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 A Cold Skin (Part 1)

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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: A Cold Skin (Part 1)   Mer 2 Jan 2013 - 3:14

PARTIE 1 : A COLD SKIN





Cela faisait déjà de nombreuses heures que l’elfe était assise sur la lourde chaise de bois. Silencieuse, elle était face à l’immense cheminée dans laquelle brûlait un feu ardent. La taverne était vide et la jeune femme, toujours cachée de sa capuche fixait les flammes danser dans la cheminée. Dans son regard ne brillait aucune lueur. La jeune femme semblait vide de toute émotion, comme si, un étrange mal l’avait ravagée et que désormais, son corps n’était plus qu’une simple coquille vide. Son âme semblait restée sur le champ de bataille. Au côté de ses frères et ses sœurs morts. Toutes ces âmes, qui étaient tombées. Tous ces corps qui n’avaient même pas eu droit à la moindre sépulture. L’elfe était rongée par les images de cette bataille. Les sons ne cessaient de revenir à ses oreilles. Le craquement des os sous les pieds des lycans. Les hurlements de douleur des elfes lorsqu’ils étaient éventrés par leurs ennemis. Et ce loup. Qui avait l’air si jeune et si terrifié. Qui l’avait fixée de longue minutes durant, tremblant de tout son corps. Incapable de lever sa hache au dessus de sa tête, le garçonnet avait laissé tomber l’arme pour fuir, à toute vitesse. Il avait peut-être survécu. Du moins, c’était ce que l’elfe espérait du plus profond d’elle-même. Car cette guerre avait été une erreur. Que ce soit de la part des elfes que de celle des lycans. Ils avaient commis une erreur des plus grossières, en lançant leurs peuples dans ce carnage. Désormais, le peuple elfique était occupé uniquement à pleurer la perte de leurs frères. Les lycans, eux aussi devaient regretter ces batailles dans lesquelles nombre d’entre eux devaient avoir perdus des êtres chers. Izilbêth, elle, était ressortie de cette guerre, ravagée et profondément traumatisée. Depuis déjà des jours, elle se contentait de se lever, de s’occuper de son cheval et de panser ses blessures avant de ne venir s’asseoir, toujours à la même place, au même endroit dans cette taverne. Attendant tout simplement que les heures passent. Son visage avait changé. Ses trais s’étaient affinés et elle avait perdu cette particularité qu’avaient les elfes. La vie de l’arbre aux lucioles semblait la quitter. Le cœur même du peuple elfique était meurtri par les peines qu’avaient engendrés une telle tuerie. Désormais, la pluie tombait en abondance sur le chemin de l’elfe.

Ce jour là, Izilbêth était arrivée plus tôt. Le tenancier de la taverne ne l’avait pas questionnée, il lui avait apporté des plus simplement, son habituel bock d’eau chaude dans lequel, d’une main las, la jeune femme avait fait infuser quelques plantes séchées. Les mains de l’elfe était couvertes d’égratignures. Son corset de cuir camouflait un bandage qui lui couvrait tout le ventre sous lequel se trouvait un impact d’une flèche perdue. Retirant ses gants, la jeune femme glissa ses doigts le long du bock chaud. Ses yeux se fermèrent un instant, et la pluie redoubla d’intensité sur la fenêtre de la taverne. Le feu dans la cheminée continuait de crépiter alors que la jeune femme, semblant en avoir oubliée les conséquences, laissa ses pensées virevolter. Ce fut l’erreur la plus douloureuse qu’elle n’eut jamais fait. Un flot d’images vint ravager son esprit.

Des chevaux, lancés dans un galop ravageur, fauchés, les uns après les autres, par les lames lycannes qui leur brisaient les tendons. Un flot de sang qui giclait sur son visage. Des cris de douleur, des pleurs, des gémissements. Des appels au secours. Vaillamment, l’elfe s’était battue. Elle avait tenté de repousser les lycans qui se jetaient sur eux toujours plus furieusement. Mais tous ses efforts étaient vains. Elle ne parvint qu’à sauver quelques âmes au plus. La flèche était venue se loger entre deux de ses côtes. Inerte, elle était tombée lourdement sur l’encolure de son cheval qui avait fuis le champ de bataille. La bataille avait été désertée lâchement et c’était l’une des raisons pour laquelle, Izilbêth refusait d’accepter son départ. Elle aurait voulu rester, périr au combat, aux côtés de ses frères qui eux, avaient sûrement connus une fin plus tragique. Une fin douloureuse dans laquelle, leur vie leur aurait été arrachée sans même qu’ils ne puissent embrasser une dernière fois les êtres qui étaient chers à leur cœur. Elle, elle n’avait personne à qui dire au revoir. Elle aurait préféré périr à la place de ce jeune homme qu’elle avait vu tomber à ses côtés. Avant de partir en guerre, il avait longuement raconté, comment ses fiançailles étaient prévues avec la femme qu’il aimait depuis des années déjà. Il méritait de vivre. Pour rendre heureux cette femme à qui il était promis. Pour engendrer une descendance heureuse. Bâtir une demeure et vivre heureux. Elle, rien de tout cela ne lui était promi. Elle était vouée à un avenir solitaire et froid. Dénué d’intérêt, dans lequel, les cauchemars de cette guerre la hanteraient pendant des siècles encore.


Lorsque l’elfe rouvrit les yeux, de nombreuses heures étaient déjà passées. Quelques personnes étaient arrivées dans la taverne et petit à petit, quelques discussions commençaient à animer les lieux. Izilbêth, elle, glissa ses doigts le long de ses joues afin d’en essuyer les quelques larmes qui avaient perlées sur ses joues lors de son cauchemar éveillé. Lentement, l’elfe porta le bock désormais froid à ses lèvres. Son visage était toujours enfermé dans une tristesse sans pareille. Quelques voix élevées firent brièvement tourner la tête à l’elfe. Des regards gênés quittèrent la jeune femme qui détourna les yeux sans la moindre émotion apparente. La pluie n’avait cessée de tomber lorsque le tavernier, visiblement agacé d’un tel temps marmonna.

- Une telle pluie n’est pas normale, croyez moi ! C’est à croire que le ciel pleure la guerre !

Izilbêth baissa alors les yeux. Elle savait qu’elle était la cause de se déluge, mais rien ne parvenait à lui faire oublier les images qui la hantait. Elle ne pouvait se résoudre à oublier. Passant outre tous ces décès. Passant outre toute cette souffrance. Elle se tourna alors légèrement, portant une main à sa côte blessée dans un faible gémissement. Chaque mouvement lui était un véritable supplice, mais l’elfe ne se fit pas remarquer. Lentement, elle se leva afin de tisonner le feu, tenant toujours sa côte d’un bras qu’elle cachait sous sa cape. Puis, elle retourna se rasseoir sur sa grande chaise de bois. Elle n’avait pas adressé la parole à qui que ce soit depuis des lustres. Si longtemps, qu’elle en avait presque oublié la sensation. Celle de se sentir exister aux yeux de quelqu’un. Ses mains étaient froides, lentement, la vie de l’arbre sacré la quittait. Lentement, l’elfe dépérissait de chagrin.

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Dernière édition par Izilbêth R. Faelivri le Dim 27 Jan 2013 - 22:29, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: A Cold Skin (Part 1)   Jeu 3 Jan 2013 - 6:53

Réminiscence d'un temps disparu.
Le lycan erre dans les ténèbres de son être.
Chaine du corps, chaine du coeur, tirent son âme.
Une voix, unique, l'interpelle, brise, le voile de l'esprit.

Le lycan reste, aimé par l'homme.


Un amas de glaire s'étala dans la boue, imbibée d'eau, transpirant cette journée étouffante. Le lycan renifla bruyamment, accablé par les prémices de cette soirée exécrable, puis continua sa marche, tentant de se frayer un chemin à travers les traits de la pluie. Ses pieds s'enfonçaient dans la bourbe, ces bottes définitivement marquées par le suçon de la terre étaient tout simplement bonnes à jeter. A son départ, un doute persistait, désormais, il était confirmé. Il n'était que trop mal habillé. Une simple tunique recouvrait son torse alors qu'un pantalon de toile couvrait ses jambes d'une protection bien maigre contre la morsure du froid. Et cette pluie incessante qui giflait continuellement son visage... Erian poussa un juron et accéléra le pas. Ce n'est pas pour autant qu'il s’arrêterait, il avait enfin obtenu des réponses, des questions, un but. Une quête incessante de son identité. De son passé, présent et futur. Non, il avancera.


"Elle est vivante, ils sont vivants. Je suis vivant. Je perpétuerai l’œuvre qui m'a été confié. Qu'ils brulent, tous."

Dans ces pupilles argentées, brillait une lueur acide, où haine et détermination s'entrechoquaient brutalement. Son périple lors de la tribu de Tarik lui avait apporté une envie. Une vengeance. Envers ceux qui étaient responsables de la disparition de sa mère, de sa naissance, de sa nature et de son abandon: les vampires. Le lycan continuait à avancer, frappé par le rideau de la pluie, il parvint tout de même à distinguer l'orée de la forêt qui indiquait la toute proximité du lac de l'aube, dernier relais avant la cité de l'aurore, où il irait renouveler ses provisions et son équipement. L'or était toutefois un problème préoccupant, il était à sec, ses métamorphoses l'ayant dépouillé de toute affaire personnelle lors de la traversée de la forêt du crépuscule. Bah, il trouverait bien un moyen de remplir les caisses, même si il devait s'en salir les mains, après tout, il avait juré d'anéantir le moindre obstacle qui se dresserait sur son chemin, et ne reviendra pas sur ses paroles.

Détaché du cortège de bois, Erian pénétra dans le sillage du lac, jetant un bref coup d’œil aux alentours. Ne signalant rien, le lycan poursuivit sa route, se dirigea vers l'auberge la plus proche, afin de se restaurer, l'éternelle caresse de la pluie l'ayant lessivé. L'homme faisait peine à voir, les traits de son visage étaient élargis, sa bouche mal rasée ornait des lèvres bouffées par les gerçures, et des cernes striaient ses yeux, grand ouverts, qui scrutaient le monde. Une enveloppe morte, un cœur de feu. Enfin l'auberge apparaissait à portée de vue, ce qui arracha un sourire au lycan, enfin heureux de pouvoir effectuer une pause, après ce voyage qui n'en finissait pas. Une ombre clignota au loin, qui n'était surement qu'une hallucination de sa part, son corps étant éreinté par la fatigue.

Erian arriva devant le palier de la porte, pressa sa main contre l'écorce vermoulue du bois, la porte pivota, grinça sur ses gonds et claqua contre le mur. Le lycan entra alors ensuite dans l'auberge, les regards fixés sur lui à cause du vacarme qu'il avait provoqué. Il les ignora, trop préoccupé de trouver un endroit où dormir cette nuit, que d'expliquer son manque de délicatesse au premier vanupied du coin. Ses bottes ancrées de boues collaient au sol, alors que le lycan s'approchait du comptoir tout en demandant d'un air arrogant au propriétaire.

"Je voudrais un lit, et une bière, fraiche."

Puis il le questionna rapidement sur les tarifs qui circulaient et manqua de peu de pousser un juron. Sa bourse était quasiment vide et son contenu servirait à peine à satisfaire le prix du lit, ce qui signifiait qu'il devait faire une croix sur la boisson, ce qui lui paraissait impensable. Le lycan scruta l'ensemble de la taverne, à la recherche d'un badaud à qu'il pouvait soutirer des sous. Au bout de quelques instants, à peine, la proie fut trouvée. Une jeune femme était tapie dans un coin de l'auberge, près du feu crépitant de la cheminée, en train de purger son désarroi. Un bref moment, il avait cru voir des larmes perler de ces joues, ce qui le réconforta dans l'idée qu'elle ferait le pigeon idéal. Alors qu'Erian s'avançait vers la table avoisinante, faisant craquer les planches du parquet sous son poids, petit à petit, il s'approchait d'un destin qui le lierait à jamais.

La chaise glissa sur le plancher humide, tirée par la poigne ferme du lycan, et pivota afin que celui-ci puisse s'asseoir dessus, face à l'elfe. Désormais proche d'elle, il prit soin de jeter un œil plus attentif envers sa future victime, afin de cerner le personnage auquel il était confronté. C'était une belle femme, à la figure à la fois ferme et agréable, aux courbes avantageuses, bien que dissimulés sous plusieurs monceaux d'étoffes. Elle n'avais pas vraiment sa place ici, dans ce pub miséreux, rongé par les vers. La vie semblait avoir quitté ses yeux, où se logeaient une pupille noir, vide, dépossédée du moindre sentiment, ce qui interpella le lycan mais ne le fit pas pour autant reculer. Le regret n'était pas une option disponible. Erian, enfin, se décida à ouvrir la conservation brisant le silence qui semblait s'être imposé depuis une éternité. D'une voix enrouée, grave et lente, il s'adressa ainsi à l'elfe, se gardant bien de lever les yeux vers elle:

" Bonsoir à vous. Je me suis dis que vous auriez besoin d'un compagnon de table."

Une quinte de toux l'interrompit aussitôt. Après s'être déchiré la gorge à tenter d'expulser un quelconque mal qui s'évertuait à s'accrocher à son gosier, le lycan prit une longue inspiration, bruyante, parcourue de reniflements. Puis il reprit le dialogue, décidé de ne pas s'arrêter à la pitoyable performance qu'il venait d'effectuer:

" Ahem...je ne crois pas m'être présenté. Je me nomme Erian, et vous?"
Cette fois-ci, il releva la tête, pour poser ses yeux sur son interlocutrice et tenter de discerner une quelconque réaction chez elle. Cela ne dura guère longtemps, le lycan désireux de reprendre la conversation:
"Un air aussi mélancolique ne correspond pas bien au teint d'une femme comme vous. Quelque chose vous tracasse? J'pense bien que vous n'êtes pas tentés de vous confier au premier passant du coin, mais bon, vous ne perdrez rien à essayer..."
La dernière phrase fut prononcé sur un ton plus léger, accompagné d'un sourire discret, le jeune homme espérait ainsi rafraichir l'atmosphère étouffante qui régnait entre les deux individus. Alors qu'il attendait le moindre geste de sa part, Erian sorti un bout de tissu de sa poche dont il usa pour sécher ses cheveux, trempées par l'averse qui faisait encore rage dehors.
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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: A Cold Skin (Part 1)   Ven 4 Jan 2013 - 5:33




I was looking for a breathe of life
A little touch of eavenly lie


Le silence était devenu, chez l’elfe, un bruit habituel. L’absence d’une quelconque voix lui étant adressée avait fini par créer un réel sentiment de solitude. Un trou béant dans sa poitrine qui lui martelait constamment le crâne. Rien en elle ne respirait la vie, elle respirait la mort. Ses doigts fins continuaient leur course sur le bois abîmé de la table. Les planches de la taverne craquaient à chaque fois que quelqu’un y pénétrait. Rien n’arrachait la moindre réaction à l’elfe qui restait plongée dans un silence et dans une immobilité des plus parfaite. C’était comme si le sang avait cessé de couler dans ses veines. Comme si, la moindre parcelle de sa peau s’était totalement vidée de chaleur. Son regard gris était désormais, bien plus glacial. Tel un morceau de glace, la froideur qui emplissait son âme se lisait jusque dans les tréfonds de son regard. L’hiver s’était installé sur le monde, lentement, les arbres avaient perdus leurs feuilles, tout comme Izilbêth avait perdu tout espoir de voir sa vie retrouver un nouveau sens. La nuit tombait peu à peu sur la taverne et lentement, la pluie se transforma en léger flocons.

La peine de l’elfe avait du bon, elle permettait de recouvrir le monde d’un blanc des plus délicats. Les flocons se mirent à virevolter lentement autour de la taverne dans laquelle la jeune femme était assise depuis maintenant de nombreuses heures. Les enfants s’amuseraient de se changement de météo, bien que l’elfe, elle n’y apporte aucune attention. Pour elle, la neige n’était qu’une énième manifestation de son étrange pouvoir. Elle semblait lassée de ces étranges changements de météo qu’elle provoquait par ses sentiments. Incapable de contrôler quoi que ce soit, la jeune femme était lassée de tous ces changements. Un homme s’installa alors à sa table, sans demander son reste. Ne daignant même pas lui demander son avis quant à son intrusion à la table de l’elfe qui semblait tout, sauf avenante. Levant les yeux vers lui lorsqu’il lui adressa la parole, la jeune femme pinça ses lèvres, peu habituée à se voit abordée par qui que ce soit.

" Bonsoir à vous. Je me suis dis que vous auriez besoin d'un compagnon de table."

L’elfe fronça les sourcils alors qu’elle regardait l’homme face à elle. Il était plutôt grand, du moins, il en avait l’air. Ses cheveux étaient d’un noir de jais et étaient plus long que la normale. Ses yeux étaient d’un gris profond, bien plus lumineux que celui qui habitait le regard de l’elfe en ce moment même. Il avait l’air solidement bâti, bien que peu épais. L’elfe n’eut même pas le temps de répondre que le lycan continua sur sa lancée sans même attendre la moindre réponse de sa part.

" Ahem...je ne crois pas m'être présenté. Je me nomme Erian, et vous?"

L’elfe eut à peine le temps d’entrouvrir la bouche que l’homme reprit de nouveau la parole, l’empêchant totalement de répondre ne serais-ce qu’à la question qu’il lui avait posé.

"Un air aussi mélancolique ne correspond pas bien au teint d'une femme comme vous. Quelque chose vous tracasse? J'pense bien que vous n'êtes pas tentés de vous confier au premier passant du coin, mais bon, vous ne perdrez rien à essayer..."

L’elfe avait toujours les sourcils froncés. A la fois agacée de l’audace de l’homme comme de son manque de politesse, elle pinça ses lèvres avant de plisser son nez d’un air agacé. Puis, elle souffla longuement, reprenant son calme afin de tenter de paraître un minimum avenante. Elle avait l’occasion de pouvoir discuter avec quelqu’un, il ne fallait pas laisser filer cette occasion. Lentement, elle porta son bock à ses lèvres avant de lever les yeux vers le lycan.

« Et bien.. Aussi surprenant que puisse être votre arrivée, je ne peux vous refuser une conversation. Je me nomme Izilbêth Ravena Faelivri. Et, au risque de vous paraître désagréable, ou bien même malpolie, je suppose que la raison pour laquelle, mon visage affiche une telle mélancolie ne peut vous être divulguée. Je ne suis point comme toutes ces femmes qui se permettent de raconter leurs mésaventures au premier badaud passant. »

L’elfe était acide, elle se permettait ouvertement de traiter l’homme de badaud. Elle avait toujours été un peu froide et cassante sans forcément le vouloir. Mais sa méfiance, après les nombreuses histoires humainement désastreuses qu’elle avait pu avoir, était à son plus haut sommet. L’elfe toisait le lycan face à elle. Il avait l’air d’un véritable vagabond. Vêtu froidement, il ne semblait pas prêt à affronter le froid hivernal qui prenait désormais le monde. Bien au contraire. Il était vêtu comme en plein été, comme s’il n’avait pas craint le froid. Lentement, l’elfe porta son bock à ses lèvres alors qu’elle fixait toujours le lycan d’un air interrogateur. Méfiante, elle ne baissait pas sa garde pour l’instant. Le visage du lycan fût déformé par un léger rictus alors qu’il semblait véritablement détendu, peu inquiet de l’image que pourrait avoir l’elfe de lui après une telle approche. Il s’appuya alors sur le dossier de son siège, faisant légèrement basculer la chaise vers l’arrière avant de poser un coude sur la table, approchant légèrement son visage de la jeune femme qui se recula en fronçant les sourcils.

" Voyons, ne soyez pas si rigide ! Je ne fais que m’intéresser à vous voyons.. Soyez plus détendue. Je ne vous veux aucun mal ! Voyons, que diriez-vous de simplement boire un verre pour commencer… Une si belle femme comme vous ne peut passer la soirée seule, c’en est bien trop triste. "

L’elfe plissa le nez de nouveau. Décidemment, ce lycan était collant. Silencieuse, elle porta de nouveau le bock à ses lèvres avant de lever les yeux au ciel. Serrant ses doigts sur le bock, la jeune femme observa le lycan sans le moindre sourire. Elle était clairement difficile à amadouer et bien que les intentions du lycan soient mauvaises, la jeune femme le voyait comme un badaud, idiot et en recherche de compagnie. Elle pensait que la seule chose qui l’avait fait venir à elle était des raisons uniquement masculines. Elle siffla alors entre ses lèvres.

« Votre compagnie m’importune, milord. Enfin.. Je me demande si vous êtes bien un lord. Qu’attendez-vous de moi ? Si vous espérez que je sois une courtisane, je me dois de vous arrêter de ce pas et de calmer vos ardeurs jeune homme. Je ne vends pas mes charmes. Et je ne vendrais encore moins mes charmes à votre personne. Votre éducations est véritablement déplorable mon cher enfant. »

L’elfe était de plus en plus cassante à mesure que le lycan se montrait familier avec elle. Silencieuse, elle passa sa main blessée sur son visage alors qu’elle observait le lycan sans un mot. Si le lycan voulait réussir à obtenir quelques pièces de sa part, il devrait ruser plus que jamais sans quoi, l’elfe ne se crisperait que plus encore.

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MessageSujet: Re: A Cold Skin (Part 1)   Dim 13 Jan 2013 - 4:38

Éclairs éparses sur un ciel de marbre
Le lycan s'approche, la figure ruisselante
Puis brise le silence du village des origines
"Après tout cela, vous finissez par me renier?"
Le vieillard demeure impassible, grogne une réponse
"Non. Tu n'as jamais été des nôtres."
Et dans un élan de rage, arrache le médaillon.

Un sursaut arracha le lycan de sa rêverie. Empêtré dans la langueur âcre de ses perceptions, tiraillé par l'épuisement de sa traversée, celui-ci tenait à peine debout sur sa chaise dont les quatre pieds valsaient peu à peu d'avant en arrière. Il sortit enfin de sa torpeur lorsque l'elfe dédaigna lui accorder une réponse qui laissait clairement sous-entendre que sa présence la dérangeait. Sa bouche se crispa afin de retenir une moue emplie de réprobation qui laisserait clairement révéler qu'il commençait guère à l'apprécier lui aussi. Non seulement il détestait aborder les gens, mais en plus la fâcheuse habitude ces derniers temps de se faire remballer commençait à lui courir sur le haricot. Et cette vision? Pourquoi repenser au passé maintenant? C'était bien là la pire manière de se mettre en condition pour paraître agréable. Erian poussa un petit rictus afin de maintenir les apparences et s'efforça de répondre à l'elfe, qui attendait déjà depuis bien trop longtemps:

" Voyons, ne soyez pas si rigide ! Je ne fais que m’intéresser à vous voyons.. Soyez plus détendue. Je ne vous veux aucun mal ! Voyons, que diriez-vous de simplement boire un verre pour commencer… Une si belle femme comme vous ne peut passer la soirée seule, c’en est bien trop triste. "

Là, il courbait clairement l'échine. Si l'elfe se décidait encore à le rejeter, il irait voir ailleurs. Certes, elle était une femme charmante, avec ses lèvres voluptueuses, ses courbes enivrantes et son doux arôme de bouquet fleuri, ce n'est pas pour autant que le lycan s'acharnerait à la faire céder. Ce n'était pas pour la séduire qu'il venait mais bien pour l'argent et la boisson. Si sa compagnie se révélait un trop gros fardeau, il n'hésitera pas à faire sans ou du moins, c'est ce qu'il pensait. Car les propos de l'elfe sonnaient creux, vides comme si le souffle qu'inspirait l'âme les avait quitté. Les yeux rivés sur elle, le lycan la scrutait constamment afin de décrire l'adversaire qui lui faisait face. Son corps avait l'air affaibli, ou du moins sa main blessée le laissait sous-entendre, et son esprit quelque peu préoccupé par un quelconque fardeau. Avait-elle été agressée? Ou bien réchappait-elle d'une bataille? Il ne sut dire, bien qu'il ait effectivement entendu parler d'un conflit qui secouait les fondations d'Ephaelya, l'idée lui paraissait trop grosse. Enfin, la bouche de l'elfe esquissa un geste et elle répondit:

« Votre compagnie m’importune, milord. Enfin.. Je me demande si vous êtes bien un lord. Qu’attendez-vous de moi ? Si vous espérez que je sois une courtisane, je me dois de vous arrêter de ce pas et de calmer vos ardeurs jeune homme. Je ne vends pas mes charmes. Et je ne vendrais encore moins mes charmes à votre personne. Votre éducations est véritablement déplorable mon cher enfant. »

Un rire tonitruant résonna dans la salle, le lycan se tenait les côtes, désarçonné par les saccades répétés que lui apportait ses ricanements. Son fou rire aurait bien duré plusieurs minutes si le tavernier n'était pas arrivé, bière en main, et ne lui avait pas sommé de cesser son vacarme. D'un bref revers de sa manche, il essuya les gouttes qui perlaient à ses yeux et balbutia une excuse à son interlocutrice qui semblait scandalisée. La séduire! C'était bien la dernière chose qu'Erian espérait car il n'avait jamais fait preuve du moindre talent pour la gente féminine. Ses rencontres juste là avaient été brèves et rarement s'étaient-elle finies dans de bonnes conditions. Il repensa brièvement à Aësnaya...la reverrait-il un jour? Il écarta rapidement cette pensée de son esprit avant de revenir se focaliser sur la situation actuelle. La séduire était hors de propos, déjà lui soutirer quelques pièces révélerait du miracle, mais alors lui demandait de partager sa couche avec lui... ne semblait même pas envisageable.

Pour autant, le lycan ne se démonta pas, cramponné à son siège, portant la bière à ses lèvres, il demeurait à sa table, prêt à renchérir. L'état de l'elfe l'agaçait visiblement, au point que si il en venait à lâcher l'affaire, il lui semblait quitter un champ de bataille où l'ennemi était déjà quasiment décimé. Ainsi, même si ses propos le mettait clairement en déroute, il ne partirait pas. Il tenta de réprimer sa rancœur et lui lança une réplique d'un ton détendu:

" Ah! Vous allez droit au but. Dommage, car vous vous êtes gourés de direction. Je suis un simple voyageur sans le moindre titre honorifique, vous m'en voyez attristés. Et si cela peut vous réconforter, je ne viens pas vous séduire, ma belle dame, simplement m'enquérir un peu de votre compagnie, vous voyez? Gardez votre couche, elle ne m'intéresse pas. La seule chose dont j'ai actuellement envie est de me reposer, après le tumulte de cette journée, mais je ne vous laisserai pas cette joie."

Sur ces mots, il esquissa un rictus, saisit sa bière et en déglutit la moitié du contenu d'une traite, avant de reposer la choppe dans un tintement sonore sur le bord de la table. La porte de la taverne grinça et cinq personnes s'engouffraient dans l'établissement, ce qui déroba momentanément l'attention du lycan. Les lorgnant du coin de l’œil, le groupe d'individus avait le teint pâle et une épaisse étoffe les enveloppait, un manteau dont les pans leur tombaient sur les mollets. Le regard du lycan revint se poser sur l'elfe quand ils décidèrent de s'accouder à une table au fond de la pièce. Après s'être gratté brièvement les cheveux, Erian tenta de se remémorer ce qu'il allait prononcer à l'elfe, en vain.

Alors il repensa aux propos d'Izilbêth, et plus particulièrement sa dernière phrase. Le fou rire qui s'était emparé de son corps l'avait alors empêcher de saisir la totalité de son discours. Or désormais qu'il en reprenait connaissance, une boule de colère rongeait son ventre. Nul n'avait le droit de critiquer les enseignements de la famille Héremnie. Erian y portait une confiance aveugle et jurait que c'était la seule chose bénéfique qui lui soit jamais arrivé. L'air sévère, il reprit la discussion et oublia toutes les concessions qu'il venait d'effectuer:

" Par-contre, il y a bien une chose que je ne saurai tolérer. Qui êtes-vous pour oser critiquer mon éducation? C'est bien l'unique chose que jamais je ne renierai. Mais bien sûr, vous, vous êtes une elfe. Vous, votre savoir est inné. Foutaise. Vous devriez revoir la votre.
Un enfant? Ah, je comprends désormais pourquoi on apprécie guère les elfes et leur arrogance démesurée. Voyez vous, ma très chère Izilbêth, la sagesse ne s'acquiert pas avec l'âge, mais avec l'expérience. Ces deux éléments sont certes liés mais indubitablement distincts. Et vous me traitez d'enfant car votre existence est plus longue que la mienne sur ces terres? Bah! Si celle-ci est creuse, où est l'intérêt? Vous voulez m'imposez le respect suite à votre âge? Stupidité. Le respect se mérite."
Il poussa un soupir rageur, conscient qu'il venait d'émettre une énorme erreur. Venu en ami, Erian venait de déclarer les hostilités.
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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: A Cold Skin (Part 1)   Mer 23 Jan 2013 - 16:33

Le lycan face à l'elfe était tout sauf agréable. Bien qu'affaiblie, l'elfe n'avait pas perdu son sens de l'observation. Elle avait très clairement remarqué l'allure du jeune homme qui se trouvait face à elle. Silencieuse, elle ne pouvait que l'écouter parler. Elle avait été sèche et brutale. Sûrement un peu trop acerbe. Mais depuis cet évènement, elle n'avait plus la moindre once de douceur. Cela faisait des semaines qu'elle n'avait plus de nouvelles de Faolan. La chouette qui leur permettait de correspondre n'était pas revenue à la jeune femme depuis de nombreuses semaines. Les hypothèses étaient nombreuses. Et si l'animal n'avait pas retrouvé le jeune garçon ? Si il était arrivé quelque chose à Faolan. Peut-être avait-il entendu parler de la guerre. L'idée d'Izilbêth de s'engager dans ce conflit, poussée par la peine avait été la plus grosse erreur qu'elle puisse faire. Prendre le risque de laisser l'enfant seul sur cette terre avait été terriblement égoïste. Mais la perte d'un être aussi cher à son coeur avait été quelque chose de difficilement surmontable pour la jeune femme qui avait préféré se jeter dans la gueule du loup. Désormais, elle devait vivre avec la crainte de ne revoir la chouette revenir sans le moindre message pour la jeune femme. Signe que Faolan aurait disparu. Izilbêth avait totalement oublié l'homme qui se trouvait face à elle. Son visage s'était très légèrement illuminé lorsqu'elle pensa à Faolan, cependant, les mots du lycan l'arrachèrent de sa rêverie et la ramenèrent dans cette taverne miteuse dans laquelle elle se trouvait, assise sur une chaise de bois sûrement remplie de vers. Elle leva alors les yeux vers le jeune homme qui s’exclamait déjà, sans même prendre en compte le fait qu'ils ne soient pas seuls.

" Ah! Vous allez droit au but. Dommage, car vous vous êtes gourés de direction. Je suis un simple voyageur sans le moindre titre honorifique, vous m'en voyez attristés. Et si cela peut vous réconforter, je ne viens pas vous séduire, ma belle dame, simplement m'enquérir un peu de votre compagnie, vous voyez? Gardez votre couche, elle ne m'intéresse pas. La seule chose dont j'ai actuellement envie est de me reposer, après le tumulte de cette journée, mais je ne vous laisserai pas cette joie."

Le lycan ne perdait pas pieds face à l'elfe qui avait été des plus désagréable avec lui. Il n'avait visiblement pas retenu les mots qu'elle avait porté à son attention. L'agacement commençait à monter en elle et les flammes dans l'âtre s'agitaient de manière irrégulière. Aucune bourrasque ne les agitaient et, pour un fin observateur, il aurait été simple de deviner que l'elfe était la cause de cet étrange phénomène. Les cheveux de l'elfe étaient soigneusement noués sur sa nuque alors qu'elle regardait ses gants de cuir qui étaient restés posés sur la table de bois. Ses mains étaient sérieusement abîmées par la violente bataille à laquelle elle avait participé. Son bandage au niveau du bras était caché par son épaisse chemise de lin ainsi que par sa cape qu'elle n'avait pas encore détaché. Puis, l'homme sembla reprendre ses esprits et se souvenir des propos de l'elfe, annonçant alors un débat houleux dans lequel l'elfe ne serait pas la première à lâcher prise.

" Par-contre, il y a bien une chose que je ne saurai tolérer. Qui êtes-vous pour oser critiquer mon éducation? C'est bien l'unique chose que jamais je ne renierai. Mais bien sûr, vous, vous êtes une elfe. Vous, votre savoir est inné. Foutaise. Vous devriez revoir la votre.
Un enfant? Ah, je comprends désormais pourquoi on apprécie guère les elfes et leur arrogance démesurée. Voyez vous, ma très chère Izilbêth, la sagesse ne s'acquiert pas avec l'âge, mais avec l'expérience. Ces deux éléments sont certes liés mais indubitablement distincts. Et vous me traitez d'enfant car votre existence est plus longue que la mienne sur ces terres? Bah! Si celle-ci est creuse, où est l'intérêt? Vous voulez m'imposez le respect suite à votre âge? Stupidité. Le respect se mérite."


Les propos du jeune homme allait mettre l'elfe dans une rage sans pareille. Elle n'était pas des plus juste depuis la bataille et avait tendance à avoir quelques légères tendances colériques. Elle plissa alors le nez en regardant le lycan et souffla un long moment, signe de son agacement à l'encontre de cet homme un peu trop collant à son goût. Elle ne remarquait pas les regards insistant de la part des vampires qui la regardaient d'un air intéressé. Visiblement, ici, quelques personnes savaient qui elle était véritablement. L'elfe fronça alors les sourcils et détacha sa cape, la posant sur le dossier de la chaise alors qu'elle observait le jeune homme longuement, sans véritablement savoir quoi lui répondre avant de ne prendre une longue inspiration.

- Mon âge, aussi avancé que vous puissiez le penser n'a aucune incidence avec le respect que vous devez m'apporter. Il est juste normal de la part d'un homme de se montrer courtois avec une dame. Cependant, si votre bêtises n'a d'égale que votre puanteur, je ne vois pas comment vous faire comprendre autrement que par des mots que votre présence m'importune. Que souhaitez vous ? Des pièces ? Je ne donne pas aux mendiants. Et votre allure me laisse à penser que vous avez encore la capacité physique pour travailler et ainsi gagner de vous même votre croûte. De plus, je ne vois pas ce qui vous permet d'avancer le fait que je ne possède pas l'expérience que je prétend avoir. Si vous me le permettez, je vais changer de place, votre simple odeur me dérange.

L'elfe était véritablement en colère. Le feu dans la cheminée s'agitait de plus en plus alors que les vampires derrière la jeune femme semblaient se préparer à une attaque. Izilbêth, dont les réflexes étaient clairement amoindris ne verrait rien arriver. Elle ne se doutait pas de l'avenir qui lui était réservé maintenant que ces vampires avaient mis le grappin sur elle. Izilbêth lança un regard emplis de haine au lycan alors qu'elle glissait sa main sur le fourreau de sa dague qui était noué à sa cuisse. Un éclat argenté fut perçu lorsque quelques centimètres de la lame sortirent. Des loups avaient tentés de la dévorer, elle ne pouvait faire confiance à l'un d'entre eux. Elle s'attendait alors à le voir bondir à sa gorge après de telles provocations de sa part. Elle se devait de rester sur ses gardes. Imaginant déjà le pire des scénarios, l'elfe était à des kilomètres d'imaginer le destin funeste qui planait au dessus d'elle. Une voix arriva alors à ses oreille. L'un des vampires murmurait à l'attention de l'un de ses compagnons.

- Il est temps..

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MessageSujet: Re: A Cold Skin (Part 1)   Mer 23 Jan 2013 - 23:22

L'écume de la bière frappait la paroi de verre dans un sourd chaos tandis que les mains du lycan agitaient nerveusement sa chope dont le contenu tanguait dangereusement, manquant de s'échapper de la prison translucide. Sur une brusque impulsion, il porta la choppe à ses lèvres et la boisson s'engouffra dans le gosier sans laisser trainer une seule trace. La bière finit ensuite sur un coin de la table, dépouillée de tout intérêt. Les lèvres pincées, le lycan fixait l'elfe, une rage amère habitant le creux de ses yeux. Il ne savait pourquoi mais cette femme l'agaçait, terriblement. Était-ce son orgueil ou bien encore la condescendance qu'elle inspirait? Erian ne sut quoi dire, à part qu'elle semblait le mépriser en tout point, ce qui était compréhensif, vu les évènements récents. Il plongea sa tête entre les mains, désireux d'évacuer cette haine inutile, cette tension chimérique. La fatigue l'accablait, cette joute verbale l'accablait, cette femme...

Puis vint le moment où l'elfe se décida enfin à lui répondre, et le lycan écouta ses propos avec avidité:

" Mon âge, aussi avancé que vous puissiez le penser n'a aucune incidence avec le respect que vous devez m'apporter. Il est juste normal de la part d'un homme de se montrer courtois avec une dame. Cependant, si votre bêtises n'a d'égale que votre puanteur, je ne vois pas comment vous faire comprendre autrement que par des mots que votre présence m'importune. Que souhaitez vous ? Des pièces ? Je ne donne pas aux mendiants. Et votre allure me laisse à penser que vous avez encore la capacité physique pour travailler et ainsi gagner de vous même votre croûte. De plus, je ne vois pas ce qui vous permet d'avancer le fait que je ne possède pas l'expérience que je prétend avoir. Si vous me le permettez, je vais changer de place, votre simple odeur me dérange. "

Un long discours, teinté d'une colère silencieuse. Nul doute qu'il l'avait irrité, et pourtant elle conversait une certaine retenue, ses mots polis mais tranchants comme la lame d'une épée. Il demeura quelques instants, penché sur le bord de sa chaise, à méditer ses propos, préparer une relance encore plus acerbe quand elle esquissa un geste qui lui octroya une brève surprise. L'elfe avait la main à l'arme, à l'affut d'un combat. L'éclat de la lame vint percuter la sombre pupille de ses yeux, dont la paupière vint vite dissimuler le relent de haine qui émanait. Ainsi, elle le menaçait? Parcouru d'une animosité trépidante, le lycan vint frapper du poing le bois pourri de la table, dont le vernis écaillé exhibait désormais une nouvelle blessure. Un brusque silence envahit la salle, seul le crépitement anormal des flammes affolées retentait encore dans ce vide lugubre. Erian demeurait face à l'elfe, le bras tendu, silencieux, prêt à exploser au moindre instant. Quand un sourd bourdonnement vint se manifester, écho de voix étouffées et de murmures relâchés, provenant du fin fond de la pièce. Son ouîe hors norme agrippa quelques mots qui se prononçaient:

"Un lycan. Non. Un chien. Il pue. Oui. Son sang est faible. La femme. Pas ordinaire. Oui. Elle crie, le vent souffle. Coïncidence. Non. Son cœur est l'astre du ciel. Sang puissant. Oui. Doit-on...? Il est temps... Non. Patience. Nous devons être certains."

Le lycan se retourna aussitôt, une pensée alarmante envahissant le cœur de son esprit. Qui étaient-ils? Sang puissant.... Erian avait juré avoir entendu ces mots autrefois, dans une époque refoulée, un rêve ressassé. Et là, l'erreur se produisit. L'homme, le chasseur de vampires, ennemi éternel, leur tourna le dos, préoccupé de répondre à la verve d'une femme, rongé par une stupide envie de vengeance. Le lycan cracha à l'égard de l'elfe les paroles qui allèrent sceller son histoire:

" Mon odeur vous enquiquine ma chère dame. J'ai traversé une forêt pleine de boue des heures durant, alors que vous vous occupiez surement à vous prélasser dans cette auberge! C'est ainsi que vous vous conduisez avec tous les hommes qui vous abordent? Votre palmarès ne doit pas être fameux! Vous avez beau être une femme charmante, cela ne m'étonnerait guère que quelqu'un vous ait déjà quitté pour une autre, vu votre caractère exécrable. Un troll serait plus fréquentable. Dommage pour vous, je vais rester. Ma présence vous importune? Tant mieux! C'est toujours un plaisir."

Un sourire narquois ornait son visage, trophée de son discours empli de véhémence. Or son triomphe fut de courte durée, l'établissement soudainement épris d'un tremblement provoqué par les bourrasques qui fouettaient les murs de l'auberge. Aussitôt, le groupe de vampires se dressa sur leurs membres, une lueur pétillant dans leur regard. Le chef du groupe, un membre au teint et à la longue tignasse blanchâtre échappa un murmure qui parvint aux oreilles du lycan.
"Il est temps. Son sang est puissant. Naturae Vim s'en abreuvera. Va chercher les autres, sois discret."
Un des inconnus quitta leur table et franchit alors la porte de l'auberge, mimant à ses compagnons des adieux factices, avant de laisser la taverne et ses clients. Et Erian, tétanisé. Naturae Vim. La source de son chagrin. De son mal. Le clan de vampires qui avait traqué sa mère, qui l'avait arraché à sa vraie famille et qui avait détruit sa famille adoptive. Naturae Vim, il y a désormais trois ans, le clan qui avait détruit sa vie. Une goutte de sang perla de ses lèvres, et s'écrasa sur le plancher dans un éclat pourpre. Le sang pour le sang.

Alors que la fureur s'emparait peu à peu de ses membres, qu'une animosité bestiale réprimait peu à peu son humanité, un détail vint l'extirper de la folie. Ils venaient pour cette femme, cette elfe qu'il méprisait et qui le méprisait. Et après l'insulte qu'il venait de lui cracher au visage, ce n'était qu'une question de temps avant que sa colère explose et répande son courroux. Le lycan décocha un regard interrogateur à l'elfe, avide de savoir pourquoi elle manifestait l'intérêt des vampires. Il se remémora leurs propos et un éclair de révélation vint lui traverser la tête:

* Elle crie, le vent souffle... De la magie? Non... cela n'existe pas. Pourtant.... cela expliquerait... Merde. Elle est en danger. Bordel de merde, je fais quoi?*

Il tendit alors la main vers l'elfe, une confusion assourdissante faisant trembler ces doigts. Dans un souffle, il tenta de marmonner une excuse, un avertissement, mais ne parvint qu'à proférer une bouillie de mots incompréhensibles. Trop tard. La réponse de l'elfe fut sans appel.


Sème le vent, récolte la tempête.
Et le vent hurle.
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MessageSujet: Re: A Cold Skin (Part 1)   Jeu 24 Jan 2013 - 23:00


" Mon odeur vous enquiquine ma chère dame. J'ai traversé une forêt pleine de boue des heures durant, alors que vous vous occupiez surement à vous prélasser dans cette auberge! C'est ainsi que vous vous conduisez avec tous les hommes qui vous abordent? Votre palmarès ne doit pas être fameux! Vous avez beau être une femme charmante, cela ne m'étonnerait guère que quelqu'un vous ait déjà quitté pour une autre, vu votre caractère exécrable. Un troll serait plus fréquentable. Dommage pour vous, je vais rester. Ma présence vous importune? Tant mieux! C'est toujours un plaisir."

Les vampires avaient dit quelques chose. Mais l'elfe, bien trop focalisée sur son nouvel adversaire n'avait pas pris le temps d'écouter les paroles de ceux-ci. Elle ignorait totalement qu'elle était à présent en grand danger de mort. En effet, de par sa différence, elle encourait désormais un risque des plus singulier. Ses "pouvoirs" représentaient désormais un objet de convoitise pour les vampires qui semblaient l'avoir suivit. Après avoir ouï les diverses mésaventures de la jeune femme au tempérament volcanique. Soudain, l'elfe comprit les propos du lycan. Son visage se figea et se dénua de toute émotion alors que l'elfe fixait l'homme face à elle sans plus bouger. Il avait prononcé les uniques mots qui pouvaient véritablement blesser l'elfe. Il avait tapé au seul endroit où Izilbêth était susceptible de souffrir. Le seul endroit qui rendrait la jeune femme folle de rage. Lentement, les bourrasques de vents devinrent de plus en plus puissantes, faisant trembler les murs de la taverne alors que les vampires se dressaient dans le dos de la jeune femme, semblant préparer un assaut. L'elfe, alors désormais, emplie d'une rage sans pareille se rua sur la lycan qu'elle attrapa à la gorge d'une poigne de fer, l'observant fixement dans les yeux alors que ses doigts se serraient sur la peau du lycan. Une fureur sans nom brûlait dans le regard de l'elfe qui fixait son adversaire d'un air défiant. Elle était déterminée à le faire souffrir. Si elle avait été seule avec lui, elle l'aurait probablement torturé. Car bien qu'il ne soit qu'un inconnu sûrement un peu éméché, il avait osé prononcer les mots qui ravageraient l'elfe durant de long moment à compter de maintenant.

C'était la raison principale pour laquelle elle s'était laissée dépérir. Elle avait connu l'amour, quelques années auparavant. Elle aussi, avait cru aux propos utopistes d'un homme qui l'avait tout bonnement manipulée. Elle l'avait aimé, de tout son coeur. De tout son être. Elle lui avait offert ce qu'elle avait de plus précieux et lui avait fait confiance. Elle avait osé croire à ses mensonges et le désespoir n'avait été que plus ravageur. Elle avait frôlé la mort. Tant son coeur était devenu glacial. Depuis ce jour, elle n'avait plus jamais connu l'amour. Elle avait toujours savamment éviter les hommes auxquels elle n'aimait pas se frotter de peur qu'il ne tente de la bafouer de nouveau. Tout dans ses gestes laissait filtrer le fait qu'elle soit rongée par une profonde peine. Les horreurs de la guerre n'avaient rien arrangé. Et le simple fait qu'un chien puant lui rappelle à quel point elle était seule venait de déchaîner en elle une fureur que peu de personnes avaient pu voir.

Les murs de la taverne tremblaient tant les rafales de vent à l'extérieur étaient puissantes. Soudain, une fenêtre s'ouvrit sous la puissance du grand soufflant tandis qu'Izilbêth, prise d'une colère presque surnaturelle soulevait le lycan qui devait peser bien 20 kilos de plus qu'elle par la gorge. Son regard, habituellement translucide se colora de noir. Son visage se figea alors que ses doigts n'avaient de cesse de se serrer contre la gorge du lycan. Une rafale éteignit les bougies qui éclairaient la taverne alors qu'une véritable tempête de neige se déchaînait à l'extérieur. C'était presque comme si la terre était en train de s'écrouler. Le tenancier de la taverne commença à s'agiter alors que diverses personnes présentes dans la bâtisse criaient déjà au retour du blizzard. Ce n'était pas le blizzard, seulement la haine d'une elfe qui n'avait été que bien trop bafouée. Les vampires dans son dos commencèrent à s'agiter. Ils préparaient leur attaque sans que l'elfe ne se rende compte qu'elle était la cible d’évènements dont elle ignorait beaucoup de choses. Elle serra alors les dents et regarda le lycan sans desserrer sa prise sur la gorge de celui-ci. Il avait tenté de lui parler. Mais dès lors que les mots avaient été prononcés, l'elfe ne voyait plus rien. Elle ignorait tout ce qui se trouvait autour d'elle désormais et sa seule idée était de faire payer cet homme qui avait osé la provoquer lorsqu'elle siffla entre ses dents.

- Qui êtes vous pour prétendre pouvoir juger une personne dont vous ignorez tout ? Votre statut ridicule de petit rat puant ne vous donne pas le droit de vous en prendre gratuitement aux gens sous prétexte qu'ils n'ont pas voulu vous accorder le temps que vous avez eu la présomption de leur demander de prendre pour votre petite personne. Vous n'êtes rien. Rien de plus qu'un ver insignifiant sur cette terre. Et votre affront, vos mots et votre regard fier ne vous permettra à rien si ce n'est qu'à provoquer le courroux de toutes les personnes qui croiseront votre route. Votre puanteur n'a d'égale que votre méchanceté. Si ce n'est pas de mes mains, vous mourrez un jour d'avoir été trop fier.

Les mots de l'elfe résonnaient avec une étrange acidité. Comme si, désormais, une haine sans pareille avait pris le contrôle de son esprit. Plus rien ne raccrochait l'elfe à la réalité, elle était désormais contrôlée par une rage qui l'emplissait de tout son être. Les vampires eux, s'agitaient de plus en plus à mesure que l'auberge tremblait sous la violence des rafales. Soudain, la porte s'ouvrit de nouveau dans un fracas assourdissant. Un craquement sourd se fit entendre au dessus de leurs têtes avant qu'une poutre soutenant le plancher de l'étage supérieur ne s'effondre, suivie par de nombreuses autres. L'auberge s'effondrait sur elle même. Probablement fragilisé par la violente tempête de neige qui agitait désormais les bois autour d'eux. L'endroit était méconnaissable, ravagé par un vent violent et des chûtes de neige abondantes. Désormais que l'auberge s'effondrait sur elle même, il leur fallait fuir. Izilbêth lâcha le lycan et tourna la tête, tombant nez à nez avec un vampire qui la scrutait attentivement. Une main se posa sur l'épaule de l'elfe et dans un dernier souffle, elle ne put entendre que quelques mots.

- Le sang est puissant.

Soudain, tout fût noir autour d'elle et elle s'écroula contre le vampire qui ne tarda pas à l'attraper pour la jeter sur son épaule. Dans le dédale de planches, de neige et de vents violents, Izilbêth était emmenée par un groupe de vampire qui s'enfonçait déjà dans les bois. A présent que la furie était mise hors d'état de nuire. Le vent cessa et la neige tomba en quelques flocons cotonneux. Recouvrant seulement les empreintes vampiriques alors que l'auberge n'était plus qu'un tas de débris.

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MessageSujet: Re: A Cold Skin (Part 1)   Dim 27 Jan 2013 - 22:18



Une scène pareille reste à jamais ancrée dans votre esprit. La figure gracieuse de l'elfe, déformée par la rage et la haine, le bras tendu, les fins muscles saillants et crispés, la poigne de sa main parcourue de veines pourpres et gonflées... et le lycan hoquetant, dépouillé de son souffle, la bouche ouverte, proférant des paroles inaudibles. L'échine parcourue de spasmes, il tentait de se dégager de l'étreinte de l'elfe qui lui broyait la gorge, en vain. Mais la fatigue avait raison de lui et la rage de l'elfe étriquait le moindre élan de vitalité du lycan. Ses yeux lui jetaient une abjecte rancune qui lui était indirectement destinée, lui le fautif de ce tumulte impardonnable. Autour d'eux, l'établissement grondait, secoué par le hurlement du vent qui écorchait les fondations de son souffle. Il n'y avait point de doute à entretenir, cette femme était anormale, on aurait dit que la tempête de fureur qu'elle entretenait dans son crâne se matérialisait dans ce monde lugubre qu'elle châtiait de son courroux. La raison la quittait peu à peu, sa condescendance perdant tout décence se manifestait désormais sous la forme d'une rage brute. Les pieds du lycan quittèrent le sol, l'achevant de récupérer la moindre once de souffle et d'espoir. Les mots jaillirent de sa bouche, mais sans âme, sans énergie, que l'elfe ne prit même pas la peine d'écouter. Enfin, elle cracha son venin à la figure du jeune homme, tétanisé par les évènements:


"Qui êtes vous pour prétendre pouvoir juger une personne dont vous ignorez tout ? Votre statut ridicule de petit rat puant ne vous donne pas le droit de vous en prendre gratuitement aux gens sous prétexte qu'ils n'ont pas voulu vous accorder le temps que vous avez eu la présomption de leur demander de prendre pour votre petite personne. Vous n'êtes rien. Rien de plus qu'un ver insignifiant sur cette terre. Et votre affront, vos mots et votre regard fier ne vous permettra à rien si ce n'est qu'à provoquer le courroux de toutes les personnes qui croiseront votre route. Votre puanteur n'a d'égale que votre méchanceté. Si ce n'est pas de mes mains, vous mourrez un jour d'avoir été trop fier."


L'acerbité de ses propos ne masquait pas pour autant un détail, en aucun cas, elle n'avait remise en doute ses arguments, ne s'attaquant qu'à son détracteur et blâmant sa personnalité puérile. Alors le lycan eut une once de remords. Il avait misé juste et l'avait poignardé en plein cœur, creusant à même une blessure déjà béante. Or, pas un instant, il n'avait pensé que l'elfe se préoccuperait de tels détails. Pas un seul instant. Elle semblait si hautaine, si juste, que l'idée même qu'une seule de ses railleries puisse l'affecter ne lui avait effleuré l'esprit. Lentement, sa conscience le quittait, l'oxygène lui faisant cruellement défaut. Dans une ultime tentative de rompre son étreinte mortelle, il agrippa son bras de ses deux mains dans le but de la repousser, mais l'elfe tenait bon. Alors que tout virait au plus mal.

L'auberge, déjà à moitié désossée par le fouet de la tempête, était devenu le théâtre d'une bien étrange comédie. Deux personnages au centre de la pièce, en pleine lutte, stoïques, intemporels, et autour d'eux, les gens criaient, paniquaient, s'époumonaient... et les vampires affluaient. Ceux déjà présents dans l'établissement s'approchaient dangereusement, une courte arme en main, prêts à bondir au moindre instant. D'autres, se précipitant comme la peste dans ce lieu pourri, venaient aussitôt renforcer leurs rangs, déjà bien trop nombreux. Le vacarme de la tempête couvrait leur pas et leurs cris, mais pas leur odeur, abjecte et fétide, témoignant de l'abandon complet de leur humanité. Tous portaient de longues étoffes, qui cachaient leur crasse et leur armes, usées et rouillées par les douces tendresses des massacres.
Puis, tout se déroula en un éclair. Une poutre craqua. Et tout s'effondra.

Erian sombra.
Le lycan erre dans les ténèbres de son être.
Le loup noir détale, effrayé par l'homme . La faim, le froid, la fatigue. Le corps.
Le loup noir s'approche, intrigué par l'homme. La joie, la tristesse, la colère, la crainte. Le cœur.
Le loup noir reste, aimé par l'homme. L'éducation, l'amitié, l'amour, la famille. La vie.
Le loup noir hurle, aidé par l'homme.

Et le vent hurle.


Une brusque inspiration s'engouffra dans son gosier, brulant et déchiré, la vie réincarna ce corps inanimé. Un spasme vint parcourir son échine. Et Erian ouvrit les yeux, sur un monde de décombres. L'auberge n'était plus que ruines, les gravats s'amoncelaient dans le présumé salon , où les poutres et planches s'enchevêtraient dans un capharnaüm impossible. Quelques flaques de sang venaient agrémenter ce spectacle lugubre, où la vie venait d'être odieusement chamboulée. Des clients gisaient là, titubant , tentant de se frayer un chemin dans les décombres. La plupart étaient intacts, protégés par on ne sait quel miracle ironique, tandis que d'autres demeuraient mutilés à vie, leurs membres charcutés par la violence des projectiles soufflés par l'ouragan. Le lycan se releva peu à peu, manquant de s'effondre plus d'une fois dans les ruines de la taverne, pour prendre appui sur une béquille improvisée, composée d'un pied de table à moitié entaillé. Pourtant, dans leur malheur, les divinités leur avait accordé un brin de miséricorde, car les fondations avaient tenu bon. Les murs, derniers fossiles de cet ère achevée, demeuraient les seuls debout, éternels triomphants de leur lutte envers la colère du ciel.

Erian appliqua la paume de sa main dans ses cheveux, les ébouriffant d'autant plus. Il avait rêvé, encore. Le songe d'une nuit d'encre, sa plus grande crainte. Un bref frisson vint traverser son échine, ses membres aussitôt saisis de tremblements. Qu'elle était la signification de tout ceci? Ce rêve perpétuel qui le traquait sans relâche, comme le harcelant d'un message chimérique. Pourtant, le vieillard de la tribu de Tarik lui avait assuré que les dieux lui susurrait un quelconque avertissement:

"Les rêves révèlent des profondeurs de l'inconscient. Ils sont nos désirs et pêchés, nos dégouts et vertus. Ils témoignent du passé, du présent et du futur de notre vie. L'identifier revint à identifier l'essence qui anime notre corps. Celle que l'on appelle l'âme."

Il ne tarda pas à être extirpé de ses réflexions. Un bonhomme joufflu, le teint violacé par le colère, vint se jetter au cou du lycan, lui cracher sa verve. Erian ne répliqua rien, complètement déboussolé, assommé par le marteau du destin. Des pensées acides alors le saisissaient, foudroyant son esprit d'une profonde anxiété.. Combien de temps avait-il ainsi gisé au sol? Où étaient les vampires? La tempête? L'elfe? Il se massa douloureusement le crâne, afin d'évacuer cette migraine qui le harcelait. Enfin, le tavernier finit son discours et alla culbuter ce qui lui restait de comptoir avec des coups de genoux, démonstration de sa fureur envers la ruine de sa vie. Un vieillard sur le bas-coté, trainait sur une pierre le fixant ardemment, lui reprochant un quelconque affront dont il aurait été issu. Erian émit un léger recul, épris d'un malaise, puis baissa la tête, la mine penaude, marmonnant une excuse:

"Encore une erreur.
Le vieillard cracha un généreux molard qui vint asperger le plancher délabré.
-L'erreur est humaine.
Le lycan, étrangement, ne fut pas surpris de sa réponse. D'un air naturel, il lui répondit alors d'une pirouette:
-Je suis lycan.
Et le vieillard souria:
-Et qu'est-ce qu'un lycan?
Le lycan s'apprêta à ouvrir la bouche, préparant une réponse. Rien ne sorti. Foutu vieillard.
-..."

Erian demeura ainsi quelques instants, hébété, réorganisant ses pensées. L'elfe avait été capturée par les vampire de ce clan maudit, pour un dessein encore plus sombre. Cette femme, il le savait, la détestait. Pour quelle véritable raison, encore, il l'ignorait. Mais pourtant, elle ne méritait pas un aussi cruel destin. Pas par eux. Le lycan jeta son béquille de fortune dans la poussière, et s'avança d'un pas résolu vers l'entrée de la porte, le tavernier tenta bien de l'arrêter mais en vain. Un détail dans les débris vint attirer son attention. La cape de l'elfe ornait une chaise intacte, délaissée par son propriétaire. Il s'enquit de la récupérer, la jetant sur le coin de l'épaule, puis enfin quitta l'établissement en ruines. Le lycan pressa alors le pas, conscient que la route serait longue. Car la destination, il la connaissait. La même que lui et sa famille avait décidé lorsqu'ils étaient partis à la traque de Naturae Vim. La même où ils avaient été massacrés à cause de l'erreur d'Erian. Le puits de la plaine des supplices, "L'entaille de la plaine" à Màvreah. Le foyer de ce clan de vampires dégénérés, le foyer de sa haine.
Ce clan, il ne le connaissait que trop bien. Ils étaient la cicatrice qui balafrait son esprit, le venin qui circulait dans ses veines.
Et il était temps de panser ses plaies.

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