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 La main dans le sac....[Terminé]

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MessageSujet: La main dans le sac....[Terminé]   Mer 13 Mar 2013 - 22:09

La cité de l'Aurore .
Drôle de nom pour un endroit aussi sombre la nuit . Je laisse échapper un rire nerveux, saccadé . Il fait vraiment noir, les nuages n'arrangent pas les choses .Sale nuit .
Immobile dans mon recoin d'ombre, mon capuchon rabattu sur mon visage, j ' attend . Au profit d'un rayon de lune, j'observe les contrebandiers occupés à leur obscur trafic. Un, deux, trois.....Onze . Nous sommes onze mercenaires à couvrir la transaction . C'est peu . D'autant que certains sont incapables d'être discrets, ou ne s'en donnent pas la peine, comme le nain là-bas, qui affûte sa hache …. J'ai beau n'être qu'un demi elfe, ce crissement strident est quand même très désagréable, ça n'arrange pas mon état de tension .
En voilà un autre qui rit bruyamment . Tssss, ce ne sont pas des pros . J'espère que ce qui se trouve dans ces caisses n'est pas précieux parce qu'avec onze mercenaires, et apparemment pas la fine fleur des guerriers, je ne donne pas cher de notre peau si on se fait pincer par la garde de la ville…...
Je resserre ma cape , l'air renfrogné . Occupé à me débattre avec les pans d'étoffe, je remarque soudain que le silence le plus total règne sur les lieux, tous se sont tus, même le nain et son crissement.... J'en profite pour tendre l'oreille, juste au cas où.....Il me semble distinguer des éclats de voix , à une rue ou deux je dirais. Subitement inquiet , je vérifie le bon état de mes différentes lames quand retentit un bruit assourdissant . Un des porteurs vient de laisser échapper une caisse qui s'est écrasée sur le sol, répandant des débris de bois à grand fracas . Génial, si on avait une chance il y a quelques secondes , là on nous as assurément repérés. J'allais formuler cette remarque à voix haute quand j'aperçus le contenu de la caisse . Pantois , je soufflais :

« Mais qu'est-ce que c'est que ce b.... »

« NE BOUGEZ PLUS ! Au nom du représentant des humains, Sëleucos Critias, vous êtes en état d'arrestation ! Toute tentative de résistance sera récompensée par une exécution sommaire ! »

Je ne m'étais pas trompé en croyant percevoir des voix : ils étaient là, une moitié de garnison, presque trente hommes de la Garde .

« RAAAAAAAAH !! »

Après avoir formulé cette réponse aussi spirituelle que recherchée, le nain se rua au devant des gardes, faisant tournoyer sa hache, bientôt suivi par la totalité des mercenaires, ma propre personne exceptée .
Les choses se gâtaient pour de bon .

« Dépêche-toi de te faire tuer et arrête de hurler, tu vas ameuter tous les gardes de la ville. » Sifflai-je entre mes dents, contournant discrètement les combats à la recherche de victimes potentielles .
Je les trouvait rapidement en la personne d'un jeune garde et d'un vétéran qui se tenait près de lui, sans doute chargé de sa formation .
Je dégainai une de mes dagues et armait lentement mon bras derrière mon épaule, visant avec soin .
Quand j'eus enfin l'ouverture désirée, je détendis brusquement mon bras, envoyant onze pouces d'acier tranchant vers le vétéran . La lame décrivit un arc silencieux, brilla un instant, accrochant un rayon de lune pour finalement aller s'enfoncer jusqu'à la garde dans le cou du vétéran avec une précision impossible pour un humain pur.
S'effondrant dans un cri, le vétéran attira l'attention de son novice qui ne me vit pas arriver dans son dos . D'un mouvement net et rapide, j'ouvrais sa gorge sur toute sa largeur et le laissait s'effondrer dans un grincement d'armure sur le corps de son mentor. Récupérant ma première dague je ne pus m'empêcher de remarquer le visage juvénile et recouvert d'un fin duvet du garde . Bon sang, ce type était un enfant , il n'avait peut-être jamais combattu ….Quel âge a-t-il ? Dix-huit ? Dix-sept ans peut-être ? « Ne flanche pas, me sermonai-je, pas pendant un contrat ! »
Un coup d'estoc malhabile m'arracha à mes pensées , ripostant par pur réflexe , je transperçait mon attaquant et dégageai ma lame d'un coup de botte . Regardant rapidement autour de moi , je comptais treize soldats encore debout pour cinq mercenaires . Nous avions le dessus sur la qualité des combattants, malgré le piètre niveau de mes partenaires . La Garde n'est plus ce qu'elle était me dis-je en souriant .
Mon sourire moqueur mourut sur mes lèvres quand j'aperçus un colosse en armure dorée foncer vers nous, l'épée au clair . Il se ruait sur nous ainsi ? Sans la moindre discrétion ? Soit il était ignorant de nos capacités soit il détenait une maîtrise rare de sa lame …. Les cadavres qui jonchaient les pavés humides rendant la première option impossible , une idée s'imposa à mon esprit alors que j'observais sa course assurée vers nous : ce type là allait nous donner du fil a retordre ….


Dernière édition par Sylfäen Fils de Personne le Mer 1 Mai 2013 - 10:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La main dans le sac....[Terminé]   Sam 23 Mar 2013 - 21:07

Messieurs ? Est-ce vraiment la façon dont la Garde de la Cité de l'Aurore protège sa belle cité ?

La voix paraissait encore lointaine aux combattants. Le brouhaha général était tel que seuls quelques personnes avait pu l'entendre.

La Garde de la Cité de l'Aurore plie-t-elle le genou devant les ennemis de la nation ?

La voix gagnait du terrain. Elle s'harmonisait presque avec le tintement des armes qui se fracassaient les unes contre les autres.

REPRENEZ-VOUS, GARDES DE LA CITE DE L'AURORE !

La plupart des combats cessèrent. Le rugissement du Lion d'Or avait été plus fort que l'animosité générale. Dans les rangs des brigands, on pouvait bien se demander ce qu'un nouvel arrivant faisait ici. Au pire, ils lui colleraient peut-être une rouste ensuite alors qu'ils étaient en train de gagner. L'un d'eux perdit patience et s'élança dans la direction du Chevalier d'Astalith qui continuait d'avancer en direction de la mêlée générale. A priori, il portait son armure la plus resplendissante. Cela faisait par ailleurs longtemps qu'il n'avait pas autant soigné l'une de ses apparitions en publique.

Son regard bleu cyan balaya l'air vif et curieux la foule de soldats et de brigands/mercenaires. L'un de ces derniers atteignit finalement la hauteur du Lion d'Or, il s'agissait d'un humain encapuchonné. Il tenta de frapper Lysandre à la tête avec sa masse et s'il put croire réussir, ce n'est pas la fin de l'histoire. Rapidement, Lysandre s'écarta d'un pas vif pour le saisir par la gorge et le soulever dans les airs avec toute sa force et sa carrure. De leur point de vue, ils purent apercevoir une lame traverser le corps d'une frappe visiblement en estocade. Le Lion d'Or lâcha le futur cadavre et observa la foule, probablement stupéfaite pour les uns, hargneuse pour les autres.

Représentants du Malsain... Ceux qui ont une vie de famille peuvent encore quitter les lieux et ne plus réapparaître. Je leur serai reconnaissant de ne plus jamais troubler ces lieux paisibles. Pour les plus téméraires ou ceux qui voudraient mourir face à la Justice d'Oryenna, la prison semble être ce qui peut vous arriver de mieux.

Mais pourquoi on devrait l'écouter... marmonna un Soldat.
Mais t'es une buse ? C'est le Lion d'Or ! On dit de lui qu'il ne perd jamais un combat dans lequel il s'engage ! rétorqua un de ses compagnons, reprenant peu à peu confiance en lui.

Rumeur ou vérité là n'était pas le plus important. Derrière l'arrogance de Lysandre se cachait en réalité un jeu. Celle de redonner espoir à une unité en déroute et d'installer ainsi la peur et le doute dans le cœur des ennemis ici présents. Les combats reprirent immédiatement et si aucun brigand ne s'était vraiment enfuit, le cri de ralliement du Lion d'Or avait fonctionné. La hargne, le désir de victoire et surtout de justice atteignait son paroxysme. Comment pouvaient-ils faillir aux côtés d'une stature comme Lysandre ? Il revenait aux ennemis de démontrer le contraire.

Tu seras mon adversaire.

Lysandre reporta son attention sur la réelle raison de sa venue. Depuis plusieurs minutes, il avait en réalité observé la scène d'une position lointaine, discrètement. Son regard se planta dans les yeux de Sylfäen. Il ne fallait jamais montrer la moindre faiblesse face à un ennemi et pourtant, le Lion d'Or ne put s'empêcher d'adresser un dernier regard plein de tristesse en direction du jeune soldat de l'Armée d'Oryenna que Sylfäen venait d'assassiner quelques minutes plus tôt.

Ainsi, Lysandre fondit avec toute sa carrure en direction de Sylfäen afin d'engager un combat au corps à corps. Il porta son épée déjà ensanglantée en direction de la lame de la créature d'Evanya. Après quelques échanges, le Lion d'Or se jugea déjà meilleur bretteur que lui et doté d'une force manifestement supérieure à la sienne.

Quant à la garde, elle reprenait lentement mais sûrement l'ascendant. Les pertes commençaient à être plus flagrantes parmi l'envahisseur brigand. Il était plutôt surprenant de constater qu'un seul homme était capable de redonner courage et espoir à une poignée d'hommes par sa stature et le son de sa voix dominante. A vrai dire, l'un des soldats avait évoqué la justice de Sëleucos Critias. La phase de transition semblait douloureuse pour l'Armée d'Oryenna et cette dernière semblait toujours espérer un retour en fanfare de ce dernier. Il manquait indéniablement ce pilier de légende afin de coordiner la suprématie défensive d'Oryenna. Sans sa disparition, cette scène se déroulerait-elle actuellement ? Oryenna était de plus en plus en proie à l'anarchie et pour cette fois, les rues du Quartier commerçant semblait devoir, pour ou contre son gré, se contenter de l'intervention du Lion d'Or. Des rumeurs s'étaient lancés quant à sa présence récente dans la Cité de l'Aurore. Rappelons simplement que depuis deux ans, le Chevalier d'Astalith n'avait plus laissé la moindre nouvelle dans le domaine mondain de son pays.

Je me demande bien comment tu as pu venir à bout d'un jeune garçon comme lui. lança-t-il, l'air provocateur, à Sylfäen.

A chaque pas, à chaque coup d'épée, Sylfäen était contraint de parer. Ce dernier trouvait probablement de rares occasions de tenter de l'attaquer directement mais à son tour, et malgré son armure imposante, Lysandre esquivait ou parait à son tour avec sa propre lame pour revenir encore plus fort. Visiblement, Sylfäen jouait le rôle de la gazelle tandis que Lysandre incarnait celui du roi des animaux.

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MessageSujet: Re: La main dans le sac....[Terminé]   Dim 24 Mar 2013 - 18:07

Soulever le type au rire bruyant et le transpercer comme un sac de toile ….. Boucle d'Or sait soigner ses effets .
Le Chevalier riva son regard dans le mien , j'écarquillais les yeux de surprise : il ne venait pas de me remarquer, il avait regardé le cadavre du jeune garde, il nous observait, et c'est moi qu'il avait choisi comme proie.

Lentement, je dégaine mon épée bâtarde et me met en garde . Manifestement pressé d'impressionner son auditoire , il se porte a mon contact et assène un coup de taille . La frappe est brève, rapide, précise cependant je la pare facilement . Je comprends avec un temps de retard comment j'ai pu parer la lame de ce colosse : il ne met pas de force dans ses coups, il me jauge.

Je décide de donner tout ce que j'ai, je bondis, esquive, feinte, en vain . Son style est classique, sa garde ferme, c'est un bretteur d'exception . Les dents serrées , je n'ai pour commentaire qu'un juron étouffé .
Pourquoi faut-il toujours que les meilleurs éléments se retrouvent avec une lame pointée vers moi ?
Il repasse à l'attaque, je me dérobe, il dévie mes bottes presque sans y faire attention, aucune contre-attaque ne l'atteint . Ployant sous la pluie de coup, je recule, cédant du terrain petit à petit alors que nos lames continuent à exécuter leur danse mortelle .Soudain, ma botte gauche bute contre un objet, je tombe à la renverse sur les pavés mouillés . Tournant la tête , je cherche des yeux la raison de ma perte imminente .
Vision d'horreur. Un visage juvénile et ensanglanté me sourit, mais ce sourire est étrange....Ah oui ! Je sais pourquoi : il s'étend d'une oreille à l'autre et est parfaitement lisse .
Je jure en reconnaissant le visage du gamin que j'ai tué un instant plus tôt. Même après sa mort, ce garde trouve le moyen de m'entraver et il me nargue avec son sourire macabre, l'air à jamais moqueur .
Reprenant mes esprits une seconde trop tard,je me rappelle que je suis en plein duel, j'entends plus que je ne vois la lame décrire un arc de cercle vers mon torse. Pas le choix, il va falloir être irrégulier. Attrapant ma lame de la main gauche, je lève mon épée à l'horizontale au dessus de a tête.

Je ferme les yeux une fraction de seconde avant l'impact. Avec un affreux crissement, je sens ma lame voler en éclats, des fragments de d'acier acérés se fichant dans ma paume alors que le choc m'ébranle tout entier.
J'étouffe un cri de douleur sous la violence de l'impact mais ma parade a eu l'effet escompté : le chevalier est surpris, pensant sans doute 'achever ainsi il n'a pas préparé de parade à une contre-attaque éventuelle, il hésite une seconde de trop, ce qui me laisse le temps de rouler hors de portée de sa lame . Je me relève souplement, du moins j'essaie, et je recule,en faisant attention à mes pieds cette fois, ma main ensanglantée repliée contre mon ventre.
« Tu voulais savoir comment j'avais tué le garde que tu as vu n'est-ce pas ? Je vais te montrer ce qui m'a permis de les tuer , lui et tant d'autres »

Raffermissant ma prise sur ce qu'il reste de mon épée , je m'élance vers le Lion d'Or.
Je vois dans ses yeux qu'il devine ma trajectoire, il se positionne pour un coup d'estoc, il veut m'embrocher comme l'autre.
Six pas.
Je lève les quinze pouces restants de ma lame au dessus de ma tête, courant droit sur lui.
Quatre pas .
Mon visage est déformé par la haine, je pousse un hurlement inarticulé.
Trois pas.
Il répartit son poids sur l'avant de son corps, prêt à l'impact.
Un pas.
Je dévie brutalement ma course sur sa droite, écartant sa lame avec ma garde . Pendant une fraction de seconde, il est surpris, désorienté. Puis, stoppant net mon hurlement factice, j'écrase ma main blessée de toutes mes forces sur son visage. Poussant un juron sonore, le Lion d'Or essaie en vain de se débarrasser du sang qui empoisse ses yeux. Sans lui laisser plus de temps, je projette violemment mon genou dans ses côtes. Plié sous l'impact, le chevalier d'Astalith cherche son souffle.
Alors, je me penche à son oreille et murmure d'une voix douce :

« La ruse, chevalier, c'est la ruse qui permet de survivre. »

Alors, je lui assène un formidable coup de pommeau à la tempe, le faisant tomber sur les pavés.
Je lève les yeux sur le carnage environnant : je suis le seul mercenaire en vie, deux soldats remarquent que je respire encore .Sans un regard pour le chevalier gisant, je tourne les talons et m'enfonce dans la nuit des ruelles, les deux gardes sur mes talons....
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MessageSujet: Re: La main dans le sac....[Terminé]   Lun 29 Avr 2013 - 20:43

Lorsque je n'entend plus que mes propres bottes sur les pavés , je m'arrête pour reprendre mon souffle . Il me reste deux gardes sur les talons . Vraiment une sale nuit . Cependant , l'encre qui a depuis longtemps recouvert la Cité pourrait bien être mon meilleur atout ...

Immobile derrière un porche, j'attend. J'entend faiblement des pas et une respiration essoufflée, à quelques rues d'ici. Ça vient dans ma direction. À mesure que le bruit se rapproche, je me plaque le plus possible contre la pierre froide et retiens mon souffle.

Voilà le garde , l'air hagard , il erre au hasard dans la ruelle sombre . Souple comme un chat , je bondis sur son dos et la plaque au sol . Pour être sûr qu'il ne tentera pas de se relever , j'enfonce profondément mon couteau de chasse dans sa cuisse droite .

"Bravo, tu viens de trouver celui que tu cherchais. Comme il serait malpoli de ne pas faire la conversation à un homme qui a tant couru pour me rencontrer, je vais te poser quelques questions."

"Crève, chien, je dis rien aux félons de ton engeance !"

Avec un soupir, je raffermis ma prise sur le manche de mon couteau et tire violemment, déchirant la chair le long de de sa jambe. Pour étouffer son hurlement, j'écrase sans ménagement son visage sur les pavés humides .

"J'espère que l'acier te rappelle la courtoisie, puisque les mots ne suffisent pas."

Je ponctue mes mots de torsions de ma lame pour accentuer mon propos . Devenu subitement plus enclin à coopérer , le garde geint :

"Vos questions , je repondrais , je vous jure"

"Voilà qui est dejà plus digne d'un homme civilisé ." répondis-je , acerbe . "Bon , alors tout d'abord , comment se fait-il que toi et ta charmante bande de godelureaux soyez tombés sur nous comme par enchantement ?"

"O-on savait que vous seriez la. "

"Tiens donc , et je suppose que cette nouvelle ne vous à pas été délivrée par un quelconque crieur public ...? "

Cette fois, il met du temps à répondre, alors je termine mon entaille jusqu'au haut de sa cuisse. Point ému par ses cris, je demande à nouveau:

"Je déteste répéter. Qui vous a mis au courant ?"

"Les frères Myrhel m'sieur , ils viennent souvent voir le capitaine à la caserne ."

Pendant un moment, je reste interdit. Les frères Myrhel ? Mais mes clients pour ce soir étaient justement ....

"Les Myrhel sont des trafiquants, le sais-tu ? Ce sont eux qui ont employé tous les mercenaires présents cette nuit. C'était leur transaction. Pourquoi voudraient-ils faire capoter leur propre petit commerce ?"

"Ben, je suis pas sûr m'sieur, c'est des bruits de couloir, des rumeurs, je sais pas si c'est fiable les choses comme ça et...."

Pour interrompre son propre égarement, je le ramène à la réalité de mon couteau planté dans sa cuisse, entamant une nouvelle entaille.

"D'accord ! D'accord ! Arrêtez ! Il se dit que le capitaine les couvre et ferme les yeux sur leur commerce. De temps en temps ils mettent en place une fausse cargaison, engagent des épées-louées et nous donnent le lieux et l'heure. Les autres y disent que en capturant des mercenaires régulièrement , le capitaine espère avoir de l'avancement."

Voilà qui expliquait les caisses remplies de fourrage. On s'était joué de nous. On nous avait vendu comme du bétail, en guise de pot-de-vin. J'avais une méchante envie de tuer, subitement. Alors , enserrant la tête du garde dans mon bras replié, j'exercais une torsion jusqu'à ce que je sente un craquement et que ses jambes ne remuent plus. Une chose de faite. Restait le second garde. Personne ne devait savoir qu'un des mercenaires n'était pas mort, surtout pas mes employeurs. Je jette un regard au cadavre du garde, ses chaussés déchirées et ensanglantées. Il allait falloir faire vite.

Dans la nuit, le garde marche lentement, l'arme au poing. Il a peur, il a entendu les cris de l'autre, Perkin qu'il s'appelait. Le mercenaire est peut-être là, dans l'ombre. Mais l'ombre est partout à cette satanée heure ! Alors , avec un juron, il remarque une silhouette claudicante, appuyée contre un mur.

"P-perkin ?"

Après un temps d'observation méfiante, il reconnaît avec soulagement un bouclier et une lance sur champ bleu, la héraldique de la Garde. Cherchant du regard la cause du boitement de ce garde, il remarque alors les profondes entailles dans ses chausses, à la jambe droite, et les gouttes vermeil qui tombent encore sur les pavés.

"Bon dieu, Perkin, t'es blessé ! Vient là, appuie-toi sur moi ."

Alors qu'il soutient le blessé, le garde ressent une douleur aiguë à la base du cou. Il essaie de crier mais le sang ne produit qu'un gargouillement étranglé dans sa bouche. Dans un dernier souffle, il tourne la tête vers Perkin.
Ce n'est pas Perkin. Le visage porte une balafre et a des oreilles trop pointues pour un humain. Le visage s'estompe, puis plus rien, les pavés froids disparaissent aussi, le néant.

Je me débarrasse des vêtements à la hate, c'est fou ce qu'on attrape chaud dans ces surcôts de la Garde.
Bon, j'ai du pain sur la planche. Mais je sais où commencer mon travail, j'ai déjà le nom de ma cible. J'en connais qui vont être désagréablement surpris de me voir encore en vie...
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