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 Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami.

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Abygaël De Szentes
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MessageSujet: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami.   Dim 2 Mar 2014 - 6:14



Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami.
Suite de ce rp.



La nuit venait de tomber sur Ephaëlya et ce fut un silence apaisant qui prit place, enveloppant le monde comme dans une bulle protectrice. C’était cela la nuit, ce moment calme où la plupart des êtres vivants s’allongeaient, fermant les yeux pour laisser derrière eux les problèmes diurnes, abandonnant les cris et bruits infernaux qui ne semblaient être présents que lorsque le soleil brillait haut, posant leurs pensées et leurs réflexions dans le tiroir de la table de chevet, laissant leur esprit vagabonder là où personne d’autre ne pouvaient aller, rejoignant l’univers des rêves et priant pour ne pas faire de cauchemars. En effet, la nuit, c’était cet espace où tout oublier, tout abandonner, tout envoyer en l’air était possible. Les nains ronflaient sous leurs montagnes, les lycans hurlaient à la lune, les elfes dormaient sous le feuillage épais des forêts, les humains s’endormaient dans de beaux draps et les centaures somnolaient allongés ou debouts. Pourtant, si quelques réticents à ce stéréotype vivaient lorsque les toiles avaient pris place dans le ciel, il y avait ceux qui n’avaient pas le choix : la race vampirique et ses individus. Les vampires possédaient finalement une horloge biologique totalement inversée vu que leur corps ne supportait pas le soleil. Ils menaient une vie unique et ils aimaient, pour la plupart, cette différence.

C’est alors que la voûte céleste se teintait de noir et que les étoiles apparaissaient enfin dans les rayons de la lune que les êtres buveurs de sang sortaient de leur lit à leur tour. C’est d’ailleurs ce soir-là qu’Abygaël reçut cette missive étrange mais qui pourtant, lui mit du baume au cœur. Il y avait de cela quelques jours, deux ou trois nuits peut-être, la belle s’était endormie dans les draps d’une auberge alors que le jour se levait, imitant ce que faisait les autres races lorsqu’elle se réveillait. Le sommeil vint rapidement, très rapidement, trop rapidement certainement car perdue dans ses pensées, elle sombra dans les bras d’une déesse inconnue mais qui guidait le sommeil du commun des mortels, plus ou moins mortels d’ailleurs. Ce ne fut pas la première fois qu’Aby allait dans le monde des rêves, celui que les rumeurs et les légendes appelé : Utopia.

Mais cet endroit n’emprisonnait pas que de bons moments pleins de bonheur, de rires, de caresses et d’embrassades, non. Les cauchemars les plus cruels pouvaient aussi si cacher, prêts à agresser le premier visiteur en quête de réponse pour ses problèmes dans le monde des vivants et des réveillés. Abygaël avait vécu beaucoup de choses durant ses nuits mais jamais une chose comme celle-ci. La vampire s’était réveillée, baignée dans les rayons du soleil éclatant, comme si sa nature vampirique n’existait plus et qu’elle était devenue l’humaine qu’elle n’avait jamais été. Pourtant, ce n’était pas ce qui l’avait étonné le plus mais bien la présence d’une personne qui lui était inconnue dans son rêve, la présence d’une autre vampire magnifique, la présence de l’Impératrice en personne. Ensemble, les deux jeunes femmes avaient partagé leurs souvenirs pour parcourir le temps dans ce monde des plus étranges et enfin parvenir à s’extirper des griffes de cette déesse du sommeil. Sans beaucoup de paroles, sans beaucoup d’échanges, elles avaient partagé des choses très intimes et cela avait semblé les rapprocher. Rapprocher la guerrière au regard de braise et l’Impératrice au cœur de glace. Malheureusement, elles s’étaient quittées suite à une attaque d’un régiment d’ophales, sans même avoir pu se parler ou se dire au revoir…

C’était étrange. La dernière de Szentes avait maintenant l’impression d’avoir une relation particulière avec sa dirigeante même si elle ne se permettrait jamais d’en faire allusion à un quelconque moment avec une quelconque personne. Cependant, c’était comme si un lien s’était formé entre les deux belles vampires. Elle voulait savoir, elle voulait comprendre, suite à ce rêve, elle voulait revoir cette femme qui l’enverrait certainement voir ailleurs car elles ne venaient tout simplement pas du même monde. Abygaël s’était levée avec l’envie de revoir Emerence, l’envie de lui demander si elle aussi avait été touché par ce rêve, non pas mentalement mais bien physiquement. La rousse s’était réveillée avec le flanc entaillé, comme si une des créatures d’Utopia avait réussi à passer d’un monde à l’autre, bizarre, très bizarre. Mais à priori, la belle brune avait elle aussi quelque chose à lui annoncer ou à lui conter. La missive était claire. Elle avait été amené jusqu’à la guerrière grâce à un corbeau, emblème de Màvreah, qui l’avait accroché à la patte. Une fois le parchemin détaché, Aby l’avait lu, une lueur de surprise brillant dans son regard, contente que l’Impératrice en personne ait fait le premier pas.



Sans plus attendre, Aby enfila son pantalon de toile moulant et resserra le lacet de son corset dans son dos, avant de mettre ses bottes de cuir et de glisser sa cape en fourrure sur ses épaules. Un sourire impatient s’était dessiné sur ses lèvres même si elle ne savait pas ce que lui voulait l’Impératrice. Elle mit la missive dans son sac en peau de cerf et jeta un dernier coup d’œil à la chambre qu’elle avait loué durant ces quelques jours. Elle reviendrait peut-être, elle qui n’avait plus réellement de chez-elle. Le domaine de sa défunte famille était tombé entre les mains d’un elfe qui n’avait rien à faire en contré vampirique et elle ne souhaitait pas retourner vivre chez son oncle et sa tante, ses parents adoptifs. La demoiselle rêvait d’aventures et de combats, d’effluves de sang et de sifflements de lames. Sa vie devait changer du tout au tout, elle ne pouvait pas rester à la campagne, dans une maisonnette qui ne lui ressemblait en rien. En parfaite petite vagabonde, la vampire avait appris à vivre avec le stricte minimum même si ceux qui l’avaient élevé lui avaient remplis les poches de pièces d’or avant son départ.

Quittant l’auberge, Abygaël partit à vive allure, courant sans être essoufflée, l’air frais fouettant son visage alors que quelques-unes de ses mèches rousses venaient lui barrer la vue, vicieuses. Pourtant, elle n’était pas dérangée, juste ravie, souriant toujours autant. Au-dessus d’elle, la lune brillait déjà haut dans le ciel et les étoiles semblaient accompagner la course de la vampire ainsi que quelques volatiles nocturnes qui paradaient sur le fond noir de la nuit. La rousse connaissait cette route comme sa poche, elle l’avait déjà emprunté plusieurs fois et dernièrement lorsqu’elle avait rendu visite à l’ancien domaine de la famille de Szentes. L’Impératrice ne vivait pas dans le Château royal d’Ambroisie, le préférant pour y faire des soirées, bals et autres extravagances. Elle aussi avait acquis un de ses domaines si beaux et majestueux pour y passer ses journées. C’était donc là-bas que la jeune rousse devait se rendre, sans aucun doute.

Après une bonne heure de route, Aby passa devant plusieurs manoirs plus immenses les uns que les autres, plus beaux les uns que les autres, plus impressionnants les uns que les autres, plus… plus tout. On ne pouvait dire lequel était le plus merveilleux tant tous se concurrençaient dans ce domaine, c’était le cas de le dire. La jeune femme regardait distraitement les bâtisses cherchant celle qui l’intéressait du regard. On lui avait décrit celle d’Emerence de Gainbourd et elle ne tarda pas à la trouver. D’un pas rapide, la belle pénétra dans le domaine sous le regard de gardes qui trônaient discrètement partout dans le parc jusqu’à ce qu’elle atteigne le pas de la porte du manoir. Elle gravit les quelques marches et saisit le butoir sur la porte, donnant trois coups qui résonnèrent dans ce silence amère. Après quelques secondes, la porte s’ouvrit sur une jeune femme vampire qui haussa un sourcil comme pour demander la raison de la venue de l’inconnue. Sans un mot, Abygaël tendit le parchemin reçu à la servante qui inclina doucement la tête en guise de réponse, invitant la rousse à entrer et à la suivre. Elles montèrent deux étages et la servante laissa la de Szentes seule dans un bureau qui ressemblait finalement plus à un petit salon, certainement fait pour mettre en confiance.

" L’Impératrice ne devrait plus trop tarder… "

Ce fut le seul moment où Abygaël entendit la voix de la jeune femme qui disparut soudainement, fermant la grande porte derrière elle, abandonna la nouvelle arrivante dans cet endroit inconnu. La belle soupira doucement, s’avançant dans la pièce et allant s’asseoir du bout des fesses, droite comme un i, sur un des sofas qui traînaient là. La missive sur ses genoux, il ne lui restait plus qu’à attendre…



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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami.   Sam 8 Mar 2014 - 13:15



Adieu mes amis, je m’en vais tout détruire,
Me détruire. Adieu.

Il est temps de remettre les choses dans le bon ordre, il était temps de devenir celle que je devais être et non plus celle que je voulais être. Il était grand temps d’admettre mes erreurs, d’admettre que j’étais apte à ressentir et que j’avais moi aussi besoin de soutien, d’aide et d’amis. Ce n’était pas être faible, ce n’était pas être stupide ou ignorant, c’était simplement respecter le déroulement de la vie. Par chance je n’avais pas eu besoin de l’éternité pour me rendre compte que tout cela, je n’avais pas eu besoin de disparaitre ou de passer encore une fois devant les portes de la mort pour l’accepter. Non, a la place de cette horrible façon de comprendre, j’avais compris en me laissant détruire, en laissant une personne infiltrer mon cœur, en laissant un être sans scrupule s’immiscer dans ma tête, mais il était l’heure que tout s’arrête. Je n’étais plus la même, on m’avait une nouvelle fois, manipulé, utilisé puis jeté lamentablement sur les rebords d’une route pour m’anéantir, on m’avait fait croire des choses. La chute avait été lente et particulièrement douloureuse, mais maintenant j’allais remonter, j’allais devenir une impératrice, une véritable impératrice.

Mais avant, j’allais régler mes problèmes, j’allais parler, et tuer une dernière fois. Je m’éteindrais peut-être cette nuit ou la nuit suivante et c’est l’unique raison qui m’a poussé a la faire venir ici, à lui offrir ce que j’avais de plus précieux, à cette femme qui avait partagé avec moi les instants les plus douloureux de mon existence, qui avait pu voir au fond de mes yeux celle que j’étais vraiment. Oh non, pas si terrifiante que ça, la rebelle, l’indomptable, pas si inhumaine que ce qu’on disait d’elle, n’est-ce pas ?

Alors c’est à elle, a Abygaël que j’allais parler, celle qui connaissait mes souffrances, mes faiblesses et cette humanité que je refoulais autant que je le pouvais. J’avais plusieurs choses à lui dire, à lui expliquer et cela allait très certainement lui sembler incroyable, invraisemblable mais tant pis. Ce que je ressentais pour elle, cette confiance qui était née sans véritable raison durant notre échange, je ne pouvais la renier. J’avais besoin d’elle, de sa présence, de ses paroles pour avancer, il était temps que je m’entoure de véritable personne, pouvant me tenir tête, me dire que je pars en couille, oui j’avais besoin d’ami(e)s à qui parler. Elle était parfaite dans ce rôle et c’est donc sans grande discrétion que j’attendais son arrivé avec impatience. Je ne m’y pas longtemps à le rejoindre, très peu de temps même. Ma tenue était simple, une longue robe aussi sombre que ma chevelure, courte devant, longue derrière, orné de plumes, à ma chacune de mes cuisses étaient attaché des dagues, plus par habitudes que par nécessité. Mes mains poussèrent la lourde porte et à peine croisèrent son regard que de mon autre main je lui indiquais qu’il n’était pas nécessaire, de faire preuve des habituels signes de respects. Non je n’avais pas envie de ça, je n’avais pas envie d’avoir l’impression d’être la dirigeante et elle une personne du peuple, non.


- « Bonsoir Abygaël, je suis ravie de vous revoir. Est-ce que je peux vous tutoyer ? »

Oui parce qu’il était peut-être l’heure de se sortir le ballet qu’on avait tous dans le cul, il était vraiment grand temps que tout ceci change. C’est d’ailleurs sans attendre la réponse que j’employais le « tu » pour poursuivre mes explications.

- « Ce que nous avons vécu ensemble n’est pas explicable, mais je suis certaine que tout à une raison, que rien ne se fait par hasard. Si je t’ai fait venir aujourd’hui c’est pour te faire une proposition qui va certainement te paraitre surprenante et je ne vais pas passer par quatre chemins. »

Non parce que je n’aime pas ça, je préfère y aller directement, être honnête pour une des premières fois de ma vie, avec moi-même mais aussi avec toi jeune vampire.

- « Je veux que tu fasses partie de ma vie et que tu deviennes une de mes conseillères dans Mavreah, dans le poste que tu choisiras d’avoir, que ce soit garde, espion, ou simplement conseiller. Je veux que prennes places dans le domaine et que t’y installe comme chez toi, que tu viennes avec qui tu le souhaites ici. Je veux que le domaine vive et respire autre chose que la haine et le besoin de vengeance. »

Le premier point venait d’être abordé, il était difficile pour moi de l’expliquer, d’argumenter, alors j’espérais simplement que ma proposition soit accepté avec joie et qu’enfin j’ai l’impression de vivre, vraiment, normalement. Je poursuivais après un petit instant de silence de réflexion, la suite était tout aussi importante.

- « Je pense que tu as du entendre les rumeurs à mon sujet, l’histoire que je perds pieds, que j’ai étais dévasté par un chagrin et un moment de folie. Inutile de te le cacher c’est la vérité. J’ai étais faible, accordé ma confiance à un homme, j’ai étais lamentablement dupé et manipulé. La chute à était douloureuse et je m’en expliquerai auprès du peuple par la suite. Pour le reste je suppose que j’ai le droit aussi d’avoir des moments de faiblesses, impératrice ou pas. Mais tout vas se régler rapidement. »

Je me doute qu’autant de révélation d’un coup ça doit être plutôt violent. Mais pour la première fois de mon éternité, je parle, je vide mon sac et ça me fait un bien fou. Je fini par m’installer contre le bureau, attrapant au passage une feuille que j’y avais volontairement laissé avec le résumé de la situation. Je repris une nouvelle fois la parole, en gardant un rythme raisonnable.

- « J’ai fais des erreurs des mauvais choix, j’ai fais des choses horribles, que je ne regrette pas forcement, mais je suis comme ça. J’ai besoin de personne comme toi Abygaël, des personnes qui pourront me tenir tête, me dire que je prends la mauvaise route, je veux que Mavreah avance. »

Parce que oui malgré tout, malgré l’enfer que j’ai vécu, je n’ai toujours voulu que ça, que Mavreah redevienne Mavreah.

- « Il est évident que pour les autres je garderais cette réputation de femme sans cœur, sadique, parce que c’est ainsi que le respect et l’obéissance sera là. Mais au moins toi, tu seras au courant de la vérité. Si tu as acceptent toute mes propositions, si tu acceptes tout ça, alors j’ai déjà une demande a te faire. Celle de te rendre seul ou avec un groupe de garde dans un puits ou j’ai entendu dire qu’une personne importante de l’armée y était enfermé. Je voudrais m’entretenir avec ce vampire et lui offrir une nouvelle chance. »

Et maintenant ? Maintenant j’attendais une réaction en m’enfermant dans un silence que je ne connaissais que trop bien, avec cette espoir que toi Abygaël, tu m’offres enfin ma dernière chance, la der des ders.



_________________
Dans cette rue où se tapie la nuit, seules des ombres me frôlent dans un rire narquois, un bourdonnement résonnant tel un écho dansant. L'humanité a fait place au néant.


Merci  Elënna pour le kit ♥️ !






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Abygaël De Szentes
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami.   Mar 18 Mar 2014 - 14:57


Qui aurait cru qu’un jour, la jeune vampire issue d’une famille noble mais abandonnée en campagne se retrouverait dans le domaine de l’Impératrice. Pour tout l’or du monde, Abygaël elle-même ne l’aurait pas cru, elle ne l’aurait certainement même pas rêvé dans ses songes les plus fous non. Si elle se sentait légèrement privilégiée de se trouver ici, elle n’en faisait pas tout une histoire et cela n’allait pas lui monter à la tête. La belle restait cette vampire de sang pur qui gagnait sa vie en se battant pour des causes qui lui semblaient bonnes, tuant ou sauvant ceux qui le méritaient. Elle ne semblait pas avoir la même vision des choses que l’Impératrice, pourtant, elles paraissaient partager plus que n’importe qui l’imaginer.

Cette nuit-là, ce rêve-là, les deux jeunes femmes s’étaient ouverts leur cœur, leurs souvenirs sans réellement le souhaiter, sans réellement le vouloir mais tout simplement parce qu’il l’avait fallu. Voguant dans leurs mémoires qui se mélangeaient, les vampires s’étaient découvertes sans indiscrétion, revivant par bribe d’informations les moments de la vie passée de l’une comme de l’autre. Aby avait partagé son enfance nostalgique avec la belle brune mais aussi les ébats de ses nuits d’amour avec le garde anciennement elfe dont elle n’avait plus de nouvelles depuis plusieurs lunes maintenant. Ces hommes étaient tous les mêmes, quel que soit leur race ou leur âge, ils finissaient toujours pas leur faire faux bond. D’ailleurs, l’Impératrice semblait avoir vécu la même chose avec un vampire qui devait être un genre de maître, peut-être celui qui l’avait mordu, celui qu’elle aimait ? En quelques souvenirs, cela avait été difficile à deviner mais le mâle qu’elle avait aperçu dans le tourbillon de pensées était bel et bien une personne importante et qui avait fait saigner le cœur meurtri de la vampire aux yeux couleur sang.

Assise sur le sofa qui trônait dans la pièce, le regard d’Abygaël voguait partout, détaillant tout ce qui pouvait être détaillé, admirant tout ce qui pouvait être admiré, jugeant tout ce qui pouvait être jugé. C’était quand même beau chez l’Impératrice. Elle haussa les épaules doucement. En même temps, si la haute dirigeante de la contrée vampirique ne pouvait pas avoir un domaine des plus beaux, personne d’autre ne le pourrait. Comment la guerrière devait-elle se comportait ? D’après ce qu’elle avait vu dans les souvenirs de la brune, elle était une ancienne mercenaire, un peu comme elle, plus violente certainement mais semblable. Finalement, les deux jeunes femmes au caractère très différent étaient peut-être faites pour s’entendre. Certainement que cette relation allait vite être dévoilée d’ici les prochaines minutes voire secondes. Soit l’Impératrice avait invité la rousse pour profiter de sa présence, soit pour lui arracher la tête car elle en savait trop. Mais Aby avait bon espoir.

D’ailleurs, lorsque la porte s’ouvrit après seulement quelques millièmes de secondes, Emerence ne semblait pas prête à sauter à la gorge de la dernière des De Szentes qui restait tout-de-même sur ses gardes. On ne savait jamais comment pouvait réagir cette femme dont tout le monde parlait mais que finalement, personne ne semblait connaître réellement. A travers ses souvenirs, sa mémoire, Abygaël avait eu l’impression de découvrir une personne totalement différente que ce que les rumeurs disaient, pour son plus grand plaisir. Bref, elle était tout simplement magnifique. Si elle semblait ne pas s’en rendre compte à cet instant présent, la robe noire qui moulait son buste à la perfection la mettait en valeur et les plumes qui se trouvaient sur sa tenue lui apportaient une douceur que peu de personnes devaient lui connaître. Pourtant, l’Impératrice cachait sur ses cuisses des dagues qui rappelaient que sous cette beauté, une véritable tigresse attendait pour pouvoir sauter sur sa proie. D’un signe de la main qui suffit pour se faire comprendre, Emerence indiqua à Aby de ne pas faire preuve d’autant de manière et ainsi, de faire comme chez elle. Ce que la belle fit sans se faire prier, se glissant dans le fond du canapé et ramenant ses jambes contre sa poitrine, les pieds posés sur le bord du sofa, prête à écouter.

Et le discours commença. Aby ne savait pas du tout à quoi s’attendre et ce qu’elle allait entendre, elle n’aurait jamais pu l’imaginer. L’Impératrice était restée devant elle, debout, faisant quelques pas tout en parlant, accompagnant ses tirades de quelques gestes instinctifs avec ses mains. La tutoyer ? Bien entendu qu’elle le pouvait et l’ambiance « normale » sans être hautaine qu’elle avait instaurée plaisait à la rousse. Finalement, la belle n’avait pas l’impression de se retrouver face à sa dirigeante, à qui elle aurait dû prêter allégeance. Abygaël écoutait attentivement la brune, les bras enroulés autour de ses jambes, acquiesçant ce qu’elle disait. En effet, ce qu’elles avaient vécu n’était pas commun mais la guerrière aussi ne croyait pas au hasard, il y avait toujours une raison que quelque chose se passe, elle en était certaine. Et la proposition qui vint ensuite, fut, comme signalé, surprenante. Emerence invitait la demoiselle à venir s’installer dans son manoir avec qui bon lui semblait. Ce n’était pas un ordre mais bien une suggestion qui résonnait comme un appel au secours dans les oreilles de la rousse. L’idée plaisait à celle-ci qui avait elle aussi ressenti ce lien particulier qui les unissait depuis le rêve qu’elles avaient partagé mais la dirigeante voulait s’expliquer, voulait qu’elle sache le pourquoi du comment et n’hésita pas à confirmer les propos qui trainaient sur elle dans les rues de la capitale des vampires.

Sans un mot, la De Szentes enregistrait les informations, laissant Emerence parler car elle semblait en avoir besoin. La belle pouvait voir les épaules de la brune qui s’étaient légèrement relâchées, comme si la douleur et souffrance qu’elle avait ressenti s’envolait peu à peu alors qu’elle vidait son sac, ses propos lui permettant certainement de se libérer intérieurement. La brune alla s’appuyer contre le bureau qui trônait non loin derrière elle, saisissant entre ses mains fines une feuille où quelques mots semblaient être écrits, puis reprenant la parole après quelques secondes. Toutes ses demandes étaient honorables, si elle voulait faire tout cela, c’était simplement pour leur contrée, pour les vampires, pour eux. Pour finir, si Aby acceptait tout ce que venait de lui dire et demander Emerence, elle avait déjà une première tâche à accomplir : aller libérer un ancien vampire de l’armée, du régime de Sophie-Anne certainement, coincé dans un puits non loin. Abygaël se leva de son canapé, approchant de l’Impératrice comme elle l’aurait fait avec une vieille amie, prenant une de ses mains dans les siennes, affichant un air déterminé.

" J’ai aussi senti ce lien étrange qui nous unissait depuis cette nuit-là et je ne peux le nier. Je ne savais pas à quoi m’attendre en venant ici mais je ne suis pas déçue. Certes, je n’avais pas pensé à cela mais je dois dire que je suis honorée de tout ce que tu viens de me dire, de me confier. C’est avec plaisir que j’accepte ta proposition, je resterai à tes côtés et te soutiendrai tant que tu en auras besoin. Je n’ai pas besoin de rang ou de titre, sauf si tu penses que c’est nécessaire, à la rigueur récupérer celui de ma défunte famille. Quoiqu’il advienne, je t’aiderai à redorer le blason de Màvreah et je saurai te tenir tête si je pense que c’est nécessaire… "

Un mince sourire se dessina sur les lèvres de la jeune vampire, espérant que l’Impératrice lui répondrait également d’un sourire. C’était un moment assez étrange pour quiconque verrait la scène de l’extérieur mais c’était aussi un instant riche en émotions pour les deux jeunes femmes. Leurs yeux se plongeaient les uns dans les autres, c’était comme si elles se comprenaient d’un seul regard.

" Je vais me charger de ce vampire dont tu m’as parlé mais j’irai seule si tu le permets. Je pense pouvoir gérer la situation toute seule. Peux-tu m’en dire un peu plus à son sujet ? Comment s’appelle-t-il ? "

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