Partagez | 
 

 [+18] Une viande à partager sans consumer.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: [+18] Une viande à partager sans consumer.    Ven 14 Sep 2012 - 22:33




Spoiler:
 


Dernière édition par Thorolf Gunnar le Sam 29 Sep 2012 - 20:13, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: [+18] Une viande à partager sans consumer.    Dim 16 Sep 2012 - 23:40

Autrement…


Je t’ai tué. Je t’ai tué pour ne plus avoir à te regarder dans le miroir. Je t’ai laissé mourir dans mon cœur en ne répondant plus à tes appels. J’ai fait semblant de te vouloir du bien et tu es partit. Tu es mon ombre dans ses plus sombres recoins. Tu es entré dans ma vie en chassant le souffle de ma pureté. Pauvre enfant. Pauvre corps. Tu as aimé des mains, tu as aimé des matins qui ne faisaient que te tuer. Tu aimais ça, ils le voyaient. Des hommes sont venus te voir pour te demander de voler avec toi. Tu as volé, tu as volé le ciel. Tu as brisé les ouragans et les plus beaux soleils que j’avais en moi. Tu pensais que les mains qui se posées sur toi te rendaient libre. Tu croyais qu’elles te faisaient vivre. Pauvre amant. Tu es venu de ton corps sauvage faire de l’animal torride un objet de plaisir. Tu as caché tous ça en toi, mais moi je le sais. Moi qui veux te tuer. Je t’ai vu partir comme on verrait partir sa vie. D’une étincelle. D’un essoufflement. Je ne voulais rien. Juste le silence dans lequel tu plonges. Tu as pu regarder les astres te promettre des avenirs glorieux, mais un homme sans un lâche ne peut être heureux. Je sais tes sourires ceux qui semblent parfois vrais. Ce que tu as su faire de moi est une ombre aux sombres reflets. Je t’ai tué, parce que le sang pouvait laver mon cœur. Pardonner ma clémence que j’ai supportée souvent. J’ai fait la fausse en aimant tes avenirs. Ces chemins dérisoires qui me mènent à l’abattoir. Je t’ai tué, juste pour voir si j’avais de la culpabilité. Si je pouvais voir plus loin que les monts argentés. Tu es le mal ce qui m’obsède, ce qui fait de moi une personne cruelle et dérisoire. Je dénonce, devant toi et face au monde entier. A la mort, à la vie, à ce qui veulent m’écouter. Je dénonce ta lâcheté et le crachat des idiots. Ce qui est beau ou laid. Je dénonce le prophète oublié. Le cœur balançant. Les attraits menaçants. Je dénonce la conduite d’âmes contre les bonnes manières et la façon de vivre. Je baisse la tête aux mensonges persistants et à la voix qui se lève. Les injures brisantes. Les lèvres sanglantes comme la promesse de briser une vie. S’il fallait jouer sa vie. S’il fallait se révolutionner. J’accuse les mots salis. Les pas de voleurs entrant dans la chambre noire. Les non-dits. Les faux semblants. La haine. La trahison. Je dénonce haut et fort. La volteface des êtres contre de fausses manières. J’accuse les mœurs et leur source. Que la preuve d’une vérité unique soit étalée. Je courbe le dos pour qu’on me frappe un peu plus fort. Les blessures qui me tiennent et celles qui me lassèrent. Celles qui m’apprennent que personne ne peut comprendre. Celles qui sont encrées en moi et qu’on oubli par la valeur d’une larme. J’accuse les mécréants et leur faux tour de passe passe. Les vautours assaillants face aux voltes faces. Je dénonce tout ce qui ne se rapproche pas de moi. Ce qui ne m’atteint pas. Ce que je ne comprends pas. J’avance. Je me couche. Je me touche. Je m’appelle Héra. Tout ce que vous pourrait voir ou entendre de moi et faux. Je ne suis pas celle que vous pensez. Du moins je n’étais pas cette femme. Cette douleur perpétuelle qui m’a rongé la vie et le souffle. Jusqu’à ma dernière goutte de sang. Si c’était encore du sang. Je m’appelle Héra et je suis morte depuis des années. Je suis morte dans la violence. Mon histoire vous la connaissait. Elle se situe entre la douleur et le rêve. Ce que personne ne veut voir. Je suis cette personne. Je médite. Je pense. Je souffre. Je meurs. Pour trouver une âme pure il faut trouver la mort spirituelle. Je l’ai trouvé. Puisque je n’ai jamais cessé d’être martyr et de payer le prix de ma vie. Pour quelque pièce d’or ou juste du réconfort. Je ne me plains pas. Je ne pourrai pas le faire. C’est une histoire qui à presque cent ans et je ne voudrais pas la dépoussiérer pour vous. Ne me demandez pas d’explications. N’essayez pas de trouver une logique. Ici. Sur Ephaëlya. Je n’ai vu que de la haine. Je n’ai entendu que des soupirs et des regrets. J’ai entendu pleurer le monde dans la lumière. Je n’ai rien pu faire. Lutter pour moi semblé vain. Cette paix qu’on me promettait n’est qu’un mensonge. Je m’appelle Héra et je ne dois pas l’oublier. Je ne dois pas sentir des peaux, ni des corps. Je dois sortir de moi. Faire comme si…Le temps me rattrape. Je sens la rigueur des années me rappeler mon âge. Je n’ai plus cette sérénité qu’on me louait. Je n’ai plus cette force de me battre. J’ai oublié pourquoi je devais me battre. J’ai perdu ma vie. Contre la raison j’ai troqué mon identité. J’ai ravalé ma fierté, étouffé mes valeurs, j’ai tué le monde. J’ai tué les hommes, les femmes, les enfants et les peuples qui se dressaient contre moi. Je voulais rencontrer la lumière et la serrer contre moi. La prendre dans mes mains et me laissé consumer peu à peu. Je m’appelle Héra. Vous le savez. Tous. Je le répète. Pour m’en souvenir. Ne pas oublier que j’existe. Peut-être. Certainement. Je suis une ombre. Je suis un sage. Plus rien éclaire mes yeux. Un voile blanc couvre mes pupilles. J’ai le sentiment d’avoir préparé ma mort toute ma vie. J’ai creusé les contours de ma tombe et j’attends qu’on m’y jette. Je claque la porte. A vous. A eux. A toi. Je m’avance dans ce noir obsédant. Je veux plonger dans l’abime. Je m’appelle Héra. Je n’ai pas d’âge. J’ai presque mille ans. J’ai presque l’âge des mondes et on m’appelle pour faire des besoins. Sur ces terres personne ne s’attarde. Je connais la couleur des ciels et des enfers. Je connais les Anges. Les démons. Je connais le sang et le gout de plusieurs peaux. Les nuages qui peuplent des plaines. Je cours partout. Je chasse. Je traque. Je suis un loup. Un animal sauvage. Je m’appelle Héra. Je suis un Dieu. Une chose tirée du virtuel. Comme si je n’existais pas. Je n’existe plus. Je suis tellement vieille que je désire le repos. Je désire les pages d’écriture et le confort de la philosophie. J’attends l’amour du soleil. Je suis une fille de joie. Je suis une courtisane. J’aime qu’on visite mes charmes et tuer mes proies. Je suis mon propre monde. Mon Monde perdu. Ma névrose perpétuelle. Je n’ai jamais eu de famille. Je n’ai jamais été mère et je ne le serai jamais. Je suis condamnée à vivre. Je m’appelle Héra. Je suis élue des anges et mon dit que je suis parfaite. On me dit qu’une beauté comme la mienne ne devrait pas être. Je ne pense plus. Je ne suis pas satisfaite de la couleur du monde. Les erreurs de mon passé restent. Je n’ai rien à ne demander à personne. Je n’ai aucune pitié. Pauvre terre. Pauvre enfant que je tuerai. Je suis le noir. Je suis l’avenir le souffle nouveau de la paix. Un visage qu’on me donnera pour me consoler. Je vais briser les silences et donner de la pensée. Il faut que le temps renaisse. Que la vie se relève. Je m’appelle Héra et j’ai pardonné la trahison. Le passage de ma liberté à l’état de capture. La vision de l’homme sur le cœur des femmes. Une histoire tendre. Une histoire qui se proclame vraie mais que je ne défends pas. Il faudrait vendre du souffle pour arriver à subordonner la pensée de mon réel. Je m’appelle Héra. Enfin c’est comme ça qu’on veut bien m’appeler. Je m’appelle Héra. Comme le tonnerre gronde à la terre. Je gronde sur des centaines de vie. Je m’essouffle de devoir protéger mon âme. Parce qu’elle n’a plus de valeur propre. Je vole les rêves. J’attaque les trêves. Je n’ai pas le droit au repos sinon la mort. Ma vie est loin d’être accomplit. Elle est loin de pouvoir réaliser mon propre sommeil emplit de cauchemars immondes. Je m’appelle Héra. Dans ma tête prône des démons. Des artistes qui dessinent mon portrait chinois. Je suis dans ma folie. Elle comble mes désirs. Elle est moi ce que je suis dans elle. Je m’appelle Héra. Je m’appellerai Héra. Je graverai mon nom sur ma sépulture pour hanter ce monde qui a volé ma vie. J’ai volé le ciel à sa propre vérité. Rien ne semble pareil à part le soleil et sa vanité. J’ai aimé des hommes qui m’ont battu à mort. Parce que l’amour encore ne me prenait pas le corps. J’ai vu des oiseaux me prendre mes étoiles et les offrir à des autres. J’ai vu des siècles bâtir des villes qui se meurent. Des hommes qui font la guerre pour cacher leur propre misère. Je veux du ciel pour cacher ma tristesse. Je m’appelle Héra et je t’ai tué pour ne plus avoir à te regarder dans le miroir. Je me suis laissée mourir dans ton cœur en ne répondant plus à mes appels. J’ai fait semblant de me vouloir du bien et tu es partit. Parce que tu es mon ombre et que je suis ta mort.

«Voir dans des pensées qui ne se réalisent pas.»


Héra eut un frisson. Sa tête bascula en arrière. Comme pour tomber dans le vide. Une main la rattrapa en plein vol. Elle fit volte face en regardant l’homme qui venait de la rattraper dans sa chute assez dangereuse. Elle était où ? Héra tenta de porter sa main à son front pour toucher sa douleur crânienne. Mais ses poignets étaient cerclés de fer. Héra ouvrit grand les yeux. Comment… Comment était-ce possible. L’homme qui venait de la ramasser se recula pour laisser place à un homme de forte carrure. Un homme musclé et surtout fort. Un Lycan. Héra le sentait au fond d’elle. Un Lycan qui l’avait attaché, mais surtout dévêtue. Héra regarda son corps luisant de sueur. Il faisait une chaleur étouffante. Elle était à genoux et regarder l’homme par en bas. L’homme avait un sourire moqueur. Les longs cheveux de la sauvage-homme coulaient sur ses seins avec une sensualité désarmante. L’homme s’accroupie à son niveau et scruta son beau visage. Qu’est-ce qu’il lui voulait ? Mais surtout qu’est-ce qu’elle faisait là ? Ses petits seins pointés férocement. Vers le haut. Parce qu’elle était en colère et qu’elle ne voulait pas qu’il la touche. L’image de Thorolf se matérialisa dans son esprit lorsque l’homme releva son menton. Héra ouvrit grand la bouche pour lui attraper les doigts. Mai l’homme lui décolla une gifle en l’insultant de salle pute. Héra lui montra les crocs d’un air féroce et surtout provocateur. Elle ne se laisserait pas avoir par un homme, surtout un gros bourrin sans cervelle. Elle était là à cause… A cause de quoi… Thorolf ! La mémoire de la jeune femme monta directement à son esprit. Elle fronça les sourcils. Ferma les yeux. Pour se rappeler de sa journée. Le matin. Elle s’était levée comme tous les matins dans une montagne de sauvagerie. Elle ne savait pas pourquoi elle devait encore raisonner à la manière d’un loup. Parce qu’elle avait laissé le loup faire d’elle un animal à part entière. Il fallait qu’elle se sauve de tout ce qu’elle connaissait. La Rose Noire allait mourir. Parce qu’elle n’avait jamais vraiment existé. Partiellement. Héra avait trainé son corps jusqu’au dehors. Pour voir la lumière du jour frapper son visage pale. Il s’était passé des mois sans qu’elle ne le voie lui. C’est une voix qui lui annonça la nouvelle. Un passant presque au bord de la peur. Thorolf Gunnar le célèbre meurtrier à la hache, était devenu chef de la Meute Drack. Héra releva la tête. Lui ? Le passant raconta l’histoire à un autre passant. Héra écouta curieusement la conversation. Il parlait d’ère de changement et la belle Rose sourit. Le Chaos allait peut-être naitre. Elle ne savait pas si elle devait être heureuse, ou plutôt vexée de ne pas l’avoir su plus tôt. Héra ne savait pas vraiment si elle devait aller le voir. Il l’avait peut-être oublié. Il avait du la remplacer par une femme plus importante. Héra avait soufflé. D’un souffle presque désolé. Elle avait laissé couler trop de mois entre eux. Pourtant elle se souvenait parfaitement de son doux visage. Elle se rappelait de lui, comme si c’était hier. Le ciel s’était assombrit. Elle devait peut-être partir ? Mourir. Pour ne plus entendre parler de lui. Parce qu’il avait d’autre chose à faire que de s’occuper d’une femme comme elle, affaiblit par des sentiments. Ses dents s’étaient serrées dans sa mâchoire. Thorolf. Ce nom qui martelait sa tête frénétiquement. La nuit elle rêvait de lui. Le jour il la hantait. Quand sortirait-il de sa tête ? Héra avait marché dans la rue. Sa rencontre avec lui avait été si claire. Sans adieux. Avec un simple, ‘nos routes se recroiseront’. Ils s’étaient aimés le temps d’une nuit, le temps d’un souffle. D’un pardon. D’un avenir. Héra avait pu être de nouveau vivante. Mais ces espoirs étaient redevenus poussières. L’obligation prenait le dessus sur l’envie. Elle devait le voir, pour le félicite. Pour le revoir et qu’ils se séparent pour toujours. La pluie avait commencé à tomber sur le sol et la belle marcha en remonta sa capuche sur sa tête. Une ombre. Un cheval noir était accroché à une poutre. Celle d’une auberge. Elle s’était avancée vers lui. L’avait caressé sans qu’il ne la rejette. Elle allait partir. Loin. Elle était montée sur sa nouvelle monture et s’était envolée. Dans la brume et le brouillard de la pluie battante. Une ombre noire. Un guerrier féroce. Un cavalier de l’enfer. Allant droit vers nulle part. Puis sa route s’arrêta en plein gallot. Elle voulait partir. Elle avait essayé. Mais le destin et les Dieux en avaient voulu autrement. Sa course changea de direction. Le cheval noir se cabra. Comme dans un rêve. Comme dans une illusion. Le cheval immense et terrifiant se remit à courir mais cette fois ci en une direction différente. Celle de la cité des Drack. Héra avait chevauché pendant des heures. Sous le grondement du ciel et des étoiles. Elle avait regardé le paysage se changer sous ses yeux. Parce que le mal régnait. Quand elle fut enfin arrivée devant l’immense et imprenable cité. Elle s’était arrêtée pour admirer la pauvreté et la primitivité de cette cité. Les personnes qui étaient à l’intérieur étaient des guerriers sauvages, sales, et surtout dépourvu de morale. Elle le savait bien. Elle se doutait bien que sous la dirigeante de Thorolf, cette meute allait retrouver sa dignité de Lycan et non faire la paix à tout va. Pas d’aristocratie. Pas de faux semblants. Il faisait nuit quand elle était entrée dans la cité. Une nuit sombre. Le milieu de la nuit. Comme une cité déserte, aucun bruit. Le cheval avait avancé doucement pour ne pas éveiller le silence. Un silence étrange. Héra se méfiait étrangement de l’endroit. Quelque chose n’allait pas. Puis un coup. Un coup violent frappa son crane. Elle était tombée à terre et avait perdu connaissance. Puis elle s’était retrouvée là. Dans ce cachot étroit et puant. Entourée de corps en décomposition. Comme un abattoir. Des tripes sur le sol. L’homme la gifla une nouvelle fois. Cette fois ci, bien plus fort que la première fois. Héra bascula sur le coté. Son corps nu se couvrit d’un liquide sombre. Elle le regarda encore en lui montrant les crocs. L’homme lui attrapa la nuque et la releva sur le mur. Elle remarqua rapidement la présence d’autres personnes autour d’eux. Ils murmuraient. Ils devaient penser qu’elle était un intrus. Un espion venant percer le plan des Drack pour la guerre qui allait suivre. Pourquoi elle était venue ? Elle aurait du partir et oublier ce qu’était l’homme. Thorolf. L’homme serra sa nuque encore plus fort. Les babine d’Héra étaient menaçantes. Elle lui montrait encore ses crocs mais elle ne pouvait pas l’attraper. Elle jura qu’elle le tuera s’il ne la lâchait pas rapidement. L’homme semblait amusé de voir sa proie au désarroi. Quel accueil. Ils avaient été fourbes de l’assommer. Aucun combat, juste de la lâcheté. L’homme ria de plus belle en serrant encore son poing autour de la gorge de la belle femme. Héra sentit son souffle se couper peu à peu. Il voulait la tuer ? Héra se débattit pour partir de la menace de mort. Elle ne devait pas mourir. Elle devait encore le voir. Encore une fois. Même si c’était une dernière fois. Il n’était pas loin. Elle observa toute la cruauté et la haine dans les yeux de son bourreau. Elle se vit elle. Elle quand elle tuait des enfants, des innocents. Elle au sang froid. Peut-être qu’elle ne méritait que ça. Il essaya de la faire crier mais n’y arriva pas. Frustré il la jeta une nouvelle fois à terre, comme un vulgaire chiffon. Puis il se mit sur son corps et lui arracha un morceau de lèvre avec ses crocs. Elle n’eut pas le temps de réagir, tentant tant bien que mal de reprendre son souffle. La bouche d’Héra se mit à saigner. Il bloqua ses mains et la regarda de manière très perverse. Héra savait ce qu’il voulait faire d’elle. Mais elle reprit le dessus et tenta de lui attraper les lèvres. Mais l’homme lui tenait bien les poignets et sourit de plus belle. Héra respirait fort. L’ambiance de la pièce lui prenait ses forces. Elle détestait être captive. L’homme se releva lourdement. Sans aucune grâce et sortit grossièrement son sexe. Un sexe sale et puant. Héra le savait. Elle allait attraper toutes les maladies du monde si il mettait cette chose en elle. Que faisait Thorolf. L’homme se remit sur elle et bava même sur son visage. Héra bougea son bassin pour qu’il ne trouve pas son trou. Mais il l’écrasa de tout son poids pour la bloquer sous lui. Le bout de son gland était à l’entré de son orifice. Héra serra les dents. Elle ne le voulait pas. Pas lui. Pas ici. Pas maintenant. Elle n’était plus un vulgaire bout de viande.

-Arrête Ferod !

L’homme souleva alors la tête et regarda l’homme qui venait de lui parler.

-Quoi ? T’en veux aussi ? Tu passeras après moi.

L’homme regarda de nouveau Héra et commença sa pénétration. Avant qu’il ne soir propulsait en arrière. Par un autre individus qui n’était pas de l’avis de ce viol. Ferod se releva énervé et vexé.

-Qu’est-ce qui te prend Zoran ? C’était ma proie !

Zoran, couvert de tissus noir parla calmement en s’avançant vers la grosse brute.

-Tu sais ce qu’il en est pour les esclaves sexuels qu’on soupçonne être des espions ?

Ferod maugréa.

-Il faut d’abord les amener au loup Alpha.

-Bien. Alors c’est ce que tu vas faire de suite.

Férod regarda Zoran, qui semblait être un individu important et étrangement sage dans la meute des Drack. Férod alla alors vers Héra et la releva par les poignets. Encore liés. Héra essaya une nouvelle fois de le mordre mais il lui mit une sorte de bâillon pour qu’elle ne puisse plus mordre qui que se soit avant qu’il la prenne. Il lui mit une corde autour du cou. En liant les menottes de ces mains à ses cheveux pour qu’elle relève la tête tout en étant bloqué. Une position très humiliante pour Héra. Il la laissa nue. Mais elle savait qu’elle allait voir Thorolf. Dans cette position. Elle tenta une nouvelle fois de se débattre contre l’homme qui l’avait capturé mais celui-ci la piqua avec une fourche en fer. Comme si elle était du bétail. Il la tira par la laissa. Héra tenta de résister à la pression de la force de l’homme. Mais il la traina d’un coup sur le sol. Héra ouvrit la bouche pour pousser un cri imaginaire. Sa peau s’écorcha vivement sur le sol couvert de substance puante. Héra se mit rapidement à quatre pates pour ne pas avoir plus de marques sur son corps. Elle marcha comme une bonne chienne à coté de l’homme. Elle attendait le moment ou on détacherait ses liens et qu’elle l’égorgerait à mains nues. Férod avait l’air fier de sa proie et se pavanait comme un prince au milieu des curieux. Zoran n’était pas très loin non plus. Il veillait à ce que cet énergumène fasse bien son travail. Déjà qu’il n’obéissait pas très bien. Il ne devait pas déroger aux règles de leur Maitre. Thorolf. Héra se demandait ce qu’il allait bien penser d’elle. Pour une fois elle n’avait attaqué personne pour mériter ce châtiment. Elle avait été souillée. Prise pour une espionne. Prise pour celle qu’elle n’était plus. Un assassin. Toujours le bâillon dans la bouche, elle avançait docilement. Pourtant à l’intérieur elle bouillait. Son sang chaud était trop patient. Ils arrivèrent rapidement au niveau d’une porte. Férod tira une dernière fois sur la laisse de la femme. Remettant son pantalon, si Thorolf apprenait qu’il avait entamé une besogne sur un espion non interrogé. Il serrait punit. Héra le regarda faire, il allait bientôt mourir. Elle allait manger son cerveau et tout ce qu’elle pourrait faire avec ses organes. Elle se goderait même avec ses os. Zoran frappa à la porte. Avec un grondement comme réponse. Comme si on dérangeait. Héra redouta alors que la porte s’ouvre. Zoran ouvrit lentement la porte. Il pénétra dans la pièce. La chambre humide. Férod entra à son tour en trainant sa prisonnière. Héra regarda la salle. Une chambre modeste. Sans décoration. Le strict minimum. C’était bien Thorolf, ne pas vouloir de superficiel. Ils allaient se retrouver. Mais qu’est-ce qu’il allait faire d’elle. Le ventre noué. Héra releva la tête et vit ce qu’elle ne voulait pas voir. Une femme était agenouillée au pied du lit d’une masse de muscles. C’était lui. C’était Thorolf. La femme attendait visiblement quelque chose. Une rage sans nom monta dans le corps d’Héra. La masse de muscles de releva. Elle vit alors son visage. Mécontent qu’on vienne le déranger dans ses occupations. Héra observa son visage, rongé par le sommeil ou par l’âge. Elle cru que son cœur allait exploser en le voyant ici. Elle ne l’avait pas oublié. En le voyant ici, il était encore en elle. Aussi fort. Elle avait pensé à lui. Tous les jours. Elle avait voulu le tuer dans son âme. Sans succès. La femme près de lui le regarda avec envie. C’est ce qu’Héra cru. Se fut trop. Sa tristesse et sa rage montèrent d’un seul coup. Elle tira sur la corde en tentant de sauter sur la femme. La puissance de sa pulsion renversa une table. La corde lui lacera le cou. Elle était à un mètre de la femme. Le bâillon lui cachait les crocs puissants. Seuls ses yeux reflétaient la haine. La corde commença à lui scier la nuque. Mais elle tira fort. Aussi fort que ses liens le lui permettaient. La femme en face d’elle lui afficha un sourire provocateur. Dans l’âme de la Rose Noire quelque chose se brisa. Ses yeux bleus haineux dévirent tristesses. Thorolf. Il l’avait trahit. Elle regrettait son cœur. Ce qu’elle faisait ici. Elle avait trop cru. Elle s’était frappée contre un mur de pierre. Son esprit se troubla. Elle avait eut tout faux. Le bonheur c’était pour les cons. Le bonheur c’était pour ceux qui voulaient souffrir. La haine prôna alors rapidement sur tout le reste. Elle les tuerait tous. Elle le tuerait lui aussi. Thorolf. Parce qu’il ne devait être qu’à Elle ! Elle garderait son corps dans un grand drap blanc. Elle le mutilerait. Elle se servirait de ses bourses pour se mettre elle-même enceinte. Parce qu’il était à elle. Thorolf l’avait oublié. Elle ne savait même pas s’il la reconnaitrait. Du sang commençait à gouter de la nuque de la femme. Elle était prête à se couper la tête si c’était pour que sa tête écrase celle de la femme. Cette chose puante et dégoutante. La jalousie était une chose immonde. Pourquoi n’était-elle pas partit comme elle le voulait. Férod tira alors un grand cou sur la corde pour la ramener près de lui. Il lui envoya une nouvelle claque pour qu’elle tombe à terre. Son visage devint bleuté. Héra s’allongea une nouvelle fois sur le sol. Le souffle court. Les yeux grands ouverts. Son corps nu couvert de sang et de poussière. Elle était hideusement belle. Hideusement salle. Il devait voir qu’elle était pitoyable. Comme un chien qui tente de garder son territoire. Elle leva les yeux vers Thorolf. Qu’est-ce qu’il avait fait d’elle. Son œil unique. Elle avait changé. Elle avait fait ce voyage pour lui. Férod tira alors la corde vers le haut pour que le loup Alpha voie le visage de cette femme. Héra le regarda droit dans les yeux. Qu’il sente sa haine. Qu’il sente que s’il ne la tuait pas maintenant elle allait l’éventrer. Elle ne lui parla pas par l’esprit. Pas besoin de mots quand on parle avec le regard. La haine était palpable. Son petit corps mutilé par la lutte. Ses cheveux gras par la saleté et la haine. Elle le trouvait pourtant si beau. Son sang ne fit qu’un tour. Le sang lui montait à la tête. Férod l’attrapa par les cheveux pour ne pas l’étrangler plus. Il savait qu’elle serait son objet quand le loup Alpha l’aurait questionné. Héra regarda Thorolf. L’infini. La fin ? Le début ? Elle ne savait plus. Zoran parla enfin à son chef de meute pour lui expliquer la situation.

-Thorolf, nous avons trouvé cette femme rodant dans le domaine. Nous soupçonnons qu’elle fasse partit d’une autre meute, et qu’elle désire nous soustraire des informations.

Héra fronça les sourcils. Une espionne ? Férod enchaina alors sur le discours de Zoran.

-Je pensais, après l’interrogatoire, la mettre sur le marché des esclaves.

Un sourire sadique se dessina sur son visage et il caressa le menton de sa belle proie. Héra essaya de voir la réaction de Thorolf mais celui-ci, vu d’où elle était semblée totalement insensible. Héra respirait fort. L’ambiance devenait de plus en plus lourde. L’orage grondait dehors. Comme si le temps reflétait le futur. Férod passa même sa main sur les seins de la belle.

-Mais bon avant ça on pourrait profiter d’elle. On ne gache pas de la si bonne viande…


Spoiler:
 


Dernière édition par Héra Calliope le Sam 23 Mar 2013 - 15:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: [+18] Une viande à partager sans consumer.    Sam 29 Sep 2012 - 19:15




Des coups sourds. C'était tout ce que Thorolf pouvait entendre en ce moment. Des bruits violents. Des raclements de pied. Au summum d'un mal être constant et incontrôlable, il fracassait le faciès d'une esclave dénuée d'identité à coups de talon. Le pied tendu écrasait le front, fracturait le nez, déplaçait la mâchoire ... Au plus profond de sa tristesse, le cannibale ne pouvait qu'entendre les cognements de ses attaques. Plus rien n'avait d'importance. Il avait vécu des jours sans couleurs, manger une quantité de viandes différentes sans aucune saveur ... Même le halo vert des marécages ressemblait à un gris maussade et maudit. La nouvelle médiocrité de son existence était devenu un fardeau terrible. Oui, il avait tout gagné. Oui, il avait évolué. Pas en tant que lycanthrope, bien sûr. Thorolf avait su préservé toute sa personnalité. Ou mieux encore, il a pu s'affirmer davantage en sachant que son nouveau peuple s'accoutumerait autant à ses goûts qu'à ses besoins carnassiers. Bom ... bom ... bom ... Encore. Des bruits incessants et pourtant très significatif. Thorolf ne s'arrêta pas. Son propre talon était baigné de sang jusqu'à la moitié du tibia. Le visage était entièrement défoncé. Des spasmes incontrôlables faisaient bouger le corps déjà sans vie. Il avait dû atteindre les nerfs crâniens. Il voulait voir jusqu'où un crâne pouvait être fracturé ? Si un pus jaunâtre et liquide remplacerait le sang à force de pourrir sous son pied ? Jusqu'à quelle coloration une plaie infectée peut changer de couleur ? Ces questions ne voulaient pas trouver de réponses. Ce n'était pas par curiosité, mais parce que le loup alpha venait de se rendre compte qu'il réfléchissait à autre chose qu'à cette louve si inestimable. Il pouvait sentir l'image d'Héra se frotter contre sa mémoire, lui cogner le crâne à tout moment pour qu'il puisse penser de nouveau à elle ... Mais il se concentra sur la destruction pure et simple d'un crâne humain en implorant son inconscient de jouer son foutu rôle. L'aube rugissait comme un lion qui possédait la gorge transpercée d'une lance empoisonnée. Ce n'était pas elle. Héra n'était plus là. Il devait se résoudre à l'oublier. Mais comment l'oublier ... Comment oublier son visage, ses seins aux formes généreuses confirmant le quart d'une beauté parfaite et son mental qui étaient si peu commun ? Il pouvait désormais voir qu'elle était irremplaçable. Pire encore, il pouvait voir que cela le torturait.

Des semaines entières ont passé. Et pourtant, tous ont pu voir un nouveau seigneur borné et très peu patient. Une attitude morose habituelle qui se transformait rapidement en une colère noire et ardente. Certains en profitaient pour se remettre en question sur le règne de Thorolf ... N'était-il pas en train de céder d'une cause que tous ignoraient sauf lui-même ? N'était-il pas en train de faiblir ? D'une certaine manière, si. Mais tout comme le chacal, l'éléphant ou le tigre ... Ils étaient effrayés d'affronter le lion. Thorolf était le roi de cette jungle, le roi de sa propre meute. Et personne n'osait s'opposer physiquement face à lui. Ce dernier tenait les rennes de son règne avec force et fermeté. Le peuple avait compris qu'il existait une chose bien pire que la mort ... Il y avait Thorolf Gunnar. Et chacun de ses châtiments ne passaient jamais dans l'oubli. Tous racontaient avec détails comment le cannibale de Thaodia avait ordonné à un fils condamné de neuf ans à peine de tuer son père avec un glaive pendant que le roi était en train de frotter sa main énorme sur son propre sexe en contemplant la sinistre scène avec délectation. Ou encore lorsqu'il avait usé d'une brutalité sans pareille mais qui lui était propre en forçant à un condamné de s'arracher les yeux à mains nues pour qu'il cesse de scier sa femme avec une lame dentée et rouillée. Un véritable orchestre d'hurlements de douleur, de souffrance et de vomis sanguines ont été déversés ce soir-là. Et tous se souvenaient de cette mémoire car l'exécution s'était fait à l'extérieur au milieu d'une place bondée de commerçants. Personne ne pouvaient s'habituer aux châtiments du seigneur des Drack car ce dernier pensait à diversifier à chaque fois les exécutions, obligeant à rappeler à la population que le lion était toujours en vie ... Et qu'il avait faim.

Mais toutes ces tortures ne valaient pas la sienne. Héra tenta encore de l'appeler mentalement, une voix qui ne s'essoufflait pas ... Qui ne s'estompait pas non plus. Un délire. C'était un putain de délire. Il pouvait se rappeler très clairement de son odeur comme si elle se tenait à proximité de lui. Et pourtant comme un drogué en manque aussi névrosé qu'en perdition, il arrêta de donner des coups de talon, referma les yeux et respira fortement l'air en levant son visage. Il voulait humer à nouveau son corps. Se rappeler avec exactitude de cette puanteur enchanteresque qu'il avait tant reniflé ce soir-là. Une odeur abjecte ... Un parfum entièrement envoutant qui faisait toute la différence entre son odeur de fauve et ... les autres. Si Thorolf avait pu larmoyé de colère et de frustration, il l'aurait fait en décimant tout son peuple. Mais les larmes n'existaient pas chez lui. Elles ne venaient pas ainsi. Elles s'exprimaient par le sang. Une sécheresse vivante aveuglait ses propres ressentis. Rien ne venait. Mais pourtant, il pouvait ressentir comme si une main glacée enfermait les flammes de son cœur. Désagréable. Perturbant. Mais surtout, comment l'exprimer ? La colère. La haine. La neutralité. La froideur. Thorolf ne savait exprimer que cela. Et pourtant, en une seule nuit pendant qu'il la chevauchait comme une bête ... Il avait ressenti quelque chose. Ou dû moins, quelque chose de nouveau. Il avait tué ses gardes pour préserver le secret de son attachement. Une chose ... Qu'il n'avait jamais fait auparavant. Ce n'était pas une question de massacrer ses fidèles, il le faisait selon son bon vouloir. Mais pour ... une femelle ? Une femme. Cela faisait toute la différence.

Thorolf se massa les yeux. Des yeux cernés, fatigués ... Il était évident que son nouvel habitat dans cet abattoir demandait un temps pour se sentir chez soi. Mais les rêves le conduisaient constamment à elle. Comme une force qui l'attirait, une sorte de synergie qui ne voulait pas crever par la force brute. Thorolf était vulnérable à ses assauts. Et il se demanda sérieusement combien de temps encore il allait rester là à subir les souvenirs d'une seule et unique nuit avant de commettre une erreur irréparable. Décimer sa propre meute, se catégoriser comme une divinité et foncer tout seul à l'assaut contre les Nord-Bois dû une dose hypomaniaque de son corps ou encore de planter sa hache sur son crâne. Le désir était fort. Tout comme sa gourmandise. Sa chambre était grande, mais elle présentait un vide dénué de luxe. L'essentiel était là. Et ses "outils" entraient dans cette catégorie. Il attrapa un hachoir de boucher sur une table basse avant de se diriger vers le cadavre ... Au moment où il amputa d'un seul coup l'avant-bras de la charogne vidée de son sang, un coup sonore ébranla la porte. Déjà en rogne, un rugissement puissant et animal s'extirpa de sa gorge. La porte s'ouvrit pour laisser place à un spectacle qu'il ne s'attendait pas à voir. Une forme à quatre pattes se glissaient la première, suivi de Ferod et de Zoran. Le fait de voir ces deux guerriers ensemble semblaient être un miracle car ni l'un ni l'autre ne se respectait beaucoup. Thorolf émit un grognement frustré avant de porter l'avant-bras entre ses crocs. Un craquement sinistre se fit entendre, sa cavité buccale croqua la peau jusqu'au radius. Il n'aimait pas qu'on l'interrompe pendant son déjeuner ... Surtout lorsqu'il voulait être seul après avoir rêvé d'un être qu'il désirait revoir. Il jeta un oeil rapide à la prisonnière sans pour autant lui attacher une réelle importance. Elle était nue. Sale. Elle semblait habitué à ce genre de saleté. Des longs cheveux d'un noir jais lui ornaient le crâne en camouflant les traits de son visage. Il ne pouvait encore apercevoir clairement ses yeux, mais il sentait son regard soutenu sur lui. Ses seins se mettaient à rebondir au rythme de ses pas. Une poitrine voluptueuse. Evidemment ... Il fallait que la prisonnière possède des attributs qui lui rappela instantanément Héra. Son esprit ne manqua pas de lui rappeler en ébranlant sa mémoire à coup de marteau une fois de plus. Elle était sale, pauvre... Mais pourtant ... Son odeur ne le dérangea pas.

Il soupira avant d'empoigner la chevelure de l'esclave morte, de poser sa tête sur son genou robuste et de trancher son cou en remuant la lame de l'hachoir à l'intérieur de la peau. La tête se sépara rapidement du corps. La viande humaine retomba mollement sur le sol, une horrible plaie cramoisie et sombre à découvert. Il leva son visage puis regarda successivement ses fidèles. Ses lèvres se décollaient pour parler lorsqu'au même moment, la prisonnière plongea rapidement dans sa direction, ses mains cherchant à griffer, attraper quelque chose hors d'atteinte. Thorolf la regarda d'un oeil noir pour l'intimider, mais se rendit compte que ce n'était pas lui qu'elle voulait. Ses doigts tendus et arqués se dirigeaient vers l'esclave morte. Elle griffait l'air comme une bête en furie et pourtant ... On n'entendait que sa respiration saccadée alors qu'un cri de rage ou des pleures auraient mieux contribuer à la scène. Elle devait avoir la mâchoire brisée ou quelque chose comme cela. Ce n'était pas possible autrement. Non ... Ce n'était pas possible autrement.

Même si la corde était tendue au maximum, Ferod ne manqua pas d'afficher un sourire grossier qui lui déforma son visage brûlé par la mauvaise maniabilité d'une torche enflammée. Après avoir goûté à un amusement qui n'était pas partagé par le chef de meute, il tira brutalement la prisonnière contre lui avant de fouetter son visage en usant de la paume de sa main. Thorolf ne réagit pas, bien trop occupé à engloutir le menton de l'esclave déchue, son sexe au repas pendant devant ses yeux. Il montra d'un coup de tête pour qu'on lui dégage ses cheveux. Ferod s'exécuta et ...


Héra


Thorolf la regarda. La regarda encore. Paralysé. Horrifié. Terrifié. La haine au ventre. Une tristesse profonde se lisait dans son regard. Le souffle était coupé. Le cannibale ne pouvait plus respirer, ne voulait plus. Immobile, le guerrier relâcha le crâne qui heurta le sol d'un bruit osseux. Sa main légèrement ouverte resta devant sa bouche, incapable de bouger. L'horreur se dessinait clairement sur son visage. Il était tétanisé. Une affreuse nausée commença à s'emparer de lui. Son coeur se tordait dans tous les sens, son estomac et sa gorge se nouaient ... C'était ... Non ... Un délire. Un vulgaire délire. Son esprit se moquait. Et pourtant, Thorolf resta là à la regarder avec patience, comme si c'était le châtiment qu'il s'attribuait à regarder le résultat de son incompétence. Cela le blessait terriblement. Une amertume nauséabonde l'enveloppa comme une mère qui se mettrait à enlacer son unique fils. Son flair commença à s'agiter, voulant être persuadé de reconnaître son odeur, son parfum ... C'était elle. C'était bien elle. Une haine noire dégageait de son regard, mais Thorolf n'en prit pas compte une seule seconde. Sa simple présence avait suffit à chambouler entièrement son esprit. Son système nerveux devenait instable, son coeur se mit à tambouriner comme un barbare, comme s'il voulait qu'Héra puisse entendre ses propres battements de là où elle se trouvait. Il voulait la secouer, la prendre comme une chienne, la serrer contre lui ... Tellement de choses entraient en lui que ses mouvements étaient désordonnés lorsqu'il voulut se lever. Zoran brisa le silence :

-Thorolf, nous avons trouvé cette femme rodant dans le domaine. Nous soupçonnons qu’elle fasse partit d’une autre meute, et qu’elle désire nous soustraire des informations.

Elle était venue. Elle était venue pour lui. Une fièvre s'abattit sur Thorolf au même moment. Le fait d'être debout n'était pas une bonne idée. Même si tout son corps de barbare paraissait détendu, ses mains tremblaient légèrement et son torse se mit à bomber à un rythme alarmant. Son oeil ne cessa de la regarder, de la regarder encore ... Comme s'il pouvait la dévorer entièrement d'un simple regard visuel. Il avait peur que s'il détache son regard d'elle, le visage d'une autre femme la remplacerait directement.

-Je pensais, après l’interrogatoire, la mettre sur le marché des esclaves.

Marché des esclaves ? Héra ? SA femme ?! Peu à peu, le doute et la fièvre se dissipaient pour être remplacé par une colère si noire et si ardente que les murs de l'abattoir auraient tremblés comme une vierge en face d'un troupeau affamé de sexe. Les sourcils froncés, Thorolf quitta difficilement le regard de sa chienne pour regarder qui avait parlé. Ferod. Un orage matinal commença à anticiper les grondements du chef de meute. A poser un cadre qui allait présenter une ultra violence incontrôlable. Très lentement, il s'approcha de Ferod en effleurant au passage la chevelure de la prisonnière. Il puait. Il puait vraiment. Mais quelque chose en lui sentait bon. Réellement bon. Une odeur féminine. Héra était nue, sanglante ... Il n'y avait qu'une seule et unique explication à cela. Ferod lui sourit en découvrant des dents dissymétriques et jaunes.

-Mais bon avant ça on pourrait profiter d’elle. On ne gache pas de la si bonne viande…

Thorolf inspira fort. Très fort. Chacune de ses remarques le blessaient. Parler ainsi d'elle. Parler ... Comme si elle la possédait. Sa main empoignant la corde qui retenait Héra le rendait malade. Sa satisfaction. Le colosse voulait parler d'un ton grave et caverneux, comme à son habitude ... Mais ce n'était qu'un murmure brisé qui sortait de ses lèvres en répétant les dires de son acolyte :

"Une si bonne viande ... ?"

Zoran savait que quelque chose ne tournait pas rond. Il connaissait bien les réactions primitives de son chef. Mais il ne bougea pas, autrement il trahirait également sa position dans l'acte qui s'était ensuivi avec Ferod et Héra. Il regarda en tant que spectateur, priant pour que sa vie dure encore même s'il savait qu'il allait y avoir droit à lui aussi. Il espérait n'avoir qu'une jambe démembrée ou une main invalide ... Cela serait en tout cas généreux de la part du titan. Quelque chose d'énorme allait se produire. Thorolf ferma un instant les yeux pour tenter de se reprendre, mais ses mains et ses jambes commençaient à trembler plus furieusement. Toujours du même chuchotement qui dissimulait une tempête de violence, il intima à sa femelle de s'écarter de son chemin :

"Héra ... Sur le lit ... Tout de suite ..."

Zoran comprit immédiatement l'erreur irrécupérable que Férod venait de causer. Il sentait qu'il allait mourir lui aussi. Il ne se sentit pas rassuré. Férod se contenta de répéter le nom cité avec étonnement :

"Héra ?"

Mais rapidement, ses yeux s'agrandissaient. Il venait de percuter une vérité dont il aurait mieux fait de faire taire à jamais. La corde lui glissait des mains. Il s'était préparé à rire de bon coeur, à écouter un remerciement de ce présent par le mâle alpha. Il s'attendait à ce qu'un viol collectif se produise. A ce qu'une orgie mémorable se fasse pour tétaniser à jamais la nouvelle prisonnière. Mais aussitôt que le nom fut prononcé, cela signifiait que Thorolf connaissait la femelle. Et pour un lycanthrope comme Thorolf, cela devait lui appartenir à lui. Et à lui seul. Férod devint entièrement livide, abasourdi par une incompréhension totale face à ce retournement de situation. Les mains de Thorolf agrippaient son cou et il fut rapidement projeté avec une puissance inouïe contre le mur. Deux briques d'une pierre murale se brisaient en deux avant de retomber en morceaux à terre. Le cannibale ouvrit un coffre, puis s'empara de pieux en acier et d'un marteau avant de plonger dangereusement sur Ferod. Légèrement assommé, il tenta de se défendre mais un coup de marteau si puissant lui disloqua la mâchoire pour le faire taire. Thorolf le souleva, puis enfonça le premier pieu contre sa main avant de frapper lourdement la pointe avec le marteau. Le mur craquela. Un cri percutant emplit la pièce. Le sang s'échappa avidement. La main valide du guerrier tenta de repousser le visage du cannibale mais il fut transpercé par des crocs ravageurs. Il s'époumona à nouveau, étant à la limite de rejeter ses tripes par sa cavité buccale. Il cria, cria encore ... A force d'hurler, sa trachée devint rugueuse et sèche. Thorolf ne prit pas le temps de transpercer la deuxième main. Il l'arracha tout simplement à coup de crocs, en mordant férocement dessus, tirant le bras, cisaillant la chaire avec la pointe de ses crocs de fauve. La bouche remplit de sang, il recracha sur lui ce liquide de vie immonde avant d'hurler en plongeant sa main à l'intérieur de son pantalon :

"Héra ! OUI, HERA ! Ma femme ! Ma chienne ! Mon amour ! ELLE EST A MOI ! A MOI SEUL !"

Il attrapa brutalement sa verge, reprit son hachoir et ... Ne frappa pas. Au contraire, il laissa et glissa lentement la lame sur le sexe. La coupure devait être courte, profonde et lente. Thorolf avait commencé par descendre depuis son bras ventre avant de cisailler en silence jusqu'à l'ablation de ses couilles puantes. Férod ne cessa de gigoter en s'égosillant comme un damné. La peau se déchira centimètre par centimètre. Thorolf prenait son pied car une grande érection vint réveiller sa verge. La castration effectué, la plaie ne ressemblait à rien hormis un énorme trou où les intestins étaient à la limite d'en ressortir. Zoran se retourna, c'était trop, beaucoup trop pour lui. Il n'osait fuir ni non plus poser ses yeux sur Héra, de peur d'être vu comme une cible lui aussi. Les coupures n'étaient pas uniformes, la peau se ratatinait et pendait lamentablement sous une couche sanguine énorme. Une fois le sexe au fond de son poing, Thorolf baffa Férod en l'intimant de l'avaler. Ce dernier était encore vivant, mais plus de ce monde. La douleur avait atteint son paroxysme. Il ne pouvait plus rien comprendre de ce que Thorolf lui intimait de faire. Tout n'était que souffrance et humiliation. Le chef de meute enfonça ses doigts dans sa gueule, ouvrit la cavité buccale et y enfonça le sexe ainsi que les rognons à l'intérieur. Mais il ne s'arrêta pas là. Pour lui interdire de recracher cette viande putride, il se munit à nouveau de son marteau et l'utilisa pour fracasser le haut de son crâne et lui exploser le bas de son menton dans des hurlements sauvages de colère et de tristesse. Héra brûlait en lui. Son coeur débordait d'amour et de violence. Et c'était ainsi que Thorolf l'exprima en détruisant la gueule d'une entité infidèle.

Soudain, des renforts firent irruption dans la chambre pour tenter d'observer la situation. Thorolf rugit férocement et s'écarta de Férod pour charger contre eux. Il attrapa sa hache au passage calé contre le lit et décapita tout ce qui pouvait être décapiter. Quatre corps, cinq, six, sept ... Une dizaine de corps chutaient sans même qu'un seul puisse se défendre tant la hargne et l'envie de sang avaient hypnotiser Thorolf. Il sortit un instant de la chambre en fracassant la porte en bois d'un coup de pied puissant. L'orgie cessa immédiatement, tous regardaient le mâle alpha comme un terrible exterminateur. Il leva sa hache et tua autant d'esclaves que de fidèles.




Peu lui important leur identité, peu lui importait ce qu'ils étaient réellement ... Tout en décimant ses domestiques et ses gardes dans l'abattoir, il ne cessa de jurer et de rugir :

"Sortez ! Sortez TOUS ! Dégagez !"

Une émeute s'était crée. Une masse compacte s'était formée pour sortir le plus rapidement possible par la double porte d'entrée. Certains tombaient à terre par déséquilibre et furent piétiner comme des animaux. D'autres sautaient par la fenêtre en rompant le verre, préférant une défenestration et une chute d'une centaine de mètres qu'un coup meurtrier par leur chef de meute. Des cris désespérés s'étaient élevés en franchissant la limite des décibels les plus stridents. Puis peu à peu, Thorolf, aussi ensanglanté que sa hache après avoir commis un véritable génocide, frappa dans le vide. Tous étaient partis. A l'agonie, morts ou avaient fuis à l'air extérieur de l'abattoir. Il respira fort. Il était brisé. Il se sentait brisé. Malgré la force, la violence et la sauvagerie qu'il avait causé ... Il se sentait extrêmement vulnérable. Quelqu'un se tenait derrière lui. Il releva sa hache en se retournant mais ses mains se mirent à glisser lorsqu'il reconnut le seul être qui devait vivre encore et toujours auprès de lui : Héra Calliope. Elle a dans ses mains l'envie de serrer les doigts. Et d'abattre le poing sur ce qu'elle caresse. Un désir de vengeance, de haine parfois qu'elle condamne comme étant sa faiblesse. Elle a sous cette fragilité et cette douceur, des pulsions insurgées, des envies réfractaires.Un désir de violence et de douleur envers tous ceux qui ne savent pas se taire.

La hache retomba lourdement sur le sol avec un bruit métallique. Ils se regardaient tout deux en silence. Nues, encore une fois. Il avait retrouvé ces yeux clairs et mémorables comme un présent des plus juteux. La corde avait disparu autour de son cou. Elle devait probablement l'avoir ôté. Zoran était en vie. Il se glissa à côté d'eux et parti par la porte en prenant le soin d'incliner sa tête vers le bas pour garder sa soumission face à Thorolf. Il était si envouté et subjugué par la rencontre avec sa femelle qu'il ne remarqua même pas son départ. Tétanisé même. ll approcha une main hésitante et tâchée de sang en direction de son visage féminin. Impossible de savoir si elle allait mordre ou ... Une caresse. Thorolf venait de poser ses doigts sur sa pommette et de les laisser glisser jusqu'à effleurer ses lèvres. Elle lui inspirait cette douceur. Cette nouveauté. Le cœur du colosse se mit à se tortiller étroitement. Il débordait de joie de la voir ... La haine se calma. La fureur n'avait plus de raison de vivre en ce moment. Héra l'avait apaisé entièrement en un seul regard. Il se rapprocha en un coup d'elle, la souleva par son fessier et ...

Il plongea son visage en agrippant ses lèvres contre les siens.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: [+18] Une viande à partager sans consumer.    Sam 23 Mar 2013 - 2:32

Parce que c'est toi.

J'apprends dans les siècles et non dans ma vie. Je n'écoute personne et je me tais. Parce que je n'aime pas crier. Tu pourras me dire que je suis en tord. Que je n'ai besoin que de règles, mais dans mon âme les règles n'entrent qu'en dernier recourt. Je me perds, je me retrouve. Je suis seule. Je suis unique, comme nous tous. J'ai cette double capacité de pouvoir me torturer l'âme et de ne pas pouvoir vivre. Je me contredis moi même, je suis un démon indomptable qui erre dans un monde d'ange. De faux-anges. De faux traitres. Je ne suis pas de celle qui tombe et qui ne se relève pas, au contraire j'ai l'impression de ne jamais tomber. Je ne me remets pas en question et je parle toujours de moi. Il faut dire aussi, que sa fait longtemps que l'on a laissé de coté les aventures des hommes et leurs exploits. Qu'il fallait grandir derrière notre invisibilité. Ne pas se croire les Dieux de l'univers et de la terre. Il n'y a pas de Dieu. Pas de Dieux. Les Dieux sont là pour punir, on ne punit pas les êtres. Ils se punissent seuls. Les Dieux ne sont pas des géants. Se sont des géants qui mentent et qui entrent dans nos têtes. Nous sommes des pantins. Ils nous faut des escaliers pour monter jusqu'aux cieux. Des paliers qui nous mènent à notre destiné, à notre propre morts. Dans le ciel se cachent nos ancêtres. Des êtres déchus qui veillent sur nous et nos actes. Pas de dieux. Juste des âmes frénétiques, qui tournent autour de nous en nous envoyant des signaux. Les captons-nous? Les entendons-nous? S'il fallait que je dise la couleur de leur souhait, alors je ne serai certainement pas ici à parler de tout mais surtout de rien. Il faut dire, que se perdre dans les mots est la meilleure des thérapie. C'est un moyen de dire sans s'arrêter ce que notre subconscient ne peut capter. C'est une vague de mots, qui coulent lentement le long de mes doigts mais surtout de ma pensée. Je les laisse glisser pour ceux qui désirent la lire. Ceux qui s'intéressent où ce qui abandonnent. Je n'ai rien à offrir, même pas une pensée juste. Je n'ai pas fait d'actes héroïques qui me permettent d'accéder à une bonne conscience. Je ne suis pas irréprochable, et encore moins une personne faible. Je suis certainement une fausse donneuse de leçon, qui croit encore par fierté que je peux donner ma pensée et surtout l'imposer aux autres. Dites bien ces choses là. Ne me parlez pas des jours. Qui filent comme du temps perdu. Je ne sais plus si l’amour se rapproche trop de la haine. On me dira de ne plus prédire le mal, ni de ne voir que du noir. Je ne pourrai jamais essayer de voir au-delà des mots. Jamais je ne ferai semblant d’aimer la liberté qu’on m’offre. La liberté ce gagne. Je la volerai. J’offrirai mes ailes au premier qui décidera de se jeter sous mes griffes. J’apprendrai le cœur des hommes pour pouvoir mieux y mettre mon poison. J’ai fait semblant d’aimer des fanatiques, des histoires sans fond qui n’ont fait que m’irriter. J’ai trop entendu l’amour des Dieux en peinture et en écrit. J’ai lu le serment d’un Ange et j’en suis devenu un. Comme si on voulait me punir. Me forcer à être ce que je déteste voir. Me forcer à croire en un monde plus beau qui a pour seul visage le sang et le pourpre. Abuser de mon esprit plongé dans une mer de désespoir. Personne. Plus personne ne pourra me dire ce que je dois faire. Plus personne ne me frappera. Je ne vis pas au grès de tes envies, même si tu le crois. Tu n’es qu’un minuscule pion sur mon grand échiquier. Tu entendras parfois sur les murs de mon être des annonces répétées au rythme des prophètes. Et tu verras le temps changer sans pouvoir y mettre de la dignité. Tu croiras souvent que mes yeux sont remplit de diamants alors qu’il y règne un désert Blanc. J’ai perdu la guerre contre mon cœur, à présent je t’offre l’horreur. Tes souvenirs sont si rares qu’ils ne font pas partit de moi. Tu peux croire tout mes mots, qui sonnent pourtant si faux. J’ai fait une route depuis longtemps, tout pourrait durer mille ans. J’ai des sourires à te jeter et mon corps à bafouer. J’ai eut des rêves étant petite, de ceux qui sonnent à l’atomique. Je pourrai aussi bien écrire je te déteste mais tu sauras bien vite que c’est une contre vérité. J’ai ma liberté bien maquillée quand je te mens ‘Je t’appartiens’. Rien n’est à toi et tu le sais. Je vis sur le bord d’une mer et les vagues ont tout emporté. Les vagues entre elles ne parlent que de toi. La tempête est entrée dans ma chair et elle va tout décimer. Je ne crois plus en rien. Même pas en l’amour, juste des illusions qui se tuent un jour. J’irai même encore plus loin entre le mal et l’incertain. Qui pourrait aussi bien savoir que je vis en plein désespoir ? Et l’avenir qui se profile pour des choses pires qu’inutiles. Ton reflet devient ma hantise comme si je devenais la victime. Tu te tais car tu trouves ça normal. Qui t’as dit que j’étais normale ? J’ai la rage de vivre une vie unique. J’ai l’esprit conquérant devant moi tu seras perdant. Si tu désires te défiler devant la difficulté. Je ne te laisserai rien faire. Même pas revenir en arrière. Je suis le vice de la peur. J’écroue les murs et l’ardeur. J’aime le bien et même le mal. Si je tombe je suis en mal. Je ne vois rien depuis ce jour. Ou j’ai encore pensé d’amour. Je suis aveugle et sentinelle. Parfois sage mais surtout cruelle. J’abandonne ce qu’on me donne. J’ai peur que mon heure enfin sonne. Je suis solitaire accompli. Dans les tréfonds de la nuit. J’écoute la nature et le vent. Personne n’écoute les vivants. Qui peut comprendre une aliénée. Couplé de folle et de névrosée. Je suis celle qui se retient de crier trop fort. Lorsque ma tête guide mon corps. Bienvenue dans ma tête.

"Héra ... Sur le lit ... Tout de suite ..."

La Rose Noire ouvrit alors grand les yeux. Il lui avait ordonné d’aller sur le lit. Mais il se prenait pour qui ? Pour son maître ? Héra obéit. Elle n’était pas un animal domestique. Elle regarda le grand chez de meute. Se souvenant de ce qu’ils avaient vécu ensemble. De cet amour peut-être. Ou d’une simple folie passagère. Ils avaient posé une pierre tout les deux. S’étaient marqués au fer rouge. Elle voyait dans le regard de l’homme que quelque chose s’était brisé ou même quelque chose qui venait de se construire. Elle l’observa une seconde, comme d’habitude avec ses grands yeux bleus. Il semblait perdu dans cette spirale. La spirale qu’on appelle peut-être amour désastreux. Héra ne savait pas. Elle se contenta de monter sur le lit en attrapant les draps tachés de sang pour couvrir son corps. Elle détacha la corde qu’elle avait autour du cou, celle qui lui avait laissé une belle marque rouge tant Ferod l’avait tiré. Dans les yeux de Thorolf se dessinaient une lueur étrange, qu’elle-même ne pouvait pas expliquer. Mélange de colère et de compassion. De tristesse et d’animal. Le chef de la meute Drack n’était qu’un château de carte offusqué par sa présence. Une femme peut soumettre une montagne. La belle lycan sourit. C’était lui. Elle sentit alors la puissante colère de l’homme accroitre. Comme on ouvrit une fenêtre à la tempête. Puis tout s’enchaina. Une bulle dans l’air explosa en mille et un éclats. Thorolf attrapa Ferod par le cou. Il lui cracha à la figure que cette femelle était à lui. A lui ? Héra fronça les sourcils. Même si elle était revenue pour lui, elle ne comptait pas lui appartenir au titre de chienne obéissante. Elle serait son objet de désir. Sa proie. Son esclave. Mais elle ne marcherait jamais dans son ombre et jamais elle ne se tairait face à lui. La colère du lycan Alpha était palpable. Il était la force de la fureur. Son corps tout entier se mit en mouvement. Il plaqua contre le mur Ferod en enfonçant dans une de ses mains un pieu pour qu’il ne bouge plus. La colère. L’amour. La passion. Des sentiments presque similaires. Héra le laissa faire en tentant de ne pas baisser son regard face au carnage. Que se soit lorsque Thorolf lui écrasa le crâne. Ou même le moment ou il lui arracha ses parties génitales pour les lui enfoncer dans la bouche. Les cris de l’homme heurtèrent les parois des murs comme des éclairs de feu. Il y avait la la preuve d’un amour incandescent. Est-ce une bonne chose. Lorsqu’on est au sommet, ne tombe t-on pas de plus haut ? Sommes-nous assez fort pour faire face à nos propres sentiments ? Malheur à qui la toucherait. Héra se sentait pour la première fois de sa vie en sécurité. Il venait de lui prouver d’une manière des plus atroces, qu’il irait loin pour elle. Même jusqu’à piétiner les siens. Le regard de la belle se figea. Parce qu’elle le voyait lui. Pas comme un traitre. Pas comme un homme. Comme il était vraiment. Et ça malgré la sauvagerie et la barbarie de ses actes. Il serait son bouclier. Sa force nouvelle. Elle savait alors pourquoi elle était venue jusqu’ici. Pour renouer avec son destin. Pour qu’enfin elle puisse s’harmoniser avec son chaos intérieur. Thorolf dans sa fureur ne s’arrêta pas là. Les quelques gardes qui s’étaient précipités pour observer la scène et même mettre fin au massacre de leur compagnon, finirent sous la hache du loup. Le sang encore du sang. Les yeux de la lycan se fermèrent. Parce que le monde ne devait pas changer. Parce qu’elle était malgré tout au même point. Par colère par orgueil. Thorolf se déchaina sur cette masse d’homme, parce qu’elle était venue. Elle avait fait le désastre, elle était tout ce qui avait causé des pertes. Ni de bien. Ni de mal. Juste elle. Elle entendait les cris. Les morts percuter le sol. Elle n’était pas venue pour ça. Elle s’était perdue sur sa propre route. Naviguant. Eprise d’une envie soudaine et immobile. Parce que son corps mutilé ne valait rien. Sa folie lui monta doucement à la tête. L’amour. La haine. La passion. Le désastre. Son corps tout entier frissonna. Il fallait du temps pour se donner à quelqu’un. Du temps pour lui faire confiance. Que de relation banale. D’histoires inaudibles qu’on n’entend pas. Héra ouvrit de nouveaux ses yeux. La chambre était couverte de sang. La nausée lui monta presque à la gorge. Pourtant le sang lui plaisait. Elle se releva légèrement pour entendre crier le chef de meute. Ils étaient tous partit. Ils s’étaient tous sauvé de peur de se confronter à la colère de l’homme loup. Les pieds de la belle trempèrent dans le sang. Ses jambes flageolant presque de terreur. Héra se tenait debout comme on tient un pantin. Ne sachant plus ou aller. Parce que ce qui venait de se produire allait changer sa vie. Parce que ce qu’elle venait de sentir était pire que de tuer un enfant. Ses yeux bleus cherchèrent une issus. De quoi fuir encore une fois. De quoi sauter de si haut qu’on ne puisse la rattraper. Thorolf lâcha alors sa hache. Eclaboussure de passion. Ils se regardèrent. Comme pour la première fois. Les poils de la belle se dressèrent dans sa nuque. Il ne devait pas. Elle allait fuir. Elle ne pourrait pas. Pas maintenant. Elle était venue pour lui. Pour eux. Pour rien. Héra le laissa s’approcher d’elle. Sans rien dire. Un silence qu’elle connaissait trop bien. Oubliant qu’ils étaient entourés de sang. Il la souleva. La porta contre lui. C’est à ce moment là qu’elle su. C’est à ce moment là qu’elle sentit. Ils s’embrassèrent. Leurs bouches tachées de sang, se rencontrèrent pas par simple désir. Mes par amour. Sans aucuns mots. Sans aucun geste, Thorolf venait de briser toutes les gardes de la belle lycan. Tout aller changer.

Ce sont des situations bestiales
Ces moments entre nous
Les séparations et les retours
C'est à ne rien y comprendre
Déjà... comme tu vois
Je pense à toi... Oui... Un peu

Il y a simplement des contradictions animales
Des sentiments heureux, des sentiments tristes
Ces passages émotionnels
Tous les souvenirs que nous avons eus
Oui, tu sais que c'est vrai
Je ne peux simplement m'arrêter de penser à toi

Non, je ne peux pas prétendre
Tout ce temps que nous avons passé puisse mourir
Je veux le ressentir à nouveau
Tout l'amour qu'on a ressenti puis

Chacun est isolé par son cœur
Derrière les barrières de son orgueil
Je pense à toi
Je pense à nous

Ce sont les choses de la vie
Elles s'en vont un peu aussi

Certains pour le pire, certains pour le meilleur
Mais malgré cela

Déjà... comme tu vois
Moi je tiens encore debout

Parce que
C'est humain tous mes rêves
Avec les mains moi je les prendrais, oui parce que

Qu'est ce que la vie sans un rêve en tête
Prends ma main et ne me laisse jamais partir

Ca fait partie de la vie ensemble
Mais à quoi le futur tient-il ?

Ce sont les choses de la vie
Mais ensuite où est la vie
Oui, tu sais que c'est vrai
Je ne peux simplement m'arrêter de penser à toi

Cette nuit qui passe doucement à côté de moi
Je cherche à l'affronter, à la saisir

Si nos cœurs manquent un battement
Ou s'ils se perdent comme un bateau en mer
Je veux m'en souvenir, je ne peux jamais oublier

Je ne peux m'arrêter de penser à toi
Je pense à toi
Je ne peux m'arrêter de penser à toi …


« Ecrire sur l’amour. Ecrire sur des toujours qu’on ne se dit pas. Je voudrai parfois pardonner ce qui n’existe pas. Mais lorsque sa existe, je ne les pardonne pas. Fuir. Loin. Pour être sur de ne pas souffrir. S’attacher juste ce qu’il faut, le moment d’une trêve et prendre peur. La fuite est une preuve de lâcheté ? D’agonie lancinante. Un leitmotiv qui sonne à la fin faux. Puisqu’on revient toujours sur nos ratés. Prendre la place d’un autre. Se faire prendre la place. Ecrire sur l’amour. C’est écrire un peu sur la haine et l’inachevé. On n’est pas ce qu’on était. On danse et son s’incline. Puis on repart une nouvelle fois. Cette spirale qui tourne vite et sans aucun répit. Ecrire sur l’amour. C’est avoir mal au ventre tellement ça nous prend aux tripes, c’est vomir des mots qui, hors contexte, n’ont pas de sens. C’est prendre des ailes et ne pas les rendre. C’est laissé glisser le long des doigts les chemins de notre cœur. Ecrire sur l’amour. C’est affronter enfin ce qu’on ne veut pas voir. Accepter enfin la douleur, la peur, l’abandon. Ecrire sur l’amour. C’est devenir ce que l’on n’est pas dans nos souvenirs. C’est devenir la personne qu’on désire ne pas programmer. C’est cet état second qui vous mord le ventre. Cette obsession ardente qui nous dit qu’on ne s’est pas trompé. Ecrire sur l’amour c’est enfin être soit. C’est ne plus se maquiller de faux semblants. C’est se donner à ceux qui veulent bien lire et surtout à celui qui est concerné. Ecrire sur l’amour. C’est enfin tout dévoiler et ne pas faire semblant. On se rend soudain compte qu’on prend tout à la légère. Sans amour ou va notre monde ? Sans amour que sommes-nous pauvres âmes ? Si je dis ‘Je t’aime’. Est-ce qu’on me croit ? Est-ce qu’on se rira de moi ? Lorsque je dis amour j’ai cette image d’un homme que j’ai laissé partir. Par peur. Pour fuir. Pour ne pas être cette esclave mentalement dépendante. Ecrire sur l’amour. C’est certainement la plus belle chose que puisse faire un écrivain. C’est cette faculté soudaine de définir par sa propre identité la dépendance à une autre. »

Leur baisé dura une éternité. Leurs souffles se mêlèrent à la passion. Le retour de la personne que l’on attendait plus. Héra passa ses mains dans les cheveux gris et sales de l’homme. Elle était heureuse de le retrouver. Elle cru que son cœur allait exploser tant sa joie était immense. C’était peut-être la première fois qu’elle se sentait ainsi. Au bout de longues minutes leurs lèvres se séparèrent et ils se regardèrent de nouveau. Héra et Thorolf. Deux être semblablement différents. Les deux lycans prirent pourtant le temps de savourer cet instant de plaisir. La belle Rose déposa même quelque doux baisers sur le torse de l’homme. Jamais elle ne se serait crue capable d’une telle tendresse. Elle pouvait arracher les montagnes pour lui, aujourd’hui, et pour toujours, leurs destins étaient liés. Les doigts de la lycan se posèrent alors sur le visage cruellement beau de son compagnon. Elle caressa sa joue pour revenir dans sa nuque et lécher le sang qui coulait de sa nuque. La langue de la femme traversa la peau rougeâtre de l’homme. Elle le désirait plus que tout. Héra ouvrit plus grand la bouche pour venir mordre sa chair. Ses pupilles se dilatèrent par l’envie. Ce besoin de le retrouver. Toutes les sensations qu’elle avait eut en le quittant s’étaient amplifiées. Elle lui appartenait entièrement corps et âme. Elle était devenue son entière propriété. Sa respiration devint plus forte. Son corps puait le désir. Ses gestes aussi doux que brusque devinrent plus charnels. La Rose noire embrassa de nouveau l’homme lui la tenait. Elle l’ensorcela de son plus beau regard. Elle n’avait plus peur de lui montrer ses multiples cicatrices. Elle n’était qu’à lui. Héra passa alors ses bras autour du buste de l’homme. Pour sentir son odeur. Sa chaleur. Son amour. Le ventre de la Rose Noire se noua alors. Une chute de plusieurs mètres. Une chute aussi violente mais qui la ramena à la triste réalité. Il avait suffit d’une absence. Il avait suffit de quelque mois. Les lèvres de la belle lycan se retroussèrent. L’odeur de Thorolf. Elle n’était pas la même. Héra tenta de distinguer l’odeur du sang de cette odeur étrange. Une autre femme. Elle en était presque persuader. Ses entrailles se retournèrent presque instantanément. Il lui avait mentit. Sa gorge se noua. Ses yeux s’emplirent de larmes qu’elle cacha en se serrant encore contre lui. Ses griffes se plantèrent dans le dos de l’homme. Il l’avait trahit. Une autre femme l’avait touché. Elle s’était trompée. Héra se recula alors rapidement. Ses yeux alors chargés de désir avaient prit une autre couleur. La haine. La tristesse. L’abandon. Héra le regarda. Tentant de comprendre. Croyant qu’elle était la seule. Croyant qu’il ne pourrait la remplacer. Personne n’est unique, Héra. Ses yeux étaient horrifiés. Elle avait mal dans la poitrine. La Rose amena alors ses mains à son sein gauche et se mutila. Se plantant les ongles pour ne plus avoir mal. Cette douleur qu’elle ne voulait plus ressentir. Ses griffes se plantèrent dans son sein pour creuser des cavités ensanglantées. Les mains se couvrirent de son propre sang. Sa folie. Cette odeur étrangère. Il pensait la tromper. Il pensait qu’elle n’allait rien sentir. Héra tomba à genoux dans la marre de sang. Sa poitrine ouverte et couverte de sang. Elle ouvrit la bouche vers le ciel. Et cria un son inaudible. Tellement douloureux que du sang s’échappa de sa gorge. Son corps se mit à faire de légers spasmes. La Rose Noire se recroquevilla sur elle-même. Pourquoi. Pourquoi une autre. Elle se sentait une nouvelle fois seule. Elle ne savait pas si elle devait lui demander pourquoi, ou fuir. Si elle devait lui dire que par miracle elle portait aujourd’hui son enfant. Qu’elle allait s’ouvrir le ventre pour lui donner son fœtus. Toutes ses pensées se rencontrèrent dans sa tête. Elle leva alors les yeux vers lui. Haine ? Désespoir ? Appel ? Cette montagne qu’elle avait cru pouvoir gravir n’était qu’une illusion. Elle se pencha en arrière pour se soulever. Les forces qui lui restées ne seraient peut-être pas suffisantes. La lycan porta ses mains à son ventre pour caresser la petite bosse qu’elle allait devoir détruire. Un sourire triste et presque anéanti. Elle regardait son ventre qu’elle imaginait rond. Ses dents se serrèrent et derrière ses cheveux noirs, sur sa joue roula une larme. Elle avait su qu’elle portait son enfant quelques heures au paravent. Elle le sentait. Par miracle ou bénédiction. Par malheur ou trépas. Héra souleva alors de nouveau sa tête. Ses yeux presque noirs attrapèrent rapidement une lame qui se trouvait non loin. Dans un dernier mouvement d’agilité elle attrapa les cheveux du lycan et pointa la lame vers lui. Comme à leur première rencontre. Plus de haine dans les yeux de la femme. Plus de tristesse. Plus d’amour. Elle le transperça de ses yeux. Tentant de trouver une explication à cette odeur. Est-ce qu’elle se trompait ? Héra tira de plus belle sur les cheveux gris de l’animal. Elle lui montra ses crocs en signe d’avertissement. Le sang coulait le long de ses lèvres. Si elle ne s’était pas trompée, elle ne savait pas ce qu’elle allait faire. Sa main trembla légèrement. Son beau visage était pale et malgré le semblant d’assurance qu’elle tentait de lui montrer, elle était perdue. Elle avait besoin de lui. Elle qui comptait se donner à lui. Elle qui avait cru lui faire confiance pour revenir. Elle qui portait sa progéniture. Elle qui l’aimait plus que tout. Elle qui pourrissait de l’intérieur. Son regard maintint celui de l’homme avec défit et mépris. Elle ne savait pas s’il sentait l’être qui naissait en elle. La Rose Noire pénétra dans son esprit toujours en le menaçant de sa lame.

« A qui appartient cette odeur ? »



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: [+18] Une viande à partager sans consumer.    Mar 26 Mar 2013 - 23:16

"Si tu veux avoir des ennemis,
essaye de changer quelque chose"



Un premier baiser. Chaud et humide. Détenteur d'une tendresse nouvelle. L'essence de la vie. La chaleur d'un besoin charnel. Un élan de folie qui hurlait le besoin d'être goûté inlassablement. Son bras retenait son fessier contre lui, un bras qu'il fallait désosser avec violence pour que Thorolf relâche sa prise. L'idée même de la retrouver lui donnait une nausée amoureuse. Elle transpirait cette odeur de femme, cette nécessité autoritaire d'être à lui. Ses sens s'accaparaient de tout ce qu'elle pouvait lui offrir. Le goût de sa langue, l'halètement discret de son souffle et la respiration saccadée d'un ventre pur qui resta collé contre son thorax poisseux de sang et de miettes d'organes déchirées. Le contact de ses seins collés contre sa peau, représentant la nouvelle définition de la perfection animale. Il pouvait ressentir l'afflux de son sang lui marteler les veines, lui donner pression pour aller plus loin ... Et plus profondément dans ce contact à l'apparence simple mais non dépourvu d'une richesse infinie. Ses mains n'attendaient pas pour malaxer les courbes légèrement rondes de ses fesses, introduisant par moment son visage à l'intérieur de sa poitrine dans le but de lui mordiller ses tétons si sensibles. La fièvre commençait à lui monter à la tête. Mais son visage se releva ensuite pour quémander ses lèvres à nouveau, de peur d'avoir perdu la saveur de ce contact intime. La gourmandise dévoilait son appétit féroce et insatiable. Il se servait de tout ce qu'il pouvait léger, embrasser, mordre avant même que son esprit ne l'ordonne de se rassasier. Son parfum corporel commença à l'enivrer de désir, son côté animal se réveilla au même moment où son sexe commença à légèrement se durcir. Son bassin commença à se frotter contre la surface de son entrejambe pour éveiller un désir éteint depuis de nombreux jours. Une jouissance qu'il souhaitait bien retrouver par le partage commun ou par l'abus de son corps si séduisant en utilisant la force de ses bras et la fermeté de ses mots. Héra possédait des attributs féminins que Thorolf voulait explorer jusqu'à reconnaître ses recoins vaginales par coeur. Laisser son sexe trempée de cette mouille frétiller assez longtemps pour l'enfoncer à nouveau dans son intérieur. Mais l'heure n'est pas encore venu au repas même si l'appétit se présentait par son sexe qui se releva sans peine, brûlant d'être touché, sucé ou coincé étroitement dans un corps.

Mais soudain, quelque chose n'allait pas. Le corps brûlant qu'il détenait dans ses bras devenait brusquement frigide. Tendue. La cadence se refroidissait, élevant une légère montée de frustration. Le doute commençait à jaillir de nulle part. Que se passait-il ? Les gardes étaient revenus ? Non, le regard coléreux de la femelle plongeait dans le sien, comme s'il représentait un problème lourd de conséquences. Des griffes aussi acérées que celui d'un grand félin ouvraient la peau de son dos. Thorolf grogna en rejetant son regard froid sur la Rose Noire. Quelque chose n'allait pas. Et les mutilations exécutées par sa femme étaient une preuve évidente. Immobile, Thorolf resta dans le mutisme le plus complet, cherchant à comprendre par ce sein ouvert et cette gorge si irritée que le sang jaillissait comme du vin. Si elle continuait de subir cette perte de contrôle, Thorolf allait l'empoigner par la gorge pour marquer sa domination ou l'assommer directement d'un violent coup de tête avant d'emprisonner son corps inerte à l'intérieur de ses bras protecteurs. Elle l'appartenait, elle ne possédait pas le droit de briser cette fraîcheur si envoûtante devant ses yeux. Mais au moment où Thorolf se décida à s'exécuter pour arrêter le massacre, la Rose Noire fut plus rapide. Elle empoigna sans une once d'hésitation une lame à proximité avant de charger contre lui, la portée de l'arme aussi courte que sa surprise. Il pouvait sentir la fraîcheur menaçante du couteau contre sa gorge. Un geste tant rencontré dans sa misérable existence qui ne l'effrayait même plus. Mais celle qui empoignait l'outil de mort n'était pas n'importe qui. Il connaissait la folie de sa femme et l'aimait aussi grâce à cela. Il devait y avoir quelque chose de justifié ...

La réponse vint d'elle-même. Rapide, directe ... Et surtout empoisonnée. Si malsaine que Thorolf resta silencieux durant un instant. Son mutisme était justifié à ses yeux , mais il savait qu'Héra n'allait pas le lâcher sans une réponse concrète. Malgré le fait qu'elle soit désemparée, sa main ne tremblait pas. Cependant, le colosse sanguinaire ne voulait rien dévoiler ... Car il se refusait d'avoir été tant affaibli par son absence. Lui, faible ? Quelle image ... Quel échec. Quelle HONTE ! Après avoir commis des véritables génocides, d'instaurer son Ordre, d'empaler hommes et femmes devant leurs enfants respectifs en pleine masturbation, leur petit cul boueux assis dans une mare de sang ... C'était une honte. Mais une révélation aussi. Thorolf ne pouvait respirer sans elle. Sa perception du monde était flou depuis longtemps et voilà que cette femme à la beauté alléchante se dressait aussi haut et clair que le soleil lui-même. Un éclat nouveau, une chaleur reconnue et estimée. La lame s'enfonçait plus dans sa gorge sans pour autant le couper. Ce geste bref le réveilla un peu plus ... Il savait qu'il devait agir rapidement, sa femme pouvait très bien le tuer tout aussi impunément. Et c'était pour cela qu'il l'aimait tant. Le fait de sentir qu'elle avait le pouvoir et l'audace de le tuer sauvagement. Ses lèvres se décollaient peu à peu, laissant place à des murmures pour être le moins entendu possible. Elle pouvait le savoir, mais pas son peuple. Pas au-delà de ses murs :

"L'odeur de cent vingt deux cadavres portant ton visage."

Le corps figé, son oeil valide ne quitta pas le regard meurtrier de sa belle. Avec une pointe d'amertume qu'il tenta de dissimuler avec peine, il se força à raconter la vérité attendue :

"J'ai dû arracher leur langue pour espérer entendre tes mots. Mais je pouvais encore les entendre. elles gémissaient ... Elles gémissaient toutes ! Des balbutiements incohérents sous une couche de bave sanguine et pendante !"

Thorolf souffla de frustration et de colère face à cette injustice, comme si l'absence d'Héra n'avait jamais été logique.

"Tu étais partout. Tu prenais le visage des femelles que je torturais. Tu prenais le visage de mes ennemis et des cadavres qui jonchaient derrière moi. Le vent me donnait l'illusion de t'entendre dans ma tête. Le feu élevé des autodafés me rappelait la chaleur cuisante de ta langue sur mon corps, de ta mouille contre mes lèvres. Et à chaque fois, l'illusion se brisait pour laisser place à une vérité que je refusais d'accepter : tu n'étais pas à mes côtés."

Il n'en revenait pas d'avouer aussi sincèrement le fardeau mental qu'il avait enduré. Il avait tué. Beaucoup. Par l'essence pure de la maladresse et de la bêtise. Cette situation l'avait dégouté au plus haut point.

" Je les ais toutes tuées. Ils n'avaient pas ton parfum. Encore moins ta folie. Dès le matin, le sang inondait leurs cœurs ouverts que je dévorais alors que le mien devenait creux et insipide. Mon palais ne supportait plus le goût de tous les organes. Mon organisme rejetais ce que j'appréciais le plus dans le corps humain. Et les crampes à l'estomac prenaient vie car mon appétit n'était pas rassasiés."

Voyant que le regard accusateur de sa femme se perdait avec lenteur, Thorolf leva son bras et s'empara de la dague avec douceur. Elle ne lâchait pas encore l'arme, mais elle accepta au moins le contact physique du chef de meute. Sa voix se brisa soudainement :

"J'ai ..."

Silence immédiat. Il n'espérait pas que sa voix le trahisse ainsi. Fourbe, l'ancienne tristesse lui rafraichissait trop vite la mémoire. Le cannibale n'arrivait pas à l'admettre. "J'ai échoué". "J'ai été faible". "J'ai été dans une boue sordide où le mensonge affichait sa couleur primaire". Voilà des réponses qui lui étaient interdites pour avouer un échec redoutable et trop violent pour sa grandeur. Mais son coeur s'emballa à la réponse qui glissa toute seule hors de ses lèvres d'homme. Il se reprit dans un murmure plus confiant, l'amour l'amenant à révéler cette vérité :

"J'ai besoin de toi."

Thorolf était atrocement dépendant de sa femme. C'était un vice, une drogue qui lui donnait la possibilité de vivre dans l'agonie ou de mourir dans une effusion de bonheur. La complicité régnait en maître au point que Thorolf se devait de garder un œil sur elle. Elle était sa femme, sa guerrière ... Mais aussi sa seule faiblesse. Il ne pouvait la cacher aux yeux du monde, mais il pouvait donner encore plus d'ardeur à son statut de dirigeant pour dresser des défenses solides et sables autour de sa dulcinée. Une cible se trouvait au-dessus de sa tête, mais la force destructrice du cannibale régnait autour d'elle comme une fumée que l'on pouvait percevoir sans en attraper le contenu. Il arracha d'un geste le couteau et s'entailla modérément la peau de son cou avant de la jeter contre un mur. Il trempa ses doigts contre la plaie ouverte, puis sa main sanglante se leva pour caresser dans un seul geste les lèvres de sa louve meurtrière pour qu'elle y puisse goûter raisonnablement. Le geste pouvait être mal pris, mais Thorolf l'accusa de sa menace. Il savait que son sang avait de la valeur aux yeux de la femelle. C'est d'ailleurs pourquoi il la réprimanda :

"Lorsque tu veux mon sang, tu le prends. C'est la dernière fois que je te vois douter ..."

Mais la dûreté de ses mots cachait quelque chose de plus subtile. Si elle pouvait prendre son corps, comme son sang ... Thorolf marquait sa domination vis-à-vis de la Rose Noire, mais il savait qu'il se mentait à moitié. Car tout avait changé. Et c'est d'ailleurs pourquoi il termina sa phrase par un :

"... Ma reine."

Un sourire éclaira son visage marqué par l'âge et les nombreux conflits. Le simple fait d'évoquer tout son amour ne suffisait pas, il fallait également qu'elle contemple sa nouvelle grandeur. Sa venue a chamboulé la continuité de son monde.

"Tu es venue à moi. Je t'avais dis que j'allais t'offrir mon coeur. Je tiendrai parole, je compte te le présenter dès aujourd'hui. Viens ..."

Il tendit la main en guise d'invitation pour serrer la sienne, plus petite et douce au contact. Thorolf ne parlait pas de cet outil organique à la surface ondulée qui lui permettait de respirer l'air autour de lui. Non, son coeur n'est pas né pour vivre à l'intérieur de sa cage thoracique. Héra possédait déjà son âme et toute son attention, qu'elle le veuille ou non. Il voulait lui montrer quelque chose d'inestimable à ses yeux. La source de vie de la meute. Il était rare que Thorolf fasse visiter ce lieu si sacré, mais pour sa nouvelle reine qui levait déjà la tête aussi haut que lui, c'était une noble vertu.
La matinée avait entièrement disparu, poignardé en traître par de multiples rayons de soleil. Ce dernier se trouvait à présent haut dans les cieux et sa chaleur suffisait à compenser leur nudité. Lorsque le leader sortit de son "palais", habitants et soldats se figèrent instantanément, redoutant sans doute que la soif sanglante de Thorolf ne soit pas encore apaisée. Zoran se démarqua du lot sans pour autant s'approcher de son chef. Mais lorsqu'il aperçut le regard du maître, il présentait qu'un ordre allait sortir de sa gueule.

"Fais le nécessaire pour enlever les membres et les draps. Le reste, le sang séchera avec le temps."

Il approuva d'un signe de tête en levant la main pour qu'une troupe d'esclave se charge d'exécuter cette tâche.

"Ensuite ..."

Le corps de Zoran se figea. A chaque fois que le mâle alpha entonna ses paroles, tout pouvait arriver. Car même le peuple en retrait resta paralysé d'effroi par ce qu'il pouvait ressortir de ses mots.

"Tu as amené Ferod devant moi. Tu sais ce qu'il a fait. Et tu ne l'as pas tué. Je veux que tu manges ce qu'il reste de lui."

L'élimination par voie buccale était la solution. Une punition exemplaire, mais également une tradition. En guise de rédemption, Zoran devait être capable d'avaler l'enveloppe charnelle d'un traître pour prouver sa loyauté envers son maître. Il se devait de dévorer le parjure au nom de son souverain illégitime. Avec un peu plus d'inquiétude, il approuva également cet ordre. Lorsque Zoran s'avança pour entrer dans l'abattoir, Thorolf rugit pour être clairement entendu :

"Une dernière chose ! Et ceci doit être entendu par tous les fils et filles de Drack. "

Les citoyens reculaient d'un pas mais les guerriers restaient à leur place. Eux ne devaient en aucun cas flancher devant le courroux divin du cannibale. Thorolf se retourna vers sa précieuse assassine et la présenta .

"Héra Calliope. La Rose Noire ..."

Intrigués, tous regardaient à présent la femelle qui accompagnait le vieux géant. Qui était-elle ? Pourquoi la présenter ainsi ? Et surtout que faisait-elle à côté du colosse ? Mais Thorolf ne s'arrêta pas à un seul silence car il entama avec force et fermeté :

" Ma femme. Votre reine. Et une succube meurtrière pour nos ennemis !"

Le silence fut anéanti par des hurlements féroces et victorieux, écrasé par les cris de tout un peuple en ne formant qu'une seule et unique voix. Les guerriers les plus téméraires prônaient le nouveau pouvoir d'Héra en abusant oralement de reconnaissance sur sa nouvelle grandeur. D'autres fidèles se frappaient le buste en signe de toute puissance, fiers de pouvoir s'incliner à une divinité aussi vivante que celui de leur chef de meute. Trois gardes lançaient leurs armes à terre pour se rouer brutalement de coups, le bonheur ressenti était si intense qu'il ne faisait qu'augmenter leur bestialité. Les habitants se laissaient tomber à genoux, le visage aplatit contre le sol, à moitié étouffé par la boue. Ils devaient s'exécuter ainsi car leur condition et leur position n'était rien face à la domination de leur nouvelle reine. Toute une masse s'inclinaient devant Héra. Thorolf la regarda du coin de l'oeil sans savoir ce qu'elle pouvait en penser. Il venait de lui donner un nom. Une identité exemplaire. Un nouveau départ qui contenait une richesse démesurée. Peut-être n'en voulait-elle pas ... Mais il lui donna tout ce qui lui restait. Tout ce dont il possédait. En guise de confiance, d'amour très probablement. Dans tous les cas, il lui offrit un regard significatif "Le peuple est avec toi". Elle ne pouvait faire marcher arrière. Même la vie était à ses pieds désormais.

Pendant que la foule continua d'acclamer avec une sauvagerie sans pareille la nouvelle élue de son royaume, Thorolf attrapa le bras de Zoran avant que celui-ci ne disparaisse déjà. Il lui murmura un projet qui lui tenait à coeur pour officialiser une nouvelle ère dans la meute :

"Je veux une cérémonie en son nom dans les plus bref délais. Je veux que même nos ennemis sachent son identité et les nombreux meurtres qu'elle a causé. L'urine s'échappera précipitamment de leur queue pour inonder leurs cuisses le jour où ils la regarderont."

Thorolf laissa Zoran s'en aller pour de bon. Et le simple fait de se retourner pour apercevoir sa femme avoir exécuté quelques pas devant le peuple était un signe . Peut-être qu'elle était dans une transe difforme ou qu'elle avait cette sensation d'être bercée dans une illusion solitaire. Dans tous les cas, Héra était capable d'aimer son peuple comme d'éliminer toute cette énergie qui se créait tout autour d'elle. Il ne savait même pas si le calme envahissait son esprit ou la pression meurtrière était sur le point d'exploser la totalité de ses sens. Le colosse s'approcha, toisant son dos et sa paire de fesses d'un regard gratuit. Elle était si belle ... Elle lui avait tant manqué. Il avait perdu l'esprit à cause d'elle. De sa faute, il avait anéanti énormément de vies sans prendre en considération qu'il devait en laisser pour leurs ressources alimentaires. Il lui empoigna la main avec douceur mais assurance en la tirant contre lui pour la sortir de sa torpeur.

Il marcha quelques pas avant de la regarder. Elle semblait ... perdue ? Thorolf ignorait complètement ses pensées. Il connaissait Héra, la douceur de sa voix télépathique et la profondeur de son sexe. Mais pas encore sa folie. Les abattoirs se dressaient tout autour d'eux avec des lignes d'esclaves en déshydratation. La viande séchée allait être bonne ce mois. C'était des hommes venue tout droit de la noblesse d'Oryenna, habitués à être bien nourris et à préserver une bonne hygiène corporelle. Mais Thorolf avait promis à sa femme de lui dévoiler son cœur. D'ailleurs, son "coeur" n'était plus très loin. Après avoir traversé un dernier pont, tout deux se trouvaient en face d'un gigantesque dôme en pierre. Comme si la terre s'était laissé pousser un énorme furoncle dur et grisâtre. Rien d'intéressant de ce côté-là, il pouvait sentir légèrement l'impatience de sa reine. Lorsque Thorolf s'approcha des gardes, l'un d'eux se précipita comme un automate pour leur ouvrir une double porte. Des torches étaient disposés sur les murs pour éclairer les escaliers. Héra et Thorolf descendaient. Descendaient encore. Jusqu'aux abysses nocturnes de son coeur.


La prison était un dédale mortel. Un labyrinthe qui a probablement rendu fou son architecte. Les escaliers et les couloirs se multipliaient sans cesse, plus ils descendaient, plus la fraîcheur et l'humidité embrassa cruellement leur nudité. Arrivé enfin à un étage plus cohérent, un lourd et long pilier se dressa au centre d'une immense chambre. Mille cellules se trouvaient sur les côtés, incrustés dans la pierre. De nombreuses charognes éventrées se trouvaient suspendus par le cou pour ajouter un peu de "vie" à cette chambre. C'était l'étage de la fécondation. Des femmes nourries et gâtées avec attention pour ensuite être violées continuellement. Les nourrissons restaient avec leur mère jusqu'à l'âge de marcher. Ensuite, pour la santé de l'enfant et du futur prodige, il devait faire ses premiers pas dans la lumière du monde. Ses guerriers les plus fidèles venaient de ce compartiment car ils ont été éduqués ainsi. Des gémissements de femme s'entonnaient jours et nuits avec le soutien d'une autre femelle pour mener à bien la procédure.

"Mille cellules. Mille naissances. Mille Dracks."

Mais Héra ne semblait pas l'écouter. Son intention s'était figée sur la cellule d'une femme avec son enfant. La progéniture tétait le sein avec avidité. Cela devait éveiller quelque chose chez sa femme. Mais Thorolf ne fit pas attention pour le moment. Car il désigna du doigt et au-delà des murs de pierre l'étage inférieur. L'étage de la déshumanisation.

"En-dessous de nous se trouvent d'autres escaliers. L'étage des condamnés. Je m'en occupe personnellement d'eux pour remplacer leurs valeurs par les miennes. Je veux éviter que tu m'accompagnes en bas, l'air se raréfie et les prisonniers sont dans une constante pénombre. De plus, pour maximiser l'effet, ils ne doivent voir que leur maître."


[Et ensuite ...

C'est la première fois que la mort s'est emparée de moi.

Derrière son regard vide,

Elle m'a proposé un pacte.

Une main qui se tendait devant moi.

Ma réponse était claire.

Je l'ai éventré avec force.

Sa bouche devint béante.

Le liquide noir coula à flot sur mes doigts pâles.

Les gouttes tombaient avec vitesse sur un sol pierreux.

Passant ma langue sur mes lèvres,

Je l'ai empoigné par la gorge.

J'ai ramené son visage à un pouce du mien.

Et je lui ais fait découvrir le symbole atroce que cachait mon regard.

Un regard si pure et puissant qui s'opposait au repos éternel.

Des yeux qui dévoilaient une folie croissante de dignité,

D'amertume et de férocité.

Peu à peu,

Elle inclina son visage encapuchonné devant ma personne,

Puis elle disparut dans un écran de fumée aussi coloré que le charbon.

Nous savions tout deux qu'une deuxième rencontre sera annoncée.

Nous savions tout deux que cette fois-ci, j'accepterai mon sort en paix.

Nous savions ...

Nous savons.]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: [+18] Une viande à partager sans consumer.    Mer 27 Mar 2013 - 12:11

Le couloir de la mort


Que le temps me délivre des mots et puis des sorts
Que le temps me libère de ton image encore
Qu’il m’apprenne au-delà, qu’il m’apprenne demain
Qu’il m’apprenne à aimer, sans plus jamais de chagrins
Que le temps me laisse vivre ma vie mais sans remords
Que le temps me laisse ivre et boire jusqu’à l’aurore


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: [+18] Une viande à partager sans consumer.    Jeu 28 Mar 2013 - 14:23

"La violence n'est pas une aberration,

Elle est devenue une règle de la nouvelle noblesse."





La guerre. Putréfaction de corps et de souvenirs déchainés. La réhabilitation d'un pauvre gosse affamé à la recherche de fortune. Un gamin de dix-huit ans capable de survivre suffisamment longtemps dans les tranchés pour découper les pieds d'un soldat mort afin de récupérer ses bottes. Ses yeux crevés, son corps abimé, épuisé ... Vieux. Un enfant de cet âge là ne devrait pas avoir une tête pareille. Mais le conflit fait partie du cycle naturel, l'extermination est d'ailleurs plus attractive qu'une balade forestière. Car tous participent. Pour des raisons. Des convictions. L'argent. Le fait de prouver que leur queue est la plus grosse parmi les citoyens moyens. Ces derniers se retrouvent souvent en train de récupérer leurs organes déchirés sur un champ de bataille, larmoyant comme des mômes qui n'ont jamais tété le sein de leur mère si lointaine. L'instant fatidique capable de changer un simple homme en monstre terrible. Tu penses être le meilleur ? Montre à quel point le meurtre est une chose terrible et sale. Et ensuite, montre combien tu aimes ça. Frappe pour blesser, exécute les handicapés mourants, brûle-les ! Prends-les en combat rapproché, détruis leurs idées toutes faites et ensuite tu deviendras leur monstre. Quand ils te craignent, tu deviens plus fort, tu deviens meilleur ... Mais n'oublie pas que tout cela est du bluff. C'est une posture, comme le rugissement d'un lion ou un gorille qui se cogne la poitrine. Si tu oublies ça, si tu succombes à l'horreur ... Tu deviens le monstre. Tu te retrouves diminué, tu ne vaux pas mieux qu'un homme. Et ça ... ça peut être fatale.

Si le monstre naît avant de savoir marcher, la guerre lui donne pouvoir, puissance et identité. Une nuit, Thorolf a tué pour la première fois. Gratuitement. Personne n'a jamais su l'origine de ce meurtre. Un seul corps, cela a fait très peu de bruit. Juste assez pour alarmer une famille et quelques voisins de bas niveau. On appelait cela un assassinat. Thorolf était donc un assassin. Mais après avoir rempli les conditions de contrats malfamés qui ordonnaient la mort d'un être, Thorolf avait dépassé les cinquante victimes. Le nom embellissait avec le temps, le colosse portait le titre de tueur psychopathe. Mais la guerre ... La guerre ne meurt jamais. Ses racines ont lié le destin du mâle alpha pour qu'il devienne une entité plus noble et féroce. Au fur et à mesure que les cadavres pestiférés s'accumulaient en-dessous de lui, les yeux du monde s'ouvrait pour donner une lumière purificatrice à son nom. D'un tueur est né un conquérant. D'un conquérant est né un dieu vivant. Un dieu vivant et affamé.


Les langues s'emmêlent dans une violente et infernale harmonie.

les tissus se déchirent devant le regard affamé des condamnés.

Les draps suffoquent sous la masse des fesses transpirantes.

Les jambes s'écartent pour mieux accueillir le fruit juteux et interdit.

Les ongles s'agrippent sur la chair brûlante devenant salée,

Au fur et à mesure que le bassin entame ses premières figures.

Les gémissements viennent,

Les cris accompagnent,

Le chant débute.


Le chant n'était pas orchestré comme il se devait de le faire. Rapidement, le corps d'Héra devenait frigide. Il pouvait le sentir même si son absence de mots pour le faire savoir était vide de sens. Elle ne disait rien, quelque chose l'importunait au plus haut point. N'avait-elle plus rêvé de son corps de barbare ? N'était-il plus à son goût ? Etait-ce les lieux, l'humidité peut-être ? Elle se releva comme un automate en fonçant dans une direction précise. Le regard de Thorolf était à la fois alarmé et offensé. Il grogna dans sa barbe avant de prendre le temps de se relever gentiment. Il se massa la nuque en sortant de la cellule pour suivre sa femme, démontrant une réflexion illogique de sa personnalité. La raison pour laquelle elle s'était ôtée ainsi de lui devait comporter un bon raisonnement. Forcément. Une justification lourde de conséquences, c'était ce qu'il espérait. Des elfes qui avaient débarqué ici ou une suite d'éboulements qui mettraient fin à cette fructueuse industrie. Il la regarda. Longuement. Sans comprendre les actions d'Héra. Elle connaissait la prisonnière ? Peu de doute, c'était une lycanthrope sans histoire mémorable. Tout juste si elle avait ruiné son mari pour partir loin de ce camp. Un acte de trahison. Et à priori, une lignée qui n'était pas nécessaire de reconnaître dans un coin de l'esprit. Mais il examina avec attention l'ardeur que sa belle mettait pour tenter de s'approcher le plus près d'elle. Il la quitta de l'oeil pour toiser le déchet qui se trouvait par terre. Elle avait causé du tord à son époux. Donc au Drack. Et évidemment, à Thorolf. Il n'éprouverait pas un certain plaisir à voir toutes ces femelles emprisonnées ainsi. Mais il le fallait. La fin justifie les moyens. Il ne pouvait se résoudre à opter un caractère conciliant à moins de vouloir réduire sa propre meute en cendres.

Le nourrisson était mort. Sans explication. Cela éveilla une énergie sinistre dans tout le corps de sa femme. Il resta en retrait, spectateur de ses émotions. Voir ce qu'elle pouvait ressentir. Connaître ses faiblesses. Ses limites. Même dans la douleur. Il s'occuperait d'elle ensuite comme d'un mari tendre et protecteur. En clair, de mener son rôle d'homme véritable. Un garde s'approcha d'eux. Son devoir était de récupérer le nourrisson sans vie. Une tâche ingrate mais nécessaire. Héra ne se sentait réellement pas bien ... Il la vit ramasser une pierre et comprit que ce n'était pas par intérêt sur l'objet. Un coup. Puis un autre. Encore. Elle ne s'arrêta pas. Elle ne s'arrêta jamais de frapper. Ses bras allaient et venaient jusqu'à ce que les nerfs du corps soient éteints. C'est-à-dire, un long moment. Elle se releva, affichant toute sa grandeur et sa beauté à nouveau sanguinolente. Un sourire affligeant et macabre déforma son visage droit. Un sourire qu'il n'oubliera jamais. Ce n'était pas elle. Cette chose portait le corps de sa femme comme seule toge. Mais sa conscience réelle avait disparu. Un monstre ? Elle aussi ? A ce point ? Thorolf savait qu'elle n'était pas différente de lui. Mais de là, à pouvoir dompter sa propre frénésie pour déchainer une forme d'ultra violence ... Un autre garde s'approcha vivement, alerté par les rugissements précédents du soldat. Il aperçu son maître et se dirigea vers lui. Malheureusement, Héra l'arrêta au chemin. Encore des coups. Un bras ne répondant plus à l'appel. Un corps qui tombe, hébété, souffrant, étouffant dans des bulles de sang si épais que l'ancien gardien n'espérait plus qu'une chose : mourir.

Le cannibale ne prononça pas un mot. Il n'y avait rien à dire. Héra avait mal. Terriblement mal. Et lui cherchait à comprendre. Elle pouvait supprimer toute une horde de soldats si elle le voulait, elle en avait désormais le pouvoir. Mais la raison doit être aussi invité. Et cette foutue justification restait transparente à ses yeux. Il aurait tenter de brusquement la raisonner par la force, mais le seigneur des Drack était plus intelligent que cela. Puis subitement, un haut le cœur. Un deuxième, puis une déflagration de rejets étalés sur le sol de la prison souterraine. Cette action lui marqua comme un couteau planté en pleine poitrine. Héra avait mangé un cochon entièrement ouvert. Elle avait vu les atrocités de son homme. A quel point il pouvait tuer et surtout aimer ça. Pourquoi régurgiter autant de matière sur elle pour seulement deux cadavres ... Et à coup de pierre ? Thorolf avait peur de comprendre. Il entrevoyait la vérité. Une vérité qu'il refusait d'accepter comme une hypothèse. C'était ... insensé. Ce rejet lui faisait bien plus peur que l'état de sa femme.

« Des soldats tu dis ? Ici naissent les soldats ? »


Elle commença à lui parler d'un ton accusateur. Comme s'il était responsable de tous ses maux. De lui avoir donné une opportunité de renaître. Sa main descendait sur cette cicat... Oh non. NON ! Comment avait-il pu oublier ? COMMENT ?! Tout s'est passé si rapidement. La reconnaître avec une corde attachée autour du cou, détruire la moitié de ses servants pour contrer sa douleur, la joie de la retrouver, le privilège de goûter ses lèvres pulpeuses, la chaleur du peuple envers son nom ... Tout a défilé à une vitesse ahurissante que Thorolf n'a même pas eu le temps de la préparer à cela. Elle devait comprendre. Mais pour le moment, même le cannibale devint terriblement honteux de cette maladresse. Et pourtant, lui qui était si pragmatique, il fallait une force d'éloquence phénoménale pour le mettre dans cet état. Mais Héra possédait cette force. Pire, elle continuait de décrire son mal alors qu'il avait déjà deviné.

« Regarde-moi. Regarde-moi ! Tu vois cette cicatrice ! »


Baissant les yeux, son visage et son dos restaient droit. Comme un soldat qui se faisait réprimander sévèrement. Mais il savait que c'était beaucoup plus que cela. Il venait d'abattre un espoir d'oublier son passé et de la malmener en ce moment.

« Tu sais ce que c’est ? Tu sais qui m’a fait ça ? »


La dague continua à faire son chemin. Endolorissant bien plus Thorolf que sa propre chair. Il bloqua son poing contre ses abdominaux, la douleur était partagé. Elle était avec lui maintenant. Elle n'avait plus le droit d'agir de cette façon. Car son corps l'appartenait aussi en échange du sien. C'était atroce de voir cela, de se forcer à rester immobile ... Il fallait qu'il s'approche d'un peu plus près pour désamorcer cette situation, mais ... Jusqu'où irait-elle pour le tenir éloigné en déversant ses flots de paroles ? L'angoisse lui voilait l'esprit, lui offrant une réalité où elle pensait être invincible. Elle était en transe, même ses gestes n'étaient pas calculés. Il fallait qu'il l'assomme.

« On m’a violé, Thorolf. J’ai été prise comme une chienne durant toute ma vie. Parce que j’étais bonne. Tu me trouves bonne pas vrai ? Les hommes ont recouverts mon corps de semences. J’ai été battu plus que n’importe quelles femmes ici. On m’a frappé et laissé pour morte. On m’a violé, l’âme et le corps. Je suis restée debout. Parce que je pensais que sa allait changer… Ca n’a pas changé… »


Thorolf avait envie de la faire taire. Maintenant. Pour la douleur occasionnée. Elle était mutuelle. Une désolation néfaste recouvrait ses mots. Il la regarda plus durement dorénavant. Un regard noir et animal. Apparemment le rejet de ses entrailles se convertissaient en mots car ces derniers possédaient la même odeur : les paroles puaient le mensonge. Comment se réservait-elle le droit de décider à sa place ? De fixer la vérité par sa seule parole ? Héra n'était pas que bonne à ses yeux. Et oui, Thorolf la changerait. Il mettrait un terme à cette abomination qui contrôlait son épouse. Car il en avait le pouvoir. Car il était au-dessus d'un simple et pitoyable violeur.

« Cette… Cicatrice… C’était ma porte de sortie. C’était celui que j’ai aimé plus fort que ma chair. C’était le symbole de ma Renaissance et on me l’a volé. Juste parce que je parlais trop. J’ai perdu ma voix en criant. Aucun des cris que tu connais ne seraient comparables. »


Elle lui raconta tout. Entièrement tout. Thorolf ouvrit souvent la bouche pour répliquer, mais les mots lui manquaient. Il était désarmé. La douleur devenait insoutenable. Toute ... cette vérité. Sa colère vis à vis d'elle n'avait pas disparu. Son cerveau rechercha un raisonnement oral, son oeil fixa la dague qui se déplaça centimètre après centimètre, sa langue devint aussi pâteuse que le cul vidangé d'une vierge morte. Il baissa la tête ... puis la releva pour la défier et la tenir tête... mais la baissa à nouveau par le poids de son fardeau. Le vieux titan en avait entendu des cris ... Il avait arrêté de compter lorsque son quota de victimes avait dépassé trois chiffres. Mais pour se briser ainsi les cordes vocales ... Et il fallait que ce soit sa femme qui endure cette horreur. La lame se planta plus profondément, par réflexe et par l'énergie du désespoir, Thorolf leva sa main en guise de désaccord. Mais son monologue infâme ne s'arrêta pas là.

« C’était mon enfant et on me l’a prit. On m’a ouvert le ventre, comme ça, pour me le prendre. J’avais les entrailles hors de moi. Des hommes m’ont ouvert la peau pour me retirer ma chair. Ce sang… J’en ai été couverte. Le sang de mon enfant. De cet être que j’avais attendu pendant si longtemps. On me l’a volé ! »


Ses genoux commençaient à se dérober. Mais c'est elle qui tomba la première. Devant lui. Elle ne supportait plus le poids de son monde sur ses épaules frêles. Comme une monothéiste qui venait de perdre sa foi spirituelle. Comme une mère aimante qui a réalisé que son enfant était perdu. Thorolf ne savait pas comment réagir. Il devait arrêter ce sacrifice. Ses tourments ne faisaient qu'aveugler son titre de reine. Elle était plus qu'une victime. Bien plus qu'une pute violée parmi d'autres. Mais ce titre était encore trop récent pour elle. Elle l'avait à l'esprit. Mais pas encore dans son coeur.

« Tu veux des soldats ? Tu veux des Drack ? Alors prends ton enfant ! »


Tout s'écroula. La dague exécuta une déchirure si longue que le coeur de Thorolf faillit tomber jusqu'à ses tripes. Il passa de la dague, à l'ouverture perverse de son corps et ... son enfant ? Réaction rapide. Thorolf s'approcha d'elle en marchant rapidement, puis lui catapulta une gifle en pleine tête. L'impact était si violent qu'elle tomba sur le côté, inanimée. Il soufflait comme un bœuf en rut, incapable de reprendre une respiration normale. Il regardait ses mains trembler d'une manière incontrôlable, la peur au ventre ... Oui, la peur. Et le fait de la ressentir d'une manière violente le survolta de colère et de mépris. Son œil fixa le corps inerte de son épouse, se vidant de son sang ... Qu'est-ce qu'elle avait dit ? Thorolf ne s'en souvenait pas sur le moment, le choc étant si grand et le retournement de situation n'a fait qu'empiré les choses. Soudain, il se mit en mouvement. Il arracha la fourrure d'un des soldats morts pour la recouvrir. Il fallait qu'elle dégage de là. Il emprisonna Héra en la soulevant contre lui et commença à courir ... A dévaler les centaines de marche qui lui faisaient face. Comme un Atlas qui portait le poids de tout un monde. Thorolf était perdu. Héra avait réussi à défoncer ses défenses mentales et à le vider jusqu'à ce qu'il n'éprouve aucun désir de vivre. Il avait cru qu'il ne ressentirait plus jamais ce sentiment, mais cela était faux. Elle seule avait le pouvoir de lui affliger tant de choses en si peu de temps. Marche après marche, il monta en ne diminuant jamais sa vitesse. Ses jambes épaisses et musclées supportaient le rythme, même si des crampes douloureuses commençaient à le tenailler. L'adrénaline camouflait la douleur. Et la peur déchirait son visage. Lui peur ? Oui. Il était terrifié. Thorolf avait une chose à perdre dorénavant. Sa femme. Et peut-être ... Non, c'était tout. Il ne devait pas y penser. Pas maintenant.

Son corps tout entier défonça la double porte, ce qui les amena à l'air libre. Son coude craqua, il faillit renverser sa belle en avant. Un gardien qui se trouvait au milieu eut néanmoins moins de chance. Il plongea à terre en se ramassant durement le sol. Thorolf ne prit pas le temps de se présenter qu'il continua sa course en traversant le premier ponton. Mais suite à sa course précipitée, il tomba en avant. Cependant, il eut le réflexe de montrer son dos pour couvrir du mieux sa reine. Le choc fut brutal et le pont vacillé légèrement d'un côté, manquant de peu de les faire tomber. Le cannibale cracha un juron, la voix complètement enraillée. Il se remit debout, cala son visage contre le creux de son torse et se précipita à nouveau. Sa cheville lui faisait mal, il avait retombé lourdement sur un mauvais côté. Arrivé à proximité de son "palais", il hurla à pleins poumons :

"Je veux l'herboriste ! Des coussins ! Des draps ! Un seau d'eau ! Et de la chance, par Calydon !"

Thorolf s'engouffra dans sa tanière jusqu'à sa chambre, les servants manquant de peu de lui heurter au passage. Il déposa un baiser dans ses cheveux avant de la mettre sur son lit de "fortune". Plus alarmé que curieux, il retira la pièce de fourrure pour admirer les dégâts sur sa femme. C'était ... Il revoyait sa mère. Empalée. Une figure maternelle qui s'échappait égoïstement de son existence. Non, Héra ne pouvait mourir. Il compressa la fourrure contre la plaie en évitant curieusement de trop appuyer sur le ventre. Pourquoi ? Thorolf n'en savait rien ... Non, il ne savait plus en fait. Mais son inconscience lui rappela des bribes qu'Héra lui avait spécifié. Foutaises, pour le moment il y avait plus urgent. Plusieurs citoyens arrivaient en nombre, inondant le lit d'oreillers et de couvertures pour gâter la "malade". Thorolf lui-même prit soin de disposer tout le confort dont elle avait besoin. Pourquoi faisait-il ça ... Le faisait-il réellement pour elle ? Ou pour ... eux ? Mais qui était ce eux ? Son esprit le tenailla de décisions à prendre, mais il fallait réagir plus rapidement. L'herboriste arriva enfin, examinant la plaie d'un oeil minutieux. Thorolf continua d'exercer une légère pression sur la plaie pour éviter que le sang s'échappe plus rapidement. L'herboriste se nommait "Akta", jeune, la peau basanée ... Et surtout silencieuse. Elle ne lui posa pas de question. Et pour dire la vérité, elle n'en avait pas envie. Elle savait pertinemment que son maître n'était en faveur de ce genre de manière.

"Elle ne se sent pas bien psychiquement. J'ai besoin que tu brûles du Cèdre pour moi."

Elle regarda Thorolf et lui sourit en guise de réponse. Le chef de meute savait qu'elle n'en manquait pas. L'herboriste était dépendante à cette herbe. L'effet de ce dosage devait suffire à calmer Héra sans la droguer. Il estimait que si Héra se réveillait maintenant ... Un esclave arriva ensuite avec un seau d'eau savonneux. Il déposa le contenu à côté du lit, puis tourna les talons pour disparaître. Soudain, l'adrénaline se dissipa. Le calme revenait. Et une crise de larmes montait trop rapidement à ses yeux. D'une voix froide et empoisonnée, il déchira à nouveau le silence :

"Laisse-moi seul."

L'herboriste le regarda à peine. Elle posa ses outils pour ramollir les feuilles, puis s'en alla en bouclant la porte. Thorolf se retourna pour fixer Héra. Il soufflait toujours comme une bête traquée. Ses yeux brillaient, mais rien ne coulait. Il marqua plusieurs inspirations. Profondément, en espérant revenir lui aussi à la raison. Il s'approcha d'elle, posant ses fesses nues sur la montagne de fourrure du lit. Il dégagea les couvertures et la fourrure pour dévoiler sa nudité si attrayante. Même avec cette matière poisseuse qui l'enveloppait, il l'aurait prise comme une chienne. A cette manière qu'elle aimait tant venant de lui. Il se retourna, puis amena avec lui le seau afin de retirer l'éponge entièrement humide. Il commença à laver son corps des traces collantes d'une substance insipide. Le mélange entre vomis et sang. Ce n'était pas non plus à son habitude d'entretenir ainsi un corps ... Il savait comment détruire- Mais guérir ? Il remonta l'éponge jusqu'à ses seins où il dût soulever les mamelons pour enlever les restes qui collaient en-dessous de la peau. Son visage ne se déforma même pas par dégoût. Il avait déjà goûté et humé toutes les substances de son organisme. Il la peigna maladroitement du bout des doigts, suffisamment pour retirer les mèches en-dehors de son visage. Lorsque l'éponge passa sur son ventre, un pressentiment lui fouettait l'esprit.

« Tu veux des soldats ? Tu veux ...."


Merde ... Qu'avait-elle dit ensuite ? Thorolf soupira en fronçant les sourcils. Il ferma les yeux pour se remémorer.

« Tu veux des soldats ? Tu veux des Drack ?Alors ..."


C'était un détail important, il l'avait sur le bout de la langue ! Toute cette pression ... Il n'arrivait pas à réfléchir clairement. Avec un geste paternel, il commença à appliquer une onguent médicinale sur toute la surface de la plaie ouverte. Une fois cette chose faite, il replaça la fourrure sur elle et attendit patiemment que la pâte s'introduise à l'intérieur des pores. Il savait que cette blessure devait être recousu. Mais pas tout de suite. Il attendait le réveil de sa femme pour l'endormir pour de bon. Il lui caressa le visage, passant de la tempe jusqu'au cou. Un sourire caractéristique entre chagrin et colère. Il regrettait amèrement de l'avoir frappé. Mais elle devait être désamorcé. Thorolf se devait de la protéger. Et si une gifle impériale pouvait éviter une mort directe ...

Peu à peu, le réveil fut annoncé. Et la frénésie également. Ses yeux s'ouvraient avec peine, cherchant à savoir où elle se trouvait. La douleur au crâne devait la préoccuper, impossible de savoir si elle se rappelait du geste de son époux. Thorolf était déjà levé devant elle. Le corps mis en avant. Et c'est uniquement lorsqu'il le vit à nouveau que ses nerfs reprirent le dessus. Elle tenta de se relever pour faire face au mâle, mais ce dernier fut plus rapide et vigilant. Il dût l'empoigner fortement par les bras et la plaquer contre le lit pour tenter de la maîtriser. Mais même s'il possédait une force titanesque et au-dessus de la sienne, Héra se mouvait comme une harpie en furie. Ses jambes virevoltaient dans tous les côtés, ses mains tentaient de planter sa peau, d'agripper quelque chose chez Thorolf. N'importe quoi. Ses crocs aussi pointus que des pics à glace surgissaient dans sa gueule. Il ne fallait pas attendre plus longtemps ...

"Akta !"

L'herboriste fit irruption dans la pièce avec un bol en terre cuite dans ses mains. Des herbes asséchés se trouvait dans le contenu du récipient. Pendant que cette "shaman" finalisa sa confection, le cannibale s'adressa à sa femme.

"Héra, la ferme ! Tu n'es pas ma chose. Tu es ma femme. Réagis en tant que telle "

Mais elle ne l'écouta pas. Pire, cela ne faisait que l'énerver davantage. Sa main glissa pour retenir son visage mais elle fut plus vive sur ce coup. Ses crocs se plantaient furieusement dessus. Thorolf poussa un rugissement à faire trembler les murs avant de scander :

"Plus vite Akta !"

L'herboriste arriva en brûlant les herbes puis en incorporant une poudre sableuse dessus. Elle se tint à côté d'Héra avant de souffler avec douceur la poudre quasi lunaire sur son visage. . L'effet était immédiat.. La fumée y allait aussi dans ce sens. Ses crocs retenaient toujours sa main qui commençait à éjaculer de sang sur la moitié de sa main, mais il mordit sa langue avec une telle puissance pour ne pas avoir à décliner sa douleur à nouveau. Il profita d'arracher la main d'un coup sec en la tirant contre lui. Mais un bout de peau resta sur elle, comme si elle avait sauvagement déclaré cette propriété en son nom. Il jeta un oeil dessus en se dirigeant vers le seau d'eau : elle lui avait quasiment arraché la moitié de la main. Il épongea rapidement la plaie avant d'effectuer un bandage artisanale médiocre. Akta lui offrit du fil et une aiguille. Selon elle, l'effet risquait de durer une heure ou deux. La douleur était inexistante, Héra n'allait rien sentir. Peut-être des fréquences dans ses "rêveries", mais rien de physique. Soit, il en profiterait de la coudre lui-même. Il en avait les compétences et l'expérience, même si l'anéantissement d'un être restait sa spécialité. En se tenant sur le rebord du lit, il se mit à l'oeuvre. Son oeil expert planta doucement mais sûrement les points de sutures. Il l'avait déjà fais plusieurs fois pour coudre la gueule de plusieurs de ses soldats trop instables. Ils étaient dans l'incapacité de beugler pour rien sous peine de déchirer les coutures de leurs lèvres. L'apprentissage Thorolfien, parfait pour les chiens qui osaient se rebeller à ses conditions. Des chandelles entouraient le lit pour relever la clarté de la chambre dans une lumière gracieuse. On aurait dit un rituel païen et interdit aux yeux du peuple. La cicatrice était longue et étroite, Thorolf était baigné de cet sueur animal. Il se trempa plusieurs fois les mains dans l'eau avant de recommencer à recoudre pour opter une meilleure hygiène. Par moment, il arrêta son geste pour relever sa tête distraite dans un monde parallèle pour la forcer à boire quelques gouttes d'eau et ainsi l'empêcher de tomber dans la déshydratation. Akta de son côté épongea le front de sa reine sans dire un mot.


Une heure passa dans le silence. Enfin, il termina. Et cela lui faisait de la peine de voir ce fil serré parcourir son corps si admirable. L'herboriste se releva. Elle récita trois versets dans une langue qui lui était étrangère. Distrait par l'état de sa femme, il grogna après sa conclusion :

"Je t'ai demandé ton aide. Pas une prière. Héra est forte, elle n'a pas besoin d'être soumise à un dieu."

Akta le regarda avec étonnement. Apparemment, elle ne savait pas de quoi il parlait. Elle secoua négativement la tête avant de prononcer ces derniers mots :

"Pardonnez-moi, Maître. Je ne prie pas pour elle. Mais pour lui."

Elle s'inclina respectueusement avant de disparaître définitivement. La lourde porte se referma dans un bruit mât. "pour lui ?". Non, c'était assez ! Assez de divagations obscures ou de réponses qui se trouvaient toujours baigné dans un flou chaotique ! Thorolf s'approcha lentement de sa femme, un bandage ensanglanté qui faisait le tour de la main. Héra était vaseuse. Ni dans le sommeil, ni dans la réalité. Il ne savait pas s'il pouvait le voir ou l'entendre. Elle devait être dans une spirale d'imagination délirante ... Il s'approcha à nouveau de celle qui lui a pratiquement arraché la main. Sans rancœur pour son acte. Il plongea sur son visage, sortit sa langue et happa consciencieusement ses lèvres et son menton pour nettoyer le sang frais. Il se retira, des grosses perles de sueur inondaient son corps et ses tempes. Il fixa son ventre un long moment. Son œil le scruta avec une telle intensité qu'il espérait pouvoir regarder de l'intérieur. Ce ventre qui détenait une réponse.

« Tu veux des soldats ? Tu veux des Drack ? Alors prends ton enfant ! »


Il se rappelait maintenant. Son visage devint subitement pâle. "Prends ton enfant". Quelque chose ... ou plutôt quelqu'un se trouvait derrière ce ventre. Non .... Elle l'avait dit dans un geste colérique. Héra n'était pas elle-même. Oui, c'était la seule explication ... Mais pourquoi n'arrivait-il à se convaincre ? La réponse le tétanisait. Le fait de découvrir cette vérité pouvait le dépasser. Il s'agenouilla devant elle, la regardant d'abord pour observer si son état se détendait à nouveau. Son oeil redescendit à nouveau au ventre. Sa main se leva, se dirigeant lentement au-dessus de son ventre. Il n'avait jamais vu ses doigts trembler autant. Il effleura ses doigts sur sa chaire avant de poser la paume. Il attendit. Il attendit encore un moment ...

Rien. Pas une présence ne vivait à l'intérieur. Rien ne bougeait. Il s'était trompé. Cela ne le soulageait même pas. C'était une interrogation à mettre au clair, mais qu'il soit le résultat, ce n'était jamais bénéfique. Héra avait profité de lui offrir ce mensonge dans le but de l'anéantir un peu plus. Par représailles. Thorolf la pardonna déjà. Il devait vivre avec sa folie, ses faiblesses. Mais il se promit de lui-même lui offrir bien plus qu'une protection. A deux, ils écraseraient ce défaut du passé. Si c'était cela qu'elle souhaitait. Il se détendit doucement, prenant le temps de respirer l'air qu'il avait perdu durant une demi-heure. Leur vie allait changer. Leur vie allait ch...

Il poussa une exclamation. Un coup. Un seul. Il l'avait senti ! Très léger, mais perceptible au contact de sa main. Puis un autre. Des si petits vrombissements qui capta
toute son attention. Dans ce silence de mort, ces minuscules "boom" résonnaient dans sa tête comme des explosions énormes. Comme un rocher éjecté par un trébuchet avant d'éclater une épaisse palissade de granit. Il dirigea son regard à nouveau sur le ventre détendu de son épouse. Quelque chose ... se créait à l'intérieur. Une chose vivante. Une progéniture ? La fièvre assommait le guerrier. C'était ... trop. Trop de choses se sont passés en si peu de temps. Sa tête allait exploser. Ses yeux étaient distraits et ne répondaient à leur devoir. Il avait failli perdre sa femme et un enfant dont il avait ignoré totalement son existence. Les genoux à terre, il posa la tête à côté de sa poitrine. Ses cheveux blanc neige recouvrait son sein, la main bandée et tâchée de sang ne quittant pas sa position d'origine. Il resta ainsi, un long moment ainsi. Eveillé. A la moindre interpellation qu'elle ou lui pouvaient demander. Thorolf s'était réveillé il y a quelques heures en arrière en ayant gagné deux sources de faiblesse pour ses ennemis. Il avait une femme parfaite qui façonnait leur progéniture. Il n'était plus invulnérable comme autrefois. Désormais, il avait deux choses à perdre. Deux choses qui pouvaient lui faire pression et se plier à des conditions crachées par les Elus. S'il ne pouvait les défendre ... Sil ne pouvait les protéger ... Alors il redoublerait ses attaques pour accélérer leur anéantissement. Le chaos finit, l'apocalypse pouvait se déclencher. Mais pas tout de suite. L'épuisement et la douleur, signe de sécurité pour son être, le tenaillaient et l'obligeaient à fermer les yeux. Il était bien ici. Il avait l'impression qu'il ne s'était pas reposé depuis une semaine de conflit. Héra n'avait pas compris. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Thorolf était contraint de créer le dôme. Il était obliger. Il ne lui avait pas dit que son coeur était net, propre. Figuratif. Les réponses allaient attendre.




"Cette meute ... Je lui donne mon sang, ma sueur et mes larmes."

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [+18] Une viande à partager sans consumer.    

Revenir en haut Aller en bas
 

[+18] Une viande à partager sans consumer.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Les Suisses mangent de la viande clonée sans le savoir
» Le palais Sans-souci en Danger
» Il n'y pas de vie sans agriculture...
» Land des Gabions, un modèle de site pour les sans-abri
» Elèves sans frontières, malades sans frontières

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: Thaodia (Contrée des Lycans) :: • Mont hurleur de Thaodia • :: Meute de Drack :: La Cité de Drack-