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 Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]

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MessageSujet: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Lun 23 Juil 2012 - 22:22

Au bout de quelques jours, la neige avait fondu. Le soleil avait enfin décidé de revenir et mettre fin à cet hiver que j’avais cru éternel. C'est tant mieux, notre marche d’Angalia vers Thaodia n’en sera que facilitée. Mon nouveau travail d’escorte s’avère être assez reposant en fin de compte, Opale apprécie ma compagnie et c’est réciproque. Quelques fois nous nous arrêtons pour qu'elle puisse récupérer quelques herbes, elle dit que maintenant que la neige a fondu. Elle peut récupérer quelques plantes rares qu’elle ne pouvait se procurer avec cette neige épaisse et ce foid.

J’apprends beaucoup au contact de cette guérisseuse, surtout au niveau des plantes. J’ai vu que certaines mauvaises herbes étaient de puissant remèdes. C’est assez étrange, pour Dame Ischäand chaque plante possède sa propre particularité. Elles sont comme tout autre être vivant qui nous entoure, dotées d’une personnalité propre. Mais je n’arrive pas à me concentrer sur ce que me dit Opale, je me sens un peu mal à l’aise lorsqu’elle me regarde et me sourit. A chaque fois que ses sombres yeux croisent les miens, je suis obligé de détourner mon regard et ne peux m’empêcher de rougir. Nous marchons silencieusement dans les bois de la Forêt Ancestrale d'Angalia. Pour la première fois je peux entendre de nouveau les chants des oiseaux et le léger craquement des arbres. Sans cette brise hivernale, mes sens sont moins trompés. Je peux d'’ailleurs sentir que nous allons bientôt faire une rencontre avec des brigands, 5 et ils ne se sont pas lavés depuis au moins une semaine à en juger par l’odeur de crasse que je sens jusqu’ici.

Je fais signe à Opale d’un geste de la main de rester derrière moi. Comme je l'avais prévu, des silhouettes ne tardent pas à jaillir des buissons et à nous regarder comme de vulgaires bouts de viandes. L’un d'eux, qui semble être le chef de par son bandana crasseux et ses longs cheveux gras s’approche de nous d’un pas assuré et nous affirme :

- Bonjour à vous Monseigneur ! Je vous saurais gré de déposer vos bourses et équipement sur le sol en douceur pour payer le péage !

Je ne quitte pas ses autres compagnons des yeux afin de m’assurer qu’ils ne nous encerclent pas et lui répond d’une voix calme :

-Je n’ai jamais ouïe dire d’un péage en terres naines tenus par des… coupes jarrets.

Je sens la respiration d’Opale derrière moi, je sais qu'elle me fait confiance. J’ai accepté de la protéger et je compte bien accomplir mon travail. Le chef des brigands se met à regarder Dame Ischaänd d’une façon des plus déplaisantes. Ce dernier me dit :

- Dans ce cas je te propose ceci. Tu laisses la jolie métissé ici et tu repars tranquille, d’accord ?


Je serre l’un de mes poings et prend une profonde respiration. Jamais je ne me suis senti aussi impliqué à protéger quelqu'un comme Dame Ischäand. Je ne compte pas laisser ces mécréants poser leurs sales pattes sur elle. Je rétorque au brigand d’une voix plus sombre :

- Dans ce cas j’espère que tu vas bien entendre ce que je vais dire. Touche à un seul cheveu de cette femme et tu le regretteras…

Ce dernier pousse un rire gras et semble ignorer mon avertissement, il s’approche de Dame Ischäand et tend son infâme main vers son visage. Une zébrure fend l’air et la pointe de ma lame se retrouve enfoncée dans le poignet du brigand. Il ne s’y attendait pas et ses compagnons non plus. Ce dernier regarde sa main, puis tombe sur le sol avant de hurler :

- Tu.. tu m'as transpercé la main?! Il m'a transpercé la maiiiiin! Mais vous attendez quoi abrutis !! Aimez le !


Ses compagnons semblent plus que surpris par ses mots et l’un d’eux demandent d'une voix grasse :

- Il a dit quoi ?

Je m’avance de quelques pas la pointe de la lame de Lupe perlée de sang. Je me dresse ainsi comme un ultime rempart entre Opale et ces malandrins. Puis je leur réplique d’une voix toujours grave :

-Il est en état de choc. C'est tuez le qu'il voulait dire.

Certains brigands hésitent à se lancer à l’assaut. Soudain deux de ses brutes s’avancent vers moi hache et gourdins en main. Avec une incroyable agilité je m’élance rapidement contre mes opposant Lupe en main. J'envoie un jet de sable avec un rapide coup de lame sur les yeux de mon premier opposant. Celui est aveuglé, j'en profite pour le transpercer à la gorge puis le repousse d’un puissant coup de poing avant qu'il ne s'écrase sur le sol. Puis j'effectue quelques blocages avec mon épée contre le second brigand qui essaye de ne me laisser aucun temps mort. Je réussis à entailler les genoux et le bras gauche de mon adversaire avant de le décapiter sans froncer les sourcils et montrer le moindre remords. Suite à cette sanglante chorégraphie les autres brigands lâchent leurs armes sur le sol et fuient sans demander leurs restes.

Je m’avance alors vers le brigand qui se tient toujours le poignet pour empêcher le sang de couler.Je donne un coup de pied dans son arme et l’éloigne suffisamment loin pour ne pas lui donner de mauvaises idées. Il me regarde de ses yeux remplis de larmes, puis je lui affirme :

- Je t’avais prévenu de ne pas la toucher. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi.

Je devrais lui trancher la tête en guise de leçon, mais en voyant Dame Ischaänd me regardant j’hésite. Des questions fusent à travers mon esprit : Cet homme a-t-il vraiment choisit cette voie ? A-t-il vraiment le mal en lui ? A-t-il une femme et des enfants ? Je peux entendre mon autre moi qui se moque de mon hésitation et me traite de lâche, mais après tout ne peut-on pas accorder une deuxième chance à quelqu’un ? Je rengaine mon épée et affirme à ce chanceux :

- Assez de sang a souillé le sol de cette terre pour aujourd’hui.

Je m’éloigne un peu, d'un coup assez sec j’ôte le sang de ces pourritures de ma lame avant de la rengainer, puis je m’adosse contre le long d'un arbre non loin de là. Je me doutais un peu de ce que cette guérisseuse comptait faire. Sa générosité n'est plus à faire et contrairement à moi, elle semble moins hésiter à pardonner...


Dernière édition par Ionos Selherand le Mer 29 Aoû 2012 - 11:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Jeu 2 Aoû 2012 - 12:32

Peu de temps après notre départ des ruines de Mhornar, la neige s'est arrêtée de tomber. Mais cette fois, contrairement aux accalmies précédentes, le ciel s'est éclairci. Peu à peu, les lourds nuages blafards ou gris se sont dissipés avant de s'effilocher sur un fond d'azur encore timide et le soleil est réapparu. Pour la première fois depuis des mois, la chaleur des rayons de l'astre du jour nous a réellement atteints. Sous nos pieds, l'épais tapis immaculé s'est mis à fondre, révélant ça et là de verdoyants carrés d'herbe fraîche, couleur émeraude. Quelques fleurs ont même commencé à poindre et à s'épanouir, ravie d'offrir enfin leurs pétales à la lumière. La fonte de la neige est rapidement venue grossir les cours d'eau et leur fracas nous parvient régulièrement alors que nous continuons notre route sur les chemins abandonnés. Cette eau claire et glacée scintille au soleil lorsque nous longeons les rivières. Et surtout, partant dans les forêts, le chant des oiseaux résonnent de nouveau entre les branches, comme pour annoncer plus hautement encore le renouveau tant attendu de toutes les terres d'Ephaëlya. Ce printemps tardif mais resplendissant m'emplit d'une joie permanente malgré la route ardue. Doucement, la vie reprend ses droits.

Alors que nous approchons des montagnes de Dum, j’apprends à mieux connaître mon garde du corps. J’ai d’abord eu du mal à y croire, mais comme il le disait, ses blessures ont guéries à une vitesse impressionnante, sans que j’ai à intervenir ou presque. Même la fine cicatrice qui persiste encore sur sa peau commence à s’estomper, comme si notre rencontre inopportune avec cette Ophale n’avait pas vraiment eu lieu. J’ai renoncé à me demander pourquoi. Je sais qu’il y a une raison, une raison que mon intuition me souffle comme si je la connaissais déjà, sans que je parvienne à mettre des mots dessus, mais je n’en ai que faire. Plus les jours passent, plus j’apprécie la compagnie d’Ionos. Bien qu’il ne soit pas encore très à l’aise avec moi (j’ai même parfois l’impression que ma présence réveille en lui des inquiétudes ou des remords), c’est un homme profondément bon, respectueux et d’une grande douceur. Ses nombreux voyages l’ont rendu curieux et ouvert et je prends beaucoup de plaisir à parler avec lui de choses et d’autres. L’intérêt sincère qu’il accorde à mon savoir me touche aussi. Plus le temps passe, plus je me félicite de l’avoir « engagé ». Sa compagnie m’est très agréable. Je me surprends même parfois à le regarder avec tendresse lorsqu’il nous prépare cette délicieuse soupe de volaille dont il a le secret, quand il prend soin de son équipement, ou que nous devisons le soir en regardant les étoiles. Souvent, lorsque nous somme allongés sous le bivouac, je contemple son profil en attendant le sommeil, et je retrouve parfois une émotion ancienne qui me frôle le cœur alors que j’écoute son souffle. Des vieux sentiments, fugaces encore, que j’ai éprouvés autrefois pour un homme qui ne lui ressemblait pas mais dont le regard me fascinait autant que les pupilles rubis et sinople de mon compagnon de voyage.

Mais je ne me fais pas d’illusion. Depuis le début, j’ai gardé à l’esprit qu’Ionos est avant tout un combattant qui défend sa vie et la mienne par les armes. Cette réalité m’évite aujourd’hui d me méprendre sur ce que je vois. Des cinq hommes qui nous avaient barré le chemin, trois sont déjà à terre et je sais que je ne peux plus rien faire pour deux d’entre eux. Au milieu de la clairière, l’homme aux cheveux de lune et au regard d’acier se tient droit, son épée ensanglantée à la main, face au meneur des bandits, tel un implacable messager de mort. Je me suis reculée au début du combat pour ne pas risquer de récolter une attaque malencontreuse, et aussi pour ne pas me jeter dans la mêlée pour les arrêter comme je comptais d’abord le faire. Ces hommes n’auront pas de pitié pour nous, je le sais bien. Et, en tant que femme, je me doute également de ce qu’ils me feront subir si Ionos tombe, sans penser que ce pourrait être leur femme, leur fille ou une quelconque personne chère dans une telle situation. Non, ils ne penseront à rien de tout cela. C’est pourquoi il nous faut, à nous aussi, oublier un bref instant que ce sont des hommes, sans doute mus par les mêmes envies, peurs et espoirs que les nôtres, pour les abattre et préserver nos propres existences. Lorsque mon protecteur a frappé sans aucune pitié, j’ai réprimé cette douleur dans ma poitrine en voyant la souffrance de nos agresseurs. J’ai prié silencieusement pour que leurs âmes trouvent le repos. J’ai immédiatement fait taire ce début de peur en voyant Ionos se battre avec une telle férocité. Surtout, je ne dois pas le juger. C’est la voie qu’il a choisie et grâce à lui, j’ai la vie sauve. Alors non, il n’est pas un meurtrier sanguinaire. Il est toujours le même homme au bon cœur avec qui je voyage.

Pourtant, quand je le vois tenir le survivant à sa merci, je m’approche de quelques pas résolus. Je ne dis rien mais dans mon regard se reflète tout ce que je veux dire. Ne l’abats pas. Cette cruauté n’est pas digne de l’homme que tu es. Ne t’abaisse pas à ce niveau. J’ignore s’il comprend, mais Ionos finit par s’écarter. Après une dernière phrase incisive et un coup sec pour nettoyer sa lame souillée, il se place à distance respectueuse et me laisse le champ libre. Sans attendre, je m’approche du bandit et sort de ma sacoche des bandages et un reste de ma lotion de trèfle. Alors que j’esquisse un geste vers lui, il se dérobe avec brutalité.


« M’approche pas, garce ! J’ai pas besoin de votre pitié à tous les deux. Tuez-moi ou allez-vous-en… »
« Détrompe-toi. Je n’agis pas par pitié. Tu es blessé et c’est mon travail de soulager la souffrance des autres. Rien de plus. »
« J’te dis que j’veux pas de ton aide ! Me touche pas ! »
« Comme il te sied… Désinfecte ta blessure avec ça et applique ceci avant de bander la plaie.»

Je lui laisse donc les bandelettes, la lotion et un peu de ma pâte de consoude pour cicatriser, puis je me relève. Revenant vers Ionos, je lui adresse un hochement de tête.

« Partons d’ici. »

Et rien de plus. Nous reprenons notre chemin sans dire un mot, mon protecteur surveillant nos arrières. Ce n’est que plusieurs kilomètres plus tard, alors que nous marchons toujours dans les bois, que je brise le silence.

« Je te remercie pour ce que tu as fait. Et pour l’avoir épargné aussi… »
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Sam 4 Aoû 2012 - 18:13

Les paroles prononcées par Dame Ischaänd sont comme une brise d’été caressant mes sens. Il chasse le silence qui venait de s’installer après notre désagréable rencontre. Je ne peux m’empêcher de ressentir un agréable sentiment de chaleur enrober mon cœur lorsqu’elle me parle ainsi. Je comprends à présent que si j’avais achevé ce brigand, elle ne me l’aurait peut être jamais pardonné. Et je m’en serais voulu très longtemps. Je ne peux en vouloir à Opale de vouloir aidé son prochain, mais parfois je me demande si elle n’en fait pas trop ? Surtout pour quelqu’un qui a essayé de vous tuer et détrousser. Mais je respecte son choix de vie qui est plus honorable que le mien. Je lui affirme d’une voix posée :

- Tu… Vous n’avez pas à me remercier pour ça… Décider du droit de vie ou de mort sur les gens. C’est un pouvoir qui me fait plus peur qu’autre chose…

Maintenant que l’adrénaline du combat est bel et bien redescendue, mes esprits sont plus clairs et je tente de m’expliquer au mieux avec Dame Ischaänd sur ce que j’appelle en soit un « choix difficile ».

- Je n’ai pas choisi ce métier de mercenaire de mon plein gré. Je n’ai pas eu le choix et je n’ai rien fait pour empêcher certaines choses d’arriver. Mais ça remonte à bien longtemps… Mais depuis que je vous ai rencontré vous, ainsi que d’autres personnes. Je me suis mis à avoir peur de ce que je pourrais être. Une coquille vide de toutes émotions. Tuer pour l’argent ou par plaisir, j’ai parfois peur de me rabaisser à un tel niveau de décadence…

Je prends une profonde inspiration, je n’ai pas envie d’effrayer opale, juste lui montrer que je lui fais confiance ? Parler un peu de mon passé sans pour autant tout lui révéler. Juste quelques morceaux, juste lui montrer que je lui fais confiance. C’est que je veux qu’elle sache. Et peut être aussi que je veux lui prouver qu’elle n’a rien à craindre de moi. Que jamais ma main ou ma lame ne se posera sur elle. Je continue donc mais avec plus de douceur dans la voix :

- Durant mes voyages j’ai souvent regardé les autres avec une légère méfiance. En temps que mercenaire, on voie mieux ce qu’on appelle grossièrement la partie non visible de l’iceberg. Des gens fortunés qui pensent que la vie a un prix comme toute autre chose. Mais je n’y crois plus. Je préfère les voyages en solitaire et me forger ma propre opinion sur le monde dans lequel nous vivons. Ça me rappelle que j’ai réussi à devenir ami avec deux vampires alors que grands nombres de personnes les craignent par ce qu’ils sont sois disant monstrueux. Comme les lycans…

Mince, je ne sais pas pourquoi j’ai parlé des lycanthropes. J’ai encore peur et honte de sa réaction si elle venait à découvrir ma nature. Nous continuons de marcher, bercé par le doucereux sifflement du vent à travers le feuillage des arbres et le chant de petits moineaux appelant leur mère sur un grand chêne. Escorter cette femme est vraiment des plus plaisants. Bien que je ne dois pas me déconcentrer sur sa protection, je me sens vraiment bien en sa compagnie.

C’est assez étrange mais je me suis habitué à sa présence, ces temps passés sur les routes sauvages d’Angalia nous a rapproché un peu. Peu à peu nous avons découvert les habitudes de l’autre et appris respecter son intimité. Nous nos sommes montrés curieux l’un pour l’autre. Que ce soit sur les techniques de désinfections des plaies, sur l’aiguisage des lames, sur les bienfaits des orties blanches cuites ou encore sur le secret de la cuisson parfaite du velouté de volaille. Ce qui devait être un service de protection est rapidement devenu à mes yeux, la naissance d’un sentiment assez complexe pour cette ravissante femme.

Pourtant elle semble être entourée de secrets que j’ose percer. Cette fragile odeur de lycan, ces cicatrices sur le bas de son dos… Quelle relation a-t-elle put entretenir ? Et surtout si un lycan a put apposer son odeur sur elle, comment se fait il, qu’elle n’est pas été mordue ? Tant de questions et si peu de réponses. Je pose un instant mes yeux sur elle et lui affirme d’un ton attachant :

- Vous savez, malgré le fait que vous soyez une guérisseuse et moi un guerrier. Je suis très heureux de vous protéger…

Soudain dans ma tête ressurgit le visage éclairci d’Amarÿelle Chal’di, cette nuit à la taverne d’Oryenna, la fête de Nord Bois… Pourquoi mon cœur se serre t il ? pourquoi penser à Amarÿelle me fait il aussi mal? Quel est donc cette impression de honte qui m’envahit ? Je… Bon sang ! Je ne sais même plus ce que je devrais faire ou ne pas faire. Il faut que j’essaye de rester de rester calme. Une fois qu’on sera arrivé à nord Bois ce sera fini, mais et si… Mon trouble est perturbé par les battements de mon cœur qui résonnent fortement dans ma poitrine. Un sentiment de chaleur m’inonde et je me sens vraiment bizarre. Il me tarde que la nuit arrive, je chasserais à l’écart sous ma forme de loup, laissant Dame Ischaänd cueillir quelques herbes ou se reposer.

Une rafale de bourrasque se veut plus forte et froide. Je regarde la guérisseuse remonter le col de son manteau pour se protéger du froid. Sans savoir pourquoi je fais ça, mes mains ôtent mon manteau de cuir, puis le posent sur les épaules d’Opale. Je lui souris un peu naïvement et lui prétends :

- Malgré le retour du soleil le vent est encore un peu frisquet Dame Ischaänd. Je ne voudrais pas que vous tombiez malade.

Mon regard croise un bref instant le sien, j’ai l’impression de me noyer dans ses sombres pupilles ; J’ai une soudaine envie de la prendre dans mes bras et de… l’embrasser. Le temps s’arrête et je sens de nouveau mon cœur battre à tout rompre dans mon buste. Mais je réussis à me défaire du langoureux regard de la guérisseuse et me détourne rapidement pour cacher avec peine, le teint de ma peau aussi écarlate que ma pupille droite. Je lui demande alors d’une voix timide :

- Si vous commencez à fatiguer, n’hésiter à me prévenir. Nous pourrons nous arrêtez bientôt et nous reposer. Il ne faut pas s'épuiser! enfin vous savez ce genre de choses mieux que moi non? enfin! Avançons voulez vous!

Je regarde droit devant, je me sens un peu idiot d'avoir bafouillé ainsi et tente de reprendre mon sang froid. mais j’ai presque l’impression de sentir son regard sur moi. Je n’étais pas sur de ce que j’éprouvais pour Opale, mais j’avais aussi une crainte incertaine. Quelles sont les sentiments de la ravissante guérisseuse à mon égard ?
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Mar 7 Aoû 2012 - 23:45

Visiblement, Ionos aussi avait envie de briser la glace. A peine ai-je rompu ce silence pesant qui nous étouffait qu’il me répond aussitôt avec humilité, s’estimant apparemment peu digne de mes remerciements. Je le regarde intensément, écoutant avec attention ses paroles. Des mots qui me semblent jetés comme des passerelles pour raccourcir la distance qui pourrait nous séparer.

Les sentiments d’Ionos ne me surprennent pas. Pas que je m’attendais à de telles révélations de sa part ou même à connaître par avance ce qu’il ressentait, non. Je n’ai pas cette prétention. C’est simplement que je comprends, je comprends parfaitement ce qu’il essaie d’exprimer. Certaines personnes en ce monde se permettent de blâmer les autres parce qu’ils pensent que nous sommes toujours libres de nos choix, que l’on peut toujours influer sur ce qui nous arrivent, que ce soit par nos actes ou notre façon de penser. Je le pense moi aussi. Mais je sais aussi que ça ne peut pas être le cas pour tout un chacun. Parfois, il est des choses que l’on ne peut influer, des évènements contre lesquels on ne peut pas lutter car ce choix, ce choix de prendre en main nos vies en dépit de notre peur de l’inconnu, demande un courage que tout le monde ne possède pas. Un courage qui n’a rien à voir avec la bravoure au combat, dont on ne peut être doté et qu’il faut acquérir. Certains y arrivent, il faut plus de temps à d’autres. Ce n’est pas une injustice, juste un état des choses. Si Ionos m’avoue du bout des lèvres s’être laissé entraîner sur la pente qui l’a conduit à brandir l’épée pour gagner sa vie, je le comprends et je ne le juge pas. Nous avons tous notre voie à suivre en ce monde.

« Ni les vampires ni les lycans ne sont les démons sanguinaires que l’on veut bien décrire. Les hommes qui disent cela oublient bien vite qu’ils sont eux aussi capables du pire, comme chacun d’entre nous. Tant que nous vivons en éprouvant des sentiments, en ayant des joies, des peines et des désirs qui nous poussent en avant, nous sommes des êtres humains. A mes yeux, il n’est pas nécessaire d’appartenir à une race plutôt qu’à une autre pour être un être humain. On s’est moqué de moi pour avoir dit cela… »

Tout comme on m’a aussi insultée, traitée de sorcière et de catin pour monstres. J’ai toujours laissée dire. Ce ne sont pas des choses qui m’atteignent et désormais, ce sont des souvenirs qui appartiennent au passé. Pourtant, je ne peux empêcher un battement plus fort que les autres d’agiter mon cœur lorsqu’il me parle de sa crainte de finir par immoler ses sentiments dans le sang de tous ses adversaires. Une voix en moi se met à crier et je me sens soudain l’envie de le toucher. Démentir ses inquiétudes par ma main sur la sienne, ou sur les muscles puissants de son bras, la peau claire de son visage. Non, Ionos Selherand est loin, bien loin d’être mort en dedans. Au contraire, en quelques jours j’ai pu voir toute la chaleur humaine dont il était empli, derrière ses dehors un peu secrets et les sombres angoisses qu’il semble porter en lui. C’est quelqu’un de bon, de loyal et de juste pour qui j’ai beaucoup de respect et d’affection. Même si je me réjouis qu’il commence à s’ouvrir à moi, même s’il ne m’avait rien dit j’aurais continué à lui faire aveuglément confiance et à lui confier ma vie. Quoiqu’il se passe durant ce voyage, je crois que jamais je ne pourrai le craindre, lui en vouloir ou regretter de l’avoir rencontré. Non, jamais je ne pourrai. J’ignore ce qui m’en fait sentir si certaine. Peut-être ce chatoiement chaleureux dans ma poitrine qui me prend lorsque je le regarde avec attention, cette douceur douloureuse qui m’étreint quand nous sommes l’un près de l’autre, que nos voix se mêlent lors de ces discussions sous les étoiles devenues si chères à mon cœur en si peu de temps. Oui, peut-être… mais ces sentiments sont encore trop confus, trop entremêlés pour que je parvienne à y mettre des mots. Seule la tendresse de ses yeux vairons parvient à me rendre la parole quand il m’affirme se réjouir d’être avec moi. Oh Dieux, que d’émotions oubliées éveillent en moi ce regard. Posant sans prévenir ma main sur la sienne, je serre brièvement ses doigts entre les miens, en lui souriant avec toute la sincérité que m’inspirent ses mots :

« Tu n’as pas à justifier ce que tu ressens. Que tu sois un guerrier ou non ne change rien à la joie que me procure ta compagnie. Moi aussi je suis heureuse que tu ais accepté de faire route avec moi… »

Sa large paume est rugueuse à force de manier l’épée. C’est un contact un peu rude, très rassurant. Je n’ai pas envie de m’en défaire mais je vois passer dans ses pupilles rubis et émeraude l’ombre d’un trouble douloureux et je finis par le lâcher en douceur. Je ne veux pas le gêner et je sais combien il peut être dur de s’avouer certains sentiments. Pour ma part, je les ai reconnus mais c’est vrai qu’il faut savoir se donner du temps. Car il est des choses que l’on prend autant de plaisir à voir s’épanouir qu’à savourer une fois pleinement écloses. Le lourd manteau d’Ionos atterrit sur mes épaules alors que je formule cette pensée. L’odeur de cuir, mêlée à celle de son propriétaire m’emplit les narines. Surprise, je l’écoute bafouiller un prétexte au sujet de l’air encore frais, avant de croiser de nouveau son regard de pierres précieuses.

Juste un instant. Je vois ses désirs dans ses prunelles brillantes. Je tends mon visage vers lui, mon souffle retenu sur mes lèvres entrouvertes, comme pour l’inviter à venir le recueillir…

… Avant qu’il ne s’éloigne en rougissant, enjoignant à le prévenir lorsque je commencerais à fatiguer. Encore sous le coup de l’émotion, je mets quelques secondes à revenir à la réalité, avant de sourire en perdant mon regard sur son large dos. Ce n’est pas grave. Pour ce genre de chose aussi, il faut un courage que l’on ne trouve pas sur les champs de batailles. Je reprends donc la marche moi aussi, revenant en quelques pas me placer à côté de lui. Nous avançons encore une heure ou deux, gravissant les premières véritables pentes des montagnes de Dum avant de nous décider à installer notre bivouac, alors que la nuit tombe. Nous ne sommes qu’au début de ce printemps nouveau-né, il faut profiter des derniers rayons du soleil et de la maigre chaleur qu’ils dispensent encore. Nous avons trouvé une clairière idéale pour le campement. En terrain plat et herbeux et protégée du vent par énormes pins plusieurs fois centenaires dont les gigantesques racines bossellent le sol tel de formidables serpents. Qui plus est, nous nous rendons rapidement compte que nous sommes tout prêt non pas d’un cours d’eau mais d’une source chaude naturelle. Contemplant avec ravissement le bassin de pierre recouvert d’une épaisse vapeur blanche, je me promets de venir y goûter dès que le campement aura été monté. Et en effet, dès que nous avons monté la tente et préparé le nécessaire pour le repas, je laisse à Ionos le soin d’aller chasser un peu de viande fraîche et m’éloigne en direction de notre heureuse découverte.

Laissant tomber à terre mes vêtements, je frissonne avec plaisir en sentant la caresse du vent sur ma peau nue avant de me glisser avec précaution dans l’eau chaude. La vapeur emplit mes poumons d’une touffeur moite et je ferme les yeux de plaisir. Il doit y avoir un gros creux au milieu du bassin car quelques pas me suffisent pour être rapidement immergée jusqu’aux épaules. Bien que la vasque ne soit pas large, je m’autorise quelques brasses avant de m’installer sur un petit siège naturel creusé dans la roche, de l’autre côté. La vapeur est si dense que je ne distingue presque plus l’autre rive. Il est sans doute imprudent de laisser ainsi nos affaires mais je n’ai pas l’inquiétude d’y songer. Je suis si bien en cet instant que rien ne pourrait me déranger…
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Jeu 9 Aoû 2012 - 14:35

Nous avons installé notre bivouac au cœur d’une clairière des plus accueillantes. Pour ma part, c'est la première que je trouve acceuillante sur ces terres hostiles. Je ne mis pas longtemps pour installer la tente ainsi que nos deux couvertures épaisses. Je prépare aussi un foyer pour le feu de camp, quelques brindilles de pins et mes deux pierres à silex suffisent. Je ne m’éloigne pas trop du campement, pas que je ne fasse pas confiance à Dame Ischäand ou que joue les mères poules. Mais parce que je ressens une sensation agréable lorsque je sens son regard sur mon être et lorsqu’elle m’adresse son charmant sourire. Je pose les quelques bûches près du foyer, pour ne pas trop étouffer le feu, je mets 2 rondins au cœur du brasier.

Je fais un léger signe de tête à Opale suivit d’un sourire, c’est devenu une habitude depuis qu’elle m’a prise à son service. Elle sait que je pars chasser seul, sans aucune once de méchanceté je lui ai fait comprendre qu’elle ne pouvait m’accompagner. D’un simple geste. Parfois, nous arrivons à nous comprendre sans pour autant nous parler. Mais ce soir, mon esprit n’est pas la chasse, mais à une multitude de questions dont les réponses me font palpiter. La situation prenait une tournure de plus en plus sensible et moi et Opale semblons peu à peu en perdre le contrôle. Lorsque je suis assez éloigné du camp, j’ôte mes vêtements et prend ma forme de loup argenté. Mais malgré l’appel de la nature, je tourne ma tête une dernière fois vers le campement, je sens encore son odeur. Son parfum enivrant qui me monte la tête en embrume mes pensées et mon instinct.

Je ne suis pas entièrement concentré à la tâche… J’ai manqué par deux fois deux proies : une perdrix et lapin de Garenne. Je pense encore à elle, quoi que je fasse, c’est une guérisseuse, ça j’en ai le cœur net. Mais une ensorceleuse ? A vrai dire je ne sais pas. Quand j’ai senti sa chaude main s’enlacer contre la mienne, j’étais d’abord surpris et je pensais me défaire de ce doux étau. Mais je n’en ai rien fait, j’apprécié son contact et j’avais de plus en plus de mal à lui résister. Mais lui avais-je vraiment résisté ? Ou est-ce que je n’osais pas m’avouer que Dame Ischäand… me plaisait. Alors que je m’égarais dans mes songes, je vis non loin de moi une biche. Je m’arrête net et m’allongea sans ne plus faire aucun bruit.

Un met de choix, nous aurions de quoi nous nourrir pour au moins 4 ou 5 jours. Maintenant que la neige a disparu, mon pelage ne joue plus en ma faveur et je dois me faire preuve de plus de furtivité et de patience pour chasser correctement. Pas à pas, j’avance sans faire un seul bruit. Mes pattes se posent doucement sur l’herbe fraiche. Par moment je retiens ma respiration lorsque la tête de l’animal se redresse croyant apercevoir un danger, puis se remet à brouter la fine mousse d’un arbre. Je suis enfin à une bonne distance, je me prépare à bondir de tout mon poids et de ma force sur notre futur repas. Soudain, une autre ombre s’approche de la biche. Je me raidis, un autre prédateur ?

A ma grande surprise, il s’agit en réalité d’un cerf. Un beau mâle avec de grands bois au-dessus du crâne. Celui-ci renifle l’air à la recherche d’un éventuel danger, puis il s’approche de sa femelle et lui donne un léger coup de langue sur ses paupières. Au vue de cette scène que je dois avouer d’assez bucolique, je ne me sens plus d’humeur à attraper cette biche. Je m’éloigne doucement et continue ma chasse désespérée. Cette fois je me parle à moi-même, ne sachant pas ce qui m’arrive et ce que je devrais faire.

Qu’est qui t'arrives Ionos ? Elle te plait et tu sembles lui plaire non ? Alors qu’est ce qui te gêne vraiment ? Tu as déjà promis ton cœur à quelqu’un et tu es surpris que celui ci batte pour cette guérisseuse ? Tu as peur de ce que tu ressens car tu ignores ce qu’elle te répondra c’est ça ? Je ne sais même pas si je m’adresse à ce loup en moi ou si… mes émotions deviennent tout simplement instables…

Je luttais contre ce torrent de sentiments qui semblent essayer de m’emporter, mais je réalise que plus je luttais plus je réalisais que je désirais cette femme. Je ne la voulais pas tel un animal en rut désirant soulager un surplus de phéromones, non. Je voulais sentir sa peau contre la mienne, sentir encore son parfum angélique, glisser mes doigts dans le fouillis ébène de ses cheveux. J’éprouvais une envie de plus en plus forte pour Dame Ischäand, mais aussi une honte et un sentiment de trahison que je risquais d’infliger pour une autre personne qui me faisais confiance et qui m’aimait : Amarÿelle Chal’di. J’étais torturé par ces émotions et je ne savais plus ce qu’il fallait que je fasse ou non. Lorsque j’aperçus un lièvre à deux mètres de moi. Je bondis aussitôt sur lui, sans réfléchir et lui brisa la nuque grâce à mes mâchoires. Au moins, j’avais réussi à trouver notre repas de ce soir. Je retournais auprès de mes vêtements reprenant ma forme humaine et toujours sous le supplice de ses sentiments encore incertains.

Lorsque j’arrive au camp je ne vois pas Dame Ischäand, sans doute est-elle allée chercher quelques herbes médicinales. Je vide le lièvre de ses entrailles et tout ce qui n'est pas comestible, le déshabille de sa fourrure et commence à le préparer en ragout. J’ai ajouté quelques légumes : des carottes, un oignon et de succulents cèpes parfumés. Je mets le tout dans un fait tout et y pose le couvercle. Je peux laisser ce repas sans surveillance durant au moins 3 bonnes heures. Le lièvre et les légumes seront fondants sous le palais. J’espère qu’Opale appréciera.

Nos repas en tête à tête sont toujours aussi attrayants. J’aime en apprendre d’avantage sur cette femme attirante et je pense que c’est réciproque pour elle. Je ne sais pas trop ce que je vais faire en attendant le retour d’Opale, peut être vais-je me préparer à lui poser des questions… disons plus personnelles… Et je m’ouvrirais un peu plus à elle et ensuite… Je ne sais pas.

C’est alors que je remarque la présence d’une source d’eau chaude. Quand j’y pense il y a bien longtemps que je n’ai pas profité de la chaleur agréable d’un vrai bain. Cela me fera sans nul doute un grand bien pour mon esprit et mes muscles. Pourquoi pas après tout ! Je m’approche de la rive, ôte mes vêtements et commence à entrer dans l’eau. La tiédeur de la nappe détend mes muscles et je ne tarde pas à plonger la tête sous l’eau. Je n’entends rien d’autre qu’un silence des plus imperturbables, rythmés par les battements de mon cœur. Je me mets sur le dos et regarde au-dessus de moi. J’ai toujours aimé prendre cette position sous l’eau, j’ai toujours cette impression de me retrouver en face d’un miroir mais qui ne me reflète pas. C’est comme une porte vers un outre monde ou celui des rêves. Ma large main effleure ce miroir aquatique, je me sens bien comme ça. En paix et sans penser à autre chose. J’aimerais rester plus longtemps, mais hélas l’oxygène me manque et je dois remonter à la surface pour respirer à nouveau.

Je laisse échapper un bref râle avant de reprendre mon souffle. Non loin du bord, je remarque une fleur aux senteurs exquises que m’a montrées il y a quelques jours Dame Ischäand. On appelle ce bourgeon, le baiser de Sên. La sève est un peu moussante et s’avère très hygiénique. J’utilise un peu de la liqueur ambrée de cette plante pour nettoyer mes vêtements. Dès que j’aurais fini de profiter des bienfaits de ce bain, je mettrais mes frusques à sécher près du feu. Mais gestes sont lents et précis, je ne tiens pas à décolorer mon manteau de cuir dans l’eau chaude alors je passe un léger filet d’eau pour chasser les quelques impuretés. Aussitôt que ma lessive s’achève, je repose mes affaires sur le bord avant de faire la planche et de ma laisser berce par le courant faible et légèrement capricieux. Je pourrais presque m’endormir, je ferme les yeux et respire de plus en plus lentement. La légère brume a une odeur exaltante. Comme un parfum de plantes, comme le parfum d’Opale. Une minute ? C’est son odeur ? Oui ça ne fait aucun doute ! Quel imbécile je fais ! Je n’avais pas imaginé un seul instant que Dame Ischäand aurait pu profiter elle aussi des bienfaits de cette source d’eau chaude. A travers la brume, j’ai l’impression d’entrapercevoir une silhouette. Je m’assois dans l’eau, cachant ainsi ma nudité et demande d’une voix timide mais douce :

- Dame… Dame Ischäand ? Excusez-moi si je vous ai effrayé. Je n’ai pas fait attention, ne vous en faites pas je ne…

Pris au dépourvu, je préfère laisser un léger silence s’installer. La savoir proche de moi mais nue me met dans un état de trouble qui aurait sans nul doute amusé Maldrik Frodeew. Puis j’affirme à ma charmante guérisseuse dissimulé derrière le brouillard :

- La chaleur de ses sources d’eau est vraiment une bénédiction pour les muscles. Quel dommage qu’il n’y en a pas de telles en Oryenna ou en Thaodia. J’ai mis notre dîner sur le feu, j’espère que vous aimez le lièvre et les cèpes. Si vous le désirez nous pouvons discuter encore un peu… Enfin si cela ne vous importune pas, sinon je peux sortir et vous laisser en toute intimité.

Après ces paroles, je regarde le ciel étoilé en attendant la réponse de cette femme. Je ne savais pas ce qu’elle me demanderait peut être de partir sur le champ ou de rester près d’elle. En fait je brulais d’envie d’entendre sa voix encore une fois… Une fois encore je sentais mes émotions redevenir instables… A moins que cette fois je savais ce que je voulais, mais qu’en était-il d’Opale ?
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Dim 12 Aoû 2012 - 17:55

Peut-être est-ce la chaleur intense qui m’enveloppe de toute part et accroche des gouttelettes de sueur sur mon front. Peut-être est-ce la douce lumière de cette fin de jour qui fait danser des paillettes dorées entre les arbres. Ou peut-être encore est-ce le chant mélodieux des oiseaux que nous avons si peu entendu au cours des derniers moi. Un mélange de tout cela sans doute. Toujours est-il qu’en cet instant, alors que je me laisse aller contre la pierre humide et étend mes jambes dans l’eau chaude, je repense soudain à Amarÿelle. Je n’ai croisée la jeune musicienne qu’une fois, un peu plus d’un mois auparavant dans le désert du zénith. Pourtant, je suis frappée de voir à quel point elle a marqué mes souvenirs. Les yeux à demi clos, je me rappelle de sa voix et de la délicatesse fougueuse de sa beauté avec une précision qui m’étonne moi-même. Cette rencontre m’a troublée et ravie, alors que je replongeais dans mon enfance en Evanya au fil de nos paroles. Je me demande où elle se trouve à présent. Peut-être s’en est-elle retournée chez elle, ou bien est-elle encore sur les routes pour collecter de nouvelles mélodies. Quoi qu’elle fasse et où qu’elle se trouve, j’espère qu’elle va bien. J’aimerais beaucoup la revoir…

J’interromps mes réflexions en me laissant glisser dans l’eau, m’immergeant complètement. La chaleur de l’eau sur mon visage est presque trop vive mais le contact doux et mouvant de ma chevelure vient vite apaiser ma peau. J’ignore ce qui m’a fait resonger à elle maintenant, ni pourquoi mes sentiments sont de nouveau confus lorsque son visage angélique s’invite dans mes pensées. Mais il est vrai que je suis en train de changer. Je le sens au plus profond de moi. Peu à peu, de plus en plus, de nouvelles émotions naissent et fleurissent en moi. Des sentiments purs et fragiles, des envies à fleur de peau qui se bousculent dans mon cœur comme pour remonter à la surface, depuis que je voyage avec un mercenaire aux cheveux blancs. A bout de souffle, j’émerge de nouveau. Le poids de mes cheveux mouillés se fait aussitôt ressentir sur ma nuque et je dois les soulever un instant pour pouvoir reprendre ma place sur mon trône de pierre. Ionos Selherand… que sais-je de cet homme ? Uniquement ce qu’il a bien voulu me dire et je devine qu’il y a encore beaucoup de choses que j’ignore, cachées sous sa gentillesse. Car même s’il a bon cœur par nature, je vois bien que parfois, sa prévenance est un bouclier dont il use pour s’esquiver, pour que l’on ne puisse pas atteindre ce qui sommeille réellement en lui. Beaucoup d’hommes font de même, même s’il est plus facile de se montrer agressif pour dissuader l’autre. Ionos est plus subtil car il tolère qu’on l’approche, uniquement jusqu’à un certain point. Ceux qui veulent aller au-delà doivent ensuite s’armer de patience.

Je souris pour moi-même. Il y a longtemps que j’ai appris à faire face à ce que je ressens. Quelque soit les émotions qui m’habitent, fussent-elle horriblement douloureuses, je les ai toujours regardées en face quitte à en souffrir plutôt que de les refouler. Aujourd’hui, je reconnais les sentiments qui naissent en moi. Ils pourraient me faire mal, ils pourraient me faire peur car je sais ce qu’ils signifient. Une page de ma vie se tourne pour laisser la place à une autre, complètement vierge. J’ignore ce qui m’attend au bout du chemin si j’obéis à mon cœur. Je fais face à l’inconnu et c’est une chose effrayante par rapport à laquelle, un passé révolu mais familier est beaucoup plus rassurant. Je pourrais fermer les yeux et ne faire aucun pas en avant, rester où je suis même si je sais que plus rien ne m’y attends. Mais je n’en ai pas envie. Je me suis promis autrefois de ne pas vivre recluse dans le passé, alors que je marchais dans une forêt d’arbres morts en portant un petit corps embaumé. Oui, je me le suis juré et j’ai toujours tenu cette promesse. A mon rythme, j’ai avancé et me suis relevée. Et aujourd’hui, si j’ai rencontré Ionos, si de tels sentiments m’habitent à nouveau lorsque je sens sa présence auprès de moi, c’est que je suis prête à tourner la page. Mais si le jeune homme, lui, a encore besoin de temps, alors j’attendrais. J’ai toujours été très patiente.

Un bruit et du mouvement attire soudain mon attention. Devant moi, à travers la brume, je distingue une haute silhouette couronnée de cheveux blancs qui entre à son tour dans l’eau de la source. Mon cœur se met à battre tandis que je le vois s’immerger lui aussi complètement, sans m’avoir vue. Ionos ici, alors même que je pensais à lui. Je souris à nouveau en le voyant réapparaître à la surface. Rien n’arrive par hasard dans ce monde, j’en suis venue à le constater. Bientôt, il décèle également ma présence et sa voix me parvient, gênée de sa méprise. Je ris de son trouble.


« Détends-toi. Tu ne m’as pas fait peur et puis, la brume nous sépare. Maintenant que tu es là, il serait idiot de ressortir si vite. »

En ce qui me concerne, je suis moins pudique que la plupart des femmes. Lorsque l’on passe sa vie à soigner les blessures des autres, on ne se soucie pas de la nudité du patient ou même de la sienne. Je suis déjà venue veiller des malades en pleine nuit uniquement vêtue de ma chemise et je ne parle même pas tous les corps qu’il m’a été donné de voir, ni de leur état. Dans ces conditions, voir par inadvertance celui d’Ionos ne me choquerait pas plus que cela. Je reste néanmoins à distance. J’ai pu remarquer qu’il était un peu timide. Bientôt cependant, il reprend contenance et se remet à me parler. Je souris et m’approche un peu, juste assez pour pouvoir distinguer son visage à travers la brume. L’eau masque le reste de son corps et le mien. J’aime pouvoir le regarder dans les yeux lorsque nous discutons.

« Ce sera un régal comme chaque soir, j’en suis certaine. Mais je pense qu’il serait possible de trouver d’autres sources comme celle-ci, au moins en Thaodia. Après tout, c’est l’activité des montagnes qui réchauffent l’eau et une partie de la chaîne de Dûm appartient aussi à la terre des lycans. Mais c’est vrai qu’il y a de ce fait beaucoup moins de chances pour qu’il y en ait en Oryenna. Ou du moins, depuis le temps que je parcours ce pays, je n’en ai jamais vu une seule… »

De toute façon, j’apprécie autant les bains dans les rivières ou les eaux claires des lacs. Je pousse un soupir de nostalgie. La dernière fois que je suis passée près de Lac de l’Aube, il était complètement gelé. De toute façon, durant cet hiver, il aurait été suicidaire d’aller y plonger. Mais repenser à cette couche de glace scintillante sous la lune me rappelle le lac Miriel d’Evanya. J’aimerais tant y retourner… Depuis la mort de ma fille et celle de son père, je l’ai toujours évité, de peur que cela ne réveille trop de souvenirs. Mais à présent que la chaleur et les beaux jours sont revenus, je voudrais revoir sa surface lisse et étincelante, tel un miroir d’argent tendu à l’azur du ciel. Enfin, ça ne sert à rien de trop y penser. Pour l’instant je suis ici, dans une source chaude en compagnie d’Ionos et c’est déjà bien assez agréable. Je lui souris.

« Excuse-moi. Ca ne m’arrive pas souvent mais je repensais à de vieux souvenirs. Oryenna est comme ma maison et maintenant que l’hiver s’en est allé, j’avais simplement hâte de pouvoir reprendre mes voyages à travers ce pays pour en admirer la beauté. Toi aussi tu dois connaître cela, non ? Un lieu qui t’est tellement cher que, quelque soit le nombre de fois où tu y reviens, il te semble toujours différent et toujours aussi beau… »

J’accompagne mes paroles d’un regard perçant, malgré la douceur de mon sourire. Je n’ai pas l’intention de le brusquer ou de m’immiscer dans sa vie privée mais j’ai envie de connaître Ionos. Même s’il ne me révèle pas grand-chose, même si je me contenterais aussi parfaitement de son silence. Au fond, je sais bien que ce n’est qu’une amorce. Ce que je souhaite, c’est m’ouvrir à lui. Toi, le mercenaire si secret et si généreux qui éveille tant d’émotions en moi… Je voudrais juste que tu me voies, même l’espace d’un instant, avec les mêmes yeux que moi. Pouvoir effleurer du regard, pendant une seconde, le même brasier fragile et douloureux dans tes yeux de pierres précieuses…
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Mar 14 Aoû 2012 - 13:53

Le discours chaleureux de Dame Ischäand, est soutenu par un regard qui me trouble d’avantage. Un regard que j’ai du mal à croiser, je détourne un peu mes yeux pour fixer un point invisible sur l’eau. Je sais à présent que cette humaine m’attire et que je ne peux quasiment plus résister. Elle semble aussi s’intéresser à moi et de plus, j’ai comme l’impression de ne pas lui être indifférent, et je ne dis pas cela juste parce que ses prunelles semblent m’envoyer un beau message d’amour. Une impression… Rien de bien précis c’est vrai… Par politesse et aussi parce que je ressens une envie indescriptible de cesser de me cacher à ses yeux. Je lui affirme donc d’une voix sérieuse :

- Oui un foyer ou je sais qu’on m’attend… Quand je suis devenu mercenaire, je pensais pourvoir tenir sans voir les miens durant trois ans. Mais j’ai surtout connu la solitude et la mélancolie… J’ai hésité à revenir chez moi, parce que je pensais que l’on me chasserait… Mais j’avais tort, je n’avais pas réalisé que tout ce temps ou j’étais parti, eux m’attendaient patiemment. C’est pour ça que plus jamais je ne tournerais le dos à ma famille…

Ce ne sont pas des paroles en l’air, je n’essaye pas non plus de l’attendrir. Pour moi aussi la famille a son importance. Surtout pour un lycan, mais ça je ne peux pas encore le lui révéler. Néanmoins je peux lui parler de cet autre mystère qui m’entoure et qui me hante à nouveau. Ce secret que je partage avec mon Louvoir. Elle doit être la première personne à qui je parle de mon amnésie. Peut-être parce que c’est une guérisseuse et qu’elle connait ce domaine mieux que quiconque ou que j’ai envie de lui en parler… Je lui parle alors d’une voix plus sombre et cette fois j’arrive à confronter son regard devenant pour moi des plus envoutants :

- Vous savez… Si j’ai quitté ma famille, ce n’étais pas pour devenir un mercenaire. Je… comment dire… Je n’ai aucuns souvenirs de mes parents et d’une partie de mon enfance. Quelques fois j’ai l’impression de retrouver une partie de ma mémoire comme s’il s’agissait de la pièce d’un puzzle. Mais à chaque fois je n’avance pas plus… Bien que je sois entouré d’une famille, j’aurais aimé savoir qui étaient ma mère et mon père, ce qu’ils faisaient, s’ils m’aimaient…

Je sens une houle de chagrin qui tente de s’accaparer mon être entier. Je suis un lycanthrope, un loup garou, l’ogre de la lune… Ma famille est ma meute, Rainos mon père adoptif, Ynis mon cousin, Maldrik mon chef…

Mais je ressens toujours ce sentiment de manque… l’absence de mes parents me pèse et plus encore alors que je ne sais pas ce qui nous a séparé avant que je ne devienne un loup. Toutes ces questions sans réponses me rongent un peu l’esprit. Mais je sens en mon intérieur que Dame Ischäand me soutient, elle m’apprécie beaucoup. Et moi aussi, au point que je dois me retenir de m’approcher plus près d’elle et de poser mes lèvres sur les siennes. Je n’avais pas remarqué que son grain de beauté à droite et sous sa lèvre inférieure, accentue sa beauté ébène. Je lui souris timidement, comme pour lui dire de ne pas s’en faire, que malgré tout, je suis là avec elle et en vie.

Des fois il m’arrive de me demander pourquoi ne pas fonder une famille à Nord Bois. Je ferais tout pour être un bon mari et un père aimant. Mais avec ce que j’éprouve pour Amarÿelle et pour Opale, je ne sais plus où j’en suis d’un point de vue sentimentale. Je n’arrive plus à contenir cette fibre qui me guide vers la guérisseuse et qui me fait réaliser mon penchant pour la délicieuse humaine. Je ressens aussi un sentiment d’infamie et de déloyauté envers Amarÿelle Chal’di. Nous avons avoué notre compassion réciproque et pourtant je suis sur le point de la décevoir. Je l’aime énormément, mais pourquoi ne puis plus lutter pour ce que j’éprouve aussi pour Dame Ischäand ?

Mais à présent, une question me brûle les lèvres à mon tour. Les griffures que portent Dame Ischäand sur son dos, je sais qu’elles ont été faites par un lycanthrope. Mais il semble qu’elle n’a pas été mordue et qu’elle fut la compagne de ce loup dont l’odeur est fragile mais encore un peu présente. Ce loup l’avait-il aimé ? Pourquoi n’est pas devenue une louve à ses côtés ? Et s’il n’est plus à ses côtés… Quel est son avis sur les lycanthropes ? Le ton que je prends est de nouveau sérieux et un peu sombre, mais je n’ai nulle intention de blesser Opale dans mon indiscrète interrogation. Je veux juste savoir si j’ai une chance de te rendre heureuse. De te donner un semblant… d’amour…

- Lors de l’affrontement avec cette Ophale enragée. Lorsque vous avez bandé mes plaies. J’ai remarqué que vous aviez quatre cicatrices le long de votre dos. J’ai beaucoup voyagé, et je peux t’affirmer que n’est pas le fait d’une Ophale mais d’un loup. Un loup que les humains abhorrent tant. Certains humains le surnomment le boucher de la lune. Mais je veux savoir qu’elle est ton avis la dessus. Si ma question te gêne, j’en suis navré. Je veux juste te connaitre un peu mieux…

Venais-je de lui avouer implicitement qu’elle me plaisait et que je ne lui suis pas indifférente ? Je ne sais pas. Mais une fois encore je me perds dans le regard sombre et attrayant de l’herboriste à la peau noire comme une nuit sans étoile. Je voudrais tellement te tenir contre moi et sentir ton odeur. Si l’amour à un arôme, alors il doit être fait de plantes. Je ne résisterais plus longtemps face à toi belle humaine, que vas-tu faire de moi ?
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Mer 15 Aoû 2012 - 13:21

J’ai conscience que, malgré sa tournure innocente, ma question est directe et presque intrusive. Ionos a-t-il pu deviner tout ce que mes mots ne disent pas ? C’est en tout cas ce que j’espère lorsque je le vois détourner les yeux un instant, pour reprendre contenance. Je ne peux pas percer ses sentiments à jour de façon certaine mais il est des troubles qui n’échappent pas à un regard entraîné. J’observe mes semblables depuis si longtemps qu’il me semble déceler dans l’attitude d’Ionos ce qui pourrait être une réponse ténue et encore incertaine à ce que j’éprouve. Cependant, je demeure lucide et ne me berce pas en faux espoirs. Une déconvenue ne m’effraie pas plus que cela, je préfèrerai qu’il soit sincère avec moi plutôt que de profiter de ce que je veux lui offrir. Mais un instinct discret me souffle que ses hésitations ont peut-être une autre source qui ne dépend pas de moi. Je me contente donc de contempler son visage alors qu’il répond à ma question, avec une sincérité humble qui laisse pourtant entrevoir toute l’intensité des sentiments qu’il porte aux siens.

Je souris, émue. La famille est quelque chose de précieux. La mienne a beau avoir volé autrefois en éclat, jamais je n’ai cessé de chérir chacun des êtres qui l‘ont composée. Et je suis sincèrement heureuse pour Ionos s’il peut à ce point compter sur la sienne. Pourtant, la suite de ses paroles éveille en moi u écho différent des autres. Il ne se souvient plus de ceux qui l’ont vus naître et grandir. Sans dire un mot, je penche légèrement la tête vers lui pour observer l’ombre de peine et d’angoisse qui effleure ses traits. J’imagine assez aisément ce qu’il doit ressentir. Les hommes attachent toujours énormément d’importance à l’endroit d’où ils viennent et considèrent leurs racines comme le terreau de leur identité. Comme s’il leur était impossible de construire quoi que ce soit sans les fondations de leur vie. Je comprends ce genre de besoin, même si je ne l’ai jamais ressenti moi-même. De toute ma vie je n’ai jamais eu envie de retrouver ceux qui m’avaient mise au monde, cette jeune femme que Fa a trouvée dans la maison du Lac. Je leur suis reconnaissante de m’avoir permis de vivre mais je suppose que s’ils m’ont abandonnée, c’est qu’ils avaient leurs raisons, des raisons sans doute douloureuses. Je ne veux pas rouvrir de vieilles blessures en me mettant à leur recherche et en leur imposant ma présence. Mais le cas d’Ionos est différent. Lui a vécu enfant avec ses véritables parents et même s’il ne s’en souvient plus, je devine dans ses interrogations à quel point cette perte le ronge. A nouveau, un élan de chaleur s’embrase quelque part dans ma poitrine et je pose ma main sur la peau humide, ferme et chaude de son épaule. Un frisson me parcourt, tendrement…


« Il est normal que tu te poses ces questions. Tout le monde veut savoir d’où il vient avant de décider où il va. Mais selon moi, le plus important, c’est l’endroit où tu te trouves à présent. »

Je m’interromps une seconde, cherchant dans les eaux brumeuses un moyen de préciser ma pensée. Comment te dire les choses ? Comment insuffler à mes mots mon désir de t’aider, de te montrer ce que je vois lorsque je te regarde ?

« Je ne prétends pas connaître ce qui t’est arrivé. Mais j’ai vu suffisamment d’amnésique dans ma carrière pour te mettre en garde. La perte de la mémoire est toujours provoquée par un choc violent, qu’il soit physique ou non. Si tu te mets à la recherche des pièces manquantes du puzzle, il y a de grandes chances pour que le résultat soit très douloureux et surtout pour ce que celui que tu es aujourd’hui ne soit plus jamais le même après cette découverte. Je ne peux pas te dire ce qui serait le mieux pour toi, il n’appartient qu’à toi d’en décider. Mais il faut que tu sois bien sûr de ce que tu es prêt à perdre et à gagner avant de te lancer dans une telle entreprise… »

J’appuie mes mots d’un sourire chaleureux. Je ne souhaite pas le dissuader de chercher les fragments de son passé, non. S’il prend cette décision, c’est qu’il en a besoin et que le résultat lui sera utile, d’une façon ou d’une autre. Mais je voudrais juste apporter ma contribution, si modeste soit-elle. Je sais d’expérience que parfois, ce sont de simples paroles qui suffisent à nous changer, à nous rendre plus fort ou bien à nous détruire. Si je parviens à l’aider avec mes maigres moyens, j’en serais heureuse. C’est sans doute ce qui me pousse à ajouter avec une douceur renouvelée, tandis que je serre un peu plus ma main sur son épaule si solide :

« Mais tu sais… je pense que si tu es là, c’est que tes véritables parents t’aimaient. Il est beaucoup plus facile qu’on ne le pense pour une femme de se défaire d’un enfant qu’elle ne souhaite pas. Même s’ils t’ont peut-être abandonné par la suite, si tu es en vie aujourd’hui, c’est au moins que ta mère t’aimait suffisamment pour accepter de te donner le jour. S’il y a un point sur lequel tu peux avoir une certitude, c’est celui-ci. Fais-moi confiance.»

Mes doigts se mettent à trembler légèrement et je retire ma main, sans cesser de lui sourire avec bienveillance, l’émotion faisant briller mon regard. Je peux me tromper bien sûr, mais c’est une chose dont je suis intimement convaincue. J’espère que ces quelques mots suffiront à apaiser son inquiétude si jamais il se met en tête de rechercher ses origines. Mais alors que je commence à me perdre légèrement dans mes pensées, Ionos me pose alors une question à laquelle je ne m’attendais pas, au sujet de mes cicatrices. Je le regarde en haussant les sourcils, surprise. Je ne pensais pas qu’il les avait remarquées. Je les ais depuis tellement longtemps que je n’y prête plus attention. Je souris en entendant les détours lyriques qu’il fait pour ne pas prononcer le mot « lycan ». Maintenant que j’y repense, ce n’est pas la première fois qu’il n’est pas à son aise lorsque nous abordons ce sujet. Alors que ça ne semble avoir aucun rapport, je me souviens soudain de ses bandages complètement défait au lendemain de sa blessure. Ah…

« Tu ne te trompes pas. J’ai approché de très près un lycan autrefois. Je crois qu’il ne m’a jamais considéré autrement que comme sa compagne mais il a préféré m’infliger cette blessure plutôt que de me mordre contre mon gré. Il s’est toujours efforcé de me respecter malgré son tempérament brutal… »

Je remets en place une mèche de mes cheveux. C’est la première fois que je parle autant d’Ishüen à quelqu’un. Jusqu’à présent, personne ne m’avait jamais demandé de précisions au sujet de mes cicatrices et même si je n’en ai pas honte, j’ai préféré garder le souvenir de notre brève histoire uniquement pour moi. Cela me pesait moins ainsi. Peu de gens sont capables de comprendre la véritable teneur de notre relation. Ionos en serait-il capable ? Cette pensée me fait sourire douloureusement. Je n’ai aucun moyen de le savoir. De toute façon, cela ne m’importe guère.

« Le boucher de la lune… Tu prétends vouloir mon avis, Ionos. Je n’en ai pas à te donner. Je te dirai simplement que, si les choses étaient aussi simples que les humains veulent bien les décrire, alors ce serait un homme qui m’aurait offert ce que j’avais de plus cher au monde et un lycan qui me l’aurait enlevé. Pas l’inverse comme cela s’est produit... »

Une tristesse douloureuse m’envahit quelques instants. Oui, j’ai aimé Ishüen. D’un amour sombre qui pesait sur mon cœur et n’avait rien de passionnel mais je l’ai aimé au moins autant que l’enfant que j’ai portée et mise au monde. Ni l’un ni l’autre n’avait quoi que ce soit d’inhumain à mes yeux, bien au contraire. J’aurais voulu que les hommes puissent le comprendre, même si je sais qu’il ne sert à rien de regretter. Je pose à nouveau les yeux sur Ionos et sens mon cœur battre plus fort. Peut-être que j’aime toujours Ishüen, quelque part au fond de moi, mais les sentiments que j’éprouve pour le mercenaire sont différents. Plus forts, plus intenses, plus impérieux, donc plus dangereux aussi forcément. L’amour est une chose dangereuse, pour toutes les certitudes qu’il peut bouleverser, tout ce que nous construisons et qu’il peut détruire en un souffle, en un baiser. Mais c’est le seul danger, la seule force incontrôlable qui a le pouvoir de briser les carcans qui nous emprisonnent lorsqu’on accepte de lui laisser libre cours. La seule chose en ce monde qui peut nous libérer… C’est cette puissance douce et impétueuse qui s’enflamme tendrement en moi alors que je me rapproche encore de Ionos, le visage et le cœur offerts.

« Je veux t’embrasser… »
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Jeu 16 Aoû 2012 - 14:06

Jamais je n’aurais imaginé une telle révélation de la part de Dame Ischaänd. Je me doutais qu’elle avait été la compagne d’un lycan, mais à la façon dont elle en parlait. Jamais je ne me serais douté qu’elle l’aurait autant aimé. Je m’en veux d’avoir éveillé d’aussi douloureux souvenirs. C’était un loup brutal mais elle aimait, qui sait ce qu’elle a partagé avec ce loup. Mais j’en sais assez et je ne tiens pas à mettre mal à l’aise l’humaine ou à l’attrister d’avantage. Alors que je m’apprête à m’excusez de lui avoir tant demandé, elle m’affirme d’une voix sur et sensuelle :

« Je veux t’embrasser… »


Comment ?! Mon cœur se met à tambouriner dans ma poitrine et je manque de boire la tasse suite au tendre souhait d’Opale, je croise son regard si intense que je ne peux que balbutier ces mots :

- Que… euh… tu… C'est-à-dire…

Sans quitter des yeux la belle humaine, je recule lentement pour tenter désespérément d’échapper à son emprise charnelle. Mais je finis acculer contre un rocher et je ne peux que contempler cette guérisseuse qui continue à s’avancer vers moi. Je… Je ne sais pas ce que je dois faire… Est-ce qu’elle désirerait toujours m’embrasser avec la même passion qui brûle dans ses yeux si elle connaissait ma vraie nature ? Si elle savait que j’étais moi aussi un lycan, son désir pour moi serait il aussi puissant ?

Je lui dis d’une voix timide :

- Je… Si… C’est si soudain et inattendu… Je ne sais pas si c’est… Tu sais, si je voulais tant savoir d’où venaient tes cicatrices. Ce n’est pas parce que je hais cette race mais… Comment dire…

J’hésite encore à lui révéler qui je suis vraiment. Et pourtant elle a fait preuve douceur envers moi. Elle m’a montré tant de bienveillance à mon égard. Serait-ce la naissance d’un sentiment tout aussi fort et incontrôlable ? Je pense que je suis prêt à courir le risque, je ne pas être sur qu’elle aura peur de moi mais elle sera que j’ai décidé de me montrer honnête avec elle. Peut être est ce dû à l’envie qu’Opale a de vouloir poser ses lèvres contre les miennes. J’avoue à mon tour la désirer de plus en plus et me mord la lèvre inférieur à l’idée d’effleurer son corps entier.

Je peux sentir son parfum qui excite mes sens et trouble ma raison. Moi aussi j’ai très envie de l’embrasser et pourtant je dois contenir cette fougue romanesque semblable à une passion animal et indomptable qui risque de me consumer si je ne prends pas garde. Mais mon corps entier veut se sentir contre elle et en elle. Ne faire plus qu’un avec elle et sentir ses lèvres me murmurer son désir pour moi. Je prends une grande inspiration avant de finir par lui avouer :

- Opale, lorsque nous nous sommes revus dans ces ruines. Si mes blessures contre cette Ophale ont guéri aussi rapidement, si je connais aussi bien la route vers Nord Bois et que je me montre aussi peut à l’aise lorsque nous parlons des lycans c’est qu’en fait…


Je dois le lui dire. Plus de secret à présent, ouvre toi à elle comme elle l’a fait, qu’ais je à perdre après tout ? Allez ! Je dois le lui avouer, montre lui à ton tour que tu… que tu t’ouvres à elle et que tu la regardes à présent avec cette même envie qui brûle dans ses sombres prunelles.

- Je suis un lycan… Tout comme feu ton compagnon. Au départ je ne savais pas comment aviez vous eu ces cicatrices. Je ne pouvais savoir que tu avais aimé un lycan… Je suis ridicule je sais… Mais j’avais peur que ma nature te gêne… Je suis vraiment désolé de t’avoir menti et m’être montré aussi secret alors que tu... Tu sembles m’apprécier…

Je continue de la contempler, peut être ais je commis une irréparable erreur en lui confessant ma véritable espèce. Ça je n’en suis pas totalement sur à présent. Mais je sais que je partage la même passion que cette intrigante mais ravissante humaine semble me vouer. Mon vœu le plus chère pour cette nuit est de demeurer prés de toi et d’être tien Opale.
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Dim 19 Aoû 2012 - 12:46

Je ne pensais pas que j’en viendrais là si vite. Je pensais nous laisser encore un peu de temps à tous les deux. Le temps d’être sûrs, de le connaître encore un peu mieux, de savourer ce sentiment naissant. Je ne m’attendais pas à ce que parler d’Ishüen précipite autant mes décisions mais au fond, ce n’est probablement pas plus mal. Songer au passé ne peut que nous apporter de la douleur et des regrets parce qui a été ne peut plus jamais être et, que je le veuille ou non, je souffre encore du vide laissé par ceux que j’ai perdu. Mais au moins, les cicatrices lancinantes qui marquent aussi mon cœur me sont utiles aujourd’hui. Ce sont elles qui viennent de me pousser en avant, de m’offrir à Ionos en lui avouant mon désir, même si cela semble l’effrayer un peu. Je le regarde reculer contre le rocher et balbutier sa surprise, le rouge aux joues, comme un jeune garçon. Ca me fait sourire tandis que je m’approche encore un peu. Je ne veux pas le forcer. S’il me repousse pour quelques raisons que ce soit, je reviendrai à ma place sans rien tenter de plus et sans même lui en vouloir. Mais je veux essayer, me montrer honnête avec lui tant que j’en ai l’occasion. Parce que même si je veux croire que je saurai faire face à l’avenir, je suis incapable de dire de quoi demain sera fait, comme tout le monde. A nous qui sommes si fragiles, de petits existences dérisoires, rien ne me dit que je pourrais de nouveau lui avouer ce que je ressens. Le souvenir d’Ishüen et du corps sans vie de Nina me le rappelle : il y a des choses qu’il ne faut pas remettre à plus tard. Des choses qu’il est vital de faire au plus vite si elles nous tiennent réellement à cœur. Dire à Ionos ce que j’éprouve pour lui en fait partie.

Et je vois bien que le jeune homme en a conscience lui aussi. Je vois à son regard un peu affolé, comme s’il cherchait la réponse à une question éprouvante. Ses dernières paroles me prouvent que j’ai vu juste et qu’il se débat une dernière fois avec sa raison avant de m’avouer la vérité –vérité que je connais déjà au fond de moi, sans oser mettre de mots dessus avant qu’il ne le fasse lui-même. Je m’immobilise aussitôt pour le laisser finir, sans le quitter des yeux, l’encourageant du regard. Je sais que c’est dur à dire, à défaut d’être dur à entendre. La vérité ne devrait être qu’une source de joie, mais la plupart des hommes ne la comprennent pas. C’est pourquoi tant d’entre nous préfère se perdre en mensonges plutôt que de l’affronter. Mais finalement, c’est bien la vérité que Ionos me dévoile : il est un lycan. Comme je m’en doutais depuis quelques temps, peut-être même depuis le début lorsque dans cette auberge la flamme sauvage de ses yeux impétueux me rappelait un regard similaire. Je le regarde une seconde sans rien dire, écoutant simplement ses excuses pour m’avoir caché ce secret. Je souris quand j’entends ses phrases maladroitement et sincères, et cet espoir dans sa voix. L’espoir que, peut-être, je l’accepterais tel qu’il est. Mon cœur gonfle dans ma poitrine comme s’il allait remplir tout mon corps, comme si mes émotions allaient me submerger de l’intérieur. Lentement, je viens me placer face à lui, mes cheveux sombres flottant sur l’eau à ma suite. Comment pourrais-je ?

Le jour décline, au milieu des ombres et des vapeurs. Le silence est si palpable que nos regards suffisent pour y tracer des mots.

Je me relève soudain, déployant sous ses yeux mon corps drapé dans mes boucles noires, alourdies par l’eau qui ruisselle sur ma peau dans un chatoiement de sons liquides. Bien que lourd, l’air de la soirée me fait frissonner après la chaleur du bain et je sens les dernières gouttes refroidir alors qu’elles serpentent sur mes courbes jusqu’à rejoindre la surface ondoyante de la source, à mi-cuisses environ. Je regarde Ionos. Cet homme étrange, complexe et généreux qui voudrait protéger le monde et lui-même de ses démons intérieurs sans s’éloigner du droit chemin. Cet homme unique, imparfait et précieux, qui éveille en moi des sentiments si familiers et si nouveaux à la fois. Mais ça, il est inutile que j’essaie de le dire. Il est des émotions à la frontière desquelles les mots s’arrêtent d’eux-mêmes. Des émotions qu’il faut se contenter de laisser être car les décrire ne ferait que les dénaturer.

Après quelques secondes de cette douce éternité, je prends avec tendresse les mains du jeune mercenaire pour le faire se lever à son tour. Il se laisse faire et se retrouve lui aussi debout et nu face à moi. Entremêlant mes doigts dans les siens, je me perds dans ses yeux d’émeraude et de rubis. Ce regard d’homme et de loup à la fois.


« Est-ce que cela à l’air de faire une quelconque différence à mes yeux ? »

Je dépose ces paroles tout contre sa bouche, mes lèvres humides effleurant les siennes à chaque mot. Cette ébauche de baiser suffit déjà à affoler mes sens alors que je raccourcis encore la distance qui nous sépare. Ni ta nature ni la mienne n’ont la moindre importance. Même si c’est avec lui que je veux t’aimer, ce n’est pas à ce corps que vont mes sentiments. Ne t’encombre pas de ce genre de pensées…

A l’instant où je cesse à mon tour de réfléchir, nos lèvres se rejoignent enfin. A l’instant où je goutte enfin à la tendre brûlure de ce premier baiser, chaque parcelle de mon être s’enflamme l’une après l’autre si violemment que j’ai l’impression que quelque chose en moi se met à mourir, avec un cri d’extase.
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Mar 21 Aoû 2012 - 14:10

Le soleil ne s’est pas encore couché. Ses derniers rayons de soleil illumine la peau noire de l’herboriste et lui offre de magnifique reflets. Le soleil ne s’est pas encore couché et je vois à présent Dame Ischaänd devant moi, sa nudité est comme une rose qui renait. Je contemple Opale comme une déesse, et quelques gouttes d’eau ruissellent doucement et lentement sur ce corps de nymphe ébène. Les atours physiques de l’humaine sont semblables à celle d’une divinité que l’on voit sculpté dans les lieux saints. Sa large et magnifique poitrine où pointent de petit tétons semble ne demander qu’à être embrasser et cajoler avec tendresse. Ses jambes sont longues et fines, elles offrent à Opale une attitude à la fois séduisante et calme. Ses cheveux frisées et mouillées se collent autour du cou de l’intrigante herboriste, ses yeux en amandes et ses longs cils noirs me lancent un regard des plus aguichants. Sa fine main saisit la mienne et me redresse à mon tour hors de l’eau, je me retrouve à mon tour nu devant elle.

L’humaine rapproche ses lèvres pulpeuses qui se posent sur les miennes. Je ne veux pas te repousser, mes gestes sont d’abord un peu hésitant, j’ai peur de te faire du mal alors que je sens ton amour et ton désir embraser ma bouche. Ma main droite effleure doucement les contours de ton visage ovale, la chaleur de tes joues. Mes doigts glissent entres les fines boucles humides de tes longs cheveux noirs qui sont comme le feuillage épais d’un arbre et ses fruits sont les baiser que tu m’offres, sucrés et langoureux. Je ne veux plus me défaire de cette charnelle étreinte que tu m’offre en prolongeant cet instant magique. Ma main glisse au niveau de ton cou et t’incite à continuer ces douces embrassades. Mon autre main, glisse le long de tes gracieuses hanches, j’effleure maladroitement ses cicatrices qui semblent t’avoir marquées à jamais. Mais je continue de t’enlacer et je ne veux plus me défaire de toi, mon humaine, toi que je vois à présent comme… ma compagne.

Le soleil ne s’est pas encore couché, Mais ses rayons me permettent de mieux te voire, Opale. Tu ne me crains pas ma nature et tu me désires autant que je te veux en cette sainte nuit. Je ferais en sorte que pour toi comme pour moi, cette nuit soit inoubliable.

Une légère bourrasque fait frissonner ton être entier. Je te prends dans mes bras et te porte. Je sens ta tête se blottir contre mon cou et tu y déposes quelques autres baisers charnels, je sens même ta langue effleurer le lobe de mon oreille. Tout en te tenant ferment contre moi, je sors de la source chaude et nous hisse sur la terre ferme avant de me diriger à pas lents et sûrs, vers la tente du bivouac. Je m’agenouille avant de te poser en douceur sur une peau de bête. Je t’admire, toi la ravissante humaine qui me trouble et contre qui je ne puis plus résister. Ta beauté n’est pas un ensorcellement mais un délicieux enchantement. Mais aucun mot ne suffit à te dire ce que je ressens en ce moment. Je m’approche doucement de ma bien-aimée, au dessus d’elle je recommence à l’embrasser, je sens mon corps bruler d’un désir voluptueux, je ne suis plus insensible à ta grâce, je le ressens physiquement. Mes lèvres se mettent à descendre au niveau de ton cou, de tes épaules… Je découvre ton corps majestueux et l’honore de quelques baisers. Mes lèvres claires contrastent à merveille avec ta belle peau noire.

Mes solides mains s’enlacent contre les tiennes, je les serre doucement, pas trop de peur de les briser. Ma bouche se met à lécher sensuellement ta large poitrine, elle est si chaude. Elle est semblable à deux collines aux extrémités sensibles. Je ne puis résister à l’envie de pourlécher tes tétons en douceur. Mes mouvements sont lents et mes lèvres commencent à les aspirer charnellement. Je sens ma virilité se dresser et frôler les cuisses de mon amante. Mes mains continuent de caresser Dame Ischaänd. Je sens mon appétit érotique pour elle devenir de plus incontrôlable et bestiale, mais je tiendrais bon. J’ai envie d’elle comme un amant pas comme un animal.

Le soleil a commencé à se coucher et ses rayons disparaissent comme des fantômes craintifs. Mais avant que la lune ne se dresse, je serais tiens mon Opale.
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Mer 22 Aoû 2012 - 21:05

Une odeur musquée et forte, adoucie par les effluences minérales de la source. Cuir, sueur, épices et cet entêtant arôme de sous-bois qui supporte toutes les autres nuances. Je ne saurais en reconnaître toutes les subtilités et de toute façon ça n’a aucune espèce d’importance. C’est dans ce parfum masculin et rassurant, celui qui émane de sa peau, m’enveloppe et me possède au rythme de notre baiser, que je me perds avec délice.

Tout en moi vole en éclats. La douce et humide chaleur de nos lèvres qui s’étreignent, les mains d’Ionos qui m’effleurent avec une lente impétuosité me font perdre le souffle. Mon cœur bat si fort et si vite que j’ai l’impression que ses pulsations émanent de mon corps tout entier. Chaque battement résonne intensément avant de venir s’échouer contre ses paumes brûlantes, en réponse à ses caresses. Me serrant contre lui, j’enroule mes bras autour de son cou et frissonne en sentant ses pectoraux se soulever contre ma poitrine. Mes doigts fébriles, galvanisés par ce souffle intense qui s’élance et meurt en même temps que le mien, s’élancent et chutent le long de son dos. J’embrasse de mes paumes sa peau claire, ferme, tendre. Ses muscles durs qui vibrent en roulant, comme pour passer la frontière de nos corps. Le relief sinueux de ses épaules, ses flancs, ses reins. Les ondulations qui le soulèvent et le pressent contre moi s’imprime jusque dans ma chair, alors que je ne cesse de mêler avec fougue mes lèvres aux siennes, dans la lumière déclinante de ce soir.

Alors que rien ne semblait pouvoir troubler l’ardeur de notre douce étreinte, un coup de vent froid me mord l’échine et je tremble, surprise de l’agression. Et aussitôt, les bras d’Ionos se referment autour de mes épaules et de mes hanches, me soulèvent et m’abritent contre la vaste protection de son torse si chaud. Je ne cesse de l’enlacer tandis qu’ils nous ramènent tous deux vers le bivouac, palpitante d’amour en glissant mes baisers dans les contreforts de son cou durci par l’effort. Je ne peux m’arrêter que lorsqu’il me dépose dans les replis de la fourrure comme une offrande et ne me recouvre de son corps. Je sens sur ma gorge son souffle lourd et incandescent, son regard chargé de désir et ses mains bouleversantes de tendresse. Ses lèvres sur ma poitrine…


« Ah… »

Le visage renversé en arrière, la gorge offerte, je frissonne sous les étincelles de volupté qui éblouissent la peau tendue de mes seins à chaque caresse de sa bouche. Des vagues de sensations lumineuses me soulèvent et contractent mes muscles, comme si mon corps s’éveillait douloureusement à des sensations oubliées depuis des années. Comme si je sortais d’une longue torpeur amoureuse. Mais même si je pourrais m’abandonner indéfiniment à un tel plaisir, je ne veux pas être la seule à recevoir.

Toujours parcourue de délicats tremblements, je repousse avec douceur Ionos sur le côté pour me serrer contre lui et parcourir son corps à mon tour. J’effleure son torse et son ventre durs, ses hanches étroites et le haut de ses cuisses puissantes, émue de voir que tant de force peut se muer en une telle tendresse. Peu à peu, j’atteins son entrejambe, la chaleur rude et vibrante qui se dresse là. Je le caresse lentement avec amour, sans cesser de l’embrasser, savourant le contact de ses mains dans mes cheveux et la rondeur lisse de mes épaules. Jamais je n’ai encore fait ce genre de chose mais je n’ai pas peur. Je fais confiance à mon cœur, qui me dicte passionnément ce que je veux faire pour lui rendre le plaisir qu’il m’offre. Ce cœur qui voudrait se fondre en celui du mercenaire.

Sans que je sache trop ce qui m’en a donné l’idée, mes mains laissent bientôt place à mes lèvres. Je découvre la sensation ignescente et douce de sa peau sous ma langue, ce parfum tant aimé qui m’enveloppe à nouveau. Chaque baiser a une saveur nouvelle, me dévoile un peu plus le corps de mon amour et je m’y abandonne avec exaltation. Jusqu’à embrasser le réceptacle de son désir, avec une lente dévotion…
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Jeu 23 Aoû 2012 - 17:58

Je suis cette fois pris sous la torride attention de mon amante. Je laisse le désir passionnel de ma douce humaine embraser mes sens, sa main est chaude et son contact m’est agréable. Quelques frissons parcourent mon être et pourtant je n’ai pas froid. Mes mains musclées se posent délicatement sur le haut de la tête de l’herboriste, lorsque je ressens une puissante vague de chaleur et de sensualité enrober ma virilité érigée, mes doigts plongent dans les cheveux ébène et humides de mon amante. Un peu honteux mais attisé par les massages sensuels de ma belle humaine, je laisse échapper de ma bouche une légère succession de plaintes lui montrant alors l’étendue de son amour sur mon corps.

Oh… oh…


Je me sens si léger et bien, des tremblements me transpercent tout le long du corps comme le carreau d’acier d’une arbalète et mes cris deviennent de faibles clameurs haletantes. Elle a l’odeur des anges et leur douceur, jamais je ne pensais un jour savourer un tel plaisir, surtout lorsque ce dernier a un gout sucré de paradis. Elle est ma nymphe, ma dryade de la passion charnelle. Quand à moi, je suis son adorateur, son compagnon de la lune. En cette sainte nuit, ma bestialité devient affection et mansuétude. Après quelques instants de chaudes étreintes, je me défais tranquillement et presque à contre cœur, des embrassades de mon ange. A mon tour je veux lui procurer quelques frôlements voluptueux sur son merveilleux corps.

Je l’allonge à nouveau sur le dos, je la regarde avec l’envie de plus en plus intense de m’unir avec elle. Mais comme elle, je veux la découvrir encore plus intimement et déguster les saveurs de sa chair foncée. Ma langue se met à parcourir avec légèreté son ventre et ses hanches. Peu à peu, je remonte le long de ses cuisses. Elles sont délicates et douces, une de ses jambes s’enlace autour de mon cou tandis que la paume de ma main gauche cajole avec tendresse les entrejambes d’Opale. Guidé par mon incandescente passion, mon autre main caresse son mollet tandis que mes lèvres effleurent l’extrémité de la féminité de mon humaine aux atours de déesse.

Puis avec lenteur et délicatesse, je me rapproche de son intimité, elle dégage un doux et enivrant parfum. Guidé par un appétit sensuel, il me tarde de gouter son nectar intime. Mes puissantes mains tiennent mon amante à la peau noire puis mes lèvres se mettent à butiner embrasser les portes intimes de son temple de l’amour. Je ferme les yeux, voulant déguster la saveur de ce délectable nectar. Ma langue danse, tournoie et effleure de plus en plus intimement ce corps majestueux dont je ne saurais me défaire. Je suis mené par une soif ardente.

Je continue encore ces accolades lascives jusqu’à ce que je sente les frémissements ainsi que de tendres gémissements de Dame Ischäand parcourir sa personne. Je me redresse un peu, puis je me blottis de nouveau contre Opale et lui offre un autre langoureux baiser. J’ai très peur de lui faire mal et pourtant je la désire si fort.

Je le sais à présent qu’il est plus que trop tard pour faire marche arrière, que je me suis laissé entrainer dans cette tropicale étreinte en connaissances de cause. Pourtant ce n’est pas un sentiment de culpabilité que je ressens. Il se fait de moins en moins flou et il semble vouloir être exprimer et être jailli hors des mes lèvres. Je contemple mon attrayante dulcinée à la peau noire, avant de lui avouer dans un tendre et chaleureux soupir :

Opale… Je… Je vous… Je t’aime…


La nuit débute à peine, cette pure nuit où deux âmes allaient bientôt unir leurs corps pour toujours et à jamais. Je ne pensais pas que je tomberais amoureux une nouvelle fois…
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Ven 24 Aoû 2012 - 0:26

Malgré la fraîcheur des nuits dans les montagnes de Dûm, le bivouac baigne dans une douce chaleur qui enveloppe nos corps et les parsèment d’invisibles gouttelettes, humides et tendres. Je les recueille avec délectation alors que je continue de caresser le corps dur et frissonnant d’Ionos, sans cesser de le savourer. Je ne sais plus trop ce qui m’a poussé à faire ça. Je ne cherche pas outre mesure à le savoir. Je suis simplement heureuse de voir que mon attention lui plaît et je me sens trembler à l’unisson avec lui quand il enfouit ses doigts dans ma chevelure, en un sursaut voluptueux. Une si suave brutalité…

Mais bientôt, il m’interrompt en me repoussant délicatement aux épaules. Je reviens brièvement contre ses lèvres, avide d’en goûter à nouveau la douceur, même si ça ne dure pas. Je ne peux plus me passer du contact de sa bouche, sa peau, son corps entier. Je ne veux pas m’en défaire. En cet instant, ma place est contre toi. Il n’y a nul autre endroit dans ce monde tout entier qui pourrait mieux me convenir qu’entre tes bras. Fermant les yeux pour mieux apprécier les sensations qui jaillissent à fleur de peau chaque fois que ses mains me frôlent, je laisse Ionos m’allonger à nouveau et semer mon corps de baisers. Mon souffle haletant qui ma poitrine au rythme des ondulations de mes hanches, qui se soulèvent vers lui pour mieux épouser ses lèvres. Ses mains puissantes qui me caressent, me tiennent en son pouvoir avec une passion si délicate que je me sens prête à m’enflammer sous ses doigts… mais tout ceci n’est rien face à ce qui arrive ensuite.

Un cri muet franchit ma bouche et me relève à demi lorsque je sens ses langoureux baisers atteindre les recoins les plus intimes de mon entrejambe. Frémissante, je le contemple avec surprise, amour et langueur alors que ses mains ne cessent de me parcourir, éveillant des sensations étincelantes qui décuplent la soudaine chaleur qui m’envahit. Je referme les yeux et un long tremblement me parcourt lorsque je sens sa langue honorer les méandres intérieurs de mon corps. Jamais je n’aurais cru un tel plaisir possible. C’est pourtant le deuxième homme auquel je m’offre mais j’ai presque l’impression de n’avoir connu aucune étreinte avant celle-ci. Un sourd gémissement m’échappe lorsqu’une onde de chaleur plus intense que les autres me balaye toute entière. De délicieux spasmes remontent le long de mon bassin pour arquer mon dos en une gracieuse courbe, soulevant ma poitrine telle une offrande. Une ivresse lascive si grande que je pourrais m’y noyer.

D’ailleurs, je m’alanguis bientôt sur la peau de bête après ces quelques secondes d’extase, soudain faible et comblée comme si les vagues d’une mer houleuse de volupté venait de me rejeter sur le rivage. Ionos revient bientôt auprès de moi pour me recouvrir de sa large silhouette et je respire à pleins poumons le parfum si enivrant de sa peau lorsque sa voix me caresse soudain. Un instant, mon cœur se fige avant de danser quelque part entre mes côtes. Une folle danse qui m’enflamme à chaque battement, m’emplit d’une joie douloureuse et fait luire mes yeux de quelques larmes solitaires. Combien de temps, depuis la dernière fois que l’on m’a dit ces mots ? Je ne sais plus. Une vie, ou deux. J’enfouis mes lèvres contre celle d’Ionos. Je ne peux rien répondre d’autre. Aucune parole ne peut contenir les émotions qui déferlent en moi. Comment pourrais-je te dire ? Comment pourrais-je te dire que je voudrais pouvoir me fondre en toi pour me lover tout contre ton cœur, y vivre et y mourir au même rythme que toi ? Que je pourrais donner tout ce que je possède pour une seule de tes sourires, de tes caresses, de tes baisers ? Je ne sais pas. L’amour que je te porte ne m’inspire aucun mot assez fort pour lui rendre justice, hormis peut-être ceux-ci :


« Je t’aime aussi… »

Et à nouveau, je me perds au creux de son odeur, moulant mon corps contre le sien en l’embrassant fébrilement. Je pensais vouloir prolonger encore ce moment de tendresse mais je m’aperçois que je ne peux plus y tenir. T’avoir si près de moi, même à ce point, ne me suffit plus en cet instant. Je veux t’offrir plus encore. Alors, avec un soupir empli de passion, je nous fais basculer sur le côté, nous enveloppant dans le rideau caressant de ma chevelure. Dans l’obscurité soyeuse de cette nuit, je ne peux que deviner les contours de ton être, là où le peu de lumière accroche encore les reliefs de tes muscles ou l’ardeur brûlante de tes yeux. Mais, dans cette douce pénombre, je te contemple amoureusement de mes mains. Mes paumes font courir leur regard caressant le long de ton large torse, sur tes épaules puissantes, ton ventre dur, ton visage tant aimé. Je te regarde encore, la gorge nouée par l’émotion, avant de me relever légèrement. A genoux au-dessus de toi, mon souffle retenu à la frontière de mes lèvres en attendant l’intense seconde…

« Je t’aime, Ionos… »

Une brève étincelle, si fine et si fiévreuse qu’elle en est presque douloureuse. Ce n’est que le prélude au déferlement soudain de plaisir qui remonte le long de mon corps alors que je te guide en moi. Un cri fervent m’échappe, bref écho de l’éruption qui embrase mon bassin. Frémissante, je cherche tes mains avec fébrilité et les entremêle aux miennes pour ne pas sombrer, pas encore. Je te regarde de nouveau. Que cet instant n’ait pas de fin…
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Ven 24 Aoû 2012 - 13:08

La douce affirmation de mon humaine fait violemment valser mon cœur dans ma poitrine. Il n’est plus question de résister à cette envie complice de fusionner l’un contre et l’autre et faire imploser ce désir devenu un braséro incontrôlable. Avec une sensualité sans pareille, Opale se met au dessus de moi, lorsque ton étau ardent se resserre en moi, je ne peux retenir à mon tour un râle de plaisir. La lune commence à se dresser et je commence tout juste à m’unir avec toi. Tes fines mains viennent s’enlacer contre les miennes, je ne te lâcherais pas, je ne veux pas te perdre. Je commence à soulever mon bassin pour me laisse entrainer dans une danse torride et amoureuse.

Le splendide corps d’ébène d’Opale se déhanche au dessus de moi, avec grâce et volupté. Une de mes mains se pose sur sa hanche, l’autre enrobe l’un de ses seins de ma chaude paume, je veux ressentir sa chaleur et sensualité corporelle encore un peu. Alors que notre sensuelle danse semble durer une agréable éternité, les rayons lunaires de Dame lune éclairent les courbes élégantes de mon humaine. Mon désir semble enflammer tout mon être, mes va et vient en Dame Ischäand se font plus intense et rapides. Mes râlements se font de plus en plus forts et commencent à se joindre aux tendres clameurs aigues de mon amante.

Je me redresse et tiens fermement contre moi, ma compagne de cette nuit bénite. Sans arrêter mes indomptables coups de bassin, j’embrasse passionnément Opale et ne cesse de lui répéter " Je t’aime ..." C’est comme si je ne pouvais plus contenir cette passion incandescente qui nous consumer elle et moi. Dans une ultime étreinte, nos cris fusionnèrent en un glas annonçant la chute de ce ballet d’amour, de sensualité et de complicité. J’avais l’impression de voir des étincelles et de sentir un implacable torrent de chaleur me submerger. Sans lâcher Opale de mes puissants bras, je m’allonge à ses côtés, tente de reprendre mon souffle et échange avec elle un autre baiser. La lune est à présent haute dans le ciel d’encre d’Ephaelya, elle éclaire cette vaste terre ou deux êtres viennent de s’avouer leur amour.

Je reste blottit contre mon herboriste de longues minutes, j’aimerais que ce moment de tendresse et affectueux dure infiniment. Puis un fumet vient appâter mes narines et me rappelle le lapin que j’ai mis à cuire au dessus du feu. Je souris un peu bêtement avant d’affirmer à mon Opale :

- Je crois que le repas est prêt… Reste allongée ma douce, je vais nous apporter ça prés de nous.


Je conclus ma phrase par une brève accolade sur les lèvres pulpeuse de Dame Ischäand. Je me lève rougissant au passage du surnom affectif que j'ai offert à Opale avant de sortir hors du feu la marmite bouillante. A l’aide d’une louche, je pioche quelques morceaux de viandes et de légumes ainsi qu’un peu de bouillon et verse le tout dans un large bol en céramique. Je rapporte également une gourde d’eau, car je me doutais qu’après cet intense effort, Opale serais aussi assoiffée que moi. Je retourne le plus rapidement possible dans le bivouac, donne la gourde à mon humaine, pose le bol prés sur le sol et m’enveloppe sous la peau de mouton à coté de ma belle amante.

C’est alors que timidement je lui affirme :

- Tu… ce que j’ai dis… enfin lorsque j’ai dis que je t’aimais… Je crois, je crois que je le pense vraiment… Est-ce que… Il en est de même pour toi ?

L’heure n’est plus au doute, bien que je me doute de ta réponse, je meurs d’envie de l’entendre. Je remarque aussi que l’odeur de ton ancien compagnon s’en est allé, laissant la place à la mienne. Sans doute est ce un signe, peut être étions nous fait pour être ensemble ? Je ne sais pas si je dois remercier le destin ou Anushka pour m’avoir permis de me noyer sous ton sensuel envoutement et de m’unir avec toi. La lune est belle ce soir, magnifique même. Mais elle ne t’arrive pas à la cheville Opale Ischäand.
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Dim 26 Aoû 2012 - 22:46

Un tel déluge de sensations qu’il est impossible d’y poser un nom. C’est, je crois, ce qui bouillonne en moi alors mes hanches ondulent au rythme des contractions de mes cuisses, au-dessus du bassin d’Ionos. Tout ce qui déferle en moi et tout autour de nous… Nos souffles tourbillonnants s’entremêlent, l’haleine brûlante qui émane de nos corps m’enivrent, les rayons pâles de la lune font luire la sueur nimbant notre peau. Des gémissements m’échappent tandis que j’admire le jeu magnifique des muscles de mon amant, roulant puissamment sous sa peau alors qu’il accompagne chacun de mes mouvements. Sa propre voix, assourdie par le plaisir, me parvient, me grise. Je pose mes mains sur son torse pour garder un appui, ne pas chavirer mais très vite, elles serpentent sur son ventre, ses avant-bras dont je devine sous mes doigts les tressaillements. Lui aussi s’accroche à mon corps dans notre folle danse amoureuse. Malgré l’intensité du moment, je ne peux m’empêcher de lui sourire avec tendresse. Mon tendre lycan…

Mais les vagues de plaisir qu’Ionos fait lever en moi me portent de plus en plus haut. Mes cris s’élèvent au diapason des siens alors que je sens de nouveau sa chaleur contre moi, ses bras qui m’emprisonnent contre sa vaste poitrine. Son souffle électrise ma peau, ses mots d’amour s’échouent l’un après l’autre contre mon oreille et me font perdre la raison, à tel point que je saisis son visage entre mes mains pour capturer passionnément ses lèvres en un baiser fougueux. Juste au moment où le torrent de sensations voluptueuses que ses coups de bassin font déferler dans tout mon corps atteigne un vertigineux point de non-retour. L’un contre l’autre, si près que nos cœurs semblent se répondre dans leur cavalcade, nous nous envolons dans un dédale luminescent de plaisir impétueux. Et ce n’est que de longues secondes plus tard, alors que les frontières de mon corps sont encore engourdies de s’êtres confondues aux siennes, que je reviens dans la moiteur chaleureuse de la tente. Autour de nous ne s’élèvent plus que les craquements lointains du feu et nos souffles entremêlés que nous tentons de retrouver, au seuil des lèvres de l’autre.

Ionos est le premier à reprendre ses esprits. Me maintenant avec une ferme tendresse contre lui, il m’allonge au creux des fourrures et vient me recouvrir de son corps imposant, protecteur. Lentement, il se retire de moi et m’offre un baiser qui me semble d’une incommensurable douceur après l’épuisante intensité que nous venons de partager. Souriant paisiblement, je me blottis au creux de ses bras, mon visage tout contre son torse et son corps qui bat encore si fort, comblée. Je me sens si sereine et si vivement amoureuse à la fois… Je pourrais passer l’éternité à savourer la perfection de ce moment. Même si je sais bien que ce n’est pas possible. Ionos me le rappelle exactement au moment où le savoureux fumet du ragoût de lapin parvient à mes narines. Je ris en entendant sa phrase maladroite, puis me pousse légèrement sur le côté pour lui faire de la place tandis qu’il sorte au dehors de la tente. Je le contemple lorsqu’entre les deux pans de toile, se reflète sur son corps nu la lumière argenté de la lune, faisant scintiller ses cheveux et sculptant les reliefs de son dos. Je lui souris tendrement lorsqu’il revient, pose le bol fumant et s’en désintéresse aussitôt pour revenir auprès de moi. Je l’accueille d’un baiser avant de rire à nouveau lorsque j’entends sa question. Une lueur taquine dans le regard, je lui réponds malicieusement en frottant le bout de mon nez contre le sien :

« Parce que ce sont des mots que tu dis d’habitude sans être sûr de les penser ? Voilà qui n’est pas très courtois. »

Une douce caresse sur sa joue, qui glisse jusque sur son cou et son épaule me suffit ensuite à dissiper la plaisanterie pour lui donner ma réponse :

« Est-ce que je t’ai déjà dit jusqu’ici quelque chose que je ne pensais pas ? Je peux te le redire si tu as peur de l’avoir inventé… »

Quelque secondes de silence, où je me perds corps et âme dans ton regard. Tes yeux sombres en cette nuit, dont je ne distingue les chatoiements sinople et écarlate qu’au gré des éclats de lumière que les flammes veulent bien y jeter. C’est bien dans ton regard que je me suis vue si offerte, si tendre et si fougueuse à la fois. Il n’y a qu’à toi que j’ai dévoilé cette nuit ces facettes de moi-même. Et ce la pour une raison. Une raison si simple et évidente que tu crains même qu’elle soit une illusion. Mais tu n’as pas à avoir peur, tu sais ? Oui, tu sais bien pourquoi…

« Je t’aime, Ionos Selherand. »

Ensuite, nous n’avons plus rien dit, emportés par le baiser brûlant qui a conclu cette innocente question. Je ne sais plus combien de temps a duré cette nouvelle étreinte, mais je crois bien n’avoir pas touché au ragoût ce soir. Nous finissons même par nous endormir ainsi, enfouis l’un contre l’autre dans ce lieu hors du temps pour cette nuit.

Au-dehors, la lune veille.

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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Lun 27 Aoû 2012 - 22:10

Opale m’a un peu taquiné après que je lui ai posé cette question quelque peu absurde je le conçois. Mais il a suffi qu’elle me redise cette simple phrase et qu’elle unisse de nouveau ses lèvres aux miennes pour que je sombre amoureusement en une nouvelle étreinte. Je ferme les yeux et me laisse bercer par sa respiration lente et régulière et son parfum troublant. J’embrasse avec douceur ses lèvres pulpeuses avant de me noyer dans un profond sommeil en compagnie de mon ange, ma déesse, mon Anüshka… Avant de m’endormir pour de bon, je réussis à lui murmurer un doux Je t’aime Opale.

Cette nuit est propice au rêve, je le sais et le sens. Je me retrouve chez moi à Nord Bois et en compagnie d’Opale Ischäand. Nous nous sommes installés dans ma maison et Maldrik nous a marié l’un à l’autre, Rainos a préparé un succulent banquet et beaucoup de lycans se sont invités à cette réception. C’est bon de voir tous ces visages amicaux me souhaiter des vœux de bonheur. Je m’absente un instant pour contempler l’orée du bois qui entoure le village de Nord Bois. L’air est agréable à sentir, je me sens en paix et ne prête plus attention à mon passé maintenant que j’ai touché le bonheur. Je sens une voix féminine me demander :

- Ionos ?

Je réponds avec gentillesse, me doutant qu’il s’agit de Dame Ischäand me demandant de la rejoindre sans tarder :

- Oui Opale, je ne vais plus tarder. Laisse-moi juste profiter de ces quelques instants encore un peu…


La voix me réponds aussitôt, mais avec un ton des plus tristes :

- Ce n’est pas Opale Ionos, c’est moi, Amarÿelle Chal’di.

Mon cœur se raidit dans ma poitrine, je me retourne lentement et reconnait mon elfe poète. Les yeux gorgés de larmes. Elle m’affirme d’une voix teinte de chagrin :

- Pourquoi m’as-tu trahi ainsi ? Pourquoi elle et non moi ? Pourquoi tu ne m’aimes plus ?

La culpabilité et la rage envahisse mon être entier telle une indomptable vague. Je ne peux que hurler mon désespoir en réalisant que je venais tout perdre. Tout s’écroule autour de moi… Je perds tout ce que j’ai de plus chers : Ma meute, Maldrik, Rainos, Opale et Amarÿelle. Je sombre dans les abysses de ma mélancolie…

J’ouvre les yeux rapidement et pousse un cri de surprise. Opale continue de dormir à côté de moi, elle n’a pas remarqué mon réveil quelques peu brutal. Je réalise que je me suis réellement lié à Opale, mon odeur est sur elle et elle aussi m’a laissé son odeur que je porte également. Elle lutte contre celle… d’Amarÿelle. Je ne devais pas être dans tous mes états ! C’est impossible ! C’est surement ce maudit Louvoir qui est en moi qui m’a manipulé de la sorte ! Le maudit ! Je me lève et m’approche de la source d’eau chaude pour me rincer le visage. Quand je regarde mon reflet, celui-ci a deux pupilles rouges. Quand on parle du loup…

Le louvoir me demande d’une voix faussement innocente :

- Bonjour petit loup ! Tu as passé une bonne nuit ? Je me doute que oui… ça doit être aussi le cas de cette humaine, Opale Ischäand. C’est une nuit qu’elle n’oubliera pas de sitôt ! Oh ça non…

Je l’interromps et lui réponds d’un ton menaçant :

- Maudit bâtard ! C’est toi qui es la cause de tout ça ! Tu m’as manipulé comme une vulgaire marionnette et tu m’as forcé à… à… J’aime Amarÿelle et tu as osé ! Que vais-je faire maintenant ? Tout est de ta faute tu entends ! Mais j’imagine que tu dois être fier de toi non ?

A ma plus grande surprise, mon louvoir ne sourit pas. Il semble prendre un air plus sérieux et réfléchit un long instant. Cette réaction de sa part me surprend beaucoup, il me demande alors d’une vois plus sérieuse :

- Tu penses vraiment ce que tu dis ? Lorsque tu as dit à cette humaine que tu l’aimais, le renies tu aussi ?

Cette réaction de sa part me surprend beaucoup, je ne sais pas quoi lui répondre sur le moment. Il m’affirme alors d’une vois plus sérieuse :

- Je n’ai rien fait pour empêche cela c’est vrai. Mais je ne t’ai pas manipulé pour que tu te jettes dans les bras de cette humaine. Son désir pour toi est sincère et il n’a que grandit en ta compagnie. Toi aussi tu la désirais, au plus profond de toi tu la voulais comme compagne. Tu ne peux non plus renier cette nuit où nous nous sommes unis. Maintenant elle ne te quittera plus.

Étonné de son affirmation si sûre, je lui demande intrigué :

- Nous ?

Il me rétorque en reprenant peu à peu cette voix malsaine que je hais tant :

- Tes désirs sont les miens petit loup. Quoi que tu puisses penser on est pareille. Je me demande comment vas-tu gérer cette situation ? Qui vas-tu choisir ? Même moi je ne saurais le dire… J’ai hâte de voir ça…

Mon louvoir disparait à nouveau, me laissant avec mes doutes et mes inquiétudes. J’avais trompé la confiance d’Amarÿelle en me liant charnellement avec cette belle humaine : Opale. Je ne pouvais plus renier le fait que je l’aimais. Oui J’aime Opale et je suis prêt à tout pour veiller sur elle et qu’elle puisse de nouveau sourire. Mais j’aime aussi Amarÿelle et je m’étais promis d’être à ses côtés, je lui avais avoué mon amour et elle aussi. Je retourne lentement au bivouac, Dame Ischäand dort encore, le grand astre de lumière éclaire la clairière de ses rayons qui comme des flèches ardentes qui transpercent le feuillage des arbres. Je pose ma main sur la tête de mon humaine et commence à la caresser avec amour.

Si j’étais un lâche, je prendrais mes affaires et m’enfuirais pour qu’elle ne me retrouve plus jamais. Ainsi je ne ferais du mal à son chétif cœur que sur du court terme. Mais je ne peux pas, je l’aime trop et ne suis pas assez lâche pour l’abandonner à son triste sort. Mais il faut croire que je ne suis pas assez brave pour lui avoue que j’ai quelqu’un d’autre dans mon cœur que je ne peux renier. Opale commence à se réveiller et je souris. Je ne vais pas gâcher son instant de bonheur. J’ai mal de devoir lui cacher la vérité mais je sais qu’elle ne fera que la blesser. Je lui souris alors, cachant mon chagrin sous ce masque mais préservant son bien être de se retrouver près de moi.

Je lui adresse un tendre bonjour avant de poser à nouveau mes lèvres contre les siennes. Je lui propose un petit déjeuner que je prépare, tels deux amants frivoles nous le prenons l’un à côtés de l’autre nus et sous la peau de bête. Nous parlons un peu de choses et d’autre, histoire de mieux nous faire sourire et égayer ce début de journée.

Nous rangeons le campement et nous préparons à l’heure du départ. Nords Bois est à sept jours de marche. Durant ces sept jours, je pourrais profiter d’un bonheur éphémère en compagnie d’Opale, ensuite quand nous arriverons à Nord Bois… Je ne sais pas. Maldrik ne seras sans doute pas content de mon comportement t et Rainos non plus. Tous deux semblaient heureux de me voir gouter aux joies charnelles d’une femme. Je me sens honteux et sale d’avoir ainsi trompé ma douce elfe. Amarÿelle, je t’aime et je m’excuse de mon acte, mais je crois que j’aime aussi Opale. Par les titans que mon cœur me fait mal.

Je prends une profonde inspiration avant de demander à Opale si elle n’a rien oublié à son tour. Elle acquiesce d’un gracieux mouvement de tête et d’un sourire. J’ouvre la marche et nous nous aventurons de nouveau aux travers des sentiers d’Angalia. Soudain, je sens une petite main se serrer contre la mienne, je me retourne et je contemple Opale qui se met à côté de moi. Je lui souris à nouveau, pose un ultime baiser sur ses lèvres avant de lui affirmer avec tendresse :

-Je suis heureux d’être avec toi Opale.

Sans dire un mot de plus, nous continuons de marcher l’un à côté de l’autre. Aussi silencieux que des ombres, unies dans la vapeur d’un amour passionnel.
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MessageSujet: Re: Ombres et Vapeurs [Pv Opale Ischaänd] Deuxième partie... [+18] [Terminé]   Mer 29 Aoû 2012 - 1:50

Un sommeil lourd et sans rêve tel que je n’en ai pas connu depuis longtemps. J’y ai sombré avec délice et béatitude sur les derniers mots d’amour d’Ionos. Mais ce genre de repos est traître. Il semble doux alors qu’il suffit d’un rien pour qu’il se brise et nous laisse épuisés, hébétés. C’est ce qui m’arrive lorsqu’un cri lointain me secoue de ma torpeur. Comme à travers un voile de plomb, il me semble reconnaître la voix de mon amant et l’inquiétude me prend soudain mais je suis encore trop engluée dans le sommeil pour pouvoir le retenir alors qu’il se lève précipitamment. Me redressant avec difficulté sur un coude, je l’écoute s’éloigner et probablement se rincer le visage dans la source chaude. Un cauchemar ? Bientôt, sa voix me parvient, affaiblie par les parois de la tente. Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il dit mais la défiance et l’agressivité de ses mots, si radicalement opposées à sa tendresse d’hier, arrive très clairement jusqu’à moi. Oui, c’est sans doute un cauchemar. Un de ces mauvais rêves perfides qui fait ressurgir les fautes oubliées, les remords et les vieilles amertumes des tréfonds les plus sombres de la mémoire. Ionos avance avec un grand poids sur les épaules mais alors que cela ne m’importait guère jusqu’ici, un sombre pressentiment me prend soudain. Si ses démons viennent le torturer après ce que nous venons de partager, peut-être est-ce parce que…

Je secoue la tête en l’entendant revenir et me recouche, comme si de rien n’était. Il ne sert à rien d’y penser à présent. Ce qui est fait est fait et ne peut plus être autrement. Je ne veux pas qu’il regrette notre nuit ou ne se sente coupable. Alors je ferme les yeux et tente d’oublier ce que j’ai vu. Je me contente de sourire paresseusement lorsqu’il me caresse les cheveux, comme si je sortais lentement du sommeil. J’ouvre les yeux et lui souris en m’étirant longuement comme un chat. J’accueille avec joie son baiser en enroulant mes bras autour de son cou pour le garder encore un peu près de moi. Peut-être, alors que je mêle avec une tendre passion ma langue à la sienne, que je cherche à lui insuffler un peu de moi, de ma force ou de mon amour, pour qu’il ait le courage d’affronter ce contre quoi il se bat.

Son trouble se dissipe peu à peu, même si parfois je surprends encore un peu d’angoisse et de tristesse dans l’éclat de ses yeux vairons. Mais, tout à la découverte de notre nouvel amour, il ne s’en préoccupe jamais bien longtemps. J’avoue que moi aussi je suis très agréablement surprise par cette douce insouciance qui nous habite tout les deux, comme deux adolescents qui batifolent pour la première fois. C’est un peu mon cas puisque je n’ai jamais connu ce genre de chose auparavant. Ishüen n’avait rien de tendre. Je prends plaisir à sentir le corps d’Ionos contre moi alors que nous déjeunons, nu sous les couvertures. Je m’amuse à effleurer sa peau à la moindre occasion, je remets en place quelques mèches de ses cheveux et ris lorsqu’il suit du bout du doigt la ligne de mon épaule. Il me semble que je ne me lasserais jamais de son regard scintillant quand la joie l’illumine. C’est pourquoi je lui souris de tout mon être. Ne crains rien. Prends tout l’amour que je te donne et n’aie pas peur. Quoiqu’il nous arrive, je serais auprès de toi désormais. Aucune des chimères de ton passé, si horrible soit-elle, ne pourra m’éloigner de toi…

Nous levons le camp un peu plus tard dans la matinée, rassemblant toutes nos affaires et dispersant les cendres du feu. Il est temps de continuer notre chemin vers Nord-Bois. Ionos m’a dit que nous en avions encore pour presque un cycle de voyage. Curieusement, un instinct me souffle de profiter de ces jours, comme si le bonheur que nous pourrons goûter durant ce voyage n’avait pas vocation à durer. En mon for intérieur, je me décide à suivre ce pressentiment et à peine avons-nous repris notre marche que je me glisse auprès d’Ionos pour lover ma main dans la sienne, si chaleureuse. Son sourire m’effleure en même temps que son baiser et ses tendres paroles. Je ne lui réponds que d’un regard empli d’amour. Il vaut mieux ne pas mettre de mots sur l’évidence parfois.

La mousse du sentier absorbe le bruit de nos pas, tandis que nous avançons ensemble. Laissons les ombres des cauchemars derrière nous pour le moment. Marchons simplement parmi les arbres et la lueur du jour. La nuit et ses fantômes reviendront bien assez tôt…


[Et voilà pour conclure. Merci pour ce superbe rp ^^]
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