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 L'oeil et le masque [Abandonné]

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MessageSujet: L'oeil et le masque [Abandonné]    Sam 12 Mai 2012 - 17:01



Drack. Symbole d'une nouvelle désolation dépravée, de la noirceur d'une guerre déchirée ... Mais avant tout d'une grande populace rejetée et anciennement opprimée. Tous portaient la haine dans leur coeur, le goût âcre de la colère les conduisaient à devenir les plus féroce lycanthropes de tout Thaodia. En effet, ils n'étaient pas les plus loyaux, ni les plus sages ... Encore moins les plus disciplinés. Mais leur atout majeur était cette bestialité nouvelle capable de franchir n'importe quel obstacle en s'imposant comme un véritable lycanthrope dominant. Des aptitudes capable de former une sanglante terreur poussée à l'extrême, le genre de choses qui rendait un Drack si différent de ses semblables. Intimidés, désemparés, apeurés, angoissés ... Voilà des sentiments auxquels la foule extérieure avait prit l'habitude d'afficher avant de sombrer dans les abysses. Un Drack ne tuait pas. Il massacrait. Il éradiquait. Il exterminait. Mais il y avoir une raison à cela ... Une raison que Thorolf Gunnar lui-même rappela souvent.
Les élus et les damnés. Voilà comment était perçu la nouvelle politique d'Ephaëlya. Des élus ignorants qui ont embrassé la vie avec amour, capable de vivre une existence en étant complètement aveugle des souffrances des autres. Puis des damnés, des êtres rejetés de tous, mourants pour certains, car ils se montraient différents d'eux. Car ils ont osé être différent. Des bouchers meurtriers, des parias corrompus, des stratèges manipulateurs, des survivants de guerre ayant l'esprit trop instable pour être jugé comme "normaux" et sains. Thorolf les accueillait tous ... Car lui seul percevait le potentiel que les "fous" et les "déments" pouvaient posséder. Ils étaient aussi redoutable que n'importe qui, peut-être même beaucoup plus. Une fois l'idéologie instaurée, l'objectif était clair ... Exterminer les élus pour que ces derniers deviennent des damnés et acceptent enfin la nouvelle réalité car elle est l'essence de l'existence de tous les Drack. Personne n'était mauvais dans la meute, Thorolf n'était de loin pas chaotique ... C'était les autres qui le jugeaient ainsi en posant leur doigt accusateur sur sa personne. Un boucher psychopathe et cannibale ... Voilà le portrait de son identité. Le visage de la meute des Drack.

Et c'est en se rappelant de tous ses mots, de ce monologue qui représentait au mieux la meute, que Thorolf abattit sa hache dans le crâne d'un soldat ennemi. Les os avaient éclaté dans un fracas assourdissant, libérant de longues éjaculations sanguines qui aspergea le torse du colosse. Il reçu ensuite une flèche qui transperça son avant-bras, sa voix caverneuse explosa en lançant des jurons. La frénésie animale était si forte que la douleur ne paralysa pas encore son esprit et ses mouvements ... D'une main, il en décapita un, puis transperça la gorge d'un autre avec un javelot. La bataille était sur le point de terminer car quelques soldats ennemis commençaient à rendre les armes ... C'est avec un cri victorieux mêlé de rage et de dignité que les Drack entonnaient tous ensemble. Un conflit à moyenne échelle venait d'être terminé après une bonne heure de combat sans relâche ... Non loin de la forteresse, des étrangers venant d'une autre meute avaient bâti un avant-poste pour tenir à l'oeil les Drack deux jours plus tôt. Comble de malchance, les informateurs de Thorolf ont remarqué cette soudaine présence avec rapidité et le sort de ces renégats étaient clair : les empaler jusqu'aux derniers. Et c'était d'ailleurs le sort d'un bon nombre de survivants. Une dizaine était empalée, leurs hurlements stridents et endoloris déchiraient le silence. Les lamentations et les gémissements formaient un orchestre terrible, les villageois subissaient des ordres verbales crachés par ses fidèles guerriers.

Pendant que ces derniers mettaient en rang les nouveaux prisonniers, Thorolf récupéra ses armes dans le champ de bataille ... L'avant-poste était jonchée de cadavres et de sang se mêlant à l'intérieur d'une boue épaisse. Le campement dévasté était baigné dans le feu et le sang ... Il put néanmoins récupérer une épée courte qu'il avait lancé en direction d'un ancien adversaire . La lame sanguinolente avait perforé ses poumons, le misérable avait dû mourir dans une lente agonie. Lorsque les citoyens portaient des chaines à leurs pieds, Metek, un de ses plus fidèles sergents, s'avança dans la direction du vieux colosse :

"Nous en avons fini ici."

Thorolf resta silencieux. Il se retourna et approuva d'un bref signe de tête. Ce n'est seulement lorsque Metek recula de plusieurs pas que le chef annonça de vive voix :

"Je ne veux pas de prisonniers. Laissez-moi un tiers chez moi."

Sous-entendu, dans son garde manger personnel. Les autres iront dans les abattoirs où ils seront dépecés et désossés selon la coutume traditionnelle du village. Les corps seront ensuite suspendus par des crochets à l'air libre afin de rafraichir la viande et d'éviter de la salir avec l'odeur nauséabonde des boucheries. Certains corps sont même empalés en pleine place publique afin que les plus affamés arrachent un morceau gratuitement. Il était difficile de faire plus généreux ...
Une longue lignée de prisonniers marchaient les uns derrière les autres, des lourdes chaînes reliant leurs chevilles dans un triste fracas métallique. Leurs pieds sales et terreux se mouvaient avec difficulté, les rares condamnés qui heurtaient brusquement le sol étaient immédiatement remis sur pied par un des gardes qui ne manqua pas de lui arracher une dent avec un outil ressemblant à une pince rouillée ... La victime endolorie hurlait sa souffrance comme un terrible aliéné avec suffisamment de volume pour que tous puissent entendre et retenir son atroce beuglement comme un avertissement. Le sang frais qui se dégageait de leur cavité buccale éveillait l'appétit des Drack. En particulier, celui de Thorolf qui était perçu comme le plus gourmand et le plus vorace de tous ... Le cannibale de Thaodia. Les hommes tremblaient, les femmes étaient paralysées par la terreur, les enfants gémissaient en émettant des sanglots incontrôlables. Tous étaient des lycanthropes. Tous étaient censés être ses frères et sœurs. Mais ils n'étaient que le produit d'un tout autre monde. Des fantômes, doublés d'illusions. Ils ne pouvaient se comprendre tout simplement. Ils étaient dans un monde différent de celui des Drack. Eux n'étaient pas capable de respecter la réalité de Thorolf, au point de renier des lycanthropes comme lui du système.

Ce n'est seulement au moment de quitter les lieux qu'une ombre noire et hostile sortit de la brume épaisse ... Sans même connaître son identité, Thorolf sourit en coin en grognant sourdement. Ce signal était assez distinct pour que ses fidèles guerriers chargent droit dans sa direction.
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MessageSujet: Re: L'oeil et le masque [Abandonné]    Dim 13 Mai 2012 - 3:14

Quelle bataille sanglante... Frederik, ayant enfin retrouvé ses esprits, s'était élancé sur les plaines enneigées de Thaodia seul, avec pour seules compagnes ses armes et de quoi subvenir à ses besoins pour un certain temps. Il tentait de faire disparaître l'image de Nina de son esprit en s'éloignant le plus possible de son ancien clan, Croc-Noir, qu'il avait abandonné sans se retourner, non sans remords... Le nordique ne savait où aller, mais le destin le guiderait, il ne désirait plus réfléchir à quoi que ce soit. Le voyage et la solitude constituaient ses seuls refuges face à la folie qui empoisonnait son âme. Les souvenirs qui lui avaient permis de survivre pendant son calvaire causaient désormais sa perte, quelle ironie.

Frederik parcourut ainsi le monde pendant bien des cycles, sans croiser le moindre adversaire. Même la mort le fuyait, désormais, car il n'était que le fantôme d'un vaillant guerrier déchu... On l'avait privé de ses ailes, et le démon refaisait surface, s'emparant de son esprit. Le nordique menait déjà un combat contre lui-même et, comme si cela était insuffisant, il allait désormais devoir affronter des adversaires bien plus terribles que les mercenaires du campement de Tristana et autres chasseurs idiots avides de profit et aussi vils que des misérables serpents.

Lorsqu'il entendit un cri de guerre sauvage, l'instinct de prédateur du lycanthrope balafré lui indiqua de se dissimuler dans l'ombre, avant de frapper pour survivre. Il dégaina l'une de ses dagues, entreprit de s'approcher du champ de bataille avec toute la discrétion dont il pouvait faire preuve, et grimpa à un arbre avec une agilité bien rare chez un être lupin. Le nordique aux yeux de diamant, ainsi posté au milieu des branches sombres, observait la scène d'un œil méfiant. Le combat faisait rage entre les deux factions, mais l'une d'entre elle prenait clairement l'avantage sur la première. Des guerriers animés par une rage et une volonté hors du commun, prêt à décimer sans compter les victimes...

Un soldat apeuré et blessé vint se réfugier sous l'arbre qui servait de point d'observation à l'assassin, le silencieux observa un autre homme enragé et vêtu comme un véritable barbare se diriger vers lui avec détermination en faisant tournoyer une hache au dessus de son crâne. Le pauvre être plaça ses mains devant son visage en tombant sur le dos, implorant la pitié de son bourreau, mais la lame acérée lui fendit le visage en deux. Le guerrier victorieux perçut un craquement non loin de lui, et avant de pouvoir en déterminer l'origine, le Silencieux tomba sur lui, dagues en mains, et lui enfonça ses lames sous les omoplates, Un sinistre craquement se fit entendre lorsque Frederik força pour enfoncer plus profondément ses pointes dans le corps de l'adversaire démuni, et la victime poussa un léger couinement avant de se faire trancher la gorge d'un geste vif et précis.

Frederik tourna la tête en direction du champ de bataille, l'un des individus le montrait du doigt tout en s'avançant vers les arbres. Trop tard pour fuir, le nordique avait reconnu l'odeur de lycans, probablement aussi rapides que lui. Désormais, c'était un combat pour survivre. Frederik rangea l'une de ses deux dagues pour prendre à une main son épée elfique courbée de façon bien étrange, il la fit tournoyer dans ses mains un instant. Une pensée lui traversa l'esprit, celle qu'il allait peut être enfin connaître la mort et quitter son propre enfer pour en découvrir un autre. En songeant à cela, il éclata d'un rire dément et s'avança vers sa propre exécution, faisant face à la grande faucheuse elle-même.

Un premier combattant armé d'une hache tenta de lui trancha la tête d'un geste peu précis, mais violent. D'une esquive souple et rapide, il passa sous la lame tout en se décalant d'un mètre sur la gauche de son ennemi, venant lui planter son épée en plein ventre avant de l'ôter de son être. Il retourna sa dague de son autre main et lui enfonça dans la nuque, sectionnant ainsi ses vertèbres et le tuant sur le coup. Tandis que le premier s'effondrait, un second passait à l'assaut. Frederik hurla de rage, l'esquiva lui aussi et lui trancha la gorge. Le soldat lâcha son arme pour tenir son cou à deux mains dans une véritable explosion de rouge et chuta à son tour dans un immonde gargouillement. Le sang de son ennemi venait d'asperger son visage, et Frederik se lécha les lèvres pour nettoyer les gouttes qui s'écoulaient sur son visage, un sourire malsain aux lèvres.

"C'est tout ce dont vous êtes capables, misérables ? Votre sang a le goût de la peur..."

Un troisième combattant tenta de l'attaquer dans le dos, mais la charge prévisible se solda par un échec cuisant, car Frederik effectua un tour sur-lui même tout en déviant le couteau de son épée. Il se retrouva derrière son ennemi et procéda de la même manière qu'avec l'infortuné précédent. Animé par une nouvelle puissance, celle de la haine, Frederik se montrait bien plus monstrueux qu'il n'y paraissait de prime abord, une fois lancé dans une bataille. Il dût faire face à deux lycans par la suite, et tandis qu'il parait la lame du premier, le second entailla son torse déjà endolori par ses blessures fraîchement refermées. Il ne se laisserait pas capturer une fois encore, sa souffrance l'avait endurci, il n'en était que plus redoutable. Dans un élan de colère, Frederik fendit l'air de sa lame et perfora l'estomac de son agresseur tout en repoussant l'autre d'un coup de pied sous la ceinture. Il enfonça ensuite sa dague derrière le cou de sa victime agenouillée, et reçut un autre coup dans le dos, qui le fit légèrement chanceler. Encore plus enragé, Frederik lança un cri bestial et cracha au lâche qui l'avait sournoisement blessé :

"N'avez-vous pas conscience de ce que vous faites ? Je suis le seul et unique démon de Thaodia et je vous tuerai tous jusqu'au dernier !"

Frederik attaqua de nouveau en se retourna avec vivacité mais son attaque fut parée par une claymore épaisse tenue par un barbare robuste. Son premier assaut qui ne faisait pas mouche, était-ce un signe de son affaiblissement, ou avait-il trouvé un adversaire à sa taille ? En repoussant Frederik, l'adversaire fit tomber l'épée du nordique de ses mains. Ce dernier, nullement découragé, s'empara de sa seconde dague et la fit jouer dans ses mains. Il esquiva un assaut horizontal et planta la pointe affutée dans le pied du sauvage avant de remonter en un éclair pour lui perforer le crâne en faisant pénétrer l'acier sous le menton de l'ennemi. Sa lame malheureusement bloquée l'empêcha de riposter face à un coup de massue derrière la jambe, qui le força à s'affaisser en grognant de douleur. Frederik se releva difficilement, riposta en donnant un coup qui trancha dans le torse de l'ennemi, tandis qu'une seconde massue s'abattait sur son crâne, avec une puissance suffisante pour le sonner et ramener par la même occasion ses deux genoux au sol. Une roulade sur le côté lui permit d'éviter le troisième qui suivit immédiatement et il en profita pour perforer la gorge du chien se retrouvant déséquilibré, et une nouvelle pique de douleur l'assomma finalement. Il voyait trouble, et sentait sa fin arriver. On l'allongea sur le dos, en plaçant un genou sur sa tête déjà mise à mal pour lui éviter de se défaire de l'emprise du barbare, et en clin d'œil il se retrouva poings liés, traîné sur le sol jusqu'au dirigeant. Un colosse le souleva, le forçant à s'agenouiller, et Frederik leva son visage pour apercevoir celui de son bourreau. Il rabaissa la tête, en ricanant, et un coup de poing manqua de lui briser quelques dents. Visiblement, les chiens n'appréciaient pas qu'on se moque de leur chef, et n'hésitaient pas à le montrer. Frederik cracha un peu de sang, avec une certaine forme de dédain, et se remit à rire...

"Mon heure est enfin venue ? Ce n'est pas trop tôt, vous auriez pu envoyer des soldats plus compétents que ces larves pour me tuer, les pertes auraient été moins lourdes..."

Le diable avait-il enfin décidé de le prendre ?
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MessageSujet: Re: L'oeil et le masque [Abandonné]    Lun 14 Mai 2012 - 17:43

Le bataillon se rua en direction de l'ombre noire, les armes empoignées fermement. Divers grognements sauvages se rejoignaient en un seul et même hurlement, un puissant cri de guerre fut entonné afin d'alimenter la colère des troupes. Ce n'était pas par courage, honneur et bravoure que les fidèles de Drack combattaient ... Mais pour la faim. Et la propre réputation de la meute qui était l'emblème de l'envahisseur chez les loups. Le seigneur resta silencieux, comme à son habitude. C'était des sujets et ses guerriers qui chantaient à sa place, qui exprimaient ouvertement ses sentiments. Le chef resta de marbre, un visage d'acier qui ne laissa rien paraître. Mais au fond de lui, la réjouissance était aussi de la partie. Une première vague se propulsait en direction de l'étranger. Il perçut dans ce dernier ce qui pouvait être un rire semblable à ceux des aliénés de son camp ... Dans tous les cas, cette situation ne semblait pas le déplaire. Le chef s'approcha lentement afin de garder un oeil sur ce conflit qui allait soudainement éclater. Les crocs dévoilés en gardant une haine qui leur aveuglait toute humanité, voilà comment les soldats se sont sentis projetés en plein coeur de cette lutte.

L'assassin se déplaçait avec une grande agilité, sa vitesse toute entière parvint à désarçonner quelques brutes. La précision de ses coups se montraient meurtrières. En effet, lui seul arriva non seulement à repousser les féroces guerriers, mais aussi à tous les éliminer. Le sang jaillit après chacun de ses coups, il fut englouti par des fontaines sanguines. Ses mouvements semblaient être calculés avec une régularité monstrueuse, son corps se cambrait de tous les côtés comme un animal ... Comme s'il était dans une chorégraphie de guerre où les obstacles et les attaques extérieures ne pouvaient l'atteindre. Lentement et dangereusement, Thorolf se mit en marche dans sa direction suivit d'une autre vague de soldats derrière lui. A chaque soldat mort, un autre chargea jusqu'à entrer dans le combat, ne laissant aucun répit à ce guerrier. Ce dernier parvint encore à cracher quelques mots narquois qui se mêlaient amoureusement aux bruits sonores des lames et des douloureuses jérémiades. Les gorges s'ouvraient en dévoilant une plaie béante, le sang pullulait généreusement la peau de chaque guerrier, les halètements se succédaient continuellement ...

La bataille était dosée à une telle vitesse que Thorolf n'en était pas indifférent. Seules les remarques inutiles du guerrier lui arracha une légère déception ... Le sens était creux, vide ... Mais il comprit à l'instant qu'à force de se valoriser ainsi, une grande douleur avait transpercé ses crocs sur son âme. Une souffrance envoutante qu'il ne parvint pas encore à diminuer l'influence ... Qu'était-ce donc ? Cela, le seigneur des Drack l'ignorait. Peut-être allait-il le découvrir, mais les détails et les histoires de chacun n'étaient pas bien accueilli. Le passé était un miroir brisé. En voulant le reconstituer, chaque être admire son reflet changer ... Et eux aussi changent probablement avec lui. Les souvenirs, les mémoires d'une histoire déchue ... Tout cela était horriblement inutile et abjecte. Seul le futur comptait. Seuls les actes devaient être entendus.

Une douleur fulgurante lui arracha une grimace ... La flèche était toujours restée coincée contre son bras. Ce n'est seulement lorsque l'adrénaline s'était apaisée que le mal refit surface sans même l'en avoir avertit. Il empoigna le bois et l'arracha brusquement hors de sa peau. Du sang commença à envahir et à s'étaler sur toute la longueur de son avant-bras ... Un détail qui était sans importance lorsqu'on pouvait bénéficier de la régénération propre aux lycanthropes. Il jeta la flèche à ses pieds et releva la tête pour poursuivre le combat. Voilà un bon moment que le guerrier aux habits noirs ébène continua à foudroyer ses hommes ... La seule chose qui était en train de changer se trouvait à leur pieds : les cadavres ne cessaient d'augmenter. Peu à peu, la zone devint presque impraticable ... L'assassin perdit peu à peu de sa force, son énergie s'égoutta langoureusement ... Rapidement, ses gestes ne devenaient plus aussi déterminés et il fut enfin maitrisé par une masse de guerriers qui ne cessa pas d'arriver en nombres sur lui. Cela le valorisait peut-être trop pour emprisonner un seul être-vivant. Mais la hargne du jeune assassin ne s'était pas encore tut car ses railleries ne s'étaient pas encore éteintes. Même après le poing qu'il reçut, manquant de peu de lui arracher la tête. Le choc fut brutal, mais l'assassin avait connu bien pire comme traitement. Thorolf s'approcha de lui, son ombre recouvrant son corps comme un éclipse. Il leva sa main et l'empoigna autour de son cou. son seul bras valide, il parvint à l'élever suffisamment jusqu'à son visage barbu et ensanglanté. La pression exercée devait être forte car l'assassin ne se laissa pas faire ... Il tenta de se balancer comme il put pour retrouver sa respiration. D'une voix caverneuse, le chef ajouta :

"Tu parles trop ..."

Son crâne massif s'abattit violemment sur le sien. L'impact était intense et dût le sonner pendant un bon moment ... Mais il ne voulait pas l'abimer d'avantage. Il relâcha son étreinte et le vit défaillir sur ses gardes. Curieusement, son sort ne serait peut-être pas le même que les nouveaux prisonniers ... Il avait un potentiel unique qu'il fallait exploiter. Il voulait la mort, laisser sa chair dans un univers où il espérait rencontrer sa fatalité ? Quel gâchis ... Sans même le connaître, cela se voyait que l'assassin était réellement doué. Encore plus, pour faire fonctionner son talent et ses aptitudes, il fallait qu'il soit sous les ordres d'un chef. Il n'avait rien décidé encor e... Ses hommes voudraient le voir en pièces par pure vengeance. Et c'est pourtant le nombre d'hommes qu'il est parvenu à exterminer avec une efficacité affolante que Thorolf se refusait de le voir dans un abattoir. La situation était délicate ... Il leva la main en hauteur et rappela ses escouades. Il était temps de lever le camp et de partir ... Deux de ses hommes remirent le loup sonné sur pieds et le maintenaient solidement par l'épaule. Un troisième s'avança et attacha deux brassards en fer sur ses chevilles reliée par une chaine épaisse. L'agilité de l'assassin ne devait pas être sous-estimé ...
Toute la troupe s'activa, Thorolf menait la marche suivi du nouveau prisonnier et de la longue lignée de villageois enchainés. Tous avaient hâte de retrouver leur foyer ... Mais aussi leur monde. Car c'est effectivement derrière les murs de Drack qu'un autre univers était installé. Unique, terrible, débordant de vices et de fraternité ... Le torse nu et sanglant du chef de meute subissait les foudres d'un vent qui se montra plus tempétueux que précédemment. Un lourd blizzard se leva, la neige les fouettant comme des cendres apocalyptiques et terriblement nocifs ... Quelques prisonniers commençaient à se lamenter, ils étaient pour la plupart d'entre eux pieds-nus. Ce n'était pas formidablement bon pour garder la qualité de la viande, tout ce stresse, cette angoisse commune et vertigineuse ... Thorolf jeta un regard en arrière et croisa le regard de l'assassin. Il s'était réveillé et ne semblait pas au sommet de sa forme. Mais il était vivant. Jetant un nouveau regard en face de lui, le régiment se retrouva face à face avec le premier ponton. Mais le blizzard était si terrible que le pont en bois trembla entièrement. Il leva son oeil unique au ciel et remarqua que les pendus se balançaient violemment de droite à gauche. Le chef haussa la voix pour se faire entendre :

"Je veux un minimum de pertes ! Gardez bien l'assassin, je le veux vivant !"

Tout en franchissant le ponton avec vigilance, le vent ne cessa de bouger la troupe de droite à gauche. Certains étaient à deux doigts de tomber en bas dans des profondeurs imperceptibles à l'oeil nu : les abysses hivernales de ce foutu blizzard. Thorolf ne relâcha pas la cadence, il fallait que tous parviennent en vie jusqu'au bout. Soudain, quelques pendus se détachaient au-dessus de leur tête et commençaient à tomber. Personne ne remarqua le danger au moment où un pendu heurta brutalement deux prisonniers qui furent entrainer dans le vide avec le cadavre. Une pluie de pendus commençaient à se déferler au-dessus d'eux. Thorolf hurla de s'arrêter et de s'accroupir. Il se retourna en étant sur un seul genou et fixa l'assassin ... Malgré la situation extrême, il tenait bon. Son visage était dur et le fait de mourir ou de vivre n'était plus une question si importante à ses yeux. Le vieux colosse lui offrit son plus beau sourire carnassier, sans raison apparente. Il pouvait avoir la liberté d'analyser ce sourire comme un geste amical citant "Hey, nous sommes tout deux dans la même merde !" ou encore un défi sur celui qui oserait relâcher ses nerfs dans un cas si périlleux. Thorolf scruta les cieux quand il remarqua qu'un pendu allait se fracasser sur son vieux visage. Il s'arma rapidement d'un javelot et le maintenait à la verticale. Le corps fut brusquement empalé jusqu'à la moitié de la lance. Le colosse balança son arme avec la charogne qui l'accompagnait en bas du ponton.

"On continue !"

Tous se remirent debout avec peine. La marche reprenait et Thorolf n'en était pas affaibli. Il démontrait une stature affirmée d'un seigneur où rien ni personne ne pouvait lui empêcher de continuer sa route. C'est avec confiance qu'il arriva enfin à la fin de ce manège mortel. Mais ce n'est seulement lorsque la moitié des villageois parvenaient à franchir le pont que ce dernier craqua et se brisa en deux. Le reste des prisonniers ainsi qu'un bon nombre de ses guerriers hurlaient à pleins poumons tout en descendant dans les profondeurs ... Le silence baigna dans l'air, tous se regardaient successivement, le regard éberlué. Un fou rire général éclata et résonna puissamment. Seuls les prisonniers ne comprenaient pas comment un loup pouvait rire d'une conclusion pareille ... Thorolf dût se reprendre son sérieux, une larme de joie coula en-dessous de sa prunelle ... Voilà longtemps qu'il n'avait pas autant ris !

Les survivants de la troupe ramenaient tout de même une bonne capture. Ce n'est seulement arrivé à l'entrée que le blizzard se calma définitivement. Ils avaient tous échappé de peu à une mort certaine, et pourtant les Drack avaient le cœur léger et maintenu avec fermeté à l'intérieur de leur torse. Tous s'étaient amusés, le moral était au plus haut. Un Drack ne portait pas l'amour des siens, juste le respect. C'est pourquoi une telle perte n'affecta en rien l'humeur de tous ... Au contraire, c'était une raison supplémentaire d'en rire. Avant d'ouvrir les portes, Thorolf se retourna et fit face à l'assassin. Il devait prendre une décision à cet instant ... Ses yeux étaient baignés d'une haine féroce qu'il reconnut dans beaucoup des siens. Le regard insistant, l'assassin devait comprendre que le seigneur des Drack s'interrogeait mûrement sur son cas. La vie ou la mort ? Un nouvel allié ou le respect de son peuple ?

"Et le prisonnier ?"

Thorolf soupira. Un choix crucial devait être décidé ...


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MessageSujet: Re: L'oeil et le masque [Abandonné]    Lun 4 Juin 2012 - 16:07

[Navré pour mon retard, ce sont les aléas du BAC... ^^']

Les ricanements de Frederik prirent rapidement fin lorsque le crâne du seigneur de guerre entra en collision avec le sien, faisant ainsi flotter un voile de ténèbres devant ses yeux. L'assassin, la tête basse, se tut et réalisa avec peine qu'on lui liait les chevilles de manière à ce qu'il n'échappe pas. Loin d'être désarçonné, Frederik ressentit une certaine fierté à subir ce traitement particulier. Les barbares se doutaient de ce dont il était capable, bien qu'ils le sous-estimaient encore quelque peu, assurément.

Une scène de son passé défila dans son esprit, celle de sa précédente capture. Non, Frederik se refusait catégoriquement à être soumis de la sorte à des êtres aussi pathétiques. Pour l'instant, mieux valait ne rien tenter, mais bientôt, il commettrait un nouveau massacre parmi les troupes de lycanthropes, et sa lame goûterait à nouveau au sang de ces impurs. La patience constituait sa seule et unique arme, pour l'heure, et il saurait en faire bonne usage. "Mauvais chien", aurait-dit Tristana à cet instant... Malheureusement, elle n'était plus en mesure d'ajouter quoi que ce soit, étant donné que sa dépouille calcinée tombait en morceaux au sein d'un campement dont le sol était couvert de cadavres.

Frederik suivit bien malgré lui le groupe de guerriers, accompagné d'autres prisonniers bien moins assurés que lui. La tristesse et la terreur se lisaient sur leurs visages blafards, eux qui savaient sans réellement en être certains qu'ils finiraient comme les corps suspendus au dessus du ponton que la troupe venait d'emprunter. La tempête faisait rage, mais Frederik était privilégié par rapport aux autres infortunés. Les deux colosses le maintenaient fermement en place, diminuant ainsi ses chances de tomber dans le vide.

Et subitement, le premier pendu se décrocha de son support, rappelant à la terre deux des prisonniers. Peut être que cette chute mortelle était préférable, en fin de compte. Frederik les envia un instant, et puis il se ressaisit. Son instinct de survie animal était plus fort que tout, pour l'instant, venant faire taire les voix qui embrumaient son esprit à chaque heure du jour comme de la nuit. Beaucoup d'entre eux tombèrent à genoux pour ne pas connaître le même sort que les deux hommes tués par les vents impétueux, dont Frederik, ses chaînes le gênaient d'ailleurs particulièrement, mais il tenait bon.

Il leva la tête, et aperçut avec stupeur un visage souriant, celui du chef de meute qui venait d'intercepter l'un des cadavres volants à l'aide d'une pique. Frederik ne sut comment interpréter ce sourire, et par conséquent il n'en fit rien et se contenta de se relever. Que désirait réellement cet homme, et pourquoi l'avait-il laissé survivre ? L'assassin aux yeux de glace s'avança rapidement, poussé par ses pseudo-gardes du corps, et il entendit un craquement sec derrière lui lorsqu'il finit de traverser le pont. La majeure partie des prisonniers et des soldats venaient de tomber dans le vide. Un sourire en coin déforma le visage de Frederik, qui pouffa en imaginant la mine décomposée du chef de guerre. Il se tourna vers lui et son sourire s'effaça aussitôt, le chef venant justement d'éclater de rire, imité par ses hommes.

Lorsque le blizzard se calma enfin, Frederik distingua l'entrée d'un campement. L'assassin fut légèrement séparé du reste du groupe et amené jusqu'au chef. Avec une rancœur certaine, l'un des guerriers demanda à son supérieur ce qu'il fallait faire du prisonnier qui avait mis à mort une bonne partie de leurs frères d'armes. Le chef de guerre soupira et Frederik, loin d'être inquiet, leva les yeux au ciel. Sans doute était-ce la dernière fois qu'il le voyait, alors pourquoi s'encombrer de politesses avec son futur bourreau. Il aperçut un rapace, un survivant qui avait vu passer la tempête sans s'y laisser prendre, et ferma les yeux, prêt à accepter son sort.
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