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 A la frontière des mondes [Terminé]

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Faolan Tingilindë
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MessageSujet: A la frontière des mondes [Terminé]   Ven 29 Nov 2013 - 20:10



– Allez Mirage ! Avance !

Faolan tirait de toute sa force sur la sangle de son Ombrun, immobilisé par la neige.

– Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour s’arrêter là ! Nous y sommes presque ! cria-t-il d’une voix éraillée, d’où suintait l’ombre du désespoir.

Ses mains, recouvertes de bandages épais, maigre rempart contre la morsure du froid, étaient rougis par l’étreinte ferme et glacée qui tenaillait la corde. Faolan se trouvait à la frontière entre le pays des Nains et ceux des Lycans. Il ne lui risquait qu’à franchir cette ultime crête pour se retrouver dans la contrée qui, dorénavant, représentait son unique secours. Son refuge. Du moins s’accrochait-il à cette espérance. Il n’avait guère le choix.

Poussant un cri rauque pour se donner de la puissance, le garçon tenta une nouvelle fois de tracter Mirage. L’Ombrun n’était pas du tout à son aise en ce paysage. Envahi par la neige et secoué par le vent, le chemin n’était quasiment plus visible. Et cela faisait des jours qu’ils progressaient ainsi dans le blizzard, peinant à dénicher quelque endroit où se réfugier pour la nuit.
Faolan ne pouvait qu’admettre l’évidence : Mirage le retardait. Sa lenteur n’était pas seulement problématique, elle pourrait se révéler périlleuse, voire fatale. Il fallait qu’ils avancent. Il en allait de leur survie.

A bout de force et de patience, Faolan se laissa tomber dans la neige. Ses vêtements élimés étaient humides à force de supporter ce climat gelé. Ses cheveux trop longs volaient sans logique autour de son visage.
Son regard, flouté par les rafales de flocons, balaya les façades escarpées qui les entouraient. Plus rocailleuses, plus raides, lui aurait été incapable de les parcourir sans risquer une chute mortelle. En revanche…

Se tournant brusquement vers Mirage, il lui désigna les façades du doigt :

– Saurais-tu grimper là-dessus ?

Comprenant instinctivement l’encouragement de son compagnon, l’animal accourut jusqu’à elles de son habituelle vitesse effarante. Il les gravit sans trop de difficulté, s’attardant sur un pic en se retournant vers l’enfant.
Faolan lui sourit un peu amèrement, car il comprenait que l’aisance de son ami ne serait pas partagée. Et que, par voie de conséquence, leurs chemins devraient se séparer. Il conservait en lui-même la certitude tenace qu’il retrouverait son Ombrun, une fois qu’il aurait quitté cet enfer blanc.

D’un geste large, Faolan fit comprendre à Mirage de continuer sa voie. L’animal hésita, avant de s’exécuter en galopant allégrement parmi les rocs. Faolan soupira et reprit sa route, esseulé mais résolu. Il ne pouvait pas échouer si près du but.

Le froid lui agressait les os, lui effritait la peau. Chaque pas était un effort surhumain qu’il craignait de ne plus pouvoir accomplir. De surcroît, il ne semblait y avoir aucun abri dans les environs. Refusant de céder à la panique, Faolan décida de marcher jusqu’à tomber sur une caverne. Il savait la réputation donnée aux montagnes. Il savait qu’il y vivait des bêtes innommables, celles-là même qui alimentaires, loin, très loin, les frayeurs infantiles de ses camarades elfiques. Mais comme chaque fois que le souvenir de son ancien pays lui revenait en mémoire, Faolan chassa cette pensée avant qu’elle n’eût eu le temps d’étreindre son cœur trop douloureusement.

Le froid devenait intolérable, insupportable. A présent que Mirage n’était plus là, Faolan eut l’idée de se changer en loup – l’Ombrun n’aimait guère assister à ses métamorphoses. Peut-être sa fourrure représenterait-elle une protection plus conséquente que ses piteux vêtements.

Malheureusement pour lui, il ne fut pas le seul à assister, justement, à sa transformation. Des yeux dans l’ombre le scrutaient depuis un moment déjà. Et bien qu’il eût l’apparence manifeste d’un lycan, Faolan portait en lui des gènes que ces créatures abhorraient plus que tout.
C’est ainsi que, juste après qu’il eût achevé sa métamorphose, Faolan vit un groupe de nains sauter d’il ne savait quel repaire dissimulé dans la montagne et l’encercler presque aussitôt. S’il n’avait pas été aussi stupéfait, le garçon se serait certainement fait la réflexion qu’à présent, l’ensemble des races d’Ephaëlya avait voulu attenter à sa personne. Même les nains.

Grognant et grondant, ainsi exposé à l’assemblée de nains aguerris qui l’entouraient, Faolan tournait en rond en tâchant de ne pas baisser la garde. Petite boule de poil presque invisible dans cet immense manteau blanc. Ses yeux d’un bleu cristallin exprimaient un mélange de crainte et de fureur, qui incitait les assaillants à faire usage de prudence malgré la faiblesse évidence de leur victime.

– Qui es-tu ? Un espion ? Un éclaireur ? Que fais-tu là ?

Effarouché, Faolan se contenta de montrer les crocs, les oreilles basses.

– Tu ne peux pas t’enfuir. Viens ici. Change de forme, ou nous te tuerons.

L’enfant hésita, puis concéda à se rechanger en humain. Plaquant ses mains contre son intimité ainsi exposé, il lança des regards furtifs à l’ensemble des nains, qu’il dépassait à peine en hauteur mais qui le surpassaient bien plus en consistance.

– Allez lui chercher ses vêtements !



Le soir-même, Faolan se trouvait dans une caverne vaste où crépitait un feu affable. Les nains, qui connaissaient le lieu bien mieux que lui, semblaient connaitre les refuges les plus efficaces au cœur des montagnes. Faolan n’avait pas dit un mot, malgré les nombres questions posées par les nains sur sa provenance et sa destination. Il demeurait muet, sauvage.

Lorsqu’il exprima l’envie de rejoindre l’extérieur afin de soulager sa vessie, les nains n’eurent même pas l’idée de protester. Il faisait nuit, et ils savaient bien que leur otage ne risquerait pas une mort certaine en s’aventurant à cette heure dans les sommets immaculés mais non moins redoutables.
Ils ignoraient, en revanche, que Mirage n’était pas le seul compagnon qui suivait la trace du petit lycan. La chouette que lui et Izilbêth avaient finalement dressée, sillonnait le ciel, perçant les tempêtes de ses yeux infaillibles en veillant sur l’enfant.
A l’abri des regards, Faolan lui fit signe d’approcher. Sortant un morceau de parchemin fripé de sa poche ainsi qu’un bout de charbon, il griffonna une suite d’inscriptions malhabiles, avant d’attacher le message à la patte du volatile. Alerte et nerveux, Faolan relança l’oiseau dans les airs.

Il n’espérait qu’une chose. Qu’Izilbêth aurait son message à temps.


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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Lun 13 Jan 2014 - 20:02

Les cycles sans nouvelles de Faölan avaient été plus que difficiles pour la jeune femme qui attendait sans répit de voir la petite chouette, poindre à nouveau dans les nuages. Mais les jours passaient et jamais elle ne voyait revenir la chouette qui attendait patiemment au dessus de l'enfant, que celui-ci ne se décide enfin à répondre à celle qui était devenue sa mère d'adoption. Elle ignorait tout de sa position et alors qu'elle restait dans les alentours, lui s'enfonçait un peu plus encore vers de lointains confins. Dans toute cette obscurité et ces questionnements, Izilbêth avait fini par y trouver quelques côtés bénéfiques. L'arrivée d'une nouvelle créature dans sa vie l'avait fait changer radicalement. Et désormais, elle bénéficiait de la protection d'une ombre qui planait au dessus d'elle.

Elle s'était encore plus renfermée suite à la disparition de Faolan et était devenue un peu plus sauvage encore. Bien qu'il soit difficilement possible qu'elle ne se renferme un peu plus encore, elle avait fini par devenir plus sauvage qu'elle ne l'avait jamais été. Elle ne fréquentait les villes que lorsque nécessaire et évitait au maximum de parler à quelconque humanoïde croisant son chemin. Mais parfois, il était malheureusement nécessaire pour elle de se confronter au monde dans lequel elle vivait.

Après avoir laissée Arkania quelques lieux plus loin, l'elfe, toujours cachée de sa capuche et de son immense cape, pénétra au sein d'un petit village. Sa monture, placide et à l'écoute restait malgré tout sur ses gardes. Pour Wilwarin, comme pour l'elfe, tout le monde représentait un danger manifeste. Il fallait rester discret, et surtout vite repartir, on ne savait jamais sur qui on pouvait tomber. Mettant pied à terre face à une échoppe, la jeune femme pénétra dans celle-ci après avoir flatté brièvement son cheval qui se contenta de tourner les oreilles vers un bruit qui attira son attention. Pénétrant dans l'échoppe, elle se saisit avec une certaine rapidité des effets dont elle avait besoin pour continuer sa vie solitaire dans les bois. Se saisissant du nécessaire sur l'étale, elle ne tarda pas à donner quelques petites pièces d'argent au tenancier de l'épicerie. Dehors, au dessus de leurs têtes, une ombre planait. Tous ignoraient qu'une potentielle menace se trouvait au dessus de leur têtes. Tous ignoraient que les dragons n'étaient pas mort. Alors qu'elle sortait de l'échoppe et rangeait ses effets dans les sacoches accrochées aux flancs de son cheval, un cri strident attira son attention.

C'était elle, la chouette blanche, la voilà qui perçait les cieux et fondait sur l'elfe qui tendit instinctivement le bras afin de l'inviter à venir se percher sur ses doigts. Un morceau de papier était enroulé autour de sa patte, Izilbêth reprit espoir, enfin. Les mots de Faolan avaient été griffonnés à la va vite et visiblement, il était urgent pour lui qu'Izilbêth n'arrive. Sourcils froncés, elle prit alors conscience qu'une seule solution était envisageable. Son cheval avait comprit que la situation était grave. Couchant les oreilles, il gratta le sol de son antérieur avant qu'elle ne détache sa bride et l'attache à la selle. Puis, elle murmura quelques mots à l'oreille de la bête qui renacla sans broncher. Elle n'avait pas le temps de s'éloigner il lui fallait enfourcher sa monture pour rejoindre au plus vite l'enfant qui semblait être en danger. Mais pas son cheval, non. Il fallait qu'elle vienne. Maintenant. Levant les yeux vers le ciel, elle savait que là haut, la créature l'observait. Elle fit alors un signe et attendit qu'elle ne vienne se poser, tout près, au milieu de la foule médusée.

Les cris de terreur furent nombreux lorsque la bête se posa au milieu de l'avenue. Mais rapidement, les badauds devinrent plus curieux qu'effrayés. En voyant la créature inoffensive, ils se rassemblèrent, nombreux, certains criant au malheur, d'autres tentant de rassembler leur courage pour s'approcher. Mais déjà, Izilbêth s'approchait de la créature qui observait d'un oeil méfiant tout le petit monde attroupé autour d'eux. Une fois installée sur son dos, l'elfe se pencha et murmura quelques mots à l'attention de la créature qui s'élança rapidement dans les airs, de quelques battements d'ailes qui firent plier l'échine aux badauds. Filant rapidement au dessus des nuages, la dragonne prenait déjà la direction des montagnes naines où l'enfant était retenu prisonnier.

Montagnes où la tempête faisait rage.. Jamais la neige n'avait été aussi déchaînée et les vents, plus puissants que jamais lorsque la dragonne rasa les pics abrupt des montagnes. Fondant alors sur le flanc de l'une d'elle, Izilbêth fit confiance à l'animal qui semblait avoir trouvé le repère des nains qui tenaient l'enfant qu'elle aimait tant. Elle était animée d'une rage féroce, celle d'une mère défendant son enfant. La dragonne s'agrippa à la corniche enneigée et l'elfe sauta de son dos, atterrissant dans une couche de neige qui la surprit. L'entrée de la grotte se trouvait devant elle, comme si, le sort voulait qu'elle la trouve avec la plus grande facilité. Pénétrant dans la caverne, l'elfe ne tira pas son épée de son fourreau, elle préférait tenter une approche paisible et venir en paix, plutôt que de se faire des ennemis toute de suite. Les nains eurent une réaction plus que surprise en voyant arriver une elfe, essoufflée et affolée.

- Qui êtes vous ?! Que voulez vous ?!

Vociféra l'un des nains en voyant la jeune femme. Elle s'approcha alors, tendant les mains en signe de paix alors qu'elle ôtait sa capuche, découvrant son visage. Rien dans son attitude ne montrait une quelconque hostilité. Elle priait pour qu'ils comprennent son but sans imaginer quoi que ce soit.

- Je viens en paix.. L'enfant que vous détenez.. Il est mon fils.. Je viens le chercher. Vous expliquer la raison de sa présence dans vos montagne serait trop long, mais sachez que si vous le laissez partir à mes côtés, vous n'entendrez plus jamais parler de nous..

Les nains semblaient méfiant. Mais le visage d'Izilbêth trahissait sa sincérité. Elle n'avait jamais autant espérer revoir l'enfant qu'à l'instant. Fixant de ses yeux pâles les moindre recoins de la caverne, elle cherchait désespérément du regard, ce petit loup, qui avait changé sa vie du tout au tout.

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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Dim 9 Fév 2014 - 16:45



Grat, grat, grat.

Faolan, replié dans un coin de la caverne à l'écart du groupe de nains, grattait la terre sèche de ses ongles. Nerveusement. Les nains allaient et venaient. Ils discutaient entre eux dans un dialecte que l'enfant loup ne comprenait pas, ce qui ne faisait qu'accroitre son isolement. Et son angoisse. Parfois, l'un d'entre eux le désignait du doigt au cours de la discussion, souvent houleuse, qui les animait. Puis un autre quittait l'abri sans que Faolan ne pût deviner l'origine de son départ, ni ce qu'il allait chercher. Il craignait simplement que ce fût à son sujet. L'idée d'être coincé à la frontière de la contré lycane lui était de plus en plus insupportable.
Amaigri et chaque jour plus mal en point, le garçon n'était plus qu'une silhouette recroquevillée, sale et presque sauvage, un petit corps qu'on laissait choir dans un coin sans même lui révéler ce qu'on prévoyait de son sort.
Seul l'espoir lui permettait de ne pas sombrer totalement. La perspective de revoir le visage bienveillant de celle qui avait été sa mère était l'éclat de lumière qui empêchait l'obscurité de l'engloutir. Mais chaque jour, la lueur perdait en intensité, et Faolan luttait de toute sa force pour ne pas laisser le désespoir avoir raison de lui.

Il s'inquiétait aussi pour Mirage. Avait-il réussi à atteindre leur but ? Etait-il sauf ? L'attendait-il ? Chaque heure qui passait était une torture de doute et de frayeur, durant laquelle Faolan redoutait que l'Ombrun eût pu penser que son ami l'avait abandonné.
"Je suis là, Mirage... Je suis là. Attends moi encore un peu.". L'enfant chuchotait ces mots à répétition, espérant que par un miracle peu probable, son compagnon pût les entendre. Tout reposait sur elle, à présent. Tout reposait sur Izilbêth.


Et Izilbêth vint. La lueur s'était presque dissolue dans le noir le jour où elle apparut à l'entrée de la caverne. Mais son allure digne et forte, reconnaissable entre toutes, éventra ce même noir. Le coeur de Faolan se mit à battre comme un tambour déchainé, tandis qu'il percevait de son coin reculé la voix claire de sa mère adoptive. Saisi par l'émotion, sans s'autoriser à trop y croire tant la présence d'Izil était surréaliste, miraculeuse, il sentit ses yeux s'embuer de larmes épuisées.
Il demeura dans l'ombre un moment, s'agrippant aux parois effritées des façades tant la force lui manquait. Izilêth ne l'avait pas encore vu.

Le discours de la jeune femme, portée par son timbre aussi noble que celui des nains était rustre, lui réchauffa immédiatement les entrailles. Izilbêth était venue. Il était sauvé.

N'écoutant que son coeur, se laissant aller au soulagement qu'il n'imaginait même plus ressentir, l'enfant loup émergea de la pénombre et s'élança en direction de l'elfe. La serrer dans ses bras trop maigres, la serrer tellement fort que plus jamais on ne pourrait les séparer. Puisqu'elle avait bravé la tempête, affronté les éléments, parcouru le monde pour le trouver. Puisqu'elle était sa mère.
Son corps malingre vint frapper celui d'Izil, dans un mélange de force et de tendresse dissipées. Les larmes jaillissaient de ses yeux, se mêlant à la crasse qui maculait ses joues.

– Izilbêth, je...

Oh, il avait tant de choses à lui dire ! Mais encore une fois, on barra sa route, on freina son élan. Un nain le retint par le col et le tira en arrière. Fou de rage, Faolan se changea en loup avec un cri furieux et douloureux, car ses métamorphoses lui faisaient toujours, toujours mal. Il mordit farouchement la main du nain, avant de se jeter à nouveau dans les bras d'Izilbêth. Il ne craignait plus qu'elle fût repoussée par son état de loup. Izilbêth se moquait bien de sa forme. Il le savait, il le sentait. C'était même la seule.

Tandis que le nain mortifié grognait de souffrance, un autre vint asséner à Faolan un coup sur les omoplates, qui le fit couiner et tomber de l'étreinte de l'elfe.

– Nous ne te devons rien, elfe. Si tu tiens à la vie, pars maintenant. Nous avons déjà un contrat qui nous lie à des gens désireux de mettre la main sur cette petite saleté. Quant à marchander avec des individus de ton espèce... Tu imagines comme c'est inconcevable. L'enfant est à nous, maintenant. On peut se demander, d'ailleurs, ce qu'une elfe peut faire avec un môme lycan !

Il éclata d'un rire franc et gras, aussitôt suivi par ses comparses.

– Allez. Vas-t-en. Tu n'as aucune chance. Nous sommes trop nombreux pour une petite demoiselle dans ton genre.

Faolan, assommé par la douleur lancinante qui lui perçait le dos, se trouvait assis par terre, les oreilles basses, entre sa protectrice et ses bourreaux. Il avait foi en Izilbêth, plus qu'en quiconque. Mais il craignait que le nain eût raison. Aurait-elle la force de les affronter tous ? A nouveau, la honte de mettre la jeune femme en danger vint serrer son coeur battant.
Pourquoi, mais pourquoi ne les laissait-on pas tranquilles ?!



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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Mar 4 Mar 2014 - 4:53

Une mère. Chez les humanoïdes, une mère était une femme qui restait au côté de son enfant, pour l'allaiter et l'élever. Lui assurer une bonne éducation et veiller à son bon développement. Une mère avait pour tâche de se montrer présente à chaque instant de la vie d'un enfant. Qu'il s'agisse de ses premiers pas, comme de ses premiers émois, une mère était là, de la naissance à l'envol de son petit. Tandis que chez les animaux, une mère ne devait se soucier que de l'alimentation et de la protection de son petit. La tigresse n'avait aucune crainte à se jeter sur n'importe qui oserait approcher son petit. Et Izilbêth était plus proche d'une lionne que d'une femme de la cour. Elle se jetait sur quiconque osait toucher son petit et lui arrachait les entrailles.

Et pourtant, elle continuait d'espérer que son fils lui serait rendu sans la moindre violence. Elle avait osé croire que des nains, avides d'argent lui rendrait cette enfant alors qu'ils avaient été payés pour le ramener à des hommes qui ne le voyaient qu'à une seul fin; avoir l'affection d'une femme.

Passant l'entrée de la caverne, l'elfe gardait espoir que les nains puissent avoir été de simples éclaireurs surprit par la présence d'un enfant, le pensant espion pour Thaodia. Confrontée à un mur lors de sa demande de récupérer l'enfant sain et sans qu'il n'ai la moindre blessure, l'elfe fronça les sourcils. Il était évident qu'elle ne faisait pas le poids face à tous ces hommes, mais face à la crainte de perdre son fils, rien ne l'effrayait. Observant attentivement les moindres recoins de la grotte, c'est avec un sourire ravi qu'elle vit la petite mine de son fils poindre. Il était dans un état déplorable et sa faiblesse alarma immédiatement l'elfe qui n'eu qu'une envie, celle de se jeter à son secours. Mais c'était sans compter sur la brutalité des nains. Assénant un coup d'une brutalité toute particulière à l'enfant qui tomba au sol, cet homme devint alors l'ennemis juré de la jeune femme. Elle lui lança un regard qui n'annonçait rien qui vaille. Mais les propos de l'homme ne furent qu'accentuer la colère de l'elfe.

Celle qui autrefois était entouré d'une aura bienfaisante était désormais semblable à un véritable cataclysme en route vers son but.  Transperçant le nain d'un regard noir, elle s'approcha d'un pas vers lui alors qu'elle sifflait, acide, à l'attention du demi homme.

- Cet enfant est mon fils. Quiconque osera se mettre en travers de mon chemin perdra la vie. Soyez un tant soit peu raisonnable et écartez vous avant que votre corps ne soit plus qu'un monceau de poussière fumante. Écartez vous, ou subissez mon courroux..

Elle n'avait désormais plus rien de la créature raffinée qu'elle était sensée être. Désormais, seule la mort était visible dans ses yeux. Elle serait prête à arracher le coeur de quiconque oserait lui empêcher de retrouver cet enfant qui avait été sa bouée de sauvetage. Qui l'était toujours. L'aura de l'elfe n'avait de cesse de s'assombrir alors qu'elle fronçait les sourcils, perdant toute once d'humanité.  Le nain qui ne semblait pas impressionné par la fureur de l'elfe s'approcha alors en lui lançant un regard mauvais, tirant son épée.

- Approche donc salope que je te montre ce que ça veut dire par chez nous "dégage".

Les mots du nain n'eurent que pour seul effet de faire un peu plus monter la fureur de la jeune femme qui tira son épée, un sourire aux lèvres. Elle avait soif de vengeance et allait faire comprendre à cet homme la raison pour laquelle il aurait du se taire. Quelques paroles retentirent dans la caverne désormais silencieuse, laissant celles-ci résonner au milieux des autres nains médusés de la voir affronter en combat singulier le meneur de la troupe.

- Plus jamais vous ne toucherez un enfant après ce jour.

Furent les derniers propos qu'entendit le nain avant que la lame de l'elfe ne fonde droit sur lui. Le choc de l'acier retentissait dans la caverne à mesure que chacun parait les coups de l'autre. Mais la force du nain n'avait d'égale la vitesse de l'elfe qui se trouva rapidement une facilité à se glisser dans le dos du nain, pour glisser sa lame contre la gorge de celui-ci. Dans un flot de sang et un gargouillis immonde, le nain tomba, gisant dans son propre sang alors que l'elfe tournait les yeux vers les hommes médusés qui la regardaient. Ils s'apprêtaient tous à se ruer sur elle, dans un hypothétique bain de sang lorsqu'une créature qui semblait avoir été oubliée de tous pénétra dans la caverne. Une tête reptilienne sortit de l'obscurité et un grondement effrayant résonna entre les murs humides de la caverne. Tournant alors la tête vers la dragonne qui portait un regard bienveillant à sa maîtresse, l'elfe se dirigea vers l'enfant qu'elle prit contre elle. Tournant les yeux vers la créature qui avait retranché les nains dans le fond de leur caverne, elle lança un regard plein de défi aux hommes qui n'avaient plus rien de valeureux combattants désormais.

L'un d'entre eux, quelque peu plus courageux que ses amis s'avança, la hache au poing, prêt à fondre sur l'elfe qui tenait toujours l'enfant contre elle. Mais c'était sans compter sur la vigilance de la dragonne qui ne prit pas le risque de laisser sa maîtresse à la merci d'autres attaquants. Encouragée par les simples propos de sa maîtresse qui suffirent à la faire réagir, les dernier mots qu'entendirent les nains furent bref.

- Dracarys.

 Une vague de flammes bleues traversèrent la caverne, venant alors lècher les nains qui, dans des hurlements douloureux, tombèrent au sol comme des mouches. L'un d'entre eux, courant tout droit vers la sortie ne tarda pas à disparaître dans l'épais blizzard qui mordait toujours le flanc de la montagne. Bien rapidement, l'odeur de cadavre calciné emplis la caverne et l'elfe se saisit de l'enfant, le tenant contre elle en se dirigeant vers la sortie de la caverne dans laquelle la dragonne se trouvait toujours. Enroulant l'enfant dans sa cape, elle ne tarda pas à prendre place sur le dos de la bête qui ne se fit pas prier pour prendre de nouveau son envol, fendant le blizzard. Protégeant l'enfant de l'assaut de la neige, elle chevaucha la créature ailée, caressant doucement le dos de son petit, tentant de le rassurer comme elle le pouvait. La lionne avait récupéré son petit, il était désormais sauf.

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Faolan Tingilindë
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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Lun 24 Mar 2014 - 17:14


Une succession de choses terribles et incroyables se déroula devant les yeux effarés de Faolan.
Tout d'abord, il y eut la vivacité infiniment précise d'Izilbêth. A mesure que le petit lycan voyait la rage assombrir le regard de sa mère, à mesure que sa voix se chargeait de gravité et de menace, son propre coeur s'élançait à nouveau, cognant contre ses côtes apparentes.
Lorsqu'Izilbêth avait tranché la gorge du nain et que le sang noirâtre avait jailli de sa carotide, Faolan avait porté la main à sa bouche et reculé de quelques pas vacillants, jusqu'à sentir dans son dos la façade pierreuse de la caverne. Il oubliait parfois la férocité efficace dont faisait preuve l'elfe qui l'avait adopté.

C'était là tout le paradoxe d'Izilbêth. A l'image d'une lionne, d'une louve finalement. Elle était capable de la plus profonde tendresse comme de la plus redoutable violence. Tout dépendait de son adversaire. Tout dépendait de l'offense subie. Et Faolan ne l'avait jamais vu si sanglante que lorsqu'on s'en était pris à lui. Même son père n'avait pas démontré autant de hargne à le secourir.

Les nains avaient scellé leur sort tous seuls. Izilbêth n'était pas du genre à apprécier de faire couler le sang par goût. Elle y avait été contrainte. Aussi Faolan attendit-il que le combat se finît, sans chercher à freiner les élans meurtriers de sa mère adoptive. Il ne craignait qu'une chose. Qu'Izilbêth fût blessée... ou pire. Sans elle, quelle raison avait-il de se battre, de lutter pour sa survie ? Izilbêth était sa chaleur dans ce monde glacé. Sans elle, il n'avait rien. Rien que la peur au ventre.
Un évènement acheva de parfaire ce tableau épique et extraordinaire – et brutal, aussi – mais jamais Faolan n'aurait imaginé qu'une telle chose pût survenir. D'ailleurs, sa première réaction fut de penser que ses yeux l'avaient abusé.

Un dragon.
Un vrai dragon, immense, majestueux, imposant et terrible. Faolan tremblait de tout son corps contre la paroi caverneuse. Il était à la fois stupéfait, ébahi et terrifié. C'était la première fois qu'il voyait un dragon. Et ledit dragon, sa tête plus précisément, se trouvait à quelques pieds de lui. Le jeune lycan sentait presque son souffle sur sa peau.
Par chance, il n'eut pas à se faire violence pour s'extraire de cet état pétrifié, puisqu'Izilbêth, certainement consciente de la béatitude de Faol, vint l'arracher à sa stupeur. Un nain en profita pour se ruer sur elle, peu inquiété de la fourberie d'une telle action, et Faolan s'apprêta à hurler.
Izilbêth fut plus rapide. Elle ne dit qu'un mot. Un seul.

Faolan ne contempla point le brasier bleu envahir la grotte, le bruit de son souffle brûlant se mêlant aux hurlement de douleur des nains. Il plongea son visage dans l'épaule d'Izilbêth. Il était certes soulagé d'avoir retrouvé sa mère, d'avoir retrouvé sa liberté et sa sécurité. Mais contempler la souffrance et la mort n'était pas encore acquis à son âme. Il laissait cela à Izil. Elle avait l'habitude.



Faolan eut très peur, lorsqu'il fallut chevaucher le dragon. Ne serait-ce qu'approcher la bête lui tordait l'estomac. Elle était gigantesque. Encore plus que dans les peintures et les gravures que lui avaient présenté ses professeurs, lorsqu'il était encore elfe. Ce fut sa confiance absolue envers sa mère adoptive qui l'incita à se fier à la créature, et l'urgence du blizzard qui laissait entendre une seule vérité : ils ne pourraient s'en sortir sans l'aide du dragon.
Se calfeutrant contre le corps ferme d'Izil, Faolan s'agrippa comme il put à l'encolure de l'animal légendaire qu'il n'aurait jamais songé monter un jour. Son coeur s'emballa et rata un battement à son envol, mais sa gorge était si nouée qu'il ne parvenait même pas à émettre un son.

Sans l'étreinte d'Izilbêth qui le tenaillait avec force, emmitouflé dans une cape de laine, Faolan serait sûrement tombé. Le paysage défilait devant ses yeux sans qu'il en comprît l'organisation, les flocons de neige s'abattaient sur son visage jusque dans sa bouche. Le dragon filait dans les airs à une vitesse vertigineuse. Il ne semblait pas préoccupé par le fait que pour l'un de ses passagers, il s'agissait d'un baptême de l'air...

– Izil... articula-t-il d'une voix forte, secouée de soubresauts. Je ne... me sens... pas bien. Je crois que... je vais vo... vomir !

Et en effet, son teint déjà fort pâle semblait s'être paré d'une nuance verdâtre qui ne présageait rien de bon. Faolan savait que ce n'était pas le moment, qu'ils se trouvaient à l'orée d'une frontière périlleuse et qu'aucune ville des environs n'accepterait la présence d'un dragon – du moins en doutait-il fortement –, mais des vagues de nausées ne cessaient de l'assaillir.
Il ignorait que l'élément essentiel des lycans n'était autre que la terre, et que depuis sa mutation, les aléas de l'air étaient bien plus désagréables à sa nature qu'auparavant. Les lycans n'affectionnaient guère les tournoiements célestes et autres expériences aériennes.

– Et Mirage ! J'ai oublié Mirage !

L'angoisse perçait dans sa voix, ébranlée par le vent. Il avait oublié son précieux compagnon. La crainte lui étreignit le coeur. Pourvu qu'il fût sauf. Pourvu qu'il fût vivant. Et pourvu, surtout, pourvu qu'ils le retrouvassent...

Faolan se cala un peu plus contre le flanc de sa mère. La seule, à cet instant, de lui réchauffer le corps autant que l'esprit.




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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Mer 30 Avr 2014 - 22:17

Tuer n'était pas quelque chose qu'Izilbêth appréciait. Mais parfois, il était nécessaire de le faire. Elle n'avait jamais ôté énormément de vies. Préférant l'intimidation, la mutilation pour les faire taires. Couper la langue à un homme était par exemple dans ses moyens. Mais ce soir, elle avait tué. Pour son fils. Pour cet enfant qu'elle avait pris sous son aile sans véritablement savoir pourquoi, elle avait retiré la vie à ces hommes. Il avaient osés se placer en travers de son chemin et ce genre de choses faisaient parties de celles qu'il était préférable d'éviter. Celle qui autrefois était une elfe délicate et pacifiste était désormais devenue brutale et agressive. Finalement, elle et sont fils étaient semblables. Il était loup, elle était louve. Protégeant son petit envers et contre tous, elle avait désormais dévoué sa vie à cet enfant.

Tenant fermement le petit corps frêle contre elle, l'elfe s'assurait qu'il ne glisse pas. Ils étaient bien haut désormais et il valait mieux éviter quelconque geste brusque. Arcane était attentive à ses passagers, mais le vent était puissant et il n'aurait pas été compliqué de se perdre entre les rafales. Serrant le petit être dans ses bras, elle prit soin de l'enrouler dans sa cape, afin qu'il reste au chaud. Et alors que la dragonne n'avait de cesse de flotter entre les nuages, l'enfant fut secoué d'étranges soubresauts. Il était évident que les loups n'avaient que peu été habitués aux baptêmes aériens. Réduisant l'altitude autant qu'elle le pouvait, l'elfe tenta de rendre le plus confortable possible le voyage pour l'enfant. Mais il semblait tourmenté. Son ami se trouvait encore dans les montagnes et il fallait le retrouver, sans quoi il pourrait bien se retrouver à son tour dans de salles draps. Murmurant quelques mots en elfique à la dragonne, les sens du reptile se mirent en alerte.

Cherchant tel un rapace observant sa proie, la dragonne suivit la piste qui, bien que ténue, était présente. Ils n'étaient plus très loin. Et au risque de l'effrayer, il leur fallait s'éloigner au plus vite de cette montagne. La bête serait sans doute terrifiée, de voir un tel reptile fondre sur elle, mais ils n'avaient plus le choix, il fallait trouver refuge quelque part, au moins le temps d'une nuit, que les muscles endoloris de l'enfant puissent se reposer.

Soudain, l'elfe comprit que la dragonne avait trouvé ce qu'ils cherchaient. Au milieux des montagnes, crapahutant parmi les roches, l'ombrun grimpait encore et toujours. Fatigué, épuisé, il semblait ne plus vraiment avoir l'espoir de trouver un jour la sortie. Agitant ses puissantes ailes, la créature descendit lentement, afin de ne pas l'effrayer. Il lui fallait se saisir de la bête entre ses griffes, sans la blesser, afin de l'emmener loin d'ici. Mais cette tâche allait se montrer complexe, il ne fallait pas que l'animal ne sente venir la dragonne, sans quoi il paniquerait sûrement et se mettrait en danger inutilement. Crispée, Izilbêth tenait l'enfant contre elle, caressant son visage de cette tendresse maternelle qu'elle avait toujours eu pour lui. Tentant discrètement de détourner son attention, elle embrassa son front, lui adressant un sourire rassurant.

Une légère secousse, un geignement de la part de l'Ombrun, Arcane avait réussit. Trop faible pour se débattre, l'animal se laissa faire, comme résigné. Désormais, le poids commençait à être lourd pour la dragonne. Ses grandes ailes durent fournir de nombreux efforts pour parvenir à soulever le poids de l'Ombrun. Il leur fallait trouver refuge rapidement. Soulevant difficilement leur masse dans les airs, Arcane reprit son chemin initial, cherchant un endroit qui leur permettrait à tous de reprendre des forces.

Quittant rapidement les hauts sommets des montagnes, les compères rejoignirent rapidement une vallée qui à côté de l'endroit où ils se trouvaient quelques instants plus tôt leur parût être un havre de paix. La neige devenait de plus en plus rare et la température plus clémente. Non loin se trouvait un petit plateau ou quelques arbres semblaient avoir pris possession des lieux. Cet endroit serait parfait. L'atterrissage semblait plus que complexe pour la dragonne. Tentant de déposer le plus délicatement l'ombrun au sol, elle ne tarda pas à reposer sur ses membres, rabattant ses ailes endolories après avoir tant forcé. Relâchant alors délicatement l'enfant, elle ne tarda pas à mettre pied à terre, lui laissant ainsi l'opportunité de retrouver son ami qui semblait à bout de force. Un peu de verdure ne lui ferait pas de mal. Arcane, quant à elle, s'éloigna légèrement, s'allongeant un instant afin de reprendre quelques forces.

Izilbêth faisait confiance à Wilwarin, elle savait qu'il parviendrait à les retrouver. Sans doute guidé par la chouette, il devait déjà être en train de contourner les monts pour les rejoindre. Désormais, ils étaient à une altitude amplement atteignable pour le cheval. Rassemblant alors quelques morceaux de bois mort, Izilbêth ne perdit pas de temps et entreprit de faire un feu. Elle allait devoir aller chasser, mais en attendant, elle se devait de faire quelques recommandations à l'enfant. S'approchant alors de lui, elle posa un genoux à terre.

- Faolan, je vais aller chasser.. Arcane veillera sur toi, tâche de ne pas trop t'éloigner du campement. Il y a une source, non loin, tu pourras t'y laver le visage. Je serais de retour très vite, attends moi ici, d'accord ?

Tenant son arc et son carquois, l'elfe couvait l'enfant du regard. Maintenant qu'elle l'avait retrouvé, elle ne le laisserait plus partir seul, elle se l'était promis. Elle allait le protéger, quoi qu'il en coûte.

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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Mar 24 Juin 2014 - 17:39


Son premier réflexe fut de courir, mais Faolan comprit vite qu'il n'en avait ni la force ni la capacité. Le vol à dos de dragon, ajouté au froid, avait engourdi ses membres de telle façon qu'il avait présentement l'air d'un faon à peine en mesure de tenir sur ses jambes grêles.
La démarche chancelante, Faolan se rua comme il put en direction de son compagnon. Il ne parvenait qu'à grand peine à croire à la réalité de cet instant. Il se trouvait au sein d'Izilbêth et de Mirage, les deux êtres qui s'apparentaient le plus à une famille dans son existence chaotique. Le sourire qui lui démangeait les lèvres était craintif, hésitant, comme s'il avait peur de se réjouir trop vite. Après tout, chaque moment de répit s'était hâté de s'entacher, ces derniers temps...
Un soulagement intense gagna son coeur, que même le blizzard brûlant, la faim tiraillante et l'épuisement ne pouvaient ébranler. Il était en sécurité. Et surtout, surtout, il n'était plus seul.

Ils se trouvaient à présent dans les bois, et Faolan mit un temps considérable à se réchauffer, tant il était affaibli. La chaleur du feu que, dans sa réactivité sans pareille, l'elfe avait créé, pénétrait lentement son corps. Faolan se laissa lourdement tomber devant les flammes, captivé par leur éclat, allongeant ses bras maigres afin de capter leur chaleur. Il avait encore la nausée, mais l'air vivifiant de la forêt délestait ses entrailles. La seule chose qui continuait de le gêner au plus haut point, c'était la crasse.
Ses vêtements étaient maculés de terre noirâtre, sa peau était incrustée de souillure. Il devait puer, et il en rougissait d'embarras, à l'idée de se montrer en tel état devant sa mère d'adoption. Izilbêth, bien que très proche de la nature, était toujours resplendissante. C'était propre à sa race, mais même au-delà de cette distinction naturelle, quelque chose de pur émanait d'elle. Sa peau était lisse, son regard limpide, ses vêtements simples usés mais propres. Il avait l'air d'un pouilleux en comparaison !

Lorsqu'Izil lui proposa d'aller se laver, il ne se le fit pas dire deux fois. Il hocha la tête gravement, et suivit des yeux la silhouette de la jeune femme qui disparaissait dans l'obscurité de la forêt. La crainte l'assaillit de nouveau, comme si son seul barrage avait été la présence rassurante de l'elfe. Mais Faolan tâcha de la maitriser. Tu es hors de danger, tu es hors de danger, tu es hors de danger.
Comme s'il avait ressenti les élans d'angoisse de son compagnon, Mirage vint se mettre derrière lui et s'y déposa gracieusement. Faolan esquissa un sourire vague.
Et puis, il y avait toujours le dragon. Faolan n'osait presque pas la regarder tant la créature l'impressionnait.

La chaleur du feu était de plus en plus agréable. La tentation de s'en éloigner s'évanouissait de minute en minute. Mais non, décidément, le petit lycan n'avait aucune envie de déranger Izil par son odeur ou son aspect ! Il se devait d'être présentable !
Il se leva en soupirant, non de lassitude mais de résolution, et se dirigea vers la source indiquée par Izilbêth. Ôtant ses habits un à un, il put se rendre compte à quel point il était décharné. De plus, son corps était couvert de bleus et d'écorchures. Le contact du tissu râpant sa peau le fit grimacer. Il but, se rinça les cheveux, laissa tremper ses vêtements, nettoya son visage, son corps maigrelet, et surtout ses pieds meurtris. Il y passa plus de temps qu'il n'aurait cru, et ce fût la fraicheur ambiante qui le poussa à retourner sur ses pas.

Nu comme un vers – il n'avait pas osé remettre ses vêtements que l'eau n'avait pas suffi à laver – il s'assit en face du feu et attendit. Ses cheveux mouillés le faisaient grelotter.

– J'aimerais bien qu'Izil m'apprenne à chasser, moi aussi. Je suis un piètre chasseur. dit-il piteusement, s'adressant au silence. Peut-être qu'un jour, elle m'enseignera. Comme elle m'a enseigné le pouvoir des plantes. Je suis à moitié loup maintenant. Un loup, ça doit chasser !

A cette pensée, il eut l'idée de se métamorphoser, car son poil duveteux de louveteau l'aiderait à se réchauffer de nouveau. Il se changea ainsi, gémissant quelque peu sous la douleur de la mutation. Puis il s'assit et continua d'observer le feu.
Il ne réalisa même pas que, manifestement, il ne craignait pas qu'Izilbêth le découvre sous sa forme lupine.



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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Lun 1 Sep 2014 - 14:38


Depuis la disparition forcée de l'enfant, Izilbêth s'était acharnée, sans jamais faillir, à garder une certitude sur l'endroit dans lequel il pourrait se trouver. Et même si désormais elle l'avait enfin retrouvé et était plus sûre que jamais de sa sécurité à ses côtés, elle ne pouvait s'empêcher de continuer de penser qu'il finirait par de nouveau devoir la quitter, pour sa propre sécurité. Elle avait vécu de nombreuses choses, durant l'absence de l'enfant. L'évolution de sa peine en une détermination sans pareille avait été l'une des plus remarquable. L'étrange marque bleue qui se trouvait désormais dans son dos, quant à elle, témoignait de certaines modifications quant à sa véritable nature.

Elle l'avait laissé en bonne compagnie. Protégé par la dragonne, elle savait qu'il ne risquait rien. Mais elle, n'était pas hors de danger, dans ces bois et il lui fallait faire vite, si elle ne voulait pas tomber sur quelque coupe jarret ou autre brigands. Mais elle ne voulait pas rapporter à son fils quelque viande de mauvaise qualité. Traquant lentement et silencieusement une biche qui broutait dans un sous bois, Izilbêth tira une flèche de son carquois alors qu'elle portait son arc de sa main libre. Les yeux rivés sur la bête, elle ne tarda pas à décocher un tir parfaitement calibré. S'approchant à grand pas, elle ne tarda pas à achever la bête, dans le plus grand respect de celle-ci.

Transporter la bête ne fut pas des tâches les plus simples, mais la simple idée de nourrir son fils suffisait à Izilbêth pour développer une force difficilement soupçonnable sous ses airs frêles. Traînant la bête jusqu'à leur campement de fortune, elle ne tarda pas à la déposer aux côtés du feu, adressant un sourire tendre au louveteau qui avait pris la place de l'enfant. Glissant une caresse sur sa tête duveteuse, elle y posa un baiser avant de finalement entreprendre la découpe de l'animal. Ayant pris le soin de vider l'animal dans le bois, elle épargna à l'enfant les odeurs de carcasse se dégageant de ses entrailles. Montant de quoi embrocher la bête, elle ne tarda pas à mettre la viande à cuire au dessus du feu alors qu'elle profitait du petit point d'eau pour nettoyer ses mains ensanglantées. Penchée au dessus de l'eau, la marque dans son dos ne tarda pas à s'illuminer d'une lumière bleue des plus vive.

Redressée et désormais lavée, l'elfe ne tarda pas à revenir aux côtés de l'enfant avec un sourire. Wilwarin avait fini par les rejoindre, broutant non loin. Laissant le louveteau se réchauffer, elle ne tarda pas à aller chercher son nécessaire de soin dans les besaces qui se trouvaient accrochées à la selle de sa monture. Prenant le temps de lui retirer son harnachement, elle ne tarda pas à le rejoindre, concoctant un onguent.

- Tu m'as semblé blessé, me laisses-tu m'en occuper ?

Elle couvait toujours l'enfant du regard, alors que peu à peu, la viande cuisait au dessus du feu, répandant son fumet à l'odorat aiguisé du petit prédateur. Les bandages propres qu'avait sortit la jeune femme permettraient à l'enfant de guérir rapidement une fois l'onguent appliqué.

Rien ne pouvait rendre Izilbêth plus heureuse que d'avoir enfin retrouvé son petit protégé. Elle qui s'était fait un sang d'encre suite à sa disparition pouvait de nouveau reprendre son rôle favoris. Celui de protectrice.

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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Ven 9 Jan 2015 - 22:10



Faolan hocha la tête. Il s'était muté et rhabillé avec précipitation en voyant arriver Izil. Il craignait la douleur, car il lui semblait qu'elle ne cessait de le poursuivre et qu'elle l'avait particulièrement accompagné lors de ces dernières heures... Mais il ne craignait pas Izilbêth. En dehors de son Ombrun, elle était le seul être au monde pour qui il n'éprouvait aucune méfiance.
Il s'était déjà délesté de ses vêtements principaux, ceux en cuir, bouclés par des sangles. La chaleur du feu l'empêchait de trop souffrir du froid. Il serra les dents, détournant le regard de ses plaies afin de ne pas sentir approcher le contact d'Izil. Les doigts de l'elfe effleurèrent sa peau meurtrie et la douleur s'incendia comme un cri dans la nuit. Faol serra les dents, inspirant l'air sans relâcher la mâchoire. Ses ongles s'enfonçaient dans la terre. Toutefois, malgré l'intensité soudaine de cette souffrance, un apaisement presque immédiat lui succéda. Surpris, il baissa les yeux en direction de sa blessure. La douleur était comme étouffée, comme si on l'avait camisolé. Un sourire germa sur ses lèvres et il fixa le visage d'Izil. Mais la jeune femme, concentrée à sa tâche, ne le regardait pas.

L'entreprise se prolongea un moment, bien que Faolan, trop absorbé par ce qu'il ressentait, ne sût pas combien de temps exactement. A la fin, Izil parut légèrement fatiguée, comme vidée d'une certaine énergie. Faolan prit de profondes inspirations et sourit à nouveau devant l'absence de douleur. Il projeta son corps contre l'elfe en signe de reconnaissance.

– Merci, merci... Merci pour tout.

Des larmes de bonheur, de soulagement, de fatigue aussi, s'écoulèrent en torrent de ses yeux bruns. Il aurait voulu ne jamais quitter ce cocon, ces bras. Elle.


Pourtant, le destin de Faolan Tingilindë n'était pas de demeurer aux côtés de sa mère adoptive.
Soudainement, il avait entendu un bruissement faible, derrière lui, dans l'ombre de la forêt. Se retournant, il avait pu distinguer deux lueurs blanchâtres qu'il savait reconnaître entre toutes. Mirage.
Mirage l'avait retrouvé. Peut-être aurait-il mieux fait de l'appeler Miracle. A partir de cet instant, comme si ces deux éclats lui avaient révélé l'évidence, Faolan sut ce qu'il lui restait à faire.

Fermant les yeux, il se dévêtit finalement et se métamorphosa en crispant ses poings pour supporter cette ultime souffrance. Il ne ramassa pas ses affaires. Faisant face à sa mère qui dardait sur lui un regard étincelant, il tâcha de lui communiquer, par un même regard, tout ce qu'il avait à lui dire. Ses yeux crièrent son amour, sa gratitude, et d'autres choses plus secrètes encore qu'Izil seule pouvait comprendre. Et elle comprit.
Elle comprit que la destinée de son fils ne serait pas celle d'un homme. Qu'une vie de fuite et d'angoisse ne saurait lui apporter la paix. Seule une vie de loup le pourrait. Ainsi Faolan se déchargerait de sa carcasse d'homme. Au lieu des villes et des chemins, il connaîtrait les bois et les montagnes. Au lieu de son épée et de son arc, il userait de ses crocs. Au lieu de chanter, il hurlerait sous la lune. Et chaque pleine lune, il hurlerait pour elle. Ainsi son chant lupin traverserait les frontières et pénétrerait le cœur de sa mère, celle qui le sauva de la mort, de la peine, et de la solitude.

Les yeux de Faolan flamboyèrent, avant que sa silhouette canine ne s'enfuît dans la nuit, en direction des lueurs qui trahissaient la présence de l'Ombrun. C'était son adieu. Mais Izil savait en son âme, et lui-même le savait, qu'ils ne se diraient jamais vraiment adieu.



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MessageSujet: Re: A la frontière des mondes [Terminé]   Mar 20 Jan 2015 - 21:40

Merci pour cette aventure, merci pour ce RP.
Tu resteras à tout jamais l'un de mes meilleurs souvenirs.

Bon vent.

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