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 A Blood Skin (Part 2) [Terminé]

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Erian
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MessageSujet: A Blood Skin (Part 2) [Terminé]   Jeu 31 Jan 2013 - 18:59





Le sang a coulé, mais la plaie cicatrise. Le sang est puissant, mais le cœur est inerte.  Le sang a transmis, mais le corps l'ignore. Le sang est froid, mais l'homme brûle.
Naturae Vim

D'un revers de la main sur son front luisant, une mèche de cheveux fut arrangée et dégagée sur le côté, n'obstruant plus sa vue. Le souffle court, pris par la rudesse du voyage, le lycan avançait, le pas hâtif, les sourcils froncés, sa détermination fixée. Il ne portait alors qu'un simple sac de cuir grossièrement rapiécé, dont la lanière était jetée autour des épaules, qui renfermait la plupart de ses effets personnels qu'il avait récupéré lors du voyage. La cape de l'elfe était nouée autour du cou et lui retombait sur le bas du corps, dissimulant son dos. De cette manière, même sous forme animale, Erian conservait ses objets usuels, bouclés à son collier. Le lycan avançait ainsi à la poursuite de l'elfe et de ce clan pourri, à travers plaines et forêts, des journées entières durant. Et avec en prime, un canasson à ses trousses.
Le cheval, celui-là il ne l'avait pas oublié. A sa sortie de l'auberge, un étalon noir épris d'une démence fulgurante hennissait comme un désaxé sur le palier de la mort. La bête enragée, attaché dans l'écurie, tentait de rompre ses liens en emportant la poutre auquel il était entravé dans son élan. L'épais morceau de bois grinçait, se fendillait mais jamais ne céda, tandis que l’étalon redoublait d'effort, aveuglé par la rage. La première pensée du lycan fut immédiate, appartenait-il à l'elfe? Sa bouche esquissa un sourire. Un cheval hystérique pour une femme hystérique. Cela lui convenait bien. Il s'approcha de la bête, manqua de peu de se prendre un coup de sabot en pleine poitrine et défit ses liens d'un coup de dague bien avisé. Le cheval rua et détala, bousculant promptement le lycan qui alla s'écraser dans une botte de foin, abasourdi.

D'un crachat tonitruant, le lycan expulsa les brins de paille qui s'étaient engouffrés dans sa bouche et vint faire face à son agresseur. Celui-ci s'était étrangement calmé, après avoir galopé comme un dératé dans l'écurie, traçant des cercles inutiles. Le souffle puissant, celui s'approchait à petit pas du lycan, qui pris d'un gain soudain de courage, leva doucement la main vers lui, en guise de l'apaiser. La réaction du canasson fut sans appel, la bête poussa un hennissement strident qui résonna dans la pièce et lui décocha un coup de sabot en plein front qui propulsa  le lycan dans sa botte de foin favorite. Erian se releva, tout bougonnant, fixant la bête agitée. C'était officiel, il n'en tirait rien de bon, elle ne semblait obéir qu'à son propriétaire et celle-ci était momentanément indisponible, d'ailleurs la bête l'avait surement pressenti d'où sa folie passagère. Erian poussa un juron et quitta l'écurie, agacé par cette perte de temps inutile. Quelques dizaines de mètres plus loin, alors qu'Erian s'apprêtait à entamer une courte course pour rattraper les minutes qu'il avait gaspillé, un battement supplémentaire vint se mêler au bruit de ses pas. La bête le suivait, à une courte distance de lui, méfiante mais intriguée. Ses yeux louchaient sur l'atour de l'elfe, le dévorant du regard. Avait-elle reconnu sa provenance? Bah, de toute manière, elle finirait bien par se lasser. C'était ce que pensait le lycan.
Or, après plusieurs jours de route, le cheval trottait toujours derrière lui.


Erian entreprit une escale à la cité de l'Aurore, désireux de renouveler ses provisions et son équipement avant d'avancer à l'ultime étape, la Plaine des supplices. Hélas, un détail sérieux le chagrinait: l'or. Il était à sec et la situation ne s'était pas arrangé depuis le drame de l'auberge. Les quelques pièces d'or, qui avaient jusque là résisté aux assauts du capitalisme, avaient été engloutis sous les gravats, sans laisser aucune trace. Il déambula longtemps dans les rues, en quête d'une idée révolutionnaire qui lui accorderai l'équipement tant désiré, mais rien ne vint. Et inutile de demander de l'aide à un ami, il n'en avait aucun. Quand soudain, vint enfin l'éclair de génie tant attendu.
*Pas un ami...non...et un parent...?*
Effectivement, lors du massacre de la famille Héremnie, une personne autre que lui avait subsisté. Et cette personne s'appelait Adesor, le mentor qu'il avait aimé et le mentor qu'il avait trahi, en ne révélant pas sa nature lycanne. Mais pouvait-il vraiment venir quémander son aide? Indirectement, il avait été le bourreau de sa propre famille et Adesor lui en tenait une immense rancune, ses paroles, encore aujourd'hui, résonnent à ses oreilles:
«  Tu as à la fois détruit et sauvé ma vie. C’est pourquoi je ne te dénoncerai pas. Mais que je ne te revois plus jamais, sinon je pourrais bien faire une chose dont je regretterai toute ma vie. Maintenant sors d’ici. Et ne reviens pas. »
Et une fois de plus, il allait lui désobéir. Un sourire amer s'afficha sur sa bouche morose. Quel élève ingrat il faisait...

L'entrevue avec son ancien tuteur débuta dans des circonstances catastrophiques. Le lycan déboula dans son ancien domaine familial, qui était devenu un simple bar, alors que l'établissement était bondé de clients et par la même occasion, Adesor surchargé. Dès que le vieil homme aperçut Erian franchir le seuil de la porte, son sourire s'était évaporé et son visage présenta un masque de rigueur et d'indifférence. Plusieurs heures durant, il l'ignora ainsi, ne dédaignant même pas à venir à sa table pour prendre sa commande. Le lycan dut se lever et agripper son bras dans une tentative désespérée d'acquérir son attention, ce qui, dans un certain sens, fut un succès retentissant. La rage d'Adesor explosa et les insultes volèrent frénétiquement dans la taverne, le vieux maître fulminait littéralement, assurant qu'il avait juré de plus jamais croiser sa route. Leur querelle verbale s'éternisait, ressassant les vieilles rancœurs du passé quand enfin un terme parvint à désamorcer leurs altercations. Naturae Vim. Le lycan ne s'en arrêta pas là pour autant et s'enquit de lui décrire les évènements récents auquel il avait été confronté. L'elfe, les vampires, l'enlèvement. Pendant ce temps, son mentor l'écoutait attentivement, la mine soucieuse dont quelques bribes de rancune subsistaient. Puis Erian termina son récit et Adesor, le regard fuyant, se grattait nerveusement les cheveux, l'esprit désemparé. Le silence s'empara de la pièce, instaurant une atmosphère froide et embarrassante dont plusieurs clients ne supportèrent pas la pression qui s'en dégageait et fuyaient la taverne.

Enfin, le vieil homme se décida à briser le silence, la voix rocailleuse et déchirée par le conflit d'émotions dont il était victime:

" Est-ce pour cela que tu es revenu?
-Oui"
Un air grave s'affichait sur le visage de son ancien tuteur, dévoré par les remords et la rancune. Il lui tourna ensuite le dos, et quitta la pièce pour disparaitre derrière une porte, qu'il s'empressa de refermer. Erian demeura ainsi, plusieurs dizaines de minutes, rongeant sa patience à petit feu. Allait-il seulement revenir? Peut-être n'avait-il pas voulu raviver ce sujet douloureux et avait préféré la fuite...mais cette honteuse idée se volatilisa aussitôt que le vieux barman fit irruption dans la pièce, les bras chargés de marchandises. Il étala ses possessions sur une table avoisinant, un certain air satisfait ornant ses lèvres.
"J'ai réussi à conserver bien peu de choses depuis le déclin de la famille. C'est tout ce qui me reste. Toi et ces vieux outils sont les derniers fragments de ce passé révolu. Emporte les avec toi! Je n'en ai cure."
Cet héritage misérable recélait pourtant quelques perles: diverses armes dont la lame était forgée en argent, aiguisées et prêtes à trancher, des fioles contenant de l'essence d'ail, répulsif naturel contre les vampires, de la poudre inflammable et quelques explosifs artisanales qui embrasaient la pauvre cible de l'explosion. Parmi les armes présentées,  une attira son attention, une longue épée à la garde simple et à la lame fine, souple à manier et son tranchant fendant l'air comme nulle autre. Le mentor laissa transparaitre un léger sourire amusé tandis que le lycan moulinait dans le vent de la pointe de son épée, avant de se reprendre et de le rediriger vers l'entrée, la mine résolue.
"Voilà quelques provisions avec ceci, pour que tu puisses tenir la route. Maintenant, pars. Tu t'es déjà trop attardé ici."
Erian hocha de la tête, réprimant une soudaine angoisse qui creusait son coeur, à l'idée ne plus jamais revoir l'être qui l'avait accompagné durant toute son enfance et l'avait chéri. Sur le palier de la porte, alors que le lycan s'apprêtait à reprendre sa route, Adesor ajouta brusquement:
"La vie est étrange. Seuls toi et moi avons survécus ce jour-là et ce n'est pas sans raisons. J'ai joué mon rôle, à toi de jouer le tien. Parachève l’œuvre de notre famille, Erian.
Et sache que malgré tout...j'ai toujours cru en toi."

Et la porte claqua.

Cela faisait désormais cinq jours depuis l'apparition de Naturae Vim, cinq jours qu'il entreprenait un voyage épuisant, détalant jours et nuits, alternant les formes animales et humaines, le cheval toujours sur ces talons. Et cinq jours que l'elfe avait été enlevée et menée au sacrifice. L'idée qu'il ne puisse arriver à temps l'obsédait plus que tout, son sommeil en était rapiécé et des cernes striées ornaient le coin de ses yeux. Car bien qu'il la méprise, il l'avait sévèrement blessée et une profonde culpabilité hantait le creux de son cœur. Le lycan haïssait la souffrance plus que tout. Après le massacre de son clan, il avait vécu des années dans la solitude, rongé par le remord, torturé dans l'âme et la raison. Son estime de soi en avait été chamboulé et une profonde anxiété l'habitait continuellement, parfois même provoquait des crises qui l'amenait à se métamorphoser. Et au fond, ce qui l'agaçait, la source du mépris envers cette femme hautaine, recelait une vérité qu'il voulait à tout prix ignorer. Car, elle était comme lui.

Le lycan redoubla d'attention lorsqu'il pénétra dans les terres de Màvreah. Il cessa toute métamorphose, de peur que celle-ci vienne hors de contrôle à la vue d'un quelconque vampire, et se frayait un chemin à travers les fourrés, dans l'exquise prudence de ne pas être mis à découvert. Le cheval demeurait toutefois un problème préoccupant, sa discrétion était inexistante et il refusait catégoriquement d'obéir aux commandes du lycan, ce qui l'énervait au plus haut point. Bah, les vampires ne se soucieraient certainement pas d'un cheval, quasiment sauvage de surcroît. Après avoir fait l'inventaire de son équipement, l'épée à la ceinture, les boules de poudre ainsi que les fioles en poche, Erian reprit son avancée d'un pas plus hâtif. Le soleil dominait encore le ciel de sa splendide auréole, le bombardant de ses rayons étouffants. Et au bout de quelques heures, enfin, son voyage s'acheva. Il était arrivé dans la plaine des supplices.





A peine arrivé, il scruta l'horizon, en quête de leur camp, sans rien discerner. Ils devaient certainement déjà camper près du puits, prêt à accomplir leur odieux forfait. Ses pas avancèrent sur le purin qui composait la plaine, chacune de ses enjambés s'engluant dans cette terre embourbée et saturée. Des nausées commencèrent à s'emparer de lui, les relents de la boue exaltaient des émanations âcres et fétides, digne d'un corps en décomposition. L'idée même que ces vampires habitaient ces lieux témoignait de l'abandon de leur humanité et de leur triste barbarie. N'importe quel être aurait perdu la raison en passant sa vie sur ces terres et une lente responsabilité vint lui effleurer l'esprit.  Ces vampires étaient des fanatiques, persuadés que boire le sang d'un être leur permettait de s'approprier les capacités de celui-ci et vouaient un profond culte au puits qui ornait son centre. Ce puits, précisément, était considéré comme une sorte de passage, la plaie de ce monde et les vampires du clan s'obstinaient à y vider le sang de leurs proies, dans l'espoir qu'un jour le puits soit rempli et leur apporte un pouvoir qui transcenderai le monde. Un délire de sauvages, trop longtemps arrachés à la civilisation.
Il fut brutalement extirpé de ses réflexions lorsqu'il trébucha sur une stèle de pierre, qui manqua de peu de lui apporter une chute mémorable.
Sur celle-ci était écrit en lettres de sang:


Le sang a coulé, mais la plaie cicatrise. Le sang est puissant, mais le cœur est inerte.  Le sang a transmis, mais le corps l'ignore. Le sang est froid, mais l'homme brûle.
Ceci est notre malédiction. Ceci est notre bénédiction. Nous sommes Naturae Vim. Nous sommes morts, mais votre vie est nôtre.
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Izilbêth R. Faelivri
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MessageSujet: Re: A Blood Skin (Part 2) [Terminé]   Jeu 7 Fév 2013 - 2:34

La capture avait été rapide et sans douleur. Un simple trou noir dans lequel l'elfe était tombée brutalement, sans comprendre ce qui lui arrivait. Seul le regard du vampire qui l'avait plongée dans l'inconscience lui restait gravé dans la mémoire.

Un pas chancelant, une démarche chaloupée, quatre membres se posant les uns après les autres. Izilbêth reconnaissait là le pas d'un cheval. Les vampires l'avaient chargée sur un cheval afin de la transporter plus aisément. Sans doute qu'ils voulaient avoir les bras libres. Cependant, les pas de la monture s'arrêtèrent rapidement et des voix s'élevèrent. Le brouillard était toujours aussi présent dans la tête de l'elfe, mais désormais, elle entendait clairement et distinctement ce qu'il se passait autour d'elle.
Des mains saisirent ses hanches et lentement, l'elfe fut portée. L'air nocturne était encore froid et sans comprendre ce qui se passait, l'elfe fut apportée dans un endroit glacial. Les voix des vampires résonnaient ce qui laissa penser à la jeune femme qu'ils se trouvaient dans une caverne. Il était évident que, s'ils étaient des vampires, ils se devaient de cesser leur route une fois l'aube venue. Lentement, Izilbêth sortit de sa torpeur, lentement, elle put contrôler certaines parties de son corps. Premièrement, le bout de ses doigts, puis sa main, puis son bras. Quelques voix s'élevèrent alors que l'elfe commençait à bouger, toujours allongée sur le sol rocailleux et froid de la caverne.

- Le sang puissant s'éveille. Le vent souffle. Nous ne nous sommes pas trompés.

Izilbêth fronça les sourcils. Ses côtes la faisaient souffrir et la douleur lancinante sur son bras se fit de plus en plus présente. Elle était allongée dessus. Les vampires ignoraient totalement les raisons pour lesquelles elle était blessée, mais visiblement, elle représentait un intérêt tout particulier pour eux. Posant une main sur la roche qui se trouvait sous sa tête, l'elfe ouvrit les yeux et tomba nez à nez avec une paire de bottes dont l'odeur était bien plus nauséabonde qu'elle ne put l'imaginer. Une épaisse couche de sang les avait recouvertes et désormais, il formait une croûte sur le cuir dont étaient faites les bottes. L’odeur qui s’en dégageait était tout bonnement vomitive. Silencieuse, Izilbêth dû supporter cette odeur dégoutante sans broncher. Son corps refusant encore totalement de bouger. Une jeune femme s’approcha de l’elfe alors que celle-ci espérait avoir droit à un traitement convenable. Ce ne fut que très bref. Une gourde d’eau croupie lui fut apportée et l’elfe dut s’en contenter. Quelques gorgées furent versées de force dans sa bouche alors que celle-ci était encore bien trop faible pour bouger. L’eau était tout simplement dégoutante, son goût âcre attaquait la bouche de la jeune femme qui ne put que cracher l’eau qui atterrit sur la chemise tâchée de sang de la vampire. Celle-ci entra alors dans une rage folle. Ses yeux s’injectèrent du sang qui coulait dans ses veines, bien qu’il ne lui appartienne pas et ses doigts vinrent agripper la gorge de la jeune femme qui ne pouvait que subir les attaques de la forcenée. Les doigts puissants de la vampire n’avaient de cesse de serrer la gorge de l’elfe qui ne tarda pas à sombrer de nouveau dans une inconscience des plus profonde.

La mort est confortable. Douce, agréable et silencieuse, elle ne provoque aucune souffrance, aucune peine. La mort est paisible, simple. C’est cependant beaucoup plus difficile de vivre.

Lorsque l’elfe ouvrit les yeux, elle ignorait dans quel endroit elle se trouvait. Elle ignorait totalement de l’heure qu’il pouvait bien être et la douleur qui lui prit le crâne lui fit froncer les sourcils. Immobile, la jeune femme était encore une fois étendue au sol. Une journée était sûrement passée, peut-être même deux. Ignorant l’endroit dans lequel elle se trouvait, l’elfe, qui n’était plus anesthésiée par les plantes se racla la gorge avant de se redresser alors que les vampires, confus de son soudain réveil se dressèrent, prêt à réagir, comme si l’elfe avait représenté une menace toute particulière.

- Où sommes-nous ? Qui êtes-vous ? Que me voulez vous ?

Les mots de l’elfe étaient simples, bref et simplistes. Cependant, Izilbêth était à des lieux d’imaginer le funeste destin qui lui était réservé. La jeune vampire qui l’avait étranglée quelques temps auparavant se dirigea vers l’elfe et se pencha vers elle, un sourire carnassier sur le visage. Une main dégoulinante de sang vint se glisser sur le visage de la brune qui plissa le nez en reculant son visage alors qu’elle pouvait désormais voir les crocs de la vampire apparaître. Cela n’annonçait rien qui vaille. Un grondement gurutal s’échappa des lèvres entrouvertes de la femme face à elle alors que celle-ci s’approchait de plus en plus d’elle. Soudain, dans un grondement menaçant, une main se posa sur l’épaule de la jeune femme alors qu’Izilbêth tentait de retrouver sa dague qui semblait lui avait été retirée. Une dague d’argent d’une grande valeur que l’elfe cherchait du regard auprès des autres vampires. L’un d’entre eux l’avait posée dans un coin, aux côté de nombreuses autres affaires.
La vampire fut violemment tirée en arrière alors qu’une voix masculine s’élevait du groupe qui était regroupé quelques mètres plus loin.

- Naturae Vim la veut vivante. Tes crocs souilleraient son sang. Ne l’approche plus, vile.

Une altercation éclata alors entre les vampires qui s’expliquèrent de façon assez houleuse. Soudain, l’estomac de la jeune femme se crispa et celle-ci ne put que remarquer la famine qui la tiraillait. La soif l’avait grandement affaiblie et d’une main faiblarde, elle s’appuya contre une souche qui se trouvait au milieu du campement des vampires. Depuis quelques temps déjà, leur approche de la plaine des supplices les avait obligés à monter d’immenses tentes capitonnées, complètement isolées de la lumière du jour. Izilbêth, elle, restait au milieux du campement, recouverte d’une vulgaire peau de bête en guise de couverture toute la journée durant. L’agitation environnante n’aida pas la jeune femme qui se sentait partir petit à petit. L’épuisement, le manque de nourriture et d’eau l’affaiblissant encore plus, elle ne put résister longtemps et sombra dans une inconscience inquiétante.

Le reste du trajet en direction de la plaine des supplices fut une alternance irrégulière entre période d’inconscience et instant d’éveil. Cependant, les forces de l’elfe la quittaient de plus en plus. La plaie sur son bras s’était dangereusement infectée et désormais, les risques de gangrène planaient sur Izilbêth qui ne pouvait que constater la dangereuse avancée de son infection. Le dernier jour de trajet fut passé dans une inconscience des plus totale pour la jeune femme qui était à présent ravagée par une fièvre des plus inquiétantes. Son corps n’était plus qu’une masse sans vie que les vampires transportaient en direction de ce qui ressemblait à un puits. La jeune femme était dans un piteux état. Son manque de nourriture était clairement visible par ses joues creusées. Sa peau était devenue sèche et rugueuse tant l’absence d’eau lui était difficile à supporter. Et son bras, suintant, affreusement douloureux n’était plus qu’un étrange amas de chaires gonflées d’où s’écoulait un liquide jaunâtre.

L’éveil fut soudain, douloureux et des plus désagréable. Des mains froides se glissèrent sur la peau brûlante de l’elfe qui était à présent prise de légères hallucinations dues à sa fièvre. Portée par un homme aux larges épaules, la jeune femme avait été affublée d’une robe blanche qui avait été placée par-dessus son pantalon de cuir et sa chemise. Ses longs cheveux, emmêlés et tâchés de terre pendaient contre le bras du vampire qui s’approchait d’un air solennel d’une table de pierre. La perception sensorielle de la jeune femme était complètement troublée et désormais, elle ne pouvait plus que subir. Son corps ne réagissait plus et le simple fait de bouger les doigts de son bras blessé lui provoquait une douleur si atroce qu’elle en était totalement paralysée. Ses yeux peinaient à rester ouverts et Izilbêth avait les lèvres asséchées par le manque d’eau. La légèreté de celle-ci n’était que plus accentuée par le fait qu’elle avait beaucoup mincit par le manque de nourriture. Son inanition était telle qu’elle n’aurait pas passé un jour de plus dans de telle condition sans mourir. Sa respiration était lente et faiblarde, son cœur battait dans sa poitrine faiblement. Lentement, Izilbêth perdait conscience, oscillant entre présence mentale et inconscience. Cependant, il lui restait quelques forces qu’il allait lui falloir utiliser. Mais elle ignorait encore que son destin n’était pas aussi funeste qu’elle le pensait.

La froideur de la dalle de pierre sur laquelle elle venait d’être posée l’électrisa. Silencieuse et immobile, l’elfe fixait le ciel étoilé au dessus d’elle. C’était une nuit sans lune, elle ne pouvait donc pas savoir depuis combien de temps elle avait été enlevée. Trois, peut-être quatre, voir plus. Elle l’ignorait totalement. Mais la fraicheur de la nuit lui indiquait l’heure qu’il était. Ils venaient d’entrer dans les heures les plus froides de la nuit et désormais, tout semblait limpide dans l’esprit embrumé par la jeune femme. Elle était vouée à mourir, parce que son sang renfermait un don que convoitaient ces vampires. Son bras pendait alors que l’elfe fixait le ciel. Désormais, tout allait être rapide, elle ne souffrirait peut-être pas. Cependant, ses pensées furent vite contredites lorsqu’un vampire attrapa son bras et fit glisser une lame le long de la peau brûlante de l’elfe. L’entaille fut brève mais douloureuse. L’infection était telle qu’Izilbêth n’avait même pas remarqué que l’entaille avait été faite dans la plaie. Une marre de sang mêlée à de la lymphe et à d’autre liquides infectieux virent couler le long du bras de la jeune femme. Tentant visiblement de la nettoyer de son infection, les vampires provoquèrent chez l’elfe une douleur des plus vives qui arracha à la jeune femme un gémissement de douleur relativement puissant. Crispée à l’extrême, l’elfe se tordait de douleur alors que les vampires commencèrent à réciter de nombreuses paroles que ne comprenait pas Izilbêth. Son destin était scellé. Du moins, elle en était persuadée. Lentement, le vent se leva alors que les vampires, conscient du danger qu’ils encouraient tentaient d’effectuer leur rituel assez rapidement afin de ne pas se mettre en danger et risquer de subir le courroux de l’elfe.


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MessageSujet: Re: A Blood Skin (Part 2) [Terminé]   Mer 20 Fév 2013 - 22:33

Dois-je t'ignorer?
Ô toi, moteur de mes actes et pensées
Héritage de la vie, et de la mort
Toi, l'instinct salvateur qui régit notre âme.
La peur.


La silhouette du lycan ondulait dans la nuit tel une ombre incertaine tandis que son pas foulait cette terre cadavérique, pourrie jusqu'à la moelle. Son visage arborait une mine soucieuse qui témoignait de sa rencontre impromptue avec la stèle du blason du clan de vampire. C'était clair, l'avertissement l'avait nettement refroidi. Une appréhension constante emplissait désormais ces pensées à l'idée de retrouver ces assassins du passé. Le clopinement monotone du cheval accompagnait ses angoisses, ses tripes se nouèrent aux souvenirs de ce massacre funeste auquel il avait été complètement impuissant. Après tout pourquoi la donne changerait-elle aujourd'hui? Il avait été incapable de la moindre action avec l'entière famille à ses cotés, cela ne risquerai pas de s'arranger maintenant qu'il était seul. Seul face à un clan empli de vampires dégénérés. Mais une raison unique continuait à lui faire poursuivre sa route, malgré ses craintes et son traumatisme. Il ne pouvait reculer. L'ultime tâche de la maisonnée reposait sur lui et il ne pouvait la reporter. Lui seul dorénavant pouvait l'accomplir. Il entamerai donc cette lutte impensable avec l'énergie du désespoir.

Un détail vint le tirer de ses pensées macabres, une multitudes de traces de pas imprimait la terre embourbée, souillant ce décor bien trop maculé. Bien que la plupart des empreintes soient désordonnées, toutes indiquaient à la même destination, le repère du clan. Les vampires n'avaient même pas pris la peine de dissimuler les traces de leur passage et tout semblait indiquer qu'ils ne cachaient pas l'emplacement de leur repère. La stèle qu'il avait croisé n'était surement pas unique car elles devaient avoir pour but de délimiter leur territoire et de prévenir les voyageurs de leur intrusion. L'avertissement était à la fois une invitation, ils se proclamaient cette plaine comme leur territoire et ceux qui oseraient y pénétrer devront se soumettre à ses risques et périls. Le lycan fut pris d'une pensée amère.
*Nous sommes là et vous attendons*
Les vampires lui posait un défi invisible. Après tout, le terrain jouait en leur faveur. Son relief lunaire empêchait toute attaque massive et surprise. Quelques taillis et buissons gisaient bien par-ci par-là, mais c'étaient des individus isolés, rebelles des espèces. Bien trop épars pour dissimuler un groupe d'assaillants et garantir une attaque surprise réussie. Sauf que le lycan était seul. Il errait, de cachettes en cachettes, la tête baissée, le regard scrutant l'horizon à la recherche du camp de damnés.
Et enfin, au bout de plusieurs heures d'errance dans cette nuit morbide, la silhouette du camp se profila au fin-fond de ce paysage abject. Sa quête allait atteindre son paroxysme.



Erian précipita brusquement le pas à la vue de la trainée de fumée qui sinuait jusqu'au plafond céleste, tel une ombre chancelant au jeu de lumière d'une bougie. Il plongea brusquement derrière un rocher qui agrémentait la décoration de la plaine et effectua un bref coup d’œil en direction du campement, prêt à évaluer la situation. Devant lui se dressaient de grandes tentes capitonnées, au tissu suffisamment épais pour que la lumière du soleil ne puisse percer à travers et bien assez larges pour contenir plusieurs individus. Quelques feux étaient allumés, dispersés à travers les abris et assuraient une visibilité relative, dévoilant quelques ophales attachés à des chaînes, dressés ou soumis à l'obéissance, certainement pour monter la garde le jour tandis que ses sinistres résidents se reposaient de leur longue nuitée. Mais un détail chagrinait le lycan plus que tout. Le campement était vide. Seuls quelques gardes indéfectibles persistaient à tourner autour des tentes, à effectuer leur patrouille pour prévenir d'une attaque extérieure. Une goutte de sang perla de ses lèvres qu'il mordait avec une frustration non dissimulée. Avaient-ils commencé le rituel du sacrifice? Il poussa un juron silencieux, c'était contre ses plans. Il comptait agir dès le lever du jour et embraser les tentes où demeuraient ces vulgaires habitants, profiter de la panique et s'emparer de l'elfe, avant de finir sa sombre besogne. Or si il attendait davantage, l'elfe allait périr.
Tremblant de rage, le lycan demeurait accroupi, l'esprit complètement confus. Pourquoi devrait-il risquer sa peau pour cet être? Il la haïssait.

Mais il n'eut pas le choix de la décision. Derrière lui, un hennissement strident vint briser la tranquillité de cette nuit. Le cheval venait juste d'apercevoir les agresseurs de sa tendre maitresse.

"Qui va là?"

Le cheval. Il l'avait complètement oublié. Celui-ci l'accompagnait depuis tellement longtemps qu'il avait fini par en oublier la présence. Or le canasson se chargea bien de le lui rappeler. Un second vampire vint joindre le premier et tous les deux arboraient une mine préoccupée. Le lycan tendit l'oreille, en quête de quelconques échanges de mots qui se partageaient.

"...m'a l'air d'être seul. Ptêt qu'il a paumé son cavalier?
-Faut voir. J'vais jeter un coup d’œil. Toi retourne couvrir le côté sud. A tous les coups, Alector est encore en train de déserter son tour de garde. J'te sonnerai si il y a un soucis."

Le discours cessa et la voix rocailleuse du vampire vint céder sa place au bruit des pas qui foulent la boue desséchée. L'ennemi s'approchait du cheval, surement dans l'intention de l'abattre ou de se l'approprier. Erian était dans une impasse. Son repère le mettait bien trop à découvert et c'était peine perdue que d'essayer d'en trouver un plus apte à couvrir sa présence, sans compter que le cheval le collait. C'était maintenant ou jamais. Il dégaina son épée, brandit sa lame d'argent et s'apprêta à bondir sur le cadavre ambulant dès qu'il serait à portée de coup. Quelques secondes passèrent, une goutte de sueur défila le long de sa joue. Et enfin, dans un éclair, le lycan se lança à l'assaut du garde. Tout se déroula en un fragment de seconde, il porta sa lame à sa gorge, lui trancha d'un coup bref la jugulaire, sans que le vampire ne puisse entamer la moindre réaction. Son corps s'effondra sur le plateau de boue, humide, arrosée par le bouillon de sang qui giclait de l'entaille du vampire. La gueule déformé par la douleur, il émit un râle silencieux et finalement, expira. Le sort en était jeté, c'était maintenant que tout allait se jouer.

Erian s'élança aussitôt dans le camp, conscient que ses congénères ne mettraient pas long feu à s'apercevoir de l'absence du défunt. Si sa logique était la bonne, la plupart des résidents du clan assistaient à la cérémonie du sacrifice, qui devait surement atteindre son stade terminal, vue l'avancé de la nuit. Il fallait lui trouver un moyen de disperser la troupe afin de s'assurer de la survie de l'elfe. De plus, il avait tué l'un d'entre eux par effet de surprise, ce qui ne risquerait pas de se reproduire si il entamait une diversion. Un sourire carnassier arborait son visage. Il avait tué un vampire. Il n'en revenait encore pas. C'était bien loin du combat épique auquel il avait rêvé toute son enfance, mais une confiance résolue prenait peu à peu le pas sur ses craintes. Il pouvait le faire. Sa main s'empara d'un bout de brasier qui ornait la piste et entama le bout de la toile avec ses flammes crépitantes. Erian effectua la même tâche sur plusieurs tentes, s'assurant de provoquer une belle pagaille. Puis il détala jusqu'à l'extrémité du camp, prêt à bondir sur l'occasion dès que la confusion serait instaurée. Le souffle court, il s'éclipsa derrière un des édifices de tissu et écouta avec un plaisir particulier les cris de panique envahir le tumulte de cette nuit. De nombreuses lueurs vint contribuer à celles provoquées par l'incident, le puits du sacrifice était donc libre.
Maintenant.


Tel l'éclair qui fendait la nuit, le lycan se faufilait à travers les tentes, le regard attentif et sérieux. Il allait devoir improviser et faire preuve d'ingéniosité pour extirper l'elfe de ce guêpier. En quelques minutes, il parvint sur les lieux du sacrifice. L'état pitoyable de l'elfe lui arracha une grimace de dégout et une empathie soudaine envahit le creux de son cœur. IL était responsable de ça. Une longue estafilade ornait son bras et affichait une infection peu réjouissante, si elle était encore en vie, elle ne tiendrai pas bien longtemps sans le moindre secours. Rapidement, le lycan effectua une évaluation de la situation. Si une partie des leurs les avaient quittés, ils n'en demeuraient pas moins nombreux. Huit vampires se situaient encore près du puits, à poursuivre la cérémonie coûte que coûte, vêtus de leurs épais habits qui les fondaient dans la nuit. Il fouilla rapidement ses poches et en extirpa sept petites boules, emplies de poudre à canon, extrêmement inflammables au moindre choc. Elles serviraient à semer la confusion, tandis qu'il s'élancerait à leur rencontre. Le lycan les empoigna la mine réjouie, brulant d'appréhension. Quand une seule voix retentit derrière lui et vint déchirer son âme.
"Le petit de la louve de Tarik. Quelle vue réjouissante."

Cette voix. Elle l'avait hanté des nuits durant. Son ton sec et cruel, dénué de vie.

"Vetro."
Le vampire échappa un bref rire distordu, avant de s'exclamer:
"Tu connais mon nom? C'est trop d'honneurs! Hélas, je n'ai pas le temps pour tes gamineries. Aurais-tu l'amabilité de vouloir décéder?"

Aussitôt Erian projeta une boule de poudre aux pieds du vampire qui s'apprêtait à lui tordre la nuque. Un rideau de flammes s'éleva, extirpant un cri d'effroi au vampire colossal. Bloqué par la barrière de feu, le lycan en profita pour se jeter à la rencontre du groupe de vampires. D'un geste souple et vif, il décocha trois projectiles qui fusèrent à travers l'air et s'écrasèrent sur la poitrine des vampires, effarés. Un manqua sa cible, et vint s'effondre dans la poussière provoquant un bref explosion qui fit sursauter le reste de la troupe, tandis que deux des leurs étaient en proie aux flammes. Mais le lycan ne s'arrêta pas pour autant, il bondit sur un des vampires, lui déchira la chair de son avant-bras avec la lame de son épée et le repoussa d'un puissant coup de pied. Deux d'entre eux se dressaient encore sur sa route, l'arme au poing prêts à bondir sur l'humain. Brusquement, le lycan se saisit d'un couteau et l'envoya au front d'un des deux ennemis, bien que que la lame ne perça pas la peau, le choc fut retentissant et l'étourdis un bref moment. Il planta sa lame dans ses entrailles, déversant le contenu de ses tripes sur les dalles glacées.
Puis une pointe vint se ficher dans le bas de ses reins, teintant de pourpre la fine chemise qui le couvrait, ôtant un râle de douleur au lycan qui échappa son arme, tandis que l'ultime assaillant hurlait de joie. Erian crispa ses lèvres, et dans un hurlement macabre agrippa la lame du poignard que tendait le vampire et l'extirpa d'une traite, libérant une gerbe de sang qui gicla aux yeux de son ennemi. Le vampire effectua un bref recul, aveuglé, avant qu'Erian lui arrache la lame de rouillée de ses mains et vint la planter en plein cœur. Le corps s'effondra alors au sol, dans un choc sourd.
Mutilé, blessé, le lycan s'approchait de l'elfe, la mine fantomatique, titubant. Et autour de lui se situait le corps de quatre vampires, vidé du peu de vie qui résidait encore en eux.

Et l'entaille qui lui déchirait le ventre continuait à suinter abondamment de son sang.

Un cri de rage vint briser l'engourdissement qui s'emparait peu à peu de ses pensées. Vetro. Le vampire proférait des ordres injurieux au reste du groupe, les sommant de l'abattre. La claque heurta son esprit tel un fouet, et le lycan se ressaisit aussitôt. Ce n'était pas fini, loin de là. Il ignora la douleur qui lui percutais les côtes et tendit sa main vers la joue de l'elfe, lui accordant une caresse chaleureuse, afin de raviver la flamme qui s'amenuisait petit à petit en elle. D'une voix fébrile mais confiante, le lycan lui murmura alors:

"Hey, l'elfe, réveillez vous. Nous allons avoir du pain sur la planche."
Il agrippa alors son bras qu'il porta autour de ses épaules, afin de lui assurer un soutien pour qu'elle tienne sur ses jambes. Tandis que les vampires couraient envers leur direction, le lycan reprit alors, sur un ton beaucoup moins condescendant.
"Et merde. Là, c'est la fin. Pourquoi dans un endroit pareil, sérieusement? Si seulement vous n'aviez pas un tel caractère de cochon! Rien de tout ça n'aurait débuté. Vous et vos fichues tempêtes. Pas étonnant que vous soyez resté une vieille pucelle toute votre vie..."
Le désespoir l'avait fait proférer des vulgarités sans nom. Il se tut aussitôt conscient qu'il était allé trop loin. Et conscient qu'il s'agissait en fait de sa dernière option.
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MessageSujet: Re: A Blood Skin (Part 2) [Terminé]   Jeu 14 Mar 2013 - 1:36


La torpeur et la fièvre avaient fini par donner des hallucinations à l'elfe. Du moins, elle était persuadée que les images qu'elle voyait étaient des hallucinations. La douleur dans ses bras était telle que désormais, elle ne ressentais presque plus rien. Son corps était engourdi tout comme son esprit. Plus rien n'avait la même sonorité, la même odeur. Désormais, tout semblait plus doux, plus cotonneux. Le rituel vampirique continuait autour d'elle, mais l'elfe ne se rendait compte de rien. Elle ne se rendit même pas compte de l'agitation autour d'elle. Du moins, pas celle qui impliquait le décès de vampires.

Cependant, lorsque l'elfe sentit la présence d'un allié auprès d'elle, ses paupières s'ouvrirent de nouveau. Faiblement, elle fut traversée d'un élan nouveau qu'elle n'avait pas connu depuis des jours déjà. L'espoir. Silencieusement, elle tenta d'observer autour d'elle alors que du grabuge se faisait entendre au loin, près du campement des vampires. L'agitation ne tarda pas à attirer quelques vampires qui assistaient au rituel. Ils semblaient défendre leur camp d'une attaque. La première pensée de l'elfe se porta sur un quelconque attaquant qui aurait pu, par le plus grand des hasards lui permettre d'échapper à un si funeste destin. Elle était loin d'imaginer que le lycan qui l'avait enragée comme jamais dans l'auberge serait la personne qui cherchait tant à le sauver.

L'elfe entendit son cheval au loin, enfin, ce qui lui semblait être au loin était en réalité tout près. La bête qui avait fuit une certaine agitation avait fini par s'approcher de sa maîtresse qui semblait être au bord du déclin. Tout autour d'elle n'était que flou et désormais, elle s'était résignée à mourir. D'une main chancelante, elle tendit le bras dans la direction de la monture qu'elle avait cru entendre alors qu'elle murmurait en elfique le nom de la bête. Tout lui semblait inexistant, comme si, tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Et qu'elle allait finalement se réveiller. Cependant, tout ce qui entourait la jeune femme était réel et désormais, elle ne pouvait plus fuir. Son état semblait s'agraver de minute en minute, à mesure que son esprit quittait son corps, délaissant la vie éternelle que l'arbre aux lucioles lui avait offert. Tout n'était que noirceur autour d'elle. Elle n'entendait même plus les voix des vampires qui continuaient leur rituel. Ni même l'agitation qui régnait dans le campement. Une attaque fut désormais faite tout près de l'elfe qui n'entendit encore une fois rien, alors que son bras était lourdement tombé sur la table de pierre, alors que ses forces l'avaient abandonnée. Tout semblait s’accélérer autour d'elle et soudainement, les voix monocordes des vampires cessèrent. Le rituel venait d'être cessé un bref instant. Des bras levèrent l'elfe rapidement alors que la jeune femme ouvrait faiblement les yeux, restant totalement inerte. Une voix s'adressa à elle et l'elfe fut tirée de sa torpeur alors qu'elle fronçait les sourcils, un bourdonnement assourdissant lui résonnant dans la tête.

"Hey, l'elfe, réveillez vous. Nous allons avoir du pain sur la planche."

Elle n'eut casiment aucune réaction, si ce n'est qu'elle se redressa légèrement sur ses jambes en geignant de douleur tant son corps était endolori par le manque de mouvement et l'infection grandissante. Le lycan qui la tenait à présent fermement sembla s'agacer de ce manque de réaction de la part de l'elfe malade et ronchonna avant de pester après elle.

"Et merde. Là, c'est la fin. Pourquoi dans un endroit pareil, sérieusement? Si seulement vous n'aviez pas un tel caractère de cochon! Rien de tout ça n'aurait débuté. Vous et vos fichues tempêtes. Pas étonnant que vous soyez resté une vieille pucelle toute votre vie..."

L'elfe se figea. Ses muscles se raidirent et son sang ne fit qu'un tour. Du moins, le peu de sang qui circulait encore sainement dans se veines. L'air devint soudainement beaucoup plus lourd et l'elfe s'agrippa quelque peu plus fermement au lycan, restant malgré tout totalement inoffensive physiquement. Izilbêth ne contrôlait rien, ni même son corps, ses émotions étaient en train de ramener une véritable tornade près du campement des vampires. Désormais le campement avait des air d'apocalypse. Et les hurlements des vampire fit rapidement comprendre au lycan qu'un danger sans pareille s'approchait. Un vent de tout les diable agitait déjà les quelques tentes restées à peu près debout. Le chaos prenait peu à peu place dans ce lieu désolé, asséché, au milieu de nul part. Sans qu'aucun autre bruit ne vienne déranger le silence de la mort approchant.

La suite des évènements fut rapide. L'elfe n'eut pas le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait, qu'elle se trouvait à présent éloignée du campement vampirique, son cheval aux trousses alors qu'elle était totalement inerte contre le lycan qui l'avait presque traînée derrière lui. Désormais, la plaine s'étendait devant eux et les vampires, semblaient avoir battu en retraite alors que les premiers rayons du soleil venaient percer l'horizon. L'elfe fronça les sourcils. Plus rien autour d'elle, hormis cet homme et son cheval. Les vampires avaient disparus. Elle était désormais, tirée d'affaire. Enfin du moins, pendant quelques heures encore, avant que l'infection ne deviennent encore plus invasive pour l'elfe qui faiblissait de minutes en minutes. Le lycan aussi était mal en point, il était donc dans de beaux draps tout deux réunis. D'autant plus que l'elfe était loin d'apprécier le lycan après les mots qu'il avait tenu envers elle.

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MessageSujet: Re: A Blood Skin (Part 2) [Terminé]   Lun 29 Avr 2013 - 7:19

Le sang a coulé, mais la plaie cicatrise. Le sang est puissant, mais le cœur est inerte.
Le sang a transmis, mais le corps l'ignore. Le sang est froid, mais l'homme brûle.


Je scrute la stèle et lentement, je souris. Ceci est l'histoire de leur clan. Et aussi l'histoire de ma vie.

Erian Payer.

Des gouttes de sang découlaient de cette plaie indélébile, cette rose pourpre qui maculait le teint de sa veste, déchirée et souillée. Sa main était cramponné à sa chemise, crispée par la douleur, les os blanchis par la puissance de la pression tandis qu'il se tenait là à face à l'elfe, parcouru de spasmes et de convulsions. Autour de lui, des cris de haines et des interjections fusaient dans les airs, en direction d'Erian, alors que les vampires se ruaient sur lui, prêts à lui trancher la gorge et à répandre son hémoglobine sur le tapis de boue. Sans nul doute, le lycan se sentait perdu et n'attendait désormais qu'une seule chose, que ce calvaire s'arrête. Ce qui en soit n'était pas complètement éloigné de la réalité. Le ciel grondait.

Son regard retomba sur celui de l'elfe, qui peinait à demeurer fixe, les yeux dans le vague, bien qu'une certaine émotion retranscrivait parfaitement ce sentiment, la fureur de cette soirée. Une soirée dans une auberge, bien que décombres dès à présent. Ses mèches virevoltaient dans le vent, cinglant ses joues livides dépossédées de vie, et l'elfe demeurait là plantée au sein de ce chaos, le corps affreusement rigide, tandis que dans son crâne bouillonnaient multiples aberrations de haines et de rancœur. Le vent se précipitait sur le camp, arrachant la toile des tentes, faisant trembler la plus épaisse des peaux qui sillonnaient le sol des habitations, et repoussaient les vampires qui luttaient contre l'oppresseur invisible.
Tout avait commencé par cette foutue tempête. Et tout finira par cette foutue tempête. La boucle est bouclée.

Le lycan peina à demeuré debout, ses serres plantées dans la terre tel un forcené, s'accrochant comme un pauvre ivrogne à sa dernière bouteille d'alcool, il maintenait sa position. Sur une brusque poussée d'adrénaline, il agrippa le bras de la jeune femme et l'attira vers lui, la bloquant dans le creux de son torse alors que son corps n'était plus qu'une simple poupée complètement désarticulée. Elle bougeait à peine, sa respiration était saccadée, irrégulière, tentant de s'approprier un air bien trop récalcitrant. Les rafales de vent lui giflaient le visage, où de multiples entailles s'ouvraient peu à peu, indices de collisions des débris qui giclaient dans tous les sens. Erian prit une profonde inspiration et décidé, tenta de braver la tempête, ainsi que la douleur qui lui bouffait les entrailles:

"Un dernier souffle...une dernière chance."
Et le lycan fit un pas en avant.

Les éléments frappaient de plein le fouet le repère du clan, déformant leurs habitations, détruisant leurs résidus de civilisation. Quelques pauvres bougres courraient derrière leurs affaires et leurs maisons qui prenaient la voie des airs, et ils criaient, déchirés de perdre leurs abris alors que peu à peu le jugement de ces pauvres créatures s'approchait. Quelques traits blafards coloriaient la couche de ténèbres de l'horizon, signe précurseur d'un jour nouveau. D'un jour funeste. Alors que les vampires, complètement désemparés par la peur et la panique, avaient interrompu leurs attaques envers le lycan, quelques uns, tenaces ou téméraires ne lâchaient pas des yeux leur traque. Cela semblait être une course-poursuite au ralenti, défiant le temps. Risiblement lente. Fortement diminués par la pression des éléments, ils peinaient à avancer avec fluidité alors qu'Erian quittait peu à peu le sillage du puits. Tirant sur ses muscles, puisant dans ses dernières ressources, le lycan relevait son regard, afin de scruter les ténèbres de la nuit. Rien. Aucun signe salvateur. Rien.




Excepté une main qui agrippa son épaule et planta ses griffes dans sa chaire, lacérant la peau comme un vulgaire bout d'étoffe.

"Tu es à moi, gamin! A moi! Delhro t'as souillé, mais tu es mon sang, ma lignée! Tu ne peux pas m'échapper!"

Erian tenta de se débattre, de repousser l'emprise qui lui meurtrissait l'épaule d'une douleur lancinante, mais c'était peine perdue. Le vampire était bien trop puissant, ses griffes bien trop profondément ancrées dans ses tissus de chair, que chaque mouvement lui claquaient les nerfs tel un éclair assourdissant. Le lycan se retourna. C'était Vetro. Terrifié, il réagit instinctivement. D'un geste vif, il libéra l'elfe de son étreinte et cala un puissant coup de pied dans le creux de son estomac, qui propulsa le vampire sur un bon mètre, des lambeaux de chair accompagnant sa lancée. Un bouillon de sang barbotait de l'épaule d'Erian, tandis que l'elfe s'était écrasé sur un tapis de peaux, inerte. Pourtant, une seule pensée demeurait dans l'esprit du lycan. Une pensée pleine d'appréhension, et d'incompréhension:

"Qu'avez-vous dit?"

L'infâme être s'était déjà relevé, s'opposant à son interlocuteur. Il le défiait de son regard et ses fines pupilles dissimulaient alors une légère teinte amusée, lorsqu'il lui prononça ses mots:

"Tu es mon sang, petit de Tarik. Mon sang. Souillé par ta pourriture de père et ta souillon de mère. Oui ta mère, cette catin qui a pas hésité à se faire sauter par le premier inconnu pour fuir le courroux de son propre père! MOI! VETRO ARCANTIS!"
Erian ne bougea pas. C'était comme si le monde venait de s'effondrer autour de lui. Ses jambes tremblaient. Sa bouche demeurait ouverte. Aucun son. Ses muscles étaient flasques. Plus aucun tonus. C'était impossible.
Et pourtant. Il connaissait le nom de son père. Delhro Payer.
Il ne mentait pas.


*Qui suis-je?*
Et une voix s'élançait dans son crâne.
*Une erreur .*

Erian perdu dans ses pensées, le vampire s'approchait de lui. Ses yeux étaient ouverts, mais ils ne voyaient pas. Un regard sans vie. Sur la lame du vampire qui était brandie dans les airs et qui, irrémédiablement, allait s'abattre sur sa nuque. Quand soudain, un hennissement strident vint briser le tumulte de cette nuit. Et bousculer d'une ruade son assaillant qui vint s'écraser dans la boue.

Le cheval.
Il l'avait complètement oublié.

Tout se déroula en éclair. Erian fut tiré de sa léthargie, un cri sonore jaillissant de sa bouche. Son corps lui criait de vivre. Sur une brusque impulsion, il empoigna la taille de l'elfe de son bras droit, tirant sur son épaule qui ruisselait de sang, puis il se jeta sur le destrier endiablé, nouant ses doigts dans les lanières de sa selle. Aussitôt le cheval averti de sa présence, il rua à nouveau et galopa comme un dératé, encore plus rapide que le vent, encore plus puissant que le souffle de l'ouragan. Il perça à travers les tentes, à travers le camp, tandis qu'Erian tentait de se cramponner comme il pouvait, bouleversé par les tressaillements de la chevauchée. Il ne put que tenir que quelques minutes, la fatigue accablant son corps transpercé par la douleur. Erian s'effondra au sol, l'elfe dans ses bras. Quelques minutes suffisantes. Ils se trouvaient à l'orée du repère. Un éclat de lumière fureta au loin. Aveuglant.

L'auréole du soleil emplissait la noirceur du ciel d'une chaleur nouvelle. L'aube venait de se lever.
Ils étaient vivants.

Le lycan avança à tâtons, alors que peu à peu ses forces lui faisaient terriblement défauts. Il trainait avec difficulté la jeune femme, son seul bras sain enroulé autour de sa taille, persistant à la maintenir au-dessus du sol. Ils étaient vivants. Un sourire béat ornait son visage, comme une anomalie sur cette face bouffée par la mélancolie. Un cri vint déchirer le calme anormal qui avait fait place à cette tempête artificielle, le cri déchiré de créatures dévorés par les rayons du soleil, décomposant leur peau tel un acide bouillant. Les vampires. Et son sourire se fonda en un simulacre de grimace. Vetro Arcantis était son grand-père.



Je scrute la stèle et lentement, je souris. Ceci est l'histoire de leur clan. Et aussi l'histoire de ma vie.

Fin de la partie 2

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