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 Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]

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Astralÿs Mae-noTelii
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MessageSujet: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Lun 29 Avr 2013 - 23:00


 Depuis l'attaque des bandits dont j'avais réchappé avec l'aide de Séléna, j'avais poursuivi mon voyage, tantôt à pied, tantôt enfourchant Mélopée. Le paysage avait défilé, monotone, éternel décor d'arbres sinistres et noueux. J'avais parfois entendu d'étranges bruits, sans doute produits par quelques créatures potentiellement dangereuses, mais je n'avais eu à déplorer aucune nouvelle attaque ni aucune rencontre gênante. Et, lorsque les alentours étaient vides, le silence. Parfois pesant, parfois léger. Le silence nocturne ou celui de midi, brisé par le son de mes pas et ceux de ma monture, ou encore rompu par les bourdonnements des insectes. Je commençais à sérieusement m'ennuyer, et pour tromper ce sentiment je m'intéressais à la flore de l'endroit, découvrant des plantes dont j'avais seulement entendu parler ou lu le nom quelque part. J'espérais cependant que le paysage allait bientôt changer.
 Je m'étais fixé pour destination le Rocher du clair de lune, et montais au nord en direction de la meute de Nord-Bois. D'après mes calculs et la carte, j'atteindrais Nord-Bois dans tout au plus deux jours. Les branches et feuilles mortes craquaient sous les pattes de Mélopée, je sentais ses muscles se mouvoir avec souplesse en-dessous de moi. Le calme était presque inquiétant. Soudain, je perçus un bruissement presque inaudible dans les branches. Levant la tête, j'eus tout juste le temps de voir filer une boule de poils rousse. Je scrutai les frondaisons mais ne vis plus rien. Etait-ce un écureuil ?

 J'arrêtai Mélopée et descendis de selle. J'avais envie de faire une pause, même courte. Lâchant ma monture qui se mit immédiatement à brouter l'herbe verdâtre, je m'effondrai contre un tronc à l'air maladif. Je ne sais pas combien de temps je restai ainsi, mon regard vide fixé sur une tâche de mousse envahissant l'arbre d'en-face. Et puis, à un moment donné, une toute petite tâche de couleur plus flamboyante entra dans mon champs de vision. Elle semblait grossir en se dirigeant vers moi. Je clignai de yeux et, observant de plus près, vit un ravissant petit écureuil, sans doute la boule de poils rousse d'il y a quelques instants, qui sautillait dans ma direction. Deux choses me frappèrent chez cet animal. D'abord, son regard qui brillait d'une intelligence surprenante, un regard que je n'aurais jamais crû pouvoir prêter à un simple écureuil. Ensuite, la lettre deux ou trois fois plus large que lui qu'il portait entre ses pattes. Je me redressai et le regardai, incrédule. Il s'arrêta à un mètre de moi, me jaugeant de ses yeux humides et sombres dans lesquels un rayon de soleil allumait des reflets dorés. J'eus l'étrange impression qu'il cherchait à m'analyser, qu'il me regardait comme un humanoïde l'aurait fait. Ayant fini son inspection, le rongeur finit par déposer sa lettre au sol et bondit sur moi dans un panache de queue flamboyant.

 Je me retrouvai avec cet écureuil sur les genoux, son regard dans le mien, le mien dans le sien. Ce fut avec surprise que je parvins à le soutenir. Je n'avais jamais pu soutenir un regard plus de cinq secondes... mais peut-être était-ce présentement plus facile, puisque mon « adversaire » était un animal. Au bout d'un moment, je souris, attendrie. Je tendis la main pour caresser l'écureuil, mais une pensée m'effleura. Il avait l'air si intelligent que... je préférais demander la permission avant.

« Hum... Bonjour. Je peux ? »

 Je me sentis immédiatement très bête, mais le coin des yeux du rongeur roux sembla se soulever, comme s'il souriait. Je pris cela pour un oui et passai mes doigts sur la fourrure douce qui couvrait sa tête. Grimpant à toute vitesse le long de mon bras à l'aide de ses petites griffes, il vint se lover dans mon cou et, l'espace de quelques secondes, je pus sentir sa chaleur m'envahir la nuque. Et l'instant d'après, il ne fut plus là. Je regardai autour de moi, déconcertée, et le vis à quelques mètres, agrippant de nouveau sa lettre entre ses pattes. Il revint vers moi, et me tendit l'objet. Je le pris, lançant un regard interrogateur à l'écureuil, puis reportai mon attention sur l'enveloppe. Elle semblait avoir pas mal voyagé, mais ne pas en avoir trop souffert. Je l'ouvris et en sortis le courrier, que je dépliai. Le papier, doux au toucher, était couvert d'une écriture élégante, particulièrement soignée. Mes yeux parcoururent les mots couchés dans la lettre et s'illuminèrent de compréhension, de tristesse et d'étonnement tour à tour.

 Je relevai la tête au bout d'une minute. Olorion Laenian Abaster. Ainsi était signée la lettre – ou plutôt le testament. Car, à en croire le document, cet Olorion Laenian Abaster était décédé. Et ce petit écureuil roux, dont je savais à présent qu'il se nommait Thieffelin, qu'il était doté d'une intelligence presque humaine, qu'il savait jouer aux échecs et qu'il nécessitait quatre noisettes par jour, faisait partie de ses legs. Maintenant que j'y réfléchissais, ce nom me disait quelque chose... Abaster... Evidemment. Comment avais-je pu l'oublier ? Il s'agissait de l'un des Conseillers d'Evanya, à qui j'avais même donné ma voix. Un vieux demi-elfe très sage. J'étais navrée d'apprendre sa mort. Je m'adressai de nouveau à Thieffelin :
« Toute mes condoléances pour ton maître... »
Immédiatement de la tristesse s'alluma dans les yeux de l'écureuil. Je lui offris une petite caresse sur la tête. Et soudain une idée me frappa. Thieffelin m'avait apporté ce testament... cela voulait dire qu'il m'avait, en quelque sorte, choisie pour être sa maîtresse. Je venais d'hériter de lui. Songeuse, je rangeai la lettre dans son enveloppe et la glissai dans un pli de ma tunique.
« Je suis désolée, Thieffelin, je crois que je n'ai pas de noisettes. Il faudra attendre que je puisse en trouver ou en acheter ! »

 L'écureuil agita sa queue touffue, faussement mécontent. Je lui souris et l'attrapai pour le poser sur mon épaule, puis ré-enfourchai Mélopée pour reprendre mon long voyage. Avec la compagnie de Thieffelin, je m'ennuyais déjà moins. Je savais qu'il me comprenait quand je parlais, et je commençais à me prendre d'affection pour lui. La journée fila et le ciel commença à se teindre du rouge-orangé du crépuscule, comme un papier imbibé de gouttes d'encre. J'étouffai un bâillement. Thieffelin avait disparu entre les branches, en quête de quelque objet ou fruit mystérieux. Soudain le cerbridé, qui allait alors à un petit trot, pila net, manquant de me faire basculer vers l'avant. Je me redressai et retrouvai mon équilibre, puis regardai dans la direction vers laquelle les oreilles de ma montures étaient dressées. Il y eut un moment d'attente, puis une ombre massive bougea dans les broussailles. J'entraperçus, grâce à un jeu de lumière, un œil étincelant et furieux. Et, avant que je ne pusse distinguer quoi que ce soit d'autre, Mélopée fit un brusque demi-tour qui manqua une nouvelle fois de me désarçonner et fila à une vitesse dont je ne l'aurais jamais crue capable. Je me contentai de me pencher sur son encolure, consciente qu'elle fuyait un danger. Je percevais derrière nous le bruit de la course de notre poursuivant, ainsi qu'un léger grondement provenant de sa gorge. Je risquai un coup d'oeil en arrière et reconnus un fenrir, crocs découverts, se précipitant pour nous attraper avec une férocité incroyable dans le regard. Je blêmis, à la fois à cause de la frayeur que m'inspirait cette vision et à cause de la vitesse vertigineuse à laquelle nous fuyions.  Je me retournai et fermai les yeux en me penchant de nouveau. De là où j'étais, je ne pouvais rien faire mis à part lancer mon épée sur le grand loup, ce qui, à mon avis, n'était pas une chose judicieuse.

 Nous commencions à semer le fenrir, je le savais : le bruit de ses pas se faisait de plus en plus lointain. Soudain, je sentis Mélopée s'arracher au sol et rouvrit les yeux rapidement. Le cerbridé était entrain de sauter par-dessus un tronc imposant. Malheureusement pour moi, au-dessus de ce tronc, il y avait une branche basse, trop basse pour que je pusse l'éviter. Je me la pris de plein fouet, ayant tout juste le temps de protéger mon visage de mes avant-bras. Je me sentis projetée en arrière après une explosion de douleur derrière mes yeux, et ce fut tout.
 La première chose que je pensai lorsque je repris lentement conscience fut que je n'étais pas morte. Je n'étais pas morte, car j'avais mal. J'avais très, très mal à la tête. Ma souffrance partait de l'arrière du crâne, remontait par vagues jusqu'à mes yeux aux paupières fermées et brûlantes, et descendait tout le long de ma colonne vertébrale. Aïe. D'abord je n'entendis rien d'autre que les pulsions régulières du sang dans mes oreilles, à mes tempes. C'est alors que je me fis la réflexion que le silence n'existait pas, et que c'était bien dommage. Puis, un nouveau bruit s'ajouta aux autres, celui de ma respiration lente et profonde. Oxygène... oxygène qui fait mal, oxygène qui brûle les bronches. Oxygène de la vie. Oui, j'étais vivante, et c'était indéniable. La question était : pourquoi ? Pourquoi le souffle de vie m'animait-il encore après une telle chute ? Pour tout dire, ce n'était pas ma chute qui aurait pu être mortelle. C'était que, après avoir perdu conscience, j'aurais pu être tout simplement déchiquetée par les crocs du fenrir. Alors que faisais-je ici ? Et, d'abord, quel était cet « ici » ? Je voulus ouvrir les yeux pour m'en informer, mais un nouvel élancement dans le crâne m'en dissuada assez vite. Aïïe.

« Elle a bougé ! E... Elle a bougé, viens voir ! »
 La voix masculine se fraya un chemin dans l'air jusqu'à mes tympans sensibles, roula dans mon crâne comme une avalanche de rochers. Oooooh, un peu de silence... Je n'eus pas la force de prononcer ces mots à voix haute. Je me contentai de froncer les sourcils, ce qui m'élança le front. Ma tête. Je me sentais incroyablement perdue, à l'intérieur. Où étais-je ? Quand ? Comment ? Et où était Mélopée ? Tieffelin ? A cette dernière question, une réponse fut rapidement apportée. Je sentis une chaleur poilue se lover contre ma joue. Je souris en me rendormant.

~

 On m'avait expliqué. Avec Mélopée, nous avions fui jusqu'à atteindre la frontière d'Evanya. Là, j'étais tombée, et par bonheur il y avait quelqu'un, quelqu'un qui avait fait reculer le fenrir, épargnant ainsi ma vie déjà affaiblie. J'avais donc été recueillie, moi et mon écureuil qui avait dû s'accrocher à moi pendant la course, et j'avais reçu des soins. Et, malgré cela, je ne m'étais pas réveillée. Combien de temps ai-je dormi? avais-je demandé. Et on m'avait répondu « près d'un mois ». J'avais d'abord eu du mal à le croire ; mais plus j'y réfléchissais et plus le coma me paraissait logique comme conséquence de ma chute. J'étais donc plus ou moins guérie, bien que très affaiblie. Ma blessure, en apparence, n'avait laissé qu'une cicatrice courte et profonde sur le côté du front, que je pouvais cacher à l'aide de mes cheveux. A l'intérieur, cependant... J'avais pris congé de mes bienfaiteurs, sans savoir comment les remercier. Ils m'avaient rendu les sacs qu'ils avaient retrouvés à mes côtés, ceux qui contenaient mon argent (les dieux en soient remerciés), mes possessions les plus précieuses, mon épée et quelques vêtements. Les autres sacs, Mélopée les avaient emportés. Et elle, on ne l'avait pas retrouvée. Cela laissait un petit vide dans mon cœur. Je ne m'étais pas rendue compte qu'elle avait compté autant, pour moi. Thieffelin s'efforçait de me consoler, ce qu'il réussissait plutôt bien. J'avais donc perdu beaucoup, mais j'avais préféré quitter mes hôtes : je ne pouvais pas continuer à abuser de leur hospitalité alors qu'ils avaient déjà tant fait pour moi et que je n'avais rien pour leur rendre la pareille. En d'autres circonstances, j'eusse été ravie de poursuivre mon voyage avec eux et de trouver un moyen de régler ma dette en cours de voyage ; mais j'étais bien trop fatiguée. Je comptais bien retourner en Evanya, ou m'installer ici en attendant de reprendre des forces. J'étais donc lâchée seule, faible, pauvre, en pleine Vallée Nocturne, Oryenna. C'était ici que j'avais décidé de quitter la caravane, qui devait continuer son voyage en direction d'Angaïla. Il faisait sombre, il faisait frais.
Thieffelin sur mon épaule, je m'affalai avec un soupir contre un arbre. Je marchais depuis une demi-heure et la tête me tournait déjà. J'essayai de me rappeler si j'étais déjà venue en Oryenna - je me rendis compte avec horreur que je n'y parvenais pas. Tout était si confus dans ma tête, mes pensées voletaient en désordre sans que je pusse les saisir. Pour l'instant, j'étais hantée par un seul souvenir. Un seul...

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Dernière édition par Astralÿs Mae-noTelii le Sam 23 Nov 2013 - 20:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Mar 25 Juin 2013 - 6:09


Peut-on parler de retrouvailles?

Sous les ordre de l'impératrice je me préparai pour un grand voyage. Nous en étions convenue à ce que j'aille moi-même visiter certaine contrée afin de rallier à notre cause les différents peuples qui cohabitaient ensemble en Ephaëlya. Je visais un but, mais il me semblait que notre cher impératrice n'aille pas les mêmes ambitions que moi. Ça me tracassait beaucoup à vrai dire, elle m'éloignait de la contrée des vampires et je me doutais qu'il y avait une raison à cela. Il restait encore du temps avant que le voyage ne s'amorce, assez pour que je puisse encore profiter un peu des lieux du pays, mais il fallait aussi que je mette ma petite Adranne en sécurité. Hors de question de la laisser en Màvreah maintenant que l'impératrice connaissait son existence, elle aurait tôt fait de me ravir ma petite précieuse et de la dévorer. Ce fut pourquoi je partis avec elle quelques semaines avant le grand départ pour la mettre en sécurité.

Dans son monde à elle, mon ancien monde à moi, il y aurait un endroit pour elle, ou l'impératrice ne pourrait pas aller la chercher, et ou je la saurais en sécurité. J'avais vieillis loin de ma famille, mais elle avait prospéré et vivait encore quelque part en Oryenna. Certes, mes propres parents n'étaient plus ce monde, mais j'avais encore des cousins et des cousines... ils devaient être vieux maintenant, mais leurs enfants pourraient s'occuper d'Adranne jusqu'à ce que je vienne la récupérer. Lorsque je n'aurais plus de doute et que la vie en Màvreah ne serait plus risquée pour ma petite. Cette gamine je ne l'avais pas conçue et ignorais tout de son ancienne vie, mais je sentais le besoin de la chérir et de la protéger, de lui offrir tout ce que je pouvais lui donner. « Messire le Baron, j’espère que vous avez bien compris, que je ne prendrai pas en charge cette enfant. Elle est donc comme votre est-ce bien clair ? » Je me souvenais de ces mots prononcer par la vampire comme ci c'était hier, et je ne faillirais pas à cette promesse.

Un carrosse était beaucoup trop encombrant pour traverser Oryenna à l'endroit ou je l'avais prévue, il me fallait éviter les grandes routes et voyager de nuit. En passant pas la forêt du crépuscule je pouvais assurer une plus grande distance, même si le chemin était étroit et peu rassurant, il ne serait jamais plus dangereux que les forêts de ma contrée. Je n'avais pu prendre avec nous qu'un cheval à la robe noire, loué à un commerçant pour quelques jours, des provision pour la petite et le cervidé, ainsi qu'une somme pour convaincre mes petits cousins de s’occuper de ma précieuse.

Je ne pressai pas la bête sur les minces sentiers qu'offraient la forêt du crépuscule, je lui demandait déjà de supporter mon poids et le poids de la petite assise entre jambes, presque entièrement caché dans la grande cape noire que je portais par dessus mon pauvre manteau rouge. Il ne traversait pas aussi bien les années que moi ce pauvre manteau... Parfois forcé de dormir quelques heures, car le jour se pointait, je m'assurais que l'endroit était sur et que le soleil ne pouvait pas traverser la cachette, nous dormions, la petite bien calée au creux de mon bras.

Je prêtai attention au moindre bruit qui émanait de cet endroit, seul les sabots de notre monture résonnait dans le silence. Le moindre bruit me paraissait suspect, même si ce n'était qu'un oiseau ou un rongeur qui passait par-là. La petite était très sage, elle ne bougeait pas, elle ne parlait pas, elle observait avec moi les environs, et dormait même lorsque nous avancions encore.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Sam 29 Juin 2013 - 19:54


Le souvenir d'un morceau d'étoffe rouge. C'était étrange, la façon dont le rêve prenait le dessus sur tout ce qui était réel lorsque le corps était faible à en devenir lourd. Lourd, si lourd qu'il me semblait que je m'enfonçais dans la terre... Comme dans ce rêve, la chute perpétuelle. Mais était-ce vraiment un rêve ? Cette étoffe rouge, elle était bien là. Je la sortis de ma poche et la regardai : elle seule paraissait réelle par rapport au décor environnant. Le monde entier était absurde. N'étais-je pas entrain de rêver ? Et, au fond, la vie n'était-elle pas un rêve ? Pourquoi donc serait-elle réelle ?

Il n'y avait aucune raison à cela. Il n'y avait aucune raison pour que ce bruit de sabots, ce bruit d'un pas équin tranquille, existe réellement et se rapproche de moi. C'était peut-être bien une hallucination auditive. Et pourtant, mon instinct de survie, pour peu qui m'en restât un, me commandait d'ouvrir les yeux sur cette potentielle menace. Dans l'état où j'étais, un moineau malade m'aurait battue à plate couture au combat. Je me redressai en silence et scrutai alentour, avant de me tourner dans la direction du bruit. Des ombres partout. J'éprouvais un curieux détachement, comme si le fait d'avoir frôlé la mort déjà deux fois m'avait vaccinée contre la peur. Je savais bien que ce n'était pas le cas. L’appréhension montait lentement.

Je me levai contre l'arbre, espérant qu'il me dissimulerait efficacement au passage de l'inconnu monté sur son cheval. Mais pourquoi avais-je quitté le convoi ? Mon inconscient devait être suicidaire. Enfin, Astra... rien ne te dit qu'il s'agit d'un agresseur. Peut-être même est-ce un cheval sauvage. Oui. Me blottissant encore un peu plus sur l'écorce de l'arbre, je fis craquer celle-ci. Mon cœur sursauta et je retins mon souffle, qui me paraissant aussi bruyant que le vent un jour d'orage. Je devenais presque paranoïaque : rien ne m'assurait que le cavalier, si c'en était un, était dangereux. Je pris mon courage à deux mains et risquai un coup d'oeil depuis ma pseudo-cachette. Je pensais rester discrète : c'était sans compter le vent, qui souleva mes longs cheveux comme un drapeau. Évidemment, ils dépassaient largement du tronc. Je les ramenai précipitamment, priant pour qu'on ait pas eu le temps de les apercevoir.

J'avais eu le temps d'observer rapidement l'arrivant. C'était bel et bien un cavalier ; son visage dissimulé dans l'ombre. Dans ma main, je serrai machinalement le bout de tissu rouge déchiré. Le nom de celui à qui il avait appartenu, en rêve, m'échappait.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Dim 30 Juin 2013 - 8:40


Il n'était pas utile de précipiter la monture sombre sur un chemin comme celui-ci, nous aurions tôt fait de nous égratigner contre les branchages qui débordaient sur le sentier. La cadence était lente, mais nous assurait plus de sécurité. Les bruits de sabots régulier sur la chaussée avait quelque chose de rassurant et me permettait de prêter l'oreille au moindre son suspicieux. Pas un instant je ne pensais être complètement seul dans cette forêt, chasseurs ou brigands pouvaient tout autant surgir qu'un animal au milieu du sentier. Je ne pouvais me permettre d'imprudence, il y avait trop précieux avec moi pour que je baisse la garde même une seule petite seconde.

Adranne ne disait mot, elle ne parlait pas beaucoup, mais avait un grand sens de l'écoute et souvent je n'avais pas besoin de parler pour qu'elle comprenne mes sentiments. Ce fut pourquoi lorsqu'un craquement se fit entendre elle me regarda soucieuse, moi j'étais déjà affolé, ce bruit ne me disait rien qui vaille. Scrutant d'abord l'endroit d'où il semblait provenir pour m'assurer qu'il n'y avait pas une bête, je fis arrêter le cheval, toujours attentif à ce qui se passait et descendis de selle laissant la fillette sur l'animal. S'il arrivait quelque chose elle aurait plus de chance de s'échapper. D'un geste je lui demandais de ne pas faire un bruit avant de me retourner vers la source du craquement. Un animal, à moins que ce ne soit un écureuil aurait fait craquer une branche au sol, le son m'avait semblé bas puisque j'étais à cheval, mais pas assez pour provenir du sol.

Du coin de l’œil je perçus un mouvement, léger et rapide, si c'était un animal, je n'en avais vu un avec un pelage pâle comme celui-ci. La main posée près du poignard rangé à ma ceinture, la petite châtaine avait elle-même eu droit à une petite dague, j'avançais avec précaution, m'écartant du sentier. S'il y avait vraiment un animal je pourrais peut-être m'abreuver de son sang? S'il y avait un bandit il subirait le même sort. Je préférais me nourrir du sang des animaux, mais le sang humain avait un goût particulièrement délicieux qu'on ne retrouvait pas chez les bêtes.

J'approchais de l'arbre derrière lequel je présumais que se cachait l'animal, mes pas avaient à peine émis un bruissement dans les feuilles et je m'arrêtai, humant l'air un instant. Plus un bruit ne se faisait entendre d'un côté de l'arbre comme de l'autre, mais une odeur flottait dans l'air. Presque imperceptible, légèrement sucrée et emplie par un sentiment d'inquiétude. Pas de peur dans cette odeur... cela me laissait perplexe... les animaux ne dégagent pas ce genre d'odeur sucrée... Il y avait quelqu'un derrière cet arbre j'en aurais mis ma main au feu. Une personne assez insouciante pour ne pas avoir peur... Peut-être pourrais-je m'amuser un peu? Non, je ne devais pas prendre de risque.

Le plus silencieusement possible j'avançais jusqu'à pouvoir poser une main contre le tronc de l'arbre. J'étais assez près pour agir si on m'attaquait, toujours sur mes gardes quoi qu'il puisse arriver. Un bref sourire en coin parut sur mon visage toujours masqué par la capuche noire de la cape, une petite idée venait de germer dans ma cervelle. Je sifflai. L'alouette n'avait rien à envier à mon sifflement, j'avais improvisé quelques notes en m'inspirant des oiseaux que j'avais pu entendre pendant la route. J’attendais de voir si ce signale allait alerter ce qui se cachait derrière ce gros arbre.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Lun 1 Juil 2013 - 21:22


Il s'appelait... Il s'appelait...  L'air était tendu. Les bruits de sabots s'étaient arrêtés, ce qui supposait que le cavalier s'était arrêté : il m'avait remarquée.  Mais peut-être me considère-t-il simplement comme une menace. C'était ce que j'espérais. En attendant, l'air autour de moi se figea et parut devenir solide. Thieffelin, peu inquiet et désireux de me rassurer, quitta la chaleur du creux de mon cou pour grimper à l'écorce, doté de toute l'agilité de son espèce. Je devinai qu'il se plaçait sur une branche pour tenter d'observer, ayant moins de chances d'être remarqué, l'inconnu. Je patientai le temps qu'il revienne, aussi immobile qu'une statue. Je voulais vraiment éviter tout danger, toute interaction. Peut-être le nouvel arrivant était-il entrain de s'approcher sans que je l'entendisse... ? Je tendis l'oreille, un bruit léger de souffle me parvint, si bref que je crus l'avoir imaginé.

 Thieffelin... Je m'apprêtais à lever silencieusement la tête vers la frondaison lorsqu'un sifflement strident retentit, tout près de moi, juste derrière l'arbre. A moi, qui prêtais tant d'attention au silence, ce sifflement me déchira les tympans et me fit frôler la crise cardiaque. Dans mon sursaut, j'aspirai violemment une goulée d'air, au mépris de toute discrétion. C'était un cri d'oiseau. Un simple cri d'oiseau... Je soufflais tout doucement, à peine soulagée, lorsque Thieffelin atterrit sur mon épaule, plantant ses petites griffes dedans. Il me lança un regard appuyé, et moins assuré que tout à l'heure. Il y avait donc réellement quelqu'un ? Là-bas, le pas du cheval n'avait pas repris ; l'animal se contentait de s'ébrouer de temps en temps. Plus j'y réfléchissais, moins ce chant d'oiseau me paraissait naturel. Sa source se situait bien trop près du sol. Certes, un oiseau pouvait se trouver au sol, mais le regard de Thieffelin me disait que nous n'avions pas affaire à un volatile. Les pensées se bousculèrent avec frénésie dans mon cerveau. Fuir et se cacher avant qu'il ne puisse monter à cheval ? Mais il est peut-être plus rapide que moi. Prendre le risque du  face à face, au cas où il ne me voudrait pas de mal ? Et comment s'appelle le vampire de mon rêve ?

 Si je courais maintenant, je pourrais peut-être bénéficier d'un effet de surprise. Mais mes chances de pouvoir me cacher étaient bien trop faibles, je pouvais compter sur l'adrénaline pour quelques mètres seulement avant de m'effondrer. J'avais peur, je ne voulais pas. Je décidai, puisque je n'avais que peu d'options, de mettre ma frousse de côté. Je contredis presque ma nature en prenant la parole à voix basse, très basse.

« Pourquoi avoir sifflé ? »

C'était tout ce qui m'était venu à l'esprit. Qu'espérait-il, ou elle, en imitant un oiseau ? Me tromper ? Mais pourquoi ? J'en eus soudainement assez de réfléchir. Je m'écartai du tronc, faisant quelques pas en avant sans me retourner. Avais-je, au fond, envie de savoir qui était celui ou celle qui m'effrayait ? Je m'arrêtai, l'écureuil roux sur mon épaule serrait ses griffes plus que jamais. Il se retourna, surveillant l'inconnu pour moi. N'y tenant plus, je pivotai à mon tour, faisant face à... un vampire. Mon cœur en prit un nouveau coup. Pourquoi fallait-il systématiquement que je rencontre des vampires ? Ils étaient la race qui me mettait le moins à l'aise, ils étaient la race que je côtoyais le plus souvent. Le sort semblait me dire qu'un jour ou l'autre, mon cou finirait entre les canines d'un vampire assoiffé et sans scrupules.

 Le vampire en question avait un manteau rouge, abîmé, déchiré ; des yeux à la couleur mystérieuse qui, sous ses sourcils, composaient un regard teinté d'humour noir. Son visage, son attitude, ses cheveux aile-de-corbeau me disaient violemment quelque chose. Je connaissais ce vampire. C'était l'un des rares souvenirs clairs dans ma mémoire pour le moment. Mais était-ce seulement possible ? Je me tins figée, la bouche légèrement ouverte sous le choc. Le bout de tissu rouge toujours serré entre mes doigts, le nom que je cherchais depuis plusieurs minutes déjà me revint.

« Alistair. »

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Ven 12 Juil 2013 - 7:29


Après les notes improvisé le silence revint, mais pas tout à fait. Le bruit avait eu l'effet escompté, un souffle de sursaut se fit entendre comme un toussotement de souris, presque inaudible. Je le captai sans mal, ainsi que le silence qui s'en suivit et ce souffle tout aussi léger. Maintenant j'en étais sûr, je n'étais pas seul dans le silence. La personne n'avait pas encore osé sortir de sa cachette, alors je n'avais pas bougé non plus. Puis j'entendis un murmure qui se questionnait et sourit en coin, mesquin comme j'avais l'habitude de l'être. Ma main se resserra sur la lame à ma ceinture, la bougeant d'à peine un millimètre de son rangement.

Toujours sur mes gardes, lorsque ma cible se mit à bouger je reculai d'un pas pour m'écarter du tronc d'arbre et gagner de l'espace, mais cet ennemi me faisait dos et avançait sans se retourner. Cet ennemi... Cette jeune femme au long cheveux doré, long à ne plus savoir quoi en faire, c'était donc ça que j'avais aperçu du coin de l’œil. Des cheveux au vent... quelle menace... Elle ne me regardait pas, mais l'espèce de rat sur son épaule ne me quittait pas des yeux, ce qui me rendit perplexe face à l'attitude à adopter. D'un côté je ne pouvais pas attaquer une jeune femme de dos, d'un autre son écureuil n'avait pas l'air sympa et prêt à me bondir au visage. Dans l'immédiat ne pas faire de mouvement brusque qui pourrait choquer l'animal me semblait être une bonne idée.

Je fus frappé lorsque la jeune femme se retourna enfin, heurté de plein fouet par ce que j'avais devant les yeux. Cheveux de lumière, oreilles pointues, cette personne m'était très familière et pourtant je ne pouvais pas me souvenir où je l'avais déjà vu. Pire, elle prononça mon nom.
« Alistair. » Je ne savais plus comment réagir, complètement hypnotisé par cette jeune elfe. Mon expression mesquine avait fait place à de la stupeur, de l’incompréhension, comme si je venais de voir un mirage. Oui un mirage, ce devait être ça! Ou un rêve, m'étais-je endormis en selle? Impossible... était-ce vraiment le jour?

Ma main n'avait pas quitter la lame et elle ne se déplaça pas non plus, fronçant les sourcils en reprenant un peu plus constance, je levai le menton et adressai un regard méprisant à cette jeune femme.

« Je suis flatté de voir que tu connaisse de la personne à qui tu fais finalement fasse, mais annonce toi plutôt, ce sera plus utile. » Dis-je d'un ton sec et autoritaire. « Et dis à ta bestiole de rester tranquille. » Non parce que je m'en voudrais de déglinguer l'animal d'une fille dans la forêt tout bêtement...  

J'avais l'étrange impression de la connaître, j'avais un nom sur le bout de la langue, mais il m'étais impossible de mettre le doigt dessus. C'était frustrant! Puis je perdais du temps, je devais retourner auprès d'Adranne et de la monture.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Dim 21 Juil 2013 - 19:52


J'eus un doute violent en voyant l'expression d'incrédulité s'afficher sur la face du vampire. Dans mon rêve, Alistair n'arborait jamais une telle expression, cela changeait complètement ses traits. D'un autre côté, si il était surpris, c'est qu'il me connaissait... ? C'était un rêve, uniquement un rêve... J'avais beau me répéter ces mots en boucle, tout montrait qu'ils étaient absurde à s'en scier les jambes. C'était plus qu'un rêve. L'homme au manteau rouge repris cette expression de supériorité et de dédain qui lui était propre, et je n'eus plus aucun doute. Il avait cette cicatrice sur le cou...  

« Je suis flatté de voir que tu connaisse de la personne à qui tu fais finalement fasse, mais annonce toi plutôt, ce sera plus utile. »

C'était bel et bien le vampire du rêve, et il le confirma par ses dires. Cependant, soit il n'avait pas rêvé à mon instar, soit il n'en gardait aucun souvenir, puisqu'il disait de pas me connaître. La situation était plutôt gênante. Abasourdie comme je l'étais, je ne réagis pas au ton autoritaire et méprisant de celui qui me faisait face. Je me contentai d'ouvrir ma main et d'examiner le morceau d'étoffe rouge, comme pour m'assurer que tout cela était bien vrai et pour me donner contenance. Une nouvelle question germa alors. Si ça n'avait été qu'un rêve, comment se faisait-il que je possède ce bout de tissu, bien réel ?

«  ''Je te connais''... Je ne sais même pas si je peux dire ça. Astralÿs. Je m'appelle Astralÿs. »
Mes sourcils se froncèrent légèrement tandis que Thieffelin sifflait auprès de mon oreille, mécontent. Mon ton se fit plus sec, mon visage, plus froid.
« Cette bestiole a un nom. C'est un écureuil, il s'appelle Thieffelin et il n'a pas d'ordres à recevoir. » Je parlais pour l'animal, qui pressa légèrement mon épaule comme pour appuyer ce que je venais de dire. Mes grands yeux se fixèrent sur l'arme du vampire, qu'il ne lâchait pas. Il ne comptais pas m'attaquer, quand même... ? Ce danger m'était complètement sorti de la tête ; si le Alistair en face de moi était comme le Alistair du rêve, il était bien capable de se mettre en chasse. Mais il n'avait pas besoin d'une lame pour ça. D'autre part, dans le rêve, c'était ce même vampire qui m'avait sorti de mon trou. En conclusion, il était totalement imprévisible.

Je scrutai ses traits avec appréhension, comme pour chercher une réponse à mes questions. Mon regard dériva ensuite vers l'arrière-plan : sur le cheval noir de l'homme au manteau rouge, une fillette se tenait et regardait dans notre direction. Son regard brillait d'une intelligence particulière et je me demandais quel était son lien avec le vampire. Car cette enfant était humaine. Je tentai un sourire un peu pâle dans sa direction pour calmer son inquiétude apparente. C'était un réflexe, chez moi : toujours essayer de soulager les gens de leur peine, leurs douleurs et leurs sentiments négatifs, en prenant sur moi si il le fallait. C'était pour cela que j'avais quitté la caravane. Je me demandais si ça ne finirait pas par me tuer, un jour.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Jeu 8 Aoû 2013 - 6:19


J'étais persuadé de connaître cette elfe, tout d'elle me semblait familier, à l'exception de ce rongeur posé sur son épaule. Je la dévisageai presque de cet air méprisant que je lui adressais plus tôt, mais en réalité j'étais profondément perturbé par elle. Je ne pouvais la quitter des yeux, observant chacun de ses traits, la jugeant du même coup et je devinai qu'elle faisait de même. Elle ne semblait pas impressionné par le ton que j'employais, était-elle habitué à se faire parler ainsi, d'ordinaire cela irritait les gens et ils ne manquaient pas de me le faire savoir, ce qui me donnait l'occasion de me montrer encore plus tranchant.

Mon regard se fixa sur ce qu'elle tenait dans sa main, un morceau d'étoffe abimé, de la même couleur que mon manteau rouge. Il se voyait sous la cape noire ouverte que je portais, mais il me semblait impossible qu'elle ait pu avoir un bout de ce cher manteau, elle n'avait pu me toucher. D'un regard emplie de dédain, mais surtout de curiosité je lui demandai où elle avait eu ce bout de tissu.

« Où as-tu eu ça?! »

Je perdais patience, elle semblait en savoir beaucoup plus que moi et ça m'énervait! Si seulement je pouvais me souvenir de son nom! Elle disait me connaître et je n'avais aucun doute qu'elle avait raison, mais je ne pouvais pas dire d'où je la connaissais aussi, ni son nom... Lorsqu'elle finit par se nommer je me figeais, ma main se décrispait de sur ma lame, trop abasourdie par cette révélation et comme pour vérifier ses paroles, je répétai son prénom.

« Astralÿs... »

Très doucement, quasiment dans un murmure j'avais prononcé les syllabes de son prénom qui m'était resté sur le bout de la langue. Oui, je me rappelais maintenant  cet endroit étrange où j'avais fait la connaissance de cette elfe... tout devenait plus clair et plus étrange à la fois. Je la regardai comme si je venais de retrouver une chose précieuse longtemps perdue et presque oubliée. Ce n'était qu'un rêve? Comment était-ce possible?

« Petite  Chose... » Encore dans un murmure, comment oublier le surnom que je lui avais si aimablement donné. Je fis un pas vers elle, oubliant la lame et écureuil, étrangement attiré vers elle. Elle ne pouvait pas être réelle... je devais encore être en train de rêver! Si je la saisissait partirait-elle en fumé? Je me fichais alors un peu pas mal de ce qu'elle me disait sur la bestiole qui l'accompagnait, un écureuil ou un rat, la différence était mince pour moi.

Je ne comptais pas l'attaquer avec le poignard certes, elle-même ne semblait même pas être armée, et je n'avais pas besoin de ça pour avoir le dessus. Mais elle s'attardait maintenant sur autre que moi, sur ma précieuse Adranne et sur la monture un peu plus loin, je bougeai dans son champs de vision pour l'empêcher de voir plus en détail. Reprenant un air plus dur du même coup et avançant de nouveau  Astralÿs.

« Ce n'était qu'un rêve. Tu n'existe pas vraiment n'est-ce pas? »

Sur ce je pris son bras qui tenait le morceau d'étoffe, sans vraiment lui laisser le choix. Serrant son membre dans ma poigne je m'attendais à ce qu'elle disparaisse, mais elle resta bien en place.

« Je crois que ceci m'appartient. » Dis-je en désignant le tissu dans sa main et souriant quelque peu mesquinement. Une idée venait de germer dans ma tête, pourquoi ne pas prendre une petite pause et s'amuser un peu? Je sifflais de nouveau, cette fois pour que le cheval à la robe noire quitte la petite route et vienne nous rejoindre avec Adranne sur le dos. Sans lâcher la jolie elfe je m'assurai qu'il respecte mes commandes et s'approche. Inutile de faire comme s'il n'y avait personne d'autre avec moi, elle l'avait vu et je préférais l'avoir près de moi. L'elfe n'était pas dangereuse, un peu insouciante, mais pas dangereuse.

« Nous prenons une pause. » Dis-je à l'intention de la fillette sur la monture. « J'espère que tu as de quoi recoudre ce morceaux. » Mon pauvre manteau n'était pas aussi resplendissant que dans le rêve, usé à la corde et troué par endroit, je me demandais parfois comment je faisais pour le malmener autant!

Je lâchais cette fois son bras et allais faire descendre la petite pour que ses pieds touchent terre. Elle semblait être intrigué par Astralÿs, mais n'était pas très bavarde.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Lun 19 Aoû 2013 - 23:02


Le bout de tissu tournait et se tordait entre mes doigts. Je me demandai vaguement s'il était approprié ou non de le rendre à son propriétaire d'origine. Mais j'avais envie de le garder. C'était comme une preuve qui ancrait notre rêve commun à la réalité. Et visiblement, je n'était pas la seule abasourdie par cette révélation : la stupeur se peignait sur les traits d'Alistair comme elle l'avait fait sur les miens quelques instants plus tôt. Et, étrangement, cela le rendait moins terrible, moins impressionnant. Plus humain, peut-être. Comme si toute aura vampirique avait disparu. Puis, le regard du vampire changea. Mais quelle était donc cette expression étrange ? Plus aucune trace de froideur ou de dédain. Etait-ce bien la même personne ?
« Petite Chose... »
J'eus un faible sourire en entendant ce surnom, qui réveilla en moi de nouveaux souvenirs du rêve, plus précis encore. L'atmosphère oppressante des entrailles de la terre, la sensation d'apesanteur dans la chute. L'espoir face à la lumière. Avant que je ne pusse répliquer quelque chose, Alistair se plaçait devant moi. Il était évident qu'il voulait protéger la petite fille sur le cheval de ma vue. Comme si j'avais quoi que ce soit de dangereux... J'imaginais très mal Alistair père de famille. En fait, je l'imaginais mal avoir une famille. Etait-il humain à l'origine, et cette petite était-elle sa fille, sa petite sœur... ? J'espérais en tout cas que la fillette n'était pas malheureuse, l'atmosphère qui planait autour du vampire étant loin d'être légère, tendre et joyeuse.

« Ce n'était qu'un rêve. Tu n'existes pas vraiment n'est-ce pas ? »
Je fronçai les sourcils.
« C'est assez vexant ce que tu dis là. Eh ! »
Cette dernière exclamation, elle m'avait été arrachée par le geste brusque du vampire, qui venait d'attraper mon bras sans ménagement pour le serrer dans sa poigne. Son habituel air mauvais était revenu sur son visage, ce qui n'augurait rien de bon pour moi.
« Je crois que ceci m'appartient.
- Mon bras aussi m'appartient, ça me ferait assez plaisir que tu le lâches. »
Mais il n'écoutait pas. Je pinçai les lèvres, tandis qu'Alistair invitait la fillette à s'approcher, juchée sur son cheval. Les yeux de cette dernière brillaient d'une sorte de compréhension, d'une sorte d'intelligence, mais elle ne paraissait pas très encline à bavarder. Elle était, comme moi, du genre à observer sans commenter. Après l'avoir plutôt laconiquement informée de la situation, le vampire s'adressa de nouveau à moi. Je le fixai de mes yeux sans expression, sans vraiment le regarder, et il me lâcha enfin. Il fit également descendre l'enfant de sa monture, avec une délicatesse qui me laissa étonnée. Peut-être était-elle de sa famille, finalement.

« Je dirais plutôt que ce bout de tissu est à moi. On ne peut pas vraiment dire que je te l'ai pris, puisque ça s'est passé en rêve. » Je jetai un vague coup d'oeil à son manteau, déjà réduit à l'état de haillon. « Et, vu l'état ou est ce manteau, autant en acheter un neuf... En plus, je ne suis pas couturière. Je garde le bout de tissu. »
Je fourrai l'étoffe dans mon sac, bien décidée à la garder. Le jour où je me mettrais à coudre pour le compte d'un vampire était bien loin. Surtout pas pour ce vampire-là... Je jetai un regard en coin à Thieffelin, qui regardait assez fixement la fillette, ce qu'elle lui rendait bien. Je ne savais plus trop quoi dire ou faire, à part attendre ce que le vampire allait répliquer de cinglant. Je me demandai soudain qui il était. Car à part son nom et son caractère, ce que je connaissais de lui se résumait au néant. Je pouvais lui demander où il allait en voyage, ainsi. Je pouvais lui demander où il habitait, quel métier il faisait. Je pouvais lui demander si il avait l'habitude de boire le sang des elfes, quel était son régime alimentaire. Et, par-dessus tout, je pouvais lui demander qui était cette petite et ce qu'il comptait faire d'elle. Mais je préférai me taire.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Lun 26 Aoû 2013 - 6:19

La petite touchait terre, mais je l'empêchais d'aller plus loin pour l'instant, gardant enfermé dans la mienne sa petit main toute chaude. Je ne voulais pas qu'elle aille se balader trop près de l'elfette, mais surtout de son petit animal qui m'avait l'air bien hargneux si nécessaire. Imaginez qu'il la morde! C'était dangereux! Ensuite je ne m'inquiétais pas pour ce qui était de la dangerosité d'Astralÿs je ne m'inquiétais pas, Adranne pouvait, et j'en était sûr, s'en occuper elle-même. Et de ce que j'entendais d'elle, elle ne faisait que se plaindre pour le moment. Autant dire que je n'y portais pas trop attention, jusqu'à ce qu'elle se rebelle.

« Je dirais plutôt que ce bout de tissu est à moi. On ne peut pas vraiment dire que je te l'ai pris, puisque ça s'est passé en rêve. »

J'haussai un sourcil perplexe, n'ayant plus trop l'habitude de me faire refuser quelque chose, ces remarques m'hérissaient le poils. Quoi? Elle prétendait qu'elle ne me l'avait pas vraiment pris puisque notre rencontre s'était faite en rêve? Mais mon pauvre manteau en souffrait bien autant! Je m'indignais contre cette révolte!

« Et, vu l'état ou est ce manteau, autant en acheter un neuf... En plus, je ne suis pas couturière. Je garde le bout de tissu. »

« Quoi?! Alors tu laisserait ce pauvre manteau dépérir, sans aucun remords à ce que je prenne froid!? »

Ça ne se trouve pas comme ça un manteau aussi fiable qui traverse autant d'années! Je frottais doucement ma tempe de ma main libre, fatigué d'entendre autant de bêtises... Elle ne réparerait pas mon précieux manteau... d'accord... mais en plus elle gardait la pièce manquante, pour être certaine que je ne pourrais pas non plus le réparer plus tard... Et puis il y avait une cape noire sur mes épaules aussi... Elle voulait que je me fâche? Très certainement oui... mais je devais garder mon calme, ma chérie était là. Elle avait de la chance cette bouffeuse de salades!

« Peu importe! … »

Je pris quelques secondes pour respirer un peu, puis pensais que la petite devait avoir un peu faim, soif peut-être. Je jetai un coup d’œil dédaigné à la bestiole poilue qui fixait mon trésor avec de drôle de yeux, il voulait quoi lui en plus? Pas toucher, sinon scouic! C'était le message qui passait au travers de mes yeux à moi pour Thieffelin.

Astralÿs aussi semblait intriguée par la petite et vis et versa. Cela me dérangeait un peu, mais je ne voulais pas non plus passer pour un vilain auprès d'Adranne. Lentement je lâchai sa main et lui permis de se déplacer un peu, pas trop près de la bestiole... mais elle pouvait aller près de l'elfette si elle le désirait. J'allais pendant ce temps chercher dans l'une des sacoche accrochées au cheval, de quoi le nourrir lui et les deux filles. Le regard sévère, mais moins dur, je m'adressai d'abord à Astralÿs, puis au deux.

« C'est la première fois qu'elle rencontre une elfe... » Cela pouvait expliquer l'intérêt qu'elle portait à ses oreilles pointues et sa très très longue chevelure dorée. « Tiens... de l'eau... et... un peu de nourriture... » Surtout destiné à Adranne, je savais qu'elle voudrait partager avec l'étrangère de mes songes. Et moi, très exaspéré par cette situation, j'allais m'asseoir contre un tronc d'arbre.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Mer 28 Aoû 2013 - 1:02


Alistair paraissait... inquiet pour la petite fille. Et protecteur, malgré que la seule menace présente soit une elfe malade et son écureuil. Je clignai des yeux ; c'était vraiment étrange de voir le vampire s'inquiéter, se préoccuper de quelqu'un, montrant une tendresse presque paternelle. Ça ne pouvait plus continuer. Il fallait que je lui pose la question ; qui était-elle pour lui ? Mais une fois de plus, je fus distraite par le retour de l'air perplexe si étrange de « Rictus ». Quoi, c'était ma résolution de garder ce vulgaire bout de tissu rouge élimé et inutile qui le contrariait tant ? Sa répartie m'arracha un sourire amusé et je dissimulai un léger gloussement. Comme si ce manteau était doué d'émotions, et comme si le vampire était capable d'avoir froid... C'était comme si les rôles s'étaient inversés : lui s'inquiétait, et moi je riais. Mais je ne tenais pas à ce qu'Alistair change d'avis et décide de faire de moi son en-cas. Quoique – je lançai un coup d'oeil à la fillette – je doutais qu'il s'adonnât à quoi que ce soit de violent devant celle-là.

Ah, tiens, il boude maintenant. En effet, le vampire avait lâché un « peu importe » fatigué avant de se renfrogner complètement, non sans avoir lancé au passage un regard assassin à Thieffelin, qui observait la petite fille avec curiosité. J'éprouvais une sorte de curieuse satisfaction à voir Alistair perdre sa froide hauteur, sa mesquinerie, sa presque-cruauté. Comme à regret, il finit par lâcher sa précieuse enfant, un moyen tacite de lui permettre de m'approcher. Un sourire flottait toujours sur mon visage, et je me rendis soudain compte que j'étais sur le point de tomber par terre. Et je ne voulais surtout pas que ça arrive, pas maintenant. Il me semblait que la terre s'envolait sous moi et que le ciel s'apprêtait à lui prendre sa place. Je n'avais plus de poids, et tout autour de moi avait perdu son relief. Je me laissai tomber avec souplesse sur le sol tapissé de mousse – atterrissage forcé. Le choc de ma chute déguisée se répercuta dans mon dos, et jusque dans mes dents. Je clignai des yeux, et le monde se redessina autour de moi. La fillette m'observait d'un air un peu étrange. Visiblement, rien ne lui avait échappé. Avec un sourire fatigué, je lui tendis lentement la main, l'invitant à approcher. Je murmurai :

« Bonjour. Ne t'inquiète pas pour l'écureuil, il n'est pas méchant. Il s'appelle Thieffelin, moi c'est Astralÿs. Et toi ? »

Je me rappelais ma propre enfance. J'estimai l'âge de la petite fille à une huitaine d'années. A son âge, moi, j'étais tellement timide que je refusais d'adresser la parole à des adultes autres que ceux de ma propre famille. Et encore... La petite continua à m'observer de ses grands yeux bleus, sans répondre ou s'approcher. Sentant mon bras s'engourdir, je gardai mes yeux plongés dans les siens. Sans sourire, elle esquissa un ou deux pas.
« Adranne », fit sa petite voix.
« Enchantée. »
Je regardai en coin Rictus, qui s’affairait autour des sacoches de son cheval. Il revint in instant plus tard, alors qu'Adranne s'approchait discrètement un peu plus. Elle ne me connaissait pas, elle n'avait pas envie de parler, je la laissais faire. J'attendrais qu'elle se sente plus à l'aise, ça marchait souvent avec le temps, pour les enfants. Alistair me parla sèchement.
« C'est la première fois qu'elle rencontre une elfe...
Ah. »
En effet, le regard de la fillette était principalement tourné vers... mes oreilles. Le vampire se tourna vers sa protégée en lui tendant de la nourriture, me regardant aussi de travers. Puis, il retourna se morfondre, adossé au pied d'un arbre. J'attrapai Thieffelin sur mon épaule et le posai à mes pieds.

« Tu peux jouer avec lui si tu veux... après avoir mangé bien sûr. »
Une idée m'effleura. Je pouvais demander directement à Adranne quel lien elle avait avec Alistair ; après tout la vérité sortait de la bouche des enfants – je regardai le vampire qui boudait – mais après tout, ce n'était pas pareil, je préférais l'interroger, lui. Avec surprise, je remarquai qu'Adranne tendait un bout de pain à mon écureuil, qui l'accepta gentiment. J'étais certaine que la fillette comprenait l'écureuil aussi bien que moi-même. La seconde personne avec qui elle décida de partager son repas, décidément trop imposant pour elle, fut moi. Je la remerciai en acceptant le bout de pain et de fromage qu'elle me tendait. Je me forçai à manger – et je réalisai que cela me faisait du bien, malgré mon état un peu nauséeux et ma migraine qui revenait. Peut-être que finalement, manger était ce qu'il me fallait pour reprendre des forces. Arrivée à la moitié du bout de pain, je trouvai la force de me lever. Je chuchotai quelque chose à Adranne, et marchai sans bruit jusqu'à l'arbre d'Alistair, m'asseyant à un ou deux mètres (distance de sécurité) de lui. Avais-je encore peur ? Oui. Mais la fatigue brouillait les sensations, et je faisais à présent quelque chose que je n'aurais jamais fait en temps normal.

« Merci pour la nourriture. »
Ironiquement, j'ajoutai en lui tendant ce qui me restait :
« … tu en veux ? Plus sérieusement - je lâchai un soupir - voilà ton bout de haillon, puisque tu y tiens tant. C'était juste un moyen pour moi de me souvenir. D'essayer de trouver une limite entre le rêve et la réalité. »

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Jeu 29 Aoû 2013 - 8:23


Pendant que je donnais la nourriture au cheval il me sembla entendre un bruit étouffé, mais rien d'alarmant, juste la voix d'Astralÿs qui tentait de sympathiser avec la petite. Je roulais des yeux, voilà que l'elfe était tombée par terre. Ce n'était pas Adranne que je devais surveiller, mais cette jeune femme... elle semblait fatiguée, beaucoup moins en vie que dans notre rêve.

Assis contre l'arbre je pouvais les surveiller tout les trois, mais surtout prendre le temps de détailler et analyser la demoiselle. Elle était identique au rêve, mis à part qu'elle avait un teint moins vivant, je me demandais si elle était simplement épuisée ou peut-être malade?

Quelque chose me percuta dans la toute petite conversation qu'elle avait avec Adranne, elle avait dit bonjour... cela voulait-il dire que nous étions le jour? Je ne savais plus, nous longions la forêt du crépuscule, peut-être avions-nous débordé vers la vallée nocturne? Si c'était le cas, fort heureusement, le soleil ne nous atteindrait pas, mais la malédiction qui forçait les vampire à vivre la nuit et dormir le jour ne tarderais pas à faire effet... Je n'avais pas envie de m'écrouler de sommeil sur la monture pendant que nous chevaucherions... Je devais me reposer maintenant.

Je les observais depuis mon coin, me demandant si la petite serait aussi jolie en grandissant que pouvait être l'elfe, si c'était le cas je devrais veiller sur elle encore plus ardemment. Hors de question de la laisser dans les pattes d'un jeune profiteur!

Voilà qu'elle nourrit l'écureuil maintenant! La nourriture n'était pas pour lui! Lui il peut bien aller voir ailleurs si il n'y avait pas des noisettes quelque part. Sale bête. Je ne savais même pas pourquoi je n'appréciais pas cette bestiole poilue... Peut-être parce qu'elle m'avait menacé... Pff. Bien sur que son repas était trop imposant pour elle, je lui en avait donné un peu plus car je savais qu'elle allait nourrir l'elfe. L'écureuil n'avait pas été prévu c'est tout.

Je voulus ensuite fermer les yeux quelques instant, mais la jeune femme laissa son animal en compagnie d'Adranne pour s'approcher de moi. Enfin s'approcher... elle restait quand à un mètre de distance, juste assez pour qu'en étirant le bras je ne puisse pas l'atteindre. Elle avait peur malgré tout, ça se sentait dans sa manière d'agir. Je la regardais me rendre la nourriture d'un air perplexe, au moins elle me remerciait pour lui en avoir d'une certaine façon donné, ce qui aurait pu me tirer un sourire, si elle n'avait pas demandée si j'en voulais...

« Tu es stupide ou j'abuse? … Je ne mange pas... »

C'était directe oui et alors? Elle demandait si moi un vampire voulait manger du pain et du fromage. Je détournais le regard un instant exaspéré, je pris quand même ce qu'elle me tendait, pour le ranger, elles le mangeront sans doute plus tard. J'aurais tout aussi pu lui dire que j'allais la bouffer elle, mais elle aurait pris peur...

« Voilà ton bout de haillon, puisque tu y tiens tant. C'était juste un moyen pour moi de me souvenir. D'essayer de trouver une limite entre le rêve et la réalité. »

Oh elle n'allait pas recommencée avec ça! Je la regardais à nouveau, cette fois plus durement, regardant ensuite le bout de tissu. J'allais le prendre, mais je me ravisais, refermant simplement ses doigts sur le morceau rouge.

« Non, garde-le... il est déjà foutu de toute façon. » Elle voulait le garder depuis le début, alors pourquoi voulait-elle me le rendre maintenant? Les femmes je vous jures... « Je ne sais pas comment tu as pu l'avoir, mais cela à très certainement un sens et une raison d'être. »

Je tentais de sourire un peu gentiment... ça n'arrivait pas souvent autant qu'elle en profite pour garder ça en mémoire aussi! Ça ne dura pas longtemps que je repris un expression plus sérieuse. Le jour... m'affaiblissait même si les rayons du soleil ne m'atteignaient pas.

« Je dois me reposer... » Dis-je doucement, un peu à contre cœur car j'avais quelque chose à demander à cette elfe. « Tu... tu pourrais veiller sur Adranne si tu reste éveillée? »

Je ne pouvais pas avoir les yeux ouverts en dormant, il fallait s'y attendre. Si Astralÿs restait debout elle pourrait avoir un œil sur elle, l'amuser même. Sinon Adranne viendrait dormir aussi, je l'avais habitué à mon rythme de vie, mais la malédiction ne l'affectait pas. Elle irait se blottir au creux de mon bras, bien au chaud et en sécurité sous le pan de ma cape.

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Astralÿs Mae-noTelii
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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Mar 3 Sep 2013 - 22:45


Je ne m'attendais certainement pas à ce regard exaspéré du vampire, qui laissa échapper une vague insulte, mais prit quand même la nourriture que je lui avais tendue. Je pinçai les lèvres.
« C'était ironique... Monsieur est sur les nerfs » dis-je entre mes dents
Et voilà que j'étais insolente, ça ne me ressemblait pas. La colère et la frustration que j'avais éprouvées lors du rêve flottaient en moi, comme un souvenir abstrait, et s'étaient transformées en irritation. Seul Alistair arrivait à m'exaspérer comme ça. Et en plus il allait reprendre ce bout de tissu auquel je tenais tant. J'étais donc la seule à faire des concessions... ? Au moment où les doigts glacés du vampire frôlaient les miens, il sembla se raviser, et repoussa ma main. Je le regardai avec surprise. Il souriait, en plus. Un peu maladroitement, certes, mais... Incroyable. Lui qui, quelques instants plus tôt, boudait, pestait vivement contre moi pour que je lui rende ce haillon. Si ça ce n'était pas du lunatisme... Il ne devait pas avoir l'habitude de se faire refuser quelque chose. Tout comme moi, je n'avais pas l'habitude de refuser quelque chose... Mais peut-être que ce brusque changement d'attitude (qui laissa de nouveau place à la froideur) chez Alistair était dû au fait qu'il avait besoin de dormir. C'était la malédiction des vampires : s'affaiblir lorsque le jour revenait. En effet, il s’affaissa de nouveau contre son arbre et avoua qu'il avait besoin de repos. Et je compris soudain pourquoi tant de gentillesse.

« Tu... tu pourrais veiller sur Adranne si tu restes éveillée? »
Il avait donc besoin de moi pour surveiller sa précieuse. Simplement par défi (mais en fin Astra... défi ? Depuis quand tu défies qui que ce soit?), j'avais envie de lui répondre non. Mais Rictus était encore en parfait état de me mettre en pièce, même si ça ne l'avancerait à pas grand chose.

« D'accord... Euh... Bonne sieste. »
Je me redressai et allai rejoindre l'écureuil et la petite fille, qui avaient fini leur repas. J'avais accepté bien vite : Marcher simplement quelques mètres me donnait des vertiges... Mais il fallait que je tienne, au moins jusqu'à ce qu'Alistair se réveille ; c'est-à-dire jusqu'au crépuscule. Ça faisait un bout de temps... Adranne semblait beaucoup moins inquiète à présent, quoique un peu fatiguée. Elle devait avoir plus ou moins l'habitude du rythme de vie vampirique. J'allais devoir la distraire... Mais comment l'amuser en restant toute la journée au même endroit ? Je ne savais pas vraiment si c'était judicieux de laisser le vampire ici seul, mais je supposais que je n'avais pas trop le choix. Je regardai un moment la petite poursuivre Thieffelin, qui ressemblait plus à un écureuil normal à présent. Je me rassis et observai l'enfant jouer, en profitant pour essayer de récupérer un maximum. Elle finit par jeter des coups d’œil à son pseudo-père, qui avait l'air tout à fait mort à présent, puis tourna son regard vers moi. Elle commençait à s'ennuyer. Je lui fis signe de s'approcher de moi en souriant, et lui dis à voix basse :
« Tu veux qu'on aille se promener ? »
Elle acquiesça sans prononcer un mot et accourut, suivie par l'écureuil qui se percha au sommet de mon crâne, glissant sur mes cheveux. J'attrapai Adranne par la main et nous commençâmes à marcher. Elle n'était pas très rapide avec ses petites jambes, et cela m'arrangeait, je n'étais pas vraiment en état en marcher vite. Je ne savais pas trop comment distraire la petite. Je lui parlais en essayant de lui apprendre quelques noms de plantes, je lui racontai Evanya, Thaodia, je lui parlai des elfes et des humains. Je ne voulais pas qu'elle soit comme moi à son âge, coincée dans une maison à apprendre les bonnes manières. Mais elle semblait avoir une vie déjà plus intéressante que la mienne... Thieffelin se déplaça sur l'épaule de la petite, et grimpa sur un arbre petit arbre aux branches basses. J'invitai la petite à le suivre, me plaçant à côté d'elle en cas de chute. Elle monta un peu plus haut que je l'avais prévu, et je dus me placer sur l'une des branches basses pour pouvoir la surveiller dans sa descente. Lorsque nous fûmes à terre, je dus m'appuyer contre le tronc de l'arbre un instant, sous le regard un peu inquiet de Thieffelin.

Et nous repartîmes. Je me mis à chanter, pour me détendre. Et puis je n'avais comme public qu'un écureuil, une petite fille et des troncs... rien de très intimidant. La voix d'Adranne, qui s'était jointe à moi, était prometteuse. Thieffelin finit par enfoncer ses griffes dans mon épaule pour me faire signe qu'il était temps de rebrousser chemin. Je savais qu'avec lui, nous ne nous perdrions pas, mais le soleil entamait déjà sa descente et je commençais à dormir debout. Laissant Adranne marcher devant avec l'écureuil, je me forçai à mettre une jambe pied devant l'autre, me concentrant sur les chocs répétés de mes pieds nus contre la terre chaude jusqu'à que cela en devienne insupportable. Je me mis enfin à reconnaître l'endroit où se trouvaient Alistair et sa monture. Je soupirai, soulagée, et m'appuyai contre un arbre qui avait le bonheur de se trouver là. Je savais que je pouvais laisser Adranne entre les mains de Thieffelin, à présent qu'elle était dans un endroit sûr. Sans me rendre compte, je m'endormis debout, appuyée contre l'écorce. Et je commençai à m'affaisser.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Lun 16 Sep 2013 - 7:33


Je ne m'attendais pas à ce que l'elfe accepte si rapidement de veiller sur ma précieuse enfant. J'aurais cru un instant qu'elle allait refuser, mais au fond je savais qu'elle ne pouvait pas refuser. Adranne était trop adorable pour qu'Astralÿs l'ignore simplement et puis, pouvait-elle laisser une enfant sans surveillance dans un endroit comme celui-ci? Non, je ne lui aurais pas permis, mais je ne l'aurais pas découper en pièce non plus, un peu de tenue devant la jeunesse. Je la remerciais d'un sourire qui pour une fois se voulait assez gentil, jetant un dernier coup d’œil à la petite. « Ne fait pas de bêtise... » Cet avertissement s'adressait aux deux filles, mais surtout à l'écureuil. Je ne pardonnerais pas s'il arrivait quelque chose pendant mon sommeil. Je fermai ensuite les yeux m'étant assuré que tout allait bien.

La journée était tout de même avancé, la jeune femme n'aurait pas à attendre trop longtemps avant que la petite ne s'épuise et que la nuit ne tombe doucement. Je m'endormis rapidement contre le tronc d'arbre, à peu près dans la même position que lorsque j'étais éveillé. La respiration lente, le corps froid et l'absence de vie qui régnait autour de moi devait effectivement donné l'impression qu'un cadavre jonchait contre cet arbre, mais j'étais bien en vie. Juste un peu endormi. Cette fois je ne rêvais pas, puisque mon rêve se baladait en chantant avec ma fille, il y eut juste du noir dans ma tête, la lumière étant libre.

Lorsqu'elles regagnèrent le minuscule campement je dormais toujours, le soleil commençait à peine à descendre dans la ciel, ce qui donnait un éclairage plutôt particulier à l'endroit qui en était proscrit. Une fois  Astralÿs endormi à son tour, ce ne fut pas long qu'Adranne vint la rejoindre pour dormir aussi. Après tout elle aurait dû dormir elle aussi au moins un petit peu pendant que le soleil était encore là. Se blottissant contre l'elfe, y trouvant la chaleur qu'elle ne pouvait pas avoir avec moi.

Je me réveillai peu après que l'étoile brûlante ait enfin quitté le ciel, trouvant les deux endormis contre un autre arbre. Devais-je trouver ceci attendrissant? Je ne savais pas, mais quelque chose de bizarre se passait au creux de mon être. Je m'éloignai d'elles un instant, leur laissant encore la chance de dormir un peu le temps que je trouve à manger. Je ne pouvais pas tenir tout un voyage sans me nourrir régulièrement, étant encore assez jeune en terme d'année vampirique. Pour éviter qu'il n'y ait des accident avec la monture, l'elfe ou pire encore, je me nourrissais avant de ressentir la soif. Je disparus donc quelques minutes dans la noirceur de la forêt, pour revenir sans craindre de malheur.

Il était temps de reprendre la route. J'allais récupérer la petite encore endormi, pas la peine de la réveiller, elle pouvait prolonger son sommeil sur la monture, mais au moment de la prendre dans mes bras, je réalisais la proximité avec l'elfe... Elle était toujours mal en point et épuisée. Probablement qu'elle ne tiendrait pas debout toute une journée si elle ne nous avait pas croisé. J'étais donc tiraillé entre deux choix. Pouvais-je vraiment la laissé là et partir sans la prévenir? Elle se ferait sans doute dévorer par n'importe qu'elle bestiole un peu affamée qui voyait en elle la proie parfaite... Faible, malade ou blesser, partent toujours en premier. S'il n'y avait pas eut la petite accrochée à ses vêtements je l'aurais sans doute laissé là et aurait poursuivi mon chemin sans remord.

« … Réveille-toi... Petite Chose... Debout... Nous partons... »

Je n'avais pas parlé fort pour ne pas réveiller la petite, secouant en même temps très doucement l'épaule de la jeune femme. J'attendis qu'elle donne signe d'émergence avant de me redresser avec l'enfant dans les bras.

« Tu as le choix. Soit tu restes ici, soit tu viens avec nous. »

Comme ça, si elle décidait de rester, je n'aurais pas à mentir à Adranne sur la disparition de notre compagne. Je le regardai s'éveiller de haut, me demandant si elle serait capable de tenir la route cette nuit. Le cheval était assez fort pour supporter deux personnes, mais s'épuiserait plus rapidement.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Jeu 10 Oct 2013 - 20:32


Il y avait le froid et l'apesanteur. Puis, une petite chaleur. Un chat s'était blotti contre moi et nous regardions les étoiles ensemble. Les étoiles étaient-elles dans nos yeux ou dans le ciel ? Impossible de le savoir. D'ailleurs, le ciel était arrivé lentement. Il y avait de la lumière quelques instants plus tôt, et des ombres mouvantes. Et tout s'était obscurci progressivement, tandis que le chat arrivait et partageait sa chaleur avec moi. Ce chat était spécial ; il avait chanté avec moi en se promenant dans la forêt tout à l'heure. Et il s'entendait bien avec l'écureuil. J'avais pensé que ce chat était un vampire, d'où sa forme de chat, mais il était bien trop chaud pour ça...

[Dans son sommeil, Astralÿs chantonnait légèrement, imperceptiblement. Elle caressait inconsciemment les cheveux encrés d'Adranne, qui dormait d'un sommeil profond et instantané d'enfant. Alistair les avait laissées un moment, puis était revenu, soif rassasiée. Il les regarda un moment, pensif.]

Un œil s'ouvrit dans le ciel. Il envoyait de la lumière douce, ténue. Je me demandais pourquoi cet œil qui souriait mesquinement nous observait ainsi. Je l'aimais bien, mais il me mettait mal à l'aise. Et je savais qu'il était dangereux. Soudain, l'écureuil se mit à la secouer. « … Réveille-toi... Petite Chose... »

J'ouvris les yeux et les refermai aussitôt, piquée par l'air. J'étais si bien dans le sommeil... mais j'avais froid, et soudainement l'arbre derrière mon dos me parut bien dur et inconfortable. Alors je passai deux mains sur mon visage, et mes oreilles s'activèrent. Je rouvris des yeux bleus encore ensommeillés et le visage d'Alistair se dessina devant moi. J'étais trop fatiguée pour sursauter, comme je l'aurais sans doute fait en temps normal. Thieffelin, assoupi sur mon épaule, fit mine de mordre la main d'Alistair, qui cessa de me secouer l'épaule. La chaleur blottie contre moi me fut alors enlevée ; ce n'était pas un chat, c'était Adranne. Je fus prise d'un frisson, et me mis à écouter ce que racontait le vampire, qui s'était redressé et me lançait un choix. Il avait l'air neutre : d'une part ces derniers mots avaient l'air de lui coûter beaucoup, d'autre part il avait l'air de considérer qu'il ne pouvait pas faire autrement. Voyager avec ce vampire dont j'avais toujours du mal à admettre qu'il était réel... Je ne savais franchement pas. Ce n'était pas vraiment par peur : je savais qu'il ne me ferait rien – du moins tant qu'Adranne se trouverait à proximité. Je ne savais pas ce qui pourrait bien se passer une fois qu'il aurait laissé la fillette... et si il comptait la laisser. Je savais par contre que ce n'était pas vraiment raisonnable de poursuivre la route seule.

Mon cerveau embrumé par la fatigue et la migraine parla pour moi :

« Ok, je viens, mais laisse-moi dormir... »


Je refermai les yeux et je me serais rendormie immédiatement si je ne m'étais pas appelée que ce n'était pas en rêvant que j'allais monter sur ce cheval. Je m'éveillai donc de nouveau et me levai péniblement en sursaut. D'une démarche de somnambule, je me dirigeai vers le destrier noir qui arrachait habilement de petites touffes rares d'une herbe grisâtre au pied d'un arbre. Je lui flattai machinalement l'encolure avant de mettre le pied à l'étrier et de me hisser en selle. Ce ne fut que lorsque que je fus sur ce promontoire que j'avisai mon sac un peu plus loin, qui contenait les maigres possessions qui me restaient.

« Argh, mon sac, non... »

Je me laissai donc tomber au sol, me réceptionnant très mal et, titubant légèrement, je rejoignis Thieffelin qui tentait de tirer le sac à l'aide de ses toutes petites pattes griffues. Je tendis le bras pour permettre à l'écureuil de grimper sur mon épaule, et hissai maladroitement le sac sur mon épaule. Lorsque je me retournai, Alistair avait posé délicatement Adranne sur le cheval. Je me demandai soudain si cette pauvre bête allait supporter notre poids à tous les trois, et si oui, combien de temps. Je n'étais pas bien lourde, mais un cheval était un animal plus frêle qu'on ne s'en doutait...

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Ven 1 Nov 2013 - 2:02


Cet écureuil avait encore tenté de me mordre alors que je ne faisais que quelque chose de bien pour une fois?! Je me réjouirai s'il tombait du cheval et se perdait en chemin! L'elfe était encore toute ensommeillée et la première réponse qu'elle me donna fut contradictoire avec ce qu'elle fit... tant pis elle avait bien le temps de lever pendant que j'installais ma petite sur le cheval. Je jetais ensuite un coup d’œil à Astralÿs, elle était montée sur le cheval aussi... mais avait dû redescendre ayant oubliée son sac. Je levais les yeux au ciel légèrement amusé de voir comment le sommeil prenait du temps à partir de cette créature de lumière.

« Tu pourra dormir lorsque nous seront en route. A condition de bien te tenir... Si tu ne veux pas tomber... »

Je ne m'inquiétais pas pour la petite, elle ne tomberait pas de la monture en dormant, maintenant habitué à ce genre de voyage, mais je voulais garder cet air autoritaire auprès de l'elfette. Le cheval à la robe noire était robuste et il s'était reposé toute la journée, je ne craignais pas pour sa force et si besoin nous pouvions nous arrêter encore un peu, de toute façon les deux dames auraient besoin de manger, tout comme la bête qui nous portait.

Fixant la petite bestiole poilue qui s'était logé sur l'épaule de Petite Chose d'un air méfiant et hautain je pris le sac qu'elle avait sur son épaule et l'attachait avec le notre sur le côté du cheval. Il avait sa place là, mais pas cet écureuil! J'aurais dû le foutre dans le sac et le refermer avant de l'attacher à la selle!

Je montai à mon tour sur le destrier m'installant devant l'elfe, ainsi je gardais Adranne auprès de moi en plus des guides. M'assurant que tout était en place j'indiquai au cheval qu'il pouvait avancer, le ramenant sur le sentier pour poursuivre notre chemin.

« Je ne sais pas dans quelle direction tu allais, ni ou tu voulais te rendre vu ta condition. Nous nous rendrons donc dans un village à proximité d'ici. Libre à toi d'y faire halte ou non, mais je ne repartirai pas avec toi. »

Comme ceci ça avait le mérite d'être clair. Le reste de la route pour l'instant ce fit en silence, laissant l'opportunité à celles qui le voulaient de dormir et de se reposer encore. Moi je veillai la route et la sécurité de tous dans cette obscurité. Encore une nuit et une demie journée de voyage, forcé de s'arrêter une nouvelle fois dans la journée... nous n'arriverions qu'à la moitié de la nuit suivante.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Ven 22 Nov 2013 - 22:24

 Tomber ? Comme dans le rêve ? Non, je n'allais pas tomber. Je détestais ça. Le vide m'oppressait presque autant que le noir. Je fronçai les sourcils en acquiesçant faiblement à la remarque d'Alistair ; non, finalement, le vide ne m'angoissait pas. J'étais bien trop habituée à me réfugier dans les arbres. Hauteur était synonyme de sécurité. Je n'aurais pas pu oublier ça, cet instinct que j'avais depuis mon enfance, quand même, je n'étais pas migraineuse à ce point... Si ? Il fallait croire. Je faillis basculer une nouvelle fois lorsque le vampire s'empara sans préavis de mon sac, qu'il hissa sur le dos de son destrier. Je sentis mon écureuil se raidir sur mon épaule, ses petites griffes se resserrer. Ces deux-là (vampire et écureuil) se détestaient cordialement... Ce qui n'était pas si étonnant, après tout. Mais ce n'était pas ce genre de haine froide, presque génétique. Plus une friction.

Divagant ainsi, je me mis en selle pour la seconde fois, laissant distraitement Alistair prendre place devant moi, la petite Adranne entre ses bras. M’agrippant fermement au troussequin, je tentai de ne pas fermer les yeux tandis que le cheval s'ébranlait vivement. Un pur-sang, sans doute, ou une jeune jument, je n'avais pas bien regardé. Pendant un court instant, j'eus l'impression d'être de nouveau sur le dos de Mélopée, entrain de chevaucher dans la forêt de Thaodia. Dans un éclair, je revis le fenrir, puis la branche, et frissonnai violemment, désorientée. Si en plus je commençais à avoir des hallucinations... Le cheval secoua légèrement la tête, irrité, et je risquai un coup d'oeil soucieux à Alistair (enfin, à ses cehveux, puisque c'était tout ce que je pouvais voir). Je n'avais pas envie d'entendre une remarque, quelle qu'elle soit...
Dans la Vallée Nocturne, tout était bien plus calme qu'en Thaodia. On ne sentait pas des créatures étranges se faufiler dans les broussailles, juste le bruit du vent, de la brise entre les feuilles... Et puis je n'étais pas seule. Malgré ma peur maladive des vampires, cette méfiance physique et instinctive contre laquelle je luttais difficilement, je me sentais plutôt en sécurité.

« Je ne sais pas dans quelle direction tu allais, ni ou tu voulais te rendre vu ta condition. Nous nous rendrons donc dans un village à proximité d'ici. Libre à toi d'y faire halte ou non, mais je ne repartirai pas avec toi. »

Cette poignée de mots eut pour effet de faire monter en moi une bouffée d'angoisse. C'était vrai, je n'allais pas rester éternellement sur ce cheval, dormir sans fin, bercée par le rythme de la marche. Ce serait pourtant merveilleux de sombrer dans un sommeil anesthésique et de n'en plus sortir.. Plus jamais. Mais ça ne se passait pas comme ça. La vie était fatigante ; je ne comprenais pas pourquoi je persistais à m'y raccrocher sans cesse. J'avais tout perdu, après tout... ma famille, mes connaissances, mes possessions, ma monture...
Mais il me restait Thieffelin. Sa queue enroulée autour de mon cou, il me tenait lieu d'écharpe. Je ne pouvais décemment pas le laisser seul... Et de toute façon j'étais bien trop lâche pour envisager un suicide. J'avais même presque honte d'y avoir pensé – pas sérieusement, mais pensé tout de même...  Quand nous serions arrivé à ce village, qu'est-ce que j'allais faire ? Prendre une chambre à l'auberge pour quelques temps ? Sans argent... Ou alors vivre aux environs du village, dans les arbres, grapillant des sous en travaillant par-ci par-là pour vivre. Une vie de bohème... Oui, je pourrais me débrouiller comme ça. Peut-être qu'au bout de quelques mois j'aurais assez d'économies pour m'acheter une monture et repartir de mon côté... Retourner en Evanya. Revoir ma famille, après plus d'un an d'errance... Ou peut-être pas...
« Ok... Bonne nuit maintenant... »

L'angoisse de m'empêchait pas de dormir, et je finis par sombrer dans un demi-sommeil, le front inconsciemment appuyé entre les épaules de Rictus, les mains toujours crispées sur la selle pour ne pas tomber.

Je dormais dans une parenthèse temporelle faite de silence. Un sommeil sans rêves, c'était reposant, même si le fait d'être à cheval l'était moins. Et, lorsque je finis par rouvrir les yeux, ce fut à cause des oiseaux. Je ne pouvais plus ignorer tout le bruit qu'ils faisaient... Il faisait toujours sombre – après tout nous étions dans la vallée nocturne – et je n'avais aucune idée du jour et de l'heure qu'on était, ni du temps qui s'était écoulé depuis que je m'étais endormie. Après avoir longuement inspiré, je me rendis compte de ce contre quoi j'étais appuyée et me redressai en sursaut, manquant d'être désarçonnée. Adranne, les yeux déjà grand ouverts, tourna la tête vers moi et me sourit. Je le lui rendis, encore ensommeillée, tout en me frottant les yeux. Chose étrange, je n'avais plus mal au dos, ni à la tête. Je passai une main sur ma cicatrice – elle était toujours là. Je me pris à espérer que j'étais bel et bien guérie, mais une petite part réaliste en moi me rappela qu'un traumatisme crânien ne s'envolait pas comme ça... Il fallait que je m'attende à quelque chose, même si je n'avais aucune idée de quoi. Je dégageai les cheveux de mon front sans prendre le temps de les arranger un peu et m'éclaircit la gorge :

« Bonjour... ! »

Je venais de squatter plus d'une nuit la monture d'un vampire, qui m'avait de surcroît nourrie, et qui proposait même de me déposer dans un lieu plus ou moins sûr. Par conséquent, j'étais gênée. Le Rictus de mon rêve était bien celui que j'avais devant moi, mais j'étais loin de m'imaginer qu'il pouvait faire une chose pareille. Il fallait que je le remercie. Mais pas tout de suite, maintenant, comme ça... Et je n'avais rien pour lui rendre la pareille. Rien du tout... Désolant. Enfin j'avais mon sang, mais ce n'était même pas la peine d'évoquer l'idée. C'était hors de question. Sans que je m'en rende compte immédiatement, l'équidé s'était arrêté.


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Dernière édition par Astralÿs Mae-noTelii le Sam 21 Déc 2013 - 17:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Sam 23 Nov 2013 - 19:40

Il courait à vive allure dans les landes. Des cris enragés jaillissaient derrière lui. Jetant un bref coup d'œil par-dessus son épaule, l'elfe sauvage constata avec irritation que ses poursuivants ne l'avait pas perdu de vue; après tout, le sang de l'un des leurs était sur ses mains! Maudit soit ces plaines! Il n'y avait pratiquement aucun arbre où se cacher! Uthann était définitivement plus à l'aise en forêt... Contournant un énorme rocher, l'être sylvestre remarqua devant lui une lisière d'arbres. Une forêt? Un sourire naquit sur ses lèvres et sans l'ombre d'une hésitation, il s'élança vers les immenses végétaux qui s'étendaient devant lui. Un bruit strident jaillit derrière Somandil et par réflexe, il pencha la tête vers la gauche, évitant de justesse une flèche. Son cœur battait la chamade alors que ses pas foulaient la terre à une vitesse effrénée.

Après de longues minutes de course, le sauvageon atteignit enfin le couvert des arbres. Il zigzagua à travers les troncs, puis fut surprit de constater que, derrière ce minuscule boisée, se trouvait une vallée jonchée de rochers dont la noirceur étrange donnait froid dans le dos. Mais où était-il atterrit?! Les cris derrière lui devinrent insistant, témoignant de l'approche évidente des « oreilles rondes ». Baissant le regard sur ses mains maculées de sang. Uthann toucha son bracelet d'argent terni du bout des doigts avec émotion. Au moins, il avait pu le récupérer, même s'il avait dû tuer pour ça...

Prenant une grande inspiration et ignorant son instinct qui lui criait de rebrousser chemin, l'elfe s'élança dans l'étrange vallée obscure... L'avantage était que l'obscurité lui assurait une protection que les landes ne pouvaient lui donner, à cause de l'astre brûlant dans le ciel. L'elfe sauvage détala donc comme un lapin poursuivit par un aigle et sauta par-dessus de nombreux rochers. Il contourna un spécimen énorme de caillou et remarqua une petite crevasse à la base de celui-ci. Ce trou était assez grand pour qu'il puisse s'y glisser et n'eut aucune hésitation avant d'agir. Il se recroquevilla dans cette miniature cachette et ramena ses jambes à sa poitrine. Il ferma les yeux un instant et tenta de calmer son pouls qui menaçait de faire éclater son cœur après tant d'effort soutenu. Encore une fois, son regard s'attarda à son bracelet terni et, néanmoins, une vague de soulagement l'envahi. C'était le seul souvenir qui lui restait de sa maman. Ces runes elfiques signifiaient - selon les dires de celle-ci - son nom, bien qu'il était incapable de les déchiffrer. Si seulement cet « oreille ronde » ne lui avait pas prit son bien le plus précieux, il serait surement, en ce moment, de retour auprès de sa tanière, dans sa forêt adorée. Non pas qu'il avait peur d'être perdu, car jamais cela n'était arrivé auparavant. Uthann avait cette capacité d'orientation incroyable. Il pouvait toujours revenir chez lui, peu importe où il se trouvait, toutefois, dans ce cas-ci, il devait d'abord se débarrasser de ses poursuivants.

Dire que tout avait débuté par une chasse qui l'avait poussé à sortir de son territoire... Ces « oreilles rondes » avaient profité de son inattention et de sa fatigue pour lui voler son bien le plus précieux. Uthann s'était alors détourné de sa chasse aux bisons et les avait suivi pendant de nombreux jours, s'éloignant toujours davantage de son territoire. Il avait fini par retrouver les coupables et l'un d'entre eux l'avait payé cher... mais il l'avait mérité!

Soudain, le sauvageon se raidit. Des bruits de pas approchaient et les « oreilles rondes » discutaient entre eux. Uthann ne comprenait rien à leur propos... cela faisait trop longtemps que personne n'avait parlé en sa présence. En fait, quelques petits mots lui étaient familiers. Il lui fallait juste un peu de temps d'adaptation. Du coin de l'œil, l'elfe remarqua un halo de lumière orangée qui s'approchait de sa cachette. Les « oreilles rondes » étaient maintenant juste devant lui. Ils étaient cinq... l'un d'entre eux s'accroupit au sol, tâta la terre sablonneuse du bout des doigts et remarqua visiblement des empreintes de pas. Uthann devait agir. Il devait attaquer le premier afin de bénéficier d'un effet de surprise. L'elfe se délogea doucement de sa cachette, glissa sa main sur sa hanche et empoigna sa dague en os. L'homme suivi les empreintes de pas jusqu'à lui et avant qu'il ne put alerter ses compagnons, le sauvageon bondit sur lui tel l'un des grands félins qu'il avait si souvent observé. Sans attendre, il enfonça sa dague dans la jugulaire de son ennemi et ne relâcha sa prise que lorsqu'un gargouillis immonde jaillit de sa gorge.

Relevant son regard couleur acier, le sauvageon vit une flèche jaillir vers lui et se jeta sur le côté pour l'éviter. Les « oreilles rondes » hurlaient des propos qu'il ne comprenait guère alors qu'ils chargeaient en sa direction. Uthann évita plusieurs assauts, pivotant sur lui-même et bloquant les coups qu'il voyait arriver. Il flanqua un coup de pied dans les parties intimes de l'un de ses adversaires, puis de sa main gauche, empoigna la lance rustique qui trônait dans son dos. Il rangea sa dague ensanglantée et se mit en position de combat, menaçant quiconque s'approchait de lui de la pointe en pierre taillée de son arme. Il se pencha vers la gauche pour éviter une lame et enfonça sa lance dans les flancs d'un autre adversaire. Puis, sans crier gare, il bondit sur l'archer pour transpercer son bras de arme rustique. Uthann vit alors une issue et s'élança afin de pouvoir éviter le reste du combat. Toutefois, alors qu'il avait fait quelques pas, l'un des « oreilles rondes » lui lança un énorme caillou derrière la tête. L'impact le sonna complètement et l'elfe perdit pied. Il déboula une petite colline et s'affala de tout son long, face contre terre, sur un chemin rocailleux, plus bas.

Tout était flou autour de lui et l'elfe trembla de tout son corps alors qu'il tentait de se relever. Ses yeux repéra, à quelques mètres de lui une bête de taille impressionnante sur laquelle trônait trois individus, une expression de surprise semblait trôner sur leur visage. Toutefois, avant même qu'il ne puisse réagir, les « oreilles rondes » étaient déjà sur lui en ricanant. Ils balancèrent quelques propos inaudibles aux autres inconnus, puis, quelqu'un le prit par les cheveux pour le forcer à se lever de terre. Somandil laissa échapper un grognement de douleur avant qu'un bras lui enserre la gorge. L'un des « oreilles rondes » le tenait de la sorte, faisant face aux inconnus et l'étouffant par le fait-même. Uthann plaqua ses mains sur le bras et tenta de se défaire de l'emprise, mais l'homme était plus fort qu'il n'y paraissait. Sans attendre, le sauvageon enfonça ses dents dans la chaire rose et son tortionnaire se mit à hurler. L'elfe lui flanqua un coup de coude au visage, ce qui lui permit de se dégager. Il tituba en toussotant puis repéra un arbre, tout près. Il s'élança vers lui comme si sa vie en dépendait et grimpa sur son tronc à la vitesse de la lumière. Il atteignit rapidement les branches plus hautes et s'y assit, blottit contre l'arbre. L'un des « oreilles rondes » - celui qui avait été mordu - cracha au sol près des inconnus siégeant sur leur monture et s'approcha de l'énorme végétal.


- Petit salopard... Il est foutu, hahaha. Brûlez l'arbre! Ce petit bouffeur de plantes brûlera vif avec lui!

Un air hargneux trônait sur son visage. Uthann n'avait comprit que le mot « arbre ». Il n'avait rien saisi d'autres... Mais qu'allait-il faire avec ce bâton flamboyant? Un regard paniqué était maintenant posé sur son tortionnaire alors que ce dernier plaquait la torche sur le tronc de l'arbre. Il ne suffit que d'une petite bourrasque pour que le végétal s'enflamme. L'elfe ne pu s'empêcher de pousser un cri de terreur et se mit à tousser bruyamment, la fumée envahissant les branches. Il fit le point sur sa situation et remarqua que quelques branches n'étaient pas encore en proie aux flammes. Il se dépêcha de descendre jusqu'à elles, puis se jeta au sol, loin du brasier. Dès qu'il eut mis pieds à terre, un coup de pied fulgurant le heurta au niveau du flanc. L'elfe roula au sol, le souffle court, jusqu'au trio siégeant toujours sur leur créature. Il leva le regard et ses yeux s'arrêtèrent sur l'être pâle aux cheveux de nuit. Quelque chose d'étrange émanait de lui, quelque chose d'effrayant...

Visiblement, il était dans un véritable merdier...


[N.B. : Bon heu, j'espère que mon introduction vous satisfera! S'il y a quoi que ce soit, n'hésitez à pas à m'en faire part et je corrigerai le tout sans problèmes! Smile]

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Lun 23 Déc 2013 - 0:20


Il n'y avait rien à ajouter, l'elfe de mes songes pouvait être angoissé face à cette décision radicale, mais je n'avais pas le choix. Mes paroles avaient peut-être été dures envers la jeune femme, sont angoisse se répandait autour d'elle comme un aura enveloppant, mais je restais inflexible. Il était trop dangereux de ramener qui que ce soit avec moi. Néanmoins sa présence parmi nous apportait quelque chose de différent et agréable. Jamais je ne m'étais imaginé être en compagnie de ma Petite Chose lumineuse vue en rêve. Mais elle était là et dégageait une certaine chaleur au creux de mon dos. Adranne appréciait aussi la jeune femme aux oreilles pointues et sa fichue bestiole!

Le pas régulier de la monture avait endormis les deux passagères, j'étais une fois de plus le seul à rester éveillé dans le silence de la vallée. Nous avions atteint la limite entre forêt et plaine, mais par prudence nous avancions toujours sur le petit chemin rocailleux, seul une bordure d'arbre qui maigrissait nous masquait encore de la vue de l'étendue sombre. Au bout d'un certain temps les oreilles du cervidé se mirent à s'orienter vers la plaine, signifiant qu'il captait un bruit, je crus d'abord à un animal sans trop être inquiété par la situation, mais je fis ralentir la marche du cheval pour repérer à mon tour le son. Au bout de quelques minute je constatais que le bruit repéré par la monture noire se rapprochait... des voix... plusieurs voix se dirigeait inconsciemment vers le trio et je n'aimais pas du tout cela. La bête commençait à se montrer impatiente de partir, quelque chose la tourmentait, mais je la forçais à rester en place, curieux de voir ceux qui approchaient. Plissant le regard vers l'horizon j'attendis de voir quelque chose bouger au loin, pas si loin que ça puis les voix et les pas se rapprochaient rapidement. Ils ne les avaient peut-être pas encore remarqué à cause de la légère pente qui séparait la partie forêt et plaine.

Si Astralÿs venait à se réveiller je lui ferais signe de rester muette, on ne nous avait pas remarqué pour l'instant, du moins on n'avait pas fait attention à nous, alors autant en profiter. Ne bougeant pas d'un poil sur la celles du cheval j'observais avec attention ce qui se passait à quelques mètres devant nous, encore à une bonne distance. Le vent m'apportait des effluves alléchantes une odeur de sang frais, plusieurs blessés à en croire l'amalgame parfumé qui voyageait dans l'air. Repoussant ses envies sanguines qui se réveillaient j'observais la scène qui se déroulait sous mes yeux de manière froide et détachée du haut de la monture.

Trois hommes contre un. Quelle bande de faibles pensais-je ajoutant à cette pensée un air méprisant. Celui qui était pourchassé et attaqué était différent des autres, son allure n'était semblable à aucun d'eux, peut-être était-ce pour ça qu'on tentait de le tuer? Mais le petit individu rustique donnait du fils à retordre à ses assaillants! Il tenait à la vie semblerait-il puisqu'il faisait tout pour leur échapper et les empêcher de le toucher. Une pierre atteint la tête du fugitif et il dégringola la petite pente qui s'interposait entre eux. Tombé à quelques mètres de notre équipé je le toisais de haut sans bouger, ni faire reculer la monture. Il semblait avoir perdu connaissance après avoir reçu un coup à la tête, le stoppant net dans sa course. Ce petit moment de stabilité me permit de détailler un peu mieux ce qui se trouvait au sol. Celui-là n'était pas humain, ses oreilles étaient comme celles d'Astralÿs, pointues, mais sont tient et ses habits n'avaient rien de ce que je connaissais aux elfes ordinaires. Peu soigné et couvert de sang, les elfes ne se mettent pas dans des situations de ce genre. Sauf Astralÿs ce qui me semblait un peu étrange. Je ne tombais que sur des exceptions? L'homme revint à lui, ce fut à ce moment-là que notre présence fut découverte, mais le sauvageon ne porta pas attention à nous.

Les humains s'acharnaient sur l'elfe, le relevant du sol par les cheveux. Apparemment notre présence ne les dérangeait pas, ou ils s’en fichaient juste tant qu'ils avaient la peau tannée de l'autre. Je ne m'en serais pas soucier si l'un d'eux n'avait pas craché près de nous. Je serais les dents, contrôlant toujours l'envie de leur sauter à la gorge pour percer de deux trous leur gorge fragile et boire leur sang jusqu'à ce que, livides, ils tombent par terre dans une agonie lente. Était-ce à cause de ma race qu'ils n'osaient pas s'en prendre à nous? Il y avait pourtant une femme elfe sur la monture, s'ils en voulaient après le sauvageon à cause de ses oreilles Astralÿs aurait dû les intéresser aussi, mais non. Je l'avais oublié d'ailleurs celle-là... Ce devait être dur de voir l'un des siens se faire traiter de la sorte pour elle qui semblait assez sensible. Il y avait beaucoup de sang sur ces personnes... beaucoup trop pour rester tout à fait concentrer...

« Petit salopard... Il est foutu, hahaha. Brûlez l'arbre! Ce petit bouffeur de plantes brûlera vif avec lui! »

Je n'avais pas encore bougé, enserrant que d'avantage les guides de cuir entre mes mains. Je ne voulais pas exactement me mêler de cette situation, mais pour  Astralÿs je devais intervenir. Un beau geste non? Les hommes mettaient feu à l'arbre dans lequel s'était réfugié leur victime, mais bientôt il sauta en bas de l'arbre pour atterrir, suite à un coup de pied, face aux sabots de l'animal qui piaffait son impatience de partir des lieux. Le reflet des flammes donnait sans doute à mon visage quelque chose de terrifiant, à moins que ce ne soit de la monture qu'émanait la peur dans les yeux des perturbateurs.

Mieux valait pour l'elfe sauvage de rester à terre lorsque je descendis de la monture, confiant les rênes à la jeune femme, lui confiant du même coup une Adranne apeurée, mais silencieuse. Le pied à terre dans un petit nuage de poussière, un sourire aux airs malsain trônait sur le coin de mes lèvres. Les crocs me démangeaient, mais il ne fallait pas les laisser sortir sur le premier venu. L'elfe au sol avait intérêt à rester aplatit, passant juste à côté je lui lançai un regard hautain, l'intimant de rester bien sage quelques instant. Il ne devait jamais avoir vu de vampire, pour sembler impressionné ou terrifié?

Ma première cible fut l'homme qui avait fait rouler le sauvageon vers nous d'un coup de pied dans le flanc. « Trois et incapable de venir à bout d'un seul elfe... pathétique... Pathétique et lâche... » Il y avait au fond de ma voix calme un amusement profond, appréhendant déjà ce qui allait suivre. Ne prenant même pas la peine de dégainer mon poignard je m'avançais vers l'homme qui lui n'étant pas trop certain, mais farouche, reculait d'un pas ou deux.

« Mêle-toi de ce qui te regarde vampire! »

Je ne pus qu'afficher un air amuser et rire, l'un d'eux en crachant par terre avait déjà décidé que cette affaire me regardait. Le saisissant à la gorge une fois à portée de bras, je l'obligeais à reculer jusqu'à l'arbre en proie aux flammes, ne l'étouffant pas tout à fait, le maintenant juste assez pour qu'il se débatte, mais sa force n'était pas comparable à la mienne. Il y avait du bon dans le fait de brûler au soleil. D'un bras je le soulevais et l'encastrait contre le tronc de l'arbre en feu, avec les flammes se reflétant dans ma pupille sombre, il devait croire avoir un démon en face de lui. L'impact contre le végétal avait été brutale et l'homme sous ma main serré peinait à respirer, je voulais qu'il implore pitié, ne lui laissant qu'assez d'air pour rester conscient.

« Une dernière parole? »

Pas le temps d'entendre le couinement de sa réponse, l'un de ses comparses s'élançait vers moi arme à la main. Je m'écartais à peine d'un pas pour l'éviter et m’emparais de son poignet prolongeant ainsi son coup porté pour m'atteindre dans l'estomac de celui qui était maintenant empalé contre l'arbre brûlant. La terreur se vit dans ses yeux au moment où il réalisa ce qu'il venait de faire. Il lâcha son arme, la laissant fichée dans la chaire et l’écores. Laissant la gorge de l'autre mon poing vint s'abattre contre le ventre de celui dont le poignet était en ma possession, le faisant plier de douleur. Je ramenais son bras dans son dos, le forçant jusqu'à entendre ses os craquer en même temps que ses hurlements.

Il y avait longtemps que je n'avais pas laissé de telles ardeurs meurtrières prendre le dessus. L'odeur du sang me faisait perdre la tête et la présence d'Adranne et Astralÿs ne pouvait rien y faire. Seul le sang me calmerait. Ramassant l'homme en douleur par le col je plantais mes crocs dans son cou, j'allais aspirer le liquide vital de celui-ci jusqu'à la dernière goutte. Sentant sa vie menacée et sa dernière heure sonner, l'humain se débattait d'abord en hurlant, mais devenant livide bien rapidement, vidé de toute vie il s'écroula au sol sans que je ne le retienne. Du revers de la main j'essuyai le sang qui n'avait pas trouvé son chemin jusqu'à mon estomac, cherchant des yeux le dernier du groupe... Balayant rapidement les alentours quelle ne fut pas ma surprise de le voir au loin détaler comme un lapin.

« Tsss... Trouillard... » Maugréais-je pour moi même, le laissant partir comme un lâche. Il avait été blessé de toute façon, il n'allait pas sortir de cette vallée.

L'odeur de la chaire brûlée commençait à se faire sentir, elle ne m'importunait pas, mais je devinais que ce n'était pas le cas de tout le monde. Mon attention se reporta alors sur l'elfe sauvage près de la monture et de mon précieux chargement. Toujours à terre, mon regard se durcit alors que je revenais vers lui. Il avait certainement quelque chose à se reprocher pour que trois hommes s'en prennent à lui.  Avant qu'il ne se redresse je le poussais d'un coup de botte de manière à le retourner sur le dos et vint appuyer mon pied près de gorge, sans l'étouffer, juste pour le maintenir au sol tranquille. Devant  Astralÿs et Adranne je faisais preuve de moins de violence, mais je m’assurais ainsi qu'il ne pourrait rien leur faire. Le dévisageant un instant d'un air supérieur et mécontent.

« Je t'ai épargné jusqu'à maintenant, mais il est temps pour toi de me dire pourquoi ces hommes s'en prenaient à toi, sans quoi tu finiras exactement comme celui là-bas. » Disais-je sans aucune pointe d'humour en pointant le corps blanc comme un drap près du barbecue humain. Le toisant de haut en attendant qu'il parle... ou qu'il grogne... vu son habillement ça ne m'étonnerait pas, je remarquais à son poignet un objet qui ne collait pas au reste. Un bracelet d'argent ternis... peut-être était-il à lui puisque le bijou semblait elfique... mais j'en doutais. Je pressais plus fortement mon pied contre son corps. « Tu l'as volé n'est-ce pas? Répond avant que je ne te vide de ton sang! »

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Sam 28 Déc 2013 - 0:26

Pas de réponse. Le vampire n'écoutait pas. Ou plutôt si, il écoutait, mais pas ce que je disais. Son attention était toute tournée dans la même direction que les oreilles de notre monture. J'entendais moi aussi : farfouillis entre les broussailles, bruissements de feuilles. Puis rumeurs : rumeurs de poursuite. Le bruit de la fuite, je ne le connaissais que trop bien. Tellement bien que mon cerveau jugea bon de me rappeler ma propre fuite, la course acharnée d'un cerbridé contre le sol mort, et les pas plus légers, derrière, du félin. Je voyais à nouveau les arbres défiler et se tordre autour de moi, et la branche arriver... Sursaut. Puis le trou noir. Lorsque le décor de la vallée Nocturne réapparut autour de moi, j'avais les deux mains convulsivement posées sur ma cicatrice. Paumée. Et les hurlements n'arrangeaient rien.

Les hurlements... ? C'étaient ces hurlements qui poursuivaient la fuite ; et la fuite elle-même se rapprochait. Et la fuite finit par rouler dans la poussière, au milieu des feuilles mortes et des cailloux, râpant sa peau déjà malmenée. Fuite tremblotante, désorientée, qui essaye de se relever. Et moi qui la regarde avec les yeux grand ouverts. La fuite est un elfe. Quand aux hurlements, ils ne tardent pas à débouler à leur tour, emplissant l'air de leur tonnerre, vacarme grondant de rage. Et ils sortent tout droit de la bouche d'un groupe d'humains. Il me sembla qu'ils nous adressaient quelques mots d'explication ou de salut, mots hurlés, mots marmonnés, mais je n'écoutais pas. J'étais bien trop occupée à agripper convulsivement le manteau rapiécé d'Alistair, comme je l'avais déjà fait en rêve. Je me raccrochais à ce manteau comme un naufragé à une planche de bois au beau milieu de l'océan. Ca devenait une habitude... Et, pendant que mes mains agrippaient, mes yeux grand ouverts s'assombrissaient de peur, de colère, et de tout un tas d'émotions pas clairement définies. Mes yeux bleus étaient noirs. Violence. On prend l'elfe-fuite par les cheveux, on le met debout, on l'attrape par la gorge. Et ça se débat, ça se défend. Douleur. L'elfe-fuite se remet à fuir, grimpant dans un arbre, comme moi-même je l'aurais fait. Moi ? Je ne sentais plus mon corps. On m'eusse demandé de bouger que je n'en étais tout simplement pas capable. J'étais mes yeux, rien de plus.

Mes yeux se mirent à refléter le brasier comme un miroir d'obsidienne. Non contents de malmener les elfes, ils malmenaient aussi les arbres ? De quoi était faite la nature humaine, au juste ? Pas de bonnes intentions ici, visiblement, puisque la nature humaine se mit en devoir de frapper l'elfe-fuite dès que la silhouette de celui-ci eût pris son envol depuis les branches du brasier. Et voilà qu'il se retrouvait aux pieds du cheval apeuré et énervé, qui piaffait sur place, maintenu d'une main de fer par Rictus. S'il te plaît cheval, n'écrase pas l'elfe-fuite...! Mon corps revint à moi pour quelques instants, et je ne pus m'empêcher de m'accrocher encore plus au manteau d'Alistair. Je ne me maîtrisais plus, j'étais devenue pur instinct de survie, instinct d'animal apeuré. Poltronne... Mais je n'avais pas peur pour moi. Etait-ce même de la peur ? Pas totalement. Chaque coup donné à l'elfe-fuite, je l'avais senti ; j'avais eu mal, comme lui, et à présent l'odeur du sang sur le groupe d'humains, bien plus lente que la violence, me parvenait aux narines. Et c'était leur douleur à eux que je ressentais. En vérité, j'étais au moins aussi sensible à l'odeur du sang qu'Alistair – pas dans le même sens. Il fallait que je me ressaisisse... Bouge, Astra... bouge ! Il fallait que je mette pied à terre, que je relève cet elfe... Aider, il fallait aider... A peine avais-je pu relâcher le manteau du vampire que celui-ci descendait de selle, en pleine possession de son corps, lui, et me mettait les rênes entre les mains autoritairement. Pour en faire quoi ? Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse de tes rênes ? Abandonnée, je me raccrochai à Adranne, l'entourant de mon bras. Bouge. Bouge !

Alistair, haut comme le mépris, faisait face aux hommes, seul, mais infiniment plus nombreux qu'eux. Le vampire avait une aura. Dès notre première « rencontre » dans le rêve, je l'avais sentie. Une aura de vampire, sanglante, difficilement supportable pour moi. J'y avais été habituée dans le rêve ; dans la réalité je la supportais donc. Et voilà que cette aura faisait écran à l'aura de violence dégagée par le groupe d'hommes. Peu à peu, je me ressaisissais. Je baissai le regard sur l'elfe, toujours à terre, mais dans une posture d'animal sauvage prêt à détaler. Je risquai un coup d'oeil vers le vampire, face au groupe d'homme. Tout allait bien se passer, tout allait bien se passer, la situation allait se régler. Je caressai rapidement les cheveux d'Adranne, restée muette jusqu'ici, comme moi, puis posai mon pied sempiternellement nu à terre, la laissant seule sur la selle, comme l'avait fait Alistair la veille pour s'approcher de moi, mais gardant tout de même les rênes dans la main, au cas où la bête s'emballerait. Le cheval regardait toujours le feu avec inquiétude ; et avec raison. Si ça continuait, il risquait bien de se propager à une bonne partie du bosquet. Je finis par tourner mon regard vers l'elfe, toujours à terre. Sans parler. Qu'est-ce que je pouvais dire, après tout ? Lui demander si ça allait ? Non, ça n'allait pas. Tout passait par le regard : la douleur, l'inquiétude, l'apaisement. Je lui tendis une paume de main, sans trop savoir à quoi m'attendre. Allait-il l'attraper pour se relever ? La serrer ? La dédaigner ? Tout du moins, cette paume tendue était un signe évident de sympathie et de confiance, destiné à le rassurer.

 Ce n'étais pas un elfe normal, à en juger par ses vêtements et sa peau bronzée par le soleil. Il n'était pas simplement négligé, il était... sauvage ? Mais avais-je bien le droit de dire ça ? Car entre lui et la nature humaine qui faisait face à Rictus, lequel était le plus sauvage ? Le brasier crépitait. J'entendais parallèlement les feuilles et les branches qui bruissaient sur le passage du cerbridé, la course effrénée des sabots, les pas feutrés du félin... J'étais devenue sourde à la violence du moment, et par conséquent je n'entendais plus que les bruits qui hantaient ma tête. C'est pourquoi je n'entendis pas la conversation, ni le hurlement. Mais, d'une façon ou d'une autre, je sentis la violence. Ma main s'écarta et je tournai la tête, faisant virevolter mes cheveux, juste à temps pour voir le vampire plaquer un homme dans le feu. J'aurais voulu crier, lui crier d'arrêter, mais ma voix était partie avec mes oreilles. Douleur. Un autre homme fonçait, dague à la main. Non... Mes mains cherchèrent Adranne, l'attrapèrent, me faisant chanceler sous son poids. Cachèrent ses yeux. Mais mes yeux bleus à moi, devenus noirs, virent tout. La charge, le mouvement d'Alistair, la dague dans le ventre. Souffle coupé ; douleur. Le vampire, un rictus assoiffé plaqué sur le visage, attrapa le bras de l'autre, le tordit, le tordit, le brisa avec plaisir. Et moi je sentais tout. Douleur. Douleur. Arrête...

« A-arrête... »[/i

Je n'entendais toujours rien que la fuite dans la forêt de Thaodia. Et pendant que, quelque part dans ma tête, le félin courait, Alistair s'abreuvait doucement du sang de l'homme. J'étais à terre ; comment ? Je ne m'en étais pas rendue compte... Je tremblais, mes bras enserrant faiblement Adranne, enfouissant sa tête dans mon cou pour qu'elle ne voie rien... Et moi je voyais tout...

« Arrête... Arrête... ! »

Et le cadavre, empalé contre l'arbre, se consumait doucement, partant en  fumée, les yeux vides. Est-ce que ma voix sortait vraiment ? Parlais-je ici, à voix haute, ou dans ma tête, en Thaodia ? Je ne savais pas. Je ne voulais pas savoir. Je voulais seulement que tout s'arrête. Pathétique... J'étais même incapable de pleurer... Et incapable d'avoir un mouvement de recul lorsque l'aura d'Alistair revint vers nous, plus sanglante que jamais. Le vampire se pencha sur l'elfe. Il n'allait pas le boire lui aussi, quand même... Non, il voulait juste l'interroger. Arrête. Et le menacer. Je relâchai Adranne, qui me regarda et parut effrayée. Elle fut dissuadée de se retourner pour voir le champ de bataille. Moi, j'essayais de me relever, mais mes jambes tremblantes ne m'obéissaient pas.

« Arrête... Rictus. »

Ma voix avait fini par sortir. Pas trop tôt. Mon corps aussi était revenu, mais il tremblait toujours. Je m'interdis fermement de vomir, réaction presque allergique au sang. Ca ne servait à rien et c'était dégoûtant.

« Le tuer lui aussi ? Laisse-le... Il a assez fui la mort comme ça... »
Je t'interdis de lui faire mal... Il a assez eu mal...


« J'ai assez eu mal... »
Toute petite voix, inaudible. Dans mes yeux, plus noirs que jamais, noirs de ténèbres, noirs de sens, on devait pouvoir voir les meurtres, le feu, le sang et les coups se répéter à l'infini. Si je m'étais trouvée en face de moi, je me serais effrayée moi-même.

[Hoho comment j'ai répondu trop vite tavu ! o/ hâte de voir la suite, j'aime trop ce RP **]

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Ven 10 Jan 2014 - 2:55

Son regard était rivé sur l'être à la peau quasi-immaculée. Son regard sombre, profond et irréel lui glaçait le sang. Ces yeux là avaient vu des horreurs indescriptibles, Uthann en était sûr. Une aura étrange émanait de lui, à la fois effrayante et... vide? Comme si cet « Oreille ronde » était tout et rien à la fois. De la noirceur, pas seulement dans le ciel, mais aussi tout autour de cet individu, c'était tout ce que l'elfe pouvait réellement percevoir. Bref, il était impossible, pour un sauvageon comme Somandil, de décrire l'individu qui se tenait devant lui, sur cette monture visiblement inquiète. Sa conscience lui hurlait de s'enfuir, de quitter ces terres à tout jamais, mais son corps refusait d'obéir. Il avait mal partout et la crainte le clouait sur place. Bon sang, il aurait tout donné pour retrouver sa tanière douillette et son territoire si familier!

Le temps semblait s'être arrêté pendant quelques instants. Personne ne bougeait hormis les flammes dansant sur la peau d'ivoire de l'être terrifiant. Puis, dans une lenteur visiblement calculé, ce dernier tendit deux lanières de cuir à la femelle « Oreilles pointues » qui se trouvait derrière lui, la laissant ensuite en compagnie d'une enfant. La tête levée, le sauvageon le vit mettre pied à terre et nota bien le sourire terrible qui trônait sur ses lèvres minces. Uthann avait déjà vu cette expression quelque part. Un souvenir l'envahie aussitôt et il se remémora le visage de l'homme qui les avait pourchassé, lui et sa famille! Le même regard fou, le même sourire mesquin, sans toutefois arborer les mêmes traits faciaux. L'elfe savait que cette expression n'inaugurait rien de bon. Il fut néanmoins surprit de constater que ce rictus ne lui était pas adressé. En fait, le « Sombre » lui adressa une expression tout autre : Uthann comprit rapidement que, pour lui, il n'était rien et qu'il avait intérêt à se faire oublier.

Toujours face contre terre, Somandil remarqua que la femelle « Oreilles pointues », descendue de sa monture, lui tendait la main. Un sentiment de douceur et de compassion émanait d'elle, mais l'elfe à la peau bronzée n'osa pas effectuer de mouvement en sa direction, trop méfiant pour pouvoir faire confiance à qui que ce soit. Puis, il regarda par dessus son épaule et vit le « Sombre » s'approcher des « Oreilles rondes ». Il ne comprenait rien aux paroles échangées... En fait, il s'en foutait royalement. Aucuns mots ne pouvaient surpasser la puissance du langage non verbal. Les « Oreilles rondes » semblaient sourd à ce dialecte pourtant très clair, puisqu'ils répliquèrent de paroles visiblement mal choisies pour la situation. L'un d'eux alla même jusqu'à cracher au sol. Celui-là, il transpirait la provocation et le sauvageon ne pu s'empêcher de songer que ce dernier n'aurait pas survécu très longtemps dans la nature avec une telle attitude. L'humilité était la première leçon enseignée par Dame Nature : grâce à elle, Uthann avait apprit à ne pas sous-estimer ses adversaires et à choisir les bons combats. Bref, il avait apprit à survivre...

Le « Sombre » frappa à la vitesse d'un grand félin. Il se saisit de la gorge de son ennemi avec toute la force d'un bison, l'obligea à reculer vers l'arbre en feu et le souleva avec aisance, l'étouffant par le fait-même. Cette preuve de force pure était terrifiante! Une odeur de chaire brûlée montait à ses narines et l'écho des plaintes douloureuses de « l'Oreille ronde » résonnait dans l'air. Uthann n'aimait pas cette démonstration de violence froide. Non, il ne ressentait aucune pitié envers les « Oreilles rondes » puisqu'il les aurait bien massacré lui-même, toutefois, il préférait nettement une mort rapide et sans douleur à une agonie lancinante et brûlante. Puis soudain, un autre « Oreille ronde » prit d'assaut le « Sombre », tentant visiblement de le poignarder. Ce dernier, dévia l'attaque avec une aisance effarante et l'enfonça l'arme ennemie dans l'abdomen de l'empalé crépitant. Un gargouillis immonde jaillit de sa bouche et, face à cette scène, l'elfe sentit la bile lui monter à la bouche.

L'horreur arriva à son comble quand Somandil vit le « Sombre » empoigné l'un des individus et mordre dans sa chaire à pleines dents. À ce moment précis, il dû détourner le regard. Ses cheveux s'hérissèrent sur sa nuque lorsque des cris démentiels et meurtris coulèrent jusqu'à ses oreilles effilées. Non! Non, il ne pouvait pas faire ça! Même les grands tigres tuaient leurs proies avant de les dévorer! Quelle fin immonde! Le cœur au bord des lèvres, il dû plaquer une main sur sa bouche pour éviter de vomir. C'est en levant son regard d'acier qu'Uthann remarqua que l'horreur était aussi peint en couleurs glaciales sur les traits de la femelle « Oreilles pointues », qui tentait de protéger l'enfant de son propre corps. Elles... elles devaient fuir! Fuir avant d'agoniser sous les crocs acérés du monstre sombre!

Une peur aigüe envahissait le corps du sauvageon alors qu'il retrouvait tout juste le contrôle sur son corps tremblant. Il tenta de se relever quand soudain, un pied le repoussa sur le dos avec force. Son regard quasi décoloré croisa l'obscurité irréel des prunelles du « Sombre ». La botte empoussiérée de ce dernier se plaqua contre sa gorge, lui extirpant une légère plainte avant de le priver férocement de l'air ambiant. Le temps s'arrêta de nouveau : il était là, à la merci du monstre sombre, d'une créature maléfique. Jamais il n'avait fait face à un tel être. Il était... décontenancé, complètement prit au dépourvu et, dans ce regard mystérieux, il lu la probabilité d'une mort certaine. Deux choix s'offraient à lui : il pouvait soit être la proie, soit le prédateur. Jusqu'à présent, Uthann avait toujours été le prédateur et c'était ce qui lui avait permis de survivre. Il était hors de question que cette règle change aujourd'hui. Les flammes crépitaient toujours au loin alors qu'une fumée répugnante envahissait l'endroit, piquant les narines du sauvageon. Les bras en croix, l'elfe muta son expression de terreur en une détermination soudaine. Lentement, sa main se referma sur une poignée de terre et de cailloux, arme improvisée qui allait très certainement lui servir. Le « Sombre » siffla des paroles incompréhensibles à la manière d'un serpent et Uthann ne broncha guère. Pendant un instant, il suivit le regard de ce dernier et ses yeux se posèrent sur son poignet gauche, là où trônait son bracelet terni. Désirait-il lui voler son bien le plus précieux, lui aussi? Pour toute réponse, Uthann émit un grognement sourd et toisa son adversaire.

Puis, une voix claire, cristalline, similaire au chant des fées jaillit derrière lui. La femelle « Oreilles pointues » avait prononcé des paroles visiblement lourdes, douloureuses, suppliantes. Elle tentait surement d'apaiser le « Sombre ». L'elfe lui était, en quelque sorte, reconnaissant pour ça. Toutefois, il ne pouvait espérer que l'être irréel abdique aussi facilement. Un nouveau grondement féroce jailli de sa gorge et il décida de passer à l'action... de survivre. Il projeta son arme sablonneuse de fortune en plein visage du monstre et profita de l'effet de surprise pour repousser avec force cette jambe de marbre qui le clouait au sol. Uthann roula ensuite sur lui-même et opta pour une position accroupie, quasi animale, non sans une plainte de douleur. Son flanc l'élançait terriblement, à l'endroit même où « l'Oreilles rondes » l'avait heurté. La tête légèrement penchée vers l'avant, les cheveux en pagaille et le regard dur, le sauvageon poussa un cri féroce et montra les dents à la manière des loups. Sa main gauche se referma sur sa dague en os qu'il dégaigna, prêt à tout éventualité. Il se redressa légèrement et fit quelques pas de côtés pour s'installer entre la femelle « Oreilles pointues » et le « Sombre ». Il faisait face à son adversaire, désirant visiblement l'éloigner de cette dernière. Elle avait tenté de l'aider... La protéger était sa façon de la remercier... et puis... elle avait l'air aussi terrifié que lui-même pouvait l'être.

Uthann savait qu'il ne pourrait remporter ce combat sans subir de sérieux dégâts. Le « Sombre » était beaucoup trop rapide, beaucoup trop fort pour qu'il puisse l'emporter haut la main. Le plan de l'elfe était tout simplement de gagner suffisamment de temps pour permettre à la femelle et la fillette de pouvoir s'enfuir loin de ce monstre. Dès que ce serait chose faite, il en profiterait pour semer la bête et retourner sur son territoire chéri... Dans l'immédiat, le problème était que le « Sombre » ne semblait aucunement le craindre. Ce rictus malin qu'arborait son visage en était la preuve flagrante. Soudain, un craquement monstre retentit du côté de l'arbre en flammes, faisant visiblement sursauter les individus présents, dont Uthann. De grosses branches cédèrent sous la chaleur ardente du brasier et s'écrasèrent au sol dans un fracas infernal, effrayant le cheval par le fait-même. L'animal terrorisé poussa un hennissement d'effroi, se cambra puis détala à toute vitesse vers l'horizon. Profitant de la diversion engendrée par ce revirement de situation, Uthann lança un regard suppliant ponctué de grands mouvements à la femelle « Oreilles pointues » et à la gamine afin que celles-ci prennent la fuite. Elles devaient partir, maintenant!

L'elfe à la peau bronzée se retourna vers le « Sombre » et chargea ce dernier, dans l'espoir ultime de gagner assez de temps pour sauver tout le monde...

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Jeu 30 Jan 2014 - 8:56


Observant avec mépris cet être sauvage que je retenais du bout du pied, certain que si je le lâchais il allait fuir comme l’autre lapin sans demander son reste, je me demandais ce que j’allais faire de lui. Le tuer? Le dévorer comme je l’en avais menacé? Simplement le laisser là? Son sort était entre mes mains, sous ma botte, et il y avait toujours le goût du sang dans ma bouche qui donnait raison à la bête qui sommeillait de se montrer sous un nouveau jour. L’adrénaline, la colère, … la haine peut-être? Cet elfe me toisait d’autant plus farouchement lorsque je lui parlais du bracelet qu’il avait au bras. Il ne parlait pas? Il ne voulait pas s’incriminer? Mieux valait qu’il garde sa langue dans sa bouche, car j’avais bien envie de la lui arracher, juste pour l’entendre couiner son méfait, de pur plaisir sadisme. Les grognements animal ne servaient à rien avec moi.

« Arrête… Rictus. »

Quittant les yeux du sauvageon pour adresser un regard féroce à cette voix qui venait d’interrompre mon interrogatoire, il ne fallait pas se mettre en travers de l’humeur de la bête. Je me rendis cependant compte qu’il s’agissait d’Astralÿs, elle semblait effrayée et bouleversée, ce qui me fit regretter mon air quelques instant. Elle était descendue de la monture avec Adranne et tremblait, plus pâle encore qu’a l’habitude. Gardant une certaine pression sur mon pied, je ne sus pas comment réagir… Sa peine me frappait en plein visage, mais je ne pouvais pas comprendre… Je ne le comprenais plus.

« Le tuer lui aussi ? Laisse-le... Il a assez fui la mort comme ça... » … « J’ai assez eu mal… »

La détresse de ma Petite Chose me rendait muet et me contrariait. Avec toute la violence et le sang, j’en avais oublié la sensibilité et le cœur fragile de cette petite lumière. Les images souillées dans sa tête la hanteraient, sans parler d’Adranne qui devait également avoir vu l’horrible spectacle. Qu’avais-je fais?  Laisser le dessus au monstre, sans le contrôler, sans le moindre remord sur le sang qu’il versait. Astralÿs me suppliait de laisser en paix son semblable, mais lorsque je retournai mon attention sur celui-ci, une poigné de sable s’incrusta dans mes yeux! Le sauvage avait profité de cette distraction pour m’aveugler en ramassant ce qu’il avait pu au sol. La surprise me fit reculer et mes yeux irrités me fit perdre le fil des mouvements de l’elfe quelques instant. Le sable brûlait et donnait une teinte rougis au blanc de mes yeux. Je poussais un râlement féroce, cet elfe n’avait pas choisi la bonne façon de s’éclipser pour que je l’épargne gentiment.

Il attisait ma colère comme un feu, me forçant à rouvrir les yeux pour le localiser, je vis qu’il s’était placé entre moi et mes protégées. Me montrant les dents comme un animal et grognant. Il fallait cependant être délicat avec cet être, imprévisible pouvait être son comportement et dangereux pour les deux filles. Ne craignant pas trop pour moi-même, il était blessé et moi non, il avait un couteau en os, j’avais une dague bien aiguisé, il me montrait les dents, je répliquais avec de vrais crocs.

« Montrer tes petites dents de lait ne fonctionne pas avec moi! Écarte-toi de là … Hors de ma vue! »  

Certes… il n’avait pas l’air de comprendre un broc de ce que l’on racontait depuis le début, mais les intonations de ma voix étaient claires. Je voulais simplement le faire s’écarter d’elles, pour Astralÿs je ne le tuerais pas… mais n’hésiterais pas à le blesser d’avantage s’il se montrait menaçant. Je guettais le moindre de ses mouvements jusqu’à ce que le grand craquement se fasse entendre, faisant prendre peur à la monture, qui visait déjà l’horizon à grand coup de sabot. La bête effrayée continua sa route avec nos provisions… Il fallait la rattraper, mais l’elfe m’en empêchait encore, lançant à Astralÿs un regard suppliant à son tour avant me prendre pour cible.

Dégainant la lame rangée à ma ceinture, j’eu une moue franchement moqueuse en bloquant son coup et le repoussant. Comprenant que pour lui j’étais la menace, il devait comprendre à son tour que l’indésirable c’était lui. J’étais prêts à repousser un autre de ses assauts, et même autant qu’il le voudrait, jusqu’à ce qu’il en tombe de fatigue. Ayant l’impression que le dialogue ne servait à rien, je laissais tomber l’idée de le calmer avec la parole, préférant qu’il abandonne de lui-même, car moi je n’abandonnerai pas. Si pendant ce temps ma Petite Chose avait la décence d’esprit d’aller récupérer le cheval noir…  


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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Mar 11 Mar 2014 - 2:08

Le vampire, ayant entendu mes premiers mots, s'était retourné avec cette même furie dans le regard que celle qui l'habitait quand il avait perpétré son massacre. Je crus un instant qu'il allait me faire regretter à mon tour d'être intervenue, et mes oreilles se couchèrent imperceptiblement tandis que j'esquissais un mouvement de recul. Sa soif de sang, son instinct vampirique l'avaient-ils possédé au point qu'il se ravise et, finalement, décide de faire de moi son casse-croûte ? Réfléchis Astralÿs. Finalement, tu n'as jamais été sûre qu'il n'avait pas du tout envie de te faire du mal... Et c'était vrai que dans le rêve, avant que, pour je-ne-savais-quelle raison providentielle, Rictus ne décide de me sauver, il n'avait pas que de bonnes intentions en tête. Mais c'était un rêve, et je supposais que c'était assez logique qu'un vampire rêve de s'abreuver de sang. Dans tous les cas, à présent, nous n'étions pas dans un rêve, et Alistair semblait assez furieux pour faire de nouveau couler le sang devant Adranne. Et moi qui avais bien sagement gardé sa monture, l'attendant avec la petite humaine, pour repartir... J'aurais simplement dû la fermer. Naïve... ! Mais – mon cœur se resserra – il me sembla, juste avant qu'il ne se retourne vers le sauvageon, voir le regard d'Alistair changer. Je ne m'étais peut-être pas trompée en fin de compte, mais je n'étais sûre de rien. C'est tellement dur de savoir ce qu'il pense... Un coup il me regarde comme un sadique confirmé, et un coup j'ai l'impression qu'il veut me protéger...

Je croyais avoir réussi à calmer un peu les choses, mais soudainement l'elfe muet décida qu'il était temps de passer à l'action. Je le pensais trop faible et blessé (après tout ce qu'il avait reçu comme coups, la fumée qu'il avait respirée, et la course qu'il avait faite...) pour prendre l'initiative de quoi que ce soit ; cependant à ma grande surprise il projeta une poignée sablonneuse dans les yeux du père adoptif d'Adranne (la chose à ne vraiment pas faire), et bondit pour se placer entre nous et Rictus, menaçant. Sans m'en rendre compte, je pensai à voix haute.
« Nooon, non, non, qu'est-ce que tu fais ! Tu veux mourir ? »
De nouveau, ce regard vampirique rempli de sainte colère.
« Hors de ma vue ! » Les sourcils plissés, je me demandais comment tout cela allait finir. La nausée violente que j'avais éprouvée à un moment était passée, et les bruits de sabots que j'entendais s'étaient éloignés, loin, en Thaodia. Ne restait qu'un dégoût diffus qui me donnait l'impression que ma tête flottait un peu trop haut. Adranne ne regardait toujours pas en direction du champ de bataille, elle se contentait de fixer son compagnon de voyage, risquant de temps à autre un regard vers le sauvageon puis se retournant vers moi, une main tenant toujours les rênes du cheval. Et là, arriva quelque chose qui surprit tout le monde. Celui qui fut le plus surpris était tout de même, sans nul doute, le cheval, qui s'arracha à l'emprise de la fillette tandis que celle-ci s'agrippait à ma main dans un sursaut. L'arbre noirci auquel la bande d'humains stupide avait mis bêtement feu avait rendu l'âme dans un craquement sinistre, s'écroulant sur un ou deux cadavres qui gisaient là et que j'évitais soigneusement du regard. Et, déjà à deux cent mètres de là, l'équidé sombre détalait, affolé. Je restai là, la bouche légèrement entrouverte, les bras ballants, Adranne agrippée à mes basques. Mon regard fut attiré par un nouveau mouvement, celui des bras de l'elfe sauvage, qui me faisait désespérément signe pour que je m'enfuie.

Ainsi donc, il voulait me protéger d'Alistair. Comment lui faire comprendre que le danger n'était pour le moment pas si... dangereux ? Mais de nouveau, je commençais à douter. Etais-je aussi en sécurité que je voulais le penser ? Le spectacle de mort que je venais de voir ne me prouvait-il pas le contraire ? Je pouvais m'enfuir dès maintenant, c'était vrai. J'étais une elfe et, malgré mes capacités actuellement diminuées, je courais assez vite. Je pouvais toujours m'enfuir, assez loin pour pouvoir me cacher, prendre de l'avance sur Alistair. Bien sûr, cela impliquait de laisser Adranne là. Mais elle, n'avait rien à craindre, Alistair ne toucherait pas à un de ses cheveux.
Oui, mais après ? Qu'est-ce que je ferais ? Je ne sais pas très bien où se trouve le village le plus proche. Je pourrais tomber sur d'autres personnes, mais qui me dit qu'elles ne seront pas des rustres comme ceux qui pourchassaient cet elfe ? Je suis peut-être plus en sécurité avec Alistair pour l'instant. Depuis le début, je me donnais des arguments sur le danger, la sécurité... mais la vérité était aussi qu'Alistair me rendait curieuse... et je n'étais pas sûre d'avoir envie de partir tout de suite. Je ne savais déjà pas ce que j'allais faire quand il allait me laisser, alors...

Je ne pouvais pas rester là à ne rien faire, de toute façon. L'elfe sauvage était entrain de risquer sa vie pour moi, même si je ne savais pas si Alistair comptait le tuer ou non. Et puis notre moyen de transport était entrain de disparaître en toute impunité avec nos provisions et toutes nos affaires. Enfin surtout celles d'Alistair, pour ce que j'avais, moi... Ce n'était plus le moment de réfléchir. Je jetai un coup d'oeil que je voulais significatif à Alistair, lui implorant une dernière fois, silencieusement, de ménager l'elfe. Puis, je m'empressai de conduire Adranne un peu plus loin, au couvert d'un rocher, avant de m'élancer de toute la puissance de mes jambes dans la direction où le cheval était parti.
Je ne sentais pas mes pieds. Cela faisait un moment que je n'avais pas couru, et malgré le long moment de repos qui m'avait été accordé en selle, je restais fourbue et faible. Je ne pourrais pas tenir à un rythme aussi rapide pendant très longtemps. Mais pour l'instant, l'air qui courant dans mes cheveux me grisait ; il chassait toutes les effluves de sang, et ma tête redescendait lentement sur mes épaules tandis que mes yeux viraient du noir au bleu nuit étoilée. Où était donc passé ce canasson ? Je courais aussi vite que lui, mais il avait pris de l'avance, et je n'avais aucune idée de quand il comptait s'arrêter. Normalement, si il rencontrait un point d'eau ou une clairière paisible... C'étaient ces endroits que je devais rechercher. Mais pour l'instant, à en juger par les traces très légères sur le sol, il s'était contenté d'aller tout droit, suivant le chemin. Je m'arrêtai au bout d'un peu plus de cinq minutes en sprint, le rouge aux joues et les poumons en feu. Ici, le sentier s'amenuisait mais en revanche, sur la gauche, la forêt s'éclaircissait : les arbres étaient plus larges et plus espacés. Je me dirigeai en marchant dans cette direction. Il devait y avoir une clairière par là-bas, et l'équidé n'avait sûrement pas poursuivi sa course sur ce chemin caillouteux, dangereux pour ses sabots. Je m'arrêtai soudain. Il était là, n'osant pas encore brouter, tous les sens en alerte, l'encolure bien droite. Je sifflai doucement. Il se tourna d'un coup vers moi et fit mine de détaler. Je savais que si je me mettais à courir, il s'énerverait et s'enfuirait d'autant plus vite. Pour l'instant, il caracolait simplement à la lisière de l'étendue herbeuse.
Il me reconnaissait, mais le souvenir de l'arbre incendié, qui avait été la goutte qui avait fait déborder le vase, était encore cuisant dans sa mémoire. Je soupirai et patientai. Ca me permettait de me reposer en même temps. Il fallait simplement que je ne m'endorme pas...
~

J'avais finalement réussi à récupérer notre monture et la caressais machinalement pour achever de la calmer, tandis qu'elle piaffait sur place. Je jetai un coup d'oeil au ciel, mais, comme partout dans la Vallée Nocturne, il était masqué. Je me rappelai soudain à quel point j'étais mal à l'aise dans cette endroit, plus apeurée. Du calme Astra', tu as un cheval, tu peux t'enfuir en cas de besoin... Mais ce cheval énervé ne me rendait que plus visible. La journée devait être avancée car l'atmosphère s'était légèrement obscurcie depuis tout à l'heure. C'était quelque chose de propre à ma race, cette méfiance instinctive de l'obscurité. Pas très rassurée, je me mis en selle puis vérifiai qu'aucun de nos biens n'avait été perdu dans la fuite. Je talonnai ensuite ma monture pour la mettre au trot, sentant ses flancs encore écumant entre mes mollets. Et en fait...

… Et en fait, après une dizaine de minutes à trotter, je me rendais compte que j'étais perdue. Je n'avais plus qu'une vague idée d'où pouvaient bien se trouver Alistair, Adranne et le sauvageon ; et le sentier suivi tout à l'heure semblait s'être volatilisé. Je me mis à compter désespérément sur les sens du cheval pour retrouver son maître. Enfin de quoi tu te plains, c'est toi qui as le cheval, les provisions, tout... tu es libre. La liberté... j'avais passé un bon moment de ma vie à courir après, mais pour l'instant, avec cette cicatrice que j'avais au front, avec le nombre de fois où j'avais failli mourir, avec l'obscurité qui s'épaississait à chaque instant, je n'en avais plus rien à faire, de la liberté. La solitude, je n'en voulais plus.
Un mouvement dans les branches attira mon attention. Inquiète, je me tins prête à lancer le cheval à toute allure, le regard fixé vers les frondaisons invisibles dans la pénombre. Une ombre rousse en émergea soudain, et je lâchai un petit cri. Cette ombre atterrit sur le pommeau de ma selle, tandis que le cheval faisait un écart nerveux. ... Thieffelin ! Avec l'émotion de la bataille, j'en avais complètement oublié l'écureuil, et je l'avais laissé avec Adranne sans y penser en me lançant à la poursuite du destrier disparu. Des larmes de soulagement me montèrent aux yeux. C'était étrange, car dans un combat, un écureuil était un piètre adversaire. Mais Thieffelin était rassurant, et son intelligence était humaine, ou presque.

« Thieffelin ! Pardon... »
Il voulut faire mine de bouder, mais je l'avais attrapé aussitôt et serré contre moi, si bien qu'il n'en eut pas le loisir. Immédiatement après, les broussailles s'agitèrent de nouveau. Mon cœur se mit à pulser comme il savait si bien le faire, c'est-à-dire à toute vitesse. Une ombre autrement plus grande que celle d'un écureuil émergea au sol, et je fis s'éloigner le cheval de quelques foulées, histoire de garder une distance de sécurité avec ce que je finis par reconnaître comme étant le sauvageon.

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MessageSujet: Re: Peut-on parler de retrouvailles ? [En cours]   Jeu 24 Avr 2014 - 4:19

    Son cœur battait la chamade et l'adrénaline envahissait de nouveau son corps svelte et musclé alors que ses pas rapides le guidaient instinctivement vers le « Sombre » individu. Il n'allait pas le tuer, non... le but était simplement de gagner du temps. Il approcha de sa cible en un éclair, mais visiblement, cela ne fut pas suffisant : sa dague en os se heurta au métal froid de la lame de son ennemi. L'impact créa une résonnance désagréable dans le bras de l'elfe et ce dernier reçu un coup de poing de plein fouet au visage, ce qui le fit reculer brusquement. Sous la force colossale de son adversaire, le sauvageon tituba et porta une main à sa mâchoire à la peau déjà rougissante. Son regard couleur acier fusilla le « Sombre » qui se tenait devant lui, droit et solide comme une statue. Sans crier gare, l'elfe s'élança de nouveau vers lui et bondit tel un tigre géant fondant sur sa proie. Il frappa avec sa dague en os et le coup fut paré avec la même aisance que précédemment. Toutefois, le sauvageon profita du court temps de réaction du vampire pour griffer le visage de son adversaire de sa main gauche aux ongles pointus. Pendant un bref instant, un petit sentiment de victoire l'envahit avant de recevoir un coup de pied fulgurant en pleine poitrine. Le sauvageon fut propulsé à plusieurs mètres puis roula dans la poussière en toussotant. Son souffle était saccadé et sa poitrine affreusement douloureuse. Une énorme ecchymose apparaîtrait surement dans les heures à venir.

    Levant la tête, il toisa son adversaire puis réalisa avec soulagement que la femelle et la petite fille aux oreilles rondes avaient disparu. Il était temps pour lui de faire de même! C'est qu'il ne tenait pas tellement à mourir sous les mains de ce démon à la peau glaciale. Son adversaire semblait fou de rage face à l'impertinent personnage que représentait Uthann. Il était réellement temps de déguerpir au plus vite! Sans demander son reste, l'elfe sauvage rangea sa dague et détala entre les rochers géants avec l'espoir vain de s'en sortir aussi aisément. Il zigzagua à travers les monuments rocailleux et il remarqua, à quelques kilomètres devant lui, la présence d'une forêt plutôt sombre (digne de la Vallée Nocturne). S'il pouvait atteindre cet étendu boisé, il aurait une chance de s'en sortir vivant. Le sauvageon donna tout ce qu'il pût pour se rendre le plus rapidement possible à ce qui semblait être sa bouée de sauvetage. Toutefois, les bruits de pas du « Sombre » s'approchaient drôlement, ce dernier ayant visiblement décidé de prendre sa revanche. Le sauvageon sursauta lorsqu'il sentit sa présence, tout près. Comment pouvait-il être aussi rapide?! Était-ce réellement un démon?! Un monstre?! Dans un mouvement fluide, l'elfe à la chevelure marron tendit le bras, se saisit d'un caillou de la taille d'un poing et se retourna agilement pour lancer le projectile de toutes ses forces dans le but évident de stopper son poursuivant. Somandil n'attendit pas de voir le résultat de cette attaque de fortune et poursuivit sa course.

    Après ce qui lui sembla une éternité, l'elfe atteignit finalement l'étendu végétal qui, à ses yeux, représentait l'ultime salut. Aussi agile qu'un singe, il grimpa dans l'arbre le plus proche et sauta de branches en branches et disparu à travers les feuillages épais de ce surnaturel boisé. Il continua sa fuite folle pendant encore de longues minutes et ne s'arrêta que lorsqu'il se sentit en sécurité. Il ne savait pas où se trouvait son prédateur, mais il avait la nette impression qu'il était à quelques lieux de là.

    Dans un mouvement furtif, l'elfe descendit de son perchoir et posa prudemment un pied à terre. Cette forêt était anormalement calme et cela ne l'enchantait guère. Il n'avait maintenant plus qu'une idée en tête : retourner sur son territoire chéri. Lentement, il marcha entre les monuments de bois et d'écorce qui – lui semblait-il – grossissaient au fil de ses pas. Il lui semblait que les arbres étaient de plus en plus gigantesques et, par conséquent, l'espace les séparant était de plus en plus prononcé. Puis, il repéra enfin une clairière où la lumière était un peu plus prononcée qu'ailleurs dans la Vallée Nocturne. Un bruit de renâclement attira l'attention du sauvageon. Aussi subtil qu'un chat, il s'approcha de ce qui semblait être le cheval effrayé de tout à l'heure. Devant la bête à la fine fourrure d'ébène se trouvait la femelle « Oreilles pointues ». Dans toute la grâce typique à sa race et à son genre, elle tendit les bras vers la tête de l'animal et ce dernier se laissa rassurer sans un sourcillement. Uthann les observait et ressentait une sorte de fascination à l'égard de la femelle. Il n'avait jamais côtoyé de représentant de sa race, du moins, pas depuis le jour où sa mère avait disparu. L'elfe à la chevelure blonde mit quelques instants à rassurer l'animal, puis une énergie insécure émana d'elle. Cette obscurité ou cette forêt ne semblait pas la mettre à l'aise. Elle se mit en scelle, puis poussa le destrier à se mettre en marche. Uthann, pour sa part, se contenta de la suivre tout en restant le plus silencieux possible. Certes, elle lui avait porté main forte un peu plus tôt et il considérait en avoir fait de même en lui permettant de fuir face au démon « Sombre ». Maintenant qu'ils étaient quittes, allait-elle devenir hostile à son égard? Voilà un raisonnement qui rendait l'elfe des bois légèrement hésitant et méfiant.

    La « balade » dura de nombreuses minutes et Uthann s'arrêta en même temps que la jeune elfe et son destrier. De part son langage non-verbal, elle démontra clairement qu'elle était désorientée. Elle était perdue? Uthann connaissait trop bien ce sentiment qui le ramenait de nouveau à sa jeunesse. Depuis ce moment pénible de sa vie, il se perdait rarement. En fait, il savait maintenant pertinemment comment s'orienter dans ce genre d'environnement. Humanoïde et destrier semblaient plutôt nerveux et la femelle poussa un cri alors qu'un rongeur couleur flamme bondissait vers elle. Sous cette vision un peu loufoque, le sauvageon étouffa un gloussement : il avait vu bien pire qu'un simple écureuil! Elle n'était visiblement pas habituée à vivre en forêt, celle-là! À voir le soulagement qui se peignait soudainement sur ses traits délicats, il comprit qu'elle connaissait cette petite boule de poils « menaçante ». Sans trop savoir pourquoi, Somandil eut envie de s'approcher de la jeune femme. Il avait envie de la guider et de la sortir de ces bois afin qu'elle cesse de s'inquiéter. Quelque chose de bon et de rassurant émanait d'elle et le sauvageon ressentait l'envie et le besoin de l'aider; après tout, elle était la première bipède à avoir été gentille avec lui. Doucement, il sortit de sa cachette et se présenta devant elle. Une légère lueur de panique apparu dans ses yeux et Uthann se contenta de lever les mains pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucunes intentions agressives. Il s'approcha doucement d'elle, mais garda néanmoins une bonne distance afin qu'elle ne se sente pas menacée outre mesure. Comment lui faire comprendre qu'il n'était pas un ennemi? Cherchant profondément dans sa mémoire, il posa lentement une main sur sa poitrine musclée et prononça un bref mot : « ami ». Il espérant que ce mot, aussi lointain soit-il, soit suffisamment éloquent pour lui faire comprendre ses intentions.

    S'approchant d'une souche, il fit glisser ses doigts doucement sur la végétation mousseuse qui s'y trouvait et sourit. Voilà qui était un bon indicateur de points cardinaux. Le nord était donc droit devant lui. Il lui suffisait simplement de poursuivre dans cette direction et ils pourraient ainsi sortir de cet endroit lugubre. Il espérait seulement que sa compagne bipède accepte de le suivre. Il lui fit signe de la main, lui demandant ainsi de l'accompagner. Il pointa l'horizon de son doigt puis prononça le mot « sortir » afin de lui signaler qu'il pourrait lui montrer le chemin. Toutefois, il n'eut pas le temps de bouger qu'une présence tierce se faisait sentir. Était-ce le « Sombre »? Son cœur s'affola à cette simple idée. Comment avait-il pu le suivre? C'était impossible! Après toutes ces années de chasse, le sauvageon était passé maître dans l'art de disparaître en pleine nature. La simple idée de se faire débusquer éveillait en lui un sentiment de vulnérabilité rarement égalé.

    C'est alors qu'il la vit, derrière la femelle « Oreilles pointues » : plus grande qu'un humain, l'abdomen semblable à une araignée géante, elle descendait de l'un des immenses arbres de cette forêt maudite. Elle était silencieuse comme la brise, mais l'énergie qu'elle émanait était presque palpable pour une personne aussi sensible qu'Uthann. Le sauvageon écartilla les yeux et ne put mettre en garde sa compagne avant que l'Arachnéas ne jette un énorme filament de toile gluante sur elle. De ses pattes arachnéennes, elle tira sa prise vers elle sous les yeux horrifiés de Somandil. Le cheval hennit d'effroi, le sortant par le fait-même de son tombeau de terreur. Agrippant sa dague, Uthann chargea l'horrible créature mi-humaine mi-araignée en poussant un cri de hargne. Il DÉTESTAIT cette vallée! Il DÉTESTAIT cette forêt! Il DÉTESTAIT cette créature et il DÉTESTAIT le « Sombre » qui l'avait poussé à s'aventurer en ces lieux! Il bondit, arme brandissante, et s'agrippa à son ennemi. D'un grand mouvement, il trancha le filament gluant qui retenait la femelle bipède, puis enfonça la lame osseuse dans le flanc protubérant de la bête. L'Arachnéas hurla de douleur puis tenta de le happer de ses pattes semblables à des crochets. L'elfe évita l'assaut en un mouvement gracieux puis se propulsa hors de portée en effectuant un salto arrière. Toutefois, dès que ses pieds touchèrent l'herbe fraîche, deux autres filaments furent propulsés vers eux : l'un englua la poitrine de la jeune femme et l'autre enserra les pieds de Somandil, le forçant ainsi à s'écraser sur le dos sous l'impact. La créature émit un rire méprisant et surréel puis détala à une vitesse impressionnante, traînant ses deux proies derrière elle dans le but probable de les désorienter.

    L'elfe à la chevelure marron jeta un regard incrédule à sa compagne alors qu'il sentait ses jambes s'enliser davantage dans le matériel gluant et organique utilisé par la bête. Une nuit longue et pénible les attendait, il en était sûr maintenant.


Spoiler:
 

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    One lost soul, one feral man...

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