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 La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]

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MessageSujet: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Sam 24 Déc 2011 - 2:41

Jadis, les collines ont été le symbole d'une vitalité débordante de nature avec sa végétation abondante et ses maigres routes sinueuses qui étaient piétiner sans relâche par la populace et certains rares marchands. Les êtres sauvages devenant prédateurs pour les uns et proies pour les autres avaient sans doute coutume d'habiter à cet endroit qui devait être une magnifique dans toute la région de Thaodia ... Mais désormais, ces monts n'ont jamais autant bien porté leur nom qu'aujourd'hui, qu'à cet instant : les collines défrichées.

La nature devenue inexistante, les os et l'odeur des dernières putréfactions se mêlaient au vent pour rappeler l'histoire de ces lieux.. Les monts étaient tranchées de toute part, comme si le destin aussi sadique soit-il aurait tenté d'enlever chaque enfant de chaque collines au ventre si arrondi autrefois. Les sommets détruits, les fossiles surplombant n'importe quelle surface ... Même le soleil n'osait relever la tête pour afficher sous sa lumière le désastre de ces derniers vestiges. Des milliers de combattants sont tombés abreuvant la terre de sang, de sueurs et de larmes . Tout n'était que réalité, une illusion n'aurait pu camoufler autant de détails. Détails qui s'engouffraient à l'intérieur de notre vue afin de percer la conscience en mille morceaux et de rappeler que cette endroit n'était que douleur, souffrance et suffocation à l'idée de partir en guerre sans une réelle et juste cause.

Le ciel s'assombrit en même temps que l'orage commença à se montrer impitoyable en grondant furieusement. Les premières gouttes d'eau, le seul signe de vie des collines, frappèrent leur visage depuis les cieux jusqu'au sol de plein fouet. Malgré la noirceur de ce paysage, le côté sinistre de ces guerriers déchus, deux autres choses étaient encore en vie en ces lieux tragiques ...

- A l'aide ... A .. Au secours !

L'homme cria à en faire trembler son souffle. La paranoïa et l'angoisse étaient tout deux des facteurs qui arrivaient à leur sommet. La sueur empesta son corps, la bave s'échappa de ses lèvres, le sang qui dégoulina sur sa peau le rendait faible et paralysé par la peur de la mort et ... la crainte de le revoir. Son coeur se noua rien qu'à l'idée de revoir cet oeil le fixer et ce sourire dément s'afficher sur son visage. Il s'enfuit maladroitement en s'encoublant sans cesse. Ses habits de noble étaient en guenille , trempé par les larmes des cieux et la terre boueuse du sol. Il maintenait tant bien que mal son moignon fraichement tranché, un avant-bras qui eut été brisé en deux puis sectionné à la hache.

- Laissez-moi ... tranquille !

Il bafoua ses paroles en mâchant ses mots comme un enfant. Il poussa un hurlement si haut que son coeur bondit à nouveau dans sa poitrine. Le vieux lycan lui faisait face à une certaine distance. Il marcha doucement en sa direction, la tête baissée et rentrée sur ses épaules, la lame de son arme traînée par terre derrière ses pas. Et dans sa bouche, ses crocs aiguisés transpercèrent l'avant-bras manquant du fuyard. Il l'avait gardé ainsi pour faire pâlir de terreur sa victime qui chaque fois que ce dernier se retournait lors de son escapade, ses yeux terrifiés plongèrent sur le membre déchiré et ensanglanté. L'effet était atroce ... L'humain sentit son estomac se tordre aussi brutalement que sa propre santé mentale.

A bout de souffle, le fuyard chuta en respirant péniblement. Son visage apeuré et livide trembla, une mousse baveuse vint lui ôter le somptueux désir de récupérer de sa fatigue. Thorolf, l'avant-bras du futur défunt en bouche, arriva enfin à côté de sa victime. Pourquoi le chassait-il déjà ? Ah oui ... Parce que quelqu'un lui avait demandé. Tout simplement. "Thorolf, tue cet homme". Et Thorolf tua.

Mais dès à présent, et surtout à partir du moment où le Colosse rejoignit les rangs de la meute de Drack, ce code avait changé. Il devait devenir plus honorable, humain et confiant. Faire face à n'importe quelle justice ... Gïlh'Or, son supérieur, n'était pas au courant que la brutalité qu'exerçait Thorolf était à ce point immoral et pervers. Qu'aurait-il pensé de tout cela ? Peu d'individus, elfes, nains, lycans et même vampires accepteraient une telle barbarie. Mais le geste mortel qui transformait un être en cadavre était accompagné d'un plaisir délicieux à savourer. Thorolf aimait tuer. Mais il le faisait selon le code de Gïlh'Or, son plus grand allié.
Il baissa la tête et toisa l'humain du regard. Cet homme, Jacob Mindir, avait commis l'irréparable, un acte de viole et de racisme envers sa propre fille devenue une elfe. Ce sentiment de pitié n'atteint pas le guerrier : c'était simple, il ne voyait pas en quoi tuer un enfant serait différent de tuer un homme ou une femme. Les
sentiments n'étaient pas là. Juste la furie guerrière et titanesque qui accompagnait chacun de ses attaques.

Son genou baigna dans la boue pendant que sa main empoigna un de ses javelots. D'un geste rapide, il transperça une jambe en usant de sa lance. L'éjaculation sanguine qui s'en échappa inonda immédiatement sa barbe blanche. Il répéta la même opération en mutilant l'autre jambe. Les hurlements alarmés et endoloris explosèrent et accompagnèrent par la même occasion le bruit de l'orage. En agrippant le bras blessé de Jacob, il remarqua que du pus jaunâtre s'étala désormais sur la surface de la plaie ... Tout en passant sa langue sur la surface de sa lèvre, il murmura :

- Oh ... Il commence à pourrir. Il faut couper.

Ce ton apaisant accompagné de paroles autant cruels était un véritable cauchemar. Thorolf se mit debout, empoigna sa hache et décrivit aussitôt un arc-de-cercle avant d'atteindre l'épaule. Un geyser sanguin s'étala sur toute la surface de la boue ... Les cris fusèrent , les sanglots le faisaient déglutir avec peine. Son visage était devenu atrocement blême, il fallait en finir vite avant qu'il ne sombre trop tôt. Le lycan le prit sur ses épaules et lui brisa après trois essais sa colonne vertebrale. Le craquement sinistre et froid fut la dernière lamentation du malheureux. La charogne tomba parterre et roula quelques mètres plus bas, le nez dans cette terre humide.

Cet humain ... Ou plutôt ce nouveau trophée était quelqu'un d'important. Pas de doute, cette fois-ci il sera suivi. Les renforts pourraient venir en ce moment même comme après trois nuits. Tout était aléatoire ... Sauf l'endroit et le lieu du crime. Thorolf emprisonna ses deux javelots au fond de ses mains et les extirpa du corps. Une fois le matériel rangé, il se regarda à nouveau ... Le fameux liquide carmin s'accrochait au vieux lycan comme une seconde peau.
Soudain, une odeur ... Il était difficile de percevoir les odeurs par un temps comme celui-ci à cause de la pluie qui amplifia le parfum de la terre. Ce faisait-il des idées ? Son oeil unique scruta les recoins de ce paysage ouvert ... S'il y avait quelqu'un, il l'aurait déjà remarqué. L'odeur était ... Impossible à décrire. Impossible de définir de quelle race ou de quelle illusion appartenait-il. La seule chose dont il était sûr était que cette émanation lui était ... agréable.


Dernière édition par Thorolf Gunnar le Dim 29 Jan 2012 - 13:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Dim 25 Déc 2011 - 23:22

Le vent soufflait dans mes cheveux, fouettant mon visage de sa morsure glacée. Seulement j'étais habituée au froid, je le vivais quotidiennement. De plus, rien n'était plus froid ni plus mortel que la neige de mon point de vue. La neige, je haïssais les jours enneigés, ils me faisaient peur. Il n'y avait rien de pire pour moi qu'un jour ou nos terres dites hostiles en étaient recouvertes. Elle me rappelait mon tout premier souvenir, celui que je n'avais jamais pu oublier. Celui de mon abandon. Enfin après réflexion, ce n'était peut-être pas ce jour-là que j'avais été laissé, livrée à mon destin mais peut être bien auparavant. Qui étais-je, d'où est ce que je venais? Ces éternelles questions que tous, tout comme moi se posaient indéfiniment, sans cesse cette même rengaine, la routine en somme.

Lorsque j'ai quitté ma demeure ce matin, je me suis munie de mon arc ainsi que d'un sac de toile pour récupérer du petit gibier. J'avais un "pensionnaire" à nourrir, je n'avais pas encore réussi à identifier cette créature mais je savais en tout cas qu'elle se nourrissait de viande et qu'elle avait surtout besoin de soins en priorité. J'arpentais donc les terres de ma meute à la recherche de proie. Petit à petit, ne trouvant pas ce que je recherchais je me suis éloignée petit à petit de mon périmètre habituel. Agrandissant de manière inaccoutumée mon champ de recherche je me suis bien vite retrouvée aux frontières de nos terres. Un léger frisson me parcourut je n'aimais pas me retrouver aussi loin de chez moi, je me sentais mal. Le malaise me prenait et je commençais à paniquer. Pour me calmer j'ai regardé le paysage. Désolation. Ce fut le seul mot qui me vint à l'esprit, tant de massacre, de mort parmi mes frères et sœurs de meute. Grinak, ce lycan célèbre non pas grâce à sa gloire et ses faits glorieux mais pour sa noirceur. Pour les souffrances qu'il infligea aux miens. Je me suis assise à même le sol, sur cette même terre que tant avaient foulés, pour aller au combat, pour aller à l'assaut, pour se replier, pour fuir, pour y mourir. Le regard dans le vague plus rien ne m'atteignait, j'étais perdue dans ma bulle. Seules les odeurs avec ces souvenirs du passés me frappaient de plein fouet, tout ce que j'avais appris dans les livres prenait forme sous mes yeux, tout ceci prenait vie, toutes ces choses prenaient forme devant moi.
J'ai entendu des cris, des hurlements de douleurs et de peur. Etait-ce mon imagination? Les secondes passèrent puis soudain un deuxième cri. Non il se passait quelque chose. Je me suis relevée vivement avant de fermer les yeux, une fois l'origine de cette agitation repérée je me suis dirigée dans cette direction. Mon arc de chasse dans mon dos, j'avais également une dague à la ceinture et un poignard de caché entre mon pantalon et mes bottes.

L'odeur du sang ainsi que celle de la peur me frappa de plein fouet, portée par le vent. Il était proche ou plutôt ils étaient près de moi. Mes pas se faisaient plus discrets et je restais face au vent de manière à rester invisible. De là où je me trouvais, je surplombais la scène me trouvant sur un versant d’une des nombreuses collines, la vue sur la scène était sans égale. Un homme, en partie démembré tentait de fuir, de fuir un lycanthrope à première vue, mais cet homme, il ne passait pas inaperçu. Tout en lui ne cessait de hurler qu'il était dangereux, tout en lui ne cessait d'imposer la crainte et la fuite, la peur à l'état pure, l’essence même de ce sentiment. Comme pour ajouter un caractère dramatique à la situation de cet individu, la pluie arriva. Le ciel pleurait-il l'issu de cet affrontement? Aucun des deux ne s'était rendu compte de ma présence et tant mieux, je préférais observer avant d'agir. Me renseigner avant de me rendre visible. Un premier coup puis un deuxième, du sadisme à l'état pur. Une mise à mort dans les règles de l'art, même moi je ne faisais pas aussi bien. Je n'avais pas cette méthode pour achever quelqu'un tout en faisant en sorte que son départ soit aussi douloureux et atroce.

Lorsqu’il se retrouva uniquement avec un pantin dans les bras, il le laissa au sol. Comme un enfant se délaissant de ses jouets la jeu était terminé. Il ne restait plus qu’à ranger et retirant ses armes du démembré il les nettoya sans se presser. Son corps était maculé de sang, le sien ? J’en doutais, celui de sa victime plutôt. Qui était ce mâle et que venait il faire sur nos terres ? Un vagabond peut-être ? Si c’était le cas je verrais s’il était « maitrisable » et utile pour la meute. S’il était un loup d’une meute ennemie, je serais obligée de le chasser, ou de fuir pour trouver des renforts. Sans que je ne m’en rende compte, le vent avait tourné, lui apportant mon odeur. Ma chevelure était à présent détrempée comme mes vêtements. Ayant senti mon odeur, il regarda autour de lui sans pourtant me voir.

Je devais établir le contact la première, ne pas attendre comme un rat qu’il me trouve, j’étais une louve de Hurle-Vent et je ne fuirais pas devant lui, aussi imposant et inquiétant soit-il. Un pas, puis deux et enfin je me suis totalement montrée à lui, le regard fier et hautain, un air de défi dans le regard


« Joli… massacre l’ami »


Un moyen simple, direct mais sincère de lui dire que je savais ce qu’i venait de faire. Je l’avais vu du milieu de son jeu jusqu’à la fin, que je e prenais su un pied d’égalité et malgré le fait qu’il soit plus âgé que moi, je ne courberais pas le dos face à lui.


« Qui êtes-vous et que faites-vous sur nos terres ? »


Insistant également sur le nos, j’exposais clairement ma meute à moins qu’il ne me prenne pour une folle parant d’elle à la première personne du pluriel. Mon regard parcourut rapidement son corps. Il était grand imposant et musclé malgré son âge. Des cicatrices non guéries et donc faites à l’argent en toute logique. Un seul œil valide ce qui pouvait donc conférer un avantage technique en cas de combat, mais ceci était encore à vérifier car si sa blessure était ancienne il avait probablement appris à la compenser d’une manière ou d’une autre. Mon regard le quitta enfin pour se placer sur son visage. Ma main était non loin de mon épée, prête à la saisir au cas où, mais surtout prête à esquisser la moindre de ses attaques envers moi.




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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Mar 27 Déc 2011 - 3:38

La pluie fine tomba sur les épaules massifs et tâchés de sang du Colosse ... Ces perles brillantes et fraîches de vie offrirent au vieux lycan un sentiment euphorique encore inexploré. Elles se glissèrent le long de ses bras encore chauffés suite à l'activité déchainée de ses muscles pour finalement se percher sur le bout de ses doigts sanguinolents où le sang et l'eau s'embrassèrent avec fougue en toute intimité. Peut-être était-ce dû à cette odeur de loup qu'il ne quitta pas un seul instant et qui le mettait dans un état semi-comateux entre la satisfaction de son meurtre brutal et la beauté de ces vestiges qui ressemblaient à un cimetière végétale. Il chercha cette présence en tournant simplement l'oeil, ses jambes restèrent planté dans la terre. Il y avait un être abrité de son regard vigilant qui respirait et qui l'observait consciencieusement ... Son coeur devait battre à un rythme rapide, ses pulsions étaient sans doute en train d'activer ses premiers réflexes pour éviter une quelconque situation aussi violente que délicate.

L'orage gronda et pesta grossièrement un éclair qui illumina les cieux. Il l'avait trouvé ! Alarmé, son oeil vif regarda brusquement à gauche et dévisagea ... Un enfant ?
Plus aucun son ne pu atteindre l'ouïe de Thorolf. Plus aucune odeur ne chatouilla son flair. Il se retrouvait dans un néant blanc au beau milieu d'un halo éclairé par une lumière venant de nulle part, sans murs, sans un seul obstacle. Un vrai purgatoire. Une prison crée entre la simple pureté et la torture mentale. Il s'avança de quelques pas et se sentit drôlement léger : il était nu. Plus d'armure, plus d'armes ... Juste un corps recouvert de chair, de muscles et de sang. Il effleura ses pommettes pour savoir s'il n'avait rien perdu d'autre que son œil ... C'était extravagant de penser de la sorte, mais dans un univers comme celui-ci, tout pouvait arriver. Qu'était-ce donc cette mascarade ? Quelle était donc cette farce minable ? Une ruse ? Thorolf aurait pu tuer pour ça ... Il aurait pu

"Qu'est-ce que tu fais ?"

Le jeune garçon, nu lui aussi, avait parlé sous son nez. Comment s'était-il déplacé aussi rapidement sans que le Colosse ait pu le voir ?Mais son incompréhension la plus total s'installa au moment où Thorolf regardait ce qu'il se passait derrière l'épaule de l'enfant : de multiples charognes de toutes races étaient dépecées sous leurs yeux. Des rivières de sang commencèrent à glisser jusqu'à leurs pieds, elles grimpèrent aussi sur les murs comme des branches noueuses et se transformèrent en gouttes une fois arrivées au plafond. Il baissa son regard et toisa le garçonnet ... Il lui manquait un oeil. Torolf se mit à genoux à quelques centimètres de lui pour lui parler face à face :

"Je ... Je tue".

Le garçon fit la moue et croisa les bras en secouant la tête.

"Boah ... Pourquoi ?"

Le "pourquoi ?" résonna faiblement aux alentours ... Il agit bientôt comme un écho infini et qui ne s'arrêta pas. Soudainement, le "pourquoi ?" devint si puissant que les murs finirent par s'effondrer. Thorolf ramena l'enfant vers lui et le protégea des décombres en le bloquant contre son torse ... Mais toutes les pierres évitèrent Thorolf et écrasèrent l'enfant. Le Lycan rugit et tenta de soulever les rochers ... Mais elles ne bougèrent pas d'un seul pouce. Il frappa de toutes ses forces sur le roc, se tordant les doigts en s'ouvrant brutalement la peau.

"Thorolf !"

Il essaya de bousculer les grandes pierres, de réunir toute sa puissance afin de les soulever un peu ... Les cheveux du garçonnets baignés dans une épaisse poussière rocailleuse étaient la seule chose qui dépassa des lourdes ruines.

"THOROLF !!!"

« Joli… massacre l’ami »

Une voix féminine l'extirpa de sa soudaine rêverie ... Ses hurlements en appelant le garçon n'était que le fruit de sa profonde conscience, emmitouflée dans les limbes de son imagination. Il secoua sa tête en faisant virevolter quelques mèches de ses cheveux détachés, puis la releva pour mieux examiner l'inconnue en tentant de ne rien laisser paraître. Etrange qu'une présence s'avance avec une assurance si déterminée ... Sa voix soutenue et fluide complimenta son acte avec une certaine sincérité. Ses yeux clairs ne laissèrent rien percevoir tant la fierté et la dignité de sa nature lycanne fusillèrent l'aliéné sauvage. Mais le simple fait de l'évoquer en ami le gêna, c'est pourquoi il évoqua suffisamment fort le nom du dernier héritage de la famille Gunnar :

"Thorolf."

Il ne cessa de fixer tout autant qu'elle de son oeil valide son regard de guerrière. Mais il pu dessiner au fond de sa tête la quasi-intégralité de ses formes physiques ... Une chevelure d'un noir jais, un corps agréable à regarder, des lèvres à vouloir dévorer entre passion et tendresse ... Voilà ce que dirait un homme ayant une conscience intacte. Mais Thorolf remarqua sa fougue et sa vigueur qui s'installèrent en elle, les muscles et les obstacles de la vie qu'elle dût piétiner sans relâche pour enfin devenir cette femme qui ose s'interposer en face de sa personne dans un endroit si insolite.

La beauté était différente ... Thorolf se sentit ému. Il admit que cette lycanne était belle et très à son goût. Mais cette soudaine attention de sa part n'exprimait qu'une envie : il voulait détruire quelque chose de beau. Il voulait ouvrir sa poitrine et briser son sternum avant de l'arracher à l'extérieur et de le balancer en face de ses yeux angoissées entre les vomissements de douleur et les rivières de larmes. Il voulait (oh oui qu'il voulait) désosser les cuisses afin de les aiguiser en face d'elle à l'agonie, mourante et faible, avant de les planter dans son crâne et de briser les bouts osseux. Cette femelle, cette lycanne ... était belle. Elle attira son attention une nouvelle fois en lui faisant part de ses attentions. Cela était curieux ... Elle qui semblait être coriace en se mettant si en avant et pourtant en citer la présence d'une meute qui habitait ses contrées ... L'intonation était claire, mais cela confiance n'était pas atteint à son sommet. Dû moins, pas encore. Que faisait-il ? Même Thorolf ne put répondre au jeune Thorolf, le garçonnet sous les décombres des nombreuses pierres, la réponse exacte de ses tueries. Cela ne changea pas le moins du monde pour la lycanne, ce à quoi il resta silencieux mais sourit légèrement en désignant le cadavre d'un geste de la tête.

Bien que ce magnifique être sauvage qui s'interposait entre lui et son chemin aurait été un délice de dépecer, il devait s'attendre à ce que les renforts de la nouvelle charogne arrive. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment, bien que cela l'embêta car il voulait la tester dans un duel mortel. Seuls les rares êtres qui parvinrent à échapper de son emprise folle et obsessionnelle avaient le mérite d'être reconnu et de partager respect et gloire aux yeux de Thorolf. Ce dernier fit quelques pas en sa direction, détendu et confiant ... Il savait qu'il risquait de subir le tranchant d'une lame et de voir voltiger sa peau en toute part, mais cela ne l'arrêta pas.

"Pourquoi citer la présence de ta meute ? Tu n'as pas le courage de parler en ton nom ?"

Il voulait savoir jusqu'où cette jeune lycanne pouvait maitriser et combattre son envie de brandir la lame en face de son nez. Jusqu'où sera la limite du danger à ses yeux ? Les mains du Colosse se levèrent gentiment en l'air en écartant les doigts, signe d'un non-danger. Mais cela était traître ... A la moindre bavure, Thorolf était assez près de la lycanne pour s'emparer de ses tempes et transpercer ses prunelles en utilisant la force de ses pouces. Docilement, ses mots s'échappèrent de ses lèvres :

"Dis-moi ... Si tu dois tuer un homme, si tu y es obligé. Est-ce que c'est mieux de le faire proprement ou d'une taillade au coup ?"
Thorolf continua à avancer d'un pas lent, mais tout en haussant la voix :

"Est-ce que c'est pire de le démembrer avec une hache ? Et si tu dois tuer dix ou cent ...

Le lycan commença à hurler rageusement en pointant un doigt accusateur sur la jeune guerrière :

" ... Ou encore mille, et si en les tuant tu en sauves mille ou si tu en épargnes dix et si tu sauves ta propre vie, combien vaut un homme et son assassinat, quel genre de calcul de savant fou peut bien répondre à des questions comme ça ?!

Thorolf s'arrêta immédiatement et resta immobile. Un peu plus d'un mètre s'étendait entre eux. Il soupira et lui sourit honnêtement avec un ton amical :

"Faut-il même essayer d'y répondre ?"

La réponse à sa deuxième question était présentée.
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Mer 28 Déc 2011 - 14:31

La tension entre nous était presque palpable. Les poils de mes bras se sont légèrement hérissés et si j’avais été sous forme animale, c’est ma fourrure dans mon intégralité qui aurait subi les mêmes conséquences. Il me regardait dans les moindres détails, je le savais car j’avais fait de même. Je me doutais que nous nous ressemblions plus que ce que laissait croire les apparences. Nous avions la même façon d’impressionner, d’intimider les personnes que nous rencontrions à première vue et c’était lui qui gagnait face à moi sans conteste. Il avait un pus, comme une autorité paternelle, une autorité que nul ne peut contredire sans en subir de terribles conséquences, dans le cas présent, la mort.
Je ne savais pas ce qui se passait dans sa tête, à quoi pensait-il ? Avais-je fais une erreur en l’abordant seule ? J’étais une grande guerrière certes mais je n’étais pas invincible, ni de taille face à cet homme, il ne ferait qu’une bouchée de moi. Avec un peu de chance et le fruit du hasard une patrouille pourrait passer et entendre mon cri de secours, si cri j’ai l’occasion de pousser et s’ils ne mettent pas trop de temps à intervenir. Il y avait trop d’incertitude et de probabilité d’échec pour que ce plan me convienne. Je devais trouver mieux, beaucoup mieux, la fuite peut être, en un bond je pouvais être hors de sa portée, deux j’étais transformée et au troisième ma fuite commencerait réellement. J’avais un avantage technique non négligeable, je connaissais ces terres très bien et il possédait très peu de chance de me battre sur mon propre territoire.
Sa voix retentie, forte, puissante et imposante, parfaitement accordée au physique de ce mâle. En premier lieu son nom, aux tonalités dures et agressives. A nouveau quelque chose lui correspondant à merveilles. Puis une question enchainée d’une deuxième, plutôt accusatrices. Le ton qu’il prit ne me convenait pas, il me parlait comme à une inférieure et de plus il commença à avancer vers moi. Un pas, puis deux, ma main sur posa sur la garde de mon épée, se préparant à être sortie et à attaquer. Je ne possédais pas de lame d’argent comme tous ces fumiers de vampire ou les faibles humains mais mon arme suffisait largement pour faire des dégats. Je l’ai laissé approcher, sans le quitter du regard. Un sourire se dessina sur mes lèvres lorsqu’il leva les mains me montrant qu’il était désarmé. Ses mains à elles seules étaient de véritables armes de destruction semant mort et chaos partout où il devait passer en toute logique. A en juger par le spectacle auquel je venais d’assister j’ai bien vite réalisé que j’avais raison et que mes déductions étaient uniquement axée via mes observations, un jugement subjectif en somme, aucune objectivité. Je le jugeais sans même le connaitre et je n’aimais pas cela.

« Je disais cela à titre d’information, pas pour vous menacer d’une quelconque manière. »

Sa voix de stentor retentit de nouveau sur les collines, même la pluie semblait faible voire inexistante lorsqu’il s’exprimait. Le rideau formé d’eau ne se tarissait pas, prenant même une certaine ampleur assez effrayante. Il continuait d’avancer, au même rythme que sa voix montait en puissance et en intensité, il essayait de m’intimider mais je ne marcherais pas dans son petit jeu, à aucun moment je ne me laisserais dominer par les émotions, jamais. J’ai tressailli lorsqu’il s’est mis à hurler, fermant les yeux un instant, mouvement traduisant mon agacement.
Il me sourit alors et s’exprima de manière plus chaleureuse, à supposer qu’il connaisse la définition de ce mot. Le calme après la tempête. Même si je n’avais pas saisie la réelle réponse à ma question je n’ai cessé de le regarder, toujours aussi peu confiante. Il était proche, trop proche de moi et je ne supportais pas cela.
Tout comme lui d’abord un pas puis l’autre, toujours sans le lâcher du regard, mais dans l’autre sens cette fois. Je voulais conserver une certaine distance avec lui. Je ne voulais pas rester à sa portée pour ne pas être prise au dépourvut, il prendrait sûrement ce geste pour une marque de peur mais ce n’était pas le cas, pas le moins du monde.

« Si vous pouviez arrêter de me crier dessus vous seriez bien charmant, je ne suis qu’à dix pas de vous monsieur. »

Je ne me laisserais pas marcher sur les pieds, même si mes paroles pouvaient me conduire à ma perte je ne me rabaisserais pas devant lui, pas pour le moment en tout cas. La pluie continuait de fouetter mon visage, et mes cheveux ne trouvaient pas de repos dans ses collines, venant sans cesse me titiller. Sortant un ruban de mon sac, je les ai noué en catogan rapidement, restant cependant sur mes gardes, je ne lui faisais pas confiance.

« Sachez également que vos petits numéro d’intimidation ne marchent pas sur moi, je ne suis pas comme toutes ses faibles qui vont se terre lorsqu’elles apprennent une attaque. »

Je me suis approchée de sa victime, le contournant sans le regarder cette fois ci. Je comptais uniquement sur mon ouïe pour connaitre ses déplacements et mouvements. Je me suis lancée dans une analyse de cette charpie. Il était dans un sale état et j’en ai eu un haut le cœur. Inspirant calmement, des effluves autres que celle de la terre imbibée d’eau et de charognes perpétuelles de ces lieux me sont parvenus. Cet homme avait des manières et prenait soin de lui, une personne importante en somme. Il n’était pas un vampire, et avait tout l’air d’un vulgaire humain. Qui était cette personne et que venait elle faire sur nos terres, pourquoi cet homme avait voulu sa mort ? Tant de questions qui n’obtiendraient probablement jamais de réponse.

« Qu’est-ce que cet homme vous avait fait ? Vous pouvez au moins me donner cette explication non ? »

Mon regard quitta le malheureux pour aller se planter dans l’unique œil du lycan. Accroupie et la main non loin de mon poignard cette fois j’attendais une réponse de pied ferme.


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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Jeu 29 Déc 2011 - 1:07

Le vent glacial s'engouffra à l'intérieur de son armure mais cela ne l'affecta pas suffisamment pour se rendre compte que son corps peu habillé ne pouvait pas supporter autant de fraicheur sans le démontrer. Sa peau épaisse et robuste sentit cette langue de glace venir allécher son corps pour s'emparer de toute chaleur. Mais le réel intérêt du Colosse ne se posa pas sur cette froideur éternelle. "Surprenant" était le terme qu'était ressorti de ses pensées. Cette guerrière pleine de ressources ne déclina pas sa posture à aucun moment depuis le début de leur échange oral. Mieux encore, elle participa pleinement à son jeu, peut-être pas avec la même aisance que lui, mais la peur ou le doute ne s'inscrit pas aux fonds de ses prunelles. Juste la méfiance habituelle de voir un boucher décortiquer innocemment une autre de ses proies dans la bonne humeur . Elle pouvait être moins volumineuse et plus petite que le vieux lycan, son coeur, quand à celui-ci, baigna probablement dans la même furie de vaincre tout obstacle et cela en gardant la tête levée à tout moment. Un privilège qu'elle garderait sans l'ombre d'un doute comme un trésor très précieux.
Après lui avoir sermonné inutilement sur des propos qu'elle connaissait sûrement, elle recula. Ses paupières froncèrent légèrement. Avait-elle déjà faiblit ? En si peu de temps ? Non, ses jambes se déplaçaient d'une manière trop droites et précises. La hargne qu'elle démontrait à la lueur du jour n'était pas qu'une image, mais bien un rythme de vie. Cette vigilance accrue et constante n'était pas née à partir d'aujourd'hui. Quelque chose dans son passé l'a soudainement attaqué de plein fouet pour que sa conscience et même sa personnalité en soi affecté. Cette lueur qui émanait de ses yeux clairs et défiantes, ce désir de pulvériser l'échec et de le tordre pour que jamais plus il ne frappe encore ... Thorolf ne connaissait que trop bien ce passage. Les communs appellent cela des expériences de vie, mais ces dernières existent uniquement pour être rappelées ... Non pour transformer totalement un individu tant la violence a été atroce et suffocante au point de crever les yeux à la fois de la vérité et de l'illusion. Cette métamorphose ne rend ni l'un ni l'autre invincible ... Ce n'est qu'une couverture, une posture, comme le rugissement d'un Tigranex ou un Géant des forêts qui se cogne la poitrine avant de déchirer le ciel avec sa massue. Mais ce changement radical devient une logique inébranlable dans la nature du lycanthrope. On ne peut pas briser un lycan comme on pourrait briser un chien ou un cheval. Plus l'ennemi frappe un lycan, plus ce dernier se tient droit. La seule différence qui les sépare entre elle et lui, c'est que l'un a subi la transformation complète qui est jugé par un seul nom aux yeux de la populace : un monstre.

Son oeil scruta ses yeux océans ... Ils étaient aussi acérés que la lame qui se laissa effleurer par la peau de sa propre main. Sa voix ne trembla pas, elle se tint plus digne et fier que tous les hommes les plus braves réunis. Les lèvres de Thorolf se dessinèrent en un sourire discret face à autant de solidité. La belle et féroce lycanne se glissa dans son dos tout en lui répondant avec une pointe de sarcasme. Sitôt qu'elle finit d'achever le "monsieur" de sa phrase, le vieux lycan corrigea immédiatement d'un murmure caverneux :

"Thorolf."

Cette courtoisie, toute cette politesse qu'elle était en train de distribuer à son ouïe dans un endroit pareil avec une charogne qui périssait à vue d'oeil ... N'était-ce donc pas de la pure folie ? N'était-ce pas elle la démente depuis le début de cette légère conversation ? Ce vouvoiement, ce "monsieur", cette amabilité ici et maintenant alors que sa main délicate mais travaillée posée sur son arme pouvait déjà couper court à cette discussion et achever le Colosse en ignorant son histoire, son goût pour le meurtre et son empathie envers ceux qui le méritent ... Ce n'était que l'image même de la folie. Un enfer que tout deux situait sans même le percevoir. Ce détail martela le crâne de Thorolf aussi fort qu'un brave forgeron assommant gaiement son enclume. Il ne bougea pas même si son adversaire inspecta le corps. Il était de dos, elle pouvait frapper n'importe quand. Ses oreilles s'agrandirent et tentèrent de repérer le crissement d'une lame contre son fourreau si la guerrière tentait quoique ce soit ... Sans surprise, la lycanne était sûrement en train de reproduire le même système défensif. Elle lui rappela avec fermeté que l'intimidation ne fonctionnait pas avec elle. Thorolf ne connaissait les outils de ce terme car tout lui venait naturellement. Elle l'accusa de cesser une mascarade que Thorolf ne prit pas la peine de lever consciemment. A sa réponse, son rire fusa avec sincérité ... Quelle histoire drôle ! A cela, il leva un oeil par-dessus son épaule afin d'observer un peu ce que la jeune lycanne était en train de manigancer ...

Voilà encore que sa voix claire scanda une interrogation sur la piètre victime ... Thorolf haussa les épaules en étant de dos et réclama :

"Quelqu'un me la demandé sans rémunération. Ne crois pas que la personne qui m'a demandé son exécution a du pouvoir, est un ancien bourgeois écroulé de richesse ... Il n'est même pas noble."

C'est ainsi qu'il voulut terminer son explication ... Mais depuis que Gïlh était apparu, il devait appliquer le code et annoncer la véritable raison même si des fois ... Il tue pour son propre plaisir. Il a besoin d'embrasser l'assassinat, d'être bercé dans ses bras et ses mots susurrant à quel point son acte a été tout bonnement somptueux ! Un prédateur qui chassait toujours d'autres prédateurs, et non des innocents comme la plupart qui aurait vu Thorolf le croyait corps et âme. Les innocents étaient faibles, il n'y avait aucune difficulté ... Donc aucun plaisir. Les prédateurs avaient milles et une raison d'interagir avec eux. Les plus faibles se sentent honteux lorsque l'explication de leur crime refait surface. C'est simple, ils ne peuvent supporter une vérité aussi horrible. Les plus féroces, les préférés du vieux lycan, ceux qui se voient comme des êtres surpuissants, redeviennent de simples enfants ou des êtres modelés de chairs et de lamentations comme Jacob.

"Un humain raciste qui a abusé d'une elfe : sa propre fille. Il se nommait Jacob je crois ..."

Thorolf ne comprit pas l'importance et surtout la grande perversité que cela devait représenter. Du racisme et du viol ? Il n'en avait jamais eu à faire. C'était encore des notions flous et inconnus qui terrorisaient les femelles et rendaient les mâles fous de colère.
Mais la lycanne ne se sentit pas en sa meilleure forme ... La présence d'une charogne aussi dépecée n'était pas coutume à son regard. C'était un fardeau, un fardeau trop lourd qui s'exprima par une nausée soudaine qui serpenta le long de sa personne.

Thorolf se retourna doucement pour se mettre en face d'elle, son oeil parcourra le macchabé et la séduisante femelle. Ce n'était pas la pitié qui l'incita à se mettre face à face, mais la compréhension d'apercevoir un oeuvre incompréhensible que l'on observe pour la première fois. Thorolf avait vécu cela en voyant toute sa meute décimée ainsi, les museaux arrachés, déboités ... Même les poils s'étaient échappés de leur corps pourrissant à l'air libre, fuyant cette odeur nauséabonde du tronc de sa mère, symbole maternelle et exemple de son impétuosité, empalée et déchiquetée au milieu de tous. Les organes s'entremêlaient si bien entre vampires et lycans qu'il était impossible de savoir qui gardait ces intestins là-bas ou ce foie troué ici avant la bataille. L'oeil de Thorolf brilla au moment où sa bouche s'ouvrit pour venir y déposer ses mots :

"Toutes races confondues pensent qu'ils peuvent se battre dignement ... Qu'il y a une façon humaine de tuer quelqu'un."

Sa main se passa le long de sa barbe, il posa son oeil sur sa gestuelle et son oeil critique face au cadavre humain. Il eut l'audace de s'asseoir sur la terre en ne la quittant pas du regard, signe que malgré toute l'adresse et l'agilité que portaient son interlocuteur n'était pas encore assez dangereux pour avoir le mérite d'apporter une quelconque attention.

"C'est absurde ... ça leur anesthésie. Ils ont besoin de cette idée pour endurer l'horreur sanglante du meurtre. J'ai détruis cette idée."

Thorolf fit une pause et croisa les bras. Il n'était pas sûr qu'elle allait comprendre son explication mais continua tout de même tant qu'il avait la langue déliée :

"Montre-leur à quel point le meurtre est une chose terrible est sale. Et seulement ensuite, montre-leur combien tu aimes ça. Tranche pour blesser, et après va exécuter les mourants, brûle-les ! Prends-les en combat rapproché, détruis leur idées toutes faîtes et tu deviendras leur monstre. Après tout ... "

Le Colosse sourit à sa conclusion ... Jamais il n'avait osé été aussi sincère dans ses explications. Il croyait chacun de ses mots et cela dur comme fer.

"... ce n'est pas ainsi que tu me vois ?

Thorolf sentit que son temps n'allait pas être perdu face à cette rencontre imprévue. Ce n'était pas tous les jours d'échanger avec un mortel qui a la tête encore sur les épaules et non en train de voltiger dans les airs ... Peut-être que cela arrivera. Thorolf n'écarta pas cette hypothèse. Mais il se questionna un instant ... Pourquoi lui conseiller ? Pourquoi apporter des connaissances de cause et se montrer ainsi ? Autant d'ouverture faisait généralement partie de son lunatisme occasionnel entre "l'homme bon" et "le boucher inhumain". Etait-ce toujours le cas ici présent ?
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Ven 30 Déc 2011 - 3:47

Le lycan me reprit à nouveau, il tenait absolument à ce qu’elle l’appelle par son nom et non avec une certaine marque de respect. S’il désirait tant que cela que je l’interpelle par son prénom je le ferais, même si cela n’était pas dans mes habitudes, j’avais trop de respect et de manières pour y parvenir sans y penser automatiquement. Soudain il me sortit de mes pensées à cause d’un acte totalement dérisoire, totalement irréel pour la situation dans laquelle nous nous trouvions, il venait de rire, de moi peut être, de ma remarque je n’en savais rien. En temps normal, personne ne pouvait se moquer de moi sans en subir les conséquences souvent bien douloureuses mais quelque chose me retenait étrangement de le lui expliquer. Un semblant de raison probablement, je n’étais pas folle au point de me jeter délibérément dans sa gueule. Lui lancer des piques de temps en temps pourquoi pas, l’agresser physiquement, hors de question.
Une réponse à ma question arriva, douce et simple. Elle était directe mais me convenait tout simplement, j’aimais lorsque les gens allaient droit au but. Il fallait conserver les grandes phrases, tournures métaphoriques et autres pour les grandes occasions, les mots étaient précieux et avaient leurs poids. Les utiliser avec insouciance était tout simplement futile. Ainsi donc il n’était ni noble ni important, étrange, j’avais l’impression que je le connaissais, que je l’avais déjà vu. Je devais me faire des idées tout simplement. Je pense que je ne devais pas chercher plus loin.
Le vieux mâle jugea nécessaire de compléter sa réponse, me donnant le réel méfait que cet homme avait commis. Lorsqu’il me le donna la raison, mon jugement se fixa immédiatement, cet homme n’avait eu que ce qu’il méritait. Pour moi cet acte était déjà ignoble mais sur sa propre fille, moi qui n’avais jamais connu de parent, je ne parvenais pas à comprendre que l’on puisse se comporter ainsi avec sa propre chaire. Le sang de son sang, sa progéniture, sa descendance, un tel outrage envers une femme qui plus est. Elfe certes mais une femme et un sentiment de sororité m’habitait et il en avait toujours été ainsi, même si je ne le montrais jamais. S’attacher trop aux autres était une marque de faiblesse et je n’étais pas faible, j’étais une guerrière qui ne se laisserait pas marcher sur les pieds.
Sans le regarder, mais quittant cependant le dénommé Jacob des yeux, je sentis l’homme se mouvoir jusqu’à se trouver face à moi. Je ne l’ai pas regardé, je connaissais déjà mon regard, je saurais qu’il ne serait pas à l’image de ce que je voulais renvoyer aux gens, il serait faible et tremblant, j’étais forte et sans pitié. Une fois certaines que mes émotions étaient maitrisées j’ai relevé le regard vers lui, apercevant son œil humide, de l’émotion chez ce titan qui ne semblait rien ressentir en apparence? Je ne pouvais pas y croire et pourtant. Sans crainte de moi, il s’assit et continua de parler. Je l’ai écouté sans l’interrompre une seule fois, mon regard fixé dans le sien, comme toujours lorsque j’accordais mon attention à une personne. Il avait gagné mon respect et mon attention, même si ce n’était que pour le moment. Il y avait après tout une fin à toi.

« Non, je ne vous vois pas comme un monstre Thorolf, juste comme un homme… différents. Les monstres sont des créatures imaginées pour faire peur, vous ne sortez pas de mon imagination, vous êtes réel. Donc vous êtes une personne différente et rien d’autre. »

Je n’avais pas peur des monstres car je n’avais pas connue leurs histoires terrifiantes, je n’avais pas connu ses légendes car personne ne me les avaient racontées. Pourquoi avoir peur de ce que je n’ai pas connu ? Or j’avais peur de cet homme et e nier aurait été mensonges. Suivant cette logique il n’était qu’une personne étrangère que je ne connaissais pas. Pour ce qui était d’apprendre à le connaitre je verrais cela plus tard, en temps voulu.
Effectuant une légère rotation, je me suis mise toujours accroupie mais face à lui cette fois ci, laissant la charpie sur mon côté. Sous ses airs d’être mal léché, il n’était peut-être pas si mauvais que cela. Il était peut être même si un doute subsistait en moi. Soudain, j’ai eu une idée, tous les anciens de ma meute étaient morts de vieillesse ou pendant la guerre et leur savoir avec eux. J’avais eu beau effectuer des recherches je n’avais jamais trouvé de réponse mais peut être que lui saurait.

« Dites-moi Thorolf, vous vous y connaissez en lycan et en leur histoire ou non ? »

Bon sang, mais qu’est ce qui me prenait, je parlais pour ne rien dire, je m’exprimais vainement et inutilement, j’allais dévoiler l’un de mes secrets à un parfait inconnu et ce pour rien au monde je ne devais parler de cela.

« Laissez, oubliez ce n’est rien »

Je doutais cependant qu’il allait abandonner ainsi même si je l’espérais fortement. Instinctivement ma main vint se placer sur mon épaule, comme pour masquer ma marque, le tissu trempé de ma chemise était devenu transparent mais elle devait rester invisible. Je l’espérais en tout cas, et j’espérais qu’il ne connaisse pas sa signification ou que si c’était le cas, elle ne soit pas trop néfaste pour moi. Mon regard se porta sur lui avant de retourner au sol, j’avais peur de lire une réponse sur son visage.


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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Sam 31 Déc 2011 - 3:50

Les échanges se transmettaient rapidement de l'un à l'autre en gardant toujours une maturité particulière et un respect judicieux aux paroles de son interlocuteur. Les bonnes manières venaient de là précisément pour Thorolf, la courtoisie devait être domptée et cela est difficile pour certains, faisables pour d'autres. Tout le monde peut prononcer un "monsieur" comme une "madame", exprimer un remerciement démesuré comme une excuse allant de la plus grande hypocrisie à la simple incertitude. Mais tout deux étaient capable de ravaler leur solide égo afin de préserver une discussion entre deux têtes pensantes, et non entre des êtres stupides, irrationnels et esclaves de la vie, de leur propre destin. Le vieux lycan eut un goût amer au fond de la gorge quand il réfléchit à tout cela ... Mais cette solide théorie ne s'appliquait pas en ce moment même. La lycanne, bien qu'énigmatique au caractère d'acier, le vit comme un homme. Ou plutôt comme un lycan normal, c'était sûrement ce dont elle voulut lui expliquer. Être autant aveugle était une chose, mais posséder l'aptitude de voir un animal humain au-delà du sang et de la destruction de la chaire était autre chose. La langue de Thorolf repassa délicatement sur le bout de ses lèvres ... La différence qui le sépara au reste des lycans était énorme. Il se questionna même sur la possibilité de rencontrer un autre comme lui. Probablement et impossible étaient les deux termes qui l'assaillaient de tous les côtés face à cette interrogation. Dans le cas contraire où il existerait une autre de ces personnes, un frère amoureux de sang et de larmes ou une soeur capable d'extraire l'âme entière sous une peau encore vivante et meurtrie ... Il serait dans l'obligation de les tuer de sang froid eux aussi. Pas de restriction, pas de pitié et d'ultime chance à l'être qui le ressemblerait le plus.

Thorolf dévisagea la figure de cette guerrière ... Elle était si impassible, si jeune et pourtant si fatiguée. Elle devait probablement cacher quelque chose de délicat pour se mettre ainsi autant en avant, avancer l'attaque avant d'entreprendre une quelconque position défensive. C'était en tout cas ainsi l'image qu'elle démontrait aux yeux du guerrier expérimenté ... Il ne s'était pas rendu compte de cela plus tôt, mais il savait exactement ce qu'elle devait ressentir ... Il n'était pas devin ni surpuissant, mais il était bel et bien dans cette position autrefois. Il se souvint de travailler avec cet humain forgeron raciste qui le rabaissait à chaque fois. Il a su ébranler continuellement la conscience du vieux lycan, mais ce dernier ne succomba pas. Il subit les insultes et les menaces pour une seule raison : il était à la quête de réponses inexpliquées. Son père l'avait battu pour l'inciter à devenir une machine de guerre. Plus les blessures se multipliaient sur son être, plus il se tint droit ... Jusqu'à devenir ce qu'il est aujourd'hui . Son père avait réussi son objectif ... Mais il a entrepris cette éducation inhumaine pour le bien de la meute : Thorolf aurait pu les protéger car sa soif de violence a su atteindre son paroxysme. Et lorsqu'il prit la décision d'assouvir sa rage et sa fureur, en finir une bonne fois pour toute avec cette haine qui le poursuivait nuits jours, il ne retrouva que les restes de sa meute démembrée qui se desséchait sous l'oeil avide et chaleureux du soleil. Il aurait pu devenir quelqu'un de pacifique, un lycan normal qui pouvait comprendre l'amour, la tendresse et les émotions qui alimentaient un être de vie. Thorolf n'en faisait pas partie. La vie n'était qu'une épaisse survie, une mascarade épineuse car il fallait frapper sans être vu aux yeux de tous. Son nom était cité dans bien des endroits, mais jamais un visage n'était apparu.

Il prit le soin de détacher ses cheveux d'un blanc neige avant d'enrouler le cuir autour de son poignet. Les cheveux trempés dévorait la moitié de son visage, mais le vent eu la bonté de les écarter derrière ses épaules fermes. Le son de sa voix énergique l'extirpa à nouveau de ses rêveries ... Elle lui posa une question ? Non, elle demanda de l'aide indirectement. Il leva ses yeux en sa direction et vit plusieurs signes qui ne trahissaient pas. Thorolf avait raison, elle cachait bien une faiblesse enfouie au fond d'elle. Son oeil devint plus actif et cerna chacun de ses mouvements. Ce regard baissé, cet isolement si soudain, cette phrase lancée pas si aléatoirement que cela avant de ravaler les mots et de s'étrangler avec en tentant de ne rien laisser paraître ... Et surtout cette main qui remonta jusqu'à son épaule à un endroit bien spécifique. Il ne connut pas son histoire, encore moins son passé ... Mais quelque chose d'immonde et de secret se trouvait caché à l'intérieur, comme une tumeur pestilentiel qui annonçait par son odeur fétide une tragédie que nulle ne pouvait comprendre ... Personne, sauf peut-être Thorolf.

"Approche."

Ce mot prononcé avec douceur mêlait curiosité et une certaine appréhension. Pour soulager la tension qui émanait encore entre les deux, il annonça avec une voix à la fois froide et doucereuse :

"Si j'avais voulu te planter ma hache sur le crâne et toi ton épée sur le mien, nous aurions déjà régler nos différents."

C'était vrai. Thorolf n'avait pas l'habitude d'attendre autant longtemps avant de combattre à nouveau. Il devina (ou dû moins, c'est ce qu'il croyait) que la jeune lycanne fonctionnait également ainsi ... Elle qui lui ressemblait tant sur pleins de points mais qui a su conservé une partie plus grande d'humanité que le Colosse. La jeune lycanne s'approcha de lui en préservant une certaine hésitation. Ses pas étaient devenues plus courtes qu'à l'accoutumé, comme si ses pensées l'envahirent et devinrent un doute absolu au fait de montrer son secret ou non. Le vieux lycan ne pouvait comprendre que trop bien le poids que cela représentant et la bravoure qu'elle était en train d'exécuter en partageant le fardeau. Il considérait cela comme un sujet des plus sérieux, d'une importance capitale. Il se mit debout à son tour et fit un dernier pas en sa direction. Elle se tourna gentiment dos à lui en gardant un oeil par-dessus son épaule droid. Sa main fine releva l'arrière de ses sombres cheveux en dévoilant une marque à l'écriture arabesque que Thorolf n'eut jamais vu de son oeil valide. Il leva la main à faible vitesse pour éviter tout geste hostile et passa légèrement ses doigts sur le "tatouage" vicieux et marqué avec les dents d'un fer rouge. Il sentit que la lycanne sursauta à peine au premier contact, elle ne s'attendait pas à un geste physique aussitôt probablement. Elle était si belle ... Ce parfum envoûtant, ce tendre cou, cette chevelure à la même teinture qu'une plume de corbeau. Il aurait tellement eu envie de briser sa colonne vertébrale en la serrant si fort contre lui qu'elle étoufferait sans le moindre doute, elle qui était si séduisante. Mais il savait qu'elle valait bien plus que cela. L'autre partie intéressant serait de la défier à un combat à mort, chose dont ils vivront sûrement un jour. Ils danseront comme sur un triste boléro en exécutant coups et parades afin de déstabiliser l'adversaire et de l'atteindre. Elle pouvait sans doute ressentir son envie un brin excité à l'idée de détruire cette personne de toute beauté qui concordait à son appétit carnassier et sauvage. Mais cela ne fut pas son souci, car bien qu'elle su le danger à quoi elle s'exposait actuellement, elle ne daigna pas à s'échapper loin de lui.

D'une part, il examina attentivement le dessin et de l'autre, il se refusa à retirer ses doigts afin de rompre ce seul contact. Mais c'est ce qu'il fit en étant raisonnable, car c'est ainsi qu'il devait agir.

"Je ne suis pas une référence chez les lycans, je ne connais pas leur histoire. Mais ..."

Il s'interrompit brusquement et sentit quelque chose dans les alentours ... Un intrus. Le scélérat allait goûter à ses poings féroces pour l'avoir interrompu ... Mais en s'éloignant à quelques pas de la lycanne, il reconnut un petit bataillon comporté de quatre soldats. Ils étaient sans doute à la recherche de l'humain décédé . Déjà ? Cela devait être quelqu'un d'important pour que les recherches aboutissent rapidement. Il ne savait pas comment l'annoncer à la représentante des Hurle-Vents car elle n'avait rien à faire là ... Mais une fois encore, une personne standard l'aurait proposé de fuir, de courir et de se sauver. Thorolf se retourna et se mit face à elle un sourire aux lèvres. Il était excité et réjoui de cette occasion, même s'il pouvait courir à leur perte :

"Tu veux briser les chaînes de notre méfiance l'un envers l'autre ? C'est l'occasion, on vient et je veux que tu te battes."

Il ne dit pas cela car il ne faisait pas le poids avec quatre soldats ... Certes, il aurait eu à souffrir, voire même le risque d'être capturer. Mais il voulait que sa nouvelle partenaire lui prouve que les mots étaient une chose, mais que le corps à corps en était une autre. Il aurait voulu achever sa phrase et l'informer de son point de vue sur la marque, mais cela devait attendre. Ils devaient demeurer silencieux afin de garder un avantage tactique et les surprendre. Il fallait jouer cette carte, le bataillon était deux fois plus nombreux. Tout en étant accroupi, il jeta un regard en sa direction et murmura comme si tout cela était un bête jeu d'enfant :

"Tu commences."
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Dim 1 Jan 2012 - 13:37

D’un simple geste, il détacha lui aussi ses cheveux, tout contrastait entre lui et moi. J’étais une femme il était un homme. Je n’étais encore qu’une jeune adulte du haut de mes vingt-quatre ans tandis que lui semblait avoir au moins le double, mes cheveux étaient noirs, les siens blancs. Il m’observait, il m’épiait, chacun de mes mouvements, de mes geste était analysé et je n’aimais pas cela, absolument pas. Je n’aimais pas le sentiment d’impuissance qui m’habitait, cette faiblesse que je montrais, qui m’habitais face à l’inconnue que je représentais, cette question du qui étais-je vraiment. Un mot, un ordre, plus qu’une demande, une injonction. Le ton employé était portant doux et peux agressif mais il en demeurait que cela était toujours un ordre. Ma tête se releva soudainement et mon regard accrocha le sien. Je ne me suis pas bougée d’un seul poil de plus. Je ne me jetterais pas délibérément dans la gueule du loup.
Sa voix à présent était froide et je dus lui donner raison, si j’avais voulu le tuer je l’aurais déjà fait et la réciproque était vrai. Si nous voulions nous supprimer mutuellement cela se serait déjà produit. Je me suis redressée et j’ai avancé avec lenteur. Chaque pas amenait avec lui ses problèmes, ses doutes et ses incertitudes. Je ne savais pas quoi faire, j’étais libre de fuir mais en même temps prisonnière de ma volonté. S’il y avait ne serait-ce qu’une seule chance qu’il connaisse la définition de ceci je la saisirais sans hésitation qu’importe le prix. Ma curiosité était la plus forte que tout et c’est pour cela que je me suis avancée vers Thorolf. Il se leva à son tour, exécutant le dernier pas entre lui et moi, il était bien plus proche que ce que je pouvais imaginer. Je pouvais distinguer chaque détail de son visage, de son corps, son odeur, sauvage et bestial, qui avait pourtant une touche que je ne parvenais pas à identifier mais que j’affectionnais. Je me suis tournée, lui montrant mon dos, ma main droite vint saisir mes cheveux pour dégager mon épaule gauche. La marque au fer rouge ne m’avait pas quittée depuis le temps, elle avait grandis avec moi et je ne voyais pas pourquoi les choses changeraient. Je le surveillais par-dessus mon épaule du mieux que je pouvais et j’ai vu sa main se lever lentement, il allait faire ce que je pensais ? Soudain plus de doute et le contact fut établi, il effleura mon ancienne blessure. Je ne savais même pas si j’avais souffert lorsque l’on me l’avait faite. Je ne savais pas si j’avais pleuré ou non mais surtout je ne connaissais pas l’importance de ce sceau.
Je me suis légèrement crispée, ne m’attendant pas à cela ou rectification je ne voulais pas m’y attendre, je voulais persister à croire qu’il ne me toucherait pas et pourtant.il venait de le faire et tout en observant avec attention ma brûlure il brisa jamais notre contact, le seul que nous avions tout deux et que nous nous autorisions mutuellement. Il reprit ensuite a parole, après avoir observé pendant si longtemps il m’avoua ne pas être un spécialiste de l’histoire nos meutes, pour ne pas dire qu’il ne connaissait rien à ce sujet ni même qu’il n’en avait rien à faire. Je venais d’accorder un semblant de confiance à une personne qui n’en valait à première vue pas la peine finalement. Sa main avait quitté ma peau glacée et mais je ne me suis pas détendue pour autant. Tout comme lui j’avais sentie quelque chose. Quelqu’un plutôt approchait, immédiatement j’ai sais mon arc que j’avais déposé au sol, près du cadavre et attrapant une flèche j’ai regardé les personnes qui arrivaient. Le vieux lycan se tourna vers moi, en souriant, la mort qui s’annonçait lui plaisait. Le massacre qui s’annonçait le rendait heureux, à croire que tuer était l’une de ses raisons de vivre, à croire que tuer constituait l’un de ses plaisirs de la vie pour ne pas dire le seul et unique. Il y avait quelque chose malsain en lui qui attisait ma méfiance encore et toujours malgré ses dires. Qu’est ce qui me garantissait qu’il n’allait pas me planter sa hache dans le dos pendant le combat ? Je ne pourrais pas surveiller mes avants et mes arrières, c’était impossible.
A présent accroupie, les collines devenues d’immenses masses de boues nous abritaient. Attrapant une flèche je l’ai encoché et j’ai visé, profitant du fait que nous soyons à couvert. Je ne devais pas manquer ce tir, car une fois la flèche expédiée, nous serons immédiatement découverts. Les battements de mon cœur se firent plus rapides et plus rapprochés, l’excitation du combat à venir était grandissante. Cette fois ci ce n’était pas un simple entrainement entrainant une note, une appréciation et un passage au grade supérieur non cette fois ci, s’était pour ma vie. J’étais habituée à chasser dans ses régions, je connaissais parfaitement le vent changeant en presque un instant, je connaissais sa force et comme tirer pour faire mouche à chaque fois, je savais comme faire d’une simple flèche une messagère de la mort à coup sûr.
Je me suis légèrement redressée, posant un genou au sol pour me stabiliser. La flèche se pointa sur la première personne du groupe. Le vent renvoyait mes cheveux vers l’arrière ainsi que l’odeur de ses hommes, bientôt il allait à nouveau changer. Une nouvelle inspiration, une flèche, une corde, une arme. Soudain j’ai relâchée la pression et la flèche fusa dans un sifflement mortel. Le premier était également le seul à porter une cotte de maille et aurait donc été plus difficile à abattre de près. Sans même qu’il n’ait pu comprendre ce qui lui arrivait, il se retrouva avec une flèche en plein milieu de la gorge et il tomba au sol, la main sur la flèche comme s’il essayait de respirer en vain, ses poumons n’accueilleraient bientôt plus l’air nauséabond de ses collines. Les trois autres sortirent leurs armes et se dirigèrent vers moi qui était à présent à leur vue.
Mon regard se porta vers le lycan et je lui ai fait un clin d’œil

« Et bien, jouons maintenant Thorolf. »

Encochant une seconde flèche, celle-ci manqua cependant la cible et lui atterrit simplement dans le bras. Laissant mon arc retomber au sol avec mon carquois, j’ai saisi la dague à ma ceinture et je suis allée à leur rencontre. Me dirigeant vers celui qui était déjà blessé j’ai fait mine de viser sa gorge avant de plonger au sol, le prenant au dépourvu. D’un simple geste rapide et précis je lui ai tranché le tendon d’achille. Je n’ai pas pu m’en occuper plus longtemps car un autre déjà se jeta sur moi, tentant de m’embrocher avec son épée. D’une roulade sur le côté je l’ai évité avant de me relever, le menaçant de ma dague. Je devais être dans un sale état et pas vraiment belle à voir mais peu m’importait. Mon regard bleu clair défiait cet humain, je ne savais même pas ce que le lycan faisait, je ne savais même pas s’il venait de tuer le dernier de ces hommes, tout ce que je savais c’est qu’il avait une épée et moi une dague, mais également que le dernier était certes à terre mais encore en vie et bien capable de me donner du fil à retordre. J’ai commencé à tourner autour du troisième, un blond avec une vilaine cicatrice, probablement une griffure de loup et son regard gris était plein de haine et de rage. Me mettant hors de portée de celui à terre j’ai poussé un léger grognement avant de m’avancer vers lui, ma lame était plus courte et pour le toucher je me devais d’être près de lui, sa lame vint percuter la mienne et je l’ai repoussée, notre ballet mortel venait de commencer. Après diverses esquives, feintes et attaques, j’étais enfin à la distance voulue. Un violent coup de coude vint lui éclater le nez dans un léger craquement masqué par son cri de douleur et de surprise. Plus qu’un seul coup et il serait mort lui aussi.



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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Lun 2 Jan 2012 - 6:03

Un combat. Il suffisait d'une lutte sans merci pour que l'oeil de Thorolf puisse briller à nouveau, reprendre vie et accueillir toute la saveur d'une bouffée d'oxygène. Le bruit sec et mélodieux de la lame entrant profondément dans la chair, la douce sonorité du sang qui s'en échappe sans la moindre timidité, les rugissements de douleur qui accompagnent ce monstrueux orchestre de supplice par des chœurs saturés de tristesse et de douleur ... C'était une danse, le combat était un art et la tuerie, son mode de vie. Trancher pour blesser, imaginer une sanction inhumaine à établir en dévoilant toutes les facettes d'un monstre répugnant, hostile et surtout impassible à tout ce qui opposerait la victime à son agresseur. Le seul moment où le mensonge ne pouvait corrompre qui que ce soit, le seul infime instant où les mots et les gestes explosaient en une seule et même vérité : la rage de vaincre. Les morts huaient de silence les malheureux qui ont osé se battre aussi faiblement, cela était connu ... Et un seul vivant dans tout Thaodia partageait cette théorie sans l'ombre d'un doute : Thorolf. La confiance s'obtenait difficilement avec des mots ... Quoi, fallait-il une année entière, peut-être trois de plus ? Et là toujours, la méfiance s'interposait à chaque fois que l'autre individu eut le dos tourné. Non ... La véritable arme pour éradiquer ce maux, ce "cancer" émotionnel et spirituel nommé "confiance", devait être combattu par la lame.
Le vieux lycan haussa un sourcil ... La jeune lycanne resta concentré sur ce fameux énigme que révèle le signe tatoué durement sur sa peau. Que pouvait-il signifier de si important pour qu'elle puisse l'énoncer au premier venu ? Pire même, à un être avide de sang et de malheurs physiques comme le vieux Colosse ... Un secret refoulé était gardé en elle comme l'ultime richesse de son passé. Le symbole était apparu sur son épaule par la main d'un autre ... Thorolf ne connaissait pas sa signification, mais il ne savait que trop bien ce que pouvait désigner un geste aussi cru et violent que celui-ci. Tout ce qui pouvait ôter un gémissement à un être, Thorolf connaissait le concept et la raison d'une pareille terreur. Un signe pareil était un acte de soumission. Elle avait un maître, ou plus communément appelé "un dominateur qui la possédait". Elle était à lui, à lui seul d'où le signe. Seul une personne distinguée dans la noblesse pouvait se résoudre à commettre un acte pareil ... Et cela voulait dire que s'il ne se trompait pas, Thorolf allait tuer cet homme ou cette femme qui aurait pensé être au même niveau qu'une surpuissance. Il allait retrouver cette personne et le détruire avant l'arrivée de la jeune lycanne mais ... Il s'arrêta. Il réfléchit méthodiquement et espéra tout de même avoir tord sur toute cette explication. Pourrait-elle le supporter ? C'était une dure, pas aussi cruelle que lui, mais son faciès révélait des traits de fatigue qui remontait à une vie de souffrance et de questions. Si la vérité était dévoilée ainsi, elle irait courir à sa rencontre et l'achever. C'était son droit, sa décision et surtout un juste rétablissement des choses. Mais est-ce que le vieux lycan serait enclin à partager ce trophée ? Etait-ce réellement ce qui s'était passé ou sa théorie n'était qu'une horrible face imaginée ? Fallait-il répondre aujourd'hui dans ces collines défrichées et soutenir ses yeux autant féminines que guerrières ? Tant de questions tracassaient ses pensées ... Et pourtant cela ne devait jamais avoir eu lieu. Il accordait un poil trop d'importance à l'histoire de cette lycanne qui lui rappelait ... C'était ça. C'était lui qu'il voyait en travers de ses yeux profonds.

Son oeil parcourra de l'oeil sa partenaire de combat ... Sérénité était le maître mot qui engloba sa gestuelle et sa précision. La flèche partit et se blottit violemment contre un cou, le sang éjaculant à partir du nouvel orifice crée. Un tir sublime venant de la jeune femelle ... Un tir de maître même, mais Thorolf n'en fût pas autant ébloui. Cela était si rapide, si propre ... Certes, la carotide avait été déchirée par la flèche, l'effusion de sang se dressa comme une fontaine avant de retomber sur l'herbe fraîche mais ... La peau resta à sa place, pas un seul gémissement ne fut entendu. Simplement un bruit sourd, un mélange d'incompréhension et d'angoisse se lisait au fond de ses prunelles inquiètes. Alerté, les autres gardes scrutèrent les recoins pour tenter de démasquer leur position. Cela ne fut pas long, il n'y avait qu'à suivre la vive trajectoire de la flèche et refaire le chemin inverse ... C'est d'ailleurs ce qu'ils firent tous, mais la lycanne sembla confiante et lui adressa un clin d'oeil que Thorolf jugea malicieux venant de sa part. Mais il joua à son petit jeu et lui adressa un dernier mot avant de la voir partir combattre :

"Parle moins, frappe plus. Impressionne-moi."

Un sourire en coin à demi-complice se dessina sur ses lèvres ... Il ne voulait pas s'attacher à cet être en particulier car elle avait toutes les qualités nécessaires pour attirer de l'attention au Colosse. Cela était mal vu et quelque chose de difficile pour lui, il n'était pas si habitué que cela à laisser une individu prolonger sa vie ainsi devant lui. "Parle moins, frappe plus" était ces derniers mots ... Et pourtant elle assura le sens de cette phrase avec grand succès ! Elle entama ses premiers pas et vint déchaîner la mort autour d'elle de manière instinctive et rapide.
L'agilité qu'elle utilisait était un fléau pour ses ennemis qui ne virent pas les coups arrivés. Sa dague se mariait parfaitement à son poing, ce dernier ne faiblit pas un instant et garda tenu la clé qui pouvait libérer ces mortels inconscients de leur misérable vie en échange d'une mort inévitable. Thorolf se leva et marcha tranquillement en direction de la bataille pendant que la lycanne déchaîna furieusement sa colère autour d'elle. Il remarqua qu'elle eut du mal avec le responsable du bataillon, un grand gaillard portant une tignasse dorée sur son crâne blanc et une horrible entaille était tracé sur son visage. Lui aussi avait-il déjà connu l'effet de tuer une dizaine de guerriers en les gardant en souvenir enfoui dans ses pensées. Mais il faiblit rapidement face aux assauts de la femelle, son regard commençait à devenir hésitant, limite craintif. Il faiblissait à vue d'oeil et le dernier coup brisa son nez. Mais la femme n'eut pas le temps de l'achever. Le guerrier saigna de la partie nasale, épée en main, et recula lentement en fixant la lycanne ... Avant de percuter son dos contre l'armure du Colosse.

Il se retourna aussi vite qu'il pu pour distinguer l'obstacle qui retenait ses pas mais il fût couper de son élan par un énorme pied qui le bouscula à terre. Son arme s'échappa de sa main et vint rouler à une distance qui ne pouvait plus être atteinte. L'imbécile commença à implorer son pardon :

"Attendez, je ... Je me rends ! Je cesserai de vous traquer à compter de ce jour !"

Il se retourna vivement du côté de la lycanne, les yeux aux bords des larmes :

"S'il vous plaît, je vous promets de tenir parole !"

Il supplia encore et encore ... Jusqu'à ce que Thorolf le retourne à nouveau vers lui, ouvrit brusquement sa bouche à l'aide de la force de ses grosses mains et tira la langue de toutes ses forces. Le maigre tissu corporel se détacha dans un flot de sang et le corps du guerrier émit des sons particuliers tout en se secouant dans la boue, fou de douleur. Le vieux lycan se tint là, impassible, apaisé même ... Il douta que la lycanne voulait l'achever et finir avec ce cauchemar terrible, mais Thorolf l'arrêta d'un sévère geste de la main en y déposant un regard rude. Il attendit encore, que le mal et la douleur renversent l'esprit et la conscience morale de cet être à l'agonie. Le temps devint interminable, lorsque le Colosse se résolut à s'emparer de son col en le fixant d'un oeil noir. Il le remit debout en face à lui et sortit un de ses javelots. Il plongea brusquement la moitié de la lance au fond de sa cavité buccale, transperçant ainsi son gosier et sciant les recoins de la cavité. Une fontaine de "vin salé" s'extirpa de ses lèvres et se divisèrent en une multitude infinie de rivières de sang. Thorolf se mit à sourire et à caresser même tendrement le visage qui empirait la pire des souffrances. La main se glissa sur ses pommettes et câlina du bout des doigts cette figure étouffée qui devint rapidement pâle. Brusquement, Thorolf tint sa nuque de ses deux mains et tourna avec fureur dans un seul et même sens ... Les cervicales lâchèrent et la tête resta pendue sur ses épaules, complètement désarticulée. La nuque était brisée et le son des os résonnait comme un violent écho à ses oreilles ...

Le corps tomba à ses pieds, le javelot toujours enfoui dans les profondeurs de ses entrailles à partir de sa bouche. Thorolf ferma un instant les yeux et respira doucement avec une pointe d'allégresse au fond de lui ... Au même moment d'ouvrir lentement les yeux, il fixa la femelle et fit un seul pas vers elle.

"Cette marque ... Je connais les dents qui ont rongé ta chair ainsi. Tu pourrais avoir été l'objet d'un Maître, à priori noble car ce titre possède le droit d'avoir ... Disons des esclaves ou appelle-cela comme tu le souhaites."

Il releva ses cheveux humides à l'arrière et prononça d'une voix dure :

"Je t'ai touché auparavant, ce n'est pas une flatterie de ma part. Tu n'aimes pas le contact. Tu n'as pas aimé le contact qu'il a eut avec toi, va savoir ce qu'il a fait réellement de ton corps. Mais apparemment le choc était trop fort que tu ne t'en souviens plus. Un traumatisme digne de ce nom ne te semble pas plus probable qu'une soudaine amnésie ? "

Thorolf se dirigea droit vers elle à présent, les mains ensanglantées mais n'ayant pas le moindre geste hostile à son égard :

"Je te suggère d'avoir d'autres informations là-dessus avant de plonger n'importe où ... Je me rendrai malade si quelqu'un oserait te tuer alors que je n'en ais pas eu l'occasion moi-même de défaire un aussi beau visage."

Il l'avait dit. Il avait exprimé son sentiment envers elle. Curieusement, la phrase était ponctuée de violence mais la chose à retenir était une attirance physique qui affectait l'aliéné sans trop savoir comment. Elle avait surpassé ses espérances en matière de combat, établit une personnalité qui lui était propre et une curieuse façon de s'adresser à lui. Cela avait suffit à défaire ses défenses et à amplifier sa tendresse envers sa beauté ... Mais cela voulait dire aussi qu'il ne devait plus se voir, que Thorolf devait l'éviter avant de succomber à quelque chose qui lui était totalement inconnu. Oh, bien sûr qu'il aurait désiré la revoir et même approfondir le lien qui les unissait jusqu'à un désir aussi fidèle que sincère. Mais cela ne devait pas se passer ainsi. Même si elle avait osé préciser qu'il n'était un monstre. Ce détail l'avait chamboulé, perturbé à un point considérable. Son identité se rattachait à cette notion "monstrueuse" ... S'il n'était pas un monstre, qui était-il ?
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Kimaya Laraheris
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Jeu 5 Jan 2012 - 0:35

Mon honneur était presque bafoué, insulté, rabaissé. Lorsque je commençais avec une proie, je n’aimais pas qu’elle me soir retirée des pattes, je ne supportais pas qu’on me retire ma victime. Mais c’était lui qui avait reculé et c’était jeté dans une galère pire que celle que je lui offrais, avec moi au moins sa mort aurait été rapide. Combien de pas a-t-il pu effectuer avant de rencontrer la montagne ? Au nombre de combien ont été les derniers pas de sa vie ? Quatre, ou cinq peut être. Un choc et immédiatement la surprise se lut sur son visage. Trop absorbée par moi il n’avait pas dû se rendre compte que je n’étais pas la seule louve du coin, que j’avais avec moi un autre membre de ma race bien plus dangereux et que se retrouver dos à lui était peut-être moins terrifiant au final que de voir son visage. De voir le plaisir insolite qui éclairait son visage lorsque les corps mutilés et meurtris rendaient les armes, expiant une ultime fois sous un râle de douleur le plus souvent. Il se retourna et fut cueillit, avant même que sa rotation soit complète par un coup de pied dévastateur, le clouant au sol, à mes pieds. J’ai reculé d’un pas, le laissant à présent entre les griffes du lycans. Son sort n’était plus lié au moins d’une quelconque façon. En choisissant d’entrer en contact avec lui, le vieux mâle venait de le marquer comme étant sa victime et je n’avais pas mon mot à dire.
Sa lame quitta ses mains et roula loin de lui, non loin de moi, un seul pas et je l’avais. Je n’avais pas envie de prendre son arme alors qu’il n’était pas encore mort, même si cela ne saurait plus tarder. Je ne voulais pas lui prendre son bien quoi qu’il en soit, c’était un ennemi, un rival, un sale rat qui voulait traquer ceux de notre race. Ses jérémiades m’auraient presque arrachées un sourire si mon cœur avait été présent, mais il était ailleurs, mon esprit aussi, vagabondait loin de moi. Je pensais à ma marque, à ma tare. Mes yeux acier se sont tournés vers l’homme qui implorait ma pitié. Pour moi il n’existait déjà plus, il n’était même plus dans mes pensées, je n’avais plus libre arbitre.

D’autres paroles sortirent de sa bouche en un flot ininterrompu, une véritable logorrhée insupportable. J’ai détourné mon regard de cet homme en poussant un soupire agacé & fermant les yeux. S’il continuait ainsi je ne respecterais plus la marque de " propriété privée " qui avait été installée. Lorsque j’ai rouvert les yeux, une sorte de gargouillement plaintif se fit entendre, curieuse de voir ce que le lycan lui avait infligé j’ai tourné la tête. Il se roulait à présent à terre et un flot de sang jaillissait de sa bouche. Mâchoire brisée ? Dents arrachés ? Mon regard continua sa route jusqu’à arriver à la main ensanglantée du loup. Il tenait… ce n’était pas possible, il tenait entre ses mains sa langue. Un léger frisson me parcourut, et je me suis avancée vers le soldat qui devenait simplement fou de douleur, poignard en main. J’allais abréger ses souffrances il le fallait. J’ai levé la tête, affrontant le vieu loup du regard avant de m’arrêter, il ne voulait pas que je m’en occupe. La violence de son regard me laissa sur place, sans voix, je n’étais qu’un simple spectateur. Les secondes défilaient au ralenti, il n’y avait aucun moyen de terminer cela plus vite mais pourtant je ne pouvais détourner mon regard de la victime. Je n’y prenais aucun plaisir à le voir souffrir ainsi mais j’étais… Curieuse. Oui de la curiosité malsaine, je voulais voir à quel point il pouvait pousser cet être à la terreur. Je voulais tout savoir sur lui, tout dans les moindres recoins, tout dans les moindres détails. Je me devais de connaitre un maximum de chose sur ce potentiel rival, sur cet hypothétique ennemi car si nos meutes entraient en conflit, il sera un adversaire de taille, bien dangereux même.

Il le releva brutalement et le regarda un dernier instant avant de planter son arme dans sa bouche. Dès que le sang fusa, mes yeux se fermèrent, je ne pouvais pas en supporter plus. J’avais beau être forte, j’avais mes limites. Barrières que je me devais à grandes peines de briser petit à petit pour devenir plus forte, pour conserver mon utilité auprès de la meute. A contre cœur mes deux pupilles se fixèrent à nouveau sur ce qui semblait ressembler à une fontaine à vampire. D’un geste empli d’une tendresse macabre, il laissa glisser sa main sur son visage et j’ai immédiatement su la suite. Malgré la pluie, le vent et la distance qui me séparait d’eux, malgré les sons environnant j’ai entendu distinctement ce c.r.a.c comme s’il provenait de moi. Ses douleurs étaient achevées à présent, la mort l’avait accueilli dans ses bras et ce pour l‘éternité.

Le laissant retomber au sol, et après un court instant, Thorolf me regarda et avança vers moi. Encore une fois je n’ai pas esquissé un seul mouvement, à quoi bon ? Je savais bien que si je tentais de fuir, je finirais par me faire attraper, je savais que si je retournais me cacher à la meute, je les condamnerais tous. Je savais que si je fuyais, je ne trouverais plus de sens à ma vie, si je devais mourir aujourd’hui sous la pluie dans d’atroce circonstance et bien tel serait mon destin.

Son premier discours me fit un choc. Il me retourna littéralement le ventre. Moi une ancienne esclave… Depuis quand les lycans étaient-ils des esclaves, pourquoi me marquer alors que je n’étais encore qu’un nourrisson à cette époque…. Ma main se posa à nouveau sur cette marque indélébile, comme pour la cacher. Si ce qu’il me disait s’avérait vrai, j’aurais deux fois plus de raisons de la masquer, deux fois plus de raison de me cacher aux yeux des autres. J’ai baissé la tête. Moi qui avait pour unique fierté la certitude d’être née de parents lycans qui eux même étaient né de parents loups, tout ceci volait en éclat également. Une larme de frustration coula sur ma joue. J’espérais en secret que la pluie masque cette dernière. Si seulement la pluie pouvait tout laver ainsi, si elle pouvait me permettre de tout oublier, si elle pouvait effacer de ma chair cette trace de fer…

De nouveau des sous-entendus, mon corps, cet outil que je n’utilisais que dans le but de me battre, d’apprendre, cet outil qui m’importait au final peu, pas plus que des vêtements. J’avais cependant plus de mal à croire que mon corps ait été… souillé. Pour moi c’était plutôt dû à ma méfiance naturelle. Je ne connaissais et ne connais toujours pas cet homme alors pourquoi penser qu’un simple contact ne me ferait pas tressaillir, même si ce n’était qu’un tantinet. Une amnésie suite à un traumatisme ? Je n’avais que peu de souvenirs, pour ne pas dire aucun de mon enfance. Je ne savais pas ce qui m’était arrivé réellement et s’il avait réussi à percer à jour la vérité. Si en une seule rencontre il avait pu mettre à jour la vérité sur mon passé ? Tout ceci me paraissait impossible, ce n’était pas …

Je n’arrivais plus à penser, il avança vers moi mais cette fois ci ce n’est pas de plein gré que je suis restée immobile, c’est sous le choc de cette révélation. Toute ma vie était remise en doute, toutes mes certitudes pour finalement supposer que je n’étais qu’une fille d’esclaves, rien d’autre qu’une servante, que je n’étais qu’une inférieure, en dessous de toutes les classes sociales, que je n’étais rien. Le doute me prenait littéralement, me nouait le ventre. Tout ce que j’avais subis aujourd’hui commençait à faire trop pour mes épaules. Ces dernières qui étaient droites et fières se sont affaissées, comme si un poids important venait me forcer à courber l‘échine, c’était après tout vrai en quelques sortes. Je ne parvenais pas à comprendre pourquoi ni comment de simple suppositions m’avaient mises dans cet état, et voilà que cet homme me complimentait à présent.

Me sentant faiblir, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’asseoir à même le sol, près de cadavre encore ensanglantés, mais peu m’importait. Ses mots se sont alors imprimés dans mon esprit, réfléchir avant de foncer. Ne pas faire ce que me dictais mon cœur sans y penser à l’avance, se rendre malade si quelqu’un me tuais alors que lui non. Mes mains se sont posés sur mes oreilles comme si je voulais faire taire ses voix, comme si je voulais oublier tout ce qu’il m’avait dit.

« Assez ! Plus un mot Thorolf, je ne veux plus savoir ! »

Ma voix fut plus forte et plus impérieuse que je ne l’aurais voulu. Je ne pouvais pas supporter plus de chose que tout ce que j’avais déjà entendu. Une nouvelle inspiration et je me suis relevée, vacillante durant un temps infime, avant de planter mon regard bleu comme la glace dans le sien. J’étais proche de lui, bien trop proche, en un mouvement il pourrait me briser. Notre différence de taille était flagrante mais peu m’importait, j’étais certes obligée de lever la tête pour le fixer mais mon regard n’en restait pas moins froid.

« Qu’est-ce que ma vie peut bien vous faire ? Qu’importe la manière dont je la mène, cela ne concerne que moi et en aucune manière une personne que je ne connais que depuis moins d’une journée. Je refuse que vous vous mêliez de ma vie plus que vous ne l’avez déjà fait… Même si c’est moi qui vous l’avais demandé…»

Ma bêtise, ma stupidité m’avaient menée à cet instant. Il n’y avait que moi et moi seul que je pouvais blâmer, mais je devais reconstruire au plus vite mon masque, ne pas montrer à quel point j’avais été atteinte, ne plus montrer un seul signe de faiblesse. Mon souffle fort et irrégulier frappait sa peau, au même rythme qu’un sentiment montait en moi, un sentiment que je n’avais que très peu rencontré au cours de ma vie, associé à un autre que je ne connaissais que trop, la colère et la frustration.

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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Ven 6 Jan 2012 - 16:35

La pluie ne cessa de recouvrir les deux êtres, masquant la douleur de l'un et l'anxiété de l'autre. Le vent se calma et les mots purent être prononcés avec une meilleure distinction et une écoute plus facile. Le sang de sa dernière et misérable victime était monté jusqu'à ses coudes. Le buste imprégné de sang, son oeil se referma doucement. Thorolf avait-il commis une erreur ? Pensait-il réellement lui rendre service en énonçant d'aussi sombres hypothèses imaginant qu'elles seraient bénéfiques pour la lycanne ? Il supposa en tout cas qu'elle le prendrait sous une tournure positive, mais la probable révélation fut un tel fardeau pour elle que le choc fut émotionnel ... Mais aussi physique. Sa stature n'était plus aussi solide, capable de soutenir le regard du vieux lycan. Elle redevint une très jeune fille a qui on accable de malheurs, sans avoir la moindre capacité à se défendre face à cette douloureuse situation. Le Maître de Guerre était dans une impasse douteuse où il pouvait la comprendre sans la comprendre. Il voyait ce que cela pouvait représenter pour elle ayant vécu des non-réponses jusqu'à découvrir l'illumination en regardant le cadavre de son père, le chef de la meute Gunnar. Lui qui n'a cessé de le battre sauvagement, lui arracher l'oeil dès son plus jeune âge sous les yeux de sa mère et que tout deux ne firent aucun geste de compassion. Trop jeune pour le combattre, les coups fusèrent, Thorolf criait le jour et gémissait la nuit pendant un très court sommeil. Les plaies se refermaient difficilement sur lui la nuit pour s'ouvrir à nouveau sous les premières lueurs du soleil. Sa mère était absente, ses frères et soeurs ne bronchèrent pas. Ils le fixaient tous tristement, sans dire un seul mot ... Une famille dénuée de vie, dénuée d'amour. Quand à lui, il le voyait comme un mal absolu, un père indigne qui ne ressentait aucun amour et aucune tendresse envers lui. Une terrible icône qui amenait la souffrance de l'être et la profonde déception de la nature lycanne. Il ne pouvait pas le vaincre ... Il pensait qu'il allait mourir ... Jusqu'à atteindre un âge adulte. Il le tua presque puis s'échappa sous le cri de sa mère "Tout est fini !". Si seulement il l'avait écouté, si seulement il avait compris le sens de cette phrase ... Mais sous la haine qui le maintenait en vie, il ne put s'y résoudre. A un âge avancé, il comprit seulement la triste vérité des gestes de son père ... La famille était en grand danger et bien que la tactique de son père fut très pragmatique, il voulait que lui, Thorolf, soit une machine de guerre assez forte pour défende la meute ... Chose qu'il comprit uniquement en fixant la meute décimée et déchirée juste sous ses yeux, des lambeaux de chair et de fourrures trempant dans une mare gigantesque de sang qui les plongea tous à l'intérieur. Ne devait-il pas se sentir honteux lui aussi, se maudire et repousser son corps, son esprit afin de planter sa propre hache sur sa tête et terminer avec cette folie ?
Le Colosse regarda la Belle, paralysé par l'incompréhension la plus totale ... Elle voulait qu'il se taise et sa voix fut même capable de parvenir à ce résultat. Il resta silencieux, les paroles sous la langue. Il resta immobile, les pensées chamboulées par cette force vocale qui a sut maintenir ses propos. Il soupira légèrement, évacuant ainsi son désir d'ajouter d'autres mots. La distance qui les séparait d'eux était devenue minime, Thorolf prenait une position de force en étant au-dessus d'elle. La douleur qu'elle endura devait être tenace, fourbe au point de lui ôter toute défense pour la vaincre ou même la dompter suffisamment pour qu'elle retrouve confiance et résistance ... Mais cela devait la fatiguer énormément, déstabiliser par tant d'informations ... Thorolf haussa un sourcil et paru sceptique. Elle ne devait pas succomber à la folie car c'est ainsi que tout a commencé pour lui, couché par terre ses jambes incapables de le maintenir debout, des pensées qui virevoltaient sans raison apparente et engloutissaient avec la moindre notion du réel. C'était comme donner un coup par le bas d'un gigantesque château de cartes. L'effondrement était totale, l'origine de nos convictions étaient détruites, le début de notre naissance était devenu un doute profond.
La jeune guerrière soutint difficilement son regard, mais cela ne lui empêcha pas de prononcer un flot de paroles que même Thorolf avait peine à répondre ... De quel droit avait-il d'interagir avec elle au point de percuter sa propre histoire ? Le Maître de Guerre su qu'il l'avait mit à nue car même son discours baignait dans la colère, la frustration mais aussi l'incohérence et un appel de soutien.

*Elle refuse que je continue à m'intéresser à elle ... Et pourtant, elle précise que c'est elle qui l'a demandé, comme si ... Comme si elle voulait s'excuser auprès de moi.*

Le discours était particulier et difficile à comprendre ... Mais pour respecter ce qu'elle était à ses yeux, Thorolf acquiesça de la tête sans un mot. Il resta encore un instant en face d'elle, la regardant lutter pour reconstruire les morceaux de son passé. Il devait partir ... Il ne devait pas la regarder plus longtemps, il ne pouvait pas être impassible face à ce spectacle. Il tourna les talons et marcha avec assurance à contresens en s'éloignant de la lycanne. Il devait revenir à sa vie, revenir à ses tueries ... Elle n'était qu'une chose secondaire à ses yeux, il fallait que cela reste ainsi. Ce n'était qu'une lycanne normale bon sang ! Une faible, une sotte qui parle trop mais ne sait pas même prendre une décision afin de décimer le mal qui l'accable ! Thorolf pesta un juron et marcha encore un peu à la direction opposée de sa précédente position ... Il devait retourner aux marécages, chasser et étrangler un gibier aussi grand que lui. Il ne fallait pas non plus oublier à aider les peuples de son village en entretenant sa couverture de traqueur sanguinaire et ainsi jouer le rôle du bon Maître de Guerre. Couvrir le monstre qu'il était par des services rendus étaient un équilibre parf... Par ... Parfait ! Pourquoi Thorolf eut de la difficulté à terminer cette phrase ? Ses pas se firent plus lourds, s'enfonçant dans la boue. Non non, ce n'était pas le moment de douter, il fallait continuer ! Il fallait tuer quelque chose pour occuper ses pensées et revenir à autre chose ! La respiration cardiaque du vieux lycan s'accéléra trop vite bien qu'il n'eut marché que pendant dix minutes. Il ne pensa pas un seul mot que la lycanne fut une faible ou même une sotte. Il avait imaginé assez durement ce mensonge pour lui permettre de continuer son chemin ... A cette vérité, il s'arrêta net. Qu'était-il en train de faire ? Tourner le dos à une lycanne qui mérite de préserver sa vie et de conquérir son destin ?

"Elle me ressemble tellement ..."

Thorolf reconnu qu'il avait regretté son geste même si cela était du aux paroles de la guerrière. Elle ne s'imaginait pas dans quelle désastre elle pouvait être actuellement. C'est ainsi que sombra le vieux lycan ... Seul, à terre et les idées qui rongèrent sa conscience. Sa vision du réelle métamorphosée d'une manière définir au point qu'il dût créer sa propre réalité, chose qui était difficile car cela pouvait être mal vu par les individus. Il fallait rester cacher, suivre sa réalité en ne la montrant pas aux autres car c'est ainsi que le loup ne doit pas divulguer sa nature dans un monde rempli de moutons. Elle ... Elle ne méritait pas cette vie. Ce travail énorme, ces efforts titanesques à établir en éloignant sa réelle identité aux restes du monde . Que pouvait-elle devenir si elle se laissait entrainer dans la folie ? Un monstre, comme lui ? Et si c'était le cas, le Maître de Guerre devait se résoudre à la tuer. Une chose qu'elle ne méritait pas tout de suite.
Il déglutit avec peine ... Ses théories sur les fatalités énoncés n'étaient pas un véritable plaisir pour lui. Mais qu'est-ce qu'il le retenait tant ? Thorolf ne comprit pas que c'était uniquement l'amour, une attirance qui le maintenait immobile poussant à refuser ses pas de continuer dans le droit chemin. C'était une farce ?! Thorolf avait tué des Vajuras à mains nues, des sangsues géantes avec ses javelots, des vampires avec sa hache ... Rien ni personne ne pouvait l'arrêter ! Rien ni personne ... Sauf elle. L'attirance était trop forte pour ne pas l'ignorer. Il ne voulait pas qu'elle souffre. Son coeur se serra, la sueur perla son front, ses muscles palpitèrent ... Il paniqua terriblement. Quelle était donc cette force invisible qui l'enserra comme entre deux étaux ? La belle lycanne ?

Il regarda par-dessus son épaule avec un air de défi, mais aussi tristement. Il ne fallait pas qu'elle endure tout cela toute seule en ce moment précis. Il pourra disparaître quand il sera persuadé qu'elle puisse gérer sa conscience toute seule. Il recula un pas, puis deux ... Plus les pas se prolongèrent, plus il se sentit soulager au point de précipiter sa course. Il l'eut à nouveau dans son champ de vision et calma sa course afin de paraître le plus neutre possible, même si son coeur n'en disait pas autant. L'attirance pour une femelle était une chose totalement inconnue pour Thorolf, cela était même devenu une peur atroce. Lui, peur ? Eh bien oui, il n'était pas à l'aise. Il marcha lentement en sa direction, puis se mit à genou devant elle, brisant ainsi sa position de force pour se positionner d'égal à égal.

"Je ..."

Une première hésitation ... Il ne se reconnaissait pas, lui qui était aussi si vif et puissant d'esprit. Son oeil regarda le sol, tentant de trouver des mots à ce silence. Il releva la tête et lui dit avec un ton sérieux :

"Nous endurons la même douleur."

Cela était vrai, la souffrance de la lycanne était contagieuse et l'influence était lié à la compassion qu'il éprouvait envers elle. Mais cela, elle ne le savait pas encore. Le plus logique était qu'elle ne sache rien, qu'elle s'imagine que Thorolf parlait de son passé. Là aussi, c'était vrai. Mais le véritable sens était la première explication.

"Je ne te demande pas de me faire confiance. Je te demande de te ressaisir."

Demander au lieu d'ordonner. Ces mots étaient divulgués avec peine ... L'idée qu'elle pouvait endurer cette peur horrible allait le pourchasser indéfiniment. Il fallait qu'elle retrouve confiance pour que son esprit puisse être apaisé et savoir que "l'être bien aimé" est sauve et puisse gérer le mal par elle-même. Il fallait qu'elle se mette à la tâche à partir de maintenant pour occuper son esprit et ainsi permettre de la sauver de sa propre folie.

"Je vais faire des recherches, mais je te conseille d'en faire autant. Si je le trouve, je le tuerai avant toi."

Il voulait qu'elle se rebelle et affirme enfin que sa victime était destiné à elle et à elle seulement ... Il allait se faire bombarder de colère par la guerrière, mais cela devait se passer. Il devait endurer son grondement pour qu'elle puisse hurler sa douleur, qu'elle l'entende le rabaisser brusquement et ainsi ... Qu'elle puisse se mettre à l'oeuvre en échappant à la folie. Thorolf l'aurait sauvé en incarnant le mauvais rôle, mais peu lui importait ce sacrifice.
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Lun 9 Jan 2012 - 0:51

Le Borgne soupira, et mon irritation prit de l’ampleur, pas suffisamment cependant pour me retirer toute parcelle de raison, je ne devais pas exploser, je devais me contenir, conserver mon sang froid, je devais rester calme. Mes ongles se sont enfoncés dans ma chair, je devais me concentrer sur cette douleur et sur rien d’autre, je ne devais pas céder, pas devant un étranger car je n’en avais pas le droit. Je me l’interdisais. Je concentrais mon regard vers le sol, je ne voulais pas le regarder plus, je connaissais très bien ma réaction sinon, en une fraction de seconde, ce ne serait plus la jeune humaine qu’il aurait face à lui mais une louve déchainée. Une bête sauvage indomptable ne désirant que la mort. C’était ce que j’allais devenir si je ne reprenais pas rapidement le dessus sur moi-même.

Relevant la tête, j’ai vu son air perplexe, il ne devait pas comprendre le trouble qui m’agitait, il devait se demander par quel mal j’étais atteinte, ce qui me rongeait de l’intérieur pour que je sois dans cet état, le pourquoi du comment. Mes reproches avaient fusés, comme s’il était l’unique responsable, comme si je n’avais rien à voir la dedans et que je ne faisais que subir une injustice. C’était faux, je me mentais à moi-même, je me voilais la face dans l’espoir de rendre la réalité plus douce, plus acceptable. Je savais pourtant que lorsque j’apprendrais la vérité je devrais me préparer, je savais pourtant que rien ne serait simple et qu’elle serait peut-être dure à digérer, alors qu’est ce qui me dérangeait ?

Un mouvement, un brassement d’air, un départ. Le lycan s’éloignait, en avait-il assez de me voir ? Probablement. Après tout quel guerrier digne de ce nom pourrait supporter une petite geignarde comme moi. Il partit sans se retourner, mon regard ne le quittait plus, jusqu’à ce que je ne puisse plus le voir. La distance était devenue trop forte, grande pour mon odorat même. Il ne me restait plus qu’à faire de même. Je n’avais même pas eu le droit à un seul mot. Un départ rien de plus comme si nous ne nous étions pas parlé, le combat ensemble n’avait pas eu li, comme si nous étions de purs étrangers. Après réflexion, c’est ce que nous étions, je ne connaissais que son prénom et son odeur, lui ne connaissait que ma meute et mon odeur. Mon prénom lui était et resterait inconnu, en quelques sortes, c’est moi qui savait le plus de chose sur lui mais lui avait su toucher ma fragilité, ma sensibilité et mon être tout entier au plus profond. Même si nous ne nous étions pas battu physiquement, c’est lui qui l’avait emporté sur moi, c’est lui qui avait gagné, j’étais faible. En quelques mots le voile devant mes yeux s’était éclairé, plus j’y réfléchissais et plus je trouvais cela crédible. Plus j’y pensais et plus cette explication était plausible. Les regards en coin, les messes basses lorsque j’étais une enfant, tout cela s’expliquait, tout prenait un sens. Je me suis penchée vers un des cadavres et je lui ai arraché un morceau de sa chemise. Je me suis ensuite dirigée vers une pierre pour essuyer mes lames consciencieusement. J’avais besoin de penser à autre chose, j’avais besoin de voir ailleurs, d’occuper mon esprit. Si je rentrais dans cet état à la meute, je ne répondais pas de mes actes. Je ne répondrais de rien même.

J’effectuais les mêmes mouvements répétitifs. Depuis combien de temps précisément je ne sais pas. La pluie s’était enfin calmée mais les nuages étaient toujours présents. Mes cheveux, comme mes yeux gouttaient sans cesse. Je ne savais plus quoi faire. Je n’allais pas rester ici indéfiniment, j’allais devoir rentrer, enquêter sur mon passé et comprendre, j’avais enfin une piste, un début de recherche et je savais ce que j’allais faire. Ensuite, tout faire pour que cela reste dans le se… le secret, quel secret pouvait-il bien y avoir encore. La seule à ne pas savoir c’était moi. Je me suis recroquevillée sur moi-même, ramenant mes genoux contre ma poitrine et posant ma tête sur ces derniers.

Il n’y avait personne à présent, j’étais seule, je pouvais enfin me laisser aller, je pouvais enfin libérer toutes ces émotions en moi et laisser couler mes larmes. Le barrage céda libérant des trombes d’eau que je ne retenais plus. Jouer la femme forte en toutes circonstances était bien trop dur à présent, je ne pouvais plus maintenir le masque aussi longtemps, je ne pouvais plus le conserver. Seul les morts étaient les témoins du triste spectacle que j’offrais, seul eux savaient tout de ce qui encombrait mon cœur, seuls eux pouvaient y assister sans en subir les conséquences.

Au loin, un bruit me parut, et plus mes sanglots se tarissaient, plus ce son approchait, je devais reprendre bonne figure, je devais redevenir la louve insensible et froide. Je devais redevenir une coquille vide. Essuyant mon visage à l’aide de mon chemisier détrempé j’ai relevé la tête au moment où Il se mit à ma hauteur. Il était revenu… mais pourquoi ? Pour regarder le résultat ? Il ne serait pas déçu ça s’était sûr. Mon visage devait être légèrement rougis à cause de mes pleurs mais je mettrais ça sur le compte du vent, même s’il n’y avait pas moins crédible en excuse.

Il commença sa phrase et immédiatement je sentis un trouble en lui. Il ne me regardait pas ce qui m’arrangeait d’un côté car il ne voyait pas la loque que j’étais mais je ne comprenais pas, pourquoi était-il ainsi et seulement maintenant, un moment j’ai cru que mon état avait ravivé en lui de vieux souvenirs, et c’était le cas. Il releva la tête et continua de me parler. Les mots ne se gravait qu’en partie dans mon esprit, quelque chose bloquait, quelque chose m’empêchait d’en saisir toute la portée. Quelque chose de plus fort que moi me l’interdisait. Je doutais qu’il endure la même chose que moi alors pourquoi mentir ainsi ? Pourquoi faire preuve de compassion lui qui ne semblait même pas connaitre le sens de ce mot. Peut-être voulait-il se moquer de moi et cette hypothèse était fortement probable. Tout ceci aurait-il été uniquement un jeu, un nouveau moyen de distraction dont j’étais encore et toujours la cible ?

Un léger grognement monta dans ma gorge lorsque j'entendis le mot confiance. Même s'il me parlait de ne pas la lui accorder ce mot sonna en moi comme le résonnement assourdissant d'une cloche.Je ne ferais effectivement pas confiance à cette personne, il avait raison sur ce point. Il savait que je ne la lui accorderais pas, pas même pour me ressaisir, jamais. Pas dans ses circonstances, j’étais bien trop perdue, bien trop effondrée pour pouvoir faire une telle concession. Même s’il avait fait preuve de diplomatie et en me faisant une requête et non une injonction, sa dernière phrase me déplut fortement. Cette fois ci le grogne sortit directement de ma gorge et je me suis relevée comme si j’étais montée sur des ressorts

« Vous ne vous occuperez plus de mon passée, ne vous occupez plus de ma vie Monsieur est-ce bien clair ? Je ne veux plus avoir affaire à vous et si vous en parlez ne doutez pas que je viendrais vous mettre des bâtons dans les roues. Je sais bien ce que vous pensez et que je ne fais pas le poids mais n’ignorez jamais une louve en colère, cela pourrait vous être fatal ! »

Même si cette dernière menace sonnait un peu creux, elle était véridique et la plupart des personnes le savaient. Une femelle en colère pouvait être bien plus dangereuse qu’un homme, pas plus que cet homme-là certes mais en tout cas si je venais à me battre contre lui ce ne sera pas sans difficulté pour lui. Je rendrais l’âme en étant fière de moi j’en étais certaine. M’éloignant à présent de lui, je lui tournais le dos. Je ne savais pas ce qui me retenais à présent, je n’avais qu’une envie partir, loin, rejoindre mon abri dans la baie, regarder la mer et penser, mettre tout au point, mettre tout au clair. Penser à mon futur. Seulement un point me tracassais et je voulais une réponse, je voulais connaitre le fin mot de cette histoire avant de tourner une nouvelle page de ma vie.

« Pourquoi êtes-vous revenu ? »

La question était posée et je me suis retournée vers lui, le fixant une dernière fois. Mon expression avait changée, mon regard était devenu froid et inexpressif à présent, ma colère éphémère s’était envolée aussi vite qu’elle était venue. J’étais devenue maitresse de mes émotions et je ne perdrais plus le contrôle. Je serais forte à nouveau jusqu’à rentrer chez moi ou là je pourrais craquer à nouveau.

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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Mer 11 Jan 2012 - 1:46

Bien des choses pouvaient ébranler définitivement la pensée d'un Homme ... La perte d'un fils, le fait de voir son propre membre arraché ou d'observer un cadavre de ses proches. Le sentiment d'avoir tout détruit sans rien perdre, ou d'avoir gagné la victoire en subissant la défaite de voir ses compagnons aussi pâles qu'inertes. Tout cela pouvait marquer l'esprit, la blesser et la corrompre au point de transformer l'individu. Les horreurs de la guerre, les tragédies du meurtre ... Tout cela n'était qu'insignifiant pour Thorolf. En effet, lui qui eut rencontré des horreurs intenables aux yeux innocents d'un Homme, jamais il n'oubliera le visage détruit de la jeune lycanne. Ses yeux étaient gonflés et encore humides de larmes ... Des petites rivières transparentes serpentaient le long de ses fines pommettes pour se cacher de son regard à l'intérieur du cou. Elle ne pouvait masquer entièrement le fardeau qui était en train de la consumer ... Une douleur si cuisante que le corps se devait de s'exprimer, de crier à l'aide en hurlant par la même occasion à la mort. Qu'on l'abatte ou qu'on la laisse vivre en échange de d'autres pensées, voilà son appel ! Mais jamais plus qu'on ne laisse ce tourment venir la corrompre, embraser sa santé mental à un point aussi crucial. A sa vue, le vieux lycan prit peur de son corps également. Il ne le connaissait pas si bien que cela, ou dû moins pas quand il ressentait de l'amour face à une autre femelle. Son coeur se serra, l'empêchant de respirer convenablement ... L'image de ses larmes récemment nettoyées évaillaient chez le colosse une monstrueuse furie ... Il aurait pu découper un bataillon avec une épée, trancher artères et veines des Varujas rien qu'en usant de ses crocs, déclencher son courroux et soulever les plus hautes montagnes pour que cette douleur cesse de lui marteler l'esprit. Thorolf apprit l'impuissance ... Et il répugnait au plus haut point ce sentiment.

Quel mal pouvait aussi bien le ronger de l'intérieur ? Devait-il la tuer ? Ce sentiment si fort s'estomperait-il par la suite ? Non ... Il savait que si elle lui arrivait malheur, son agacement féroce se mêlerait à une profonde tristesse. La seule personne ayant le droit était lui-même ... Mais il n'en avait pas la force. Il en était juste incapable. Ce visage endurci, ses formes guerrières ... Il secoua machinalement la tête et l'écouta crier en pestant sa rage sur lui. Il regarda ses lèvres se mouvoir rapidement en prononçant distinctement mot par mot des paroles qu'il aurait pu taire en une seule seconde ... Rien qu'un geste, rien qu'en lui envoyant son énorme poing sur son visage, l'embrasser puis la tuer. Mais il n'en était rien. Thorolf ne l'écoutait pas, mais il recevait son ton ... Agressif, débordant de colère et d'énergie. C'était un bon début pour se sentir épanoui par la suite. Elle recracha sa rancœur, cette substance invisible qui étouffe une conscience en suffocation. Elle doit recracher ce poison avec dédain. Il espéra juste que cela était suffisant mais cela était si rare ... Il fallait continuer encore un moment le processus. Bien qu'elle semblait soupçonner ses réponses, elle ignora encore le but précis des dires du colosse : l'échapper de la folie pour qu'il puisse ne pas être détruit par sa transformation. Quelque chose de très complexe entre l'amour et la violence, la folie et la vérité se dessinaient entre eux. Thorolf voyait tout cela ... Il avait une vue d'ensemble de la délicate situation. Mais la lycanne était trop bien occupé à tenter de rassembler les pièces de son passé. Des pièces rompus par un miroir ... Il la voyait se couper en tant de les reconstituer maladroitement mais toujours avec autant d'entrain.

Soudain, elle lui posa une question plutôt ... Attendue, mais il espérait ne jamais pouvoir y répondre. Il se trompait désormais, il devait lâcher une réponse ... Que devait-il faire ? Confesser la vérité et révéler son attirance auprès d'elle ? Cela n'était peut-être ni le lieu, ni le moment de le faire ... Il savait qu'il devait se faire détester, mais également respecté pour qu'elle puisse se sentir puissance face à lui sans imaginer qu'elle est une divinité surpuissante. Cela pouvait être totalement absurde, mais Thorolf connaissait ce sentiment. Ses mains tremblèrent légèrement ... Il avait froid. Il était atteint, baissé ses défenses pour s'exposer à n'importe quelle attaque. Température, climat, anciennes blessures des jours passés ... Tout revenaient à la surface en un seul coup.

Le lycan ne voyait plus la lycanne mais lui-même, enfant ... Recroquevillé comme elle, impuissant, la frimousse fatiguée de douleur, déshydraté par les pleures. Il le regarda tristement ... Une mélancolie qui le poignarda au creux de son ventre. Il observa la guerrière sans même la voir, comme si elle n'était qu'un mur invisible ... Si telle était sa pensée, elle se trompait, car ce qu'il vit était bien le jeune Thorolf, enfant et souffrant. Sa blessure à l'oeil dégoulina de sang ... Le liquide carmin s'aventura le long de son visage, puis sur toute la verticale de son petit torse. Il n'a jamais nettoyé cette blessure, succombant à la folie. La perte de l'oeil par les mains de son père fut un geste si désastreux, si méthodique, que sa vision du monde réel ne devint plus qu'une brèche sans limite. Il se sentait libre tout en étant emprisonné sur lui-même. Il n'avait rien demandé, juste subit. Il pouvait juste penser comme il le voulait, mais cela ne réduisait pas les coups qu'il encaissait.

Le jeune Thorolf sombra dans la démence, un filet de bave s'échappant de ses lèvres, ses mains sales moites se laissèrent trainer par terre ... Pire encore, il ne pleura pas un seul instant. Son oeil à semi-ouvert n'exprima rien, juste une longue agonie mentale qui n'apporta rien de bénéfique. Il était sale, boueux et imaginait qu'il empestait le sang et la terre. Ses cheveux mi-longs étaient emmêlés et lui camouflaient la moitié du visage. Quelques mèches avaient été arrachés de son crâne pour se reposer sur ses pieds ... Peut-être était-ce lui qui les avait tiré dans un accès de folie ?
L'enfant le regarda enfin, avec un air totalement inexpressif. Il devait ressentir les mêmes sentiments qu'un vulgaire caillou auquel mille passants auraient piétiné dessus, indifférent à ce qu'il pouvait ressentir, indifférent à cet élément si minuscule et insignifiant ... Sa gorge se noua, la pression devint plus forte que lui. Thorolf se releva et marcha deux pas en arrières, regardant la lycanne comme si elle était l'image d'une terreur abjecte. Peu à peu, il la voyait à nouveau ... Son visage vigilant, étonné renfermait une beauté que lui pouvait percevoir. Cela le réconfortait dans un sens ... L'enfant avait disparu et c'était son visage à elle qui éveilla une certaine sécurité à son mental. Il ne réfléchit pas et lança :

"C'est l'enfant ... Il ..."

Il se stoppa net. Ce qu'il venait de dire n'avait pas de sens pour elle. Elle ignora totalement sa propre souffrance, son propre passé ... Elle pouvait vivre dans des conditions d'esclavages, être une servante et même devenir la domestique d'un Maître. Mais au moins, elle eut la sécurité, un abri, d'autres spectateurs qui pouvaient voir sa situation et se sentir peiné ou même répugné ... Et surtout deux yeux. Thorolf n'avait pas le confort d'être regardé par le monde extérieur. Il n'a put recevoir des insultes remplie de colère, des compliments tendres, malhonnêtes ou sincères ... Rien, que le silence de son père et les yeux de sa mère. Il n'avait rien eu pour s'appuyer, pas même un seul sourire ou un seul soupir où l'indifférence aurait pu y être enfermé ... Il n'avait pas été remercié, ni insulté, ni entendre son nom craché par des imbéciles. Il aurait pu être sauver car toutes ces notions auraient éveillé quelque chose en lui : bonheur, satisfaction, peine, malheur, tristesse ... N'importe quoi ! Mais il ne reçut pas un soupçon d'intérêt. Il était invisible. Aussi invisible que l'enfant qui venait de disparaître en face de ses yeux.
Thorolf ne pouvait pas se permettre qu'elle succombe ainsi. Elle n'imaginait pas la douleur que cela pouvait représenté. Il avait une idée ... Une idée pour la libérer.

Mais devait-il s'y prendre maintenant ? Elle n'y comprendrait rien ... Et c'est justement cela qui pourrait la sauver.
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Jeu 12 Jan 2012 - 0:49

Thorolf semblait perdu, égaré l’espace d’un instant il semblait… Ailleurs. Pendant ce temps-là le chaos qui avait habité mon esprit s’était calmé et ordonné mais uniquement en apparence. Au plus profond de moi les choses n’avaient pas changées loin de là. Ma fierté m’empêchait de montrer mon trouble, mon amour propre m’interdisait de sembler faible et vulnérable à présent. Mon masque recréé, j’ai entendu avec surprise ses élucubrations, restant tout d’abord interdite, je cherchais à comprendre, de quel enfant parlait-il ? Comme s’il en avait trop dit, il s’arrêta immédiatement de parler. Il me cachait quelque chose, je ne sais pas encore quoi mais il avait quelque chose à se reprocher au premier abord ou peut-être tout simplement quelque chose à cacher.

Mon envie de partir suite à sa déclaration resta en suspens, bien vite remplacée par un désir de connaitre la vérité, de savoir ce qu’il cachait. Qui plus est-il n’avait pas répondu à ma question, il l’avait peut être fait exprès ou inconsciemment n’avait pu y répondre ce qui me troubla aussi. Pourquoi ne voulait-il pas répondre ? Pourquoi son esprit ou sa raison l’en avaient empêchés ? A moins peut être que cela ne soit uniquement une envie de me faire languir, de tester ma patience dans je ne sais quel but néfaste.
Le mal était fait cependant et j’éprouvais à présent comme une douleur au plus profond de moi, tout était parti d’une question, d’une maladresse de ma part et les choses avaient dérivés ainsi. Pourquoi ? Pourquoi n’avais-je pas su tenir ma langue ?Pourquoi n’avais-je pas su conserver le silence et porter pendant encore des années peut être ce fardeau ? Tout ceci s’expliquait par ma soif de connaissance, je voulais lever ce voile obscure qui imprégnait mon passé, ce rideau opaque qui m’empêchait de trouver avec exactitude mes racines, ce miroir qui me renvoyait uniquement le jour ou j’ai été abandonnée dans la neige, à la merci du froid et de la mort.

A présent je ne savais plus quoi faire. Nerveusement, ma main attrapa mon sablier, symbolisant le temps. Le temps défilait, aussi bien à l’échelle de la journée que celle de la vie, que celles de nos vies. Cette longévité apportait elle aussi une part d’élément à ma question interne, l’âge de ce guerrier m’avait intrigué, je m’étais dit qu’il devait probablement savoir des choses sur ceux de ma race, ces mêmes choses que ceux de la meute avaient refusés de me dire. Niant le savoir qu’ils ne voulaient partager avec moi j’avais dû apprendre seule par mes propres moyens et mes recherches à ce sujet s’étaient avérée infructueuses.
Oscillant d’un pied sur l’autre, mon malaise transparaissait physiquement, avant que je ne me reprenne, et commence à faire les cent pas. Je devais m’occuper aussi bien l’esprit que le corps. Après ce petit manège d’une quelques minutes, je me suis immobilisée avant d’avancer vers le lycanthrope

« Que me voulez-vous exactement, ne suis-je donc qu’un jouet pour vous ? Un pantin comme ceux que vous avez brisé plus tôt ? »

Demandais-je en désignant les corps qui étaient sous l’emprise de la rigidité cadavérique depuis le temps probablement. Cette question parmi tant d’autre voulait tout dire et ne rien dire en même temps, dire le moins pour en dire le plus, une litote venue à point pour tout dire. J’étais à présent plus tendue qu’avant, mon corps ne cessait de me crier de fuir, de partir au plus vite pour quitter cet endroit et cette personne afin de tourner la page mon esprit s’y opposait. Je voulais rester. Je voulais savoir tout en intégralité, toutes les réponses qu’il pourrait m’apporter sur ce…. Cet… sur mon passé d’après lui. La simple idée que j’ai pu et que je sois toujours la propriété de quelqu’un me mettait littéralement hors de moi. Une chose était sûre, si je rencontrais cette personne, qu’elle soit certaine que mon visage serait la dernière chose qu’elle pourrait contempler avant qu’elle n’expire. J’ai soupiré de fatigue avant de commencer à me tordre les mains sous le stress et la pression. Je devenais bien trop sensible aux émotions, bien plus que je ne pouvais l’imaginer, bien plus que ce que j’aurais voulu.

« Qu'attendez vous sincèrement de moi Thorolf? Répondez je suis prête à tout encaisser à présent. »

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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Sam 14 Jan 2012 - 4:09

L'enfant était un mirage ... Une illusion parfaite de la faible innocence que portait encore le vieux loup. Elle portait le symbole de la jeunesse, mais également d'un cauchemar impitoyable qui pouvait dériver et rendre le mastodonte aussi confus qu'agressif. Et pourtant, il l'avait bien vu ... Il était là, à la même place que la jeune lycanne. Et soudain il disparut, comme si les bonnes manières n'étaient qu'une imagination qui ne comportait aucune fin, ni bonne, ni mauvaise non plus. Durant son périple, Thorolf avait vu mourir cet enfant de mille manières ... Il apparaissait ainsi dans des situations complètement aléatoires et se manifestait brutalement avant de sombrer devant ses yeux ou d'éveiller une interrogation dérangeante enfouie dans son inconscience. Il représentait bel et bien la vérité absolue de son passé et de son être. Lui seul pouvait le voir, le cerner et le comprendre. Pire encore, il pouvait relater des vérités si perturbantes que le lycan en serait abasourdi tant le traumatisme a été violent. Lui aussi avait souffert ... Et il voyait que la belle lycanne portait cette peste comme une première et lourde malédiction au sein de son cœur. Cela était difficile pour le lycan de l'admettre, mais il était bien touché par cette probabilité qu'elle fût autrefois une servante ou une domestique d'une famille noble. Il devra combattre sa propre volonté pour éviter de commencer les recherches et anéantir le maître avant que son ex-esclave fasse de même. Il ou elle était à la jeune louve, à elle seule. Elle le méritait amplement et obtenait le droit de le tuer comme elle le désirait. Il espéra seulement ... Qu'elle puisse par la suite pouvoir rétablir sa conscience en ordre afin d'éviter qu'elle chute dans le mauvais côté de sa personnalité. Cette bête noire qui sommeille en chacun de nous ne dois pas la consumer entièrement. Pas elle. Si délicieuse, cela serait un bon gâchis.

Il savait. Il savait qu'il avait osé partager un semblant de faiblesse et l'avoir mis entièrement à découvert juste sous les yeux de la louve. Il avait trahi sa plus grande peur : l'image de ce garçon complètement désarticulé à l'esprit anéanti. Mais cela devait se passer ainsi ... Elle devait se sentir en position de force afin qu'elle puisse se relever la tête et affirmer son statut de guerrière et de représentant de sa meute. Meute d'ailleurs qu'il ne connaissait toujours pas ... Il supposa que ce n'était pas une Croc-Noire dû moins. Elle avait un sérieux caractère, solide et hautaine sans en perdre les bonnes manières ... Mais elle n'était pas une grande sadique. Oh bien sûr, Thorolf en était un et pourtant Drack l'a accueilli dans ses bras de lycanthrope ... Même mieux encore, cette meute dîtes "humaine" possédera une armée qui sera bercée dans la plus correcte des justices ... Mais en exprimant un sadisme pur afin d'effrayer les opposants et de garantir la sécurité aux nombreuses familles innocentes. La belle guerrière ne devait pas s'imaginer qu'une bête aussi monstrueuse que lui puisse être un Maître de Guerre au sein d'un peuple plus humaniste et qui prône la paix. Cela dit, bien qu'il prit cette responsabilité très à coeur, c'était bel et bien une couverture pour qu'il puisse s'occuper de ses instincts primitifs et assouvir sa soif de sang derrière le dos de ses compagnons. Jamais Gïlh'Or ne pourrait le regarder en face ... Peut-être la petite Dilan qui elle l'avait déjà vu combattre et ne semblait pas sourciller de dégoût pour autant. Cela était amusant comment une si petite fille pouvait fermer les yeux sur une hostilité sans pareille.
Une phrase. Il a suffit d'une seule et unique phrase pour tirer Thorolf de ses rêveries. Et cette phrase le laissa sans voix. Il se reprit immédiatement et scanda un énorme :

"COMMENT ?! UN PANTIN ?!"

Elle, un pantin ? Cette louve, un jouet ? Il en resta abasourdi. Comment pouvait-elle se mettre à ce niveau aussi bas ? Elle qui était d'une beauté attendrissante, d'un instinct de combattant qui aurait pu faire pâlir le plus brave des hommes et des yeux affamés qui ont osé capter son seul et unique regard auprès du sien. Une femme fatale de son statut ne devait pas se sous-estimer comme cela. Certes, Thorolf pouvait la briser en deux et s'amuser avec mais ... Il ne pouvait tout simplement pas. Il ne POUVAIT PAS ! C'était ahurissant, inimaginable ... Ses mains pouvaient obéir, il n'avait qu'un geste à établir pour enclencher les hostilités mais son coeur n'y était pas. Non ... Il ne pouvait pas lever la main sur son visage. Elle devait vivre, respirer et combattre. Et pourtant ,pour se donner du courage, il serra sa poigne contre le manche de sa hache. Son oeil fixa sa main qui cette dernière hésita après quelques tremblements incontrôlés ... Se sentait-il capable de se surpasser sur ce point là ? Non ... Il était dans l'incapacité de lever son arme, de démontrer un danger potentiel. Son visage devint triste et son oeil effleura son regard. D'une voix doucereuse qui ne lui ressembla pas, il acheva les immenses doutes en une seule et courte phrase :

"Je ... Je suis incapable de te tuer."

Il lâcha sa hache qui vint se planter à ses pieds. La lame se planta durement au sol et luisait encore un peu dans la boue, la moitié étant enfoncée à l'intérieur. Lui qui avait arraché des gorges, osé tordre aussi bien des cous que des mâchoires, brutaliser des jeunes adultes sous les yeux de leurs parents avant de s'occuper de leur cas ... Cette femelle, cette louve possédait en elle quelque chose qui retenait toute la férocité du Colosse. Avec elle, son ressentiment est plus prospère et paisible ... Il ne ressent plus cette furie qui bouillonne dans ses veines, cette haine qui l'aveugle et s'enfuit en laissant le regard accueillir un flot de cadavres complètement dépecés et démembrés. Il resta immobile, ne sachant pas quoi faire d'autre que de regarder les yeux froids et couleur océan de la louve. Il resta pétrifié par cette force qui lui interdisait de commettre une fatalité sur elle. Cela ne lui ressemblait pas ... Et pourtant, il en était là. Ses lèvres déposaient un soupir avant de libérer une explication à sa confession des plus intimes :

"Je voulais détruire quelque chose de beau ... Pas quelque chose de somptueux."

Une manière indirecte de dire que l'attirance était bel et bien vivante. Il l'aimait tendrement. Elle était si délicieuse ... Elle l'envoûtait éperdument et ne souhaitait effectivement pas lui faire de mal. Il n'avait pas la force ... Mais surtout ni l'envie et le désir d'achever l'acte avec la brutalité qui s'impose. Elle était trop parfaite à ses yeux, d'une beauté exemplaire qui parvint à évanouir son appétit de meurtre. Jamais il n'eut vécu pareil sentiment ... Cela lui faisait peur de paraître autant sensible. Il n'osait plus s'avancer vers elle, restant sur place comme un enfant timide. Il aurait voulu la protéger de son malheur, la libérer de son fardeau ... Mais elle avait les compétences et l'attitude acquis pour terminer sa quête personnelle. Cela devait se passer ainsi. Thorolf baissa la tête et entendit ses mots ... Il devait être franc. Mais jusqu'où ? Apparemment, elle voulait connaître la vérité.

"Ne me demande pas pourquoi, je partage ta douleur. Elle m'anéantit. Tu m'anéantis."

La souffrance devint contagieuse ... Il ne se sentait pas à son aise et le fait de l'aimer amplifiait ce désir de la protéger et de vaincre son malheur. Il aurait pu remuer ciel et terre, soulever des montagnes et défier les dieux pour la défendre. Le sentiment était trop fort, si fort que son coeur se mit à battre la chamade. Cela le paralysa davantage et le foudroya sur place. Quel était donc ce sentiment qui lui affligea autant de confusion ... ? Cela pouvait être dangereux, il pouvait même sentir la lame de son arme, peu lui importait de saigner devant elle ou non. Il était désarmé. Peu lui importait de vivre ou de mourir, mais cette dernière idée était une affirmation générale. Thorolf n'est pas effrayé par la mort car rien ne le retient en étant vivant. Elle voulait une suggestion de sa part désormais ... Il était difficile de savoir quoi choisir. Une réponse osée , l'embrasser en suivant son envie et s'attendre à un coup de sa part ? Une réponse silencieuse, aggravant ainsi sa patience et le doute ? Ou plutôt une réponse paternelle, suggérant de l'aider dans sa quête ardue ? Il aurait voulu avouer les trois à la fois, mais il ne le pouvait pas ... Il commenta donc sagement une autre alternative :

"Je voudrai que tu le tues de tes mains ..."

Il marqua une pause ... Il ne savait pas que cela pouvait être autant difficile. Elle ne s'imagina pas que cela était la première fois dans sa vie que le vieux lycan tomba amoureux. Souvent, il a tué des femmes qui avaient un certain charme, une certaine séduction qu'il voulait bien partager. Mais il pouvait gérer et accomplir son oeuvre. Avec elle, tout était différent et compliqué ... Comment allait-elle réagir face à cela ? Cette question devint maladive au point que Thorolf fut un brin craintif.
Que pouvait-elle penser à cet instant ? De s'imaginer que Thorolf était quelqu'un de normal ? Savait-elle au moins le choc émotionnel que cela pouvait engendré au Colosse ? Un tueur de sang froid au coeur totalement ouvert à ce moment précis. Il acheva sa phrase en ne marquant aucune hésitation car cela était son voeu le plus cher :

"... Et que tu te portes bien ensuite."

Ce dernier point était vital pour libérer la mauvaise conscience de Thorolf. Si elle en souffrait encore malgré le meurtre et que cela devenait ingérable, ce sentiment pouvait devenir une véritable maladie et distraire l'esprit du Colosse lors de ses tueries. Fallait-il que le vieux lycan accomplisse quelque chose ? Un simple baiser pour relâcher totalement son sentiment, un geste de la tête pour assurer le début d'une nouvelle confiance qui pouvait durer pendant deux nuits comme durant toute une vie ? Quoiqu'il en soit, il ne pouvait pas bouger. Ses jambes ne répondirent pas à l'appel, ses pieds furent transformés en marbre, enracinés au plus profond des entrailles de la terre. Cela était difficile pour le lycan ... Pour être raisonnable, il ne devait plus se revoir pour éviter cette faiblesse absurde. A l'opposé, son envie serait d'être plus prêt d'elle. Mais la réponse définitive ne traversa pas encore le seuil de son esprit.
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Dim 15 Jan 2012 - 23:38

A peine avais-je terminé ma première phrase que le colosse monta directement dans les tours, me criant dessus. Sa voix était forte et autoritaire et en toute autre circonstance j’aurais pu finir sous forme de louve allongée, prosternée devant tant de puissance. Il n’en fut rien. Comme le Chêne je suis restée fière et immobile, au moindre coup, je flancherais, je serais à terre et brisée mais je n’aurais pas courbé l’échine en tout cas. Sa poigne se fit plus forte sur sa hache, cela se voyait. J’ai déglutit avec difficulté avant de respirer profondément, levant une nouvelle fois la tête, me tenant droite et fière. J’ai fermé les yeux, j’étais prête. Prête à tout subir, à tout supporter pourvu que les choses se terminent vite. Le connaissant je doutais cependant que ma mort serait rapide. Mais le côté positif serait que j’apprécierais encore plus cette dernière lorsqu’elle surviendrait. Je la trouverais encore plus douce lorsqu’elle ses portent s’ouvriront devant moi. Au moment où elle m’accueillera en son sein, je serais enfin libre finalement.

J’ai rouvert mes yeux, prête à subir mon destin, prête à achever ma vie. Un regard, puis la déception. Sa main tremblait, elle était tellement agitée qu’il ne pouvait tenir correctement son arme. Il ne pourrait rien faire, je ne pouvais dire qu’il était faible mais il manquait de volonté. Je ne comprenais pas, il avait pourtant montré tant de force et aucune marque de pitié envers les autres, tout cela parce qu’ils étaient des hommes ? Parce qu’ils n’étaient pas des lycans, ou alors parce que j’avais franchi une barrière sans m’en rendre compte, que petit à petit j’étais entrée au plus profond de son cœur, derrière cette frontière durement gardée. Que sans le vouloir, je l’avais rendu vulnérable face à moi et que maintenant les choses étaient irréversibles. Mon regard avait quitté le sien à présent. Cette provocation était devenue inutile. Sa détermination passagère envolée, il m’avoua qu’il était incapable de me faire du mal, il ne pouvait lever la main sur moi, il ne pouvait m’ôter la vie. Je n’avais donc rien à craindre de lui. Même si en apparence il était fort, il ne l’était pas tant que cela. Il avait comme moi deux facettes, une beaucoup plus visible que l’autre, une totalement violente et guerrière, le visage qu’il voulait montrer mais également caché, recroquevillé au plus profond de lui son cœur. Sans le vouloir et me maudissant moi-même, j’avais dépassé ses limites.

Aussitôt, mon esprit se mit en route. Ce loup n’était pas errant, mais il n’était pas non plus de ma meute. Il appartenait à une autre meute et j’avais à présent une certaine influence sur lui. J’étais abjecte de penser ainsi mais tout était bon et réalisable pour parvenir à redorer le blason de la meute de l’est. Je ferais tout pour que les choses changent et pour que nous ayons enfin la place que nous méritions. Un éclair métallique, un très léger bruit d’une arme fendant l’air pour terminer en un Sploch pour les plus surprenants. Sa hache venait de se planter dans le sol, il avait été vaincu par sa propre sottise, il s’était conduit lui-même à sa perte. Le moment était plutôt incongru mais une sorte de compliment fusa de ses lèvres, me plaçant au-dessus de la beauté. Mes yeux se sont écarquillés pour se porter à mes mains, les parties les plus abimées de ce « somptueux » corps. Entaillées, recouvertes de stries et d’un ou deux récentes blessures profondes, des callosités rendant mes paumes rigides et dures en cinq endroits, à la base de mes doigts. Mon corps n’était pas forcément mieux mais je m’en moquais. Il n’était pour moi qu’un instrument et qu’un homme y trouve gout me rendait plus que surprise et perplexe surtout lorsque je ne mettais pas du mien pour paraitre séduisante. Il parla de mes mains, une fois que ma contemplation fut terminée, comme si notre timing était parfait. C’était à moi de tuer cette personne qui avait marqué mon corps mais le voulais-je vraiment ? Voulais-je vraiment que tout se termine avant même le début ? Je ne pense pas, je voulais simplement savoir. Connaître la raison, le pourquoi du comment, connaître le sort de mes parents par la même occasion peut être. Je ne voulais plus que cette part sombre de mon passée soit inconnue et cachée à ma vue. Je voulais voir clair dans mes premiers jours jusqu’à ce jour funeste où j’aurais pu trouver la mort.
Il y avait beaucoup de familiarité dans ses paroles envers moi, il me parlait comme à une amie. Je conservais toujours le vouvoiement à son égard mais lui me tutoyait aisément, chacun de ses « Tu » me donnais des frissons, me hérissait les poils, je ne le supportais pas, et de moins en moins.

Ma propre destruction interne le touchait également comme si cette dernière était contagieuse, mais uniquement envers lui, il était le seul réceptacle à cette folie qui me rongeait de l’intérieur et que j’essayais de cacher du mieux que je pouvais. Puis vinrent des vœux, des souhaits qu’il formulait à mon égard, comme une bénédiction. Il voulait que je sois heureuse après m’être vengée, que je me « porte bien ». Un souhait superflu et impossible. Comment être heureuse après ce que je venais d’apprendre. Je me suis attrapé les cheveux, comme pour me les arracher. Je devais cesser de penser à cela rien n’était encore sûr.
Une fulgurante douleur me frappa alors, me vrillant littéralement la tête, je ne sentais plus rien, je ne voyais plus rien, juste une voix comme un écho, comme une incantation, un requiem.

« Il faut la laisser ?… Il faut la laisser… Il faut la laisser ?… Il faut l’abandonner ici… »

Toujours et encore cela. J’avais l’impression que ma tête allait exploser sous ces quatre répétitions. A présent accroupies, je n’avais plus aucune sensation en dehors de cela, je ne vivais plus, j’étais comme folle. Serait-ce des souvenirs ? A qui étaient ces voix, cette voix masculine, puis celle féminine, à qui appartenaient elles ? A mes parents ? Aux traitres qui m’ont livrés à moi-même ? A la merci de toute créature voulant se repaitre d’une créature sans défense pendant cette période du Grand Froid ? Des larmes avaient à nouveau coulés sur mes joues sans que je les ressentes, dans mes mains que j’ai finalement ouvertes devant moi, des cheveux, une ou deux mèches que j’avais réellement arrachés sans m’en rendre compte. Ma respiration était saccadé et toujours ces deux voix dans mes tête.

« Non… Non… Je ne veux pas… NON ! »

La folie me tenait définitivement, j’étais à sa merci et je ne pouvais plus rien faire. J’étais la victime, sujette à une force qui me dépassait, celle du barrage que j’avais imposé à ma propre mémoire tant d’années auparavant.

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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Mer 18 Jan 2012 - 0:34

Heureusement que Thorolf ne pouvait se contempler à partir d'une vue extérieure ... Il ne pourrait supporter de voir l'effet de cette attirance venir attrister son visage et influencer la totalité de ses sens. Il la regardait ainsi, scrutant tous ses mouvements. Non par méfiance, mais par plaisir. Il aimait la regarder en toute simplicité, comme si un enfant battu admirait à nouveau une femelle capable d'étancher sa soif de tendresse. Elle était si débordée, elle semblait si fatiguée, éreintée par un désordre monumental qui ne voulait pas disparaître aux frontières de ses plus profondes pensées. Elle resta ainsi, silencieuse par la voix mais s'exprimant toujours avec ses gestes. A chaque réponse véridique que le Colosse prononçait, son corps réagissait ... Elle regardait ses mains abimées par des luttes inconnues et par l'expérience d'une réelle combattante, elle le dévisagea d'un oeil totalement différent lorsque le loup relâcha son arme et déclina sa volonté de tuer à nouveau. Tuer n'était pas un problème. C'était elle, le problème. Ou plutôt cette louve qui était l'élément déclencheur de ces vérités qui nous ont inondé tous deux et ont explosé sans même que nous ayons cherché à savoir ce qu'elles signifiaient réellement. Thorolf se rendit compte qu'il ressentait exactement le même sentiment ... Il imaginait très bien ce qu'elle endurait à ce moment précis et ses yeux qui devinrent peu à peu effrayés et éteints paraissaient être un symbole d'appel à l'aide. Elle était forte, très forte ... Mais elle n'était pas invincible. De plus, elle s'aventura dans une contrée mentale totalement inconnue pour elle. Le genre de chemin que tout le monde emprunte sans se poser la question : celle de la démence capable de transformer un être en un instant.

Elle qui était si semblable de lui ne pouvait pas avoir autant de force ... Malgré la lutte, ses paupières devinrent plus lourdes et le fardeau devint lentement une maladie que Thorolf ne pouvait supporter de regarder. Une chose était de se voir ... De la voir ainsi emprunté le même chemin que l'enfant qu'il a été jadis. Et d'une autre, le fait de refuser sa transformation en une aliénée totalement hors de contrôle. Le Maître de Guerre savait ce que c'était, ce n'était pas un rythme de vie qui pouvait le convenir. Oh, pour lui-même, il était heureux ... Mais la vie était très difficile. Il avait juste les aptitudes à dompter ce mal et préserver la douleur de l'épaisse suffocation continuelle qu'il ressentait à tout moment. Il avait adopté sa maladie, ce poison, comme son seul fils et sa seule raison de piétiner un pied devant l'autre, d'avancer, de respirer et de vivre. Bien que lui était pleinement satisfait, il ne souhaitait à personne de subir cette violente perception du monde qu'il avait en lui. Cela était trop insupportable pour un être qui eut auparavant une existence aisée ou même un seul souvenir encore intacte et positif qui ne serait jamais rompu. Thorolf n'en avait aucun. Il était né dans le sang et vivait avec en suivant les lambeaux de peau déchirés de toutes sortes sur son chemin. Voilà pourquoi elle ne devait pas succomber ... Une fois dans sa vie, et il était sincère et confiant, il était persuadé qu'elle reçu au moins une raison valable d'aimer son existence même avec cette marque qui lui était inconnue précédemment.

Ses réactions devenaient dangereuses et incontrôlables ... Lui aussi avait réagis comme cela, il voyait l'enfant à proximité de la louve reproduire exactement les mêmes gestes. Il regarda déjà les premiers effets de sa transformation, impuissant. Il ressentait un pincement au coeur car il ne pouvait pas agir ... Il la voyait se morfondre et tomber à genoux à terre devant lui. Etait-elle réceptive à ses mouvements ? Est-ce qu'elle pouvait encore le voir ? Non ... Elle semblait être complètement ailleurs, envahi par des fantômes lui susurrant des obscénités par-dessus son épaule baissé. Ses mains s'agrippaient à ses cheveux puis les arrachaient sans le moindre scrupule. Thorolf s'agenouilla précipitamment vers elle et s'empara de ses poignets d'une main de fer. Il maintenant ses bras devant son visage. Son regard était vitreux ... C'était comme si elle avait disparu, s'échappant de ce monde pour rejoindre un autre.

"Hey ... HEY ?! Tu m'entends ?!"

Non ... Pas une seule réaction, pas de réponse. Elle ne l'entendait pas, ne le voyait pas et ne sentait pas la poigne de ses mains exercées une pression sur elle. Aussi inerte que le marbre, aussi fragile que le verre ... Voilà ce qu'elle était devenu à présent. Thorolf s'étonna même qu'elle ne le repousse pas malgré les précédentes hostilités qu'ils avaient rencontré de l'un à l'autre. Peu lui importait ce geste comme peu lui importait ce monde. Elle semblait détruite ... Ce n'est qu'au moment où elle commençait à reprendre conscience de la chute qu'elle déclara et entonna des gémissements effrayants et précipités. Le vieux lycan souffrait de la voir ainsi partir, elle n'en avait pas le droit. Subitement, plus par une tentative de la protéger qu'un désir charnel, il la força à l'enlacer contre lui. Il la sentit se débattre férocement dans ses bras, elle n'était pas indifférente face à cette posture mais le vieux lycan tenait bon. Elle qui s'échappait dans ses rêves du passé ne devait en aucun cas se laisser aller. La chaleur d'un autre pouvait lui faire reprendre conscience dans le monde qu'elle vivait, un soutien, une présence. C'était ce dont elle avait besoin le plus. C'était ... Ce que Thorolf aurait désiré le plus en étant un enfant meurtri par la schizophrénie : une étreinte maternelle.

Le corps du loup était réceptif à ses gémissements et à ses tremblements mêlés à la rage autant qu'à une sombre mélancolie. Il sentait la chaleur de sa peau, le parfum de ses cheveux et les émotions qui se déferlaient en elle comme une chute d'eau. Il la maintenait avec force contre elle pour éviter qu'elle se fasse à nouveau du mal car c'était sa manière de sentir si elle était encore une vivante dans le présent ou si elle n'était qu'un fantôme du passé. Bien que son étreinte était puissante et chaleureuse, le ton de sa voix était tout autre : calme et doucereux. Il lui murmura continuellement au creux de l'oreille de se calmer, sans perdre patience et surtout sans précipiter davantage les choses. Il la maintenait comme un père protecteur. Son oeil ne put que dévisager le haut de sa sombre chevelure ... Jamais, Oh grand jamais, il n'eut exécuté un geste comme celui-ci. Le contact de la louve était censé le rendre mal à l'aise, mais dans une situation pareille, ce n'était pas un obstacle. Au contraire, cela lui fit du bien également. Il ne savait pas si c'était une impression ou non, mais pour lui, il sentait que la jeune louve se laissait aller contre lui. Ou peut-être avait-il relâché sa force impénétrable sans même le savoir. Quoiqu'il en soit, il n'osa retirer ses pattes tant que la louve soit saine et sauve et puisse être capable d'échapper à ses nombreuses torpeurs et vaincre ses tourments les plus intimes.

Thorolf ne savait pas comment réagir, s'il devait briser le silence ou s'intéresser à son problème d'une manière beaucoup plus personnelle. Il ressentait en elle comme une gêne, ou dû moins c'est ce qu'il supposait. Elle non plus ne paraissait pas avoir cette habitude de ressentir autant de contact. Pour le reste, il ignora ce qu'elle pouvait penser. Il ignora même si elle était consciente ou totalement "morte", hantée par la folie.

*Ne deviens pas le même monstre que je suis déjà ... Je t'en supplie.*

Il aurait pu parler de son passé qui portait le même flambeau de souffrance que le sien, il pouvait également entendre ses confessions à elle ... Mais il ne savait pas comment réagir. Il attendit donc jusqu'à ce que cette dernière se manifeste ou même se confesse car il sentit son corps se détendre au fur et à mesure que leur deux coeurs se cognaient l'une contre l'autre.
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Lun 23 Jan 2012 - 1:11

Je ne me comprenais plus, mes réactions étaient totalement sous l’influence de mes émotions. Les mèches noires encore dans mes mains furent bien vites masquées par des mains d’une poigne presque irréelle. Cette impression était peut être renforcée par ma faiblesse passagère, mais le fait est que je subissais cet écrasante pression sur mes poignets et que je ne pouvais me dégager, j‘étais à sa merci.

Je n’ai pas tout de suite réalisé ce qui se passait, ma vision était concentrée sur ses mains lourdes et écrasantes, sur la force qui en émanait, je savais qu’il pouvait me brise, je savais aussi qu’il ne le ferait pas. Aussi vite qu’elle était venue, mon attention repartie. Replongeant dans ses souvenirs, retournant au cœur de ses deux voix qui ne cessaient de me parler encore et toujours. Elles m’avaient abandonnées, elles m’avaient délaissées, livrées à une mort certaine sans remord. J’avais été oubliée comme une pauvre loque, comme une lépreuse repoussée hors d’une ville. Ils n’avaient pas voulu de moi.

Cette certitude ne me laissait pas. J’étais prisonnière de mes pensées et de mon esprit, je n’avais pas les armes nécessaires pour me battre, comme si je voulais vaincre une force qui m’était supérieur, alors à quoi bon m’escrimer ? Autant rendre les armes de suite et attendre que la tempête cesse, autant attendre que tout se termine enfin. Je ne voulais plus faire la fière, je voulais abandonner. L’envie de gagner m’avait quitté, il ne me restait que ce gout de défaite. La force qui m’habitait autrefois m’avait libérée, me laissant seule face à cette carapace vide et devenue inerte entre ses pattes. Je n’étais rien de plus qu’une marionnette. Ce ne furent pas ses ordres qui me sortirent de mon état végétatif.

J’avais fermé les yeux, ressentant comme une étreinte. Une dernière étreinte emplie de promesse, de regret et d’adieux, une goutte sur ma joue alors que je me roulais en boule, me recroquevillant sur moi-même pour conserver ma chaleur. Des pas, de la neige écrasé, un bruit feutré s’éloignant de moi, l’abandon. Ouvrant violemment mes yeux, je me suis aperçue que cette étreinte n’était pas rêvée, elle était véridique et bien réelle. Un grognement sauvage jaillit de ma gorge et je me suis débattue. Je me débattais comme si ma vie en dépendant, utilisant toutes les forces qui étaient à ma portée, utilisant ma rage, ma colère, ma frustration. Je me servais de me peine, de ma tristesse et de ma rancœur, je me servais de tout ce qui pouvait me servir, je me servais de la moindre chose à laquelle je pouvais me raccrocher. Malgré sa fermeté, je sentais qu’il faisait ça pour moi, pour que je ne me mutile plus. Etais-je devenue si dangereuse que cela ? Au point de ne plus me contrôler moi-même ?

Des mots, des murmures prononcés avec tendresse, qui au début ne pouvait se frayer une place dans mon esprit commencèrent à se frayer un chemin. Toute cette avalanche de sentiment dans laquelle je puisais ma force se calma, réduisant ma fougue par la même occasion. Les mouvements brusques et presque violent que j’entreprenais, les grognements et même la transformation qui guettait le moment propice repartirent loin de moi. Petit à petit, je redevenais calme. Grâce à lui. Abandonnant totalement toute résistance, ma tête vint se poser contre son corps, mes muscles se détendirent les uns après les autres, j’étais encore une fois vaincue. Ma fierté en prenait un sacré coup depuis que je l’avais rencontré. J’avais rendu les armes bien plus de fois aujourd’hui que ses dernières années. Je m’étais montrée faible et geignarde comme à mon arrivé à la meute. Je m’étais montrée sous mon vrai visage et à chaque fois que je voulais remettre le masque ce dernier se brisait immédiatement comme à chaque fois. Mais à chaque fois, la cassure était plus violente, plus puissante et plus intense.

J’avais donc décidé de ne pas remettre mon masque cette fois ci, et tant pis si ce n’était qu’une épave, un fantôme qu’il avait face à lui, ce serait moi et personne d’autre. Ce ne serait plus l’image que je souhaitais renvoyer, mais la vrai Kimaya, si tel était vraiment mon prénom. A présent, aucun de nous n’osait parler, j’étais gênée par ce contact beaucoup trop intime, une étreinte que je n’avais jamais eu, que je n’avais jamais connue. Je me sentais mal à l’aise, maladroite, je ne savais pas quoi faire pour la première fois de ma vie. Mon instinct me murmurait de fuir, de cesser ce jeu morbide auquel je me livrais mais ma raison m’en empêchait. Maintenant que j’avais mis un pied dans l’engrenage il n’était plus temps de fuir. Je devais affronter la réalité. Ce fut lui qui brisa à nouveau le silence, il était le seul à prendre des initiatives, je me laissais porter par le vent, je n’étais plus qu’une plume à la merci des intempéries. J’ai alors compris, avec cette simple phrase, que c’était à moi de me livrer, je devais parler.

« Je… »

J’ai soupiré. Je ne pouvais pas parler, ma voix tremblait trop. Je ne savais pas par ou commencer, je ne savais pas ce que je pourrais dire sans avoir l’air ridicule, je ne savais pas quoi penser ni même ce qui serait correct ou insolite de dire. Tout ce qui me venait à l’esprit était ce BOM.BOM.BOM désorganisés de nos cœurs. En total désynchronisation, le mien était rapide comme celui d’un oiseau, le sien commençait à ralentir, restant cependant fort, tout comme le mien.

« Je ne sais plus quoi faire, j’ai peur de mon passé mais en même temps je veux tout savoir. J’ai si peur de ce que je pourrais découvrir, apprendre que j’ai réellement été une esclave, que c’est la vie qui m’attendait et qui m’attend pet être encore. Je voudrais savoir si mes parents sont toujours en vie et pourquoi ils m’ont abandonnés, je voudrais savoir que est mon but, mon destin, je voudrais tout savoir mais cela me tétanise en même temps… tu… tu peux le comprendre cela ? »

Je venais de le tutoyer, je venais de me montrer familière avec lui, en même temps que je me dévoilais, que je racontais ce qui me hantait au plus profond. Posant mes mains sur ses larges épaules, j’ai légèrement reculé, essayant de quitter avec douceur ses bras pour le regarder, avant de demander hésitante
« A quoi bon savoir tout cela de moi, je viens de parler et de raconter ce qui me hante en grande partie mais qu’est-ce que cela va changer ? Les choses ne vont pas s’arranger parce que je viens de parler, au contraire. Je veux partir à présent. Je me suis suffisamment humiliée ainsi il me semble. »

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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Mer 25 Jan 2012 - 3:28

[HRP : Simple rappel, lorsque je m'exprime avec des * ... *, c'est en fait les pensées de Thorolf, donc tu ne peux entendre ce qu'il raconte :-) Mais c'est pas grave, il n'y a pas de chamboulement par rapport à ça, s'too bon Miss ! Tu peux finir avec un dernier post et on boucle le topic, c'était un réel plaisir de Rp avec toi Wink ]

Thorolf possédait dans son esprit un visage féminin qui oserait s'échapper de sa mémoire au moment de sa mort uniquement. Les liens qui les unissaient étaient tortueux, noires ... Les deux lycans étaient devenus des miroirs sales et brisés capable de refléter les lueurs de la propre faiblesse de chacun. La seule personne qui fut capable de l'anéantir fut cet être si fragile à la destiné hésitante. Et le pire, ce n'était pas avec les armes que le chant de la bataille a résonné, ni mêmes les insultes douteuses ou les injures pitoyables qui lui auraient fait découvrir raison sur sa personne ... Non, elle est restée là, en face de lui ... Les yeux si tristes ... Les lèvres à semi-ouverts ... Et ce regard, par Sên ! Ce regard qui lui rappelait tant son passé aussi vide que néfaste, ces chaînes du passé qui lui avaient transformé en un puissant martyr capable de se tenir encore sur ses pattes. Mais pour ce qui était de la santé mentale, tout avait explosé sans rien laisser paraître aux divinités qui guettaient le monde d'Ephaëlya depuis les cieux. Jamais le guerrier ne se serait imaginé pris dans un élan de compassion pour quelqu'un, surtout aussi violemment. Aucun homme ne pouvait l'aimer plus que Thorolf qui lui ressentait un réel sentiment au plus profond de son être.
Pour la première fois de sa vie, il ne voulait pas lâcher prise. Se laisser mourir dans ces conditions, corps contre corps, chaleur baignant dans celui de son prochain, était un nouveau délice émotionnel qu'il fallait profiter. Pour une fois dans toute sa vie, il pouvait se considérer en paix avec lui-même. Le tendre enlacement agissait chez lui comme une couverture de sécurité pour sa conscience, même plus encore. Une véritable prison dorée où le silence et la lumière s'embrassait dans un élan amoureux. Autant de douceur d'un coup avait procuré chez le titan une nouvelle sensation ... Il savait déjà d'avance que ses prochaines nuits seront moins pénibles, dû à l'effet de ce contact simple mais prodigieux.

Thorolf n'allait pas changer suite à cette rencontre. Mais il n'allait pas oublier tout ce qui a été dit, transmis et échangé pour autant. Cela lui resterait gravé en lui comme les connaissances de meurtres que lui seul est capable. Extraire une colonne vertébrale d'un sujet A afin d'enfoncer le bout dans le gosier du sujet B pour le faire suffoquer à mort était simplissime. Mais ce geste pourtant si naturel pour "les autres", comme Thorolf aimait les appeler, cela était un vrai parcours du combattant. Que devait-il faire, jusqu'où devrait-il aller pour satisfaire la demande de la jeune guerrière ? Elle était là, à moitié allongée contre lui, immobile. C'était ... Comme porter un autre coeur encore vivant au creux de sa main. Une vie à considérer, une existence à ne pas renier ... Car Thorolf savait que s'il l'avait abandonné plus tôt, elle se serait transformé en quelque chose de beaucoup plus sombre ... Une entité paralysée et immobile qui se laisserait mourir ou un être avide de sang et de douleur pour apaiser la nouvelle voracité de ses peines.

Elle prononça un seul mot. Le titan ouvrit à nouveau les yeux et la regarda de haut sans même se détacher d'elle. Cette lycanne toute emmitouflée dans ses bras robustes hésitait à dévoiler les paroles enchainées à son cœur. Mais pourtant, elle parvint à réciter la totalité de son ressenti et cela sans même reprendre le souffle. Chose qui fit fondre le vieux lycan, était ce nouveau "Tu". Voilà un progrès impressionnant ! Cela changera de l'appeler "monsieur" et de le caractériser comme un autre individu noble, pauvre ou juste suffisamment stupide et incapable de dompter sa propre vie. Mais toute la beauté de ce monologue était un partage, une confession intime qui attendait un avis, une réponse ... Un soutien. Elle qui se montrait si forte, si sûre d'elle auparavant ... Qui pouvait lui défier du regard, lui tenir tête en évitant de réprimer sa courtoisie, elle qui lui fit face précédemment et qui reste accroché à lui dès à présent ... L'est encore bien plus à ses yeux désormais. Elle était d'une bravoure et d'une solidité sans égale. Capable d'affirmer sa faiblesse afin de mieux entretenir la tête qui se repose sur ses épaules comme un poids sensible à protéger était révélateur. Il laissa donc les mots s'écouler de sa fine bouche, puis réfléchit à ses dires. Il soupira un instant, son ventre gonflé effleurant le buste de la guerrière. Peu à peu, elle s'échappa de son étreinte et l'écarta sensiblement d'elle. Il la contempla. Les premiers mots furent prononcés soigneusement avec délicatesse, mais la vivacité de sa réponse gagnait en terrain :

"Peur ? De quoi as-tu peur maintenant ? Tu as déjà découvert que tu as été une esclave, cela suffit. Rien ne peut t'arriver dorénavant, tu as déjà assez subis !"

Ses mains jonchés de blessures à diverses tailles s'étaient tout deux aplatis sur ses bras. La chaleur continuait de se transmettre de l'un à l'autre ... Le titan ajouta en répondant à sa question :

"Je te comprends mieux que quiconque dans ce monde."

Ses mains posées entre ses genoux se laissaient aller dans le vide. La suite de ses dires étaient ... Complètement fausses et désorientées pour Thorolf. Ce dernier la laissa finir sans hâte ses explications. Une fois le dernier mot prononcé, le doigt du lycan se posa à quelques centimètres des lèvres de la guerrière. "Sscchh" voulait préciser ... Et entamer son avis le plus bref :

"Tu as parlé. Te rends-tu compte au moins de ce que c'est ? Je n'ai vu personne capable d'avoir surmonté autant de douleur et de se maîtriser ensuite. Ne vois-tu pas que tu es devenue plus forte, plus dure car tu es liée à la vérité de tes origines cette fois-ci ? Tu as vécu le pire, soit. Mais maintenant, réfléchis bien ... Qui peut t'arrêter ?"

Suite à ce discours encourageant, le lycan sourit et s'avança en lui offrant un court baiser sur le haut de son crâne. Ce n'était pas du réconfort, encore moins de l'amour. Tout lui venait si naturellement pour endurcir l'âme de quelqu'un. Mais par ce bref contact, il marqua une croix sur la moindre hostilité qui pouvait s'établir entre les deux loups. Ce contact bien qu'un brin osé ne fut pas retenu, il ignorait totalement le ressenti de la lycanne à ce sujet. Pour changer de sujet, car le geste qu'il venait d'entreprendre le mettait de mal à l'aise, il entama :

"Tu as tout à gagner. "

Le Colosse se releva gentiment, marquant une fin à leur contact.

"Si tu dois y aller ... Je ne te retiens pas. Tu as beaucoup de choses à entreprendre."

Tout en maintenant ses cheveux en l'air en les nouant à nouveau dans une fine bande de cuir, il précisa avec un ton amusé :

"Tu auras tout le temps de te rattraper de ce côté en humiliant ton maître."

Il afficha un sourire radieux et arracha sa hache de la boue. Il la secoua d'un côté avant de la nettoyer sagement avec une lingette déjà crasseuse de sang. Son oeil fixa les contours de son arme, les formes séduisantes de cette lame meurtrière ... Il voyait le reflet de la jeune guerrière en toisant la lame de la hache. Son œil se leva à nouveau pour l'observer paisiblement. Plus aucune méfiance, ni sous-entendu ... Tout cela était révolu en un clin d'oeil. Son amour pour elle vrombissait au creux de son énorme torse, mais il comprit que la relation n'était pas gagnée ainsi.

"Salue-le de ma part."

Thorolf baissa sagement de la tête en étant respectueux. Le maître avait du mordant à se faire ... La lycanne était devenue un animal humain, une femelle bestiale qui avait toutes les raisons du monde de libérer sa fougue et ainsi affirmer son statut et sa position dans les terres de Thaodia. Ses pas commencèrent à les distancer ... Mais après une très courte marche, Thorolf s'arrêta et se retourna.

"J'ai ton visage gravé en moi. La seule chose que je souhaiterai le plus au monde, c'est de m'aider à y mettre un nom."

Il faillit avouer "délicieux visage", mais il se rattrapa à temps. Ce romantisme ne pouvait fonctionner et Thorolf devait se résoudre à agir comme tel.

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Kimaya Laraheris
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MessageSujet: Re: La Belle et l'Aliéné [PV Kimaya Laraheris]   Dim 29 Jan 2012 - 2:31

Je l’ai senti soupirer, la déception qu’il devait ressentir en me voyant dans cet état dégradant devait être immense et je me sentais presque mal. J’avais honte de moi, honte de l’image que je renvoyais et je ne me supportais plus. Sa réponse m’arracha un petit souffle ironique. De quoi pouvais-je bien avoir peur maintenant que je savais que j’étais probablement une esclave ? Il y avait tellement de réponse, tellement de possibilités, de probabilités que ce que je lui dise soit négatif mais en même temps comment trouver quelque chose de positif. Je me connaissais, je savais que je ne pourrais plus dormir paisiblement, je savais que mes nuits seraient encore plus agitées et que je ne tenterais même pas de me forcer à dormir. Je ferais encore et toujours des recherches à ce sujet, encore et toujours jusqu’à ce que j’obtienne des réponses. J’avais un nouvel objectif à présent, un but qui me porterais pendant quelques temps avant que je ne l’atteigne. J’avais encore du chemin à parcourir, un long chemin et je le savais.

Mon regard était plongé dans l’unique œil de l’Aliéné. Je me demandais comment un telle blessure lui était arrivé, comment il avait fait pour perdre l’usage d’un organe aussi important et si cela ne le dérangeait pas trop, s’il s’y était habitué avec le temps. Mais je ne l’ai pas demandé. Nous ne savions pas grand-chose l’un sur l’autre et c’était probablement mieux ainsi.

J’ai hoché négativement la tête, très légèrement, je ne pouvais pas croire qu’il puisse me comprendre, personne ne le pouvait car si moi-même je n’y parvenais pas je ne pouvais pas concevoir que quelqu’un d’autre y parvienne. Qui plus est il pensait me comprendre mieux que quiconque alors que nous n’avions même pas fait réellement connaissance aujourd’hui. Tout ceci était totalement abstrait pour moi. J’avais surement vécu trop de choses pour que tout s’imprime en moi, je ne comprenais plus vraiment les informations supplémentaires qui m’assaillaient, j’étais totalement perdue et réalité, je ne savais plus ou j’en étais ni ce que je pouvais ou devais faire pour sortir totalement la tête de l’eau.

Ma réflexion orale fut interrompu physiquement, je n’osais plus parler à présent et je ne faisais que l’écouter, parler certes mais cela n’avait servi à rien, je ne me sentais pas soulagée, je ne me sentais pas apaisée, je ne me sentais pas différente ni apaisée, juste moi, brisée psychologiquement même si je tentais de garder la tête haute. Mes efforts reprenaient à nouveau le dessus, je ne tentais pas de cacher mes émotions mais je ne les laissais pas non plus totalement apparents. Il avait cependant raison ou plutôt j’étais en accord avec lui sur un point, qui pouvait me stopper, qui pouvait m’arrêter à présent ? Personne, je ne cesserais de remuer ciel et terre que lorsque j’aurais ma réponse. Je n’aurais de repos que lorsque la réponse à mes interrogation aura été donnée et rien ni personne ne pourra me freiner dans cette mission, jamais.

A ma grande surprise, le vieil homme me sourit et approcha son visage, déposant un baiser sur ma tête. Beaucoup auraient pris ce geste pour une marque d’affection, pour une marquer un certain réconfort devant la dureté de cette découverte mais pas moi. Ce geste n’était rien d’autre qu’un acte… fraternel, entre deux frères et sœurs de race, entre deux loups de meutes différentes mais pourtant plus proches que les apparences ne le laissaient croire. Même si j’avais beaucoup douté la dessus, je sentais que ce lycan savait des choses qu’il ne voulait pas me dire cependant. Et bien tant pis je ferais avec ou plutôt sans. Si un jour nos chemins étaient amenés à se croiser à nouveau et bien j’interviendrais, je lui poserais toutes les questions qui me hantaient, toutes ces questions que j’avais sur le bout des lèvres mais qui ne voulaient pas sortir.

Ce geste n’avait pourtant pas laissé Thorolf indifférent, même s’il semblait de marbre, je me doutais bien qu’il avait été un tantinet embarrassé. Il se releva et noua ses cheveux, me rappelant un geste que j’effectuais lorsque je me sentais mal à l’aise et un très léger sourire m’échappa. Sous ces grands airs de méchants, il n’en était pas moins un être vivant. Pour moi, aucune personne ne peut être fondamentalement mauvaise, il y aura toujours, même si c’est au plus profond d’elle-même un soupçon d douceur et de gentillesse. Même si c’est tout au fond du cœur, bien caché aux sentiments des autres. S’occupant de son arme il l’a nettoya avec un tissu imprégné de sang. Je ne sais pas ce qu’il cherchait à essuyer avec un matériel en si mauvais état mais je n’ai pas voulu lui faire la remarque. Prononcer des paroles futiles n’avait aucun intérêt pour moi à présent. Je me concentrais uniquement sur l’essentiel.

Sans attendre plus, il s’éloigna lentement de moi, le moment était arrivé, je ne ressentais rien de particulier, mis à part peut-être un léger pincement au cœur mais je n’y prenais pas gare. J’avais un objectif bien plus important actuellement malheureusement. J’avais un but dans ma vie à présent. Au moment ou j’allais moi aussi tourner les talons, il m’interpella. Je me suis retournée et je lui ai adressé un léger sourire

« En temps normal je ne donne jamais mon nom à un inconnu mais ce n’est pas ce que vous êtes Thorolf. Je m’appelle Kimaya. Même si c’est étrange à dire je… je suis heureuse de t’avoir rencontré. Adieu et prend soin de toi... Comme tu as pris soin de moi»

Terminant avec douceur ma phrase, j’ai moi-même tourné les talons définitivement cette fois. Attrapant les affaires que j’avais laissées de côté, mon sac de toile ainsi que mon arc. Reniflant rapidement mes vêtements, je me suis aperçue qu’ils sentaient son odeur, or je ne pouvais rentrer avec l’odeur d’un inconnu sur moi. En une fraction de secondes, je me suis retrouvée sur mes quatre pattes. Saisissant dans ma gueule l’arc et le sac, je me suis dirigée en trottinant vers nos terres et vers ma demeure. J’avais toujours un pensionnaire à nourrir qui m’attendait de pied ferme et qui avait besoin de mes soins. Au moins, j’aurais de quoi me changer les idées pendant les minutes à venir, ou du moins je l’espérais.

THE END

_________________
Vivre c'est se mettre en danger.
De la même façon qu'apprendre à marcher
C'est d'abord accepter l'idée de tomber
♥P.B

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Kishi : Licorne Sombre


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CR de Jessica Kateya Nokomis †
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