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 Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?

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Dertar Émérisque
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MessageSujet: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Dim 16 Mar 2014 - 18:01


Après avoir traversé la vaste prairie des murmures, le voyageur quadrupède atteignit enfin la cité d’Ardamir vers la fin de Kandíntia de l’an 245. Les hauts pignons écarlates de la forêt montagneuse étaient visibles à des kilomètres, mais les citadins pouvaient également observer quiconque en approchait d’une allure un peu trop menaçante. Si le centaure n’avait guère été analphabète, il aurait pu lire, gravé à même la pierre d’une tour gardant l’entrée de la cité : «le respect est une vertu, l’harmonie est une finition». Paroles ne reflétant qu’une infime partie de la sagesse du peuple qui les avait écrites. Ses sabots traversèrent le portail avec enthousiasme alors que le Tonnerre assoupi pensait qu’il n’aurait qu’à patienter quelques jours pour entamer un voyage des plus intéressants en compagnie d’une amie pour qui il aurait parcouru dix fois la même distance sans hésiter, ne serait-ce que pour la revoir.

Les jours qui suivirent, le centaure parcourut les chemins, surmontant sa gêne maladive pour demander à quelques habitants s’ils avaient vu Lolia. La cité était aussi accueillante que dans son souvenir, mais lui rappelait à chaque instant ce qu’il n’était pas et ce qu’il ne pourrait jamais avoir. Et chaque jour qui s’écoulait le confirmait davantage. Le trentième jour du mois de Kandíntia, celui tant attendu, la température était pluvieuse et déprimante, collant très bien au moral de celui dont les espoirs étaient noyés un à un d’heure en heure. C’est comme s’il avait toujours su que c’était impossible qu’une elfe s’intéresse à lui de quelque façon que ce soit. Plus le jour avançait et plus le désespoir prenait le dessus sur son enthousiasme premier. Après avoir parcouru la cité, il dut s’en remettre à l’évidence; Elle ne viendrait pas. Empruntant arbitrairement le chemin le plus passant de la cité vers la fin de l’après-midi, Dertar remarqua les allées et venues des clients d’un bâtiment. Sans réfléchir, il y entra à son tour, la tête haute, comme fier, mais ce qu’il allait faire était loin d’être prodigieux. S’enivrer pour oublier n'était pas une prouesse, mais une lâcheté fréquente chez le centaure. Anesthésier son mal-être. À force de souffler sur des braises, son passé renaissait perpétuellement et venait hanter son esprit mutilé. Il avait bien deviné, il s’agissait d’une taverne, ou plutôt d’une auberge qui offrait aussi la possibilité d’engourdir son cerveau et la mélancolie qu'il portait.

L’endroit était plus grand qu’il n’y paraissait de l’extérieur, mais n’était pas rempli à pleine capacité en cette fin d’après-midi. Il fit son entrée, son arc en bandoulière formant une croix avec la lanière retenant sa bourse. Son carcan et sa dague pendus à sa ceinture. Tout ce dont il avait besoin pour survivre, il le portait toujours et se devait donc de voyager léger. Son regard ne fit aucun détour par les tables éclairées de quelques chandelles et il se dirigea tout droit vers le comptoir avec un bruyant cliquetis de sabot heurtant le plancher de bois et faisant tourner les têtes de ceux qui ne l’avaient pas déjà vu se pencher pour passer le cadre de porte. Avant d’identifier la bête, tous se demandaient qui osait laisser entrer son cheval dans une auberge. Le brouhaha habituel fit place à un silence, suivi par des chuchotements soutenus, auxquels le centaure ne prêta aucune attention. Il n’avait qu’une destination.

Le propriétaire de l’établissement était accoutumé aux voyageurs de partout en Ephaëlya, mais n’avait pas conçu l’endroit en prévoyance d’y accueillir des équidés, bien qu’il arrivait parfois que certains y fassent halte. Avant qu’un serveur ait le temps de le faire, le centaure tira deux tabourets pour se faire une place au comptoir et s’assit sur le sol pour ne pas bloquer le passage entre les tables et le bar. Posant ses coudes sur le comptoir, sa tête tomba finalement dans ses mains. Les muscles de son cou avaient peine à soutenir sa tête alourdie par les idées les plus noires. Avec un sourire hésitant auquel son nouveau client ne répondit pas, l’aubergiste demanda poliment :


-Bonjour Monsieur, est-ce que je peux vous recommander notre vin maison, le meilleur de la région?

Sortant quelques pièces du fond de sa bourse et les déposant sur le comptoir, le centaure répondit de sa voix rauque et neutre.

-Je vais prendre quelque chose de plus fort. En fait… donnez-moi cette cruche… d’eau-de-vie si vous voulez bien.

Dit-il en indiquant d’un hochement de tête un litre d’aquavit que l’elfe déposa en face de Dertar avec une petite tasse en étain tout en fronçant légèrement les sourcils. L’honnête aubergiste pris une partie des pièces et laissa le surplus à l’étranger. Sans attendre, le Tonnerre assoupi se servit une tasse de l’alcool et l’avala en quelques gorgées. Malgré son poids, il était moins tolérant qu’un nain pour cette boisson dont le foie peinait à filtrer la toxicité pour l’organisme. Alors que l’effet escompté commençait à être atteint, la porte de l’auberge s’ouvrit sur une silhouette familière, bien qu’inconnue. Il ne se rendait pas compte qu’il avait perdu l’attention générale au profit de l’un de ses semblables jusqu’à ce qu’il ne s’autorise à tourner la tête en entendant le propriétaire s’exclamer:

-Oh! Vous auriez dû me dire que vous attendiez quelqu’un, j’aurais préparé une place.

Tous devaient se dire qu’ils se connaissaient, puisqu’il était déjà rare qu’un seul centaure entre dans un tel établissement. Dertar détailla le nouveau venu sans trahir sa surprise.
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Shiron caylist
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Lun 31 Mar 2014 - 22:07

Shiron était en centaure qui apprécier la nature et galopait librement. Son coté équidé y était probablement pour beaucoup m’enfin c’était sa nature de vivre a l’état « sauvage » avec son troupeau. Actuellement il voyageait seul mais à la base il appartenait au troupeau ou il avait vu le jour. La raison qui faisait qu’à présent il était solitaire c’était sa sœur. Sa sœur jumelle avait jugée bon de partir au galop durant une nuit sans prévenir personne.

Le centaure comprenait le départ de sa sœur cependant il lui en voulait d’avoir fuis comme ça sans rien dire a personne ! C’était donc dans le but de la retrouver que Shiron sillonnait les régions inconnues jusqu'à présent, du moins pour lui. Il n’avait pas certitude exacte sur la destination de sa sœur nommée Melira, encore fallait il qu’elle est une destination. Le demi-équidé avait donc suivi la piste du mieux possible sans avoir jusqu'à présent de preuve concrète de son emplacement.

Cependant la chance lui souriait peut être. Du moins il espérait de tout cœur. Il avait entendu dire qu’un centaure avait été aperçu chez les elfes. Ce n’était pas être trop facile mais Shiron ce devait de vérifier l’information. D’autant qu’un centaure chez les elfes ce n’est pas courant et cela pouvait bien ressembler a Melira qui adorait la nature aussi comme les êtres de la forêt. Sans attendre donc il c’était rendu la bas. Cela lui avait valu quelques jours de voyage ais si cela lui permettait de retrouver la fugitif ce n’était pas grand-chose !

Le chemin le conduisait jusqu'à une auberge. Voulant vérifier ses informations le jeune centaure entrait donc sans hésitation dans le bâtiment. Généralement il évitait les lieux trop fréquentés mais son objectif était bien plus important qu’une petite déplaisance. Une fois à l’intérieur il s’immobilisait et inspectait le lieu. Il pouvait alors observer qu’on le fixait d’un peu partout. Comme quoi, voir des centaures c’est pas une habitude ici ! Cependant Shiron n’y accordait aucune importance sauf sur un individu précis. Shiron eu alors la sensation d’être déçu. Il s’y attendait mais mal heureusement ce n’était pas sa sœur. Toutefois il n’avait peut être pas tous perdu. Il avait en face de lui un compère du même sexe. Un peu plus âgé à première vue il semblait aussi plutôt maussade. Shiron ne le reconnaissait pas toutefois il pouvait deviner que l’autre équidé était en train de boire et pas qu’un peu si on jugé ce qui l’accompagné.

Shiron restait quelques secondes a le fixait avant de s’avançait. C’était donc pas Melira mais il n’allait pas repartir comme un voleur sans discuter rapidement avec lui. Quand au reste de la salle il lançait juste des regards avec un léger signe de la tête en signe de salut. Shiron n’était pas réellement vêtue. Il avait juste une grande sacoche au niveau de son corps et rien de plus.


-Bonjour a vous… J’ai entendu dire qu’un centaure ce trouvait par ici mais je suppose que cela devait être vous. Puis je savoir depuis combien de temps êtes vous arrivez ?

Pour s’adressait a lui. Il était évident que Shiron c’était approcher et a présent il était presque contre la table et fixer l’autre centaure qui semblait avoir déjà bu quelques gorgées…
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Ven 4 Avr 2014 - 3:43


Venant de traverser le seuil de l’établissement, un second membre de l’espèce lourdaude d’Ephaëlya se joignait au premier, donnant une impression de confiance en soi alors qu’il accordait quelques signes de tête aux inconnus installés aux tables. Il semblait dans son élément au milieu de tous ces êtres supérieurs, de toutes ces créatures favorisées dès la naissance. Les elfes. Comme s’il était leur égal et n’avait rien à leur envier. Cependant, tout comme le centaure accoudé au comptoir qui le fixait en haussant un sourcil, la pudeur ne faisait pas partie de ses défauts. Dans l’état un peu embrouillé où Dertar se trouvait, il ne craignit même pas au premier coup d’œil qu’il s’agisse d’un membre de son ancienne tribu. Et puis, au second regard, s’il était déjà né le jour des événements qui avaient détruit la vie du Tonnerre assoupi, il ne devait pas être en âge d’en être conscient à l’époque. Il semblait en effet dans la fleur de l’âge, ce qui était plus facile à déterminer par un autre centaure que par les autres races qui avaient une espérance de vie plus importante.

Le nouvel arrivant s’adressa directement à lui, ce qui ne dissipa aucunement la surprise de Dertar. Une main sur sa tasse à moitié vide, il avait cessé de boire depuis que l’étranger avait passé la porte de l’auberge et écouta ses paroles d’un intérêt particulier, ou était-ce une concentration plus que nécessaire? Il sourcilla légèrement en entendant le centaure parler bien vite sans prendre la peine de se présenter. Lui-même s’étalait rarement en politesses superflues. Cet homme parlait comme s’il le connaissait et son débit lui rappelait quelqu’un qu’il avait rencontré récemment, mais ne s’attarda pas à deviner de qui il s’agissait. Sans détacher ses yeux sombres de son confrère et avec tout le sérieux qui le caractérisait, il répondit, mais pas à sa question :


-Vous me semblez bien empressé, mon frère. Venez boire un peu pour vous détendre.

Son ton habituellement hésitant et timide était plus fluide sous l’aide de l’alcool, mais il parlait plus lentement que ce que l’on avait l’habitude d’entendre. Pour appuyer ses propos, il saisit la cruche et remplit la seconde tasse que l’aubergiste avait déposée sur le comptoir, sans attendre son consentement. Il ajouta sans attendre :

-Prenez place et expliquez-moi donc comment vous pouvez me chercher sans me connaître, car je ne crois pas vous avoir déjà rencontré, mon ami.

L’alcool le rendait à la fois mélancolique et détendu, ce qui était toujours mieux que malheureux et angoissé. Dans ces moments, son cerveau ne mettait pas mille efforts pour prévoir le pire et se rappeler ses nombreuses erreurs. Il était morose sans plus. Sans «si», sans «peut-être», sans crainte additionnelle. Il adressa un sourire fugitif au quadrupède avant de prendre enfin une gorgée de l’eau-de-vie qui désaltérait son âme.
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Shiron caylist
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Lun 14 Avr 2014 - 22:29

Shiron avait manqué de politesse en un sens. Il est vrai qu’il aurait pu ce présenter. Surtout qu’on lui avait appris a être courtois malgré le fait qu’il préférait agir que bavardé. Après tous les centaures étaient comme les elfes en générale. Ils étaient plutôt respectueux cependant plusieurs paramètres avaient fait que le jeune mâle n’avait pas agit comme il fallait. Non pas qu’il ne voulait pas indiquer son identité. Après tout il n’avait aucun secret.

Cependant la déception de tomber sur un étalon plutôt qu’une jument qu’il cherchait l’avait peut être fait oublier les bonnes manières. De plus l’état de son compère le laissé perplexe. Voir l’autre centaure à moitié avachi sur une table avec une boisson forte en grosse quantité n’était pas le genre de chose qu’il appréciait chez les siens. Qu’on boive un peu ou pour un événement d’accord, mais la le plus âgé était seul avec une bonne dose. Un tableau plutôt inadapté pour les équidés.


-Je parle normalement mais vous semblez avoir les sens désorientés par votre consommation.

Shiron avait parlé plus calmement sans manqué de respect sur un air neutre. Après tout on voyait bien que son interlocuteur était troublé. Enfin criait ou être énerver n’allait certainement pas régler le problème de Shiron et même si l’autre était dans un autre état, il n’y était pour rien. Autant donc bavarder un peu le temps de se reposé…. Il s’installait donc à proximité du centaure pour entamé la discussion avec lui.

-Je suis Shiron Caylist et je suis à la recherche d’une centaure. J’ai entendu dire qu’un centaure était par ici. J’ai donc voulu voir s’il s’agissait de celle que je cherche et je suis tombé sur vous. Voila pour l’explication.

Shiron avait résumé la situation pour lui. A présent il fixait l’autre étalon tout en jetant de bref regard à la pièce parfois.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Sam 26 Avr 2014 - 5:31


L’effet de surprise estompé, l’attention des clients bipèdes de l’établissement se reporta sur des discussions animées autour des tables derrière les deux centaures. Le nouvel arrivant s’était approché de l’ivrogne occasionnel et fit une remarque sur sa consommation exagérée. La mâchoire de l’interlocuteur se serra un instant. La solitude se tolère beaucoup mieux quand on est seul, se dit-il, surtout quand on se méprise bien assez pour deux. Si ses sens étaient désorientés, le monde était toutefois beaucoup plus beau lorsque ses yeux étaient brouillés. Il garda le silence comme il en avait l’habitude et encaissa, mais dans l’état où il se trouvait, plutôt que d’accumuler sa colère, il oublia bien vite les paroles du jeune homme après une nouvelle gorgée du liquide enivrant. Pourquoi se trouverait-il dans une taverne si ce n’était pour oublier sa vie misérable? Shiron s’installa au comptoir avant de se présenter et d’expliquer la raison de sa présence.

- Vous ne seriez pas le premier que j’aurais déçu. Elle doit en valoir la peine pour que vous vous abaissiez à m’adresser la parole.

Répondit Dertar spontanément avec un sourire qui se voulait sympathique, mais sembla davantage sarcastique vu son expérience interpersonnelle plutôt limitée. Ce ne fut qu’après quelques instants que ce dernier réalisa que le nom de famille de son locuteur l’interpelait. Les vapeurs d’alcool ralentirent sa réflexion. Il avait entendu ce nom récemment… N’était-ce pas celui du crin mystique avec laquelle il avait réappris à ne faire qu’un avec la nature? Celle qui s’était intéressée à lui plus qu’il ne pourrait jamais s’intéresser à une centauresse? Lui dirait-il toujours «non» maintenant que son unique projet s’était envolé? Mais elle méritait beaucoup mieux qu’une seconde place et surtout, elle méritait plus qu’un expatrié. Il considéra son interlocuteur d’une toute autre façon. Maintenant qu’il y pensait, il leur trouvait bien une ressemblance. Ils étaient plutôt directs, une qualité qu’il appréciait tout en la craignant. Il baissa les yeux vers le liquide au goût fort avec un léger sourire sur les lèvres. Melira Caylist. C’était bien le nom de l’impressionnante jeune femme qu’il avait rencontrée quelques cycles auparavant et qui lui avait parlé de son jeune frère qui devait être à sa recherche. Elle n’avait pas tort, mais à quoi s’attendre de moins de la part d’un crin mystique? Pour compléter ses pensées, il marmonna quelques mots à peine audibles avant de porter le précieux liquide à ses lèvres et de remplir une nouvelle fois sa tasse.

-Belle femme … aurait dû rester. Elle… elle aurait pu rester.

Passant rapidement d’une humeur mélancolique à un tempérament plus festif, il jeta un coup d’œil invitant vers la tasse d’alcool placée devant Shiron. Tout ce que l’on cherche peut bien attendre le temps d’une pinte. Mais il n’y connaissait pas grand-chose au fait de chercher, lui qui n’avait jamais eu de réel but, surtout en ce jour où sa seule mission avait coulé, le laissant sur une île désertée par l’espoir.

Quel contraste, tout de même. Alors que Dertar cherchait à tout prix à oublier son passé, Shiron cherchait plutôt à le restituer en retrouvant sa sœur. Les choses changent, les gens vont et viennent. On ne devrait pas les forcer à rester contre leur gré. Oui, mais combien avaient dû quitter contre leur gré? Lui aussi aurait aimé qu’on tente de le retenir, il se serait même contenté d’un regard de haine ou de déception, mais aucun membre de sa tribu, parent ou ami, n’avait daigné ne serait-ce que le regarder. Son attention se reporta sur le jeune centaure. Il lui devait toujours une présentation.


-Je suis Dertar Émérisque, dit Tonnerre assoupi. Vous cherchez une centauresse et je cherchais une elfe, mais elle ne viendra pas. J’espère que vous aurez plus de chance. Cela fait-il longtemps que vous la recherchez?

L’aubergiste se tenait silencieusement derrière le comptoir, faisant semblant de s’occuper, mais en réalité, il était plutôt curieux d’entendre une conversation entre deux centaures.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Dim 18 Mai 2014 - 11:51

-Elle en vaut la peine oui. Même si je ne suis que son frère. Je me dois de la retrouver avant qu’il ne lui arrive quelque chose…. Et je ne voie pas en quoi vous adressez la parole est dénigrant. Même si je reconnais que votre état ne vous donne pas une fière allure.

Shiron avait eu pour mission de la retrouvé mais s’il avait accepté, ce n’était pas pour le troupeau directement. C’était pour leur mère et lui-même. Même si Melira ne lui avait rien dit, il ce doutait pourquoi elle était parti. Là-dessus il comprenait. Enfin à présent l’autre centaure savait pourquoi il était là et la raison de la déception de Shiron. Par contre Shiron ignorait pourquoi l’autre étalon était en train de se plongé dans… cet état. Cela ne le concerné peut être pas mais le jeune mâle était curieux et puis il avait révélé la raison de sa présence. Son compère pouvait en faire tout autant.

Puis sans comprendre pourquoi. Le centaure qui continuait de boire c’était mis à marmonner quelques mots. Shiron n’était pas sur du sens mais il pensait en avoir compris quelques mots.

-Quelle femme ?

Il avait compris le mot femme et avait cru entendre le verbe rester à deux reprises. Après peut être que les mots du centaure n’avait rien avoir avec ce que Shiron avait dit mais vue que sa sœur était partie. Cela pouvait bien être de Melira que l’équidé parlait ou tout simplement une femme que lui-même avait connue.

A cette interrogation il avait peut être eu un indice alors qu’il avait enfin le nom de son interlocuteur. Il ce nommait Dertar Emerisque et il attendait une femme elfe qui n’allait pas venir apparemment. Peut être que c'était elle la fameuse femme.

-Quelques mois. J’en déduis que ce nom ne vous dit rien par chance ? Concernant votre dame elfe j’ai peur de ne pas pouvoir vous aidez. Est-ce à cause de cette dame elfe que vous êtes là seul avec votre chope ?

Shiron n’avait pas hésité à demandé clairement deux choses. Il avait vue Dertar réfléchir tout a l’heure ou peut être était ce tout simplement l’alcool qui l’avait fait agir ainsi. Mais ainsi Shiron pourrait être fixé sur sa sœur et sur l’état du centaure.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Lun 26 Mai 2014 - 3:35


«Quelle femme?» La question fit prendre conscience à Dertar qu’il avait parlé tout haut. De toute évidence, le jeune centaure n’était pas porté vers le goulot et allait droit à son but par ses questionnements directs. Malheureusement pour lui, son interlocuteur n’était pas dans son état normal, puisqu’en pareil cas, il aurait répondu directement et s’en serait tenu à l’essentiel. L’alcool avait commencé à lui brouiller l’esprit au point de faire tomber temporairement la carapace qu’il avait forgée depuis son enfance. Sa timidité mis au rancart le temps d’un soir. Cependant, il ne pouvait savoir à quel point ce qu’il s’apprêtait à dire était flou pour une personne qui ne pouvait suivre le fil de ses pensées, c’est-à-dire n’importe qui sauf lui. Il avait beau parler plus lentement que la moyenne, il ne faisait pas plus de sens pour autant.

-À l’origine, je l’ai confondu avec… avec l’autre. Pourtant, elles n’ont en commun que le peuple et, cela va de soit… leur grande beauté. Pourquoi se trouvait-elle là au bon moment et surtout, pourquoi m’est-t-elle venue en aide? On aurait dit un rêve. Que tout mon sang m’avait quitté par cette unique morsure [il secoua sa patte cicatrisée] pour me laisser dans une torpeur apaisante. Je ne me suis éveillé qu’aujourd’hui, en plein jour, en comprenant qu’elle ne viendrait pas. Votre sœur ne doit être qu’un rêve. Elle aussi. Comment pourrait-elle être vraie? La forêt est jonchée de mirages.

Il se mit à rire faiblement, de façon saccadée et d’un timbre caverneux. Il s’interrompit rapidement pour prendre une autre gorgée d’aquavit. Alors qu’il fixait le néant derrière le comptoir, l’image de Melira lui revint à l’esprit. S’il n’avait pas été aussi récalcitrant envers sa propre race, elle l’aurait certainement envoûté. Il se tourna vivement vers Shiron, ce qui lui fit légèrement tourner la tête.

-Êtes-vous un crin mystique également?

Melira n’était pas un crin mystique, mais il aurait juré qu’elle l’était. Ce n’était pas quelque chose que l’on choisit, mais était destiné aux centaures qui développaient des habilités inégalables dans la compréhension de leur environnement. Ils étaient choisis par Sên elle-même.

Shiron avait vite compris ce qui avait mené le Tonnerre assoupi au comptoir de cette auberge. Une elfe. Mais c’était un peu plus que ça. C’était la relation que Dertar avait développée avec les elfes depuis qu’il était tombé amoureux de l’une d’entre eux.


-Je préfère ne plus parler de ce peuple... si parfait et si… hautain.

Sa bouche fit une moue de dégoût tandis que l’aubergiste tressaillait. Puis, d’un air songeur, il marmonna à nouveau :

-Elle cueillait des fleurs. Elle m’aurait laissé une chance.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Jeu 29 Mai 2014 - 20:28

Shiron discutait toujours avec le centaure. Mais plus le temps passé plus il voyait que l’autre mâle divagué quelque peu. Probablement l’alcool mais ça devenait un peu gênant. Le jeune étalon essayait de saisir les dires de Dertar. Mais quand il c’était lancé dans un petit discours, Shiron eu bien du mal à en comprendre le sens. Sur le coup le plus âgé des centaures semblait mélanger réalité et rêve. Comme s’il racontait un rêve qu’il avait vue durant la nuit en prenant des faits réels.

Ne saisissant pas toute la tournure des mots. Shiron avait décidé de ne pas en rajouté la dessus. Aussi il avait gardé un regard neutre tout en faisant mine d’écouté. Car oui il écoutait toujours même si c’était bien difficile à force. Il espérait cependant que Dertar ne se laisse pas trop guidé par le liquide qu’il ingurgité. Car Shiron préférait éviter d’avoir à relever son compère alors qu’il avait sombré dans un coma éthylique.

C’est alors que Dertar posait une question. Une simple phrase mais qui était étrange et qui semblé sous entendre certaine chose que Shiron n’avait pas manqué de relever.


-Je ne crois pas être un crin mystique pour ma part. Mais comment ça également ? Est-ce que c’est parce que j’ai parlé de ma sœur ou y a-t-il quelque chose que j’ignore encore ?

Shiron n’en était pas sur à fond. Cependant il était persuadé quand posant cette question. L’autre centaure faisait référence à sa sœur surtout avec le mot « également ». La connaissait-il ? Ou était ce juste une autre réaction du a l’alcool ? Shiron comptait bien s’en assuré de suite car si Dertar savait quelque chose il pouvait grandement l’aidé.

L’équidé le plus jeune attendait la réponse avec impatience mais entre temps il avait eu la confirmation que l’autre mâle avait eu quelque souci avec les elfes. Du moins la femme elfe don t’il avait parlé. Du coup a présent ce dernier ne portait pas les elfes dans son corps. Suivant ce qui c’était produit on pouvait le comprendre…. Mais comme si ça ne suffisait pas. Voilà que Dertar rajoutait encore une phrase pour lui seul apparemment mais a voie haute.

-Les elfes ne sont pas si parfait. Ils ont aussi leurs faiblesses tout comme nous. Et au fond cette femme elfe mérite que vous vous mettiez dans un tel état ? Est-ce d’elle que vous parliez avec les fleurs et de vous laissez une chance ? J’aimerai comprendre. Je n’arrive pas à vous suivre Dertar….

Shrion ne faisait plus trop attention aux environs. Il voulait savoir ce que son interlocuteur disait. Pas connaitre toute sa vie mais au moins saisir ce qu’il marmonnait ou ce a quoi il faisait allusion.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Dim 8 Juin 2014 - 17:19


Les yeux marron du jeune centaure transperçaient ceux brouillés par l’alcool du plus âgé. Ses questions devenaient plus précises alors que les réponses demeuraient floues et apparemment hors contexte. Il voulait savoir qui cueillait des fleurs. Pourtant c’était lui qui avait parlé de Melira en premier et Dertar ne faisait qu’élaborer sur le sujet... Mais bien sûr il avait tout confondu. Le Tonnerre assoupi se tourna à nouveau vers le jeune centaure d’un air sévère, comme si ce dernier aurait dû comprendre de quoi il parlait ou comme s’il l’avait dérangé dans un songe particulièrement intéressant. Mais en réalité, c’est le sujet des elfes qui commençait à jouer sur ses nerfs. Il était là pour oublier, bien que ce soit par malheur au cœur même de la cité des elfes. Son regard, qui en temps normal cherchait à éviter à tout prix celui des autres, fixait à présent avec une telle intensité le jeune Caylist qu’on aurait dit qu’il reprenait toute sa lucidité, pour la perdre de nouveau progressivement à chaque mot qu’il articulait lentement.

-Melira. Melira cueillait des fleurs. Elle semblait si… si sereine.

Ses traits s’adoucirent à ce souvenir. Cette fois, Shiron ne pourrait plus douter du sens de ses paroles, puisqu’il n’avait pas encore mentionné le nom de sa sœur. Oui, Dertar avait rencontré Melira. Tout au cœur de la forêt du Crépuscule où elle lui avait donné de l’espoir, mais surtout des regrets. Maintenant que son rêve incertain s’était dissipé, il se rendait compte qu’il avait laissé au bord de sa route une réalité qui aurait pu être merveilleuse s’il l’avait regardé du bon œil. Pour un rêve. Il avait même dû faire du tort à cette précieuse et singulière centauresse en la rejetant sans explication suffisante. Elle n’y était pourtant pour rien. Il savait ce qu’était le rejet et que c’était plus douloureux que toutes les blessures. Il n’aurait jamais pensé le semer à son tour. Détournant le regard d’un air coupable, il se remit à fixer le liquide enivrant auquel sa main semblait clouée, même quand il ne le portait pas à sa bouche. D’une voix plus faible, il compléta :

-Je lui ai fait du mal… Saurez-vous me pardonner? Maintenant c’est à mon tour de souffrir…

Il exagérait, bien sûr, car Melira était forte et avait enduré bien pire au cours de sa vie. Et puis, c’est elle qui aurait eu des regrets si elle était revenue chez elle en sa compagnie, de cela il en était certain. Les questions que lui aurait posées Shiron auraient été d’un tout autre ordre, comme tout frère se doit de le faire.

Absorbé par leur discussion et le sang baigné d’alcool, le centaure ne suivait plus les entrées et sorties des clients. La clientèle de l’auberge avait pourtant doublé depuis son arrivée. Un nouvel employé était apparu et prenait les commandes aux tables.
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Shiron caylist
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Mer 18 Juin 2014 - 17:07

Shiron était réellement attentif. Il y aurait pu y avoir une bagarre générale qu’il n’aurait pas bougée. Ho bien sur c’était façon de parlé. Mais on voyait qu’il était concentré sur les paroles de l’autre étalon. Paroles qui furent plutôt longue à venir d’ailleurs. Le jeune centaure avait pu voir Dertar bougeait. Dans le regard de ce dernier il semblait y avoir plusieurs choses. Shiron n’était pas très doué pour lire le regard des gens. Cependant il arrivait a déchiré certains détails qui pouvait lui donné des indications sur ce qu’il ressentait.

Mais alors que Shiron essayait de trouvé ce qu’il pensait. Les paroles sortirent de la bouche de son interlocuteur. Cependant les mots résonnaient comme une claque sur le visage. S’il avait était sur une chaise. Shiron ce serait relever debout directement comme si un insecte l’avait piqué. Melira ramassé des fleurs sereinement. C’était ce qu’il avait dit !

-Melira?! Vous l’avez rencontré ?

Sur le coup Shiron était tendu. Il avait retenue ses questions mais il était clair qu’il voulait savoir quand, où, depuis combien de temps et tous les détails. Pourquoi en il disait ça que maintenant ? Il avait parfaitement conscience que Shiron cherché sa sœur et le nom de famille aurait du lui parlait rapidement. La preuve il avait lui-même annoncé Melira alors que Shiron n’avait pas cité le prénom de la jument. C’était l’alcool qui faisait que Dertar était si moue ou y avait ‘il autre chose ?

Cependant pour toute réponse il avait droit à un centaure fuyant du regard. Ce n’est qu’après quelques secondes durant les quelques les muscles de SHiron se contracté, a cause de l’impatience, que Dertar ce décidé à répondre. Il lui avait fait du mal ?


-Quoi ?! Qu’est ce que vous lui avez fait ?! Dite le moi de suite.

Tout en parlant Shiron avait posé ses mains fermement sur la table. Il avait haussé le ton sans non plus hurlé. Mais il était clair qu’il était plus tellement calme là. En même temps un inconnue parle de sa sœur et déclarant lui avoir fait du mal. Dertar semblait éprouvé des remords mais ce n’était pas ça qui apaisé Shiron surtout si sa sœur avait souffert ou pire….

-Si vous lui avait fait du mal dertar je peux vous le garantir que je le pardonnerai pas.

Demandé pardon ? C’est ce que Dertar semblait vouloir demandé il y a peu mais Shiron n’allait pas lui pardonné suivant ce qu’il avait commis comme acte. Shiron le fixait avec un regard intense. Si jamais il tentait de se détourné encore ou même de borie une autre gorgé. Shiron bloqué son geste. Il voulait sa réponse et de suite. C’était un sujet trop sensible pour être calme et paisible.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Mar 24 Juin 2014 - 19:46


Le récit recouvrait lentement son ordre, mais le flou restait omniprésent. On aurait dit que le centaure plus âgé semait délibérément des énigmes pour ralentir  le jeune centaure à la recherche de sa jumelle. Pourtant, ses difficultés au niveau interpersonnel additionnées à la quantité d’alcool présente dans son sang étaient les seules véritables raisons de son manque de clarté.

L’air du Tonnerre assoupi n’aurait pu sembler plus coupable. Non seulement il avait rencontré Melira, mais s’il avait eu les idées plus claires, il serait toujours à ses côtés et sa rencontre avec Shiron se serait déroulée bien différemment et dans un tout autre contexte. L’ambiance aurait certainement été plus festive. S’ils avaient été du même clan, le jeune centaure aurait reconnu la même mine que l’enfant Dertar arborait quand son père, sabot en second, l’avait grondé à son retour d’une escapade nocturne dans la forêt des sanglots avec feu son cousin Filam. Une action peu intelligente, mais sans trop de conséquences. Un regard misérable, mais prêt à recommencer dès que l’occasion se représenterait. Il était pratiquement le même qu’à ses premières années, bien que les erreurs qu’il faisait étaient un peu différentes.

Mal à l’aise et inconscient que ses actes par rapport à Melira étaient bien peu comparés à ce que pouvait s’imaginer Shiron, il tenta de mettre la main sur le contenant de liquide réconfortant. La main du frère protecteur bloqua rapidement son geste. Davantage par surprise que pour intimider, Dertar releva sa partie postérieure, renversant une chaise par la même occasion, ce qui attira de nouveau l’attention générale sur les deux quadrupèdes. Bien sûr, il n’était pas plus grand quand il s’appuyait sur ses pattes postérieures, mais il dut s’appuyer également sur son bras libre au comptoir pour ne pas chanceler. Était-ce seulement lui ou le bâtiment s’était mis à tourner? Il se rassit aussi vite pour se ressaisir.

Étrangement, le fait d’avoir mal agi et que l’un de son espèce lui porte de l’attention pour cela avait quelque chose d’apaisant. C’était toujours mieux que de cesser d’exister, comme ça avait été le cas dans son propre clan. Maintenant qu’il la vivait, il préférait de loin la haine.


-On aurait dit… elle savait tout… Et pourtant… Que voyait-elle de moi?

Le Tonnerre assoupi regardait dans la direction du jeune centaure, ce dernier ne lui en laissant plus tellement le choix, mais ses yeux étaient lassent et clignaient longuement. Un autre moment s’écoula alors que la tension montait, avant que le regard de Dertar ne s’attarde enfin dans celui insistant de son interlocuteur et qu’il réponde plus directement à la question qui l’intéressait. Mais cette réponse allait-elle lui suffire?

-Elle n’a rien… Mais nous sommes toujours seuls. Tous les trois. «Le moment est venu de retrouver les miens». La solitude est dangereuse… et je l’ai laissé seule.

Il se rappelait des bribes des discussions qu’ils avaient eu, Melira et lui. Elles étaient floues comme un rêve dont le réveil nous attriste et elles se mélangeaient dans sa tête trop lourde. Il ne s'inquiétait pas réellement pour Melira, car elle semblait n'avoir aucune difficulté à se débrouiller seule. Son regard se détourna de l’air sévère du jumeau pour se noyer à nouveau dans le contenant d’alcool, le ramenant à la raison de sa présence. L’elfe qui était en retard à leur rendez-vous. Il se remit à marmonner :

-Une seule parole. Ne point en douter… Non, ce n’était pas ça… «L’occasion de se revoir»… C’est Melira que j’aurais dû suivre.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Dim 20 Juil 2014 - 12:24

Ça pour être sur les nerfs, il l’était Shiron n’était pas de nature très patient de base. Il était calme malgré tout sauf quand il s’agissait de quelques choses d’important. Hors là plus les secondes passaient plus le jeune centaure voulait arracher les réponses a son compère. Cependant il n’allait pas la frappé non plus et le torturé était encore moins envisageable. Shiron n’avait pas peur de Dertar, mais a quoi bon assommé un centaure à moitié conscient a cause de l’alcool.

Voilà pourquoi Shiron ce retenait de ne pas explosé et c’était juste contenté de lui bloqué le bras tout en l’observant fermement. Encore une fois les réponses furent un peu floues. Shiron commençait a être un peu agacé de ce genre de réponse bateau. C’était l’alcool ou il était comme ça de nature ? Enfin a première vue Dertar n’avait rien fait a Melira. Ils semblaient avoir parlé seulement mais dans ce cas pourquoi disait-il lui avoir fait du mal ? S’il ne l’avait pas blessé physiquement il ne restait que l’option morale. Peut être que le centaure l’avait dénigrés ou « insulté ». C’était possible mais encore une fois rien n’était clair.

-Vous allez me répondre clairement Dertar. Fini l’alcool tant que je n’aurai pas eu la réponse précise. Que c’est il passé et ou l’avait vous vue la dernière fois ? Je veux savoir. Si vous regrettez réellement de l’avoir blessé et que vous dite que vous auriez du la suivre. Vous devriez être capable de m’expliqué précisément votre rencontre.

Shiron n’avait pas lâché prise sur l’autre hybride. il lui avait parlé de manière un peu sèche voir autoritaire. Le jeune mâle ne voulait en aucun cas prendre le commandement de quoi que se soit mais la Dertar joué avec ses nerfs et s’il avait réellement quelques choses sur la conscience. Shiron était le mieux placé pour en entendre parler puisqu’il était le frère jumeau de Melira.

A présent il restait a espérer que Dertar est suffisamment de lucidité pour comprendre la situation et l’éclaircir. L’alcool semblait l’avoir bien affecté mal heureusement. Shiron pouvait attendre qu’elle retombe mais sa patience étant limité et avec ce que son interlocuteur avait dit, il voulait la réponse de suite.


[Vraiment désolé pour le retard :s. Je vais répondre plus rapidement de nouveau. Je m'excuse. ]
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Lun 28 Juil 2014 - 3:56


L’heure à laquelle les travailleurs de la métropole terminaient leur journée et venaient festoyer à la taverne était arrivée, et pourtant l’établissement était curieusement tranquille. Apparemment, la plupart des clients s’intéressaient surtout à la conversation des deux centaures au comptoir. Aucun des deux ne criait, mais le ton du plus jeune donnait l’impression d’un conflit, sans parler qu’il empoignait l’avant-bras de l’ivrogne pour l’empêcher de continuer à embrouiller ses souvenirs. Ces derniers lui semblaient particulièrement intéressants depuis qu’il avait pu comprendre que l’interrogé avait connu sa sœur. Ce quadrupède avait tout un caractère, du moins c’était ce qui ressortait de sa personnalité quand cela concernait sa sœur. On aurait pu comparer sa réaction aux divagations de Dertar à celle de Melira quand il avait tenté de lui mentir sur son passé dont il avait si honte. Qu’en dirait Shiron s’il apprenait ce qu’il avait fait dans son clan? Sa crainte que Melira ait été blessée se serait certainement décuplée.

Le Tonnerre assoupi tenta de retirer son avant-bras de l’emprise du jeune centaure qui s’impatientait, mais l’effort n’y était pas. Il savait bien que boire autant ne lui apportait qu’un apaisement temporaire qui finirait par alimenter sa haine de soi quand il retrouverait de sa lucidité. Mais il ne connaissait aucun autre moyen de noyer ses craintes, ses échecs et ses mauvaises décisions… Ou plutôt il croyait ne pas en connaître d’autres, mais Melira lui avait réappris la méditation lors de leur séjour ensemble. S’il l’avait suivi, elle l’aurait changé et peut-être aurait-il aimé ce qu’il serait devenu. Était-ce qui l’effrayait tant?

Shiron s’adressa rudement à Dertar afin qu’il déballe tout ce qu’il savait. Il voulait des détails? Il ne savait pas à qui il s’adressait. Lucide, le quadrupède s’en tenait qu’à l’essentiel. Ivre, il donnait des détails que seul lui pouvait visualiser. Et Dertar était loin de comprendre quelles précisions pourraient intéresser le jeune homme. Il allait également de soit que parler de sa relation avec Melira avec le propre frère de la belle était étrange, voir gênant. Il commença malgré tout son récit de sa voix lente et dont le volume variait sans raison.


-La forêt des hommes. Là où le soleil jamais ne se lève. Mais Melira illuminait sous le feuillage. Elle avait la grâce des… du peuple d’ici… malgré son corps équin. Un esprit de la forêt que rien ne saurait atteindre. Sans hésiter, elle m’a montré à… communier avec la nature, comme si elle avait foi en moi. Il avait des cornes, des griffes et des crocs acérés. Les yeux brillants comme tout Hefaestyon. Mais elle n’a pas abandonné. Elle a joué une mélodie qui s’est mêlée au vent, aux bruissements des ailes, à l’eau d’un ruisseau, aux tambourinements des pics et à mon souffle.

Dertar hochait lentement la tête en se remémorant ce qu’il racontait, puis baissa les yeux. Il allait volontairement omettre le baiser que Melira avait déposé sur ses lèvres pour le sortir de la méditation. De toute façon, même pour lui il était encore flou s’il l’avait rêvé ou s’il était vraiment advenu.

-Elle voulait choisir et c’est pourquoi elle est partie. Elle savait que vous la chercheriez. Et elle voulait retourner... Elle pensait que vous me donneriez une chance, mais moi-même je ne me donnerais pas une chance… Elle pourrait être n’importe où à présent.

Espérant la réponse satisfaisante, il tenta de se libérer de l’emprise du jeune centaure à nouveau avec plus de vigueur.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Mer 6 Aoû 2014 - 18:28

Cette fois Dertar semblait sérieux. Du moins pour quelqu’un qui a but plusieurs verres, voir plus, il avait un air sérieux et réfléchit. Différent de son état ensommeillé et dépressif, même s’il concevrait un peu ce dernier. Enfin le jeune étalon avait eu les réponses qu’il désirait. Du moins en grande partie.

Dertar semblait avoir vue Melira comme une sorte de…. déesse. C’était ainsi qu’il l’avait décrite presque. Dertar avait été fasciné par la sœur de Shiron et semblait même avoir était attirer. Cette idée ne plaisait pas forcément a Shrion. Du moins que sa sœur attire le regard d’un centaure c’était déjà arriver. Mais que celui-ci se mette à boire ensuite…. C’était une mauvaise image d’autant que Melira avait déjà eu des soucis avec « ses prétendants ». Mais dans tout ça Shiron ne comprenait pas comment Dertar lui avait fait du mal. Il semblait sincère sur le coup et n’avait pas dit l’avoir touché physiquement.

Shiron fixait intensément Dertar encore avant de finalement le relâché. Le jeune mâle espérait encore que son compère garde sa lucidité pour poursuivre la conversation, mais il n’allait pas le bloqué plus longtemps ayant eu ce qu’ils voulaient pour l’heure.


-Elle vous a donc aidé et vous a appris a communiqué avec dame nature ? C’est biens on genre… Cependant je ne voie pas en quoi vous auriez pu lui faire du mal Dertar. Que c’est il passé ensuite ? Et vous donnez une chance par rapport a quoi ? Si je ne sais pas j’ai peur de ne pas pouvoir vous aidez également….

Shiron remettait sur le tapis certaines questions ainsi que des nouvelles. Mais ainsi il en apprendrait certainement plus sur la rencontre avec melira mais aussi sur qui était réellement Dertar. Un centaure qui buvait au point de perdre ses notions sur le territoire elfique n’a rien de commun. Il devait bien y avoir un récit derrière ça et si Dertar n’avait rien fait de mal, Shiron pourrait essayer de comprendre ce que Melira voulait dire pas donné une chance et pourquoi pas y aidé.
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Lun 25 Aoû 2014 - 4:46


Se libérant d’un coup de l’emprise du jeune centaure qui l’avait relâché, la main du Tonnerre assoupi heurta son objectif alcoolisé qui se fracassa sur le sol, près de l’aubergiste. Sous la surprise, l’elfe émit un «Hé!» tout en évitant l’objet, mais s’apercevant que le geste n’était pas volontaire, il sortit un nouveau gobelet en soulignant à voix basse et avec raison :

-Vous devriez modérer, maintenant.

Mais le centaure fit mine de ne pas entendre l’avertissement alors qu’il remplissait le contenant avec un sourire flottant sur ses lèvres. Sa sécurité dans la paume de sa main et son avant-bras libre de mouvement, il n’en prit cependant guère une gorgée. Et son air, qui avait été plus sérieux alors qu’il n’avait pas la liberté de s’enivrer plus qu’il ne le faut, était redevenu moins maussade. Comment en était-il arrivé jusque là? Il allait presque bien avant de rencontrer Lolia. Enfin… disons plutôt qu’il était près de la neutralité. Était-ce à cause de ce que la vampiresse, Aurore, lui avait dit? Pourquoi cette idée le hantait depuis, alors qu’il se serait largement contenté d’une simple amitié? Et puis, comment pourrait-il l’aimer en la connaissant si peu? Elle était attirante, oui. Mais Melira aussi, malgré toute cette partie équestre. Saurait-il vivre avec? Si oui, alors elle devrait tout savoir, car il ne savait pas lui mentir. Mais son frère, l’ayant vu dans un tel état d’ivresse, n’accepterait jamais cette union. Pourquoi la vie est-elle jonchée de dilemmes qui nous obligent à choisir?

C’était un exploit d’arriver à penser autant dans l’état où il s’était mis. La différence avec ses pensées habituelles, c’était la façon dont il les relativisait exagérément. Ses pensées devenaient un jeu. Plus elles étaient noires, plus elles l’amusaient. Mais ces dernières furent rapidement interrompues par de nouvelles questions de la part de Shiron. Le jeune centaure perdait son temps avec un tel ivrogne. Un temps qu’il aurait pu employer à chercher sa sœur ou retourner profiter de la vie dans son clan. Y trouver une compagne. De toute manière, au discours que Melira tenait lors de leur rencontre, elle était peut-être déjà retournée dans son cocon familial à cette heure. Fixant le liquide vibrer à chaque pas des clients de l’auberge, Dertar répondit à son confrère d’une voix épuisée :


-Cela n’a pas d’importance, mon frère, elle faisait erreur. Une chance... Votre clan aurait toutes les raisons de me tenir à l’écart. Et ensuite? Je suis parti, fin de l’histoire. Qui sait… Peut-être que c’est elle qui vous cherche maintenant.

De toute évidence, Shiron n’était pas porté vers le pichet. Est-ce que cela lui permettait d’atteindre ses objectifs plus rapidement? Il n’était pas là pour s’amuser. Certains ont mieux à faire. Un pâturage, des cheveux dorés, une feuille tournoyant sous un tremble, une brume irréelle, le grincement interminable d’une cigale. Dertar s’était endormi comme ça, accoudé au comptoir. Mais en l’espace d’une seconde, le temps d’un coup de sabot à la tête et il se réveilla en sursaut. Il faisait toujours ce rêve depuis qu’il avait traversé la prairie des illusions. Il secoua légèrement la tête pour retrouver ses esprits, ou ce qu’il en restait, avant de se tourner vers le jeune homme et lui dire en pointant dans sa direction pour appuyer ses paroles qu’il croyait sensées :

-C’est bien de pouvoir se raccrocher à quelque chose… à quelqu’un. Mais aussi proches soient-ils, ils finissent toujours par vous trahir.

Laissant tomber sa main sur le comptoir, il termina avec un petit rire forcé :

-Suffit d’anticiper quand ce moment arrivera si on veut réagir de la façon la plus convenable à notre cher peuple.


Hrp:
 
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Shiron caylist
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Sam 30 Aoû 2014 - 21:34

On ne pouvait pas dire que les centaures mettaient la pagaille dans la taverne cependant il est vrai qu’ils parlaient un peu fort. Notamment shiron qui avait haussé le ton il y a peu. Cependant personne n’avait fait de remarque aux centaures jusqu'à ce que Dertar face tombé sa chope au sol. La réaction de l’elfe était tout a fait logique suite a cet incident sans pour autant être excessif. Cependant Shiron n’y avait pas accordé tant d’importance. Melira était bien plus important et indirectement Dertar l’était aussi.

Toujours avec attention donc. Le jeune centaure écoutait sans le coupé. Décidément Dertard devait aimer parlait par énigme car il était toujours aussi floue presque. Cependant Shiron avait compris ce qu’il en était. Du moins c’était ce qu’il pensait. A première vue cela n’avait pas d’importance ce qui concerner l’autre étalon. Quand a Melira, Lui et elle c’étaient ensuite séparer chacun de leur coté d’après le récit. A présent dertar avait peut être raison, la sœur de shiron était peut être reparti en direction des siens.

-Très bien… Merci pour votre réponse même si j’ai encore du mal a comprendre pourquoi cela n’est pas important pour votre cas. Mais je ne vais pas vous arrachez les mots non plus.

Shiron avait suffisamment oppressé son compère. Il avait eu les réponses voulu et même s’il voulait aider l’autre centaure, si ce dernier obstiné encore à ne plus parler, alors qu’il en soit ainsi. Si Dertar avait réussi a convaincre melira de rentré c’était une très bonne chose. A présent le problème était encore de la retrouver mais au moins il avait une piste ce qui réjouissait le jeune centaure.

Par contre Dertar ajouta un commentaire. Il avait l’air de parler comme du vécu. Bien qu’aucun rapport directe avec le sujet, il avait raison mais il était encore trop pessimiste dans ses pensées.

-On peut dire que Melira m’a trahi oui. On ce disait tout sans aucun secret et son départ sans prévenir peut être considérai comme une trahison mais je peux aussi la comprendre. Cependant si on ne peu plus faire confiance ou s‘accroché a quelqu’un ou quelque chose comment peut on avancé ?

Shiron n’était pas philosophe mais dertar avait aussi tord….

-Vous-même vous vous accrochez a quelque chose pour avancé. Même si l’alcool n’est certainement pas un bon truc. Vous continuez d’avancé. Mais ce n’est pas en buvant et en restant maussade que vous allez avancé correctement c’est sur….
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Mer 10 Sep 2014 - 4:44


Tandis que l’aubergiste nettoyait les éclats d’étain sous les quelques coups d’œil obliqués et honteux du Tonnerre assoupi, le jeune centaure remerciait l’ivrogne de ses réponses, bien que le terme le plus approprié aurait été «bribes de réponse». Puis Dertar, buvant une lampée d’aquavit le plus rapidement que son état le lui permettait, comme s’il espérait qu’on n’y voie que du feu, se demanda depuis combien de temps Shiron n’avait rencontré une personne qui avait pu lui parler de sa sœur. Si on tenait compte des efforts qu’il mettait et de la patience dont il faisait preuve, ça ne devait pas être très fréquent. Pourtant, Dertar ne pouvait se figurer que quiconque resterait auprès de lui après avoir obtenu ce pour quoi il était venu. Alors pourquoi était-il toujours là, dans cette taverne elfique, auprès d’un ivrogne qui cédait à chaque épreuve, répondant à ses élucubrations et sans boire une seule goutte pour s’engourdir l’esprit? Ce ne pouvait être que la patience qui le retenait. Quand le soleil avait bien pu céder sa place à l’obscurité, d’ailleurs? La porte de l’établissement s’ouvrait, tantôt pour laisser entrer un bipède, tantôt pour en laisser partir un autre, mais aucun rayon lumineux ne venait plus balayer rapidement le plancher pour en révéler des rainures blanches dans le bois.

Shiron pouvait avoir hérité de toute la patience d’Ephaelya, cela n’avait pas d’importance, car Dertar était persuadé que son clan aurait la sagesse de le tenir à l’écart. Il se mit à jouer avec le lacet retenant son bracelet de cuir, celui de sa famille, celui de son clan. Avait-il vraiment envie de tout recommencer, de subir les mêmes échecs dans un tout autre clan? Serait-il capable d’élever sa propre famille?

Le jeune centaure aborda la trahison pour répondre aux sombres pensées de Dertar, lui rappelant encore davantage la belle Melira et ses discours spirituels. À la différence que cette fois, le centaure remis les paroles en question. Pour lui, si Shiron croyait que fuir représentait une trahison, il n’avait pas vécu une vraie trahison. En d’autres circonstances, il aurait gardé ce pauvre raisonnement pour lui, mais l’alcool semblait nettoyer son organisme de toutes les barrières pourtant si précieuses en présence d’autres humanoïdes. Il prit sa voix grave et ralentie par la boisson :


-Avez-vous l’impression que votre sœur s’est moquée de vous? Qu’elle vous a manipulé? Qu’elle a pris une place dont vous rêviez? Non. Votre sœur s’est libérée. Elle ne vous a pas trahi. Si elle vous avait trahi, vous ne la chercheriez pas aujourd’hui.

Ses traits s’adoucirent et ses yeux parurent vides avec des iris à peine visibles quand il pencha la tête vers son interlocuteur.

-En elle, vous pouvez avoir confiance.

Mais d’un autre côté, Shiron avait raison. Comment peut-on avancer si on prend pour acquis que l’autre nous trahira? Était-ce pour cela que Dertar n’avait aucun but? Le plus optimiste dirait que son but était en fait d’en chercher un. Mais l’effet était la même ; Il tournait en rond. En dilemme devant un pont détruit, auquel il avait lui-même mit le feu. Et si lui avait voulu avoir confiance en Lolia? Il n’était pas plus avancé, dans cette taverne, à espérer qu’elle ne lui avait pas menti ou qu’elle ne l’avait pas oublié. Qu’elle ouvrirait la porte de l’établissement pour se confondre en excuses et l’entraîner dans toutes sortes d’aventures. Il espérait sans y croire toutefois. Comme on attend les étoiles sous un ciel nuageux. Une parole du jeune quadrupède changea entièrement l’humeur du plus âgé qui recommençait à devenir maussade. C’est vrai que la boisson n’aide pas du tout à marcher droit. Le Tonnerre assoupi s’esclaffa brusquement. Quand il se tut, un sourire resta en suspension sur ses lèvres sans que ses yeux semblent l’appuyer.

-Ce poison est salutaire pour moi.

Il avait toujours son sourire, comme figé, alors qu’il s’inclinait vers son semblable, comme pour lui partager un secret, mais sans prendre le temps de vérifier si quelqu’un écoutait. Il n’avait pas l’habitude de se retrouver si proche des autres, hommes ou femmes, mais quand il buvait, toutes ses habitudes s’en trouvaient changées, évidemment. Shiron avait la chance que l’halène d’un ivrogne ne risquait pas d’enivrer quiconque la respirait, alors que Dertar ajoutait, finalement plus fort qu’un murmure :

-Si vous savez tout, comme votre sœur, pourquoi êtes-vous si malheureux?

Était-ce son propre reflet qu’il avait vu dans les yeux du jeune homme ou y avait-il perçu un découragement obscurcir ses pupilles? Peut-être se l’était-il imaginé, au fond, pour se sentir moins seul dans sa souffrance. Mais ses yeux sans éclat attendaient une réponse alors qu’ils fixaient Shiron.
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Shiron caylist
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Mar 23 Sep 2014 - 16:41

-Il y a plusieurs façons de trahir. Melira a tout de même trahi la confiance. Je ne lui en veux pas d’être partie. Juste de ne nous avoir rien dit. Elle savait parfaitement que nous allions nous inquiété pour elle. Je suis son frère jumeau. Je sais que je peux avoir confiance en elle mais elle savait aussi qu’elle pouvait avoir confiance en moi. Hors partir sans un mot n’est pas très appréciable quand on tient a une personne il me semble.

Voilà que Dertar faisait de la philosophie. Il avait raison et Shiron était du même avis. Si Melira avait en effet trahi totalement son frère il ne la chercherait pas ainsi. Si le jeune centaure était là c’était par affection pour sa jumelle. Pas réellement parce qu’on lui avait demandé de la retrouvé. Si Melira était heureuse ainsi, Shiron n’irait pas la ramener de force.

En fait chacun avait sa façon de vivre. Le bonheur est propre à un individu. Certain solitaire vous dirons qu’ils sont heureux d’être seul alors que d’autres préféreront la compagnie. Shiron n’avait rien contre la solitude mais il était clair qu’il préférait vivre avec d‘autres qu’une vie de solitude. Il savait que Melira c’était pareille. Elle n’était pas partie pour resté seule mais pour fuir un choix qu’on lui imposé. Un choix que Shiron n’avait pas non plus a accepté.

La rire de Dertar avait fait sortir Shiron de ses pensées. Celui-ci souriait puis après quelques secondes il reprenait la parole comme s’il allait dire quelque chose cruciale.


-Un poison n’apporte jamais le salut il me semble. M’enfin pour vous répondre. Qui a dit que nous savions tous ? On ne peut tout savoir ou tous comprendre. C’est impossible. Et que je sache je n’ai jamais dit que nous étions mal heureux. Vous savez ce que je reproche a melira mais en dehors de sa je suis heureux de l’avoir avec notre mère. Pour l’heure ce qui me chagrine c’est de savoir ou est ma sœur mais aussi les règles que le clan nous impose tel qu’un compagnon forcé pour Melira.

Il ignorait sis a sœur avait révéler les problèmes a Dertar mais au pire la petite histoire n’avait rien de grave.

-On demande a Melira de choisir un partenaire contre son désir. Voilà la cause de son départ et de ce qui me dérange vis-à-vis des nôtres. Nous avons toujours était libre. Depuis quand on nous impose des choix… Vous aussi Dertar. Depuis quand vous avez cessé de choisir par vous-même ? LE destin ou l’avenir se prend en main…. Pas dans une chope de bière et ça vous le savez.
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Dertar Émérisque
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MessageSujet: Re: Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?   Sam 25 Oct 2014 - 20:01


Partir sans un mot n’est pas appréciable… La situation peut même rendre le départ des plus pénibles. La douleur du silence des autres et de celui forcé du banni. Autant puisse-t-il vouloir s’expliquer, tous les mots, y compris ceux qui n’ont pas encore été inventés ou ne le seront jamais, ne sauraient pardonner le fautif, et il le sait. Quand Dertar avait dû quitter son clan, tout s’était passé comme dans un rêve. Disons plutôt tel un cauchemar, mais en plus lent, beaucoup trop lent. Le plus difficile avait été de traverser le campement jusqu’à ses affaires. Il devait éviter ses confrères qui marchaient sans le voir. Il devait subir leur dégoût camouflé. Il avait toujours été très effacé, attirait peu l’attention, mais cette fois c’était différent. Tous mettaient leurs efforts pour le faire disparaître. Son père était là, à leur foyer, faisant mine de l’ignorer et de vaquer à ses occupations, soit aiguiser la pointe de sa lance, mais avec les sourcils trop froncés pour passer pour de la concentration. Il était plus que déçu, il avait honte, déshonoré, humilié par ce que sa descendance pouvait faire. Il aurait aimé que son fils ne vienne jamais au monde. Abandonner toute la joie du jour de sa naissance pour que cette ignominie n’ait jamais eu lieu. Dertar avait déposé sa lance auprès des autres armes de la famille. Elle serait trop encombrante et il avait toujours préféré son arc. La lance était l’arme de prédilection de son père, et il n’aurait plus à lui faire plaisir, il n’aurait plus à lui faire honneur, puisque son déshonneur avait été trop grand pour que tous les bons gestes puissent peser dans la balance. Autant pouvait-il tenir à sa famille, il avait dû partir sans un mot, au milieu du silence des autres. Partir sans un mot n’est pas appréciable…

-À moins que nous… soyons obligés.

Aussitôt la dernière syllabe échappée, Dertar ne se rappelait déjà plus avoir ouvert la bouche. Son regard était à nouveau cloué au bracelet à son avant-bras. Peut-être aurait-il dû le leur laisser. Conserver le minimum de souvenirs d’un passé qu’il regrettait. Après tout, ce n’était pas lui qui les haïssait, il n’avait, au contraire, rien à leur en vouloir. Et il voulait toujours porter fièrement son allégeance. Il voulait que les autres croient qu’il avait une patrie, des amis, des gens qui s’inquiétaient pour lui et sur qui compter, comme Shiron pour Melira. Si les autres y croyaient, peut-être finirait-il lui-même par y croire?

Le jeune centaure continua de faire la morale à l’ivrogne. Non, un poison n’apporte jamais le salut, mais ça, le Tonnerre assoupi ne l’avait pas encore compris. Ou refusait de le concevoir. Il faut ne jamais en avoir consommé pour le comprendre plus vite. Et Dertar avait dû attendre son expatriation pour entamer sa vie d’homme des tavernes. Il n’y était pas toujours, mais cela lui permettait, à l’occasion, de taire des voix qui avaient le don de faire renaître sa culpabilité et ses remords. Plus le jeune centaure parlait de sa sœur, plus le Tonnerre assoupi était jaloux de sa vie, de son entourage, de son bonheur. Son espoir le dégoûtait. Melira et lui pourraient toujours compter l’un sur l’autre. Sa famille l’attendrait les bras ouverts. Melira ne l’avait pas vraiment trahi, il ne s’enivrait pas et il n’était pas malheureux. Mais qu’en était-il de sa sœur? Serait-elle chaleureusement accueillie à son retour, elle aussi?


-Pourquoi vouloir la ramener dans cet enfer, si vous recherchez la liberté et la possibilité de choisir?

Ce qu’il y a de contraignant avec la liberté, c’est qu’elle est toujours ceinturée par des bornes. Un choix doit se faire entre plusieurs options limitées et ces options ne sont pas toujours très variées. Dertar s’éclaircit la gorge avec le fond d’alcool de sa tasse.

-Quand nous faisons un mauvais choix… très mauvais… il se passe parfois une éternité durant laquelle nous… choisissons plus… Sên nous impose son châtiment… aussi mérité soit-il. La solitude, la déception, la peur… tous les châtiments sont possibles. Vous comprendrez peut-être un jour… que la liberté peut s’autodétruire.

Cela faisait un moment qu’il n’avait plus regardé son interlocuteur, comme s’il parlait en fait au comptoir, ce qui rendit plus étrange le sourire qui revint jurer sur son visage en prononçant son dernier mot.
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Viens-tu noyer ton naufrage loin des tiens, mon frère?

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