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 Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah

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Lolia Ambraleya
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MessageSujet: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Mar 26 Fév 2013 - 16:56

Ça avait été une rude nuit pour la jeune elfe. Que de tourments, de fatigue, de rencontres hasardeuses aussi. Alors que ces heures de méditation servaient en générales à la reposer, la calmer, la ressourcer aussi, elles l'avaient rendue au monde plus sombre et plus fatiguée que jamais. Malheureusement, elle n'était pas au bout de ses peines. Des rêves étranges - rêves au sens elfiques bien entendu, ne pouvant pas réellement dormir, l'étymologie du mot était bien loin de celle que lui donnait volontiers les humains - l'avaient assaillie durant tout son repos. Un gout amer lui restait dans la bouche alors qu'elle repensait au dernières phrases qui flottaient dans son esprit morose : "C’était un monde sans retenue aucune, mu seulement par un instinct de survie primitif et sauvage. On pouvait ressentir dans l’air et dans les choses comme une pulsation sourde qui venait gronder dans vos coeurs. Il n’y avait rien à faire si ce n’était attendre que la nuit tombe enfin et que notre heure vienne."
Des phrases trop pleine de sens que pour ne pas vouloir signifier quelque chose. Un rêve prémonitoire, qui sait ? Mais la jeune elfe ne voulait plus se poser ce genre de question. Elle voulait revenir au monde et retrouver par la même occasion sa bonne humeur habituelle. Le soleil était déjà haut, chose plutôt inhabituelle. Elle n'avait pas souvenir de la dernière fois où c'était arrivé. Elle aimait tant profiter des premières lueurs de l'aube, de la fraîcheur du matin, du réveil hésitant des éléments. C'est d'ailleurs en partie pour ça qu'elle avait choisi d'effectuer ses quelques heures de méditation durant la nuit. Mais c'était aussi pour se fondre plus facilement avec les coutumes de la plupart des espèces Ephaëlyennes ainsi que pour éviter les rencontres hasardeuses, voir dangereuses, de celles qu'elle redoutait, à savoir, les vampires.
Mais l'important ne résidait pas là mais plutôt dans le fait qu'elle se sentait lessivée et que l’imminence du midi n’arrangeait pas les choses. Lolia se remit debout et fit quelques étirements. Après une longue rasade de sa gourde et quelques minutes les yeux fermés, elle se sentit revivre. Quelques instants après, elle se souvint où elle était et surtout pourquoi elle y était.

La marche ne fut pas longue et plutôt revigorante. Mais l'arrivée fut brutale. Alors que la jeune elfe, qui passait à proximité de ce petit village, avait eu l’arrogance de penser qu'elle pourrait y demeurer quelques heures en compagnie de sa vieille amie d'enfance, elle n'y trouva en réalité que désolation et vacarme. En effet, une fois sur place, ce ne fut que pour vivement se cacher derrière un fourré en comprenant que les choses allaient de travers. Le petit village - on ne répétera jamais assez cet adjectif "petit" pour qualifier l'endroit - était sans dessus-dessous. Les elfes, surtout ceux qui avaient choisis de vivre de façon aussi isolée, ne ressentaient aucun attrait pour les choses matérielles en général. Quelques meubles, le minimum et l'essentiel de leurs avoirs en souvenirs. Et toute ces maigres choses se retrouvaient ce jour là dispersées et éparpillées un peu partout entre les cinq maisonnées. Une d'entre elle était d'ailleurs en bien piteux état, le toit étant totalement absent de sa tête. Mais le plus marquant était, d'une part, l'absence d'elfes et, d'autre part, la présence malencontreuse de gobelins. Quelle surprise ! Lolia n'avait jamais eu l'occasion d'en voir mais on l'en avait suffisamment avertie pour qu'elle puisse les reconnaître en un coup d'oeil. Le problème n'était pas de voir les gobelins mais surtout de les voir ici. sachant que leur particularité était surtout de ne pas se montrer, ils étaient surtout bien connu pour ne jamais attaquer de villages. Même lorsqu'ils se risquaient à un rapt, c'était en grand nombre, sur des membres isolés et surtout en Angaïla. Il semblait pourtant clair que ceux-ci, d'apparence nombreuse, s'étaient regroupés et avaient passé la frontière. D'un sens, pas étonnant que le poste d'avant-garde n'ai pu s'en rendre compte ; ils étaient petit et leur couleur brunâtre les camouflait à merveille.
Néanmoins, n’apercevant aucun cadavres elfiques et étant bien peu face à une trentaine de gobelins, Lolia décida de s'éloigner. Elle voulait agir, moins pour restituer à son amie son foyer que pour annihiler l'idée, dans l'esprit d'autres gobelins, que de telles choses leur étaient possible et restaient impunies. Sans compter que la réserve de Lëanya était fort proche.

Voulant demander de l'aide, Lolia n'avait pas mis la journée pour se rendre à Ardamir, cité capitale. Elle y avait écrit et afficher un tract dans une auberge qu'elle savait receler de chercheurs d'aventures. Elle avait décidée de retourner immédiatement sur place, à proximité du poste d'avant-garde, sûre qu'elle était d'y être suivis par quelques intéressés. La nuit était tombée et le matin déjà levé lorsqu'elle arriva sur place. Elle ne dut en effet pas attendre bien longtemps avant de voir arriver une première personne.

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Ashlyn Froñtaliem
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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Mar 26 Fév 2013 - 19:16




••• Le problème gobelin •••



Plusieurs cycles étaient passés depuis ce jour où le tigranex avait brisé la quiétude de la partie de forêt dans laquelle vivait l’elfe. Plusieurs cycles durant lesquels elle n’avait cessé de penser à cette rencontre, durant lesquels ses pensées étaient uniquement tournées vers son habitat. Ces deux prédateurs avaient quittés leurs terres pour venir terminer leur affrontement en ces lieux et l’elfe avait fini par intervenir.

Suite à cette aventure, les choses avaient malheureusement changées petit à petit dans cette forêt qu’elle connaissait depuis plus de deux siècles. Les lieux devenaient plus silencieux, comme si une menace planait au-dessus de la Forêt de l’Eternel, comme si tous les habitants se prévenaient mutuellement qu’un nouvel assaillant allait arriver.

Devant plusieurs signes évidents, Ashlyn ne sortait plus sans son arc, qu’elle gardait constamment avec elle. La peur qui gagnait aussi bien les rongeurs que les oiseaux commençaient à la gagner petit à petit et elle voulait à tout prix trouver la cause de tous ces désagréments. Pour la première fois depuis le début de la Période, l’elfe se rendit dans le village qu’elle connaissait fort bien et dans lequel elle se rendait tous les huit cycles environs. Comme à son habitude, elle n’était pas venue les mains vides et apportait avec elle des produits qu’elle était la seule à trouver ou à pouvoir obtenir de manière générale. Des herbes médicinales et des œufs d’oiseaux en échange cette fois ci de quelques habits confectionnés spécialement pour elle. Comme à chaque fois, sa visite ne durait guère plus d’une heure et l’elfe sauvage était bien loin de se douter que ce serait la dernière fois qu’elle verrait les lieux ainsi.

Aux premières lueurs du jour, alors que l’elfe était occupée à soigner un cerbridé blessé lors d’une chasse, un Esprit des forêts vint à sa rencontre. L’elfe ne s’en inquiéta nullement au début car elle était habituée à recevoir de la visite aussi bien des fées que de toutes les créatures pacifiques de la forêt qui la considéraient en quelque sorte comme l’une des leurs. Seulement, cet Esprit semblait fort agité et il avait un message à faire passer à l‘elfe. Attirant son attention par tous les moyens possible, l’elfe ne le regarda que lorsqu’elle eut terminé de soigner l’animal.

La parole était inutile, seul le regard alarmé et inquiet de la créature suffisait à faire comprendre à Ashlyn qu’il se passait quelque chose de grave non loin d’ici. En écoutant attentivement, on pouvait entendre de temps à autre des cris qui n’avaient rien d’habituels, ce qui signifiait qu’il y avait une fois encore des étrangers sur ces terres. L’Esprit de la forêt désigna l’arc de la belle qui était resté au sol sans attendre plus longtemps, elle prit son arme ainsi que son carquois et suivit les traces de l’Esprit.

Au fur et à mesure qu’elle se déplaçait au milieu des arbres, l’elfe reconnaissait les lieux et savait pertinemment où elle allait. Avant même d’arriver aux abords du village, elle ralentit avant de s’approcher en silence des lieux. Son arc en mains, prête à s’en servir à la moindre menace, l’elfe fit signe à l’Être qui l’avait guidé de partir. C’était à présent à elle de s’occuper de cela et de protéger ceux qu’elle considérait comme sa propre famille car si des individus s’en étaient pris à un village, rien ne les empêchait de s’en prendre à présent aux habitants de la forêt. L’Esprit partit, non sans laisser comme à son habitude, une marque sur la joue droite de la guerrière, deux traits parallèles aux couleurs de la terre.

Un bruit non loin de l’elfe attira son attention et elle se dirigea immédiatement vers l’origine de ce dernier, encochant une flèche pour se tenir prête à se défendre. Avançant en silence, l’elfe arriva auprès d’une femme, remarquant que c’était une elfe, elle fit un peu de bruit pour manifester sa présence. Retirant la flèche qu’elle avait encoché, elle regarda d’un air méfiant cette inconnue, se demandant ce qu’elle faisait en ces lieux.

« Tu peux pas rester ici. Forêt dangereuse. »

Le langage rudimentaire de l’elfe ainsi que sa tenue adaptée à sa vie en forêt permettaient facilement de deviner qu’elle n’était pas une elfe comme les autres. Ses cheveux tressés pour une fois avaient un semblant d’ordre et le regard perçant de la femme ne lâchait pas sa consœur. Un danger plus qu’évident les guettait et l’elfe n’avait pas de temps à perdre.
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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Jeu 28 Fév 2013 - 22:16

Trois années c'étaient écoulées depuis le départ d'Artseus de la meute du Nord Bois. Sans donner de nouvelles il avait quitté un foyer où il pouvait être accueilli, les raisons n'ont jamais eu besoin d'être énoncées car personne n'était parti à sa recherche. Il était un fantôme et sans doute demeurera à jamais ainsi. La nature de l'hybride l'avait poussé à retourner sur les traces de son passé. Peut être que passer les portes de la ville de la meute, ses souvenirs auraient émergés et ainsi il aurait repris goût à la vie... L'effet fut contraire. Au moment où il comprit qu'il était accueilli les bras ouverts il se fourvoya. La peur ? Ce n'était pas ce sentiment qui le hantait, il était plus profond, difficile à discerner et ancrer en son âme. Durant des mois il resta seul, survivant dans la forêt Thaodienne à essayer de comprendre cette indécision présente en lui. Chaque jour il méditait en explorant son esprit à la recherche de réponses. Il réussit enfin à trouver la solution à son mal, mais cette réponse changea l'homme qu'il était devenu. L'hybride avait depuis son apprentissage chez les elfes contenu une partie de lui, la méditation lui permettait d'endiguer un être qu'il n'arrivait pas à découvrir. Le lycan en Artseus dormait, il n'attendait qu'une seule chose, qu'on le réveille. La bête fut réveillée afin que les doutes qui le rongeait disparaissent. il décida d'embrasser la part de ténèbres en lui puis doucement et sûrement il laissa la noirceur de son âme s'insinuer dans son cœur. Telle l'histoire d'Artseus.

Comme il a été raconté il devint par la suite un tout autre homme. La vie de l'hybride prit une autre tournure, laissant aller ses pulsions il n'avait qu'une seule chose en tête … Le combat. Il n'existait pour lui rien de plus exaltant que l'affrontement entre deux êtres. Peu importe l'adversaire, du moment que le combat était agréable rien ne pouvait rendre plus heureux Artseus. La bête ne se nourrissait que de violence. Plus le duel était ardu et long, plus l'être en lui prenait du plaisir. Malgré cette perversité le demi elfe lycan réussit à vivre en société. Sa personnalité était scindé en deux parties. L'un n'était présente que lors des combats, l'autre pour tout ce qui concernait sa vie hors des affrontements. Avec le temps il trouva un travail qui nécessitait que peu de choses mis à part se battre : chasseur de primes. Avec un entraînement il acquit un art de l'épée que peu de personnes ne peuvent anticiper, il apprit tout d'un ancien guerrier elfe qui le prit sous son aile. Avec son expérience, son travail et cet art de la lame il pouvait devenir riche. Mais l'ambition d'Artseus n'était pas l'argent, il ne cherchait qu'une seule chose : un adversaire digne qui pourrait le surpasser. Cela est arrivé quelques fois, comme à son habitude il s'est relevé de ses blessures. Au fil des mois son chemin allait de pays en pays. Il n'était jamais revenu en Thaodia depuis son exil. Son voyage s'arrêta dans la capitale elfique. Il aperçut sur un tableau de quête d'une auberge d'Ardamir une requête intéressante.

Il était écrit que la demande était urgente. Une bande de gobelins avaient saccagé un village elfique. L'aventure semblait intéressante. Artseus partit et prit la direction du village en question. Durant son voyage il songea aux quelques possibilités qui s'offraient à lui. Avant un combat il était obligé d'anticiper certaines choses. A plusieurs reprises l'homme dans un élan de sauvagerie pouvait tuer d'autres personnes que la cible en soit. Cela n'a jamais été vérifié, mais les seuls les cadavres abandonnés peuvent en témoigner. Il fallait prévoir les alliés possibles, l'adversaire, ainsi que le temps que la mission pouvait prendre. Afin de prévoir le temps, l'homme s'était équipé d'un sac à dos où se trouvait le strict nécessaire pour survivre quelques jours. Bandages, nourriture, eau, cordes, et quelques armes pour contrer tout incident. L'homme s'était aussi vêtu pour l'occasion. Il portait une cotte de maille sous ses vêtements, mais aussi quelques plaques d'armures aux endroits les plus utiles. Avec enfin une lame elfique qu'il portait à la ceinture, son arme favorite qui lui avait permis de forger sa réputation. Parer au combat l'homme était en chemin.

Afin de connaître ses futurs alliés, il était parti à l'aurore. Il s'était installé à une centaine de mètres du village et s'était caché afin d'observer tout étranger, autre que gobelin s'approcher du lieu de rencontre. L'homme avait l'habitude de ce genre de situation. Peu de choses pouvaient le faire remarquer. Son odeur était camouflée par une lotion que seul certains chasseurs de primes pouvaient distinguer ou d'autres personnes douées d'un talent pour la chasse. Celle ci est tellement raffinée et particulières qu'elle est repérable par les chasseurs les plus aguerris. Son ombre était apparente, mais au milieu des arbres il était difficile de la discerner sans qu'il bouge, et enfin seule sa respiration discrète était audible. Une première elfe apparut. Svelte et gracieuse, digne de sa race, elle semblait connaître le chemin. Sans doute était ce la personne qui avait posé la quête. Cherchant du regard les alentours elle semblait attendre d'autres personnes. Artseus esquissa un sourire, il avait trouvé son premier allié. Le second ou plutôt la seconde ne se fit pas attendre. Vêtu d'une façon plus rudimentaire, la femme semblait plus expérimentée dans la forêt. Elle réussit d'ailleurs à sentir la présence de l'hybride sans savoir qui il était. Puis elle rejoignit la première personne. Toutes deux attendaient d'autres alliés. Artseus jugea qu'il était temps d'apparaître.

Discrètement l'homme sortit de l'ombre. Malgré la légèreté de ses pas il ne put cacher le bruit de sa cotte de maille. Parmi les arbres les femmes pouvaient voir une ombre approchée. Avec son mètre quatre vingt dix, l'homme était facilement repérable. Le seul bruit audible était le frottement des mailles, les pas de l'homme étaient discrets. Puis le soleil traversa le feuillage et le visage de l'homme apparût. Il ressemblait à celui d'un elfe, mais étrangement il était moins raffiné. Sous sa longue chevelure brune il était possible de distinguer un regard sombre et pénétrant. A son arrivée il jeta un regard de chaque côté de la forêt. Enfin son regard rencontra celui des deux femmes. Il fronça légèrement les yeux à chacune d'elle, comme ci il essayait de sonder l'âme de ses futurs alliés. Ensuite sans avoir décroché un mot il observa les deux femmes en entier. Arme, vêtements, allure et comportement. Il acheva ces longues minutes de silence par une présentation. Sa voix était calme et grave. Il ne décrivit aucune émotion, son ton était neutre.


- Je me nomme Artseus. Je suis ici pour la mission et seulement pour la mission.

Il avait posé les bases. La relation qu'allait avoir Artseus avec ces alliés ne serait que purement professionnelle. Comme à son habitude il n'allait pas chercher à connaître ses interlocuteurs. Direct et concis, tels étaient les mots appris de son mentor.
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Jeremiah l'Hirondelle
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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Sam 2 Mar 2013 - 20:26

    Au cours de sa vie, un mage s'expose à de nombreuses difficultés. Non pas d'ordre matériel, car ce genre de problème trouve toujours solution. Il s'agit la plupart du temps de problèmes d'ordre moral, voire éthique. Et Jeremiah venait de l'apprendre à ses dépends. En effet, il lui manquait un cobaye.
    Suite à son voyage très enrichissant en Màvreah, il était désormais l'heureux propriétaire d'un gigantesque domaine, aux secrets encore nombreux, mais dont les caves avaient révélé un trésor déjà sans prix : la collection de pierres précieuses de Bryan de Szentes. D'après les quelques documents et témoignages qu'il avait pu recueillir, Jeremiah apprit que cette collection avait un temps fait couler beaucoup d'encre, et plusieurs rumeurs méritaient d'être vérifiées. Et en effet, Jeremiah n'avait pas tardé à découvrir le fantastique potentiel magique de cette magnifique collection. Il l'avait senti aussitôt les lourdes portes de la salle souterraine ouvertes, ce fluide dans l'air, concentré pendant ces années de cloisonnement. Et aujourd'hui il l'affirmait à la face du monde sans craindre de se tromper, Bryan de Szentes était au fait de certaines choses magiques. Il ne lui restait plus qu'à exploiter ce potentiel dans son rôle de tous les jours, celui de mage de guerre.

    Des semaines durant, dans ses quartiers du Palais du Conseil, Jeremiah avait observé, étudié, expérimenté, couvrant des pages de notes, fouillant dans sa précieuse bibliothèque, dans celle du Palais, et peu à peu les voiles de l'inconnu se soulevèrent. Les quelques pierres qu'il avait rapporté de Màvreah, parmi les plus intéressantes, se révélèrent pour la plupart comme détentrices d'une puissance magique certaine, bien que selon les standards de la magie tels que ses prédécesseurs l'avaient vécue, cela demeure assez insignifiant. Mais Jeremiah travailla d'arrache-pied pour développer une utilisation militaire de cette puissance diffuse, et peu à peu, les plans d'une arme nouvelle se dessinèrent dans son esprit. Il s'agirait de combiner la puissance des pierres et celle présente dans l'air, pour démultiplier les quelques capacités encore accessibles aux gens de magie de nos jours. Malgré tout son enthousiasme, Jeremiah ne pouvait s'empêcher de penser avec tristesse à toute cette puissance perdue, et à la médiocrité de ce qu'il leur restait ici-bas. Mais il l'avait juré, il ferait de nouveau briller le feu de ses pairs, il prouverait au monde que la magie ne fait pas partie du passé, mais qu'elle est encore bien vivante.
    Après l'élaboration des plans et des calculs théoriques, il fallait maintenant concrétiser son projet. Pour cela, Jeremiah mobilisa les savoirs d'un habile artisan d'Ardamir, aussi doué pour la couture que pour l'art de la forge, et qui de plus était connu pour sa discrétion. Tandis que Jeremiah s'établissait dans une petite auberge, le brave elfe travaillait avec application, ayant conscience de l'enjeu, et du prix tout aussi conséquent qui lui avait été promis. Jeremiah venait le visiter souvent, pour constater comme le travail avançait heure après heure, pour voir se concrétiser la première réalisation matérielle de sa carrière de mage de guerre. Heureusement, il restait chez certains, et particulièrement les elfes, un certain respect pour les choses de magie, et c'est donc avec zèle et célérité que l'artisan termina son ouvrage. Un matin, alors que le mage revenait le visiter, il lui présenta fièrement son ouvrage. Il s'agissait principalement d'une superbe lanterne en argent, couverte de runes comme le bâton de mage de Jeremiah, pourvue de vitres opaques et d'une solide poignée ouvragée en son sommet. L'objet était magnifique. Sa particularité résidait en la présence d'un tuyau de cuir souple, partant du large réservoir d'huile de la lanterne, pour aboutir à une outre en forme de besace, qui se suspendait à l'épaule, de grande capacité et bien protégée par un cuir noir et épais. Jeremiah était comblé. Après avoir remercié chaleureusement le brave elfe et l'avoir payé d'une large bourse, Jeremiah passa en bandoulière l'outre de cuir, empoigna la lanterne et rentra dans sa chambre, tout excité qu'il était à l'idée de faire les premiers essais. Ces derniers eurent lieu de nuit, hors de la ville, où il serait tranquille pour tester cette nouvelle arme, la première d'une longue série il espérait.

    Et c'est ainsi que le lendemain, Jeremiah errait dans les rues, en proie à ce problème de moralité qui l'obsédait. Il savait que pour valider sa création, il lui fallait la tester en situation réelle, au combat. Mais comment faire ? La guerre était loin, et de toutes manières bien trop dangereuse pour lui, qui ne savait presque pas se battre au corps-à-corps. Il savait se battre au bâton bien sûr, mais essentiellement pour parer, et à l'arc il était bien moins habile que ses congénères, au point qu'il préférait laisser cette activité à plus adroit que lui. Il lui fallait autre chose, mais quoi ? S'il devait s'en prendre à une proie sans défense, ce serait une mort bien inutile, il ne pouvait pas décemment s'en prendre au premier cobaye venu. Comment faire ? C'est alors que la solution se présenta d'elle-même.
    Alors qu'il se rendait dans une taverne proche de la caserne, un placard fixé au mur tout recemment attira son regard. Aussitôt l'information l'interpella. Des gobelins, en Evanya ? La chose était difficile à croire, ces créatures ne s'aventurent jamais si loin à l'Ouest et encore moins en groupe. Mais si cela s’avérait vrai, il tenait là ses cobayes. De plus, un tel phénomène ne nécessitait pas l'intervention de l'armée régulière, et son étrangeté en faisait un cas parfait pour un mage de guerre. Il se sentait de taille à exterminer une bande de gobelins, il comptait sur leur bêtise, sa connaissance de leurs pratiques et... Sur son arme magique qui allait pouvoir faire ses premières victimes. Trépignant de joie, Jeremiah nota la direction à prendre et se hâta de regagner son auberge, s'équipant en hâte pour ce qui promettait d'être une intéressante journée.
    Alors que la journée approchait de son terme, Jeremiah sortait par la porte Ouest de la cité, équipé pour le voyage, sa pèlerine bleue sur les épaules, sa belle besace en bandoulière du coté droit, l'outre d'huile à lampe du coté gauche, la lanterne suspendue à cette dernière se balançant au rythme de ses pas, et son bâton d'argent à la main. Apercevant ce symbole d'autorité, les gardes s'écartèrent, mais n'osèrent lui adresser un quelconque signe, le statut d'un mage de nos jours ayant quelque chose d'ambigu. Jeremiah s'élança sur le chemin d'un bon pas, avalant une grande distance avant la tombée de la nuit. Malgré le crépuscule, il continua sa marche, n'éprouvant aucune fatigue. L'expérience du voyage et l'excitation l'entrainaient toujours plus loin, repoussant toujours au repli de terrain suivant le repos. Au milieu de la nuit, il s'allongea dans un fossé pour y dormir trois heures, puis il reprit son chemin, bien avant le lever du jour.

    L'aube pointait quand Jeremiah approcha du village signalé comme envahit par les gobelins. Bien que peu confiant en ses talents de camouflage, il rabattit bien bas son capuchon sur ses yeux puis commença son approche, de fourrés en fourrés. Soudain, il entendit un bruit de voix, une voix d'homme, qui sonnait rauque et bourrue. De loin, il distingua trois silhouettes, l'une plus large que les autres, et d'une taille proche de la sienne. Il pensa aussitôt à l'annonce, qui avait rameuté beaucoup de monde semblait-il, si bien que Jeremiah se demanda s'ils ne seraient pas trop nombreux pour une trentaine de gobelins. Mais après tout il n'en était que plus réjouit, il n'aurait pas grand chose à craindre pourvu qu'ils puissent garder ses flancs. Sortant des fourrés à bonne distance, il s'approcha sans essayer de se cacher, chose dont il aurait d'ailleurs été bien incapable. Arrivé à distance respectable, il abaissa son capuchon et détailla les trois personnes présentes. L'un semblait être un homme de haute stature, aux allures farouches de guerrier, et bien que Jeremiah soit presque plus large d'épaules que lui, il ne doutait pas qu'en combat singulier il n'aurait jamais le dessus sur lui. Il y avait également une elfe des bois, vêtue comme telle et dont le visage reflétait tout l'embarras à s'exprimer en société. Elle lui rappela ses deux jeunes sœurs, occupées à courir les bois quelque part, ses deux soeurs qui lui manquaient beaucoup. Une lueur affective passa dans les yeux de Jeremiah, tandis qu'un sourire apparaissait subrepticement sur ses lèvres. Quand à la dernière personne... Il la connaissait déjà. C'est vers elle que Jeremiah se tourna une fois arrivé aux cotés du groupe et dit d'une voix sincère et chaleureuse :


    "Dame Lolia. Quel plaisir de vous retrouver. Ainsi je suppose que cette fois nous combattrons ensemble. J'en ai grande hâte."


    Puis, se tournant vers les deux autres, il les salua d'une brève inclinaison de la tête et se présenta :

    "Je me nomme Jeremiah, mais l'on m'appelle également l'Hirondelle, mage d'Evanya. A qui ai-je le plaisir de m'adresser ?"


    Ce disant, il planta la pointe de son bâton d'argent dans le sol et s'y appuya légèrement. Il n'était pas nerveux, la perspective de pouvoir tester son invention l'emplissait de joie et d'insouciance, un défaut qui lui porterait un jour préjudice, sans aucun doute. Mais en cette aube toute jeune, en ce jour prometteur, il n'avait pas peur. Il avait hâte d'en découdre.
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Lolia Ambraleya
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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Mer 13 Mar 2013 - 11:18

La jeune elfe qui approchait - il n'était guère difficile de savoir que c'était une elfe - semblait extrêmement confuse, voir alarmée. Lolia la regarda approcher sans comprendre cette inquiétude. L'inconnue tournait son regard en tous sens, faisant voler sa longue natte brune autour de son visage. Ses vêtements rudimentaires et sa posture courbée témoignait d'une avide et complète connaissance de la simplicité de la vie à son état naturel. Cette femme vivait là, il n'y avait aucun doute. Elle respirait le lieu en parfaite connaissance de cause. Un arc à la main mais aucune flèche encochée, elle s'approcha finalement.

- Tu peux pas rester ici. Forêt dangereuse.

Un léger accent avait pris part à son étrange phrase. Lolia comprit en l'entendant qu'il ne s'agissait pas d'une personne ayant répondu à l'annonce. Il est vrai qu'il n'était point dur de s'en rendre compte. Imagineriez-vous une telle elfe dans la capitale ?
Lolia essaya de trouver une réponse appropriée. "Forêt dangereuse" ? Peut-être, surement, faisait-elle référence aux gobelins. Coïncidence qu'un autre danger se cache si près du premier, il y avait peu de chance pour cela. Lolia se redressa du rocher contre lequel elle s'était appuyée.


- Je sais, c'est pour ça que je suis là. D'autres personnes vont encore arriver pour m'aider à se débarrasser de ces gobelins. Accepteriez-vous de nous aider ?

Elle avait fais sa voix la plus douce possible. Elle avait déjà entendu parler d'elfe sauvage vivant dans la grande forêt de l’Éternel mais elle n'avait jamais eu la chance d'en rencontrer. Pourtant c'est une chose qu'elle avait souvent chercher, forçant par mille occasions le destin mais ne réussissant jamais son coup. Elle connaissait la vertu de ces êtres et la pureté qu'ils dispensaient sur leurs traces. C'était un enseignement qu'elle aurait aimé à connaitre. Mais l'heure n'était pas aux interrogations. Et si Lolia reconnaissait la pureté autant physique que morale de cette elfe, elle en imaginait aussi la farouche réaction. Rien que dans son regard plein d'appréhension, on pouvait comprendre l'importance que l'annihilement du danger représentait pour elle. D'ailleurs, la jeune elfe avait parlé des gobelins comme d'une chose avérée, comme si tout prologue avait déjà été raconté et qu'il n'était nullement nécessaire de répéter les faits.
Mais l'inconnue n'eu pas le temps de répondre ou du moins de réagir, déjà un autre protagoniste arrivait sur les lieux. Une taille haute, des muscles fins mais taillés qu'on distinguait sous ses vêtements, une longue chevelure aux couleurs de l'automne, un regard sombre et sauvage, une aura bestiale mais un calme plat, sans aucun doute s'agissait-il d'un lycan. Lolia n'osa pas l'aborder immédiatement. Peut-être n'était il pas là pour les gobelins mais pour une toute autre quête ?
Ses doutes furent supprimés lorsque ce dernier vint se poster en face des deux femmes. Il les examina longuement, ce que Lolia n'apprécia que moyennement mais elle comprenait néanmoins cette méfiance qui commençait à être réciproque. Après quelques instant, il finit par se présenter :


- Je me nomme Artseus. Je suis ici pour la mission et seulement pour la mission.

Au moins les choses étaient-elles claires. Et même si Lolia était plutôt du genre sociale à l’extrême, elle n'en demandait pas tant de la part de ses futurs mais brefs alliés. Elle n'attendait d'eux qu'une aide salvatrice pour un petit village ami. L'elfe allait tout de même se présenter et surtout mettre les choses au clair avec la jeune elfe qui ne devait probablement pas comprendre pourquoi ils se retrouvaient ainsi. Mais, à nouveau, Lolia n'eut pas le temps de dire grand chose.
Le soleil avait commencer à se lever et surtout à dépasser la cime des arbres. De fins rayons chargés de poussières illuminaient l'endroit d'une lueur enchanteresse. C'est dans ce cadre qu'une sensation familière vint envahir la jeune elfe. Quelqu'un approchait et cette personne ne lui était pas inconnue. Elle se retourna vivement et aperçut alors Jeremiah approcher. L'hirondelle avait, semble-t-il, répondu à l'appel. Lolia était heureuse de voir une tête connue car elle sentait que les choses commençait à dérailler. L'elfe la reconnut à son tour et la salua :


- Dame Lolia. Quel plaisir de vous retrouver. Ainsi je suppose que cette fois nous combattrons ensemble. J'en ai grande hâte.

Lolia lui répondit d'un signe de tête amicale avant de l'écouter se présenter aux autres.

- Je me nomme Jeremiah, mais l'on m'appelle également l'Hirondelle, mage d'Evanya. A qui ai-je le plaisir de m'adresser ?

Lolia décida de couper court aux présentations car le temps pressait et elle trouvait qu'ils étaient maintenant assez nombreux pour partir en chasse. Si d'autres personnes arrivaient par la suite, elles trouveraient sans peine le lieu du combat. Mais, pour l'instant, rien ne disait que les gobelins ne décideraient pas de s'aventurer plus avant dans la forêt et il valait mieux leur couper l'herbe sous le pied avant qu'ils n'occasionnent d'autres dégâts, voir d'autres victimes.

- On va faire vite si ça ne vous dérange pas car le temps presse. Les gobelins ont fait des ravages et je vous remercie d'avoir répondu à mon appel. Le village est juste à côté, il est temps d'agir avant qu'ils ne se répandent alentour.

Lolia se tourna vers l'elfe qui était restée silencieuse mais très attentive.

- Je ne sais pas si c'est de ce danger dont vous parliez mais en tout cas, il a besoin d'être réglé. Si vous voulez nous aidez, je vous en serais très reconnaissante.

Sans attendre de réponse, sûre, par ce que dégageait la jeune inconnue, qu'elle les aiderait puisque, apparemment, plus touchée que n'importe qui par le problème, Lolia s'élança vers le village. Elle n'aimait guère bâcler les choses ainsi, surtout qu'elle aurait aimé prendre le temps de parler avec Jeremiah ou d'en savoir plus sur la jeune elfe. Mais le temps pressait trop et ces choses-là pourraient être fait par la suite.

Le village était en effet très proche, ils y furent en seulement quelques minutes. Lolia se retourna et constata que tous étaient là, choses rassurantes. Sur la petite placette que formait les quelques baraquements, il n'y avait aucun signe de vie. L'elfe scrutait attentivement les maisons, attendant un mouvement. C'est alors qu'une porte s'ouvrit et qu'une douzaine de gobelins sortirent en poussant des cris rauques, des gloussements, des râles. Un vacarme d'enfer pour des créatures monstrueusement laides...et stupides. Ce qui ne les avait pas empêcher de se réunir et de sortir de leur terre, chose qui restait incompréhensible.
Une autre porte s'ouvrit et d'autres gobelins descendirent sur la place. Puis d'autres encore. Finalement une bonne trentaine de gobelins venait de se réunirent et semblait s'apprêter à se rassasier. En effet, ils avaient emporter avec eux, hors des maisons, tout ce qu'ils avaient pu trouver comme nourriture. Ils devaient pester les pauvres, les maisons elfiques n'étaient pas réellement des garde-manger.
Lolia se retourna :


- Allons-y.

Elle sortit son épée de son fourreau, préférant laisser le soin du maniement de l'arc à un autre si cela tentait quelqu'un. pour sa part, ces créatures ne méritaient que la dureté et la froideur de sa lame. Elle se lança alors dans le tas, brandissant son épée devant elle sans pousser le moindre cri ; la mort silencieuse. La masse des gobelins se tourna vers eux et s'agita avec fougue. Certains étaient armés, d'autres pas. Mais tous étaient redoutables, surtout de par leur nombre. Néanmoins, deux gobelins venaient déjà de toucher la terre, vidés de leur vie et bientôt de leur sang noirâtre.



[HRP : Si quelque chose de vous convient pas, dites le moi par MP]

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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Lun 1 Avr 2013 - 0:21




••• Le problème gobelin •••



Tout avait changé. Les lieux, les odeurs et même les habitants. Rien n’était plus comme avant et c’était cela qui l’inquiétait véritablement. Des étrangers étaient également là. Cette femme était arrivée la première et lui avait proposé une alliance contre des envahisseurs. Ces derniers étaient peut-être à l’origine du mal qui rongeait les lieux et perturbait l’harmonie des résidents. Même si cette offre pouvait sembler intéressante, l’elfe était méfiante, bien trop méfiante. Elle ne savait rien de cette étrangère et elle ne voulait en aucun cas se lancer sans réfléchir dans cette entreprise.

Sans relâcher son arc d’un iota, son regard ne semblait jamais fixe, elle restait toujours aux aguets, attentive au moindre signe. C’est certainement pour cela qu’elle ne fut guère surprise en entendant une personne s’approcher d’elles. Elle se retourna vers l’origine du son et sa méfiance s’accrue lorsqu’elle vit. Cet homme était grand et n’inspirait nullement la confiance à la Sauvage. Ses yeux noirs comme une nuit sans lune scrutaient tour à tour les deux elfes et Ashlyn détestait cette inspection de la tête aux pieds. Elle en fit de même et s’attarda tout d’abord sur son visage qui l’avait tout d’abord rebuté. Ses traits étaient bien trop fins pour appartenir à un simple humain ou à un lycan de naissance, pourtant, il semblait être presque aussi animal que l’elfe de bois, si ce n’était plus. Une aura de prédateur se dégageait de lui et elle savait pertinemment qu’elle ne lui accorderait jamais sa confiance.

Son nom s’échappa finalement de ses lèvres et il se grava immédiatement dans la tête de la brune. Artseus le Ténébreux. Telle était l’image qui lui venait immédiatement en entendant ce nom et l’association irrémédiable qui ne la quitterait plus. Les présentations n’intéressaient guère l’elfe qui cherchait surtout à comprendre pourquoi ces personnes s’étaient données rendez-vous ici même. Avaient-ils l’intention d’envahir les lieux et de briser ce qu’elle protégeait avec tant d’ardeurs ? Combien d’étrangers allaient encore venir et partiraient-ils une fois leur mission accomplie ? Elle en doutait avait à présent une quête personnelle, s’assurer qu’ils allaient bel et bien trouver la sortie des lieux et ce, le plus tôt possible.

Comme si deux personnes ne suffisaient pas, une troisième arriva et s’adressa directement à la jeune femme qui semblait être à priori la chef du trio. Les paroles du nouvel arrivant choquèrent l’elfe qui écarquilla les yeux. Elle ne pouvait pas avoir entendu cela, il ne pouvait pas avoir prononcé ces mots. Ce prétendu mage d’Evanya qui semblait être un elfe attendait un combat avec impatience ? Mais quel type d’homme pouvait donc apprécier ainsi le combat et la mort par conséquent ? Qui pouvait se permettre d’accorder aussi peu d’importance à une vie, à un esprit et un être ton simplement. L’expression de l’elfe se ferma immédiatement. L’Hirondelle de la Mort ne faisait pas non plus parti des personnes qu’elle côtoierait avec plaisir et elle allait s’empresser de chasser ces deux hommes le plus vite possible de ce qu’elle considérait comme ses terres.

Celle qu’elle considérait le plus comme sa consœur et qui semblait être la seul à être pourvue d’un minimum d’humanité prit finalement la parole, exposant son plan et ses idées, donnant des ordres sans réellement demander l’avis des deux hommes. La seule question fut à l’attention d’Ashlyn qui la regarda, légèrement hésitante. Elle n’était pas habituée à fréquenter des êtes autres que membres du monde animal. Elle ne travaillait jamais en groupe et s’approchait jamais d’autant d’inconnus en une seule fois. Pourtant, pour accomplir sa mission, elle allait devoir se faire violence et intégrer le groupe l’espace de quelques instants. Elle ne pourrait être tranquille si elle ne les surveillait pas et elle ne pourrait rester dans l’ombre sans se faire remarquer par le géant brun. Elle n’avait donc pas le choix, elle allait devoir intégrer le groupe.

« Je viens. »

Les seuls mots prononcés par l’elfe qui montraient cependant tout sa détermination et sa volonté. Sans rien ajouter de plus, elle suivit la femme, sans adresser un regard au Ténébreux et à l’Hirondelle de la Mort. Elle savait très bien où elle allait arriver, elle savait très bien qu’elle allait reconnaître chaque maison, qu’elle pourrait décrire aisément le visage de tous les occupants de telle ou telle demeure et qu’elle pourrait identifier les victimes s’il y en avait. Lorsqu’elle foula le sol du village, son regard s’assombrit. Ce qu’elle craignait le plus ne s’était pas produit mais un chaos inhabituel régnait sur place. Plus que jamais, elle tenait son arc d’une main ferme, prête à s’en servir à la moindre menace. Une porte s’ouvrit et un flot de créatures immondes en sortit. Des étrangers, il y avait trop d’étrangers et elle ne parvenait plus à le tolérer. Elle devait intervenir.

Lorsque la dénommée Lolia s’élança en silence pour affronter les êtres venus de profondeurs, Ashlyn encocha une première flèche qui quitta rapidement l’arme, effectuant une trajectoire brève et précise avant de se figer dans le cœur de sa cible qui s’effondra sur le coup. Elle ne visait que les gobelins qui lui voulaient du mal. Seuls ceux hostiles et qui voulaient en découdre avaient à faire avec ses carreaux et l’elfe faisait mouche à chaque fois. Elle ne prêtait pas attention aux combats de ses partenaires temporaires, elle avait de quoi s’occuper pour le moment.

[HRP : Désolée de vous avoir fait attendre aussi longtemps ._. S’il y a le moindre problème avec ma réponse, n’hésitez pas à me le dire ]
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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Sam 3 Aoû 2013 - 16:37

    Au milieu de ce groupe quelque peu hétéroclite, Jeremiah affichait toute sa bonne humeur qui n’était certes pas retombée. Tout à sa joie de pouvoir expérimenter la première de ses créations semi-magiques, il se sentait joyeux et il dispensait sans compter ses sourires à ceux qui l’entouraient. Même le lycan, brutal et sauvage, avait le droit à sa part, bien qu’en temps normal il ne lui aurait apporté que peu de crédit. Ce lycan semblait fort et solide comme ceux de sa race, nés pour tuer et blesser, mais cela ne l’effrayait pas en cette belle journée, alors que d’ordinaire il redoutait instinctivement les guerriers, trop habiles dans l’art de donner la mort, chose à laquelle il devait bien s’avouer très médiocre. Aujourd’hui il allait pouvoir faire ses preuves. Tant qu’il s’agissait de se montrer brave, il ne faillirait pas.
    L’espace d’un instant sa bonne humeur s’effaça en voyant l’expression qui venait de peindre le visage de l’autre femme elfe, dont l’aspect fort farouche se doublait à présent d’un air hostile, voire menaçant. Qu’avait-il donc dit de si terrible pour mériter ce regard assassin ? Mais il ne s’en inquiéta pas outre mesure. Les elfes sauvages ont la réputation d’être quelque peu farfelus, qui sait quelle lubie venait de lui venir à l’esprit. Jeremiah n’avait pas d’animosité pour ces personnes totalement en phase avec la Nature, chose qu’un elfe ne saurait mépriser. Toutefois il observait toujours une certaine retenue envers ces gens qui méprisaient ouvertement la compagnie de leurs semblables, vivants en vrais sauvages dans les forêts profondes. Pour l’Hirondelle les elfes n’étaient pas devenus des êtres supérieurs en raffinement et en sagesse en s’isolant, au contraire. Il ne pouvait comprendre qu’une créature intelligente soit aussi réfractaire à l’émulation collective. Habitués aux fantaisies des elfes sauvages, il ne s’y arrêta pas plus que nécessaire. D’ailleurs, le combat s’annonçait proche. En silence, les quatre compagnons s’approchèrent du village dévasté. Tandis qu’il marchait accroupi et veillant à être le plus discret possible, Jeremiah ouvrit la vanne de sa lanterne et pressa l’outre de cuir avec son coude pour alimenter la réserve de la lanterne en huile inflammable. Grâce à cette méthode ingénieuse mais simple, il pourrait compter sur une grande réserve de combustible d’un simple mouvement de bras. Dans sa main droite, celle qui ne tenait pas la lanterne, il tenait prêt un briquet à amadou.

    Au détour d’un bosquet, le village apparut, silencieux et désert. Se tapissant avec ses camarades, il observa les lieux, essayant de repérer les endroits stratégiques, mais il dut vite s’avouer qu’il n’était qu’un piètre tacticien. Les subtilités de la guerre lui étaient totalement inconnues, seule son expérience des voyages lui avait appris à identifier rapidement les endroits dangereux et les sorties éventuelles pour un repli rapide. Lui n’attaquait jamais d’ordinaire, laissant ce soin à meilleurs que lui. Mais aujourd’hui il prenait part à ce combat car il avait confiance, et surtout besoin de cobayes. Heureusement ces considérations n’étaient pas à sa charge, Lolia semblait avoir pris les choses en main, et c’est sur un geste d’elle qu’il s’aplatit en voyant surgir des maisons pillées la masse grimaçante des gobelins pillards. Ils étaient moins nombreux que Jeremiah ne l’avait imaginé, quoique la possibilité que certains demeurent cachés existe. Mais d’après ce qu’il savait de ces créatures, ce nombre correspondait plus ou moins à celui d’une bande. Il devait y avoir un chef quelque part, ou une sorte de leader plutôt. Les gobelins n’ont jamais eu une structure hiérarchique très organisée.
    Alors qu’il approchait son briquet de la mèche de sa lanterne, Jeremiah entendit le lycan près de lui pousser un grognement qui ressemblait fort à du dépit, comme s’il était frustré. Le mage tenta de réfléchir aux raisons de ce mouvement d’humeur, mais il réalisa qu’il était bien trop tendu pour raisonner calmement. Ses mains ne tremblaient pas, mais ses membres étaient tendus comme jamais, tétanisé qu’il était par l’importance de l’instant et la nécessité de prévoir chaque mouvement, être prêt à chaque instant. Se forçant au mouvement, il inspira longuement et, frappant son briquet, il alluma la mèche. Un instant après, Lolia donna le signal et s’élança. A cet instant, la stratégie de Jeremiah était simple : protéger les flancs des combattants à l’épée avec ses flammes tandis que l’elfe sauvage, son arc à la main, les couvrirait du couvert des arbres. Mais alors que Lolia était déjà sortie du couvert des arbres, Jeremiah se tourna pour voir quand allait enfin charger le lycan, et s’aperçut qu’il n’était plus là. Il eut juste le temps d’apercevoir son large dos entre deux taillis, puis la flore se referma sur lui et il disparut. L’instant d’incrédulité qui suivit fut critique. Durant cette fraction de seconde, Jeremiah demeura pétrifié, le temps que son cerveau analyse cette nouvelle donne, et durant ce temps-là, Lolia s’élançait toujours seule. La défection du lycan, sans doute déçu de se retrouver face à si faible partie et jugeant probablement ce combat indigne de lui, renversait en un instant tous les plans établis, ne laissant plus de place qu’à l’instinct pour éviter le désastre.
    Bondissant sur ses pieds, Jeremiah courut à sa suite, voyant plein d’angoisse, à travers le brouillard de stress qui voilait ses yeux, la masse des gobelins encercler progressivement l’elfe isolée. Parvenu à bonne distance, tandis que les flèches de l’elfe sauvage passaient haut-dessus de lui comme des éclairs, le voile flou sur son regard s’effaça, laissant place à la froide détermination rendue nécessaire par l’importance de l’instant. Presque mécaniquement, Jeremiah leva sa lanterne d’argent par son anneau dans sa main gauche, approcha la paume de la droite ouverte de la flamme, et tout en psalmodiant, il inaugura sa nouvelle arme. Guidée par sa main, une longue flamme s’échappa de la lanterne pour former un large mur qui repoussa un groupe de gobelins qui tentaient d’attaquer Lolia par la droite. Suivant sa camarade de près, Jeremiah s’évertua à écarter tous les survivants de la charge de la guerrière qui tentaient de lui bondir dessus. Progressant rapidement, ils finirent par s’arrêter sur la place centrale du village, laissant derrière eux les survivants de la bande qui se regroupaient sous l’autorité de l’un d’eux, en plein milieu de la rue, malgré les flèches qui continuaient d’éclaircir leurs rangs. Jeremiah profita de ce bref moment de répit pour presser de son coude gauche sur l’outre qui pendait à son flanc pour remplir le réservoir de sa lanterne, qui faisait une grande consommation d’huile. Malgré l’indéniable succès du concept et sa validité en tant qu’arme nouvelle mêlant magie et mécanique, Jeremiah était inquiet. Le métal de la lampe chauffait beaucoup trop, on le voyait par moment blanchir au point qu’on le croyait en pleine fusion, sa réserve d’huile diminuait bien trop rapidement, et pire que tout, Jeremiah ne maitrisait bien trop peu la forme de ses flammes. Il n’y avait pas assez de magie dans l’air pour lui assurer un contrôle suffisant, et il doutait qu’il puisse y en avoir assez un jour. Chaque flamme semblait plus erratique, plus incontrôlable que la précédente, à un instant Jeremiah avait craint d’enflammer la tunique de la jeune guerrière.
    Face à eux, la horde gobeline se regroupait à grands cris, et cela s’annonçait mal pour Jeremiah, car si Lolia pouvait se frayer un chemin, nul doute que sa pèlerine et l’absence d’armes à sa ceinture constitueraient un énorme handicap. Une solution constituerait à diriger ses flammes droit sur les gobelins et les incendier, mais la mort par le feu était à ses yeux une chose bien trop atroce, même pour des gobelins, que leur stupidité rendait presque sympathique face à l’horreur d’un tel trépas. Peut-être que la situation allait le contraindre à employer de tels procédés, mais Jeremiah refusait encore d’envisager une telle possibilité, il en avait des frissons rien qu’en y pensant. Ses mains se contractèrent nerveusement et la sueur commença à perler de son front.
    Se tournant vers la guerrière, il lui glissa d’une voix enrouée par le stress et la tension :


    - « Croyez bien que je le regrette, mais je crains d’être plus un handicap que d’une réelle utilité chère Lolia. Je rencontre quelques difficultés… d’ordre technique, et je me refuse de vous faire courir le moindre risque. Mais je me tiendrais à vos côtés, quoi qu’il advienne. »

    Jeremiah lui-même n’en revenait pas de pouvoir prononcer de si héroïques paroles, quand tout son corps lui ordonnait de fuir à toutes jambes dans les bois. Il n’avait absolument pas vocation à devenir un héros, mais la présence de sa jeune camarade l’encourageait, lui donnait une confiance dont il ne se croyait pas capable et qu’il n’expliquait pas.
    Se voyant approcher de trop près par un gobelin isolé, il leva à nouveau sa lampe et déchaina un barrage de flammes qui, au lieu de s’élever tel un rempart protecteur comme Jeremiah le voulait, fusa droit devant lui comme une lance. Frôlant la créature par sa gauche, le trait enflammé alla s’écraser contre un rocher dans un fracas de tonnerre, faisant voler de la rocaille dans toutes les directions. Mais le but était atteint, le gobelin, terrifié, avait rejoint son groupe. Aussitôt, Jeremiah étouffa un cri de douleur. L’anneau de sa lanterne était comme chauffé au rouge, et malgré son gant protecteur, il s’était cruellement brulé. Mais le moment n’était pas venu de lâcher sa lanterne, sa seule arme réellement efficace dans un tel instant. Une fraction de seconde, Jeremiah pensa au petit couteau dans sa besace dont il se servait pour prélever des échantillons ou couper des champignons. Malgré lui il eut un rire nerveux, et presque sans s’en rendre compte il adressa un grand sourire à sa compagne, un sourire dans lequel s’exprimaient toute la confiance qu’il portait en elle et sa détermination. Malgré toute l’horreur que pouvait lui inspirer leur situation, il ne faillirait pas.
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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Lun 26 Aoû 2013 - 14:03

Les coups furent lancés, violents, assourdissants. C'est impressionnant de voir à quel point les gobelins sont une race bruyante. Tous ces cris, ces râles, ces borborygmes... Une vrai plaie auditive. Même le fracas de leurs pas devenait insupportables et ce fait rajoutait à l'envie de les assassiner.
Lolia mit quelques minutes avant de se rendre compte qu'elle était seule sur le champ de bataille à proprement parler. Mais les autres étaient là, un peu plus loin. L'elfe sauvage usait avec dextérité de ses flèches et Lolia constata que nombre de gobelins en avaient déjà une plantée dans le crane. Jeremiah quand à lui, se tenait en retrait et semblait chipoter à quelque chose de brillant. Mais la jeune elfe n'eut pas le temps de s'attarder sur ces occupations, une autres attaque déferlait vers elle. L'elfe se retourna vivement et trancha encore quelques corps. Les gobelins sont des créatures relativement facile à tuer. Ils n'ont aucune stratégie guerrière et leur corps sont petits et faibles. Mais en grand nombre, ils deviennent une réelle menace, comme des dizaines de fourmis sur une coccinelle. Lolia se sentait un peu comme ce pauvre insecte en ce moment. Harcelée de toutes parts, elle commençait à ne plus savoir où donner de la tête.
Elle entendit un sifflement perçant tout proche de son oreille et se retourna vivement pour voir une flèche la frôler et venir se ficher dans le cœur noir d'un gobelin. Un autre bruit étrange se fit entendre et un nouveau volte-face la fit tomber nez à nez avec un mur de feu gigantesque. Elle comprit en un rien de temps ce que Jeremiah venait de faire et l'en remercia intérieurement.
C'est par la présence bienfaitrice de ses deux coéquipiers que Lolia remarqua l'absence du troisième. En effet, Artseus semblait avoir totalement disparu. Peut-être préparait-il une attaque de plus grande envergure ?

Un grand nombre de gobelin jonchait déjà le sol mais ils étaient encore nombreux à vouloir s'approcher. La terre était plantée de dizaines de flèches et laissait voir des traces de brûlures. La variété des défenses était assez comique mais le temps n'était pas à cela. Les gobelins finirent par se rassembler en un petit groupe. Ils semblaient attendre la moindre ouverture, jauger le groupe avant l'assaut final. Lolia ne savait trop comment mais Jeremiah se trouvait maintenant à ses côtés. De fines gouttes de sueur perlaient sur son front et la jeune elfe comprit que cette étrange magie lui demandait plus d'effort qu'il ne tentait de le faire croire. Ses yeux s'égarèrent un instant avant qu'il ne murmure :


- Croyez bien que je le regrette, mais je crains d’être plus un handicap que d’une réelle utilité chère Lolia. Je rencontre quelques difficultés… d’ordre technique, et je me refuse de vous faire courir le moindre risque. Mais je me tiendrais à vos côtés, quoi qu’il advienne.

Les gobelins semblèrent s'agiter au son de sa voix. Ce pour quoi Lolia se contenta d'un sourire malicieux. Elle avait du mal à comprendre en quoi Jeremiah se prenait pour un handicap. Ses murs de feu avaient plutôt été d'une grande utilité jusqu'à maintenant. Certes, la jeune elfe avait eu une certaine appréhension à l'idée d'un probable incendie mais elle avait vite pu constater que ces flammes irréelles n'étaient en rien un danger pour la forêt.
Un gobelin se détacha alors du lot mais Jeremiah le remit à sa place d'un éclair de feu. Malheureusement, il sembla que sa lanterne le faisait souffrir. La jeune elfe compris alors ce que l'Hirondelle avait voulu dire quelques minutes plus tôt. Elle s'empressa alors de sortir un de ses longs poignards de son étui. Il était rare qu'elle ait à les utiliser, préférant les poignards de lancé. Elle le tendit à Jeremiah.


- Ça pourrait t'être utile.

Elle lui sourit et remarqua qu'elle l'avait tutoyer, chose qui n'était encore jamais arrivée. Pourtant, c'était venu si naturellement. Elle jeta un coup d'oeil à l'elfe des bois qui semblait elle aussi attendre un mouvement. Par contre, toujours aucune trace d'Artseus. Etrange... Avait-il déserté les lieux ?
Ces deux camps immobiles l'un face à l'autre devaient donner une drôle d'impression à un observateur égaré. Chacun jugeant de l'autre, de ses forces, de ses faiblesses. Mais on sentait monter dans la gorge de ces monstres, comme un son gutturale sourd qui vibrait dans l'air. Ils allaient attaquer, aucun doute là-dessus. Pourtant, ils semblaient hésiter. Encore une chose des plus étonnantes. Les gobelins n'hésitaient jamais. Ils étaient bêtes et n'avaient aucune tactique militaire mais ils aimaient foncer dans le tas sans réfléchir. Le fait qu'ils restent là sans bouger était une chose bien rare.

Ils n'étaient plus qu'une dizaine. La partie serait facile après tout. Lolia raffermi sa prise sur son épée et son regard prit une teinte de détermination. Elle jeta un coup d'oeil à l'elfe sauvage et lui fit un signe de la tête, supposant qu'elle comprendrait le message. Elle regarda ensuite Jeremiah.


- On y va !

Et elle se lança.

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MessageSujet: Re: Le problème gobelin - PV Ashlyn, Artseus et Jeremiah   Lun 15 Sep 2014 - 19:46

    Malgré son intense aspect périlleux, le moment était beau. Dramatique, dense, épique, tout était là. Ils étaient là, deux elfes symboles de pureté face à ces monstres difformes, symboles de l’anarchie et de la destruction, dans un décor impossible à reproduire au théâtre, avec ses acteurs en coulisse côté cour et côté jardin, Jeremiah aurait sûrement trouvé cela beau s’il n’était pas contraint d’y prendre part directement, avec sa part de danger et de souffrance.

    Car en effet, Jeremiah souffrait assez cruellement. Il devait lutter de toutes ses forces pour ne pas lâcher sa lanterne, malgré les crispations de protestation de sa main gauche sous son gantelet de cuir. Dans sa main droite il tenait maladroitement le poignard que venait de lui confier sa complice, et il le regardait d’un regard lui aussi douloureux, car il ignorait bien comment s’en servir proprement, mais aussi car il lui répugnait de prendre une vie en perforant une peau, fut-ce-t-elle une peau rugueuse de gobelin. Il s’efforça néanmoins de resserrer son étreinte sur la garde froide et lisse, et ce contact eut un effet apaisant, le métal répondait à la pression de ses doigts comme pour lui donner sa force. Le souffle court, presque haletant, Jeremiah dissipait avec peine le brouillard qui obscurcissait sa vue, mais son esprit enregistrait avec précision tout son environnement. Il vit clairement les gobelins pousser des cris rauques, presque des râles, sous l’autorité de cet ignoble gobelin pustuleux au centre, vers lequel son attention fut soudainement toute focalisée. Vêtu des hardes habituelles, l’ignoble bête avait une sorte de besace en peau sur le dos, et dans cette besace il y avait ‘quelque chose’. Il ignorait bien ce dont il pouvait s’agir, mais Jeremiah avait étrangement l’esprit obnubilé par cette chose. Il y avait une chose dans ce sac, une chose puissante, jamais vue, mais qui était la cause de ceci. Obsédé, Jeremiah voulait à tout prix s’emparer de cette chose, il sentait que son prix était énorme. Alors qu’il pensait ainsi à tout cela, ses lèvres tremblaient d’un rictus malsain de convoitise, et une sueur froide lui coulait dans le dos. Le cri de la guerrière elfe le ramena à la réalité, et il la vit qui s’élançait droit vers le groupe belliqueux, l’acier brillant au soleil rasant. Les mâchoires contractées à s’en faire mal, Jeremiah bondit lui aussi, bien qu’il n’ait aucune idée de ce qu’il allait accomplir. Utiliser sa lanterne impliquait une grande souffrance qu’il redoutait, et se servir de son poignard tout autant, bien ignorant qu’il était dans son maniement. Décidément, sa place n’était pas au cœur du danger.


    Les choses ne se passaient d’ailleurs pas comme prévu. Au lieu d’encaisser stupidement l’assaut de front et se laisser poliment étriper au même endroit, les gobelins se séparèrent en deux groupes, les laissant presque passer au milieu pour se refermer sur eux, tandis que deux d’entre eux se sacrifiaient à la lame de la guerrière au milieu du passage. Tout allait extrêmement vite. Quelques mètres en arrière, Jeremiah vit le bras tordu du chef gobelin se lever, armé d’un poignard tordu et tout luisant, on voyait qu’il avait dernièrement été plongé dans un liquide. Il arrivait dans le dos de la jeune elfe, la bave aux lèvres et l’œil cruel, il allait tuer, son bras était déjà armé, le couteau déjà prêt à plonger dans les chairs son acier et son poison. Tout alla extrêmement vite. D’abord Jeremiah pensa que la belle Ambraleya était perdue. Je suis impuissant pensa-t-il, toutes les options sont épuisées, ne reste plus que la mort, la situation était trop mauvaise. Et puis, comme dans un sursaut, son esprit tout entier se révolta contre cette situation, son impuissance, et surtout contre lui-même. Au milieu de mille malédictions contre sa lâcheté, sa faiblesse, son incapacité à surmonter le danger, un grand cri monta de son cœur jusqu’à sa gorge, tandis qu’il lâchait son poignard et levait son poing gauche, l’arcane du feu entièrement posée dans sa volonté. Sa main droite se contracta, s’ouvrit près de la flamme dont jaillit un orbe à l’intensité formidable, un globe de pur enfer, tenu un instant entre ses cinq doigts pour fuser comme l’éclair sur le gobelin. Il y eut un minuscule instant de flottement, puis la créature parut exploser, alors qu’une tornade de flammes croissait de terre pour l’envelopper, un feu dévorant et tourbillonnant lui fit quitter terre, et deux secondes plus tard, il n’en restait que des cendres. Le cri de rage de l’Hirondelle se poursuivit en un hurlement de douleur tandis qu’il jetait sa lanterne au loin, l’anneau presque blanc, le robuste cuir de son gant brûlé, et il se tint recroquevillé au sol en gémissant, sa main gauche serrée contre lui.

    Dans l’enfer de l’explosion, deux autres gobelins avaient pris feu, leurs hardes flambant comme des torches, ils couraient en tous sens en attendant la mort, que deux habiles flèches s’empressèrent de leur donner. Un troisième gisait d’un bloc face contre terre, ayant reçu un ‘éclat’ de l’orbe en plein visage, qui n’était plus qu’un amas de chair brulée. L’épouvante avait gagné la horde, cette fois le feu avait tué, et ils n’étaient bien plus assez nombreux pour l’emporter contre la guerrière et les impitoyables traits tirés depuis les arbres. De plus ils semblaient curieusement désorientés, plus que d’ordinaire en tout cas, et ils prirent très vite la fuite, mais par la lame et la flèche, il n’en resta pas un pour atteindre le couvert salvateur des futaies.
    Un étrange silence régnait, la respiration de l’Hirondelle rythmait sur un tempo rapide le bruissement des cimes, et les deux petits corps de gobelins finissaient de se consumer, dévorés par ce feu surnaturel. Jeremiah se redressa finalement à demi, dévoilant une main dont la paume ressemblait à de la viande bouillie, toute boursouflée et figée en un poing presque fermé. Les doigts tremblaient presque imperceptiblement, mais on devinait la peau qui se craquelait à chaque tressaillement. Il y avait dans l’air une vilaine odeur de viande brulée.
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