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 Une perle noire nommée Opale (Terminé)

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MessageSujet: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Sam 5 Mai 2012 - 20:39

Le quartier commerçant de la cité d'Aurore. Malgré le froid mordant et les chutes de neige, il n'avait rien perdu de sa vie. Les étales marchandes où les commerçants proposent divers articles de choix : armes d'acier, pieux en if contre les vampires, flèches d'argent contre les lycans, l'arôme exalté des épices et du pain d'Ephaëlya... Bienvenue au cœur même de la cité des hommes me dis je.

Le vent frais transperce mon visage comme de fines aiguilles. Je remonte le col de mon manteau, ignorant au passage les propositions alléchantes de armuriers. C'est alors que l'un d'eux se montre un peu plus insistant et me propose :

- Et vous monsieur! Oui vous au manteau rouge! Vous n'irez pas loin sans ne bonne arme en argent mon ami! Allons approchez!

Je souris au commerçant et refuse poliment son offre d'un signe de la main et continu ma route. Je pense en poussant un rire léger *Si seulement tu savais mon pauvre*. J'avance avec difficulté avec cette bourrasque aride. Je n'ai qu'une envie c'est trouver l'auberge la plus proche et déguster une bonne soupe de volaille.

Après toutes ces péripéties, je me met à mon propre compte, finis les boulots douteux mal payé. Je compte offrir mes services en tant que garde du corps au plus offrant. Ce sera mieux payé, je verrai du pays et ça m'évitera de me mêler des affaires des autres. Et ça me permettra peut être de revoir les miens plus souvent.

Ma rencontre avec Maldrik m'a permit de ne plus culpabiliser sur les choix qui m'ont poussé à m'éloigner de la meute. Elle reste ma famille et ça a suffit à Maldrik, j'ai grande estime pour lui. Et je suis sur que nos chemins se recroiseront, après tout il est mon chef, par les rencontres que j'ai faites j'ai prouvé que la meute de Nord Bois n'est pas constitué de bêtes féroces. Finalement, il n'est pas impossible que je parte retrouver mon passé et que j'aide la meute de Nord Bois en même temps.

Je réfléchirai à tout ceci après un bon bol de potage bien chaud et avec du pain. Je traverse la rue commerçante, cherchant du regard la taverne la plus proche.


Dernière édition par Ionos Selherand le Mer 30 Mai 2012 - 23:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Dim 6 Mai 2012 - 20:47

La Cité de l'Aurore. Malgré les années, le climat et les changements perpétuels de cette ville, elle semble devoir rester toujours la même : animée et vivante, comme du temps où j'y vivais. Je marche tranquillement dans les rues du quartier commerçant, déambulant au gré de mes pas et des souvenirs que j'en ai. La neige ne suffit pas à étouffer le bruit continu des vendeurs à l'étal et des clients, curieux ou méfiants, qui s'y arrêtent. Elle s'est d'ailleurs transformée en une boue pâteuse au milieu des rues, qui salit les chausses et rend le pavé glissant. Cela fait au moins 3 ans que je n'y suis pas revenue. Certains magasins que je connaissais ont laissé la place à d'autres, de nouvelles maisons ont étés construites et d'autres ont disparues. Mais ça ne fait rien. Malgré le froid qui me transit, je suis heureuse de revenir dans cette ville et de la redécouvrir comme à chacun de mes passages. Cependant, le long hiver glacé qui tire fermement Ephaëlya sous sa coupe a laissé ici ses marques, comme partout ailleurs. Où que j'aille, j'entends et je vois les passants tousser, courbés sous de longs manteaux. Mon œil exercé reconnaît plusieurs symptômes de diverses maladies, du rhume à la tuberculose en passant par la bronchite et la grippe. Et lorsque j'aperçois parfois les corps tremblants et pâles à travers des vêtements rapiécés, je me dis que nombreux sont ceux qui ne verront pas le prochain printemps.

Frissonnant moi-même sous ma cape et mon manteau, je remonte mon écharpe sur mon nez pour continuer ma route vers l'Auberge du Sabre Gris où je suis déjà passée longtemps auparavant. Leur ragoût de mouton m'a laissé un très bon souvenir. Elle ne devrait plus être bien loin, si mes souvenirs sont bons. C'est alors que j'aperçois une vieil homme prostré contre un mur, quelques mètres devant moi. Son vieux manteau militaire ne l'enveloppe pas assez pour cacher ses guenilles humides et sales et il tousse en permanence. Le regard vide, fixé sur un vieux chapeau où se battent quelques pièces, c'est à peine s'il essuie de temps en temps le filet de sang qui coule sur son menton et tâche ses vêtements. Il n'est ni le premier ni le dernier que je verrais dans cette ville, ni même dans ce quartier. Ce vieillard n'en a plus pour longtemps. Son grand âge et son état de faiblesse ne lui laissent aucune chance face à la tuberculose qui le ronge. C'est peut-être pourquoi son chapeau est si vide. A quoi sert-il de prolonger les souffrances d'un tel moribond ?
Quand j'arrive à son niveau, je sors quelques pièce de ma poche et m'agenouille pour les déposer dans son chapeau. Puis, je tire de ma ceinture une petite flasque et un gobelet cabossé. J'y verse un peu de liquide sombre aux reflets ambrés et le lui tend. Le vieil homme tourne la tête vers moi et me regarde avec une morne surprise.


"Buvez. C'est du trèfle, c'est amer mais ça vous fortifiera."
"Z'auriez pas un coup d'vin, plutôt ?"
"Non, désolée. Et l'alcool, ça ne réchauffe qu'au début. Après on se refroidit plus vite."

Il grogne encore un peu, puis finit par accepter et avaler quelques gorgées en faisant la grimace. Je souris, récupère mon gobelet et me lève pour continuer mon chemin. Il ne me remercie pas et je ne lui dis rien de plus non plus. J'ai aidé cet homme parce que j'en avais envie, je n'attendais rien en retour. Rangeant mes affaires sous mon manteau, je reprends ma marche vers l'auberge, sans m'apercevoir que j'ai laissé tomber une de mes sacoches dans la neige boueuse.

(Ça contient des herbes séchées, si jamais tu jettes un œil dedans)
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Dim 6 Mai 2012 - 22:46

Alors que je marche dans une neige, plus semblable à de la boue. J'aperçois quelque chose sur le sol, je m'en approche et ramasse une sacoche de cuir. Une des lanières s'est cassée, sans en regarder le contenu, je la met dans mon sac et continu d'avancer. C'est alors que je vois une femme emmitouflée sous un manteau et une cape qui donne une pièce à un pauvre mendiant. Je hausse les épaules, la misère est monnaie courante même à la somptueuse cité d'Aurore. Je m'apprête a continuer, lorsque j'aperçois qu'elle sort de sa ceinture une sorte de flasque et un godet qu'elle tend au mendiant. Elle lui dit:

"Buvez. C'est du trèfle, c'est amer mais ça vous fortifiera."

J'ai l'impression que le vent a stoppé son chant pour laisser sa voix arriver à mes oreilles. Elle est douce comme une cuillère de miel et rassurante comme une mère bienveillante. Le mendiant lui rétorque d'une voix rauque:

"Z'auriez pas un coup d'vin, plutôt ?"

Elle lui rétorque du même ton, sans aucune signe d'agacement dans sa voix:

"Non, désolée. Et l'alcool, ça ne réchauffe qu'au début. Après on se refroidit plus vite."

Cette scène peut sembler pittoresque pour certains ou bien amusante. Mais à cet instant, je fus ému. Les humains, bon nombre d'entre nous les voient comme des êtres égoïstes et hypocrites. Et il est vrai que certains vont se révéler d'implacables opportunistes et des arrogants. Mais à cet instant, je peux voire toute la magnificence du genre humain. C'est pour ça que je ne peux haïr cette race comme grand nombre de mes congénères, elle a beau avoir ses défauts.

C'est aussi un peuple fier, uni et combattant dont le cœur est nourri par l'espoir de meilleurs lendemains, tel un braséro incandescent. La lignée des hommes n'est pas totalement perdue et corrompue en fin de compte. La femme s'éloigne du mendiant. Mais personne ne veut prendre sa place, pourquoi? Ou est le mal à venir en aide à son prochain?

Je m'approche du pauvre misérable. Il sent fort certes, mais le laisser par un tel froid serait criminel. Je m'accroupis et lui demande:

-Vous devriez aller dans un couvent pour mendiants mon pauvre. Vous y serez au chaud

Celui- ci me rétorque d'un ton malade:

-Z'en avez d'bonnes vous! 'vec ce froid j'peux pas marcher... »

Je lui réponds calmement:

-Très bien, dans ce cas je vais vous aider à vous y rendre. 

Surpris il me regarde ébahi et me demande :

-Zêtes sérieux? Vous arriverez à m'supportez?

Je pousse un soupire léger et lui réplique:

-Si je ne vous y amène pas, qui le fera? Allez reposez vous sur moi mon brave.


Ce pauvre vieillard sent fort la crasse, mais ce n'est pas une raison suffisante pour laisser un vieil homme par ce froid. Je ne mets pas longtemps pour trouver un couvent pour les opprimés, celui ci ce nomme L'Aurore pour tous. Ce nom est fort joli pour une noble cause pour aider son prochain. Le bâtiment est abimé, mais au moins ce vieux bougre aura un toit sur la tête. Arrivé au pas de la porte je lui dis:

-Te voilà arriver à présent...

A ma grande surprise, le vieillard ne retient plus son émotion et tombe dans mes bras. Une larme perle de son œil droit. Il m'affirme d'un ton ému:

-Merci... T'es un bon gars... vraiment

Je lui tapote l'épaule et lui souhaite bon courage pour plus tard. Je me dis qu'au moins, malgré le peu de temps qu'il lui reste à vivre. Il le passera au chaud. Je quitte mon homme et me dirige vers une taverne, elle porte l'enseigne du sabre gris. Je pousse la porte de bois, il y a foule, grandes nombres de personnes s'abreuvant d'alcool fort pour se donner chaud, fumant leur pipes à tabac ou dégustant une côte de porc rôti. L'ambiance est enjouée, mais il sera difficile pour moi de trouver une table où m'installer.

Je traverse la pièce et par chance, m'installe sur la dernière table libre au fond de la pièce non loin de la cheminée où trône le trophée d'une tête de sanglier. Le tenancier s'approche vers moi et me demande de bonne humeur:

-Bonjour à vous l'ami! Quel froid ma parole, que désirez vous pour vous réchauffez?

Je lui répond d'un ton chaleureux:

-Ce sera une soupe de volaille et du pain je vous prie

Il s'éloigne et retourne derrière son bar. En attendant, je pose mon sac à côté de moi et me frotte les mains un peu engourdis par le froid. Pourvu que le potage ne tarde pas!



Dernière édition par Ionos Selherand le Ven 11 Mai 2012 - 23:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Mer 9 Mai 2012 - 21:59

Alors que je reprends mon chemin en regardant distraitement le petit nuage blanc de mon souffle, j'entends à nouveau la voir du vieillard derrière moi, qui répond à une autre, grave et masculine. Sans cesser de marcher, je jette un œil par-dessus mon épaule. Un homme de haute taille vêtu d'un long manteau rouge aisément remarquable est en train de l'aider à se relever, avec des gestes sûrs mais plein de précaution. Je ne distingue pas son visage mais ses cheveux, aussi blancs que les premières neiges, se détachent nettement sur le ciel gris emplis de flocons. Leurs subtils reflets d'argent me rappellent ceux qui paraient le lac de l'Aube sous la lueur de la pleine lune, durant cette nuit pas si lointaine où j'ai fait d'étranges rencontres. Un sourire naît sur mon visage alors que je me détourne pour continuer ma route. Je pourrais me méfier mais le respect dans les gestes de cette homme me disent qu'il ne fera aucun mal à ce vieillard et je suis toujours heureuse de voir mes semblables s'entraider. Malgré le froid piquant qui me perce la peau, aujourd'hui est une belle journée.

Quelques minutes plus tard, je pousse avec soulagement la porte de Sabre Gris et frissonne presque en sentant la chaleur étouffante de l'intérieur réveiller mes nerfs et me picoter le visage. Je m'empresse de refermer la porte et dénoue enfin mon écharpe, laissant libre mes cheveux. L'aubergiste me salue avec bonhomie alors qu'il remplis à ras bord trois chopes de bières dorée et mousseuse :


"Bienvenue, jeune damoiselle ! Décidément, vous n'êtes pas la seule à venir vous mettre à l'abri. Vous prendrez bien quelque chose pour laisser le froid dehors ?"
"Avec plaisir. Une assiette de ragoût de mouton avec un verre de grog. Pas trop chargé, s'il vous plaît."
"Comme vous voudrez ! Installez-vous, je vous apporte ça dans deux minutes."

Je le remercie d'un signe de tête et d'un sourire avant de quitter l'entrée pour gagner la salle, bondée. Une insistance odeur de nourriture, d'alcool et de graisse chaude imprègne la pièce, concurrencée par celle du feu qui danse dans la cheminée. Peu de gens font attention à moi mais je ne m'en soucie guère. Le bruit des conversation suffit à me tenir compagnie. Par miracle, je trouve une table encore libre, non loin de l'âtre. La chaleur est plus intense ici et me fait retirer ma cape, puis mon manteau. Alors que je m'apprête à attendre patiemment, la porte s'ouvre à nouveau et je vois avec surprise l'homme au manteau rouge de tout à l'heure entrer dans l'auberge. Il balaye un moment la pièce du regard puis passe sa commande à l'aubergiste avant de chercher une table libre. J'observe son visage aux traits francs et réguliers et m'attarde sur ses prunelles dépareillées, qui luisent toutes deux du même éclat de volonté farouche. Un nouveau sourire éclaire mon visage. Je ne crois pas me tromper quand je décèle dans son regard l'acuité aigüe du chasseur. Au bout d'un moment, il s'assoit à une table du côté des fenêtre et pose ses affaires en attendant sa commande. C'est à cet instant que nos regards se croisent mais je ne cesse pas de sourire. Je suis curieuse de nature. J'aime connaître les êtres qui partagent ce monde avec moi et je n'ai pas de scrupule à me montrer amicale envers un guerrier plein d'assurance qui vient en aide à plus faible que lui.

[Edit : et encore pardon pour ma maladresse. Je ferai plus attention ><]
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Jeu 10 Mai 2012 - 21:43

Je n'avais jamais vu des yeux comme les siens. Je reconnais la femme qui aida ce malheureux vieillard grâce à sa chevelure ébène et bouclée. J'ai l'impression d'être hypnotisé par son regard si profond. Ses longs cils noirs qui descendent doucement sur yeux avec douceur. J'attarde mes yeux sur sa peau brune, mais à la lumière du feu elle semble ambrée. Et les bijoux qu'elle porte bouge avec douceur au rythme de sa respiration. Le sourire qu'elle m'adresse de sa bouche métissée est des plus chaleureux.

Au fil de mes rencontres, j'ai appris à m'ouvrir un peu plus aux gens qui ont croisé ma route. J'adresse à mon tour un sourire à cette chaleureuse femme. C'est alors que je constate autour de moi que la pièce est bondée de gens. Aucun ne semble prêter attention à elle, j'en croise certain qui la regarde d'un mauvais œil. Surtout à la table à ma gauche, ceux qui l'occupent ont une chaise de vide, mais ont posé une sacoche dessus. Je me dis à moi-même avant de pousser un soupir d'agacement: *Pfff! Ces humains, se montrer si fermé d'esprit. Décidément ils ne me surprendront plus, ils peuvent se montrer d'une réelle bêtise parfois!

Je la regarde à nouveau, puis remarque qu'il y a assez de place sur ma table pour deux personnes. Je me dis qu'après tout je ne risque rien à rencontrer et discuter avec cette ravissante dame. Je ne lui parlerais pas de ma nature lycanthrope mais tout comme Cerrarë, Amarÿelle ou Maldrik. Tous m'ont apporté quelque chose, et je suis sûr qu'ils ne souhaitent pas me voir partager un repas en solitaire. Et qui sait, ma route et celle de cette femme pourraient se recroiser. Je me lève et me dirige vers mes voisins de gauche, d'un geste sûre je penche la chaise occupée par le sac et le fait tomber sur le sol. Je me retire, la chaise en main jusqu'à ce que j'entends un de ces malandrins me narguer:

-Hé toi! Ramène cette chaise ou je... ou sinon je te ...

D'un geste plus brusque je pose la chaise violemment sur le sol, ce qui l'interrompe aussi sec. Je me retourne et plonge mes yeux dans les siens, mon regard et sans haine ou colère. Mais le ton de ma voix est autoritaire et fort:

-Sinon quoi? Je t'en prie je suis tout ouïe.

Je ne tiens pas à déclencher une bagarre, mais je montre clairement à cet individu qu'il risquerait inutilement son dentier en se frottant à moi. Finalement il se rassoit et se contente de grommeler un juron ou deux. Je reprends la chaise et la pose à ma table. Je retourne m'assoir et regarde la femme à la peau mate. Elle ne semble pas trop loin de moi, j'espère qu'elle ne prend pas mal le risque futile que je pris pour lui permettre de se joindre à ma table. Mon ton redevient amical et lui est adressé:

-Je vous en prie mademoiselle, si vous le désirez, vous pouvez vous joindre à ma table.
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Ven 11 Mai 2012 - 22:49

Je ne me suis jamais occupée de ce que les autres pensaient de moi. Si je l'avais fait, j'aurais sans doute été très malheureuse. Il y a longtemps déjà que ce que l'on dit dans mon dos ne m'atteint plus guère et que je sais apprécier le bonheur lorsqu'il se présente. C'est pourquoi la réaction des deux hommes à mon approche ne m'a pas empêché de savourer la chaleur et le réconfort de la pièce et que voir l'homme au manteau rouge me rendre mon sourire me fait chaud au coeur. C'est une simple question de hiérarchie. Même après s'être assis, il continue de me regarder et je ne baisse pas les yeux, patiente. Je ne décèle aucune animosité dans son regard, je n'ai aucune raison de me détourner. J'aime contempler mes semblables.

Après quelques instants, l'inconnu semble prendre une décision. Il se lève et vient ostensiblement récupérer la chaise que les deux autres clients m'ont hypocritement refusée, au grand dam de l'un d'eux. D'un geste brusque et d'un regard, l'homme aux cheveux blancs fait aussitôt comprendre que c'est lui qui se trouve en position de force et qu'il n'a pas l'intention de négocier. Son vis-à-vis se rassoit, prudent malgré sa honte d'avoir perdu la face. Les autres clients attendent un peu avant de se détendre, mais l'esclandre n'aura pas lieu. L'ambiance retrouve très vite sa joyeuse animation. Quand à moi, j'ai observé la scène sans mot dire et je ne quitte pas des yeux l'inconnu qui s'est de nouveau retourné vers moi. Il n'y a aucun jugement dans mon regard. Même si je n'aime pas la violence, il est libre de faire comme bon lui semble et je n'ai pas de leçon à lui donner. Je suis juste... pensive. Cette façon de faire me rappelle quelque chose.

Je retrouve le sourire à son invitation. Je m'y attendais. En quelques secondes, je rassemble mes affaires et quitte ma table pour m'installer à la sienne. La serveuse arrive à ce moment avec un plateau chargé.


"C'est gentil à vous de m'éviter des déplacements mais heureusement que j'ai eu l'oeil. Mangez tant que c'est chaud !"

Je la remercie chaleureusement et trempe avec plaisir mes lèvres dans mon verre de grog avant de me tourner vers mon interlocuteur. Ses yeux sont étonnants, c'est vrai. Mais plus que les couleurs insolites de ses prunelles, c'est l'empreinte de leur regard qui m'interpelle. Perçant, vif mais calme pourtant, volontaire et sauvage comme... je ne saurais dire. Seulement que j'ai déjà eu cette impression. Je dégage d'une main les boucles qui chatouillent mon cou et prends la parole :

"Je te trouve bien téméraire. Même si ton invitation me fait plaisir, les hommes à accepter une parfaite inconnue à leur table sont rares ces temps-ci. Tu sembles être bien généreux, non ?"

Un regard appuyé accompagne ma phrase. J'ignore s'il m'a reconnue, peut-être n'a-t-il pas fait attention à moi dans la rue. Mais s'il a encore en tête le vieillard de tout à l'heure, il comprendra...
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Sam 12 Mai 2012 - 0:12

Légèrement surpris par les chaleureuses paroles de cette femme, je pousse un rire léger à ma nouvelle invitée. Je soutiens le regard qu'elle me porte et lui réplique toujours sur un ton des plus poli :

- Je ne sais pas si on peut vraiment parler de générosité. Pour dire vrai, je me suis dit qu'après que ce nécessiteux ait reçu un minimum de soins, il ne pouvait dormir dehors par un tel froid.

Je souris à mon invitée avec complicité et la trouve des plus agréable. Bien que sa façon de me regarder est assez particulière. Non loin de là qu'elle m'importune, mais elle me déstabilise un peu. Je dois avouer que lorsque je l'ai entendu dans cette rue, sa voix dégageait une telle bonté. Lorsque cette femme me parle soutenu par un regard attrayant. J'essaye d'échapper à son regard en fermant les yeux un bref instant et de lui déclarer:

- De plus, je trouve cela assez affligeant un tel manque de solidarité en ces temps glacés. Et ce quel que soit le motif.

Je prends un risque en lui parlant ainsi, néanmoins je ne cherche pas à la blesser par ces mots, je veux juste lui montrer que je ne suis pas indifférent au monde qui m'entoure et en particulier celui des humains. Je sais ô combien ils peuvent être dénué de bon sens envers leurs semblables, mais je ne veux pas entretenir le braséro de haine qui consume grands nombres d'entre eux. Si je veux venir à présent en aide à ma meute de la meilleure façon, je dois me montrer plus emphatique que jamais envers la race des hommes.

Mais je préfère me montrer discret sur ma nature lycanthropique. Il est inutile de le crier sur tous les toits et de me fier à une inconnue. Altruiste et des plus charmante certes, mais je ne peux certifier qu'elle n'a pas d'à priori sur ma race. Je reprends la conversation et tout en lui souriant, lui parle d'une voix douce et posée:

- Pour ma part, je m'estime heureux de partager ma table avec vous. J'espère que c'est réciproque et que je ne vous ai pas froissé par mes paroles maladroites.

C'est alors, que la même jouvencelle qui apporta quelques minutes plus tôt la boisson à mon invitée, nous apportent nos plats et s'exclame avec entrain :

- Alors le ragout de mouton est pour Mademoiselle, et la soupe de volaille avec une miche de pain en prime est pour Monsieur! Je vous souhaite un bon appétit!

Je remercie notre serveuse en lui adressant un sourire qu'elle interprète différemment je crois. Elle rougit tout en me souriant avant de retourner au bar. Je soupire un peu amusé en pensant :*Décidément Maldrik a raison sur un point. Mon regard plait aux femmes! Je prends délicatement le plat où flottent plusieurs morceaux de légumes et de viandes blanches, trempe la cuillère mais avant d'apporter le couvert à mes lèvres. Je décide de couper la miche de pain en deux et de la partager avec cette femme. Je la lui tends et lui affirme:

- Je ne vais pas manger une si grosse miche de pain à moi tout seul non? Je vous en prie, au fait je ne me suis pas présenté. Je me nomme Ionos Selherand, me permettrez-vous de savoir votre nom, mademoiselle?

Je remarque avant qu'elle ne me réponde qu'une odeur de plantes émane de mon sac, cela vient-il de la sacoche que j’ai ramassé tout à l'heure?



Dernière édition par Ionos Selherand le Lun 14 Mai 2012 - 11:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Dim 13 Mai 2012 - 22:30

Mon sourire ne quitte pas mes lèvres. J'aime l'entendre rire. J'ai toujours aimé voir de la joie chez les autres et le rire de cet homme est des plus sincères, des plus agréables. Ses paroles me prouvent qu'il m'a reconnue. Tant mieux, je préfère ne pas parler à mots couverts lorsque je peux l'éviter. Je l'écoute avec attention. Mon geste envers cet homme semble l'avoir touché alors qu'il est pour moi des plus normal mais comme il le dit si bien lui-même, en ces temps durs et incertains, les gens ont tendance à devenir plus égoïstes. Il en est souvent ainsi lorsqu'ils craignent pour leur avenir. Chacun préfère ne s'occuper que de sa propre survie, de peur de manquer le lendemain. L'homme en face de moi juge cette attitude impardonnable. Moi, même si je ne l'approuve pas, je préfère ne pas la condamner non plus.

"Chacun a ses raisons qu'il ne m'appartient pas de juger. Mais toi, tu n'as pas lieu de t'affliger puisque tu t'es montré bon envers cet homme. Et la bonté rend heureux, c'est ce que je crois."

Ce n'est pas la première fois que je dis ma façon de voir le monde. Plus d'une fois on ne m'a pas comprise, plus d'une fois on m'a rit au nez en me servant des tas de contre exemples cyniques et cruels. Dans ces cas-là, je me contentais de sourire sans rien dire. Mais avec cet inconnu au regard si clair et si profond, mon sourire est différent. Je sais que je n’essuierai aucune moquerie, aucun mépris. L’authenticité que je perçois dans son regard, sa voix, son attitude, me le disent. Qu'il soit d'accord ou non, il me le fera savoir sans hypocrisie aucune. J'ignore sur quoi je base cette affirmation, si ce n'est sur le fait que j'ai déjà eu affaire à une nature de ce genre. Je n'arrive pas encore à me rappeler exactement les circonstances mais de toute manière ce n'est pas important.

"Je suis contente, moi aussi, de partager ce repas avec toi. J'ai l'habitude de voyager seule alors quand j'ai l'occasion de ne plus l'être, c'est toujours agréable."

La serveuse revient à ce moment avec nos plats. Je redécouvre l'odeur alléchante du ragoût de mouton avec un plaisir non dissimulé. C'est mon premier vrai repas depuis plusieurs jours et je suis bien décidée à le savourer. L'homme accueille lui aussi son plat avec joie et remercie la jeune demoiselle avec un regard et un sourire chaleureux. Le rougissement de celle-ci ne m'échappe pas mais, si je me permets un sourire, je ne fais aucun commentaire. Je ne déteste pas surprendre ce genre de flirt. Par contre, je ne m'attendais pas à ce qu'il partage son pain avec moi. Je le remercie avec sincérité :

"Ne te justifie pas, Ionos, ton geste me fais plus plaisir que le pain. Je m'appelle Opale Ischäand mais Opale suffit amplement. Et tu n'es pas obligé de me vouvoyer non plus."

Il m'arrive d'utiliser de cette forme de politesse avec certaines personnes, dans certaines situations mais en cet instant, je considère que nous sommes sur un pied d'égalité. Je ne veux pas mettre un distance inutile avec quelqu'un que je connais à peine, c'est déjà bien suffisant. Alors que je porte à ma bouche la première cuillerée de ragoût, je remarque du coin de l'oeil le fourreau au côté du jeune homme. Je m'y attarde un peu tout en laissant la riche saveur révéler tous ses arômes. Je crois qu'il s'agit d'une épée, plutôt de belle facture. Laissant libre court à ma curiosité, je demande :

"Tu es un combattant ? C'est bien une épée que tu portes, non ? Vu l'usure du fourreau, ce n'est pas une arme décorative..."
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Lun 14 Mai 2012 - 12:17

Mes yeux se posent sur mon épée bâtarde de longue date, Lupe. Celle qui avait était ma compagne fidèle pendant si longtemps, j'aurais pu me passer de lui donner un nom, mais mon instinct lycan s'est aisément lié avec ma lame d'acier que son nom m'est venu presque naturellement. J'ignore le nombre de fois où elle a ôté la vie de mes adversaires, que ce soit pour défendre ma vie ou pour l’argent. Parfois j'ai l'impression que Lupe possède le pouvoir du loup en elle, rusée et féroce. J'affirme à Opale:

- Ce n'est pas une arme décorative en effet. Bien que je suis loin d'être le meilleur bretteur d'Ephaëlya, j'ai appris à manier l'épée avec plaisir pour défendre ma vie. Et sentir son...pouvoir. Je sais que ça semble ridicule, pardonnez-moi.

Elle s'appelle Opale Ischaänd, voilà un nom peu commun. C'est amusant, son nom sonne comme cette pierre précieuse blanche. Il lui sied bien je trouve. Car son aura est pur est noble, blanche comme une lumière perçant les ténèbres de la nuit, comme la bonté qui siège en son cœur. Je pense que Maldrik la verrait également comme une personne de bien. Je déguste ma soupe et affirme à ma bienfaitrice invitée Ischaänd :

- Je te souhaite un bon appétit Opale, avec un peu de retard certes. Mais mieux vaut tard qu jamais!

Je pousse un léger rire et savoure mon velouté. Il y avait longtemps que je n'avais pas de nouveau partagé un repas avec quelqu'un. Je repense avec nostalgie à Amarÿelle, je dois avouer que bien que nous ne soyons pas amants, elle me manque un peu. Néanmoins je me demande pourquoi parler avec Opale me fait sentir si... non ce n'est rien finalement. Après deux bouchées de ma soupe, je demande à Opale:

- Ainsi donc tu voyages en Ephaëlya n'est-ce pas? Il se trouve que moi-même je parcours un peu cette vaste terre. Dis-moi, je peux t'avouer quelque chose?

J'attends qu'elle pose de nouveau son regard de jais sur mon être. Je me sens légèrement frissonner alors que je la connais à peine, j'ignore vraiment pourquoi je suis dans un tel état et j'avoue que ça m'irrite un peu. Je me racle un peu la gorge et ferme les yeux pour mieux soutenir son regard. Puis je lui dis révèle:

- Je pense que pour visiter Ephaëlya dans le moindre de ses recoins, admirer son environnement et ses habitants. Tu n'auras jamais assez d'une vie entière car ce monde est si vaste. Néanmoins j'espère que ton voyage se passera bien et te le souhaite ardemment Opale.

Comme je n'ai pas encore de travail et que je compte faire de la protection, je me dis que ça pourrait être l'occasion de mieux connaître cette femme. Mais je n'en ferais rien, sur certains points elle me ressemble, de plus c'est une solitaire. Et il n'est pas dans mes habitudes de m'imposer dans le quotidien des gens. Je me contenterais d'espérer que son périple se passe pour le mieux et que nos routes se croisent à nouveau. Je sens alors de nouveau des arômes de plantes s'échapper de mon sac. Je me penche vers mon sac et l'ouvre, les émanations de plantes proviennent bien de la sacoche que j'ai trouvé. Je sors cette dernière de mon sac et la pose à côté de mon bol et demande à Opale :

-Est ce que tu t'y connais en plantes? J'ai trouvé cette sacoche abandonnée sur la route enneigée et je ne m'y connais pas beaucoup en plantes.

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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Mar 15 Mai 2012 - 14:39

J'observe et j'écoute Ionos tandis qu'il me parle de son épée. Le pouvoir de tuer... ce n'est pas la première fois que j'en entends parler, tous les guerriers connaissent plus ou moins cela. Pour moi qui voue ma vie à prolonger celle des autres, ce n'est pas une chose que je suis en mesure de comprendre. Le petit couteau à manche de corne que je porte à la ceinture n'est pas une arme, mais un outil. Même pour me protéger, je ne m'en suis jamais servi pour autre chose que cueillir des plantes et préparer mes repas. En général, je m'arrange pour voyager avec les caravanes de marchands mais lorsque ce n'est pas le cas, je ne réchappe des mauvaises rencontres que grâce à la chance, pas toujours sans mal, d'ailleurs.

"Je ne trouve pas cela ridicule, tu n'es pas le seul à ressentir ce dont tu parles. Je ne suis pas en mesure de le comprendre mais puisque c'est avec plaisir que tu portes ton arme, c'est que tu dois avoir de bonnes raisons. Mais... être capable de mettre fin à la vie d'un autre, ça doit être une lourde responsabilité, non ?"

Je ne juge pas la façon de vivre de ce jeune homme. Après tout, il est maître de ses choix et puisque chacun d'eux est semé d'embûches, je ne crois pas qu'il y ait des bons ou de mauvais chemins. Je sais que je suis imprudente et qu'il y a de fortes chances pour que mon respect de la vie me coûte la mienne un jour. Mais cela, je suis prête à l'accepter, tout comme j'accepte qu'Ionos ait choisi de brandir le glaive et de goûter à l'étrange sensation que doit procurer la mise à mort d'un adversaire. Et ce n'est pas parce que nos opinions divergent sur ce point que je prends mois de plaisir à partager mon repas avec lui. Au contraire, il est toujours intéressant d'échanger avec quelqu'un qui n'a pas le même point de vue. Pour peu que l'on soit suffisamment ouvert, ça permet d'élargir le champs des possibles. Je réponds d'un sourire et d'un signe de tête au "Bon appétit" de Ionos et continue de déguster mon ragoût. Dans la taverne, une pléiade d'odeurs et de bruits viennent se mêler à ceux de notre repas et de notre conversation. Les rires et les chopes de bière fusent et s'entrechoquent, les serveuses virevoltent entre les tables mais malgré tout cette agitation, je savoure mon plat avec calme. J'aime beaucoup observer tranquillement le joyeux chaos dans lequel je vis. Ionos attire de nouveau mon attention en reprenant la parole. Tiens, lui aussi est un voyageur. Voilà qui nous fait un point commun. Je me demande aussitôt où il est allé et ce qu'il a vu. Son opinion sur l'immensité du monde me fait sourire et je me penche vers lui pour lui rendre sa confidence :

"Je ne pense pas non plus que je pourrai tout connaître de ce monde durant ma courte vie. Mais plus que ce qui me reste à découvrir, c'est ce que je vois et apprend chaque jour qui me suffit pour apprécier mes voyages. Le reste ne compte pas vraiment à mes yeux."

Ni ce que j'ai fait hier, ni ce que je ferai demain. Pour l'instant, je partage mon repas avec un presque parfait inconnu, agréable, généreux et mystérieux. Je ne vois pas de quoi je pourrai avoir besoin de plus. Quoique... j'avoue que j'aimerais bien savoir d'où me vient cette impression de déjà vu alors que je sais parfaitement que c'est la première fois que nous nous voyons. Plus j'y songe et plus je me dis que j'ai déjà connu ce genre de tempérament, cette énergie calme, cette ardente maîtrise de soi, cette autorité assurée... Ah, ça ne me revient pas. De toute façon, Ionos interrompt une fois de plus mes réflexions en me posant une question. Et je le vois avec surprise poser devant moi une des sacoches où je range mes plantes médicinales. Sans même avoir besoin de l'ouvrir, je reconnais ce qu'elle contient au nœud que j'ai fait et à la cordelette que j'ai utilisé. Les feuilles et les racines séchées sont très difficiles à identifier autrement. Je lui réponds avec un sourire malicieux :

"C'est de la belladone. Les feuilles et les racines très efficaces pour détendre les muscles et calmer les crises d'asthme mais les baies sont très toxiques, surtout pour les jeunes enfants. Le meilleur et le pire à la fois, comme pour les êtres humains. Je le sais parce que je suis guérisseuse itinérante et que cette sacoche est la mienne. Je ne m'étais pas aperçue que je l'avais perdue, je te remercie."

Mes remerciements sont sincères. En cette saison, j'aurais du mal à refaire mon stock. Je récupère la sacoche et la range avec les autres, en faisant attention à l'attacher solidement. Puis, je bois un peu de mon grog en observant pensivement le jeune homme. Cela fait déjà deux fois qu'il me vient en aide, consciemment ou non. Je me demande bien pourquoi. Qu'est-ce qui l'a poussé à ramasser ce sac ? Je l'ignore. Je ne peux que lui en être reconnaissante.

"Et toi, pourquoi voyages-tu ? Si tu arbores cette épée de façon aussi visible, c'est que ton quotidien doit être dangereux, je me trompe ?"
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Mar 15 Mai 2012 - 20:58

Je crains d'avoir un peu trop attisé la curiosité d'Opale, sans doute à cause de mon « lyrisme » sur Lupe. Bien que ce soit une belle arme, elle m'a juste servi à me défendre ou remplir certains contrats. Mais je n'ai jamais ressenti le moindre plaisir en ôtant la vie, et ce quelle que soit l'opposant en face de moi. Je préfère la rassurer sur les raisons qui me poussent à garder Lupe à portée de main, mais sans pour autant l'effrayer.

- Tu dois le savoir, mais on fait parfois de singulières rencontres lors de nos périples. Comme je voyage beaucoup il m'arrive parfois que je doive faire face à des personnes bien attentionnées et des fois non.

Je prends une profonde respiration et prépare chaque mot que je lui dirais. J'ignore pourquoi, mais je me sentirais mal si elle pense à mal de moi.

Je pense que je ne devrais pas lui parler de mon travail, faucher la vie en échange d'or. Même si j'ai rechigné à accepter certains contrats, il n'en demeure pas moins que par le passé j'ai tué pour gagner ma croute. Aprés ma rencontre avec Cerrarë, Amarÿelle ou encore Maldrik mon récent chef, j'ai un peu changé je dois le reconnaître. Je recherche toujours un peu des parsèmes de mon passé, mais sans délaisser la meute de Nord Bois cette fois. Mais au fond de mon être. Je sais que je n'hésiterais à brandir Lupe pour ma meute ou trouver qui je suis. Je reprends mes esprits et continu d'un ton calme:

- Néanmoins, je préfère rencontrer des personnes comme vous. Qui ne cherchent qu'à discuter et partager un peu de leur vie. Tu sais, par nature je suis assez méfiant et ne pensais qu'à ma pomme il y a quelques temps. J'avais même laissé ma famille de côté. Puis j'ai rencontré des gens amicaux durant mon périple. Peu à peu je me suis ouvert, j'en avais oublié ce que ça faisait de parler avec quelqu'un autour d'un repas. Maintenant j'ai décider de voyager à mon gré et en donnant des nouvelles aux miens.

Mon cœur se serre d'émotion quand je repense à ma rencontre avec Maldrik ou il me choisit pour le seconder. Mais bientôt je retournerais auprès des miens, de ma famille, de Rainos... Si je m'étais obstiné à rester seul dans cette voie, je serais devenu un loup errant. Je retiens un sanglot en imaginant la tête que ferait Maldrik Frodeew s'il me voyait, puis je souris tendrement à Opale Ischaänd et lui affirme:

- Je veux rester en vie pour revoir les miens, c'est aussi simple que ça. Je me suis dit que comme j'aime voyager, je pourrais proposer mes services pour escorter des personnes en Ephaëlya. Mais pour le moment j'aimerais continuer à parler avectoi et je m'excuse si je t'effraye un peu.


C'est ridicule, mais comme pour mes précédentes rencontres. Je me sens assez anxieux de l'image qu'Opale a de moi. Que voie-t-elle en moi à travers ses sombres yeux? Malgré le brouhaha de la foule, je ne cesse d'être toute ouïe aux moindres paroles de cette ravissante femme.
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Jeu 17 Mai 2012 - 16:28

Les raisons qu'a Ionos de manier son arme sont simples en définitive. Il me les explique en détail au cours du repas et je l'écoute patiemment.

"Des bonnes et des mauvaises rencontres, oui c'est vrai."

Je le sais moi aussi. Heureusement pour moi, je n'en ai pas fait de trop mauvaises lorsque je voyageais en solitaire mais je sais pertinemment que je risque ma vie dans chaque cas. Pour moi, ça n'a pas d'importance. La mort viendra de toute façon, tant que je peux savourer chaque instant de ma vie jusqu'au dernier, peu m'importe le lieu, la date et la manière dont elle m'emportera. Ionos, lui, est différent. Il entend protéger sa vie, décider ou non dans une certaine mesure, si le moment est venu ou pas de mourir. C'est à ça que lui sert son épée, pas à autre chose. Je hoche la tête. Il est libre, après tout.

Je souris en l'entendant me raconter une partie de sa vie passée. C'est vrai que parfois, une simple rencontre issue du hasard peut changer une vie entière. Cela aussi je le sais. Je suis heureuse pour Ionos si ça lui a permis de s'ouvrir aux gens car j'ai toujours pensé que nous avions tout à apprendre d'autrui, en bien ou en mal. Moi aussi, même si je reste seule la plupart du temps, je ne refuse jamais la chaleur de quelques paroles et d'un bon repas. Ses dernières paroles me font rire.

"Ai-je l'air d'être effrayée ? Tu n'as pas à te justifier ou à t'excuser, Ionos. Tu as ta façon de vivre et j'ai la mienne, c'est aussi simple que ça. S'il y a des personnes auxquelles tu tiens, tu as raison de défendre ta vie pour les revoir. Je n'ai pas pour habitude de juger ceux que je croise, ne t'en fais pas ..."

Je termine mon assiette et coupe un bout du pain qu'il m'a donné pour essuyer le fond. Il a vraiment l'air heureux d'avoir pu renouer avec les siens, c'est une bonne chose. Ça me fait sourire. Je relève les yeux vers lui pour le regarder avec douceur.

"C'est important de prendre soin de ceux que l'on aime. Moi, je ne vois pas la nécessité de protéger ma vie au détriment d'une autre parce que je ne vis plus que pour moi-même. Si j'avais encore une famille comme toi, je ne tiendrai peut-être pas le même discours."

Rien de plus. Aucun ressentiment ou regret dans mes paroles. Je n'ai pas dit cela pour que l'on me plaigne ou pour le faire culpabiliser. D'ailleurs, je ne ressens pas de peine à l'évocation de ma solitude. Après tout, je rencontre toujours des gens et j'apprends d'eux tous à chaque fois. Je ne demande rien de plus, à part pouvoir exercer mon métier.

"Escorte ? Pour un combattant expérimenté, je pense que ça peut être une belle opportunité. Moi, je me contente d'aller où mes pas me mènent. Pour le moment, je suis en route vers le désert du Zénith. Je veux y passer pou rejoindre les terres d'Angaila. Y as-tu déjà été ?"

Quelques renseignements et conseils pour mon voyage sont toujours bons à prendre, même si je sais qu'une fois sur place, j'agirais sans doute au gré de mes intuitions.
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Jeu 17 Mai 2012 - 23:59

- Le désert du Zénith dis-tu ?

Je réfléchis un bref instant. En 3 ans de voyage, mes pas ne m'y ont jamais conduit. Tout ce que je connais de cet endroit, ce sont des rumeurs. C'est une région aride épargné de l'hiver incessant et que l'on y trouve difficilement à manger et à boire. Même pour quelqu'un habitué à voyager, c'est une région peu recommandable. Mais une conversation récente que j'ai entendue avec un commerçant d'épices, m'a dit que le désert du Zénith est aussi peuplé de campements propices au commerce.

Je devrais la mettre en garde. Mais en y réfléchissant bien, vu que Maldrik Frodeew mon chef tient à ce que je le seconde dans sa tâche : reconstruire la Meute de Nord Bois. Ce serait une occasion de commercer la bas. Je dis à Opale d'un ton amical:

- Je suis navré Opale, je n'y ai jamais mis les pieds. Néanmoins je peux t'affirmer que c'est une région où on y commerce. Mais tu auras du mal à trouver des plantes, la végétation y pousse difficilement. Je ne peux que te conseiller de prévoir de bonnes réserves d'eau et te souhaiter bon courage pour ton périple.

Je sauce à mon tour le fond de son assiette avec la mie de mon bout de pain. En regardant par la fenêtre, je remarque que la nuit est tombée. Je dormirais dans cette taverne dans ce cas. Mais je ressens quelque chose d'assez étrange, je me sens ennuyé que notre conversation doit prendre bientôt fin. Je me sens exactement comme mors de cette rencontre avec Amarÿelle Chal'di. Je hoche légèrement la tête, je suis assez confus par ce que je ressens pour elle. Je l'ai revu depuis peu et... mais que m'arrive-t-il par les titans?

Je pose mes yeux sur Opale, elle aussi m'intrigue également. Je ne la connais que depuis peu et pourtant. Pourquoi me sens je aussi à l’aise à parler avec elle ? Pourquoi son regard me perturbe t-il? Notre rencontre et discussion est ressemble en tout point à celle avec Amarÿelle. Oh je ne peux la bannir de mon esprit elle aussi. Mais je dois chasser cette sensation que j'éprouve et qui commence à torturer mon âme. Pour espérer entendre de nouveau la voix d'Opale je lui dis:

- Si tu le permets, je vais te raconter un mythe que j'ai ouïe dire sur le désert du Zénith. Sais-tu qu'on raconte qu'une créature gigantesque vivrait dans le désert du Zénith? Ce ne surement qu'une légende, maison prétend que le Général Sëleucos Critias lui-même l'aurait traqué avec ses hommes. Fort heureusement, on dit qu'elle a disparu.

Je ne compte pas l'effrayer, mais j'ai envie de parler de chose et d'autre avec elle. Que les marcheurs me foudroient, pourquoi son sourire me déstabilise autant?

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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Dim 20 Mai 2012 - 23:40

Je souris en entendant les paroles d'Ionos. Sa sollicitude à mon égard me touche beaucoup. Nous nous sommes rencontrés à peine une heure auparavant et pourtant il chercher à m'aider du mieux qu'il le peut, en me donnant des conseils et en témoignant de ses propres voyages. Sa façon de s'inquiéter pour moi allume une lueur de tendresse dans mon regard tandis que je l'écoute. C'est vrai qu'il semble intimidant au premier abord mais malgré le peu de temps que nous nous connaissons, je ressens toute la bonté dont il est profondément emprunt.

"Je sais que peu de plantes poussent dans le désert en lui-même mais j'avais l'espoir que les abords profitent un peu de sa chaleur et que certaines herbes ait pu en profiter. Mais les cactus sont très indiqués aussi pour les problèmes de peau et leur jus est très riche en eau. Merci de tes conseils, en tout cas."

J'aime notre discussion. Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'Ionos soit aussi volubile mais ce n'est pas désagréable. Sa voix grave et chaude est douce à écouter et les histoires qu'il raconte me plaisent beaucoup. Repoussant mon assiette vide, je me cale un peu plus à mon aise sur ma chaise et prête une oreille attentive à ses paroles, la légende qu'il me raconte. Une créature gigantesque, traquée et disparue aujourd'hui. La lueur d'enthousiasme que je lis dans son regard me fait sourire.

"Peut-être un titan, qui sait ? Peut-être n'ont-ils pas tous étés décimés..."

J'ai toujours aimé les contes et les légendes. Quand j'étais petite et que Fa m'enseignait son art, il ne manquait jamais de me dire quelle superstition était attachée à telle ou telle plante. Ces histoires me passionnaient. Celle d'Ionos n'en est que plus plaisante.

"Merci pour cette légende, Ionos. J'aimerais en connaître quelques unes de ce genre moi aussi mais ce n'est malheureusement pas le cas. A part peut-être celle-ci. Connais-tu les gardiennes ? Ce sont des fleurs jaunes couvertes d'un pollen très léger et très beau que l'on trouve dans les clairières, en forêts. Les promeneurs qui les touchent ou les respirent perdent le chemin. On dit que les elfes les cultivaient pour protéger leurs sanctuaires à une époque."

Bien sûr, ce n'est qu'une des propriétés temporaires du pollen. En général, un peu d'exercice suffit à dissiper l'intoxication. Je l'explique également à Ionos, au cas où il en croiserait un jour. J'aime beaucoup parler de mon métier. Ça ne passion pas grand monde en général mais je sens que je peux parler avec lui sans problème.

"Cela te servira peut-être, je l'espère, au cours de tes voyages. A propos, tu voyages beaucoup mais as-tu également un foyer où rentrer ? D'où viens-tu ?"
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Lun 21 Mai 2012 - 18:03

J’écoute avec attention et attendrissement le conte de Dame Ischäand. J’ai beau ne croire qu’à moitié au destin ou à la bonne étoile, je les remercie de m’avoir permis de croiser la route avec cette ravissante femme. Parler avec elle me semble si naturel, je ne m’étais jamais senti aussi libéré de tous préjugés ou de vis-à-vis envers ma personne. Mais cela le resterait-il toujours ainsi ? Si elle savait ma nature animale qui réside en moi, continuerait elle de parler avec moi sans brandir une arme d’argent ? Je prie pour qu’elle ne veuille en savoir plus à mon sujet. Que les choses restent comme elles sont. Hélas elle me demande de sa douce voix angélique :

"Cela te servira peut-être, je l'espère, au cours de tes voyages. A propos, tu voyages beaucoup mais as-tu également un foyer où rentrer ? D'où viens-tu ?"

Il y a bien longtemps que je n’avais pas entendu cette question. Là d’où je viens c’est de Nord Bois, mais là où je vais serait une question plus approprié. Bien que discuter avec Opale soit des plus agréable, je ne la fais pas suffisamment confiance pour lui révéler ma nature lycanthrope. Par chance pour moi, mon nouveau rang de second de la meute de Nord Bois n’est pas encore officiel et n’est pas encore parcouru jusqu’aux oreilles des hommes de la cité d’Aurore.

Je préfère me montrer prudent, quitte à mentir légèrement. Mais je culpabilise de cacher mes origines de la sorte, surtout alors que cette femme me semble emplit de bonté et de générosité sans pareille. Malgré mon rang hiérarchique et ce qu’il signifie, je ne peux pas prendre le risque de finir empaler sur des lances d’argent. Je réponds avec douceur à mon interlocutrice :

- J’ai un chez moi en effet. Mais je n’y rentre pas beaucoup, j’ai des obligations et quelque chose de précieux à trouver.

Je la regarde toujours, bien qu’hypnotisé par ses yeux sombres je reste lucide et ne compte lui donner aucuns indices concernant mes origines. Je continus du même ton :

- C’est d’ailleurs une chance pour moi de n’avoir aucune épouse et enfants attendant patiemment mon retour. C’est un monde dangereux que celui d’Ephaëlya, je ne veux pas qu’on s’inquiète de trop pour moi.

C’est alors que je repense à Amarÿelle Cha’ldi, l’elfe qui me sauva de la mort et qui partagea un moment de tendresse, de complicité et d’amour envers moi. Qui suis-je vraiment pour elle ? Qu’est-elle pour moi ? Il est trop tôt pour en conclure quoi que ce soit. J’avale le dernier morceau de mie emplit de jus de volaille et le déguste. Nous n’avions pas fait attention lors de notre discussion, que la taverne est à présent à moitié vide, beaucoup de clients sont retournés chez eux et les autres jouent aux cartes, discutent ou bien savourent leur herbes à pipe aux senteurs prononcées. JE pense que je dormirais ici pour la nuit.

Même si je dois l’avouer au plus profond de moi je désire encore parler avec Opale. Mais Morphée ne tardera pas à nous ensorcelée et à guider nos pas vers un sommeil mérité.
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Jeu 24 Mai 2012 - 22:45

Peu à peu, autour de nous, l'ambiance retombe tranquillement. Les discussions se calment, les gens rentrent chez eux ou montent dans leur chambre, un demi silence reposant s'installe autour de nous. Doucement mais sûrement, je sens le sommeil m'envelopper comme un voile de coton chaleureux. J'écoute malgré tout les réponses de Ionos à mes questions. Sa voix grave me bercerait presque mais j'entends parfaitement ses mots. Des obligations, des choses à faire... je ne connais pas ce genre de choses mais je sais que beaucoup de gens en ont. Je ne le connais pas depuis longtemps mais son aura, quoique mystérieuse, me semble assez claire : Ionos est quelqu'un de droit et de responsable sous ses dehors un peu rudes. Avec sa bonté en plus, il est sans doute normal qu'on lui ait confié des responsabilités chez les siens. C'est sûrement quelqu'un de confiance.

Un homme de confiance, oui, mais qui n'accorde pas la sienne pour autant. Ses dernières phrases me le disent. Je pose aussitôt mon regard sur lui. Si sa vie est dangereuse, je comprends qu'il ne préfère pas s'engager auprès de quelqu'un mais s'il n'était question que de cela, aurais-je aussi cette impression qu'il ne me dit pas tout ? Je n'en sais rien. De toute façon, ce n'est pas parce qu'Ionos préfère me cacher des choses que cela diminue le plaisir que j'ai à être en sa compagnie. C'est la liberté de chacun que de vouloir garder certaines choses pour soi.


"Dès que l'on décide de ne plus être seul, il y a toujours un danger à fréquenter les autres. Mais je fais partie des gens qui pensent que le jeu en vaut largement la chandelle. J'ai beaucoup aimé ma famille autrefois."

J'ai toujours considéré que Fa et Nina formaient une seule et même famille autour de moi, même s'il ne se sont jamais vu. Cela peut sembler étrange mais les choses sont ainsi. Mes yeux papillonnent. Le sommeil commence à m'engourdir, il faut que je songe à aller me coucher si je ne veux pas manquer de respect à Ionos en étant trop fatiguée pour l'écouter convenablement. Je pose une main sur son avant bras pour le saluer.

"J'aurais aimé profité de ta compagnie plus longtemps mais la fatigue du voyage commence à se faire lourde. Mais je te remercie de m'avoir acceptée à ta table. J'ai passé une excellente soirée en ta compagnie. Bonne nuit à toi, Ionos."

Je me lève et après un dernier sourire chaleureux, je me dirige vers le comptoir pour demander une chambre. Il en reste quelques unes. Dès que j'ai payé ce que je dois, je monte les marches, en regardant une dernière fois Ionos, dont les cheveux blancs scintillent de l'éclat des braises du foyer. Un homme mystérieux mais sympathique. Je suis contente de l'avoir rencontré. Je gagne ma chambre, me déshabille en ne conservant que ma chemise, me rince le visage dans le baquet, puis me glisse entre les draps. Comme je le pensais, je glisse rapidement dans un sommeil calme.
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Ven 25 Mai 2012 - 1:41

Ça m’a fait du bien de parler avec Opale. C’est une femme de bien, curieuse mais de bien. Elle dégage une aura des plus chaudes et affectueuse, je ne sais pas pourquoi elle me rappelle un peu Amarÿelle, c’est peut-être dans sa façon de me parler, je n’en suis pas moi-même sur. Mais à son contact, j’ai remarqué qu’elle semble aussi être un peu mélancolique, à moins que je ne me fasse des idées... Je l’ai senti quand elle m’a posé sa main sur mon épaule, son geste était amical et sincère. Pour un peu je me sentirais presque déstabilisé.

Moi aussi le sommeil commence à me gagner, mais ça s’annonce en séries de migraines. C’est donc à contre cœur que je prends une chambre pour dormir, je vais de nouveau faire ce cauchemar avec mon autre moi. Je crains de ce qu’il me réserve encore.
Je me réveille dans la forêt du Crépuscule, le temps est doux et les arbres ont encore leurs feuillages de printemps. Le soleil est dissimulé par quelques nuages fins. On doit approcher de la fin du printemps. Cette fois je me sens comme guider par un vent léger et capricieux. C’est comme si je ne contrôler pas mes mouvements. Mes pas me guident au cœur de la forêt, je peux sentir une odeur de fumée m’envahir les narines. C’est alors que je sens l’aura meurtrière et bestial de cette autre moi qui me dit d’un ton mielleux :

- Bonsoir à toi ! Ça fait un petit moment non ?

Je lui réponds d’un ton impassible :

- Que me réserves-tu cette fois ? Et pour la dernière fois qui es-tu ?

Cette autre moi me tapote la tête et me rétorque de sa voix :

- Je suis toi, je te l’ai déjà dit non ou tu le fais exprès ? Mais trêve de bavardages veux tu? Pour cette fois, je me sens d’humeur généreuse et te fais ce cadeau… Pour une fois je me contenterais d’être des plus silencieux…

Je lui réplique d’un ton ironique :

- Trop aimable à toi…

Je l’ignore et me sens transporté vers un bivouac ou une femme tourne une broche. Elle a de longs cheveux blancs, quelques mèches se posent sur son visage de plus harmonieux. L’aura qu’elle dégage me semble si généreuse et si chaude, je n’ai jamais ressenti cela auparavant. C’est alors que j’entends les pleurs d’un bébé, elle lâche un court instant sa broche et va récupérer l’enfant. Je n’arrive pas à m’approcher de plus prés. Elle prend le nourrisson dans les bras et lui murmure :

- Chuuuuut… là je suis là…Maman est là…

Elle s’assoit sur le tronc d’un arbre et continu de bercer son enfant, elle le tient comme si c’était la prunelle de ses yeux. Elle lui chante une douce berceuse de sa voix cristalline :

Doucement, doucement
Doucement s'en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours
La rainette dit
Sa chanson de nuit
Et le lièvre fuit
Sans un bruit
Doucement, doucement
Doucement s'en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours
Dans le creux des nids
Les oiseaux blottis
Se sont endormis
Bonne nuit


Je me sens raidir quand la jeune femme finit cette chanson dont je connais l’air. Mais qui est-elle bon sang ?! Pourquoi est-ce que je me sens aussi… C’est alors que je sens le rêve se dissoudre comme une flamme embrasant une feuille de papier. C’est alors qu’elle dit à son enfant :

- Il est passé ce gros chagrin mon petit amour ? La, ne pleure plus Ionos.

Mon cœur semble s’arrêter et je me sens comme pétrifier face à cette révélation. Je tends la main aussi lourde et impuissante qu’un zombie et prononce un faible :

- M…mère ?

Je me réveille dans la chambre de la taverne, seul et des larmes coulant le long de mes joues. Pourquoi ai-je aussi mal…

Une bonne toilette à l’eau froide me réveille et me met les idées en place. Ma mère est une humaine, c’est idiot et irrationnel, mais c’est la seul piste que j’ai. Hélas je n’ai pas même un nom. Mais c’est mieux que rien. Je m’habille et descend les marches de la taverne avec lenteur. Je n’ai pas trop d’appétit et me sens sont engourdis tout comme mes muscles. Je commande un bol de café pour me réveiller et essaye de penser à autre chose. Je noie ma mélancolie et mon chagrin du mieux que je le peux, mais ce n’est pas aisé.

Je reprends peu à peu mes esprits, je paye l’addition et sors de la taverne. Le froid m’aide à me réveiller, je me frotte les mains et respire un peu le grand air frisquet de la cité d’Aurore. Je n’ai pas de grands projets pour aujourd’hui à part rester en vie peut être.


Dernière édition par Ionos Selherand le Lun 28 Mai 2012 - 0:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Dim 27 Mai 2012 - 23:55

Pour la première fois depuis longtemps cette nuit, je rêve d'Ishüen. Un rêve très étrange...

Je suis une petite fille et il me tient dans ses bras. Il ne dit pas un mot mais me regarde intensément, comme s'il surveillait à chacune de mes respirations que je me porte bien. Ses bras musclés et ses mains calleuses me maintiennent contre lui avec beaucoup de douceur. Je ne me rappelle pas qu'il ait jamais fait preuve d'autant de tendresse envers moi. Au bout d'un moment, il finit par me reposer, se lève et s'éloigne sans un mot de plus. Alors que je le regarde partir, je vois avec surprise une seconde petite fille le rejoindre et lui prendre la main pour s'en aller avec lui. Une fillette aux cheveux bouclés, de la même couleur que les siens. Lorsqu'elle se retourne pour me sourire, je me réveille.

Le jour est levé, sa lumière pâle et froide pénètre timidement à travers la fenêtre de la chambre, accompagnée du chant cristallin des oiseaux. Immobile entre les draps du lit, je contemple fixement le plafond, encore engourdie. Quel songe mystérieux... Lorsque le sommeil m'a définitivement quittée, je prends mon temps pour me lever, m'habillant et me lavant avec beaucoup de soin. L'eau du baquet est fraîche mais elle réveille ma peau encore tiède de la moiteur du lit. Ravigotée par cette petite toilette, je peigne soigneusement mes cheveux et les enduit d'une touche d'huile d'argan avant de quitter la chambre avec mes affaires. Il est encore tôt, la grand' salle de l'auberge est encore quasiment vide. Je commande un petit déjeuner en payant d'avance, puis m'installe au comptoir pour l'avaler, songeuse.

Il y a longtemps que je n'ai pas rêvé de ma fille. Les jours suivant l'accident, je faisais régulièrement d'éprouvants cauchemars mais ils se sont peu à peu espacés une fois que j'ai confié son corps à celui qui a été mon compagnon. En trois ans, même si cela peut sembler horrible à dire pour une mère, j'ai appris à accepter sa mort, à admettre qu'elle ne serait plus jamais auprès de moi telle que je l'ai mise au monde, mais qu'elle continuait à vivre quelque part, ailleurs. Même si elle me manque, je me suis remise de sa tragique disparition. C'est pourquoi ce rêve où elle me quitte à nouveau, en paix aux côté de son père, me laisse perplexe. S'agit-il d'un signe ? Je ne peux le dire. J'y réfléchirai plus tard.

Alors que je termine la petite soupe claire et la miche de pain que l'on m'a servies, mon regard se porte distraitement vers l'extérieur... et se voit aussitôt attiré par une vive couleur rouge, derrière la vitre. En y faisant un peu plus attention, je reconnais les cheveux de neige et le cuir du manteau de Ionos. A peine l'ai-je reconnu que déjà je me lève et quitte l'auberge du Sabre Gris après un dernier remerciement au tenancier. Je m'approche de lui et lui pose une main sur l'épaule, heureuse que le hasard me permette de lui dire au revoir.


"Bonjour, Ionos. Quelle chance de te croiser. Après notre discussion d'hier soir, je ne voulais pas te laisser partir sans avoir pu te saluer."

Même si je ne m'attendais pas à le voir, je suis sincère. Je ne le retiendrai pas longtemps, juste le temps de lui souhaiter bon voyage. J'ai moi-même une route à reprendre de toute façon. Toutefois, même s'il ne semble pas mécontent de me voir lui non plus, je remarque presque immédiatement qu'il n'est pas aussi tranquille qu'hier.

"Tes yeux sont cernés et tu as l'air soucieux. Tu n'as pas bien dormi ?"

Il ne me répondra peut-être pas, secret comme il m'a semblé l'être hier soir, mais c'est la guérisseuse en moi qui s'informe. Le sommeil est important, surtout pour un combattant dont la moindre hésitation au combat peut lui coûter la vie.
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Mar 29 Mai 2012 - 13:03

Je ne m’attendais pas à la revoir. Ma tête me fait atrocement souffrir alors que je sens des larmes essayer de s’échapper de mes yeux. Je me retiens non pas par honte mais parce que je ne veux pas qu’on se soucie de moi de la sorte, ça me met mal à l’aise. Les souvenirs de ma mère sont si frais, cette berceuses dont j’avais oublié les paroles mais non l’air et sa tendresse lorsqu’elle me portait dans ses bras… Je suis troublé à un point ou je me demande si je ne suis pas devenu fou, ce double qui vit en moi et dans mon esprit. Ne serait ce pas moi qui immatérialise mes défauts et mes peurs ? Je passe une main le long de mon visage, puis je dis d’une voix un peu douloureuse à Opale :

- Je… j’ai fais un cauchemar rien de bien méchant mais… je n’ai pas pu me rendormir après ça…

Comme j’ai encore un tout petit peu de temps à tuer, je m’adosse contre le pilier de bois de la taverne. Je ne me sens pas affaibli mais un peu épuisé, je compte me reposer plus tard. Cette femme Opale, je ne comprends pas pourquoi elle semble s’inquiéter pour moi. Je ne suis sans doute rien à ses yeux, juste un mercenaire qui tue pour l’argent et un lycan qui recherche son passé. Vide de tout passé mais traçant son propre futur, je suis malgré tout à demi-mort. Titubant dans les méandres d’un monde en apparence magnifique mais d’une telle hypocrisie. Être gentil et généreux ne m’a jamais vraiment aidé auparavant, c’était avant tout la loi du plus fort et de celui qui urine le plus loin. Mais après, on rencontre des gens exceptionnelles : comme Amarÿelle, Cerrarë et Maldrik…
Je pousse un léger soupir et me dit qu’une personne se souciant de ma personne, ce n’est jamais désagréable. Je parle à Opale d’un ton plus doux :

- Mais je te remercie de venir me saluer avant que je ne doive partir. J’espère que toi aussi ta route sera sans embuches et que tu trouveras…

J’ai du mal à finir ma phrase, car au fond de moi qu’est ce que je désir ? Qu’est ce que je veux ? Je cours après quoi ? Est ce que je cherche à être heureux ? Je ne suis pas encore assez égoïste pour penser à ça, mais je l’ai été suffisamment pour avoir laissé ma meute loin derrière moi. Cette femme est assez troublante, dans son voix, sa présence et son aura. J’ai presque l’impression que la moindre erreur ou le moindre pêché que je commettrais, elle serait mon salut. Qu’elle étrange sensation que celle-ci ma foi ; je fini par conclure ma phrase :

- … ce que tu recherches…

Je me relève du pilier, la salue et commence à m’éloigner tout doucement. C’est étrange, c’est comme ci je voulais rester encore un prés d’elle.
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Mer 30 Mai 2012 - 21:07

Ionos ne s'attendait certes pas à me voir mais il semble si bouleversé que sa réponse ne me surprend pas. Je hoche la tête en observant ses yeux humides. Je connais ce genre de cauchemars, qui semblent si vrais et qui trouvent de si durs échos dans notre vie que l'on se demande en se réveillant si l'on n'est pas toujours prisonniers du songe. Et même si je ne peux pas deviner la nature de ce mauvais rêve, je devine dans sa voix sourde et dans ses gestes un peu tremblant qu'il est encore à moitié prisonnier de ce qu'il a vu cette nuit. Je n'esquisse pas un geste et me contente de lui adresser un sourire compatissant. En ce monde, chacun a son fardeau à porter et je ne peux pas vaincre ses démons à sa place. Je ne peux que lui souhaiter sincèrement de retrouver la quiétude avant de reprendre ma route. Cependant, c'est lui qui me prend de vitesse et me remercie avec douceur, avant de me souhaiter un bon voyage. Puis, il me tourne le dos et commence à s'éloigner.

Je le regarde partir, immobile sur le seuil de la taverne. Les flocons se posent sur le cuir écarlate de son manteau, soulignant la ligne solide de ses épaules qui me parait s'affaisser sous le poids d'un lourd fardeau invisible. Certains préfèrent souffrir seuls, pour ne pas risquer de blesser les autres ou d'être blessé par eux. Ionos fait sans doute parti de ceux-là. Mais il existe aussi des gens qui aiment tendre la main à leur prochain, lorsqu'ils savent qu'ils peuvent faire quelque chose. En quelques pas rapides, je l'ai rattrapé et je pose une main ferme mais douce sur son bras pour l'arrêter. Je viens me placer en face de lui et plonge un instant mon regard dans le sien. Ma petite silhouette frêle et sombre se reflète dans ses yeux vairons. Quelle âme transparaît à travers le miroir de ces prunelles dissemblables, qui brillent pourtant de la même lueur sauvage ? Sans chercher plus longtemps la réponse, je repousse ma cape pour dégager ma ceinture, attrape une petite sacoche de tissu vide et y transvase une partie du contenu d'une autre de mes bourses. Après avoir fait un nœud solide, j'attrape la grande main chaude et calleuse d'Ionos, y dépose le sachet et referme ses doigts dessus. Tenant brièvement sa main dans les miennes, je lui souris, le cœur emplit d'une sympathie sincère.


"De la camomille. Une tasse d'infusion avant le repas du soir, pour bien dormir."

Je romps doucement le contact en laissant mes doigts glisser le long des siens alors que je m'éloigne à mon tour, en direction d'une rue adjacente.

"J'espère que tu seras heureux, même si tu ne trouves pas ce que tu recherches. Porte-toi bien, Ionos Selherand."

Un dernier sourire malicieux pour effacer l'apparente formalité d'un tel salut, puis je me détourne. Il est temps pour moi de préparer mon voyage. Alors que j'écoute tranquillement le son de mes pas qui crissent sur la neige, les yeux émeraude et sinople d'Ionos, ce mercenaire inconnu qui a partagé un repas et un peu de chaleur avec moi, demeurent encore quelques temps dans mon esprit.

[Partie ! A toi le mot de la fin et merci pour le rp ^^]
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MessageSujet: Re: Une perle noire nommée Opale (Terminé)   Mer 30 Mai 2012 - 22:42

Je reste là un moment, à la regarder s’éloigner loin de moi. Je ne m’attendais pas à recevoir un tel présent de sa part. Je reste là à la voir disparaitre sous les flocons de neige. J’aurais aimé lui dire une phrase, un mot… Mais j’étais à la fois étonné et ému de ce geste si généreux de sa part. Je tenais avec douceur cette petite bourse qui portait encore son odeur. Le cuir est doux, comme ses longs doigts mats qui glissèrent le long de ma main pour y déposer ce noble cadeau. Je m’éloigne de la cité d’Aurore encore un peu abasourdi. Il est encore tôt, les commerces et étales n’ont pas encore ouverts et ce n’est pas un mal car je n’y aurais pas prêté grande attention.

Je longe le lac de l’aube, puis je ressens le besoin de m’assoir sur une pierre non loin de la route, j’admire le paysage enneigé et gelé. Puis mes mains se resserrent sur la petite bourse de cuir que m’a offerte Dame Opale. Je frissonne agréablement en repensant à cette soirée ou nous avons discuté puis notre au revoir des plus chaleureux. J’ignorais que les humains pouvaient se montrer si généreux, je ne sais pas si elle aurait eu le même geste si j’avais été un lycan. Ou bien… peut être qu’elle aurait fait preuve de la même bonté, je me suis senti si déstabilisé par son regard et charmé en même temps.
J’apporte la fine bourse prés de mes narines pour y sentir une dernière fois son odeur, pour ne pas l’oublier. Ce remède ne chassera pas mes vieux démons, mais qui sait cela me permettra de survivre encore un peu. Je suis content d’avoir croisé la route de cette humaine, à l’aura si pure et brillante et à la peau si mate. Tu portes magnifiquement bien ton nom : Opale, pierre précieuse noir et généreuse qui se balade en ce monde si étrange.

Je ferme les yeux et espère de tout cœur que toi aussi, tu recevras le même bonheur que tu donnes au gens qui croisent ta route.
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Une perle noire nommée Opale (Terminé)

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