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 Histoire d'Ephaëlya

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Maitre d'Ephaëlya
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MessageSujet: Histoire d'Ephaëlya   Mar 23 Avr 2013 - 3:17

Histoire d'Ephaëlya



I. Introduction

Nous  voici plongés en l’an 243. Pourquoi 243 années, nous direz-vous? Car c’est le laps de temps qui nous sépare d'une guerre épique qui a eu lieu auparavant. A cette époque, les Nains, les Elfes, les Vampires, les Loups-garous et les Humains avaient tous un ennemi en commun. Des Divinités gigantesques qui mécontentes du monde dans lequel nous évoluions ont décidé de nous anéantir. Les Titans. Ces êtres, surpuissants, possédaient un pouvoir dévastateur capable de réduire en poussière n’importe quel être vivant. Cela effrayait toute la population d'Ephaëlya qui tant bien que mal, devait se mesurer à eux. Même les Vampires qui, immortels et capables de beaucoup, durent s’avouer vaincus dès les premières joutes. Ces races qui autrefois vivaient dans une disharmonie totale devaient désormais se battre ensemble et rassembler leurs forces. Mais ce combat était bien inégal et petit à petit, la population d'Ephaëlya se vit décimée. Aujourd'hui encore nous retrouvons des écrits de cette époque qui marqua toute une génération de gens.



II. La Résistance du "Sud"

Des semaines et des semaines passèrent sans qu'il n'y ai aucun résultat. Les Titans étaient une centaine et se répartissaient toutes les régions d'Ephaëlya. Il n'y avait pas vraiment de Dieu. Certaines races avaient des croyances propres à elles mais elles n'étaient régies que par l'imagination collective. Or, et c'était la première fois depuis la naissance de notre monde, l'apparition de ces Divinités provoquaient des réactions de peur et d'étonnement. Ainsi pouvait-il exister de telles forces descendant du ciel pour tout anéantir? Et si ils n'étaient pas les seuls? Et si une puissance bien plus grande les attendait encore?

Deux mois après le commencement de cette guerre (qu'on appelle désormais Guerre des Titans), une alliance se forma dans les régions où il y avait le plus de dégâts : celles du Sud. Bien que pour le moment, les Titans ne faisaient que piller, massacrer et détruire les bâtiments des villes, tout le monde savait au fond que ça ne durerait pas. Ils allaient forcément passer à la vitesse supérieure. Les Titans allaient finir par ne plus se contenter seulement de la population ou des constructions. Tout le monde craignait d'une fin du monde imminente, les plus pessimistes comme les plus optimistes. C'est pourquoi cette alliance fut créée et dirigée d'une main de fer par Rik Garaz, un nain bercé dès son plus jeune âge dans les combats à la hache. Fier d'une petite armée d'une quinzaine de nains, Rik Garaz se définissait comme "résistant". Très vite, cette association qui n'avait pour promesse que de défendre leur village, se vit accroître d'une manière démesurée. Au fil des jours et des semaines, c'était plus de vingt mille courageux et courageuses qui rejoignaient ce qu'on appelait désormais la "Résistance du Sud". D'abord luttant avec de simples armes et dans leur propre région, ces gens venus de tous les horizons d'Ephaëlya et appartenant à toutes les races ne faisaient toujours pas le poids face aux Titans qui voyaient leur nombre grandir eux aussi chaque jour un peu plus. Ces fiers membres venant du Sud d'Ephaëlya combattaient maintenant avec des armes à feux, des catapultes, des constructions de défense incroyables et même de la magie.

Rik Garaz et son armée parvinrent tant bien que mal à faire plier quelques Titans mais surtout, ils réussirent à protéger une grande partie d'Ephaëlya.



III. La Destruction d'Ephaëlya

Malgré tous les efforts de la Résistance du Sud et de leur meneur pour défendre les contrées d'Ephaëlya, les Titans redoublèrent d'efficacité et arrivaient peu à peu à leur fin. Leur but était clair et connu de tous : détruire notre monde. Les raisons de cette haine divine n'étaient qu'un crépitement dans le son assourdissant de la mort qui écrasait les oreilles de la population. Personne ne cherchait à savoir, tout le monde cherchait à survivre. Peu à peu, il y eu des pillages de la part des propres habitants dans les rues, les quartiers, les villes toutes entières. Une anarchie monstrueuse s'était établie au sein du monde et les gens luttaient pour survivre. Les Titans ne parlaient jamais, ils grognaient et hurlaient des bruits sourds lorsqu'ils assénaient leurs pouvoirs ou leur coups de hache. Ils étaient comme invincibles, et malgré la coalition de la Résistance du Sud ou d'autres groupes plus modestes qui se créaient dans les autres régions, ce qui devait arriver se produisit. Ephaëlya tomba.

Ce fut d'abord tout l'ouest d'Ephaëlya qui partit en fumée. A force d'affrontements, de destruction et de magie, tout était complètement détruit. Les Titans avaient une force tellement immense qu'ils firent de si grands trous dans le sol que l'eau remontait à la surface. Ainsi y avait-il de l'eau au centre de notre monde? Etait-ce cela, la fin du monde? Ephaëlya plongée dans les profondeurs d'une seule et unique mer? Et c'est bel et bien ce qui se produisit. Petit à petit, l'eau recouvrait les villes les plus proches du littoral à l'est. Andolah, Moleïnaa, Anah, et même Izrahàm , véritable capitale vampirique plongea dans les abysses. La situation était grave et l'espoir quasiment mort. Après l'est, ce fut le nord, le sud et le centre qui furent noyés. Après quelques mois de guerre à peine, on déclarait des millions de morts et une Ephaëlya en ruines.



IV. L'Appel aux armes de Quatre Représentants : l'espoir renaît

L'Est d'Ephaëlya était le dernier rempart de cette Guerre. Au-delà, les frontières étaient délimitées par de gigantesques falaises entourées d'eau. Ephaëlya n'avait de prestigieux plus que le nom et ce dernier rassemblement de contrées qui résistait. La Résistance du Sud, du moins en partie, avait trouvé refuge dans une des Cités. Désormais, Ephaëlya ne se résumait plus qu'à cinq régions bien distinctes : Oryenna, Evanya, Màvreah, Angaïla et Thaodia. Mais c'est principalement par l'ouest de Màvreah que le danger émanait.

Toute la population d'Ephaëlya destinée à être unie au moins le temps de cette guerre avait porté tout son espoir sur la dernière idée qu'ils pouvaient exploiter : élire cinq représentants, une pour chaque race, qui guideraient avec plus de facilité les gens vers la marche à suivre. Il fallait des meneurs, comme l'avait démontrer la Résistance du Sud et Rik Garaz. Ainsi quatre noms sonnèrent comme des évidences. Tous excellaient dans le combat, le soutien et la qualité des discours qu'ils prônaient. Ainsi Sëleucos Critias, Général de l'armée humaine fut proclamé représentant des droits humains et de la région qu'on lui affiliait, Oryenna. Sophie-Anne Ancestry, fille de la très populaire Symphonie Ancestry, reprit le flambeau de sa mère et devint à son tour Impératrice de la Cité d'Ambroisie et représentante des droits vampiriques. Fáliadëa Niodë fut élue représentante des droits elfiques et Grande Prêtresse d'Evanya et remplaça donc la regrettée Legil-Gawen Sen'. Néhémiah, ancienne sous-cheftaine de la Résistance du Sud (ceci n'étant plus puisque inutile), fut nommée représentante de la contrée de Angaïla et des droits des nains. Quant au représentant de Thaodia, il n'y en avait pas. Ils furent nombreux à se tirer dans les pattes et la situation resta inchangée jusqu'à maintenant.

Les quatre représentants faisaient l'unanimité dans les contrées qu'on leur avait attribuées. Très vite, ils s'étaient mis d'accord sur la marche à suivre. L'appel aux armes. Tous allaient lutter activement contre le fléau que représentait les Titans. Ainsi, toutes les armées composées de forgerons, de bouchers, de professeurs, d'agriculteurs, tous se dirigèrent vers l'ouest de Màvreah pour défendre Ephaëlya. Grâce aux puissances rassemblées, ils arrivaient à diminuer l'avancée des Titans durant plusieurs semaines.



V. Les cinq Divinités et le "Freyja"

Les derniers jours d'Ephaëlya sonnaient. Même si les forces rassemblées et les représentants nommés avaient crée un véritable espoir dans le cœur de tous, l'aventure ultime touchait à sa fin. Une partie de Màvreah avait été entamée. L'espoir qui s'effaçait ne résidait pas dans la cause de cette perte de territoire mais plutôt dans sa conséquence. En trois semaines, les trois quarts des armées furent décimées. Par chance, les représentants étaient eux toujours en vie mais ils n'étaient plus d'aucune utilité. La retraite ou la mort, c'était au fond le même choix.

Lors d'une nuit glaciale, alors que la lutte contre les Titans allait toucher à sa fin, une gigantesque masse bleue apparut dans le ciel. Seconde après seconde, elle grossissait puis se détachait finalement en cinq masses bleues. Les Titans, eux aussi intrigués par cet étrange phénomène, arrêtèrent le combat et regardèrent la source de toutes les attentions. Etaient-ce là des comètes? Des boules de magie d'autres Titans, une aide quelconque ? Plus ces masses se rapprochaient et plus on en distinguait les contours. C'était des sortes d'aura bleues qui entouraient ce qui semblaient être des êtres vivants. Néhémiah qui avait grimpé sur le toit d'une auberge plissa les yeux pour mieux comprendre la nature de ces masses. Mais à peine eut-elle le temps de s'exclamer qu'en une fraction de secondes, il y eu une gigantesque explosion. Tout devint bleu puis blanc, un son horrible perça les tympans de tous. Vampires, humains, nains, elfes, loups-garous, ils tombèrent tous au sol. Certains se tenaient même les oreilles, de douleur. Puis peu à peu, la fumée bleue se dégagea et les oreilles se débouchèrent. Ce fut alors un spectacle extraordinaire qui se joua devant eux.

Quatre femmes et un homme étaient apparus. Ils émanaient une telle puissance que tous sentaient leur corps se mollir petit à petit. Cette sensation était à la fois étrange, dérangeante mais passionnante. Qui étaient donc ces cinq personnes? Ce n'étaient pas des gens comme eux, ils en étaient sûrs. Et pour cause, elles étaient toutes des Divinités.


Les milliers de fiers courageux qui avaient survécus aux nombreux assauts des Titans observaient l'étrange phénomène. Ce fut la Divinité Sên qui s'élanca la première vers les centaines de Titans qui s'étaient regroupés pour ne former qu'un groupe contact. Ces derniers ne parlaient toujours pas, mais semblaient moins étonnés que les humains, vampires, nains, elfes et loups-garous qui regardaient la scène. Les Titans semblaient savoir qui étaient ces Divinités. Sên, quasiment nue sous quelques feuillages, courut à grandes enjambées vers les Titans postés à deux cent mètres. Lorsqu'elle courrait, la Déesse provoquait une désagréable sensation dans les oreilles, comme un bourdonnement incessant. Elle sauta brusquement du sol et s'envola dans les airs. De là haut, elle leva sa main droite au ciel et quelque chose d'extraordinaire se déroula. Il y eut une grande lumière verte qui jaillit des forêts environnantes et bientôt, dans la pénombre de la nuit, on vit des branches, des arbres, de la verdure toute entière se lever au dessus des forêts. Comme si, dans une rafale tourbillonnante, ces arbres et des parties de la forêt étaient aimantées vers le ciel. Toujours dans les airs, Sên abaissa son bras tendu vers les Titans. Dans un énorme craquement sonore et une autre lumière verte, tous ces arbres et ces bouts de forêts foncèrent sur les Titans. En quelques secondes à peine, il y eut un grand choc et une épaisse fumée s'abattait autour des Titans. Ce puissant sort de la Divinité Sên avait-il marché? Sans nul doute, elle était proche de la nature et des éléments. Puis la fumée se dissipa, et tout le monde put constater que malheureusement, les Titans étaient toujours là et étaient bien trop imposant pour être réellement blessés par de tels projectiles. Même si il est vrai, certains avaient été touchés.

La rumeur se répendait. Apparemment, ces personnages uniques étaient bien des Divinités,proclamait Fáliadëa Niodë. Elle avait lu ça dans de vieux grimoires. Et cette technique que Sên avait utilisé s'appelait le Freyja. C'était un sort spécial dont chaque Divinité était l'unique propriétaire. Le Freyja de Sên était imposant mais n'avait pas suffit. C'était au tour de Calydon...

Calydon était la Divinité la plus sombre. Elle était associée aux vampires dans de très anciens récits Ephaëlyens. Vêtue d'une robe noire, elle se camouflait dans cette nuit noire profonde et intense. Une douce mélodie planait au dessus des têtes de chacun. Comme si de Calydon émanait un rythme mélancolique. Elle faisait froid dans le dos, et on entendait plus un bruit. Ses yeux perçants fixés sur les Titans, qui jusque là prenaient les Divinités comme une attraction, étaient emplis de calme et de sereinement. Un paradoxe lorsque l'on ressentait la puissante aura de la Divinité. Elle leva son bras au ciel, tendu, comme un coup de poignard dans le flanc. Elle abattait sa carte fétiche. Pendant une quinzaine de secondes, il n'y eut absolument rien. Pas une once de magie ni d'effets. Les vampires et les humains se regardaient entre eux, certains nains rigolaient même de la situation, par dépit sûrement. Puis tout à coup, il y eut un craquement. Un craquement beaucoup moins fort que celui de Sên. Les quelques reflets de la lune disparurent, tout comme l'astre quelque secondes après. petit à petit, l'obscurité devenait omniprésente, étouffante. La pénombre s'étalait désormais dans tous les coins et recoins de Màvreah. Il était devenu impossible de voir ne serait-ce qu'à quelques centimètres de soi. Il y eut des hurlements de stupeur, des cris, des paroles. Une véritable panique s'emparait de tout le monde. Brusquement, le sol se dérobait sous les pieds des milliers de soldats encore vivants.  A ceci s'ajoutait un vacarme considérable, comme si le monde se mettait à trembler. Ils sentaient le par-terre devenir moins dur, comme du sable, puis leurs pieds s'enfoncer. Après quelques secondes de panique générale, le bruit diminua et le sol arrêta de fuir. Cependant, au loin se faisait entendre les hurlements des Titans qui apparemment s'embourbaient encore dans cet espèce de sable mouvant. La cécité était totale, ce qui crispait tout le monde, même les quatre représentants.

Cinq minutes plus tard. La clarté de l'obscurité revint. Les Divinités n'étaient plus là. Tout comme les Titans. A leur place se trouvaient de grands trous dans le sol. Quelques années plus tard, ces derniers souvenirs de Màvreah tombèrent dans l'eau, emportant sûrement les cadavres de Titans avec.



VI. Fin de la Guerre des Titans, le début d'une nouvelle ère.

Contre toute attente, cette guerre était finie. Et ce grâce à l'aide de ces Divinités. Pourquoi étaient-elles venues ? Pourquoi jusqu'à maintenant n'étaient-elles restées que de simples légendes ? Tant de questions, et tant de réponses furent proposées par beaucoup de monde. Mais l'heure était à la fête. Et le temps de quelques jours, un bonheur immense régnait en tout Ephaëlya. Toutes les races, tous les peuples fêtaient ensemble la fin de cette épreuve qui dura un peu moins d'un an.

Communément, les quatre représentants décidèrent de prolonger ces alliances entre eux et de garder leur poste de représentant. Après de tels événements, tous méritaient du repos. Ainsi les quatre représentants, qui s'étaient partagés quatre zones distinctes, vinrent rejoindre ces dernières accompagnés de leur peuple. Tout était enfin fini. A ce jour, peu d'entre nous savent réellement pourquoi les Titans sont venus en Ephaëlya tenter de détruire notre peuple et notre monde, et pourquoi les Divinités sont venues nous sauver de ce chaos certain. Peut-être qu'au large d'Ephaëlya existe-t-il encore certaines de nos anciennes contrées...



VII. Lutte de pouvoir en Thaodia

A partir du jour de la fin de la guerre, l'année zéro fut comptée. La Guerre des Titans avait non seulement marqué à jamais les esprits de tous, mais avait aussi fait réagir l'ensemble des races. Bien que tous étaient contre les Titans, la majorité trouvaient le fond du message louable. Que faisaient-ils, à part détruire le monde et s’entre-tuer ? Ne pouvait-on pas vivre tous ensemble, et faire d'une utopie futuriste un véritable présent? C'est ce que Angaïla, Oryenna, Màvreah et Evanya s'étaient résignés à faire. Cependant, Thaodia avait bien du mal à sortir de l'ombre et à s'imposer. Thaodia était nouvelle, et anciennement terre des humains, les loups-garous ne commençaient qu'à trouver leurs marques dessus.

Au bout de maintes tentatives de conquête du pouvoir qui restèrent sans succès, il y eut deux ans sans aucun représentant. Certains s'y essayaient mais ils ne réussissaient jamais. Puis vint un homme qui allait à jamais marquer Thaodia de sa patte. Son nom, Drack Longshadow. A l'origine de sa célèbre "Meute de Drack" et du village qu'il avait construit dans les marécages, Drack était aussi et surtout un représentant modèle et bien plus étincelant et qualifié que ses anciens prétendants. Drack était imposant, c'était un homme bien bâti et très beau qui avait été élu par une grande majorité du peuple. Sa forme animale était toute aussi belle, un loup au poil noir magnifique. On lui prêta des aventures avec Elizabeth Ancestry, la sœur cadette de Sophie-Anne ou bien encore l'elfe Fíriel Elundel qui subjugua les foules avec sa beauté irréelle. Drack était l'incarnation du représentant idéal. Il avait réorganisé Thaodia de manière à ce que tous les loups s'y sentent bien, avait encadré les loups les plus solitaires, aidé à la construction de nouvelles installations, s'assurait de la diplomatie en dehors de Thaodia. Il était le lycanthrope à tout faire, son sens de la justice et de l'honneur dépassait d'ailleurs les frontières. En l'an 46 pourtant, 44ans après sa nomination, il décéda d'un coup de lame dans le corps alors qu'il était sous forme animale.



VIII. Un amour impossible : Guerre de la Rivière de sang

Nous sommes le premier jour de l'An 125. Dans l'esprit de certains, la Guerre est toujours présente mais dans les nouvelles têtes une ère révolue s'instaure. Ce n'est plus une seule contrée ou quelques peuples qui changent mais le monde entier qui commence à prendre conscience que reculer ne servira à rien. Peu à peu, les mœurs de la Guerre disparaissent et une vie de paix et d'harmonie s'instaure.

Durant des années, on prêtait de nombreuses relations à la désormais célèbre Sophie-Anne Ancestry. On disait d'elle qu'elle était nymphomane, folle, et sa réputation commençait à engendrer de sérieux problèmes d'éthique. Elle qui devait représenter sa race, présente uniquement parce que sa mère avant de mourir en avait décidé ainsi, était tout aussi pathétique que n'importe quel autre vampire. Elle se délectait de sang trouvé à même les rues d'Ambroisie, volait et pillait certains commerçants, on l'avait même trouvée un jour en plein acte sexuel dans une petite ruelle avec un vulgaire malfrat. Les délires de l'Impératrice devenaient anecdotes puis très vites rumeurs pour arriver finalement aux oreilles des autres représentants qui s'offusquaient toujours mais ne faisaient rien. Après tout, pourquoi arrêter quelqu'un qui ne fait qu'effriter chaque jour un peu plus sa propre contrée? N'y avait-il pas là de l'intelligence à la laisser détruire son peuple pour le rendre moins fort et moins apte à quelconque assaut? C'est en tout cas ce que se disait le peuple. Il fallait aussi avouer que tout ceci n'avait quasiment aucune conséquence directe sur le pouvoir, l'économie ou la réputation de Màvreah, il valait donc mieux laisser couler.

Ce premier jour de l'An 125 fut marqué par une nouvelle qui allait défrayer la chronique. Sophie-Anne était partie en Evanya disait-elle pour "affaires privées" et il se trouvait justement que deux archers de la Garde d'Evanya suivaient l'Impératrice de près. Même si personne ne pouvait rien faire contre l'élection de Sophie-Anne ou le fait qu'on puisse éventuellement la faire partir à coups de pieux, il était de bon ton de savoir ce qu'elle faisait et si elle ne dépassait pas certaines limites lorsqu'elle se déplaçait dans d'autres territoires que le sien. Màvreah, personne n'y mettait jamais vraiment les pieds mis à part les vampires eux-mêmes qui n'avaient d'adoration que pour cette contrée. C'est près de  l'Embarcadère d'Iôl que les deux archers retrouvèrent Sophie-Anne en vadrouille assise sur le ponton. Cette nuit-là, assise les pieds dans l'eau, elle n'était pas seule. A côté d'elle se tenait une femme, une elfe à en juger la taille inhumaine de ses oreilles. Il leur fallut attendre minuit pour les voir partir toutes les deux, main dans la main et en plein jeu de lèvres pour qu'ils se rendent compte que la seconde personne n'était autre que Níniel , une prêtresse très célèbre en Evanya pour sa magie occulte et les nombreux galas qu'elle organisait. Níniel représentait le visage d'Evanya lorsque Fáliadëa Niodë ou Elbereth Naëla étaient absentes. Ainsi étaient-elles ensemble? Que voulaient dire ces baisers et ces élans de tendresse? On connaissait l'Impératrice très volage, tandis que Níniel semblait être l'exact opposé. Elle était douce, très calme et surtout très appréciée de la population elfique. Qu'aurait-bien pu dire tous ces elfes qui croyaient en la hiérarchie de leur contrée mais aussi en toute cette idéologie qui leur était propre? C'était impensable, et pour cause, les deux archers, porteurs d'un message qu'ils jugeaient urgent, allèrent réveiller Fáliadëa Niodë en pleine nuit.

Une semaine après, tous les peuples d'Ephaëlya connaissaient cette idylle désormais révélée au grand jour. Et là où certains se déchainaient sur l'immonde aventure de cette passion qu'on prenait comme un appel à la guerre, d'autres voyaient un amour impossible qu'il fallait à tout prix défendre. Leur tendre histoire prenait des allures disproportionnées. Nous savions désormais que leur passion était réelle et qu'elles se côtoyaient très régulièrement depuis deux années. Níniel était absolument magnifique, dotée de longs cheveux blancs qui lui descendaient jusqu'à la taille, elle en aurait fait pâlir plus d'un. Cette histoire était d'autant plus remarquée qu'elle mettait en avant l'homosexualité, peu rependue en Ephaëlya et surtout chez les elfes où elle était montrée du doigt et bannie.

Tout Màvreah fut sans appel face à cette nouvelle. Il fallait que Sophie-Anne rompt cette histoire sans queue ni tête au risque d'un très fort coup d'état. L'amour que portait Sophie-Anne à la doucereuse Níniel était pourtant véritable. Du côté d'Evanya, la situation était catastrophique. Le problème qui se révélait être intime forçait les elfes si pieux et si purs à haïr la prêtresse. Plus embêtant encore, ils commencèrent à remettre en cause la hiérarchie toute entière d'Evanya. La paix et l'union entre les peuples, vous ai-je dit? Fáliadëa Niodë prit une décision radicale. Elle enferma sur le champ Níniel et quelques jours à peine après son emprisonnement, elle fut exilée sur l'Île d'Athël en Evanya dans l'attente d'un procès de la haute hiérarchie elfique. Sophie-Anne quant à elle était bloquée en Mèavreah, consternée par ce qu'elle entendait mais bloquée dans sa contrée par une emprise morale très forte du peuple. Leur histoire ne passionnait plus, elle déchirait petit à petit la paix d'Ephaëlya qui était devenue banalité. Bientôt, on annonçait la peine de mort pour Níniel. Une mesure radicale pour un acte que l'on jugeait tout aussi radical. On avait découvert ces derniers jours que la prêtresse avait échangé des informations avec le peuple vampirique et qu'elle avait entre autre fait don de nombre de ses savoirs à des prêtres indépendantsen Ambroisie. Elle fut tuée sur l'Île d'Athël trois jours après son exil, l'exécution avait été orchestrée par Fáliadëa Niodë qui s'excusait de la manière si abrupte de tuer cette femme mais expliquait, disait-elle, que cet acte était anodin chez les elfes et qu'ils ne pouvaient que s'y plier parce que la situation l'imposait.

L'amour entre les deux femmes était apparemment plus fort que ne laissait imaginer l'hypocrite vérité. Il n'y avait pas de méchant dans l'histoire, Fáliadëa Niodë était une femme droite et admirable et elle n'avait pas été la seule à juger cette prêtresse autrefois si aimée inapte à la vie. C'était comme ceci, en Ephaëlya, hormis en Thaodia où le pouvoir n'était toujours pas clairement établit. La destruction de leur couple et l'exécution de la jeune elfe détruisit complètement Sophie-Anne Ancestry. Durant des mois, elle ne fit que pleurer la perte de celle qu'elle avait, disait-elle, tant aimé. Un temps folle de désespoir et de tristesse, elle se targuait ensuite de déclarer la guerre à toute la communauté Elfique. En 126, un peu moins d'une année après ce qu'il s'était passé, l'Impératrice munie de fidèles vampires envahirent l'extrémité ouest d'Evanya.



IX. Le Conseil du Freyja : dans la peau de Elbereth Naëla

Un an d'une guerre silencieuse s'écoula en Ephaëlya. Nous sommes en 127 et depuis une année les choses s'aggravent en Evanya. Nous soupçonnons les vampires de nombreux meurtres en notre territoire mais nous ne pouvons l'établir clairement. Quand bien même, nous ne sommes pas assez forts ni assez nombreux pour tenter quelconque assaut de notre côté. Notre société se base sur la justice et la paix et nous ferons tout pour la rétablir. L'Impératrice et ses nombreuses troupes se calmeront d'ici peu. Cela ne peut continuer éternellement, c'est impossible. De plus, Nature nous protège et nous pouvons y déverser notre foi. Nous savons pertinemment que plus le temps avance et plus nous nous écrasons contre une guerre qui s'annonce certaine. Mais si guerre il y a, nous ne serons pas les premiers assaillants.

Depuis la Guerre des Titans, nous n'avions jamais eu de nouvelles des cinq divinités venues sur la terre ferme pour nous défendre contre l'assaut des Titans. Puis il y a deux jours, Dame Fáliadëa Niodë nous a clairement fait savoir qu'elle avait eu un message qui semblait provenir du Divin. Je n'en sais pas plus et je ne souhaite pas en connaître davantage. Nous avons simplement rendez-vous ce soir près de la statue des combattants en Evanya. C'est tout proche d'ici, je suivrai ma Dame en cheval et veillerai à ses arrières. Puisse le voyage être rapide et sans inconvénients, j'en appelle à Mère Nature.

J'enfourche mon cheval et nous partons vers le lieu annoncé deux jours plus tôt. La veille nous fîmes un entraînement d'élocution avec Dame Fáliadëa Niodë. Elle disait que nous allions rencontrer tous les représentants et les sous-représentants de chaque race et que je devais être irréprochable. Bien sûr, je n'avais pas cherché à comprendre. Ce que ma Dame ordonne, je le fais. C'est un esprit de respect et non de soumission, je lui donnerai mon âme si elle en avait le besoin. Je savais dès lors que ce rendez-vous allait avoir pour thème Níniel et la passion virulente de l'Impératrice des vampires. Je ne cautionnais pas cet amour et ne le cautionnerai jamais. Je regrette la mort de  Níniel mais les lois sont les lois et la trahison est la pire des infamies. Je descends de mon cheval dans cette belle robe fuchsia que j'arbore fièrement. Je veille à ce que celui de ma Dame ne manque de rien puis je la rejoins près de la statue. Je m'incline devant Sëleucos Critias et Mognar Germolish, assit sur une grosse pierre. Sëleucos Critias semble froid et détaché de la situation, Mognar Germolish très impatient et peu attentif à mes regards interloqués. Au loin, avec une femme se faisant surnommer "Mélancolie", Sophie-Anne L'Impératrice est assise contre un arbre et attend le début. Le début de quoi, je ne le sais pas encore. Les représentants et sous-représentants sont enfin tous là, nous attendons patiemment.

C'est alors qu'un bruit fort et sourd éclate dans mes oreilles et me fait perdre toute notion de l'espace-temps. Je vois un éclair bleu, puis un flash blanc qui semble durer une éternité. Je reprends mes esprits peu à peu et ré-ouvre les yeux, apeurée et interloquée. De l'étincelante obscurité descend alors une femme qui semble aussi légère que la brise caressant mes oreilles. Elle est entièrement nue si ce n'est l'infime étoffe qui cache la convoitise des mâles. Je regarde ce spectacle avec une telle admiration, j'aimerais être comme elle. J'aimerais être aussi belle qu'elle, aussi imposante qu'elle. Son corps voluptueux tombe peu à peu du ciel où elle était perchée pour arriver jusqu'à nous. Sa chevelure châtain et bouclée s'étale contre tout son visage, penché contre le sol comme si nous n'existions pas. Elle est magnifique, est-ce donc cela une Divinité? Ses pieds touchent enfin le sol et à ce moment précis je sens une vive sensation de bien-être dans mon corps, s'étendant de ma tête jusqu'au creux de mes cuisses. Je ne comprends guère la situation mais j'aime ce que je vois et ce que je ressens. J'essaie d'inspecter ma Dame mais elle ne semble pas avoir le même plaisir que le mien. La Divinité semble illuminée de toute part. Bientôt une brume épaisse avalait chaque centimètre carré de notre espace et nous fîmes transportés d'un coup d'un seul dans un autre lieu.

Etait-ce de la magie? Je ne vois plus de statue, ni-même les autres. Il y a dans l'air un parfum de rose très fort. Il est si fort qu'il me brûle les narines. Peu à peu, l'odeur s'estompe et je semble m'y habituer. Je suis plongée dans un noir complet et l'obscurité me fait tressaillir. J'entends des exclamations, des cris, des bavardages. A côté de moi je reconnais l'odeur de ma Dame, un peu plus loin la voix haut perchée de Mélancolie. J'ai l'impression d'être plongée dans l'infini, j'ai l'impression de pouvoir voir mais je ne vois rien. J'ai les yeux ouverts, je le jurerai. Petit à petit se dessine un corps à quelques mètres au devant, c'est celui de la femme descendue du ciel il y a quelques instants. Je peux entendre des acclamations près de moi, les gens ont l'air heureux. Nous devions être une dizaine, mais pourquoi je ne les voyais pas?

" Ilaen' sag malyu seäen, kay'si't er d'aelë Malanée. "

Je ne comprends aucune de ses paroles mais ses mots s'écoulent en moi comme un nectar divin. Je bois ses lettres et chaque son qui sort de sa bouche. Elle semble se présenter, elle s'appelle Malanée. Je suis envoûtée par sa prestance et son corps qui rend mes muscles flasques et sans intérêt. Je sens mon cœur arrêter de battre lorsqu'elle parle dans une langue qui doit être celle des Dieux.

" Ma peine est immense et mon espoir s'estompe, la haine pure brûle le bout de mes lèvres... "

Une masse indistincte remplaçant Malanée vient d'apparaître. Je ne reconnais pas la voix mais bientôt je découvre son corps en entier. Il s'agit de Calydon, c'est la plus célèbre des Divinités. Ses mots résonnent en moi avec une dureté étrange. Elle ne me fait pas l'effet, et je crois qu'elle m'effraie. Ses longs cheveux noirs descendent nonchalamment le long de son corps pâle et sans vie. Elle n'est pas laide, au contraire, mais elle dresse en moi une peur incontrôlable et une envie de fuite. A n'en pas douter, Calydon est en colère. Je veux y réfléchir davantage mais voilà qu'une autre forme apparaît à sa place...

" La paix dans votre âme et l'amour dans votre cœur, soyez tous pardonnés. Sên. "

Je connais aussi cette Divinité, Sên. Elle est exactement comme dans mon esprit : quasiment nue, avec quelques feuillages autour de son corps taillé magnifiquement et sa voix siffle dans mes oreilles comme un petit son enchanteur. Sên finit par une courbette et je ne peux que m'extasier devant une telle beauté, aussi resplendissante qu'agréable à écouter. Son avis a l'air moins tranché, peut-être pourra-t-elle nous expliquer avec plus de calme pourquoi nous sommes ici. Puis vint le tour d'une autre Divinité...

" Je préfèrerais être mortel que de voir un tel chaos. "

Il me semble reconnaître Morwën mais je n'en suis pas certaine. J'entends ma Dame qui me le confirme et je souris. Il est très déstabilisant, au centre de nos attentions et dans ce noir toujours total ; il est une véritable lumière. Sa voix est douce mais ses paroles tout à fait claires. Il porte un bandeau sur les yeux, est-il aveugle? Comment une Divinité peut-elle être aveugle? Je remarque aussi des oreilles d'elfe, cela explique sans doute pourquoi Dame Fáliadëa m'a renseignée à son sujet. Alors que je réfléchis aux coïncidences qu'il y ai une Divinité pour chaque race, Morwën s'estompe peu à peu dans le noir puissant de la scène et laisse place à ce qui semble être la dernière Divinité. Des mots s'échangent tout autour de moi. Il semble que tous les représentants soient proches de moi car j'arrive à capter quelques bribes de conversations. La dernière Divinité suscite un intérêt plus profond. J'attends donc de voir, avec une excitation dont je suis complètement éprise la source de ces commérages. Des yeux jaunes très brillants percent l'obscurité et annoncent l'arrivée de la Divinité. Puis son corps tout entier est dévoilé dans un faible craquement. De grands bruits se font entendre partout autour de moi, je sens une très grande animosité tout autour. J'entends deux personnes -serait-ce les représentants lycans?- applaudir et hurler comme les loups le font, c'est la cohue la plus totale. Est-ce elle, Karìn ? J'ai entendu parler d'elle et bien évidemment, tout le monde a en tête ces trois années à la tête de Thaodia. Elle est très controversée, personne ne sait quoi en penser. Vu sa discrétion lors de ces trois années, nul doute qu'elle ne parlera pas beaucoup. Peu à peu, les voix s'estompent.

" Taisez-vous! Je me nomme Anüshka, Karìn pour les plus perspicaces -elle marque un temps- et je vous souhaite la bienvenue au Conseil du Freyja. "

Elle marque un autre temps, sa voix rauque s'affaiblit puis reprend.

" Il y a plus d'une centaine d'années, vous avez failli détruire nos Terres et tout ce que nous avions crée. Nous sommes les fondateurs d'Ephaëlya et de l'Ancien Monde, nous forgeons nos créations comme bon nous semble et sommes à l'origine de tout. Nous sommes le Début et la Fin, nous sommes la Lumière et le Chaos. Lorsque nous nous aperçûmes que nous avions échoué, que vous n'étiez alors plus que des animaux sans foi ni loi, nous avons voulu mettre un terme aux cinq pires espèces qui soient. Aussi avons-nous envoyé des Titans dans l'Ancien Monde... "

Elle ne peut finir son discours car déjà, des objections fleurissent et des bavardages naissent. J'entends Sophie-Anne, bougonnant, ma Dame aussi.

" Vous vous taisez ! Les Titans étaient un avertissement. Nous n'avions nulle envie que notre monde entier soit détruit et sommes venus arrêter nos Fils indignes de notre confiance. Juste à temps, comme vous avez pu en être tous témoins. Désormais, Ephaëlya est une zone de paix, d'humilité et d'harmonie et vous voulez encore une fois tout détruire parce que vous n'êtes pas capables de régler vos soucis personnels? Vous menacez de tout détruire pour de simples morts? Savez-vous combien de races et combien d'êtres ont foulé nos Terres? Savez-vous que face à l'immensité du temps que nous avons traversé, vous ne représentez rien? J'ai essayé de rétablir l'ordre moi-même en m'investissant personnellement en Thaodia, malheureusement le fait est là : vous recommencez, encore et toujours, dans une lutte éternelle à nourrir votre âme d'une haine sans limite et d'un irrespect profond envers vos ancêtres. "

Calydon apparaît à côté de Anüshka, souriante. Je la vois lever son bras et tendre son doigt vers quelque chose, à quelques mètres de moi. J'entends soudainement un cri, je ne comprends pas. Quelques hurlements de stupeur retentissent et au milieu de ce flot de bruits, je perçois des suffocations. Je regarde Calydon, qui sourit, toujours le doigt levé vers cette personne, puis dirige mes yeux vers cette dernière. Une vague de froid s'empare de mon corps qui devient inerte. Je tremble, je n'arrive plus à bouger et mon regard reste paralysé sur cette jeune femme qui est en train d'agoniser, quelque chose d'invisible étreignant son cou : il s'agit de Mélancolie. Bientôt, je vois ses yeux se fermer et ses cris s'arrêter. La lumière qui englobe Mélancolie, comme si les Divinités avaient le pouvoir d'éclairer le plus important, le plus dramatique,  se porte maintenant sur Sophie-Anne penchée sur Mélancolie qui semble ne plus être en vie. Je la vois, impuissante, et je n'ose libérer mes émotions de  peur de me faire remarquer. Je crois que c'est d'ailleurs le cas de tous, puisque dans ce silence trouble et amer seuls les pleurs de Sophie-Anne l'Impératrice ressortent. Je la vois, nous la voyons tous, le visage parsemé de larmes de sang et ses boucles d'or tombent sur la peau de Mélancolie. La scène me touche tellement que ma tristesse prend le pas sur ma colère, je vais me mettre à pleurer lorsque ma Dame pose la main sur mon bras. Je me sens protégée, même si je ne la vois pas.

" Qu'est-ce donc que la mort face à l'Infini ? Pensez-vous qu'il faille s'émouvoir d'une seule personne plutôt que d'un monde tout entier ? Est-ce que vous vous pensez plus important que n'importe quelle plante qui pousse sur nos Terres ? Une mort, ce n'est rien ! Je veux l'entendre ! Et qu'en dites-vous de deux, mes chers représentants ? "

Alors que Sophie-Anne semble quant à elle éprise d'une colère plus forte que la douleur qui la ronge, j'entends devant moi les cris de douleur d'une autre personne devant moi. Je quitte Anüshka des yeux, complètement interloquée et encore sous le choc, pour regarder la scène suivante. Il s'agit à n'en pas douter d'un des deux lycans que j'avais remarqué au début de la réunion. La situation m'affecte beaucoup et je me sens très mal à l'aise. Va-t-elle jouer à ce jeu longtemps? J'ai peur, j'ai peur de mourir. J'ai peur d'être repérée par les Divinités, Anüshka me fait peur. L'un des deux lycans meurt alors, du moins je le crois. J'en suis presque certaine, j'entends l'autre pleurer. Qu'est-ce qu'il se passe?

" Si la Guerre que vous menez, Sophie-Anne, contre le peuple elfique perdure, nous nous retrouverons dans l'obligation de tous vous tuer. Ce n'est pas cela que vous voulez, j'imagine ? Vous devez me trouver radicale, non ? Et vous, qu'en pensez-vous, Sëleucos Critias ? "

Je vois le Général humain apparaître à ma droite mais il ne dit mot, toujours distant face aux drames qui se jouent devant lui. Je  sens néanmoins qu'il se contient, et je pense avoir raison. Quant à moi, je suis toujours pétrifiée.

" Voilà des millénaires que nous perdurons et depuis quelques centaines d'années, vous détruisez tout. Vous assombrissez la nature, vous vous entretuez, vous ne respectez pas les autres espèces, vous faites du monde que nous avons construit pour vous un vaste terrain de jeu sans loi et sans but et vous pensez en être les maîtres. Nous avons déjà perdu une grande partie de notre Ancien Monde à cause de votre stupidité, de votre arrogance et de votre intolérance à l'égard d'une Terre qui vous héberge. Ne croyez pas que Malanée, Sên et Mowën ne soient pas en accord avec mes propos. Ils ne vous sauveront pas, pas plus que Calydon. Cent ans à peine après la Guerre des Titans, vous comptiez remettre les couverts avec la Rivière de Sang ? Pour une simple histoire d'amour, pour des choses aussi futiles que de banales émotions ? Vous me tuez, me retuez, vous me rendez folle, vous jouez avec mes nerfs comme on étripe un charreton.

Nous avons convenu qu'il serait préférable de trouver un arrangement, et c'est ce que nous avons fait. Aussi avons-nous pris, dans vos contrées respectives et plus particulièrement vos lieux d'habitations, chers Représentants, quelque chose à quoi vous teniez plus que tout au monde. Grâce à un sort de notre belle Malanée, ici présente - elle apparaît, tête baissée, puis disparaît- ces cinq objets ont été éparpillés partout en Ephaëlya, dans des lieux dont nous ignorons tous l'existence. Ce hasard complet n'a qu'un seul objectif : faire cesser vos pitreries. Puisque vous n'êtes pas capables de gérer vous même vos conflits entre gens de bonnes grâces, nous le faisons pour vous. Ces objets symbolisent vos vies, et tant qu'ils ne seront rassemblés, en un même lieu bien spécifique, vous ne pourrez vous entretuer. Que ce soit par la main d'un représentant lui-même ou de n'importe quel soldat, l'assassinat d'un Représentant est impossible. Et ceci grâce à Malanée et vos très chers objets. Le sort étant assez puissant, le lien qui vous unit reste donc figé. Le symbole de l'objet qui vous tient le plus à cœur est si fort que vous devez y comprendre ceci : votre vie ne vous appartient plus, votre mort non plus. Seule une infime partie de votre vie est contenue dans ces objets, celle de la dernière chance mais aussi de la dernière ligne droite, celle qui vous retient d'un fil à la mort qui vous rongera tôt ou tard. Elle nous appartient désormais.

Ne vous avisez pas de les retrouver, j'en appelle à votre raison. La situation actuelle est une situation d'urgence et nous faisons cela pour votre plus grand bien ! Aussi est-ce le dernier avertissement que nous vous donnons. Etant impossible pour vous de vous entretuer, la guerre des Races n'a plus lieue d'être. Vive la paix, mes Fils.
"

Je sens mon coeur battre très fort dans ma poitrine, mes yeux me brûlent et je n'entends plus rien. J'essaie de les ouvrir mais quelque chose m'en empêche, j'aimerais voir ce qu'il m'arrive et comprendre mais j'ai mal. Je souffre tellement que je m'agrippe au bras de ma Dame et j'ai l'impression de lui déchirer la peau. J'arrive à ouvrir les yeux, un peu, rien qu'un peu, et décèle un index lointain pointé sur moi, celui de Calydon il me semble. Je n'ai pas le temps d'y réfléchir, ni même d'y trouver quelconque raison. Je perds la mobilité de mon corps petit à petit et sombre dans un sommeil qui me sera fatal...

On déclare la mort de Elbereth Naëla en 127.


Dernière édition par Maitre d'Ephaëlya le Mar 23 Avr 2013 - 19:34, édité 1 fois
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