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 Les blessures du coeur sont profondes [En cours]

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Aricie Vuk
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MessageSujet: Les blessures du coeur sont profondes [En cours]   Mer 20 Nov 2013 - 17:22

Je me réveille aux doux rayons du soleil sur ma figure. J'ai délicieusement bien dormi! Je rejette la couette et pose mes pieds par terre pour enfin m'étirer comme un chat. Je me lève de mon lit et file à ma fenêtre voir comment se porte mon Fenrir adoré. Il dort tranquillement à côté d'un tas de braises, les restes d'un agneau à ses pattes. Je pense que s'il pouvait ronfler, il le ferait. Cette pensée me fait sourire.

J'enfile mes vêtements, revêt ma cape chaude qui fait ma renommée dans presque tout Thaodia et boucle ma ceinture sur laquelle pend mon épée, mon poignard, ma bourse, ma fronde et une poche rempli de petits cailloux ronds. Tant de choses, on dirait que je pars à la guerre! Je décide donc d'enlever mon épée, deux armes devraient largement suffire pour ce que je veux faire de ma journée.

Cela va faire plusieurs jours que je me trouve dans la cité de l'Aurore, mais je n'en ai découvert que le quartier résidentiel, où, et bien, où je réside, tout simplement. J'ai donc décidé aujourd'hui d'aller explorer un peu cette cité. Je m'ennuie à ne rien faire, alors la renomée de l'activité du quartier commerçant m'a tout de suite attirée. Je descends les escaliers à toute vitesse, traverse silencieusement la salle commune pour ne réveiller personne et sors de l'auberge. Je me dirige vers l'abri à bois et je me fait presque renverser par une boule de poils XXL qui me lèche affectueusement la joue.

"Que d'entrain!", m'exclamé-je. "On part explorer le quartier commerçant, mon Freki!"

Je saute fluide ment sur son dos et le guide en silence à travers la cour puis dans la rue. Je le navigue dans les rues étroites de cette cité, au gré de mon envie. Elle est majestueuse, certes moins que la capitale des elfes, mais tant de vie et de monde, de mouvements et de bruits m'impressionne. Je n'ai pas assez de deux yeux pour tout voir. Je ralentis Freki pour enfin descendre de son dos tellement je veux voir de choses de près.
Nous sommes enfin dans le quartier commerçant. Des échoppes chamarrées, des crieurs qui s'égosillent, des enfants qui courent partout, des odeurs de pain fraîchement cuit mélées à celles du cuir tanné, tout m'interpelle, tout m'exstasie. Je m'arrête à pratiquement chaque coin de rue pour observer ce qu'on y fait. Je remarque des souffleurs de verre, des boulangers, des cordonniers, des forgerons. Je n'ai jamais vu autant de vie, de bonne humeur, de joie de vivre qu'ici. Je pense que je pourrais m'y plaire.

J'en suis là dans mes réflexions quand une couleur inhabituelle me fait sortir de mes pensées. Du rose. Une chevelure rose, en fait. J'ouvre de grands yeux étonnés. En effet, dos à moi, se trouve une jeune femme à la chevelure ondulée blanche, avec des mêches châtains et des reflets roses, relevée en un chignon magnifique par une pique de bois sculptée. La possédeuse de ces cheveux est grande, environ ma taille, svelte et élancée. Un arc et un carquois sont enfilés dans son dos par-dessus une veste noire, et ses jambes sont cachées par un pantalon de toile kaki et des bottes de cuir noir.
Un détail retient pourtant mon attention. Ses oreilles sont pointues. Et là, je comprends. C'est une elfe. Comment n'ai-je pas pu la reconnaître? J'ai vécu deux ans avec ce peuple raffiné et pacifique.

La jeune femme se retourne, elle a fini de discuter avec le marchand. Je peux alors la détailler de face. Son visage est fin et gracieux, comme ceux de son peuple. Ses iris gris clairs me paraissent... Tristes. Infiniment tristes, d'une tristesse qui est omniprésente, mais dont on a tellement l'habitude qu'on ne la remarque plus. Elle semble se rendre compte que je la détaille et elle fait de même avec moi, l'expression froide, presque au bord de l'agressivité.

Et là, du coin de l'oeil, je vois un homme vétu d'une cape marron qui m'empêche de détailler son visage s'approcher de la belle. Le soleil se reflète alors sur une surface métallique. Un poignard.
Je laisse mon instnct prendre le dessus et je sors le mien, me glissant avec aisance dans la foule pour enfin me retrouver devant l'assassin. Personne ne m'a remarquée, malgré ma cape rouge, et je fais en sorte de me rapprocher de l'homme. D'un geste rapide et précis que personne n'a le temps de voir, je le désarme et pointe le couteau contre son ventre. Nous sommes au milieu de la foule, personne n'a rien vu, personne n'a rien entendu. En réalité, je semble juste être colée à lui par la force de la foule, de telle sorte qu'on ne peut pas distinguer mon poignard contre ses abdominaux contractés, ni son arme à mes pieds. Je lui murmure à l'oreille:

"Pas un geste ou je t'égorge comme un cochon. Tu laisses la demoiselle tranquille, compris?"

L'homme hoche la tête, me jetant un regard empreint de haine et de respect. Il ramasse son couteau à terre sans me quitter des yeux, puis pivote sur ses talons et se mêle à la foule colorée et bruyante du marché. Je le suis du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement de ma vue, puis range mon poignard à ma ceinture. Je n'ai jamais fait couler de sang humain, et ce n'est pas aujourd'hui que ça commencera, pas pour une vermine de son espèce en tout cas. Je me tourne vers l'elfe, mais elle s'est évanouie dans la nature...

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MessageSujet: Re: Les blessures du coeur sont profondes [En cours]   Dim 24 Nov 2013 - 21:45

nov 23 à 3h53 PM  


J'entrouve mes paupières, réveillée par du bruit. Je me relève subitement sur ma couche et scrute à gauche, puis à droite. Le bruit a cessé. Je me rappelle enfin ce que je fais ici, ce qu'il s'est passé hier soir. Et je regarde au sol :
"-Alors, Lancelot, est-ce que tu vas bien ce matin ?"
Le petit garçon braque ses yeux sombres sur moi et se contente de hocher la tête. Il ne s'embarrasse même pas d'un sourire. Je crois qu'il m'en veut un peu de ne pas l'avoir veillé correctement. En effet, hier soir, une villageoise a fait appel à mon talent de guérisseuse pour soigner son fils fiévreux. J'ai assuré de le guérir, et de le veiller toute la nuit. Certes, je l'ai guéri, mais je me suis endormie, malgré moi. Je prends son pouls et lui administre une boisson curative.
"-C'est l'essentiel... Je vais tout de même rester avec toi aujourd'hui, et puis, je ne te le dis qu'à toi, mais je crois que la Cité de l'Aurore me plaît."
Le garçonnet décroche une moue que j'identifie comme un sourire.
Je suis arrivée ici il y a quelques jours, juchée sur Ilweran, ma jument grise, camarade de toujours. Je venais de l'Est. J'ai quitté la Plaine Infinie, et la Contrée des Elfes en général, je suis partie plus loin que je n'avais jamais été.
L'animation de cette ville m'a tout de suite plu. C'est pourquoi que j'y suis restée plus longtemps que je ne l'avais prévu. Comme quoi la vie nous surprend toujours.
Je quitte mes vêtements de nuit et m'habille prestement de mon habituelle tenue sombre. Je salue la mère de mon jeune patient et lui demande la permission de m'absenter un peu. Elle acquiesce immédiatement, heureuse que son fils soit entre de bonnes mains. Sur ce, j'attrape mon carquois, mes flèches et ma bourse à la volée et file au-dehors. J'ai besoin de prendre un peu l'air. L'atmosphère confinée de la maisonnette de ces gens-là m'étouffe. Je quitte la masure située en brodure de la forêt et me rends jusqu'au quartier des commerçants. Je n'y suis passée que rapidement en arrivant, il y a une semaine de cela à peine.
La bourgade est en effervescence, même si la journée ne bat pas encore son plein. J'admire les nombreuses échoppes, les marchands s'égosillant pour vanter leurs produits, des enfants volant des friandises sur un étalage... Ces derniers me rappellent moi-même à leur âge, quand j'étais réellement heureuse. Je m'arrête devant un vendeur de plantes médicinales. Je n'en ai pas besoin, je sais trouver mes propres ingrédients toute seule. Mais j'aime bien regarder ces beaux produits, sentir leurs parfums divers et variés. Après une petite discussion avec le marchand fort gai et très bavard, je m'apprête à faire demi-tour. C'est alors que j'aperçois une grande jeune femme d'allure guerrière me dévisager. Je tâte rapidement mon dos, trop rapidement pour qu'elle s'en rende compte, histoire de vérifier si ma veste ne s'est pas décalée de façon à laisser voir mon tatouage. Heureusement, celle ci est en place. Si ce n'est pas mon tatouage qui interpelle cette humaine, alors qu'est-ce donc ? Je lui rends la pareille et la toise de haut en bas. Longiligne, mince, les cheveux sombres, les yeux bleus, un peu plate dois-je avouer, elle a de l'allure. Elle a l'air assez sympathique. Pourtant, je n'ai aucune envie de faire la conversation avec elle. D'ailleurs, pourquoi la ferai-je ? Je ne la connais même pas. Mais elle m'intrigue.
Soudain, la belle demoiselle se faufile sans bruit dans la foule. Elle se dirige à grands pas vers un homme qui arrive lui-même sur moi. Je ne l'avais pas vu. Il tient à la main un poignard luisant. Et là je comprends. Il me veut du mal. Il est sur le point de m'atteindre lorsque la guerrière le fait fuir avant qu'il n'ait pu toucher à un seul de mes cheveux. Je glisse alors sur le bas côté et m'enfuis le plus loin possible, le coeur battant à m'en briser les côtes. Je n'ai même pas pu remercier ma sauveuse. Tant pis, je ne suis pas restée en vie si longtemps pour mourir maintenant, je dois partir d'ici et mettre le plus de distance entre le criminel et moi-même.
Si cette jeune femme m'a réellement sauvé la vie, alors je la reverrai. Car rien ne se fait par hasard. Mais pour l'instant, c'est loin d'être l'une de mes priorités.


Dernière édition par Elwen Alagos le Mer 4 Déc 2013 - 17:58, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Les blessures du coeur sont profondes [En cours]   Dim 24 Nov 2013 - 23:30

Tant pis, je ne la reverrai peut-être jamais, l'important est que je l'aie sauvée. Elle a dû s'enfuir, morte de peur. Mais pourquoi cet homme était-il à ses trousses? Qu'a-t-elle bien pu faire? Il me semble avoir vu une lueur de reconnaissance au milieu de la terreur présente dans ses pupilles grises.

Je continue mon chemin, explorant plus profondément ce beau quartier en effervescence. Je me laisse aller à la joie du moment présent. L'excitation me gagne peu à peu comme une petite fille. Je passe de marchand en marchand et de produits en produits, sentant, goutant, souriant, riant parfois. Je tombe sur un magicien qui m'émerveille par ses tours. Plus loin, un jongleur rivalise d'acrobaties et un cracheur de feu met de la poésie dans un tas de flammes.

Je sens néanmoins que Freki commence à fatiguer et à devenir stressé. Je décide de l'emmener dans un coin plus calme de la cité de l'Aurore, chercher une auberge ou une écurie où le loger le temps que je continue mes découvertes.

Je prends des petites ruelles sympathiques mais légèrement nauséabondes, pleines d'habitations à colombages. Les différentes couleurs, qui permettent sûrement de distinguer où commence et où s'arrête telle ou telle maison, sont variées et magnifiques. Les fleurs qui pendent à divers balcons embaument la rue, se mêlant aux rejets des égoûts et des bas-fonds. Je dois me trouver dans un quartier plus "habitable" des commerçants.
Je vois l'entrée d'une auberge rustique et agréable. Je m'engage à l'intérieur et en ressort queques minutes plus tard, ma bourse allégée de quelques pièces et mon Fenrir logé pour quelques heures dans un box confortable.

J'essaye ensuite de retourner sur la place vivante par laquelle je suis arrivée. Comme je ne connais pas cette très belle cité, je prends des tours et des détours, découvrant des endroits plus ou moins calmes et paisibles. Les habitants ont du aller au marché, en même temps, je les comprends, il y a tellement de choses à faire et à voir!

A un moment donné, je bifurque dans une petite ruelle sur ma gauche. Je m'aperçois au fil de mes pas que celle-ci devient glauque et semble se refermer sur moi, petit à petit. Les hautes masures un peu délabrées tiennent par l'opération du Saint Esprit et bloquent une partie du ciel clair de Ventusiar, laissant la plupart de la ruelle dans la pénombre. Un sentiment d'insécurité me fait sortir mon poignard de ma poche. Il ne serait pas de taille à une flèche venue des toits au-dessus de ma tête, mais il me rassure. Je m'apprête à faire demi-tour lorsqu'une voix grave m'interpelle:

"Alors, on va où comme ça, la justicière?"

Je me retourne vivement, le poignard prêt dans ma main gauche. Je tends l'oreille, essayant de localiser la voix de mon interlocuter.

"Qui va là?", demandé-je, la voix plus assurée que ce que je ressens.

Une ombre se détache du mur un peu plus loin dans la rue. Cette cape...

"L'homme que tu as empêchée de faire sa besogne. Alors maintenant, il va se venger."

Je vois deux yeux machiavéliques scintiller sous la capuche et un sourire parfait éclairer le visage masculin entrevu tout à l'heure. Mon coeur bat plus vite, un cheval au galop tentant de s'échapper par tous les moyens de la prison qu'est ma cage thoracique. Mon souffle s'accélère, et, réchauffé par le stress, il forme un petit nuage en s'échappant de mes lèvres. Mes pensées s'embrouillent, à un tel point que je me mets à penser que je suis une proie et lui, le chasseur.

Je laisse mes instincts prendre le dessus, et il était temps, parce que mon agresseur saute sur moi et nous envoie tous deux à terre. S'ensuit une bagarre où l'on roule en tous sens dans la boue, chacun essayant de soumettre l'autre et de le neutraliser. Mon poignard ne me sert à rien, il est trop près. Et bien trop fort.

Alors que je commence à perdre espoir, mon regard, par réflexe, vole vers le ciel, mais ce dernier est bloqué par un toit. Et sur ce toit...

L'elfe que j'ai sauvée tout à l'heure, à genoux sur les tuiles, l'arc chargé d'une flèche, qui vise... Moi? Mon agresseur? Je ne sais pas. Elle lâche la corde, la flèche file, vole, siffle... Et touche son but. L'homme hurle de douleur. Il n'est pas mort, mais son bras droit a été gravement blessé par la flèche. Il lâche le pognard avec lequel il me menaçait -et avec lequel, aussi, il a accessoirement réussi à me toucher. Il me jette un regard de pure haine, encore pire que lorsque je l'ai rencontré, et file sans demander son reste. Il lève les yeux vers le toit, dans la direction par laquelle le projectile est venu, mais la jeune femme s'est de nouveau évaporée.

Il part donc à grandes enjambées, me laissant, affalée à terre contre un mur, pour morte. Je suis blessée, je le sens. A ma jambe droite, une petite entaille, et une estafilade profonde à ma paume gauche. Mais je sais que des blessures sont cachées par la boue qui me recouvre. La douleur est trop atroce. Ma vue se brouille de douleur, redevient nette, je vois des étoiles, elles pulsent au rythme de mon coeur, il bat dans mes tempes, ma tête me lance. J'ai mal, mon Dieu, j'ai mal. Je n'attends plus qu'une mort prompte, que je n'aurais jamais. Et alors que j'arrête d'espérer une quelconque aide, à travers le voile de souffrance qui occulte tout le reste, je me sens prise dans une paire de bras.

Puis, tout devient noir.

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MessageSujet: Re: Les blessures du coeur sont profondes [En cours]   Jeu 5 Déc 2013 - 16:54

Je cours, j'avale les pavés souillés par la poussière couvrant le sol. Que dis-je ! Je vole. Toujours plus vite, toujours plus loin. Ne pas se retourner. Surtout pas ! Mon coeur bat à tout rompre, le sang cogne à mes tempes. Je vais mourir. Comment puis-je être encore en vie à cette heure ci ? J'aurais dû mourir. Je ne sais pas qui lâchera en premier. Soit mon crâne où bourdonne le grondement sourd de mon sang affolé, soit mes jambes qui menacent de s'écrouler à chaque seconde qui s'écoule, soit les deux. Je ne sais pas ce que je préfère, ni ce que je ne préfère pas. Ça y est. Je crois que c'est fini. Je vais m'évanouir...
"- Ça va madame ?
Je rouvre les yeux. Une petite fille d'à peine dix ans me regarde fixement. Elle porte une robe brune, assortie à ses cheveux et à ses yeux. Ses petits pieds sont chaussés d'affreux sabots sûrement bien trop grands pour elle. Une pauvrette sûrement.
- Je-je vous en prie ? Je vais très bien... bégayé-je.
- 'Scusez moi mais je vous ai vu tomber d'un coup ma bonne dame, et ensuite... Et ben vous avez du rester au moins cinq bonnes minutes au sol. Z'avez de la chance qu'aucune charrette ne soit passée par ici, elle vous aurait écrasée. Enfin bon, personne ne vient jamais dans ce quartier, soyez tranquille.
- Mais, ma petite demoiselle, où suis-je donc ?
- À la bordure du Quartier des Commerçants. Remarquez, on ne peut pas trop dire que ce coin-là soit très commerçant...
- Suis-je vraiment restée peu de temps au sol ? N'avez-vous donc vu personne me suivre ?
- Oui, vraiment peu d'temps, moi-même j'en suis étonnée. Pourquoi quelqu'un vous suivrait m'dame ? Je crois bien que je n'ai vu personne après vous. M'informe la mignonne paysanne.
- N'avez-vous pas vu une jolie jeune guerrière aux cheveux sombres ?
- Non, 'scusez moi belle dame.
- Merci ma petite. "
La jeunette me sourit. Je sais que l'homme ne m'a pas suivie, j'ai effectivement pris une direction différente de la sienne. En contrepartie, je suis un peu déçue... Ma sauveuse n'a pas cherché à me rattraper. A présent que je dois me situer à l'opposé du criminel, je décide de me calmer et d'essayer de retrouver mon chemin. Je tourne au coin de plusieurs rues, me retrouve au fond de bon nombre d'impasses, mais finis par atterrir dans un quartier un peu plus peuplé. Un quartier résidentiel du Quartier des Commerçants, donc plus calme que celui où se trouve leurs échoppes, mais moins vide et effrayant que celui de la fillette. Des majestueuses maisons à colombages côtoient de petites masures. Je me plais à imaginer qui habitent chacune d'elles... Une vieille dame et son chat ? Une famille de riches marchands d'étoffes et de soies rares ? Un jeune couple d'épiciers ? Un apothicaire vivant seul au milieu de ses potions ? Une joyeuse flopée d'enfants jouant dans les pattes de leurs parents ?
Je n'ai pas trop de temps pour les considérations, car très vite de jeunes hommes fort culottés commencent à m'aborder :
"- Alors mademoiselle, on se promène seule dans la rue comme ça ? À mon avis, pour une dame de votre condition (comment à t'il pu deviner que je ne suis ni villageoise ni paysanne ? Mes traits et ma façon de me déplacer traduisent-il tant mes origines ?) c'est fort déplaisant. Je vais vous apprendre les bonnes manières moi.
L'effronté me saisit le poignet et m'entraîne dans un coin sombre et crasseux de la rue. Je me débats mais son compère me bloque et renchérit en me caressant la joue :
- C'est qu'elle est toute jeune et bien innocente la petite... "
Je rougis, plus de rage que de gêne. Moi, innocente ? Je mords alors la main curieuse et me défait de l'étau qu'ont leurs bras sur moi.
Vais-je encore devoir courir ? Je le crois bien. Je m'élance le plus vite que je peux vers un petit muret, je cours à en perdre haleine. Celui-ci me mène jusqu'au toit d'une haute maison. J'y grimpe avec la plus grande agilité. Au moins, ils ne peuvent pas me suivre aussi haut. Du peu que je sache d'eux, ce ne sont pas des Elfes. De vulgaires badauds de race humaine.
Je me pose un peu, m'assois en veillant à ne pas trop me faire remarquer, et surtout à ne pas basculer placée comme ça, en équilibre sur quelques tuiles, et scrute la rue d'en bas. Les rustres sont partis. Tout à coup, dans un endroit glauque et désert du bout de la rue, j'aperçois un homme et une dame en train de se battre. Quel lâche ! Encore un qui s'attaque à une demoiselle ! Je saute sur le toit d'à côté, puis les suivants avec l'agilité d'un écureuil afin de me rapprocher de la scène. C'est alors que je les reconnais. La jeune femme qui m'a sauvée et... mon agresseur. Encore lui ! J'ai une dette envers cette courageuse inconnue. C'est alors qu'elle se tourne dans ma direction, affolée, et m'aperçoit. Une lueur d'espoir brille dans ses yeux pour s'éteindre aussitôt. Elle redoute sûrement la réaction que je pourrais avoir. À moi de jouer. Je tire une flèche de mon carquois, la place sur mon arc, vise, puis la décoche en plein sur ma cible : l'homme. Elle lui transperce le bras. Il pousse un cri de douleur et... Je tombe. Toujours plus vite, toujours plus bas. Mon cœur est prêt à lâcher. Je heurte le sol dans un craquement sourd. Peut-être me suis-je cassé quelque chose mais je ne ressent rien. Je me relève tant bien que mal, affolée, et regarde sur quoi j'ai atterri. Je soupire d'aise quand j'aperçois que je suis tombée sur des plantes médicinales, elles ont sûrement du amortir ma chute !
Je sors tant bien que mal de cette maison en essayant d'être la plus discrète possible. Quand j'arrive dans la rue presque déserte, j'aperçois dans un coin sombre la jeune femme qui s'est battue tout à l'heure. Elle semble vraiment mal en point, pourtant je suis méfiante... Serait-ce un piège du criminel ? Je l'approche, rien ne se passe, je remarque juste sa poitrine se soulever paisiblement au rythme de sa respiration. Du sang s'écoule de bon nombre de plaies, il va vite falloir faire appel à mon métier de guérisseuse, mais je ne peux pas la soigner là, dans une rue crasseuse à la vue de tous (bien que la rue soit quasiment déserte). Je la saisis alors, la hisse sur mon épaule et m'enfuis en direction de la forêt, qui semble bien loin.
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MessageSujet: Re: Les blessures du coeur sont profondes [En cours]   Lun 13 Jan 2014 - 23:12

Je me réveille -si on peut dire ça comme ça, puisque je n'arrive pas à ouvrir mes paupières- avec la curieuse sensation d'être hors de mon corps. Suis-je morte? Si c'est le cas, ce sentiment de flottement est étrange mais pas désagréable. Alors que je vais pour me rendormir dans un sommeil qui me serait sûrement fatal, j'entends un bruissement de feuilles. Des feuilles, je ne suis pas morte, à moins que le Paradis ne soit plein d'arbres, mais j'en doute. J'ai toujours pensé que ce serait un endroit immatériel. Mais où ai-je pu bien tomber? Qui m'a aidée?

Je tente une nouvelle fois d'ouvrir mes paupières, mais rien à faire, je n'y arrive pas. Je me concentre sur mes autres sens pour essayer de visualiser mon environnement. Une odeur de terre, d'herbe, de verdure, de vent et de liberté m'enveloppe. L'odeur de mon enfance. Celle qui, pour moi, représente le bonheur, l'insouciance. La vie. Suis-je en Thaodia? Impossible, ma terre natale est bien trop loin de la cité de l'Aurore. Au fur et à mesure de mes investigations, je reconquiers mon sens du toucher. Je semble être allongée sur de l'herbe douce mais relativement froide, ce qui est normal en début de Radyel. Une légère brise me passe à même la peau, me donnant la distincte impression d'être pratiquement nue. Un frisson involontaire me parcourt. Je sens à certains endroits quelque chose qui tire sur ma peau et qui la fait légèrement picoter: des cataplasmes. Autrement, rien d'autre ne semble couvrir mon corps si ce n'est le tissu de mes sous-vêtements.

Un nouveau froissement de vêtements et de feuilles me donne la force d'ouvrir les yeux. La lumière de fin de matinée m'agresse et me force à les refermer. Un grognement s'échappe de mes lèvres et je porte une main à ma tempe. Sous mes doigts, un battement, comme un second coeur, pulse sous mon crâne. Le mouvement de mon bras a envoyé une vague de douleur dans tout mon corps, qui se répercute au plus profond de mes os et me fait ouvrir de grands yeux tellement la douleur est forte. Elle m'arrache un petit cri, atténué par ma bouche sèche et ma langue pâteuse.

Mon souffle saccadé est bien trop rapide. Je referme mes yeux et essaye de calmer ma respiration. Une main fine et fraîche vient se poser sur mon front. Je rouvre les yeux une troisième fois et les pose sur ma sauveuse. La jeune femme est agenouillée à ma gauche, occupée à trier je ne sais quoi. Ses cheveux blancs-roses-châtains relevés en un chignon négligé par une pique ornée. Ses oreilles pointues. Ses yeux gris dont la tristesse a été remplacée par une concentration froide. C'est l'elfe que j'ai sauvée.

"Je suppose que nous sommes quittes maintenant."

Je ris et une quinte de toux secoue mon corps. Les vagues successives de douleur me font mal à un tel point que ma vue devient noire pendant quelques instants. Je commence à transpirer, pourtant je n'ai pas chaud. L'elfe m'observe et s'active sur moi avec de nombreuses herbes et autres choses de guérisseuse, je suppose. Son front est soucieux et elle ne semble pas m'avoir entendue. Elle murmure quelque chose dans sa barbe que je ne comprends pas, cherche à sa gauche et pose un linge humide et frais sur ma tête. La fraîcheur se répand dans mon corps et un nouveau frisson m'agite. Je commence à claquer des dents tellement fort que je manque de me couper la langue à plusieurs reprises.

Ce cauchemar ne sera-t-il jamais fini? La jeune elfe cherche une autre chose à ma droite, son corps svelte penché au-dessus de moi. Un doux parfum de nature qui me rappelle la terre des elfes m'apaise. Alors qu'elle trouve ce qu'elle cherchait, je sens mes yeux se fermer d'eux-mêmes et une masse douce et chaude recouvrir mon corps. Puis, je sombre dans un sommeil sans rêves.

***

Quand je me réveille de nouveau, le soleil s'apprête à se coucher. Il flotte sur la cime des arbres. Je devrais aller chercher Freki. Oh mon Dieu. Je me relève d'un coup et le regrette immédiatement. Ma tête me lance, un bourdonnement insistant résonne dans mes oreilles et le monde tourne comme une toupie. Je cligne de yeux, ma main droite tenant mon crâne, et attends que la douleur subsiste. Lorsqu'elle n'est plus qu'un élancement lointain, je prends conscience de mes environs.

La jeune femme que j'ai sauvée -et qui m'a sauvée, du moins il me semble-, descends d'une magnifique jument grise. Elle l'attache à une branche basse des arbres. Près d'elle se trouve... Freki. Je crie de joie. L'elfe me sourit, visiblement heureuse d'avoir fait quelque chose pour moi. J'ai dû parler dans mon sommeil. La jeune demoiselle s'approche, je vois que malgré le soin qu'elle apporte à ma guérison, elle reste méfiante, distante et renfermée. Je crois qu'il va nous falloir une bonne dose de confiance pour qu'un lien se créé.

Elle s'approche d'un petit cercle de pierre rempli de brindilles qu'elle enflamme. Elle pose une théière sur le feu et entreprend de faire bouillir de l'eau. C'est à ce moment-là que je me rends compte que le campement où nous nous trouvons est loin d'être spartiate. Nous sommes dans une clairière, avec au-dessus de ma tête un toit de branches et de feuilles qui semble solide. Je prends alors conscience que ma cape -qui me recouvrait- a glissé sur mes genoux quand je me suis relevée et qu'en dessous, je ne porte que mes sous-vêtements. Je rougis, mais l'elfe me tourne le dos. Je prends ma chemise qui traîne par terre non loin de là et l'enfile en vitesse. L'eau étant assez chaude, elle lance quelques herbes dedans et me donne une tasse fumante de la tisane ainsi faite.

"Merci", murmuré-je. "Je m'appelle Aricie. Arcie Vuk. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Je ne m'en serais jamais sortie sans toi. Et merci pour Freki. Mon Fenrir."

Je lui souris, gênée, par-dessus le rebord de ma tasse. Je décide alors de me lancer:

"Et toi? Comment t'appelles-tu?"

Je me rends compte seulement maintenant que je viens de la tutoyer. Le risque, le danger, mais aussi la mort dont nous nous sommes mutuellement sauvées me fait penser qu'il n'y a pas de quoi faire comme si nous étions des étrangères. Peut-être en pensera-t-elle autrement, mais pour le moment, je ne fais qu'attendre sa réponse, plongée dans ses abîmes d'acier.

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