Partagez | 
 

 Le retour d'Ada [RP Solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Le retour d'Ada [RP Solo]   Dim 5 Mai 2013 - 1:38


Le groupe de lycanthropes quittait la Cité de Drack. En tête de celui-ci, avançait Ada, la lycanthrope survivante et guerrière. Elle marchait lentement, exténuée, s'aidant de son pique où était plantée la tête du colosse d'autrefois.  Elle était sale, puant la transpiration et les excréments mélangés au fer du sang. Elle avait faim, elle avait soif, elle voulait s'écrouler. Mais elle ne s'arrêtait pas de marcher. Elle continuait. Elle s'obstinait à rester debout tant qu'elle ne serait pas rentrer à Nord-Bois. Elle regardait droit devant elle, le visage dur et inexpressif. Elle restait silencieuse, respirant parfois profondément pour humer ce nouvel air qu'elle appréciait. Un air frais de la Nature. Ses sens endormis semblaient vivre une deuxième renaissance. Ada aurait pu être effrayée comme une petite souris trop longtemps enfermée dans une cage, aurait pu bondir partout comme un chien tenu en laisse trop longtemps. Mais elle était trop fatiguée pour penser à tout cela, pour réaliser ce qui était en train de se passer. Réaliser toute l'ampleur et les conséquences de ce qu'elle avait fait. Trop épuisée, pour même se préoccuper du nom de celui qui l'avait séquestrée, et qu'elle avait tué.

Elle ne pensait pas encore à cette foule qui la suivait comme un nouveau guide. De leurs attentes, et de ses responsabilités. Cette foule avait été imprégnée de l'éducation barbare et sauvage de leur chef. Ada était la seule à savoir où elle allait, comment réagiraient-ils en arrivant à leur destination, cette Terre Promise ? Tout serait à réapprendre, et cela s'annonçait sans nulle doute, très laborieux. Les enfants seraient sans doute aisés à s'adapter, mais les adultes...ce serait plus ardu.

Plusieurs heures s'écoulèrent. Elle ne s'était toujours pas arrêtée pour manger, ni même pour boire,ou souffler de ce qu'elle venait de vivre. Bientôt, en sortant de la lisière de la forêt des Damnés, elle put alors apercevoir de la colline la ville civilisée de la meute. Elle esquissa enfin un sourire et marcha cette fois-ci plus rapidement, se tenant les côtes droites. Les habitants en périphérie furent d'abord alertés par cet amas de personnes qui s'avançaient. Ce n'était pas qu'ils n'avaient aucune hospitalité, c'était qu'en temps de guerre, et en tant qu'alliés des elfes, la meute craignait des représailles de d'autres meutes. Mais les gens se rendirent compte qu'Ada continuait de marcher et de sillonner les rues sans même considérer les habitants qui se trouvaient sur son passage. Et surtout, la lance où était plantée la tête du colosse, cette menace qui pesait sur la meute depuis trop longtemps. C'était donc la dernière ligne droite jusqu'à chez elle, elle accélérait le pas. Elle ne rejoignait pas sa tanière de louve sauvage, mais son foyer de Nord-Bois.

Elle vit sa maison, commençant à marcher tandis que les personnes derrière elles commençaient à se demander ce qu'elle comptait faire après son retour. Elle attrapa la poignée de la porte, enfin. Elle ouvrit la porte, et passa le seuil. Elle jeta la lance négligemment sur le côté pour se diriger vers sa chambre. Un soldat qui la suivait depuis son entrée ne se gêna pas pour rentrer dans sa maison. Il voulait des explications, et faire un rapport à ses supérieurs. Il la vit rejoindre sa chambre, puis s'écrouler sur son lit. Il s'avança rapidement, et passa une main sur son front. Elle était brûlante. Il se dépêcha alors d'appeler un médecin, tandis qu'Ada avait enfin le repos qu'elle méritait. Elle pouvait enfin fermer les yeux, elle était dorénavant en sécurité.

Elle rêva. Son père était là, dans son uniforme de Capitaine. Il était si beau, si fier. Et sa mère à ses côtés n'avait plus cet air froid et autoritaire qu'elle avait adopté après la mort de son mari. Non, elle était rayonnante, chaleureuse, un Soleil vivant pour les yeux d'un enfant, d'une fille. Tout était si verdoyante. C'était parfait, comme dans ses souvenirs. Ada fit alors tomber quelque chose alors qu'ils mangeaient tous à table dans un cadre convivial. Quand elle s'abaissa pour rattraper ce qu'elle venait de faire tomber, surgit alors de sous la table la gueule du défunt lycanthrope. Tout devint si sombre, elle se sentait si seule. Le loup l'attaqua, malgré que sa trachée sorte de sa gorge ouverte et ensanglantée. Il l'attaqua et la fit tomber de sa chaise. Elle sursauta violemment, et se réveilla alors.

Elle ouvrit grand les yeux, et regarda autour d'elle, paniquée et désorientée. Puis elle remarqua alors plusieurs personnes autour d'elle, un médecin, des soldats, et d'autres personnes qu'elle ne connaissait pas. Son visage redevint impassible, et elle voulut se redresser. Mais une migraine effroyable vint lui tambouriner les tempes, et ses côtes lui faisaient mal. Elle fronça les sourcils, et finit par abandonner l'idée de s'asseoir. Un homme qui semblait plus important que les autres s'approcha alors d'elle. Il la regarda, mi-impatient, mi-inquiet pour sa santé, et fit alors :

« Racontez-nous ce qui s'est passé. »

Et elle raconta tout. Du début jusqu'à son retour. Le retour d'une rescapée.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le retour d'Ada [RP Solo]   Dim 5 Mai 2013 - 18:18

Trois jours plus tard. La fièvre était passée, et Ada commençait à reprendre sa lucidité, à penser aux conséquences de ses actes. Mais elle ne se sentait pas prête à en assumer les responsabilités. Elle voulait être oubliée, rester cloîtrée chez elle pour digérer les récents événements. Ce qui n'était pas une chose évidente, avec toutes les personnes qui l'entouraient et qui ne voulaient pas la quitter. Ils lui posaient beaucoup de questions, attendaient trop d'elle. Elle était lassée et finissait par ne plus répondre, feintant qu'elle était trop fatiguée pour répondre, et qu'elle voulait être tranquille dans le silence.

Une personne vint apporter son plateau, et elle le remercia. C'était un bon repas, quelque chose qu'elle n'avait pas mangé depuis longtemps, avec un bon verre de vin des vignobles de leurs alliés les elfes. Elle se régala. Elle leva les yeux vers les quelques personnes présentes, et remarqua l'absence de la personne sans doute la plus importante dans la meute : le chef. Elle parcourut encore une fois la salle du regard puis fit alors :

Où est Maldrik... ?

Elle vit les gens se regarder, se décomposer, devenir mal à l'aise. Elle fronça légèrement les sourcils, quand l'un se décida à répondre:

Il est parti...

Q...quoi ? Quand ?

Il y a environ un mois...

Pourquoi a t-il fait ça ?

Les responsabilités d'un chef de meute étaient trop lourdes...Il a abandonné.


Ils baissèrent tous la tête, visiblement déçus par le comportement lâche de leur ancien chef. Ada regarda le fond de son assiette d'un air pensif. Elle releva la tête brusquement :

Mais qui est le nouveau chef ?

Personne ne se sent prêt à reprendre le flambeau de Nord-Bois... Nous avons un conseil provisoire pour assurer la survie de la meute...Jusqu'à ce qu'un de nous fasse ses preuves...

L'homme s'arrêta de parler, et alors Ada sentit des regards lourds se poser sur elle. Reprendre la meute ? Cela ne le lui serait jamais venu à l'esprit. Elle n'était devenue une lycanthrope que depuis un an, et beaucoup d'autres loups et louves expérimentés méritaient de devenir chef. Néanmoins, elle avait marqué le cœur des Nord-Bois en ramenant la tête de Thorolf. Ce n'était certes pas dans leurs habitudes d'accepter un tel geste barbare, c'était loin de leur caractère pacifique et civilisé si légendaire, que d'autres meutes raillaient. Mais c'était surtout le symbole de ce geste. La force d'avoir vaincu autant moralement que physiquement cette terrifiante créature. La force d'une Nord-Bois de ne pas céder. Avait-elle vraiment résisté... ? Était-elle vraiment revenue indemne ? Seul l'avenir le lui dirait. Advienne que pourra.

Et que pouvait-elle pour l'instant ? Rien. Ou du moins, elle ne voulait rien. Elle voulait s'allonger et imiter le mourant. Se faire oublier, retourner dans le néant pour puiser de nouvelles forces. Elle reposa son plateau, et fit :

J'ai besoin d'un long repos. Laissez-moi s'il vous plaît...

Ils quittèrent la pièce, puis la maison. Tout redevint calme. Plus de cris, plus de plaintes, plus de bruits de déchirement de chair et de broiement d'os. Elle savoura ce silence. Elle en voulait davantage pour digérer.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le retour d'Ada [RP Solo]   Lun 6 Mai 2013 - 6:14

Le silence. Dans les premiers temps il vous apaise et vous tranquillise. Mais c'est tout là le leurre. Le silence permet de ne plus rien entendre, de ne plus avoir à se focaliser sur un bruit en particulier. Il amène alors, comme un traître invisible à l'observation. L'observation intérieure, l'introspection. Vous vous retrouvez alors piégé avec vous-même, alors que vous cherchiez tant à vous oublier pour respirer, oublier la douleur, la souffrance accumulée et tenue à bout de bras sous un couvercle fragile prêt à exploser à n'importe quel moment. Ou bien le peu de force que vous aviez dans le bras fini par vous quitter, et vous lâchez, résigné. Vous vous laissez emporter. Par quoi ? Par la peine. Elle peut avoir différents visage : les pleurs, ou bien la colère, la violence gratuite, le ressentiment, le cynisme, l'indifférence. La folie. Ravagée par la souffrance, par les coups , on peut en perdre la raison.

Ada se leva de son lit. Cela faisait maintenant cinq jours qu'elle était rentrée, et elle ne s'était toujours pas lavée du sang de son « ravisseur ». Sous ses ongles, pourrissaient la chaire de sa victime. Elle passa dans la pièce annexe à sa chambre, et regarda la bassine en bronze où était l'eau propre et saine. Elle plongea ses mains dedans et se les lava. Elle essayait de s'en laver les mains. Mais si le souvenir n'était plus palpable par le sang et la chaire, il restait encore flambant neuf dans sa mémoire. Elle regarda son reflet dans l'eau, et passa de l'eau sur son visage. L'eau devint rapidement trouble, rougeâtre. Elle parcourut sa petite maison, et ferma tous les rideaux pour se retrouver dans l'obscurité. Elle voulait un simulacre du néant. Ne plus rien voir, ne plus rien entendre. Imiter la mort, pour ne plus penser, ne plus rien ressentir. Elle revint vers sa bassine en bronze, et se déshabilla pour se laver le reste du corps. Sa peau était fraîche et propre, pourtant elle se sentait encore souiller. Elle avait l'impression que le sang continuait de l'éclabousser et de dégouliner sur son corps nu.

Elle pouvait encore distinguer ses mains dans l'ombre. Et là, elle s'écroula par terre et commença à pleurer. Elle pleurait comme un enfant désarmé. Elle déversait des larmes comme jamais. Elle devenait indigne de sa réputation de femme autoritaire et forte. Engouffrant son visage dans ses mains, ses sanglots troublaient le silence. Sa respiration se saccadait sous le coup de l'émotion forte qui l'envahissait. Tout ce qu'elle avait tassé en elle petit à petit, était remonté comme le vomi brutal et amer après une intoxication alimentaire. Elle crachait ses larmes, elle buvait cette eau du chagrin comme un élixir dont elle s'était privée depuis trop longtemps. Par fierté, ou par orgueil. Quelle différence ? Elle se leva après avoir longtemps pleuré.

Vint alors la colère. Elle frappa violemment dans la bassine qui tomba à terre, renversant toute l'eau sur le sol où elle y avait laissé tomber sa froideur. Ada ne savait pas vraiment contre quoi elle était en colère. Contre elle, contre Thorolf, ou même contre les deux. Avait-elle d'autres choix ? Elle ne le saurait jamais. Elle frappait de rage les murs, criait et s'arrachait des cheveux. Elle se maudissait de s'être aventurée trop loin, et d'avoir voulu sauver ces hommes, ces condamnés. Elle maudissait tout et n'importe quoi, tout ce qui avait rendu Thorolf ainsi, ce qui avait fait qu'elle avait croisé son chemin ce jour-là. Elle maudissait le destin. Elle repensa alors à ces victimes dont elle avait vu le sang couler.

Et revint la tristesse. Elle ne cessait de répéter « Pardon » à ces défunts dont l'âme avait été tourmenté si cruellement et si sauvagement. C'est à l'Enfer en personne qu'elle avait goûté. L'injustice, la méfiance, l'hostilité, la violence. L'infernal à l'état pur. Elle pleurait et balbutiait des excuses dans le vide, dans le néant. A la fin, elle fut si épuisée qu'elle s'endormit sur le sol même, qui avait été réchauffé par les larmes.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le retour d'Ada [RP Solo]   Mer 8 Mai 2013 - 21:20

Ada releva la tête lentement, se tenant la tempe maladroitement. Elle regarda autour d'elle, et se remémora les événements de la veille. Elle s'était endormie dans l'eau qui avait refroidie pendant les quelques heures où elle fut inconsciente. Elle sentait une sensation désagréable dû au fait qu'elle ne s'était pas essuyée. L'eau mal séchée sur sa peau lui tirait tous les pores. Elle se releva lentement. Elle avait l'impression que chacun de ses mouvements était une torture, une difficulté immense. Elle se sentait si misérable, que chaque geste qu'elle faisait lui donnait la nausée. Il y avait un goût de routine, d'habitude, d'automatisme. Elle marchait à côté de ce qu'elle était. Le visage défait, elle attrapa un peignoir et recouvra son corps svelte et musclé.

Elle rejoignit sa chambre en traînant des pieds, les cheveux en bataille. Épuisée, elle voulait encore s'allonger. C'est comme si tout ce temps où elle n'avait pas dormi, elle devait le rattraper. Elle se coucha dans son lit et se mit sur le côté en fixant droit devant elle. La lumière réussissait à s'immiscer entre les rideaux épais, et éclairait par des petits rayons le mur en face d'elle, blanc et vide. Elle soupira, et blottit ses mains sur son buste, essayant de se recroqueviller le plus possible dans son lit. Quelques minutes passèrent, et Ada ne trouvait toujours pas le sommeil. Elle soupira et s'arrêta de fixer le mur. Elle se mordit la lèvre inférieure et se mit sur le dos pour fixer le plafond. Elle déglutit tout en laissant glisser lentement sa main, comme si ce n'était pas la sienne et qu'elle devait prendre toute la délicatesse possible. Dans ce silence, ce néant qui pourrait la voir, qui pourrait la juger ? Elle était si pitoyable, mais elle pouvait s'y complaire, car il n'y avait personne. Elle pouvait se lâcher, laisser tomber le masque.

Elle ferma les yeux et rêva qu'elle était enfin elle-même. Elle explorait l'antre d'abord timidement, son ventre palpitant d'impatience. Quand elle vit que l'antre était accueillante, elle s’immisça avec plus d'assurance, retenant son souffle dans l'attente de l'extase. Elle commençait lentement mais sûrement à s'accaparer les lieux. Elle s'approcha d'un bourgeon et la cueillit avec ses doigts habiles, pour humer le parfum enivrant de cette fleur en devenir. Elle en caressa les pétales lentement avec un sourire, tandis que la fleur sensible sous l'effleurement, s'ouvrit et s'épanouissait au grand jour. Elle sentit que le vent soufflait et répandait le parfum avec plus d'ardeur. Elle s'enfonça dans l'antre pour trouver d'autres fleurs toutes aussi sensibles que splendides. Le vent soufflait de plus en plus fort dans la grotte. Ada gesticulait, résistant contre le souffle en s'accrochant aux draps. Elle souriait en espérant qu'un homme la rejoigne pour cueillir avec elle les fleurs lascives. Le vent continuait de prendre de l'ampleur, et Ada s'accrochait, poussant des gémissements étouffés. Le souffle basculait sa tête en arrière, cambrait son corps, emmêlait ses cheveux sur son visage. Il la souleva, la faisait flotter au Septième Ciel. Elle explorait les nuages, continuant de cueillir les fleurs pour en faire un bouquet de volupté intense. Elle maintenait la cadence d'une danse endiablée, dans un déhanché sensuel qui ne lui ressemblait pas. Elle tournoyait, se sentait légère tandis qu'elle continuait de butiner la fleur qui se vidait de son élixir lentement, doucement, indéniablement.

Le vent changea de direction, et laissa alors du répit à la jeune femme qui sortit de l'antre lentement. Elle reprenait son souffle de ce voyage merveilleux mais trop éphémère à son goût. Son ventre semblait exténué par les contractions. Elle ouvrit les yeux et se remit sur le côté et fixa le mur comme si rien ne s'était passée. Elle avait fini de rêver qu'elle était elle-même.

Elle ne savait pas si c'était les rayons qui provoquaient une illusion d'optique, mais les lumières semblaient montrer des gouttes dégoulinant le long du mur. Elle continuait de le fixer, intriguée. Elle cligna des yeux et se rendit compte du leurre. Se tournant et se retournant pour tenter de trouver le sommeil, elle ne s'arrêtait pas de penser. A ce qu'elle avait vécu, à ce qu'elle devrait faire, à ce qu'elle adviendrait... Finalement épuisée par trop de réflexion et de cogitation, elle ferma les yeux et s'endormit.

Tandis que dehors, les habitants de Nord-Bois attendaient sa venue. Ils se demandaient ce qu'elle faisait. Certains désespéraient de la voir sortir un jour de sa tanière. Elle était totalement coupée du monde.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le retour d'Ada [RP Solo]   Ven 26 Juil 2013 - 5:06

Pas un bruit. Le silence est comme un lac. La surface de l'eau est lisse, calme. Pourtant, il suffit d'une brise trop forte, d'un petit caillou lancé, pour que toute la surface se trouble, que l'eau se froisse progressivement en petites creux. Puis elle redevient lisse, calme. Ada était toujours affalée dans son lit. Parfois, elle tirait sur un drap pour recouvrir son corps, ou bien pour le dénuder. Le bruit du drap à lui seul, suffisait à troubler tout le silence pour une seconde à peine. Et le silence reprenait sa place. A la différence de l'apesanteur dans l'eau, le silence lui était pesant. Dans son fort intérieure, elle se débattait.

« Je suis maudite. Ou bien suis-je punie ?

Je me cachais derrière mon rang de Capitaine. J'étais ferme et sûre de moi. Mais n'était-ce qu'une feinte ? Ou bien peut-être ai-je réellement fini par prendre goût à cette carrière qu'on m'a imposé sans mon avis. J'ai suivi les ordres de ma mère pour la rendre fière de moi. J'étais l'aînée, après tout c'est normal d'être l'honneur de la famille. Ai-je échoué, ou cette morsure a transcendé ce que j'étais, c'est-à-dire vouée à la médiocrité ? J'ai tué ce chef. Ce qui fait que j'ai pris sa place. Ces loups m'ont suivi, affamés, terrorisés...On m'a toujours suivi, j'ai toujours mené.

Ada, ressaisis toi. Que doivent-être en train de penser ces gens qui attendent que tu sortes et que tu prennes les commandes ? Ces gens qui ont misé tant d'espoir sur toi. J'ai trop peur de les décevoir. Et si tout ça n'était que du bluff, que je n'avais jamais eu les bonnes cartes...Je suis effrayée par ce que j'ai assassiné, car sommeillait en lui une bête. Faisait-il tout ça car il était un lycanthrope, ou bien était-ce dans sa personnalité d'être aussi cruel ? En tant que louve, suis-je destinée à devenir aussi folle ? Je sens déjà que la folie me ronge...C'est un feu qui me ronge de l'intérieur. Mais est-ce bien de la folie ? N'est-ce pas plutôt de la rage, cette rage de survivre et cette haine grandissante contre ce qui m'a persécuté ?

Cette rencontre n'était peut-être pas anodine. Je me rends compte que si je n'avais jamais été enfermée dans ces sous-terrains insalubres, si je n'avais pas haï cette personne, si je ne l'avais pas tuée...Je n'aurais jamais pu croire que je pouvais faire mieux que ce que j'avais réalisé en tant qu'humaine. J'aurais continué à haïr ce que j'étais, pensant que ma vie ne serait plus qu'un combat incessant contre cette horrible Bête. Mais en tant qu'humaine, je n'aurais jamais pu libérer ces personnes du joug de ce tyran qui pensait être le salvateur des lycanthropes. Nous nous changeons en loup, mais nous avons cette partie d'humanité qui reste en nous. Nous ne sommes pas des animaux, nous sommes des surhommes. Nous abaisser à la sauvagerie et la bestialité serait une insulte envers cette puissance qui nous a été donné à notre renaissance. Comme toutes puissances, il faut savoir la modérer et l'utiliser avec sagesse pour servir un but noble. »


Ada écarquilla les yeux. Comme une épiphanie qui venait d'illuminer cette pièce qu'elle entrevoyait si sombre et désespérée. Elle se releva, et s'avança lentement vers une fenêtre. Elle poussa légèrement le rideau, et regarda la place de la ville animée malgré la nuit. Certains préparaient une course dans les bois, d'autres fermaient leurs échoppes...Et la guerrière pensa qu'elle avait perdu tout ce temps à ne pas les aider. Elle s'habilla, se coiffa, et s'avança jusqu'à l'entrée de sa petite maison. Elle baissa les yeux sur le pique où était la tête en putréfaction de Thorolf Gunnar. Elle empoigna le pique fermement, le regard déterminé. Elle poussa alors la porte...Et la lumière de la lune l'éclaira entièrement, comme un regain de vivacité.

Elle passa le seuil de la porte, le pique en main, et se dévoila aux yeux de tous : La Résilience avait sonné le retour d'Ada.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le retour d'Ada [RP Solo]   Lun 29 Juil 2013 - 5:16

Ada était restée prostrée dans sa maisonnette si longtemps qu'elle s'était habituée à l'air étouffé et chaud des pièces fermées. Elle s'en rendit compte en franchissant le seuil de sa porte, où un air frais et vivifiant vint lui fouetter les narines et se coller à sa peau pâle. Sans doute ce manque d'air avait contribué à sa déchéance. Un coup de froid traversa son dos, n'ayant plus l'habitude d'une température aussi basse.

Elle s'avança d'un pas confiant, ce pas si sûr qui faisait sa réputation de femme déterminée. Ce pas que tous avait observé à son retour, où elle ne fixait que l'horizon où elle imaginait déjà la place de la ville de la meute de Nord-Bois. Mais cette fois-ci, elle ne marchait plus en ignorant ce qui l'entourait. Elle observait les villageois et leur adressait un sourire aimable. Arrivée à la sortie de la ville. Elle se mit à courir, toujours sous sa forme humanoïde.

Ses muscles endoloris de ne pas avoir été sollicités depuis si longtemps ralentissaient la guerrière autrefois si endurante. Mais elle ne s'arrêta pas de courir pour autant et continua jusqu'au cœur de la forêt des damnés, empoignant toujours le pique avec la tête de Thorolf Gunnar. Déjà plusieurs habitants, autant Nord-Bois que Drack s'était joint à elle en se demandant où elle allait et se qu'elle comptait faire. Suivant le pas aisément, un attroupement de personne foulait la terre humide d'une averse récente, sous un clair de lune qui convenait parfaitement à ce soir-là où Ada allait faire un geste symbolique.

Arrivée au cœur de la forêt, les rayons de la lune éclairaient le groupe de lycanthropes. Ada fit un pas et se tourna vers les loups en prenant la parole depuis longtemps :

Louves et loups libres de Thaodia, de Nord-Bois,

On m'a raconté une histoire à propos de cette forêt qu'on appelle la Forêt des Damnés. A chaque fois qu'un chef de meute était battu par un autre, il était exilé des siens. A chaque fois, un chef de meute tombait et un autre le remplaçait. Tous les puissants déchus s'étaient réunis ici dans cette forêt pour créer une meute. Mais ayant tous connus une vie de meneur, aucun n'était prêt à devenir un suiveur. Ils se sont tous entre-tués comme des bêtes stupides.


Elle planta alors violemment et profondément le pique dans la terre. Et elle reprit :

La place de ce monstre est ici. Parmi les bêtes féroces et dénués de morale, de conscience. A trop être avide de pouvoir, à trop viser la sublimation, on en sous-estime trop ses adversaires. Les plus rusés sauront se servir de ce défaut. J'ai su me servir de son défaut.

Elle regarda le pique et le pointa pour en revenir à ses interlocuteurs :

Que cette tête signe la fin d'une ère. L'ère du règne des avides et des cruels, primitifs et bestiaux. Nous sommes des loups, mais nous sommes aussi humains. Nous ne sommes pas des animaux, des sous-hommes où le loup hante l'homme dans des pulsions carnassières. C'est l'homme et le loup ensemble, qui associent leurs caractéristiques propres : la force et la férocité à la sagesse et l'esprit. Nous sommes des surhommes. Si nous sommes capables du pire, comme j'ai pu l'apprendre à mes dépends avec cet homme, alors nous sommes capables du meilleur. Cette tête est certes un geste barbare pour certains d'entre vous, mais c'est la dernière des nécessités : montrons à tous ceux qui voudront visiter Nord-Bois que nous sommes pacifistes, mais pas inoffensifs.

Les esprits malveillants, les ignorants, les tyrans, les cruels, vous n'êtes pas les bienvenus. Tous ceux qui ne sont pas capables de comprendre que les lycanthropes ne sont pas que des loups hurlant à la lune et mangeant de la chaire fraîche, vous n'êtes pas les bienvenus.

Nous ne vous obligeons pas à rester, mais nous vous forçons à partir si vous ne respectez pas les valeurs de Nord-Bois.


Sur ces derniers mots, Ada se déshabilla et se transforma en louve. C'était la première fois qu'elle le faisait, mais c'était comme si elle était louve depuis toujours. Elle venait enfin d'accepter ce qu'elle était devenue : une lycanthrope.

Elle se tourna vers la lune, s'assit et hurla. Les autres la suivirent tandis que certains Drack s'éclipsaient, mécontents de ce nouveau mode de vie. Mais d'autres restaient, et semblaient revivre, et semblaient redécouvrir une définition au mot « liberté ». Au moins jusqu'aux marais de Drack, on entendait retentir les cris des loups. On en entendait retentir le retour d'Ada.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le retour d'Ada [RP Solo]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Le retour d'Ada [RP Solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Mission D] Retour aux sources laineuses (Solo)
» Retour aux bercailles [Qui veut]
» L'homme est de retour ...
» Jean-Bertrand Aristide : Un comité pour son anniversaire et son retour
» retour de la droite dure en Suisse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: Thaodia (Contrée des Lycans) :: • Forêt des Damnés • :: Meute de Nord-Bois-