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 L'inconnue au regard bleu (Terminé)

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Faolan Tingilindë
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MessageSujet: L'inconnue au regard bleu (Terminé)   Ven 26 Oct 2012 - 0:01




Faolan s’arrêta au bord d’un sentier, s’asseyant sur un gros rocher gris. Il ôta ses bottines de cuir et tenta de dérouler délicatement les bandages usés qui recouvraient ses pieds. Ceux-ci étaient dans un piètre état. Faolan marchait, sans relâche, depuis des jours entiers. Ses vêtements épais et solides résistaient, mais son corps, lui, semblait sur le point de tomber en poussière. Son visage était sale et amaigri par l’épuisement et la faim. Tous les muscles de son corps étaient tendus et douloureux, implorant ne serait-ce qu’une nuit complète de repos. Ses mains étaient parsemées d’ampoules et de plaies diverses. Mais c’était bien ses pieds qui souffraient le plus du rythme insoutenable de ce périple sans fin.

La peau de ses pieds d’ordinaire blanche et fine n’était plus que noire et rouge dans un mélange de crasse et de sang. Il s’essaya à les effleurer mais ce simple geste tordit son visage de douleur. Serrant les dents, il remit ses bottines d’un mouvement brusque et se remit sur ses pieds.
Il marcha jusqu’à l’épuisement. Et, au moment où le désespoir et l’effort s’étaient unis pour lui ôter ses dernières forces, au moment où il gisait au bord de la route, n’attendant même plus d’aide ni de regard, à ce moment, un miracle survint. Son regard flou distingua au loin, sur le chemin, deux silhouettes, l’une humaine et l’autre animale, s’avançant vers lui d’un pas sûr. Faolan reconnut le vendeur de Lëanya. L’animal serait-il…

- Faolan ! Mon garçon…

L’homme accourut vers lui et le souleva sur ses jambes.

- Mon enfant, que t’est-il arrivé ?

Faolan voulut parler mais il n’en avait pas la force.

- Regarde qui voilà, dit l’homme dans un sourire en désignant la créature fière qui le suivait. Ton nouveau compagnon… Nous ne pouvions te le céder immédiatement, tu le sais bien. Le pauvre avait été attaqué par une bête sauvage. Il en avait le dos tout mutilé… Il est soigné à présent. Nous traquons encore la bête qui lui a fait cela.

Faolan se mit à pleurer faiblement, le visage grimaçant. C’était lui la bête ! C’était lui qui avait lacéré la chair de cet animal si noble ! Il fallait qu’il lui dise ! Mais seuls des gémissements s’échappaient de sa bouche tremblante…

- Mon petit, tu es mort de fatigue. Lorsque j’ai su quel voyage tu entreprenais, à pied en plus, je suis allé voir ton père. C’est lui qui m’a chargé de t’amener l’Ombrun. Il m’a dit qu’il était fier de toi. Il m’a aussi cédé la selle qui sangle ton Ombrun, ainsi que les rênes. Voici une bourse d’argent. Il n’y a que des pièces d’or. Il parait que tu es allergique à l’argent, est-ce vrai ?

Faolan fut surpris de cette déclaration mais ne dit rien.

- Peu importe, poursuivit l’autre. En tous cas je t’amène de la nourriture et, je l’espère, un peu de réconfort. Viens par là.

L’homme accompagna le garçon parmi les arbres. Il ne le quitta qu’à l’aube, s’assurant que Faolan avait retrouvé les forces nécessaires pour poursuivre son voyage. Il n’était plus seul à présent.


* * *


Faolan grinçait des dents sous l’effet de la douleur. Au début, monter Mirage s’était révélé une expérience merveilleuse. Pour commencer, il n’avait plus à subir ces heures de marches éreintantes. Et, de plus, la sensation qu’il éprouvait sur le dos de son compagnon était extraordinaire. Il se sentait grisé de vitesse, comme transporté par un vent redoutable. L'Ombrun allait si vite qu'il n'était plus qu'ombre fugace. Le paysage défilait devant ses yeux avant même que le petit lycan n'eut eu le temps de discerner clairement ses contours. L'animal zigzaguait parmi les arbres, sautait les racines, évitait les rochers, avec une souplesse et une maîtrise presque surnaturelles.

Mais à présent qu’il ne quittait jamais le dos de Mirage, la selle lui brûlait les cuisses et son fessier était engourdi à force des secousses régulières que lui infligeait sa chevauchée. Il n’était guère habitué à monter aussi longtemps. Mirage galopait depuis des jours entiers.
Faolan avait quitté la Forêt de l’Eternel. Il était à présent plus loin qu’il n’était jamais allé. Du moins d’après ses souvenirs. Car en réalité, il s’apprêtait justement à rejoindre le premier lieu qu’il eut jamais connu. Ardamir, la cité des elfes.

Le jeune garçon jetait parfois des regards furtifs par-dessus son épaule. L’angoisse avait de nouveau assailli son cœur dès qu’il eut quitté l’elfe qui l’avait secouru. Il était de nouveau seul à présent. Pourtant, malgré la crainte qu’il ressentait sans répit, Faolan ne put empêcher ses yeux de s’ébahir à la vision de la grande ville elfique, ancrée dans les hautes montagnes. Digne et sublime à l’image de son peuple, la vaste cité semblait irradier de lumière. Les portes de la ville étaient gardées. Faolan serra les dents.

Il jeta un regard à son aspect. Il doutait qu’il passât sans encombre. Mais il n’avait pas le choix. Il tira sur les rênes de Mirage qui s’ébroua en stoppant sa course. Il hésita un moment à le laisser à l’orée des bois mais la crainte qu’il fut attaqué par des bêtes sauvages – à nouveau ! – l’étreignit et il y renonça. Il fallait qu’il passe.

- Que Sên nous protège, murmura-t-il pour lui-même.

S’approchant des portes encadrées par deux gardes en uniforme, Faolan eut le réflexe maladroit de baisser la tête, ce qui lui donnait un air un peu suspect.

- Bonjour à toi, enfant, l’accosta un des gardes en lui faisant signe de s’arrêter.

Faolan, le regard fuyant, se tint immobile et silencieux.

- De quelle contrée es-tu et que viens-tu faire en ce lieu ?

Les battements du cœur de Faolan s’accélérèrent et il sentit ses lèvres frémir. Tâchant de se montrer aussi calme que possible, il répondit dans un souffle :

- Je suis de l’Eternel. Et mon projet en ce lieu est simplement de trouver refuge et chaleur pour mon ami et moi-même.

Le garde s’avança et du bout de sa lance releva le menton du garçon. Il le toisa et Faolan soutint son regard.

- C’est un curieux ami pour un elfe. Et une curieuse allure.

Faolan déglutit, sans lâcher l’homme du regard.

- Comment te nommes-tu ?
- Faolan Tingilidë.

Le garde le fixa encore un moment, de toute évidence très suspicieux. Jusqu’à ce qu’un second garde intervienne en s’approchant.

- Tingilindë ? Es-tu un parent de Narsilion ?
- Je suis son fils.
- C’est bon, Taracuïn. Laisse-le passer.
- Mais…
- N’as-tu jamais entendu parler du général Tinginlidë ? Il était très apprécié à Eleänya.
- Mais s’il mentait ?
- Montre-nous tes oreilles, mon enfant.

Faolan, soulagé d’avance, découvrit ses oreilles pointues. Ce détail parut convaincre les deux hommes.

- Pardon Faolan, reprit le second garde. Mais nous sommes en guerre.


* * *


Faolan pénétra alors dans l’impressionnante cité elfique, garnie de hauts murs pâles à l’architecture élégante et délicate. C’était la première fois qu’il se trouvait dans une ville. Il mit pied à terre et guida l’Ombrun par la bride. Peu accoutumé à une telle agitation, Faolan était un peu désorienté par ces foules grouillantes et le brouhaha incessant des rues animées. Il voyait des enfants, des vieillards, des riches, des pauvres, une extraordinaire variété d’elfes en tous genres. Et même quelques voyageurs étrangers. Il se résigna à laisser Mirage à une auberge de la ville qui disposait d’une écurie, bien qu’il devinât le malaise de l’Ombrun au milieu des chevaux. Mais tous deux avaient besoin de repos.

Et tandis qu’il parcourait les ruelles sinueuses de ce monde inconnu, Faolan ne remarquait pas l’étrange silhouette qui le suivait comme une ombre. Un homme revêtu d’un large capuchon se glissait parmi les passants à quelques mètres derrière lui. Faolan, malgré sa petite taille, était aisément repérable, du fait de son accoutrement. Par ailleurs, l’individu en question flairait sa piste sans aucun problème.

Le petit lycan était affamé. Son appétit semblait en plus s’être décuplé depuis sa mutation. Il avait envie de viande, de chair. De gourmand, il était devenu vorace. Mais il refusait que son esprit soit obnubilé par cette promesse de nourriture, pour l’instant il avait plus urgent à faire. Il avait l’intention de trouver une grande besace qu’il pourrait accrocher au flanc de sa monture afin d’y déposer ses affaires, ainsi que des outils utiles à la vie en plein air. Si c’était possible, il espérait également dénicher de quoi bander mieux ses pieds toujours meurtris.

Il s’arrêta plusieurs fois afin de demander la direction du marché, mais les passants ne lui accordaient que peu d’attention. Faolan ne comprit pas tout de suite que cette indifférence était probablement due à son aspect misérable et très atypique pour un tel lieu. Il portait pourtant toujours son arc et son épée courte, mais personne ne semblait faire attention aux détails qui le liaient au peuple elfique, au contraire ils s’attardaient à ceux qui l’en séparaient. Par ailleurs, à chaque fois que Faolan s’arrêtait pour demander son chemin, son mystérieux traqueur avançait sur lui.

Soudain, Faolan sentit une pression sur son poignet. Il se retourna vivement dans un sursaut et leva la tête. Il ne vit pas le visage de celui qui empoignait son bras de la sorte, car il était dissimulé. Il ne perçut , l’espace d’une seconde, que l’éclat féroce de son regard lorsqu’il se posa sur lui.
Faolan n’eut pas à attendre plus longtemps pour comprendre que l’individu n’avait rien de bienfaisant. Il planta ses dents dans la chair de la main de l’homme qui poussa un cri en relâchant son étreinte. Manifestement, il ne s’attendait pas à une telle réaction. Faolan fila dans une rue à toute allure.
Il entendit plusieurs fois des petits sifflements à ses oreilles, comme des insectes frôlant sa joue. Jetant un regard à son poursuivant sans cesse de courir, il vit qu’il tirait des sortes de fléchettes à l’aide d’une sarbacane en bois cuivrée. Elles étaient sans nul doute empoisonnées.

Faolan courait dans les ruelles d’Ardamir, bousculant les passants, renversant parfois les étalages dans l’espoir de retarder son agresseur. Des larmes embuaient son regard, sa poitrine haletante le brûlait. Il ne voyait plus où il allait. Sa course folle autant que sa panique l’essoufflaient de minute en minute.

Soudain, le petit lycan se sentit heurter de plein fouet quelque chose. Ou quelqu’un. Il leva les yeux et aperçut un regard presque translucide, aussi lumineux que deux astres dans la nuit. Sans avoir le temps de réaliser ce qui se passait, Faolan se sentit attrapé par le bras et entrainé vers une nouvelle destination. Epuisé et pris de cours, il n’opposa même pas de résistance. Quelles que soient les intentions de cette mystérieuse personne, le destin de Faolan était pour l’instant entre ses mains.







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Mirage l'Ombrun






Dernière édition par Faolan Tingilindë le Dim 11 Nov 2012 - 1:02, édité 2 fois
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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: L'inconnue au regard bleu (Terminé)   Sam 3 Nov 2012 - 22:44






Les rênes de la monture se tendirent et lentement la bête s’arrêta. La prairie était vague.i, immense et silencieuse. Seul le vent habitait ce lieu, coincé entre deux monts. Le vent agitait légèrement les brins d’herbe qui pliait aléatoirement en fonction des envies du grand soufflant. Tout, autour du couple était désormais arrêté. Quelques lapins se frayaient un passage sous les sabots de la bête, creusant toujours plus loin leur terrier. Des taupes grattaient la terre, un peu plus loin. La nature était toujours maîtresse en ces lieux. Personne ne venait déranger la flore qui grandissait lentement, s’imposant petit à petit. Des arbres entouraient la plaine. Une forêt épaisse et dense qui ne laissait place à aucune imagination. De là où était l’elfe, elle ne voyait qu’une épaisse masse d’arbres, qui se confondait presque tous les un avec les autres. Cette forêt pouvait sans doute abriter tout et n’importe quoi. L’elfe n’avait pas peur. Elle regardait simplement autour d’elle, comme savourant la douce liberté du vent. Elle regardait les insectes virevolter au dessus des herbages. La prairie était traversée de quatre sentiers de terre qui avaient probablement été creusés par des animaux sauvages. Au loin, un cerf, majestueux sortait de la forêt. Ses bois étaient immenses, la bête devait être âgée. Izilbêth était remarquée au loin, abaissant le menton, la jeune femme semblait presque saluer le roi de ces bois. La bête effleura le sol de son sabot et retourna parmi les bois, comme s’il avait compris que l’elfe ne représentait en rien une menace pour lui. L’aurore était belle, le soleil montait lentement derrière les montagnes, éclairant la plaine d’une lueur rose. Le ciel était encore parcouru de quelques traînées nuageuses, qui lui donnait un petit air mélancolique. Le jour se levait, la terre s’éveillait petit à petit. Lentement, le couple repris sa route sans bruit, tel un soupir s’évanouissant en une brume volage qui montait silencieusement, vers le ciel. Doucement, l’elfe et son cheval s’enfoncèrent dans les bois inquiétant qui n’était pas encore éclairés des rayons du soleil. La bête avançait lentement parmi les bois, ses pas étaient étouffés par un épais lit de feuilles. Nombreuses furent les bêtes qui, surprises à la vue de la cavalière se retournaient soudainement pour voir qui venait d’arriver. Les oiseaux commençaient à chanter, la forêt venait de se réveiller. Les boutons de fleurs s’ouvraient peu à peu, la rosée du matin glissait le long des feuilles. Les quelques rares feuilles qu’ils restaient.


Un galop rapide se faisait entendre au loin. Une bête légère, flottait au dessus du sol, filant comme le vent entre les arbres. Ce galop sonnait comme une fuite. Une fuite rapide pour un couple qui avait peur. L’elfe glissa sa main le long de l’encolure de l’étalon qui fit demi-tour, à peine sa maîtresse lui avait ordonné. Les foulées de la bête étaient souples, ample et rapides. Pourtant, lorsqu’on regardait la cavalière, elle ne bougeait pas. Suivant lentement les mouvements de dos de l’animal qui avait bien compris que la jeune femme voulait suivre les fuyards. La route principale était bien trop fréquentée, et le fracas des sabots de l’animal les feraient bien trop rapidement repérer. Un enfant, le fuyard était un enfant. Izilbêth aurait du arrêter là sa course. Mais elle voulait savoir la raison pour laquelle ce garçonnet fuyait. Le petit se dirigeait vers Adramir, la cité Elfique, peut-être lui servirait-elle de refuge. Sans savoir pourquoi, la jeune femme continua sa course derrière le petit garçon. Son corps tout entier était attiré vers ce petit être frêle. Galopant sur le dos de son ombrun, l’enfant se laissait secouer par les mouvements violents de dos de l’animal. Couchée sur l’encolure de la bête, l’elfe suivait le garçonnet sans bruit parmi les bois, laissant son cheval éviter habillement les obstacles qui viendraient se glisser sur leur passage.

Quelques instants plus tard, la cité se dressa devant le couple. Fière, trônant gracieusement au milieu des montagnes qui semblaient la porter tel un piédestal. La nature était fière de la construction elfique. Le soleil l’éclairait comme s’il avait voulu la mettre en valeur. A la sortie des bois, l’elfe s’était arrêtée net, pour regarder le garçonnet s’approcher des gardes. Une fois que l’enfant fut occupé à discuter avec les gardes, la jeune femme passa à côté de lui, sans même se faire remarquer, abaissant sa capuche pour afficher ses oreilles en pointes aux yeux des gardes. Passer la barrière des gardes ne fut pas laborieux. Laissant son étalon à l’écurie, elle était tapie dans l’ombre, regardant le garçonnet laisser son ombrun dans le box voisin de celui de sa bête. Izilbêth suivait l’enfant silencieusement, de loin, elle l’observait avancer lentement parmi la foule. Son petit air perdu semblait pousser davantage la jeune femme vers lui. Lentement, elle se cachait de son regard. Bien qu’il y ai eu peu de chances qu’il la voit, l’elfe se sentait coupable de suivre ainsi cet enfant. Mais il était perdu, et Izilbêth sentait bien qu’à un moment ou à un autre, il aurait besoin de son aide. Tout le monde ignorait l’enfant. Ils le laissaient, seul, miséreux, il attendait désespérément qu’une main secourable lui soit tendue. Au moment où la jeune femme s’approchait du garçonnet, une main agrippa son petit bras et un hurlement douloureux sortit de la capuche sombre de l’homme qui se trouvait aux côtés du petit. L’elfe se raidit immédiatement, qu’allait-il donc bien se passer ? Qui était cet homme ? Elle l’ignorait, mais son cœur s’emballa dans sa poitrine lorsqu’elle vit le garçon prendre la fuite.

La course de l’elfe fut instinctive. Elle ne savait pas où allait le garçon, mais elle savait qu’il chercherait à se cacher. Son poursuivant était agile, mais pataud parmi la foule. Coupant par une ruelle, l’elfe espérait tomber nez à nez avec le gamin, qui n’allait probablement pas changer de route. Elle savait que si elle le laissait seul, il se ferait probablement attraper. Oui, mais une fois attrapé.. Que lui arriverait-il ? La poitrine de l’elfe la brulait, à mesure qu’elle s’enfonçait dans la ruelle. Les pas de l’enfant se faisaient entendre, il était tout près. Le gamin percuta l’elfe de plein fouet. Immobile, stoïque, l’elfe ne bougeait pas. Elle se contentait de fixer le visage de l’enfant qui levait les yeux vers elle. Attrapant son bras, elle le tira derrière elle sans même avoir réfléchis. Il fallait placer l’enfant en sécurité. Au plus vite. Elle croisa un bref instant le regard du poursuivant de l’enfant qui allait désormais devenir le sien aussi. Sans attendre, elle souleva l’enfant. Il était léger, comme une plume. Le plaquant contre sa poitrine, elle le cacha de sa cape et fila à toute allure parmi les rues. Il leur fallait fuir, à tout prix. Sans quoi, ils seraient très probablement tout deux attrapés. Ils ne se connaissaient pas, tout deux étaient de véritables inconnus, l’un pour l’autre. Mais Izilbêth sentait le petit cœur battre contre le sien. Elle sentait la terreur tendre les muscles de l’enfant qui s’agrippait à elle de toutes ses forces. Murmurant faiblement, l’elfe courrait tout droit vers une auberge qu’elle connaissait bien. Ils y trouveraient refuge quelques instant. Ils s’y cacheraient. Pour ensuite pouvoir plus rapidement fuir, en dehors de cette cité, qui semblait être un véritable nid à problèmes pour cet enfant. Elle s’engouffra rapidement dans la taverne sans adresser le moindre regard aux personnes présentes et monta à toute allure dans une chambre à l’étage. Son souffle haletant témoignait de la course folle que venait de faire l’elfe. Son visage était tiré par la panique lorsqu’elle regarda en arrière, vérifiant qu’ils n’étaient plus suivit. Elle déposa alors l’enfant sur la couche après l’avoir découvert de sa capuche et le regarda durant un long moment. Son visage était toujours à demi caché par sa capuche qu’elle ne tarda pas à faire tomber. Elle s’approcha alors l’entendant de l’enfant, retirant ses gants.


- Je ne te ferais aucun mal.. N’ai crainte. Je m’appelle Izilbêth.. Je vais te protéger mon enfant. Tu n’es plus seul..

Les mots de l’elfe avaient un peu sonné comme une évidence. Elle savait, au fond d’elle, que cet enfant était seul. Elle savait qu’il avait peur et qu’il avait besoin de quelqu’un. Doucement, elle tendit sa gourde à l’enfant. Elle ferma la porte lentement en regardant l’enfant. Il allait peut-être avoir peur, s’enfuir. Mais Izilbêth ressentait déjà un profond attachement pour le garçonnet. Elle veillerait sur lui, qu’il le veuille, ou non. Elle avait enfin trouvé un sens à sa vie. Elle avait enfin trouvé quelque chose qui motiverai ses actes. Elle vivrait pour protéger cet enfant des dangers qui planaient au dessus de lui.

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MessageSujet: Re: L'inconnue au regard bleu (Terminé)   Dim 11 Nov 2012 - 0:57



Faolan se sentait transporté sans effort, enfoui dans l’obscurité d’une cape qui le recouvrait. L’inconnue fuyait aussi, il le sentait. Il entendait sa respiration sèche malgré les secousses que lui infligeait le rythme effréné de sa sauveuse. Car c’était une femme, il en était certain. Et une elfe. Faolan se demandait à quoi la jeune femme tentait d’échapper. Ou à qui. Il ne se souvenait que de l’éclat scintillant de son regard, lorsque dans sa course folle il avait heurté l’inconnue de plein fouet. A présent il était abandonné à sa volonté, pour le meilleur comme pour le pire.

L’espace d’un instant, il avait cru que la femme l’attraperait afin de le livrer à son poursuivant. Mais au contraire, c’était la direction inverse qu’elle avait empruntée en enfouissant Faolan au creux de sa cape. Pourquoi fuyait-elle à son tour ? Avait-elle compris le danger qui le menaçait ? A moins que son agresseur ait une autre cible… Quelle raison aurait-il de poursuivre une elfe de cette nature ? La confusion empêchait toute réflexion et Faolan se contentait de se laisser entraîner sans résistance. Au contraire, interprétant cette rencontre inopinée comme une ultime bribe d’espoir, il s’agrippait fébrilement à l’inconnue. Elle était plus forte qu’elle en avait l’air, soutenant le corps du petit lycan sans ralentir sa course, filant comme le vent parmi les ruelles de la ville. Contrairement à Faolan, elle semblait savoir où guider ses pas. Pour ce dernier cependant, c’était toujours vers l’inconnu qu’il courait.

Faolan ne voyait rien en dehors du cuir sombre qui ornait la silhouette de celle qui l’étreignait. Mais il entendit distinctement le son d’une porte qui s’ouvre à la volée, il perçut ses pas précipités contre le plancher d’une demeure, puis gravissant les marches d’un escalier. Et il se sentit déposé délicatement sur un lit.
Sa respiration était laborieuse, saccadée. Il était encore sous le choc de ce qui venait de se passer. L’elfe était tout aussi essoufflée. Faolan l’observait tandis qu’il demeurait étendu sur sa couche, encore emmitouflé dans sa cape. Elle le fixait de son regard bleu, semblant percer son âme sans même lui adresser un mot. L’elfe abaissa son capuchon. Elle avait d’épais cheveux sombres ornés de quelques fleurs sauvages, un visage aux traits fins propres à ceux de sa race, elle paraissait grande et élancée ainsi moulée dans une parure entièrement en cuir. Son aspect n’était pas commun, pourtant une sorte d’aura bienfaitrice entourait la jeune femme, comme si une flamme rassurante était nichée dans son regard translucide. Elle ôta ses gants et s’approcha de lui.

- Je ne te ferais aucun mal… N’ai crainte. Je m’appelle Izilbêth… Je vais te protéger mon enfant. Tu n’es plus seul…

Ces mots, prononcés dans un mélange de douceur et d’assurance, apaisèrent immédiatement Faolan. C’était une main tendue en pleine noyade. L’extrayant d’un naufrage certain. Le rayon de lumière inespéré dans l’obscurité. Faolan, que la panique avait paralysé jusqu’à alors, sentit ses yeux s’embuer de larmes alors que l’elfe penchée sur son visage lui murmurait ces paroles rassurantes.
Jamais Faolan n’avait su ce qu’était le soin et l’attention d’une mère, et la tendresse que lui témoignait la jeune femme était une expérience presque troublante pour lui. Narsilion n’aurait sûrement pas approuvé l’absence de résistance dont faisait preuve son fils. Mais Narsilion aurait peut-être oublié, aussi, que Faolan n’était encore qu’un enfant. Il n’avait pas encore les armes pour se défendre contre la cruauté du monde dans lequel il était si brutalement jeté. Epuisé, Faolan s’abandonna au sommeil sous le regard bienveillant de cet ange gardien improvisé. Izilbêth lui présenta une gourde d’eau fraîche qu’il but fébrilement, encore tremblant. La jeune femme alla refermer la porte de leur chambre.

- Faolan, dit-il d’une voix faible. Je m’appelle Faolan.

Sa gorge était à nouveau sèche. Il avait l'impression que sa langue était devenu rapeuse, desséchée par l'angoisse. Il se saisit de la gourde de la jeune femme, posée sur le chevet, et s’abreuva avec empressement. Il encaissait plus mal les évènements que sa sauveuse. Sa tête lui tournait et il se sentait lourd et étourdi.

- Je ne me sens pas très bien.

Comme pour illustrer ses propos, il se mit à avoir des haut-le-cœur, se cramponnant à son estomac en se tordant de douleur. Apercevant un sceau vide, il s'en empara brusquement pour le placer au-dessous de son visage, juste à temps. Faolan, rougissant de honte, releva la tête et s’excusa :

- Pardon…

Il se doutait qu'Izilbêth ne serait pas offensée par son malaise, mais il n'aimait pas l'idée de l'encombrer. Il craignait déjà de lui causer des tourments. Il aimait, en revanche, plonger dans le regard de cette inconnue. Il voulait demeurer au creux de ses yeux. Son père l’avait bien mis en garde contre les étrangers, aucune méfiance n’était superflue. Il savait qu’il n’avait ni allié ni ami lors de ce voyage. Il savait qu’il était différent, exclu de tout ce qui était connu. Mais si quelque fourberie se cachait dans le cœur de cette femme, Faolan en discernerait l’ombre dans ce regard si incroyablement pur. Il ne voyait rien de tout cela. C’était comme… comme un morceau du ciel. Authentique et profond.

- Vos yeux… Ils sont…

Mais déjà le paysage se brouillait, les contours de la chambre devenaient flous et ses paupières se faisaient lourdes, si lourdes...

- Il voulait juste une rançon... dit-il, comme s'il craignait que sa sauveuse changeât d'avis pendant son sommeil. Pour mon père... C'est le général... C'est pour une rançon...

Et il sombra dans le noir.


***



***


Lorsqu’il s’éveilla, il faisait presque nuit. La chambre n’était éclairée que par la faible lumière d'une bougie, posée sur le chevet. La nuit n'était pas encore tombée mais le ciel se teintait de sombre à mesure que les rayons du Soleil déclinaient. Faolan ne voyait pas si Izilbêth était encore dans la chambre. Il ne se leva pas tout de suite. Il se sentait encore lourd et assommé par la fatigue. Il soupira faiblement, les yeux rivés sur le ciel assombri qu’il apercevait par la fenêtre. Il tourna la tête vers son propre corps et une soudaine vague de panique l’envahit. De la fourrure ! Il était couvert de fourrure ! Comment se faisait-il qu’il s’était transformé en loup à nouveau ? Il n’avait pas ressenti ce bourdonnement habituel, celui qui le faisait vibrer de tous ces membres, celui qui résonnait dans sa tête et faisait battre son cœur si vite, si fort. Alors pourquoi ? Comment était-ce arrivé ? Izilbêth l’avait-il vu ? Avait-elle fui en découvrant sa véritable nature ?? Il remua en poussant des exclamations gémissantes, échauffé par la crainte et le désespoir qui, déjà, l’assaillaient sans ménagement.

Des mains émergèrent pourtant de la peau duveteuse. Ses mains. Des mains humaines. Faolan demeura un moment immobile, le temps de comprendre la situation entièrement, puis il soupira en plongeant son visage dans ses paumes. Une simple couverture. Une couverture en peau semblable à toutes les autres.

« Calme-toi » ne cessait-il de se répéter dans un murmure « Calme-toi, ce n’est rien… »

Mais il ne put reprendre complètement son calme que plusieurs minutes plus tard. Il avait eu tellement peur. Tellement peur de lui-même… Izilbêth changerait certainement d’avis en découvrant qui il était réellement. Ou plutôt ce qu’il était. Une bête sauvage. Il n’était plus un elfe, comme elle. Et c’était sans nul doute parce qu’elle l’ignorait qu’elle prenait soin de lui de la sorte. L’espace d’un instant, Faolan ressentit une vague de culpabilité, à l’idée de dissimuler à sa sauveuse sa condition réelle. Mais la crainte de perdre son unique alliée, après le soin et les promesses qu’elles lui avaient données, était au-delà de ces forces. Il devait lui mentir, lui cacher, ne jamais lui révéler cette vérité atroce qui était devenue le fardeau de son existence.

Il serait Faolan l’elfe, celui qu’il aurait toujours dû être. Replongeant son regard dans le bleu obscurci du ciel, il murmura en elfique :

- Où es-tu, à présent, poursuivant de l'ombre...










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MessageSujet: Re: L'inconnue au regard bleu (Terminé)   Mar 20 Nov 2012 - 1:46

Il y a de ces enfants qui possèdent dans leur regard une assurance et une confiance en eux qui donne presque l'impression qu'une lueur mauvaise brille au fond de leur yeux. Faolan n'était pas de ces enfants. Il avait un regard de chiot perdu. Comme un petit animal qui nous regarderait d'un air malheureux, comme pour nous quémander de ne pas le laisser derrière nous. Il était frêle et fragile. Comme un petit oiseau sans plume, il se débattait pour échapper à son prédateur qui le poursuivait sans relâche pour profiter de la faiblesse de sa proie. Mais Izilbêth avait pris l'oisillon sous son aile pour protéger ce petit être de la cruauté ambiante de ce monde. Il avait quelque chose de différent. Ses oreilles en pointe étaient significative de sa race elfique, mais il avait un petit air plus bestial. Izilbêth le soupçonnait d'être un demi lycan, mais la race de ce petit être n'importait que peu. En soit, elle s'en fichait, elle voulait juste protéger cet enfant de ce qui le terrorisait. Il était poursuivit et il fallait pour sa survie que l'elfe le cache. Elle avait emporté avec elle cet enfant sans même réfléchir et désormais, elle comprit qu'il avait réellement besoin de son aide. Allongé sur la couche de la taverne, il la regardait d'un air fasciné. Comme si il l'avait admirée. Jamais Izilbêth n'avait été regardée de cette façon, jamais elle n'avait eu la sensation d'être véritablement nécessaire à la vie de quelqu'un et le regard de cet enfant, lui donnait véritablement chaud au coeur. Il la réchauffait intérieurement, comme jamais personne ne l'avait fait. Cette infinie tendresse dans les gestes de l'elfe semblaient tomber sous le sens pour ce garçonnet qu'elle chérissait désormais plus que de raison.

Le garçonnet s'était endormi après que la jeune femme l'ai installé confortablement sur la couche. Doucement, elle avait pris le soin de retirer les bottes de l'enfant et à la découverte de ses pieds bandés et visiblement très abîmés. La jeune femme fut pincée au coeur. Il avait dû marcher durant des heures pour être ainsi amoché. C'est alors avec une infinie douceur qu'elle entrepris de soigner ses pieds. Retirant lentement les bandes imbibés de crasse et de sang, la jeune femme passa une éponge humide sur les pieds afin de les nettoyer. Elle agissait avec lui comme une mère avec son enfant, comme si, ça avait toujours été chez elle une véritable vocation. Alors qu'elle avait toujours été le contraire total de la mère exemplaire. Froide, distante, Izilbêth ne se montrait tendre avec personne, sauf avec son cheval. Mais cet enfant semblait avoir percé la carapace dont elle se protégeait depuis de nombreuses années maintenant. La sincérité des gestes et des sentiments affichés sur le visage de cet enfant avait attendri la jeune femme au coeur de glace qui était désormais d'une douceur incomparable avec cet enfant qu'elle ne connaissait finalement pas pour le moins du monde. Une fois le nettoyage des plaies terminé, Izilbêth prit un bock contenant un fond d'eau chaude dans lequel elle glissa quelques plantes et créa un onguent qu'elle appliqua sur les pieds meurtris du garçon. Une fois le bandage terminé, elle couvrit doucement l'enfant. Une toilette complète ne lui aurait pas fait de mal, mais elle se refusait à agir contre la volonté de l'enfant. Il fallait qu'il lui intime lui même le désir de prendre un bain, une douche. De se toiletter.
L'enfant dormais depuis déjà quelques temps lorsque la jeune femme se décida à descendre dans la taverne afin de leur acheter de quoi se restaurer brièvement. Ils allaient devoir prendre la fuite rapidement. Durant le sommeil de l'enfant, la jeune femme était aller chercher son cheval et l'ombrun du garçonnet qu'elle avait pris le soin de cacher sous sa cape afin de camoufler au maximum l'animal qui était facilement reconnaissable dans les rues. Silencieusement, elle laissa les deux animaux dans un unique box. Son cheval veillerais sur la monture de l'enfant, il était comme elle. Il aimait les gens que Izilbêth aimait. Et haïssait ceux qui portaient préjudice à la jeune femme.

Il leur fallait fuir le plus rapidement possible. Izilbêth savait où ils pourraient se cacher afin d'être en sécurité le plus rapidement possible. Sa demeure était reculée et ils pourraient s'y reposer avant que la jeune femme ne décide ce qu'elle ferait aux côtés de cet enfant. Mais désormais, il était clair qu'elle ne le laisserais plus seul le moindre instant. Remontant lentement des cuisines de la taverne la jeune femme avait fait quelques provisions pour le garçon et elle afin qu'ils puissent se diriger vers la demeure d'Izilbêth au plus vite. De plus, la selle du garçon lui avait paru étrangement rigide, elle avait alors acheté pour protéger le derrière de l'enfant, un revêtement de selle en mouton, afin qu'il soit plus confortablement installé. Un plat à la main, la jeune femme avait acheté de nombreuses provisions pour l'enfant et elle. 2 jours de monte étaient nécessaire pour joindre Ardamirë à sa demeure. Lentement, elle monta les escalier, mais du grabuge à l'étage lui fit froncer les sourcils. Poussant la porte de la chambre, elle y trouva Faolan, recouvert de la peau de bête, immobile, secoué, au milieu de la chambre, comme ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Posant alors le plateau sur la table, la jeune femme s'approcha de Faolant et prit la couverture de fourrure qu'elle posa sur le lit doucement, lui adressant un bref sourire tendre alors qu'elle lui montrait le plateau, abondant de diverses nourritures sur la table de la chambre.

- Tu dois être affamé. J'ai acheté de quoi te sustenter Faolan, sers toi et mange à ta faim, tu dois prendre des forces avant que nous ne reprenions notre fuite.

Il faisait désormais nuit noire sur la ville. L'enfant aurait encore quelques heures pour se reposer, mais il devaient fuir rapidement, sans quoi le poursuivant de l'enfant ne mettrait pas longtemps à les retrouver. Lentement, l'elfe tira la chaise de l'enfant, l'invitant à s'asseoir à table alors qu'elle lui servait un grand verre d'eau. L'elfe, qui malgré tout continuait de douter de la véritable race de l'enfant, avait acheté quelques morceaux de viandes qu'elle avait juste fait saisir au feu de bois afin que l'enfant, s'il eut été demi loup, puisse satisfaire ses besoins de viande. S'installant à table, la jeune femme se servit brièvement et adressa un sourire tendre à l'enfant avant de ne déplier une carte d'Evanya à l'enfant. La zone dans laquelle se situait la demeure de la jeune femme avait été entourée au crayon de bois sur la carte par la jeune femme qui la montra à l'enfant en lui adressant un sourire tendre. Elle lui expliqua alors le trajet qu'ils allaient emprunter afin d'aller se placer en sûreté.


- Ici, nous ne sommes pas en sécurité, ta monture et la miennes sont bien trop reconnaissables. Nous allons donc nous diriger vers ma demeure. Qui se situe à la lisière de la forêt qui borde le lac Miriel. Voici le chemin que nous devons emprunter. Pour se faire, j'ai pris la liberté de t'acheter une cape plus longue, qui cachera un peu ta monture. Ainsi qu'un couvre selle en mouton. La route est longue et nous devrons partir dans quelques heures si nous voulons ne pas être repéré. Acceptes-tu de prendre la route avec moi ?

En soit, elle avait prévu tout un plan sans même demander à l'enfant s'il était d'accord ou non pour la suivre. Silencieusement, elle leva les yeux vers lui afin de l'interroger du regard. Sa décision allait être capitale pour l'avancée de leur aventure.



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MessageSujet: Re: L'inconnue au regard bleu (Terminé)   Dim 25 Nov 2012 - 23:51

La porte s’ouvrit à la volée, et Izilbêth pénétra dans la chambre. Elle avait dû s’absenter. Elle surprit Faolan alors qu’il venait de vivre cet instant de panique violent, lorsqu’il avait cru qu’il s’était malgré lui transformé en loup. L’idée que la jeune femme puisse le surprendre sous sa forme lupine le terrifiait toujours autant. Une autre crainte, moins claire dans son esprit, l’envahissait aussi. La crainte qu’il puisse, dans un accès de folie sauvage, faire du mal à celle qui l’avait secouru. Il avait peur de son côté loup. Il avait peur de cette absence de contrôle, de cette bestialité dévorante qu’il ne maitrisait qu’à grand peine. Il avait blessé son seul ami en ce monde, Mirage. Quelle garantie avait-il qu’il ne ferait pas de même avec Izilbêth ?

Izilbêth prit la couverture duveteuse de ses mains encore crispées contre le tissu. Elle effectuait chacun de ces gestes avec douceur et retenue, comme si elle avait peur que la moindre brusquerie eut effrayé le jeune garçon. Elle ne ressemblait pas aux autres elfes. Pas seulement à cause de son regard, non. Quelque chose de spécial émanait d’elle. Faolan le sentait plus qu’il ne le comprenait, aussi ne posa-t-il aucune question sur cette espèce d’aura qu’il percevait autour de l’elfe.
Izilbêth lui désigna un plateau garni de nourriture qu’elle avait pris soin d’apporter. Faolan sentit un petit bondissement au creux de son estomac, vide depuis trop longtemps. Il avait tellement faim ! Comme s’il elle lisait dans ses pensées, la jeune femme lui dit :

- Tu dois être affamé. J'ai acheté de quoi te sustenter Faolan, sers toi et mange à ta faim, tu dois prendre des forces avant que nous ne reprenions notre fuite.

Elle l’invita à s’asseoir à table et lui servit un verre d’eau. Le garçon était toujours troublé par ces marques d’attention, si exceptionnelles depuis qu’il avait entrepris son voyage. Il obéissait docilement mais ses gestes étaient lents, mesurés, presque craintifs, comme s’il eut cru que cette attitude dévouée ne cesse brutalement et se révèle être une fourberie, un piège. Il était encore méfiant.

Pourtant, il ne se demanda pas si la nourriture eut pu être empoisonnée. Son appétit, cette fois, avait eu raison de sa prudence. Il mangea d’abord un peu de pain, timidement, doucement. Puis il croqua dans une pomme. Et enfin, alors qu’il sentait déjà sur sa langue l’excitation du goût de la chair, il s’empara à mains nues des morceaux de viandes et planta ses petites dents dans la chair tendre. Sans viande fraîche, Faolan ne pouvait être rassasié. Il semblait qu’Izilbêth avait pris en compte cette éventualité.

Les gestes de Faolan étaient devenus brusques et fébriles à mesure qu’il laissait libre cours à sa faim. Il attrapait les aliments et les mordait un à un sans logique et sans tenue, trop heureux de goûter enfin à une vraie nourriture. Izilbêth, quant à elle, ne s’était contentée que d’un menu frugal. Faolan ne se rendait pas compte que son comportement affamé eut pu éveiller quelques soupçons quant à sa véritable nature. Il avait trop faim pour réfléchir. Cependant, l’elfe ne dit rien. Elle n’eut même pas un regard de surprise, et si elle fut choquée, elle ne le montra pas.

Lorsqu’il se fut un peu calmé, Izilbêth sortit une carte et l’étala sur la table. Sans avoir à lire la légende, Faolan reconnut immédiatement qu’il s’agissait du territoire d’Evanya. Il eut un pincement au cœur en apercevant la Forêt de l’Eternel, qu’il fixa longtemps, comme s’il s’attendait à voir la silhouette miniature de son père lui adresser un signe de la main. Puis il vit qu’un trait avait été tracé entre Ardamir et un point plus au Nord, par-delà la Plaine Infinie.
Faolan leva les yeux vers elle dans l’attente d’une explication.

- Ici, nous ne sommes pas en sécurité, ta monture et la miennes sont bien trop reconnaissables. Nous allons donc nous diriger vers ma demeure. Qui se situe à la lisière de la forêt qui borde le lac Miriel. Voici le chemin que nous devons emprunter. Pour se faire, j'ai pris la liberté de t'acheter une cape plus longue, qui cachera un peu ta monture. Ainsi qu'un couvre selle en mouton. La route est longue et nous devrons partir dans quelques heures si nous voulons ne pas être repérés. Acceptes-tu de prendre la route avec moi ?

Izilbêth avait une demeure ? Elle n’était donc pas une vagabonde, comme lui. Elle avait un foyer. Peut-être une famille Elle avait l’air si seule, pourtant… Faolan, en l’écoutant, comprit qu’il lui restait bien du chemin à faire avant d’avoir l’esprit de la fuite et de la discrétion absolue. Il lui faudrait du temps avant de savoir se fondre dans la masse. Décidément, comment pouvait-il s’en sortir seul ?? Son père l’avait grandement surestimé…

Faolan sentit une boule se former dans sa gorge et dans son ventre. L’angoisse l’étreignait à nouveau. Ils devaient partir ? Maintenant ? Les mots « cachés », « repérés », l’angoissaient davantage, ils sonnaient dramatiquement à ses oreilles. Encore se cacher, encore fuir… En revanche, le soin qu’avait pris Izilbêth de le munir des meilleures conditions possible le frappa agréablement. Pourquoi donc prenait-elle cette peine ? Elle dépensait son temps, son énergie, son argent à présent, simplement afin de l’aider à s’en sortir. Et pire, elle se mettait elle-même en danger. Ce que Faolan ne comprenait pas, c’est qu’elle ne semblait réellement rien attendre en retour. Alors, pourquoi ?

Izilbêth attendait sa décision. Elle soutenait son regard, l’invitant ainsi à se prononcer. Il n’avait qu’un mot à dire. Il aurait été bien égoïste d’accepter sa proposition. Dans un sens, c’était comme répondre : « oui, j’accepte que tu risques ta vie pour moi ». Quel homme digne pouvait consentir à un tel sacrifice ? Certainement pas lui ! Il s’apprêtait à répondre, avec toute la bravoure dont il était capable, un « non » inébranlable. Mais lorsque son regard sombre croisa celui d’Izilbêth, lorsqu’à nouveau il sentit son âme plonger dans le bleu translucide des yeux de l’elfe, Faolan ne fut pas capable de répondre un « non » inébranlable. Il ne se sentait ni capable de quitter ses yeux, ni capable de quitter celle à qui ils appartenaient. Il ne se sentait pas capable de refuser. Et d’être seul.

Presque malgré lui, il hocha très doucement la tête, les lèvres serrées.


* * *



Il faisait nuit. Pour plus de sécurité, Izilbêth avait donc décidé de quitter l’auberge avant que le jour se lève. Ils attendirent quelques heures durant lesquelles ils patientèrent dans la crainte, en particulier Faolan qui, malgré les conseils d’Izilbêth, ne parvint pas à se reposer. Il demeurait assis sur le bout du lit, déjà tout paré de ses effets. Il avait revêtit ses bottines, son bliaud de cuir serré, son ceinturon d’où pendait le fourreau de son épée…Il tenait son arc et sa nouvelle cape sur ses genoux, prêt au départ. Izilbêth, le visage impassible, faisait les cent pas dans la chambre, jetant parfois de vifs coups d’œil par la fenêtre. Faolan se tordait les doigts, faisant secouer ses jambes sous l’effet de l’anxiété. Sa gorge était sèche. Ses mains moites.

Izilbêth lui indiqua que c’était le moment. Elle éteignit du bout des doigts l’unique bougie de la pièce, ce qui la plongea dans le noir, et incitant le petit lycan à la précéder, ils quittèrent silencieusement la pièce. Ils se dirigèrent vers les écuries de l’auberge, toujours sans s’adresser un mot. L’air était froid au dehors et Faolan frissonna tandis que le vent agitait ses cheveux.
Izilbêth lui fit signe d’attendre tandis qu’elle allait chercher les montures. Faolan craignit un instant que Mirage refuse de laisser la jeune femme le faire sortir, pourtant il eut l’agréable surprise de le voir arriver sans remontrance, la bride maintenue par l’elfe. Elle possédait elle-même un cheval superbe, sombre, fier et élégant, qui d’ailleurs lui allait très bien. Mirage et lui semblaient se toiser un peu du regard, comme s’ils se défiaient silencieusement.

Faolan grimpa sur le dos de l’Ombrun et ressentit une nette amélioration au niveau de la sensation qui s’exerçait sur son fessier. C’était presque doux ! Izilbêth se mit en selle à son tour. Elle l’aida à couvrir Mirage de la cape dont elle avait fait l’acquisition, et tous deux s’éloignèrent des écuries. Il fallait attendre de quitter les sentiers très empruntés de la ville avant de pouvoir accélérer la cadence, bien qu’il n’y eut pas grand monde à cette heure de la nuit.

Mais alors qu’ils s’éloignaient de la modeste auberge qui les avait accueillis, accompagnés uniquement par le chant du vent qui sifflait à leurs oreilles, les deux compagnons ne virent pas la silhouette rabougri d’un miséreux, agrippé au coin d’un mur, observant leurs ombres s’enfoncer dans l’obscurité. S’ils l’avaient vu, peut-être auraient-ils deviné qu’il s’agissait d’un espion de leur poursuivant, l’homme aux fléchettes, qui s’apprêtait à rapporter à son maître en toute hâte ces faits certainement fort intéressants à ses yeux.








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MessageSujet: Re: L'inconnue au regard bleu (Terminé)   Lun 26 Nov 2012 - 2:18

Lorsqu’elle avait regardé le garçonnet se nourrir, Izilbêth avait compris. Il ne pouvait être un elfe pur, c’était impossible. Le voir dévorer la viande avec tant de violence lui avait fait comprendre que cet enfant était un loup. Silencieuse, elle l’observa manger sans la moindre once de surprise ni de dégoût. Cet enfant avait besoin de se nourrir, il n’avait peut-être pas mangé depuis des jours entier. Doucement, elle lui essuya la bouche lorsqu’il cessa de manger, avec une tendresse maternelle. Elle prenait soin de lui, comme s’il avait été son enfant. Elle ne pouvait décrire pourquoi elle agissait comme ça. C’était devenu comme une obligation, une évidence qui la poussait à aller vers cet enfant et à l’aider. Elle sentait son cœur tout entier se serrer lorsque cet enfant la regardait de son air triste. Elle ressentait le besoin indescriptible de l’aider et de le soutenir, de lui montrer la voie afin de lui assurer la vie la plus prospère qui soit. Lui expliquant le chemin, elle l’avait regardé longuement en attendant sa réponse. Il la fixait longuement, comme s’il avait été envoûté par quelque chose chez elle. Silencieuse, elle attendait sa réponse et lorsqu’il lui répondit aussi fébrilement, elle lui adressa un sourire rassurant et tendre. Puis, elle prit le soin d’enrouler du pain, des fruits, du fromage et un peu de charcuterie dans un linge qu’elle glissa dans sa sacoche avant de remplir les deux gourdes qu’elle possédait. L’une d’entre elle avait été achetée par la jeune femme pour le garçon. Ainsi, il pourrait boire à sa guise durant leur trajet, ça lui éviterait probablement d’être assoiffé, s’il venait, un jour, à quitter Izilbêth, au plus grand regret de la jeune femme.

Leur préparation fut rapide et après avoir sortit les montures de l’écurie, Izilbêth aida le garçonnet à se mettre en selle avant d’en faire de même pour elle. Installée, elle fit signe à Faolan de la suivre alors qu’elle mettait sa capuche sur sa tête, tentant de se camoufler comme elle le pouvait. Marchant dans les rues aux côtés du garçon, l’elfe ignorait qu’un homme était tout près, tapi dans l’ombre. Les suivant silencieusement, l’homme ne commit pas la moindre erreur. Sauf lorsqu’il leur fallut passer sous un porche, afin de se diriger vers la sortie de la cité. L’homme, visiblement exalté par l’idée de l’honneur qu’il recevrait de la part de l’homme au fléchette s’il ramenait lui-même Faolan s’approcha un peu trop près de l’elfe et de son cheval. La bête se campa sur ses membres en agitant la tête. Immédiatement, l’elfe tourna la tête en tirant sa dague du fourreau noué à sa cuisse. La présence d’un tel homme, ne pouvait être que mauvais signe. Il était impossible qu’il soit bien intentionné, étant donné la situation dans laquelle se trouvaient la jeune femme et son protégé. L’homme, pensant avoir l’ascendant sur l’elfe tira une épée de son fourreau et s’approcha du couple en grognant d’une façon gurutal. L’elfe sauta sur ses pieds, se tournant face à l’homme qui s’approchait à présent avec une rapidité qui exprimait la rage meurtrière qu’il ressentait envers la jeune femme. Un attaquant, peu importe ses intentions devait être mis hors d’état de nuire. Surtout dans la situation actuelle, elle ne pouvait se permettre de laisser un informateur en état de parler, après les avoir vus fuir hors de la cité. Sourcils froncés, l’elfe esquiva un coup d’épée qui frôla sa joue, la gratifiant d’une entaille très légère. Basculant sur le côté, la jeune femme se rua sur l’homme et sauta sur celui-ci afin de le plaquer au sol avec une force non négligeable. Assise sur son ventre, elle attrapa le visage de l’homme de sa main gantée et le força à ouvrir la bouche avant de lui attraper la langue qu’elle coupa d’un coup sec de sa dague. Dos à l’enfant, elle le protégea de cette vision horrible qu’elle supportait sans la moindre réaction. L’homme s’agita un long moment au sol avant de ne s’évanouir sous la violente douleur que l’elfe venait de lui provoquer. L’acte avait été sec, irréfléchi. Elle risquait gros pour ce qu’elle venait de faire, mais il le fallait pour protéger l’enfant. Essuyant sa dague sur sa cape, l’elfe se leva en rangeant l’arme alors qu’elle poussait l’homme de façon à ce qu’il se retrouve, face contre terre, cachant ainsi, du regard de Faolan, le sang dont son visage était recouvert. Elle n’était pas tâchée, avait fait ça proprement et d’un coup sec. Privée de sa parole, l’homme allait cependant survivre et ainsi placé sur le ventre, il ne s’étoufferait pas dans son sang. Elle remonta alors en selle rapidement et sans même avoir pris le temps de regarder derrière elle. Toujours cachée de sa capuche, elle se tourna vers l’enfant et retira son gant en se remettant en marche, accélérant cependant quelque peu l’allure afin d’éviter d’attirer les regards. Silencieuse, elle glissa sa main sur la joue de l’enfant doucement et murmura, comme ressentant le besoin de se justifier de l’acte horrible qu’elle venait de commettre.

« Je ne te ferais aucun mal Faolan, crois-moi. Je te protègerais de tout ce qui pourra représenter une menace pour toi.. Et cet homme, représentait une menace tu comprends ? Il n’est pas mort, je l’ai juste fait taire à tout jamais.. »

Elle lui adressa alors un sourire tendre et remis son gant avant de se diriger hâtivement vers les portes d’Ardamirë. Trottant lentement, la jeune femme vérifiait régulièrement si l’enfant était toujours à ses côtés et surtout si tout allait pour lui. Elle veillait sur lui comme sur la prunelle de ses yeux. Et la simple idée qu’il puisse arriver quelque chose à l’enfant lui tordait l’estomac de panique.
La porte d’Ardamirë se présenta rapidement à eux et l’elfe s’avança vers les gardes, dévoilant son visage aux yeux de ceux-ci, elle leur adressa un bref sourire avant de ne remettre sa capuche, passant les portes de la cité sans que la moindre question ne leur soit posée. Laissant passer l’enfant devant elle, elle revint à ses côtés une fois la porte passée et murmura.

« Nous devons accélérer maintenant Faolan. Suis moi, je sais par quels chemins passer pour que nous ne soyons pas découverts. Tout va bien se passer, je te le jure. Allons-y »

Puis, ils se lancèrent au galop dans la plaine, fonçant tout droit vers la forêt. Dans la nuit noire, ils allaient devoir s’en remettre à leurs montures qui éviteraient surement habilement les obstacles. La route allait être longue, mais la résultante serait agréable pour eux deux. La demeure d’Izilbêth était grande et ils y seraient à leur aise. Et depuis le temps qu’elle n’y était pas allée, un lit douillet serait sans doute agréable.

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