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 La relique oubliée [Event]

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Lolia Ambraleya
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MessageSujet: La relique oubliée [Event]   Lun 19 Aoû 2013 - 13:11

Etape 1 / partie 1


Ils étaient tous venus. Chaque peuple avait répondu à l'appel. Ils étaient tous là, prêts à embarquer pour l'aventure, prêts à risquer leur vie pour cette quête. L’utopie de la mission avait porté ses fruits. Ils étaient tous venus.


L'aube avait pris d'étranges couleurs ce matin là. Alors que la troupe montait à bord, le ciel s'était couvert d'un orange particulier. Les voiles battaient le vent avec ardeur alors même que rien n'était encore lancé. La dernière paire de pieds embarquait enfin et l'impatience générale se faisait sentir. Cette sensation disparaîtrait bien vite. Il faudrait un certain temps avant d'atteindre le but qu'ils s'étaient tous fixé. Et, une fois au large, chacun s'en rendrait compte à ses dépends. C'était bien là le problème d'une telle expédition, on croit toujours qu'il n'y aura qu'aventures et périples. Mais l'ennui est bien le plus mortel ennemi d'une quête. Mais chaque chose viendrait à son heure. La jeune elfe avait prévu le maximum pour que tous soient sûrs et conforts.
Un vent fort fouettaient les visages endoloris de cette troupe inhabituelle. Et si Lolia avait pris le temps d'admirer ce lever de soleil hors norme, elle sentait déjà monter en elle l'appréhension de la houle, du grand large et du vide sans fond qui se trouverait en-dessous d'eux tout au long du voyage. C'était bien la première fois que ses pas la conduiraient dans un navire et, avant même d'en avoir fait l'expérience, elle savait déjà que ce serait la dernière - hormis le retour bien sûr. Quoi que ? Pouvait-on savoir ce qui se passerait aussi loin dans le temps ?
Quoi qu'il en soit, elle avait quand même fait l'effort de changer ses habitudes vestimentaires. De son accoutrement habituel, elle n'avait gardé que les hautes bottes brunes. Sa tunique avait été remisée pour une plus courte pourvue de manches. Et un pantalon, horreur à ses yeux, accompagnait le tout. Elle avait vu pratique et fiable. Ses armes aussi étaient toujours de la partie ; arc, carquois, épée, poignards. Le minimum nécessaire en gros.

Ce n'est qu'une fois à bord que l'euphorie se fit sentir. Dans la houle spongieuse qui avait d'abord manquer la rendre malade, Lolia observa la troupe aller et venir sur le bateau. Elle avait peur, peur de ne pas être à la hauteur. Peut-être cette idée n'avait elle été qu'un leurre ? Seule, sa confiance aurait été plus grande, ses mouvements plus libres. Mais il y avait un moment où il fallait bien se rendre à l'évidence. La jeune elfe ne connaissait d'Omërie qu'une cité en ruine perdue dans la neige. Mais l'île s'était détachée depuis, avait recouvré ses droits et sa place juste ainsi que sa faune... Y aller seule aurait été une hérésie.
Et puis, les choses s'étaient si bien déroulée. Quelle chance elle avait eu de trouver Jayne. Pirate hors paire peut-être mais excellente navigatrice. Si celle-ci avait déjà des penchants pour la flibusterie, elle n'en restait pas moins la seule chance de traverser qu'avait Lolia. De plus, cette femme aux cheveux de feu s'était montrée des plus coriaces et des plus motivée. Lolia était tombée sous le charme de son caractère et ne doutait pas de son habilité au combat, elle avait d'ailleurs pu admirer les nombreuses armes qu'elle portait à ses flans.
L'histoire avait vite été réglée et les recherches avaient pu continuer.
C'est en Ardamir que Lolia avait retrouver la piste de Dertar. Deux bons mois s'étaient écoulés depuis leur dernière rencontre et elle se savait en retard. Heureusement, les caprices du destin faisant bien les choses - ou plus exactement la patience innée du centaure - avait permis aux amis de se retrouver. Dertar était toujours partant et la troupe se trouvait grossie d'un nouveau membre.

Il en avait été ainsi pour chacun des membres. Rien n'avait été laissé au hasard. Chacun avait été choisi pour ses capacités et compétences. Un membre de chaque peuple.
Il y avait eu Dante, vampire à la musculature imposante qui s'était joint à l'équipe peu de temps après le centaure. Il y avait ensuite eu Rose, elfe gracieuse aux yeux d'un vert profond, trahissant un réel intérêt pour la mission. La naine Kiaya aux multiples tresses avait joint la troupe sans même que Lolia ait besoin d'expliquer quoi que ce soit. Et enfin, après maintes recherches qui furent ardues pour cause des tensions entre les deux peuples, Laurianna, la louve indomptable, compléta le tableau.

Mais ce n'est qu'à bord, une fois tous les membres réunis, que l’idyllique de ce chef d'oeuvre se montra réellement.
L’appréhension revint. Lolia n'était pas faite pour galvaniser les troupes. Elle n'avait certes pas l'âme d'une meneuse. Pourtant elle devait quelque chose à ces hommes et ces femmes qui avaient répondu à son appel. Elle les avait fait venir à bord, les avait embarqués dans l'histoire qu'elle souhaitait écrire. Il fallait maintenant qu'elle assume cette charge. Elle prit pourtant le temps d'attendre jusqu'à la tombée de la nuit, laissant Jayne mener ses hommes.
Mais quand le soir tomba, que les étoiles entourèrent le navire comme dans un rêve et que l'écume blanchâtre disparu avec le vent, elle sut qu'il était temps. Elle demanda à chacun de s'approcher. On n'y voyait pas très clair sur la bateau mais quelques lanternes furent allumées.
L'elfe se racla la gorge et rit intérieurement de se voir si déconfite. Et c'est ce mot, "déconfite", qui prit alors tout son sens et la ramena à ce qu'elle pouvait être. Pas à ce qu'elle était - question qui resterait encore longtemps sans réponse - mais à ce qu'elle pouvait être. Alors qu'un terme de cuisinière affaiblie s'associait en elle à la revigorante tartine du matin.


- Je ne vais pas faire un discours, ce n'est pas mon genre. Mais je tenais à tous vous remercier d'avoir joint l'équipe. Certains se sont déjà rendu sur l'île, certains ont même peut-être déjà croisé ce qui s'y cache. Vous savez que le voyage ne sera pas sans danger et je sais que tous nos peuples ne sont pas en excellents termes. Mais oubliez ici vos problèmes personnels, vous aurez trop besoin de votre concentration et de vos compagnons que pour vous laisser distraire par un esprit de compétition futile.

Lolia ressentit encore cette appréhension fugace qui lui murmurait à l'oreille que la confiance n'était pas réellement de mise. C'était une confiance factice. Mais peut-être cette peur n'était-elle pas fondée ? Les reliques pouvaient certainement être partagée. La conviction manquait à cette pensée mais la question se poserait en temps et en heures. De sombres heures s'écouleraient encore avant leur arrivée, de longs chemins et de multiples dangers. La question de confiance ne se poserait pas avant des jours, dans le meilleur des cas... des semaines dans le pire.

- Je tenais juste à être claire là dessus.

Le sourire revint à ses lèvres, recréant le visage qui lui était propre alors qu'elle attendait une réaction, que ce soit d'approbation ou le contraire.



------------------------------------------------------

Ordre de passage (tour 1)
Dertar Emérisque
Rose Dragomir
Jayne Caldin
Kiaya Grundazan
Laurianna Machy
Dante McAllister

_________________

Rp en cours

Roses
Spoiler:
 


Dernière édition par Lolia Ambraleya le Sam 2 Nov 2013 - 13:14, édité 3 fois
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Dertar Émérisque
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Mar 20 Aoû 2013 - 4:52


Dertar avait enfin atteint la cité d’Ardamir. L’endroit était tel que dans ses souvenirs, aussi accueillant et magnifique, tout comme ses habitants. Cela faisait un contraste saisissant avec la contrée voisine, Màvreah, où le centaure s’était retrouvé malgré lui quelques jours plus tôt. Evanya. Tout était conçu en harmonie profonde avec la nature et Dertar se sentit presqu’immédiatement chez lui, et pourtant il n’avait en fait plus du tout de chez lui… Le jour prévu pour sa rencontre avec Lolia n’était pas encore venu, mais Dertar passa le temps à demander à quelques habitants s’ils avaient vu ou connaissaient cette charmante elfe. Chaque fois qu’il adressait la parole à une nouvelle personne, il pouvait entendre son cœur battre tout son sang contre ses tympans. Il était timide, c’est vrai, mais ce n’était pas la cause principale d’un tel changement de rythme dans sa poitrine. La vérité c’est qu’il était angoissé, et ce plus que s’il s’était retrouvé face à un Hefaestyon sans possibilité de fuir. Et si elle ne venait pas au rendez-vous? Il serait forcé de continuer son errance sans rêve avec pour seuls compagnons, ses cauchemars d’un passé gâché. Le jour tant attendu, elle n’était toujours pas là. Il se rabattit tant sur l’alcool cette soirée-là, qu’il s’était effondré sur une table et qu’il ne s’était réveillé que tard le lendemain, avec un mal de tête sans pareil et les traces des morceaux de bois de la table imprégnées sur son flanc équestre. Personne ne l’avait déplacé, comment auraient-ils pu? Il avait, bien entendu, remboursé les dommages à l’aubergiste avec le reste de ses économies. Il prit quelques jours pour se remettre de son ignominie et en profita pour travailler au grand air et se refaire quelques pièces. Il rencontra enfin Lolia alors qu’il faisait une commission dans le quartier le plus habité de la cité. S’il voulait toujours partir avec le groupe? Quelle question!

Alors que Dertar traversait la rampe permettant d’accéder au navire de Jayne, ce dernier se demanda comment il remonterait à bord si jamais il tombait à l’eau. Cette pensée le fit frissonner, car bien qu’il fût bon nageur, ses facultés d’escalade étaient complètement médiocres, son corps équestre y étant pour quelque chose. Préférant éviter ce genre de songe, il regarda longuement l’horizon et la teinte orangée qu’il arborait, s’interrogeant sur le comment les vampires pouvaient vivre sans admirer de tels paysages, puis entreprit d’aider les autres voyageurs à transporter des bagages et provisions à bord. Quand le soir tomba et qu’il vit les étoiles, si nombreuses, sans obstacles, jusqu’à la ligne d’horizon, il comprit que la nuit n’avait rien à envier au jour, sur la mer du moins. Malheureusement, cette beauté à contempler était un peu tamisée par le mal de mer que Dertar s’était découvert tout au long de la journée. Tout lui donnait des hauts le cœur : le ballottement du bateau, le battement des voiles, le grouillement des matelots sur le quai. Le bouillonnement intérieur se calmait seulement lorsqu’il était dans la cabine du bateau, mais il s’y sentait un peu à l’étroit, ayant été conçue pour des races plus petites. Le centaure était impatient d’affronter les dangers de l’île, ils seraient certainement plus tolérables et combattables que ce mal de mer.

Depuis le début du voyage, l’homme au corps équestre se tenait plutôt à l’écart. Il se sentait différent des autres et pas pour le mieux. Un trait de sa personnalité qu’il avait déjà développé même avec ses semblables. Évidemment, il ne laissait rien paraître, à part de son isolement, arborant son visage froid que seule Lolia avait vu sourire lors de leur première rencontre. Et pourtant, il se sentait observé sans cesse. La façon qu’ils avaient de le regarder comme s’il allait faire un geste imprévisible ou idiot… N’avaient-ils jamais vu de centaures? Peut-être n’était-ce qu’une paranoïa accompagnant son mal être, mais il se sentait un peu comme les animaux auxquels on fait faire des tours sur la place publique pour amuser les passants en Oryenna. Pas tout à fait à sa place… Faire partie d’un groupe, après sept longues années de solitude, changeait ses perceptions. Il n’était pas né pour être seul et voilà qu’il était incapable de vivre en société.

Suite aux observations qu’il avait fait durant cette première journée, il avait déjà confiance aux deux elfes, mais ce n’était pas surprenant de sa part, vu l’admiration tachée de jalousie qu’il vouait à cette noble race. Il se méfiait du vampire et craignait même que ce dernier lise dans son âme. Le centaure avait peut-être un air hautain et froid devant les autres, mais il devenait parfois comme un livre ouvert quand il s’agissait d’essayer de mentir, à condition de savoir lire, évidemment! Le regard bleu ajouté aux cheveux gris-blanc de Dante lui donnait un air glacial, aux yeux du centaure, du moins. Les nains. Au moins, on savait à quoi s’attendre avec eux. La plupart des nains qu’il avait connus et avec lesquels il avait bu étaient directs et impartiaux, à l’image de celui qu’ils prient. Dertar aimait bien la façon dont Kiaya se vêtait simplement et son allure de guerrière invaincue. Il avait des difficultés à faire confiance à Jayne, l’humaine, mais il se doutait que c’était seulement parce qu’elle possédait un navire et les maux de mer que ce dernier pouvait provoquer. Ou encore pour la présence des deux révolvers qu’elle portait à la ceinture, technologie inconnue du centaure qui s’était toujours fié à son arc et sa dague. Pour ce qui était de la lycan, elle semblait aussi solitaire que lui. Il se demandait si les lycanthropes seuls avaient aussi honte que les centaures de ne pas ou ne plus faire partie d’une tribu ou d’une meute. Peut-être avait-elle un passé similaire au sien? Malgré ses premières perceptions, il savait qu’il s’agissait tous de combattants minutieusement choisis par Lolia, mais à quoi s’attendre de moins venant d’elle?

Lolia demanda à tous les voyageurs de s’approcher d’elle. Un court discours, mais qui représentait bien les priorités de cette femme au grand cœur et dépourvue de préjugés. Bien qu’il n’en avait pas l’habitude, le centaure à la voix rauque intervint le premier aux paroles de la jeune femme. Il faut croire qu’il avait beaucoup d’estime pour elle, car il se serait bien abstenu de parler devant tant de gens. Son regard évitait chacun d’entre eux, mais sa tête était tournée vers son amie, tandis qu'il partageait ses pensées qu'il croyait juste :


-Je crois que tous étaient au courant de la… diversité du groupe avant de… s’enrôler.

Surpris d’entendre sa propre voix si forte qui résonnait dans l’humidité de la nuit, il baissa la voix soudainement alors qu’il continuait :

-Manquer de respect à l’un du groupe serait vous manquer de respect à vous, dame Lolia.

Lui-même le savait et pourtant, il ne respectait pas l’existence des vampires lorsqu’il avait accepté la proposition de l’elfe. Heureusement qu’il avait rencontré deux représentants de la race qui l’avaient mené à s’interroger sur les fondements de ses préjugés. Le seul vampire du groupe ne gagnerait tout de même pas la confiance du centaure à la même vitesse que les autres, mais il ferait son possible pour le traiter équitablement.
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Rose Dragomir
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Mer 21 Aoû 2013 - 1:01

Tout avait commencé par une belle journée ensoleillé. Le soleil était haut dans le ciel et une douce brise soufflait.  En cette belle journée, Rose avait rencontré une jeune elfe très belle. Celle-ci se nommait Lolia, un prénom plutôt original jamais entendu auparavant.  La jeune femme voulait l’inviter à se joindre à l’aventure qu’elle planifiait. Elle souhaitait avoir un représentant de chaque race, excepter que nous serions deux elfes. Cela demandait tout de même quelques instant de réflexion, mais après tout,  l’aventure avait l’air tellement excitante qu’elle ne put que dire oui. Lorsque la jeune femme partit, probablement rencontrer les autres participant à l’aventure, Rose en profita pour faire quelques courses.
 
Elle ne savait pas ce qui se trouverait  à bord du bateau, mais la jeune elfe acheta quelques provisions de fruits.  Lorsqu'elle eut fini de tout acheter, il était temps de se diriger vers Oryenna, là ou toute l’équipage devait se réunir. Cette contrée était celle ou la jeune femme allait le plus souvent, car là-bas certains endroit lui faisaient du bien. De plus, quelques personnes qu’elle connaissait avant la mort de ses parents étaient maintenant dans cette cité et bien sûr, c’était rempli d’endroit magnifique. Rose arriva dans la ville environ une heure  à peine avant d’aller retrouver l’équipage.
 
Elle en profita pour se promener et admirer l’aube. Le ciel était des plus magnifique,  il offrait une couleur teinté d’orange plutôt particulier.  C’était vraiment agréable à regarder. Petit à petit, tout le monde monta à bord.  Rose laissa échapper un petit cri de surprise à peine audible en voyant un homme moitié humain et moitié cheval.
 
C’était la première fois qu’elle voyait une créature comme cela. Elle le dévisagea un moment avant de s’attarder sur les autres membres de l’équipage.  Il y avait une jeune humaine qui semblait être une pirate vu son habillement, qui était tout de même plutôt jolie, ainsi que ce qu’elle portait à la taille. On aurait dit de petit fusil, mais Rose n’en avait jamais vu de près.  Ensuite, il y avait une naine, qu’elle trouvait très mignonne. Celle-ci avait des petites tresses un peu partout sur la tête, ce qui lui allait très bien.
 
Bien sûr, le vampire n’était pas à porter de vu considérant l’heure qu’il était. Pour finir, il y avait une jeune lycan. Elle était vraiment magnifique, ses cheveux étaient d’une couleur époustouflante.  Celle-ci semblait plutôt solitaire, un peu comme tout le monde qui restait plutôt chacun de son côté. Elle avait plutôt l’impression que tout le monde cherchait à juger à qui ils pouvaient faire confiance et qui risquait de les trahir. Selon Rose, le plus dangereux restait la pirate. Habituellement ce ne sont pas les personnes les plus fiables, mais elle espérait bien se tromper.  Cette journée s’annonçait chaude et plutôt silencieuse.  Après un moment, Lolia s’avança au milieu des gens pour tenir un genre de petit discours.


- Je ne vais pas faire un discours, ce n'est pas mon genre. Mais je tenais à tous vous remercier d'avoir joint l'équipe. Certains se sont déjà rendus sur l'île, certains ont même peut-être déjà croisé ce qui s'y cache. Vous savez que le voyage ne sera pas sans danger et je sais que tous nos peuples ne sont pas en excellents termes. Mais oubliez ici vos problèmes personnels, vous aurez trop besoin de votre concentration et de vos compagnons que pour vous laisser distraire par un esprit de compétition futile. Je tenais juste à être clair là-dessus
 
 
Ce fût le centaure qui lui répondit d’abord.


-Je crois que tous étaient au courant de la… diversité du groupe avant de… s’enrôler. Manque de respect à l'un du groupe serait vous manquer de respect à vous, dame Lolia. 


Rose hochait la tête doucement. Ce qui venait d’être dit n’était pas complètement faux.


-Je suis d’accord, le groupe est un peu diversifié, mais nous savons tous pourquoi nous avons été choisis. Nous ferons sans doute face à plusieurs danger, mais nous devrons tous nous unir pour vaincre ces obstacles.  Si jamais quelqu'un pense ne pas pouvoir confiance aux autres, je crois que cela ne servira à rien qu’il reste sur ce bateau.


La traversée s’annonçait un peu longue et probablement un peu tendue. Pour sa part, Rose se dirigea vers la capitaine pour tenter de faire connaissance un peu.

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Jayne Caldin
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Ven 30 Aoû 2013 - 0:30

En pleine mer,
Premier jour de navigation


L’agitation régnait à nouveau sur le grand navire qui avait sillonné tant de fois les océans, mais cette fois encore, ce n’était pas les mêmes personnes qui lui permettaient de voguer sur les flots. Installée dans sa cabine avec une magnifique migraine, la navigatrice rousse regardait d’un œil mauvais la bouteille vide qui se déplaçait sur la table au rythme des mouvements de la Dernière Etoile.

Cette bouteille était à présent aussi vide que sa motivation. Lorsqu’elle avait entendu parler d’une expédition pour Omërie, la pirate n’avait pas hésité un seul instant. Elle espérait que cette visite sur l’île serait celle qui lui permettrait de récupérer les richesses et les trésors qui lui avaient échappés lors de ces deux dernières visites. Cependant et depuis quelques temps, son ardeur des premiers temps se volatilisait aussi vite qu’elle était arrivée et elle laissait la pirate amorphe, comme une coquille vide ballotée par les flots.

Depuis que la traversée avait débutée, la jeune femme rousse n’avait fait que de brèves apparition ( uniquement pour chercher de quoi se ravitailler avant de s’enfermer à nouveau dans sa cabine ) mais il était grand temps pour elle de sortir à nouveau. Ses invités ne devaient pas savoir qu’elle était la plupart du temps au plus mal et que son état était plus qu’instable. Elle devait leur montrer que même si elle n’était pas souvent là, c’était elle qui commandait. En plus, elle devait s’occuper de botter le train d’un ou deux matelots qui avaient tendances à prendre un peu trop leurs aises sur ce navire et elle était bien placée pour savoir qu’une mutinerie était vite arrivée.

Descendant de sa chaise, l’humaine se dirigea avec nonchalance vers la sortie de sa cabine, avant de rejoindre l’elfe organisatrice de quête en tout genre –ou comme Jayne l’avait surnommé dans sa tête « L’elfe qui ne tient pas à l’immortalité. »- , cette dernière était en plein discours, même si elle prétendait ne pas aimer en faire, on sentait bel et bien que cette femme attirait le pouvoir, même si elle ne courrait pas avec, et ça, ça ne plaisait pas à l’ivrogne qui servait de capitaine du navire. Décidant cependant de faire profil bas pour le moment, elle se contenta d’applaudir l’elfe, terminant la traversée du ponton à ses côtés, toujours aussi peu vêtue et lourdement armée.

« Magnifique, entre nous, je n’aurais jamais parlé aussi bien que vous … non, je plaisante. Pour ma part et si cela vous intéresse, je n’ai de problème personnel avec personne, pour moi et comme chaque matelot présent ici pourra vous le dire, nous sommes tous des habitants d’une même terre. Je ne fais pas de différence en fonction de votre température, de votre taille ou de votre pilosité, tant que je peux commercer et piller comme bon me semble, je ne vois pas le problème. J’en profite tout de même pour vous rappeler que même si vous êtes des invités, les règles de mon navire s’appliquent également sur vous. Pas de disputes futiles, comme vient de le demander cette charmante dame, sinon, vous pourrez croiser la faune bordant Omërie bien plus vite que vous ne le pensez. »

Sur ces paroles, la pirate salua bien bas les personnes présentes avant de retourner parmi la foule pour aller surveiller le travail de ses hommes. Elle n’avait pour le moment,  rien de plus à ajouter. Elle remarqua cependant qu’une elfe s’apprêtait à aller à sa rencontre, avant qu’elle ne prenne la parole. Le brouillard qui embrumait son esprit lui empêchait de se souvenir de son nom, tout ce qu’elle savait, c’était que ça avait un rapport avec des plantes. Elle la regarda sans un mot, un léger sourire sur les lèvres. Allait-elle lui parler, ou non ?


_________________

Certaines expériences doivent être vécues, et non racontées, pour que la courbe soit harmonieuse
Couleur des paroles : mediumaquamarine

[2]Roses d'Armaintho ~ Journal de bord pour l'équipage
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Kiaya Grundazan
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Sam 28 Sep 2013 - 20:43




" La mer est un espace de rigueur et de liberté... "

La journée avait été belle malgré la saison fraiche qui approchait doucement mais sûrement. Le ciel était d’un bleu azur étonnant et seuls quelques nuages solitaires parsemaient cette grande étendue naturelle. Pourtant, leurs ombres commençaient déjà à fuir vers l’horizon, suivant en sens inverse la course du soleil qui plongeait vers la mer, noyant peu à peu sa couleur orangée dans les tréfonds des eaux salées. Pourtant, au cœur  des montagnes d’Ephaëlya, sur le territoire des nains, l’astre lumineux avait déjà disparu derrière les colosses de pierre, éclairant tout-de-même encore un peu la capitale  qui semblait ne jamais dormir. Les rues grouillaient de petites personnes en tout genre, forgerons, tunneliers ou mineurs. Mais ils n’étaient pas seuls. Parmi eux, bon nombre d’aventuriers venaient jusqu’ici pour découvrir ce peuple étonnant et ses traditions sans oublier la recherche d’aventures. Il n’était pas rare que des quêtes soient proposées dans les tavernes du coin et ceux qui cherchaient l’aventure ne pouvaient pas tomber mieux…

Kiaya bailla à s’en décrocher la mâchoire. Pourtant, la journée n’avait pas été éprouvante mais elle avait entendu dire que lorsque l’on ne faisait rien de sa vie, on était toujours plus fatigué. D’ailleurs, la naine entendait encore la voix de son père résonner et lui rétorquer, quand elle était petite et qu’elle osait dire qu’elle avait besoin de dormir : «  Tu es fatiguée de naissance toi ! ». Bien souvent, la petite riait à sa réflexion mais ne tardait pas à filer dormir. Un mince sourire triste se dessina sur son visage aux traits durs mais féminins. Sa famille lui manquait. Elle qui avait toujours vécu entourée, il était difficile de n’avoir pour compagne que la solitude à présent. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle voyageait, faisant des quêtes et partaient à l’aventure. Non seulement car c’était sa passion, mais aussi pour continuer à vivre avec le fardeau qu’elle portait sur ses épaules : elle était la dernière naine de la famille des Grundazans.

Il y a quelques jours, Kiaya avait éliminé la vermine qui se trouvait dans les souterrains de Kazad Duraz, parfait petit moment pour se détendre. Accompagnée d’un soldat de la capitale, elle s’était amusée, frôlant le danger et la mort tout en gardant son sourire rieur et son marteau de guerre. C’était recouverte d’un liquide blanc, le supposé sang de scorpianis, qu’elle était sortie de la cave infestée et accompagnée d’un nouveau compagnon. Elle savait que la fameux Runar rencontré était un bon guerrier et que si besoin, elle pourrait faire appel à lui. Ensuite, Kiaya avait rencontré le Thane d’Angaïla qui porte de nom connu des Marteaufoudre. Par la suite, elle l’avait accompagné en territoire elfique et avait fini par être commise d’office à se rendre à la réunion qu’avaient demandé les elfes. La guerrière avait dû être la voix du Grand Molgor. C’était un honneur, mais elle aurait préféré ne pas être là et voyager. Bref. Elle était maintenant de retour, l’armistice ayant été signé par toutes les races et la paix étant revenue en Ephaëlya. Mais qui dit paix, dit absence de guerre. La naine avait soupiré en pensant à cela, elle ne pourrait plus montrer ce qu’elle savait faire sur un champ de bataille. D’un pas lent et nonchalant, elle avait rejoint une taverne, la nuit prenant possession de la capitale naine.

Elle ne pouvait pas rester comme cela. Kiaya avait besoin d’aventure, là, maintenant, tout de suite. Kazad Duraz regorgeait de rumeurs et de personnes cherchant de valeureux, ou pas, guerriers. S’essayant au comptoir, elle commanda un hydromel, jouant avec les pierres polies qui se trouvaient dans ses cheveux du bout des doigts. Les discussions allaient de bon train de chaque côté de la pièce principale. Ca parlait de pioche, de marteau, de femmes et d’alcool, mais pour le moment, rien à l’horizon qui pourrait tenter la naine. Sirotant sa boisson et espionnant tous les gens qui l’entouraient, un mot parvint à ses oreilles et l’intrigua de suite. Au-dessus d’une table en bois, deux humains étaient penchés l’un vers l’autre et discutaient à voix basse. Kiaya se retourna et lu sur leurs lèvres « …aventure qui pourrait être périlleuse. C’est une elfe qui cherche des personnes dignes de confiance, elle s’appelle Lolia Ambraleya il me semble. » Un sourire vainqueur s’afficha sur le visage de la guerrière qui finit sa choppe d’une traite, laissant ensuite échapper un bruit peu classe que faisait souvent les nains après avoir bu. C’était soit cela, soit elle éructait de façon encore moins poli. Bondissant de son tabouret trop grand, la belle fila du lieu, retrouvant sa maison et écrivant une missive. Elle devait partir cette nuit et arriver le plus tôt possible. Les quelques mots écrits sur le parchemin était simple.


" Je serai des vôtres, dîtes-moi juste où et quand.
Kiaya Grundazan, dernière guerrière de la grande famille du même nom.
"

La réponse était survenue assez rapidement et le temps pressait. Il ne restait plus qu’une journée à Kiaya pour se préparer. Et c’est ainsi qu’elle avait pris la route d’Oryenna, contrée humaine où le bateau était accosté. Munie de son marteau et de son armure de cuir, la naine était partie de bon matin, marchant sans jamais s’arrêter jusqu’à son arrivée sur les côtes de la mer ephaëliennes. Les nains étaient connus pour être robustes et les femmes ne faisaient pas exception. L’allure rapide et le regard planté sur l’horizon, la guerrière avançait sans un mot, comme un pantin. Ses pensées étaient occupées par la situation qui allait venir. D’après les quelques mots qu’elle avait reçu de l’elfe organisatrice, les différents peuples d’Ephaëlya seraient tous réunis et devraient faire abstraction de leur différence pour réussir la quête qu’ils avaient accepté d’entreprendre. Mais seraient-ils tous capables de se supporter ? Réfléchissant toujours, Kiaya n’avait pas remarqué qu’elle avait pénétré dans les rues du port. Ce ne fut que lorsqu’elle vit le mât se balancer au gré du vent qu’elle remit les pieds sur terre et sourit légèrement. Ce navire était le symbole de la quête qu’ils allaient mener. Sans se poser plus de questions, la naine était montée à bord, saluant d’un signe de tête plusieurs personnes déjà présentes. Pourtant, Kia décida de ne pas se mélanger à la populace pour le moment et rejoignit le bord du bateau, grimpant sur un tonneau pour grimper sur la barrière et s’y asseoir, les jambes pendant dans le vide. Les yeux fixant le soleil couchant, la naine sourit, ravie de repartir vers de nouvelles aventures…

Le bateau voguait sur les flots alors que la nuit venait de tomber sur le monde. Si Kiaya n’avait jamais été sur un navire, elle n’avait pas pour autant le mal de mer même si les nains étaient, d’après elle, plus faits pour vivre sous terre et non sur mer. Le regard du petit bout de femme était perdu dans le ciel, scrutant les étoiles et essayant tant bien que mal de les compter, plus pour s’occuper que sérieusement. Ce n’est que lorsque les voyageurs se regroupèrent qu’elle comprit qu’elle devait enfin se joindre à eux. La fameuse Lolia se racla donc la gorge avant de prendre la parole, l’air sérieux mais quelque peu gênée. Elle commença par remercier tout le monde d’avoir accepté de la rejoindre. Kia sourit doucement, qui pouvait bien refuser une telle aventure ? Les trouillards certainement. Elle apprit enfin leur destination, elle qui ne s’était pas du tout renseignée. Une île donc, la fameuse Omerïe ? Certainement. L’elfe parla des relations entre les races et demanda à ce qu’elles soient mises de côté durant ce petit voyage. Elle avait bien raison. La guide sourit une dernière fois alors que le centaure répondit, la soutenant, puis l’autre elfe et enfin vint la capitaine du bateau. Très jolie femme mais qui semblait trop sûre d’elle, trop prout-prout aux yeux de la naine. Kiaya renifla, écoutant vaguement l’humaine qui faisait sa loi.

La Grundazan se contenta d’hocher de la tête pour acquiescer les paroles de l’elfe et de ses compagnons de route. Elle allait certainement avoir beaucoup de mal avec la pirate mais il faudrait faire avec. Se hissant de nouveau sur son tonneau, s’essayant dessus mais cette fois-ci, le regard tourné vers le pont alors qu’elle se mettait à détailler les personnes présentes, bien que son regard fut attiré par le centaure. Jamais elle n’en n’avait rencontrée et la curiosité était une chose qui la caractérisait bien. Son marteau de guerre dans les mains, elle se mit à le frotter avec un bout de sa cape comme pour le faire briller toujours plus. Son regard fixé le centaure, espérant qu’il se retourne pour qu’elle lui lance un sourire amical et l’invite à la rejoindre…

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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Dim 29 Sep 2013 - 21:43



Cela faisait plusieurs longues minutes que Laurianna écoutait attentivement les différents discours qui se jouaient devant elle. Assise dans un coin du bateau, sur une caisse de marchandise, la louve observait les vas et vient des différents matelots, mémorisant les odeurs de chaque personne présentes, différenciant matelot d’équipage et groupe de quête. Les jambes croisées, le minimum de tissu sur elle, la rouquine ne devait pas paraître d’une force surhumaine, peu de personne devait l’avoir remarqué. Bien à l’écart du groupe, la distance lui permettait de tout voir, de tout entendre sans être embêté par une discussion qu’elle jugerait certainement ennuyante, non pas à cause de son interlocuteur mais à cause du manque d’investissement qu’elle avait mis à l’apprentissage de la langue des humains. D’ailleurs, il lui était parfaitement difficile de rester sous sa forme bipède mais elle se devait de respecter la parole qu’elle avait donnée au général d’Oryenna – elle ne comprenait toujours pas pourquoi il lui avait imposé de porter cette peau morte sur le corps, qu’il appelait cuir- . En effet, la sauvageonne lui avait fait la promesse de faire son maximum pour se sociabiliser et il avait semblé au dirigeant qu’une mission avec une espèce de chaque race différente était l’épreuve parfaite pour apprendre et comprendre.

Une bien drôle d’idée que de mettre un mouton noir au milieu de mouton blanc, surtout que Laurianna se demandait qu’elle animal allait la remplacer pour garder la chambre du « vieux », oui parce qu’avec le nombre de femelle y rentrant, il se retrouverait avec une guerre des progénitures rapidement. Il allait quand même lui manquer le vieux et c’est drôle d’idée, comme celle de ne pas faire ses besoins sur les meubles mais dans un trou étrange, ou encore de découper avec calme les aliments et de les cuirs avant de les engloutir, mais la pire des idées qu’il avait eu était de serrer la main d’une personne au lieu de lui renifler le popotin… Les humains avaient vraiment de drôle de coutume. Secouant la tête, Laurianna finit par sortir de ses pensées pour s’intéresser une nouvelle fois aux déplacements des personnes présentes. Une drôle de dame aux oreilles longues venait de prendre la parole expliquant qu’elle ne souhaitait pas de conflit inutile, pour la lycanne du moment qu’elle avait de quoi se rassasier il n’y aurait pas de problème.

En revanche la « chose » qui prit la parole par la suite laissa perplexe l’animal, un cheval, non un humain… Une créature au corps de cheval et au torse de bipède venait de prendre la parole, afin de confirmer les dires de l’elfe. Mais qu’est-ce qu’une telle race venait faire sur un bateau ? La curiosité fit frissonner la louve qui venait de doucement se redresser pour mieux observer ce qui lui semblait être une étrangeté. Une légère brise se leva, faisant virevolter les différentes mèches rebelles de la chevelure de la rouquine qui s’empressa de les tapoter afin de replacer le tout convenablement. Soupirant devant une telle quantité de parole qu’elle jugeait impressionnante, la jeune femme cherchait à comprendre l’intérêt de tant « blabla », puisque pour elle seul les actes comptaient. Déplaçant son regard sur d’autre créature elle prit la peine de détailler un petit être, visiblement pas très grand et de sexe féminin, cette étrange personne semblait intrépide et bien armé d’un magnifique marteau – marteau qui faisait quasiment sa taille-. Secouant la tête, la rouquine n’eut pas le temps de se demander le pourquoi du comment puisqu’une jeune femme à la chevelure de feu passa à côté d’elle.

Ce qui semblait être le capitaine empesté l’alcool ou le renfermé et semblait vouloir mener le groupe d’une main de fer. Roulant des yeux, Laurianna comme à son habitude ne chercha pas à communiquer avec elle ni même avec qui que ce soit, préférant rester dans la discrétion et l’anonymat. La jeune femme se satisfait déjà qu’il n’y ai pas eu de passage de présentation plus qu’elle ne se voyait absolument pas prendre la parole devant le groupe, elle était là en tant qu’observatrice voir protectrice mais rien de plus. Hors de question de venir discuter de la pluie et du beau temps, ce qui serait une perte de salive inutile. C’est donc toujours silencieusement qu’elle s’étira avant de se relever tout en frôlant les parois du bateau, la louve se plaça le long de la rambarde afin d’observer le claquement des vagues sur le bois du bateau. Le bruit, l’odeur et l’ambiance de la mer la fascinait laissant ses yeux briller de mille feux. Comment pouvait-on imaginer qu’un aussi gros morceau de bois puisse autant résister à l’attaque de la nature ? Cela sortait de l’ordinaire pour la jeune femme qui ne pouvait que se satisfaire d’autant de découverte.

Tout en observant les mouvements de l’eau bleue ainsi que le ciel étoilé le recouvrant, Laurianna fut prise de ses premiers doutes, que faisait-elle là ? Avec autant de personne qu’elle ne connaissait pas , avec des vêtements –ou plutôt tissu microscopique recouvrant ce qu’il faut recouvrir- qu’elle ne supportait pas. Soupirant bruyamment, la rouquine ne put que constater son choix sans retour. Elle était là pour apprendre et il était grand temps pour elle de se prendre en main. Elle avait déjà réussi à mémoriser l’odeur de chaque individu et écoutait attentivement le moindre morceau de conversation qui se jouait sur le ponton. L’unique chose qu’elle souhaitait… Arriver vite pour rentrer vite, éviter le contact avec les autres sauf en cas de combat. Le regard dans le vide, la rouquine se répétait encore et encore les dernières recommandations du général : ne pas sentir le derrière des personnes, penser à dire bonjour, recouvrir son corps, se transformer le moins possible, sourire. Cette dernière revendication avait été oubliée tout du long par la louve qui se forçait à présent à faire apparaître un semblant de joie de vivre sur ses lèvres, ce qui semblait être un effort surhumain.

Le voyage s’annonçait long et éprouvant pour la lycanne qui ne semblait pas si décidé que ça a se sociabiliser.


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Dante McAllister
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Dim 6 Oct 2013 - 23:31

Une odeur familière, la sensation du bois encore humide qui craque sous vos pieds, l'air sec qui vous pince les narines. Dante McAllister s'approchait furtivement d'une enfant, une petite fille à en juger par sa robe brodée et ses couettes blondes. Sans un bruit, il la saisit par les côtes avant de lui tirer les joues, dans une euphorie partagée. Les deux rirent comme deux vieux compères, liés par une complicité qui ne connaissait pas de limites. Il caressa ses cheveux soyeux, laissant la fillette grimper sur ses genoux. Elle s'appuyait sur lui, escaladant la montagne de muscles avec habilité tandis que Dante sortait avec difficulté de quoi fumer sa pipe, son péché mignon. La fillette secoua vivement ses couettes, faisant la moue pour montrer sa désapprobation. Ses grands yeux bleus se posèrent sur lui et le percèrent de part en part, sa voix enfantine berça son oreille :


- Tu sais bien que je n'aime pas l'odeur  du tabac, papa ! Et puis maman ne veut pas que tu fumes à la maison ! Après ça embeste … euh … empetse …


L'homme à la chevelure d'albâtre fit glisser une mèche blonde entre ses doigts, un sourire malicieux aux lèvres. Ses yeux azurs n'étaient pas sans rappeler ceux de la jeune fille. Après un bref clin d’œil, il lui répondit d'une voix grave mais suave :


- Mais on ne dira rien à maman, pas vrai ?


D'abord soucieuse de faire comprendre à son tendre père que ce cruel dilemme, mentir à sa mère ou trahir la confiance de son père, lui coûtait cher, elle se mit à rire dans un second temps, se rangeant naturellement du côté de son paternel envers qui elle vouait une admiration infinie. Admiration mutuelle par ailleurs. La pipe allumée, un mince filet de fumée se forma.  S'il n'y avait rien d'anormal à cela dans à première vue, l'intensification et la lourdeur de la fumée parurent inhabituelles au fumeur. Le filet se transforma en un épais nuage de fumée puis en brouillard si dense qu'il n'arrivait plus à voir ses mains. Il se mit alors à appeler sa fille. Ses appels se muèrent en cris, en hurlements cadencés et hachés. Le père sentait des larmes rouler sur ses joues, le désespoir lui noua la gorge, la crainte brisa sa raison. Il était tel un chien fou, hurlant et se démenant dans le brouillard.


Soudain, le brouillard se dissipa. Le vampire était redressé sur un matelas, chaque parcelle de son corps était crispée. Aucune trace de sueur ou d'inquiétude sur son visage, un véritable immortel sans émotion. Pourtant, même s'il n'affichait aucune souffrance mis à part une pâleur surnaturelle, le mercenaire sentait son cœur prêt à jaillir hors de sa poitrine. C'était comme si le moindre battement allait briser sa cage thoracique. Sa boite à tabac ouverte sur le torse, un tas de cendres sur sa chemise. Le vampire observa longuement la pièce dans laquelle il se trouvait. Un lieu plongé dans l'obscurité. On y sentait l'odeur du bois humide, l'air marin froissait les muqueuses. Tout lui revint en mémoire. Il s'était engagé pour participer à une expédition en Omérie et se trouvait sur un navire appartenant à une rousse dont il avait oublié le nom. L'immortel se releva nonchalamment, retirant la pipe coincée entre ses lèvres puis se dirigea vers la porte de la «chambre». Il rangea sa précieuse boite puis reboutonna sa chemise, seul le col était desserré, donnant l'impression que le morceau de tissu allait se déchirer d'un moment à l'autre. Il remonta consciencieusement les marches de l'échelle qui le menaient jusqu'à l'écoutille d'où il pourrait rejoindre le groupe sur le pont. Toujours tracassé par ce cauchemar récurrent, il ne trouva aucune source d'apaisement à la vue de la lune. Ce n'était qu'une nouvelle nuit à passer. Celle ci s'annonçait particulièrement belle, les étoiles scintillaient dans le ciel, la brise marine saturée en sel fouettait agréablement la chair du vampire. Ce dernier se dirigea tranquillement vers l'attroupement sur le pont, sans daigner afficher la moindre once de son embarras.


Cela faisait des siècles qu'il vivait enfermé dans le passé, un reclus, un marginal, un paria même au sein de son espèce. Il était effectivement rare que les vampires, oisifs et arrogants sans faire de généralité, se dédient à une vocation aussi basse que celle qui consiste à louer sa propre personne. C'était pourtant là le métier de Dante, en tant que mercenaire. Il devait combattre pour d'autres, protéger ou tuer sur demande contre rémunération. S'il faisait au moins cela par divertissement, ses congénères pourraient comprendre car il n'y a pas de bonheur supérieur à celui qui consiste à occuper son temps à pratiquer une passion, encore plus lorsque du temps, nous en avons en quantité illimitée. Dante ne pratiquait pas le métier pour tuer, il tuait car il devait pratiquer. Son combat ne prendrait fin qu'une fois qu'il se serait acquitté de sa dette. Les Titans avaient quitté Ephaelya depuis des décennies et rien n'annonçait, hormis la venue inopinée d'une déesse il y a de cela un siècle, le retour de ces entités monstrueusement puissantes. Pourtant le vampire rêvait secrètement de leur retour, d'une mort héroïque au combat, une mort qui le délivrerait de ses démons et lui apporterait la rédemption. Ses chances de mourir avant un éventuel retour des Titans étaient minces, peu de guerriers pouvaient lui tenir tête et sa condition d'immortel l'immunisait contre la plupart des dangers que les mortels redoutaient. Le retour des Titans semblait bien plus improbable encore, obligeant le vampire à souffrir une vie qu'il ne savait plus exactement comment mener. S'il est vrai qu'il avait trouvé un havre de paix, rencontré des personnes charismatiques et intéressantes, commencé la formation d'un nouveau vampire, l'ancien humain songeait fréquemment à tout abandonner.


Perdu dans les méandres de ses pensées, il n'écouta que partiellement Lolia. Cette femme était venue le trouver pour qu'il se joigne à sa compagnie. Elle avait besoin de gens qui connaissaient leur affaire afin de mener à bien une dangereuse expédition. Aussitôt l'or en poche, le vampire ne posa pas plus de question. On ne le payait pas pour parler comme le fit remarquer un jour une impératrice. Reliques ? Enjeux politiques ? Complots et trahisons ? Ce n'était tout simplement pas du ressort de Dante. Il avait un dégoût prononcé pour la politique même si durant sa longue existence il avait appris malgré lui à s'en accommoder. Le vieil homme, car il était assurément le plus âgé ici, posa un regard distrait sur ses « camarades ». Chaque race avait son représentant dont il se fit une brève appréciation. L'autre elfe avait tout l'air de sortir de l'adolescence, ce qui se traduisait par une bonne centaine d'années au compteur. Pleine de vigueur et d'entrain, elle semblait porter en elle ce qui s'apparenterait à la volonté elfique, une sorte d'idéal de dévotion cher aux elfes. Il y avait deux humaines à la chevelure enflammée, aussi peu vêtue l'une que l'autre mais Dante ne fut pas dupe longtemps et remarqua instinctivement que l'une était une louve. C'était inscrit dans ses tripes, l'odeur des lycanthropes ne pouvait pas échapper aux vampires. L'immortel retint un grognement hostile, feignant l'indifférence, évitant de montrer les crocs dès les premiers instants. Ce n'était absolument pas une rancœur qu'il soutenait, c'était avant tout une haine compulsive qui lui retournait l'estomac sans prévenir. Surmontant sa colère injustifiée, le vampire roula des yeux lorsqu'il aperçut l'homme dont la partie inférieure équine attirait l'attention d'une grande partie de l'équipage. Un centaure. Un vrai de vrai, aussi réel que pouvait l'être les étoiles qui se reflétaient dans une mare. En dépit de son âge avancé, le vampire n'avait jamais eu le privilège d'aborder cette race. Le premier contact qu'il aurait dû avoir avec elle n'eut pas lieu, durant la querelle opposant centaures et vampires, le mercenaire était occupé à chercher une prétendue relique magique sur la cime de la plus haute montagne d'Angaïla. Une fois passée la fascination du premier coup d’œil, il n'en avait vu qu'en peinture, le vampire reprit son expression faciale dénuée de sentiments. Il y avait également une naine aux longues tresses, rompue au combat sans aucun doute. Le mercenaire comprit aisément qu'en cas de pépin, elle serait probablement un allié de poids dans l'unique mesure où il devrait accorder sa confiance à un autre guerrier.


Il écouta patiemment les différentes interventions. La première elfe était bien dans cette optique pacifiste, considérant que mettre nos différends de coté aiderait au succès de leur entreprise. Le centaure, malgré sa robustesse naturelle, eut un discours plus haché et une cadence qui renvoyait une impression semblable à de la timidité. Dante haussa un sourcil, posant son regard sans vie sur la bête. La seconde elfe poursuivit sur la lancée des deux précédents intervenants. Tant de niaiseries donnait la nausée au vampire qui se contenta de soupirer discrètement. Le respect. La confiance. Ils étaient si prompt à octroyer des valeurs inestimables à de parfaits inconnus. Le « Loup blanc » ne l'entendait pas de cette oreille. Il était question de mener à bien cette expédition, il avait été embauché pour cela, rien de plus rien de moins. Aigri, bien trop vieux pour se laisser aller à l'euphorie et aux joies de la découverte, le vampire ne comptait pas docilement offrir sa loyauté. Son caractère revêche ne plia pas face à l'autorité de la capitaine. Loin de considérer qu'ils étaient tous les « habitants d'une même terre », l'immortel prit son mal en patience, se rappelant à présent pourquoi il aimait si peu le travail d'équipe. La sensation que les autres comptent sur vous et que vous devez vous en remettre aux autres, la déplaisante cohésion entre inconnus qui n'est qu'un tissu de mensonge, cohésion qui s'embrasera dès que la moindre étincelle jaillira des dissensions et des différences de chacun. Son odorat sur-développé ainsi que son ancien penchant pour un type de boisson bien particulier lui permirent de déceler la provenance des effluves obstruant ses narines. La rouquine avait un sérieux soucis avec la boisson c'était une évidence, qu'elle puisse tenir des propos cohérents relevait de la prouesse. La naine et la louve ne pipèrent mot. La première lustrait un imposant marteau, héritage des grands guerriers nains. Dante les avait vu combattre avec ardeur lorsque Rik Garaz, meneur de la résistance du Sud, maniant des épées enchantées et des marteaux runiques, combattit vaillamment les Titans. Il avait eu la chance de voir maintes fois des nains au combat. Leur petite taille induisait leurs ennemis en erreur, leur force était démesurée et à l'image de la roche qu'ils vénèrent ils étaient stoïques et solides. Le vampire remarqua l'intérêt que la jeune naine portait pour le centaure, aussi préféra-t-il ne pas l'importuner malgré le fait qu'elle soit la seule personne vers qui il désira naturellement aller.


La louve, observée sous d'autres angles dirons nous, avait un charme indéniable. Une fois l'aversion naturelle entre loup et vampire surpassée, le mercenaire pesta de ne pouvoir s'approcher trop près d'elle pour le moment. Encore fallait-il qu'il s'habitue à sa présence. Désireux de passer un voyage au calme, il se retira à l'avant du pont pour admirer l'écume qui se formait à la surface de l'eau, pour contempler les vagues qui venaient se briser contre la structure en bois, pour compter les astres parsemant le ciel obscur. Le vampire soupira une nouvelle fois. De l'une de ses innombrables poches il extirpa une boite noire richement ornée, ouvrage finement ciselé. Il l'ouvrit dans un grincement métallique, découvrant un intérieur en velours qui conservait une pipe en écume de mer. L'étrange matériaux, blanchi par les années, était habilement sculpté. Décorée de runes complexes, elle représentait une femme dans une position lascive, une grappe de vigne suspendue au bout de ses bras délicatement taillés. Le vampire préleva quelques herbes parfumées d'une légère bourse puis la rangea dans son pantalon. Le bout incandescent ressemblait à une luciole perdue dans la nuit, ce dernier brillait ardemment à chaque aspiration sucrée du mercenaire. Le vampire observait l'horizon, l'air hagard. La nuit s'installait confortablement, lui aussi. Les autres ne tarderaient pas à aller se coucher pour laisser la créature nocturne seule. Ou peut-être certains étaient également des oiseaux de nuit. Le vampire murmura quelques mots jetés au grand large :


- Bonne nuit « weddin lionors » … Veille sur papa de temps en temps …


Le vent emporta ses mots dans les ténèbres insondables des abysses.

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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Mar 15 Oct 2013 - 11:34

Etape 1 / partie 2
La mer / Connaissances



Dertar fut le premier à réagir à la tirade de Lolia. A son habitude, le centaure fut d’un grand soutien. Leur première rencontre avait beau avoir eu lieu dans des circonstances un peu particulières et être assez brève, les deux amis se sentaient déjà fort soudés, comme unis par une même cause. Ils avaient parlé mais ne se connaissaient pas si bien. Lolia ignorait beaucoup de la vie de Dertar mais tous deux avaient beaucoup en commun. De par leur peuple déjà.

- Je crois que tous étaient au courant de la… diversité du groupe avant de… s’enrôler. Manquer de respect à l’un du groupe serait vous manquer de respect à vous, dame Lolia.

La jeune elfe sourit, gênée à l’idée de se faire appeler « dame ».
Rose hocha la tête. Lolia tourna la tête dans sa direction, voyant qu’elle allait prendre la parole. L’elfe sentait dans sa tête et son cœur des sentiments mitigés vis-à-vis de la présence de Rose. Heureuse d’abord et surtout mais aussi quelque peu perplexe. Depuis le jour où elle avait quitté son tendre village, Lolia avait rarement eu l’occasion de passer autant de temps avec une autre elfe. Il y avait bien eu Jerc et Jeremiah avec lesquels elle avait passé un bout de chemin. Mais ce ne fut jamais si longtemps ni de façon si organisée. Sans compter que Jerc et Jeremiah avaient en commun d’être des hommes et non une Rose. Ça lui changerait.


- Je suis d’accord, le groupe est un peu diversifié, mais nous savons tous pourquoi nous avons été choisis. Nous ferons sans doute face à plusieurs dangers, mais nous devrons tous nous unir pour vaincre ces obstacles.  Si jamais quelqu'un pense ne pas pouvoir faire confiance aux autres, je crois que cela ne servira à rien qu’il reste sur ce bateau.

Un applaudissement aux teintes ironiques se fit entendre et Jayne fendit la troupe pour rejoindre Lolia.

- Magnifique, entre nous, je n’aurais jamais parlé aussi bien que vous … non, je plaisante. Pour ma part et si cela vous intéresse, je n’ai de problème personnel avec personne, pour moi et comme chaque matelot présent ici pourra vous le dire, nous sommes tous des habitants d’une même terre. Je ne fais pas de différence en fonction de votre température, de votre taille ou de votre pilosité, tant que je peux commercer et piller comme bon me semble, je ne vois pas le problème. J’en profite tout de même pour vous rappeler que même si vous êtes des invités, les règles de mon navire s’appliquent également sur vous. Pas de disputes futiles, comme vient de le demander cette charmante dame, sinon, vous pourrez croiser la faune bordant Omërie bien plus vite que vous ne le pensez.

Jayne s’éloigna aussitôt sans plus un regard en direction de la cabine. Lolia fronça légèrement les sourcils, perplexe quant à l’odeur enivrante d’alcool qu’elle avait senti.  En y repensant, elle avait déjà eu l’occasion de sentir ces effluves lors de sa première rencontre avec Jayne. Néanmoins, elle devait reconnaitre que cette dernière savait garder un discours tout à fait cohérent et absolument pas hoquetant  même dans cet état. A partir de ce moment-là, si la pirate souhaitait se saouler tout au long de la journée, libre à elle de le faire. Comme elle l’avait si bien fait remarquer, il s’agissait de son navire et donc de ses règles. Qu’elle garde ses habitudes, dans la limite de la conservation de ses capacités, n’était alors pas un problème.  Le tempérament de feu de cette femme serait un atout plus qu’indispensable, Lolia en était sûre. Elle savait aussi que si elle-même faillissait à sa mission, Jayne serait en mesure de reprendre les rênes.

Kiaya resta muette, hochant tout de même la tête en signe d’approbation. La naine se rassit sur un tonneau et sembla alors quitter la conversation. En retrait, elle semblait pourtant tellement plus en harmonie avec l’image que se faisait Lolia d’un aventurier. Peut-être parce que c’était la seule naine avec laquelle elle avait eu l’occasion de faire connaissance jusqu’à présent.  Elle aurait beaucoup d’intérêt à aller lui parler.

Lolia remarqua alors qu’elle s’était trompée. Kiaya n’était pas la seule à ne pas avoir pris la parole. La louve, Lauriana, en avait fait de même. Mais l’elfe ne s’en étonna guère. Elle se souvenait bien de la difficulté qu’elle avait eu à recruter cette lycane. Ce n’était d’ailleurs pas réellement avec elle qu’elle s’était arrangée mais avec un autre lycan qui disait répondre d’elle. Ce loup sous sa forme humaine avait juré à Lolia la participation de sa protégée. Et l’elfe n’avait pu qu’espérer que ce soit la vérité. Lauriana lui avait déjà fait forte impression avant cela. Et elle savait que l’équipe y gagnerait en force en la comptant dans ses rangs. On lui avait expliqué la vie compliquée de cette louve coincée dans son corps animal, pour son bonheur bien entendu. L’elfe imaginait sans peine les difficultés auxquelles Lauriana devait faire face certainement en ce moment-même. Elle se promit de prendre du temps pour aller discuter avec elle.

Pour le vampire, Dante, c’était une autre histoire. Lolia commençait à se rendre compte qu’elle avait peut-être fait une erreur en l’enrôlant dans l’équipe*. L’elfe avait une appréhension singulière vis-à-vis des vampires. Les trois désastreuses rencontres qu’elle avait faites avec cette race nocturne d’Ephaëlya avaient suffi à la convaincre. Certes, la rencontre de Raven dans les mines naines avait un peu atténuée cette impression mais elle était encore loin de leur faire pleinement confiance. Néanmoins, elle reconnaissait leurs capacités et leur rôle dans cette quête et c’est pour quoi elle avait tenu à trouver un vampire. Malheureusement, plus facile à dire qu’à faire. Si les lycans n’avaient déjà pas été simple à convaincre, pour les vampires, c’était une autre paire de manches. La plupart ne faisaient confiance en rien ni en personne et refusaient même d’écouter ce que l’elfe avait à leur proposer. Lolia avait pris des risques, minimes certes mais des risques tout de même, en se rendant en Màvreah. Elle ne s’était pas enfoncée très profondément dans ces sombres terres à l’agonie mais elle devait bien avouer que ce qu’elle y avait vu avait suffit à la dissuader de joindre une ville. Heureusement, nombreux étaient les vampires qui se baladaient dans les forêts du territoire. Mais aucun n’était intéressé à joindre une telle expédition.  La seule façon qu’elle avait trouvée pour engager Dante, celui dont les capacités et les atouts l’avaient le plus marqué, était de le payer entant que mercenaire.

Elle le rejoignit sur l’avant du pont alors qu’il semblait finir une sombre tirade. Elle n’en entendit que la fin :


- Veille sur papa de temps en temps …

Lolia se tourna et vit que les membres de l’équipe se dispersaient sur le pont, chacun à leurs activités. Plusieurs duos se créaient, amorçant des rencontres et, peut-être, de futurs liens. La jeune elfe sourit de voir son rêve utopique prendre tout doucement vie à bord de ce bateau.
Mais son attention revint vite sur le vampire. Elle s’approcha de lui et s’accouda à son tour au bastingage. Elle se tut un instant, le regard plongé dans la mer noire qui s’étendait à perte de vue jusqu’à l’horizon. Sans dévier son regard, elle avoua ses doutes à Dante, d’une voix douce :


- Je sais que ce qui vous tient à cette mission n’est pas grand-chose, juste de l’argent. Mais je vous remercie tout de même et j’espère que vous pourrez comprendre le véritable sens de tout ça. Mais j’espère surtout que vous ne ferez rien de stupide, comme une trahison ou quelque chose dans le style.

Lolia tourna enfin son visage et offrit un sourire au vampire. Ses paroles ne se voulaient pas particulièrement accusatrices ou piquantes. La jeune elfe tenait simplement à quitter son éternelle enveloppe de naïveté. Si elle devait endosser un rôle dans cette histoire, autant le faire à fond.


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Ordre de passage (tour 2)
Dertar Emérisque
Jayne Caldin
Kiaya Grundazan
Laurianna Machy
Dante McAllister




[HRP : * Ne t'inquiète pas Dante, ce n'est que pour l'histoire que je dis ça ^^]

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Rp en cours

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Dernière édition par Lolia Ambraleya le Sam 2 Nov 2013 - 13:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Jeu 17 Oct 2013 - 4:28


Les discussions générales étaient déjà terminées alors que peu s’étaient exprimés sur les paroles de la meneuse. Le centaure n’était pas certain que leur silence évoquait un bon présage sur leurs intentions, mais d’un autre côté, lui-même, jadis, n’aurait jamais pris la parole lors des assemblées de sa tribu. Il n'était guère intéressé à y participer. Simple spectateur de l’opinion des plus hauts placés. Et pourtant, il s’était tenu là, devant de nombreux inconnus à la merci d’une vaste étendue d’eau, à partager sa propre pensée sur un sujet aussi banal que l’égalité des races et le respect forcé qu’elles devaient s’accorder. La présence de sa seule amie y était fortement pour quelque chose… en fait elle y était pour tout. Les dernières paroles qu’avait prononcées Aurore, la nouvelle vampiresse qui avait choisi son sort, avant que Dertar quitte Màvreah, lui revint à l’esprit aussi brusquement qu’un arrêt cardiaque. Il se répéta pour la centième fois qu’elle devait faire erreur… même s’il y avait une infime chance qu’il sache aimer à nouveau, jamais il ne saurait se faire aimer, lui. Et puis sa figure maternelle lui avait inculqué très jeune que l’amour ne repousse pas quand on l’a déraciné cruellement.

Une autre elfe s’était affirmée dans le même sens que Dertar, avant que la capitaine du bateau n’intervienne également, laissant le centaure dans un brouillard de perplexité. Il devait la fixer intensément alors qu’il pensait. Ce serpent de mer venait-il de se moquer de son amie? Peut-être était-ce un humour typiquement humain qu’il ne maîtrisait toujours pas, puisque nul autre ne semblait scandalisé. Il finit par lui accorder le bénéfice du doute, sortant enfin de ses réflexions dérisoires, en tenant compte du reste de son discours qui se voulait rassembleur, portant le même message que tous ceux qui avaient bien voulu participer. Et puis, Dertar aurait tout le temps de se faire une idée sur cette pirate durant le voyage… à supposer qu’elle sorte un peu plus souvent de sa cabine que durant la longue journée qui venait d’expirer. Oui… il la garderait à l’œil… tout comme les autres d’ailleurs. Quand il s’agissait d’amitié, le centaure solitaire prenait le rôle qu’il s’était donné très au sérieux. Le tonnerre saurait éclater sans nuage, sans pluie, si un seul d’entre eux osait insulter Lolia.

Tout l’équipage avait eu suffisamment pour s’occuper durant la longue journée sans faire vraiment connaissance. Dertar faisait comme s’il ne les voyait pas, mais il les avait bien remarqués ces nombreux coups d’œil qui se voulaient subtils dans sa direction. Curiosité, dédain? Il comprenait ceux qui les jetaient, en un sens. Les centaures étaient des êtres refermés sur eux-mêmes, ne s’éloignant jamais de leur tribu. Ils ne voyaient que leurs petits problèmes si futiles face à l’immensité de ce monde. Les autres races vivaient plus longtemps, parce que leur vie avait un sens, et en vérité, elles ne perdaient rien à ne pas fréquenter les créatures demi-équines. Si c’était le cas, peut-être était-ce finalement une bonne chose que la plupart ne semblait rien connaître de sa race, de sa culture. Il pourrait recommencer à zéro. Nul ne lui demanderait pourquoi il ne faisait pas partie d’une tribu ou ils croiraient simplement ses mensonges… Et nul ne pourrait se douter du malheur qu’il avait causé à son propre peuple, son propre sang.

La plupart s’éloigna du groupe après le court rassemblement sous les étoiles. Concentré sur les discours de Lolia et des autres voyageurs, Dertar n’avait pas remarqué que le seul vampire du voyage était ressorti de la calle du bateau pour se joindre à eux. Sitôt arrivé, sitôt reparti s’isoler à l’avant du navire. De toute évidence, le centaure n’était pas le seul passager à s’infliger la solitude. Un groupe n’est-il pas en fait qu’un grossier assemblage de personnes esseulées? Méritaient-ils de s’imposer ce châtiment tout comme lui? Il était loin de se douter que certains avaient dû faire bien pire que lui.

Ce fut un haut-le-cœur qui remit le centaure à sa place. L’étrave du navire brisait les vagues de façon irrégulière. Si le vent repoussait les limites de son orgueil, Dertar aurait peine à se tenir debout sans rendre le peu qu’il avait mangé à l’air libre. Ne pas montrer sa faiblesse, surtout devant Lolia, qui pourrait alors regretter de l’avoir invité à bord. Et puis, les animaux blessés finissent toujours les premiers dans la gueule du loup… À contrecœur, le centaure s’éloigna de l’elfe, avec qui il ne se sentait pas jugé. Il balayait lentement du regard le pont où dansaient les lueurs des flammes prisonnières des lanternes lorsque ses yeux s’attardèrent un instant sur Kiaya, avant de se détourner rapidement. Venait-il de la voir le fixer? Normalement, les aventuriers et les matelots qui l’observaient évitaient de croiser son regard. Il décida de jeter un nouveau coup d’œil dans sa direction et vit qu’elle lui souriait et l’invitait à la rejoindre. Regardant promptement derrière lui pour s’assurer qu’elle ne s’adressait pas à un voyageur plus intéressant, il s’avança enfin vers la guerrière, partiellement cachée par son marteau. On ne sait jamais, peut-être que durant cette aventure il se ferait des amis du genre qui sont heureux de venir à sa rencontre quand il passe dans leur région… Mais il ne se faisait pas trop d’illusions, conscient qu’il était peu côtoyable, bien que c’aurait été un bien mauvais départ d’ignorer le geste de la petite femme.

La première journée du voyage tirait à sa fin et l’homme au corps équestre tolérait déjà très mal d’entendre ses sabots cogner contre le plancher de bois. Sans compter qu’il était épuisé d’avoir été, toute une journée, entouré d’inconnus, ce qui avait grugé davantage son énergie qu’une poursuite avec une meute de loups des ténèbres. Mais elle était là à lui faire signe… Comment refuser une telle invitation? Au lieu de se placer face à Kiaya, il rompit la marche près de la rambarde, à deux mètres de la naine, observant d’un regard absent les reflets de la lune sur les vagues. Cela faisait toujours un peu insolite de se tenir à côté d’un représentant de la race naine. Les deux races humanoïdes ayant les proportions les plus antagoniques faisaient un contraste quasi surnaturel. Mais le centaure ne s’arrêtait pas à cette différence, car il connaissait la force, la résistance et le courage des nains. Cependant, il connaissait encore mieux leur capacité à engloutir d’étonnantes quantités de boisson, bien plus que pourrait le laisser croire leur petite taille… Il s’adressa à la voyageuse sans la regarder et d’un ton beaucoup plus ferme qu’il l’aurait voulu :


-Je regrette déjà le chant des engoulevents… Vous vouliez me parler?

Malgré cette confidence, son visage restait distant. La fatigue commençait à gagner du terrain. De savoir que le vampire serait éveillé toute la nuit l’assurait d’avoir des difficultés à s’endormir en paix. Plus il y pensait, plus ce bateau se rapportait à une prison, plutôt qu’à un symbole d’aventure et de liberté. Pourtant, il n’avait jamais spécialement recherché la liberté dans son errance dépourvue d’objectif. Son regard quitta les océans, dont la vue était loin d’aider Dertar à régler ses étourdissements, pour balayer une nouvelle fois le pont. Il aperçut Lolia qui se dirigeait vers l’avant du navire, où se trouvait déjà la créature nocturne. À partir de ce moment, le centaure eut peine à penser à autre chose, jetant de fréquentes coups d’œil inquiets dans leur direction. Il savait qu’elle s’était débrouillée très bien sans lui jusqu’ici, bien qu’il ne connaissait pas son âge, mais c’était plus fort que lui, il devait la protéger comme une enfant trop téméraire, inconsciente du danger, comme un trésor trop précieux, comme une amie en qui il voyait beaucoup plus sans même en être conscient. S’en sentirait-elle insultée si elle apprenait qu’il voulait jouer les gardiens? Valait mieux rester discret. Elle n’avait pas besoin de lui. Du moins, c’est ce qu’il dut se répéter maintes fois pour détourner les yeux et retrouver son intérêt pour la guerrière assise sur son tonneau.
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Jayne Caldin
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Ven 22 Nov 2013 - 12:50

En pleine mer,
Premier jour de navigation


Le voyage ne se passerait pas bien et elle le sentait. Le fait de faire cohabiter ainsi autant de races différentes allait s’avérer difficile étant donné qu’aucun d’entre eux n’avait été briffé sur le sujet. Avec son équipage, la pirate rousse possédait une certaine emprise sur chacun de ses hommes et savait qu’ils lui étaient dévoués corps et âme, tandis que là, elle se sentait un peu perdue. Certains diraient que c’était l’alcool qui embrumait l’esprit de l’Humaine et qui l’empêchait d’avoir les idées claires mais le problème était tout autre. Elle avait un homme dans le sang, un homme dans la tête qui lui avait volé son âme. Leur rencontre n’avait été que brève et passagère mais elle avait marqué la pirate malgré elle. Depuis, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à cette fameuse nuit où une partie de sa vie a changé sans qu’elle ne le veuille.

Accoudée sur son navire, le regard perdu dans les flots rugissants la jeune humaine réalisait à quel point elle n’était rien sur cette terre et cette sensation au lieu de la déprimer lui redonnait du courage.

Elle resta là, à regarder l’océan, son regard à présent dirigé vers leur destination, Omërie. Elle se doutait que l’elfe ne viendrait finalement pas la voir, elle se doutait qu’après son intervention, peu de personnes iraient la voir, et peu lui importait. Tout ce qu’elle voulait, c’était retourner sur cette île et parvenir à mener sa mission à bien, après deux échecs mémorables.

Non loin d’elle, elle savait qu’un vampire était là, elle savait qu’une poignée de pas les séparait et pourtant, elle ne voulait pas les faires, elle ne voulait parler avec personne. Elle voulait juste, rester seule à contempler la mer. Quittant son petit cocon, elle se dirigea vers la proue du navire. En temps normal, elle se serait mise debout dessus et aurait testé son équilibre, marchant avec insouciance dessus, mais pas cette fois, pas avec de l’alcool dans son sang. Se montrant raisonnable pour une fois, elle se contenta de rester debout, droite comme un soldat, silencieuse comme une ombre.


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Certaines expériences doivent être vécues, et non racontées, pour que la courbe soit harmonieuse
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Kiaya Grundazan
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Lun 9 Déc 2013 - 3:52




" Ce que la voix peut cacher, le regard le livre... "

Le bateau tanguait dans une danse au rythme choisi par les vagues et la marée. Droite, gauche, droite, gauche, droite, gauche. La mer était calme mais le sens du courant n’était pas décidé à prendre la même direction que le navire et les vaguelettes se fracassaient sur la coque en bois, tonnant légèrement et résonnant dans le silence rassurant de la nuit. Seule une lune ronde et éclatante éclairait les mers ephaëlyennes, le reflet de l’astre se dandinant sur la surface peu agitée des eaux. Sur le pont du bateau, des lanternes étaient disposées le long de celui-ci, permettant aux voyageurs mais aussi à l’équipage qu’ils formaient de voir plus loin que le bout de leur nez et de pouvoir marcher sans trébucher. En effet, des cordes se glissaient sinueusement sur le plancher, bougeant légèrement lorsque le vent soufflait dans les voiles et des tonneaux se trouvaient à chaque coin du point d’observation.

D’ailleurs, Kiaya s’était fait son propre endroit pour contempler aussi bien les différentes personnes présentes que l’horizon qui n’était plus très marqué depuis que la nuit était tombée. Les eaux sombres se confondaient avec le ciel ténébreux, créant comme paysage une illusion de toile tendue, comme si ce décor n’était que leurre et moquerie. La naine se retenait mais si elle l’avait pu, elle se serait penchée par-dessus le bord pour essayer de frôler du bout des doigts le tableau merveilleux qui lui faisait face. Assise sur son tonneau, la petite femme pouvait voir au-dessus des rambardes du navire, ce qui était légèrement compromis lorsque ses pieds touchaient le plancher et qu’elle était obligée de se hisser sur la pointe des pieds pour voir ce qu’il se passait sur la mer.

Une fois de plus, la naine se demanda ce qu’elle pouvait bien faire là. Si un jour, quelqu’un lui avait juré qu’elle serait sur ce bateau, naviguant sur des mers inconnues en direction d’une île qui était la source de nombreuses légendes et qui promettait de nombreuses surprises, elle ne l’aurait tout simplement pas cru. De plus, Kiaya n’était pas du genre à écouter les racontars ou les rumeurs qui pouvaient circuler dans la capitale des nains. Bien souvent, on l’entendait répliquer, entre deux gorgées d’hydromel : « Dans tous les cas, je ne crois que ce que je vois ! ». Ce n’était pas plus mal, elle préférait se rapporter à sa propre personne plutôt que de se laisser entraîner dans des ragots qui étaient certainement faux. Mais sa présence ici montrait que ce n’était pas toujours le cas. En manque d’aventures, la guerrière avait de suite sauté sur l’occasion lorsqu’elle avait entendu parler de cette quête, ne se méfiant pas de la véracité des propos des aventuriers qu’elle avait entendu discuter. Pourtant, Kia savait maintenant qu’elle avait bien fait et ne regretter pas d’avoir tenté sa chance pour participer à ce voyage dont elle ne savait rien finalement. L’elfe avait demandé des aventuriers, des guerriers, des voyageurs, tout cela était le domaine de la belle naine et elle avait aussitôt rappliqué, se souciant peu des formalités.

La dernière des Grundazan avait beaucoup voyagé avant de perdre le reste sa famille lors de la dernière bataille. Passionnée des différentes contrées qui peuplaient son monde, Kiaya avait vu pas mal de choses même si elle rêvait d’en apprendre toujours plus. Ce voyage était une occasion en or pour assouvir sa soif de curiosité et de savoir, sans oublier celle qui concernait les quêtes et les combats. Mais dans tous ses périples, le petit bout de femme n’avait jamais eu l’occasion de croiser un centaure et c’était la première fois qu’elle ne voyait un véritablement. En effet, les livres et les légendes avaient parlé d’eux lorsqu’elle lisait ces histoires, enfant. Frottant son marteau de guerre comme s’il s’agissait de son plus précieux bijoux, elle n’avait donc cessé de fixer l’étrange être mi-homme, mi-cheval jusqu’à ce qu’il s’en rende compte.

Celui-ci semblait observer chaque personne présente, comme la naine l’avait fait précédemment et posa enfin son regard sur elle. Elle lui sourit. Il détourna le regard. Sympa. Faisant la grimace, la guerrière ronchonna doucement mais s’arrêta lorsqu’il la regarda de nouveau. Esquissant un autre sourire amical en tant que dernière tentative, Kiaya put voir l’étonnement se dessiner sur le visage humain du centaure. D’ailleurs, il se retourna furtivement pour regarder s’il n’y avait personne derrière lui. La naine laissa échapper un petit rire en le regardant faire. Il semblait si surpris que quelqu’un ose lui adresser la parole mais la curiosité de la petite brune était plus forte que tout et encore plus que les préjugés que les autres races ou les autres personnes pouvaient avoir sur quelqu’un. Le centaure finit tout-de-même par s’avancer lentement vers celle qui l’avait interpellé d’un sourire. Avait-il peur de se faire manger ? Jusqu’à preuve du contraire, les nains ne ressemblaient pas à certaines meutes lycannes qui étaient cannibales et qui se mangeaient entre elles. Pourtant, l’inconnu aux sabots ne s’arrêta pas face à Kiaya mais à quelques mètres d’elle, s’appuyant contre la rambarde et plongeant son regard vers l’horizon. Il finit quand même par ouvrir la bouche, quelques mots s’échappant de celle-ci.

" Je regrette déjà le chant des engoulevents… Vous vouliez me parler ? "

La voix du centaure s’était faite presque froide, incitant la naine à hausser un sourcil face à cette réaction. Il semblait méfiant ou juste à fleur de peau. La fatigue du voyage semblait peser sur les épaules de tous les petits mousses qui ne l’étaient que le temps de cette aventure. Si Kiaya ne perdait pas sa joie de vivre et son sourire lorsque l’épuisement prenait le dessus, ce n’était pas le cas de tout le monde. Elle avait d’ailleurs beaucoup de mal à le comprendre. Les nains pouvaient emmagasiner énormément d’émotions sans pourtant en faire part. Rares étaient les membres de sa race qui se laissaient aller, pleurant ou cédant à la panique ou à la colère. Le petit bout de femme qu’elle était portée bien souvent plus que le poids du monde sur ses épaules, surtout depuis qu’elle était la dernière représentante de sa lignée de grands guerriers et ce n’était pas cette quête qui la mettrait plus bas que terre. Elle ne répondit pas de suite au centaure, reposant son regard sur son fidèle allié, le frottant avec engouement.

Chaque personne vaquait à ses occupations, ou pas d’ailleurs, sur le pont et le centaure, qui venait de lâcher du regard les eaux noires, observa de nouveau chaque représentant des races ephaëlyennes. En fait, non. Kiaya remarqua que ses yeux ne quittaient jamais réellement l’elfe qui avait organisé ce voyage. S’il ne la fixait pas, inconsciemment ou consciemment, il jetait toujours des coups d’œil dans sa direction comme pour la surveiller. La guerrière fit de même alors, remarquant qu’elle rejoignait le vampire qui faisait partie de l’équipage. Le centaure s’inquiétait-il pour la meneuse de cette quête ? Après tout, peut-être qu’ils se connaissaient déjà et qu’il ne portait pas dans son cœur la race buveuse de sang. La demoiselle se contenta d’hausser légèrement des épaules, lustrant toujours son marteau de pierre noire et d’alliages en métal.

" Et moi je regrette déjà les terres naines et leurs souterrains. Les nains sont nés pour être sous terre et non sur la mer… Je me prénomme Kiaya Grundazan, dernière représentante de la grande lignée des guerriers du même nom. J’aime à voir que je ne finirai pas ma vie ignorante du physique des centaures… Ne vous méprenez pas, je ne me vante pas et vous considère comme une personne à part entière, mais la curiosité m’a poussé à vouloir en savoir plus sur vous si vous le permettez. "

Un sourire amical se dessina sur son visage aux traits bruts mais tout-de-même féminins. Laissant son marteau de guerre glisser au sol lentement, Kiaya laissa son extrémité meurtrière tomber sur le plancher dans un léger grondement, le manche de celui-ci restant calée entre les jambes de la naine. Il était enfin propre, les choses sérieuses allaient pouvoir enfin commencer.

Et ne vous inquiétez pas pour votre amie, elle semble à même de se défendre sans votre intervention et je ne pense pas que les personnes ici présentes, moi la première, laisseront le vampire lui sucer le sang jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une goutte.

Oui, elle était franche et n’hésiterait pas à dire ce qu’elle pensait au centaure…


HRP:
 

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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Mer 11 Déc 2013 - 22:16




Note:
 

Laurianna suivait des yeux le mouvement des vagues, dans cette obscurité la louve se sentait étrangement bien. Contrairement à beaucoup, la solitude l’apaisé et c’est dans celle-ci qu’elle se sentait plus forte, plus courageuse, plus puissante. La jeune femme détestait sa forme bipède, la trouvant fragile et inutile, elle ne comprenait pas se corps pourtant agréable au regard et le manié restait une chose complexe. Mais soit, la rouquine était désormais coincée sur le bateau avec différentes espèces qu’elle ne connaissait pas forcement, sans aucun retour en arrière possible. Un peu lasse et inquiète l’humaine finit par faire quelques pas hésitants en longeant la rambarde. Lauria’ s’était entrainé avec acharnement afin de maitriser ce corps qu’elle apprenait à connaitre et c’est avec une grande satisfaction qu’elle s’apercevait que ses efforts n’avaient pas étés inutiles.

C’est donc beaucoup plus sereine que la lycanne se déplaça afin de traverser le bateau, elle fuyait tout contact avec les autres et cherchait un lieu où s’isoler complétement. Ses prunelles balayaient les recoins du bateau afin de trouver le coin idéal mais rapidement l’idée de s’installer sur le pic avant du navire germa dans l’esprit de la rouquine qui ne se laissa pas le temps d’y réfléchir. Attrapant un livre de sa sacoche elle monta rapidement les marches précédemment emprunté par l’elfe et le vampire avant de s’arrêter juste à leur niveau, l’odeur du buveur d’hémoglobine l’obligea à se stopper lui remémorant une odeur désagréable, la louve se contenta de lancer un regard noir et involontaire au sang-froid avant de poursuivre sa route jusqu’à la naissance du grand mât. Relevant la tête, la louve s’aperçut qu’une petite « coque creuse » se logeait sur sa hauteur et qu’elle serait un lieu parfait pour être en paix.

Plaçant son livre relativement fin entre ses dents, la rouquine entama l’escalade du mât à l’aide des filets. Ses bras musclés lui permettait de soulever son poids plume et son agilité d’animal lui permettait de monter rapidement au lieu souhaité. Une fois en haut, la jeune femme se hissa à l’intérieur de la petite coque afin de se laisser tomber dans celle-ci. Relâchant son livre d’entre ses dents, elle ne put que laisser ses lèvres s’entrouvrirent face au paysage qui se dressait devant elle. La totalité de l’océan brillait sous la lumière des étoiles devant le regard illuminé de Laurianna. Après plusieurs longues minutes de contemplation la bipède finit par s’installer confortablement dans la petite coque afin de prendre le livre et de s’entrainer à reconnaître différents mots, elle se trompait encore la plupart du temps, mais l’idée de « travailler » lui donnait l’impression de progresser.

Plongé dans sa lecture l’ouïe pourtant fine de la louve ne lui permettait plus de suivre les conversations et son odorat ne percevait plus aucune odeur la faisant presque oublier la raison de sa présence ici. Au fil du temps, Laurianna avait appris, elle avait encaissé, elle était tombé, puis la louve s’était relevé. Certaines de ses rencontres lui manquaient et lui manqueront à jamais et d'autres s'accaparaient de ses pensées et s’immisçaient dans ses souvenirs. Elle avait fini par vivre et puis oublier la raison de tout ceci. Elle avait rencontré des personnes qui étaient partit et d’autre qui semblaient vouloir rester. Elle avait appris malgré elle qu’on devait laisser partir certainement personne même si on n’en avait pas envie et que d’autre pouvait partir sans que cela ne la touche. Qu’elle devait se dire que s’était la vie ou au moins avoir le courage de le penser. Mais ce que Laurianna ne savait pas c’est que la nostalgie revient lorsque le présent n'est pas à la hauteur du passé... Qu’elle devait apprendre à vivre dans le présent et que s’était le plus difficile. Qu’a trop regardé le passé, nous ressassons des remords et des regrets. A trop espérer du futur, nous nous berçons d'illusions. La seule vie qui vaille vraiment la peine est celle du moment présent. Mais ça Laurianna ne l’avait pas encore compris.

La louve commençait à s’endormir avec le sentiment d’avoir eu ce soir un indice sur la mort de son père. Cette odeur, cette sensation que dégageait Dante… Elle était identique à l’aura présent sur le lieu du crime, ce qui signifiait qu’après son voyage elle devrait prendre la direction de la contrée vampirique et qu’elle ne devrait laisser personne lui barrer la route. Les yeux clos, la vie de la louve commençait à prendre une nouvelle tournure mais avant tout elle devait revenir vivante du projet d’Omerïe et parvenir à se fondre dans l’équipage ce qui était loin d’être gagné.


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Dante McAllister
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Lun 6 Jan 2014 - 18:57

La lueur de la lune faisait briller d'une teinte argentée la peau du mercenaire. Ce dernier se contentait d'emplir ses poumons d'une fumée nacrée, observant les flots sombres qui venaient se briser contre la coque du navire. «Des flots de sang pour un océan de morts» se disait-il. Adepte de la méditation et de la contemplation, le vampire était passé maître dans l'art de se plonger dans des états seconds pour fuir la réalité ou, au contraire, mieux la discerner. Il tenait cette discipline d'un ermite qui vécut sur un mont aujourd'hui englouti par la mer. Cet homme enseignait au clan dont faisait parti le vampire, à une époque où il n'était qu'un mortel, des pratiques chamaniques. Une méditation qui fait entrer le guerrier dans une rage silencieuse, un chaos ordonné, détachant son esprit de son corps. Soucieux de parfaire ses capacités et parce qu'il considérait que l'esprit était également un muscle, et qu'un muscle devait continuellement s'exercer, le vampire laissa ses paupières clore ses yeux à l'éclat sinistre. Le vide s'effectua dans son crâne en un instant, ses doutes, ses peurs, ses croyances, tout ça n'était plus que lointaines chimères. Bientôt, le vent qui hurlait contre le mât se tut, le chant de la mer s'estompa, la cacophonie marine s'éteignit. Il n'avait plus connaissance du contact extérieur, celui de sa peau avec le bois de l'embarcation, ou de sa chair qui frottait contre ses vêtements ou même de sa pipe coincée entre ses lèvres. Il n'appartenait plus à ce monde là. Il ne s'aperçut même pas qu'une femme avait approché son petit coin paisible. Les barrières mentales du vampire s'érigèrent en remparts infranchissables. Ces mêmes remparts, il les quittait quelques battements de cœur plus tard pour rejoindre un univers éthéré, un endroit où l'entendement et l'infini cosmique étaient synonymes, où une seule vérité unique résidait pour tous. Un voile carmin se déposa devant les yeux de Dante, masquant le monde des Hommes à sa vue. Mais il ne voyait plus, n'entendait plus, dépouillé de ses sens primaires il ressentait l'existence de toute chose. Les pulsations de l'océan même étaient devenues les battements qui le maintenaient vivant. L'énergie s'écoulait dans son corps avec une fluidité exceptionnelle. Le zen s'était emparé de lui et le faisait rejoindre la grande chaîne des consciences. Une voix caverneuse, inconnue et pourtant familière, marqua son esprit :


- "Je peux sentir les océans, les poissons qui les constituent, le moindre grain de sable dans le désert, le temps qui passe, les insectes qui muent, la glace qui devient de l'eau, les vagues coupées par les bateaux, l'équilibre du monde". «Apatheia». Une tranquillité qui n'est pas permise aux hommes.


Dans un tintement de cristal, son extase fut brisée par une voix, une voix nettement plus réelle et qui ravit Dante à son éveil spirituel. Ses yeux bleutés happés par l'obscurité, ses sens s'ouvrirent à cette réalité figée dont il ne percevait qu'une infime partie. Sa révélation mystique s'échappa de sa mémoire, comme si elle n'avait jamais été rien d'autre qu'un rêve fugace, l'eau d'une rivière qu'on essaie de saisir à pleine main, en vain. Soudain, son passé revint à la charge et manqua de le décontenancer. Impassible en apparence, le vampire était déchiré de l'intérieur. La passion qu'il ressentait pour l'impératrice s'intensifiait d'heure en heure. Fuir, s'échapper, partir à l'aventure pour mener son existence de mercenaire intrépide et solitaire, quelle erreur. Il prêta peu d'intérêt aux propos de Lolia dans un premier temps, soucieux de reprendre son calme. Son cœur s'emballait, ses dents se serraient imperceptiblement autour de la pipe richement décorée pour la mordiller sans un bruit. Le vampire laissa quelques secondes s'écouler après avoir intégré l'intervention de son employeuse. S'il n'y avait aucune différence pour l'interlocutrice, qui ne devait avoir remarqué qu'un mur, froid voire glacial et inébranlable, d'indifférence, en réalité le vampire avait retrouvé son calme. Il avait chassé pour un temps ses doutes concernant Emerence ainsi que le douloureux souvenir de sa famille perdue à jamais qui venait le torturer chaque nuit. Le vampire ne comptait pas répondre, il était de nature taciturne et préférait faire parler l'acier pour lui. Pourtant, il sentait qu'il ne pouvait pas laisser ce sourire et cette prise de risque de la part de Lolia sans réponse. Le mercenaire ingéra une nouvelle bouffée de fumée dont les arômes parfumés apaisaient son cœur farouche. Il tourna également le visage dans sa direction, la décrivant de ses prunelles d'un bleu qui n'avait rien de naturel. Un visage fin, caractéristique des haut-elfes sylvains, serti d'iris colorés d'un gris d'acier et d'une intelligence candide, le tout englobé par des boucles aux reflets mielleux. Le vampire n'était d'ailleurs pas en reste, son ascendance elfique lui donnait un air de seigneur sylvestre, ses cheveux argentés témoignaient de cet héritage. Il est vrai que la dureté de ses traits tenait plus des rois sous la montagne, les grands Molgor, sans rien ôter à son charme de vampire. Le prince de la nuit retroussa légèrement ses lèvres dans un pli neutre qui pouvait s'apparenter, pour peu qu'on y croit, à une piètre imitation de sourire. C'était tout ce dont il était capable en raison de son humeur maussade, ce qui était une prouesse en soi. Sa vénérable voix de ténor raisonna au creux des ténèbres :


- «Les gens qui nous donnent leur pleine confiance croient par là avoir un droit sur la nôtre. C'est une erreur de raisonnement; des dons ne sauraient donner un droit.». Ce sont des paroles remplies de sagesse, vous ne trouvez pas interrogea-t-il son interlocutrice, les yeux scintillant de malice. Je ne vous demande pas de me faire confiance et réciproquement, je n'ai pas à vous faire confiance.


Les ombres dansaient gaiement sur le pont du navire, des éclats de voix leur parvenaient depuis l'arrière. Un nouveau nuage de fumée se forma tandis qu'un silence de gène semblait s'installer durablement entre ces deux là. Le mercenaire appréciait ce silence diffus qui avait du mal à gagner le reste de l'équipage. Il détourna ses yeux de la mer impénétrable pour poser ses prunelles spectrales sur Lolia. Le fumeur effectua un magnifique rond de fumée grise qui s'éleva jusqu'à se rompre autour du visage de Lolia. Après un ricanement discret, Dante reprit de sa voix grave :


- Je suis un mercenaire, une fois l'argent en poche, ma lame est à votre service. Ce n'est pas « juste pour de l'argent » que je suis sur ce bateau, c'est toute la différence entre un soldat et moi. Je loue mes services en fonction de mes besoins, de mes convictions, de mes rêves. Si quelque rêves il me reste pensa-t-il pour lui même. Je n'ai ni maître, ni seigneur. Il n'y a pas à me remercier, c'est mon métier. Et il n'y a rien à comprendre, c'est aussi mon métier.


Le tabac commençait à se raréfier et bientôt l'épais nuage opalin perdit en densité. Pour pallier à se problème, le vampire fouilla machinalement dans son long manteau de cuir jusqu'à retrouver sa boite au mécanisme étrange et fascinant. Le grincement du métal se fit entendre après quelques savantes manipulations et le fumeur retira ses précieuses herbes pour les disposer sur cet ouvrage particulièrement réussi qu'était sa pipe. Se servant de pierres magiques achetées à des nains, il l'alluma et s'adonna à son plaisir personnel. Dans le vacarme constitué de bavardages incessants et du hurlement de la mer, le vampire parvint à glaner des informations intéressantes ça et là. Ainsi donc nous avions une guerrière naine appartenant à une illustre famille. La méfiance semblait converger vers un unique point, lui. Amusé par l'agitation qu'il causait chez les mortels, le vampire aspira une bouffée d'arômes au bouquet de senteurs si délicieuses. Il reprit une dernière fois à l'égard de Lolia, une pointe de sarcasme dans la voix :


- Je me demandais, vous et l'équidé, comment ça  … fonctionne, enfin vous voyez bien, non?... Bref, laissez tomber finit-il par prononcer, un sourire enfantin aux lèvres. Si vous voulez un bon conseil, détendez vous et ne cédez pas à la crainte facile de voir en moi un ennemi. J'entends le chant des oiseaux, nous approchons de la terre ferme, je dois me préparer poursuivit-il d'un ton assuré, sans rien savoir des péripéties qui les attendaient. Que la nuit vous soit douce, dame Lolia.


Et dans un bruissement, le vampire se leva de son petit nid. Sa pipe rangée dans son étrange boite ornée de pierres et de joyaux. En quittant la proue où il s'était si confortablement installé, il croisa le regard perdu de Jayne. Des yeux d'une vacuité insondable, dans lesquels on ressentait la douleur. Le mercenaire immortel ne lui adressa qu'un vif coup d’œil avant de poursuivre son chemin. Il s'arrêta subitement et, fouillant dans l'une de ses innombrables poches, se retourna. Il jeta dans la direction de l'elfe, restée sur l'avant du pont, sa boite à tabac dans laquelle se trouvait sa pipe finement ciselée. Sur ses lèvres qui se mouvaient dans l'obscurité on pouvait lire «Détendez vous». Ces herbes elfiques qu'il chapardait régulièrement dans un coin peu recommandable de la capitale étaient plus puissantes que celles qui permettaient aux elfes d'entrer en méditation dans un état de bien-être. Capables d’assommer un bœuf ou de tuer un humain, elles provoquaient une douce euphorie chez les elfes et faisait à peine hoqueter les nains. Quant aux vampires, insensibles aux drogues et poisons, elles ne se consommaient que pour leur subtil mélange d'arômes. Le vampire se dirigea vers la cale, l'air grave. Son léger sourire avait disparu, ses démons avaient repris d'assaut son cœur. Lorsqu'il passa à côté du centaure, il ne put se retenir d'afficher un large sourire sardonique en le dévisageant. Peut-être était-ce la simple vue du vampire ou alors le pouvoir de ce dernier qui se manifestait, en tout cas une sensation désagréable se propagea rapidement sur le bateau mais la terreur ne cibla que l'équidé. Dominus, un don terrifiant. La terrible onde malveillante se dissipa aussi vite qu'elle était apparue. Le vampire haussa un sourcil en direction de Dertar avant de reprendre sa marche en direction de son « tombeau ». La porte s'ouvrit dans un grincement sinistre. Le bois craquait sous les pas du colosse. Tandis qu'il s'engouffrait au cœur du navire il prononça:


« Descendons maintenant dans la nuit infernale »


Une porte qui claque précéda un silence mortel. Le mercenaire se préparait à l'abri des regards indiscrets pour affronter les dangers qui les guetteraient sur l'île.

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Lolia Ambraleya
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Ven 10 Jan 2014 - 7:45

Etape 1 / partie 3
La mer / La tempête



Le silence fut long, pesant et quelques peu embarrassant. Quelque chose, comme une sensation fugace, émanait du vampire par effluves indistinctes. Il était difficile de mettre réellement le doigt dessus mais Lolia faisait suffisamment confiance  à ses intuitions elfiques pour savoir que ce sentiment ne sortait pas juste de son imagination.
Dante finit par tourner son visage également, dégageant son regard de la mer noire. On sentait l'emprisonnement dans son regard, comme si ses yeux étaient restés trop longtemps accrochés à l'eau sombre, happés par sa profondeur, son intensité, son incommensurable arrogance,... L'arrogance d'être calme et grande, de recouvrir la terre et de cacher tant de mystères et de dangers.


- «Les gens qui nous donnent leur pleine confiance croient par là avoir un droit sur la nôtre. C'est une erreur de raisonnement; des dons ne sauraient donner un droit.». Ce sont des paroles remplies de sagesse, vous ne trouvez pas ? Je ne vous demande pas de me faire confiance et réciproquement, je n'ai pas à vous faire confiance.

Lolia resta fixée sur le visage de Dante, méditant ses paroles, ne sachant trop comment elle devait les interpréter. Le problème était qu'une telle mission nécessitait confiance. Elle avait besoin de pouvoir faire confiance à son équipe. Et en même temps... ce n'est pas comme si elle ne se l'était pas répété et répété maintes fois auparavant ; engager un mercenaire engendrait des complications certaines. Pourtant, elle était sûre d'avoir senti chez Dante ce sentiment de profondeur qui l'avait d'abord attiré vers lui.
Le vampire finit par reprendre vie et tira dans une pipe que Lolia n'avait pas remarqué avant ça. Il souffla un rond parfait qui rappela Lolia à son enfance, à son père plus particulièrement. Aux jours où il s'asseyait à l'ombre du grand arbre devant leur hutte pour fumer quelques herbes. Il se trouvait là, plongé dans ses songes. Mi-elfe, mi-arbre, en fusion avec l'écorce même. Et la petite fille qui restait là, à le regarder, interdite, dans le questionnement, ne comprenant pas encore ce que Sên et la nature avait à offrir à ceux qui écoutait. Maintenant elle savait, même si elle-même n'avait besoin de rien pour entendre réellement. Son père lui avait appris un savoir différent de celui qu'il avait lui-même appliqué. Peut-être un jour devrait-elle aller lui poser la question du pourquoi ?


- Je suis un mercenaire, une fois l'argent en poche, ma lame est à votre service. Ce n'est pas « juste pour de l'argent » que je suis sur ce bateau, c'est toute la différence entre un soldat et moi. Je loue mes services en fonction de mes besoins, de mes convictions, de mes rêves. Je n'ai ni maître, ni seigneur. Il n'y a pas à me remercier, c'est mon métier. Et il n'y a rien à comprendre, c'est aussi mon métier.

A nouveau, les paroles de Dante la laissèrent dans le doute, mitigée entre ces paroles contradictoires. Si quelques convictions ou rêves l'avaient poussé à accepter le marché, pourquoi être si dur ? Elle n'était pas sûre que ce ne soit qu'une façade, elle était même persuadée du contraire ; Dante avait réellement ce tempérament. C'est ce qu'il lui avait plu au début mais elle doutait maintenant que son propre sentiment ait changé. Il était pourtant trop tard pour reculer, trop tard pour changer. Si elle avait eu le choix, celui-ci s'en était allé et la laissait maintenant seule avec ses conséquences.
C'était malheureusement là le grand problème de Lolia ; elle avait trop foi, elle vivait et se nourrissait de foi, de la sienne ainsi que de celle des autres. Elle avait besoin de croire, de pouvoir croire que quelques chose était là et se passait. Elle ne croyait pas au destin mais avait foi en ce qu'elle-même était capable d'accomplir et elle avait malheureusement trop tendance à prêter cette foi à son entourage. Mais comme l'avait dit Dante, elle n'avait aucun droit sur la réalité des autres, elle ne pouvait tout simplement pas leur imposer de croire. Pourtant, l'enjeu était différent cette fois.


- Je me demandais, vous et l'équidé, comment ça  … fonctionne, enfin vous voyez bien, non?... Bref, laissez tomber. Si vous voulez un bon conseil, détendez vous et ne cédez pas à la crainte facile de voir en moi un ennemi. J'entends le chant des oiseaux, nous approchons de la terre ferme, je dois me préparer. Que la nuit vous soit douce, dame Lolia.

Sans une hésitation, il se redressa. Lolia sourit. Elle comprenait mal ce qui motivait le vampire, elle comprenait mal ce par quoi il était animé mais elle était maintenant certaine que ce n'était ni par l'argent, ni par l'indifférence, ni par l'ennui, c'était de quelque chose de plus profond, quelque chose qu'elle n'arrivait pas encore à cerner. Elle n'en avait d'ailleurs pas l'intention, elle sentait trop bien ce jeu de balancier que le vampire appliquait ; une méchanceté pour une gentillesse, une pique pour un conseil. Plus grande était l'insulte, plus importante était l'info. Elle ne manquerait pas d'y faire attention par la suite.
A mi-chemin de la porte menant aux cales, il se retourna et lança quelque chose à l'elfe qui l'attrapa au vol ; c'était une boite en métal léger. Elle l'observa un moment sans l'ouvrir. En voulant interroger le vampire du regard, elle ne découvrit qu'un murmure de conseil fugace et un mouvement de volte-face gracieux qui lui disait impoliment "au revoir". Ses yeux revinrent sur la boite qui lui fit la surprise de contenir une pipe en bois sculptée avec finesse et un reste de tabac. Elle en conclut l'évidence du conseil et sourit à nouveau. Elle referma la boite et la glissa dans une poche intérieure. Il n'était pas l'heure.

L'elfe se rendit enfin compte qu'elle n'avait prononcé le moindre mot durant leur échange, elle avait pourtant l'impression que la conversation avait été fructueuse, complète. Si ce n'est une petite chose dont elle se doutait mais qui s'était à présent confirmé ; ils la trouvaient trop naïve, ils la croyaient faible. Il était temps que cela ne change ! Elle pouvait comprendre que ses longs cheveux blonds et son physique elfique ne la crédite pas forcément aux yeux des autres. Mais elle avait pourtant fait ses preuves sur le champ de bataille, que ce soit dans la boue et le sang, ou dans une auberge quelconque. Les ennemis qui avaient faiblis en regardant ses grands yeux gris, n'avaient jamais eu l'occasion d'en revoir d'autres. Il était ironique de voir à quel point ces choses la touchaient depuis la bataille aux sein de l'Alliance. Elle n'en avait que faire de tout cela avant, mais la force qui l'habitait depuis avait du mal à la quitter. Et la vue furtive et éphémère de sa soeur ne l'y avait pas aidé... Ou peut-être était-ce autre chose, qui sait ?
Elle se tourna dos à la mer et se pencha en arrière, à moitié couchée sur le bastingage afin de voir les étoiles. Ce ne fut malheureusement que le ciel noir qui s'incrusta dans ses iris. Elle sentit la profondeur des ténèbres l'envahir un instant, un instant qu'elle ne comprit pas. Quelque chose d'étrange se passa, son visage semblait si près du ciel, des nuages et des ténèbres, si près qu'elle aurait pu ouvrir la bouche et les aspirer tout entier. Elle sentait qu'un clignement de cils les éteindrait - ou les embraserait de lumière - car l'intérieur de ses paupières ne parvenait pas au degré de noirceur qu'elle percevait. C'est pour quoi elle les gardait ouvert, deux yeux noirs profonds, noirs corbeaux. Un coup de tonnerre résonna alors, suivi de près par un éclair incandescent qui transperça le ciel de part en part, faisant voler en éclat la vision de Lolia et la ramenant brutalement à la réalité. Elle manqua tomber à la renverse mais se rattrapa de justesse, sentant ses jambes flancher et ne comprenant plus une miette du sentiment qu'elle avait cru ressentir. Il y avait pourtant quelque chose d'étrange qui s'était produit, quelque chose de dangereux. Où était-elle ces deux dernières minutes ?
L'elfe tourna le regard vers le pont au moment même où une pluie diluvienne venait le frapper. La pluie connaissait un angle effrayant qui précédait de peu l'annonce d'un vent violent.

C'était la première fois que l'elfe voyageait en bateau, elle ne connaissait de la mer que l'horizon qu'on pouvait distinguer de la plage. Elle aurait pourtant juré qu'une tempête ne pouvait arriver aussi rapidement, sans prévenir. C'est pourtant ce qui se passait. Le vent ne fut pas long à grandir. Les vagues commencèrent à prendre de l'ampleur, apparaissant par moment, creusant des trous de plus en plus profonds, des murs de plus en plus hauts.
Lolia courut vers Jayne et tenta de forcer le vent de sa voix :


- Peut-on faire quelque chose pour garder le cap ?

Son hurlement semblait faible mais elle ne put tout de façon pas entendre une quelconque réponse. Une vague puissante heurta le navire de plein fouet et Lolia fut désarçonnée et renvoyée plus loin. Une roulade plus loin sur le sol dur et elle se redressa d'un bond pour s’accrocher à une corde. Elle voulait aider, mais elle n'était pas marin. L'équipage était de toute façon déjà à l'oeuvre.

Pendant les heures qui suivirent, elle fit de son mieux pour aider là où elle pouvait, suivant le mouvement, courant à gauche à droite sur ce pont semblant soudain si petit, si humide. La tempête était intarissable, elle se nourrissait de sa propre force, comme un serpent tournant sur lui-même, elle n'en finissait pas de se relancer, de paraître encore et encore plus forte, plus dangereuse. Il n'y avait rien à faire pour garder le cap, rien à faire pour contrôler ce qu'il se passait en cet instant. La noirceur du ciel et de la mer se confondait et on en pouvait pus distinguer le haut du bas. Peu à peu, chacun abandonna pour se réfugier là où il le pouvait.

La tempête dura plus d'une journée. Lolia resta sur le pont, à lutter comme elle le pouvait. Ne parvenant pas à adresser un mot audible à quiconque, elle ne put maintenir son rôle et calmer les troupes. Elle ne put qu'attendre que le déluge ne passe enfin. Ce qu'il finit par faire. Le ciel réapparut sur un coucher de soleil et les crêtes d'une chaîne de montagnes.
Lolia n'aimait pas ça ; le bateau n'était pas censé accoster dans les montagnes mais sur les plages. Le chemin serait plus long ainsi, plus dangereux aussi et ces terres étaient si inconnues. Qui savait ce qui se cachait réellement dans ces roches ?
Pourtant, la perte d'une grosse partie des vivres, la fatigue, l'envie de poser pied à terre et surtout la vue de cette crique droit devant, était suffisant pour forcer les choses.

Le soir tombait quand ils posèrent les pieds dans le sable. Les visages étaient épuisés. Mais la terre était là : Omërie ! Un pas était franchi. Lolia s'adressa à nouveau à l'équipe :


- Je crois que monter le camp ici et profiter d'une bonne nuit de sommeil avant de faire l'inventaire et surtout de poursuivre, ferait du bien à tout le monde. L'endroit semble sûr mais des tours de gardes seraient probablement appropriés. Je suis partante pour le premier. Qui m'accompagne ?

------------------------------------------------------

Ordre de passage
Dertar Emérisque
Jayne Caldin
Kiaya Grundazan
Laurianna Machy
Jeremiah l'Hirondelle
Dante McAllister
Neïkaïr Traëlonwë




[HRP : Alors je suis vraiment désolée de la qualité de mon rp et de la rapidité à laquelle j'ai passé la fin. je dois avouer que, malgré le fait d'avoir passé 1h30 dessus, je n'arrivait vraiment pas à m'inspirer et, de plus, je voulait faire un peu avancer les choses pour ne pas rester encore un tout en mer. Je suis quand même désolée du rendu et espère que ça convient à tout le monde. N'hésiter pas si quelque chose ne va pas.]

_________________

Rp en cours

Roses
Spoiler:
 


Dernière édition par Lolia Ambraleya le Sam 6 Sep 2014 - 12:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Lun 13 Jan 2014 - 1:12


La Dernière Étoile glissait sur l’océan que le vent n’avait pas encore animé de toute sa puissance latente. À la lueur des lanternes, alors que la naine se présentait sobrement, le centaure n’avait pas manqué de voir la lycan se diriger à l’avant du navire ce qui atténua quelques peu les craintes qu’il avait par rapport à la présence du vampire. À l’instar de la réputation bestiale que les autres pouvaient étiqueter aux lycanthropes, leur race était d’une grande ressource pour le troc avec les centaures au temps où ces derniers arpentaient encore la région de Thaodia. Et puis, ils partageaient cette répulsion naturelle à l’encontre des créatures morte-vivantes. Bien que Laurianna s’isola tout en haut d’un mât, Jayne s’était aussi positionnée près de Lolia et Dante. Non sans effort, ce fut le dernier coup d’œil que Dertar se permit de jeter vers son amie pour enfin plonger son regard tout à fait sur la petite guerrière qui venait de laisser glisser son arme entre ses pieds en un bruit sourd comme un tonnerre lointain. Ainsi, elle s’intéressait aux centaures. Elle n’était malheureusement pas tombée sur le plus fidèle représentant de cette race discrète, mais il ferait de son mieux pour que rien n’y paraisse.

Il était moins timide de regarder une autre personne quand une certaine distance s’établissait entre eux et avec cette quasi obscurité qui laissait à peine entrevoir où les pupilles pointaient sous l’ombre des arcades sourcilières. Mais la faible lueur était suffisante pour trahir la surprise du quadrupède lorsque Kiaya ajouta quelques mots pour apaiser ses inquiétudes à propos de l’initiatrice du voyage. L’attention qu’il portait à l’elfe était-elle si évidente? Peu accoutumé aux relations interpersonnelles, il n’aurait jamais deviné l’inquiétude d’une autre personne aussi aisément. Si elle s’en était aperçue, qui d’autre avait pu saisir l’attachement qu’il avait pour l’elfe? Malgré son visage généralement impassible, ses actions et dires racontaient ses émotions et assentiments et ça avait indirectement coûté la vie de son cousin sept ans plus tôt. Après de longues secondes de réflexion, il fit comme si la petite femme n’avait rien mentionné à ce propos et répondit plutôt à ses premières élocutions de sa voix grave et hésitante :


-Les centaures n’ont rien de vraiment… particulier… si vous connaissez bien les elfes. Nous sommes aussi près de la nature… et respectons la même déesse. Mais si vous avez des… questions… ce sera un honneur d’être celui qui les… éclaircira.

Il voyait pourtant une grande différence entre les deux races, suffisante pour se torturer l’esprit toute une vie durant. Mais cette attirance qu’il avait pour les elfes, il n’en avait parlé qu’à quelques humains et nains dans des tavernes après quelques chopes de trop et n’en conservait d’ailleurs plus aucun souvenir. Maintenant qu’il avait réussi à se concentrer convenablement sur sa conversation avec la valeureuse guerrière, des pas résolus résonnèrent sur le quai. Le centaure ne put s’empêcher de saisir l’occasion de se retourner et scruter à nouveau dans la direction de l’elfe commandante, mais il vit plutôt que Dante passait tout près de lui. N’ayant pas eu l’occasion de voir le vampire d’aussi près, il ne put s’empêcher de noter sa taille, étant le seul du navire à l’équivaloir en ces termes. Il compara également son regard glacial à ceux empathiques des deux représentants de sa race qu’il avait rencontré quelques mois avant le présent voyage. Étaient-ils une exception à la règle? Il resta figé un moment, les sourcils exagérément froncés, comme s’il avait été aveuglé par un soleil dominant les plaines par ses rayons éblouissants, mais plutôt qu’une clarté impressionnante, ce fut la noirceur qui l’envahit brusquement. Tandis que la créature de la nuit s’éloignait comme si de rien n’était, le mal du quadrupède n’avait plus rien à voir avec le ballottement du bateau sur les fortes ondulations de l’eau. Non. Le mal qui s’y était associé était plus profond, plus réel, mais l’était-il réellement? Il n'avait plus conscience de la réalité. Si les idées du centaure étaient déjà noires, elles étaient maintenant les ténèbres mêmes. Sa gêne maladive, chaque parole qu’il n’aurait dû dire et toutes celles qui se sont tues avant d’atteindre son souffle, son incapacité à aborder ses sentiments avec l’elfe qu’il voyait encore dans ses rêves comme dans ses cauchemars, l’incompatibilité de son attirance, l’exécution de son cousin, la damnation par son clan, sa propre chair ne reconnaissant plus son existence, ses années de solitude, l’échec de sa vie entière. Près du milieu de sa vie et il n’y trouvait toujours aucun sens. Qui pourrait réellement s’émouvoir de cet éternel retour dans le passé? Toujours emprisonné dans sa mémoire, puisqu’il ne pouvait pas reprendre tout ce qu’il avait échoué. Jeté là, sur le bord de la vie. Déboussolé par la brume épaisse de son avenir. Suppliant cette dictature de mélancolie de quitter son cœur meurtri. La culpabilité, la honte, la douleur, le regret, la faiblesse, l’ignorance, l’inaptitude, la jalousie, le mépris, l’amertume et le dégoût assemblés en une seule et terrible perception. La seule solution, renoncer, se laisser mourir… Pire que la peur, il y avait l’acceptation.

Il venait comme de perdre son écorce lorsqu’une brise fraîche vint ranimer la sève qui le tenait à peine en vie. Ces quelques secondes avaient parues toute une existence dans les abîmes. Les échecs avaient défilés devant ses yeux voilés par cette bouffée d’horreur qu’il ressentait. L’effet de terreur provoqué par le pouvoir du vampire se dissipa, mais le mal s’agrippait comme une lamproie. Il fut surpris de se rendre compte qu’il était toujours debout sur ses quatre pattes chancelantes. Il eut à peine le temps de pencher la tête au-dessus de la mer et d’expulser la bile brûlante. Quand il rouvrit les yeux sur la mer, il la vit houler de puissantes vagues commandées par les vents, mais il refusait de croire que son spleen avait été simplement causé par les caprices de l’étendue d’eau. Repoussant sa crinière collée à son visage par la pluie diluvienne, il se retourna pour observer ce qu’il avait raté durant son épisode d’égarement. La tempête naissante malmenait les voiles, l’ambiance était lourde et certains couraient sur le quai, mais c’est à peine si on pouvait discerner le tambourinement de leurs pas. Avant d’avoir pu prendre pleinement conscience des événements qui se déroulaient sous son regard vidé d’espoir, le navire fut terrassé par une vague énorme, projetant le centaure au centre du quai. Le seul geste qu’il réussit à réaliser avant de se trouver dans un état quasi catatonique fut de porter sa main à une corde fixée au mât et de ne plus la lâcher. Durant toute la journée qui suivit, il était impossible de demander quoi que ce soit à l’ongulé. Lorsqu’il avait les yeux ouverts, ils étaient vides tout comme ce qu’ils voyaient. Sa peau basanée était à présent plus pâle qu’une traînée de nuages en pleine période du Grand Éveil. Il se sentait minuscule et c’est l’océan qui avait pris tout contrôle, son mal de mer ayant atteint son paroxysme. Il ne lui était pas venu à l'idée que ce serait aussi impensable de dormir debout dans un bateau en mouvement. Il ne pouvait pas bloquer ses genoux s’il voulait suivre le mouvement de flottaison.

Quand le vent n’eut plus de souffle à imposer aux aventuriers et que les nuages s’éloignèrent enfin à l’horizon, Dertar eut peine à desserrer son étreinte sur la corde qui avait été son alliée pendant toutes ces heures. Il dut cligner des yeux de nombreuses fois avant de réaliser que c’était terminé et qu’ils avaient non seulement survécu, mais de plus ils arrivaient à destination. Il fut l’un des premiers à déposer un sabot sur la terre ferme. Le voyage lui avait paru plus long qu’il ne l’avait réellement été et il n’avait pas été de tout repos – pas seulement dû à la tempête –. Dans l’état où Dertar se trouvait, le navire aurait pu s’échouer sur une roche et il aurait préféré y lever un campement plutôt que de passer une journée de plus à bord. Il se rattraperait en étant plus utile au sol. Sa force physique, sa précision à l’arc et sa vitesse n’étaient pas d’une grande utilité face aux vagues incessantes de la mer. Quel soulagement de poser ses pattes dans les fins grains de sable de l’île.

Lorsque tout le groupe fut assemblé, Lolia demanda un volontaire pour l’accompagner et veiller sur le sommeil des autres. Le centaure se serait bien proposé, mais il se sentait prêt à s’évanouir à n’importe quel instant. Après tout, il n’avait pas dormi du voyage et avait ressenti les pires émotions qu’il connaissait pour une raison qui lui échappait toujours, mais qui était advenue trop près dans le temps du croisement de son regard avec celui du vampire pour être un simple hasard. Sans compter qu’il était inutile d’alimenter les racontars sur l’affection qu’il portait pour l’elfe en se jetant sur une occasion de se retrouver le seul éveillé à ses côtés. Et pour tout dire, il avait honte de sa réaction face à la tempête et espérait que les autres étaient trop occupés pour l’avoir remarquée. S’isolant du groupe, il ferma les paupières tout en restant attentif aux voix et bruissements.
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Jayne Caldin
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Lun 13 Jan 2014 - 20:58

En pleine mer,
Premier jour de navigation




Interactions : Lolia
Personnes évoquées : Equipage


Restée à son poste, la Pirate observait les flots. Elle avait un mauvais pressentiment. Depuis qu’elle était montée sur ce navire alors qu’elle n’était âgée que de quinze ans, elle avait fini par apprendre et par connaître beaucoup des océans, même si ces derniers étaient encore plein de mystères.

L’alcool qu’elle avait ingurgité en quantité plutôt importante commençait à se dissiper et elle retrouvait son esprit aussi vif et surtout, le moins embrumé possible. Elle chercha du regard ses hommes avant de croiser le regard d’un mousse. Elle l’interpella bruyamment avant de lui demander de rassembler la majorité de ses hommes, équipe de jour comme de nuit. Vu le temps et les nuages, les êtres de la nuit n’auraient aucun problème à cohabiter avec les diurnes.

« Où sont Diel et Neïkaïr ? Allez me les chercher, IMMEDIATEMENT ! »

La rousse reprenait du poil de la bête et recommençait à exercer pleinement son autorité sur ses hommes. Lorsque ses deux seconds arrivèrent, elle jeta un regard soupçonneux au centaure qui avait des idées fort … particulières quand il s’y mettait, comme vernir ses sabots quand il s’ennuyait. Le temps de réunir tous ses meilleurs matelots, la tempête commençait déjà à être sur eux et il fallait agir vite pour éviter de perdre le cap.

«  Lanar Cœur-Tonnant ! Thargas Kor’gosh ! Miriane Lonira ! Vous vous occuperez de guider nos chers invités dans les lieux où ils ne pourront perturber le travail des autres !  Exécution !

Solepion et Jay’k, occupez-vous de notre chère Etoile, il vaudrait mieux éviter qu’elle nous laisse tomber maintenant …

Thordill et Valar, occupez-vous de nos voiles, surveillez les moindres signes de faiblesses et préserver au maximum notre bijou. Faolan, tu les accompagnes»


C’est évidemment qu’au beau milieu de cette distribution des tâches que décida de se pointer la charmante elfe à l’origine de ce voyage, Dame Lolia qui semblait paniquée devant cette pagaille. La Tornade Rousse soupira avant de lui répondre qu’elle s’occupait pleinement de la situation. Comment une femme de la Terre pouvait aider des habitants des flots comme eux ? C’est comme si Jayne proposait à un elfe de s’occuper d’une plante, mieux valait pour tout le monde éviter cela et surtout, que chacun reste à sa place.

Une fois la majeure partie des personnes présentes sur le ponton bien trempée suite à une splendide vague, qui, par tous les Dieux merci, avait envoyé Lolia valser assez loin les personnes s’activaient et exécutaient les ordres du Capitaine, tandis que d’autres attendaient encore leur tâches.

«  Bref, Nathaniel, tu prends la barre, je compte sur ton regard… perçant dirons-nous. ELITHRARITH ET SOLENŸA, occupez-vous de nos chers passagers, certains ne vont pas tarder à se plaindre de tous les maux possibles. Neïkaïr et Diel, avec moi. »

Accompagnés de ses deux matelots de confiance, la jeune femme allait partout où on avait besoin d’elle, prête à se battre bec et ongles contre la tempête pour amener tout le monde à bon port. Durant toute la tempête, elle ne prit pas un seul moment de repos, passant son temps à guider aider et hurler des ordres pour se faire entendre à travers l’orage.  Quelques heures à peine après le début de la tempête, de l’eau s’engouffra sur ce dernier, balayant violemment certaines cargaisons qui étaient restées sur le pont pour une raison obscure et qui sont bien évidemment passées par-dessus bord. Plus d’un mois de rations venaient d’être perdues bêtement et cela mit hors d’elle la Capitaine. Ce ne fut qu’u bout d’une journée plus tard que la tempête fut vaincue et que le reste de l’équipage put enfin prendre un repos mérité. Pourtant, Jayne ne pouvait se permettre ce luxe et continuait à relayer ses matelots, là où il y avait besoin. Mêrisïa annonça finalement du haut de la vigie que la terre était en vue et que bientôt, ils pourraient accoster.

Lorsque la joyeuse troupe arriva sur les terres d’Omërie, Jayne ne fut pas mécontente d’être arrivée. Certes, ils étaient arrivés du côté des Montagnes mais elle voyait cela d’un bon œil. Au moins, elle pourrait visiter une autre partie de cette terre et ne manquerait pas de surprises.

La charmante Lolia proposa de faire des tours de garde et il était hors de question qu’elle le fasse seule, sans un seul membre de son équipage. Diel avait regardé la Capitaine d’un air interrogateur avant que cette dernière ne donne son accord pour qu’ils montent le camp. Avec l’ordre et l’habitude du métier, les matelots montaient le camp, aidés par les passagers tandis que Jayne envoya une partie de son équipe de nuit faire une reconnaissance du terrain. Qui de mieux qualifiés que des vampires pour cette tâche ?

«  Je veux bien faire ce tour de garde avec toi ma chère Lolia. Après tout, plus on est de folles et plus on rit. »

Elle alla donc s’installer près de l’elfe, regardant les alentours d’un air méfiant, avant de murmurer quelques mots qui ne pouvaient être entendus que par Lolia elle-même.


« Tu apprendras ma petite que rien n’est sûr ici et que cet île n’attend qu’une chose, c’est de te tuer. Alors un conseil, évite de te fier aux apparences. »


Désolée pour les fautes et erreurs, pour tout soucis, contactez moi.

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Kiaya Grundazan
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Mar 4 Fév 2014 - 18:44




" Il n’est pire eau que l’eau qui dort... "

Sous le rythme calme de la danse que le bateau menait sur les vagues douces, le temps semblait filer plus rapidement qu’à n’importe quel moment de la journée. Le voyage était long d’après ce qu’avait dit l’elfe qui menait cette aventure, mais la nuit venait de défiler si rapidement que tout l’équipage paraissait surpris de voir la lune filer vers l’horizon, emmenant avec elle la clarté des étoiles qui avait parsemé la toile sombre du ciel nocturne. Les eaux étaient calmes, comme depuis leur départ et rien ne laissait à prévoir que cela changerait bientôt. Une brise légère accompagnait le soleil levant, faisant voleter quelques tresses de la naine qui laissait son regard parcourir le pont du navire, observant chaque détail et chaque personne présente.

Kiaya, assise sur son tonneau en bois aux côtés du centaure discret, balançait ses pieds dans le vide dans une cadence qu’elle seule pouvait comprendre, battant l’air dans le rythme d’une chanson naine qu’elle et ses congénères chantaient lorsqu’ils allaient droit au combat. Depuis sa plus tendre enfance, depuis toujours à ses yeux, le petit bout de femme avait connu les guerres et les champs de bataille mais ses compatriotes n’avaient été que des nains. C’était la première fois qu’elle se lançait dans une quête, armée de son fidèle marteau mais avec pour compagnons d’armes des individus qui n’étaient pas de sa race. Si au début elle avait hésité à rejoindre ces rangs mélangés, la naine n’avait guère pour habitude de refuser de tâter quelques crânes de son marteau et l’expérience promettait d’être très enrichissante, elle le savait et en était certaine. D’ailleurs, si elle avait lu beaucoup de choses sur les autres races, elle n’avait pas eu l’occasion de les côtoyer autre part que dans des lieux de luttes acharnées. L’occasion pour en apprendre un peu plus avait été trop belle.

Reposant son attention sur le centaure qui lui tenait vaguement compagnie bien que son esprit semblait ailleurs, la dernière des Grundazan fronça les yeux pour essayer de mieux apercevoir les traits de ce dernier. Si le ponton était éclairé et que le soleil ne tarderait pas à faire son apparition, elle ne possédait pas la vision nocturne que pouvaient avoir les vampires ou même les lycans comme le disaient les légendes. Le quadrupède avait affiché un air surpris, presque étonné que la naine remarque ses regards insistants vers l’elfe. Il fallait tout simplement être aveugle ou naïf pour ne pas comprendre. Un léger silence s’était installé, comme si le centaure préférait oublier ce qu’elle venait de dire et c’est ce qu’il fit d’ailleurs en répondant à ses questions précédentes bien que non formulées.

" Les centaures n’ont rien de vraiment… particulier… si vous connaissez bien les elfes. Nous sommes aussi près de la nature… et respectons la même déesse. Mais si vous avez des… questions… ce sera un honneur d’être celui qui les… éclaircira. "

Caressant le manche de son marteau, la jeune femme laissa le centaure parler d’une voix peu assurée bien que grave. Il ne semblait même pas certain de ce qu’il avançait, comme si sa propre race lui était étrangère, et pour le coup, cela était très étrange. La conversation était très bizarre et le quadrupède semblait mal à l’aise. Kiaya haussa un sourcil, se concentrant de nouveau sur les personnes qui se trouvaient sur le bateau, regardant le vampire de service qui marchait vers eux. Il était grand, mais de toute façon, ce n’était pas un critère de force chez les nains alors la petite ne s’en souciait guère mais dans ses yeux luisaient une chose étrange que la brune ne parvint à nommer. Dertar, lui, s’était retourné aussi pour croiser le regard du suceur de sang. Le combat de « celui-qui-regarde-l’autre-le-plus-intensément » ne fut pas long, puis le vampire finit par rentrer dans son antre, fuyant le soleil comme s’il était son pire ennemi, ce qui était certainement le cas d’ailleurs. Kiaya laissa échapper un soupire devant ce combat futile dont elle n’avait pas compris le sens et posa ses yeux noisettes sur le centaure qui, lui, semblait perdu dans ses pensées. Décidemment, celui-là en avait des choses dans sa petite tête. La naine se contenta donc de ne rien dire, le laissant à ses réflexions qui furent rapides car déjà le centaure laissait aller son estomac par-dessus le bord.

La pluie avait commencé à marteler le plancher du navire, arrivant si soudainement qu’elle avait surpris tout le monde, même le capitaine du bateau qui devait être habituée aux humeurs changeantes de la mer. De gros nuages noirs et menaçants venaient de dissimuler les premiers rayons du soleil alors que les flots commençaient à s’agiter et que la mer se faisait de plus en plus remuante. Tapotant sur l’arrière-train du centaure, Kiaya bondit de son perchoir, jetant son marteau sur son épaule et s’élança sur le pont alors que la tempête commençait à faire rage. Le vent soufflait fort, empêchant le petit bout de femme d’avancer au trot, la forçant à plisser les yeux pour y voir quelque chose. Il ne pleuvait plus quelques gouttes mais bien une pluie torrentielle qui promettait d’être dangereuse. La panique s’était installée alors que certains courraient dans un sens et d’autres dans l’autre, ramassant ce qui menaçait de tomber à l’eau et rangeant ce qui devait à tout prix éviter d’être trempé. La naine essaya d’aider comme elle le put, enroulant rapidement une corde qui filait vers l’eau déchainée autour du mât. Elle se redressa ensuite, regardant derrière elle alors qu’un bruit de glissement s’approchait et elle fut percutée de plein fouet par un des tonneaux sur lesquels elle avait élu domicile quelques minutes ou heures plus tôt.

Tout se passait tellement vite que la notion du temps venait elle-même de se perdre au beau milieu de cet orage. Kiaya effectua une merveilleux rouler-bouler sur le pont, fauchant certainement des gens au passage jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée par les cloisons des cabines. Sonnée et ayant la tête qui tourne, la brune essaya de se redresser rapidement, remarquant que son fidèle allié n’était plus dans ses mains. « Oh merde. » De nouveau sur ses pieds, la guerrière courut sur le plancher, à la recherche de son marteau, dernier souvenir de sa famille. Un bruit rauque, semblable à celui d’un tremblement de terre parvint à ses oreilles alors qu’elle se retournait rapidement. L’arme de pierre noire et de métal était tellement lourde qu’elle raclait le pont, glissant vers l’abîme des eaux menaçantes. Kia se jeta à plat ventre, glissant à son tour et saisissant son amour de toujours du bout des doigts pour plonger vers la mer avec elle. Heureusement, elle parvint à saisir une corde qui passait par là et se retrouva à heurter la coque du navire, suspendue dans les airs. Bien qu’encore en vie, elle était en mauvaise posture et s’apprêter à laisser échapper un hurlement pour qu’on la remonte mais quelqu’un semblait avoir eu la même idée alors que la corde remontait petit à petit, bien qu’avec un peu de mal. Bah quoi, une naine et un marteau, ce n’était pas le cocktail le plus léger que l’on pouvait trouver sur les terres ephaëlyennes…

Cela fut long, très long et Kiaya n’aurait su dire combien de temps avait duré cette abominable tempête jusqu’à ce qu’elle se calme enfin. Le navire avait continué avec labeur son avancée, tombant dans des trous d’eau et se prenant des vagues immenses sur la tête mais il était parvenu à bon port. Les nuages maintenant derrière eux, le coucher de soleil aux couleurs orangées fut visible. Ce combat contre la nature avait duré une journée entière mais les plages d’Omërie étaient enfin à portée de vue. La naine afficha un sourire ravi, contente que tout cela soit terminé et que l’aventure commence enfin, mais avec les pieds sur terre. Lorsque le bateau accosta sur la terre ferme, le soleil venait de se coucher, permettant ainsi à l’être nocturne de sortir de sa cachette de nouveau. L’équipage descendit de son moyen de transport pour son plus grand soulagement et la chef de l’expédition prit de suite la parole.

" Je crois que monter le camp ici et profiter d'une bonne nuit de sommeil avant de faire l'inventaire et surtout de poursuivre, ferait du bien à tout le monde. L'endroit semble sûr mais des tours de gardes seraient probablement appropriés. Je suis partante pour le premier. Qui m'accompagne ? "

Ce fut la capitaine du navire qui se proposa, rejoignant l’elfe. Les visages soulagés de ne pas devoir se proposer pour ce tour de garde furent nombreux et bien vite, une fois le camp monté, les silhouettes allongées ne bougeaient qu’au rythme d’une respiration endormie. Posant son marteau à côté de sa couchette, Kiaya attira l’attention de l’elfe en remuant doucement la main.

" Je prendrais le second tour de garde, réveillez-moi quand vous aurez besoin. "

Et le petit bout de femme ferma les yeux, reprenant des forces pour le lendemain. Deux par deux, les aventuriers se relaieraient toute la nuit pour surveiller les autres endormis.

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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Lun 10 Fév 2014 - 0:05



Le vent qui se lève, l’odeur de la pluie qui monte doucement mais surement jusqu’aux narines de la belle rouquine. Difficile pour elle de ne pas comprendre ce qui se passe, difficile pour elle de ne pas crier « attention tempête » et pourtant, rien ne s’échappe de ses lèvres, non au contraire, cela reste le silence, le calme plat. Son regard scrute les personnes présentes, qui ne semblent pas avoir compris ce qui se préparait, bien trop occupé à continuer à s’analyser. Alors Laurianna n’en fit rien, fit mine d’ignorer elle aussi. La jeune femme se contenta de faire le tour du propriétaire, d’attacher ce qui lui semblait dangereux, ou prêt à s’envoler à la moindre brise. Puis elle fit de même avec elle, la louve fit glisser entre ses doigts une corde, l’enroula autour de sa taille en serrant aussi fort qu’elle le pouvait, attachant l’autre extrémité à un point solide du bateau, avant de reprendre sa position en tailleur sur une grosse caisse et d’attendre. Attendre oui, attendre que tout arrive, que tout se déclenche, vite, que l’ennui passe lui aussi.

Puis tout arrive soudainement, le vent se lève, la pluie fouette, l’orage éclate, la mer se déchaine encore et encore. Tout le monde glisse chahute, alors que Laurianna elle ne bouge pas d’un millimètre sur sa grosse caisse parfaitement maintenu à l’aide de cordage. Elle se contente de croiser les bras, de laisser la pluie froide inonder son visage et ses tissus, s’imprégner de son corps, de son être. Et elle se sent soulager Laurianna, oui elle se sent soulager de voir que ce qu’elle doit dégager extérieurement reflète enfin son intérieur profond. Elle ne comprend plus, elle ne sait plus, il lui manque et pourtant elle est là sur ce navire, à observer un équipage surprit par une tempête, à regarder des inconnus se battent pour éviter de sombrer. Pourtant elle s’en moque elle, oui c’est ça, elle s’en moque de savoir le pourquoi du comment, de connaitre la raison de cette possible fin, de cette tragédie. Elle hausse les épaules Laurianna, elle ne s’inquiète pas Laurianna, elle ne pleure pas non plus.


Même quand sous la force de cette atrocité, son corps tombe de son perchoir pour heurter un rebord de bois, elle attend que ça passe, sans chercher à s’abriter, sans chercher à aider non plus. De toute façon la louve, elle n’y connait rien en bateau, absolument rien. Puis finalement, elle finit par se laisser chahuté de gauche à droite, glissant sur le ruisselant du pont. La belle ne dit rien, la louve se contente de regarder le ciel, d’imaginer ce que doit être la mort, de penser au général. Laissant quelques larmes ruisseler de ses joues, des perles salés complètement invisible grâce à cette pluie battante. Difficile, elle finit par prendre la notion du temps, des autres, de l’environnement et quand elle revient enfin à elle tout est déjà terminé. Le bateau est sur une île, tout vas bien, il est l’heure de descendre. La belle se détache lentement, manquant de tomber à cause de toute cette bousculade. Une fois sur le sol, la belle se laisse doucement tomber sur le sable, étrangement froid, heureuse d’être enfin sur du solide, du vrai, du concret.

Laurianna observa les premières personnes prendre le premier tour de garde, elle, elle se contenta de s’installer dans un coin un peu plus loin et de tremper les pieds dans l’eau. Elle avait envie de se baigner, de profiter, de partir immédiatement à l’aventure. Après tout ils étaient là pour ça, plus vite ils seraient en route, plus vite ils rentreraient la bas. Puis finalement après plusieurs longues minutes d’isolement elle finit par rejoindre la troupe et de s’installer sur le sol, afin de se reposer un peu, elle ferma les yeux, juste un peu, le temps de récupérer. Doucement mais surement elle finit par sombrer dans le néant du monde des rêves, s’installant malgré sa forme humaine, en boule pour dormir comme elle en avait l’habitude.

Comment comprendre le monde qui nous entoure, comment pouvait-elle comprendre la raison de sa présence ici, alors qu’elle ne comprenait même pas la raison de sa présence tout court. Pourquoi suivre un groupe qu’elle ne connaissait pas, pourquoi devrait-elle les défendre et les aider ? Alors qu’elle voyait déjà de la méfiance entre certaine personne du soit disant groupe. Pourquoi, pourquoi tout était toujours si compliqué, pourquoi tout ne pouvait pas être simple. Fermant définitivement les yeux, la belle finit par s’endormir en se promettant de ne pas sombrer complètement dans le monde d’Utopia. Elle devait toujours être sur ses gardes.

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Jeremiah l'Hirondelle
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Dim 16 Mar 2014 - 2:21

    L’expédition avait bravé bien des dangers, mais elle touchait enfin au but. Omërie, la terre des mystères, était enfin sous leurs pieds. Mais lesdits dangers n’en étaient pas dissipés pour autant, à commencer par la tempête qui faisait toujours rage, fouettant de ses rafales hargneuses les rivages et projetant de méchantes vagues sur les rochers. Le fier navire, malmené si près des côtes, si précieux car indispensable pour les ramener à bon port, devait à tout prix être préservé. Sur ce rivage méconnu, ces roches traitresses et ses rafales, il fallait le mettre à l’abri au large. Après avoir déposé ses passagers et tout ce qui leur était nécessaire pour tenir durant l’expédition, l’Etoile mit la barre dessous, droit vers l’horizon, pour affronter la tourmente dans un espace plus dégagé. Lentement, le grand navire avait viré sur ses ancres, les voiles progressivement larguées et s’était éloigné dans le gris du ciel et le noir de la mer.
    Toute une journée il navigua droit vers le large, secoué par les déferlantes. Sa grande étrave s’enfonçait profondément dans les creux, de grands creux d’une mer noir et mauvaise comme le ciel d’orage qui la surplombait, pas très haut au-dessus. Ce n’était pas la tempête, ni l’ouragan, mais cela ne saurait tarder. Une journée entière après leur départ de l’île, en milieu de journée, alors qu’ils s’apprêtaient à s’en retourner pour une nouvelle ronde entre le rivage et la haute mer, un cri des plus improbables tomba de la hune :


    « Esquif en vue !! »


    Cela semblait si incroyable que beaucoup, confiants malgré tout dans leur vigie, coururent contre la coupée et scrutèrent la mer intensément, cherchant des yeux la barque signalée. Et aussi formidable que cela pouvait être, ils la virent, petit point sombre là-bas, loin entre les creux, disparaissant sans cesse à leurs regards, un canot à la voile déchirée, une petite silhouette bleue agitant les bras à bord. Cette chose paraissait minuscule entre les grands rouleaux noirs, si fragile qu’on doutait de la voir reparaitre après chaque creux. Immédiatement, la barre fut mise droit vers elle, un trajet qui sembla durer une éternité, éternité durant laquelle l’équipage eut le temps de s’imaginer tous les scénarios improbables qui avaient pu conduire ce frêle esquif si loin du continent et si près d’une côte aussi sauvage malgré les dangers innombrables.
    Une heure plus tard, les marins massés le long de la muraille, les yeux écarquillés, voyaient se ranger le long de leur flanc un canot non ponté, l’unique voile en lambeaux, dépourvu de rame, le mat à moitié brisé, avec à son bord un homme trempé, encore enveloppé dans une pèlerine bleue, de l’eau jusqu’aux genoux. Hissé à bord, l’homme paraissait en bonne santé malgré son visage creusé par la fatigue, et il ne quitta son « navire » qu’après avoir soigneusement récupéré une belle besace en cuir, un grand sac de voyage tout aussi trempé que lui, et un paquet long et mince, comme une lance emballée, qu’il manipulait très précautionneusement. Une fois sur le pont, l’étranger tenta de faire bonne figure mais on voyait ses jambes trembler d’épuisement. A la seconde même où l’on trancha l’amarre qui reliait le navire à l’épave de canot, cette dernière, comme enfin soulagée d’avoir accompli son devoir, sembla s’abandonner avec soulagement aux flots, et coula comme une pierre.
    Une fois enveloppé dans une grande couverture grossière et placé dans l’infirmerie du bord, un officier vint voir cet improbable naufragé, dont les cheveux collés par le sel et la barbe hirsute ne dissimulaient pas l’appartenance à la race elfique, lui tendit une boisson chaude et l’interrogea avec une curiosité mêlée d’incrédulité :



    « Quelle folie vous a mené sur cette barque au milieu de l’océan, elfe ? »


    « Folie vous dites ? » répondit ce dernier, souriant malgré ses joues creusées. « Il me semblait pourtant que c’était comme traverser un grand lac, avec plus de vent et de vagues. En revanche je crains que celui qui m’a vendu mon bâtiment n’ait quelque peu abusé de mon ignorance nautique, je prenais l’eau à peine au large. J’ai perdu ma voile hier, ce qui n’est pas un grand mal, j’avais bien de la peine à m’en servir. »


    « Vous voulez dire que vous avez pris le large sans aucune compétence nautique ? » demanda le marin ébahis par une telle imprudence qui confinait à la bêtise. Ses yeux en étaient ronds de surprise et d’agacement. A quoi bon sauver ces inconscients, qui finiraient bien par se tuer un jour ou l’autre ?


    « Aucune, répondit candidement son interlocuteur. Et j’aurais effectivement préféré m’en préoccuper avant mon départ. Mais Omërie ne pouvait attendre… »


    Il terminait à peine son mot que sa voix se perdait dans un marmonnement, sa tête tombant contre la poitrine d’un seul coup. On l’empêcha juste à temps de tomber sur le côté, et il fut allongé au plus vite sur la paillasse, où il demeura néanmoins très agité jusqu’à ce qu’on lui eut placé entre les mains le paquet allongé qu’il réclamait. A partir de cet instant il ne bougea plus, et dormit d’une seule masse, comme si rien ne pouvait le réveiller. Le médecin du bord conclut qu’il valait mieux le laisser faire, il avait été nourri et hydraté, autant qu’il dorme, cela n’était pas inquiétant.
    Vingt heures plus tard, le médecin n’en était plus si sûr. En vingt heures, l’elfe n’avait pas bougé d’un pouce. Sa barbe et ses cheveux avaient séché, on y voyait des croutes de sel, mais hormis cela rien n’avait changé. La seule chose différente était que le tissu recouvrant l’objet allongé qu’il serrait dans ses mains avait légèrement glissé, dévoilant un bout de cristal brillant près de la pointe, qui semblait irradier d’un faible éclat blanc. L’on n’osait pas le réveiller, puisqu’il allait bien, toutefois un tel sommeil si profond restait assez surprenant. Mais cela ne serait bientôt plus leur préoccupation, puisque la terre approchait à nouveau, et que s’il avait désiré voir Omërie, ce naufragé elfique allait être servi. Dans le remous des lames qui se fracassaient contre la côte, le grand vaisseau jeta l’ancre une fois de plus devant cette plage où campait toujours l’équipage débarqué, prêt à s’engager dans les profondeurs de la forêt. Et malgré la tempête, malgré le sifflement du vent dans les haubans, malgré le rugissement de l’ancre dans l’écubier, malgré le raffut de l’équipage à la manœuvre, malgré les cris et les coups de sifflet, dans les profondeurs de l’infirmerie, le naufragé dormait toujours. Seul dans sa main, le cristal scintillait de plus belle…
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Dante McAllister
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Dim 23 Mar 2014 - 5:05

Se levant au-dessus de la masse compacte et noire des arbres, surplombant les épais feuillages ondoyants, la lune argentait le visage du vampire. Immobile, les bras écartés et les lèvres scellées, Dante McAllister gisait sur le sol. Le mercenaire frissonna, les membres transis d'un froid surnaturel qui le tira de sa torpeur. Des formes évanescentes, monstrueuses se mouvaient dans les ténèbres. A travers l'obscurité, le vent glacé rugissait et mutilait les chairs du vampire dont la silhouette écarlate bardée d'acier luisait faiblement dans le néant. Hagard, esseulé, le mercenaire cherchait à comprendre la situation. Comment diable avait-il atterri dans la jungle alors qu'il se trouvait plus tôt à bord du navire de Jayne ? Dans son crâne battaient les tambours de la migraine, son esprit était en proie à une douleur lancinante chaque fois qu'il tentait de se remémorer les événements précédant cette situation. Tandis qu'il torturait sa mémoire, ses sens alertes le prévinrent d'un danger imminent. D'un seul bond, le vampire se tassa contre un arbre à la manière d'une panthère agile, une main sur le pommeau de sa large épée et une autre sur son torse, prête à saisir une dague. Ses prunelles céruléennes parcouraient l'obscurité mais ne parvenaient pas à distinguer les formes ni les couleurs. Cette pénombre était d'origine magique. Tout autre que le mercenaire se serait senti oppressé dans cette immense jungle, un véritable colosse d'ébène aux membres sombres qui enserrait le Loup Blanc. Dissimulé dans les ténèbres, le prédateur attendait patiemment, à l'affût du moindre mouvement dans les menaçants feuillages. Il se détendit à la vue d'une myriade de points lumineux qui semblaient marcher sur l'air. De frêles créatures à l'apparence féminine, infiniment plus petites que des femmes, aux ailes semblables à des lucioles, s'approchèrent de Dante McAllister. Instinctivement, le mercenaire tendit l'une de ses mains dans la direction du nuage iridescent. Les fées reculèrent nerveusement à l'exception d'une seule qui s'avança sans crainte vers la main tendue. Elle se logea au creux de sa paume, plus légère qu'une plume. Le mercenaire fut frappé par la beauté divine de cette créature, les détails saisissants de ce visage minuscule dont les traits rappelaient ceux des hommes en étant trop parfaits pour être les leurs. Sa chevelure flamboyante, aussi rouge et brillante qu'un rubis, coiffée d'une pétale de rose blanche, recouvrait son dos. Vêtue d'une simple tunique ivoirine, serrée à la taille par une tige de pissenlit, elle avait l'apparence d'une déesse.


- Nous serons tes guides à travers la jungle, Dante de Mallet.

Dante McAllister grinça des dents. Le malletois n'appréciait pas que ces chimères du passé refassent surface. Ses iris s'étrécirent, réduits à deux fentes où de sinistres flammes bleutées dansaient. Le pouvoir des rois, Dominus, celui de soumettre quiconque à son autorité sous le joug de la terreur, se manifesta. Pourtant la fée ne sembla pas importunée par la force terrible qui se déversait à travers tous les pores de sa peau. Alors que le mercenaire s'apprêtait à la questionner, elle répondit d'une voix cristalline :

- Nous te guiderons vers ce que tu as de plus précieux au monde. Pouvons-nous nous mettre en route ?

Décontenancé par ses propos, le vampire se figea. Son cœur s'apaisa et Dominus cessa de se propager. Les bras le long du corps en signe de paix, sa tignasse laiteuse se balança lorsqu'il acquiesça. Les femmes aux ailes irisées pénétrèrent dans la jungle, éclairant de leur pureté le chemin. Dante les suivit en silence, son cœur battait si fort que sa poitrine manquait de rompre. Ce que j'ai de plus précieux au monde ? … s'interrogeait-il, soucieux et curieux à la fois. Les couleurs chatoyantes qui se dégageaient des fines membranes virevoltantes des fées ainsi que la poussière d'or scintillant dans leur sillage le tranquillisèrent. Les bras noirs de la jungle s'écartèrent pour déboucher sur une clairière radieuse au centre de laquelle un char imposant, tiré par d'extraordinaire montures, se dressait fièrement sur l'herbe grasse. Le mercenaire aperçut une silhouette fine tenant les rênes, celle d'une femme sans aucun doute. Le lourd fracas des roues et le puissant renâclement des furieux destriers formèrent une symphonie épique. Le char s'arrêta en face de Dante. Le souffle terrible de l'aquilon fit frémir le vampire, ses cheveux d'albâtre virevoltaient au gré du vent. Ce fut le souffle du barbare qui s'interrompit tandis que le voile qui dissimulait le visage de la femme se souleva. Ses yeux se révulsèrent, injectés de sang et ses muscles se raidirent comme s'il venait d'être frappé par la foudre. De ses lèvres frémissantes s'échappa un murmure indistinct :

- Impossible …

Debout sur le chariot massif, une femme se tenait, le port altier et parée de soieries. Son ondoyante masse de cheveux blonds, comme s'ils furent tissés dans un alliage d'or et d'argent aux reflets scintillants, était ornée d'un diadème rayonnant. Sa silhouette svelte, sa peau brunie par le soleil, son parfum de jasmin électrifièrent l'esprit de Dante. Cette femme aux lèvres charnue et aux pommettes hautes le regardait d'un air de tendresse amusée. Il tendit la main vers ses cheveux blonds, comme pour se saisir d'un fantôme, d'une illusion mais le vampire se ravisa. Totalement désemparé le mercenaire esquissa un mouvement de recul, prêt à se lancer dans une course effrénée à travers la jungle, préférant être englouti à jamais par le Néant plutôt que de subir l'ultime supplice.

- Vas-tu fuir une fois de plus, mon aimé ?

La voix était chaude, suave et rassurante. La sueur s'arrêta sur la nuque crispé de Dante. D'un bond rapide, il parcourut la courte distance les séparant et la rejoignit sur le char. Il la serra dans ses bras, les larmes coulèrent sur son visage tandis que ses doigts pressaient une chair bien vivante. Sa voix, étranglée par des sanglots retenus, se fit chevrotante :

- Nul part … je n'irai nul part. C'est une promesse.

La jeune femme s'écarta de l'étreinte de son époux. Ses yeux couleur émeraude recelaient une tristesse infinie. Face à tant d'affliction, Dante quitta pour la première fois en plusieurs décennies son masque inhumain. Ses doigts parcouraient le visage émaciée de son amante, il ne parvint pas à retenir ses sanglots en imaginant ce qu'elle avait subit dans le royaume des morts. Les légendes des barbares de Mallet concernant l'au-delà n'étaient pas joyeuses. Si la vie ici bas n'était faîte que de vaines souffrances éphémères, le royaume des morts, Annwvyn était un lieu où seuls les illustres guerriers et leur famille pouvaient exister en paix. Les traîtres et les lâches menaient une existence sordide, condamnés à errer ou à servir de pâture spirituelles au dieux qui se nourrissaient de la faiblesse des hommes. Dante craignait pour son âme, il avait fui face aux Titans, incapables de leur résister, il s'était incliné. Si son âme venait à être réclamée par ses dieux, ils s'en repaîtraient allègrement et l'opprobre serait jetée sur sa femme et son enfant. Rites païens, superstitions barbares et croyances archaïques rythmées coulaient dans les veines du malletois qui n'aspirait qu'à une mort honorable pour racheter ses erreurs.

- Ne fais pas de promesses que tu ne peux tenir, humain.

Le vampire retint un cri de stupeur lorsque l'épouse qu'il croyait tenir entre ses bras s'était liquéfié en une mare de serpents iridescents. Il se jeta à terre, roula et décrocha d'un même mouvement l'imposante épée qui ornait son dos massif. Son visage se déforma sous les émotions qui le traversaient. Incompréhension, crainte, colère se succédèrent sur les traits durs de Dante qui contemplait la créature dont la voix spectrale avait surgi du néant. Sur le chariot se tenait une masse d'acier noir, répugnante et terrifiante. Aucune tête ne venait compléter cette silhouette métallique. Dante articula difficilement ses mots :

- Gan Ceann …

Gan Ceann ou encore Dullahan, une créature d'un folklore oublié. Faucheuse sans tête, on raconte qu'elle réclame les morts et que nul ne peut barrer sa route. Un rire strident, composée d'une multitude de voix, s'échappa de la fantastique horreur qui semblait tenir quelque chose dans ses mains gantées. Un sourire mauvais, sans joie aucune, se dessina sur les lèvres du vampire. Ce que Gan Ceann tenait entre ses doigts fantomatiques, c'était son épouse. L'apparence taciturne, froide et amer de Dante se rompit. Le vernis de civilisation, de mystère, dont il s'entourait vola en éclat. Il poussa le ululement séculaire de ses ancêtres guerriers et chargea sans une once d'hésitation. Mortels, immortels, humains ou dieux, Dante McAllister passerait l'humanité entière au fil de son épée si sa bien-aimé pouvait lui être rendue. Il chargea, des heures durant il chargea. Chacun de ses pas était parfaitement coordonnés, ses muscles raidis par  l'effort étaient couverts par des veines prêtes à craquer. L'acier noirs aux reflets rouges de sa lame étincela au contact de l'armure surnaturelle. Il sentit sa lame mordre l'acier sans parvenir à le déchiqueter. Un rire strident s'éleva encore tandis que le mercenaire s'acharnait à briser ce chevalier sans tête. D'un bond, il tenta d'attraper son épouse mais fut rapidement jeté à terre par un bras à la force surhumaine. Le vampire mordit la poussière en un éclair. La créature aux voix changeantes le toisa un instant puis poursuivit :

- Tu es un paria doublé d'un lâche et d'un traître. Tueur de femmes. Assassin. Barbare. Parricide ajouta le Dullahan avec une voix féminine très sèche. Tu ne mérites pas de connaître le repos. Tu es banni du royaume des morts. Tu continueras à te maudire car jamais tu ne la rejoindras

Un rire strident fit rugir les oreilles du mercenaire. Il serrait les gencives à s'en faire saigner les dents, ses doigts craquèrent autour du pommeau de son arme. Les flammes de la destruction couvaient dans ses yeux délirant. Il devait terrasser cette créature mythique et il allait le faire. Des paroles vindicatives s'échappèrent de ses lèvres pâles :

- Je trancherai tout ce qui se trouvera sur ma route vers elle. Tu peux bien être immortel, je te dépècerai autant de fois qu'il le faudra dit-il, les bras tremblants de rage. Tu m'entends ? Je vais te dépecer !

Il se rua une nouvelle fois vers son adversaire surnaturel. Un battement de cœur, ce fut suffisant pour que le terrible chariot des enfers s'envole dans un ciel déchiré par les phénomènes météorologiques improbables. Des éclairs zébraient le ciel bleu couvert de nuages obsidienne. Le mercenaire jeta son épée au sol et posa les genoux à terre. Sa blanche chevelure sous ses doigts, il se mit à sangloter sans parvenir à se maîtriser. Il leva les yeux vers les cieux, des prunelles remplies d'une haine infinie, d'une ire démentielle. Un cri perça le silence, un cri qui n'avait rien d'humain. Le hurlement d'un démon :

- Gwenhwyfar !

Son rugissement désespéré fut entendu et récompensé. Dans une gerbe lumineuse, un objet flottait, scintillant comme mille gemmes précieuses. Un collier orné d'une pierre rouge de la taille d'un poing. Ce bijou dont elle se paraît souvent, un cadeau de famille. Le mercenaire saisi le bijou et le serra au creux de sa paume comme pour en vérifier l'authenticité. Il ferma instinctivement les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, la tempête était terminée, tout était en ordre dans la partie qu'il avait investi sur le navire. Tout cela n'était qu'un rêve maugréa-t-il, abasourdi par cette hallucination. Il ouvrit alors son poing serré pour y découvrir le collier, toujours aussi réel. Son cœur cessa de battre la mesure. Une larme perla de sa joue tandis qu'il murmurait :

- Je t'arracherai des entrailles de la terre Gwenhwyfar … je trancherai tous les obstacles, je te tirerai hors d'Annwvyn …

Il inspecta brièvement son matériel, tout avait l'air d'être en ordre. Sa large claymore lui barrait le dos, ses dagues de lancer étaient disposées sur une lanière de cuir autour de son torse, son poignard d'argent logeait sur sa cuisse et ses stylets reposaient dans les tiges de ses bottes. Le mercenaire à la chevelure d'albâtre soupira, ce voyages s'annonçait plus palpitant et risqué que prévu. Il passa le bijou autour de sa nuque de taureau et choisi de le glisser sous sa chemise.

Il se dirigea vers le pont et quitta le navire discrètement, rejoignant ceux qui avait déjà mis pied sur la terre ferme. La lune était haute dans le ciel et les étoiles scintillaient au-dessus du feu de camp. L'heure était à la mise en place de tour de garde, l’ouïe du vampire était aussi fine que celle d'un lévrier. Il préféra ne rien dire, s'il n'allait pas au devant des responsabilités, elles finiraient bien par le rattraper. Dante s'installa en retrait de ses compagnons, légèrement à l'écart sans s'exclure de la chaleur que prodiguait le feu à ses membres glacés. Il leva les yeux afin de contempler les montagnes, noyées dans l'ombre, sauvages et dentelées, infranchissables. L'atmosphère étaient fraîche. Le camp silencieux. Le chant des oiseaux nocturnes rythmaient les conversations à voix basses. Le vampire décida de profiter de l'instant présent, il sentait que bientôt il n'en connaîtrait plus de tel.  Le feu bruissait, crachotait et crépitait en léchant les branches de bois. Une fumée sentant le pin vint chatouiller ses narines. Dante jouait avec un couteau de lancer, imperturbable et implacable. Sa mine froide ne semblait pas s'attendrir malgré l'ambiance conviviale. Le Loup blanc ruminait son passé et ses erreurs, redoutait son avenir incertain et maudissait ce présent exécrable. Pourtant, sans jamais l'avouer, il ne regretta pas une seule fois de s'être engagé dans cette aventure.

Il observa les deux femmes s'endormir. Son regard se fit plus doux, également envieux. Les vampires ne connaissaient pas la fatigue, échapper au sommeil de jour les amenait aux portes de la folie et non à une simple diminution des facultés de leur corps. Le mercenaire se souvint de tout ces plats qu'il ne pouvait manger, ces boissons dont il a oublié la saveur, cette chaleur qui l'avait quitté un jour. La glace revint dans ses yeux. Une comète traversa le ciel, fer de lance argenté parmi les astres. Dante observait le phénomène sans conviction, l'âme plus gelée que ne l'était ses doigts, un esprit mort. Son seul regard donnait des frissons. Son refus silencieux de hurler, de se livrer au massacre et au pillage pour apaiser sa passion intérieur, en faisait un martyr particulièrement macabre. Pourtant, quelqu'un aurait à faire le tour de garde avec ce plaisant compagnon.

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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Mer 9 Juil 2014 - 3:20


- Où sont Diel et Neïkaïr ? Allez me les chercher IMMEDIATEMENT !

L'ordre raisonna dans l'ampleur de la tempête. Puis, comme porté par le tourbillon du vent, il claqua contre le bois du navire, s'engouffra dans la cale, rejoignit l'une des cabines. Neïkaïr ouvrit les yeux. Cet ordre, elle ne l'avait pas entendu, elle l'avait senti. Le bateau tangua. Le jeune vampire, secouée par une énième secousse –dont elle n'avait pas senti les précédentes– , tomba de sa couche et eu, au dénier instant, le réflexe inhumain de fléchir les genoux. Elle se retrouva accroupie dans sa chambre, s'appuya contre le mur pour se relever alors que la houle impétueuse refoulait une nouvelle fois sa colère contre la coque de la Dernière Étoile. Neïkaïr enfila tant bien que mal ses éternels vêtements de cuir noir. Comment avait-elle pu ignorer pareille force ? Par quelle audace était-elle restée endormie au moment où les premières vagues s'étaient mises à se déchaîner ? *Nom d'un... Bordel !* pesta-t-elle en son for intérieur. La jeune femme ouvrit sa porte et entreprit de regagner le pont. Le sol du couloir qui séparait sa petite cabine de l'escalier était recouvert d'eau, eau qui avait du s'infiltrer suite aux nombreuses attaques de l'océan. En chemin, Neïkaïr croisa l'un des moussaillons de l'équipage qui courait, haletant, vers elle, mouillé jusqu'à l'os, et qui patina maladroitement en tentant de freiner.

- Le Capitaine vous veut sur le pont mainten...

- La ferme !

Neïkaïr n'écoutait pas, ne voulait pas entendre. Elle glissa habilement jusqu'aux premières marches. Un frisson lui parcourut l'échine lorsqu'elle découvrit l'étendu des dégâts de l'autre côté de la trappe. Des vagues hautes comme trois hommes s'abattaient avec frénésie sur le pont, emportant dans l'antre de la mer caisses et cargaisons, une pluie diluvienne empêchait à quiconque de voir plus loin que le bout de son nez, même le vampire du plisser les yeux pour tenter d'apercevoir Jayne ou même Diel. Elle distingua la silhouette de son Capitaine près du mât. D'une course cadencée, le vampire rejoignit l'humaine. En à peine quelques minutes, les vêtements et les cheveux de Neïkaïr, plaqués sur son visage, furent trempés. Les flots déferlant sur son passage ralentirent nettement ses pas et elle ne parvint à atteindre Jayne qu'au seul prix de l'effort. La jeune femme attendit les ordres de son capitaine, comme tout bon Second qui se respecte. Un nouveau rôle qu'elle avait appris à apprécier, au rythme des balades effrénées sur les eaux que lui conférait son appartenance à l'équipage. Certes, la liberté de ses jeunes années s'était envolée, et avec celle ci une partie d'elle-même, mais ce n'était rien comparé à la douce et chaleureuse idée d’appartenir à quelque chose. D'avoir une famille, ou quelqu'un sur qui compter. Et en réalité, non, cette liberté elle ne l'avait pas entièrement perdu : elle était pirate. La mer la guiderait sur les chemins sinueux de ses idéaux.

Les ordres fusèrent. Comme à son habitude, Jayne dirigea ses troupes d'une main de fer. Neïkaïr avait fini par assimiler cette voix qui n'admettait aucuns compromis et avait même fini par apprécier ses caprices passagers, comme ses problèmes de bouteille que le vampire regardait désormais avec détachement. Elle savait Jayne digne de confiance et elle était fière que son capitaine lui ait accordé la sienne. A ce qu'elle avait compris, peu étaient ceux sur qui Jayne Caldin comptait. Neïkaïr regarda ses coéquipiers partirent à la hâte, pour répondre à leur tâche. Elle n'avait que très peu côtoyé les ''invités'' menés par cette fameuse Lolia Ambraleya, qui s'était mise en tête de rejoindre Omërie pour elle ne savait plus exactement quelles raisons. Neïkaïr était restée indifférente à l'appel de l'aventure et à celui des richesses qui les attendaient sûrement sur l'île. Elle s'était simplement contenté de dire à Jayne, quand celle ci lui avait annoncé leur destination et le pourquoi du comment : « Là où la Dernière Étoile ira, j'irai ». Puis elle s'était tût, enfermée la plupart du temps dans sa cabine, ne sortant que la nuit, pendant que les autres dormaient, pour superviser le maniement du navire durant tout le voyage. Jusqu'à ce soir et à l'irruption de ce terrible orage.

Neïkaïr suivit son Capitaine sur les planches. Elle aida les matelots du mieux qu'elle le put, mettant au service d'autrui la force que lui conférait le statut de sa race  : elle borda les cordes, affala la voile, soutint les marins qui perdaient leur équilibre et s'agrippait au bastingage lorsqu'elle même sentait ses jambes flageoler. Elle hurlait des paroles d'encouragement à ses comparses « Bon sang, est-ce que vous allez laisser cette saleté de mère nature reprendre ses droits sur vous ?! », « Allez du nerfs ! ». Au bout d'une bonne journée d'acharnement, la Dernière Étoile vint enfin à bout de l'orage. Le ciel maintenant dégagé, Neïkaïr ne pouvait rester à l'extérieur. Elle abandonna le reste de l'équipage et retourna à sa cabine, en attendant le soir et les terres proches.

Lorsque le navire eut accosté et que le soleil eut finit sa course dans le firmament, le vampire put rejoindre les autres sur la plage. Avant de sortir, elle se couvrit d'un manteau attaché à son coup d'un fin lacet et s'empara de ses armes : son inconditionnelle arbalète à la taille, un poignard accroché à sa cuisse droite, et une fine épée calée entre ses omoplates. L'endroit où le camp venait d'être dressé était inconnu aux yeux de Neïkaïr, preuve qu'ils venaient de jeter l'ancre sur une partie de l'île que l'équipage n'avait pas encore visité. A peine eut-elle fouler le bivouac que Jayne l'envoya, elle et une partie de son équipe de nuit, sillonner le terrain aux alentours.

- Vous avez entendus le patron ? Alors on y va !, dicta Neïkaïr, en accompagnant ses paroles d'un geste désignant les environs.

Le vampire se faufila aux travers les quelques buissons éparses plantés ici comme un cheveux sur la soupe. La troupe se divisa, Neïkaïr continua droit devant elle, les sens aux aguets. Elle se déplaçait à travers les arbres naissants et les pierres avec la furtivité d'un chat. Dans la nuit noire, elle ne repéra rien d'alarmant, seulement des traces de gibiers, qui leur permettraient de se nourrir au cas où ils manqueraient de provisions, ce qui eu pour effet de la rassurer. Aucun signe de prédateurs ou de quelque créature. Du moins pour l'instant. La jeune femme agrippa une branche basse, décidé à prendre de la hauteur pour être sûre de ses dires, et crocheta une prise en plongeant ses doigts fins dans un interstice du tronc. Du haut de l'arbre, Neïkaïr analysa les recoins du panorama que lui offrait sa vision. Rien à part une étendue désertique de montagnes, d'arbres, tellement touffus qu'il était impossible de dire ce qu'il s'y cachait réellement. Derrière elle se reflétait l'eau sombre de l'océan. Le mât du navire lui apparut également, aussi grand qu'il semblait chuchoter à la Lune et tutoyer les étoiles. La fumée du feu allumé au camp troubla sa vision d'un opaque filet. Il était temps de rejoindre les autres.

La plupart des voyageurs dormaient, d'autres se risquaient encore à relater sur les derniers événements du voyage. Elle aperçut, à l'écart des autres, Jayne et l'elfe Lolia et fit un signe de tête à son Capitaine pour l'aviser du calme apparent qui régnait sur le littoral. Mais, mieux valait rester sur ses gardes. Neïkaïr huma discrètement l'air. La jeune femme n'avait pas pris le temps de détailler la petite troupe qui s'était joint à l'équipage. Les effluves de chaque race parvinrent à ses narines et s'entrechoquèrent un moment avant que le vampire n'arrive à les discerner toutes. Elle reconnut parmi elle l'odeur délicate des elfes, celle chevaline d'un centaure, l'autre rocailleuse d'un nain, l'une nauséabonde d'un lycan. Elle eut la surprise, loin d'être désagréable, de déceler la présence d'un être de sa race. Une équipe pour le moins hétéroclite, remarqua-t-elle avec un sourire. La jeune femme s'assit en tailleur, non loin de son Capitaine, au cas où, et ferma les yeux. Elle savait très bien que le sommeil ne viendrait pas, c'était juste une façon pour elle de remettre les choses en place, de mieux réfléchir. Sa respiration se fit plus régulière. On aurait pu la croire couper du monde, à méditer ainsi. Pourtant ses facultés ne fléchirent pas. Rien ne saurait passer inaperçu.
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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Sam 6 Sep 2014 - 12:37

Etape 2 / partie 1
Les montagnes / Tours de garde



Lolia remarqua quelques visages gêné mais ne s'en offusqua pas. Tout le monde devait être épuisé après une telle épreuve et chacun méritait le repos. Elle savait que les vampires n’avaient pas réellement besoin de repos. Néanmoins Dante avait disparu, probablement besoin d’un peu de solitude, et les vampires de l’équipage avaient été envoyé en exploration dans la jungle. Il est vrai que, si les elfes voient très bien dans le noir, c’est plutôt à l’image d’un chat, alors que les vampires n’ont besoin d’aucune source de lumière. Ils font donc d’excellents éclaireurs.

- Je veux bien faire ce tour de garde avec toi ma chère Lolia. Après tout, plus on est de folles et plus on rit.

Lolia lui sourit. Elle aimait ce caractère « rentre dedans » qu’avait la pirate, et cela malgré la réticence qu’elle pouvait sentir à son égard.
L’équipage de Jayne était d’une grande efficacité ; le campement était presque entièrement monté et chacun vaquait déjà à diverses tâches ou occupations. L’allumage d’un feu avait été formellement proscrit tant  que les réels dangers de l’endroit n’étaient pas connus. Les affaires personnelles de chacun attendraient le lendemain pour être séchées. Lolia était de toute façon bien consciente qu’il leur faudrait une journée de plus avant de pouvoir se mettre en route. D’abord, il faudrait inspecter le bateau et en réparer les plus gros dégâts, il faudrait également faire l’inventaire des vivres et du matériel, l’organisation et la répartition des tâches pour le trajet ainsi que l’élaboration d’un nouvel itinéraire. Sans compter que toute l’équipe avait intérêt a être plus que bien reposée avant d’affronter tout ce qui les attendait une fois la limite de la plage franchie.
Mais pour le moment, alors que certains plongeaient déjà dans le sommeil, d’autre profitait d’un frugal repas. Lolia se dirigea vers la cargaison qui avait été partiellement extirpée du bateau et y trouva sa besace encore intacte. Elle se souvenait d’y avoir glissé deux pommes. Celles-ci devaient être un peu amochés par les secousses de la tempête mais ça suffirait au retour de quelque énergie avant de pouvoir se plonger dans la méditation des elfes dans quelques heures.

Elle rejoint alors Jayne un peu à l’écart du campement et s’assit à ses côtés. Elle aperçut alors Kiaya qui lui faisait signe de la main.

- Je prendrais le second tour de garde, réveillez-moi quand vous aurez besoin.

Lolia lui fit un signe de la tête et se concentra dans son travail de veilleuse. Du moins tourna-t-elle le regard vers le firmament pendant un instant. La nuit les avait maintenant rattrapé. Mais il s’agissait cette fois d’une nuit claire et sans une once de nuage à l’horizon.
Jayne murmura alors :

- Tu apprendras, ma petite, que rien n’est sûr ici et que cette île n’attend qu’une chose, c’est de te tuer. Alors un conseil, évite de te fier aux apparences.

Lolia tourna ses yeux vers le campement et répondit d’une voix calme :

- Tu crois que je ne le sais pas ? Je ne me suis pas lancé dans cette aventure sur un coup de tête sans prendre le moindre renseignement. Je muris ça depuis longtemps et j’ai rencontré nombre de personne ayant vu l’île. J’y suis moi-même déjà venu, pendant le temps du Grand Blizzard. Certes c’était bien différent à l’époque mais j’ai perçu l’hostilité de l’endroit. Mais je pense que l’équipage à bien le droit à une nuit de plus avant d’avoir à affronter les dangers que recèle cet endroit.  Ils sont tous capables.

Lolia laissa passer un moment de silence avant de reprendre d’une voix encore plus basse histoire que personne d’autre que Jayne ne puisse entendre :

- Je ne m’attendais pas à débarquer dans les montagnes et je ne connais rien d’elles, je dois bien l’avouer.

Lolia ne redoutait pas tant les combats physiques qu’elle savait chacun capable de gérer mais plutôt les combats morals et tortueux qu’elle sentait vibrer sur l’île. La route serait longue et les plus grands dangers invisibles, elle en était certaine. La sensation de noirceur qu’elle avait ressenti sur le bateau avant la tempête et la hargne qui s’emparait d’elle depuis quelques temps la faisait trembler. Serait-elle elle-même capable de résister à ses plus sombres recoins ?

Après cet échange, le silence tomba peu à peu. Tout le monde dormait à présent et les vampires de l’équipage était revenus. Lolia restait aux aguets mais peu à peu, les heures passant, son attention baissa. Elle se tourna alors vers Jayne qui semblait toujours aussi éveillée. Néanmoins, Lolia ne doutait pas de la fatigue intérieure qu’elle devait ressentir.

- Je crois qu’il est temps d’en réveiller deux autres.

Lolia se redressa en s’étirant et se dirigea vers Kiaya. Elle s’accroupit à ses côtés et lui secoua doucement l’épaule. La naine ouvrit les yeux et se redressa sans que l’elfe n’ait rien à dire. Elle se dirigea ensuite vers Dertar qui ouvrit immédiatement les yeux. Elle avait vu ces deux-là discuter durant la traversée et elle ne doutait pas que l'entente se fasse.

- Il faudrait que tu prennes ton tour de garde avec Kiaya. Vous pourrez réveiller Laurianna et Dante pour le prochain tour. Si il n'est pas encore revenu, je te laisse le bon soin de choisir.

Lolia lui sourit et s’éloigna de quelques pas. Elle s’assit dans le sable frais et rendu blanchâtre par la clarté des étoiles et de la lune. Elle s’étira et s’installer dans la position de médiation courante, prête à enfin se reposer. Mais quelques chose de sombre lui rongeait le cœur et lui fallut de longues minutes pour enfin fermer les yeux.


Ordre de passage
Dertar Emérisque
Kiaya Grundazan
Jayne Caldin
Laurianna Machy
Jeremiah l'Hirondelle
Dante McAllister
Neïkaïr Traëlonwë



[Hors Rp : Je suis sincèrement désolée pour ce temps de réponse, après ces 9 mois d'absence, j'ai eu plus de mal que je ne pensais à me remettre dans le bain. Mais maintenant je suis là et je ne vous ferais plus attendre comme ça.
Pour les tours de garde, je les ai fais dans l'ordre de passage afin que chacun puisse raconter son expérience tranquillement sans que ce soit le bazar ou qu'il y ai besoin de passer plusieurs tours dessus.
Si quelque chose ne va pas, dite le :) On va quand même essayer de booster un peu ce rp.]

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MessageSujet: Re: La relique oubliée [Event]   Sam 20 Sep 2014 - 4:11


Les heures passèrent sans que le Tonnerre assoupi ne trouve le sommeil. Comme s’il était trop épuisé pour s’endormir. Même quand les chuchotements des voyageurs se turent. Même quand le hululement des oiseaux nocturnes lui évoquèrent les forêts du grand continent. Surtout quand les ronflements et les respirations régulières remplacèrent les murmures. Il se sentait encore ballotté par les vagues, une impression de déséquilibre alors qu’il était bien droit sur ses quatre pattes. Lorsque le quadrupède ouvrait un œil, percevant des picotements lui conseillant de le refermer et tenter en vain de s’endormir, il pouvait admirer quelques instants les étoiles qui s’étendaient jusqu’à l’horizon du côté de l’océan et jusqu’à la cime des arbres et des montagnes du côté de la jungle. L’obscurité, à peine altérée par la lueur du feu, permettait même d’observer la trainée blanchâtre que laissait paraître, dans la voûte céleste, la concentration d’étoiles de la spirale qui formait leur galaxie. Mais ça, qui aurait pu le dire en ce temps et en ces lieux?

Lorsqu’il ouvrait l’œil, le centaure pouvait également veiller sur son amie et la capitaine assises côte à côte à l’autre bout du campement. Elles avaient échangé quelques mots, mais avaient gardé le silence la majeure partie de leur tour de garde.

Dertar pouvait voir tout cela, mais ce n’était ni le ciel ni son amie qui le préoccupaient à présent. C’était plutôt de voir l’hémophage près du feu et jouant avec un couteau de lancer. De quoi allait-il se nourrir pendant tout le voyage? Il lui semblait le plus hostile du groupe. Était-ce la conscience du centaure qui s’était exprimée plus tôt, juste avant qu’il soit malade et que la température s’envenime? Quel était ce sentiment qui l’avait immergé au point de l’aveugler et le couper du monde extérieur? La peur. Si la peur était de se sentir insignifiant face à autrui. Si la peur était la crainte de ne plus avoir la chance de vivre une seule belle journée. Si elle était le vide, l’obscurité, le froid. Si elle dévorait l’intérieur pour se retrouver seule dictatrice des actions de son hôte. Alors, oui. C’était bien la peur qui l’avait envahi. Il avait honte de ce sentiment, comme un prédateur au corps de proie peut nier la part de lui-même qui se veut victime, bien que celle-ci soit aussi flagrante que 500 kilos d’os, de chair et de muscles. Elle venait chatouiller les entrailles, accélérer le souffle et les battements de cœur. La peur sentait la sueur et le dioxyde de carbone. Elle venait réveiller les gènes ancestraux que l’on croyait endormis depuis longtemps. Les mêmes gènes que le semblant de primate qui les avait engendré, les mêmes que ce quadrupède qui avait un jour tenté sa vie hors de l’eau pour pallier à la compétition de l’océan et les mêmes que cet organisme unicellulaire qui errait dans un monde aujourd’hui invisible aux yeux des êtres pluricellulaires. Ce désir encré de vivre pour que continue ce cycle, cette programmation qui expliquait leur survie.

À bien y penser, oui, il craignait cet homme que la mort n’avait pas arrêté. Si ses gènes lui criaient de fuir en sa présence lorsqu’il croisait le regard glacé du prédateur, ils devaient avoir raison, puisqu’ils l’avaient mené jusque là. Et en cette nuit fraîche, ils lui chuchotaient que ce colosse pourrait bien le mener à sa perte, nuire à sa survie, à ses gènes, le dévorer complètement en commençant par ses viscères dont la décomposition était déjà entamée par l’angoisse. La peur n’était peut-être plus aussi présente que lorsqu’il avait croisé le vampire sur le pont du navire, mais elle l’avait traversé aussi sûrement qu’ils avaient traversé les flots. Et ce n’était pas sans dégâts. Il subsistait un souvenir nébuleux de crainte, de peur ou d’effroi, un goût amer.

Des pas s’approchèrent du quadrupède, accompagnés d’un parfum délicat qu’il connaissait bien. Incapable d’établir s’il s’était finalement endormi ou non tant son sommeil devait être léger et son éveil facile. De toute façon, il ne dormait jamais d’un sommeil profond depuis qu’il vivait seul. L’avantage de vivre dans un clan est que peu osent l’attaquer, même pendant la nuit, et que des veilleurs peuvent se partager des tours de garde sans avoir à passer une nuit blanche... Comme dans un groupe d’aventuriers… sauf pour ce qui est de la confiance envers les autres.

Lolia indiqua à l’équidé que c’était à son tour de veiller et qu’il pourrait réveiller deux autres aventuriers. Il mit un temps pour se rappeler qui était Neïkaïr, mais pour Dante, il n’avait certainement pas oublié son nom. Il hocha simplement la tête en guise de réponse et regarda l’elfe s’éloigner. En la revoyant assise ainsi, en tailleur, le tableau de leur première rencontre s’insinua dans son esprit. Le levé du soleil, le grand lac de l’Aube, les reflets du ciel sur l’eau… et Lolia. Cette image, il l’avait déjà visualisé mille fois depuis. Il l’avait retournée dans tous les sens, peut-être pour voir si elle finirait par le rendre malade, peut-être pour ne jamais laisser l’occasion à sa mémoire d’en oublier, ne serait-ce qu’un détail. Au cas où cette image ne puisse se répéter que dans sa mémoire.

Après ces quelques instants où il pouvait apprécier un souvenir immuable, il se dirigea vers le feu pour y ajouter une bûche avant de rejoindre Kiaya. Il s’interdit tout coup d’œil dans la direction du vampire, peu importe où il était rendu. Il se coucha auprès de la petite femme, mais son corps humanoïde resta bien droit. Sa taille le mettait souvent mal à l’aise avec les autres races, surtout avec celle des nains. Comment éviter d’attirer l’attention quand on fait presque le double de la taille de l’autre? Sans parler du poids. Ils s’étaient installés pour avoir une vue et une ouïe d’ensemble. Du groupe et de la jungle. Les premières minutes de leur tour de garde fut des plus silencieux, mais ce n’était pas un problème pour le centaure. Le silence était presque devenu son allié. Ils étaient là à surveiller l’arrivée potentielle d’ennemis, de danger, alors que l’ennemi, le danger, était juste là, parmi eux. Mais pas comme lui avait été le danger de son propre clan. Non. Le colosse hémophage était comme le loup camouflé dans les broussailles. Attendant le moment idéal pour bondir et couper d’un seul coup de croc l’artère du cou du plus faible. Cette pensée n’était-elle pas un peu exagérée? Le Tonnerre assoupi voulait seulement justifier sa réaction plus tôt sur le navire. Selon lui, il devait tenir à l’œil le vampire, mais sans le regarder. Comme un cerf ayant repéré un prédateur, mais évitant de regarder dans sa direction afin de tromper l’ennemi et se laisser un moment de répits. Remettre ses idées en ordre pour trouver une échappatoire. Lui laisser croire qu’on est toujours la petite proie naïve et ignorante alors qu’on prépare l’évasion du siècle. Il ne voulait pas donner une raison au vampire de dégainer son claymore et le charger, ou Lolia, ou encore Kiaya. Plus la nuit avançait, plus il était difficile de s’interdire un simple coup d’œil qui pourrait lui faire savoir si le prédateur l’observait également ou si tout n’était que dans sa tête.

Bien qu’il commençait à l’apprécier, Dertar était un peu mal à l’aise face à Kiaya. Ce qui s’était passé sur le navire plus tôt était toujours flou et il se demandait inlassablement pourquoi le vampire à la silhouette colossale lui avait rappelé tout ce qui l’effrayait. Mais surtout, il avait honte que la jeune guerrière ait pu voir cette réaction inexpliquée… à moins qu’il lui fasse comprendre que tout était relié à son mal de l’océan, ce qui était selon lui moins dégradant que la peur. Il chuchota pour ne pas réveiller les autres de sa voix normalement hésitante :


-Si nous pouvions éviter… la mer…. pour le retour, je serais à Sên… éternellement reconnaissant.

Ses yeux étaient restés fixés sur les flammes et suivaient les petits débris rougis qui remontaient vers le ciel. Il souhaitait partager avec la petite guerrière son inquiétude sur les réelles intentions du vampire, mais il refusait de paraître remettre en doute les choix de Lolia dans sa sélection des aventuriers. Pour changer le sujet qu’il avait lui-même abordé, mais surtout pour en savoir plus sur sa camarade de guet, il lui demanda sur un même ton :

-Qu’est-ce qui vous amène… dans cette expédition?

Cette fois, il regardait Kiaya, lui démontrant tout son intérêt pour sa réponse, malgré l'épuisement évident sur son visage. Lorsque la lune eut parcouru une distance raisonnable, Dertar se remit sur ses pattes. La nuit avait été très tranquille, mis à part quelques bruits indistincts et lointains. Assez pour que le centaure se demande s’il s’agissait d’un calme entre deux tempêtes.

-Lolia a demandé que nous cédions notre place à Neïkaïr et… Dante. Je vous souhaite… une bonne nuit.

Le centaure s’inclina légèrement en guise de respect et de salutations, puis se dirigea vers Neïkaïr dans le but de lui demander si elle voulait bien prendre le prochain tour de garde. Il resta froid et distant avec elle, comme à son habitude involontaire et put ensuite retourner à l’emplacement qu’il s’était choisi plus tôt près de lequel Lolia s’était installée à son tour. Il jeta un dernier coup d’œil à Kiaya, à Lolia, puis à Dante avant de fermer les paupières pour de bon.
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La relique oubliée [Event]

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