'y vouer sa vie ? Comment pouvait-elle se moquer de lui ainsi ? Car pour lui il n'y avait pas le moindre doute, elle mentait. Il l'avait lu à la fois dans ses yeux, dans sa voix, et dans sa propre conviction que l'on ne peut ignorer un tel don lorsqu'on le possède. Pas elle, pas la Grande Prêtresse d'Evanya. Et à ses yeux, un tel mensonge se doublait d'un redoutable affront. Le croyait-elle assez stupide pour ne pas reconnaitre une source de magie, lui, un mage de guerre du Conseil ? A cela se doublait cette horrible frustration de se dire que tout l'avenir du monde pouvait être mit en péril par les caprices d'une seule personne. Comment pouvait-elle se voiler la face à ce point ? Ce don était trop précieux pour qu'on puisse vouloir le cacher, qu'importe la raison. Faire revenir la magie en Evanya, changer la face du monde. Jeremiah savait que tout cela était à sa portée, en cet instant, il en avait la conviction. Et voir la Grande Prêtresse de sa race tenir de tels propos n'en était que plus scandaleux.
    Serrant les poings pour contenir sa rage, Jeremiah lui répondit d'une voix vibrante, à la fois pleine de colère et de chagrin :


    "Comment pouvez-vous agir de façon aussi puérile ma Dame ? Ne comprenez-vous pas l'importance de ma requête ? Une personne aussi brillante que vous ne peut ignorer à quel point votre don pourrait influer sur notre quotidien. Car vous possédez ce don, n'est-ce pas ?"


    Levant son bâton, il appela à lui les fils de magie qui émanaient de la Grande Prêtresse, et il sentit venir en lui une puissance qu'il n'avait encore jamais ressentie. Jamais il n'avait eu à sa disposition autant de magie pure, il n'avait jamais pu lancer autre chose que des sorts mineurs, de petits tours, à peine des artifices. Et voici qu'à présent il se sentait capable de choses bien plus importantes. Dans sa main libre se mit à croître un globe d'éclairs concentrés, s'unissant en une masse crépitante, tandis qu'un vent tourbillonnant entourait le mage, comme nimbé d'une force nouvelle qu'il peinait lui-même à concevoir. Tendant brusquement la main, Jeremiah fit disparaitre le globe mais fit pousser à ses pieds un buisson de rose sauvage, reconnaissable à ses fleurs d'un rose pâle. La plante progressa d'une façon exubérante du stade de la timide tige jusqu'à celui d'une grande plante pleine de vie, aux couleurs éclatantes, et ce en une poignée de secondes. Quand Jeremiah abaissa son bâton et s'adressa à la prêtresse, sa voix ne contenait plus de colère, mais il n'y demeurait qu'une immense tristesse :

    "Les mages auraient-ils à ce point baissé dans votre estime, ma Dame, pour que vous n'accordiez que si peu d'importance à la parole de l'un d'eux ? Avons-nous perdu votre confiance, au point que faire renaitre la magie vous importe si peu ?"


    Car au fond, c'est cela qui blessait le plus Jeremiah. Le très respectable ordre des gens de magie, des siècles durant respecté pour sa sagesse et ses immenses capacités, n'était-il plus qu'un souvenir aux yeux des habitants d'Ephaëlya ? La magie semblait n'être plus qu'une page oubliée de l'histoire, comme si les Divinités, en faisant disparaitre la source de magie, avaient également balayé d'un revers de la main la mémoire des gens, leur faisant oublier à quel point la magie, force merveilleuse, pouvait rendre la vie quotidienne moins dure, à quel point elle pouvait bâtir de grandes choses, et à quel point ceux qui la pratiquaient étaient des hommes sages. A travers lui, c'est la mémoire des grands mages du passé que les mots de la prêtresse avaient blessé, et cela, Jeremiah en souffrait profondément. Et en lui resurgit la colère que provoquait un tel égoïsme. Jeremiah ne pouvait concevoir qu'une cause, aussi grande soit-elle, puisse contraindre à vouloir entraver le retour de la magie.
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